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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’opération pourrait donner naissance au numéro un mondial du secteur, mais doit encore obtenir l’aval des régulateurs américains.
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Gaz industriel : Bruxelles autorise la fusion entre l’allemand Linde et l’américain Praxair

L’opération pourrait donner naissance au numéro un mondial du secteur, mais doit encore obtenir l’aval des régulateurs américains.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 18h17
   





                        



   


La Commission européenne a autorisé lundi le projet de fusion à grande échelle entre le fabricant de gaz industriel allemand Linde et son concurrent américain Praxair, qui doit donner naissance au numéro un mondial du secteur, détrônant le français Air Liquide.
« L’autorisation est subordonnée à la cession d’un vaste ensemble d’activités », précise dans un communiqué l’exécutif européen, affirmant avoir notamment reçu l’assurance de la vente par Praxair d’un grand nombre de ses actifs en Europe.
Linde et Praxair, rappelle la Commission, sont deux des quatre plus grandes sociétés au monde dans l’approvisionnement en gaz industriels, gaz médicaux, gaz à usages spéciaux et en hélium.

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Avec cette décision, qui fait suite à un examen approfondi, « nous faisons en sorte que la fusion entre Praxair et Linde n’engendre pas une concentration accrue en Europe et que les clients continuent à bénéficier de la concurrence sur ces marchés », souligne la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, citée dans le communiqué.
Cette fusion, évaluée à 68 milliards d’euros, annoncée en décembre 2016 devra être bouclée d’ici au 24 octobre, selon le droit allemand.
Larges cessations d’actifs
Ce calendrier semblait désormais menacé, selon certains analystes de marché, après la mise en garde début août de Linde selon laquelle de nouvelles exigences des autorités américaines de la concurrence pourraient faire dérailler la mégafusion.
Les deux groupes peuvent renoncer à la fusion si les autorités de régulation exigent des cessions d’actifs équivalentes à plus de 3,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un seuil qui a désormais une probabilité élevée d’être dépassé, a affirmé le groupe allemand il y a deux semaines.

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A la mi-juillet, Linde avait déjà cédé une grande partie de ses actifs américains pour tenter de satisfaire les autorités de la concurrence.
Linde a ainsi vendu à l’allemand Messer et au luxembourgeois CVC un paquet d’actifs d’une valeur de 2,8 milliards d’euros, soit la majeure partie de ses activités aux Etats-Unis, au Brésil, en Colombie et au Canada.
Début juillet, Praxair avait annoncé de son côté la cession à son concurrent japonais Taiyo Nippon Sanso de ses activités européennes en vue du mariage avec Linde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les auteurs de ces attaques, ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, ont été « neutralisés », a annoncé lundi le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov.
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Tchétchénie : l’Etat islamique revendique une série d’attaques contre la police

Les auteurs de ces attaques, ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, ont été « neutralisés », a annoncé lundi le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 17h49
   





                        



   


Une série d’attaques a visé, lundi 20 août, la police en Tchétchénie, dans le Caucase russe, faisant plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, tandis que leurs auteurs ont été « neutralisés », a annoncé le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov.
Les attaques ont été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique quelques heures plus tard par l’intermédiaire de leur agence de propagande Aamaq, dans un communiqué en arabe relayé par le groupe spécialisé dans la surveillance des réseaux djihadistes SITE.
Tentatives avortées
Selon M. Kadyrov, deux policiers ont été blessés dans la ville de Chali (sud du pays), tandis que « des agents de la circulation ont subi des blessures » à Grozny, la capitale. « Toutes les tentatives ont été avortées, les bandits ont été neutralisés et l’un des malfaiteurs s’est fait exploser, mais a survécu, il a été conduit à l’hôpital », a expliqué l’homme fort de cette république russe du Caucase.
« Il n’y a aucun doute sur le fait que les cerveaux de ces jeunes gens ont été influencés sur les réseaux sociaux par divers [représentants de l’EI]. Mais le bilan de la journée montre qu’ils ne disposent d’aucun soutien, d’aucune base sociale dans notre République », a assuré le dirigeant tchétchène. Il a estimé que les assaillants avaient pour objectif de « jeter une ombre » sur la fête musulmane de l’Aïd Al-Adha.
Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion séparatiste s’est progressivement islamisée et s’est étendue au-delà des frontières de cette république russe pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord. A la fin juin 2015, la rébellion armée islamiste dans le Caucase russe a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, dont elle reste un vivier important de combattants djihadistes en Syrie et en Irak.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le rapport d’un grand jury de Pennsylvanie a mis en évidence un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.
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Pédophilie : le pape condamne « avec force les atrocités » commises par 300 prêtres américains

Le rapport d’un grand jury de Pennsylvanie a mis en évidence un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 18h45
   





                        



   


Le pape François a condamné « avec force », lundi 20 août, « les atrocités » commises au cours des dernières décennies par au moins 300 prêtres pédophiles en Pennsylvanie, dans le nord-est des Etats-Unis.
« Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé […] nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités », affirme le pape dans cette lettre diffusée par le Vatican et adressée au « peuple de Dieu ».
Le pape François regrette lundi que « ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparer du dommage causé ne sera jamais suffisant » mais assure que « rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées ». Il appelle ainsi toute la communauté catholique à se mobiliser pour « dénoncer tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne ».
Il est essentiel, ajoute-t-il, que toute la communauté des fidèles, et pas seulement le clergé, se mobilise. « Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation », écrit-il ainsi dans cette lettre en forme de mea culpa, et publiée en sept langues.
« Nous n’avons pas su être là où nous le devions, (…) nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies », écrit encore Jorge Bergoglio, « avec honte et repentir ».

        L’analyse de notre correspondant :
         

          la justice de Pennsylvanie accable l’Eglise catholique, qui a « tout caché »



Scandale en Pennsylvanie
Les déclarations du pape sont consécutives à la publication mardi 14 août par un grand jury de Pennsylvanie d’un rapport mettant en évidence un phénomène loin d’être marginal, et dénonçant un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.
Au cours de deux années de travail, des dizaines de victimes ont été interrogées, 500 000 pages de documents internes des diocèses concernés ont été examinées, permettant au grand jury de conclure que plus de mille mineurs, parfois âgés de moins de 10 ans, ont été victimes d’au moins 300 prêtres. Mais si deux prêtres ont été poursuivis, « quasiment tous les cas » suspectés seraient cependant aujourd’hui frappés par la prescription, certains remontant aux années 1940.
Jeudi déjà, le Vatican déclarait, dans un communiqué officiel, éprouver « honte et colère ». « Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté », avait alors déclaré le Saint-Siège.
Un phénomène loin d’être marginal
Ce n’est pas la première fois que le pape François, élu en 2013, réagit face au fléau de la pédophilie qui n’en finit pas d’ébranler l’Eglise catholique.
Fin juillet, il avait ainsi accepté la démission du cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington, accusé d’abus sexuels sur un adolescent. Plusieurs autres hauts prélats ont été contraints de démissionner pour avoir fermé les yeux, dont les cardinaux Roger Mahony (Los Angeles) et Bernard Law (Boston), décédé fin 2017.
Les agissements de l’archevêque Law ont été au cœur d’une vaste enquête du Boston Globe, qui a reçu le prix Pulitzer avant de faire l’objet d’un film, Spotlight, couronné par les Oscars du meilleur film et du meilleur scénario en 2016.

        Comprendre comment
         

          des sommes faramineuses ont été déboursées par les diocèses aux Etats-unis pour tenter d’étouffer ces affaires.L’Eglise américaine et « la profonde honte » de la pédophilie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Des agents ont été attaqués, lundi, par un homme de 29 ans, armé d’un couteau, à Cornellà de Llobregat. La police estime qu’il s’agit d’un acte terroriste.
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Barcelone : un homme abattu après avoir attaqué des policiers avec un couteau « de taille considérable »

Des agents ont été attaqués, lundi, par un homme de 29 ans, armé d’un couteau, à Cornellà de Llobregat. La police estime qu’il s’agit d’un acte terroriste.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 13h32
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 16h16
   





                        


Un homme de 29 ans, armé d’un couteau, a été tué lundi 20 août alors qu’il attaquait les agents d’un commissariat de Cornellà de Llobregat, ville proche de Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne, a annoncé la police, qui a évoqué une attaque terroriste.
Les faits se sont déroulés peu avant 6 heures du matin, a précisé sur Twitter la police catalane, les Mossos d’Esquadra : « Un homme armé d’une arme blanche est entré ce matin dans le commissariat de Cornellà pour attaquer les agents, l’agresseur a été abattu. » 
Deux policiers étaient présents, et c’est une agente qui a fait usage de son arme face à l’individu, qui s’est précipité sur elle armé d’un couteau « de taille considérable », en criant « Allah » et un ou d’autre mots qui n’étaient pas compréhensibles pour « sauver sa propre vie »,  a détaillé le commissaire Rafel Comes. Le chef de la police régionale de Catalogne s’est exprimé lors d’une conférence de presse à la mi-journée :
« C’est un attentat, une agression contre un policier, l’homme criait “Allah”  (...) Ce sont au moins des indices pour que l’enquête soit menée comme pour un acte terroriste. »
Un an après les attentats de Barcelone et Cambrils
Le commissaire n’a pas voulu confirmer que l’agresseur était algérien, comme l’ont déjà indiqué des sources policières, car les enquêteurs voulaient confirmer que les papiers d’identité algériens qu’il portait sur lui étaient bien les siens.
Des agents se sont rendus au domicile de l’agresseur présumé, dans la commune de Cornellà. Après l’attaque, la police a annoncé un renfort des mesures de sécurité.
L’attaque s’est produite quelques jours à peine après le premier anniversaire des attentats djihadistes, qui ont fait seize morts les 17 et 18 août l’an dernier en Catalogne. Un djihadiste au volant d’une camionnette avait foncé dans la foule dans la zone piétonnière des Ramblas, avenue touristique du cœur de Barcelone. Quelques heures après, cinq de ses complices avaient visé les vacanciers avec leur véhicule à Cambrils, une station balnéaire au sud de Barcelone, puis les avaient attaqués au couteau avant d’être abattus par la police.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Pour la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, le scrutin du 26 mai 2019 se jouera entre les progressistes, d’un côté, et les nationalistes, de l’autre.
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Nathalie Loiseau : « De quelle Europe a-t-on envie ? »

Pour la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, le scrutin du 26 mai 2019 se jouera entre les progressistes, d’un côté, et les nationalistes, de l’autre.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 16h47
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
A neuf mois des élections européennes, la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, fait le bilan des réformes engagées par Emmanuel Macron sur le front européen et dresse les enjeux d’un scrutin à haut risque pour la majorité.

L’Europe était au cœur du projet d’Emmanuel Macron en 2017. Un an après, le bilan est maigre…
Je rappelle qu’il y a un an, il y avait une sorte de statu quo fataliste en Europe. La France avait quasiment disparu des radars. Aujourd’hui, notre position est attendue et ce sont sur nos propositions que les Européens débattent. Nous avons déjà fait bouger les lignes : l’Europe de la défense n’a pas existé pendant soixante ans, elle est mise en œuvre depuis six mois. On a très longtemps dit que le projet européen consistait à niveler la protection sociale vers le bas. Or, nous avons obtenu une réforme du régime des travailleurs détachés. Sur le numérique, enfin, les propositions en cours d’adoption font de l’Europe le fer de lance de la régulation numérique mondiale. On s’est également mis d’accord sur des crédits destinés à booster l’innovation. Donc, beaucoup de choses avancent ! Ce qu’on peut déplorer, c’est le peu d’intérêt qu’y portent parfois les médias nationaux qui ne voient Bruxelles qu’au travers des conseils et des crises.
Reste que des propositions-phares d’Emmanuel Macron, comme un ministre de la zone euro ou des listes transnationales pour les européennes, ont dû être abandonnées…
En juin, l’Allemagne, très longtemps réticente, s’est ralliée à l’idée d’un budget de la zone euro. Celui-ci permettra de soutenir l’investissement et servira d’outil de stabilisation en cas de crise. C’est un pas en avant auquel beaucoup de sceptiques ne croyaient pas. L’institution d’un ministre de la zone euro, ce sera dans un deuxième temps. Tout cela est progressif : l’objectif, c’est 2024.
Quant aux listes transnationales, elles se sont heurtées à l’hostilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La ministre des transports a écrit à la Commission européenne pour demander que les ports français soient pris en compte par le projet de nouvelle liaison entre l’UE et l’Irlande.
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La France inquiète pour ses ports en cas de Brexit « dur »

La ministre des transports a écrit à la Commission européenne pour demander que les ports français soient pris en compte par le projet de nouvelle liaison entre l’UE et l’Irlande.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 14h59
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



   


Elisabeth Borne, la ministre des transports, s’inquiète d’un projet adopté le 1er août par la Commission européenne et visant à adapter le tracé du corridor maritime entre l’Irlande et l’Union en cas de Brexit « dur » – c’est-à-dire sans accord – entre Londres et Bruxelles, le 30 mars prochain. Mme Borne a écrit, le 10 août, à la commissaire chargée des transports, Violeta Bulc, pour lui dire que son projet était « inacceptable » parce que la nouvelle liaison proposée devrait favoriser les ports néerlandais et belges, au détriment de ports français, exclus dans leur ensemble selon la ministre, alors qu’ils seraient susceptibles d’être des points d’entrée pour les transporteurs soucieux d’éviter les contrôles à l’entrée et à la sortie du Royaume-Uni.
Actuellement, le corridor mer du Nord-Méditerranée permet l’acheminement des biens irlandais via Liverpool et Londres, puis Calais et d’autres ports continentaux. À l’avenir, les transporteurs voudront éviter la perte de temps et d’argent engendrée par les contrôles britanniques. Bruxelles, anticipant une absence d’accord, veut dès lors assurer la continuité du corridor et suggère de renforcer les liens entre Dublin et Cork, du côté irlandais, Anvers, Zeebruges et Rotterdam, du côté continental.

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Lien direct Le Havre-Irlande
Mme Borne estime, elle, que la proposition de Bruxelles présente de nombreuses lacunes et néglige l’intérêt manifesté par différentes parties prenantes françaises pour la mise en place de liaisons directes avec l’Irlande. « La proximité géographique entre la France et l’Irlande fait de ces liaisons (…) des connexions évidentes avec le marché intérieur », insiste-t-elle.
Elle prône un lien direct Le Havre-Irlande et une meilleure prise en compte des échanges via Cherbourg, Brest et Roscoff. La ministre, appuyée par Xavier Bertrand président de la région des Hauts-de-France, plaide enfin pour un renforcement des échanges via Calais et Dunkerque. « Nous n’avons pas connaissance de services réguliers vers les ports français du corridor, à savoir Calais et Dunkerque » a répliqué Mme Bulc, vendredi 17 août, dans une lettre envoyée à Paris et vue par Le Monde.
La commissaire slovène tente toutefois de calmer le jeu en proposant à la ministre une rencontre en septembre. Elle insiste par ailleurs sur le fait que son projet ne vise que le court terme – d’ici à 2020 – et une éventuelle solution d’urgence pour sauver les importations et les exportations irlandaises après le 30 mars 2019. L’Irlande totalisait, en 2017, 4 % des importations de l’Union (à hauteur de 78 milliards d’euros) et 6 % de ses exportations (120 milliards).
« L’ajustement proposé ne change en rien la situation des ports français dans le corridor (Calais et Dunkerque) ou leur capacité à accéder à des financements européens dans le cadre du Mécanisme pour interconnexion en Europe », souligne Mme Bulc. Les installations de la façade atlantique (Brest, Roscoff, Cherbourg) resteraient également éligibles à des projets dans le cadre d’un réseau central. La commissaire assure aussi qu’une demande française d’ajout d’une connexion Saint-Nazaire-Nantes-Tours au corridor Atlantique est retenue.
Double inquiétude
La lettre de Mme Borne traduit, en fait, une double inquiétude. D’abord, celle de voir l’attractivité des ports néerlandais et belges renforcée à bref délai, ce qui ne manquerait pas de pénaliser, sur le moyen et le long terme, les installations françaises. Et, d’autre part, de voir la manne de 30 milliards d’euros, liée à la redéfinition du corridor mer du Nord-Méditerranée pour la période 2021-2027, échapper en partie à la France : Rotterdam, Anvers et Zeebruges pourraient être les grands bénéficiaires de ces montants, destinés entre autres à renforcer les installations pour faire face, notamment, à l’augmentation des échanges avec l’Irlande.

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« Si on laisse agir le marché, il choisira sans doute ces deux ports, plus proches de l’hinterland [arrière-pays] européen. La Commission s’inscrit simplement dans cette perspective », a expliqué, dans le quotidien néerlandais NRC, Thierry Vanelslander, économiste des transports à l’Université d’Anvers.
Mme Borne souligne, dans son courrier, qu’elle compte fermement sur « le soutien » de la Commission lors des débats qui vont débuter au Conseil et au Parlement européens. Dans sa réponse, Mme Bulc évoque seulement sa « disponibilité » pour « tout suivi ultérieur ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’attaque, qui a simplement endommagé une vitre et n’a pas fait de victime, survient dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et la Turquie.
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A Ankara, des coups de feu tirés contre l’ambassade américaine

L’attaque, qui a simplement endommagé une vitre et n’a pas fait de victime, survient dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et la Turquie.



Le Monde
 |    20.08.2018 à 10h33
   





                        



   


Plusieurs coups de feu ont été tirés, lundi 20 août à 4 heures du matin (heure de Paris), contre l’ambassade américaine en Turquie, dans la capitale Ankara. Ils ont simplement endommagé la vitre d’un poste de sécurité, rapportent la police et un porte-parole de l’ambassade. Selon la chaîne de télévision CNN Türk, les assaillants ont ensuite fui à bord d’une voiture blanche.
« Il n’y a aucune victime et nous enquêtons sur les détails » de cette attaque, a confirmé David Gainer, un porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Ankara, fermée cette semaine à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd El-Adha.

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                Turquie : Erdogan s’obstine dans la crise diplomatique et commerciale avec les Etats-Unis



Cette attaque survient en plein climat de tensions entre les Etats-Unis et la Turquie. Ankara a, en effet, maintenu, vendredi, l’assignation à résidence d’un pasteur américain, en dépit de nouvelles menaces de sanctions des Etats-Unis, qui ont mis à mal la livre turque, déjà à mal depuis le début de l’année.
Samedi, au congrès de son parti, le président turc Recep Tayyip Erdogan a poursuivi son bras de fer avec Washington, a redit sa volonté de répliquer et de « [ne pas se livrer] à ceux qui se présentent comme [le] partenaire stratégique » de la Turquie. « Nous avons mis au jour vos manigances et nous vous défions. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le « M. Brexit » de l’UE, à qui la majorité fait les yeux doux, pourrait se voir offrir la tête de liste du parti Les Républicains.
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Européennes : de LR à LRM, le très convoité Michel Barnier

Le « M. Brexit » de l’UE, à qui la majorité fait les yeux doux, pourrait se voir offrir la tête de liste du parti Les Républicains.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 09h57
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

« C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe », professe le dicton. Et chez Les Républicains (LR), on aime les dictons. Le parti dirigé par Laurent Wauquiez, en quête d’une tête de liste pour les élections européennes de mai 2019, réfléchit à l’éventualité d’offrir cette position à Michel Barnier, ancien commissaire européen, aujourd’hui chargé des négociations sur le Brexit pour le compte de l’Union européenne. Une décision qui renverrait la droite dix ans en arrière, puisque l’ex-ministre des affaires étrangères de Jacques Chirac menait déjà son camp – l’UMP, à l’époque – aux européennes de 2009 dans la très stratégique circonscription d’Ile-de-France (en 2019, il n’y aura plus qu’une seule liste nationale). A la clé, à l’époque, une première place pour la droite sur l’ensemble du territoire, et un résultat qui a de quoi faire rêver LR aujourd’hui : 27,9 %. Nicolas Sarkozy se trouvait alors à l’Elysée depuis deux ans.

« Barnier était là avant Aznavour, mais il est construit. C’est un leader crédible, bien qu’eurocrate », note un élu LR, qui croit savoir que Laurent Wauquiez ne se montrerait « pas hostile » à une telle candidature. « Il y a de nombreuses possibilités, dont celle-ci », confirme-t-on dans l’entourage du président du parti. Où l’on estime par ailleurs ne pas croire à la possibilité que M. Barnier cède aux sirènes de La République en marche (LRM). Car le nom de l’intéressé, figure du courant chrétien-démocrate au sein de sa formation, a circulé parmi d’autres ces derniers mois pour conduire la liste du mouvement présidentiel. « Ce serait étonnant qu’il finisse chez Macron vu ce qu’est sa réelle ambition », glisse-t-on à LR. A savoir : devenir président de la Commission européenne – ce que l’intéressé n’a pas (encore) assumé publiquement.
« Spitzenkandidat »
Pour se hisser à ce poste, M. Barnier doit être en théorie désigné Spitzenkandidat (littéralement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’ex-conseiller de Trump, qui dit vouloir mettre l’UE à terre, annonce le lancement d’une fondation destinée à organiser les diverses formations de droite radicale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/08/2018
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L’arrivée de Steve Bannon en Europe suscite le scepticisme chez les populistes

L’ex-conseiller de Trump, qui dit vouloir mettre l’UE à terre, annonce le lancement d’une fondation destinée à organiser les diverses formations de droite radicale.



Le Monde
 |    20.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 10h47
    |

            Olivier Faye, 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant), 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale), 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            
Ces derniers mois, on a vu sa crinière grise à Rome, à Londres, à Budapest, à Prague ou à Lille. Remercié par la Maison Blanche en août 2017, Steve Bannon multiplie depuis lors les rencontres avec les figures de la droite radicale européenne, de Marine Le Pen à Viktor Orban. Dans quel but ? Le 23 juillet, l’ex-conseiller du président américain, Donald Trump, s’est fait plus précis sur ses ambitions pour le Vieux Continent.
Dans un article remarqué du Daily Beast, cette figure de l’alt-right a promis rien de moins que de mettre l’Union européenne (UE) à terre. La date est fixée : les élections européennes de mai 2019. « Les mouvements de droite populiste et nationaliste vont gagner. Ils vont gouverner. Vous allez avoir des Etats-nations avec chacun leur identité et leurs frontières », y prédit celui qui aime se présenter comme le grand organisateur de la victoire de Donald Trump.
Pour atteindre son but, il annonce le lancement d’une fondation, baptisée « Le Mouvement », destinée à organiser les différentes formations de droite radicale de toute l’Europe. Basée a Bruxelles et employant à terme dix personnes, elle a vocation à préfigurer « un super-groupe » qui pourrait attirer « un tiers » des eurodéputés de la prochaine mandature. Et paralyser ainsi toute l’UE. Une œuvre dont la droite radicale européenne rêve depuis longtemps, mais qu’elle n’a jamais pu accomplir en raison de ses divisions. Le Parlement européen compte aujourd’hui trois groupes différents pouvant être affiliés à cette sensibilité.
Entre prudence et scepticisme
Un peu plus d’un mois après cette annonce, Steve Bannon devrait débarquer dans les prochaines semaines en Europe pour la concrétiser. Mais cela s’annonce moins tonitruant que prévu. Les plans de Bannon ont, en effet, été accueillis avec prudence, voire même avec un franc scepticisme par la plupart des mouvements de droite radicale européens censés se regrouper sous sa bannière.
En Suède, au Danemark...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Au cours de ses vacances, le ministre de l’intérieur italien n’a pas perdu une occasion de marteler son message xénophobe.
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Depuis sa chaise longue, Matteo Salvini décline son « les Italiens d’abord »

Au cours de ses vacances, le ministre de l’intérieur italien n’a pas perdu une occasion de marteler son message xénophobe.



Le Monde
 |    20.08.2018 à 05h19
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 08h23
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Rome
« Et sinon, vous, vous allez où à la plage ? » A s’entendre répéter cette même question une bonne dizaine de fois, dans les premiers jours de notre arrivée à Rome, on a vite compris que l’affaire, sous ses airs anodins, était nettement plus sérieuse qu’il n’y paraît. Car c’est un fait : à partir de la fin du mois de mai et jusqu’aux premiers orages d’automne, la capitale se vide en fin de semaine, et des cohortes de Romains se dispersent sur les différentes plages des environs, pour quelques heures ou plusieurs semaines.
Dans un pays de propriétaires, et qui dispose de 7 000 kilomètres de côtes, la casa al mare (maison à la mer) est un peu l’idéal des classes moyennes. Et le choix du lieu où l’on décide de prendre ses habitudes n’est pas à prendre à la légère. Ceux qui n’ont que quelques heures et ne tiennent pas à se baigner gagneront Ostie, la station la plus proche de Rome. Les « radical chic » (équivalent italien de la « gauche caviar ») sont nombreux à partir vers le nord et goûtent plutôt la tranquillité de Capalbio, en Toscane. Certains, en revanche, préfèrent aller vers les plages du sud de la ville, comme Anzio, plus populaire, voire goûter les splendeurs plus lointaines de Sabaudia et Sperlonga, aux portes de la Campanie.
Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), personnage omniprésent des six derniers mois, a opté pour Milano Marittima (Emilie-Romagne), une station relativement huppée – et bien pourvue en discothèques – des environs de Ravenne. Et durant toute la première moitié du mois d’août, il n’a cessé de faire profiter de ses vacances les Italiens.
« La musique a changé »
On l’avait déjà vu barboter dans la piscine de la villa d’un chef mafieux, en juillet, pour illustrer son intransigeance contre le crime organisé ; la résidence en question avait été saisie il y a plusieurs années, si bien qu’il n’avait aucune raison particulière de s’en glorifier,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Après des années de froid sur fond de crise ukrainienne, les deux dirigeants ont affiché samedi leurs convergences sur d’autres dossiers comme le nucléaire iranien.
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Merkel-Poutine, un rapprochement pragmatique

Après des années de froid sur fond de crise ukrainienne, les deux dirigeants ont affiché samedi leurs convergences sur d’autres dossiers comme le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 09h28
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Vladimir Poutine s’est fait attendre, samedi soir, à Meseberg. La chancelière Angela Merkel, qui le recevait dans ce château du Brandebourg, a dû patienter une demi-heure pour voir apparaître son homologue russe. Celui-ci avait été retenu dans l’après-midi en Autriche, au mariage de la ministre des affaires étrangères, Karin Kneissl. En son honneur, il y a fait chanter un groupe de cosaques du Don arrivés avec lui, et il s’est fendu d’une danse avec la mariée. « Une visite privée » a déclaré M. Poutine samedi soir pour couper court aux questions des journalistes sur sa présence à ce mariage qui fait scandale en Autriche.

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A Meseberg, l’heure n’était plus au vin mousseux et à la danse. D’après les photos diffusées par la chancellerie, la chancelière a reçu le président russe à l’eau minérale. La sobriété était de mise au vu de l’agenda. Durant trois heures, les deux chefs d’Etat se sont entretenus de la situation en Ukraine, du transit gazier en Europe, du conflit en Syrie, du programme nucléaire iranien et des relations germano-russes. « Les thèmes controversés ne peuvent se régler que dans le dialogue », a déclaré la chancelière lors du point de presse commun avant la rencontre, en insistant sur la « responsabilité commune » des deux pays dans la résolution des crises. Aucune déclaration n’a été faite à l’issue des discussions, Vladimir Poutine a quitté l’Allemagne en fin de soirée.
C’est la seconde fois en moins de six mois que Vladimir Poutine et Angela Merkel se rencontrent personnellement. Mi-mai, la chancelière allemande s’était rendue à Sotchi sur les bords de la mer noire. Depuis, elle s’est entretenue avec le ministre des affaires étrangères Lavrov et avec le général Guerassimov, chef d’Etat major des armées russes pour évoquer la situation en Syrie et en Ukraine. L’intensification des rencontres au plus haut niveau suggère qu’après les années de froid entre les deux pays depuis l’annexion de la Crimée, le contexte géopolitique actuel est favorable à une normalisation des relations diplomatiques.
Vladimir Poutine soigne son « client » allemand
Un des moteurs de ce rapprochement est l’économie. La Russie subit la pression des sanctions économiques américaines que Washington menace de renforcer à brève échéance. Et Donald Trump n’a pas caché son opposition au projet de pipeline Nord Stream 2, qui doit doubler les capacités de livraison de gaz russe en Allemagne. Début juillet, lors du dernier sommet de l’OTAN, le président américain avait critiqué sans ambages ce renforcement de la dépendance énergétique de Berlin vis-à-vis du gaz russe, en qualifiant l’Allemagne de « prisonnière de la Russie ».

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Autant de risques pour l’économie russe, actuellement en pleine déconfiture : vendredi, la rouble affichait son plus bas niveau depuis deux ans face au dollar. Une situation d’autant plus délicate que le président russe a vu sa cote de popularité s’effondrer récemment, suite à l’annonce d’une impopulaire réforme sur les retraites.
Samedi soir, Vladimir Poutine a donc soigné son « client » allemand. Dans sa déclaration, il a longuement rappelé la qualité des liens économiques de son pays avec la première puissance économique européenne : la sécurité et la fiabilité des approvisionnements en gaz, les filiales allemandes en Russie et leurs investissements, avec force chiffres et comparaisons. « L’Allemagne est un des premiers clients des ressources énergétiques russes », a-t-il déclaré, en rappelant que le volume d’échanges entre les deux pays a augmenté de 22 % l’an dernier.
« Un tournant dans les relations germano-russes »
Berlin de son côté espère qu’une mission de paix onusienne en Ukraine puisse voir le jour, quatre ans après l’annexion de la Crimée par la Russie. Sur la Syrie, la chancelière veut à tout prix éviter qu’une catastrophe humanitaire vienne renforcer la crise migratoire, tandis que M. Poutine a besoin de l’aide des Européens pour reconstruire le pays. Il a insisté sur la nécessité d’un rétablissement rapide des infrastructures, afin de permettre un retour des réfugiés dans le pays, en particulier ceux qui se trouvent actuellement en Jordanie, au Liban et en Turquie. Un sujet prioritaire pour Angela Merkel.
Reste à trouver une solution politique acceptable : Angela Merkel a précisé souhaiter une réforme constitutionnelle et de nouvelles élections. La Russie de son côté n’a pas l’intention de cesser de soutenir son allié Bachar Al-Assad.
« La rencontre de Meseberg marque un tournant dans les relations germano-russes », souligne Stefan Meister, expert de la région à l’institut DGAP. « Le conflit en Ukraine a longtemps pris toute la place. Aujourd’hui Angela Merkel et Vladimir Poutine sont d’accord sur le fait qu’ils doivent parler des autres sujets. » Une des preuves de ce nouveau rapprochement est l’affirmation des deux pays à l’accord nucléaire iranien, contre la position américaine, juge-t-il.
« Ce nouveau dialogue marqué par le pragmatisme ne signifie pas qu’un nouveau partenariat stratégique va émerger entre l’Allemagne et la Russie. Mais les deux dirigeants veulent envoyer un message en direction de Washington pour montrer n’accepteront aucun chantage de la part de Donald Trump. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Blaise Gauquelin, il paraît utile, voire urgent, de débattre encore des enseignements de cet « autre 68 ».
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La mémoire occultée du « printemps de Prague »

Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Blaise Gauquelin, il paraît utile, voire urgent, de débattre encore des enseignements de cet « autre 68 ».



LE MONDE
 |    19.08.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 17h23
    |

            Blaise Gauquelin (Bratislava, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Analyse. On s’intéresse à lui et il s’en étonne. A 70 ans, Pavol Dubcek exerce encore comme chirurgien à Bratislava, la capitale slovaque. Que ce soit dans son pays ou en Répu­blique tchèque, personne n’a pensé à le solliciter, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’écrasement militaire, les 20 et 21 août 1968, du « printemps de Prague ». Dans un foisonnement culturel et politique sans précédent, cet « autre 68 » vit pourtant le Parti communiste tchécoslovaque (PCT) tenter en vain d’inventer un « socialisme à visage humain ».
A l’idée de mourir sans pouvoir léguer les archives de son père à un musée ou à une fondation, Pavol Dubcek fond en larmes tel un enfant
Ce fut pourtant son père, le réformateur Alexandre Dubcek, qui, devenu secrétaire général du PCT le 5 janvier 1968, voulut donner une orientation démocratique au gouvernement du pays. Un demi-siècle après l’invasion par les troupes du pacte de Var­sovie et l’écrasement de cette tentative, vingt-six ans après le décès du « grand homme », réduit par Moscou à des fonctions subalternes loin de Prague, son fils Pavol ne sait que faire de ses archives. A l’idée de mourir sans pouvoir les léguer à un musée ou à une fondation, il fond en larmes tel un enfant.
Pour lui, il s’agit là d’une injustice. L’ancien premier secrétaire ne joua-t-il pas un rôle crucial dans l’histoire de l’empire soviétique et de l’Europe, en tentant de se débarrasser du stalinisme et en proposant la réforme la plus aboutie dans le cadre soviétique ? Ne paya-t-il pas de sa personne, en devenant le « jardinier de Bratislava », comme le chanta Alice Dona ? Son fils le voit encore, le dos courbé, biner ses pommes de terre et donner des graines aux poules, après avoir connu les plus hautes sphères du pouvoir.
De véritables trésors dans de modestes placards
« Sur notre planète qui va si mal, les hommes politiques ayant sacrifié leur ambition pour mener leurs semblables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Cinq jours après le drame, le bilan s’élève à 43 morts. Les dirigeants d’Autostrade ont promis « un demi-milliard d’euros » pour aider la ville et les victimes.
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Viaduc effondré à Gênes : le bilan revu à la hausse

Cinq jours après le drame, le bilan s’élève à 43 morts. Les dirigeants d’Autostrade ont promis « un demi-milliard d’euros » pour aider la ville et les victimes.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 04h25
 • Mis à jour le
19.08.2018 à 21h26
   





                        



   


L’Italie a adressé un adieu sobre et solennel, samedi 18 août, aux victimes de l’effondrement d’un pont autoroutier lors de funérailles nationales à Gênes, boycottées par la moitié des familles.
Le bilan du drame s’élève dimanche 19 août à 43 victimes confirmées par la préfecture de Gênes, après le décès d’un blessé roumain et la découverte du corps d’un ouvrier génois dans les décombres. Les pompiers ont confirmé avoir découvert trois autres corps samedi, probablement ceux d’un couple turinois et leur fillette de 9 ans. Il n’y a plus aucun disparu recensé à ce stade, cinq jours après le drame. Les secouristes ont d’ailleurs annoncé dimanche que les opérations de recherche étaient stoppées. Neuf blessés sont toujours hospitalisés, dont quatre se trouvent dans un état grave.

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Messe pour les victimes
Dans la matinée de samedi, la messe solennelle de rite catholique a duré un peu plus d’une heure dans un grand hall du parc des expositions de Gênes, en présence de milliers d’habitants de ce port du nord de l’Italie. De longs applaudissements ont salué la lecture des prénoms des 38 morts alors identifiés et l’évocation des dernières victimes probables.
La cérémonie a aussi été marquée par un temps de prière pour deux Albanais musulmans. Dans un pays où l’extrême droite est au pouvoir et où les violences verbales et physiques se multiplient contre les étrangers et contre les musulmans, les quatre « Allahou Akbar ! » (Dieu est le plus grand) de la prière rituelle, dite par un imam, ont résonné dans un silence respectueux.

   


Dans tout le pays, les drapeaux étaient en berne et l’éclairage de nombreux monuments, dont le Colisée à Rome, devait s’éteindre dans la soirée. Les photos souriantes et les destins brisés des victimes s’affichaient dans tous les journaux italiens : un ancien champion de moto trial, un médecin et une infirmière qui allaient se marier, des jeunes Français partis faire la fête, trois Chiliens qui s’étaient installés en Italie, un routier napolitain qui rentrait après une livraison en France, un couple de retour de voyage de noces…
A la reprise du championnat de football ce week-end, les joueurs ont observé une minute de silence et portaient un brassard noir. Les matches des deux équipes de Gênes, la Sampdoria et le Genoa, ont, en revanche, été reportés. Dirigeants et joueurs des deux clubs sont venus ensemble aux funérailles.
« Assassiné »
Tous les plus hauts responsables de l’Etat étaient présents, mais aussi les principaux dirigeants d’Autostrade per l’Italia. « C’est une tragédie inacceptable », a dénoncé à la télévision le président Sergio Mattarella, les yeux rouges, après la fin de la cérémonie, évoquant son engagement « à ce que des enquêtes rapides et rigoureuses aboutissent à des condamnations ».
Les familles d’une partie des victimes avaient, cependant, choisi de ne pas participer à la cérémonie, certains préférant des funérailles plus intimes, dans leur ville, d’autres annonçant clairement un boycott. « Mon fils a été assassiné », a répété, vendredi, sur toutes les ondes le père de l’un des quatre jeunes de Torre del Greco, près de Naples, morts sur la route de leurs vacances, en pointant la responsabilité de l’Etat.

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Face à l’émotion et à la colère, le gouvernement a répondu en attaquant la société autoroutière Autostrade per l’Italia, et la famille Benetton qui contrôle le groupe. Vendredi, le ministère des infrastructures a officiellement adressé un courrier à Autostrade en vue de révoquer la concession de la société sur le tronçon du pont, donnant quinze jours à la société pour répondre.
Dans une conférence de presse donnée samedi en fin d’après-midi à Gênes, les dirigeants d’Autostrade n’ont pas souhaité réagir à cette décision mais ont promis « un demi-milliard d’euros disponible dès lundi » pour aider la ville et les victimes. Cette somme comprend des « millions d’euros » pour les proches des victimes, mais aussi un fonds avec « des dizaines de millions d’euros » géré par Gênes pour reloger les habitants, dont les immeubles sous le pont sont condamnés. Elle inclut aussi un projet de démolir ce qui reste du pont et d’en reconstruire un autre en acier « en huit mois » à partir du feu vert des autorités au projet.
Les dirigeants ont promis d’aider la justice à faire toute la lumière sur les causes de l’accident, pour lesquelles ils n’avaient pas d’hypothèse dans l’immédiat. « C’était un pont très particulier, mais il était considéré comme sûr par tous ceux qui l’ont examiné. Quelque chose s’est passé et c’est à la justice de dire quoi », a expliqué le patron de la société, Giovanni Castellucci.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans un entretien au « JDD », la tête de liste Europe Ecologie-Les Verts pour le scrutin de 2019 se fixe pour objectif d’obtenir 15 % des voix.
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Européennes : Jadot confirme exclure une liste commune avec Hamon

Dans un entretien au « JDD », la tête de liste Europe Ecologie-Les Verts pour le scrutin de 2019 se fixe pour objectif d’obtenir 15 % des voix.



Le Monde
 |    19.08.2018 à 00h40
 • Mis à jour le
19.08.2018 à 12h47
   





                        



   


Yannick Jadot, désigné mi-juillet tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour les européennes de 2019, confirme, dans Le Journal du dimanche daté du 19 août, exclure la possibilité d’une liste commune avec le mouvement Génération·s de Benoît Hamon.
« L’élection européenne est le seul scrutin où les électeurs votent par conviction. C’est un vote de clarté. Notre priorité est de rassembler les écologistes autour d’une ligne claire, pas de faire de la vieille politique avec ses accords d’appareils et ses confusions », explique-t-il.
S’il avait, finalement, soutenu Benoît Hamon lors de la présidentielle, il remarque qu’il existait alors « une possibilité de faire gagner [les] idées » écologistes. Mais « l’échec a été assez retentissant. Il n’est pas interdit d’apprendre de ses erreurs. »

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Yannick Jadot s’était allié avec M. Hamon après de longs débats lors de la dernière présidentielle, qui avait vu le vainqueur des primaires organisées par le Parti socialiste éliminé au premier tour. L’écologiste avait ces derniers mois assuré avoir tiré les leçons de cet « échec » et ne pas compter s’allier au leader du mouvement Génération·s.
Quelques jours avant la désignation mi-juillet de M. Jadot pour conduire la liste EELV aux Européennes, Benoît Hamon assurait, néanmoins, encore que « le fil n’[était] pas coupé », et plaidait pour une liste commune.

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Sur la liste EELV, le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, qui « a parfaitement géré le dossier des réfugiés », doit être « aux avant-postes », fait valoir M. Jadot dans Le JDD, précisant que les noms seront dévoilés « d’ici à l’automne ».
Il confirme, en outre, son objectif d’obtenir 15 % des voix lors du scrutin européen, jugeant que « jamais l’écologie n’aura autant irrigué la société, les entreprises, les initiatives citoyennes ». Les écologistes doivent se retrouver à Strasbourg du 23 au 25 août, pour des Journées d’été européennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le suspect arrêté mardi à Londres après avoir commis ce qui semble être un attentat à la voiture-bélier aux abords du Parlement a été inculpé, samedi, de deux tentatives d’assassinat, a annoncé la police.
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Attentat à la voiture-bélier à Londres : le suspect inculpé

Le suspect arrêté mardi à Londres après avoir commis ce qui semble être un attentat à la voiture-bélier aux abords du Parlement a été inculpé, samedi, de deux tentatives d’assassinat, a annoncé la police.



Le Monde
 |    18.08.2018 à 23h49
 • Mis à jour le
19.08.2018 à 11h31
   





                        



   


Le Britannique de 29 ans accusé d’avoir commis mardi un attentat à la voiture-bélier ayant fait trois blessés devant le Parlement à Londres a été inculpé, samedi 18 août, de « tentative de meurtre », a annoncé la police.
Salih Khater, un homme d’origine soudanaise habitant à Birmingham (centre) et accusé d’avoir précipité son véhicule sur des cyclistes et des policiers, comparaîtra lundi devant le tribunal de Westminster, à Londres, a précisé la police. « Cette inculpation intervient après un incident au cours duquel M. Khater a lancé sa voiture sur un groupe de passants immobiles à l’extérieur du Parlement », a fait savoir la police de Londres dans un communiqué. « En raison de la méthodologie employée, de l’endroit choisi et du choix présumé de prendre pour cibles des civils et des policiers, la police traite cette affaire comme relevant du terrorisme », a-t-elle précisé.

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Garde de sécurité
Selon la BBC, Salih Khater est arrivé en 2010 comme réfugié au Royaume-Uni, après avoir séjourné en Libye. Il y a poursuivi des études en sciences à Birmingham et obtenu la nationalité britannique. Il aurait également obtenu un permis de l’Autorité de l’industrie de sécurité (SIA) et travaillé comme garde de sécurité à Nottingham (centre).
Cette attaque présente de nombreuses similitudes avec celle perpétrée en mars 2017 par Khalid Masood, un Britannique converti à l’islam, qui avait fait cinq morts et des dizaines de blessés. Khalid Masood avait percuté des passants avec son véhicule avant de poignarder mortellement un policier devant le Parlement, un attentat revendiqué par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Selon le ministre de l’intérieur, les garde-côtes italiens sont intervenus sur un bateau relevant des autorités maltaises
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Italie : des garde-côtes et 177 migrants bloqués depuis jeudi au large de Lampedusa

Selon le ministre de l’intérieur, les garde-côtes italiens sont intervenus sur un bateau relevant des autorités maltaises



Le Monde
 |    18.08.2018 à 21h43
 • Mis à jour le
19.08.2018 à 03h48
   





                        



   


Un navire des garde-côtes italiens est bloqué depuis jeudi 16 août au large de Lampedusa avec à bord 177 migrants secourus entre Malte et l’île italienne, alors qu’aucun pays ne souhaite les accueillir.
Le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), avait critiqué l’initiative des garde-côtes italiens, qui sont intervenus sur un bateau relevant selon lui des autorités maltaises. L’embarcation avec au départ 190 migrants à bord est en effet passée mercredi par la zone de recherches et de secours (SAR) maltaise, mais selon La Valette, les personnes à bord ont refusé toute aide et poursuivi leur route vers Lampedusa.

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Ils ont ensuite été pris en charge dans la nuit de mercredi à jeudi par le navire Diciotti des garde-côtes italiens, qui ont évacué en urgence 13 personnes vers l’hôpital de Lampedusa mais attendent depuis jeudi soir au large de l’île italienne l’autorisation de débarquer les autres. Selon des médias italiens, le ministre des affaires étrangères, Enzo Moavero, a entamé des discussions avec d’autres pays européens pour trouver une solution.
« Les partenaires européens comptent laisser l’Italie seule »
Alors que M. Salvini refuse toujours que le bateau accoste en Italie, les services de son ministère ont choisi jeudi soir de faire planer la menace d’une nouvelle volte-face sur le dossier de l’Aquarius qui est arrivé le 15 août à Malte avec à son bord 141 migrants. Ces derniers ont ensuite été répartis entre la France, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne, grâce à un accord entre ces pays.

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« Les partenaires européens comptent laisser l’Italie seule en lui imposant un bateau avec 170 personnes. Si c’est vraiment leurs intentions, Rome remettra en question la possibilité de participer à la redistribution des personnes qui étaient à bord de l’Aquarius, comme l’a annoncé Malte au cours des dernières heures », assure le ministère dans un communiqué
En juillet, le Diciotti, envoyé surveiller de loin 450 migrants entassés sur une barque de pêche entre Lampedusa et Malte, les avait déjà recueillis alors que le gouvernement leur demandait d’attendre que Malte s’en charge.
« Nous sommes des marins, des marins italiens. Nous avons 2 000 ans de civilité derrière nous et ces choses-là, nous les faisons », avait déclaré quelques jours plus tard le commandant des garde-côtes, l’amiral Giovanni Pettorino. Les 450 migrants étaient restés trois jours à bord du Diciotti, jusqu’à ce que M. Salvini les laisse débarquer en Sicile après avoir obtenu que d’autres Etats européens en accueillent une partie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le président russe a assisté samedi aux noces de Karin Kneissl, la ministre autrichienne des affaires étrangères, alors que Vienne préside actuellement le conseil de l’Union européenne.
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Danse avec le tsar : et l’extrême droite autrichienne convia Vladimir Poutine à la noce

Le président russe a assisté samedi aux noces de Karin Kneissl, la ministre autrichienne des affaires étrangères, alors que Vienne préside actuellement le conseil de l’Union européenne.



Le Monde
 |    18.08.2018 à 20h32
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 09h00
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Les collines boisées du sud-est de l’Autriche auront servi de décor à la séquence politique la plus surréaliste de l’année. Dans un folklore digne de La Mélodie du bonheur, Vladimir Poutine est venu assister au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, 53 ans, qui épousait, samedi 18 août, un entrepreneur, Wolfgang Meilinger.

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Parmi la centaine d’invités en costumes traditionnels conviés à la noce de cette ancienne journaliste, nommée par le sulfureux Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite), figuraient le chancelier Sebastian Kurz (ÖVP, conservateur), le vice-chancelier Heinz-Christian Strache (FPÖ) et le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, Mohammed Barkindo.

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« Poutine est l’adversaire le plus agressif de l’UE »
Tout sourire, le président russe était visiblement en forme. Devant une foule en liesse brandissant des iPhone pour immortaliser la scène, il a valsé quelques minutes avec la reine du jour, avant de laisser des chanteurs cosaques, qui avaient fait le déplacement avec lui, se produire pour l’assistance. Puis, il s’est fendu d’un discours très amical en allemand, une langue qu’il maîtrise bien. Il a, enfin, inscrit à son tour un petit mot doux sur le capot de la Coccinelle blanche des tourtereaux, avant de s’éclipser pour aller retrouver Angela Merkel en Allemagne.
Ces séquences, largement reprises par les médias russes, sont inhabituelles : d’ordinaire, M. Poutine ne s’exhibe pas dans un cadre privé, quand il sait que les images filmées de l’événement sont susceptibles d’êtres massivement diffusées. Mais, pour lui, l’opération séduction au cœur de l’Europe ne semblait receler que des avantages évidents.
En Autriche, à la sidération provoquée par les images succède une colère froide. Dans un rare élan, l’ensemble de la presse du pays a déploré ce show coûteux. Les 8,7 millions d’Autrichiens tiennent plus que tout à leur sacro-sainte neutralité et Sebastian Kurz préside actuellement le Conseil de l’Union européenne (UE). Il représente donc officiellement les vingt-huit pays membres de l’UE et sa présence à la marge, samedi, pourrait brouiller son image.
Critiques dans la majorité gouvernementale
Et alors que, par solidarité avec le Royaume-Uni à la suite de l’affaire Skripal, les Etats-Unis ont adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie, les critiques fusent au sein même de la majorité gouvernementale. « La mise en scène et le détournement d’un événement aussi intime à des fins politiques poursuivent une logique et un but qui m’échappent totalement », a réagi Othmar Karas, le chef de file des conservateurs autrichiens à Strasbourg, dans un entretien au quotidien Tiroler Tageszeitung.
Pour l’eurodéputé écologiste autrichien Michel Reimon, interrogé par l’agence de presse APA, la coalition entre l’extrême droite et les conservateurs qui dirige l’Autriche depuis décembre 2017 sera désormais perçue comme « le bras armé du régime russe au sein de l’UE ». Il a réclamé la démission de Mme Kneissl, accusée de mettre la réputation de tout un pays à terre.
Cette dernière, qui s’était proposée comme intermédiaire entre les Occidentaux et Moscou sur le dossier syrien, s’est fait des ennemis en mélangeant les genres. Pour les Ukrainiens, en particulier, ses agapes laissent un arrière-goût amer. « A partir d’aujourd’hui, l’Autriche ne pourra plus jouer les médiateurs », a estimé Hanna Hopko, la présidente de la Commission des affaires étrangères au Parlement ukrainien. Par ailleurs, le mariage s’est déroulée alors que le cinéaste Oleg Sentsov, détenu en Russie pour des raisons politiques, est en danger de mort, après trois mois de grève de la faim.
Sur Internet, les clichés montrant M. Poutine danser avec Mme Kneissl sont détournés. On les voit enlacés, les yeux dans les yeux, virevoltant devant la carcasse du vol MH17, abattu au-dessus de l’Ukraine en 2014, par un missile antiaérien de fabrication russe.
Les mots de Mme Hopko sonnent comme une menace dont n’est pas habituée l’Autriche. Par le passé, Vienne a accueilli les plus grandes négociations diplomatiques, comme celles sur le nucléaire iranien, jusqu’en 2015. La ville est le siège d’organisations multilatérales, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique ou l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Même l’ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, n’a pas osé convier M. Poutine à son mariage en octobre, selon le magazine allemand Stern. Il y a renoncé, car cela aurait fait trop de « tapages ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ancien leader du parti eurosceptique UKIP annonce dans une tribune son soutien à une campagne pour un « Brexit dur ».
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Royaume-Uni : Nigel Farage se réengage pour un « vrai Brexit »

L’ancien leader du parti eurosceptique UKIP annonce dans une tribune son soutien à une campagne pour un « Brexit dur ».



Le Monde
 |    18.08.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
18.08.2018 à 13h15
   





                        



   


Nigel Farage veut revenir en campagne pour défendre un « vrai Brexit ». C’est ce qu’annonce l’ancien chef de file du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dans une tribune au Daily Telegraph, samedi 18 août.
Selon lui, le « Brexit doux » que la première ministre britannique Theresa May veut négocier ne respecte pas « les souhaits de la majorité des électeurs » qui ont choisi, en 2016, de sortir de l’Union européenne.
Dans sa tribune, l’eurodéputé apporte son soutien à la campagne du « Leave Means Leave » (« quitter signifie quitter ») lancée par le promoteur immobilier Richard Tice et l’ancien directeur de la chambre de commerce britannique, John Longworth. M. Farage leur promet son soutien « absolu et total », et annonce à ses partisans qu’il est « de retour ». Il se dit également prêt à participer à des réunions publiques pour défendre son « vrai Brexit ».
La première ministre Theresa May a annoncé en juillet que son gouvernement s’était « mis d’accord sur une position commune pour l’avenir de nos négociations avec l’Union européenne ». Alors que la cheffe de l’exécutif avait prôné, depuis deux ans, un « Brexit dur », les grandes lignes de cette position se rapprochent plutôt d’un « Brexit doux ». Une position qui lui vaut l’ire des partisans d’une ligne dure, qu’ils se situent en dehors de son parti, comme Nigel Farage, ou à l’intérieur même de sa majorité.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les membres de corporations estudiantines controversées, les « Burschenschaften », sont surreprésentés au sein des cabinets ministériels.
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Le discret réseau des confréries d’extrême droite autrichiennes

Les membres de corporations estudiantines controversées, les « Burschenschaften », sont surreprésentés au sein des cabinets ministériels.



Le Monde
 |    18.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
18.08.2018 à 12h29
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En Autriche, les membres des corporations estudiantines, les Burschenschaften, n’ont jamais eu autant de pouvoir, depuis que la formation d’extrême droite FPÖ (Parti autrichien de la liberté), alliée aux conservateurs (ÖVP, Parti populaire autrichien), a obtenu six ministères en décembre 2017.
L’Autriche préside depuis le 1er juillet le Conseil de l’Union européenne. La participation du président russe, Vladimir Poutine, samedi 18 août, au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ, sera l’occasion d’observer ces amitiés couvées dans l’ombre. Car nombre des conviés à la noce sont membres du réseau discret des corporations, favorables au Kremlin et fuyant la publicité.

On retrouve ces confréries dans le monde germanique et aux Etats-Unis depuis le XIXe siècle. Dans le pays alpin, celles qui sont décriées ne sont qu’une petite soixantaine. Elles sont dites « frappantes », à cause du goût de leurs sociétaires pour les duels. Proches du FPÖ, elles sont fermées, exclusivement masculines et défendent la notion d’une « communauté culturelle allemande » dépassant les frontières actuelles. On y entre de père en fils.
Selon la journaliste Christa Zöchling, qui enquête pour l’hebdomadaire Profil depuis des années sur le sujet, le FPÖ a toujours puisé dans le vivier de ces organisations. S’ils ne représentent que 0,04 % de la population, leurs membres sont au moins dix-sept à occuper des postes clés, dans les cabinets ministériels, ainsi qu’à la direction du Parlement. Le vice-chancelier, le ministre des transports, le directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, celui des affaires sociales ou encore de la défense : tous dépendent de l’une de ces formations élitistes, selon le quotidien libéral Der Standard.
« Chaque peuple a un caractère »
On estime qu’environ 4 000 hommes, recrutés dans la haute société, resteraient...




                        

                        

