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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le Conseil d’Etat met fin aux espoirs des habitants de l’immeuble situé en Gironde et évacué en 2014 à cause de l’érosion du littoral.
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Soulac-sur-Mer : la justice refuse d’indemniser les copropriétaires du Signal

Le Conseil d’Etat met fin aux espoirs des habitants de l’immeuble situé en Gironde et évacué en 2014 à cause de l’érosion du littoral.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 16h53
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le combat judiciaire pour l’indemnisation des copropriétaires, évacués en janvier 2014 de l’immeuble Le Signal de Soulac-sur-Mer (Gironde), a pris fin, jeudi 16 août, sur une ultime défaite. Le Conseil d’Etat a jugé que l’érosion maritime du cordon dunaire sur lequel trône cette barre d’immeuble de quatre étages n’entrait pas dans la catégorie des phénomènes naturels permettant le recours au fonds Barnier.
Construit en 1967, à 200 mètres du trait de côte, dans le cadre d’un vaste plan d’aménagement touristique du littoral aquitain supervisé par l’Etat, Le Signal, qui ne se trouve plus qu’à 9 mètres du bord de la dune, est condamné à s’effondrer dans l’océan Atlantique à brève échéance.

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                Erosion du littoral : à Soulac, les propriétaires du Signal réclament des indemnisations



Depuis leur évacuation en 2014, à la suite d’une série de tempêtes qui a rogné la côte, les copropriétaires – souvent de modestes retraités et dont 16 sont aujourd’hui morts –, bataillaient pour bénéficier du Fonds Barnier. Créé par une loi de 1995 pour venir en aide lors d’expropriations pour « risques naturels majeurs », ce dispositif prévoit une indemnisation en cas de risque de submersion « imminent ». Mais le tribunal administratif de Bordeaux, la Cour administrative d’appel et enfin le Conseil d’Etat ont successivement débouté les plaignants au motif que le caractère progressif de l’érosion n’a pas directement menacé leur sécurité.
« Nous pourrions relancer une action auprès de la Cour européenne de justice, mais ce serait long et très coûteux et nous sommes las et désabusés », a déclaré au Monde le président octogénaire du syndicat des copropriétaires, Jean-José Guichet. 
« Calendrier parlementaire engorgé »
Sans illusions sur leurs chances de voir aboutir leur action en justice, les anciens habitants du Signal misaient sur la voie législative pour défendre leurs intérêts. Mais depuis janvier 2017, plusieurs propositions de loi sur l’adaptation des territoires littoraux au changement climatiques se sont enlisées à l’Assemblée nationale comme au Sénat.
Une nouvelle proposition de loi sur « l’évolution du trait de côte et ses conséquences » est en cours d’élaboration sous la houlette du « groupe d’études littoral ». Le député de la Gironde Benoît Simian (Gironde, LPM) qui en fait partie, œuvre pour trouver une solution à l’épineux dossier du Signal. « Mais le calendrier parlementaire est engorgé », indique-t-il au Monde. 
Pour autant, M. Simian assure que sur la question spécifique de l’indemnisation des copropriétaires du Signal – dont le montant n’est pour l’heure pas défini –, « personne ne sera lésé ». Les recours judiciaires purgés, il compte sur un réglement « politique » des « urgences environnementales et sociales » liées à l’état de l’immeuble.
« En juin, l’Etat a annoncé prendre à sa charge le désamiantage du Signal qui devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année, rappelle-t-il. Mais la démolition de l’immeuble ne pourra intervenir que lorsque ses habitants auront renoncé à leur droit de propriété, donc après indemnisation. Aussi, j’ai demandé au gouvernement de tout mettre en œuvre pour qu’un accord à l’amiable entre les copropriétaires et l’Etat soit conclu avant la fin de l’année. » Une « solution » sur laquelle le ministère du budget confirme « travailler » mais que les copropriétaires du Signal ne sont aujourd’hui plus guère en position de négocier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Emmanuel Nakoune Yandoko, directeur scientifique de l’institut Pasteur de Bangui, tire les leçons de la récente alerte en Centrafrique.
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Entretien

« Les groupes rebelles doivent être intégrés au réseau de surveillance contre Ebola »

Emmanuel Nakoune Yandoko, directeur scientifique de l’institut Pasteur de Bangui, tire les leçons de la récente alerte en Centrafrique.

Propos recueillis par                                            Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Bangui)




LE MONDE
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        Le 17.08.2018 à 14h54

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        Mis à jour le 17.08.2018 à 16h24






    
Emmanuel Nakoune Yandoko, directeur scientifique de l’institut Pasteur de Bangui, en mai 2018.
Crédits : FLORENT VERGNES / AFP


Une sérieuse alerte a ébranlé l’institut Pasteur de Bangui jeudi 9 août. Alors qu’une nouvelle épidémie d’Ebola sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sept personnes atteintes de fièvre et d’hémorragies ont été signalées à l’hôpital de Mboki, une ville proche de la frontière congolaise.
Le ministère de la santé et l’institut Pasteur, qui sert de centre de référence à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le diagnostic des virus et des fièvres hémorragiques, ont dépêché une équipe d’intervention rapide. Les prélèvements sur les malades ont rapidement permis d’écarter de possibles cas d’Ebola et le dispositif d’alerte mis en place après la dernière grande épidémie survenue en 2014 en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia) a pour la première fois été testé.

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Emmanuel Nakoune Yandoko, directeur scientifique de l’institut Pasteur de Bangui, tire les leçons de l’exercice et insiste sur la nécessité de coopérer avec les groupes rebelles pour prévenir la propagation d’une éventuelle épidémie. 
Pourquoi la ville de Mboki est-elle stratégique dans le dispositif de prévention ?
Emmanuel Nakoune Yandoko Mboki est une sous-préfecture située à 900 km de Bangui, dans le sud-est de la Centrafrique, dans une grande région de forêts quasi inhabitée. La ville se trouve donc au milieu d’un écosystème favorable à l’émergence de maladies à fort potentiel épidémique. Elle possède le seul centre de santé de la région et attirerait en conséquence les populations à la ronde menacées par une épidémie. Des populations locales, bien sûr, mais aussi celles de RDC ou du Soudan du Sud. Or tout le personnel qui était employé à Mboki est parti à Bangui et il ne reste plus qu’un secouriste, mal formé. Car la zone, de par la présence de groupes rebelles, connaît d’énormes problèmes de sécurité.
En quoi la présence de groupes armés accroît-elle les risques de diffusion du virus ?
Les groupes, comme l’Armée de résistance du seigneur (LRA), circulent entre la RDC, l’Ouganda et même le Soudan du Sud. D’autres formations rebelles centrafricaines traversent régulièrement cette zone. Récemment, nous avons reçu des prélèvements effectués sur des rebelles arrêtés en RDC puis extradés à Bangui, et nous avons découvert que 80 % d’entre eux avaient des anticorps dirigés contre le virus Ebola. Cela veut dire qu’ils ont été en contact avec un probable réservoir du virus et qu’ils sont potentiellement des vecteurs de transmission.

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                Dans l’est de la RDC, lutter contre Ebola au milieu des groupes armés



Il est donc essentiel de les sensibiliser. Ces groupes respectent les structures de santé et nous pouvons les mettre à contribution. L’épidémie d’Ebola survenue au Gabon a par exemple clairement montré que l’épisode avait été précédé par une mortalité anormale des animaux, comme les grands singes ou les antilopes. Les rebelles qui circulent dans la forêt pourraient nous alerter de telles situations.
Comment obtenir leur coopération ?
En mettant en place un système de surveillance au sein duquel ils seront intégrés. Pendant notre mission, nous avons rencontré des représentants de ces groupes à Bria et Mboki. Je ne doute pas qu’ils collaboreront, car eux aussi ont peur d’Ebola. Ils consomment de la viande de brousse, qui est une source de contamination. Il est donc dans leur intérêt d’être dans un réseau de surveillance.
Si Ebola est confirmé, quel serait le rôle de l’institut Pasteur de Bangui ?
Il existe un plan de contingentement élaboré par le ministère de la santé avec l’appui de l’OMS. L’institut Pasteur de Bangui a été renforcé en plateau technique, pour permettre de poser les diagnostics et de confirmer les cas. Nous avons également reçu des équipements de protection individuelle. Si un cas est confirmé, nous avons la possibilité de déployer le laboratoire sur le site pour éviter le transport d’échantillons vers la capitale, avec toutes les difficultés que cela implique.

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                En Ouganda, sur la trace des virus tueurs



Nous disposons à Bangui d’un laboratoire de sécurité P3+, avec un système de dépressurisation et une « boîte à gants », qui nous permet de faire face à toutes les menaces, dont les arbovirus comme Ebola ou Marburg. Si un cas était confirmé en Centrafrique, avec les experts de l’OMS et les humanitaires déployés dans le pays, comme Médecins sans frontières, nous aurions les ressources nécessaires pour commencer à prendre en charge les patients infectés en attendant l’aide des autres partenaires internationaux.
Le pays est donc préparé à un risque d’épidémie ?
L’alerte de Mboki a démontré un bon niveau de réactivité. Nous avons réussi à mobiliser l’ensemble des partenaires, dont la Minusca [la mission de l’ONU en Centrafrique], en moins de quarante-huit heures. Mais nous nous sommes rendu compte qu’au sein de l’équipe, tous n’étaient pas bien préparés. A titre d’anecdote, le médecin clinicien qui était censé prendre en charge les patients n’a pas pu mettre sa combinaison parce qu’il était trop stressé. On a été obligé de lui demander de rester à l’extérieur du centre. En situation réelle, le stress est grand. Il est important de former des personnes motivées et courageuses et de multiplier les exercices pour être prêt à d’éventuelles interventions si jamais un cas d’Ebola devait être confirmé.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ L’effondrement de l’édifice, le 23 juillet, qui avait provoqué des dizaines de morts, a poussé le gouvernement de Vientiane a revoir sa stratégie.
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Le Laos gèle tout futur projet de barrage

L’effondrement de l’édifice, le 23 juillet, qui avait provoqué des dizaines de morts, a poussé le gouvernement de Vientiane a revoir sa stratégie.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h05
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


La catastrophe consécutive à la rupture d’un barrage au sud Laos, le 23 juillet, vient de conduire le gouvernement d’un régime au fonctionnement opaque à prendre les mesures qui s’imposaient : tout projet hydroélectrique en attente du feu vert des autorités est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Les barrages en cours de construction vont par ailleurs faire l’objet d’un rapport pour évaluer la solidité de leurs constructions. Telles sont les décisions qui ont été prises lors d’un conseil des ministres extraordinaire, les 6 et 7 août, et dont les médias officiels se sont fait récemment l’écho.
Le bilan du désastre du mois dernier est, officiellement, de 36 morts. Mais le nombre de victimes devrait être beaucoup plus élevé, une centaine - ou des centaines, selon les sources- de villageois de la province d’Attapeu, qui jouxte le Vietnam et le Cambodge, restant portés disparus.

Au lendemain d’un désastre qui avait conduit le premier ministre Thongloun Sisoulith à organiser une conférence de presse, ce qui est exceptionnel. Les autorités laotiennes s’étaient efforcées d’expliquer l’accident par les fortes pluies qui auraient fait déborder le barrage auxiliaire en construction. Mais trois jours plus tard, un responsable de haut rang déclarait anonymement à Radio Free Asia (RFA) que le désastre avait été causé par un défaut de construction . Ce qui revenait à impliquer, outre une compagnie d’Etat laotienne, les entreprises thaïlandaises et coréennes finançant ce projet sur un affluent du Mékong…
La « batterie de l’Asie du sud-est »
La Mekong river commission (MRC), une organisation internationale chargée de coordonner la gestion du bassin du grand fleuve, et qui réunit Vietnam, Laos, Cambodge et Thaïlande, a applaudi, mercredi 15 août, une décision qualifiée de « progressive ». Dans un communiqué, la MRC espère que soit ainsi « inaugurée une ère d’espoirs pour le développement d’un développement plus harmonieux et plus durable de l’une des plus grandes rivières du monde »
Si les promesses du gouvernement laotien sont suivies d’effets, il pourrait s’agir là d’un tournant dans la stratégie de développement de cette nation enclavée où 46 installations hydroelectriques sont déjà en fonctionnement et 54 en construction. Le but affiché du Laos est de devenir la « batterie de l’Asie du sud-est ».

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                Rupture d’un barrage au Laos : le désastre aurait pu être évité



Le régime à parti unique laotien soutient que l’argent généré par la vente d’électricité permettra de réduire la pauvreté. Mais, selon des experts cités par RFA, une partie de cette électricité achetée par les voisins du Laos serait ensuite revendue à ce dernier à des taux plus élevés.
Pour l’heure, il s’agit de prémunir d’autres désastres. Le gouvernement se veut ferme, rapporte le quotidien anglophone officiel Vientiane Times : « toute irrégularité trouvée dans la conception ou la construction d’un barrage devra être immédiatement signalée ».
La catastrophe a suscité des remous, sur internet, dans un pays où nulle dissension n’est tolérée. La semaine dernière, des travailleurs migrants laotiens en Thaïlande ont organisé une -rare- manifestation devant l’ambassade du Laos à Bangkok, demandant que le gouvernement de leur pays assume la responsabilité du désastre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Présenté comme un substitut aux néonicotinoïdes, le sulfoxaflor affecte, lui, la reproduction des mâles et des reines de ce pollinisateur essentiel.
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Un nouveau pesticide nocif pour les bourdons terrestres

Présenté comme un substitut aux néonicotinoïdes, le sulfoxaflor affecte, lui, la reproduction des mâles et des reines de ce pollinisateur essentiel.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h25
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            

Parmi les menaces environnementales qui déciment les insectes butineurs, les pesticides de la famille des néonicotinoïdes occupent une place de choix. Certains ont vu dans un nouveau produit, le sulfoxaflor, commercialisé par Dow Agrosciences, un substitut possible à ces neurotoxiques dits « tueurs d’abeilles », qui s’attaquent au système nerveux des insectes. Hélas ! Une étude publiée le 16 août dans la revue Nature indique qu’il affecte, lui aussi, les colonies d’un pollinisateur important, le bourdon terrestre (Bombus terrestris). Or « 35 % du volume mondial des productions végétales proviennent de cultures dépendantes des pollinisateurs », rappelle Jean-Daniel Charrière, chercheur au Centre de recherche apicole de l’Agroscope, à Berne (Suisse).
Mis sur le marché dans les années 1990, les néonicotinoïdes sont appliqués en enrobage des semences. Mais ils se disséminent rapidement dans l’environnement, où ils persistent de nombreuses années. Leur nocivité sur les pollinisateurs est bien documentée. Par exemple, ce constat alarmant : en Europe, les populations d’insectes volants ont chuté de près de 80 % en moins de trente ans, suggère une étude publiée en 2017.

Au rang des accusés, les nouvelles méthodes de protection des cultures – dont les néonicotinoïdes. Sur cette base, l’Union européenne décidait, le 27 avril 2018, d’en interdire trois (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame). « En Suisse comme en Europe, dès fin 2018, ces trois produits ne pourront plus être utilisés que sous serres fixes fermées », précise Jean-Daniel Charrière. La loi française pour la reconquête de la biodiversité adoptée en août 2016 bannit à son tour les néonicotinoïdes dès le 1er septembre – avec des dérogations toutefois.
Or, « l’intensification de l’agriculture a accru notre dépendance aux pesticides », relève, dans un commentaire publié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Frappé par une mousson dévastatrice, l’Etat du Kerala fait face aux pires crues et glissements de terrain depuis un siècle. Narendra Modi doit survoler la région samedi.
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Dans le sud de l’Inde, des inondations record causent des centaines de morts

Frappé par une mousson dévastatrice, l’Etat du Kerala fait face aux pires crues et glissements de terrain depuis un siècle. Narendra Modi doit survoler la région samedi.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 18h10
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



   


Le Kerala fait « face aux pires inondations depuis un siècle », selon le chef du gouvernement de la région, Pinarayi Vijayan. Alors que l’accalmie sur le front des pluies de la mousson est attendue, au mieux, pour dimanche 19 août, cette contrée du sud-ouest de l’Inde est en train de vivre un désastre comme elle n’en avait pas connu depuis 1924. Des centaines de morts sont déjà recensées depuis le début de la mousson, qui a commencé en juin. Les précipitations ont été supérieures « de 37 % à la normale », indiquent les services de la météorologie nationale.
« On n’a jamais vu ça », explique Manju Sara Rajan, ancienne présidente de la Biennale de Cochin, jointe au téléphone à la faveur du retour momentané du réseau dans le district de Kottayam, célèbre pour ses back waters, un entrelacs de rivières et de canaux qui font la joie des touristes en hiver. « Ma maison est au bord de l’eau, dans un village complètement isolé depuis plusieurs jours. Les seuls moyens d’information dont je dispose sont les réseaux sociaux, WhatsApp et Twitter pour l’essentiel, c’est comme ça que les autorités alertent la population et organisent les secours. »

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L’Etat le plus densément peuplé
Vendredi 17 août, dans la matinée, les averses se sont arrêtées et le niveau de l’eau s’est stabilisé momentanément dans le jardin de Manju Sara Rajan. « J’ai encore les pieds à sec, mais si la pluie recommence, je suis fichue », dit-elle, avouant craindre « un effet cascade », entre les lâchers d’eau intervenus dans quatre-vingts barrages pour éviter qu’ils ne débordent et les centaines d’éboulements de terrain et coulées de boue qui se produisent dans toute la région.
La situation est d’autant plus difficile que le Kerala est l’Etat le plus densément peuplé du sous-continent, avec 860 habitants au kilomètre carré, contre une moyenne de 382 dans le pays. Il abrite un habitat dispersé et compte de très nombreux retraités venus jouir, pour leurs vieux jours, du climat tropical.
A une trentaine de kilomètres plus au nord, la ville de Cochin est complètement noyée et l’aéroport international, qui devait rouvrir au bout de quatre jours, a suspendu toutes ses opérations jusqu’au 26 août, sa piste étant inutilisable. « Ma sœur habite là-bas, dans un immeuble moderne où il n’y a plus ni gaz ni électricité », raconte Manju Sara Rajan, qui a appris la veille que ses enfants resteraient en congé forcé durant encore deux semaines.
Les écoles du Kerala ont été fermées jusqu’au 29 août, date à laquelle devait s’achever Onam, la fête de la moisson. Une fête dont il n’est plus question désormais, plus de 32 000 hectares de cultures ayant été ravagés, majoritairement des rizières. « La priorité du gouvernement régional est de sauver des vies », souligne notre interlocutrice, entre deux passages d’hélicoptères au-dessus de sa tête.
Cent vingt-sept millimètres de pluie en quelques heures
Selon le dernier bilan publié par les services du gouvernement marxiste de Pinarayi Vijayan, 174 morts sont à déplorer depuis dix jours – 324 depuis le début de la saison de la mousson –, et 223 000 personnes ont été mises à l’abri dans un peu plus de 1 500 centres d’accueil, ouverts en urgence. Une bonne vingtaine de ponts se sont écroulés, environ 10 000 km de routes ont été détruits, et plus de 20 000 maisons endommagées. Pour le moment, les dégâts sont évalués à 83,2 milliards de roupies (1 milliard d’euros). En regard de ce montant, l’aide de 1 milliard de roupies évoquée dans un premier temps par New Delhi apparaît « incongrue » vu l’ampleur de la catastrophe, souligne The Hindu, principal journal anglophone du sud de l’Inde.
Le premier ministre, Narendra Modi, doit arriver sur place dans la soirée de vendredi et survolera les zones sinistrées samedi matin. L’armée de l’air est sur le pied de guerre, pour distribuer de la nourriture aux foyers isolés, tandis que les gardes-côtes interviennent jour et nuit. Ces derniers appellent les gens à monter sur le toit de leur habitation quand ils le peuvent ou à sortir à découvert dans des clairières, loin des arbres, afin d’être plus facilement repérés.

   


Camions, autobus et véhicules de grosse taille ont été réquisitionnés, de même que les nombreux bateaux empruntés habituellement par les Keralais vivant au bord des cours d’eau pour se déplacer. Certaines zones sont totalement isolées du monde, comme la région d’Idukki et ses célèbres montagnes de Munnar, où certaines plantations de thé ont été emportées par les eaux. Dans la soirée du jeudi 16 août, il y est tombé 127 millimètres de pluie en l’espace de quelques heures. Même chose pour les villes de Cheruthoni, Chalakudy et Pandalam, où la population est toujours piégée, ainsi que pour les stations balnéaires de Kozhikode et Kannur.
Le phénomène est-il lié au réchauffement de la planète, comme le laissent entendre des experts du climat ? Ces derniers remarquent depuis quelques années de rares inondations destructrices dans une région où la sécheresse devient peu à peu la norme. L’autorité nationale chargée des catastrophes naturelles, la NDMA, fait savoir que la mousson a tué cette année près d’un millier de personnes en Inde, dont 324 au Kerala, 190 en Uttar Pradesh, 183 au Bengale-Occidental et 139 au Maharashtra.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dans ce « Petit manuel de résistance contemporaine », le militant écologiste Cyril Dion, auteur et co-réalisateur de « Demain », appelle à refuser un système qui conduit notre monde à sa perte et à construire celui dans lequel nous voulons vivre.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Sauver la planète, ensemble

Dans ce « Petit manuel de résistance contemporaine », le militant écologiste Cyril Dion, auteur et co-réalisateur de « Demain », appelle à refuser un système qui conduit notre monde à sa perte et à construire celui dans lequel nous voulons vivre.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 08h28
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. On vous répète à l’envi que prendre une douche plutôt qu’un bain permettra d’économiser les ressources hydriques de la planète ? En réalité, 92 % de l’eau utilisée sur la planète l’est par l’agriculture et l’industrie. Vous triez, vous compostez ? Mauvaise nouvelle, les déchets des ménages représentent seulement 3 % de la production totale de déchets aux Etats-Unis et 8,3 % en Europe. Aussi incroyable que cela puisse paraître à tous ceux qui sont habités par un sentiment d’urgence écologique absolue, ce sujet n’attire pas les foules.
d’après de nombreux scientifiques, il ne resterait plus que quelques années pour réagir. Mais comment ?
Les mobilisations contre le changement climatique sont ridiculement faibles et, bien souvent, les néo-écolos « ne savent pas très bien par quoi commencer, s’épuisent dans des petites actions à faible impact, s’épanouissent dans des projets qui ne font pas encore système avec les organisations sociales, politiques, économiques qui les entourent » affirme Cyril Dion. Son ouvrage, Petit manuel de résistance contemporaine, explore les meilleures stratégies pour résister face à un danger « d’une ampleur comparable à celui d’une guerre mondiale ».

Le livre s’ouvre sur un chapitre désagréable, mais indispensable, pour établir la réflexion sur des bases solides. De quelle situation écologique parlons-nous exactement ? Accélération du réchauffement planétaire, disparition de 80 % des insectes en Europe et de 50 % des populations de vertébrés ces quarante dernières années… d’après de nombreux scientifiques, il ne resterait plus que quelques années pour réagir. Mais comment ?
Transformer notre façon de voir
Manifester, signer des pétitions, agir localement, occuper des lieux, boycotter… Toutes ces propositions faites dans d’innombrables ouvrages, articles, émissions et réseaux sociaux « n’ont aucune utilité, ou presque, si elles sont mises en œuvre de façon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Face aux mortalités massives dans les ruches, cette butineuse locale d’une sous-espèce européenne pourrait constituer « une bonne partie de la solution », à condition de pouvoir la sauver.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/08/2018
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L’abeille noire en sursis

Face aux mortalités massives dans les ruches, cette butineuse locale d’une sous-espèce européenne pourrait constituer « une bonne partie de la solution », à condition de pouvoir la sauver.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 13h47
    |

            Angela Bolis








                        



                                


                            

Trouver la reine parmi des centaines d’abeilles agglutinées aux rayons d’une ruche n’est pas chose aisée. C’est pourtant la mission à laquelle s’adonne une poignée d’apiculteurs, cet après-midi-là, au conservatoire de l’abeille noire des Boutières, au fond d’une vallée verte des monts d’Ardèche.
Une fois la reine débusquée, l’essaim sera divisé en trois ruchettes, pour multiplier et faire grossir le cheptel. L’abeille noire, Apis mellifera mellifera, est la sous-espèce locale de l’abeille européenne, qui vit sur un vaste territoire des Pyrénées à la Scandinavie. Une race en voie de disparition, que l’association ardéchoise, comme une dizaine d’autres conservatoires français, s’efforce de sauvegarder.
L’histoire de ce conservatoire remonte aux années 1970, quand Jean-Jacques Canova s’installe en Ardèche et décide de relancer une apiculture en déshérence. L’homme récupère des essaims laissés à l’abandon dans des fermes, ou vivant à l’état sauvage dans de vieux troncs de châtaigniers.
« J’avais autour de 500 colonies, uniquement de l’abeille noire du pays, quand le varroa a frappé, raconte-t-il. On est passés d’une mortalité de 5 % à 30 %, voire 80 % certaines années… » Cet acarien parasite, importé d’Asie, envahit la France au début des années 1980. A ses côtés, les pesticides, la réduction de la biodiversité florale ou encore divers pathogènes forment un cocktail mortifère en cause dans l’effondrement des colonies d’abeilles.
L’abeille locale tombe en disgrâce
Depuis les années 1990 et le début de l’hécatombe, « les choses ont mal tourné, constate Lionel Garnery, chercheur au laboratoire Evolution, génomes, comportement, écologie, du CNRS de Gif-sur-Yvette. Pour reconstituer les cheptels décimés, les apiculteurs ont eu massivement recours à l’importation de reines d’autres sous-espèces ».
L’abeille locale tombe en disgrâce : ni sélectionnée ni élevée pour fournir des reines à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Depuis le mois de juin au Royaume-Uni et en Irlande, les fortes chaleurs ont mis au jour des vestiges archéologiques datant parfois de plusieurs millénaires.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Elles ont été touchées par des inondations et des coulées de boue entre fin mai et début juillet. Les demandes liées aux intempéries de l’été seront examinées dans les prochaines semaines.
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Intempéries : 865 communes en état de catastrophe naturelle

Elles ont été touchées par des inondations et des coulées de boue entre fin mai et début juillet. Les demandes liées aux intempéries de l’été seront examinées dans les prochaines semaines.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h47
   





                        



   


L’état de catastrophe naturelle a été reconnu dans 865 communes touchées par des inondations et des coulées de boue survenues entre fin mai et début juillet, selon un communiqué du ministre de l’intérieur.
L’arrêté, publié mercredi 15 août au Journal officiel, a été pris après étude de la commission interministérielle réunie mi-juillet, qui a traité « 1 766 demandes communales consécutives à cette série pluvio-orageux ».
Les communes concernées par l’arrêté se trouvent en Ile-de-France et notamment dans les départements suivants : Nord, Pas-de-Calais, Finistère, Charente-Maritime, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Landes, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Alpes-de-Haute-Provence, Bas-Rhin et Haut-Rhin, Côtes-d’Armor, Oise.
Deus fois plus de demandes en 2018
« De manière plus générale, le nombre de demandes communales déposées au titre des inondations et des coulées de boue sur le premier semestre de l’année 2018 est 2,5 fois plus important qu’en 2017 » – soit 4 410 dossiers de janvier à juillet 2018 contre 1 747 sur la même période en 2017 –, a précisé Gérard Collomb. Mi-juillet, la Commission a également traité 723 dossiers concernant l’épisode de sécheresse-réhydratation des sols de l’année 2017, ajoute le communiqué.
Le ministre de l’intérieur a salué la rapidité de traitement des demandes de communes, notamment grâce à une « très forte mobilisation des services régionaux de Météo-France et des préfectures concernées ». Après les intempéries survenues cet été, la commission interministérielle étudiera les nouvelles demandes communales dans les prochaines semaines.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ En moyenne planétaire, il s’agit du troisième mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés de températures.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le cycle de l’eau (9/10) : le corps d’un adulte de 75 kg contient entre 45 et 50 litres d’eau. Celle-ci permet à tous nos organes de fonctionner.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le réchauffement va bouleverser la distribution des squales, qui pourraient s’approcher davantage des côtes… à moins de disparaître à petit feu.
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Le changement climatique, prédateur du requin

Le réchauffement va bouleverser la distribution des squales, qui pourraient s’approcher davantage des côtes… à moins de disparaître à petit feu.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h41
    |

                            Clémence Carayol








                        



   


Plusieurs apparitions de requins sur le littoral européen ont suscité un certain émoi cet été : est-il normal que des requins-renards et des requins bleus pointent leur aileron en Corse ou à Marseille ? Un grand blanc a-t-il sa place si près des côtes espagnoles ?
« Ces manifestations sont totalement normales, répond Johann Mourier, requinologue au Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement installé à Moorea (Polynésie française) et à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Ce qui serait plutôt à craindre, c’est de ne plus voir ces prédateurs dans certaines eaux comme celles qui bordent Majorque ou le sud de la France. »
« La connaissance des requins est parfois lacunaire, souligne le chercheur en biologie marine. Pour moi, le spécimen identifié à Majorque n’est pas un grand blanc, mais un requin mako ; les deux appartiennent toutefois à la famille des pélagiques. » Parmi les près de 500 espèces de squales, la distinction majeure réside dans l’aptitude à parcourir de longues distances dans l’océan pour pouvoir trouver un habitat naturel adapté à leur métabolisme.
Les requins pélagiques sont de « grands voyageurs »
Ceux qui en sont le plus capables sont les requins pélagiques, qualifiés de « grands voyageurs au gré des courants » par Johann Mourier. Les bien nommés requins côtiers restent, pour leur part, attachés à un récif ou autre environnement corallien.
« Les requins sont ectothermes : ils ne peuvent pas réguler leur température, explique le chercheur. Ceux qui sont capables de retrouver une niche thermique qui leur correspond seront moins impactés par le réchauffement. » Pélagiques ou côtiers, les squales vont subir de plein fouet le changement climatique : « L’augmentation de la température aura des conséquences sur le métabolisme de l’animal avec une plus grande demande énergique qui le rendra moins efficace. Par ailleurs, le changement climatique va acidifier l’océan et leur fera perdre leur olfaction de chasseur », souligne le requinologue. D’autres facteurs indirects liés au réchauffement, comme la raréfaction de certaines de leurs proies, ne laisse rien présager de bon pour les prédateurs marins.
Johann Mourier note que l’on assiste « déjà à une redistribution de la répartition des requins : le requin à pointes noires et le requin-tigre commencent à apparaître en Méditerranée. En Angleterre, on commence même à voir des grands blancs. » Mais le scientifique est formel : « Parmi les requins, ceux qui ne seront pas capables de se déplacer vont s’éteindre. »
Dominique Barthélémy, conservateur adjoint en charge du milieu vivant à Océanopolis, à Brest, relève par ailleurs « l’augmentation sensible du nombre de baigneurs et de surfeurs tués par des requins-bouledogues sur les côtes de l’île de La Réunion depuis dix ans. Ces derniers y sont de plus en plus nombreux, ce serait lié au changement climatique selon plusieurs scientifiques. »
Le conservateur de l’aquarium de Brest pense lui aussi que des évolutions sont déjà en cours. « La présence de certaines espèces de squales sur des sites où ces animaux étaient rares aura un impact sur d’autres populations animales, et à terme sur les activités humaines comme à La Réunion. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Plus de 100 tonnes d’animaux ont été ramassées sur les plages de l’Etat américain. Un phénomène dû au « karenia brevis », un organisme microscopique.
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Une « marée rouge » décime la population aquatique de la côte ouest de la Floride

Plus de 100 tonnes d’animaux ont été ramassées sur les plages de l’Etat américain. Un phénomène dû au « karenia brevis », un organisme microscopique.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h29
   





                        



   


Les autorités ont décrété, lundi 13 août, l’état d’urgence en Floride, où une « marée rouge » dévastatrice noircit l’eau de mer et tue dauphins, tortues marines et poissons à un rythme effréné. Rien que ce mois-ci, plus de 100 tonnes d’animaux marins ont été ramassées sur des plages désertes et dégageant une odeur nauséabonde aux alentours de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride, normalement très prisée par les touristes.
La marée rouge, red tide en anglais, est un phénomène naturel provoqué par Karenia brevis, un organisme unicellulaire microscopique surtout présent dans le golfe du Mexique. Il relâche une neurotoxine puissante pouvant se propager dans l’air, causant migraines, toux et crises d’asthme chez l’homme.

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Karenia brevis se retrouve tout au long de l’année en faible quantité. Mais si ces organismes se multiplient, le péril est grand pour les animaux. Les tortues marines et les lamantins risquent de respirer leurs neurotoxines ou de mourir en ayant mangé des poissons ou des algues infectés.
L’agriculture industrielle et un mauvais traitement des déchets peuvent favoriser la prolifération des algues toxiques, bleues ou vertes, un autre problème qui touche les eaux de Floride. Et il en serait de même pour la marée rouge, selon des experts.
« Mentalement épuisant »
Le phénomène qui touche actuellement la Floride a commencé en octobre 2017, mais il s’est largement accentué ces dernières semaines, se propageant sur la côte ouest de l’Etat, de Tampa à Naples, sur une distance de 320 kilomètres.
Depuis le 7 août, douze dauphins se sont échoués sur le rivage du comté, tous morts, un bilan équivalent à celui d’une année entière normalement.
« C’est physiquement et mentalement épuisant », lâche Gretchen Lovewell, du Mote Marine Laboratory, en charge d’une équipe recueillant les tortues et les mammifères marins en détresse ou morts.
Conséquences sur le tourisme
L’odeur du poisson en décomposition a fait mal à l’économie locale, privée des millions de dollars de revenu provenant de la pêche et du tourisme en haute saison. « Notre vie, c’est le tourisme ici dans le sud-ouest de la Floride », se lamente Omar Botana, propriétaire d’un commerce de location de bateaux à Bonita Springs, au nord de Naples.
Les riverains touchés espèrent que des mesures vont être prises, comme la construction de lacs de retenue, afin de traiter l’eau, ou une utilisation réduite d’engrais favorisant la prolifération d’algues nuisibles. Après la dernière marée rouge d’envergure, en 2005-2006, les dauphins avaient continué à en souffrir, note Randall Wells.
Seuls deux dauphins auraient été tués à l’époque à cause des toxines. Mais de très nombreux poissons étaient morts, poussant les cétacés affamés à se rabattre sur les filets de pêche, qui représentent pour eux un risque conséquent.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Ces animaux sont dépourvus génétiquement d’un mécanisme de lutte contre des composés organophosphorés neurotoxiques.
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Les mammifères marins désarmés face à certains pesticides

Ces animaux sont dépourvus génétiquement d’un mécanisme de lutte contre des composés organophosphorés neurotoxiques.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 03h26
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 07h47
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



   


L’évolution a permis aux mammifères marins de s’adapter aux conditions extrêmes des fonds marins. Elle n’avait pas prévu l’arrivée en masse, des millions d’années plus tard, des pesticides. Or, contrairement à leurs homologues terrestres, lamantins, dauphins, baleines et phoques ont perdu un mécanisme majeur de défense contre les effets neurotoxiques de certaines substances organophosphorées, comme le chlorpyriphos ou le diazinon, révèle une étude publiée le 10 août dans la revue Science. L’omniprésence de ces composés dans l’environnement constitue, de fait, une menace grave pour ces mammifères marins.
Or, comme le souligne Nathan Clark, chercheur à l’université de Pittsburgh (Etats-Unis) et coordinateur de l’étude, « les mammifères marins, comme le lamantin ou le grand dauphin, sont des espèces sentinelles : leur état de santé peut réellement nous informer sur les problèmes environnementaux qui pourraient nous affecter un jour, nous, les humains. »
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont comparé l’ADN de 58 espèces de mammifères, dont cinq marines et 53 terrestres. Ils ont observé que le gène codant l’enzyme Paraoxonase 1 (PON1) avait été spécifiquement « éteint » chez les mammifères marins – cétacés, siréniens et pinnipèdes. Cette protéine, fonctionnelle chez les hommes et autres mammifères terrestres, permet de lutter contre les lésions cellulaires induites par le stress oxydant. Elle protège également de composés hautement toxiques dérivés des pesticides organophosphorés en les dégradant sous une forme inactive.
Pollution généralisée
Les chercheurs ont alors entrepris de vérifier cette hypothèse biologiquement, en analysant la faculté de détoxification du sang des mammifères marins. Les résultats ont confirmé leur pronostic : en présence d’un dérivé hautement toxique du chlorpyriphos, l’activité enzymatique de cette PON1 « marine » était quasi nulle. A moins qu’en parallèle les mammifères marins aient développé un autre mécanisme biologique – à ce jour inconnu –, permettant de compenser l’inefficacité de PON1 face aux pesticides, ces animaux pourraient se révéler particulièrement sensibles à l’accumulation de ces composés dans leur habitat naturel et dans leur nourriture.
D’autant que cette pollution environnementale est généralisée. A titre d’exemple, les chercheurs soulignent qu’au niveau du comté de Brevard (Floride), là où migrent 70 % des lamantins de la côte Atlantique, des taux importants en chlorpyriphos ont été relevés dans les zones protégées qui côtoient les terres agricoles, notamment après les épandages. En outre, les mammifères marins carnivores, qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire, sont particulièrement exposés à des concentrations élevées en polluants, en raison d’un phénomène dit de « bioamplification ».
Pour Olivier Chastel, écotoxicologue au Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC, CNRS-université de La Rochelle), cette étude prouve qu’il « ne faut pas faire de simplification en termes d’écotoxicologie » si l’on veut avoir une idée juste des impacts des polluants sur la biodiversité. « Il est important de prendre en compte le fait que certaines adaptations, qui ont permis par le passé à ces mammifères de coloniser des milieux marins contraignants, les rendent désormais plus vulnérables à certains dangers non prévus par l’évolution », estime-t-il.
Mais pour quelle raison ces animaux ont-ils évolué de la sorte ? L’hypothèse la plus probable, selon les chercheurs, est qu’il s’agit d’une réponse à l’alternance répétée entre longs séjours en profondeur et remontées rapides à la surface, qui génère un stress oxydant extrême. Compte tenu du fait que l’environnement marin ancestral n’était pas contaminé par des pesticides produits par l’homme, ces conditions particulières auraient conduit à l’apparition de nouveaux mécanismes antioxydants, peut-être plus performants, rendant obsolète l’action de PON1.
Maintenant, afin de mieux cerner l’ampleur de l’exposition des mammifères marins à ces pesticides et de préciser les risques associés, les chercheurs demandent que soient intensifiées les analyses menées dans les habitats naturels et que soient dosés les composés organophosphorés présents dans les tissus des animaux retrouvés morts.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Deux analyses de la mortalité concluent que la baisse récente de l’espérance de vie américaine est liée à un problème « systémique ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/08/2018
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Les Etats-Unis, homme malade des pays du Nord

Deux analyses de la mortalité concluent que la baisse récente de l’espérance de vie américaine est liée à un problème « systémique ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 00h30
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 12h09
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


Les Etats-Unis sont atteints d’une maladie « systémique », et cela devrait inciter les autres pays développés à la vigilance. C’est, en substance, la conclusion de deux études publiées, mercredi 15 août, dans le British Medical Journal. La première, conduite par Steven Woolf (Virginia Commonwealth University), révèle une hausse inquiétante de la mortalité chez les adultes américains d’âge moyen au cours des dix-sept dernières années et singulièrement depuis 2012, où l’espérance de vie américaine a commencé à stagner, avant de décliner à partir de 2015.

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                « Le recul de l’espérance de vie, une nouvelle tragédie américaine »



Cette année-là, indique la seconde étude, conduite par Jessica Ho (University of Southern California) et Arun Hendi (université de Princeton), une douzaine de pays riches dont la France connaissaient simultanément un déclin significatif de leur espérance de vie par rapport à 2014. Brusque et inédite par son caractère collectif, cette chute a cependant été généralement compensée par un rebond l’année suivante, à l’exception du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
Outre-Atlantique, cette baisse de l’espérance de vie enregistrée en 2015 s’est même confirmée en 2016. L’indice pointait alors à 78,6 ans, soit 0,3 an de moins qu’en 2014. Des données préliminaires rendues publiques en mai par l’Associated Press indiquaient que l’année 2017 devait connaître une nouvelle chute de la longévité. Elle serait alors la troisième année d’affilée de déclin – situation sans précédent depuis plusieurs décennies.
Pour comprendre, Steven Woolf et ses coauteurs ont comparé les caractéristiques de la mortalité de la population américaine âgée de 25 à 64 ans, par origine ethnique, entre 1999 et 2016. « Entre 1999 et 2016, les taux de mortalité toutes causes confondues n’augmentent pas uniquement parmi les Blancs, mais aussi chez les Amérindiens », écrivent les auteurs. Les trois autres groupes ethniques étudiés (Noirs, Hispaniques et Asiatiques) ont d’abord connu une baisse de mortalité, qui s’est interrompue entre 2009 et 2011, avant de partir à la hausse.
Premier constat : les overdoses sont la première cause d’accroissement de la mortalité, dans tous les groupes. Les taux de mortalité due à l’utilisation de drogues ou de médicaments augmentent ainsi de plus de 410 % chez les Amérindiens, 150 % chez les Noirs, 80 % chez les Hispaniques…

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Ce sont les stigmates de la crise des opioïdes qui frappe les Etats-Unis depuis la mise sur le marché, au milieu des années 1990, de puissants antalgiques proches de la morphine. Ceux-ci ont plongé dans la dépendance plus de 2 millions d’Américains et entraînent aux Etats-Unis plusieurs dizaines de milliers de morts par an. Ce constat n’est pas nouveau.
Des inégalités sociales fortes
Mais, soulignent Steven Woolf et ses coauteurs, ce n’est pas la seule cause. « Les taux de mortalité à mi-vie, expliquent les chercheurs, ont aussi augmenté pour un large éventail de maladies touchant de multiples fonctions et organes du corps humain. » Chez les Amérindiens, les taux de mortalité entre 25 et 64 ans ont ainsi augmenté pour douze causes différentes, dont les maladies dues à l’hypertension (+ 270 %), le cancer du foie (+ 115 %), les hépatites virales (+ 112 %), les maladies du système nerveux central (+ 100 %)… Suicides, maladies hépatiques liées ou non à l’alcool, tumeurs cérébrales, maladies respiratoires ou métaboliques ou encore obésité font grimper la mortalité dans parfois plusieurs groupes.
Les taux de mortalité augmentent à travers l’ensemble de la population américaine pour une douzaine d’affections. Cela signale, pour les auteurs, que la dégradation de la santé aux Etats-Unis est le fait « de causes profondes et systémiques ». « Nous soupçonnons que l’inégalité croissante des revenus, les déficiences de l’éducation, la fracture sociale et le stress peuvent jouer un rôle important, explique M. Woolf. D’autres facteurs pourraient inclure le manque d’accès universel aux soins, la possession d’armes à feu par la population et les taux élevés d’obésité. »
L’épidémiologiste Philip Landrigan (Boston College), qui n’a pas participé à l’étude, salue des travaux « très solides ». « Les données présentées ne permettent pas de distinguer les déterminants profonds de cette dégradation de l’état de santé des Américains. Mais il est clair que lorsque vous créez des inégalités sociales fortes, vous créez une catégorie de la population qui finit par voir son espérance de vie se réduire, dit-il. Il faut aussi avoir à l’esprit ce que montrent de nombreux travaux : les plus pauvres sont aussi ceux qui sont les plus exposés à presque tous les polluants environnementaux comme le plomb, les pesticides, la pollution de l’air… Ce facteur potentiel est fréquemment négligé. »
En outre, cette détérioration de l’état de santé des Américains intervient alors que le tabagisme est outre-Atlantique à un niveau historiquement bas (environ 15,5 % de la population adulte fumait en 2016) et que la consommation moyenne d’alcool par habitant n’a que marginalement augmenté sur la période étudiée (de 8,25 litres par personne de plus de 14 ans et par an en 1999, à 8,8 litres en 2015).
Une perte « sans précédent »
La seconde étude souligne de son côté la profonde singularité des Etats-Unis au sein d’un échantillon de dix-huit pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les deux scientifiques ont analysé les causes de l’excès de mortalité qui a conduit, entre 2014 et 2015, à une baisse significative de l’espérance de vie dans douze de ces pays – en moyenne 0,21 année perdue pour les femmes et 0,18 pour les hommes.
Selon leurs travaux, les grandes causes de décès ont été les maladies respiratoires, cardiovasculaires, du système nerveux central et les désordres mentaux, et elles ont majoritairement concerné les plus de 65 ans. La sévère épidémie de grippe semble avoir été un facteur déterminant. Aux Etats-Unis, au contraire, la perte d’espérance de vie « s’est concentrée sur des populations d’âges moins avancés », inférieurs à 65 ans. Et la grippe n’y a que peu à voir.
« Des gains monumentaux d’espérance de vie ont été la tendance dominante dans les pays développés à haut revenu tout au long du XXe et du XXIe siècle », notent les auteurs. Toutefois, cette perte importante enregistrée simultanément dans douze pays riches est « sans précédent ».
« Ce pic de mortalité a souvent été attribué aux effets directs et indirects d’une sévère épidémie de grippe, en particulier sur les personnes âgées, écrit Domantas Jasilionis (Institut Max-Planck pour la recherche en démographie), dans un éditorial publié par le British Medical Journal. Il est frappant de constater que les systèmes de santé des pays riches les plus avancés ont été incapables de gérer ce défi imprévu, avec pour conséquence la première réduction de longévité en plusieurs décennies. Cela pourrait être le signe de problèmes plus profonds. »
Pour Jay Olshansky (université de l’Illinois), qui avait prédit, en 2005 dans le New England Journal of Medicine, un renversement imminent de tendance aux Etats-Unis, cela signale aussi que « l’ère où l’on pouvait gagner beaucoup d’espérance de vie est révolue ». Un point toujours débattu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le cycle de l’eau (8/10) : dans la mer, toute la chaîne alimentaire bénéficie des éléments minéraux contenus dans l’eau descendue des montagnes.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ L’épidémie apparue début août dans le Nord-Kivu a fait 42 morts. L’insécurité qui mine la région complique la riposte sanitaire.
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Reportage

Dans l’est de la RDC, lutter contre Ebola au milieu des groupes armés

L’épidémie apparue début août dans le Nord-Kivu a fait 42 morts. L’insécurité qui mine la région complique la riposte sanitaire.


LE MONDE
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        Le 15.08.2018 à 15h05

     •
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        Mis à jour le 16.08.2018 à 06h43






    
Une aide-soignante prend la température d’un enfant avant une campagne de vaccination contre le virus Ebola, le 8 août, près de Mangina.
Crédits : STRINGER / REUTERS


« Nous sommes entre le marteau et l’enclume » : déjà sous la menace d’une multitude de groupes armés, les habitants de Mangina se retrouvent maintenant en première ligne de la nouvelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est dans cette bourgade rurale du Nord-Kivu, à 30 km au nord-ouest de Beni, la capitale provinciale, que l’épidémie a été signalée le 1er août, après six morts au sein d’une même famille.

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Des réservoirs d’eau chlorée ont été installés devant tous les commerces et les marchés. Au total, 32 des 42 décès liés à cette flambée d’Ebola ont été enregistrés dans cette zone de santé de Mangina-Mabalako.
« Je porte des gants pour me protéger de l’épidémie, affirme Jonas Mumbere, 26 ans, taxi-moto. Nos clients commencent à hésiter à monter sur la moto, par peur de contamination. » « Nos clients ne viennent plus depuis cette épidémie, craignant pour leur santé, se désole Elodie Zena, 28 ans, qui se présente comme une professionnelle du sexe. Les agents des relais communautaires nous disent que même la sueur d’une personne infectée peut nous contaminer. Je ne sais plus comment faire pour nourrir mes deux enfants. »
Une dizaine de groupes rebelles
Précautions sanitaires, disparition des contacts physiques, économie ralentie : le tableau habituel de toutes les épidémies d’Ebola. Depuis 1976, c’est la dixième sur le sol congolais, mais « c’est la première fois que la maladie touche une zone très peuplée et en situation de conflit intense », souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    
Des officiers de police protègent un centre de lutte contre le virus Ebola à Béni, au dans la province du Nord-Kivu, le 10 août.
Crédits : AL-HADJI KUDRA MALIRO / AP


« L’insécurité est certainement l’aspect le plus inquiétant que nous devons gérer dans cette crise, explique la docteure Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Nous devons avoir accès à tous les endroits où peuvent se trouver des malades et, inversement, les populations doivent pouvoir rejoindre les centres de santé sans difficultés. » Avec le ministère congolais de la santé, l’OMS étudie les moyens d’avertir les groupes rebelles des risques qu’ils encourent eux-mêmes en entravant le travail des équipes de santé.

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Le Nord-Kivu (6 à 7 millions d’habitants) abrite une dizaine de groupes armés. La région de Beni est plus particulièrement hantée par les rebelles ougandais des Allied Defense Forces (ADF), responsables présumés du massacre de plusieurs centaines de civils depuis 2014. Relativement épargnée, Mangina a accueilli des déplacés fuyant les tueries et les enlèvements attribués aux ADF plus au nord, sur l’axe Beni-Oicha-Eringeti.
« Je suis venue de Kokola en fuyant les atrocités des ADF. Maintenant je suis ici chez ma grande sœur qui est morte d’Ebola. Je ne sais quoi faire, son mari est en isolement au centre de traitement », rapporte Pascaline Fitina, une femme de 36 ans, assise seule la tête entre les mains. « Je ne sais pas où aller car les ADF menacent du côté de Oicha-Eringeti, où il y a d’autres membres de ma famille. Nous sommes entre le marteau et l’enclume, les ADF d’un côté et Ebola de l’autre », soupire Pascal Lukula, 38 ans, cultivateur, père de cinq enfants.
Un décès dans la province de l’Ituri
Les autorités redoutent que les troubles compromettent le déploiement des équipes sanitaires et l’accès aux populations. « La police et l’armée sécurisent les prestataires sanitaires, la nuit comme le jour pendant cette période de riposte [sanitaire], pour éviter les enlèvements, les tueries, etc. », commente un représentant du gouverneur du Nord-Kivu, Ephrem Kasereka.

    
Le corps d’une personne décédée, un cas non-confirmé d’Ebola, est évacué du centre de lutte contre Ebola, à Béni, le 13 août.
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


L’insécurité nourrit également les inquiétudes des partenaires étrangers de la RDC. « Les gens se déplacent en permanence, au gré des vagues de violences successives qui les obligent à fuir. Cela complique énormément la recherche et le suivi des personnes infectées », constate une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Hanna Leskinen.

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Selon cette même source, pour la première fois depuis l’annonce de l’épidémie, un décès a été enregistré en dehors du Nord-Kivu, dans la province voisine de l’Ituri, mardi 14 août. La fin de la précédente épidémie de fièvre hémorragique Ebola, dans la province de l’Equateur (Nord-Ouest), avait été décrétée fin juillet. Elle avait fait 33 morts.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a donné mardi 14 août un statut de protection de haut niveau à ses récifs les plus précieux.
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Une avancée majeure pour les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie

Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a donné mardi 14 août un statut de protection de haut niveau à ses récifs les plus précieux.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 12h29
    |

                            Clémence Carayol








                        



   


Les Américains les nomment « pristines », les derniers récifs coralliens encore quasi vierges. La Nouvelle-Calédonie abrite un tiers des 1,5 % de ces récifs encore épargnés. Chesterfield, Bellona, Pétrie, Astrolabe, Entrecasteaux constituent le précieux habitat d’une biodiversité foisonnante de plus de 2 000 espèces de poissons et 310 espèces de coraux.
Face aux menaces de la pollution marine, du réchauffement des températures et de la surpêche, les autorités calédoniennes ont officialisé, mardi 14 août, leur volonté de doter ces atolls et récifs, qui se trouvent dans le parc naturel de la mer de Corail, d’un très haut niveau de protection.
Au total, 7 000 km2 de réserves intégrales et 21 000 km2 de réserves naturelles sont créés. Désormais, tout prélèvement – pêche, sable, pétrole – sera strictement interdit dans certaines zones et la possibilité de s’approcher de certains atolls et îlots requerra une autorisation préalable – notamment pour les bateaux de tourisme –, voire sera totalement proscrite. Ce sont ainsi la totalité des récifs coralliens isolés et en bonne santé de Nouvelle-Calédonie qui se trouvent sanctuarisés. 

   


Des règles strictes pour la protection du corail
« Il s’agit de la première mesure concrète pour leur protection depuis la création du parc en 2014, affirme sans ambages Christophe Chevillon, chef de projet au sein du Pew Charitable Trusts, une fondation qui milite pour la défense de l’environnement marin. Avant aujourd’hui, le parc naturel de la mer de Corail n’était qu’une coquille vide et ne protégeait pas la biodiversité et l’environnement marin calédonien. »
Le Pew Charitable Trusts et le WWF ont beaucoup œuvré pour que le parc naturel marin de la mer de Corail – qui constitue l’une des plus vastes réserves marines du monde avec 1,3 million de km2  – se dote de règles plus strictes. Le premier s’est notamment investi dans la sensibilisation et l’information du grand public au moyen de stands et d’activités ludiques pour convaincre du bien-fondé de la consécration en zone protégée. L’ONG est aussi un membre actif du comité de gestion du parc, composé entre autres du collège des coutumiers ainsi que celui d’autres institutions calédoniennes.

   


Ce classement « permettra désormais de protéger ces récifs et atolls qui abritent une diversité exceptionnelle en surveillant la zone et en y interdisant tout prélèvement par extraction, tout en limitant l’accès du public », explique Christophe Chevillon. Pour lui, la Nouvelle-Calédonie peut toutefois aller plus loin dans la protection de son environnement marin puisque « les 28 000 km2 mis sous haute protection aujourd’hui représentent moins de 3 % de la totalité de la surface du parc ». Et le biologiste de conclure que la protection des précieux atolls et récifs coralliens « est un travail par étapes, cette délimitation en est le premier pas ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La plainte, déposée par dix familles originaires du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, de Suède et des Fidji, est jugée recevable par la Cour de justice de l’UE.
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Dix familles portent plainte contre l’Europe, accusée d’« inaction climatique »

La plainte, déposée par dix familles originaires du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, de Suède et des Fidji, est jugée recevable par la Cour de justice de l’UE.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h55
    |

            Patricia Jolly








                        



   


La responsabilité de l’Union européenne face au changement climatique va être examinée pour la première fois par la justice. Lundi 13 août, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a en effet jugé recevable l’assignation pour « inaction climatique » déposée le 24 mai contre le Parlement et le Conseil européens par dix familles originaires du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, de Suède et des Fidji.
Ces plaignants estiment que l’objectif de l’Union européenne pour 2030 – une baisse d’au moins 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 – est insuffisant pour garantir leurs droits fondamentaux à la vie, la santé, l’activité et la propriété des populations, ainsi que pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat.
« Nos émissions de CO2 créent des victimes sur le sol européen, explique Marie Toussaint, présidente de Notre affaire à tous, une des associations militant pour la justice climatique qui soutient l’action. Aussi, nous espérons que les juges prononcent une décision qui contraindra l’UE et les Etats membres à tenir leurs engagements oraux. » La reconnaissance de la recevabilité de la requête ne présume en rien de la décision au fond que prendront les magistrats du tribunal de justice de l’UE à une date indéterminée.
Ce recours ne sollicite pas de réparation financière, mais réclame une action ambitieuse de lutte contre le changement climatique
Le Parlement et le Conseil européens disposent maintenant de deux mois pour présenter leur défense. Jusqu’ici, seuls des entreprises ou des Etats avaient été visés par ce type de contentieux, mais jamais un groupement de pays. Ce recours ne sollicite pas de réparation financière, mais réclame une action ambitieuse de lutte contre le changement climatique.

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                Les contentieux climatiques se multiplient dans le monde



« Nous avons toutes les preuves nécessaires pour examiner les conséquences pour les plaignants et le potentiel de l’UE à agir davantage en matière d’action climatique », estime Roda Verheyen, une des trois avocats des familles. Elle a obtenu en novembre 2017 que la justice allemande examine la requête d’un agriculteur et guide de montagne sud-américain. Celui-ci demande compensation à l’énergéticien allemand RWE pour des dommages environnementaux supposément causés dans son pays, le Pérou, par ses émissions globales de CO2. Une série d’expertises est en cours.
Le 30 juillet, la Cour suprême des Etats-Unis a autorisé la tenue d’un procès qui opposera, à partir du 29 octobre, 21 Américains – dont des mineurs – au gouvernement de leur pays qu’ils accusent de bafouer leur droit constitutionnel à « la vie, la liberté et la propriété » et de contribuer au réchauffement en subventionnant le secteur des énergies fossiles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Avec ses élevages à l’ancienne, sans OGM ni fourrage d’ensilage, le pays comble les attentes des consommateurs d’aujourd’hui.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/08/2018
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L’Autriche, championne du « lait de foin », écologique et rentable

Avec ses élevages à l’ancienne, sans OGM ni fourrage d’ensilage, le pays comble les attentes des consommateurs d’aujourd’hui.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 07h12
    |

            Blaise Gauquelin (Pays de Salzbourg, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Karl Neuhofer a les bottes dans le fumier mais la « tête dans la recherche et l’innovation », comme il dit. Certes, l’exploitation de ce producteur de lait à Strasswalchen, dans la région de Salzbourg, correspond en tout point à l’Autriche des cartes postales : il y a les verts pâturages, les vaches « heureuses » qui portent chacune un petit nom, et bien sûr les montagnes en arrière-plan.
Mais il serait dommage de s’arrêter au décor car cet éleveur est un pionnier, à l’origine de l’émergence du « lait de foin », une appellation peu courante en France mais que les Autrichiens connaissent très bien. Dans ce pays prospère où l’écologie n’est pas un vain mot, 15 % de la production laitière est commercialisée sous le label « Heumilch », lié à un savoir-faire spécifique. Ce taux n’est que de 3 % dans le reste de l’Europe.
« On a commencé en 2009, raconte Karl Neuhofer, qui veille sur un troupeau de 80 têtes. Les petits producteurs avaient du mal à écouler leur lait sur le marché. Du coup on a décidé de se regrouper et de s’organiser pour faire de notre méthode de travail traditionnelle un atout de différenciation dans un marché qui était alors totalement saturé. »
Contrairement à d’autres pays producteurs, l’Autriche (8,7 millions d’habitants) avait gardé des fermes reposant exclusivement sur la consommation de foin. Critiquée à l’époque pour avoir raté le coche de la modernisation, elle se retrouve désormais à la pointe d’un mouvement global de retour aux produits authentiques.
A l’opposé du modèle intensif
Huit mille laiteries et soixante fromageries y forment à présent l’unique réseau mondial de production de « lait de foin ». Dans ces fermes, ni tourteaux de soja importés ni aliment fermenté aux effets gustatifs néfastes : à l’opposé du modèle intensif, le foin séché suffit à nourrir les troupeaux, et le bétail bénéficie dans les régions de l’ouest de l’Autriche d’une...




                        

                        

