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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La Maison Blanche a été ébranlée, mardi, par deux rebondissements judiciaires impliquant des proches du président des Etats-Unis. Décryptage.
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Etats-Unis : comprendre les affaires Cohen et Manafort et leurs implications pour Trump

La Maison Blanche a été ébranlée, mardi, par deux rebondissements judiciaires impliquant des proches du président des Etats-Unis. Décryptage.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 16h55
    |

                            Maud Obels








                        



   


Deux proches du président américain, Michael Cohen et Paul Manafort, tous deux visés par des enquêtes judiciaires, ont été, mardi 21 août, au centre de rebondissements qui ébranlent la Maison Blanche.

        Lire notre analyse :
         

          Donald Trump ébranlé par les revers judiciaires de Cohen et Manafort, deux proches collaborateurs



Qui sont Michael Cohen et Paul Manafort ?
Les deux hommes font partie du premier cercle de Donald Trump. Michael Cohen fut son avocat à une époque où le magnat de l’immobilier n’était pas encore engagé en politique. Il avait déclaré par le passé « être prêt à prendre une balle » pour l’homme d’affaires. Mais à la fin de juillet, l’avocat a fait savoir qu’il ne voulait plus jouer « les punching-balls ».

        Le portrait de
         

          Michael Cohen, « pitbull » déchu de Donald Trump



Paul Manafort fut le directeur de campagne de M. Trump de mai à août 2016. Avant cette collaboration, ils se connaissaient depuis des décennies. « Donald Trump et moi faisions des affaires dans les années 1980, mais nous n’avions pas de relation personnelle avant que l’équipe de campagne de Trump me contacte », déclarait Paul Manafort en avril 2017.
Que s’est-il passé mardi 21 août ?
Paul Manafort a été reconnu coupable, mardi, de huit chefs d’accusation sur dix-huit, pour fraude fiscale, fraude bancaire et dissimulation d’un compte à l’étranger, après quatre jours de délibéré. Le jury n’est cependant pas parvenu à se mettre d’accord sur les autres chefs d’accusation.
C’est en enquêtant sur l’ingérence russe lors de la présidentielle que le procureur Robert Mueller s’est intéressé aux activités de Paul Manafort. Les faits qui lui sont reprochés — dans un acte d’accusation d’une trentaine de pages — sont antérieurs à ses activités dans l’équipe de campagne de Donald Trump. Il est notamment accusé de ne pas avoir déclaré des activités de lobbyiste en faveur de l’ancien président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch, d’avoir caché sa fortune à l’étranger et d’avoir blanchi de l’argent en provenance d’Europe de l’Est.

        Le décryptage des Décodeurs :
         

          Tout comprendre à l’affaire Trump-Russie



Michael Cohen a, lui, plaidé coupable de huit chefs d’accusation pour fraude fiscale, fraude bancaire et violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Il a surtout, sous serment, directement impliqué le président des Etats-Unis lors d’une audience au tribunal fédéral de Manhattan. Il a en effet déclaré avoir payé deux femmes qui disaient avoir eu une liaison avec Donald Trump, « à la demande du candidat » et dans « l’intention d’influencer l’élection », ce qui constitue un délit.
Quelles peines encourent-ils ?
Paul Manafort, qui n’a pas encore été fixé sur sa sentence à l’issue du jugement de mardi, encourt jusqu’à trente ans de prison. La date de l’annonce de sa peine n’a pas été précisée. Afin de la réduire, il pourrait, d’ici là, décider de collaborer avec la justice.
D’autant plus que Paul Manafort devra également faire face à un deuxième procès, le mois prochain à Washington, concernant d’autres chefs d’accusation, notamment obstruction à la justice, défaut d’enregistrement comme agent étranger et complot en vue de blanchir de l’argent.
Michael Cohen, lui, se verra notifier sa peine le 12 décembre. Il encourt jusqu’à soixante-cinq ans de prison, mais le fait d’avoir plaidé coupable lui assure une peine moins lourde.
Dans les deux cas, Donald Trump a légalement le pouvoir de les gracier. Cette possibilité avait été explorée, concernant Paul Manafort, par un avocat du président, selon le New York Times. Mais une telle décision augmenterait le risque pour Donald Trump d’être poursuivi pour obstruction à la justice. Un abus de son pouvoir de grâce pourrait également constituer une base pour une procédure d’« impeachment ».

        Comprendre :
         

          Donald Trump et la menace permanente de l’impeachment



Pourquoi ces affaires inquiètent-elles la Maison Blanche ?
La condamnation de Paul Manafort est une victoire pour Robert Mueller, le procureur chargé de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, qui subit depuis des mois des attaques de Donald Trump et des tentatives de le discréditer.

        La demande de Trump à la justice :
         

          mettre fin à « cette chasse aux sorcières truquée »



Autre motif d’inquiétude, M. Manafort pourrait être convaincu de collaborer avec la justice pour alléger sa peine. Or, il est en première ligne dans cette affaire puisqu’il avait été écarté de l’équipe de campagne en août 2016, après que la presse eut révélé ses liens compromettant avec Viktor Ianoukovitch.

        Le portrait de
         

          Paul Manafort, un « Trump boy » au trouble passé ukrainien



Selon CBS News, Michael Cohen a fait savoir qu’il était prêt à témoigner devant Robert Mueller que Donald Trump était bien au courant de la réunion entre son fils et une avocate russe en juin 2016 dans la Trump Tower. Or le président américain a toujours affirmé ne pas avoir été mis au courant de cette réunion.
Par ailleurs, selon le New York Times, des soutiens de Donald Trump admettent en privé que ces revers judiciaires sont susceptibles de fissurer la majorité républicaine et ainsi d’exposer Donald Trump à une tentative d’« impeachment ».
Ce risque reste toutefois pour le moment limité, les républicains étant majoritaires dans les deux chambres. Un atout que Donald Trump pourrait cependant perdre en novembre, après les élections de mi-mandat, qui vont renouveler l’intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.
Donald Trump peut-il être inculpé ?
Si Robert Mueller obtient des preuves impliquant directement le président des Etats-Unis, il pourrait demander à un grand jury de l’inculper, avec l’autorisation de Rod J. Rosenstein, sous-procureur général des Etats-Unis.
Une situation peu probable : les services de Robert Mueller ont d’ores et déjà annoncé aux avocats du président qu’ils suivraient le point de vue du ministère de la justice, estimant que la Constitution empêche la poursuite d’un président en exercice.
Comment a réagi Donald Trump ?
En déplacement en Virginie-Occidentale à l’occasion d’un meeting, Donald Trump s’est dit, mardi, « très triste » de la condamnation de Paul Manafort, estimant qu’il s’agit d’« un homme bien ». Il a néanmoins cherché à prendre de la distance avec ce jugement qui ne le « concerne pas ». Le lendemain, il a également évoqué l’affaire sur Twitter : « Je suis très triste pour Paul Manafort et pour sa merveilleuse famille. La “justice” a utilisé une affaire fiscale vieille de douze ans pour faire pression sur lui et, contrairement à Michael Cohen, il a refusé d’inventer des histoires pour faire un deal. Tellement de respect pour un homme courageux ! » « Un grand nombre de chefs d’accusation, dix, n’ont même pas pu être tranchés dans l’affaire de Paul Manafort, a-t-il ajouté. Chasse aux sorcières ! »
Quant aux accusations de son ancien avocat Michael Cohen, il les a commentées mercredi d’un message caustique sur le réseau social : « Si vous cherchez un bon avocat, je vous recommande vivement de ne pas faire appel à Michael Cohen ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.
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Ian Brossat : « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? »

Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h00
    |

Ian Brossat (Chef de file du PCF aux élections européennes)







                        



                                


                            
Tribune. Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.
En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes. » Dans un entretien accordé au Monde le 20 août, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi. » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union
D’abord, elle offre en cadeau à l’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas à l’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos à la démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme » et du « repli nationaliste ».
Le logiciel macroniste quelque peu marqué par le simplisme
Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Sept gardes-frontières ont été légèrement blessés, mercredi, dans l’enclave espagnole où 600 migrants étaient déjà entrés à la fin du mois de juillet.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Enclave de Ceuta : une centaine de migrants forcent la frontière entre le Maroc et l’Espagne

Sept gardes-frontières ont été légèrement blessés, mercredi, dans l’enclave espagnole où 600 migrants étaient déjà entrés à la fin du mois de juillet.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 17h22
   





                        



   


Quelque 115 migrants ont pénétré, mercredi 22 août, dans l’enclave espagnole de Ceuta en escaladant la haute clôture frontalière avec le Maroc, blessant légèrement plusieurs agents, ont annoncé les autorités.
« Ils sont passés par-dessus la clôture » de six mètres de haut et hérissée de barbelés qui entoure la ville, a fait savoir un porte-parole de la préfecture. Sept gardes-frontières ont été « légèrement » blessés suite à des brûlures d’acide et de chaux que leur ont lancé les migrants, a-t-il précisé.
« Tout mon soutien aux forces de l’ordre qui affrontent de manière exemplaire le défi migratoire, en particulier aux agents blessés aujourd’hui », a tweeté le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez.

Todo mi apoyo a las #FCSE que están afrontando de forma ejemplar el desafío migratorio, especialmente a los agentes… https://t.co/SCYiz7vzR9— sanchezcastejon (@Pedro Sánchez)


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Des images diffusées par le journal El Faro de Ceuta montrent de jeunes migrants africains fous de joie d’être parvenus à escalader la double clôture, certains agitant un drapeau espagnol ou européen.

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« Bonne chance à tous les amis »
Plusieurs ont des blessures aux jambes et aux mains, les vêtements lacérés ou ensanglantés, selon ces images. « Bonne chance à tous les amis qui sont derrière » au Maroc, crie en français l’un d’entre eux.
Ceuta présente, avec l’autre enclave espagnole de Melilla, la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec l’Afrique. Fin juillet, plus de 600 migrants y étaient entrés lors d’un passage en force marqué par des affrontements décrits comme particulièrement violents par les forces de l’ordre, lors duquel ils avaient jeté de la chaux vive et des excréments sur les gardes-frontières.
Depuis le début de l’année, quelque 3 100 migrants sont entrés à Ceuta et Melilla, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils viennent s’ajouter aux plus de 25 000 arrivés en Espagne par voie maritime, faisant du pays la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, devant l’Italie et la Grèce.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center, les Russes sont préoccupés par la dégradation de la situation économique et la montée du terrorisme.
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Les Russes approuvent la politique étrangère de Poutine, mais s’inquiètent de la corruption

Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center, les Russes sont préoccupés par la dégradation de la situation économique et la montée du terrorisme.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 15h22
    |

                            Manuel Ausloos








                        



   


Aux yeux des Russes, le pays relève la tête sur le plan international. Trois Russes sur quatre (72 %) considèrent que leur pays joue aujourd’hui un rôle plus important sur la scène mondiale qu’il y a dix ans, d’après un sondage de l’institut américain Pew Research Center publié mardi 21 août. Ils n’étaient que 59 % à tenir ce discours en 2017.
La politique internationale de Vladimir Poutine est plébiscitée. Alors que l’intervention de Moscou en Syrie a sauvé le régime Assad et que le conflit ukrainien dure toujours, 81 % des Russes ont confiance ou très confiance en la politique étrangère de leur président. Cela confirme la tendance qui s’est établie depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, qui a largement accru la popularité de Vladimir Poutine sur la scène intérieure.

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La confiance grandissante des Russes quant à l’importance de leur pays à l’international n’efface pas pour autant certaines craintes. L’OTAN reste un souci primordial : 80 % des répondants considèrent ainsi l’Alliance comme une menace et 45 % la voient même comme une menace majeure. Les sanctions occidentales imposées depuis 2014 restent également une préoccupation constante, et 47 % des Russes estiment qu’elles ont un impact décisif sur l’économie du pays.
Au niveau national, si 57 % des personnes interrogées se disent satisfaites de l’état du pays, on compte tout de même 40 % de mécontents, selon ce sondage, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, entre le 22 mai et le 23 juin. L’un des premiers soucis des Russes est l’économie avec, au premier chef, l’inflation, dont 69 % des répondants estiment qu’elle est un problème majeur.
« Parti des voleurs »
Vient ensuite la corruption des élites politiques, qui inquiète plus de la moitié des personnes interrogées (59 %). C’est une augmentation significative depuis 2015, puisqu’à l’époque, 62 % des Russes estimaient que Vladimir Poutine gérait bien cette question.
Le sujet a notamment pris une place importante dans le débat public russe avec le populaire opposant Alexeï Navalny. Candidat finalement écarté de la présidentielle de mars, il a fait de la corruption un de ses principaux chevaux de bataille mobilisant des dizaines de milliers de manifestants à travers la Russie et qualifiant régulièrement Russie unie, la formation de Vladimir Poutine, de « parti des voleurs et des escrocs ».
Le terrorisme est également une préoccupation notable pour plus de la moitié des Russes, alors que le pays est régulièrement frappé par des attaques terroristes comme celle qui avait fait 16 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg, en avril 2017. Ils sont 53 % à inscrire le terrorisme parmi les défis majeurs auxquels la Russie fait face.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans le département du Pool, une guerre à huis clos a fait plus de 138 000 déplacés en 2016 et 2017.
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Compte rendu

Au Congo, le pasteur Ntumi accepte le principe d’un désarmement des rebelles

Dans le département du Pool, une guerre à huis clos a fait plus de 138 000 déplacés en 2016 et 2017.


LE MONDE
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        Le 22.08.2018 à 14h58

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        Mis à jour le 22.08.2018 à 15h24






    
Le chef rebelle Frederic Bintsamou, alias pasteur Ntumi, à Kinkala, au Congo, en juin 2008.
Crédits : GUY GERVAIS KITINA / AFP


L’ex-chef rebelle congolais Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, a accepté le principe du désarmement pour sa première apparition publique au Congo-Brazzaville depuis la signature d’un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement, le 23 décembre 2017.
Le pasteur Ntumi, 53 ans, a rencontré mardi 21 août dans son fief du département du Pool les membres de la Commission ad hoc mixte paritaire (CAMP), chargée de mettre en œuvre cet accord de paix. Un correspondant de l’AFP avait été invité par les autorités à cette rencontre à plus de 100 km au sud-ouest de Brazzaville, dans une région touchée par une guerre à huis clos qui a fait plus de 138 000 déplacés entre début 2016 et fin 2017.

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                Répression à huis clos au Congo-Brazzaville



« Je viens auprès de vous solliciter votre appel à la paix, votre appel au ramassage d’armes, car il n’y a pas de paix sans ramassage d’armes », a dit Séraphin Ondélé, le président de la CAMP, au pasteur Ntumi, qui n’avait toujours pas adhéré au désarmement, dénonçant une opération « unilatérale ».
Collecter plus de 3 000 armes
« Si nous sommes détenteurs d’une arme et que nous avons décidé de faire la paix, cette arme ne sert plus à rien et nous devons la déposer », a répondu le pasteur Ntumi, applaudi par ses miliciens, dont certains surveillaient l’arme au poing sa propriété de plus de 20 000 m2. « On peut remettre une arme, mais la situation qui a fait que chacun prenne une arme doit être réglée », a-t-il ajouté.
L’opération de désarmement a été lancée le 7 août et n’a toujours pas connu un début d’exécution. Cette initiative devrait permettre de collecter et d’incinérer plus de 3 000 armes de tout calibre, selon les autorités. Le nombre de personnes à désarmer dans le Pool reste à déterminer par le gouvernement et le camp du pasteur Ntumi.

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Les rebelles ont pris les armes après la réélection contestée, en mars 2016, du président Denis Sassou-Nguesso, 74 ans dont trente-quatre au pouvoir. Le Pool, jadis grenier de Brazzaville, avait déjà été le théâtre de violents affrontements entre 1998 et 2003 entre l’armée et les combattants « ninjas » dirigés par le pasteur Ntumi.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Selon International Crisis Group, les habitants de l’Extrême-Nord sont pris en étau entre les djihadistes et les militaires.
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Point de vue

Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun

Selon International Crisis Group, les habitants de l’Extrême-Nord sont pris en étau entre les djihadistes et les militaires.

Par                                            Hans de Marie Heungoup




LE MONDE
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        Le 22.08.2018 à 14h56

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        Mis à jour le 22.08.2018 à 17h49






    
Des femmes observent le passage d’une patrouille de militaires à Kerawa, dans le nord du Cameroun, en mars 2016.
Crédits : Joe Penney / REUTERS


Tribune. Dans la région camerounaise de l’Extrême-Nord, les forces de défense et de sécurité affrontent depuis 2014 le mouvement djihadiste Boko Haram, apparu au Nigeria. Au moins 1 900 civils et 200 militaires ont été tués par Boko Haram, et l’Extrême-Nord compte aujourd’hui 240 000 déplacés internes. Mais ce sinistre état des lieux ne dit rien des problèmes sociaux liés au conflit, en particulier des grossesses adolescentes, des mariages d’enfants et de la situation des enfants victimes de Boko Haram.
A l’occasion de travaux de recherche à Maroua, Mokolo, Mora et Kousseri, en février et mars, portant sur les comités de vigilance et les combattants de Boko Haram qui se sont rendus, International Crisis Group (ICG) a pu approfondir son analyse de ces aspects généralement méconnus du conflit, auxquels le gouvernement camerounais comme les donateurs internationaux devraient porter une plus grande attention. 
Des militaires en position de force
Avant le conflit, l’Extrême-Nord était déjà l’une des régions comptant le pourcentage le plus élevé de grossesses adolescentes et de mariages d’enfants. Selon le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), en 2011, parmi les jeunes filles âgées de 20 à 24 ans, 12,5 % avaient eu un premier enfant avant l’âge de 15 ans (contre 6,4 % à l’échelle nationale) et 47,2 % avant 18 ans (contre 29,9 %).
S’agissant des mariages d’enfants, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), en 2013, 31,9 % des jeunes filles de l’Extrême-Nord étaient mariées avant l’âge de 15 ans (contre 13,4 % à l’échelle nationale) et 67,7 % avant 18 ans (contre 38,4 %). Depuis 2014, ces deux tendances s’accentuent dans la région alors qu’elles reculent dans le reste du pays.

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En raison du conflit, les militaires sont parfois les seuls jeunes hommes présents dans certaines localités, ceux originaires de la zone ayant rejoint Boko Haram, ayant été tués ou étant partis pour gagner leur vie, se mettre en sécurité ou échapper aux recrutements forcés de Boko Haram et aux soupçons des forces de sécurité. Disposant du pouvoir et de ressources financières dans un contexte de forte précarité, les militaires sont en position de force vis-à-vis des jeunes filles. Dès lors, il n’est pas toujours aisé de déterminer si les relations sexuelles sont consenties. Mais des cas de viol sont avérés.
Dans le climat qui a prévalu de 2014 à 2017, entre suspicions et délations, certaines jeunes filles ont cherché des partenaires militaires pour protéger leurs familles. Des soldats ont par ailleurs imposé des relations sexuelles à des jeunes filles en les menaçant d’accuser des membres de leur famille d’appartenir à Boko Haram. Ces jeunes filles de l’Extrême-Nord ne sont évidemment pas tombées enceintes que de militaires, mais aussi de civils, voire de membres de Boko Haram.

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Dans le village de Salack, où se situe le quartier général pour la région du Bataillon d’intervention rapide, 263 grossesses adolescentes ont été recensées en 2017, selon une étude de la Mission catholique qui n’a pas été rendue publique. Ce serait trois fois plus qu’avant le conflit. Le pourcentage de mariages d’enfants augmente aussi, car la précarité et la raréfaction des ressources sont telles que de nombreuses familles poussent leurs jeunes filles à se marier le plus tôt possible. D’autres jeunes femmes se prostituent.
Plus généralement, il faut s’interroger sur les nouvelles formes de parentalité et leurs conséquences dans la région. Ainsi, les familles monoparentales et les femmes chefs de ménages sont désormais nombreuses dans certaines localités, ainsi que parmi les communautés de déplacés, car les hommes ont souvent été plus ciblés que les femmes lors des attaques de Boko Haram.
Enfants soldats, orphelins et blessés
Le conflit avec Boko Haram a touché les enfants de diverses manières. L’Extrême-Nord compte aujourd’hui des milliers d’enfants soldats, d’orphelins ou d’enfants blessés dans des attentats perpétrés par le mouvement djihadiste. Mais peu de moyens sont alloués à leur prise en charge, qui n’est pas une priorité des pouvoirs publics et des ONG. Ainsi, l’Institution camerounaise de l’enfance (ICE) manque cruellement de moyens et de soutiens. Depuis 2015, cet organisme basé à Maroua et rattaché au ministère des affaires sociales est l’une des rares structures à suivre des enfants victimes de Boko Haram ainsi que des mineurs détenus en raison de leurs liens avec le mouvement.
Parmi les enfants pris en charge par l’ICE, ceux ayant appartenu ou collaboré avec Boko Haram sont pour la plupart des jeunes garçons et venant des villes frontalières les plus touchées par le conflit que sont Kolofata, Banki, Amchidé, Fotokol et Goulfey. Ils sont très majoritairement camerounais. Leur âge varie de 4 et 18 ans, mais la plupart ont entre 13 et 16 ans. Au sein de Boko Haram, la plupart étaient chargés de diverses corvées (puiser de l’eau, cultiver la terre, porter des messages et acheter des choses), mais certains officiaient comme guetteurs ou espions. Un tiers d’entre eux étaient des combattants. Certains ont suivi leurs parents quand ces derniers ont rejoint Boko Haram, d’autres ont été enlevés.

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La plupart des enfants ont été amenés à l’ICE par l’armée. Certains présentaient des signes de « radicalisation », selon les responsables de l’institution : ils refusaient de serrer la main des femmes ou de jouer avec des non-musulmans. Pour les « déradicaliser », l’ICE a fait appel à un imam et associé dialogues éducatifs, activités de groupe et animations socioculturelles. Les pensionnaires sont pris en charge dans l’enceinte de l’ICE et le site n’est pas clos. Selon le directeur, « la clôture est psychologique. Les enfants sortent et reviennent, ils ne vont pas loin. Un imam intervient chaque semaine pour des entretiens individuels et collectifs avec ceux qui sont radicalisés. Nous leur offrons aussi des jeux de rôle, des sketchs, des jeux de société et nous observons leurs attitudes ».
Les pensionnaires de l’ICE restent en moyenne un an, voire deux pour quelques-uns, surtout des Nigérians, Nigériens, Tchadiens et Centrafricains, en raison des difficultés à identifier leurs parents. En trois ans, l’ICE est parvenu à réinsérer 275 enfants enrôlés comme membres ou collaborateurs de Boko Haram dans leur famille d’origine. En mars, seuls douze enfants étaient encore pensionnaires à l’ICE, leurs familles n’ayant pu être identifiées. L’un des enfants recueillis par l’institution, un ex-combattant surnommé « Général » et décrit par les responsables de l’ICE comme « radicalisé », s’est échappé en août 2017.
Petite délinquance et criminalité
Avec seulement cinq employés et un budget annuel de moins de 100 millions de francs CFA (moins de 150 000 euros), l’ICE a des ressources très limitées, d’autant qu’elle s’occupe aussi de la réinsertion dans des familles de mineurs libérés de la prison de Maroua. Aucun psychologue professionnel ne suit les pensionnaires, et le personnel de l’ICE doit de facto assumer ce rôle. Ainsi, en lieu et place d’un programme de scolarisation, l’ICE a initié un programme d’alphabétisation. Selon le directeur, « certains enfants parviennent à dire des phrases en français après un an », ce qui représente un progrès dans cette région, la plus pauvre du Cameroun et celle où le taux de scolarisation est le plus faible.
Occasionnellement, l’ICE obtient un soutien du Comité international de la Croix-Rouge, du Fnuap, du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et d’associations locales comme l’Association pour la protection des enfants éloignés de leurs familles (Apeef). Mais ces soutiens sont plutôt modestes et se limitent parfois à des formations pour son personnel.

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A cause de ce manque de moyens, l’ICE a récemment renoncé à prendre à charge des enfants enlevés par Boko Haram ou nés en captivité qui faisaient partie d’un groupe de 410 anciens captifs arrivés dans le département du Mayo-Tsanaga en 2017. Par ailleurs, certains des mineurs réinsérés dans leurs familles retombent dans la petite délinquance et la criminalité, car les réinsertions ne s’accompagnent pas d’un véritable suivi ou d’une aide matérielle pour favoriser la scolarisation et l’insertion économique des anciens pensionnaires.
Pour leur réinsertion économique, les pensionnaires privilégient les métiers de la menuiserie, de la mécanique et de la couture, qu’ils pratiquaient parfois déjà au sein de Boko Haram. Ces métiers se trouvent aussi être les plus prisés par les anciens membres combattants adultes de Boko Haram. Ils sont réticents à opter pour le commerce, car les échanges commerciaux avec le Nigeria – principal débouché des produits de l’Extrême-Nord – restent fortement perturbés.
Ouvrir une enquête sur les cas de viols
Le Cameroun fait face dans l’Extrême-Nord à l’un des défis sécuritaires les plus importants de sa jeune histoire. Les difficultés économiques persistantes et même les questions du développement et de la réforme de la gouvernance locale ne doivent pas masquer des problèmes sociaux importants qui découlent du conflit avec Boko Haram.
Le gouvernement et les donateurs prennent actuellement conscience de la nécessité de financer la démobilisation et la réinsertion des membres de Boko Haram ainsi que d’une partie des membres des comités de vigilance, car cela permettrait d’accélérer les redditions des combattants camerounais et d’empêcher un possible basculement de certains comités de vigilance dans le banditisme et divers réseaux criminels après le conflit.

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Dans la même perspective, ils devraient renforcer leur aide à la réinsertion socio-éducative et économique des enfants victimes de Boko Haram, dans le cadre d’une politique cohérente, et leur soutien aux familles monoparentales. Le ministère de la défense devrait également ouvrir une enquête sur tous les cas de viols ou abus sur mineurs commis par les militaires et sanctionner les auteurs le cas échéant. Il devrait enfin incorporer au règlement intérieur de l’armée et de la police des dispositions encadrant les relations sexuelles entre forces de sécurité et populations dans les zones de conflit.
Hans de Marie Heungoup est analyste pour l’Afrique centrale à International Crisis Group.


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<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

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LE MONDE
 |    22.08.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 16h13
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                            Audrey Delaporte, 
Marianne Boyer et 
Delphine Papin








                        



   





                            


                        

                        


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Compte rendu

En Egypte, le meurtre d’un évêque met au jour les querelles qui divisent l’Eglise copte

Les chrétiens sont la cible de violences qui se sont aggravées avec la montée en puissance des djihadistes.


LE MONDE
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        Le 22.08.2018 à 14h34

     •
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        Mis à jour le 22.08.2018 à 15h43






    
Le pape copte Théodore II célèbre la messe de Noël dans la cathédrale de la Nativité, à 45 km du Caire, en Egypte, le 6 janvier 2018.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Un évêque retrouvé battu à mort dans son monastère isolé, deux moines accusés de l’avoir tué dans l’attente d’être jugés… Une obscure saga agite la communauté copte d’Egypte, déjà fragilisée par de nombreuses menaces.
La victime dirigeait le monastère Saint-Macaire de Scété, situé au cœur des plaines poussiéreuses de Wadi Al-Natrun, à environ 80 km du Caire. C’est ici qu’au détour d’un couloir, deux moines coptes se sont rués fin juillet sur l’évêque Epiphanius, 68 ans, qui se rendait à la messe, selon l’accusation. Isaïe Al-Makari le frappe alors trois fois à la tête avec une barre métallique, tandis que Philotheos Al-Makari assiste sans broncher à la scène, d’après les charges retenues contre ces moines cités sous leur nom ecclésiastique.

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Ce meurtre propulse sous les feux des projecteurs un clergé généralement discret et agite la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient. Les Coptes représentent en effet 10 % des plus de 96 millions d’Egyptiens. Faiblement représentés au gouvernement, ils se disent marginalisés et sont depuis longtemps la cible de violences, aggravées avec la montée en puissance des djihadistes.
« Le meurtre d’un évêque par deux moines au sein d’un monastère va propager une onde de choc à travers la communauté, estime Samuel Tadros, analyste à l’institut Hudson, à Washington. Les membres du clergé copte ne sont pas seulement considérés comme des fonctionnaires religieux, mais comme les pères de la communauté. »
Luttes de pouvoir
Plusieurs semaines après la découverte du corps de l’évêque Epiphanius, les raisons de sa disparition restent mystérieuses. Isaïe Al-Makari, de son nom civil Waël Al-Saad, a avoué avoir commis le meurtre en raison de « désaccords », a affirmé le procureur, sans donner plus de détails. Ayant déjà fait l’objet de sanctions disciplinaires, il a été rapidement défroqué après la découverte du corps.
L’autre accusé, Philotheos Al-Makari, aurait commis, selon un média officiel, deux tentatives de suicide et aurait été un temps hospitalisé. Une information qui n’a pas été confirmée de source indépendante. Les deux sont actuellement en détention.

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« Nous en savons très peu. L’Eglise et les institutions officielles n’ont pas fait beaucoup de commentaires, observe Shady Lewis Botros, un chercheur égyptien basé à Londres. La rancune personnelle est une explication tout à fait plausible. » L’Eglise a fourni peu de détails sur le meurtre, faisant valoir que l’enquête était aux mains de la justice. « Il n’est pas dans notre intérêt de couvrir les actes répréhensibles », a déclaré le pape copte orthodoxe Théodore II, en parlant de « crime ».
Ce meurtre a néanmoins mis en lumière des désaccords de longue date et les luttes de pouvoir au sein de l’Eglise. Les positions de l’évêque Epiphanius, qui appelait à se consacrer aux seules questions spirituelles et remettait en question le legs de l’ancien chef de l’Eglise, ont parfois agacé certains de ses coreligionnaires.
Interdits de réseaux sociaux
Mais les querelles internes, dont celle qui a peut-être conduit au meurtre, ne concernent pas toutes des questions de dogme. « La plupart des conflits sont limités et sont liés aux allégeances, au partage du pouvoir, au prestige ou à des questions financières, explique Shady Lewis Botros. Le dogme joue un rôle, bien sûr, mais l’essentiel reste la lutte pour le pouvoir à l’intérieur de l’Eglise. »
Ses dirigeants, sous l’influence du pape Théodore II, ont adopté plusieurs mesures après le meurtre : suspension de l’intégration de nouveaux moines pour un an, renforcement des contrôles financiers et interdiction pour les nouveaux clercs de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Théodore II lui-même a supprimé son compte Facebook.

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Selon Jawal Assad, un penseur copte connu, le meurtre est un avertissement pour les responsables de l’Eglise, qui devraient engager des réformes et faire cesser les querelles. « Durant les funérailles de l’évêque, le pape Théodore II a rappelé aux moines qu’ils ne devaient pas obéir à telle ou telle personne et qu’ils étaient avant tout membres d’un monastère », explique-t-il.
Ce drame est le dernier en date à frapper les coptes d’Egypte, cibles surtout d’attaques d’organisations extrémistes. Comme d’autres minorités en Egypte, les représentants coptes ont affiché leur soutien à Abdel Fattah Al-Sissi, qui a évincé le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, alors qu’il était chef de l’armée.
« La vie ici est plus difficile pour les chrétiens », affirme à l’AFP Peter Fangary, un comptable de 30 ans exprimant l’espoir de quitter l’Egypte un jour, en partie à cause des pressions liées à sa religion. A propos du meurtre, il dit : « Satan peut écarter n’importe qui du droit chemin. Il est capable de pousser au meurtre. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les animaux sont empoisonnés par une algue toxique, dont le développement est favorisé par les engrais rejetés par l’agriculture industrielle.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le ministre de l’environnement entend lutter contre les conditions « épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif d’animaux de compagnie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Maltraitance animale : le Royaume-Uni veut encadrer la vente des chiots et des chatons

Le ministre de l’environnement entend lutter contre les conditions « épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif d’animaux de compagnie.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 16h12
   





                        



   


Le gouvernement britannique veut interdire la vente de chiots et chatons de moins de six mois en dehors des élevages professionnels et des refuges animaliers afin de lutter contre les « conditions épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif dans lesquelles sont parfois élevés les animaux de compagnie destinés à la vente.
Dans le viseur du ministre de l’environnement Michael Gove, qui a lancé une consultation mercredi 22 août : les boutiques de vente d’animaux et autres vendeurs tiers chez lesquels seraient vendus entre 40 000 et 80 000 chiots par an, selon l’association de protection des animaux Blue Cross.
M. Gove entend ainsi lutter contre « la séparation précoce des chiots et des chatons de leur mère, leur introduction dans des environnements nouveaux et inconnus et [les] voyages multiples que les chiots ou les chatons doivent entreprendre ». « Les gens qui négligent complètement le bien-être des animaux de compagnie ne pourront plus profiter de ce commerce misérable », a insisté le ministre.
Caroline Kisko, une responsable du Kennel Club, une organisation de protection des animaux, a salué une politique qui lorsqu’elle « sera mise en œuvre, mettra fin aux souffrances de nombreux chiens ». « Elle enverra le message très fort aux acheteurs de chiots qu’il n’est jamais acceptable de voir un chiot dans un environnement autre que celui dans lequel il est né et a été élevé, et avec sa mère », a-t-elle ajouté.
Des premières mesures dès octobre
Cette consultation intervient à l’issue d’une intense campagne de sensibilisation menée autour du cas de Lucy. Forcée de mettre bas plusieurs fois par an dans une ferme à chiots galloise, la petite chienne avait été recueillie en mauvaise santé en 2013 et était morte trois ans plus tard.
Son histoire, racontée sur les réseaux sociaux par la femme qui l’avait recueillie, a ému les Britanniques, au point qu’une pétition adressée au Parlement réclamant un plus strict encadrement – surnommé « Lucy’s Law » (« loi de Lucy ») – de la vente d’animaux de compagnie avait recueilli près de 150 000 signatures.
Les premières mesures de cet encadrement, discuté depuis le mois de mai au Parlement, doivent entrer en vigueur le 1er octobre. Elles prévoient déjà d’interdire la vente par des vendeurs tiers de chiots et de chatons âgés de moins de huit semaines, mais aussi l’obligation pour les éleveurs, avant de vendre un chiot, de montrer à l’acheteur la mère aux côtés de son petit.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des universitaires dénoncent la reprise en main drastique de la société civile par le président Xi Jinping et son « ambition dévorante ».
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édition abonné


En Chine, des cours de patriotisme pour les intellectuels

Des universitaires dénoncent la reprise en main drastique de la société civile par le président Xi Jinping et son « ambition dévorante ».



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 12h24
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

L’annonce a fait grincer quelques dents : les intellectuels chinois, accusés de manquer de patriotisme, vont subir une piqûre de rappel obligatoire. Cette nouvelle campagne a pour objectif de promouvoir « un esprit patriotique fervent », en particulier chez les plus jeunes d’entre eux, dans les instituts de recherche et les universités, entreprises médiatiques ou institutions publiques, a annoncé le 31 juillet l’agence Chine nouvelle. Il s’agit de renforcer « la supervision politique » des intellectuels, et d’aligner leur « identification politique et idéologique » avec les objectifs désignés par le Parti communiste et la nation, détaille le Quotidien du peuple.
« Cela fait un moment que beaucoup d’intellectuels sont en colère contre la gouvernance dictatoriale de Xi Jinping, c’est un lointain retour en arrière », juge He Weifang, professeur de droit à l’université de Pékin. « Les cercles intellectuels sont particulièrement animés ces deux derniers mois, ils approchent de l’ébullition », estime quant à lui Gu Su, professeur de droit à l’université de Nankin, cité par le quotidien hong­kongais South China Morning Post.
Point de ralliement des critiques : un essai publié le 24 juillet par Xu Zhangrun, un professeur de l’université de Tsinghua (Pékin) installé au Japon, et publié par le think-tank indépendant Unirule. Le texte a surpris par sa critique frontale du pouvoir, alors que le président chinois, Xi Jinping, semblait avoir réussi à faire taire les voix discordantes grâce à une reprise en main drastique de la société civile, depuis son arrivée aux affaires fin 2012.
« A travers la Chine, les gens, y compris les bureaucrates, doutent de la direction que prend le pays, et sont inquiets pour leur propre sécurité. Cette inquiétude a créé une sorte de panique nationale », écrit-il. Dans son essai, le professeur Xu s’attaque à la suppression de la limite de deux mandats,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ D’après un rapport de l’ONU, le Saoudien Ibrahim Al-Asiri a été tué au Yémen. Une information confirmée par un responsable américain.
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L’artificier en chef d’Al-Qaida a bien été abattu en 2017, selon Washington

D’après un rapport de l’ONU, le Saoudien Ibrahim Al-Asiri a été tué au Yémen. Une information confirmée par un responsable américain.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h25
   





                        



   


L’artificier en chef d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), le Saoudien Ibrahim Al-Asiri, dit Abou Saleh, a bien été tué en 2017 au Yémen, où il se cachait depuis plusieurs années. L’information, rapportée mardi 21 août à l’AFP par un responsable américain, confirme un rapport des Nations unies publié la semaine dernière. « Nous sommes sûrs qu’il a été tué à la fin de l’année dernière », a précisé ce responsable ayant requis l’anonymat.
D’après le rapport de l’ONU, l’artificier de 36 ans a été abattu par un drone américain dans le gouvernorat de Marib, dans l’est du Yémen. « Vu le rôle passé d’Al-Asiri dans les attentats contre le transport aérien, cela représenterait un revers sérieux pour leurs capacités opérationnelles », ajoutait le rapport.
Pour l’ancien directeur de la CIA Michael Morell, interrogé lundi par CBS News, il s’agissait « probablement du terroriste qui fabriquait les bombes les plus sophistiquées de la planète ». Dans un Tweet, Michael Morell salue l’opération américaine et se félicite de « la mort d’un terroriste la plus significative depuis celle de Ben Laden ».

The most significant removal of a terrorist from the battlefield since the killing of bin Ladin. We are safer becau… https://t.co/JbbtxX9f9S— MichaelJMorell (@Michael Morell)


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Des bombes difficiles à détecter
Ibrahim Al-Asiri, qui a étudié la chimie à Riyad, en Arabie saoudite, échappait depuis des années aux tirs de drones américains qui ont tenté à plusieurs reprises de l’éliminer. Il avait mis au point il y a longtemps un explosif, à base de tétranitrate de pentaérythritol (PETN), quasiment impossible à détecter.
C’est de PETN qu’était constitué l’engin qu’il a placé en août 2009 dans les sous-vêtements de son frère cadet Abdullah, qui s’est fait sauter au moment où il approchait du prince Mohamed Ben Nayef, vice-ministre saoudien de l’intérieur chargé de la lutte antiterroriste. Seul le kamikaze, dont le corps a absorbé l’essentiel de l’explosion, a péri.
Il y avait également du PETN dans l’engin caché sur sa cuisse que le jeune Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab a vainement tenté de mettre à feu, avec un détonateur chimique, le 25 décembre 2009, dans un avion américain approchant de Detroit.
Ibrahim Al-Asiri a également travaillé sur un projet de cartouches d’encre explosives qui devaient être cachées dans des avions à destination des Etats-Unis. D’après CBS News, il cherchait à concevoir, au moment de sa mort, un modèle de bombe qu’il aurait été possible de dissimuler dans un ordinateur portable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.
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Euro : l’amère odyssée de la Grèce

Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h24
   





                        


Editorial du « Monde ». Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour saluer, mardi 21 août, la « libération » de la Grèce du douloureux programme d’assistance financière dont elle dépendait depuis huit ans. Tel Ulysse regagnant son île après la guerre de Troie au terme d’une décennie de périples en mer, le premier ministre grec a tenté de donner une tonalité victorieuse à cette « odyssée des temps modernes ». « Aujourd’hui, la Grèce reprend son destin en main », a poursuivi M. Tsipras : « une nouvelle ère » s’est ouverte.

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Le dirigeant grec a quelque raison de vouloir marquer cette étape. Elus en 2015 sur un programme de gauche radicale et la promesse de mettre fin à l’aide financière extérieure, Alexis Tsipras et son parti, Syriza, durent rapidement faire volte-face et accepter un troisième plan d’assistance draconien pour éviter la faillite du pays et sa sortie de l’euro. Après trois plans d’aide, 289 milliards d’euros de prêts, huit ans de tutelle de ses créanciers et d’austérité imposée, Athènes va de nouveau pouvoir se financer sur les marchés. Laminée par des années de récession, l’économie grecque se porte aujourd’hui un peu mieux. La croissance, avec laquelle elle a renoué en 2017, devrait frôler les 2 % cette année. Le chômage, qui culminait à 27 %, est repassé sous la barre des 20 %.

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Loin d’Ithaque, les dirigeants de l’Union européenne se sont aussi, bien que plus prosaïquement, félicités de l’émancipation de la Grèce de son étroite tutelle financière. Pour la zone euro, qui n’avait jamais été confrontée à une crise d’une telle gravité et n’y était absolument pas préparée, le pire a été évité : la banqueroute et le chaos qui aurait suivi ont été épargnés à la Grèce et à ses créanciers, l’euro ne s’est pas effondré et les Grecs ont pu se maintenir au sein de l’UE, comme ils le souhaitaient. Jamais l’Europe n’avait engagé de telles sommes pour sauver l’économie d’un Etat membre. Le « Grexit » n’a pas eu lieu.
Un sérieux examen de conscience à faire pour l’UE
Pour autant, l’humeur n’est festive ni à Athènes ni à Bruxelles. Comment le pourrait-elle ? Le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps. Le PIB a fondu de 25 %. Le chômage a poussé près d’un demi-million de personnes, pour la plupart jeunes, à l’émigration. Quelque 250 000 PME ont fait faillite. L’administration reste défaillante, le système de santé délabré. Pour les Grecs, l’argument selon lequel l’alternative aurait été pire est une maigre consolation.
Malgré la mise en œuvre des réformes, les problèmes qui sont à l’origine de la catastrophe financière grecque n’ont pas été résolus. La corruption reste un fléau, la dette disproportionnée. La question du modèle économique de la Grèce demeure posée. L’horizon politique n’est pas éclairci : si l’Europe salue le pragmatisme d’Alexis Tsipras, celui-ci sort fragilisé de la gestion calamiteuse des incendies autour d’Athènes, qui ont tué près de 100 personnes en juillet. Enfin, la fin de la tutelle est assez symbolique : la Grèce restera soumise à une « surveillance renforcée ».
Quant à l’UE, cette nouvelle étape grecque doit être pour elle l’occasion d’un sérieux examen de conscience. La Grèce a fait les frais des failles d’une union monétaire incomplète. Les dirigeants européens n’ont pas tous la même lecture de cette tragique épreuve. Ils feraient bien, pourtant, d’en tirer les leçons une fois pour toutes, afin de ne pas être de nouveau surpris par la prochaine crise, au moment où l’Italie s’apprête à défier les règles budgétaires.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement a récemment ouvert un centre fermé pour accueillir les familles en attente d’expulsion.
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Mobilisation en Belgique contre l’enfermement d’enfants en centre de rétention

Le gouvernement a récemment ouvert un centre fermé pour accueillir les familles en attente d’expulsion.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Des Femen piétinent un tapis de fleurs sur la Grand-Place de Bruxelles, et clament que le « scandale » n’est pas leur poitrine dénudée mais le fait d’emprisonner des enfants. C’était, dimanche 19 août, le dernier épisode d’une mobilisation estivale contre l’une des décisions les plus contestées du gouvernement du libéral Charles Michel : l’ouverture, à deux pas de l’aéroport de Zaventem, d’« unités spéciales » pour des immigrés illégaux et leurs enfants en attente d’expulsion.
Un couple de Serbes et ses quatre enfants mineurs – nés en Belgique – est le premier à être retenu dans cette aile jouxtant le « centre fermé 127 bis » de Steenokkerzeel, un centre de rétention où se retrouvent des clandestins et interdit à la presse. Selon l’Office belge des étrangers, la famille séjournait illégalement dans le royaume depuis 2012 ou 2013. Le père a été condamné pour des vols avec violence.
Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, l’Unicef, le Conseil de l’Europe, des avocats, le Centre fédéral pour la migration et quelque 300 institutions ont protesté contre l’ouverture de ces unités et réclamé une interdiction générale de l’enfermement d’enfants. Le délégué francophone aux droits de l’enfant évoque une « violation flagrante » de la Convention internationale qui protège les droits des mineurs. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné à plusieurs reprises le royaume parce qu’il emprisonnait des enfants.
« Impact terrible »
Ce sont ces arrêts qui avaient poussé les autorités à créer, après 2008, des « maisons de retour ouvertes » – initiative saluée par diverses ONG mais jugée inefficace par le gouvernement de M. Michel, qui souligne qu’un tiers des familles concernées prend la fuite avant une expulsion prévue. Cela a été le cas de la famille serbe qui s’est, par deux fois, évanouie dans la nature alors qu’elle avait épuisé tous les recours.
Pas de quoi convaincre Philippe Hensmans, le directeur de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les tensions entre les factions palestiniennes et le blocus égypto-israélien rendent le commerce difficile.
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A Gaza, le désarroi des fumeurs et des vendeurs de cigarettes

Les tensions entre les factions palestiniennes et le blocus égypto-israélien rendent le commerce difficile.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 15h41
    |

            Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Depuis le temps, il s’est habitué aux klaxons, à l’impatience des chauffeurs, aux émanations des pots d’échappement. Nidal Migdad, 28 ans, se lève aux aurores pour installer son présentoir à cigarettes au milieu d’une artère fréquentée de Gaza. Sa marchandise est arrivée par l’un des tunnels de contrebande encore actifs en provenance de l’Egypte. Il parvient à vendre trois cartouches par jour en moyenne. Une misère, qui lui rapporte 21 shekels (5 euros). « La plupart du temps, je vends les cigarettes à l’unité, dit-il. La situation est tellement catastrophique à Gaza que le marché est faible, alors que les gens fument de plus en plus… Ils n’ont rien d’autre à faire. » 
En prison, les détenus connaissent le prix et le goût de la cigarette. C’est un rare plaisir. Dans la bande de Gaza, univers carcéral de 40 kilomètres de long et de 11 kilomètres de large, la consommation de tabac explose. Aucune surprise à cela. Depuis la guerre contre Israël à l’été 2014, la dégradation de la situation humanitaire, le désœuvrement (60 % de chômage chez les jeunes), les traumatismes psychologiques : tout concourt à chercher des évasions furtives, des petits dérivés antistress. Pourtant, le marché de la cigarette traverse une crise profonde. Ce paradoxe, lié à la fois au blocus égypto-israélien et à la gestion des taxes par le Hamas, nourrit la frustration des hommes.
Traditionnellement, il y a toujours eu bien plus de fumeurs en Cisjordanie que dans la bande de Gaza, territoire conservateur où l’alcool est par exemple introuvable. Mais la tendance est inquiétante. Fin 2015, Le Bureau central palestinien des statistiques estimait que 26,6 % des hommes entre 15 et 29 ans fumaient à Gaza, contre 49,5 % en Cisjordanie. Dans la bande, ils étaient 14,3 % seulement en 2010. Les femmes, elles, ne fument pas dans l’espace public.
« L’islam interdit en principe toute chose portant atteinte à la santé, soupire le docteur Hussein...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La Cour constitutionnelle examine les recours déposés par l’ancien candidat Nelson Chamisa, selon qui la victoire d’Emmerson Mnangagwa est frauduleuse.
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Compte rendu

Au Zimbabwe, l’opposition espère l’annulation de l’élection présidentielle

La Cour constitutionnelle examine les recours déposés par l’ancien candidat Nelson Chamisa, selon qui la victoire d’Emmerson Mnangagwa est frauduleuse.


LE MONDE
              datetime="2018-08-22T11:05:40+02:00"

        Le 22.08.2018 à 11h05






    
Des dizaines d’opposants ont été arrêtés par la police en marge des manifestations contestant l’élection d’Emmerson Mnangagwa le 30 juillet.
Crédits : PHILIMON BULAWAYO / REUTERS


La capitale du Zimbabwe est placée sous haute surveillance par les forces de sécurité alors que la Cour constitutionnelle doit examiner, mercredi 22 août, une requête de l’opposition visant à faire annuler, pour fraude, l’élection à la présidence d’Emmerson Mnangagwa, un recours qui semble avoir peu de chance d’aboutir.
Le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) accuse la ZANU-PF, le parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1980, d’avoir truqué le scrutin du 30 juillet, le premier depuis la chute de Robert Mugabe il y a huit mois. Installé à la tête du pays en novembre par l’armée et la ZANU-PF, Emmerson Mnangagwa l’a officiellement emporté avec 50,8 % des suffrages et évité de peu un second tour face à son rival du MDC, Nelson Chamisa, crédité de 44,3 % des voix.

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« Nous avons un dossier solide et nous allons invalider cette fraude électorale, a affirmé Nelson M. Chamisa. Nous allons défendre votre choix, notre choix, le choix du peuple. Nous sommes certains de remporter la victoire. » « J’ai gagné ce procès avant même qu’il ne commence », lui a répondu à distance, le week-end dernier, le chef de l’Etat. « Ce scrutin a été jugé libre et honnête, a-t-il poursuivi. Pourquoi voulez-vous que je perde ? »
Cet ancien proche de Robert Mugabe a promis de tourner le dos à son régime autoritaire et corrompu et de relancer l’économie d’un pays au bord de la faillite. De fait, la campagne électorale est apparue plus ouverte que lors des scrutins précédents, systématiquement entachés de violences et d’intimidations du pouvoir contre ses adversaires.
« Inégalité des chances »
Deux jours après le scrutin, une manifestation de l’opposition était toutefois durement réprimée dans les rues de Harare par la police, tuant six personnes. Des diplomates occidentaux avaient alors condamné un « usage excessif de la force ». 
Les observateurs internationaux ont pour la plupart accordé leur onction au déroulement du scrutin. Seuls ceux de l’Union européenne ont relevé une « inégalité des chances » entre le sortant et ses rivaux, notamment en matière d’accès aux médias.
Un des avocats de la ZANU-PF a balayé toutes les critiques. « Comme il est impossible de ranimer un cheval mort, il n’y a aucune chance que le meilleur avocat du monde gagne un procès avec un dossier vide, a raillé Patrick Chinamasa. Je demande à tous ceux qui ont voté Chamisa d’accepter avec dignité leur défaite pour que le pays puisse aller de l’avant. »

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L’audience prévue mercredi sera diffusée en direct par la télévision publique zimbabwéenne. Les neuf juges de la plus haute instance juridique du pays doivent rendre leur verdict d’ici à vendredi. A en croire les experts, il y a peu de chance pour qu’ils se rangent aux arguments de l’opposition. « Leur verdict est éminemment prévisible, il n’y a absolument aucune chance pour qu’ils invalident les résultats de l’élection », a pronostiqué Derek Matyszak, expert juridique à l’université du Zimbabwe, pour qui « la justice est considérée comme partisane ».
La Cour peut confirmer les résultats, les invalider et appeler à un nouveau scrutin ou ordonner un recomptage des voix. La requête du MDC a déjà provoqué le report de la cérémonie d’investiture du président Mnangagwa, initialement prévue le 12 août. Si la Cour confirme sa victoire, elle doit se tenir dans les quarante-huit heures qui suivent sa décision.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Pékin multiplie les mesures pour attirer et influencer les habitants de cette île, plus proche du continent que de Taipei.
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Kinmen, laboratoire de l’infiltration chinoise à Taïwan

Pékin multiplie les mesures pour attirer et influencer les habitants de cette île, plus proche du continent que de Taipei.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h03
    |

            Brice Pedroletti (Kinmen (Taiwan), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Avec ses villages traditionnels et ses bourgades où l’on se couche tôt, l’île taïwanaise de Kinmen fait figure de cousin pauvre face à Xiamen, la grande ville de la province chinoise du Fujian, dont on aperçoit les gratte-ciel et les ponts suspendus à huit kilomètres au nord. Dans la guerre des nerfs qu’elle livre à Taïwan, la Chine sait aussi séduire : Xiamen s’est ainsi donné pour mission d’offrir depuis le mois d’avril toute une palette d’avantages aux Kinmenois. Pas moins de 60 mesures incitatives pour faire venir des Taïwanais de Kinmen, notamment des jeunes diplômés, ont été annoncées : les moins de 35 ans détenteurs d’un master peuvent prétendre à une aide à l’installation de 4 000 euros ; ceux âgés entre 35 ans et 40 ans de 6 500 euros. Les experts taïwanais dans des agences municipales de Xiamen recrutés sur un contrat de trois à cinq ans recevront une prime annuelle de 25 000 euros.

Les 137 000 habitants de l’île de Kinmen, site d’affrontement entre les armées communistes et nationalistes entre les années 1950 et 1970, sont une proie facile : liés au continent tout proche par les liens familiaux et culturels, mais citoyens de Taïwan, situé à plus de 150 km, ils ont toujours soutenu sur l’échiquier politique taïwanais les partis qui défendent le principe d’une seule Chine, comme le Kouomintang (KMT), aujourd’hui dans l’opposition – mais aussi ceux, certes minoritaires à Taïwan, d’une réunification sans tarder avec la Chine.
« Un pays, des systèmes »
C’est le cas du New Party, une formation politique qui n’a pas de députés et dont le porte-parole a récemment été mis en examen pour intelligence avec la Chine, mais qui est bien établi à Kinmen. « Nous estimons qu’il n’y a pas d’autre choix qu’une réunification, sinon ce sera la guerre », soutient le chercheur Chou Yang-sun, un professeur de l’université de Quemoy à Kinmen, qui a exercé des responsabilités au sein du New Party.
Son programme est de promouvoir « la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le premier ministre  est critiqué pour sa gestion des incendies qui ont fait 97 morts cet été à Mati.
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Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce

Le premier ministre  est critiqué pour sa gestion des incendies qui ont fait 97 morts cet été à Mati.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 11h10
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, correspondance)








                        



   


« L’Odyssée moderne que notre pays a traversée depuis 2010 a pris fin », a déclaré mardi 21 août le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devant la baie d’Ithaque, l’île d’Ulysse qui, après un tumultueux périple de dix ans, est arrivé à bon port. La veille, lundi, le troisième et dernier plan d’aide européen, signé en 2015 à la suite de négociations tendues entre Athènes et ses créanciers, a pris officiellement fin.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, se réjouissaient la veille de cette sortie des programmes dont le montant total s’est élevé à 289 milliards d’euros depuis 2010. Alexis Tsipras, lui, n’est sorti de son silence que mardi avec une allocation télévisée de dix minutes. Le premier ministre a souligné qu’il s’agissait d’un « jour historique, celui de la fin des politiques d’austérité et de la récession ».
Mais l’heure n’était pas vraiment à la célébration. Les Grecs, après huit années de sacrifices, voient d’un mauvais œil les partenaires européens se féliciter de la fin des plans d’aide. « Ils veulent nous faire croire que la crise est finie, que nous devons nous réjouir d’avoir vu notre pouvoir d’achat diminuer, d’avoir vu nos enfants s’exiler ! », s’exclame exaspéré Kostas, kiosquier au centre d’Athènes. « La croissance, je ne la ressens pas au quotidien, je peine toujours autant à payer mes factures à la fin du mois ! », ajoute le quinquagénaire dont les deux fils sont partis travailler au Royaume-Uni.
« La démocratie a été menacée »
Dans un discours métaphorique où le navire « Grèce » a dû affronter de nombreux orages, Alexis Tsipras a constaté les effets néfastes de la rigueur imposée par les créanciers du pays : « En cinq ans sont survenus des événements sans précédent : 25 % du PIB a été perdu, trois Grecs sur dix se sont retrouvés au chômage, des mesures d’austérité d’une hauteur de 65 milliards d’euros ont été prises (…) La démocratie a été menacée », tout en assurant qu’une « nouvelle époque » s’ouvrait en Grèce.
Ce dernier point est difficile à croire pour la majorité des Grecs. « Le gouvernement voulait capitaliser sur la sortie des plans d’aide mais les citoyens grecs ne perçoivent pas la fin de la crise, ils continuent au quotidien à subir toutes les mesures d’austérité prises ces dernières années et ils ne sont plus dupes des promesses de la classe politique, estime Manos Papazoglou, professeur de sciences politiques à l’université du Péloponnèse. Des allocations distribuées à certaines catégories ne résoudront pas les problèmes, toute la société a été touchée par la crise ! S’il n’y a pas un plan précis pour soutenir la relance et résoudre la question de la dette colossale du pays, la population n’aura aucun espoir d’un avenir serein. » La dette de la Grèce représente toujours 180 % de son produit intérieur brut.

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Les incendies à Mati, qui ont fait au moins 97 morts mi-juillet, ont écorné un peu plus l’image du gouvernement d’Alexis Tsipras, perçu comme incapable de gérer une situation d’urgence, et dont les administrations locales semblent désorganisées. « Finalement, les Grecs ont, malgré les réformes et les mesures d’austérité, toujours la sensation que l’Etat est inefficace et inexistant », note Manos Papazoglou. D’après les derniers sondages, plus de dix points d’écart séparent Syriza, le parti du premier ministre, et la Nouvelle Démocratie (droite), qui fait la course en tête.
A environ un an des prochaines élections, prévues à l’automne 2019 et précédées par les européennes de mai, Alexis Tsipras a peu de temps pour convaincre les électeurs. Le ministre adjoint à la réforme administrative, Christos Vernardakis, a annoncé mardi que dès septembre des lois seront présentées au Parlement pour l’augmentation du salaire minimum et le retour des conventions collectives. Mais l’essentiel du nouveau programme du premier ministre sera dévoilé à la Foire internationale de Thessalonique début septembre.
Selon le politologue Georges Sefertzis, « Alexis Tsipras se retrouvera face à un nouveau dilemme : soit prendre des mesures sociales mais qui risquent de déplaire aux marchés internationaux, soit aller dans leur sens et démontrer ainsi que la fin des mémorandums n’est que symbolique ». « Ithaque n’est que le commencement », a lancé mardi Alexis Tsipras.



                            


                        

                        


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La Malaisie inflige un revers aux « nouvelles routes de la soie »

Le nouveau premier ministre, Mahathir Mohamad, remet en cause trois investissements chinois d’une valeur de 22 milliards de dollars.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h49
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            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

A 93 ans, Mahathir Mohamad, premier ministre malaisien revenu au pouvoir le 6 mai, peut tout se permettre, ou presque. Il en a apporté la preuve mardi 21 août. Au terme d’une visite de cinq jours en Chine, ce vétéran de la politique, déjà premier ministre de 1981 à 2003, a non seulement mis en garde Pékin contre « une nouvelle version du colonialisme », mais il a également annoncé l’annulation de trois projets d’infrastructures négociés par la Chine avec son prédécesseur.
Tout d’abord une ligne de chemin de fer reliant Kuala Lumpur à la Thaïlande (dont la facture s’élevait à environ 20 milliards de dollars) et deux gazoducs (d’un montant de 2,3 milliards de dollars). « Cela nous ferait emprunter trop d’argent. Nous ne pouvons pas nous le permettre car nous ne pourrions pas rembourser. Et puis, nous n’avons pas besoin de ces projets pour maintenant », a précisé le patriarche.
Avertissement pour Pékin
« Mahathir ne veut pas rompre avec la Chine. Il sait que les deux économies sont intégrées et soutient d’ailleurs les projets en Malaisie de Jack Ma, le patron d’Alibaba [le géant de l’Internet chinois], explique Françoise Nicolas, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Institut français des relations internationales. Mais son prédécesseur, Najib Razak, s’était vraiment jeté dans la gueule du loup. Politiquement, économiquement et écologiquement, ces projets posaient problème. Les conditions de crédits accordées par la Chine étaient loin d’être favorables à la Malaisie et ce sont les entreprises chinoises qui tiraient profit des investissements, au détriment des entreprises locales, y compris celles qui appartiennent à des Malaisiens d’origine chinoise. » 
Même si, à l’issue de la visite de Mahathir Mohamad, il est difficile de savoir si les projets controversés sont véritablement annulés ou vont être renégociés, le revirement de la Malaisie sonne comme un avertissement pour Pékin.

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Compte rendu

A Madagascar, 36 prétendants briguent la présidence

Parmi les candidatures retenues par la Haute Cour constitutionnelle figurent celles du président sortant et de trois de ses prédécesseurs à la tête du pays.


LE MONDE
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        Le 22.08.2018 à 10h42

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        Mis à jour le 22.08.2018 à 15h18






    
L’ancien président malgache Andry Rajoelina lors d’un meeting à Antananarivo, le 1er août 2018.
Crédits : RIJASOLO / AFP


La Haute Cour constitutionnelle malgache (HCC) a annoncé mercredi 22 août avoir retenu 36 des 46 candidatures reçues pour l’élection présidentielle - prévue les 7 novembre et 19 décembre - dont celles de ses trois derniers chefs de l’Etat en date.
De cette pléthore de postulants – un record de 49 dossiers avaient été déposés en 2013 – émergent l’actuel président, Hery Rajaonarimampianina, élu il y a cinq ans, et ses deux prédécesseurs, Andry Rajoelina (2009-2014) et Marc Ravalomanana (2002-2009).

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Les deux frères ennemis de l’opposition avaient été interdits de candidature lors du dernier scrutin, dans le cadre d’un accord destiné à mettre un terme aux crises politiques à répétition qui avaient secoué cette île pauvre de l’océan Indien. M. Ravalomanana avait été contraint en 2009 de quitter le pouvoir à la suite d’un coup de force de l’armée, qui avait alors placé son jeune rival, M. Rajoelina, à la tête du pays.
Trois anciens premiers ministres
Le prochain scrutin présidentiel, qui sera doublé d’élections législatives, se tient dans un climat politique tendu. D’avril à juin, les partisans de l’opposition ont occupé la principale place de la capitale, Antananarivo, pour dénoncer les nouvelles lois électorales et exiger la démission du président Rajaonarimampianina, accusé de dérive autoritaire. La crise n’a pu s’achever qu’à la faveur de la nomination d’un gouvernement d’union nationale.

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Comme la Constitution l’exige, le président Rajaonarimampianina, qui a annoncé la semaine dernière qu’il briguerait un nouveau mandat, devrait démissionner en septembre. Dans la longue liste des candidats à sa succession dévoilée mardi figurent aussi d’anciens premiers ministres, Jean Omer Beriziky, Jean Ravelonarivo ou Olivier Mahafaly Solonandrasana, ainsi que l’ex-président Didier Ratsiraka, 81 ans, qui a dirigé le pays d’une main de fer de 1975 à 1993.

