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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Depuis vingt-sept ans, il porte le « Golbal Burden of Disease », une charge lourde de responsabilités puisque les études fournissent une base à des décisions dont dépendent la vie et le bien-être de plusieurs milliards d’individus.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                   
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Chris Murray, missionnaire de la santé publique

Depuis vingt-sept ans, il porte le « Golbal Burden of Disease », une charge lourde de responsabilités puisque les études fournissent une base à des décisions dont dépendent la vie et le bien-être de plusieurs milliards d’individus.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h32
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Ce n’est pas Atlas, géant de la mythologie condamné par Zeus à porter éternellement le monde sur ses épaules, mais il y a un peu de cela. Directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (Institut de statistiques et d’évaluation en santé), basé à Seattle, Chris Murray porte le Global Burden of Disease (GBD, Fardeau ou charge mondiale des maladies) ­depuis vingt-sept ans. Certes, pas tout seul. Ce projet d’une ampleur sans équivalent dans le monde, il l’a conçu avec l’Australien Alan Lopez, actuellement chercheur à l’université de Melbourne.

Les deux hommes se rencontrent en 1986. Etudiant passé de Harvard à Oxford, où il avait reçu une bourse Rhodes, Chris Murray visite le siège genevois de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est à la recherche de données sur la mortalité dans le monde et en Afrique en particulier. On lui conseille de contacter Alan ­Lopez, qui a récemment rejoint le département des statistiques de l’institution et veut que son travail ait un impact sur la santé des populations. Lors de cette première rencontre, Murray ­balance abruptement au mathématicien : « Tout ce que vous avez écrit sur la mortalité en Afrique est faux ! » Lopez, qui place au-dessus de tout le ­perfectionnement des statistiques médicales, apprécie le sens critique de Murray. Le courant passe tout de suite entre les deux hommes.
Il a parcouru le monde
Ils sont tous deux sollicités pour une publication collective par la Banque mondiale, le World Development Report 1993: Investing in Health. Leur contribution constitue un appendice au rapport intitulée The Global Burden of Disease, 1990. En 1997, The Lancet publie le premier d’une série de quatre articles du tandem. La prestigieuse ­revue médicale accueille désormais chaque ­année une nouvelle édition du GBD.
Dans un article commémoratif paru il y a peu dans The Lancet, Conrad Keating rapporte que la publication de 1997...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Longtemps, les deux disciplines ont été séparées l’une de l’autre. Mais les jeunes chercheurs ont aujourd’hui compris l’intérêt de fusionner les deux matières.
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Santé publique et géographie : la France comble son retard

Longtemps, les deux disciplines ont été séparées l’une de l’autre. Mais les jeunes chercheurs ont aujourd’hui compris l’intérêt de fusionner les deux matières.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h29
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Longtemps en France, on a prétendu faire de la géographie des lieux – les populations, les territoires… – sans tenir compte de la santé et, de son côté, la santé publique ignorait l’intérêt de l’approche géographique », constate Gérard Salem, aujourd’hui professeur émérite à l’université de Nanterre et professeur invité à l’université de Californie à Berkeley. Pourtant, rappelle-t-il, les épidémiologistes connaissent tous l’histoire de John Snow, qui a découvert la cause de l’épidémie de choléra qui frappait Londres en 1854 en se servant de cartes localisant les cas de la maladie et les pompes à eau.

Comment expliquer que le monde de la santé se prive de l’apport de la géographie et que l’aménagement du territoire prenne aussi peu en compte les questions de santé ? « La culture de santé publique souffre d’une faiblesse chronique en France, juge Gérard Salem. S’y ajoute la rigidité du cadre universitaire peu propice à mêler les disciplines. » Cependant, les jeunes chercheurs semblent avoir dépassé ces clivages.


Ainsi, le géographe Olivier Telle (CNRS), qui travaille, au Centre de sciences humaines à Delhi (Inde), sur l’épidémiologie des maladies infectieuses émergentes en milieu urbain, a passé trois années postdoctorales dans un laboratoire de génétique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur à Paris. « Nous nourrissons les études par la dimension géographique, raconte-t-il. Pour étudier les disparités sociales et les épidémies, j’utilise les outils des systèmes ­d’information géographique qui permettent une représentation et une analyse de données spatialement référencées, les modèles spatiaux… Je travaille en particulier sur la dengue. »
« Les gens vivent quelque part ! »
Pour Gérard Salem, il est crucial de coupler la notion de population à risque avec celle de zone à risque, « car les gens vivent quelque part ! ». Les facteurs de risques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Fusionner les données géographiques et sanitaires est une approche devenue incontournable pour améliorer les politiques de santé publique.
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Géographie et santé publique, une alliance vitale

Fusionner les données géographiques et sanitaires est une approche devenue incontournable pour améliorer les politiques de santé publique.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 19h12
    |

            Paul Benkimoun (Seattle (Etats-Unis), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le géographe et géopolitoloque français Yves Lacoste avait intitulé l’un de ses ouvrages resté célèbre La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (La Découverte, 1976). Elle sert aussi à améliorer la santé des populations. Au cours des trente dernières années, les noces de la géographie – et ses nouveaux outils informatiques – et de la santé publique ont donné lieu à une production scientifique florissante qui ne se contente pas d’aligner chiffres et statistiques. Elle les intègre dans un contexte géospatial afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les maladies et causes de décès. La finalité est de permettre aux décideurs politiques de prendre des décisions informées au service de la santé de la population et de cibler les ­interventions. « Derrière les chiffres, il y a des gens », résume Simon Hay, directeur des sciences géospatiales au sein de l’Institut de statistiques et d’évaluation en santé (IHME), rattaché à l’université de Washington à Seattle.

Tee-shirt, jeans et basket, Simon Hay sera notre guide lors du séjour à l’IHME. Il travaille dans un petit bureau au bout de l’un des deux étages qu’occupe actuellement l’institut dans un immeuble au 2301 Ve Avenue, à Seattle. Soit à quinze minutes à pied de la Fondation Gates qui a financièrement porté l’organisme sur les fonts baptismaux, en 2007. A priori, rien ne prédisposait ce Britannique, né en Allemagne en 1971, à occuper ce poste. Zoologiste de formation, il s’intéresse particulièrement aux insectes. Ce n’est qu’ensuite qu’il est ­devenu épidémiologiste.
Ampleur et rigueur méthodologique
Au sein du département de zoologie de l’université d’Oxford, il avait soutenu, en 1996, sa thèse doctorale sur l’utilité des données satellitaires ­météorologiques pour prédire la distribution et l’abondance de la mouche tsé-tsé, responsable de la maladie du sommeil. Un genre d’outil qui lui ­semble aussi applicable au suivi des maladies elles-mêmes,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Lancé mardi depuis Kourou, ce satellite utilisera des impulsions laser pour déterminer la direction et la vitesse du vent jusqu’à 30 km d’altitude, couvrant l’ensemble du globe en sept jours.
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Aeolus, un satellite pour mesurer les vents

Lancé mardi depuis Kourou, ce satellite utilisera des impulsions laser pour déterminer la direction et la vitesse du vent jusqu’à 30 km d’altitude, couvrant l’ensemble du globe en sept jours.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 11h47
    |

            Hervé Morin








                        


La prévision météorologique et les modèles climatiques sont friands de données sur la vitesse et le sens du vent. Recueillies par des instruments très divers, celles-ci restent parcellaires, notamment dans l’hémisphère Sud. C’est cette lacune que l’Agence spatiale européenne (ESA) espère en partie combler avec son satellite Aeolus, lancé depuis Kourou, mardi 21 août. Les satellites actuels scrutent le mouvement des nuages ou de la « rugosité » des vagues. Aeolus utilisera une méthode inédite, basée sur la mesure des variations d’impulsions laser réfléchies par les particules atmosphériques. « C’est une mission exploratoire, note Mark Drinkwater, chef du département qui a supervisé la mission. Mais avec des visées opérationnelles : les agences météo pourront intégrer ces données presque en temps réel, tout comme les climatologues, pour nourrir leurs modèles. » 

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Il peut être ardu de décrocher un crédit quand on est malade ou handicapé. Ces dernières années, la convention « Aeras » facilite heureusement leurs démarches. Le point sur les possibilités offertes aux emprunteurs confrontés à un problème de santé (1/2).
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                

Comment emprunter avec une maladie ou un handicap

Il peut être ardu de décrocher un crédit quand on est malade ou handicapé. Ces dernières années, la convention « Aeras » facilite heureusement leurs démarches. Le point sur les possibilités offertes aux emprunteurs confrontés à un problème de santé (1/2).



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 07h37
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 11h47
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Emprunter rime avec projets, personnels comme professionnels. Acheter sa maison ou le matériel nécessaire pour monter son entreprise passe souvent d’abord par la case crédit. Et qui dit crédit dit, en règle générale, assurance emprunteur, le prêteur devant s’assurer qu’il reverra son argent si l’acquéreur décède ou voit son état de santé se dégrader avant le remboursement.
Mais pour quiconque a développé une maladie grave, ou souffre d’une maladie chronique ou d’un handicap, la quête de cette assurance prend des allures de parcours du combattant, débouchant parfois sur un refus ou sur une proposition hors de prix et peu protectrice.
Bonne nouvelle : les conditions d’accès à l’assurance se sont améliorées ces dix dernières années (voir encadré ci-dessous), notamment grâce à la convention Aeras (« s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé »), négociée entre l’Etat, les professionnels de l’assurance et du crédit et des associations de malades et de consommateurs.

        Lire aussi :
         

                Comment s’y prendre pour changer l’assurance de son crédit immobilier ?



Trois cas de figure sont à distinguer :
1) Vous êtes concerné par le droit à l’oubli. La loi de modernisation du système de santé de 2016 (lien vers PDF) a consacré un « droit à l’oubli », aussi inscrit dans la convention Aeras. Si votre cancer remonte à dix ans au moins (cinq ans s’il est survenu avant vos 18 ans), et en l’absence de rechute, vous n’avez pas à en faire part et pouvez être assuré dans des conditions normales.
« La loi permet désormais de résilier son assurance emprunteur une fois l’an, rappelle Cécile Roüault de la Vigne, de Réassurez-moi.fr. Profitez-en si vous n’avez pas bénéficié du droit à l’oubli lors de la souscription de votre assurance, parce qu’il n’existait pas encore ou que votre cancer était récent. Vous obtiendrez probablement un tarif moindre et/ou de meilleures garanties. »
2) Votre pathologie est listée. Le droit à l’oubli ne vous concerne pas ? Consultez la grille de référence de la convention Aeras, qui vient d’être actualisée. Cancer, VIH, hépatite : si votre maladie figure dans la liste et que vous remplissez les critères liés à chaque pathologie, on ne peut vous refuser une assurance (même si elle ne comprendra pas forcément, pour toutes les pathologies, les trois garanties basiques que sont le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie et l’invalidité), à des conditions tarifaires normales ou presque – la surprime est parfois exclue, parfois plafonnée.
« La grille est actualisée annuellement et en fonction des avancées thérapeutique, de nouvelles pathologies ont vocation à y figurer, précise Marianick Lambert, de France Assos Santé. On avance à pas de souris mais c’est incontournable. Pour intégrer la grille et être accepté par un assureur, un risque doit avoir été objectivé, mesuré. C’est forcément fondé sur des études, qui demandent du temps, des financements, du recul. Les critères pour accéder au dispositif, parfois très durs aujourd’hui, devraient de même être assouplis au fil des années. »
« L’objectif est aussi d’imposer à terme la garantie incapacité temporaire de travail, le problème le plus fréquent » Franck Audeau Ligue contre le cancer
Exemple de critère : la durée entre le début du traitement et la fin du contrat d’assurance est plafonnée à vingt-sept ans pour les personnes séropositives. « Cela exclut les personnes vivant avec le VIH depuis les années 1980 et 1990, déplore Samuel Galtié, secrétaire général de Aides, et un patient traité depuis 2006 ne peut emprunter en 2018 sur plus de quinze ans. »
« L’objectif est aussi d’imposer à terme la garantie incapacité temporaire de travail, le problème le plus fréquent », note Franck Audeau, de la Ligue contre le cancer. Attention, ce n’est pas parce que la grille actuelle n’impose pas cette garantie que vous ne pouvez l’obtenir, l’idéal restant de trouver mieux que les minima fixés…
3) Dans les autres cas. Vous ne relevez ni du droit à l’oubli, ni de la grille de référence ? Vous bénéficierez des autres dispositions de la convention Aeras. Sont concernées la majorité des personnes empruntant avec un risque aggravé de santé (obésité, diabète, maladie cardiovasculaire ou toute pathologie empêchant d’être assuré dans des conditions normales).
L’assureur devra étudier votre demande même si vous n’avez pas encore signé de compromis de vente. Vous pourrez ainsi préparer votre dossier en amont. La proposition d’assurance restera valable quatre mois, y compris pour un autre bien immobilier que celui que vous visiez à l’origine, si le montant du prêt et sa durée ne sont supérieurs.
Et il ne pourra s’écouler plus de trois semaines entre la réception du dossier et la réponse de l’assureur. Entre-temps, votre demande devra avoir, si nécessaire, parcouru trois étapes : l’examen classique de votre dossier, une analyse plus individualisée en cas de refus, et la décision d’un pool d’experts en dernier lieu. Quand il reçoit la proposition d’assurance que vous avez obtenue, le prêteur a deux semaines pour statuer.
Mode d’emploi
Comment s’y prendre, en pratique ? Comparez les propositions des assureurs, souvent très hétérogènes. Faire appel à un courtier peut faciliter les recherches. Certains sont même spécialisés sur les malades, comme Handi-Assur. « Nous connaissons les logiques des assureurs, nous savons qui propose quoi, comment argumenter, explique son fondateur, Clair Caillon. Et nous accompagnons nos clients dans la recherche d’alternatives quand l’assurance est impossible. »
« Quelles que soient les difficultés, ne cédez pas aux sirènes de la fausse déclaration » Jacky Guerrée La Centrale de Financement
Certaines associations proposent en outre à leurs adhérents un contrat dessiné pour leur pathologie, par exemple l’Association française des diabétiques ou l’afa Crohn RCH France (pour les maladies inflammatoires chroniques intestinales). « On ne peut pas assurer 100 % des malades mais nous développons des analyses d’appréciation du risque pour chaque maladie afin de couvrir des risques qui ne le sont pas ailleurs », détaille Christophe Petit, dont le cabinet d’actuaires, Euroditas, a mis sur pied de tels contrats. Quant à la Ligue contre le cancer, elle dispose d’un service d’accompagnement des emprunteurs.
« Quelles que soient les difficultés, ne cédez pas aux sirènes de la fausse déclaration », alerte enfin Jacky Guerrée, de La Centrale de Financement. En cas de pépin lié à votre pathologie, vous ne seriez pas couvert et, en cas de décès, vos proches devraient rembourser votre crédit.

Emprunter avec une maladie : les chiffres-clés
- En 2016, 15 % des demandes d’assurance de prêts immobiliers ou professionnels concernaient un candidat à l’emprunt présentant un risque aggravé de santé. - 96 % de ces demandes ont abouti à une proposition couvrant au moins le décès (Attention, qui dit proposition d’assurance ne dit pas forcément acceptation du prêt par le banquier.) - Parmi les couvertures décès, 71 % l’ont été sans surprime ni exclusion (contre 49 % en 2007). - Pour la garantie invalidité, 10 % ont essuyé un refus, 22 % ont reçu une proposition avec surprime ou exclusion, 68 % l’ont obtenue dans des conditions normales (contre 28 % en 2011). - Les surprimes imposées étaient, dans 81 % des cas, inférieures à 100 % pour la garantie décès.
(Source : Fédération française de l’assurance).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Les 16 chromosomes de la levure de bière ont été raboutés en un seul morceau par une équipe chinoise, tandis que des Américains obtenaient deux chromosomes, sans compromettre la viabilité de ces lignées inédites
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Le génome d’une levure fusionné en un seul chromosome

Les 16 chromosomes de la levure de bière ont été raboutés en un seul morceau par une équipe chinoise, tandis que des Américains obtenaient deux chromosomes, sans compromettre la viabilité de ces lignées inédites



Le Monde
 |    20.08.2018 à 06h00
    |

                            Intissar El Hajj Mohamed








                        



                                


                            

L’évolution a fait preuve de créativité pour encapsuler le patrimoine génétique des êtres vivants : certains génomes comptent plusieurs dizaines de chromosomes, d’autres, comme celui de la fourmi australienne Myrmecia pilosula, une seule paire. La recherche a désormais les moyens de les réorganiser et d’explorer des organisations structures génétiques inédites. Deux laboratoires en font la démonstration. A Pékin, des chercheurs ont fusionné les 16 chromosomes de la levure de bière, Saccharomyces cerevisiae, en un seul chromosome géant, créant une variété artificielle unique. Une équipe américaine a mené des travaux similaires et comprimé le génome de cette même Saccharomyces cerevisiae dans deux chromosomes. Les levures ainsi conçues sont viables et ont pu se reproduire sur de multiples générations. Les résultats de ces études ont été publiés le 1er août dans la revue Nature.
Où se place le centromère
Pour réaliser ces collages chromosomiques, les chercheurs ont employé une technique d’édition du génome faisant appel à des « ciseaux moléculaires », Crispr-Cas9. Simple et peu coûteux, cet outil découpe des portions précises de l’ADN. En l’occurrence, les deux équipes ont rogné l’extrémité des chromosomes (les télomères) afin qu’ils se raboutent entre eux. Il leur a aussi fallu résoudre un problème, posé par la présence des centromères, ces nœuds où se rejoignent les bras d’un chromosome. Le grand chromosome obtenu, doté de deux centromères, aurait été instable. Là encore, Crispr-Cas9 a fait son office en retirant l’un de ces granules. En répétant l’opération, les chercheurs ont cousu entre eux les chromosomes, obtenant à chaque étape une lignée viable.
Pourquoi le nombre final des chromosomes diffère-t-il entre les équipes asiatique et états-unienne ? Le professeur Jef Boeke, de l’université de New York, responsable de l’équipe américaine, avance une hypothèse : « La viabilité des individus pourrait...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Il bénéficie de multiples copies d’un gène suppresseur de tumeurs, mais aussi de la « résurrection » d’un gène inactif chez les autres mammifères.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/08/2018
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Un gène « zombi » protège l’éléphant du cancer

Il bénéficie de multiples copies d’un gène suppresseur de tumeurs, mais aussi de la « résurrection » d’un gène inactif chez les autres mammifères.



LE MONDE
 |    19.08.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 17h40
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

« L’éléphant meurt, mais ses défenses demeurent », dit un proverbe africain. Mais si ce géant meurt, c’est très rarement d’un cancer. Pourquoi ? Grâce à ses défenses ! Pas celles, en ivoire, qui arment ses mâchoires, mais celles, en ADN, que l’évolution a peaufinées depuis des millions d’années pour le protéger de cette maladie redoutable. Les médecins rêvent d’ailleurs de s’en inspirer pour forger de nouvelles armes contre ce fléau.
D’où viennent les défenses anti-cancer de l’éléphant ? Cette énigme est connue, depuis 1975, sous le nom de « paradoxe de Peto » : des espèces de très grande taille devraient être souvent frappées de cancers. Car ces colosses (5 à 7 tonnes, pour l’éléphant) hébergent un nombre faramineux de cellules. Or, plus un organisme compte de cellules, plus le risque est élevé que l’une d’elles se dérègle, proliférant de manière incontrôlée jusqu’à dégénérer en cancer. En théorie du moins. En réalité, éléphants et baleines sont remarquablement épargnés par le cancer. Et ce, en dépit de leur longévité élevée (60 à 70 ans pour l’éléphant).
Une partie de l’énigme a été levée en 2015 : l’éléphant est doté de 20 copies d’un gène « suppresseur de tumeurs », le gène p53 – notre espèce n’en possède qu’une seule. Or ces gènes sont des garde-fous qui préviennent la dérive d’une cellule vers la malignité. Chez l’éléphant, cette « horde » de gènes p53 orchestre la destruction des cellules dont l’ADN est lésé. C’est ce qu’ont montré séparément deux équipes, dans les universités de l’Utah et de Chicago.
« Ayant acquis un bouclier anti-cancer efficace, l’éléphant a pu développer une taille gigantesque. » Frédéric Thomas
Cette dernière équipe a creusé cette piste, révélant la suite de l’énigme, le 14 août, dans la revue Cell Reports. Vincent Lynch et ses collègues de l’université de Chicago ont ainsi découvert que l’éléphant, au fil de l’évolution, a « ressuscité » un gène-zombie (un gène dormant, ou « pseudo-gène »,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Au menu : l’étoile qui a explosé et survécu, du fromage vieux de 3 200 ans dans une tombe égyptienne, des pesticides dans les céréales pour enfants, etc.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Deux études décrivent des exoplanètes géantes presque collées à leur étoile, dont la météo inédite pourrait compter de la neige de fer ou des grêlons de rubis.
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L’enfer déroutant des Jupiters ultra-chauds

Deux études décrivent des exoplanètes géantes presque collées à leur étoile, dont la météo inédite pourrait compter de la neige de fer ou des grêlons de rubis.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 18h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Dans le Système solaire, deux planètes enregistrent des températures fort élevées : Vénus, avec ses 462 °C de moyenne – conséquence d’un affolant effet de serre –, et ­Mercure, l’astre le plus proche du Soleil, qui subit des pointes à plus de 420 °C. La tentation s’avère donc grande de qualifier ce duo d’infernal. Pourtant, l’enfer est ailleurs. Mercure et Vénus connaissent des conditions presque agréables si on les compare à celles d’exoplanètes de l’extrême, les ­Jupiters ultra-chauds, auxquels deux études viennent d’être consacrées. La première, internationale, a été publiée par Nature le 16 août, tandis que la seconde, franco-américaine, le sera par Astronomy & Astrophysics.
Coauteur du premier de ces articles, David Ehrenreich, professeur associé à l’université de Genève, explique qu’« il n’existe pas encore de définition bien arrêtée de ce qu’est un Jupiter ultra-chaud. ­Disons qu’il s’agit d’une extension de la catégorie des Jupiters chauds, qui sont les premières exoplanètes que l’on a détectées. Celles-ci sont des géantes gazeuses dont la masse va de celle de Saturne à plusieurs fois celle de Jupiter et qui se trouvent tellement près de leur étoile qu’elles reçoivent plusieurs centaines de fois à un millier de fois l’ensoleillement de la Terre. » A titre de comparaison, Mercure recueille sept fois l’ensoleillement de notre planète.
L’exoplanète baptisée KELT-9b « reçoit 45 000 fois l’ensoleillement de la Terre », selon David Ehrenreich, de l’université de Genève.
« Récemment, poursuit David Ehrenreich, on a découvert des objets qui reçoivent plusieurs milliers de fois l’ensoleillement de la Terre, les Jupiters ultra-chauds. » Comme le résume Vivien Parmentier, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de ­Marseille et premier auteur de l’étude à paraître dans Astronomy & Astrophysics, sur les Jupiters ­ultra-chauds, qui présentent toujours la même face à leur étoile, comme le fait...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le médecin new-yorkais, qui a mis en œuvre cette technique controversée, veut repousser les limites de la reproduction et allonger la durée de vie des humains.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/08/2018
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John Zhang, le créateur impénitent de « bébés à trois parents  »

Le médecin new-yorkais, qui a mis en œuvre cette technique controversée, veut repousser les limites de la reproduction et allonger la durée de vie des humains.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 10h18
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Le docteur John Zhang a déménagé. Certes, le célèbre médecin dirige toujours sa très chic clinique de Manhattan, New Hope Fertility – où il nous reçoit dans son bureau donnant sur Central Park. Mais les affaires sensibles qu’il menait jusque-là au Mexique sont désormais déplacées en Ukraine. Un pays moins catholique, moins réglementé, où il poursuit plus discrètement des activités controversées : la naissance de « bébés à trois parents ». « Nous avons déménagé toutes nos opérations à Kiev », confirme M. Zhang, qui emploie quinze collaborateurs sur place,­ au sein de la clinique Nadya.
Cinq grossesses initiées au sein de sa clinique seraient en cours
John Zhang avait fait scandale à l’automne 2016, lorsqu’il avait révélé au monde ébahi son coup d’éclat : mettre au monde un enfant à trois parents, un garçon. La mère, une femme jordanienne, était porteuse saine de la maladie de Leigh, engendrée par des mutations affectant l’ADN d’une partie de ses mitochondries, les « usines » fournissant l’énergie aux cellules. Cette anomalie, transmise à ses deux filles, avait conduit à leur mort en bas âge mais aussi à quatre grossesses interrompues.
John Zhang utilisa alors un procédé qui n’avait jamais été testé sur les humains : prélever le noyau de l’ovocyte, qui contient l’ADN de la mère ; l’injecter dans l’œuf préalablement énucléé d’une donneuse (pourvu de mitochondries saines) ; féconder l’ovocyte reconstitué par le sperme du mari, avant de l’implanter dans l’utérus de la mère. Cette première a défrayé la chronique, mais reste d’application assez rare. « La majorité des problèmes génétiques concernent le noyau, pas l’ADN des mitochondries », confie le docteur ­Zaher Merhi, associé de M. Zhang.
« Nous aidons Dieu »
L’enjeu est de permettre aux femmes de 40 ans et plus d’avoir des enfants. A partir de cet âge, leurs œufs sont moins aptes à être fécondés, en raison de la dégradation du cytoplasme – le contenu cellulaire qui entoure...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Des chercheurs du groupe de recherche psychédélique de l’Imperial College de Londres, en collaboration avec des spécialistes du coma de l’université de Liège, ont mené une étude sur la diméthyl-tryptamine, indique Marc Gozlan sur son blog « Réalités biomédicales ».
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une scène romaine sculptée dans la pierre découverte en Turquie montre deux personnages enlacés. Il s’agirait de deux empereurs, explique Nicolas Constans sur son blog « Dans les pas des archéologues ».
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Les scientifiques ont imité la conception de la peau humaine, faite de plusieurs couches de récepteurs sensoriels pour répercuter différents types de signaux tactiles.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ De la lumière à l’ombre. Prix Nobel de médecine 2008, le professeur a connu la gloire. Depuis ses prises de position radicales, ses collègues le brocardent. Qu’importe, il persiste et multiplie les combats.
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le cycle de l’eau (10/10) : nos milliards de cellules ont besoin d’eau, milieu idéal pour toutes les réactions chimiques dont elles sont le siège.
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Depuis le mois de juin au Royaume-Uni et en Irlande, les fortes chaleurs ont mis au jour des vestiges archéologiques datant parfois de plusieurs millénaires.
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Le cycle de l’eau (9/10) : le corps d’un adulte de 75 kg contient entre 45 et 50 litres d’eau. Celle-ci permet à tous nos organes de fonctionner.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Des ophtalmologues britanniques rapportent le cas d’une femme dont une des lentilles s’est retrouvée prisonnière de la paupière pendant 28 ans.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Tibère, Caligula, Néron… Exploration en BD de la vie de ces empereurs souffrant de troubles psychiques.
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Les tests génétiques récréatifs permettent à des personnes conçues par don anonyme de trouver leur donneur ou des demi-frères et sœurs.
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Des enfants nés par don de gamètes percent le secret de leurs origines

Les tests génétiques récréatifs permettent à des personnes conçues par don anonyme de trouver leur donneur ou des demi-frères et sœurs.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 05h23
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h39
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            
Lisa s’est toujours doutée qu’il y avait « un problème avec sa naissance ». Un « gros secret ». Les indices se sont accumulés comme des petits cailloux menant à la solution de l’énigme. D’abord, elle ne ressemble pas aux autres membres de sa famille. « On me demande tout le temps quelle est mon origine : espagnole, italienne, voire iranienne », relate la jeune femme. Autre détail : sa mère n’a jamais utilisé de contraceptif.
Et puis un jour, au cours de ses études de droit, un examinateur l’interroge sur la procréation médicalement assistée avec don de gamètes : « Quelle est votre opinion sur l’anonymat du donneur ? » A 21 ans, elle n’en sait rien. Ça la vexe, elle se documente. « Je me suis dit : les pauvres [enfants nés par don], pour eux ce n’est pas drôle, poursuit-elle. Petit à petit, l’idée a fait son chemin dans ma tête. » Questionnée, sa mère finit par lui dire la vérité : Lisa a elle-même été conçue par don.
Tout de suite, la question de ses origines s’est posée. « J’ai besoin de savoir d’où je viens, à qui je ressemble, explique la jeune femme. Pour transmettre quelque chose à mes futurs enfants. Pas ce vide. » Le 14 juillet 2016, elle réchappe de l’attentat qui fait 86 morts sur la promenade des Anglais à Nice. L’événement lui fait sauter le pas.

Tests très populaires aux Etats-Unis
Elle prend contact avec l’association PMAnonyme, et se lance dans l’aventure des tests génétiques. Très populaires aux Etats-Unis, les tests ADN récréatifs y sont surtout utilisés pour connaître les origines géographiques d’ancêtres immigrés. Les chanceux retrouvent des parents plus ou moins éloignés, et peuvent entrer en contact avec eux. Aujourd’hui, quinze millions de personnes figurent dans les quatre bases de données existantes, celles de 23andme, AncestryDNA, MyHeritage et Family Tree DNA.
Pour les enfants nés par don de gamètes, ces tests sont beaucoup...




                        

                        

