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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le journaliste, ancien de « Libération » et de Rue89, intègre la matinale de France Inter, où il tiendra une chronique quotidienne sur l’actualité internationale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Pierre Haski prend la place de Bernard Guetta sur la matinale de France Inter

Le journaliste, ancien de « Libération » et de Rue89, intègre la matinale de France Inter, où il tiendra une chronique quotidienne sur l’actualité internationale.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 19h03
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 19h10
   





                        



   


Pierre Haski est le nouveau Bernard Guetta. Le journaliste va tenir une chronique quotidienne sur l’actualité internationale au sein de la matinale de France Inter, en remplacement de M. Guetta, a annoncé lundi 20 août la patronne de la radio publique, Laurence Bloch.

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Pierre Haski va intégrer le « 7/9 » d’Inter lundi prochain, jour de rentrée pour les radios et télé, a-t-elle précisé sur son compte Twitter. « Tous les jours c’est à lui que reviendra désormais la mission d’analyser la marche du monde et de nous faire comprendre que nous en sommes les gardiens, ce que Bernard Guetta nous a inlassablement transmis », a ajouté la directrice de France Inter. L’intéressé s’est dit « ravi et honoré ».

Merci à @franceinter de m’accueillir dans cette belle équipe du 7/9 ! Ravi et honoré de prendre le relais de l’ami… https://t.co/cHji1aAMzG— pierrehaski (@pierre haski)


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Président de Reporters sans frontières
Pierre Haski, ancien de Libération passé par l’AFP et Europe 1, et cofondateur de Rue89 en 2007, est chroniqueur pour le magazine L’Obs. Il préside en outre l’ONG Reporters sans frontières depuis l’an dernier.
Bernard Guetta, voix familière des auditeurs de France Inter, avait décidé cet été d’arrêter sa chronique « Géopolitique », diffusée depuis 1991 sur la radio publique, pour se consacrer à des enquêtes internationales, lesquelles seront publiées par Flammarion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Ankara a demandé l’ouverture de « consultations » avec les Etats-Unis, ce qui constitue la première étape du processus de règlement des différends devant l’institution.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

La Turquie conteste à l’OMC les taxes américaines sur l’acier et l’aluminium

Ankara a demandé l’ouverture de « consultations » avec les Etats-Unis, ce qui constitue la première étape du processus de règlement des différends devant l’institution.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 18h38
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 18h54
   





                        



   


La Turquie a demandé formellement, lundi, l’ouverture de « consultations » avec les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à propos des droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.
Ankara juge ces mesures « incompatibles avec un certain nombre de dispositions de l’Accord de l’OMC sur les sauvegardes et de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994 », selon le document de demande publié lundi. « La Turquie attend avec intérêt de recevoir une réponse des Etats-Unis à la présente demande, en vue de déterminer une date mutuellement convenable pour la tenue de consultations. »

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De nombreux membres de l’OMC ont déjà saisi cette organisation pour contester les taxes américaines, notamment l’Union européenne, la Chine, la Russie, la Suisse, le Mexique et le Canada.
En vertu des règles de l’OMC, après une période de soixante jours sans consultations conduisant à un règlement du conflit, la Turquie pourra demander à l’OMC de constituer une instance d’arbitrage, déclenchant ainsi un long et coûteux processus, qui pourrait durer des années.
Réponse turque aux sanctions américaines
La semaine dernière, le gouvernement turc a déjà adopté des mesures de rétorsion à l’égard des Etats-Unis pour protester contre la hausse des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.
Une large gamme de produits américains a ainsi été visée, comme les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s’élèvent désormais à 120 %, certaines boissons alcoolisées (140 %), le tabac (60 %) ou encore le riz et certains produits cosmétiques.
La guerre commerciale a fait chuter la devise turque face au dollar : celle-ci a perdu près de 40 % de sa valeur depuis le début de l’année.
Les relations entre Ankara et Washington sont au plus bas, du fait notamment de la détention en Turquie pendant un an et demi du pasteur américain Andrew Brunson, désormais assigné à résidence.
Washington a refusé, lundi, une proposition turque de libération du pasteur en échange de l’abandon des procédures contre la banque Halkbank, selon le Wall Street Journal.
L’établissement bancaire turc est soupçonné par les Etats-Unis d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions américaines, et pourrait faire face à une importante amende.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ 4 200 soldats ont pénétré dans les complexes de favelas de la ville, lundi, lors d’une intervention militaire visant à lutter contre le trafic de drogue.
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Brésil : des opérations de la police et de l’armée font 14 morts à Rio

4 200 soldats ont pénétré dans les complexes de favelas de la ville, lundi, lors d’une intervention militaire visant à lutter contre le trafic de drogue.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 18h36
   





                        



   


Au moins 14 personnes ont été tuées, lundi, lors d’opérations de l’armée et de la police contre des trafiquants de drogue dans des favelas de Rio de Janeiro et en banlieue, ont annoncé l’armée et la presse.
Le commandement militaire chargé de la sécurité a fait état de la mort de huit personnes lors d’une intervention de ses forces dans un complexe de favelas, tandis que l’agence de presse officielle Agencia Brasil rapportait la mort de six membres de gangs présumés, à la suite d’une course-poursuite à Niteroi, ville située en face de Rio.
La course-poursuite, en pleine heure de pointe près d’un des plus grands ponts menant à Rio, a provoqué le chaos dans la circulation.
Un bus a, par ailleurs, été incendié à Alemao après une brève manifestation, a constaté un photographe de l’AFP.
4 200 soldats mobilisés
« Il pourrait y avoir plus de morts », a déclaré le commandement, en référence à l’opération menée à l’aube dans les favelas d’Alemao et de Penha.
Quelque 4 200 soldats, soutenus par des véhicules blindés et des avions, ont pénétré dans les complexes de favelas, des zones d’habitat très défavorisées contrôlées par des trafiquants de drogue lourdement armés.
Les soldats ont levé les barrages érigés par les gangs, et contrôlé les véhicules et résidents. En outre, ils « ont distribué des tracts demandant à la population de coopérer », a indiqué le commandement militaire dans son communiqué.
L’armée a été chargée de la sécurité à Rio de Janeiro il y a six mois en raison de la multiplication des violences et de l’inefficacité de la police à lutter contre les gangs de narcotrafiquants.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’opération pourrait donner naissance au numéro un mondial du secteur, mais doit encore obtenir l’aval des régulateurs américains.
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Gaz industriel : Bruxelles autorise la fusion entre l’allemand Linde et l’américain Praxair

L’opération pourrait donner naissance au numéro un mondial du secteur, mais doit encore obtenir l’aval des régulateurs américains.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 18h17
   





                        



   


La Commission européenne a autorisé lundi le projet de fusion à grande échelle entre le fabricant de gaz industriel allemand Linde et son concurrent américain Praxair, qui doit donner naissance au numéro un mondial du secteur, détrônant le français Air Liquide.
« L’autorisation est subordonnée à la cession d’un vaste ensemble d’activités », précise dans un communiqué l’exécutif européen, affirmant avoir notamment reçu l’assurance de la vente par Praxair d’un grand nombre de ses actifs en Europe.
Linde et Praxair, rappelle la Commission, sont deux des quatre plus grandes sociétés au monde dans l’approvisionnement en gaz industriels, gaz médicaux, gaz à usages spéciaux et en hélium.

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Avec cette décision, qui fait suite à un examen approfondi, « nous faisons en sorte que la fusion entre Praxair et Linde n’engendre pas une concentration accrue en Europe et que les clients continuent à bénéficier de la concurrence sur ces marchés », souligne la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, citée dans le communiqué.
Cette fusion, évaluée à 68 milliards d’euros, annoncée en décembre 2016 devra être bouclée d’ici au 24 octobre, selon le droit allemand.
Larges cessations d’actifs
Ce calendrier semblait désormais menacé, selon certains analystes de marché, après la mise en garde début août de Linde selon laquelle de nouvelles exigences des autorités américaines de la concurrence pourraient faire dérailler la mégafusion.
Les deux groupes peuvent renoncer à la fusion si les autorités de régulation exigent des cessions d’actifs équivalentes à plus de 3,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un seuil qui a désormais une probabilité élevée d’être dépassé, a affirmé le groupe allemand il y a deux semaines.

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A la mi-juillet, Linde avait déjà cédé une grande partie de ses actifs américains pour tenter de satisfaire les autorités de la concurrence.
Linde a ainsi vendu à l’allemand Messer et au luxembourgeois CVC un paquet d’actifs d’une valeur de 2,8 milliards d’euros, soit la majeure partie de ses activités aux Etats-Unis, au Brésil, en Colombie et au Canada.
Début juillet, Praxair avait annoncé de son côté la cession à son concurrent japonais Taiyo Nippon Sanso de ses activités européennes en vue du mariage avec Linde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Des habitants de Pacaraima, au Brésil, ont accusé un migrant vénézuélien d’avoir attaqué un commerçant. En représailles, ils ont saccagé des camps de migrants.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les premières manifestations, qui ont ouvert les vannes de la colère d’un pays révolté contre les abus de pouvoir, ont été réprimées par les milices gouvernementales.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La mesure, justifiée par des motifs économiques, est dénoncée par les défenseurs de la liberté d’expression.
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Compte rendu

La Zambie veut taxer les appels téléphoniques via WhatsApp, Skype et Viber

La mesure, justifiée par des motifs économiques, est dénoncée par les défenseurs de la liberté d’expression.


LE MONDE
              datetime="2018-08-20T17:38:45+02:00"

        Le 20.08.2018 à 17h38






    

Crédits : Dado Ruvic / REUTERS


La Zambie a décidé d’imposer une taxe sur les appels téléphoniques via Internet pour protéger les entreprises de télécommunications classiques, une mesure aussitôt dénoncée par les défenseurs de la liberté d’expression.
Les services de téléphonie en ligne tels que Skype, WhatsApp et Viber « menacent l’industrie des télécommunications et l’emploi dans des compagnies telles que Zamtel, Airtel et MTN », a justifié lundi la porte-parole du gouvernement, Dora Siliya. « Le gouvernement a donc décidé d’introduire une taxe quotidienne de 30 ngwee [un peu moins de 3 centimes d’euro] sur les appels téléphoniques via Internet », a-t-elle ajouté.

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Cette contribution sera collectée par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’accès à Internet, selon le projet dévoilé par les autorités. Cette annonce intervient après l’adoption en Ouganda d’une taxe très controversée sur l’utilisation des réseaux sociaux.
Déliquescence des « normes culturelles »
« C’est une attaque délibérée contre la liberté d’expression et d’association », a déploré le responsable de l’ONG Bloggers de Zambie, Richard Mulonga, « un nouvel exemple du plan ourdi par l’Etat pour restreindre la liberté sur le web ». « Ces gens continuent à restreindre nos libertés », a renchéri le militant des droits humains Brebner Changala.
Depuis sa réélection en 2016, le président Edgar Lungu est régulièrement accusé par ses adversaires politiques de dérive autoritaire. Il a essuyé de vives critiques l’an dernier en faisant emprisonner son principal rival, Hakainde Hichilema.

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En juillet, son ministre de la communication, Brian Mushimba, avait annoncé devant le Parlement son intention de réguler Internet et les réseaux sociaux, accusés de favoriser la déliquescence des « normes culturelles » de la société. Mais M. Mushimba a justifié lundi la taxe sur les appels téléphoniques par des raisons purement économiques. « Nous ne croyons pas à la répression des médias, nous croyons à la liberté d’expression. Cette décision n’est qu’économique, car nous perdons de l’argent. Si Skype et WhatsApp gagnent de l’argent, pourquoi pas nous ? », s’est interrogé le ministre auprès de l’AFP.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ D’un château l’autre (2/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L, janvier 2019). En 1909, T.E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les auteurs de ces attaques, ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, ont été « neutralisés », a annoncé lundi le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov.
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Tchétchénie : l’Etat islamique revendique une série d’attaques contre la police

Les auteurs de ces attaques, ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, ont été « neutralisés », a annoncé lundi le dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 17h49
   





                        



   


Une série d’attaques a visé, lundi 20 août, la police en Tchétchénie, dans le Caucase russe, faisant plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre, tandis que leurs auteurs ont été « neutralisés », a annoncé le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov.
Les attaques ont été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique quelques heures plus tard par l’intermédiaire de leur agence de propagande Aamaq, dans un communiqué en arabe relayé par le groupe spécialisé dans la surveillance des réseaux djihadistes SITE.
Tentatives avortées
Selon M. Kadyrov, deux policiers ont été blessés dans la ville de Chali (sud du pays), tandis que « des agents de la circulation ont subi des blessures » à Grozny, la capitale. « Toutes les tentatives ont été avortées, les bandits ont été neutralisés et l’un des malfaiteurs s’est fait exploser, mais a survécu, il a été conduit à l’hôpital », a expliqué l’homme fort de cette république russe du Caucase.
« Il n’y a aucun doute sur le fait que les cerveaux de ces jeunes gens ont été influencés sur les réseaux sociaux par divers [représentants de l’EI]. Mais le bilan de la journée montre qu’ils ne disposent d’aucun soutien, d’aucune base sociale dans notre République », a assuré le dirigeant tchétchène. Il a estimé que les assaillants avaient pour objectif de « jeter une ombre » sur la fête musulmane de l’Aïd Al-Adha.
Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion séparatiste s’est progressivement islamisée et s’est étendue au-delà des frontières de cette république russe pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord. A la fin juin 2015, la rébellion armée islamiste dans le Caucase russe a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, dont elle reste un vivier important de combattants djihadistes en Syrie et en Irak.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ A l’approche de l’Aïd el-Kébir, la capitale égyptienne a décidé de sévir contre une pratique jugée « barbare » et peu hygiénique.
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Compte rendu

Au Caire, sacrifier un mouton dans la rue est passible d’une amende

A l’approche de l’Aïd el-Kébir, la capitale égyptienne a décidé de sévir contre une pratique jugée « barbare » et peu hygiénique.


LE MONDE
              datetime="2018-08-20T15:27:42+02:00"

        Le 20.08.2018 à 15h27






    
Un vendeur de moutons au Caire, le 16 août 218.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Des flaques de sang séchées au soleil, des restes d’animaux en putréfaction dans les rues… Au nom de la propreté et de la santé publique, les autorités du Caire, en Egypte, ont décidé de sévir contre l’abattage en plein air à l’approche de l’Aïd el-Kébir, mardi 21 août. Cette fête est célébrée chaque année par les musulmans, qui sacrifient un animal, souvent un mouton, conformément à la tradition islamique.
Mais pour Khaled Mostafa, porte-parole du gouverneur du Caire, l’abattage d’animaux dans les rues est une pratique « barbare et inacceptable ». Cette année, les responsables de chaque quartier ont donc reçu des instructions pour appliquer « de façon stricte » la loi interdisant l’abattage de rue, indique-t-il. Les contrevenants encourent une amende de 5 000 livres égyptiennes (environ 244 euros), voire plus en fonction de la gravité des faits.

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L’enjeu est également financier. Selon M. Mostafa, le maintien de la propreté dans la capitale « coûte cher ». Les citoyens sont donc appelés à se rendre dans les abattoirs officiels contrôlés par l’Etat, en nombre suffisant au Caire, assure le porte-parole. Mais l’initiative des autorités ne s’est pas accompagnée d’une campagne de sensibilisation suffisante pour dissuader certains fidèles habitués à sacrifier leur animal en plein air.
Bouchers à domicile
Sur les marchés éphémères implantés dans la capitale égyptienne, les animaux hument la fumée des pots d’échappement et se nourrissent parfois des déchets qui tapissent les trottoirs de cette mégapole tentaculaire d’au moins 20 millions d’habitants, selon les chiffres officiels.
Dans le quartier populaire de Sayeda Zeinab, près du centre du Caire, plusieurs petits commerces exposent leurs moutons dans des ruelles non asphaltées et boueuses où circulent, en forçant le passage, les tricycles à moteur qui font office de taxis. Ici, les commerçants disent accueillir favorablement les mesures des autorités, à l’instar de Hussein Abou Al-Aziz : « C’est inacceptable d’abattre dans la rue, ça doit se faire dans un abattoir, avec un vétérinaire qui examine l’animal, et sous la supervision du ministère de la santé », s’exclame-t-il, entouré de vaches visiblement bien nourries et de moutons de diverses couleurs.

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Ahmed Ragab, un père de famille de 50 ans, s’apprête à acheter un mouton et confie qu’il comptait l’abattre dans la rue, en bas de chez lui. « Mais c’est vrai que c’est sale et dangereux », finit-il par concéder. De nombreux clients pratiquent directement le sacrifice à la maison, faisant appel à des bouchers à domicile.
« Grand péché »
L’Organisation des Nations unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a établi des conditions générales d’hygiène strictes pour les endroits où les animaux sont abattus. Elle conseille « un programme de nettoyage et d’assainissement bien planifié et contrôlé », dans un endroit « éloigné des zones résidentielles ».
Les autorités religieuses ont relayé les appels contre cette pratique. Dar Al-Ifta, l’institution gouvernementale chargée de rendre des édits religieux, a qualifié les sacrifices de rue de « grand péché et crime grave ». Susceptible d’entraîner des maladies et épidémies, le fait de laisser traîner les restes de l’animal est de surcroît considéré comme « impur » par le Coran, a-t-elle indiqué ce mois sur son site Internet.

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                Comment célèbre-t-on l’Aïd dans une famille dakaroise



En périphérie du Caire, un petit marché de moutons s’est établi en bordure d’une grande route où passent des véhicules en trombe, juste à côté d’un chantier d’installation de tuyaux d’évacuation et d’assainissement des eaux usées. Les commerçants, qui ne souhaitent pas répondre aux questions de l’AFP, assurent « tout faire » pour satisfaire leur clientèle, y compris l’abattage en pleine rue. Loin des considérations de santé publique, ils se plaignent, comme le reste de la population, de la cherté de la vie dans une Egypte en plein marasme économique, où les prix ont connu dernièrement des hausses spectaculaires.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’ancien président est soupçonné d’avoir accordé de juteux contrats publics et des avantages indus à une famille d’hommes d’affaires, les Gupta.
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Compte rendu

Une commission sud-africaine examine les accusations de corruption contre Jacob Zuma

L’ancien président est soupçonné d’avoir accordé de juteux contrats publics et des avantages indus à une famille d’hommes d’affaires, les Gupta.


LE MONDE
              datetime="2018-08-20T14:46:59+02:00"

        Le 20.08.2018 à 14h46

     •
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          datetime="2018-08-20T15:05:42+02:00"

        Mis à jour le 20.08.2018 à 15h05






    
Le juge Raymond Zondo, lundi 20 août à Johannesburg, lors de la séance d’ouverture de la commission spéciale enquêtant sur les accusations de corruption contre l’ancien président Jacob Zuma.
Crédits : SIPHIWE SIBEKO / REUTERS


Une commission judiciaire d’enquête a commencé, lundi 20 août à Johannesburg, à se pencher sur les multiples accusations de corruption au sommet de l’Etat sud-africain qui ont abouti à la démission prématurée de l’ex-président Jacob Zuma, en février. Les conclusions de cette commission spéciale conduite par le vice-président de la Cour constitutionnelle, Raymond Zondo, pourront être transmises au parquet à fin de poursuites.
« Nos investigations vont porter sur les éventuelles influences exercées par certains sur le gouvernement ou des entreprises publiques pour en retirer un bénéfice personnel », a résumé l’un des membres de la commission, l’avocat Paul Pretorius. Elle déterminera également « si le président [Zuma] a violé la Constitution », a ajouté M. Pretorius.

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Jacob Zuma est soupçonné d’avoir accordé, pendant la deuxième moitié de sa présidence (2009-2018), de juteux contrats publics et des avantages indus à une sulfureuse famille d’hommes d’affaires, les Gupta, dont il est proche. L’un des fils de M. Zuma, Duduzane, a ainsi été inculpé, en juillet, pour avoir participé en octobre 2015 à une rencontre au cours de laquelle un des frères Gupta, Ajay, a proposé le poste de ministre des finances à Mcebisi Jonas, alors vice-ministre.
Six milliards d’euros détournés
L’ancien ministre des finances Pravin Gordhan, actuellement chargé du portefeuille des entreprises publiques, a estimé à 100 milliards de rands (6 milliards d’euros) le montant des fonds publics détournés ces dernières années dans son pays. Il fait partie des nombreux témoins qui doivent défiler à partir de mardi devant la commission. L’hebdomadaire sud-africain Sunday Times a affirmé dimanche que l’ancien président a été lui aussi invité à témoigner, mais le porte-parole de la commission s’est refusé lundi à le confirmer.
M. Zuma et les Gupta démentent catégoriquement les accusations portées contre eux. Noyé sous une avalanche de scandales politico-financiers, Jacob Zuma a été contraint à la démission en février par son son parti, le Congrès national africain (ANC), plus d’un an avant la fin de son second mandat. Sur décision de la justice sud-africaine, il a lui-même été contraint de nommer la commission d’enquête quelques semaines avant de se retirer.

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Son successeur à la tête de l’ANC et du pays, Cyril Ramaphosa, a fait de la lutte contre la corruption sa priorité. Dans sa déclaration liminaire, le juge Zondo a promis lundi que sa commission n’épargnerait personne. Mais il a regretté un « manque de coopération » des autorités. Jacob Zuma est par ailleurs jugé devant un tribunal de Pietermaritzburg (nord-est) pour avoir touché des pots-de-vin en marge d’un contrat d’armement attribué en 1999.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le rapport d’un grand jury de Pennsylvanie a mis en évidence un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.
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Pédophilie : le pape condamne « avec force les atrocités » commises par 300 prêtres américains

Le rapport d’un grand jury de Pennsylvanie a mis en évidence un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 18h45
   





                        



   


Le pape François a condamné « avec force », lundi 20 août, « les atrocités » commises au cours des dernières décennies par au moins 300 prêtres pédophiles en Pennsylvanie, dans le nord-est des Etats-Unis.
« Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé […] nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités », affirme le pape dans cette lettre diffusée par le Vatican et adressée au « peuple de Dieu ».
Le pape François regrette lundi que « ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparer du dommage causé ne sera jamais suffisant » mais assure que « rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées ». Il appelle ainsi toute la communauté catholique à se mobiliser pour « dénoncer tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne ».
Il est essentiel, ajoute-t-il, que toute la communauté des fidèles, et pas seulement le clergé, se mobilise. « Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation », écrit-il ainsi dans cette lettre en forme de mea culpa, et publiée en sept langues.
« Nous n’avons pas su être là où nous le devions, (…) nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies », écrit encore Jorge Bergoglio, « avec honte et repentir ».

        L’analyse de notre correspondant :
         

          la justice de Pennsylvanie accable l’Eglise catholique, qui a « tout caché »



Scandale en Pennsylvanie
Les déclarations du pape sont consécutives à la publication mardi 14 août par un grand jury de Pennsylvanie d’un rapport mettant en évidence un phénomène loin d’être marginal, et dénonçant un système qui a permis aux sévices de perdurer pendant des décennies.
Au cours de deux années de travail, des dizaines de victimes ont été interrogées, 500 000 pages de documents internes des diocèses concernés ont été examinées, permettant au grand jury de conclure que plus de mille mineurs, parfois âgés de moins de 10 ans, ont été victimes d’au moins 300 prêtres. Mais si deux prêtres ont été poursuivis, « quasiment tous les cas » suspectés seraient cependant aujourd’hui frappés par la prescription, certains remontant aux années 1940.
Jeudi déjà, le Vatican déclarait, dans un communiqué officiel, éprouver « honte et colère ». « Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté », avait alors déclaré le Saint-Siège.
Un phénomène loin d’être marginal
Ce n’est pas la première fois que le pape François, élu en 2013, réagit face au fléau de la pédophilie qui n’en finit pas d’ébranler l’Eglise catholique.
Fin juillet, il avait ainsi accepté la démission du cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington, accusé d’abus sexuels sur un adolescent. Plusieurs autres hauts prélats ont été contraints de démissionner pour avoir fermé les yeux, dont les cardinaux Roger Mahony (Los Angeles) et Bernard Law (Boston), décédé fin 2017.
Les agissements de l’archevêque Law ont été au cœur d’une vaste enquête du Boston Globe, qui a reçu le prix Pulitzer avant de faire l’objet d’un film, Spotlight, couronné par les Oscars du meilleur film et du meilleur scénario en 2016.

        Comprendre comment
         

          des sommes faramineuses ont été déboursées par les diocèses aux Etats-unis pour tenter d’étouffer ces affaires.L’Eglise américaine et « la profonde honte » de la pédophilie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, rend hommage à son ami et mentor.
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Point de vue

« Kofi Annan a contribué à placer l’Afrique au centre de la scène mondiale »

Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, rend hommage à son ami et mentor.

Par                Carlos Lopes



LE MONDE
              datetime="2018-08-20T14:38:59+02:00"

        Le 20.08.2018 à 14h38






    
L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan à Nairobi, au Kenya, en janvier 2008.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Tribune. Les hommages déferlent pour un homme qui a marqué tant d’esprits. C’est bien mérité. Néanmoins, par souci d’équilibre, certains journalistes et analystes évoquent des épisodes moins glorieux pour Kofi Annan.
On peut citer l’incapacité des Nations unies à éviter le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Un déroutant mandat de maintien de la paix de l’ONU avait alors déboussolé la structure de commandement. Il est injuste d’en attribuer à Kofi Annan la responsabilité. Non seulement il avait fait ce que son travail de l’époque exigeait – secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix –, mais en plus il s’était engagé à réviser complètement l’approche du maintien de la paix une fois élu au poste de secrétaire général, en 1997. Il avait aussi pris l’initiative, inédite, de publier le rapport spécial sur la question rwandaise qu’il avait lui-même commandé.

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Il est encore plus absurde de dire que le programme « Pétrole contre nourriture », en Irak, a entaché sa réputation, alors que toute la corruption liée à ce système défini par les membres du Conseil de sécurité a empêché sa mise en œuvre. Etablir le lien avec son fils, Kojo, sur des affaires douteuses conclues dans le cadre de ce programme, mais dont Kofi Annan ignorait tout, est encore plus déplacé. D’ailleurs, une commission d’enquête a innocenté le secrétaire général des Nations unies.
Voix douce, fermeté d’acier
Si je ressens si fortement ces commentaires et comptes-rendus erronés, ce n’est pas parce que, comme je l’admets, Kofi Annan était mon ami et que je le considérais comme un mentor. C’est parce que j’ai été en première ligne avec lui tellement de fois que je peux témoigner, plus que beaucoup d’autres, de son intégrité et de sons sens de l’équité irréprochables. Il était un gentleman diplomate, avec des principes solides.
En tant que jeune professionnel rejoignant l’ONU à la fin des années 1980, j’ai découvert ce frère aîné qui était alors sous-secrétaire général des Nations unies pour les ressources humaines. Un homme droit, critiqué par certains parce qu’il n’accordait pas de « faveurs ». J’ai tout de suite aimé la franchise de ses réponses et les conseils constants qu’il donnait. J’étais fasciné, comme beaucoup d’autres. Il était sans doute la référence dans mon milieu.

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Quand j’ai représenté l’ONU au Zimbabwe, pendant la difficile transition des années 1990, j’ai découvert la perspicacité politique de ce secrétaire général africain. Son écoute, ses manières et sa voix douces, tout en exprimant une fermeté d’acier. C’est cette expérience qui a façonné notre relation. Plus tard, je deviendrai son directeur politique, puis, après qu’il eût quitté l’ONU, je l’aiderai à créer sa fondation visant à promouvoir la bonne gouvernance, dont j’ai rejoint le conseil d’administration.
Avec Kofi Annan, j’ai rencontré environ 80 chefs d’Etat et de gouvernement. J’étais parfois la seule autre personne présente à ses côtés. J’ai toujours été fasciné par la manière dont il repoussait les limites. Il « travaillait les téléphones » – une expression qu’il aimait utiliser – pour être en avance sur les briefings que la machine onusienne produisait. Les informations qu’il obtenait de ses propres sources lui permettaient d’interpréter tout élément supplémentaire. Ce style était unique. Cela faisait souvent la différence pour améliorer les processus de décision.
« Rock star » de la diplomatie
Lorsque Kofi Annan affirmait que tel accord ne fonctionnerait pas, que telle négociation n’était pas adéquate ou que telle position n’était pas définitive, j’avais l’habitude de l’interroger sur les raisons de sa certitude. Sa réponse ne variait pas : « Je le dis parce que dans quelque temps, ils seront là où je suis actuellement. » Il le disait sans montrer une confiance en lui excessive. C’était une certitude ancrée dans sa connaissance des processus politiques. Inutile de le dire, cette capacité à anticiper était un atout que toute grande puissance respectait.
Son humilité était authentique. Je me suis imaginé qu’un tel comportement provenait naturellement de ses racines royales ghanéennes. Mais il était différent des « hommes forts » d’Afrique. Lui et eux le savaient. Ses relations avec les dirigeants africains n’étaient pas faciles. De nombreux épisodes attestent de leur irritation face à ce qu’ils percevaient comme l’attitude condescendante de Kofi Annan à leur égard. Mais à la moindre occasion, ils se précipitaient pour lui serrer la main.

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Tout le monde peut attester que cette « rock star » de la diplomatie a rehaussé le nom de l’Afrique. Il a contribué à placer ce continent au centre de la scène mondiale en mettant en place des mécanismes qui ont permis aux institutions africaines de jouer un rôle majeur. Il a permis que leurs voix soient davantage entendues.
Travailler avec Kofi Annan était un énorme privilège, être son ami une responsabilité. Privilège d’apprendre de sa vaste expérience, de ses engagements forts en faveur de l’universalité des droits humains, vis-à-vis des victimes du sida ou contre les souffrances humanitaires, quelles qu’elles fussent. C’était aussi une responsabilité d’être l’ami d’un tel homme de principes. Cela impliquait d’imiter autant que possible son comportement. Etre un ami sincère de Kofi, c’était avoir une colonne vertébrale, s’engager fortement pour une noble cause. Ma cause était l’Afrique. Et cela faisait toujours sourire Kofi.
Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, est professeur à la Mandela School of Public Governance de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, et professeur invité de Sciences Po à Paris.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Après un regain de violences, le président Ashraf Ghani a proposé une trêve jusqu’au 21 novembre, mais les talibans n’ont pas donné de réponse.
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En Afghanistan, le pouvoir propose un cessez-le-feu aux talibans pour l’Aïd-el-Kébir

Après un regain de violences, le président Ashraf Ghani a proposé une trêve jusqu’au 21 novembre, mais les talibans n’ont pas donné de réponse.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 15h23
   





                        


Le président afghan, Ashraf Ghani, a décrété, dimanche 19 août, un cessez-le-feu pour l’Aïd-el-Kébir, la fête musulmane du sacrifice, après des journées d’intenses combats dans le centre du pays, et dans la province de Faryab, dans le Nord. Il s’exprimait lors d’une cérémonie de commémoration de l’indépendance :
« J’annonce à nouveau un cessez-le-feu à partir de demain [lundi] jusqu’à l’anniversaire du prophète [le 21 novembre] à condition que les talibans fassent de même. »
Les talibans n’ont pas communiqué de réponse officielle à la proposition du chef de l’Etat afghan. Quelques heures après son intervention, les insurgés ont fait savoir qu’ils libéreraient lundi des « centaines » de « prisonniers ennemis » « pour qu’ils puissent passer l’Aïd avec leurs familles et amis ». Il était toutefois difficile de savoir à quels détenus référaient les talibans qui n’ont, depuis lors, pas communiqué sur le cessez-le-feu.

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Regain de violence
Dans des communiqués séparés, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ont salué l’initiative du président Ghani. L’annonce du cessez-le-feu a aussi été immédiatement soutenue par le Pakistan, pays voisin accusé par les autorités afghanes d’aider les insurgés, notamment en leur fournissant des refuges de son côté de la frontière.
Il n’est toutefois pas précisé si les forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan marqueront également ce cessez-le-feu. Le président Ghani n’a pas non plus évoqué l’organisation Etat islamique (EI), dont les attaques sont particulièrement meurtrières pour les civils.
La proposition de cessez-le-feu intervient après dix derniers jours extrêmement violents. Le 9 août, les talibans ont lancé un assaut contre Ghazni, ville stratégique située à deux heures de route de Kaboul. L’armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a peiné plusieurs jours à les repousser. Le ministre de la défense afghan a communiqué un bilan d’au moins 100 membres des forces de sécurité tués dans la bataille, ainsi que de 20 à 30 civils. Selon le représentant spécial de l’ONU, les estimations s’élèveraient plutôt de « 110 à 150 victimes » civiles à Ghazni.
Les talibans ont également conquis une base de l’armée afghane dans le Nord-Ouest tandis qu’un attentat de l’organisation Etat islamique (EI) dans une école de Kaboul a tué au moins 37 personnes, pour la plupart des adolescents.

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Un cessez-le-feu observé en juin
Selon un représentant du ministère de l’intérieur, des combats ont éclaté samedi dans la province de Faryab, où les talibans se sont emparés d’une partie du district de Bulcheragh. Une cinquantaine de membres des forces gouvernementales y ont été portés disparus.
Environ 140 personnes ont été brièvement kidnappées lundi matin dans la province de Kunduz (Nord), avant d’être remises en liberté, a déclaré le porte-parole du ministère de l’intérieur, Najib Danish, incapable de dire qui était derrière ces événements.
Depuis le retrait de la plupart des forces étrangères de combat, en 2014, les talibans ont repris du terrain aux forces de sécurité afghanes, qui ne contrôlent, désormais, que moins de 60 % du pays. D’après les Nations unies, plus de 1 600 civils ont péri au cours de six premiers mois de l’année 2018 dans des explosions, des attentats-suicides ou des combats, soit le chiffre le plus élevé de ces dix dernières années.
Ashraf Ghani avait déjà proclamé une trêve unilatérale de deux semaines en juin, à la fin du ramadan. Les talibans avaient alors cessé le combat pendant trois jours. Ce cessez-le-feu, qui constituait une première, avait suscité des espoirs de possibles pourparlers de paix, après dix-sept ans de conflit. Mais de nouvelles attaques s’étaient produites les semaines suivantes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Des agents ont été attaqués, lundi, par un homme de 29 ans, armé d’un couteau, à Cornellà de Llobregat. La police estime qu’il s’agit d’un acte terroriste.
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Barcelone : un homme abattu après avoir attaqué des policiers avec un couteau « de taille considérable »

Des agents ont été attaqués, lundi, par un homme de 29 ans, armé d’un couteau, à Cornellà de Llobregat. La police estime qu’il s’agit d’un acte terroriste.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 13h32
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 16h16
   





                        


Un homme de 29 ans, armé d’un couteau, a été tué lundi 20 août alors qu’il attaquait les agents d’un commissariat de Cornellà de Llobregat, ville proche de Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne, a annoncé la police, qui a évoqué une attaque terroriste.
Les faits se sont déroulés peu avant 6 heures du matin, a précisé sur Twitter la police catalane, les Mossos d’Esquadra : « Un homme armé d’une arme blanche est entré ce matin dans le commissariat de Cornellà pour attaquer les agents, l’agresseur a été abattu. » 
Deux policiers étaient présents, et c’est une agente qui a fait usage de son arme face à l’individu, qui s’est précipité sur elle armé d’un couteau « de taille considérable », en criant « Allah » et un ou d’autre mots qui n’étaient pas compréhensibles pour « sauver sa propre vie »,  a détaillé le commissaire Rafel Comes. Le chef de la police régionale de Catalogne s’est exprimé lors d’une conférence de presse à la mi-journée :
« C’est un attentat, une agression contre un policier, l’homme criait “Allah”  (...) Ce sont au moins des indices pour que l’enquête soit menée comme pour un acte terroriste. »
Un an après les attentats de Barcelone et Cambrils
Le commissaire n’a pas voulu confirmer que l’agresseur était algérien, comme l’ont déjà indiqué des sources policières, car les enquêteurs voulaient confirmer que les papiers d’identité algériens qu’il portait sur lui étaient bien les siens.
Des agents se sont rendus au domicile de l’agresseur présumé, dans la commune de Cornellà. Après l’attaque, la police a annoncé un renfort des mesures de sécurité.
L’attaque s’est produite quelques jours à peine après le premier anniversaire des attentats djihadistes, qui ont fait seize morts les 17 et 18 août l’an dernier en Catalogne. Un djihadiste au volant d’une camionnette avait foncé dans la foule dans la zone piétonnière des Ramblas, avenue touristique du cœur de Barcelone. Quelques heures après, cinq de ses complices avaient visé les vacanciers avec leur véhicule à Cambrils, une station balnéaire au sud de Barcelone, puis les avaient attaqués au couteau avant d’être abattus par la police.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La haute juridiction a rejeté tous les recours soumis par l’opposition, qui dénonce une « mascarade ».
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Compte rendu

Présidentielle au Mali : la Cour constitutionnelle valide la victoire d’« IBK »

La haute juridiction a rejeté tous les recours soumis par l’opposition, qui dénonce une « mascarade ».


LE MONDE
              datetime="2018-08-20T13:24:20+02:00"

        Le 20.08.2018 à 13h24

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        Mis à jour le 20.08.2018 à 13h50






    
Des partisans d’Ibrahim Boubacar Keïta célèbrent sa victoire à l’élection présidentielle malienne, à Bamako, le 16 août 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Le président malien sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), a été officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, lundi 20 août, par la Cour constitutionnelle du Mali, dont la décision est sans appel. Il entamera son second mandat de cinq ans le 4 septembre.

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« Je proclame élu » Ibrahim Boubacar Keïta, a déclaré la présidente de la cour, Manassa Danioko, à l’issue d’une audience publique d’un peu plus d’une heure au cours de laquelle la plus haute juridiction du pays a rejeté toutes les requêtes introduites par le candidat de l’opposition, Soumaïla Cissé. Selon la cour, M. Keïta, 73 ans, a obtenu 67,16 % des suffrages lors du second tour de l’élection, le 12 août, contre 32,84 % à l’opposant Soumaïla Cissé, un ancien ministre des finances de 68 ans.
Mais M. Cissé, qui à la présidentielle de 2013 avait très rapidement reconnu sa défaite, a cette fois rejeté « catégoriquement » ce résultat, le qualifiant de « mascarade », « fruit pourri d’une fraude honteuse ». Selon ses propres calculs, il a « remporté cette élection avec 51,75 % des suffrages ». La cour a jugé irrecevables ou infondés par manque de preuve les recours introduits par le chef de file de l’opposition, qui a appelé ses partisans à « résister » au cours d’une manifestation ayant rassemblé samedi à Bamako un bon millier de personnes.

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Pour son second mandat, qui débutera le 4 septembre, IBK aura pour priorité la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg. L’accord avait été signé après l’intervention de l’armée française, qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les djihadistes avaient instauré la charia pendant un an. Sa mise en œuvre accumule les contretemps et n’a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du pays et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La mousson en Inde a fait au moins 400 victimes et plus de 720 000 personnes sont actuellement hébergées dans des camps de déplacés en raison des crues.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les Etats-Unis ont rétabli des sanctions contre Téhéran et menacé les groupes qui continueraient de commercer avec le pays.
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Total cesse toute activité en Iran

Les Etats-Unis ont rétabli des sanctions contre Téhéran et menacé les groupes qui continueraient de commercer avec le pays.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 15h08
   





                        



Le ministre iranien du pétrole, Bijan Zanganeh, a déclaré lundi 20 août que le groupe français Total avait officiellement quitté l’Iran à la suite des menaces de Washington visant les entreprises qui continueraient de commercer avec Téhéran.
« Total a officiellement mis fin à l’accord pour le développement de la phase 11 du [gisement gazier] South Pars. Cela fait plus de deux mois qu’il avait annoncé qu’il mettrait fin au contrat », a déclaré M. Zanghaneh à l’agence gouvernementale Icana.
Le contrat, signé en 2017, attribuait à Total une part de 50,1 % dans ce qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d’un milliard de dollars. Joint par l’agence de presse Reuters, Total n’a pas répondu à une demande de commentaire.

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Rétablissement des sanctions américaines
Après s’être retirés de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, les Etats-Unis ont rétabli, le 6 août, une première série de sanctions contre Téhéran et lancé un avertissement aux pays qui persisteraient à entretenir des relations commerciales avec les Iraniens.
Les Américains ont donné aux entreprises une période de 90 à 180 jours pour se retirer du pays. La première vague de sanctions touche les transactions financières, les importations de matières premières, l’automobile et l’aviation, mais des mesures concernant les secteurs pétrolier et gazier sont prévues en novembre.
Les pays européens, parties prenantes de l’accord de 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, s’étaient montrés déterminés à sauver le texte. Mais par peur des pénalités américaines, un grand nombre de groupes, dont le constructeur allemand Daimler, ont déjà annoncé leur retrait du pays.

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Décryptage

Au Tchad, une austérité à durée indéterminée

Malgré le retour de la croissance économique, le président a annoncé le maintien des mesures de restriction budgétaire, à l’origine d’une grogne sociale sans précédent.

Par                Aurélie Bazzara (contributrice Le Monde Afrique, N'Djamena)



LE MONDE
              datetime="2018-08-20T11:36:06+02:00"

        Le 20.08.2018 à 11h36






    
Sur un marché à N’Djamena, au Tchad, en août 2017.
Crédits : XAUME OLLEROS / AFP


Installé sous un arbre, à l’abri des rayons brûlants du soleil si familiers à N’Djamena, Mahamat Issa Moussa compte une liasse de billets. « C’est mon salaire du mois », lâche ce professeur tchadien de 42 ans, l’air affligé. Aujourd’hui, il perçoit un revenu mensuel de 75 000 francs CFA (115 euros), contre 240 000 francs CFA il y a six mois.
Depuis janvier, les primes et indemnités des fonctionnaires sont divisées par deux. C’est l’une des seize mesures d’austérité imposées par le gouvernement pour lutter contre la crise économique dans laquelle le pays est englué depuis la brusque chute des prix du cours du pétrole en 2014. Objectif : économiser 300 millions d’euros par an.

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« Je ne vais pas réussir à joindre les deux bouts. Entre mon loyer, mon prêt à la banque et l’alimentation, je dois me défendre », bougonne Mahamat Issa Moussa avant de fourrer son maigre pactole dans la poche de son boubou. L’espoir de retrouver son salaire intégral a effleuré l’esprit de ce père de famille, un après-midi de juin, lorsqu’un flash d’information diffusé à la radio publique lui a « gratté l’oreille », se souvient-il.
Il y apprenait que la Banque mondiale projetait, dans son rapport annuel sur les perspectives économiques mondiales, un taux de croissance de 2,6 % en 2018. Une embellie volontiers confirmée par le ministère des finances et du budget, qui prévoit pour sa part une croissance de « 5,2 % en 2018, contre – 4,6 % en 2017 ». Hélas pour Mahamat Issa Moussa, malgré ces prévisions qui étonnent plus d’un économiste à N’Djamena, le gouvernement a décidé de maintenir le cap de l’austérité.
« On a crevé le plafond »
Lundi 6 août, le président Idriss Déby Itno a douché les espérances des 92 000 fonctionnaires. « Depuis 2003, lors de la mise sur le marché de notre premier bateau pétrolier, les fonctionnaires ont forcé le gouvernement à augmenter les salaires chaque année. […] On a crevé le plafond », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse. La dette publique atteint 48 % du PIB. Les autorités ont donc réduit drastiquement le budget de l’Etat, passant de 2,5 milliards d’euros en 2011 à 1,4 milliard d’euros en 2017.
Le Tchad a dû renégocier sa dette colossale contractée auprès de Glencore, société anglo-suisse de négoce de matières premières. La maturité de la dette, d’un montant de 1,1 milliard d’euros, passe de dix à douze ans, tandis que le taux d’intérêt est ramené de 7,5 % à 2 %. Une bouffée d’oxygène qui a permis à N’Djamena de bénéficier, en juillet, d’un décaissement de près de 43 millions d’euros dans le cadre d’un prêt de 275 millions d’euros accordé en 2017 par le Fonds monétaire international (FMI). D’autres efforts budgétaires seraient nécessaires pour débloquer la somme restante. 

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« Que les partenaires sociaux comprennent : on va revenir en arrière », a prévenu Idriss Déby Itno, alors que la baisse des salaires est à l’origine d’une grogne sociale sans précédent. Une grève illimitée paralyse le secteur public depuis plus de six mois. Elle touche à la fois les écoles, l’administration et les hôpitaux.
« Le ras-le-bol est là »
« Nous ne pouvons pas accepter la coupe de nos salaires. Nous n’avons pas à payer le prix de la mauvaise gouvernance », s’insurge Michel Barka, président de l’Union des syndicats du Tchad, dans son bureau exigu à la Bourse du travail, à N’Djamena. « Le ras-le-bol est là, les travailleurs sont poussés à l’extrême. Ils veulent même stopper le service minimum dans les hôpitaux », tempête le militant, frappant du poing sur sa pile de dossiers.
Michel Barka salue tout de même « de bonnes solutions adoptées par le gouvernement », notamment l’audit des diplômes et le recensement des fonctionnaires qui ont permis, selon lui, d’écarter 9 000 travailleurs fictifs depuis 2012. Mais il dénonce le non-respect de l’accord du 14 mars signé entre les syndicats et le gouvernement. « Les salaires de juin auraient dû être versés intégralement, il n’en a rien été », déplore-t-il. Depuis, les négociations sont au point mort.

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« Le cabinet qui a négocié cet accord, composé à l’époque par le secrétaire général de la présidence, Jean-Bernard Padaré, et le directeur de cabinet de la présidence, Issa Ali Taher, a sauté, regrette un ministre proche du dossier. Le deal était de verser les salaires proportionnellement aux augmentations de croissance. Mais le gouvernement a totalement changé de cap. Plus qu’un problème économique, c’est devenu un problème de dialogue. Chacun protège son poste, personne n’ose dire que la ligne adoptée est mauvaise. Résultat : personne ne sait où cette situation va mener le pays. »
« Une goutte d’eau »
Quel bilan peut-on tirer des seize mesures d’austérité ? Dans son rapport titré « Budget en chute, répression en hausse, le coût humain des mesures d’austérité », présenté à N’Djamena en juillet, Amnesty International déplore « l’instauration de mesures rétrogrades non conformes aux critères en matière de droits humains ».
« Selon le droit international, un Etat peut prendre des mesures d’austérité, mais il doit veiller à ne pas violer certaines obligations comme l’accès aux soins et à l’éducation. Or sur le terrain tchadien, ce n’est pas le cas. Les populations qui ont un faible revenu à cause de la crise économique se retrouvent à payer cher pour des soins, voire à ne plus pouvoir se soigner », explique Balkissa Ide Siddo, chercheuse pour Amnesty.

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D’autres mettent en cause l’efficacité de ces coupes salariales. « C’est une goutte d’eau dans l’économie endettée du Tchad. En diminuant le pouvoir d’achat d’une partie de la population, c’est tout un pays qui tourne au ralenti, analyse un économiste tchadien, conseiller auprès de l’Union européenne. Il n’y a pas de fonds de stabilisation permettant d’asseoir des ressources fixes en cas de fluctuation des prix du brut. Croissance ou non, faute de diversification de l’économie, le gouvernement devra diminuer les salaires pour retrouver l’équilibre par rapport à la base de ses ressources réelles hors pétrole. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Avec la disparition de l’ancien secrétaire général de l’ONU s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies.
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Kofi Annan, un homme de paix

Editorial. Avec la disparition de l’ancien secrétaire général de l’ONU s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Depuis l’annonce de son décès, le 18 août, une pluie d’hommages a salué la mémoire de Kofi Annan. Angela Merkel, Vladimir Poutine, Theresa May, Emmanuel Macron, les anciens présidents américains Bill Clinton et Barack Obama, et bien d’autres responsables, notamment africains, ont rappelé les convictions, le courage et la sagesse de ce croisé de la paix que fut l’ancien secrétaire général de l’ONU – entre 1997 et 2006.
Chacun fera le tri entre les éloges, ceux qui expriment une sincère admiration et ceux qui relèvent davantage des convenances, voire des larmes de crocodile diplomatiques. Mais tous témoignent, sans aucun doute, qu’avec la disparition du Prix Nobel de la paix 2001 s’efface un peu plus un ordre du monde fondé sur les valeurs qui avaient présidé à la création des Nations unies au lendemain de la seconde guerre mondiale.

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Certes, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et l’ambition de régler les conflits internationaux par le droit et la diplomatie internationale ont trop souvent fait figure de vœux pieux. Kofi Annan lui-même en fit l’amère expérience à maintes reprises. Ainsi lorsque, alors chargé des opérations de maintien de la paix de l’ONU, il assista, ­impuissant, au génocide rwandais en 1994 ou au massacre de Srebrenica, dans l’ex-Yougoslavie, en 1995.
Défénseur des valeurs humanistes
De même, en dépit de ses efforts inlassables, il ne put dissuader les Etats-Unis de George W. Bush de déclencher en 2003 une guerre qu’il n’hésita pas à qualifier d’« illégale » contre l’Irak de Saddam Hussein – intervention dont les conséquences restent aujourd’hui encore désastreuses. En 2012 enfin, il avait accepté, à la demande de son successeur, Ban Ki-moon, une mission de la dernière chance pour tenter de circonscrire la guerre civile qui débutait en Syrie ; six mois plus tard, il se résignait à jeter l’éponge, tristement conscient de l’impuissance de la diplomatie face au déchaînement de la violence dans cette région du monde et à l’inaction, pusillanime ou intéressée, des grandes puissances.

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Il n’empêche, ce sont ces valeurs humanistes – les droits de l’homme comme fondement de la légitimité internationale – que Kofi Annan n’a cessé de défendre, sans irénisme mais avec abnégation, tout au long d’une vie de diplomate entièrement dévouée à l’ONU. Ce sont ces mêmes valeurs qu’il ­promouvait, en 2005, en faisant adopter par l’Assemblée générale de l’ONU le principe, inspiré du droit d’ingérence, de la « responsabilité de protéger » les populations civiles, y compris contre la souveraineté d’un Etat.

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Epoque révolue, dira-t-on, où le Conseil de sécurité (sans l’appui duquel le secrétaire général est réduit au ministère de la parole) s’efforçait encore d’agir, où la Russie n’avait pas encore imposé sa stratégie de puissance, où la Chine n’était qu’un géant en devenir, où les Etats-Unis enfin n’avaient pas totalement renoncé à régler de façon multilatérale les défis et les conflits de la planète.
C’est exact. Les dérèglements du monde, les égoïsmes stratégiques des grandes puissances, les protectionnismes économiques ou climatiques, le mépris désormais ouvertement assumé, à Washington ou à Moscou notamment, des règles du droit et de la force des traités ont balayé l’espoir de régulations collectives. « La loi du plus fort, et non plus la force de la loi », selon la formule de Kofi Annan, s’impose chaque jour davantage.
Cela ne rend que plus indispensable la ­poursuite du combat pour la paix du gentleman Annan.
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            data-slide-description="Kofi Annan a été élu Secrétaire général des Nations Unies en décembre 1996. Il succède à Boutros Boutros-Ghali."
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            data-slide-description="L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, à l'Assemblée générale de l'ONU, en 1997."
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            data-slide-description="Kofi Anna, le secrétaire général de L'ONU rencontre le président irakien Saddam Hussein, à Bagdad, le 22 février 1998."
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            data-slide-description="Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, lors d'une visite dans un hôpital au Niger, le 23 août 2005."
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            data-slide-description="Au centre de MSF à Dogo, un enfant nigérian famélique."
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            data-slide-description="Kofi Annan, le secrétaire générale des Nations Unies a été récompensé du prix Nobel de la paix le 10 décembre 2001."
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            data-slide-description="Un soldat américain, le 10 décembre 2004, en Irak."
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            data-slide-description="L'enquête de l'ONU, menée par Paul Volcker, a établi que 2 200 compagnies de 66 pays avaient versé un total de 1,8 milliard de dollars de pots-de-vin dans le cadre du programme irakien "Pétrole contre nourriture"."
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            data-slide-description=""Nous devons tous faire notre maximum pour soutenir le peuple libanais et le gouvernement, et les encourager à rester unis", a déclaré Kofi Annan, à Genève."
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            data-slide-description="Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le 21 novembre 2006."
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Kofi Annan a été élu Secrétaire général des Nations Unies en décembre 1996. Il succède à Boutros Boutros-Ghali.

AFP/JON LEVY
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