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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ D’un château l’autre (3/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L., janvier 2019). En 1909, T.E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ D’un château l’autre (2/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L, janvier 2019). En 1909, T. E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ D’un château l’autre (1/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L, janvier 2019). En 1909, T.E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Dans « La Classe de rhéto », le romancier se remémore ses années d’internat au Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe, et les visites de son père, logé à l’Hôtel du Vert Galant.
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Un roman, un hôtel : La Flèche, un souvenir amer pour Antoine Compagnon


                      Dans « La Classe de rhéto », le romancier se remémore ses années d’internat au Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe, et les visites de son père, logé à l’Hôtel du Vert Galant.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 07h45
    |

                            Colombe Schneck








                              

                        

A la mort de sa mère, après une enfance passée aux Etats-Unis, Antoine Compagnon quitte l’Amérique des années 1960. Il a 15 ans. Il passe ce premier été à camper et à pêcher. Une photographie prise après ces vacances, lors de la traversée de l’Atlantique, montre le veuf et ses six orphelins « beaux, bronzés, souriants ». « Rien n’est plus menteur qu’une photo », écrit Antoine Compagnon dans La Classe de rhéto (Gallimard, 2012). Il étudiait dans un lycée très libéral de Washington, « sans mur d’enceinte, cerné de pelouses, riche d’une bibliothèque lumineuse ». En France, le père a choisi de l’envoyer dans un internat. L’adolescent se retrouve au lycée militaire de La Flèche (Sarthe).
C’est son premier dîner en tête à tête avec son père, son premier dîner dans un restaurant de province. Ils ne se parlent pas. « L’expérience me parut bizarre, située hors du temps. »
La France, qu’il ne connaît pas, se présente comme une prison triste. Elèves, professeurs, dortoirs, tout est gris. Ici, on prend une douche une fois par semaine, la veille de l’unique séance sportive hebdomadaire. « Je ne pense pas que la coïncidence fût délibérée – il manquait à nos gradés un fond de perversité – juste la veille de notre séance d’éducation physique, si bien que nous n’avions pas l’occasion de nettoyer nos suées près d’une semaine entière », se souvient-il.
Son père vient lui rendre visite et loge à l’Hôtel du Vert Galant, situé sur la Grande-Rue. C’est là qu’ils dînent : « Nous choisîmes le menu, quelque chose comme des vol-au-vent de poisson suivis d’une pintade ou d’une viande en sauce avec un pichet de touraine. »
C’est son premier dîner en tête à tête avec son père, son premier dîner dans un restaurant de province. Ils ne se parlent pas. « L’expérience me parut bizarre, située hors du temps. »
e siècle
Le lycée militaire a changé, note Antoine Compagnon :...




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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/08/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 115)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 09h16
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Un manuel pour deux (6/6). A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs du « Roland-Barthes sans peine », un ouvrage parodique en dix-huit leçons, paru en  1978, censé démonter, avec facétie et humour, les ressorts de l’œuvre du sémiologue.
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                Burnier & Rambaud, le pastiche en partage


Un manuel pour deux (6/6). A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs du « Roland-Barthes sans peine », un ouvrage parodique en dix-huit leçons, paru en  1978, censé démonter, avec facétie et humour, les ressorts de l’œuvre du sémiologue.

LE MONDE
                 |                 18.08.2018 à 13h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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« Vous l’avez tué ! » La formule, abrupte, est du philosophe Michel Foucault, collègue de Roland Barthes au Collège de France. Ceux à qui elle s’adresse : Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud, dont l’aventure partagée au magazine Actuel avait scellé l’amitié. Pour excessif qu’il soit, le verdict était éloquent. Quand parut en 1978 chez Balland Le Roland-Barthes sans peine, sorte d’initiation à une langue qui n’est pas tout à fait du français tout en semblant en être, les réactions avaient été si fortes et les rieurs si nombreux que le sémiologue en avait été blessé. La parodie était d’autant plus efficace que, plutôt que de grossir le trait d’une expression obscure aux non-initiés, elle en démontait les ressorts. Au point qu’on finissait par ne plus pouvoir distinguer un texte original de sa charge.
Le choix du manuel pédagogique participe d’une révérence et d’une mise en garde. On n’a pas affaire avec le « R. B. » (puisqu’« en Roland-Barthes, Roland Barthes se dit R. B. ») à un sabir pittoresque mais réservé aux seuls amateurs de curiosités linguistiques, mais bien à un langage promis à l’universalité, comme le précise la docte introduction de cette initiation didactique. Preuves à l’appui, avec nombre d’exemples puisés aux sources les plus variées, brassant postures idéologiques, engagements artistiques et identités, géographiques comme sexuelles, le R. B. « deviendra bientôt obligatoire », précisent les auteurs, guides bienveillants au « royaume du Textuel ».
« Morceaux choisis »
Dès lors, après une brève proposition de méthodologie (rythme de l’apprentissage, suggestion de révision pour une parfaite assimilation), dix-huit leçons livrent les clés d’un langage dont l’ésotérisme se dissipe pour qui suit scrupuleusement le programme. Ne reste plus qu’à éprouver ce savoir tout neuf par un test double, thème et version (avec corrigés, pour une meilleure évaluation), et à s’adonner à la...


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                Dictée d’honneur


Histoires de langue (6/6). A la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, à Saint-Denis, « Le Rouge et le Noir » en défense de la langue française.

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                 |                 17.08.2018 à 17h00
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                            Marion Hérold

















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La langue française, surtout dans ce qu’elle a de plus littéraire, ne se porte pas très bien. Et, de ce fait, les initiatives en sa faveur se multiplient.
Aujourd’hui, concours de dictée à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Dix heures du matin, temps radieux, ciel bleu roi sur la basilique Saint-Denis et les cités HLM voisines. J’ai été sollicitée, en tant que responsable du service Correction du Monde, pour lire la dictée (un court extrait du Rouge et le Noir de Stendhal) et parler un peu du métier de correcteur et de la nécessité, même dans le monde professionnel, de bien connaître sa langue, son orthographe, sa grammaire, sa littérature.
Le lycée a été installé par Napoléon dans les magnifiques bâtiments de l’ancien couvent de l’abbaye attenante à la basilique. Il est réservé aux filles, petites-filles et arrière-petites-filles de décorés de la Légion d’honneur. Le collège est pour sa part aux Loges, dans la forêt de Saint-Germain.
Mais voici Julien Sorel en personne qui s’est glissé hors de la dictée : l’œil velouté et un peu inquiet, il vient m’accueillir et me conduire dans l’immense salle où je vais officier. Jeunes filles en uniforme, tête penchée, à l’écoute, questions. Ici, un point d’interrogation ou d’exclamation ? Vous pourriez répéter la phrase qui commence par : « Depuis le séminaire il mettait les hommes au pis… » ? « Horace », c’est en italique, dans : « C’était, dans le fait, deux glaces de huit pieds de haut chacune, et dans lesquelles il regardait quelquefois son interlocuteur en parlant d’Horace, qui lui imposaient encore » ?
L’écriture inclusive s’invite
Promenade entre les tables, je joue à l’institutrice, comme dans mon enfance, mais, aujourd’hui, ce sont les cinq meilleures élèves en orthographe de chaque classe, de la seconde à la khâgne, qui tendent l’oreille.
Peu de vrais pièges, ce n’est pas la dictée de Mérimée, mais un test qui sanctionne une expérience...


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                                                Par                                                    Marion Hérold














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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Dès avant même sa parution, prévue le 22 août, le roman d’Emilie Frèche, « Vivre ensemble », agite jusqu’au président de l’Assemblée nationale.
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L’« affaire Emilie Frèche » : pourquoi tant de tapage en plein mois d’août

Dès avant même sa parution, prévue le 22 août, le roman d’Emilie Frèche, « Vivre ensemble », agite jusqu’au président de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

La querelle littéraro-familiale publique tend légèrement à se raréfier. Trois ans, en effet, que le coup d’envoi de la rentrée n’avait pas été donné par un tel foin – depuis que Simon Liberati avait été accusé par sa belle-mère de porter atteinte à sa vie privée dans Eva (Stock, 2015). Mais le mercredi 8 août a éclaté l’« affaire Emilie Frèche ». L’écrivaine fait paraître chez Stock Vivre ensemble (288 p., 19,50 €), roman qui veut mettre en parallèle la difficulté de faire société après le 13-Novembre avec celle de recomposer une famille, en racontant notamment les heurts de l’héroïne, Déborah, avec le fils de son nouvel amoureux, un petit garçon perturbé, manipulé par une mère hystérique.
Un encart inséré dans chaque exemplaire
Le 8 août, donc, L’Express a publié sur son site une interview de Séverine Servat de Rugy. Aujourd’hui épouse du président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, celle-ci a eu un fils, aujourd’hui âgé de 11 ans, avec Jérôme Guedj, ancien député socialiste et désormais compagnon d’Emilie Frèche. Dans cet entretien, Séverine Servat de Rugy affirme que Vivre ensemble « relève du viol de l’intimité » et du « harcèlement textuel ». « J’ai été d’autant plus bouleversée que l’on s’attaquait à mon fils, en braconnant dans sa vie et la mienne », dit celle qui révèle avoir menacé de demander l’interdiction du livre et a en tout cas déjà obtenu l’insertion d’un encart dans chaque exemplaire, mentionnant sa certitude « que des passages du présent ouvrage portaient atteinte de manière répétée à l’intimité de sa vie privée et à celle de son enfant mineur – ce qui a été contesté par l’auteur ». 
Une fois la dispute rendue officielle, Emilie Frèche donne sa version des faits : sur Bibliobs, elle rappelle, sans surprise, que « tous les écrivains s’inspirent du réel, ou de leur vécu », avant de se dire « stupéfaite » qu’une personne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Histoires de langue (5/6). Dans notre pays très centralisé, le cœur d’autres langues bat encore doucement et contribue à la richesse de notre culture.
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Histoires de langue (5/6). Dans notre pays très centralisé, le cœur d’autres langues bat encore doucement et contribue à la richesse de notre culture.

LE MONDE
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                            Marion Hérold

















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En sortant du Musée historique de la ville de Strasbourg, où je me trouvais hier avec vous, je me dirigeai vers la Petite France, longeant l’Ill ou un de ses bras (cette rivière en a plus que la déesse Kali), et traversai le quartier du Finkwiller (der Fink, « le pinson », en allemand). Une modeste plaque commémorative indique, sur un modeste immeuble, que là habitèrent, de 1906 à 1925, les frères Matthis (Albert, mort en 1930, et Adolphe, mort en 1944). Un peu plus loin, un pont porte leur nom.
Ces deux frères poètes, jumeaux de surcroît (ce dont ne peuvent se prévaloir ni les Grimm ni les Goncourt), nés en 1874, habitèrent ensemble toute leur vie, et toujours au bord de l’Ill. Ils composèrent exclusivement en alsacien, avec une sensibilité postromantique qui les rattache plutôt au XIXe siècle.
« Net aaner vun es wurd vergesse/Do helft kaan Ducke – s’batt kaan Stoltz/E jeder grie’t ne angemesse/De bardessü üss Danneholtz (…). » (« On n’oubliera personne/Pas la peine de se baisser ni de faire le fier/Pour chacun on prendra la mesure/Du pardessus en bois de sapin » ; aimablement traduit par Pierre Kretz, coauteur, avec Astrid Ruff, de L’Alsace pour les nuls, (First Editions, 2010).
Et la langue d’Oc, alors ?
Mais me voilà bientôt à l’autre bout de la France, et par-delà les flots, dans l’île de Groix (Morbihan), sauvage et riante. Je suis accueillie par un concert d’oiseaux variés et infatigables (ah, c’est donc ici qu’ils sont !). Et puis il y a le souvenir d’un Groisillon, Jean-Pierre Calloc’h, dit « Bleimor » (le loup de mer), mort en 1917 sur le front de la Somme, à l’âge de 29 ans.
Tel un amer, sur la côte nord de l’île, un monument surmonté d’une statue célèbre de tout son granit ce barde breton : « Me zo er Gédour Braz én é sau ar er hleu/Oll Keneo er bed é en noz-man é viram. » (« Je suis le grand veilleur debout sur la tranchée/C’est toute la beauté du monde que je...


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                                                Par                                                    Marion Hérold














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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Les genres journalistiques qu’ont fondés les écrivains n’ont cessé de se renouveler à travers l’apparition de nouveaux médias radiophoniques, télévisuels et numériques. La typologie que nous proposons ici s’inspire  de « La Littérature au quotidien. Poétiques journalistiques au XIXe siècle » (Seuil, 2007), de Marie-Eve Thérenty.
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Petite fabrique des formats

Les genres journalistiques qu’ont fondés les écrivains n’ont cessé de se renouveler à travers l’apparition de nouveaux médias radiophoniques, télévisuels et numériques. La typologie que nous proposons ici s’inspire  de « La Littérature au quotidien. Poétiques journalistiques au XIXe siècle » (Seuil, 2007), de Marie-Eve Thérenty.



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                            Anne Dujin








                        



                                


                            
L’intervention des écrivains dans les médias prend diverses formes, qui remontent généralement au XIXe siècle. Dans La Littérature au quotidien. Poétiques journalistiques au XIXe siècle (Seuil, 2007), Marie-Eve Thérenty montre comment les écrivains ont fondé les différents genres journalistiques, et la manière dont cela a, en retour, transformé la littérature. Ces différents formats d’intervention n’ont cessé de se renouveler à travers l’apparition de nouveaux médias radiophoniques, télévisuels et numériques. Aujourd’hui, les processus de formatage, d’automatisation, de globalisation de l’information permettent paradoxalement le retour à des formes journalistiques parfois anciennes, réinventées, dans lesquelles les écrivains s’épanouissent.
Le feuilleton

Dans sa première acception, le feuilleton désigne la partie inférieure de la page du journal, consacrée à la critique littéraire, théâtrale, musicale, artistique, aux causeries mondaines ou aux récits de voyages. De là découle le « feuilleton littéraire », format qu’on trouve dans les pages consacrées à l’actualité de l’édition, et le plus souvent tenu par des écrivains : au Figaro, le feuilleton a été rédigé par des figures aussi diverses que le poète symboliste Henri de Régnier (1864-1936), Charles Dantzig ou Frédéric Beigbeder. Au « Monde des livres », Bertrand Poirot-Delpech, Michel Braudeau, Pierre Lepape, Eric Chevillard et Claro s’y sont successivement exercés.
Le feuilleton a aussi constitué la première forme d’intervention de l’écrivain dans la presse comme romancier. Au cours de l’année 1836, La Vieille Fille, de Balzac, paraît dans le quotidien La Presse. S’ouvre alors un âge d’or du roman-feuilleton, où excellera en particulier Eugène Sue, qui a pensé son œuvre romanesque spécifiquement pour ce format. Les Mystères de Paris paraissent dans Le Journal des débats entre le 19 juin 1842 et le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 5/5] Pour son troisième album, « Servir le peuple », qui paraît le 4 octobre, le bédéiste joue des codes graphiques de la Révolution culturelle pour adapter Yan Lianke.
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Alex W. Inker casse du Mao

[Une planche de BD de la rentrée 5/5] Pour son troisième album, « Servir le peuple », qui paraît le 4 octobre, le bédéiste joue des codes graphiques de la Révolution culturelle pour adapter Yan Lianke.



Le Monde
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                            Cathia Engelbach








                        



                                


                            


Alexandre Widendaele, trentenaire prolifique au nom de plume évocateur, Alex W. Inker (inker, « encreur » en anglais), aime aborder la grande histoire à travers des trajectoires individuelles et détonantes. Son premier album, Apache (Sarbacane, 2016), était mâtiné de planches sombres et d’un argot impétueux fusant d’un bistrot parisien de l’entre-deux-guerres. Dans le deuxième, Panama Al Brown (Sarbacane, 2017), il avait replacé sur le ring ce boxeur américain des années 1930, ami de Jean Cocteau.
C’est en Chine, en pleine Révolution culturelle (1966-1968), qu’il plante le décor de son prochain album, une adaptation, attendue le 4 octobre chez Sarbacane, de Servir le peuple, une fable politique de Yan Lianke (Philippe Picquier, 2006), dont le titre est un pied de nez à un slogan maoïste. Censuré sitôt paru en Chine en 2005, le roman suit le parcours de Petit Wu, soldat modèle du régime réduit à satisfaire les désirs de la femme d’un colonel en vue d’une promotion. Une expérience qui passe par un langage codé, une joute sexuelle et, bientôt, la destruction jubilatoire de tout objet portant le sceau du Grand Timonier.
Pleurs et grimaces à outrance
Habitué à utiliser une palette chromatique réduite, Alex W. Inker a pris à son compte les couleurs de la propagande maoïste, baignée de rouge et de vert. Pour la technique, il s’est aussi largement inspiré de l’iconographie artisanale de l’époque, et a travaillé à main levée, rendant sur ses planches les traits souvent maladroits des affichistes quant aux proportions et lignes de fuite. Au-delà d’un classique travail d’adaptation, il s’est donc livré à un pastiche, avec une belle maîtrise de l’art de la farce et de l’ironie. Les différentes scènes de soumission entre les personnages laissent ainsi place à une dramaturgie délibérément ampoulée. Tous pleurent et grimacent à outrance, s’accroupissent et se redressent à l’envi.
Les séquences intimes surlignent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Responsable des pages littéraires des « Inrockuptibles », la critique littéraire analyse la contribution des romanciers dans la sphère médiatique.
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Nelly Kaprièlian : « Les écrivains savent écrire, et ça change tout ! »

Responsable des pages littéraires des « Inrockuptibles », la critique littéraire analyse la contribution des romanciers dans la sphère médiatique.



Le Monde
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                            Anne Dujin








                        



                                


                            
Nelly Kapriélian est critique littéraire, écrivain et responsable des pages littéraires des Inrockuptibles.
« Les Inrockuptibles » font partie des titres de presse qui ont très tôt sollicité les écrivains pour écrire dans leurs colonnes. De quand ce parti pris date-t-il ?
Les Inrocks ont commencé à ouvrir leurs colonnes aux écrivains dès le passage à la formule hebdomadaire, en 1995. Sylvain Bourmeau, qui était alors rédacteur en chef, a été moteur de ces initiatives. Une chronique a été confiée à Michel Houellebecq après la sortie de H.P. Lovecraft, une autre devait l’être à Virginie ­Despentes sur les films pornographiques après la sortie de Baise-moi, mais je crois qu’elle ne l’a jamais écrite.
Le phénomène a pris de l’ampleur, et on a aujourd’hui un rendez-vous régulier avec les écrivains, deux pages intitulées « Lectures », dans lesquelles nous leur donnons carte blanche. Ce principe est important, nous ne leur suggérons pas de sujet. Nous pouvons, parallèlement, solliciter des écrivains pour des dossiers thématiques précis. Nous l’avons fait, en juin, dans un numéro consacré aux migrants, dans lequel nous avons publié des contributions de Roberto Saviano, de Yannick Haenel et d’Erri De Luca. Il nous arrive aussi régulièrement de confier le pilotage d’un numéro entier à un écrivain. Nous l’avons fait avec ­Michel Houellebecq, Virginie Despentes et Edouard Louis. Ces numéros se vendent particulièrement bien.
Qu’apporte en propre la voix de l’écrivain dans les médias ? Comment expliquer le succès de cette formule ?
Cela paraît relever de l’évidence de le dire, mais les écrivains savent écrire, et ça change tout ! Ils sont à l’aise dans des formats un peu plus longs que l’article classique, ils savent construire et articuler un propos. Le style est également important. Confier un texte à un écrivain, c’est d’abord se dire que le résultat sera beau. Il y a enfin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ L’écrivain explique le choix de ses sujets en tant que chroniqueur radio à France Culture durant la saison dernière.
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Aurélien Bellanger : « On compte  sur la sensibilité du romancier »

L’écrivain explique le choix de ses sujets en tant que chroniqueur radio à France Culture durant la saison dernière.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 13h20
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                            Anne Dujin








                        



                                


                            
Aurélien Bellanger est écrivain, romancier, auteur notamment de L’Aménagement du territoire et du Grand Paris (Gallimard, 2014 et 2017). Il est aussi chroniqueur pour différents médias, dont France Culture.
Vous avez tenu cette année une chronique quotidienne dans la matinale de France Culture. Comment avez-vous travaillé, choisi vos sujets ?
Cette chronique concluait la matinale. Elle s’appelait d’ailleurs « La Conclusion ». L’idée était de donner le point de vue d’un romancier sur le monde, à partir de sujets aussi divers que possible. Assez rapidement, on m’a dit qu’il y avait un côté « mythologies » de la France contemporaine dans ces chroniques. Cette idée m’a plu. La France avait un nouveau président de la République, et cela m’intéressait de faire la chronique de tous ces changements que l’on a beaucoup de mal à analyser, sur lesquels les points de vue sont de plus en plus contradictoires.
En tant qu’écrivain, je me sentais très libre et décontracté pour le faire. C’était généralement sur mon vélo, de retour de la chronique du jour, que j’avais l’idée de la chronique du lendemain. Le plus souvent je retrouvais une idée que j’avais déjà eue, mais que je n’avais pas encore creusée. On n’a finalement pas tant d’idées que cela…
Selon vous, qu’est-ce qui est attendu de l’écrivain lorsqu’il intervient dans les médias ?
Je crois que, parce que l’écrivain n’est pas expert, on compte sur sa sensibilité, voire sur ses intuitions. Je peux, dans une chronique ou un article, tenir des propos qu’un sociologue jugerait d’une immense banalité. Mais, dans le lot, quelque chose peut sonner juste. On sort d’une période où l’artiste était présent dans les médias, mais sur un mode « patrimonialisant », avec une autoréflexion permanente sur sa pratique.
C’était devenu ennuyeux. Et je dois dire que j’ai pris goût à cette forme de littérature d’intervention. Car cela reste de la littérature,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ C’est la première fois depuis 2007 qu’autant de primo-romanciers sont mis à l’honneur à l’occasion de la rentrée littéraire.
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Rentrée littéraire : place aux premiers romans

C’est la première fois depuis 2007 qu’autant de primo-romanciers sont mis à l’honneur à l’occasion de la rentrée littéraire.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 09h12
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16.08.2018 à 10h05
   





                        



   


La rentrée littéraire, qui débute jeudi 16 août, est une occasion unique de découvrir de nouvelles plumes – particulièrement cette année, avec 94 premiers romans d’auteurs âgés de 24 à 86 ans.
Selon le décompte du magazine spécialisé Livres Hebdo, il n’y a jamais eu autant de premiers romans français publiés depuis 2007.
Un total de 567 titres, dont 381 ouvrages francophones, est attendu en librairie d’ici à la mi-octobre et, à de rares exceptions près, les écrivains ont choisi d’ignorer l’insouciance.

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                A l’affiche de la rentrée littéraire



Au nom du frère et du père
Certains primo-romanciers ne sont pas des inconnus. C’est le cas notamment de la critique littéraire Olivia de Lamberterie, qui dresse un portrait de son frère disparu dans Avec toutes mes sympathies (Stock), ou du comédien Philippe Torreton qui, après plusieurs récits et essais dont le best-seller Mémé (L’Iconoclaste, 2014), publie son premier roman, Jacques à la guerre (Plon), librement inspiré de la vie de son père.
Parmi les auteurs qui ne sont pas des débutants figure également Jean-Luc Barré, historien et éditeur – il est directeur de la collection Bouquins chez Robert Laffont. Il publie Pervers (Grasset), premier roman autour de la personne d’un écrivain.
C’est aussi le cas de Colas Gutman (connu pour sa série pour enfants Chien pourri), avec Le Complexe d’Hoffman (L’Olivier).

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La puissance du verbe
Auteur sans antécédents, Anton Beraber signe avec La Grande Idée (Gallimard), un des meilleurs romans de la rentrée. Ce récit d’aventures, sur les traces d’un mystérieux personnage, est porté par un style flamboyant.
Estelle-Sarah Bulle s’intéresse, de son côté, à l’exil des Guadeloupéens vers la métropole dans Là où les chiens aboient par la queue (Liana Levi), un récit porté par une langue enchanteresse.

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Déjà en lice pour les prix
La Belge Adeline Dieudonné signe La Vraie Vie (L’Iconoclaste), roman à la fois drôle et violent, autour de la figure d’une adolescente surdouée, coincée entre un père chasseur de gros gibier et misogyne, une mère craintive et soumise, et un jeune frère mutique qu’elle aimerait ramener à la vie.
Ce livre est déjà en lice pour de nombreux prix, dont le prix du roman Fnac, le prix Envoyé par La Poste et le Prix Stanislas, qui récompense le « meilleur premier roman de la rentrée ».
En lice également pour le prix Stanislas, qui sera décerné à Nancy le 8 septembre, le doyen de cette rentrée, Dov Hoenig, 86 ans, publie Rue du triomphe (Robert Laffont).
Le livre s’inspire largement de la jeunesse tumultueuse de l’auteur, né en Roumanie et parti pour la Palestine dès la fin de la guerre, avant de rejoindre Paris au milieu des années 1960.

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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ D’ici aux prix littéraires de novembre, près de 600 nouveaux romans se proposent aux lecteurs. Panorama et tendances.
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A l’affiche de la rentrée littéraire

D’ici aux prix littéraires de novembre, près de 600 nouveaux romans se proposent aux lecteurs. Panorama et tendances.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 10h17
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
A la recherche de la martingale… Les dernières années ont bousculé le monde de l’édition au point que nul n’est plus en mesure, à de rares exceptions près, de prédire quel titre va « marcher » et à quel point, tant se creuse l’écart, dans les listes de meilleures ventes, ­entre quelques ouvrages s’écoulant par centaines de milliers d’exemplaires et les autres, aux scores bien plus modestes. Dans ce ­contexte, chaque maison ­d’édition a savamment mélangé grands noms et découvertes, têtes d’affiche de son catalogue et espoirs en pleine croissance pour préparer la rentrée littéraire. Laquelle verra donc paraître, selon le décompte de l’hebdomadaire professionnel Livres Hebdo, 567 romans (contre 581 en 2017), dont 381 écrits en français (parmi lesquels 94 premiers romans). Ils sortent entre la mi-août et le mois d’octobre avec, en ligne de mire, les fêtes de fin d’année dans le prolongement des prix du mois de novembre.
Poids lourds
Quatre auteurs déjà récompensés par le plus fameux d’entre eux, le Goncourt, font paraître leurs ouvrages en cette période : ­Jérôme Ferrari (lauréat 2012) publie A son image chez Actes Sud, Pascal Quignard (2002) signe le tome X du cycle Dernier royaume, L’Enfant d’Ingolstadt (Grasset), Yann Quéffelec (1985) raconte la Naissance d’un Goncourt (Calmann-Lévy) – que certains liront peut-être dans l’espoir d’y trouver la formule magique. Mathias Enard (2015), lui, fait un pas de côté pour proposer une BD chez Casterman, Prendre refuge, avec Zeina Abirached.

Si ces écrivains ne peuvent désormais prétendre au plus convoité des prix français, tous les espoirs sont permis à d’autres auteurs, eux aussi très attendus par les lecteurs. Ainsi de Maylis de Kerangal : quatre ans après le triomphe de Réparer les vivants, elle propose Un monde à portée de main, chez son éditeur de toujours, Verticales, lequel fait également paraître En guerre, le nouveau livre de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Cette saison, les célébrités (artistes, auteurs, acteurs…) inspirent toujours les écrivains. Les attentats de 2015 aussi.
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Rentrée littéraire : tendance histoire vraie

Cette saison, les célébrités (artistes, auteurs, acteurs…) inspirent toujours les écrivains. Les attentats de 2015 aussi.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 08h35
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            


L’usage demeure : on continue de parler de façon générique des « romans » de la rentrée ­littéraire, malgré la place toujours plus congrue de la fiction au profit des récits. En particulier ceux inspirés par la vie d’hommes et de femmes célèbres, notamment d’artistes.
Si l’on arpente l’Europe de 1870 avec Rimbaud et Verlaine dans Arthur et Paul, la déchirure, de René Guitton (Robert Laffont), ce sont majoritairement les poètes, écrivains, sculpteurs et peintres du début du XXe siècle qui passionnent les écrivains cet automne. Dans Le Cœur (Arléa), Marc Petitjean suit Frida Kahlo à Paris. Dans La Tristesse des femmes en mousseline, de Jean-Daniel Baltassat ­ (Calmann-Lévy), Paul Valéry songe à sa jeunesse au côté de Mallarmé, Degas, ­Corot… Pour La Bonne Vie (Flammarion), Matthieu Mégevand fait revivre le poète Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943) ; ­tandis que Franck Balandier raconte l’imbroglio entre Apollinaire et Picasso autour du vol de La Joconde, en 1911, dans Apo (Le Castor astral), et Jérôme Attal la querelle entre Alberto Giacometti et Jean-Paul Sartre, au cœur du Montparnasse des années 1930, dans 37, étoiles filantes (Robert Laffont).
Actrices et acteurs
C’est le Tout-Paris intellectuel et artistique de l’entre-deux-guerres qui traverse Janet (JC Lattès), le portrait que dresse Michèle Fitoussi de Janet Flanner, qui fut la correspondante du New Yorker à partir des années 1920. Dans Capitaine (Stock), Adrien Bosc embarque à bord du Capi­taine-Paul-Lemerle, qui quitta le port de Marseille le 24 mars 1941, au côté de nombreux anonymes fuyant la France de Vichy, mais aussi d’Anna Seghers, ­Victor Serge, Claude Lévi-Strauss, André ­Breton… Ce dernier se voit par ailleurs consacrer J’aimerai André Breton, de Serge Filippini (Phébus).
Plus près de nous, deux actrices font l’objet de récits littéraires signés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Dans les programmes de parution, de nombreux écrivains du monde entier d’expression française.
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Rentrée littéraire : tendance francophonie

Dans les programmes de parution, de nombreux écrivains du monde entier d’expression française.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 08h35
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



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                A l’affiche de la rentrée littéraire




   


Que le Collège de France crée une chaire « monde francophones » à la rentrée est sans doute un indice de l’importance grandissante prise par la littérature de langue française issue d’autres pays. Les programmes de la rentrée en témoignent eux aussi. Prenez celui d’Actes Sud, qui affiche sept livres : Ne m’appelle pas Capitaine est signé par l’Haïtien Lyonel Trouillot ; La Belle de Casa a pour auteur le Congolais In Koli Jean Bofane, et un troisième, Lèvres de pierre, est l’œuvre d’une femme née au Canada anglophone, Nancy Huston.
Même nombre d’ouvrages dans la rentrée Lattès, parmi lesquels on trouve le Camerounais Patrice Nganang (Empreintes de crabe), le Congolais Henri Lopes (Il est déjà demain) et la Libanaise Diane Mazloum (L’Age d’or) – sans compter Nina Bouraoui, qui évoque l’Algérie de son enfance dans Tous les hommes désirent naturellement savoir.
D’Algérie au Vietnam
Dans ces décomptes, on le voit, le continent africain est bien représenté. Parmi les écrivains issus d’Afrique du Nord, citons aussi les Algériens Boualem Sansal, Yasmina Khadra et Adlène Meddi (1994, Rivages) et la Marocaine Meryem Alaoui (La vérité sort de la bouche du cheval, Gallimard). La Côte d’Ivoire est notamment représentée par Gauz (Camarade papa, Le Nouvel Attila), le Congo par Alain Mabanckou. Le Sénégal a vu grandir David Diop (Frère d’âme, Seuil) ainsi qu’Aminata Aidara (Je suis quelqu’un, Gallimard).
Parmi les pays pourvoyeurs d’écrivains francophones, n’oublions pas Haïti – d’où viennent, outre Lyonel Trouillot, Dany Laferrière (Pays sans chapeau, une réédition) et Makenzy Orcel (Maître-Minuit), tous deux publiés par Zulma – ni le Québec de Lise Tremblay (L’Habitude des bêtes, Delcourt). Si elle est française, la primo-romancière des éditions Rivages, Thi Thu, a grandi au Vietnam, et sa langue natale influence le français de Presque une nuit d’été.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Alors que se profile la rentrée littéraire, un climat économique morose marque le secteur en cette fin d’été. D’importants groupes se réorganisent pour survivre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/08/2018
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Remue-ménage dans l’édition

Alors que se profile la rentrée littéraire, un climat économique morose marque le secteur en cette fin d’été. D’importants groupes se réorganisent pour survivre.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 08h34
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

L’incertitude d’un mouvement brownien. Le monde de l’édition française est secoué par une série de cessions et de réorganisations d’une ampleur rarement égalée.
Le 30 juillet, en pleine torpeur estivale, la direction de Vivendi a annoncé l’ouverture de négociations exclusives avec l’espagnol Planeta pour lui racheter Editis. Un moyen pour la famille Lara, propriétaire de Planeta, de réduire sa montagne de dettes, évaluée à 480 millions d’euros. Editis, numéro deux hexagonal (Robert Laffont, Plon, Presses de la Cité, Pocket, 10/18, Nathan, Bordas, Le Robert…), est valorisé 900 millions d’euros, soit 100 millions de moins que lors de son acquisition en 2008. Il s’agit d’un retour à la case départ puisque Editis figurait parmi les filiales de Vivendi en 2000, avant d’être revendu successivement à Lagardère, Wendel Investissements et Planeta.
L’histoire se répète donc. Vivendi, détenu à 20 % par le groupe Bolloré, explique ce rachat par sa volonté de « constituer une nouvelle étape majeure dans la construction d’un groupe intégré, centré sur les médias, les contenus et la communication ». Si le feu vert est donné, Editis s’agglomérera à Canal+, Dailymotion, Gameloft, Universal Music Group et Havas. Vivendi espère jouer la carte de la convergence, et proposer aux auteurs des adaptations audiovisuelles, cinématographiques ou des déclinaisons en jeux vidéo.
« C’était déjà le discours de Jean-Marie Messier »
Une telle opération suscite bon nombre d’interrogations. « Les synergies contenants-contenus, c’était déjà le discours de Jean-Marie Messier [en 2001], qui n’a pas fonctionné dans les faits. Pour Editis, entrer dans le giron de Vivendi, c’est aujourd’hui tout sauf une garantie, car personne ne souhaite que ce dernier lui fasse subir ce qu’il vient de faire vivre à Canal+ », assure Martine Prosper, secrétaire générale du Syndicat national Livre-Edition CFDT. Elle souligne aussi la « dynamique préoccupante »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Maryline Baumard, chargée de l’immigration au « Monde » pendant quatre ans, dresse la liste des livres qui l’ont inspirée dans son travail.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/08/2018
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« Mes incontournables » : sept livres pour comprendre les migrations, par Maryline Baumard

Maryline Baumard, chargée de l’immigration au « Monde » pendant quatre ans, dresse la liste des livres qui l’ont inspirée dans son travail.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
19.08.2018 à 16h02
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Toutes les données
S’il ne fallait garder qu’un livre sur les migrations, ce serait Avec l’immigration, de François Héran (2017). La promesse des premières lignes, de n’être ni « pour » ni « contre », juste… « avec », tient tout l’ouvrage.
Outre ce positionnement neutre, tout y est, des données chiffrées à l’historique politique en passant par l’analyse des mouvements. L’ancien directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED), aujourd’hui titulaire de la chaire Migrations et sociétés du Collège de France, fait vivre et parler des données scientifiques majeures, prenant soin de les présenter nues, dépouillées de la dramaturgie, voire de l’hystérie, dont cette thématique se pare habituellement dès qu’elle s’installe dans la sphère politique.

« Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agir », de François Héran, La Découverte, 328 p., 21 €.

Colossale géohistoire
Pas si fréquent que 150 chercheurs du monde entier allient leurs compétences dans un ouvrage commun. Le Dictionnaire des migrations internationales (2015) est pourtant un bel exemple de la puissance du collectif.
Cette somme a été rassemblée par Gildas Simon, géographe de l’université de Poitiers, fondateur du groupe Migrinter et de la Revue européenne des migrations internationales. Au fil d’années de travail, le scientifique a réussi la prouesse de consigner les grands mouvements migratoires du globe depuis le XVIe siècle, pays par pays. C’est le fruit d’un travail colossal, réalisé surtout par des géographes, et des historiens aussi.
Cette géohistorique globale des migrations n’est pas à avaler d’un trait, mais à consulter régulièrement pour réinscrire les mouvements actuels d’émigration ou d’immigration, de l’Albanie, des Etats-Unis ou de la Chine, dans la profondeur de leur histoire.

« Dictionnaire des migrations internationales....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Ecrivains espions, espions écrivains (5/5). L’écrivain britannique s’est trouvé cinquante ans durant sur bien des points chauds du globe. En tant que journaliste, puis romancier à succès. Et informateur du MI6…
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