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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Surmonter les épreuves (5/6). Il faudrait soit réussir à perdre pour de bon là où justement les autres veulent vaincre, soit triompher de ses échecs, explique le philosophe. Mais la vérité de la formule de Beckett – « échouer mieux » – est peut-être à chercher du côté ceux qui ne savent plus très bien distinguer entre ce qui les renforce et ce qui les abat.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.
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Ian Brossat : « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? »

Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h00
    |

Ian Brossat (Chef de file du PCF aux élections européennes)







                        



                                


                            
Tribune. Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.
En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes. » Dans un entretien accordé au Monde le 20 août, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi. » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union
D’abord, elle offre en cadeau à l’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas à l’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos à la démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme » et du « repli nationaliste ».
Le logiciel macroniste quelque peu marqué par le simplisme
Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le percussionniste américain Jack Costanzo, célèbre dans les années 1950 sous le pseudonyme de « Mr Bongo », vient de disparaître à l’âge de 98 ans. Le percussionniste et DJ britannique Mark Cotgrove, dit « Snowboy », se souvient.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Jack Costanzo, « Mr Bongo »

Le percussionniste américain Jack Costanzo, célèbre dans les années 1950 sous le pseudonyme de « Mr Bongo », vient de disparaître à l’âge de 98 ans. Le percussionniste et DJ britannique Mark Cotgrove, dit « Snowboy », se souvient.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 15h40
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


« Le téléphone avait sonné tôt ce samedi matin. C’était il y a 17 ou 18 ans. « Salut Snowboy, c’est Jack Costanzo ! » Avais-je bien entendu ?
Quand j’ai commencé, la pratique des congas, bongos et timbales était mon quotidien. Je jouais sur Solito, d’Eddie Palmieri, super All Stars, et les albums de Jack Constanzo. Sa vitesse de jeu aux bongos me laissait sans souffle. S’en approcher était un rêve.
Voilà quelqu’un qui a réussi l’inimaginable, à partir de 1949 et durant des années avec Nat King Cole et la plus grande galerie de vedettes de l’époque. Il fut « Mr Bongo », par la grâce de Dieu. Son émission dresse le plus prestigieux des panoramas hollywoodiens. Il est connu pour avoir enseigné les congas à Marlon Brando et à James Dean. Il nous a laissé un immense catalogue d’albums avec des performances tout en savoir-faire et en dextérité aux bongos aux congas, mais également une foultitude de films et de prestations télévisuelles.
C’est la fin du chemin pour Jack Costanzo.
On a parlé pendant une heure. Je lui ai raconté ce que son jeu signifiait pour moi. J’ai été stupéfait quand il m’a dit qu’il avait joué mon album Descarga Mambito jusqu’à plus soif. Il avait eu mon numéro grâce au label que nous avions en commun à l’époque, Ubiquity Records, de Michael McFadin à San Francisco. Finalement Adrian Gibson l’a fait venir au Royaume-Uni pour la première fois depuis les années 1960. Ca a été incroyable de le rencontrer, s’assoir à ses côtés et de jouer avec lui. On a passé la journée suivante ensemble. Il était poli, gentil, sincère, attentif et généreux. Depuis nous nous saluions régulièrement par l’intermédiaire d’un ami commun, Steve Kader, son complice de toujours.
Je m’apprêtais à le retrouver à San Diego en octobre mais il ne sera pas là. Il nous a quitté.
Jack aurait eu 99 ans et a joué encore tout récemment, ce qui est tout bonnement incroyable. Personne n’a réussi ce qu’il a accompli dans le monde des percussions, et personne ne lui succédera. »
Mark « Snowboy » Cotgrove



A lire : Snowboy : « J’en ai eu assez de l’industrie du disque »

Jack Costanzo, percussionniste américain
Jack Costanzo est né le 24 september 1922 à Chicago.
D’origine italienne, il apprend seul à jouer congas et bongos. Jack Costanzo est le premier à introduire les bongos dans le jazz en intégrant en 1947 l’orchestre de Stan Kenton. Son surnom « Mr Bongo » lui est donné par le journaliste Leonard Feather. « Mr Bongo » accompagne Nat King Cole de 1949 à 1953 avant de former son propre orchestre.
Jack Costanzo a joué avec les Lecuona Cuban Boys, Nat King Cole, René Touzet, Perez Prado, Stan Kenton, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Xavier Cugat, Peggy Lee, Frances Faye, The Supremes, Ann Miller, Henry Mancini, Buddy Cole.
Jack Constanzo est mort le 18 août 2018 à Lakeside (Californie)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.
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Euro : l’amère odyssée de la Grèce

Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h24
   





                        


Editorial du « Monde ». Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour saluer, mardi 21 août, la « libération » de la Grèce du douloureux programme d’assistance financière dont elle dépendait depuis huit ans. Tel Ulysse regagnant son île après la guerre de Troie au terme d’une décennie de périples en mer, le premier ministre grec a tenté de donner une tonalité victorieuse à cette « odyssée des temps modernes ». « Aujourd’hui, la Grèce reprend son destin en main », a poursuivi M. Tsipras : « une nouvelle ère » s’est ouverte.

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                Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce



Le dirigeant grec a quelque raison de vouloir marquer cette étape. Elus en 2015 sur un programme de gauche radicale et la promesse de mettre fin à l’aide financière extérieure, Alexis Tsipras et son parti, Syriza, durent rapidement faire volte-face et accepter un troisième plan d’assistance draconien pour éviter la faillite du pays et sa sortie de l’euro. Après trois plans d’aide, 289 milliards d’euros de prêts, huit ans de tutelle de ses créanciers et d’austérité imposée, Athènes va de nouveau pouvoir se financer sur les marchés. Laminée par des années de récession, l’économie grecque se porte aujourd’hui un peu mieux. La croissance, avec laquelle elle a renoué en 2017, devrait frôler les 2 % cette année. Le chômage, qui culminait à 27 %, est repassé sous la barre des 20 %.

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Loin d’Ithaque, les dirigeants de l’Union européenne se sont aussi, bien que plus prosaïquement, félicités de l’émancipation de la Grèce de son étroite tutelle financière. Pour la zone euro, qui n’avait jamais été confrontée à une crise d’une telle gravité et n’y était absolument pas préparée, le pire a été évité : la banqueroute et le chaos qui aurait suivi ont été épargnés à la Grèce et à ses créanciers, l’euro ne s’est pas effondré et les Grecs ont pu se maintenir au sein de l’UE, comme ils le souhaitaient. Jamais l’Europe n’avait engagé de telles sommes pour sauver l’économie d’un Etat membre. Le « Grexit » n’a pas eu lieu.
Un sérieux examen de conscience à faire pour l’UE
Pour autant, l’humeur n’est festive ni à Athènes ni à Bruxelles. Comment le pourrait-elle ? Le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps. Le PIB a fondu de 25 %. Le chômage a poussé près d’un demi-million de personnes, pour la plupart jeunes, à l’émigration. Quelque 250 000 PME ont fait faillite. L’administration reste défaillante, le système de santé délabré. Pour les Grecs, l’argument selon lequel l’alternative aurait été pire est une maigre consolation.
Malgré la mise en œuvre des réformes, les problèmes qui sont à l’origine de la catastrophe financière grecque n’ont pas été résolus. La corruption reste un fléau, la dette disproportionnée. La question du modèle économique de la Grèce demeure posée. L’horizon politique n’est pas éclairci : si l’Europe salue le pragmatisme d’Alexis Tsipras, celui-ci sort fragilisé de la gestion calamiteuse des incendies autour d’Athènes, qui ont tué près de 100 personnes en juillet. Enfin, la fin de la tutelle est assez symbolique : la Grèce restera soumise à une « surveillance renforcée ».
Quant à l’UE, cette nouvelle étape grecque doit être pour elle l’occasion d’un sérieux examen de conscience. La Grèce a fait les frais des failles d’une union monétaire incomplète. Les dirigeants européens n’ont pas tous la même lecture de cette tragique épreuve. Ils feraient bien, pourtant, d’en tirer les leçons une fois pour toutes, afin de ne pas être de nouveau surpris par la prochaine crise, au moment où l’Italie s’apprête à défier les règles budgétaires.

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                Salaires, retraites, dette... dans quel état est la Grèce après 8 ans d’aide ?






                            


                        

                        


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Collection « Les défis de la science »

« Le Monde » propose, avec sa collection « Les défis de la science », de découvrir et de comprendre les avancées scientifiques des neurosciences, de la génétique et des biotechnologies qui vont changer nos vies.



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 |    22.08.2018 à 07h00
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22.08.2018 à 11h11
   





                        



                                


                            

1 - Le cerveau Décrypter le plus complexe de nos organes et comprendre son potentiel Le cerveau est sans conteste l’objet le plus mystérieux de l’Univers. C’est d’ailleurs la seule partie du corps humain dont le fonctionnement échappe à notre compréhension. Les récentes découvertes telles que la biologie moléculaire ou la neuro-imagerie nous laissent penser que nous serons bientôt capables de le cartographier. Mieux comprendre sa structure et son fonctionnement nous permettra de réparer ses défauts et d’augmenter nos capacités de manière spectaculaire. Cela nous mènera surtout au déchiffrement des secrets de notre esprit ainsi qu’à une pleine compréhension du genre humain. 3,99 €, en vente le mercredi 22 août


2 - La mémoire Les connexions neuronales détenant les clés de notre passé La mémoire définit ce que nous sommes dans un réseau d’expériences et d’apprentissages qui s’inscrivent dans nos connexions neuronales. Comme nous, elle est pleine d’imperfections. Mais la recherche en neurosciences et en cybernétique ne cesse d’approfondir ses processus de codification et de stockage. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes apparaissent qui pourraient remédier à nos erreurs, restaurer nos souvenirs et réparer certains dommages liés aux maladies neurologiques telles que celle d’Alzheimer. L’incorporation de mémoires biologiques et technologiques pourrait nous permettre, enfin, d’améliorer les capacités de notre propre mémoire, mais aussi de transférer ou de modifier nos souvenirs. 9,99 €, en vente le mercredi 5 septembre

3 - La conscience La plus énigmatique des fonctions cérébrales La conscience est au centre des recherches en neurosciences. Cela tient notamment au développement de technologies permettant de voir quelles régions du cerveau s’activent lorsque nous agissons en conscience. Le fonctionnement de la conscience constitue l’une des plus grandes énigmes de la nature. Ayant pu déceler la manière dont elle a évolué dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les contenus des enseignements doivent être modernisés pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, et reconsidérés à l’aune de l’universalisation de la culture, plaide Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Souâd Ayada : « Quels programmes pour le lycée du XXIe siècle ? »

Les contenus des enseignements doivent être modernisés pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, et reconsidérés à l’aune de l’universalisation de la culture, plaide Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h11
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Souâd Ayada (Présidente du Conseil supérieur des programmes)







                        



                                


                            
Tribune. Dans notre système scolaire, le lycée remplit une double mission : il parachève la formation secondaire des élèves commencée au collège, il conduit des candidats de plus en plus nombreux à l’obtention du baccalauréat dont dépend leur accès à l’enseignement supérieur. Nul ne contestera qu’il peine aujourd’hui à assumer ses missions.
Il n’est pas sûr que nos élèves quittent le lycée au fait de ce qui leur a été enseigné depuis la 6e. Il n’est pas sûr que, le baccalauréat en poche, ils soient tous capables de réussir dans leurs études supérieures. Comment orienter les contenus d’enseignement pour que le lycée renoue avec sa vocation ?
S’il reste un espace où l’on dispense une formation élémentaire et désintéressée, le lycée doit renouveler les contenus de ses enseignements : les moderniser pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, les reconsidérer à l’aune de l’universalisation de la culture. Il en va de la culture scolaire, de sa définition dans le contexte d’un enseignement de masse fortement exposé à la concurrence de flux culturels désordonnés qui obéissent à des impératifs marchands.
La langue française et l’histoire, de la France notamment, y occupent une place essentielle, non parce qu’elles servent seulement à promouvoir, dans une société en crise, le sentiment d’appartenir à la nation, mais parce que la maîtrise de la langue est la condition d’accès à tous les domaines de la culture, parce que la connaissance de l’histoire éclaire le présent et éclaircit l’avenir.
Les humanités forment le foyer de la culture scolaire au lycée. Il serait cependant insensé de ne pas en revisiter les contours, pour que les humanités modernes, mais aussi les langues vivantes et les arts trouvent leur place à côté des humanités classiques. Il ne serait pas moins insensé d’exclure les sciences et les techniques de la tâche d’édification humaine, morale et civique qui incombe au lycée. Parler, comme Louis...




                        

                        


<article-nb="2018/08/22/18-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.
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Lionel Naccache : « Les neurosciences sont encore dans une phase d’émerveillement  »

Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h01
    |

            Hervé Morin et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Parrain de la collection « Les défis de la science », le professeur Lionel Naccache est neurologue et chercheur en neurosciences (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, ­Inserm, Institut du cerveau et de la moelle épinière). Ses travaux portent en particulier sur la conscience et ses altérations. Ce féru de philosophie et d’éthique (qui est ­membre du Comité consultatif national d’éthique) a aussi écrit plusieurs essais parus chez Odile ­Jacob, dont le récent Parlez-vous cerveau ? (224 pages, 17 euros), ainsi que Le Chant du ­signe (2017) et L’Homme réseau-nable (2015).
On dit que le cerveau humain est l’objet le plus complexe de l’Univers. Est-ce cette complexité qui vous a poussé à l’étudier ?
Je n’ai pas le goût de la complexité pour la complexité. Evidemment – et au-delà du seul cerveau –, il faut s’y frotter et en faire usage, mais un principe très sain est de ne pas la cultiver à tout prix. Sinon cela s’apparente souvent à une forme de lâcheté, en science comme en politique et dans la vie. Souvent, la complexité rend mou.

Les personnes qui ont compté dans mon éducation scientifique, comme Stanislas Dehaene – avec qui j’ai fait ma thèse – ou Laurent Cohen, ont une même disposition d’esprit : rendre les phénomènes compliqués le plus simple possible. Au lycée j’étais attiré par la philosophie et la physique. Ce qui me stupéfiait le plus, c’était qu’une créature matérielle puisse avoir une vie mentale, puisse se dire : « J’existe. »
En physique et en astronomie, les instruments sont de plus en plus performants. On a pourtant l’impression qu’à chaque fois, le réel se dérobe. Partagez-vous ce sentiment ?
Notre discipline est plus jeune que celles que vous citez. Les neurosciences de la cognition naissent dans l’après-guerre, avec des cybernéticiens, des psychologues, des mathématiciens. Elles sont issues des noces de la théorie du ­neurone avec la psychologie cognitive,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/22/18-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe estime que la haine antijuive, propagée par les islamistes, s’appuie essentiellement sur l’idée que les juifs sont des privilégiés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/08/2018
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Jacob Rogozinski : « Le nouvel antisémitisme se nourrit d’anciennes croyances »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe estime que la haine antijuive, propagée par les islamistes, s’appuie essentiellement sur l’idée que les juifs sont des privilégiés.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h51
    |

Jacob Rogozinski (professeur à la faculté de philosophie de Strasbourg)







                        



                                


                            

Tribune. Nous le savons : il est désormais difficile de s’affirmer comme juif dans certains quartiers sans s’exposer à des insultes et des menaces. C’est parce qu’ils étaient juifs qu’ont été assassinés Ilan Halimi, les victimes de Mohamed Merah et d’Amedy Coulibaly. Presque toujours, leurs meurtriers les ont tués en criant « Allahou akbar ! »
Et un fort soupçon d’antisémitisme plane sur d’autres meurtres. Ainsi, à l’ancien antisémitisme d’extrême droite s’ajoute désormais un nouvel antisémitisme propagé par les islamistes (et qui peut facilement fusionner avec l’ancien, comme on le voit dans la mouvance de Dieudonné et Soral).

S’il est indéniable qu’il existe un antisémitisme musulman, de même qu’il a existé pendant des siècles, en Occident, un antisémitisme chrétien, cela ne signifie évidemment pas que tous les musulmans soient antisémites. Au contraire, tout porte à croire que la grande majorité d’entre eux rejettent cette haine antijuive. Pourquoi refuse-t-on de reconnaître l’existence de ce nouvel antisémitisme ? Parce que, dans notre société, les musulmans subissent eux aussi des agressions racistes ? Comme si une victime du racisme ne saurait être elle-même raciste… Il est temps de renoncer à une telle illusion.
Anciennes croyances religieuses
Il est intolérable, nous dit-on, d’assimiler à de l’antisémitisme les positions antisionistes d’une partie de la gauche. Il y a cependant dans l’usage du terme « antisionisme » une ambiguïté qu’il convient de dissiper. Si être antisioniste signifie que l’on condamne la politique criminelle et suicidaire de l’actuel gouvernement israélien et que l’on reconnaît les droits légitimes du peuple palestinien, je n’hésiterais pas à me proclamer « antisioniste ».

Il faut pourtant admettre que, dans le langage de l’extrême droite et des islamistes, « sioniste » est en fait synonyme de « juif ». Appeler à la destruction de l’Etat d’Israël, c’est-à-dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.
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Bestiaire récréatif et instructif

Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h14
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            

Livre. Un dessin au graphisme naïf et une anecdote par page. Voici la formule gagnante de Brooke Barker, une auteure et illustratrice américaine dont le premier ouvrage, La Tortue qui respirait par les fesses (Flammarion, 2017), est qualifié de best-seller par le New York Times. Pour son deuxième opus, l’auteure s’intéresse à la vie des « bébés » animaux. Et c’est aussi une réussite. Au fil de ces « savoirs inutiles » sur les « enfants » mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, insectes… et bien d’autres, on apprend finalement beaucoup sur ces petites (ou grosses) bêtes.
Et on sourit aussi. Car ces anecdotes, plus savoureuses et plus scientifiques les unes que les autres, sont traitées avec humour. Morceaux choisis. Sous l’inscription en ­lettres capitales : « Les campagnols se reproduisent dès l’âge de trois semaines » sont ­croquées deux petites boules de poils ­marron à l’air triste. La plus jeune s’adresse à la plus vieille : « Eh, c’est normal de jamais avoir fait de bisou sur la bouche à 1 mois ? » Sur une autre page, un petit chiot inquiet s’adresse à son père : « Ce n’est rien, papa, juste une petite allergie. » Au-dessus du ­dessin, une phrase indique : « Quand un chiot est malade, ses parents le mangent. »
Affaires de mœurs
Dans ce livre, on apprend également que « les oisillons qui grandissent sans leur papa ne sauront jamais chanter correctement », que « les salamandres noires vivent dix ans, et chacune de leur grossesse dure trois ans », ou encore que « les diables de Tasmanie donnent naissance à des portées de trente petits qui se battent dans la poche de leur mère, jusqu’à ce que seule une poignée d’entre eux survive. »
Ce concentré d’anthropomorphisme est ­­à consommer sans modération. Car si on ­dévore ces 150 anecdotes, tournant les pages frénétiquement à la ­recherche d’une ­nouvelle histoire croustillante,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Comment faire bouger les ados… Et surtout pourquoi

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h53
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Comment faire bouger son ado ? De nombreux parents s’inquiètent de voir leur progéniture rester enfermée toute la journée, scotchée aux écrans, assise, voire couchée. Et les chiffres sont édifiants : quatre adolescents (11-17 ans) sur cinq dans le monde n’ont pas une activité physique suffisante, a récemment indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est beaucoup. Plus ils grandissent, moins ils bougent. Les filles semblent encore moins actives que les garçons.
La France n’est pas bien placée : « A 15 ans, seulement 14 % des garçons et 6 % des filles exercent une activité physique quotidienne en France », note le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La faute à un mode de vie délétère. Ainsi, près de 70 % des jeunes adolescents se rendent à l’école avec un engin motorisé, les autres marchant ou utilisant le vélo ou la trottinette. Quant au temps d’écran, il y est, là encore, pour beaucoup : plus de la moitié des 11-14 ans y passent plus de trois heures par jour, et 60 % des 15-17 ans.
Or, les enfants et adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer au moins soixante minutes d’activité physique modérée à soutenue par jour, selon les recommandations, pour être en bonne santé et prévenir les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers du sein et du côlon, etc. En outre, leurs performances physiques sont moins bonnes que ne l’étaient celles de leurs parents… et de leurs grands-parents.
Les ados qui participent à une activité soutenue ont une tension artérielle plus basse, et donc moins de risque de développer une maladie cardiaque plus tard
L’adolescence nécessite une attention particulière, notamment pour la prévention de l’obésité. Car l’inactivité physique rime avec l’augmentation de la prise alimentaire. C’est souvent l’âge où les jeunes abandonnent un sport qu’ils pratiquent depuis l’enfance. C’est aussi la période pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.
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Une histoire de cochons, d’oisons et de bouchons

Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 18h00
   





                        



                                


                            
Carte blanche. Chaque année, c’est la même histoire : au moment même où vous ­commencez à sentir les bienfaits apaisants d’une combinaison heureuse ­de repos, de bonne chère et de soleil, vous vous retrouvez confiné dans l’une des millions d’automobiles couvrant le réseau routier hexagonal, tentant de rallier le bureau, le métro, la pluie… Année après année, vous avez bien essayé toutes les stratégies, partant plus tard, plus tôt, à la fraîche, à midi… Mais avec des centaines de kilomètres ­de bouchons sur les autoroutes françaises, ­on bute tôt ou tard contre un premier ralentissement majeur…
Face à l’agitation qui monte rapidement ­­de la banquette arrière, il faut inventer ­d’urgence une diversion. Alors n’y a-t-il pas, là devant nous, patience nous le verrons très bientôt, ce camion renversé sur le ­bas-côté, et ces 300 cochons tout roses qui se ­répandent sur les voies de l’autoroute, grognant et agitant leur queue en… tire-bouchon ? ­ A la grande déception du public, le camion va-t-il enfin être aperçu que le ­ralentissement se dissout comme par ­enchantement, sans raison apparente : adieu camion, adieux ­cochons…
L’émergence spontanée de ces bouchons dits « fantômes » a été beaucoup étudiée par les chercheurs. C’est un phénomène courant d’instabilité, quand deux solutions existent a priori pour le même problème : à trop grande densité, un état homogène (un flux régulier d’autos) coexiste avec un état inhomogène (des zones peu denses alternant avec des zones denses et très ralenties). ­Hélas, à cause de la lenteur de réaction des conducteurs, la première solution, qui minimise les temps de trajet, se déstabilise à la moindre perturbation (une biche dans un champ, un coup de frein), créant une augmentation de la densité de voitures qui enfle et développe très vite un bouchon. Il en va également ainsi de la fabrication des rides dans le sable de l’estran (rappelez-vous, c’était il y a quelques heures…) : la structure homogène existe,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/22/18-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ D’un château l’autre (3/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L., janvier 2019). En 1909, T.E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/08/22/18-13">
<filnamedate="20180822"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180822"><AAMMJJHH="2018082218">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Surmonter les épreuves (4/6). La recherche est souvent représentée comme infaillible, pourtant l’erreur est fructueuse pour la science. Elle est la source de découvertes, d’idées, de débats qui font avancer nos connaissances, rappelle le responsable du département physique du Palais de la découverte.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/08/22/18-14">
<filnamedate="20180822"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180822"><AAMMJJHH="2018082218">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La Cour de justice de l’UE a récemment assimilé à des OGM les organismes dont le génome a été altéré sans y insérer un ADN étranger. Pour l’ex-député Jean-Yves Le Déaut et la sénatrice Catherine Procaccia, il est urgent de clarifier la directive pour bénéficier des nouvelles techniques de mutagénèse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Il faut évaluer au cas par cas les organismes obtenus par mutagénèse »

La Cour de justice de l’UE a récemment assimilé à des OGM les organismes dont le génome a été altéré sans y insérer un ADN étranger. Pour l’ex-député Jean-Yves Le Déaut et la sénatrice Catherine Procaccia, il est urgent de clarifier la directive pour bénéficier des nouvelles techniques de mutagénèse.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h14
    |

Jean-Yves Le Déaut (Ancien président de l'OPECST) et Catherine Procaccia (Vice-présidente de l'OPECST)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis près de dix ans, l’incertitude prévaut dans l’Union européenne sur la qualification juridique des nouvelles biotechnologies (New Breedings Techniques, NBT). En droit européen, la « directive 2001/18 » exempte les techniques de mutagénèse de ces dispositions, considérant que pour ces techniques, « la sécurité est avérée depuis longtemps ». C’est ce que précise un récent arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tout en soulignant que la législation de l’Union n’a pas été modifiée au regard de l’évolution de ces techniques.
En repassant ce dossier épineux à des comités d’experts successifs, puis maintenant au juge européen, la Commission et les Etats membres n’ont pas assumé leurs responsabilités car ce n’est pas au juge de définir la politique de l’Union européenne sur un sujet aussi important. Il s’agit d’une décision de nature politique, qui relève de la compétence de la Commission européenne, en lien avec les Etats et leurs comités d’experts.
La décision de la cour est un retour à l’envoyeur car elle renvoie la responsabilité aux Etats, qui sont libres de soumettre ces organismes aux obligations prévues par la directive ou à d’autres obligations. En réalité, en saisissant la CJUE, deux années ont été perdues et il serait aberrant que des techniques plus précises et plus sûres que celles utilisant les technologies aléatoires de la mutagénèse soient soumises à des procédures plus lourdes. C’est donc à l’UE et aux Etats membres de trancher.
Les nouvelles biotechnologies constituent une révolution, car elles sont simples, rapides, précises, puissantes, peu coûteuses, universelles et très prometteuses.
L’activisme d’associations qui depuis plus de vingt ans ont frappé l’opinion publique en parlant de risques sanitaires a petit à petit produit ses effets, y compris dans l’arrêt de la CJUE. Pourtant aujourd’hui, avec vingt ans de recul, les agences nationales, européennes, internationales,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. La répression menée par le président du Nicaragua, qui s’accroche au pouvoir, a déjà causé la mort d’au moins 300 personnes, sans compter les centaines de disparitions.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Nicaragua : le vrai visage de Daniel Ortega

Editorial. La répression menée par le président du Nicaragua, qui s’accroche au pouvoir, a déjà causé la mort d’au moins 300 personnes, sans compter les centaines de disparitions.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 11h23
   





                        


Editorial du « Monde ». Depuis quatre mois, au Nicaragua, le président Daniel Ortega offre un spectacle d’une cruelle ironie : celui d’un ancien révolutionnaire dont les méthodes répressives rappellent les heures sombres de la dictature d’Anastasio Somoza, qu’il contribua à renverser, en 1979.
Confronté à la pire crise politique que le petit pays d’Amérique centrale ait connue depuis 1990, l’ex-révolutionnaire s’accroche au pouvoir, à 72 ans, épaulé par son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo. La répression a déjà causé la mort d’au moins 300 personnes, sans compter les centaines de disparitions. Opposants et étudiants sont pourchassés, emprisonnés, torturés. Le clergé catholique, qui critique les méthodes du président Ortega, est persécuté. Les tristement célèbres escadrons de la mort sont réapparus sous une autre forme, celle des sinistres « turbas », groupes paramilitaires à moto, armés, qui sèment la terreur pendant les manifestations.
Celles-ci pourtant se poursuivent, depuis la première qui, le 18 avril, a tout déclenché. Ce qui était au départ un mouvement de protestation contre une réforme de la sécurité sociale et du régime de retraite est devenu une véritable révolte politique : les Nicaraguayens étaient encore des milliers, samedi 18 août, à défiler dans les rues de Managua pour demander l’arrêt de la répression, la libération des prisonniers politiques, le départ du président et des élections anticipées. La répression a permis au pouvoir de reprendre le contrôle des villes et des grandes artères, qui ont été le théâtre de scènes de guérilla urbaine. La peur a chassé de nombreux opposants ; quelque 23 000 personnes ont fui au Costa Rica voisin. Ils y ont été mal accueillis : des centaines de Costaricains brandissant des croix gammées ont protesté, samedi, à San José contre l’arrivée massive de ces Nicaraguayens fuyant la misère du deuxième pays le plus pauvre d’Amérique, après Haïti.

        Lire aussi :
         

                Nicaragua : à Managua, peur sur une ville déchirée



Aucune sortie de crise ne paraît se profiler. Le processus de « dialogue national » amorcé à la mi-mai a fait long feu. La conférence épiscopale, qui y participait, a proposé d’avancer les élections à mars 2019, en demandant à Daniel Ortega, qui totalise déjà onze ans au pouvoir, de ne pas se représenter. Mais celui-ci a déclaré vouloir aller jusqu’au bout de son mandat actuel, en 2021. En juillet, l’Organisation des Etats américains (OEA) a adopté une résolution réclamant également des élections anticipées. Washington, l’Union européenne, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, se sont joints aux condamnations. Rien n’y fait. Daniel Ortega et son épouse ne donnent aucun signe de vouloir céder une once de pouvoir et préfèrent dénoncer l’éternel « impérialisme américain ».
L’ex-révolutionnaire vieillissant aurait tort, pourtant, de se croire aussi irréductible que Nicolas Maduro, le président du Venezuela en crise. A l’exception de ce dernier et du Bolivien Evo Morales, la gauche latino-américaine n’est pas dupe. En Colombie, l’ex-candidat présidentiel de gauche Gustavo Petro l’a clairement exprimé sur Twitter : « Au Venezuela comme au Nicaragua, il n’y a pas de socialisme, il y a une rhétorique de gauche du XXe siècle pour couvrir une oligarchie qui vole l’Etat, une minorité qui gouverne pour elle-même et qui viole les droits de la majorité. » Depuis quatre mois, Daniel Ortega a montré son vrai visage. Même ses anciens alliés dans la révolution sandiniste se sont retournés contre lui. Le temps est venu de rendre un dernier service à son pays : celui de quitter le pouvoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Au 100e jour de la grève de la faim du cinéaste ukrainien, des dizaines de personnalités, parmi lesquelles Slavoj Zizek et Christiane Taubira, demandent sa libération immédiate.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/08/2018
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« Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »

Au 100e jour de la grève de la faim du cinéaste ukrainien, des dizaines de personnalités, parmi lesquelles Slavoj Zizek et Christiane Taubira, demandent sa libération immédiate.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 11h06
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Pour comprendre l’histoire d’Oleg Sentsov, la vision politique et le courage singulier dont il fait preuve, il faut remonter dix ans en arrière. Précisément à la nuit du 7 au 8 août 2008 : pour la première fois en Europe depuis la seconde guerre mondiale, un pays, la Russie, annexe par la force militaire les territoires d’un autre pays, la Géorgie. Il ne faut que cinq jours aux forces russes pour prendre les provinces géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Ni l’Europe ni le monde ne réagissent fermement, donnant ainsi à Vladimir Poutine un sentiment de toute-puissance, face à « la faiblesse et la décadence de l’Occident ».
Alors Vladimir Poutine continue…
En février 2014, en Ukraine, les révoltes pro-européennes d’Euromaïdan [du nom ukrainien de la place de l’Indépendance, à Kiev], auxquelles participe activement Oleg Sentsov, conduisent à la destitution de Viktor Ianoukovitch [alors président], instrument de Poutine à la tête du pays. La réponse de ce dernier ne se fait pas attendre. Il annexe le mois suivant la Crimée, menaçant l’Ukraine d’une guerre. Et une nouvelle fois, ni l’Europe ni le monde ne réagissent réellement, acceptant dans les faits la volonté expansionniste russe.
Et c’est là que le destin de l’homme fort du Kremlin et celui du jeune cinéaste Oleg Sentsov se rencontrent.
Car Oleg Sentsov, lui, ne l’accepte pas.
Il est né à Simferopol, capitale de la Crimée, où il vit à l’époque avec sa femme et ses deux enfants. Il prépare son deuxième long-métrage, mis de côté le temps des révoltes d’Euromaïdan. Il dit clairement, fortement, ce qu’il pense de l’annexion par la force d’une partie de son pays par la Russie. Après les premiers morts à Maïdan, alors qu’il se prépare à rejoindre les manifestants, sa mère lui pose la question : « Pourquoi fais-tu ça ? Tu as deux enfants ! » Oleg Sentsov répond : « C’est justement pour eux que je le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Surmonter les épreuves (3/6). Alors que l’échec est vu comme une expérience positive par les magnats des nouvelles technologies, pour l’essayiste Mathilde Ramadier, il se fait aux dépens des travailleurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤     


                Mathilde Ramadier : « Echouer, un privilège que s’arrogent les patrons de la Silicon Valley »


Surmonter les épreuves (3/6). Alors que l’échec est vu comme une expérience positive par les magnats des nouvelles technologies, pour l’essayiste Mathilde Ramadier, il se fait aux dépens des travailleurs.

LE MONDE
                 |                 20.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
21.08.2018 à 15h41
                 |

Mathilde Ramadier (essayiste)
















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« Fail fast, fail often. » Echouez vite, échouez souvent. C’est l’un des mantras les plus répétés dans la Silicon Valley – si bien que son écho rebondit jusque dans nos oreilles. En France aussi, à Bercy, Toulouse ou encore Grenoble, on organise désormais des « failcon », des conférences sur l’échec, calquées sur le modèle californien.
Le nom fait sourire, mais force est de constater que cela a quelque chose de réjouissant. Lors de ces conférences, on y apprend non seulement qu’on a droit à l’échec mais qu’on peut même le provoquer, à bon escient.
Bill Gates, Steve Jobs et Mark Zuckerberg, pour ne citer qu’eux, en ont eu marre de l’élite des premiers de la classe et l’ont répété maintes fois : inutile d’être bon à l’école les gars, « you’re too cool for school » (« vous êtes trop cool pour aller à l’école »), renoncez à la fac, « drop out ! »
Un peu de disruption
Lors de son discours prononcé le 12 juin 2005 à l’université Stanford, Steve Jobs, alors PDG d’Apple, enjoignait même les étudiants à rester « déraisonnables ». Chic, pourrait-on se dire, c’en est fini de la tyrannie de la réussite, de l’excellence à la française ! On sait qu’on peut toujours compter sur la Silicon Valley pour nous apporter un peu de disruption.
J’ai, pour ma part, un souvenir vivace de l’esprit de compétition qui régnait au lycée, avec ses filières plus prisées que d’autres et les résultats de contrôles annoncés dans l’ordre décroissant. En prépa, en école d’art, où l’on prônait pourtant le droit à l’expérimentation, certains enseignants nous accueillaient en cours avec les cinq meilleurs travaux punaisés au mur. On devait prendre exemple sur ceux qui n’échouaient pas. Les créations les moins abouties, qu’on aurait pu commenter pour permettre de progresser, n’avaient pas droit de cité. On continuait de faire le tri entre les bons élèves et ceux qui seraient « en échec ».
Quittons la cour d’école pour les open spaces. De...


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Mathilde Ramadier : « Echouer, un privilège que s’arrogent les patrons de la Silicon Valley »
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                                                Par                        Mathilde Ramadier (essayiste)













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Avec la disparition de l’ancien secrétaire général de l’ONU s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies.
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Kofi Annan, un homme de paix

Editorial. Avec la disparition de l’ancien secrétaire général de l’ONU s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
21.08.2018 à 10h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Depuis l’annonce de son décès, le 18 août, une pluie d’hommages a salué la mémoire de Kofi Annan. Angela Merkel, Vladimir Poutine, Theresa May, Emmanuel Macron, les anciens présidents américains Bill Clinton et Barack Obama, et bien d’autres responsables, notamment africains, ont rappelé les convictions, le courage et la sagesse de ce croisé de la paix que fut l’ancien secrétaire général de l’ONU – entre 1997 et 2006.
Chacun fera le tri entre les éloges, ceux qui expriment une sincère admiration et ceux qui relèvent davantage des convenances, voire des larmes de crocodile diplomatiques. Mais tous témoignent, sans aucun doute, qu’avec la disparition du Prix Nobel de la paix 2001 s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies au lendemain de la seconde guerre mondiale.

        Lire aussi :
         

                Mort de Kofi Annan, conscience morale planétaire



Certes, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et l’ambition de régler les conflits internationaux par le droit et la diplomatie internationale ont trop souvent fait figure de vœux pieux. Kofi Annan lui-même en fit l’amère expérience à maintes reprises. Ainsi lorsque, alors chargé des opérations de maintien de la paix de l’ONU, il assista, ­impuissant, au génocide rwandais en 1994 ou au massacre de Srebrenica, dans l’ex-Yougoslavie, en 1995.
Défénseur des valeurs humanistes
De même, en dépit de ses efforts inlassables, il ne put dissuader les Etats-Unis de George W. Bush de déclencher en 2003 une guerre qu’il n’hésita pas à qualifier d’« illégale » contre l’Irak de Saddam Hussein – intervention dont les conséquences restent aujourd’hui encore désastreuses. En 2012 enfin, il avait accepté, à la demande de son successeur, Ban Ki-moon, une mission de la dernière chance pour tenter de circonscrire la guerre civile qui débutait en Syrie ; six mois plus tard, il se résignait à jeter l’éponge, tristement conscient de l’impuissance de la diplomatie face au déchaînement de la violence dans cette région du monde et à l’inaction, pusillanime ou intéressée, des grandes puissances.

        Lire aussi :
         

                Mort de Kofi Annan : les dates marquantes de sa carrière à l’ONU



Il n’empêche, ce sont ces valeurs humanistes – les droits de l’homme comme fondement de la légitimité internationale – que Kofi Annan n’a cessé de défendre, sans irénisme mais avec abnégation, tout au long d’une vie de diplomate entièrement dévouée à l’ONU. Ce sont ces mêmes valeurs qu’il ­promouvait, en 2005, en faisant adopter par l’Assemblée générale de l’ONU le principe, inspiré du droit d’ingérence, de la « responsabilité de protéger » les populations civiles, y compris contre la souveraineté d’un Etat.

        Lire aussi :
         

                Jean-Marie Guéhenno : « Kofi Annan avait choisi de parier sur le meilleur de l’humanité »



Epoque révolue, dira-t-on, où le Conseil de sécurité (sans l’appui duquel le secrétaire général est réduit au ministère de la parole) s’efforçait encore d’agir, où la Russie n’avait pas encore imposé sa stratégie de puissance, où la Chine n’était qu’un géant en devenir, où les Etats-Unis enfin n’avaient pas totalement renoncé à régler de façon multilatérale les défis et les conflits de la planète.
C’est exact. Les dérèglements du monde, les égoïsmes stratégiques des grandes puissances, les protectionnismes économiques ou climatiques, le mépris désormais ouvertement assumé, à Washington ou à Moscou notamment, des règles du droit et de la force des traités ont balayé l’espoir de régulations collectives. « La loi du plus fort, et non plus la force de la loi », selon la formule de Kofi Annan, s’impose chaque jour davantage.
Cela ne rend que plus indispensable la ­poursuite du combat pour la paix du gentleman Annan.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Après le scandale de pédophilie qui vient de mettre en cause l’Eglise catholique de Pennsylvanie, l’écrivaine Nancy Huston, dans une tribune que publie « Le Monde », demande au souverain pontife de mettre fin au dogme du célibat des prêtres.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/08/2018
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« François, arrêtez le massacre » : la supplique de Nancy Huston au pape sur la pédophilie

Après le scandale de pédophilie qui vient de mettre en cause l’Eglise catholique de Pennsylvanie, l’écrivaine Nancy Huston, dans une tribune que publie « Le Monde », demande au souverain pontife de mettre fin au dogme du célibat des prêtres.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 15h26
    |

Nancy Huston (écrivaine franco-canadienne)







                        



                                


                            

Tribune.
Cher François,
Je vous écris un 15 août, jour de l’Assomption de la Vierge, ayant appris ce matin à mon réveil, en écoutant la radio, le nouveau scandale de pédophilie qui, en Pennsylvanie cette fois, vient « éclabousser » l’Eglise catholique : sur une période de soixante-dix ans, 1 000 enfants abusés ou violés par des prêtres et, compte tenu de la célérité des intéressés à escamoter les preuves et de la honte des victimes à témoigner, on peut être certains que ce chiffre est encore inférieur à la vérité. Pour nombreux qu’ils soient, les cas connus ne constituent sûrement que la pointe de l’iceberg.
Comme moi, comme d’autres, vous devez être frappé par la ressemblance entre cette salve de révélations « scandaleuses » et une autre, qui défraie l’actualité depuis bientôt un an : celle des témoignages #metoo sur le harcèlement sexuel. Ici et là, même propension des hommes à profiter de leur pouvoir pour satisfaire leurs besoins sexuels.
Si l’on mettait à la disposition des enfants du monde entier un site Internet sur lequel ils pourraient déposer leur plainte en toute impunité, ce « balancetonpretre » provoquerait à coup sûr un tsunami mondial qui, par sa violence et son volume, dépasserait j’en suis certaine celui de « balancetonporc ». Seraient encore reléguées au silence, il est vrai, les nombreuses victimes qui, en raison de leur jeune âge (18 mois, exemple entendu ce matin) ou de leur misère (d’innombrables enfants du tiers-monde, illettrés et/ou non connectés) n’auraient pas accès au site.

Bien entendu, la dénonciation ne suffit pas. On peut s’égosiller jusqu’à en perdre la voix, si l’on ne change pas les données qui « engendrent » ces gestes intempestifs, ils continueront à se produire. Pour les harceleurs de tout poil, il serait de la toute première importance de chercher les causes de leur passage à l’acte machiste. Pour les prêtres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Surmonter les épreuves (2/6). Les 20 millions de Français atteints de maladies chroniques ressentent un écart douloureux à la vie dite « normale ». Dépendants, ils doivent être protégés de la solitude : les relations, non exclusivement médicales, en particulier de la présence des êtres chers, sont primordiales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤     


                Céline Lefève : « La maladie chronique révèle les liens affectifs qui nous tiennent en vie »


Surmonter les épreuves (2/6). Les 20 millions de Français atteints de maladies chroniques ressentent un écart douloureux à la vie dite « normale ». Dépendants, ils doivent être protégés de la solitude : les relations, non exclusivement médicales, en particulier de la présence des êtres chers, sont primordiales.

LE MONDE
                 |                 19.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 10h19
                 |

Céline Lefève (Maître de conférences en philosophie de la médecine à l’université Paris-Diderot)
















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Parler aujourd’hui de la maladie comme d’une épreuve, se demander comment nous la surmontons et ce qu’elle nous apprend, requiert de se tourner vers les maladies chroniques. Elles affectent de plus en plus de personnes, prenant des formes très diverses : depuis celles dont les symptômes sont bien régulés jusqu’aux évolutives, invalidantes, parfois rares, en passant par de nouvelles allures fragiles de vie, par exemple liées au diagnostic d’une maladie génétique ou aux suites d’une maladie grave, comme un cancer. Les maladies chroniques dessinent des vies particulières dont la difficulté et les trajectoires appellent un nouveau regard, tant social que médical. Alors que 20 millions de personnes en France sont concernées, celles-ci sont encore trop peu visibles, par exemple, dans les médias et les arts.
La maladie chronique est l’expérience même de la contradiction, l’expérience du conflit entre une tendance au chaos et à l’usure, et la résistance et l’inventivité d’un malade qui cherche à y nicher une vie supportable et à y insuffler espoir et liberté.
La médecine commence seulement à se concevoir autant comme une lutte que comme un soin de la personne malade chronique, un soutien dans son travail de construction de « la vie avec la maladie ». Précisément, cette expression ainsi que celle d’empowerment, qui désigne l’autonomisation et la reprise de pouvoir du malade sur sa pathologie, sont devenues familières dans la médecine de la chronicité. Elles disent qu’il est nécessaire mais aussi possible de faire de la maladie chronique une partie – et non le tout – de sa vie. Toutes les formes de soins (médical dans ses dimensions somatique et psychique, mais aussi amoureux, amical, social, à travers le travail ou l’art) visent à contrer la tendance de la maladie à déposséder le malade de sa propre vie, à le déloger de ses habitudes, de ses projets, de ses désirs, mais aussi à l’exclure de la vie des autres avec ses rythmes,...


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Céline Lefève : « La maladie chronique révèle les liens affectifs qui nous tiennent en vie »
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                                                Par                        Céline Lefève (Maître de conférences en philosophie de la médecine à l’université Paris-Diderot)












