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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le salaire de Benjamin Smith pourra dépasser le triple de celui de son prédécesseur, ce qui suscite l’indignation à droite comme à gauche.
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Air France KLM : le nouveau directeur général touchera jusqu’à 4,25 millions d’euros par an

Le salaire de Benjamin Smith pourra dépasser le triple de celui de son prédécesseur, ce qui suscite l’indignation à droite comme à gauche.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h58
   





                        



   


La rémunération de Benjamin Smith, nommé directeur général du groupe Air France-KLM, pourra atteindre un montant maximum de 4,25 millions d’euros par an, soit plus du triple de celle de son prédécesseur, a indiqué vendredi 17 août une source proche du dossier.
Cette somme comprend une part de rémunération fixe de 900 000 euros et une part variable en fonction des résultats atteints, d’un maximum de 150 % du salaire fixe (1,350 million), selon la même source. Le reste des 4,25 millions est une rémunération en actions soumise à la réalisation de l’ensemble des objectifs fixés au directeur général.

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En 2017, selon le document de référence du groupe, le montant de la rémunération fixe annuelle de Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe, avait été de 600 000 euros, un montant inchangé depuis sept ans, et sa rémunération variable avait atteint 522 000 euros. Soit un salaire annuel total de 1,122 million d’euros. M. Janaillac avait décidé de renoncer à une partie de sa rémunération variable pour la garder à 510 000 euros, au même niveau de celle qui lui avait été attribuée pour 2016. Il n’avait pas bénéficié d’une rémunération variable pluriannuelle ni de rémunération exceptionnelle.
La part variable de la rémunération de M. Janaillac (80 % de sa rémunération fixe et un maximum de 100 % de cette rémunération) reposait sur plusieurs critères de performances financière et qualitative liés à l’efficacité de la gouvernance et à la réalisation des objectifs stratégiques et de développement fixés.
« Rémunération choquante »
Benjamin Smith, un Canadien de 46 ans qui était jusqu’alors numéro 2 d’Air Canada, a été nommé jeudi directeur général d’Air France-KLM. Le montant évoqué pour sa rémunération a immédiatement provoqué la polémique dans les rangs de la gauche de la gauche, de la droite et de l’extrême droite.
« Pourquoi doit-il gagner trois fois plus que son prédécesseur ? Alors qu’on refuse toute augmentation aux salariés », a demandé le député de La France insoumise Alexis Corbière dans un tweet. « Il faut revenir sur ce salaire mirobolant », c’est une décision « honteuse », a également critiqué le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles sur LCI. Le nouveau patron, Benjamin Smith, est « le même qui va expliquer aux salariés d’Air France qu’il faut aller vers la modération salariale », s’est-il insurgé.
Pour le député UDI Bertrand Pancher, « la hauteur de sa rémunération est choquante », a-t-il dit au Parisien, et il faut une « explication de texte » du gouvernement – sachant que l’Etat détient 14,3 % du capital de la compagnie. La commission du Développement durable à l’Assemblée nationale va auditionner M. Smith en septembre, a précisé M. Pancher.
Le porte-parole du Rassemblement national (RN, ex-FN), Sébastien Chenu, a abondé dans le même sens en dénonçant « un dirigeant étranger poussé par un groupe concurrent, au salaire exorbitant… La France recule, avec la bénédiction d’Emmanuel Macron », en a-t-il conclu.
Au sein de la majorité LRM, le député Aurélien Taché a remarqué que si « le conseil d’administration d’Air France a validé ce salaire, c’est qu’il pense certainement que la compétence et l’expérience de M. Smith le justifient ». Or, le nouveau patron a selon lui « un bilan remarquable » et un « parcours (qui) laisse penser qu’il est vraiment l’homme de la situation ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le socialiste belge refuse la proposition d’Olivier Faure de devenir tête de liste du PS aux élections du 26 mai 2019.
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Paul Magnette : « Pourquoi je ne serai pas le candidat du PS français aux européennes »

Le socialiste belge refuse la proposition d’Olivier Faure de devenir tête de liste du PS aux élections du 26 mai 2019.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 14h43
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

Pressenti par la direction du Parti socialiste (PS) français pour conduire la liste du parti aux européennes, le socialiste wallon Paul Magnette explique au Monde pourquoi il a décidé de décliner cette offre. Le maire de Charleroi préfère se consacrer au parti socialiste francophone belge. Pour lui, le PS doit refuser de « se laisser enfermer dans l’équation simpliste posée par le président Macron : ou bien on est européen avec lui, ou bien on rallie les populistes antieuropéens, de droite ou de gauche ».
Quelles sont les raisons de votre refus ? La proposition du premier secrétaire Olivier Faure n’avait pas de sens, d’après vous ?
Bien au contraire… Indépendamment de ma personne, le fait de tenter d’éviter que les élections européennes soient la juxtaposition de 27 élections nationales et se résument à des débats purement nationaux, ou à un vote sanction pour les pouvoirs en place, est intéressant. L’idée de listes transnationales, portée par Emmanuel Macron et d’autres, l’est tout autant. J’ai toutefois dû indiquer à Olivier Faure que, pour des raisons personnelles, je devais décliner sa proposition, qui m’honorait : je suis candidat à ma réélection comme maire de Charleroi en octobre prochain et, en 2019, les élections européennes se dérouleront, en Belgique, en même temps que les régionales et les législatives, pour lesquelles je jouerai un rôle, sans nécessairement briguer l’exercice d’un mandat.
Pourquoi le PS songeait-il à vous ? En raison de votre positionnement sur le CETA, ce traité commercial eurocanadien que vous contestiez, alors que le gouvernement de Manuel Valls l’approuvait ?
Pas seulement, je crois. On sait que je m’intéresse depuis longtemps aux questions européennes et que, comme beaucoup de Belges francophones, je suis très proche de la France. Il est vrai cependant que le dossier du CETA a illustré la difficulté des socialistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La hausse de 25 % à 2,6 millions de livres, de la rémunération de John Ridding, avait provoqué la bronca chez les salariés du quotidien financier britannique.
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Le patron du « Financial Times » devra rendre son augmentation de salaire

La hausse de 25 % à 2,6 millions de livres, de la rémunération de John Ridding, avait provoqué la bronca chez les salariés du quotidien financier britannique.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h39
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


C’est une petite ligne à la page 20 du rapport annuel du Financial Times, publié discrètement sur le registre du commerce britannique le 27 juillet, qui a mis le feu aux poudres. Conformément à la loi, le salaire du directeur général, John Ridding, y était inscrit : 2,6 millions de livres (2,9 millions d’euros) pour 2017. Soit une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente, de 50 % par rapport à 2015 et de 170 % par rapport à 2012.
De quoi provoquer la bronca chez les salariés. Si le quotidien financier britannique est un journal qui va plutôt bien et est en train de réussir son virage numérique, les budgets sont malgré tout serrés. Les journalistes peinent à faire approuver leurs notes de frais et la trésorerie est surveillée de près. « M. Ridding a empoché 2,6 millions de livres la même année qu’on a demandé au FT d’économiser 2,5 millions de livres sur son budget éditorial, provoquant une réduction de vingt emplois de journalistes », s’agace un syndicaliste, dans un courriel interne que Le Monde s’est procuré.
Mercredi 15 août, M. Ridding a dû reconnaître sa défaite. Quelques heures avant une réunion syndicale qui risquait d’être houleuse, il a annoncé qu’il rendait son augmentation de 510 000 livres. Etant donné qu’il a déjà payé des impôts sur cette somme, il ne retournera précisément que 280 000 livres.
Dans un courriel interne au ton agacé, il s’est d’abord justifié de sa rémunération, soulignant les bons résultats du Financial Times. En particulier, le nombre d’abonnés (en ligne et sur papier) a augmenté de 65 000 personnes en 2017, à 910 000. Puis, M. Ridding admet : « Bien que nos résultats aient été solides, je reconnais que la taille du bond dans ma rémunération en 2017 paraît anormale et a provoqué la contrariété. De nombreuses décisions importantes me reviennent, mais le dur travail collectif du FT sous-tend notre succès. »
Un soupçon d’hypocrisie
Lequel succès reste cependant mince : d’après le bilan 2017, le bénéfice opérationnel de la bible de la City était de 4 millions de livres. Le salaire de son patron représentait donc plus de la moitié de ce bénéfice. Le Financial Times, qui a été racheté par l’entreprise de presse japonaise Nikkei en 2015, rétorque que les résultats publiés au registre du commerce britannique sont incomplets, ne comprenant pas l’ensemble des ressources internationales : le vrai bénéfice opérationnel serait de 20 millions de livres.
Quelle que soit la vérité des chiffres, l’augmentation du salaire de M. Ridding a provoqué le malaise. Elle pointe aussi vers un soupçon d’hypocrisie, le Financial Times se montrant régulièrement dur contre l’envolée des salaires des grands patrons. Le 1er janvier de cette année, son éditorial était limpide. « Le capitalisme a besoin d’un nouveau contrat social. (…) Les salaires disproportionnés des patrons restent une menace incendiaire pour la confiance (envers les entreprises). Les sociétés, leurs conseils d’administration et les patrons doivent faire preuve de sens de la mesure et d’autocontrôle s’ils veulent éviter de se voir imposer des limites législatives plus lourdes. » On ne saurait mieux dire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Après les attaques du gouvernement italien contre l’Autostrade per l’Italia, le titre de sa maison mère s’est écroulé de 25%, jeudi, à la Bourse de Milan.
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Atlantia et sa filiale, Autostrade per l’Italia, gestionnaire du viaduc Morandi, dans la tourmente

Après les attaques du gouvernement italien contre l’Autostrade per l’Italia, le titre de sa maison mère s’est écroulé de 25%, jeudi, à la Bourse de Milan.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 16h16
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


C’est la curie pour Atlantia et Autostrade per l’Italia, sa filiale qui gère l’autoroute et le viaduc Morandi, qui s’est écroulé mardi 14 août. Jeudi, le gouvernement italien a déclaré la guerre à la société italienne. Après plusieurs attaques du premier ministre, Giuseppe Conte, et des poids lourds du gouvernement, le vice-ministre des transports, Edoardo Rixi, a précisé à Reuters que l’exécutif transalpin étudiait trois possibilités pour Autostrade : « La révocation totale de la concession, la révocation de la section A10 ou une pénalité, mais une pénalité de 150 millions d’euros [prévu par le contrat] est trop faible. »
Ces déclarations ont créé un vent de panique à la Bourse de Milan, où le concessionnaire est coté. L’action Atlantia s’est écroulée de 25 % en séance, jeudi. Alors que la capitalisation du groupe, qui gère des autoroutes en Italie, au Chili ou encore en Pologne et des aéroports, tutoyait fin 2017 les 22 milliards d’euros, il affichait en fin de journée une capitalisation de 16 milliards d’euros.
Dans un communiqué, ce groupe de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, détenu pour 30 % par Edizione, la holding de la famille Benetton, a souhaité rassurer ses actionnaires. La société a dénoncé des annonces « faites en l’absence de toute contestation spécifique » et « de toute certitude sur les causes effectives » du drame. Et dans l’hypothèse d’une révocation de la concession, « il revient au concessionnaire d’évaluer la valeur résiduelle de la concession, une fois les éventuelles pénalités déduites », a prévenu Atlantia. Selon des médias italiens, le coût pour l’Etat de cette révocation se chiffre en milliards d’euros.

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Une entreprise déployée à l’international
Pour Atlantia, cet accident pourrait marquer un coup d’arrêt pour son développement. Privatisée en 1998, Autostrade gérait 2 850 km de voies (soit 50 % du réseau italien). Depuis, la société dirigée par Giovanni Castellucci s’est déployée à l’international en acquérant quelque 2 000 km d’autoroutes concédées par le Brésil, le Chili ou encore l’Inde.
A l’image du français Vinci, le concessionnaire italien se tourne à partir de 2013 vers les aéroports. Il remporte la concession des deux aéroports romains, Fiumicino et Ciampino, avant de décrocher, en consortium avec EDF Invest, celle de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur moyennant un chèque de 1,22 milliard d’euros. Dernièrement, Atlantia a racheté la part de 15,5 % de Goldman Sachs dans Getlink (nouveau nom d’Eurotunnel). Le groupe transalpin ne devrait pas s’arrêter là en France.

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Alors qu’il souhaitait acquérir des autoroutes françaises lors de la privatisation de 2007, son offre avait été retoquée. Onze ans plus tard, il revient. En mettant la main, en consortium avec l’espagnol ACS, sur le groupe Abertis, il détient désormais la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef). La société pourrait également se positionner pour la privatisation de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Depuis l’accident de Gênes, l’Etat sera particulièrement vigilant sur cette candidature.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Poursuivies pour « extrémisme » après de simples conversations politiques, les jeunes filles viennent d’être libérées. Mais, assignées à résidence, elles risquent douze ans de prison.
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Anna et Maria, symboles de la répression en Russie

Poursuivies pour « extrémisme » après de simples conversations politiques, les jeunes filles viennent d’être libérées. Mais, assignées à résidence, elles risquent douze ans de prison.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h55
    |

                            Intérim








                        



   


Sur le service de messagerie sécurisé Telegram, elles échangeaient librement quelques commentaires politiques. Et, dans les McDo de Moscou, elles se retrouvaient entre amis, osant partager en public de vagues avis critiques contre le Kremlin de Vladimir Poutine.
Arrêtées et poursuivies pour avoir créé une « organisation extrémiste », Anna Pavlikova, 18 ans, et Maria Doubovik, 19 ans, risquent désormais jusqu’à douze ans de prison. Les jeunes hommes délateurs qui avaient infiltré leurs discussions, eux, ont disparu des radars de la justice. Ils travaillaient pour les services de sécurité, ceux-là mêmes qui, depuis des mois, ont pour mission de traquer les jeunes tentés par toute forme de rébellion.
« Anna et Maria sont loin d’être un cas isolé. Naïves et innocentes, elles parlaient d’une autre Russie. Aujourd’hui, elles sont devenues le symbole de la répression. Le message du Kremlin est clair envers les jeunes : voyez ce qui vous attend si vous osez critiquer le pouvoir… », explique Olga, l’une de ces mères anonymes qui, mercredi 15 août, se sont rassemblées dans le centre de Moscou pour une marche en soutien aux deux jeunes filles. Sous la pluie battante, elles étaient quelques centaines, serrant sous leurs parapluies des peluches, symboles des enfants que « nous voulons protéger face à l’Etat policier ».

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La manifestation se voulait apolitique, sans slogan ni pancarte. Mais elle n’avait pas été autorisée par les autorités municipales. Les organisatrices, - actrices, journalistes et autres figures féminines de la société civile -, avaient d’ailleurs reçu des avertissements. La police s’est pourtant montrée discrète. Et aucune manifestante n’a été arrêtée.
Santé détériorée
Le Kremlin, lui, se garde bien de commenter l’affaire. Mais, alors que le cas d’Anna Pavlikova et de Maria Doubovik, incarcérées depuis cinq mois, mobilisait ces derniers jours les réseaux sociaux des milieux d’opposition, les autorités ont préféré jouer l’apaisement. D’autant plus que, pendant leur détention, la santé des deux jeunes filles s’est détériorée.
Face à la protestation montante, les enquêteurs et le parquet viennent du coup de soudainement changer d’avis : ils ont demandé à mettre fin à la détention provisoire des deux adolescentes. Une recommandation suivie à la lettre par la justice qui a ordonné jeudi 16 août, dès le lendemain de la marche de soutien, la libération d’Anna et de Maria. Dans l’attente de leur procès prévu en septembre, elles sont désormais assignées à résidence.
Depuis l’an passé, des centaines d’adolescents rejoignent régulièrement les manifestations du leader de l’opposition Alexeï Navalny. Certains sont devenus très actifs sur les réseaux sociaux. Mais police et justice veillent. Ces derniers mois, se sont ainsi multipliées les poursuites pour « extrémisme » contre de jeunes internautes. Parfois pour une simple « like ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Devenue un « laboratoire de l’immigration en Catalogne », la petite ville où vivaient les auteurs des attaques d’août 2017 a du mal à trouver des réponses.
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Le malaise de Ripoll, un an après les attentats de Barcelone

Devenue un « laboratoire de l’immigration en Catalogne », la petite ville où vivaient les auteurs des attaques d’août 2017 a du mal à trouver des réponses.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h07
    |

            Isabelle Piquer (Ripoll (Catalogne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« On a très envie d’oublier », confie Josep Joan, un ancien professeur de latin qui vient de finir ses emplettes près de la place principale de Ripoll, « mais en même temps on voudrait comprendre, car on se demande toujours comment ça a pu se passer ici, alors que tout le monde se connaît ».
Un an après les attentats qui, les 17 et 18 août 2017, tuèrent 16 personnes et firent 155 blessés dans le centre de Barcelone et dans la localité balnéaire de Cambrils, en Catalogne, Ripoll, une petite ville de 10 000 habitants au pied des Pyrénées, cherche à panser ses blessures et à trouver des réponses.

C’est ici que vivaient les six auteurs des attaques, dont Younes Abouyaaqoub, le conducteur la camionnette qui faucha mortellement des promeneurs sur les célèbres Ramblas. Enfants d’immigrés marocains, âgés de 17 à 24 ans, apparemment sans histoires, ils avaient été fanatisés par un imam marocain de 44 ans, Abdelbaki Es Satty, installé dans la commune depuis 2015.
Depuis les attentats, la municipalité de Ripoll tient à souligner qu’il ne s’est produit aucun incident raciste. « Il y a quelques mois, au marché, j’ai aperçu la mère de Younes, je l’ai reconnue car je l’avais vue à la télé, personne n’a eu de gestes d’hostilité envers elle », raconte Josep Joan.
« Ça nous a fait un choc »
La décision de la justice espagnole de lever partiellement le secret de l’instruction fin juillet a renforcé le malaise de Ripoll. Les images et les verbatim du dossier publiés par la presse ont rouvert toutes les blessures. On y voit trois des « djihadistes de Ripoll » manipulant des ceintures d’explosifs, revendiquant « leur haine du koufar » (infidèle) et promettant, entre éclats de rire, « l’enfer pour les ennemis d’Allah ».
« Nous les considérions comme des victimes secondaires car on leur avait lavé le cerveau mais les voir revendiquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Malte a annoncé que l’Italie allait héberger vingt  réfugiés de l’«  Aquarius », contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur.
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Entre deux Tweet xénophobes, Salvini accueille des migrants

Malte a annoncé que l’Italie allait héberger vingt  réfugiés de l’«  Aquarius », contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 17h08
    |

            Jean-Baptiste Chastand et 
                                Margherita Nasi (Rome, correspondance)








                        



   


Pendant que l’Italie compte ses morts à la suite de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, trouve tout de même l’occasion de se réjouir. « Une bonne nouvelle dans une journée aussi triste. L’Aquarius ira à Malte et les immigrés à bord seront distribués entre Espagne, France, Luxembourg, Portugal et Allemagne, mais pas en Italie, comme promis. Nous avons suffisamment donné. Des mots aux faits ! », poste le leader de la Ligue (extrême droite) sur Facebook, le jour du drame, mardi 14 août.
Mais, malgré l’obsession de M. Salvini pour les hashtags #portsfermés #cœursouverts, il semble bien que l’Italie va finalement participer à l’effort et héberger vingt migrants recueillis par l’Aquarius. « A la suite de l’annonce de cinq pays membres qui ont joint leurs efforts pour se répartir les immigrants à bord de l’Aquarius, le gouvernement italien a contacté le gouvernement maltais pour participer à l’initiative », a ainsi déclaré, mercredi, La Valette, dans un communiqué.
Affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), le navire humanitaire vient finalement d’être autorisé à accoster dans le port de La Valette, à Malte, après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord.
Un sacré retournement
Si la nouvelle n’a pas été confirmée officiellement par le ministère de l’intérieur italien, plusieurs journaux ont assuré en avoir obtenu confirmation par des sources internes. Un sacré retournement pour un ministre qui ne passe pas un jour sans se répandre en saillies xénophobes sur les réseaux sociaux. Le 12 août, il proposait de remettre un « prix » à la conductrice d’un train milanais. Cinq jours plus tôt, celle-ci avait livré une invraisemblable annonce à ses passagers : « Gitans : descendez au prochain arrêt, parce que vous cassez les couilles ! »
Le 14 août, sur Twitter : « Les autorités tunisiennes ont arrêté 9 EXTRÉMISTES ISLAMIQUES qui tentaient d’embarquer dans un bateau pour rejoindre l’Italie. » Démenti immédiat des autorités tunisiennes : « D’après l’enquête, il n’y a aucune intention de terrorisme contre l’Italie dans cette tentative d’immigration clandestine », assure le porte-parole de la garde nationale tunisienne, Houssem Eddine Jebabli.

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Mais, en bon troll, M. Salvini préfère ignorer ses contradicteurs que de s’expliquer sur ses contradictions. Plutôt que de s’exprimer sur les vingt migrants de l’Aquarius, il s’en est pris, mercredi, à un autre bateau, sur Facebook. « J’ai le devoir de vous annoncer qu’un navire avec 170 migrants, en difficulté dans les eaux maltaises, est non seulement ignoré, mais est accompagné dans les eaux italiennes, par les autorités maltaises, poste Salvini. Si ça, c’est l’Europe, ce n’est pas mon Europe. L’Italie a déjà accueilli, et dépensé, suffisamment. Que ce soit clair pour tous. Surtout pour Bruxelles. » Le ministre de l’intérieur maltais a répliqué jeudi soir en affirmant que ce bateau avait refusé son aide et « ne présentait pas de signe de détresse » quand il est passé dans sa zone de sauvetage.
C’est finalement un navire de gardes-côtes italien, le Diciotti, qui les a sauvés, sans attendre le feu vert de Rome. Dans cette confusion volontairement entretenue par Salvini, ses services ont choisi jeudi soir de faire planer la menace d’une nouvelle volte-face sur le dossier de l’Aquarius : « Les partenaires européens comptent laisser l’Italie seule en lui imposant un bateau avec 170 personnes. Si c’est vraiment leurs intentions, Rome remettra en question la possibilité de participer à la redistribution des personnes qui étaient à bord de l’Aquarius, comme l’a annoncé Malte au cours des dernières heures », assure le ministère dans un communiqué, reconnaissant implicitement les négociations avec Malte. Tandis que sur les réseaux sociaux, les adeptes de Salvini s’en prenaient vertement au capitaine du Diciotti.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après l’effondrement, mardi, du pont Morandi, 50 000 emplois sont menacés dans le port génois, le poumon économique de la Ligurie.
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Gênes, premier port italien, et la Ligurie fragilisés

Après l’effondrement, mardi, du pont Morandi, 50 000 emplois sont menacés dans le port génois, le poumon économique de la Ligurie.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h19
    |

                            Margherita Nasi (Gênes, Italie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A ceux qui voudraient connaître la puissance de Gênes, l’écrivain italien Ambrogio Bazzero suggérait d’aller « goûter la grandiose poésie de son port ». Cet immense complexe de 22 km ingurgite et recrache chaque année 69 millions de tonnes de marchandises, et 2,6 millions de conteneurs. Mais, depuis le 14 août, le plus grand port industriel et commercial de la péninsule est silencieux. Les grues s’affairent un peu plus loin : autour du pont Morandi, on continuait, jeudi 16 août, de déblayer les décombres à la recherche de disparus. Le bilan provisoire a été porté à trente-huit morts et quinze blessés, dont cinq toujours dans un état grave. Samedi matin, une cérémonie de funérailles se tiendra à la Fiera de Gênes, un centre d’expositions. Mais, pour la cité portuaire, le deuil risque d’être bien plus long.
Avec l’écroulement du pont Morandi, c’est l’économie d’une région entière qui menace de s’effondrer. « Ce viaduc était un symbole de la ville, on l’appelait le pont Brooklyn. Mais c’était surtout un pilier pour l’économie ligure », explique Mario Ghini, secrétaire régional du syndicat UIL (Union italienne du travail). Pas moins de 25,5 millions de véhicules y transitaient chaque année, et le trafic devait augmenter de 30 % d’ici à 2050, selon les estimations de la société Autostrade per l’Italia, qui gère l’autoroute et le pont Morandi. Dans un communiqué, la Confédération italienne des syndicats de travailleurs (CISL) s’inquiète pour l’avenir du port et des entreprises : « Il faut éviter que ce drame se répercute sur le travail et les familles génoises innocentes. »

Mais les Génois s’alarment déjà. Marcello patiente près de son taxi devant la gare ferroviaire de Brignole. Dans l’attente de clients, il commente l’actualité. « Heureusement que le pont n’est pas tombé cet automne, cela aurait été un carnage. Ce viaduc, tout le monde l’empruntait : les habitants pour traverser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le pont du Général-Rafael-Urdaneta, à Maracaibo, a été conçu par Riccardo Morandi cinq ans avant l’ouvrage italien qui s’est partiellement effondré mardi à Gênes.
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Au Venezuela, un autre pont Morandi suscite la crainte

Le pont du Général-Rafael-Urdaneta, à Maracaibo, a été conçu par Riccardo Morandi cinq ans avant l’ouvrage italien qui s’est partiellement effondré mardi à Gênes.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Plus ancien et près de huit fois plus long que son « jumeau » de Gênes, le pont Morandi de Maracaibo, au Venezuela, inquiète après la tragédie italienne, d’autant qu’un incendie du réseau électrique circulant sur cette structure vient de s’y produire.
Long de 8 678 mètres, contre 1 182 pour celui de Gênes, le pont à haubans du Général-Rafael-Urdaneta, également conçu par Riccardo Morandi, a été inauguré en 1962, soit cinq ans avant l’ouvrage italien qui s’est partiellement effondré mardi 14 août, faisant 39 morts. Conçu à l’origine exactement de la même manière que son jumeau génois, le pont de Maracaibo s’en différencie toutefois nettement depuis 1964. Après que le pétrolier Exxon s’eut échoué contre deux des piles du pont, engendrant leur effondrement, les haubans en béton du pont avaient été remplacés par de plus classiques haubans en acier.
Ce pont, seul axe qui traverse le vaste lac de Maracaibo, est resté fermé de vendredi à lundi après l’incendie d’une armoire électrique située à une de ses extrémités. A cet endroit passe le réseau qui alimente la deuxième ville du Venezuela et cœur battant de l’industrie pétrolière du pays.

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Quelque quatre millions d’habitants de la zone ont été privés d’électricité et pratiquement isolés du reste du pays, où les coupures de courant sont fréquentes. Le gouvernement dénonce un acte de « sabotage », une thèse fréquemment utilisée par le camp du pouvoir pour expliquer les dysfonctionnements au Venezuela, secoué par une grave crise politico-économique. En milieu de semaine, l’accès au pont était toujours limité en raison des réparations. Au Venezuela, les routes sont exclusivement contrôlées par l’Etat.
Rapport d’experts en cours
A la suite de l’incendie, antérieur à l’accident de Gênes, des experts de l’université de Zulia, à Maracaibo, le Centre des ingénieurs et la Chambre de la construction préparent un rapport sur l’état de cet ouvrage qui sera remis au gouvernement. « Nous n’allons pas émettre un diagnostic irresponsable (…) et ne pas tomber dans le sensationnalisme », a assuré à l’Agence France-Presse (AFP) Enrique Ferrer, président de la Chambre de la construction. Il s’agira d’un travail réalisé à titre gratuit dont le but sera de « rassurer la population », a-t-il ajouté.
Au-delà de cet incident, celui qui fut le pont le plus long du monde à sa construction en 1962 inquiète. Selon Marcelo Monot, ex-président du Centre des ingénieurs de Zulia, les pylônes n’ont pas été inspectés depuis plus de deux décennies. En outre, « le système de pesage ne fonctionne pas depuis des années : le poids des camions n’est donc pas vérifié, ce qui représente un risque. »
Une alternative au pont de Maracaibo, le pont Nigale, est en construction depuis plusieurs années, mais « seuls 17 % ont été réalisés en douze ans », explique M. Monot. Cet ouvrage inachevé fait partie des chantiers d’Odebrecht, géant du BTP au cœur d’un scandale de corruption qui éclabousse toute la région. Ce fleuron brésilien du bâtiment a reconnu avoir versé durant des années des pots-de-vin pour obtenir des chantiers à travers l’Amérique latine.

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Par ailleurs, le pont Wadi Al-Kuf, troisième « pont Morandi » du monde, a été fermé par les autorités libyennes en 2017, à la suite d’inspections identifiant de potentielles failles dans le pont et mettant en danger ses usagers. Construit entre 1965 et 1972, il s’agit du second pont le plus haut d’Afrique, culminant à 160 mètres de hauteur, pour un coût de 5,3 millions de dollars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le 17 août 2017, un djihadiste au volant d’une camionnette avait foncé sur la foule dans le centre-ville, tuant seize personnes. Une cérémonie se déroulera, vendredi, en haut des Ramblas.
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Un an après les attentats, Barcelone rend hommage aux victimes

Le 17 août 2017, un djihadiste au volant d’une camionnette avait foncé sur la foule dans le centre-ville, tuant seize personnes. Une cérémonie se déroulera, vendredi, en haut des Ramblas.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 17h13
   





                        



   


Barcelone rend hommage, vendredi 17 août, aux victimes des attentats qui ont fait 16 morts et 155 blessés, il y a un an. Une cérémonie solennelle et sans discours se déroulera à 10 h 30 sur la place de Catalogne en haut des Ramblas, en présence des proches des victimes et des principales autorités du pays, dont le roi, Felipe VI, et le chef du gouvernement, Pedro Sanchez.
Avant cette cérémonie, des fleurs seront déposées sur la mosaïque de l’artiste barcelonais Joan Miro au centre des Ramblas, là où s’est achevé le parcours meurtrier de la camionnette de Younes Abouyaaqoub sur la célèbre avenue.
A 16 h 30, le 17 août 2017, ce Marocain de 22 ans s’était lancé au volant du véhicule sur l’artère, tuant quatorze personnes, avant d’abandonner la camionnette. Disparaissant dans la cohue d’un marché, il avait volé une voiture, tuant le conducteur, avant d’être abattu par la police après quatre jours de cavale, non loin de Barcelone.

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Quelques heures après l’attaque sur les Ramblas, cinq de ses complices l’avaient imité dans la nuit du 17 au 18 août en fauchant des passants dans la station balnéaire de Cambrils, au sud de Barcelone, avant de les attaquer au couteau. Une femme est morte après avoir été poignardée.
« Nous n’avons pas renoncé à nos valeurs »
« Nous n’avons pas renoncé à nos valeurs et à nos convictions qui, un an après, sont plus fortes que jamais. Nous sommes et nous serons une ville de paix, une ville courageuse qui oppose l’amour à la terreur », a déclaré jeudi, à la veille de l’hommage, la maire de Barcelone, Ada Colau, les yeux remplis de larmes au moment d’égrener le nom des victimes.
Ce double attentat avait été revendiqué par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI). Mais les enquêteurs ont cherché en vain jusqu’à présent des liens entre la cellule née à Ripoll, au pied des Pyrénées catalanes, où un imam a radicalisé une dizaine de jeunes d’origine marocaine, et des responsables à l’étranger.

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Passés à l’acte dans l’improvisation après l’explosion accidentelle d’une villa où ils confectionnaient des explosifs, dans laquelle l’imam est mort, ces djihadistes se préparaient pour un attentat de bien plus grande envergure avec comme cibles potentielles la basilique de la Sagrada Familia, le Camp Nou (stade du FC Barcelone) ou la tour Eiffel.
Querelles politiques
Ces attaques ont provoqué un immense émoi au sein de la société espagnole mais ont été très vite éclipsées par les tensions politiques entraînées par la tentative de sécession de la Catalogne en octobre.
Un an après, les querelles ont ressurgi en raison de la présence, vendredi, du roi, Felipe VI, qui avait été sifflé l’an dernier par les indépendantistes lors de la manifestation ayant suivi l’attentat. Les associations indépendantistes n’ont pas appelé à des rassemblements contre le souverain mais ont organisé des hommages parallèles aux victimes, pour ne pas être à ses côtés.
Sur l’emblématique avenue des Ramblas, une banderole réclamant la libération des leaders catalans incarcérés pour leur rôle dans la vaine déclaration d’indépendance a été déployée. « Sans eux, cette cérémonie est une supercherie », y était-il écrit. Une autre banderole contre le roi d’Espagne, Felipe VI, a été installée sur un immeuble de la place de Catalogne. « Le roi d’Espagne n’est pas le bienvenu dans les pays catalans », affirmait-elle en anglais, à côté d’un portrait du monarque la tête en bas.
Dans ce climat, les proches des victimes ont appelé les autorités à honorer la mémoire des victimes en mettant de côté les conflits politiques. « Nous demandons à la classe politique d’observer une trêve », a insisté Robert Manrique, de l’association d’aide aux victimes UAVAT.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Presque trente ans après la révolution de 1989, la corruption reste enracinée en Roumanie, où les manifestants proeuropéens réclament le respect de droits élémentaires, s’indigne Daniela Lavinia Bîciu, opposante au gouvernement.
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« La transition démocratique toujours inachevée de la Roumanie »

Presque trente ans après la révolution de 1989, la corruption reste enracinée en Roumanie, où les manifestants proeuropéens réclament le respect de droits élémentaires, s’indigne Daniela Lavinia Bîciu, opposante au gouvernement.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 06h30
    |

Daniela Lavinia Bîciu (Consultante auprès des institutions européennes)







                        



                                


                            

Tribune. L’opinion internationale a pris connaissance de la situation préoccupante régnant en Roumanie où, depuis plus d’un an, la population excédée proteste contre les abus du gouvernement. Le 10 août, la tension a atteint un point culminant, avec une intervention en force de la gendarmerie contre les manifestants venus à Bucarest, en majorité des Roumains établis à l’étranger, pour protester de nouveau contre le comportement du Parti social-démocrate (PSD, héritier du PC) au pouvoir. Près de 500 personnes ont été blessées ou ont dû recevoir une assistance médicale d’urgence. Les gendarmes ont multiplié les brutalités et ont utilisé du gaz lacrymogène ou du spray irritant contre la population, y compris femmes, enfants et personnes à mobilité réduite. Tous étaient là pour en finir avec une corruption endémique, pour dire « assez » au gouvernement, demander sa démission et des élections législatives anticipées. Un seuil psychologique important a été franchi : la compréhension que ce gouvernement utilisera tout moyen, y compris la force envers ses citoyens, pour garder le pouvoir.
La démonstration de la diaspora, la première de ce type, montre que les distances ne sont plus une barrière lorsqu’il faut agir pour la démocratie. Le gouvernement a compris cette réalité autrement, en invoquant des théories du complot pour mobiliser sa garde prétorienne contre ses citoyens. Invoquant en permanence ses scores électoraux, le PSD oublie que l’abstentionnisme a été le principal élément de son succès. Aux élections législatives de décembre 2016, la faible participation des jeunes, désabusés par la politique, d’une partie des intellectuels et de la classe urbaine, entre autres, a permis aux sociaux-démocrates de gagner la majorité d’une minorité. Le pouvoir a su surfer sur la peur de la mondialisation à vitesse différenciée, sur l’ignorance, sur l’isolement des milieux ruraux, sur le manque d’information et sur la nostalgie de certains du temps...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Devenir propriétaire de l’autre côté des Pyrénées pour un acheteur français est moins facile qu’il n’y paraît (3/3).
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Ce qu’il faut savoir pour acheter en Espagne

Devenir propriétaire de l’autre côté des Pyrénées pour un acheteur français est moins facile qu’il n’y paraît (3/3).



Le Monde
 |    17.08.2018 à 06h15
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Pour un achat immobilier, la principale différence entre la France et l’Espagne réside dans le rôle du notaire. Quand les notaires français procèdent à toutes les vérifications juridiques, administratives et urbanistiques sur le bien immobilier avant la vente, leurs homologues espagnols ne sont pas censés vérifier ces informations. La vérification de l’authenticité de la propriété revient à l’acheteur. Il lui revient aussi le droit de choisir le notaire.
« Il est fortement conseillé de faire appel à un avocat pour éviter les mauvaises surprises », Caroline Zak immobilier-en-espagne.com
C’est donc ce dernier (ou plutôt son avocat ou son conseiller) qui doit s’assurer, par exemple, que le cadastre est bien respecté et qu’il n’existe pas d’hypothèque sur le bien vendu. « C’est pourquoi il est fortement conseillé de faire appel à un avocat pour éviter les mauvaises surprises », conseille Caroline Zak, directrice d’Immobilier-en-espagne.com.
Au final, le total des impôts, charges et frais représente de 8 % à 13 % du prix d’acquisition, selon les communautés autonomes (les régions espagnoles). L’Espagne, c’est un pays et dix-sept régimes fiscaux différents, chaque communauté autonome gérant ses impôts immobiliers. C’est pourquoi les taux des impôts à l’achat varient selon les régions. La principale taxe est l’impôt sur le transfert de propriété (« Impuesto de Transmisiones Patrimoniales » ou ITP). Le taux de l’ITP est de 6 % du montant de la vente à Madrid, de 10 % à Barcelone et à Valence, de 8 % à 10 % en Andalousie, de 8 % à 11 % aux Baléares et de 7 % au Pays Basque.

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Il existe aussi une taxe sur la documentation juridique (« Impuesto sobre Actos Jurídicos Documentados » ou IAJD). Là aussi, le taux d’imposition va de 0,5 % à 1,5 % du montant de la vente selon les régions. Il est de 1,5 % en Catalogne, en Andalousie et dans la région de Valence, de 0,75 % pour la Communauté de Madrid et de 0,5 % au Pays Basque.
Les honoraires des notaires varient de 400 euros à 1 000 euros selon le montant de l’acquisition. « Comptez environ 0,1 % de la valeur d’achat du bien avec un minimum de 400 euros », précise Patrick Crosset, fondateur du site acheterenespagne.fr. Il faut aussi compter les frais d’évaluation du bien immobilier (la « tasación » en espagnol) variable de 300 à 1 000 euros, et les frais d’inscription au registre de la propriété, qui vont de 400 à 700 euros.

   


En ce qui concerne l’accompagnement juridique, certains avocats vont jusqu’à réclamer un pourcentage sur le prix de vente qui peut atteindre 3 %, voire 4 % juste pour contrôler la conformité des documents à signer. Il faut les boycotter et exiger un forfait ou un pourcentage inférieur (1 % est la règle). Opter pour un conseiller immobilier est généralement une solution plus avantageuse car celui-ci accompagne son client tout au long du processus d’achat et ses honoraires (3 % sur le prix de vente) ne sont dûs qu’en cas de succès.
Attention, le mètre carré espagnol des annonces immobilières est généralement plus petit de 15 % à 20 % que le mètre carré français. « En France, la superficie annoncée est la surface habitable ou la surface utile. En Espagne, la superficie dont parlent les propriétaires et les agences est le plus souvent la surface construite qui inclue un pourcentage des parties communes, les balcons, terrasses, l’épaisseur des murs, etc... », explique Thomas Rouer, fondateur du site jacheteenespagne.com.
Gare aussi aux doubles commissions ! Certaines agences ont l’habitude de demander une commission au vendeur et une autre à l’acheteur, surtout s’il est étranger. Dans la plupart des villes espagnoles, les honoraires de l’agence sont à la charge du vendeur. Cependant, dans quelques régions, comme à Valence, Castellon ou Murcia, ils sont répartis entre acheteurs et vendeurs. L’acheteur doit alors ajouter entre 2,5 % et 4 % (hors taxe) du prix affiché par l’agence. De façon générale, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un avocat ou un conseiller francophone qui effectuera pour vous les démarches administratives. Il vous en coûtera entre 2 000 et 4 000 euros, mais cette dépense peut vous éviter une catastrophe.

   


Airbnb dans le collimateur
Ces dernières années, Barcelone, Valence, Bilbao et Palma de Majorque ont durci la réglementation des locations de courte durée. Désormais, les licences pour louer à des touristes sont accordées au goutte-à-goutte. A Palma de Majorque, seule est autorisée depuis le 1er juillet la location de « logements unifamiliaux complets » (c’est-à-dire des maisons, villas ou chalets) en dehors du centre historique, des zones industrielles et même des environs de l’aéroport.
Même si certaines villes plus petites restent laxistes vis-à-vis d’Airbnb et consors, il est fortement conseillé de ne pas compter sur la location de courte durée pour rentabiliser son investissement. En revanche, la location de longue durée est intéressante en Espagne. « Un investissement locatif est généralement plus rentable en Espagne qu’en France, car les charges y sont moins élevées et les loyers moins taxés, et surtout car la plupart des charges peuvent être déduites », explique M. Rouer. Il est ainsi possible d’amortir annuellement 3 % du montant d’acquisition et de pratiquer un abattement de 40 % sur les loyers en cas de location de plus de deux ans.

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Si le système bancaire espagnol est désormais assaini, il est plutôt recommandé pour un acheteur français d’emprunter en France. A moins d’apporter de sérieuses garanties (et une part de cash importante), il est difficile pour un Français de traiter auprès d’une banque espagnole. Celle-ci exigera soit la domiciliation des revenus en Espagne, soit une hypothèque sur un bien situé dans ce pays. Malheureusement, encore peu de banques françaises acceptent de prêter pour acheter un bien situé hors de France, mais quelques-unes, comme le Crédit mutuel ou Boursorama, possèdent des filiales en Espagne, ce qui peut faciliter les démarches.
Obtenir un numéro d’identification étranger
Pour acheter un appartement, ouvrir un compte bancaire ou vous inscrire à la Sécurité sociale en Espagne, il faut au préalable obtenir un NIE (Numéro d’Identification Etranger). Les démarches administratives peuvent être assez longues, surtout si vous n’êtes pas dans le pays et que vous faites votre demande à partir de France. Prévoyez quatre à six semaines de délai pour obtenir ce précieux numéro d’immatriculation.
Imposition des loyers
Les revenus nets des loyers (recettes – charges) sont taxés à 19 % en Espagne. Un investissement locatif est généralement plus rentable en Espagne qu’en France, car les prix d’acquisition sont inférieurs, les charges moins élevées, les loyers moins taxés, et aussi parce que la plupart des charges peuvent être déduites des revenus locatifs.
La liste des dépenses admises en déduction est longue : les intérêts d’emprunt, les travaux, les impôts locaux, les primes d’assurance, l’amortissement du bien (égal à 3 % du montant le plus élevé entre le prix d’acquisition et la valeur cadastrale). Il existe, par ailleurs, un abattement de 40 % en cas de location sur une durée supérieure à deux ans.

   


A la revente, l’impôt sur les plus-values immobilières est différent selon que vous soyez résident ou non-résident. Dans le cas d’un non-résident, c’est 19 % depuis 2016. Pour les résidents, le calcul se fait par tranche : 19 % pour les premiers 6 000 euros de plus-value, 21 % pour la tranche de plus-value comprise entre 6 000 et 50 000 euros, 23 % pour la part de la plus-value supérieure à 50 000 euros. Cas particulier : vous êtes exonérés si vous avez plus de 65 ans et vous vendez votre résidence principale, ou si vous réinvestissez dans une résidence principale. Pour en savoir plus, le site le plus complet sur le sujet est acheterenespagne.fr.
 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le Vatican a dit éprouver « honte et colère » concernant les abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres sur près de 1 000 victimes, qui ont été couverts par l’Eglise catholique locale.
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Etats-Unis : le pape se dit du côté des victimes des 300 prêtres pédophiles

Le Vatican a dit éprouver « honte et colère » concernant les abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres sur près de 1 000 victimes, qui ont été couverts par l’Eglise catholique locale.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 22h22
   





                        



   


Le Vatican a déclaré, jeudi 16 août, éprouver « honte et colère » après une enquête en Pennsylvanie, dans le nord-est des Etats-Unis, sur des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres et couverts par l’Eglise catholique locale, assurant que le pape François était du côté des victimes.
« Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté. Ceux qui ont souffert sont sa priorité et l’Eglise veut les écouter pour éradiquer cette horreur tragique qui détruit la vie des innocents », a annoncé le Vatican dans un communiqué.

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                Pédophilie : la justice de Pennsylvanie accable l’Eglise catholique, qui a « tout caché »



300 prêtres prédateurs, seuls deux poursuivis
L’enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi 14 août avait mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs », dont ont été victimes au moins 1 000 enfants.
Le rapport final, qui a été rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » suspectés sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement.
Deux prêtres ont néanmoins été poursuivis, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010. Même s’ils ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’Eglise accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête.
Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de 10 ans. Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’Eglise catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas.
« Leurs responsables n’ont rien fait »
« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’Eglise qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », ont écrit les membres du jury dans le rapport publié mardi 14 août. Les jurés disent « reconnaître que beaucoup de choses ont changé [au sein de l’Eglise catholique] ces quinze dernières années », mais soulignent que les deux inculpations montrent que « les abus d’enfants au sein de l’Eglise n’ont pas disparu ».
Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l’Eglise ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », poursuit le rapport. Des évêques et des cardinaux « ont, pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Eglise catholique ».

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                L’Eglise américaine et « la profonde honte » de la pédophilie



Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l’Eglise catholique a eu fréquemment recours, d’après l’enquête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La plus ancienne organisation russe de défense des droits de l’homme, classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante de Moscou.
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L’ONG Memorial délogée de ses locaux à Saint-Pétersbourg

La plus ancienne organisation russe de défense des droits de l’homme, classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante de Moscou.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 06h34
   





                        


Memorial, la plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme, créée en 1989, a été délogée des locaux qu’elle occupait depuis vingt ans par l’administration de Saint-Pétersbourg. Les services municipaux « nous ont récemment informés avoir rompu le contrat encadrant l’usage des locaux où notre organisation se trouvait depuis 1997 », a expliqué Galina Chkolnik, la directrice de l’antenne locale de l’organisation.
« C’était totalement inattendu. Nous étions sûrs que le contrat serait prolongé comme d’habitude. Nous n’avons enfreint aucune règle, s’est défendue Mme Chkolnik, qui dit ignorer les motivations de l’administration. Soit quelqu’un a envie d’utiliser nos locaux [dans le centre-ville], soit nous avons des problèmes en tant qu’“agent de l’étranger”. »
L’ONG a en effet été classée en 2016 sous la dénomination controversée d’« agent de l’étranger », c’est-à-dire une organisation bénéficiant d’un financement étranger et ayant « une activité politique ». Elle doit désormais se présenter comme telle dans sa communication. Les autorités de Saint-Pétersbourg n’étaient pas joignables, jeudi 16 août, pour commenter la situation.

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Plusieurs dirigeants locaux poursuivis
Arrestations, perquisitions et agressions visant Memorial sont courantes, notamment en Tchétchénie (Caucase russe), selon des défenseurs des droits de l’homme. Le responsable de l’ONG en Tchétchénie, Oïoub Titiev, a été arrêté en janvier par la police, qui affirme avoir découvert de la drogue dans sa voiture. Actuellement jugé à Grozny, il risque jusqu’à dix ans de prison.

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Iouri Dmitriev, le chef d’une branche de Memorial en Carélie (Nord-Ouest) et historien russe connu pour ses recherches sur la terreur stalinienne, se trouve en détention depuis juillet 2017 après avoir été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur. Trois mois plus tôt, il avait été acquitté dans une affaire similaire qu’il dénonçait comme étant montée de toutes pièces.

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« Il faut chercher les origines de la situation de Memorial à Saint-Pétersbourg dans l’attitude générale des autorités locales envers les ONG de défense des droits de l’homme. Ces raisons sont politiques », a affirmé le député du parti d’opposition Iabloko Boris Vichnevski.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».
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Le camionneur du pont Morandi rescapé « du vide et de l’enfer »

Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h51
   





                        


Le camion vert est encore là, à quelques mètres du précipice. Les essuie-glaces toujours allumés, en plein soleil, comme le montre ce saisissant post Instagram. Nous sommes le mercredi 15 août, c’est la fin de journée. C’est aussi le lendemain de l’effondrement catastrophique et meurtrier du pont de Gênes, où au moins 39 personnes sont mortes.

   


Les photos de ce camion au bord du gouffre ont fait le tour du monde, et son histoire a donné des frissons aux réseaux sociaux. Au volant du camion vert et bleu : F. L., les initiales de l’homme devenu le symbole de ceux qui ont réussi à échapper au drame. Ceux pour qui le mot « miracle » a été employé. Le conducteur du camion devant qui la route s’est effondrée, en faisant disparaître tous les véhicules qui l’avaient précédé. Il a vu « le vide et l’enfer », et l’a raconté au Corriere della Sera : 
« Il pleuvait, il pleuvait beaucoup et il n’était pas possible d’aller vite. Quand une voiture m’a dépassé, j’ai ralenti pour maintenir une certaine distance de sécurité, parce que freiner avec cette pluie était impossible, on n’y voyait pas grand-chose. 
A un certain moment, tout a tremblé. La voiture qui se trouvait devant moi a disparu et semblait engloutie par les nuages. J’ai levé les yeux et j’ai vu le pylône du pont tomber. J’ai freiné. J’ai non seulement freiné, mais j’ai presque bloqué les roues. Instinctivement, quand j’ai trouvé le vide devant moi, j’ai mis la marche arrière, comme si j’essayais de fuir cet enfer. »

#Genova pic.twitter.com/iuBzj1zv8k— Riccardo Liguori (@riccardoliguori) 14 août 2018


A quelques mètres de l’abîme, à quelques secondes près, F. L. a pu freiner à temps. Une fois arrêté, il est descendu et a couru vers le tunnel d’où il était venu :
« J’ai compris que tout s’était effondré, que je devais m’échapper. J’ai sauté du camion et je me suis enfui à pied. Il y avait une pluie terrible, j’ai vu d’autres automobilistes et leur ai dit de fuir. » 
Le chauffeur routier qui était derrière lui compte aussi parmi les survivants qui se sont exprimés après le drame : « J’ai vu le camion vert devant moi s’arrêter et faire marche arrière, je me suis arrêté, j’ai fermé le camion et je suis parti en courant », a-t-il raconté à l’AFP.
F. L., ce chauffeur de 37 ans qui a confié aux secouristes : « Je ne sais pas comment c’est possible mais je suis vivant », revenait d’une livraison et se dirigeait vers la plate-forme logistique génoise de la chaîne des supermarchés italiens Basko. Le soir même, l’enseigne postait d’ailleurs un communiqué sur sa page Facebook, indiquant qu’étant en étroite relation avec la société Damonte, propriétaire du camion, ils étaient en mesure d’affirmer que, bien que sous le choc, F. L. était sauf.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les discours qui ne parlent que de taux de croissance et de réduction des droits de douane laissent un vide que les populistes s’empressent de combler. L’Europe a besoin de récit et de symboles, souligne Christian Lequesne, professeur de science politique.
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« L’Europe doit refaire de la politique »

Les discours qui ne parlent que de taux de croissance et de réduction des droits de douane laissent un vide que les populistes s’empressent de combler. L’Europe a besoin de récit et de symboles, souligne Christian Lequesne, professeur de science politique.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 15h01
    |

Christian Lequesne (Professeur de science politique à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Les politiciens populistes, qu’ils soient au pouvoir comme Viktor Orban en Hongrie, Matteo Salvini en Italie, ou dans l’opposition comme Marine Le Pen en France, réussissent chaque jour à orienter un peu plus le cours de la construction européenne. En adoptant des mesures minimalistes sur l’accueil des réfugiés, le dernier Conseil européen, qui s’est tenu à Bruxelles les 28 et 29 juin, en a été une illustration supplémentaire. Les populistes auraient-ils déjà gagné ? Et l’avenir de l’Europe en serait-il compromis ?
La réponse est « non ». Mais avant d’engager la bataille contre ceux qui incarnent l’opposition frontale à l’Europe, il est important de comprendre les fondements de leur succès. Trois raisons expliquent la légitimité grandissante des populistes contre la construction européenne.

La première est la dépolitisation du débat européen pendant de nombreuses décennies. L’Europe fut traitée comme une question de politiques publiques et non de politique. Il s’agissait, pour les politiciens et les experts nationaux, de réguler des problèmes d’interdépendance en évitant de trop mobiliser les discours, les controverses et les symboles. Ce triomphe des politiques publiques sur la politique a conduit à réaliser l’euro, l’élargissement ou l’accord de Schengen sans vraiment en débattre, puisque l’efficacité des réalisations suffisait à les légitimer.
Politique de l’autruche de David Cameron
L’erreur fut fatale. D’abord, parce que les peuples y ont trouvé du pain bénit pour dénoncer le manque de démocratie. Ensuite, parce que les populistes se sont emparés du vide discursif pour faire de la politique, la seule chose qui les intéresse réellement. Le Brexit constitue à cet égard un exemple, révélateur de ce double processus de dépolitisation et de repolitisation. Le rêve initial de l’ancien premier ministre britannique David Cameron eût été de continuer à impliquer la Grande-Bretagne a minima dans l’Union européenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.
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Gênes : « Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe »

Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h26
    |

            Grégoire Allix (propos recueillis par)








                        



L’effondrement d’une portion du viaduc autoroutier à Gênes, qui a fait au moins 39 morts et a conduit le gouvernement italien à déclarer un état d’urgence d’un an, continue à poser de nombreuses questions sur les défaillances de la structure du pont.

        Lire aussi :
         

          des défaillances sur la structure du pont Morandi signalées avant son effondrement



Selon plusieurs experts, le viaduc Morandi de l’autoroute A10, long de 1,18 km et construit à la fin des années 1960, était un ouvrage en béton qui présentait des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien, lié en particulier aux fissures et à la dégradation de l’ouvrage. Jean-Michel Torrenti, ingénieur des ponts, spécialiste du béton, et directeur du département matériaux et structures de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), répond aux questions suscitées par la catastrophe.

        Lire à ce sujet :
         

          le groupe autoroutier « Autostrade per l’Italia » mis en cause



D’après vous, qu’est-ce qui a pu provoquer l’effondrement du pont Morandi de Gênes ?
Pour moi, c’est une des suspentes du pont qui a cassé, entraînant la chute du tablier et du pylône. Le viaduc Morandi est une construction étonnante : c’est un pont en béton qui s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton précontraint au lieu d’une série de câbles en acier. C’est un procédé constructif très peu résilient. Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Sur le viaduc de Millau, même si un câble cède, le pont ne s’écroule pas. C’est la même chose sur les bâtiments : on doit pouvoir enlever un poteau sans que ça s’effondre.
Quelle serait la cause de cette rupture du hauban ?
Je ne crois pas trop à l’explication de la foudre. A mon avis, la cause est plutôt liée à la corrosion. Le béton est un matériau qui fonctionne mal en traction, contrairement aux câbles en acier : pour l’utiliser comme hauban, on le précontraint, c’est-à-dire qu’on le comprime fortement grâce à des câbles pris dans la gaine de béton. Or, cette gaine peut masquer la corrosion. Et on sait que la corrosion sur des câbles tendus les rend très fragiles.
Normalement, on s’en aperçoit si le béton se fissure. Mais dans le cas d’un béton précontraint, on s’en aperçoit au dernier moment. Avec ce procédé constructif, si la suspente casse, le système n’est plus équilibré et c’est la catastrophe.
Un affaiblissement des fondations ne peut-il pas être à l’origine de l’accident ?
C’est vrai que les fondations peuvent potentiellement occasionner des dégâts majeurs à des ponts. Mais, là, je n’ai pas l’impression que ce soit le cas : quand on voit les films, on a vraiment l’impression que le pylône tombe après le tablier.
La partie non effondrée du viaduc peut-elle être conservée ?
Je suis persuadé qu’ils vont détruire au moins le reste du pont à haubans, avec les deux piliers qui restent. C’est le même procédé constructif inquiétant, qui ne pardonne pas la moindre faiblesse. Les viaducs d’accès peuvent peut-être être conservés : ils sont de conception plus classique et reposent simplement sur des piles faites de plusieurs poutres.

   


Un rapport d’audit estime que 30 % des ponts du réseau routier français non concédé au privé ont besoin de réparations. Faut-il s’en alarmer ?
Il n’y a pas d’urgence absolue dans les cinq ans qui viennent, mais il est clair qu’on ne peut pas construire un pont et ne plus rien faire pendant les cent ans de sa durée de vie. Sans maintenance, on sera confronté au bout de vingt ans à des problèmes.
Etant donné les inspections auxquelles les ouvrages sont soumis en France, le risque n’est pas forcément que les ponts s’effondrent, mais plutôt qu’on soit obligés de les fermer. Et plus on attend pour réaliser ces travaux de maintenance, plus il y aura urgence et plus ça coûtera cher.
Aujourd’hui il y a un arbitrage difficile à faire sur fond de budget limité : faut-il réparer un peu tous les ponts qui présentent des problèmes, ou se concentrer uniquement sur les plus dégradés en remettant l’entretien des autres à plus tard ?

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                Un pont sur trois a besoin de réparations sur les routes nationales françaises, selon un rapport






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.
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Trump-Erdogan  : duel perdant

Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Avec des acteurs principaux – le populiste éruptif Donald Trump et l’autocrate sourcilleux Recep Tayyip Erdogan – qui mettent autant de testostérone dans leur pratique diplomatique, il est pour le moins aléatoire de préjuger de l’issue de l’empoignade actuelle entre les Etats-Unis et la Turquie.
En effet, c’est une crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les deux pays. Elle couvait depuis des mois. Sans succès, Ankara réclamait aux Américains l’extradition de Fethullah Gülen, le chef de la confrérie à laquelle le président turc attribue la paternité de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Sans plus de succès, Washington exigeait d’Ankara la libération d’un pasteur évangéliste américain accusé par les autorités turques, de façon très fantaisiste, d’avoir été mêlé à cette tentative de coup d’Etat. A quoi s’ajoutaient de sérieuses divergences sur la guerre en Syrie, Washington soutenant les forces kurdes syriennes pour chasser l’organisation Etat islamique quand Ankara entend éradiquer, sur son territoire comme en Syrie, toute forme de mouvement kurde.

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                Turquie : Erdogan s’obstine dans la crise diplomatique et commerciale avec les Etats-Unis



En quelques jours, ces abcès ont dégénéré. Vendredi 10 août, Donald Trump a annoncé le doublement des droits de douane sur les exportations d’acier et d’aluminium turques. Ces sanctions ont suffi pour plonger la livre turque dans une violente tempête monétaire et pour menacer de déstabiliser une économie fragilisée par l’inflation et l’endettement public. M. Erdogan a immédiatement dénoncé un « complot politique » fomenté par Washington et appelé ses partisans à le soutenir dans cette « bataille nationale », au nom d’Allah contre le dollar.
Embarras de Paris et de Berlin
Quand on sait que les Etats-Unis et la Turquie sont des alliés de longue date, piliers de l’OTAN depuis les années de la guerre froide contre l’URSS, liés par un traité de défense mutuelle et par de solides échanges militaires (des armes nucléaires américaines, notamment, sont basées à Incirlik, en Turquie), cette bataille de chiffonniers est sans précédent. Ses répercussions économiques peuvent être sévères. Pour l’économie turque, évidemment, mais plus largement pour les banques internationales, européennes en particulier, auprès desquelles les entreprises turques sont lourdement endettées.

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                La crise monétaire turque en quatre questions



Ses conséquences diplomatiques possibles ne sont pas moins graves. « Nous cherchons de nouveaux amis et de nouveaux alliés », claironne désormais M. Erdogan. Tout à ses rêves de grandeur ottomane restaurée, ce dernier tente de mettre en scène la constitution, autour d’Ankara, d’un « axe de résistance » face aux Etats-Unis.
Il cherche ainsi à obtenir l’appui des Européens, vis-à-vis desquels il dispose d’un sérieux moyen de chantage depuis qu’il s’est engagé à contrôler les flux migratoires en provenance du Proche-Orient. L’absence de réponse de la France et de l’Allemagne à la proposition du président turc d’une rencontre à quatre, avec la Russie, sur la Syrie en septembre, dit assez l’embarras de Paris et de Berlin.
Vladimir Poutine, au contraire, fait son miel de cette crise et a immédiatement dépêché son ministre des affaires étrangères à Ankara. Dans l’immédiat, il joue gagnant à tous les coups, tant l’affaiblissement de l’OTAN est, pour lui, un objectif stratégique.

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Avant de pousser trop loin leur bras de fer, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan seraient bien inspirés d’en prendre conscience. Sauf à se retrouver, l’un et l’autre, perdants. Le premier parce qu’il aurait perdu un allié de poids dans la région, le second parce qu’il se retrouverait dans la main de Moscou.



                            


                        

                        


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Les voisins de la mer Caspienne s’entendent sur un statut juridique

La convention, qui pourra servir de base à la résolution de multiples conflits territoriaux, est un succès diplomatique pour Moscou



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h46
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

L’accord se veut historique. Ses implications concrètes pourraient se faire attendre mais pour Moscou en tout cas, il constitue déjà un succès diplomatique. Dimanche 12 août, les cinq Etats riverains de la mer Caspienne ont signé dans le petit port kazakh d’Aktaou une convention sur le statut juridique de la plus vaste étendue d’eau fermée au monde. Les chefs d’Etat de la Russie, de l’Iran, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan ont ainsi fait sortir la Caspienne de la zone grise – s’agit-il d’une mer ou d’un lac ? – où elle se trouvait depuis la chute de l’URSS.
Juridiquement, la Caspienne ne sera ni l’un ni l’autre. Elle s’est vu attribuer dimanche par les Etats qui la bordent un statut qui lui est propre. A long terme, la convention pourra servir de base à la résolution des multiples conflits territoriaux existant entre les Etats signataires. A court terme, elle permet à Vladimir Poutine, selon qui l’accord « fera date », de se poser en grand ordonnateur d’une coopération régionale vertueuse.
Enjeu de taille
Gérée de manière bilatérale entre Téhéran et Moscou entre 1940 et 1991, la mer Caspienne a vu à la chute de l’URSS trois nouveaux Etats voir le jour sur ses rives, animé chacun par la ferme volonté d’y affirmer sa part de souveraineté. Ici, l’enjeu est de taille : l’étendue d’eau recèle 50 milliards de barils de pétrole offshore, 300 000 milliards de m3 de gaz naturel et une population déclinante mais hautement rentable d’esturgeons producteurs de caviar. S’il pose les principes censés guider une délimitation ultérieure des territoires des Etats riverains et crée un mécanisme supposé permettre à terme la résolution des contentieux qui les opposent, l’accord de dimanche ne prévoit pas un partage net de la mer Caspienne et de ses richesses entre les différentes capitales.

« Les conflits territoriaux liés à l’énergie qui émaillent le paysage géopolitique de la Caspienne n’ont pas disparu...




                        

                        


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En Autriche, Vladimir Poutine invité au mariage d’une ministre proche de l’extrême droite

Le président russe va assister samedi au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h25
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Verra-t-on apparaître, samedi 18 août, des photos de Vladimir Poutine, un verre de blanc sec à la main, en train d’échanger des amabilités en Autriche, autour d’une nappe immaculée dressée pour l’occasion ? Le président russe comptera en tout cas parmi les invités du mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl. Nommée par l’extrême droite (FPÖ, parti autrichien de la liberté) en décembre 2017, elle va épouser, à 53 ans, un entrepreneur, Wolfgang Meilinger.
M. Poutine a promis de venir présenter au couple ses vœux de bonheur, avant d’aller retrouver l’Allemande Angela Merkel, dans la soirée, pour évoquer la guerre en Syrie, le conflit en Ukraine et les questions énergétiques. Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz (ÖVP, parti populaire d’Autriche) – qui préside depuis le 1er juillet le conseil de l’Union européenne – et le vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache seront aussi de la fête.

« Pour Vladimir Poutine, c’est l’occasion rêvée d’apparaître dans un cadre intime, comme un ami proche, estime Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po. On savait déjà qu’il était un allié politique de l’extrême droite autrichienne. Maintenant, on pourra noter qu’il entretient une relation privée avec certains de ses membres. »
Vienne influente dans les Balkans
L’Autriche (8,7 millions d’habitants) est pourtant officiellement neutre. Elle se présente comme un « pont » entre l’Est et l’Ouest du continent. Mais l’ancien officier du KGB en ex-RDA lui avait déjà réservé sa première visite à l’étranger après sa réélection, le 4 juin. Il pourrait profiter de cette escapade estivale pour tenter d’obtenir de ce pays d’Europe centrale qu’il milite plus activement pour la levée des sanctions européennes, imposées à la Russie en 2014, après l’annexion de la Crimée. Les observateurs s’attendent également à ce qu’il évoque le dossier du gazoduc Nord Stream 2, sur lequel...




                        

                        

