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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La 41e édition de la manifestation bretonne célèbre, jusqu’au 25 août, les « Peuples des Congo(s) ».
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A Douarnenez, un festival de cinéma saute-frontière

La 41e édition de la manifestation bretonne célèbre, jusqu’au 25 août, les « Peuples des Congo(s) ».



Le Monde
 |    17.08.2018 à 17h32
    |

            Jean-Jacques Larrochelle (Douarnenez (Finistère)








                        



                                


                            

Pour sa 41e édition, fidèle à une tradition d’accueil des minorités, pour lesquelles la culture en ­général et le cinéma en particulier expriment des formes de résistance et de lutte, le Festival de ­cinéma de Douarnenez (Finistère) célèbre, jusqu’au 25 août, les « Peuples des Congo(s) ». Un pluriel lié à une partition toujours à l’œuvre, issue des colonisations menées par la France et la Belgique pendant près d’un siècle. D’un côté la République du Congo (Congo-Brazzaville) ; de l’autre la République démocratique du Congo (RDC ou Congo-Kinshasa), un territoire dont la superficie équivaut à quatre fois celle de l’Hexagone.
En dépit des indépendances ­acquises à l’aube des années 1960, cette partie de l’Afrique centrale reste la terre de prédilection de la francophonie. Disposant de considérables et précieuses ressources (cuivre, diamant, or, cobalt, manganèse, lithium pour la RDC, ­pétrole pour le Congo-Brazzaville), elle fait l’objet de féroces appétits que les régimes successifs ont satisfaits au prix de conflits (les plus meurtriers depuis la seconde guerre mondiale) et d’une répression endémique. Une violence qui annihile toute volonté critique pouvant être portée par les expressions artistiques.
Antoine Vumilia, auteur, acteur et metteur en scène : « Nous ressentons cela comme un seul et même pays. C’est le colonisateur qui nous a divisés »
A Douarnenez, ils sont venus nombreux, dont beaucoup depuis leurs terres d’exil ou de refuge. Cinéastes, mais aussi écrivains, poètes, plasticiens, photographes et musiciens, qui vont « organiser une réunion de ­famille, se réjouit Antoine Vumilia. Comme ces cousins dont on parle, mais qu’on ne rencontre jamais, les gens vont pouvoir voir le visage du Congo ». Ce quadragénaire a du mal à parler des Congos. « Nous ressentons cela comme un seul et même pays. C’est le colonisateur qui nous a divisés. »
L’histoire de cet auteur, acteur et metteur en scène est singulière....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Un artiste, une matière (6/6). Elle sculpte au burin le bois d’hévéa et compose avec la sève laiteuse que provoque la saignée.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Don McCullin, photographe (6/6). Né dans un quartier pauvre de Londres, McCullin est devenu un artiste renommé et anobli. Il entretient une relation d’amour-haine avec le Royaume-Uni, où l’on n’échappe pas facilement à sa classe sociale. Lui photographie sans relâche les exclus du pays. Et il a voté « Brexit »
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Daniel Picouly : « Non ho l’età », de Gigliola Cinquetti


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 17.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 17h03
                 |

            Pascale Krémer

















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Distingué en 1995, pour « Le Champ de personne », Grand Prix des lectrices de « Elle », puis en 1999, pour « L’Enfant léopard », prix Renaudot, l’écrivain publiera le 23 août son nouveau roman, « Quatre-vingt-dix secondes » (Albin Michel, 272 p ., 19,50 €), qui fait revivre l’éruption meurtrière de la montagne Pelée, en 1902. Il anime également une émission littéraire sur France Ô, « Page 19 ».
Samedi 26 mars 1964 : c’est soir d’Eurovision. J’ai 15 ans et je suis en 3e au collège Joliot-Curie d’Orly, où je fais italien en deuxième langue. Pourquoi italien ? Une enseignante avait été nommée. Il y avait des élèves à occuper et il leur manquait une prof à chahuter. Ce serait de 17 à 18 heures le vendredi : la « place du mort » dans notre emploi du temps. Ce lâche livrait la pauvre débutante aux loups de la fameuse 3e B (comme Balèze).
Quand elle est entrée dans notre classe, les 36 loups affamés et imberbes se sont dressés, les appareils dentaires en crocs étincelants. Prêts à mordre. Elle a souri en bleu azzuro et tout à coup les louveteaux sont restés tétanisés, duveteux, la mâchoire décrochée, la langue Malabar pendante en mirliton : trente-six loups de Tex Avery devant la Venus de Botticelli, même si la plupart n’avaient comme référence qu’Henriette la caissière opulente et rousse du supermarché de la cité.
Grand-messe
La Venus nous amadoua à la pellicule. Avec elle, la Cinecitta, c’était le Ciné dans notre Cité. Un extrait de La Dolce Vita et le lavoir d’Orly se muait en fontaine de Trevi savonneuse. Un autre jour, on enviait la vue de Gérard Philipe sur le décolleté de Gina Lollobrigida dans Fanfan la Tulipe, notre Mobylette trafiquée devenait la Vespa délurée de Vacances romaines…
A cette époque, le tube de l’été était toujours italien. En 1964, il était promis à Una lacrima sul viso, de Bobby Solo, le « Chamallow romain ». Les filles de la cité raffolaient de cet Elvis Presley déprimé, trop cuit et mal égoutté : du sirop à Scopitone. Notre prof nous avait rassurés. Cette année l’Italie gagnerait l’Eurovision avec une chanteuse de notre âge, Gigliola Cinquetti et une chanson de notre âge : Non ho l’età (« Je n’ai pas l’âge »). Une histoire d’amour sage et romantique. Elle est trop jeune mais, un jour, elle lui donnera son amour.
Le soir de l’Eurovision, notre F-5 est en configuration grand-messe réservée aux conférences de presse du Général et au Tournoi des 5 nations : la télé est perchée façon Bar des sports. Le concours se passe à Copenhague. La France est représentée par Rachel (Le Chant de Mallory) et n’a aucune chance.
Quand Gigliola Cinquetti apparaît, brune, belle, les cheveux sages, c’est comme si une de mes copines du square venait me chercher pour une balle aux prisonniers un soir d’été. Quand Gigliola finit de chanter, la salle est debout, la rappelle, l’écran est brouillé aux larmes. Soudain, le monde a 15 ans ! L’Italie rafle les votes.
Le vendredi suivant, à 17 heures, c’est toute une 3e B (comme Botticelli) qui chante Non ho l’età pour accueillir la prof d’italien. Trente-six Gigliola Cinquetti en chorale approximative. Un coup de foudre de masse. Ce vendredi-là, pour la première fois, une déclaration d’amour est inscrite au programme de 3e. 

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC
Bruno Le Maire : « Still Loving You », des Scorpions



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Histoires de langue (6/6). A la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, à Saint-Denis, « Le Rouge et le Noir » en défense de la langue française.
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                Dictée d’honneur


Histoires de langue (6/6). A la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, à Saint-Denis, « Le Rouge et le Noir » en défense de la langue française.

Le Monde
                 |                 17.08.2018 à 17h00
                 |

                            Marion Hérold

















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La langue française, surtout dans ce qu’elle a de plus littéraire, ne se porte pas très bien. Et, de ce fait, les initiatives en sa faveur se multiplient.
Aujourd’hui, concours de dictée à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Dix heures du matin, temps radieux, ciel bleu roi sur la basilique Saint-Denis et les cités HLM voisines. J’ai été sollicitée, en tant que responsable du service Correction du Monde, pour lire la dictée (un court extrait du Rouge et le Noir) et parler un peu du métier de correcteur et de la nécessité, même dans le monde professionnel, de bien connaître sa langue, son orthographe, sa grammaire, sa littérature.
Le lycée a été installé par Napoléon dans les magnifiques bâtiments de l’ancien couvent de l’abbaye attenante à la basilique. Il est réservé aux filles, petites-filles et arrière-petites-filles de décorés de la Légion d’honneur. Le collège est aux Loges, dans la forêt de Saint-Germain (Yvelines).
Mais voici Julien Sorel en personne qui s’est glissé hors de la dictée : l’œil velouté et un peu inquiet, il vient m’accueillir et me conduire dans l’immense salle où je vais officier. Jeunes filles en uniforme, tête penchée, à l’écoute, questions. Ici, un point d’interrogation ou d’exclamation ? Vous pourriez répéter la phrase qui commence par : « Depuis le séminaire il mettait les hommes au pis… » ? « Horace », c’est en italique, dans : « C’était, dans le fait, deux glaces de huit pieds de haut chacune, et dans lesquelles il regardait quelquefois son interlocuteur en parlant d’Horace, qui lui imposaient encore » ?
L’écriture inclusive s’invite
Promenade entre les tables, je joue à l’institutrice, comme dans mon enfance, mais, aujourd’hui, ce sont les cinq meilleures élèves en orthographe de chaque classe, de la seconde à la khâgne, qui tendent l’oreille.
Peu de vrais pièges, ce n’est pas la dictée de Mérimée, mais un test qui sanctionne une expérience de lecture,...


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Dictée d’honneur
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Stage de danse hors norme à Châteauroux

A l’occasion du 43e Stage-Festival international, 650 amateurs ou confirmés assistent aux cours donnés jusqu’au 24 août.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 17h50
    |

                            Rosita Boisseau (Châteauroux (Indre)








                        



                                


                            

Un village de danse, une île de chapiteaux, dix studios, gymnases et autres salles des fêtes occupés au quotidien par une centaine de cours donnés par 35 professeurs pour 650 danseurs de différents niveaux. Les chiffres joyeusement fous du 43e Stage-Festival international de Châteauroux (Indre) collent à l’ambiance passionnément studieuse de cette manifestation éclectique qui combine ateliers et spectacles pendant douze jours non-stop, jusqu’au 24 août. Le grand gala des stagiaires conclut, devant 5 000 spectateurs, deux semaines de travail et une programmation qui fait copiner Adrienne Pauly, Dany Brillant et les punks ukrainiennes Dakh Daughters.
La franche beauté de ce stage hors norme réside dans le mélange des générations
Un plongeon, le 16 août, dans cette marmite mondiale de vingt-trois disciplines, dont la capoiera et la langue des signes, file le tournis. Claquettes avec Fabrice Martin, modern jazz auprès de Christopher Huggins, classique en compagnie d’Isabelle Riddez, la plupart des danseurs enchaînent trois ou quatre cours par jour minimum. Autour de midi, la bande-son hausse le ton en même temps que la température grimpe. La guitare, le piano, l’électro – la plupart des ateliers sont accompagnés live par des musiciens –, les applaudissements, parfois même les cris de plaisir, se percutent dans Châteauroux qui ne demande pas mieux. Cette année, quatre disciplines cartonnent avec plus d’une centaine de participants à chaque session, transformant les hangars en raouts festifs : le modern jazz piloté par Anne-Marie Porras et Angelo Monaco, le ragga jam selon Audrey Bosc, la danse africaine avec Louis-Pierre Yonsian.
La franche beauté de ce stage hors norme réside dans le mélange des générations – la plus jeune participante a 12 ans et la plus âgée 70 ans –, l’intensité avec laquelle tous bossent et s’éclatent dans le même élan ; 50 % sont des fidèles, 80 % des femmes. Certains viennent du Maroc, d’Azerbaïdjan, des Etats-Unis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Direction Beg Meil, dans le Finistère, où des bulles de béton attirent les vacanciers depuis cinquante ans.
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En Bretagne, la seconde vie des maisons-bulles


                      Cet été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Direction Beg Meil, dans le Finistère, où des bulles de béton attirent les vacanciers depuis cinquante ans.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 15h46
    |

                            Anne-Lise Carlo








   


« Les villageois sont venus voir le chantier et se sont écriés : “Mais c’est une architecture lunaire !” Alors que, récemment, les Martiens sont venus et ont dit : “Enfin une architecture humaine !” », racontait avec malice le sculpteur hongrois Pierre Szekely (1923-2001), se remémorant l’ouverture en 1968 du village de vacances Renouveau, dans la petite station de Beg Meil (Finistère). Ces bulles de béton immaculées, cachées entre dunes et pins, à 300 mètres de la plage, ont toujours stimulé l’imagination des visiteurs, entre village esquimau ou cité extraterrestre. Sur ce chantier, Pierre Szekely travaille avec son complice architecte Henri Mouette et son épouse plasticienne, Vera Szekely. Ils œuvrent ici pour Pierre Lainé, fondateur de l’association de tourisme social Renouveau. « En Floride, une station-service en forme de dinosaure a vu le jour et influence Szekely et Mouette », confie Raphaëlle Saint-Pierre, historienne spécialiste des maisons-bulles.
Le village de vacances accueille jusqu’à 600 personnes, du restaurant à la bibliothèque en passant par une aire de jeux pour enfants et une salle de spectacle.
Le duo apprend de l’architecte de la station-service les secrets du « béton projeté », technique pour obtenir ces formes circulaires libres, éloignées des standards français. Une symbolique qui inspire le panthéiste Pierre Szekely pour qui le rond est ce qui réunit le mieux les gens. Le designer Martin Szekely, fils de Pierre et de Vera, se souvient d’une « construction empirique » : « Henri Mouette et mon père étaient aussi inexpérimentés que l’entreprise de maçonnerie. Dans les premiers temps, le béton projeté sur le dôme en fer à béton et métal déployé passait à travers. Il a fallu quelques mises au point avant que le béton ne s’accroche. Enfants, nous nous amusions des effets d’acoustique extraordinaires des formes demi-sphériques obtenues… »
Ainsi naît un village accueillant jusqu’à 600 personnes, du restaurant à la bibliothèque en passant par une aire de jeux pour enfants et une salle de spectacle. Les maisons-bulles finistériennes n’ont jamais fait l’unanimité, leur style reste attaché aux années 1960-1970 et à des noms comme celui de l’architecte hongrois Antti Lovag. « Cette architecture organique redevient tendance, notamment au Japon, estime toutefois Raphaëlle Saint-Pierre. Numa Lovag, fils d’Antti, relance aussi ces constructions avec des matériaux plus modernes et écologiques. » Labellisé « Patrimoine du XXe siècle », le village de Beg Meil vient d’être rénové par son actuel propriétaire, les Villages Clubs du Soleil. Améliorant le confort des chambres, cette modernisation a préservé extérieurs et volumes originaux mais les tables courbes du restaurant, fixées au sol comme sur un navire, se sont, elles, envolées.

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A lire : Maisons-bulles. Architectures organiques des années 1960 et 1970, par Raphaëlle Saint-Pierre (Éd. du Patrimoine, 2015). A voir :  « Construction », exposition de Martin Szekely, au Madd, à Bordeaux. Jusqu’au 7 octobre.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Invité à mixer pour la Fête de la musique à l’Elysée, Kiddy Smile est arrivé avec un tee-shirt siglé « Fils d’immigrés, Noir et pédé ». Un militantisme que ce danseur, DJ et chanteur exprime avec force dans son premier album, « One Trick Pony ».
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Kiddy Smile, musicien militant, bien dans sa house


                      Invité à mixer pour la Fête de la musique à l’Elysée, Kiddy Smile est arrivé avec un tee-shirt siglé « Fils d’immigrés, Noir et pédé ». Un militantisme que ce danseur, DJ et chanteur exprime avec force dans son premier album, « One Trick Pony ».



Le Monde
 |    17.08.2018 à 15h09
    |

                            Valentin Pérez








                              

                        

Tu viens mixer le 21 juin à l’Elysée ? » Le message était signé Pedro Winter, DJ et fondateur de l’influent label Ed Banger Records. « La Fête de la musique à l’Elysée-Montmartre, je me suis dit pourquoi pas ?, racontait le destinataire du SMS quelques jours après le set. Je n’avais pas compris qu’il s’agissait du PALAIS de l’Elysée… » Et Kiddy Smile, musicien qui mêle mix aux platines, textes chantés de sa voix grave et performances scéniques dansées, d’ajouter : « Quand j’ai réalisé, j’ai décidé d’aller jouer dans la cour d’honneur pour qu’éclate notre présence inédite, à mes danseurs et à moi. Jusqu’ici, il n’y avait pas de gens comme nous, Noirs et ouvertement LGBT, dans ce temple du pouvoir. »
«Ma mère, camerounaise, m’encourageait à regarder “Le Prince de Bel-Air”, “Boomerang”, des productions où des Noirs avaient des rôles consistants. »
Bien sûr, il n’ignore pas que bien des fous, fréquentant le roi, ont vu leur réputation partir en fumée… Comme pour se préserver, il s’était fait fabriquer un tee-shirt spécial, barré d’un slogan : « Fils d’immigrés, Noir et pédé ». Puis s’est fendu d’un post Facebook dans lequel il annonçait reverser son cachet de 1 500 euros à une association d’aide aux migrants, lui qui réprouve la politique d’Emmanuel Macron en ce domaine. Derrière les platines et sous les dorures. Ainsi va Kiddy Smile, qui sort le 31 août son premier album, où s’affiche son propos transgressif sur un beat efficace.
Chez lui, musique ne va jamais sans politique. « Dès le départ, ma mère, camerounaise, a été intuitivement consciente des enjeux de représentation. Lorsque j’étais enfant, elle m’encourageait à regarder Le Prince de Bel-Air, Boomerang, des productions où plusieurs Noirs avaient des rôles consistants », se souvient-il.
Gabarit hors norme
A Rambouillet (Yvelines) où il grandit, Pierre-Edouard Hanffou à la ville (« Un prénom qui amène des moqueries à...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages et inspirent des images. Le photographe ­Sebastián Bruno a suivi le chemin parcouru par le héros de Cervantès. Une odyssée de 2 500 kilomètres à travers la Castille.
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Dans la peau de Don Quichotte 
               


Le Monde
 |
                  17.08.2018 à 14h58


L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages et inspirent des images. Le photographe ­Sebastián Bruno a suivi le chemin parcouru par le héros de Cervantès. Une odyssée de 2 500 kilomètres à travers la Castille.

Par             Samuel Blumenfeld






   


La géographie littéraire du Don Quichotte de Cervantès relève à ce point de la science exacte, d’un espace balisé et fléché, que la route empruntée par le gentilhomme de la Manche, obsédé par les livres de chevalerie, les collectionnant dans sa bibliothèque de façon maladive, est devenue l’un des parcours obligés des guides touristiques en Espagne.
« Pour créer un parallèle intemporel entre la société décrite par Cervantès et celle d’aujourd’hui, je me suis mis à la place de Don Quichotte. » Sebastian Bruno
Les principaux lieux sont identifiés. Il y a la Manche, cette partie sud du haut plateau castillan, habitée par Don Quichotte et son écuyer Sancho Panza. Le village d’Esquivias, dans la province de Tolède, où aurait habité Cervantès est l’un des territoires de son roman. Il y a aussi le village d’El Toboso, où vivait ­Dulcinée, la dame des pensées du chevalier. Dans la région, on peut aussi croiser les fameux moulins de la Manche et la grotte de Montesinos.
C’est ce même itinéraire qu’a emprunté le photographe hispano-argentin Sebastián Bruno. Mais à la différence du parcours fléché et, surtout, chronométré des tour-operateurs, ce dernier a suivi à pied les 2 500 kilomètres du chemin parcouru par Don Quichotte. Soit une traversée des cinq provinces d’Albacete, de Ciudad Real, de Cuenca, de Guadalajara et de Tolède.
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        Les images du photographe Sebastián Bruno tissent un lien baroque entre l’Espagne du dix-septième siècle décrite par Cervantès dans « Don Quichotte » et celles d’aujourd’hui."
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Les images du photographe Sebastián Bruno tissent un lien baroque entre l’Espagne du dix-septième siècle décrite par Cervantès dans « Don Quichotte » et celles d’aujourd’hui.            


Sebastián Bruno
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« Pour créer un parallèle intemporel entre la société décrite par ­Cervantès et celle d’aujourd’hui, afin de voir et de comprendre ces lieux, je me suis mis à la place de Don Quichotte, explique le photographe. Le résultat est une interprétation d’une terre à la fois incomprise et ignorée. Un voyage intime consistant à entrer dans les vies des habitants de la région de Castille-La Manche. »
Un reste de folie
La plus grande force des images de Sebastián Bruno est de se démarquer du livre de Cervantès, sans jamais chercher à l’illustrer. Un homme aux cheveux longs, droit comme un I, le trophée d’une antilope piqué d’aiguilles fines, une femme implorant le ciel, un verre de vin à la main, un morceau de pain dans l’autre, cette même femme allongée, comme morte, ou des ­étendues désertiques nous renvoient à la permanence du texte de Cervantès. Non que rien n’ait changé. Mais subsiste un lien entre la folie du personnage imaginé par l’écrivain, persuadé de vivre dans un roman de chevalerie, et l’atmosphère hors du temps fixée par Sebastián Bruno.
Illustrer Cervantès a été le Graal recherché par de nombreux artistes : Gustave Doré, Honoré Daumier… Et, parmi eux, plusieurs cinéastes. Le Soviétique Grigori Kozintsev réalisa son chef-d’œuvre avec le superbe Don Quichotte (1957). Orson Welles tourna entre 1955 et 1972 sa version du livre pour la laisser inachevée. Terry Gilliam ne parvint à ses fins qu’à sa sixième tentative, le film sorti cette année, L’Homme qui tua Don Quichotte – il fallait bien entendu comprendre l’inverse, tant Don ­Quichotte a usé nombre de ses prétendants.

        Lire aussi :
         

                Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »



Dans ses photographies, Sebastián Bruno s’éloigne de l’astre brûlant que représente ce roman ­fondateur pour graviter autour. Il cherche un esprit, une folie, une dimension baroque propres à cette région, décelés par Cervantès et offerts à tous.
Duelos y Quebrantos, de Sebastián Bruno ­ (Ediciones Anómalas), a été sélectionné pour le Prix du livre d’auteur 2018 aux ­Rencontres de la photographie d’Arles (jusqu’au 23 septembre). www.rencontres-arles.com 




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les images du photographe Sebastián Bruno tissent un lien baroque entre l’Espagne du dix-septième siècle décrite par Cervantès dans « Don Quichotte » et celles d’aujourd’hui.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Depuis 1993, le guitariste et chanteur est l’un des piliers de ce festival hors norme, qui se tient jusqu’au 18 août en Gironde.
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Uzeste Musical : Fabrice Vieira, « œuvrier » de la Cie Lubat

Depuis 1993, le guitariste et chanteur est l’un des piliers de ce festival hors norme, qui se tient jusqu’au 18 août en Gironde.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 09h23
    |

                            Francis Marmande (Uzeste (Gironde)








                        



   


Au début est la guitare classique. Fabrice Vieira, jeune homme de 45 ans (guitare, chant, piano), commence à l’étudier au conservatoire national de région : « Lors d’un stage de chant choral, je découvre la musique afro-américaine, à travers ses intervenants – Alain Jean-Marie, Daniel Huck, Sam Woodyard. » En 1987, il croise la Cie Lubat : bande, troupe itinérante, communauté en fusion basée à Uzeste, à équidistance de L’Illustre Théâtre (Molière) et du Living Theater (Judith Malina et Julian Beck) des grandes années. Choc définitif pour Vieira. Il a 14 ans.
Bernard Lubat (Uzeste, 1945) est un batteur de premier plan. Après avoir fait le tour de ses preuves académiques (conservatoire, prix internationaux, musique contemporaine, percussions tout terrain) ; après avoir plongé dans « le métier » sonnant et trébuchant (studio, variété, vie gracieuse), Lubat revient au village natal. Sagesse, prudence, envie de tout autre chose.
Laboratoire « free »
Il y retrouve ses parents – militants communistes qui servent de petits Sauternes à l’Estaminet – et fait monter Alban, son père, et ses deux copains accordéonistes, en scène. Depuis 41 ans, défilent ici, à l’Estaminet, dans les prés, sous les granges, les plus grands artistes, les plus connus, les émergents, les décalés, quelques fous, onze imposteurs, deux vaniteux, et un garçon-coiffeur.

        Lire le reportage sur l’édition 2017 :
         

          Quarante ans de lutte pour la beauté d’Uzeste



Dans cette mixture de laboratoire « free », de déconnage militant sur fond de communalisme (pour ne pas dire communisme), éducation aussi populaire que les bals qu’elle fomente, Lubat forme des jeunes, des pas jeunes, intègre Minvielle, Marc Perrone, retrouve Portal, Corneloup, Sclavis. Ici, jouer se conjugue avec apprendre. Pas de « festival » où on lise davantage – poésie, philosophie, sciences…
En 1991, Fabrice Vieira intègre le CIM (Centre d’informations musicales, première école de « jazz et musiques actuelles » fondée à Paris par Alain Guerrini). Après un grand bain dans le milieu de l’improvisation, ascendant engagement, il déménage à Uzeste et joue à tout va. Il se dit « œuvrier ». « Œuvrier ? C’est expérimenter sa vie avec d’autres… Evacuer les passions tristes, influer, participer du flux de la vie collective… Se faire expérimentateur et savant du sens commun… »
Une langue bondissante
Lubat et Uzeste Musical se sont forgé, à mains nues, une langue. Une langue bondissante d’à-peu-près, de quasi calembours, de cadrages-débordements (figure du rugby) ; une langue faite d’ébriété décousue, de lacaneries canailles, de clichés détournés ; une langue décalée qui repense la langue. Cette année, le programme roule son premier tambour : « Du passé, faisons table ouverte… »
Fabrice Vieira : « Ma mère est arrivée de son Portugal natal à l’âge de 7 ans. Le souvenir le plus marquant de cette immigration légale fut ce douanier-maquignon évaluant la qualité de sa dentition, ainsi que celle de ses sœurs. » Le père, c’est autre chose. Fuir la misère et la guerre (en Angola), se cacher, migrer… « Après avoir été le témoin de leur désir d’apprendre à lire et écrire, de prendre leur place dans la société », Fabrice Vieira s’est engagé, enjazzé, endiablé. Principe de base : ne rien oublier, ne rien renier, ne rien négliger.
Dans la machine psycho-active d’Uzeste Musical, qui tient de Tinguely et du mouvement des astres, Vieira joue tous les rôles : organisation, programmation, logistique, détails, voyages des invités, débats, dépannages… Dans le Bazadais d’antan (la région de Bazas), on nommait « faytout » ces ouvriers polyvalents. Ils trouvaient toujours un recours et ignoraient la mauvaise humeur.
« En tout “humilitantisme”... »
On en viendrait à oublier, c’est le jeu d’Uzeste, que Fabrice Vieira est un guitariste et un acteur musical de premier ordre : « Jusqu’à mon engagement uzestois, j’avais passé mon temps entre l’étude du jazz et des études de physique à la faculté. Je passais tous les jours des équations de Schrödinger, en physique quantique, aux standards de jazz. Cela me paraissait coriace, mais ce n’était rien à côté de ce que j’allais découvrir de la complexité d’Uzeste Musical. Ici, je travaille “l’hypothèse d’être artiste” : travailler ici, c’est vérifier que l’art est avant tout un combat politique. Le combat de l’émancipation, de l’éducation populaire et de l’initiation. En tout “humilitantisme”… »
Dans un programme fleuve, profus, illimité, fait de débats, de musiques, de saynètes et de danse, on peut entendre Fabrice Vieira le vendredi 17 août à 15 heures (Grange Vieira). Il joue en quartet : guitare débridée, Hendrix, Prince, Jeff Beck, et toujours la passion de l’« enjazzement » joyeux.
41e « Hestejada de las arts », Uzeste Musical, jusqu’au 18 août. www.uzeste.org



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Esquisses du futur (6/6). Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un jeune artiste français qui, avec son installation « The Crystal & the Blind », reproduit les conditions minimales de la vie sous l’œil d’une caméra et de capteurs divers.
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                La biosphère pensante d’Hugo Deverchère


Esquisses du futur (6/6). Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un jeune artiste français qui, avec son installation « The Crystal & the Blind », reproduit les conditions minimales de la vie sous l’œil d’une caméra et de capteurs divers.

Le Monde
                 |                 17.08.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)

















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La semaine dernière, on racontait comment le concept d’Umwelt (« environnement » ou « monde ») irriguait une partie de la création contemporaine (supplément « Idées » du 11 août). Une façon de remettre la question de la réalité et de ses représentations au cœur de l’art. Les auteurs qui nourrissent à ce sujet la réflexion des plasticiens sont le plus souvent des anthropologues : Philippe Descola, Tim Ingold, Eduardo Kohn… Il s’agit dans tous les cas de dépasser l’anthropocentrisme pour penser la « signification » depuis un point de vue élargi, celui de la « vie » comme globalité, incluant animaux et plantes.
Le travail d’Hugo Deverchère, 29 ans, participe indubitablement de cette tendance. Tout juste diplômé et félicité de l’école du Fresnoy, studio national des arts contemporains, à Tourcoing, le jeune artiste se dit influencé par la philosophie d’Emanuele Coccia, et en particulier La Vie sensible (Payot et Rivages, 2010). De fait, la dernière phrase de cet essai sur la sensation comme « image » et « médium » pourrait donner le fil directeur de sa propre esthétique : « On appellera (…) vie la ­capacité de conserver et de produire des images. » Son installation The Crystal & the Blind, qui illustre cette définition, sera visible à l’automne à Panorama 20, l’exposition des diplômés du Fresnoy. Deverchère montrera également, en collaboration avec Elsa Di ­Venosa, la suite de ce projet, du 11 octobre au 14 décembre, au 3 bis F à Aix-en-Provence.
« Ecosphère »
The Crystal & the Blind se présente comme un laboratoire : on y pénètre par un rideau de lames transparentes. Tout ici est translucide, épuré. D’un côté, une étagère porte des pots où poussent des plantes sensibles au son et à la lumière. Devant, une vitrine plate où se cultivent des bactéries dans des séries de ­coupelles. De l’autre côté, une sorte de cercueil de Blanche-Neige encapsule un bocal contenant des algues et des micro-organismes : c’est...


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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le Musée international des arts modestes (MIAM) présente les œuvres de prisonniers, réfugiés, internés… jusqu’au 23 septembre.
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Exposition : l’art des captifs s’évade à Sète

Le Musée international des arts modestes (MIAM) présente les œuvres de prisonniers, réfugiés, internés… jusqu’au 23 septembre.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 08h24
    |

                            Philippe Dagen (Sète (Hérault), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Obstinément, le Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète (Hérault) s’en tient à son programme : regarder là où l’on ne regarde pas d’habitude, dans des directions ignorées, parce qu’elles sont lointaines ou inquiétantes. Cette année, c’est vers l’inquiétude et bien au-delà : l’angoisse, la souffrance, l’horreur. L’exposition se nomme « Evasions », sous-titrée « L’art sans liberté ». Le point commun entre les travaux rassemblés est que leurs auteurs, quand ils les ont accomplis, étaient, d’une manière ou d’une autre, captifs.

Le premier cas auquel on songe est évidemment celui des prisonniers, et il est en effet traité à travers les paños – dessins sur mouchoirs des détenus du sud des Etats-Unis – et les toiles réalisés par des détenus de la Maison centrale de Saint-Maur à partir de l’œuvre d’Hervé Di Rosa, par ailleurs fondateur du MIAM. Toutefois ce n’est pas avec lui que commence le parcours, mais avec ces captifs d’aujourd’hui que sont réfugiés et exilés. Ils l’ont été, souvent, dans les pays qu’ils ont fuis ; dans ceux qu’ils ont traversés ensuite ; et dans ceux où ils sont contraints de s’arrêter.
Hafiz Adem, condamné à mort au Soudan, arrivé en France en 2017, donne à voir ce qu’il a enduré
Le premier mur est consacré à des dessins nés dans les ateliers de la « jungle » de Calais et ceux d’organisations caritatives. Sur celui qui lui fait face, ce sont les Dessins sans papiers, du nom du collectif qui organise des ateliers dans les centres d’hébergement. On y voit des bateaux et des camions à destination de la Grande-Bretagne. « Good Luck Eritrean », souhaite l’un d’eux, porte-bonheur ou exorcisme. Il y en a de tragiques : les corps entravés ou pendus crayonnés par Abdelhafez Seddig, exilé soudanais, et la chronique tenue par un de ses compatriotes, Hafiz Adem, ­condamné à mort dans son pays, arrivé en France en 2017. Une carte aux crayons de couleur dit son ­itinéraire, de la prison d’où il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le festival Classique au vert, organisé au Parc floral du bois de Vincennes, reçoit le pianiste, samedi 18 août.
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David Lively, guide inspiré de la musique américaine

Le festival Classique au vert, organisé au Parc floral du bois de Vincennes, reçoit le pianiste, samedi 18 août.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 10h44
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Dans l’appartement qu’il occupe, à Paris, David Lively a tout de l’Américain. Pas par son léger accent, qui colore une parfaite maîtrise de la langue française. Pas par sa tenue vestimentaire, qui oriente plutôt vers l’horizon zen. Pas par son activité du moment (séances d’enregistrement consacrées à Prokofiev), mais par une tendance aux considérations panoramiques bien dans la nature des représentants du Nouveau Monde. Américain jusqu’au bout de doigts taillés pour des prestations hors norme, David Lively est un pianiste qui a le goût des grands espaces.

A preuve, les deux instruments qui balisent son salon ne couvrent pas moins de deux siècles. Au centre, un Steinway de 1975, et, le long du mur, un Zumpe de 1771, qu’il présente en quelques mots – « C’est un piano anglais sur lequel Mozart aurait composé à Paris… » – et quelques notes (le début de la Sonate dans laquelle figure la célèbre « Marche turque »). Conclusion : « Le clavecin est mort, si je puis dire, à cause de lui. » David Lively sait raconter l’histoire.
L’album « I Got Rhythm » tient son nom d’une page du « Songbook », de George Gershwin, au cœur du programme
Moins connue que celle du pianoforte appelé à supplanter le clavecin, l’émergence de la musique américaine avait besoin d’être rapportée par un guide aussi fiable qu’inspiré. C’est chose faite ­depuis la parution, en janvier, de l’album I Got Rhythm, du nom d’une page du Songbook, de George Gershwin, qui se trouve au cœur du programme. « J’aimerais vraiment qu’on prenne le temps de l’écouter d’un bout à l’autre, confie David Lively, parce qu’il suggère une trajectoire. » De Scott Joplin à Elliott Carter, pour les bornes facilement identifiables ou de Louis Moreau Gottschalk à William Allbright, pour les extrêmes chronologiques. Quant au parcours de l’interprète, il n’est pas moins étiré quoique puissant et rapide comme le fleuve Ohio sur les rives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A travers 200 pièces, une exposition thématique célèbre les différentes représentations du crâne dans l’art, de la Renaissance à nos jours.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Après douze ans de traversée du désert, le réalisateur, infatigable militant de la cause noire, revient avec « BlacKKKlansman », Grand Prix du jury à Cannes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/08/2018
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Spike Lee, le retour du combattant


                      Après douze ans de traversée du désert, le réalisateur, infatigable militant de la cause noire, revient avec « BlacKKKlansman », Grand Prix du jury à Cannes.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 13h59
    |

                            Thomas Sotinel








                              

                        

A l’approche du 4-Juillet, les rues de Brooklyn sont écrasées de soleil, comme dans Do the Right Thing. Trente ans plus tard, le « borough » n’est plus la Cocotte-Minute prête à exploser que Spike Lee avait révélée aux yeux du monde. A Fort Greene, jadis bastion afro-américain, les hipsters sont à leur tour en passe d’être chassés par les investisseurs venus de Manhattan.
Le réalisateur y a maintenu, dans un bel immeuble en brique, les locaux de 40 Acres & a Mule Filmworks (« 40 acres et une mule », promesse d’indemnisation aux esclaves affranchis), la société de production qu’il a fondée juste après avoir réalisé son premier long-métrage, Nola Darling n’en fait qu’à sa tête, en 1986.
Sur la façade, le cinéaste a fait accrocher un étendard à l’effigie du héros de BlacKKKlansman (en salle le 22 août), le dernier en date des « Spike Lee Joints », comme il aime à désigner ses réalisations : un Afro-Américain coiffé de la cagoule pointue de l’organisation terroriste. Deux mois plus tôt, à Cannes, le film a reçu le Grand Prix du jury après avoir été ovationné aussi bien par la presse que par le public de la sélection officielle.
« Inside Man », le succès commercial
C’est peut-être ce succès, qui met un terme à une douzaine d’années de vaches maigres, pendant lesquelles Spike Lee a dû faire des acrobaties pour financer ses projets, à moins que ce ne soit le passage du temps (il a fêté ses 60 ans l’an passé), qui rend le cinéaste plus affable qu’il ne l’a été depuis sa première venue à Cannes, pour Nola Darling, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.
Les vigiles de l’ancien Palais des festivals, où étaient projetés les films de la section parallèle, avaient barré le passage à ce freluquet en short et casquette de base-ball, qui arrivait sac au dos (et qui, aussi, était noir). Après avoir passé l’obstacle, séduit les médias et le public, il était reparti avec le Prix de la jeunesse et une...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Depuis l’annonce de la mort de la « reine de la soul », les hommages d’artistes et de politiques se multiplient partout dans le monde.
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Le monde entier pleure Aretha Franklin

Depuis l’annonce de la mort de la « reine de la soul », les hommages d’artistes et de politiques se multiplient partout dans le monde.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 19h44
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 20h24
   





                        



Ils pleurent « une amie », une source d’inspiration, « un trésor ». De nombreux artistes et personnalités du monde entier rendent hommage à la légende de la chanson américaine Aretha Franklin, morte jeudi 16 août à Detroit à l’âge de 76 ans.

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                Aretha Franklin est morte, la soul perd sa dame



Les artistes pleurent celle qui les a « tous inspirés »
Une autre légende de la chanson américaine, Diana Ross, a confié sur Twitter « prier pour l’âme d’or merveilleuse » de l’interprète de Respect et de I Say a Little Prayer.
« Prenons tous un moment pour remercier la vie fabuleuse d’Aretha Franklin, la reine de nos âmes, qui nous a tous inspirés pendant tant et tant d’années », a aussi réagi l’ancienne icône des Beatles, Paul McCartney.

Let’s all take a moment to give thanks for the beautiful life of Aretha Franklin, the Queen of our souls, who inspired us all for many many years. She will be missed but the memory of her greatness as a musician and a fine human being will live with us forever. Love Paul pic.twitter.com/jW4Gpwfdts— Paul McCartney (@PaulMcCartney) 16 août 2018


Le Britannique Elton John a évoqué un « coup pour tous ceux qui aiment la vraie musique ». Sur Instagram, il a loué sa force notamment lorsque, malade, elle avait tenu à donner un concert au profit de la fondation du chanteur anglais pour la lutte contre le VIH. « La reine est morte. Vive la reine », a-t-il écrit.
Mick Jagger a salué une personnalité « tellement exaltante » et, signe qu’elle transcendait les générations, des rockeurs comme Liam Gallagher ou Ringo Starr lui ont aussi rendu hommage.
Pour le chanteur portoricain Ricky Martin, la première femme à avoir été admise au « Rock and Roll Hall of Fame », le panthéon américain du rock, « sera à jamais remémorée et admirée ». Il a salué une femme « tellement importante pour la musique, la culture et les droits civiques », des mots faisant écho à ceux du pasteur Jesse Jackson, célèbre défenseur des droits civiques américains, proche de la défunte.
« Elle s’est battue jusqu’à la fin, a déclaré ce dernier sur la chaîne WDIV en quittant jeudi matin le domicile de l’artiste, où elle venait de s’éteindre. Elle n’avait jamais cessé de servir, de veiller sur les autres, de partager. Nous la remercions tellement. Elle nous manque déjà énormément. »
Bernice King, fille de Martin Luther King, a estimé que sa génération avait été « bénie d’avoir vécu dans le même monde qu’Aretha Franklin. Au-delà de sa formidable voix de chanteuse, elle était une voix du mouvement des droits civiques », a-t-elle noté. Proche du pasteur, Aretha Franklin avait chanté à ses funérailles en 1968.
Hommages politiques à celle qui a « façonné l’Amérique »
L’ancien président démocrate, Bill Clinton, pour qui la « reine de la soul » avait chanté lors de son investiture en 1993, a dit « pleurer la perte de [son] amie », « l’un des plus grands trésors nationaux américains ». Dans un communiqué, il a dit combien il lui était « reconnaissant d’avoir chanté lors de ses deux prises de fonctions », et heureux d’avoir assisté « à ce qui s’est avéré être le dernier concert d’Aretha Franklin en novembre dernier, à l’occasion d’une levée de fonds pour combattre le VIH ».
« Elle ne mérite pas seulement notre RESPECT, mais également notre reconnaissance éternelle pour avoir ouvert nos yeux, nos oreilles et nos cœurs. Repose en paix à jamais, mon amie », a pour sa part déclaré l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
Mais ce sont les larmes d’un autre ancien président dont les Américains se souviennent le plus : celles de Barack Obama, en décembre 2015, lors d’une cérémonie en l’honneur des acteurs de la culture américaine, alors qu’Aretha Franklin interprète son tube de 1967 « (You Make Me Feel Like) a Natural Woman ». L’ancien président, très proche de la chanteuse, qui avait aussi donné un concert lors de son investiture, a salué jeudi la « divine » Aretha Franklin et le rôle qu’elle a joué pour « façonner l’Amérique ». Et d’ajouter sur Twitter :
« Dans sa voix, nous pouvions lire notre histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement. »

Aretha helped define the American experience. In her voice, we could feel our history, all of it and in every shade—our power and our pain, our darkness and our light, our quest for redemption and our hard-won respect. May the Queen of Soul rest in eternal peace. pic.twitter.com/bfASqKlLc5— Barack Obama (@BarackObama) 16 août 2018


De son côté, l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump a rendu hommage à cette « grande femme et à sa voix, un merveilleux cadeau de Dieu ».
En France, c’est la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui a fait part de sa tristesse sur Twitter.

Aretha Franklin nous quitte après avoir magnifiquement incarné pendant plus de 60 ans l’âme du gospel, de la soul, du rhythm and blues. Hommage à cette très grande artiste qui imposait tout naturellement le respect, celui qu’elle a si bien chanté et que nous lui devons à jamais.— Francoise Nyssen (@FrancoiseNyssen) 16 août 2018


 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ En 1967, sa version revue et corrigée de la chanson d’Otis Redding, sortie deux ans plus tôt, la consacra nouvelle « reine de la soul ».
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Comment Aretha Franklin a transformé « Respect » d’Otis Redding en un manifeste féministe et politique

En 1967, sa version revue et corrigée de la chanson d’Otis Redding, sortie deux ans plus tôt, la consacra nouvelle « reine de la soul ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 08h14
   





                        



R.E.S.P.E.C.T. Difficile de ne pas penser à Aretha Franklin, morte jeudi 16 août à l’âge de 76 ans, lorsqu’on épelle les sept lettres de cette valeur essentielle. Respect fut, bien sûr, d’abord écrite et enregistrée par Otis Redding, en 1965. Mais c’est bien la version revue et corrigée par Aretha Franklin en 1967 qui a fait passer la chanson à la postérité.
Plus qu’une reprise, la version sortie par la chanteuse américaine, âgée de 25 ans à l’époque, a transformé ce titre en hymne féministe et politique, consacrant son interprète comme nouvelle « reine de la soul ».

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                Aretha Franklin est morte, la soul perd sa dame



Dans le morceau original, publié sur l’album Otis Blue, M. Redding donne sa voix à un homme clamant son besoin de respect de la part de sa femme. Un respect qui lui serait dû lorsqu’il rentre chez lui, puisqu’il apporte l’argent au foyer. Mais Aretha Franklin, dans sa version enregistrée le jour de la Saint-Valentin 1967 à New York, bouscule ce schéma traditionnel en mettant ces mots dans la bouche d’une femme. 

« La ferveur dans la voix d’Aretha exigeait ce respect »
« All I’m asking is for a little respect when I come home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison ») devient alors « all I’m asking is for a little respect when you get home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand tu rentres à la maison »). « Aretha l’a personnalisée, c’est devenu le truc d’une femme », explique au Washington Post David Ritz, auteur d’une biographie de la chanteuse. « Mais sa version est si profonde et si remplie d’angoisse, de détermination, de ténacité et de toutes ces émotions contradictoires que c’en est devenu un hymne », ajoute l’auteur de Respect : The Life of Aretha Franklin (2014, non traduit).
La chanteuse de Detroit conserve les couplets d’Otis Redding mais inclut un refrain dynamisé par les chœurs, assurés par ses sœurs Erma et Carolyn, et quelques nouvelles expressions. Ce « sock it to me » répété huit fois dans le dernier couplet est un brin provocant, la phrase pouvant se traduire par « montre-moi de quoi tu es capable », voire revêtir une connotation sexuelle – même si Aretha Franklin s’en défendra.
Quand elle épelle le mot « respect », elle ne semble plus seulement le demander, mais bien l’exiger. « Pour Otis, le respect avait une connotation traditionnelle, dans le sens de l’estime », assurait le producteur d’Aretha Franklin, Jerry Wexler, dans son autobiographie, citée par le magazine Rolling Stone. « La ferveur dans la voix d’Aretha exigeait ce respect, et cela impliquait aussi une attention du point de vue sexuel… »
Aretha Franklin a modifié la chanson « de façon si radicale, que j’irais jusqu’à dire qu’elle l’a réécrite », ajoute la musicologue américaine Victoria Malawey, professeure au Macalester College de Minneapolis-Saint Paul, interviewée par l’Agence France-Presse (AFP) :
« Elle n’a pas seulement modifié quelques paroles ou changé le point de vue, elle lui a aussi apporté une nouvelle âme. »

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                Aretha Franklin : un parcours personnel et musical extraordinaire et irrégulier



Numéro un des ventes plus de douze semaines
La chanson, parue dans l’album I Never Loved A Man The Way I Loved You, son premier pour le label Atlantic Records, devient un hymne féministe mais donne aussi une voix à la cause des Noirs en lutte pour leurs droits dans l’Amérique des années 1960. Sorti en avril 1967, le titre restera numéro un des ventes pendant plus de douze semaines, précise le Washington Post.
Respect a ensuite traversé les années et été reprise par de nombreux mouvements de revendication. Dans un palmarès paru en 2004, le magazine Rolling Stone en fera la cinquième « chanson de tous les temps ». Un classement dans lequel Aretha Franklin apparaît comme la première femme, placée derrière Like a Rolling Stone de Bob Dylan, (I Can’t Get No) Satisfaction des Rolling Stones, Imagine de John Lennon et What’s Going On de Marvin Gaye.
Grâce ce tube, elle remportera les deux premiers de ses 18 Grammy Awards et lancera sa carrière internationale. Un classique de la musique américaine que l’on peut entendre par ailleurs dans une trentaine de films, de Platoon à Blues Brothers en passant par Forrest Gump.
Quelques mois avant de périr dans un accident d’avion en décembre 1967, Otis Redding jouera Respect sur la scène du Festival de Monterey, non sans un clin d’œil à la nouvelle star de la soul : « La prochaine chanson est une chanson qu’une fille a emmenée loin de moi. Une bonne amie, cette fille, elle m’a juste pris la chanson. Mais je vais quand même la jouer. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Dès avant même sa parution, prévue le 22 août, le roman d’Emilie Frèche, « Vivre ensemble », agite jusqu’au président de l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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L’« affaire Emilie Frèche » : pourquoi tant de tapage en plein mois d’août

Dès avant même sa parution, prévue le 22 août, le roman d’Emilie Frèche, « Vivre ensemble », agite jusqu’au président de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

La querelle littéraro-familiale publique tend légèrement à se raréfier. Trois ans, en effet, que le coup d’envoi de la rentrée n’avait pas été donné par un tel foin – depuis que Simon Liberati avait été accusé par sa belle-mère de porter atteinte à sa vie privée dans Eva (Stock, 2015). Mais le mercredi 8 août a éclaté l’« affaire Emilie Frèche ». L’écrivaine fait paraître chez Stock Vivre ensemble (288 p., 19,50 €), roman qui veut mettre en parallèle la difficulté de faire société après le 13-Novembre avec celle de recomposer une famille, en racontant notamment les heurts de l’héroïne, Déborah, avec le fils de son nouvel amoureux, un petit garçon perturbé, manipulé par une mère hystérique.
Un encart inséré dans chaque exemplaire
Le 8 août, donc, L’Express a publié sur son site une interview de Séverine Servat de Rugy. Aujourd’hui épouse du président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, celle-ci a eu un fils, aujourd’hui âgé de 11 ans, avec Jérôme Guedj, ancien député socialiste et désormais compagnon d’Emilie Frèche. Dans cet entretien, Séverine Servat de Rugy affirme que Vivre ensemble « relève du viol de l’intimité » et du « harcèlement textuel ». « J’ai été d’autant plus bouleversée que l’on s’attaquait à mon fils, en braconnant dans sa vie et la mienne », dit celle qui révèle avoir menacé de demander l’interdiction du livre et a en tout cas déjà obtenu l’insertion d’un encart dans chaque exemplaire, mentionnant sa certitude « que des passages du présent ouvrage portaient atteinte de manière répétée à l’intimité de sa vie privée et à celle de son enfant mineur – ce qui a été contesté par l’auteur ». 
Une fois la dispute rendue officielle, Emilie Frèche donne sa version des faits : sur Bibliobs, elle rappelle, sans surprise, que « tous les écrivains s’inspirent du réel, ou de leur vécu », avant de se dire « stupéfaite » qu’une personne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Série « C’était mieux avant ? » (6/6). Avec son esthétique du gigantisme, l’art contemporain dominant est paradoxalement devenu le vecteur principal de l’enlaidissement du monde, estime l’écrivaine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ 