<FILE-date="2018/08/17/19">

<article-nb="2018/08/17/19-1">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Un comité d’experts estime que la candidature de l’ancien président ne pourra être annulée qu’une fois tous ses appels examinés. Un avis qui, techniquement, devrait s’imposer au Brésil.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Brésil : selon un comité de l’ONU, Lula doit pouvoir se présenter à l’élection présidentielle

Un comité d’experts estime que la candidature de l’ancien président ne pourra être annulée qu’une fois tous ses appels examinés. Un avis qui, techniquement, devrait s’imposer au Brésil.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 18h27
   





                        



   


Le comité des droits de l’homme de l’ONU, statuant sur une demande urgente déposée par les avocats de Lula le 27 juillet, a tranché vendredi 17 août : celui-ci doit, selon les experts, être autorisé à participer à l’élection présidentielle d’octobre, tant que tous ses appels en justice n’auront pas été examinés.
Dans une courte déclaration, le comité « demande au Brésil de prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à Lula (…) d’exercer ses droits politiques depuis sa prison, comme candidat à l’élection présidentielle » d’octobre.
Ce comité, qui est un organe de surveillance du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, est chargé de veiller au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et au protocole facultatif qui y est associé. Comme le Brésil a ratifié ces deux textes, il est techniquement obligé de respecter les décisions du comité.

        Lire aussi :
         

                Qui sont les principaux candidats à la présidence brésilienne ?



Immense favori des sondages
Selon l’un de ces experts, les avocats de Lula, détenu pour corruption et blanchiment d’argent, avaient réclamé une action urgente sur trois questions : une libération immédiate, un accès aux médias et à son parti politique, et la possibilité d’être candidat à l’élection. Le comité a rejeté la première demande, mais a validé les deux autres.
Chef historique du Parti des travailleurs, Luiz Inacio Lula da Silva, qui a été deux fois chef de l’Etat (2003-2010), reste l’immense favori des sondages. Son parti a déposé sa candidature mercredi, mais il très probable qu’elle soit invalidée, car une loi prévoit l’inéligibilité de toute personne ayant été condamnée en appel.
Toutefois, d’autres appels ont été déposés par les avocats de Lula et le comité des droits de l’homme souligne que sa candidature ne pourra être annulée « que lorsque ses appels en justice auront été examinés de façon équitable ».

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, les militaires en campagne pour les élections






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-2">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Don McCullin, photographe (6/6). Né dans un quartier pauvre de Londres, McCullin est devenu un artiste renommé et anobli. Il entretient une relation d’amour-haine avec le Royaume-Uni, où l’on n’échappe pas facilement à sa classe sociale. Lui photographie sans relâche les exclus du pays. Et il a voté « Brexit »
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/08/17/19-3">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Après l’assassinat de l’ingénieur en chef du barrage Renaissance en Ethiopie, le chercheur Franck Galland met en garde contre une confrontation avec l’Egypte et le Soudan.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤         

Point de vue

« Il faut réduire les tensions autour des eaux du Nil »

Après l’assassinat de l’ingénieur en chef du barrage Renaissance en Ethiopie, le chercheur Franck Galland met en garde contre une confrontation avec l’Egypte et le Soudan.

Par                Franck Galland



LE MONDE
              datetime="2018-08-17T16:03:11+02:00"

        Le 17.08.2018 à 16h03






    
Sur le chantier du barrage Renaissance, en Ethiopie, en 2014.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Tribune. Dimanche 29 juillet, l’hommage de l’Ethiopie à Simegnew Bekele, le directeur du projet de barrage Renaissance, retrouvé trois jours plus tôt tué d’une balle dans la tête à Addis-Abeba, en dit long sur le climat de tension existant autour de ce chantier. La foule, rassemblée à l’endroit même où l’ingénieur a été retrouvé assassiné, a manifesté son émotion mais également sa colère, réclamant justice pour la victime et l’élucidation de ce crime susceptible de tourner en affaire d’Etat mais également, si l’on n’y prend garde, en confrontation régionale.

        Lire aussi :
         

                Le directeur de projet du barrage de la Renaissance tué par balle en Ethiopie



Simegnew Bekele était le visage du projet Renaissance, pièce maîtresse du développement de l’Ethiopie dans les années à venir, puisque le barrage représentera la plus grande réserve d’eau douce (63 milliards de m3) et la plus imposante puissance hydroélectrique (6 000 MW) d’Afrique. Il doit également permettre de fournir l’énergie dont l’Ethiopie a besoin pour soutenir une croissance annuelle à deux chiffres. Le « Tigre africain », partenaire stratégique de la Chine, doit répondre à un défi démographique de taille, avec 118 millions d’habitants attendus à horizon 2030.
Un « casus belli » pour Al-Sissi
Ce barrage, dont la mise en eau est prévue fin 2019, a toujours été l’épicentre de tensions régionales. L’assassinat de son ingénieur en chef ne va rien arranger, car raccourcis et amalgames peuvent être vite faits et avoir pour conséquence de faire entrer l’Ethiopie dans un nouveau cycle de tensions avec ses deux grands voisins situés en aval du Nil, le Soudan et l’Egypte.
Avant la pose de la première pierre, le 2 avril 2011, par le défunt premier ministre Meles Zenawi, Robert Rotberg, qui dirigeait alors le programme sur les conflits transfrontaliers à la Kennedy School of Government d’Harvard, avait eu raison d’appeler le département d’Etat américain à jouer les intermédiaires entre l’Egypte et l’Ethiopie, deux pays alors sous perfusion financière de Washington, afin que la tension latente au sujet des eaux du Nil ne dégénère pas.

        Lire aussi :
         

                L’Egypte et l’Ethiopie veulent éviter un « conflit » autour du Nil



Hérodote disait que l’Egypte est un don du Nil, ce qui est particulièrement vrai en ce début de XXIe siècle puisque le fleuve fournit au pays 94 % de ses ressources en eau renouvelables. Or cet apport historique pourrait être altéré par la mise en eau du barrage Renaissance, si les études d’impact technique et environnemental viennent confirmer les craintes égyptiennes. Ce barrage est donc un casus belli pour le président Abdel Fattah Al-Sissi.
Il est vrai que son prédécesseur, Mohammed Morsi, avait ouvertement fait étudier différentes options rendant possible l’usage de la force ou de la déstabilisation envers l’« hydropuissance » qu’entend devenir l’Ethiopie. En témoigne un film tourné visiblement à l’insu des protagonistes d’un comité stratégique réuni le 3 juin 2013, un mois avant la destitution de M. Morsi.
Dans une séquence de six minutes postée sur YouTube, chacun des participants avait laissé libre cours à son imagination. A titre d’exemples, il était clairement question de manœuvres clandestines visant à déstabiliser l’Ethiopie par un soutien à des mouvements insurrectionnels, d’une action des services de renseignement égyptiens depuis l’Erythrée ou la Somalie, et même d’une opération d’intox montrant que l’Egypte se donnait les moyens militaires et aériens d’intervenir pour stopper les projets éthiopiens.
Dissiper tout malentendu
L’opinion publique éthiopienne serait donc facilement tentée de croire à « la main invisible d’une puissance » derrière l’assassinat de l’ingénieur en chef du barrage. Mais ce scénario est à l’évidence beaucoup trop simple. Avec un peu de recul dépassionné, d’autres mobiles peuvent aisément naître : mauvaise rencontre, motif religieux, crime crapuleux sur fond de corruption, ou encore action commanditée par des groupes d’intérêt visant à mettre la pression sur le gouvernement…
En attendant que l’enquête avance, il est important que les présidents égyptien et soudanais dissipent tout malentendu que la rue éthiopienne ou des politiques irresponsables pourraient susciter. Tous deux seraient également bien inspirés de relancer une action diplomatique d’envergure comme celle qui a conduit à signer, le 23 mars 2015, un accord qualifié d’historique venant provisoirement clore un chapitre de dix ans de tensions entre l’axe Egypte-Soudan et l’Ethiopie. Ce fut alors une formidable image que de voir, main dans la main, les présidents Al-Sissi et Al-Bachir et le premier ministre éthiopien de l’époque, Hailemariam Desalegn, à l’issue d’une cérémonie de signature sur le Nil qui se déroulait à Khartoum.

        Lire aussi :
         

                L’Ethiopie inaugure le barrage le plus haut d’Afrique



Pour ce qui est spécifiquement de l’Egypte, le président Al-Sissi pourrait dans le même temps affirmer le besoin d’un véritable « plan Marshall » sur l’eau, à même de mobiliser des fonds internationaux destinés à réduire notamment l’empreinte en eau de l’agriculture égyptienne, qui représente encore 86 % des prélèvements en eau douce nationaux.
Enfin, il s’agirait pour le président égyptien de décliner une ambition collective visant à mobiliser des ressources en eau alternatives destinées à atténuer la dépendance stratégique de l’Egypte vis-à-vis du Nil. Cette volonté présidentielle doit passer par plus de dessalement, comme le directeur de l’Egyptian Armed Forces Engineering Authority, Kamal Al-Wazir, l’a déjà en partie annoncé fin 2017 avec la construction de la plus importante station de dessalement de la région.
Toutes ces mesures seraient destinées à atténuer les tensions qui s’annoncent, en rendant au contraire possibles les rêves de développement éthiopiens, tout en n’obérant pas l’avenir de l’Egypte en matière de sécurité hydrique et alimentaire alors que sa population pourrait compter 120 millions d’habitants en 2030.
Franck Galland est spécialiste des questions sécuritaires liées aux ressources en eau. Chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, il a publié Le Grand Jeu. Chroniques géopolitiques de l’eau (CNRS Edition, 2014).


<article-nb="2018/08/17/19-4">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans l’impossibilité d’organiser son propre défilé militaire en raison d’un coût trop élevé, le président américain célébrera le centenaire de l’armistice en France.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Donald Trump assistera aux cérémonies du 11-Novembre à Paris

Dans l’impossibilité d’organiser son propre défilé militaire en raison d’un coût trop élevé, le président américain célébrera le centenaire de l’armistice en France.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 15h58
   





                        



   


Il voulait son propre défilé, mais devra se contenter de celui de la France. Vendredi 17 août, Donald Trump a fait part de son irritation : son projet de parade militaire américaine, prévue pour le 10 novembre, est finalement repoussé, sans doute à 2019.
La veille, le ministère de la Défense avait expliqué ce report en raison du budget estimé pour organiser l’événement, qui dépasse les 90 millions de dollars. Soit plus de trois fois le montant initialement envisagé par la Maison Blanche.
« Les politiciens locaux qui dirigent (mal) Washington flairent l’aubaine quand ils en voient une. Quand on leur a demandé de nous chiffrer un prix pour la tenue d’un grand défilé militaire de célébration, ils voulaient un montant si ridiculement élevé que je l’ai annulé », a réagi le président américain sur Twitter, vendredi.
« Au lieu de cela, je vais assister au grand défilé déjà prévu sur la base aérienne d’Andrews à une date différente, et (je vais) aller au défilé de Paris, célébrant la fin de la guerre, le 11 novembre », a-t-il ajouté, annonçant l’événement pour l’occasion. En janvier, lors de ses vœux à l’Elysée, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir inviter quatre-vingts chefs d’Etat pour cette commémoration.
La Maison Blanche avait annoncé au début de février que Donald Trump souhaitait un défilé pour mettre en avant la puissance militaire américaine. Le président des Etats-Unis s’était en effet déclaré particulièrement impressionné par le défilé français du 14-Juillet, « formidable » selon ses mots. Il y avait assisté lorsqu’il avait été reçu en grande pompe par le président Emmanuel Macron à Paris l’année dernière.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-5">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans les séries américaines, on appelle ça un « cold case ». Cet été, « M » revient sur ces affaires non élucidées. Le 16 janvier 1988, le corps de Mark Haines est retrouvé sur une voie ferrée de Nouvelle-Galles du Sud. La police bâcle l’enquête.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                
                                       
édition abonné


1988, mort d’un Aborigène de 17 ans, « forcément coupable »


                      Dans les séries américaines, on appelle ça un « cold case ». Cet été, « M » revient sur ces affaires non élucidées. Le 16 janvier 1988, le corps de Mark Haines est retrouvé sur une voie ferrée de Nouvelle-Galles du Sud. La police bâcle l’enquête.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 15h03
    |

                            Pierre Sorgue








                              

                        

Ce n’est plus qu’une question de semaines ou de mois : après trente ans de mystères, de négligences et de silences, Don Craigie devrait enfin connaître les raisons de la mort de Mark Haines, son neveu, une nuit de janvier 1988. Pour la famille comme pour de nombreux Aborigènes, le dénouement apportera plus que le soulagement lié à la vérité. Il sera aussi l’aboutissement d’une lutte tenace pour que la police d’une petite ville australienne daigne enfin travailler correctement et que la justice passe, même si la victime est un jeune indigène.
À première vue, Tamworth est un bourg charmant. Posé dans une plaine dorée, le long de la Peel River, à 420 kilomètres au nord de Sydney, en Nouvelle-Galles du Sud, il a un petit quelque chose de la ville frontière avec ses bâtiments trapus, son Central Hotel vaguement Art déco et sa grande poste aux airs de mission californienne.
Virée d’un soir
Au crépuscule, les arbres enguirlandés de lumières rappellent que la ville fut la première du pays à disposer d’un éclairage électrique public, dès 1888. Les imposants silos à grain dressés à quelques pas du centre disent la prospérité des terres voisines. Les élevages de chevaux font sa réputation et un immense centre équestre couvert accueille les plus grands rodéos du pays.

Ne manquait plus que la musique country : or, depuis 1973, son festival vaut une réputation mondiale à la jumelle australienne de Nashville. Pendant une quinzaine de jours autour de l’Australian Day, la fête nationale du 26 janvier, les stars et les groupes locaux se produisent partout.
Y compris les Aborigènes, qui ont trouvé dans le genre une manière de prolonger leurs chants traditionnels mais qui, faute d’un accueil plus généreux, durent longtemps se contenter de jouer dans Peel Street, la rue principale. L’un d’eux, Roger Knox, a d’ailleurs inscrit la ville au répertoire national avec Les Rues de Tamworth, qui s’achève par ces mots : « Oh, j’aimerais...




<article-nb="2018/08/17/19-6">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Sidewalk Labs, filiale d’Alphabet, a dévoilé mi-août les premières images de la ville futuriste qu’elle entend développer dans la métropole canadienne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

A Toronto, le projet de « Google City » sort du bois

Sidewalk Labs, filiale d’Alphabet, a dévoilé mi-août les premières images de la ville futuriste qu’elle entend développer dans la métropole canadienne.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 16h43
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Des immeubles en bois, des espaces publics modulables, des rues chauffées… La société sœur de Google, Sidewalk Labs, a dévoilé mi-août les premières esquisses du futur quartier « intelligent » que cette filiale d’Alphabet développe à Toronto (Canada). Sur cette friche portuaire de 5 hectares baptisée Quayside, Sidewalk Labs promet d’inventer la ville du futur, une smart city dernière génération, mais la société a jusqu’ici surtout suscité l’inquiétude par sa volonté de capter massivement les données des utilisateurs de ce futur quartier.

        Lire aussi :
         

                Le projet de « ville Google » prend forme à Toronto



Première indication : l’avenir est dans le bois. La ville fera la part belle aux charpentes issues des forêts canadiennes, multipliant les bâtiments à la structure en bois, y compris pour des immeubles de grande hauteur. « Sidewalk Toronto envisage d’utiliser les technologies de construction en bois à une échelle sans précédent, et étudie ce que cela impliquerait de bâtir Quayside majoritairement, voire entièrement, en bois de construction », a indiqué la société. Sidewalk Labs travaille avec l’agence de Vancouver Michael Green Architecture, spécialiste des immeubles en bois.

   


Si la majorité des bâtiments sera « de moyenne hauteur », le projet envisage aussi des tours de trente étages en charpente de bois – les plus hauts immeubles en bois édifiés jusqu’ici ne dépassent pas dix-huit étages et la réglementation canadienne limite pour l’heure à six étages les bâtiments construits dans ce matériau.
Deuxième enseignement : le futur est dans la rue. L’espace public, parent pauvre de bien des villes américaines, fait l’objet de toutes les attentions. Avec un credo : la connectivité et la modularité. Sidewalk Labs s’est associé à une figure de l’innovation urbaine, l’architecte italien Carlo Ratti, pour inventer un modèle de « rue dynamique » : un revêtement de dalles hexagonales équipés de LED, faciles à changer et pouvant accueillir des mobiliers urbains interchangeables à différents moments de la semaine ou de la journée – banc, panier de basket, stand de marché…
Le revêtement des rues serait chauffant
Concrètement, le réseau de petites rues, où les piétons ont la priorité partout, n’a plus besoin de trottoirs. Les lumières au sol dessinent des voies de circulation modifiables à volonté selon l’heure ou l’état du traffic. Une rue peut être en un clic ouverte aux livraisons le matin et transformée en place piétonne l’après-midi… voire accueillir un concert ou une compétition sportive, quitte à changer en quelques heures les dalles de revêtement. Modulaires aussi, les rez-de-chaussée d’immeubles : des travées de 12 mètres de large et de 6 mètres de haut, séparées par des piliers en bois, qui forment des passages couverts, accueillent des marchés, des bibliothèques, des espaces communautaires, des zones de jeux, des cafés…

   


Malgré les rigueurs de l’hiver canadien, Sidewalk Labs espère mettre davantage les gens dehors. Le revêtement des rues serait chauffant pour faire disparaître la neige et la glace. Et la ville équipée d’une gamme d’écrans et d’abris imperméables en matériaux légers, qui seraient déployés et repliés automatiquement grâce à leurs capteurs et mettraient les espaces publics à l’épreuve de la neige, de la pluie, mais aussi du vent et de la canicule. « Nous croyons que nous pouvons doubler le nombre d’heures pendant lesquelles on peut profiter de Toronto en extérieur et nous voulons le tester à Quayside », explique Rit Aggarwala, l’un des dirigeants de Sidewalk Labs.

   


Gadgets ou révolution ? Toujours est-il qu’après quelques mois de retard, Waterfront Toronto – l’autorité qui réunit le gouvernement canadien, la province de l’Ontario et la ville de Toronto pour financer et porter le projet – a signé le 31 juillet le contrat confiant à Sidewalk Labs le développement de Quayside, ouvrant la voie à l’aménagement du quartier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-7">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Quatorze dossiers ont déjà été déposés auprès de la Haute Cour constitutionnelle pour l’élection prévue le 7 novembre.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤         

Compte rendu

Madagascar : le président Rajaonarimampianina candidat à un second mandat

Quatorze dossiers ont déjà été déposés auprès de la Haute Cour constitutionnelle pour l’élection prévue le 7 novembre.


LE MONDE
              datetime="2018-08-17T13:59:34+02:00"

        Le 17.08.2018 à 13h59

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-08-17T17:36:51+02:00"

        Mis à jour le 17.08.2018 à 17h36






    
Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, annonce la nomination d’un nouveau gouvernement conduit par Christian Ntsay, le  11 juin 2018 à Antananarivo.
Crédits : AFP


Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, a mis fin au suspense, vendredi 17 août, en annonçant qu’il allait briguer un deuxième mandat à la présidentielle de novembre. « C’est pour protéger les acquis des actions déjà accomplies que j’ai décidé aujourd’hui de me porter candidat à l’élection présidentielle », a-t-il annoncé devant la presse dans un hôtel d’Antananarivo. Des partisans du chef de l’Etat ont tiré quelques feux d’artifice et pétards pour saluer la nouvelle.
« C’est ici même, il y a cinq ans, que je me suis engagé avec vous et qu’aujourd’hui je m’engage à nouveau avec vous », a-t-il dit. « Je suis persuadé de faire plus que ce que j’ai déjà accompli pour vous », a ajouté le président âgé de 59 ans, qui avait entretenu le doute sur sa candidature pendant plusieurs semaines.

        Lire aussi :
         

                « Je ne viens pas pour régler des comptes » à Madagascar, promet Andry Rajoelina



Madagascar, grande île pauvre située dans l’océan Indien, est secouée depuis fin avril par une crise ouverte entre le chef de l’Etat et l’opposition, dirigée par les deux anciens présidents et ennemis Andry Rajoelina (2009-2014) et Marc Ravalomanana (2002-2009). Les deux hommes ont déjà annoncé qu’ils seraient candidats.
Pendant deux mois, l’opposition est descendue dans la rue pour dénoncer, selon elle, une tentative de muselage de la part du président Rajaonarimampianina à l’approche des élections. Des manifestants ont occupé l’emblématique place du 13-Mai, à Antananarivo, pour exiger sa démission. Au premier jour des manifestations, le 21 avril, deux partisans de l’opposition avaient été tués. La situation s’est apaisée avec la nomination en juin d’un premier ministre de consensus, Christian Ntsay, et l’entrée de l’opposition dans le gouvernement.
Date limite le 21 août
Pendant son discours vendredi, le dossier de candidature du président a été déposé à la Haute Cour constitutionnelle (HCC), portant à quatorze le nombre de candidats officiellement déclarés. Andry Rajoelina, mais aussi deux anciens premiers ministres, Jean Omer Beriziky et Jean Ravelonarivo, ont déjà déposé leurs dossiers, alors que Marc Ravalomanana devrait le faire dans les prochains jours. La date limite est le 21 août.
« Dans une compétition, quand je participe c’est pour gagner et non pas perdre », avait promis Andry Rajoelina lors de l’annonce de sa candidature, début août. « Je ne suis pas le candidat d’un parti politique, je ne suis pas le candidat d’une plateforme politique, je suis le candidat du peuple malgache », avait encore assuré l’ancien maire d’Antananarivo.

        Lire aussi :
         

                Madagascar rattrapée par ses vieux démons



Les dates de la présidentielle annoncées fin juin, le 7 novembre pour le premier tour et le 19 décembre pour le deuxième tour, ne sont toutefois pas conformes à une récente décision de la HCC destinée à sortir le pays de l’impasse politique. La plus haute instance juridique de Madagascar avait décidé d’accélérer le calendrier électoral et exigé que l’élection présidentielle soit organisée d’ici à la fin de la saison sèche, c’est-à-dire septembre-octobre, et non plus fin 2018.
Hery Rajaonarimampianina devrait quant à lui démissionner en septembre, pendant la campagne électorale, et confier l’intérim de la direction du pays à la deuxième personnalité de l’Etat malgache, l’actuel président du Sénat, Riko Rakotovao, issu de son parti.


<article-nb="2018/08/17/19-8">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le socialiste belge refuse la proposition d’Olivier Faure de devenir tête de liste du PS aux élections du 26 mai 2019.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paul Magnette : « Pourquoi je ne serai pas le candidat du PS français aux européennes »

Le socialiste belge refuse la proposition d’Olivier Faure de devenir tête de liste du PS aux élections du 26 mai 2019.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 14h43
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

Pressenti par la direction du Parti socialiste (PS) français pour conduire la liste du parti aux européennes, le socialiste wallon Paul Magnette explique au Monde pourquoi il a décidé de décliner cette offre. Le maire de Charleroi préfère se consacrer au parti socialiste francophone belge. Pour lui, le PS doit refuser de « se laisser enfermer dans l’équation simpliste posée par le président Macron : ou bien on est européen avec lui, ou bien on rallie les populistes antieuropéens, de droite ou de gauche ».
Quelles sont les raisons de votre refus ? La proposition du premier secrétaire Olivier Faure n’avait pas de sens, d’après vous ?
Bien au contraire… Indépendamment de ma personne, le fait de tenter d’éviter que les élections européennes soient la juxtaposition de 27 élections nationales et se résument à des débats purement nationaux, ou à un vote sanction pour les pouvoirs en place, est intéressant. L’idée de listes transnationales, portée par Emmanuel Macron et d’autres, l’est tout autant. J’ai toutefois dû indiquer à Olivier Faure que, pour des raisons personnelles, je devais décliner sa proposition, qui m’honorait : je suis candidat à ma réélection comme maire de Charleroi en octobre prochain et, en 2019, les élections européennes se dérouleront, en Belgique, en même temps que les régionales et les législatives, pour lesquelles je jouerai un rôle, sans nécessairement briguer l’exercice d’un mandat.
Pourquoi le PS songeait-il à vous ? En raison de votre positionnement sur le CETA, ce traité commercial eurocanadien que vous contestiez, alors que le gouvernement de Manuel Valls l’approuvait ?
Pas seulement, je crois. On sait que je m’intéresse depuis longtemps aux questions européennes et que, comme beaucoup de Belges francophones, je suis très proche de la France. Il est vrai cependant que le dossier du CETA a illustré la difficulté des socialistes...




                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-9">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La hausse de 25 % à 2,6 millions de livres, de la rémunération de John Ridding, avait provoqué la bronca chez les salariés du quotidien financier britannique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Le patron du « Financial Times » devra rendre son augmentation de salaire

La hausse de 25 % à 2,6 millions de livres, de la rémunération de John Ridding, avait provoqué la bronca chez les salariés du quotidien financier britannique.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h39
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


C’est une petite ligne à la page 20 du rapport annuel du Financial Times, publié discrètement sur le registre du commerce britannique le 27 juillet, qui a mis le feu aux poudres. Conformément à la loi, le salaire du directeur général, John Ridding, y était inscrit : 2,6 millions de livres (2,9 millions d’euros) pour 2017. Soit une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente, de 50 % par rapport à 2015 et de 170 % par rapport à 2012.
De quoi provoquer la bronca chez les salariés. Si le quotidien financier britannique est un journal qui va plutôt bien et est en train de réussir son virage numérique, les budgets sont malgré tout serrés. Les journalistes peinent à faire approuver leurs notes de frais et la trésorerie est surveillée de près. « M. Ridding a empoché 2,6 millions de livres la même année qu’on a demandé au FT d’économiser 2,5 millions de livres sur son budget éditorial, provoquant une réduction de vingt emplois de journalistes », s’agace un syndicaliste, dans un courriel interne que Le Monde s’est procuré.
Mercredi 15 août, M. Ridding a dû reconnaître sa défaite. Quelques heures avant une réunion syndicale qui risquait d’être houleuse, il a annoncé qu’il rendait son augmentation de 510 000 livres. Etant donné qu’il a déjà payé des impôts sur cette somme, il ne retournera précisément que 280 000 livres.
Dans un courriel interne au ton agacé, il s’est d’abord justifié de sa rémunération, soulignant les bons résultats du Financial Times. En particulier, le nombre d’abonnés (en ligne et sur papier) a augmenté de 65 000 personnes en 2017, à 910 000. Puis, M. Ridding admet : « Bien que nos résultats aient été solides, je reconnais que la taille du bond dans ma rémunération en 2017 paraît anormale et a provoqué la contrariété. De nombreuses décisions importantes me reviennent, mais le dur travail collectif du FT sous-tend notre succès. »
Un soupçon d’hypocrisie
Lequel succès reste cependant mince : d’après le bilan 2017, le bénéfice opérationnel de la bible de la City était de 4 millions de livres. Le salaire de son patron représentait donc plus de la moitié de ce bénéfice. Le Financial Times, qui a été racheté par l’entreprise de presse japonaise Nikkei en 2015, rétorque que les résultats publiés au registre du commerce britannique sont incomplets, ne comprenant pas l’ensemble des ressources internationales : le vrai bénéfice opérationnel serait de 20 millions de livres.
Quelle que soit la vérité des chiffres, l’augmentation du salaire de M. Ridding a provoqué le malaise. Elle pointe aussi vers un soupçon d’hypocrisie, le Financial Times se montrant régulièrement dur contre l’envolée des salaires des grands patrons. Le 1er janvier de cette année, son éditorial était limpide. « Le capitalisme a besoin d’un nouveau contrat social. (…) Les salaires disproportionnés des patrons restent une menace incendiaire pour la confiance (envers les entreprises). Les sociétés, leurs conseils d’administration et les patrons doivent faire preuve de sens de la mesure et d’autocontrôle s’ils veulent éviter de se voir imposer des limites législatives plus lourdes. » On ne saurait mieux dire.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-10">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Affaibli, l’Etat afghan craint d’être victime de la montée de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, et soupçonne la République islamique de financer les talibans dans les provinces occidentales.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A l’ouest de l’Afghanistan, la présence iranienne devient menaçante

Affaibli, l’Etat afghan craint d’être victime de la montée de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, et soupçonne la République islamique de financer les talibans dans les provinces occidentales.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h29
    |

            Louis Imbert (Herat, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les talibans sont entrés dans Farah le 15 mai. Des images diffusées sur Internet, sur des comptes qui leur sont affiliés, ont montré des combattants décontractés, vêtus de noir, paradant dans cette capitale de province afghane proche de la frontière iranienne. Ils ont attaqué les bureaux des services de renseignement et ont pris deux postes de police. Le gouvernement de Kaboul a dû dépêcher des renforts aériens et ses forces spéciales – celles qui n’étaient pas occupées dans d’autres provinces –, épaulées par un commando des bérets verts américains.
Puis, après trois jours de combats, les talibans ont repassé la rivière Farah, située en bordure de la ville. Sur l’autre rive, ils opèrent librement de longue date. Ils s’y tiennent prêts à attaquer de nouveau. Pour une partie de l’appareil d’Etat afghan, les insurgés n’auraient pu réussir un tel coup d’éclat à ­Farah s’ils n’avaient pas été renforcés, depuis des années, par un singulier allié.
Liens avec les talibans
« Certaines informations indiquent que l’Iran a encouragé les talibans à mener cette attaque, affirme Manan Farahi, ancien chef du renseignement militaire afghan, originaire de la province. Je n’ai pas connaissance de preuves d’une implication directe de combattants iraniens dans cette opération, mais nous savons que l’Iran entraîne les talibans sur son territoire, dans la province voisine du Sistan-Baloutchistan. Il leur envoie de l’argent et des munitions, et leur fournit une assistance médicale. » Selon M. Farahi, des combattants sont régulièrement soignés en Iran, où résideraient les familles de chefs locaux de l’insurrection.
A Kaboul, plusieurs officiels en poste confirment ces informations en privé : ils perçoivent l’Iran comme une menace croissante, mais ils se gardent de le blâmer publiquement. Ils cherchent à l’amadouer. Ils craignent d’être victimes d’une dangereuse montée de tensions entre le puissant voisin iranien et les Etats-Unis, engagés aux...




                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-11">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Après les attaques du gouvernement italien contre l’Autostrade per l’Italia, le titre de sa maison mère s’est écroulé de 25%, jeudi, à la Bourse de Milan.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Atlantia et sa filiale, Autostrade per l’Italia, gestionnaire du viaduc Morandi, dans la tourmente

Après les attaques du gouvernement italien contre l’Autostrade per l’Italia, le titre de sa maison mère s’est écroulé de 25%, jeudi, à la Bourse de Milan.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 16h16
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


C’est la curie pour Atlantia et Autostrade per l’Italia, sa filiale qui gère l’autoroute et le viaduc Morandi, qui s’est écroulé mardi 14 août. Jeudi, le gouvernement italien a déclaré la guerre à la société italienne. Après plusieurs attaques du premier ministre, Giuseppe Conte, et des poids lourds du gouvernement, le vice-ministre des transports, Edoardo Rixi, a précisé à Reuters que l’exécutif transalpin étudiait trois possibilités pour Autostrade : « La révocation totale de la concession, la révocation de la section A10 ou une pénalité, mais une pénalité de 150 millions d’euros [prévu par le contrat] est trop faible. »
Ces déclarations ont créé un vent de panique à la Bourse de Milan, où le concessionnaire est coté. L’action Atlantia s’est écroulée de 25 % en séance, jeudi. Alors que la capitalisation du groupe, qui gère des autoroutes en Italie, au Chili ou encore en Pologne et des aéroports, tutoyait fin 2017 les 22 milliards d’euros, il affichait en fin de journée une capitalisation de 16 milliards d’euros.
Dans un communiqué, ce groupe de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, détenu pour 30 % par Edizione, la holding de la famille Benetton, a souhaité rassurer ses actionnaires. La société a dénoncé des annonces « faites en l’absence de toute contestation spécifique » et « de toute certitude sur les causes effectives » du drame. Et dans l’hypothèse d’une révocation de la concession, « il revient au concessionnaire d’évaluer la valeur résiduelle de la concession, une fois les éventuelles pénalités déduites », a prévenu Atlantia. Selon des médias italiens, le coût pour l’Etat de cette révocation se chiffre en milliards d’euros.

        Lire aussi :
         

                Gênes, premier port italien, et la Ligurie fragilisés



Une entreprise déployée à l’international
Pour Atlantia, cet accident pourrait marquer un coup d’arrêt pour son développement. Privatisée en 1998, Autostrade gérait 2 850 km de voies (soit 50 % du réseau italien). Depuis, la société dirigée par Giovanni Castellucci s’est déployée à l’international en acquérant quelque 2 000 km d’autoroutes concédées par le Brésil, le Chili ou encore l’Inde.
A l’image du français Vinci, le concessionnaire italien se tourne à partir de 2013 vers les aéroports. Il remporte la concession des deux aéroports romains, Fiumicino et Ciampino, avant de décrocher, en consortium avec EDF Invest, celle de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur moyennant un chèque de 1,22 milliard d’euros. Dernièrement, Atlantia a racheté la part de 15,5 % de Goldman Sachs dans Getlink (nouveau nom d’Eurotunnel). Le groupe transalpin ne devrait pas s’arrêter là en France.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le Mouvement 5 étoiles mis en difficulté par l’effondrement du pont de Gênes



Alors qu’il souhaitait acquérir des autoroutes françaises lors de la privatisation de 2007, son offre avait été retoquée. Onze ans plus tard, il revient. En mettant la main, en consortium avec l’espagnol ACS, sur le groupe Abertis, il détient désormais la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef). La société pourrait également se positionner pour la privatisation de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Depuis l’accident de Gênes, l’Etat sera particulièrement vigilant sur cette candidature.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-12">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Dans cette grande ville de l’ouest de l’Afghanistan, l’Iran importe ses produits et son mode de vie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Herat, l’influence iranienne est omniprésente

Dans cette grande ville de l’ouest de l’Afghanistan, l’Iran importe ses produits et son mode de vie.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h22
    |

            Louis Imbert (Herat, envoyé spécial)








                        



                                


                            

En février, des représentants de cinq pays inauguraient à Herat, la grande ville de l’Ouest afghan, l’un des chantiers industriels les plus ambitieux de l’histoire récente du pays. Ce gazoduc doit acheminer d’ici à 2020 du gaz naturel du Turkménistan à travers l’Afghanistan, jusqu’au Pakistan et à l’Inde.
D’un coût de 19 milliards d’euros, ce vieux serpent de mer, baptisé TAPI (les initiales des pays partenaires), est encouragé par les Etats-Unis depuis plus de dix ans. Il est censé aider à stabiliser le pays, en rapprochant les intérêts des deux grands rivaux régionaux : l’Inde et le Pakistan. Le problème, c’est que son tracé passe par trois provinces afghanes frontalières de l’Iran (Herat, Farah et Nimrouz), ainsi que par des territoires des talibans, dans le Sud.
Les talibans ont annoncé qu’ils défendraient l’intérêt national et garantiraient la sécurité du chantier. Mais des insurgés locaux auraient déjà indiqué au gouverneur de Herat que des agents iraniens les avaient approchés pour s’en prendre au gazoduc. « Téhéran ne veut pas de TAPI, note un proche du Conseil de sécurité afghan, à Kaboul. Les Iraniens avaient concurrencé les Etats-Unis avec un trajet alternatif : ils voulaient exporter leur propre gaz vers le Pakistan et l’Inde, et offraient de payer leur tronçon. Nous, c’est le Turkménistan qui nous finance : nous n’avons pas les moyens… »
L’Iran, une protection et une menace
Voilà tout le problème de Herat, qui fut, dès le IXe siècle, un creuset de culture persanophone entre l’Iran et l’Asie centrale. La ville demeure un havre de paix et de prospérité relatif. Elle accueille des déplacés des provinces voisines et du Sud, alors que l’Afghanistan ne cesse de s’affaiblir depuis le retrait des troupes américaines, passées de plus de 100 000 hommes, en 2010, à environ 14 000 aujourd’hui.
Sa stabilité, Herat la doit en bonne part à son grand voisin iranien. Mais cette protection a un coût, et la...




                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-13">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’effondrement de l’édifice, le 23 juillet, qui avait provoqué des dizaines de morts, a poussé le gouvernement de Vientiane a revoir sa stratégie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le Laos gèle tout futur projet de barrage

L’effondrement de l’édifice, le 23 juillet, qui avait provoqué des dizaines de morts, a poussé le gouvernement de Vientiane a revoir sa stratégie.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 12h05
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


La catastrophe consécutive à la rupture d’un barrage au sud Laos, le 23 juillet, vient de conduire le gouvernement d’un régime au fonctionnement opaque à prendre les mesures qui s’imposaient : tout projet hydroélectrique en attente du feu vert des autorités est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Les barrages en cours de construction vont par ailleurs faire l’objet d’un rapport pour évaluer la solidité de leurs constructions. Telles sont les décisions qui ont été prises lors d’un conseil des ministres extraordinaire, les 6 et 7 août, et dont les médias officiels se sont fait récemment l’écho.
Le bilan du désastre du mois dernier est, officiellement, de 36 morts. Mais le nombre de victimes devrait être beaucoup plus élevé, une centaine - ou des centaines, selon les sources- de villageois de la province d’Attapeu, qui jouxte le Vietnam et le Cambodge, restant portés disparus.

Au lendemain d’un désastre qui avait conduit le premier ministre Thongloun Sisoulith à organiser une conférence de presse, ce qui est exceptionnel. Les autorités laotiennes s’étaient efforcées d’expliquer l’accident par les fortes pluies qui auraient fait déborder le barrage auxiliaire en construction. Mais trois jours plus tard, un responsable de haut rang déclarait anonymement à Radio Free Asia (RFA) que le désastre avait été causé par un défaut de construction . Ce qui revenait à impliquer, outre une compagnie d’Etat laotienne, les entreprises thaïlandaises et coréennes finançant ce projet sur un affluent du Mékong…
La « batterie de l’Asie du sud-est »
La Mekong river commission (MRC), une organisation internationale chargée de coordonner la gestion du bassin du grand fleuve, et qui réunit Vietnam, Laos, Cambodge et Thaïlande, a applaudi, mercredi 15 août, une décision qualifiée de « progressive ». Dans un communiqué, la MRC espère que soit ainsi « inaugurée une ère d’espoirs pour le développement d’un développement plus harmonieux et plus durable de l’une des plus grandes rivières du monde »
Si les promesses du gouvernement laotien sont suivies d’effets, il pourrait s’agir là d’un tournant dans la stratégie de développement de cette nation enclavée où 46 installations hydroelectriques sont déjà en fonctionnement et 54 en construction. Le but affiché du Laos est de devenir la « batterie de l’Asie du sud-est ».

        Lire aussi :
         

                Rupture d’un barrage au Laos : le désastre aurait pu être évité



Le régime à parti unique laotien soutient que l’argent généré par la vente d’électricité permettra de réduire la pauvreté. Mais, selon des experts cités par RFA, une partie de cette électricité achetée par les voisins du Laos serait ensuite revendue à ce dernier à des taux plus élevés.
Pour l’heure, il s’agit de prémunir d’autres désastres. Le gouvernement se veut ferme, rapporte le quotidien anglophone officiel Vientiane Times : « toute irrégularité trouvée dans la conception ou la construction d’un barrage devra être immédiatement signalée ».
La catastrophe a suscité des remous, sur internet, dans un pays où nulle dissension n’est tolérée. La semaine dernière, des travailleurs migrants laotiens en Thaïlande ont organisé une -rare- manifestation devant l’ambassade du Laos à Bangkok, demandant que le gouvernement de leur pays assume la responsabilité du désastre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-14">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Poursuivies pour « extrémisme » après de simples conversations politiques, les jeunes filles viennent d’être libérées. Mais, assignées à résidence, elles risquent douze ans de prison.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Anna et Maria, symboles de la répression en Russie

Poursuivies pour « extrémisme » après de simples conversations politiques, les jeunes filles viennent d’être libérées. Mais, assignées à résidence, elles risquent douze ans de prison.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h55
    |

                            Intérim








                        



   


Sur le service de messagerie sécurisé Telegram, elles échangeaient librement quelques commentaires politiques. Et, dans les McDo de Moscou, elles se retrouvaient entre amis, osant partager en public de vagues avis critiques contre le Kremlin de Vladimir Poutine.
Arrêtées et poursuivies pour avoir créé une « organisation extrémiste », Anna Pavlikova, 18 ans, et Maria Doubovik, 19 ans, risquent désormais jusqu’à douze ans de prison. Les jeunes hommes délateurs qui avaient infiltré leurs discussions, eux, ont disparu des radars de la justice. Ils travaillaient pour les services de sécurité, ceux-là mêmes qui, depuis des mois, ont pour mission de traquer les jeunes tentés par toute forme de rébellion.
« Anna et Maria sont loin d’être un cas isolé. Naïves et innocentes, elles parlaient d’une autre Russie. Aujourd’hui, elles sont devenues le symbole de la répression. Le message du Kremlin est clair envers les jeunes : voyez ce qui vous attend si vous osez critiquer le pouvoir… », explique Olga, l’une de ces mères anonymes qui, mercredi 15 août, se sont rassemblées dans le centre de Moscou pour une marche en soutien aux deux jeunes filles. Sous la pluie battante, elles étaient quelques centaines, serrant sous leurs parapluies des peluches, symboles des enfants que « nous voulons protéger face à l’Etat policier ».

        Lire aussi :
         

                La Russie lâche un « tapis de bombes » sur Internet pour tenter de censurer Telegram



La manifestation se voulait apolitique, sans slogan ni pancarte. Mais elle n’avait pas été autorisée par les autorités municipales. Les organisatrices, - actrices, journalistes et autres figures féminines de la société civile -, avaient d’ailleurs reçu des avertissements. La police s’est pourtant montrée discrète. Et aucune manifestante n’a été arrêtée.
Santé détériorée
Le Kremlin, lui, se garde bien de commenter l’affaire. Mais, alors que le cas d’Anna Pavlikova et de Maria Doubovik, incarcérées depuis cinq mois, mobilisait ces derniers jours les réseaux sociaux des milieux d’opposition, les autorités ont préféré jouer l’apaisement. D’autant plus que, pendant leur détention, la santé des deux jeunes filles s’est détériorée.
Face à la protestation montante, les enquêteurs et le parquet viennent du coup de soudainement changer d’avis : ils ont demandé à mettre fin à la détention provisoire des deux adolescentes. Une recommandation suivie à la lettre par la justice qui a ordonné jeudi 16 août, dès le lendemain de la marche de soutien, la libération d’Anna et de Maria. Dans l’attente de leur procès prévu en septembre, elles sont désormais assignées à résidence.
Depuis l’an passé, des centaines d’adolescents rejoignent régulièrement les manifestations du leader de l’opposition Alexeï Navalny. Certains sont devenus très actifs sur les réseaux sociaux. Mais police et justice veillent. Ces derniers mois, se sont ainsi multipliées les poursuites pour « extrémisme » contre de jeunes internautes. Parfois pour une simple « like ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-15">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Devenue un « laboratoire de l’immigration en Catalogne », la petite ville où vivaient les auteurs des attaques d’août 2017 a du mal à trouver des réponses.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le malaise de Ripoll, un an après les attentats de Barcelone

Devenue un « laboratoire de l’immigration en Catalogne », la petite ville où vivaient les auteurs des attaques d’août 2017 a du mal à trouver des réponses.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h07
    |

            Isabelle Piquer (Ripoll (Catalogne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« On a très envie d’oublier », confie Josep Joan, un ancien professeur de latin qui vient de finir ses emplettes près de la place principale de Ripoll, « mais en même temps on voudrait comprendre, car on se demande toujours comment ça a pu se passer ici, alors que tout le monde se connaît ».
Un an après les attentats qui, les 17 et 18 août 2017, tuèrent 16 personnes et firent 155 blessés dans le centre de Barcelone et dans la localité balnéaire de Cambrils, en Catalogne, Ripoll, une petite ville de 10 000 habitants au pied des Pyrénées, cherche à panser ses blessures et à trouver des réponses.

C’est ici que vivaient les six auteurs des attaques, dont Younes Abouyaaqoub, le conducteur la camionnette qui faucha mortellement des promeneurs sur les célèbres Ramblas. Enfants d’immigrés marocains, âgés de 17 à 24 ans, apparemment sans histoires, ils avaient été fanatisés par un imam marocain de 44 ans, Abdelbaki Es Satty, installé dans la commune depuis 2015.
Depuis les attentats, la municipalité de Ripoll tient à souligner qu’il ne s’est produit aucun incident raciste. « Il y a quelques mois, au marché, j’ai aperçu la mère de Younes, je l’ai reconnue car je l’avais vue à la télé, personne n’a eu de gestes d’hostilité envers elle », raconte Josep Joan.
« Ça nous a fait un choc »
La décision de la justice espagnole de lever partiellement le secret de l’instruction fin juillet a renforcé le malaise de Ripoll. Les images et les verbatim du dossier publiés par la presse ont rouvert toutes les blessures. On y voit trois des « djihadistes de Ripoll » manipulant des ceintures d’explosifs, revendiquant « leur haine du koufar » (infidèle) et promettant, entre éclats de rire, « l’enfer pour les ennemis d’Allah ».
« Nous les considérions comme des victimes secondaires car on leur avait lavé le cerveau mais les voir revendiquer...




                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-16">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Malte a annoncé que l’Italie allait héberger vingt  réfugiés de l’«  Aquarius », contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Entre deux Tweet xénophobes, Salvini accueille des migrants

Malte a annoncé que l’Italie allait héberger vingt  réfugiés de l’«  Aquarius », contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 17h08
    |

            Jean-Baptiste Chastand et 
                                Margherita Nasi (Rome, correspondance)








                        



   


Pendant que l’Italie compte ses morts à la suite de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, trouve tout de même l’occasion de se réjouir. « Une bonne nouvelle dans une journée aussi triste. L’Aquarius ira à Malte et les immigrés à bord seront distribués entre Espagne, France, Luxembourg, Portugal et Allemagne, mais pas en Italie, comme promis. Nous avons suffisamment donné. Des mots aux faits ! », poste le leader de la Ligue (extrême droite) sur Facebook, le jour du drame, mardi 14 août.
Mais, malgré l’obsession de M. Salvini pour les hashtags #portsfermés #cœursouverts, il semble bien que l’Italie va finalement participer à l’effort et héberger vingt migrants recueillis par l’Aquarius. « A la suite de l’annonce de cinq pays membres qui ont joint leurs efforts pour se répartir les immigrants à bord de l’Aquarius, le gouvernement italien a contacté le gouvernement maltais pour participer à l’initiative », a ainsi déclaré, mercredi, La Valette, dans un communiqué.
Affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), le navire humanitaire vient finalement d’être autorisé à accoster dans le port de La Valette, à Malte, après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord.
Un sacré retournement
Si la nouvelle n’a pas été confirmée officiellement par le ministère de l’intérieur italien, plusieurs journaux ont assuré en avoir obtenu confirmation par des sources internes. Un sacré retournement pour un ministre qui ne passe pas un jour sans se répandre en saillies xénophobes sur les réseaux sociaux. Le 12 août, il proposait de remettre un « prix » à la conductrice d’un train milanais. Cinq jours plus tôt, celle-ci avait livré une invraisemblable annonce à ses passagers : « Gitans : descendez au prochain arrêt, parce que vous cassez les couilles ! »
Le 14 août, sur Twitter : « Les autorités tunisiennes ont arrêté 9 EXTRÉMISTES ISLAMIQUES qui tentaient d’embarquer dans un bateau pour rejoindre l’Italie. » Démenti immédiat des autorités tunisiennes : « D’après l’enquête, il n’y a aucune intention de terrorisme contre l’Italie dans cette tentative d’immigration clandestine », assure le porte-parole de la garde nationale tunisienne, Houssem Eddine Jebabli.

        Lire aussi :
         

                Migrants : l’« Aquarius », un défi pour l’Europe



Mais, en bon troll, M. Salvini préfère ignorer ses contradicteurs que de s’expliquer sur ses contradictions. Plutôt que de s’exprimer sur les vingt migrants de l’Aquarius, il s’en est pris, mercredi, à un autre bateau, sur Facebook. « J’ai le devoir de vous annoncer qu’un navire avec 170 migrants, en difficulté dans les eaux maltaises, est non seulement ignoré, mais est accompagné dans les eaux italiennes, par les autorités maltaises, poste Salvini. Si ça, c’est l’Europe, ce n’est pas mon Europe. L’Italie a déjà accueilli, et dépensé, suffisamment. Que ce soit clair pour tous. Surtout pour Bruxelles. » Le ministre de l’intérieur maltais a répliqué jeudi soir en affirmant que ce bateau avait refusé son aide et « ne présentait pas de signe de détresse » quand il est passé dans sa zone de sauvetage.
C’est finalement un navire de gardes-côtes italien, le Diciotti, qui les a sauvés, sans attendre le feu vert de Rome. Dans cette confusion volontairement entretenue par Salvini, ses services ont choisi jeudi soir de faire planer la menace d’une nouvelle volte-face sur le dossier de l’Aquarius : « Les partenaires européens comptent laisser l’Italie seule en lui imposant un bateau avec 170 personnes. Si c’est vraiment leurs intentions, Rome remettra en question la possibilité de participer à la redistribution des personnes qui étaient à bord de l’Aquarius, comme l’a annoncé Malte au cours des dernières heures », assure le ministère dans un communiqué, reconnaissant implicitement les négociations avec Malte. Tandis que sur les réseaux sociaux, les adeptes de Salvini s’en prenaient vertement au capitaine du Diciotti.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-17">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Après l’effondrement, mardi, du pont Morandi, 50 000 emplois sont menacés dans le port génois, le poumon économique de la Ligurie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Gênes, premier port italien, et la Ligurie fragilisés

Après l’effondrement, mardi, du pont Morandi, 50 000 emplois sont menacés dans le port génois, le poumon économique de la Ligurie.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 15h19
    |

                            Margherita Nasi (Gênes, Italie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A ceux qui voudraient connaître la puissance de Gênes, l’écrivain italien Ambrogio Bazzero suggérait d’aller « goûter la grandiose poésie de son port ». Cet immense complexe de 22 km ingurgite et recrache chaque année 69 millions de tonnes de marchandises, et 2,6 millions de conteneurs. Mais, depuis le 14 août, le plus grand port industriel et commercial de la péninsule est silencieux. Les grues s’affairent un peu plus loin : autour du pont Morandi, on continuait, jeudi 16 août, de déblayer les décombres à la recherche de disparus. Le bilan provisoire a été porté à trente-huit morts et quinze blessés, dont cinq toujours dans un état grave. Samedi matin, une cérémonie de funérailles se tiendra à la Fiera de Gênes, un centre d’expositions. Mais, pour la cité portuaire, le deuil risque d’être bien plus long.
Avec l’écroulement du pont Morandi, c’est l’économie d’une région entière qui menace de s’effondrer. « Ce viaduc était un symbole de la ville, on l’appelait le pont Brooklyn. Mais c’était surtout un pilier pour l’économie ligure », explique Mario Ghini, secrétaire régional du syndicat UIL (Union italienne du travail). Pas moins de 25,5 millions de véhicules y transitaient chaque année, et le trafic devait augmenter de 30 % d’ici à 2050, selon les estimations de la société Autostrade per l’Italia, qui gère l’autoroute et le pont Morandi. Dans un communiqué, la Confédération italienne des syndicats de travailleurs (CISL) s’inquiète pour l’avenir du port et des entreprises : « Il faut éviter que ce drame se répercute sur le travail et les familles génoises innocentes. »

Mais les Génois s’alarment déjà. Marcello patiente près de son taxi devant la gare ferroviaire de Brignole. Dans l’attente de clients, il commente l’actualité. « Heureusement que le pont n’est pas tombé cet automne, cela aurait été un carnage. Ce viaduc, tout le monde l’empruntait : les habitants pour traverser...




                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-18">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Après un premier mandat décevant, le président dispose de cinq ans de plus pour réduire le divorce avec les Maliens et remettre à flot le pays.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Au Mali, une deuxième chance pour « IBK »

Editorial. Après un premier mandat décevant, le président dispose de cinq ans de plus pour réduire le divorce avec les Maliens et remettre à flot le pays.



Le Monde
 |    17.08.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
17.08.2018 à 18h14
   





                        



   


Editorial du « Monde » Ereintés par la pauvreté, déprimés par la conjugaison de violences intercommunautaires et d’attentats djihadistes, les Maliens suffoquent. Mais l’on peut douter que la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », annoncée jeudi 16 août, leur procure un bol d’air salutaire tant l’atmosphère du pays est viciée.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta réélu



Sur le papier, le paysage n’est pas si sombre. IBK a remporté un scrutin pluraliste en distançant largement son adversaire, l’ancien ministre des finances Soumaïla Cissé, à l’issue d’un processus électoral jugé globalement acceptable par les nombreux observateurs internationaux déployés dans le pays. Les 31 points de différence entre les deux hommes auraient de quoi lui garantir sérénité et légitimité pour mener des réformes indispensables afin de réduire l’extrême pauvreté dont souffrent neuf millions de Maliens, soit la moitié de la population. La croissance économique – 5 % depuis plusieurs années – du premier producteur de coton d’Afrique, extracteur d’or non négligeable et récipiendaire, chaque année, d’un milliard d’euros d’aide internationale, offre une marge de manœuvre.
Défiance croissante de la population
Mais il y a une autre lecture, moins optimiste, des résultats de l’élection présidentielle. Elle pose la question de la vitalité de la démocratie malienne : à peine plus d’un électeur sur trois s’est en effet déplacé pour le second tour du scrutin. L’insécurité dans le nord et le centre du pays n’explique pas tout. Cette abstention massive traduit la défiance croissante de la population envers les leaders politiques. « Les Maliens voient les élections comme une impasse », analyse ainsi le philosophe malien Issa N’Diaye. En cause, une génération d’hommes politiques issue du même moule – l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) –, qui écrase la scène depuis la chute de la dictature de Moussa Traoré, en 1991.

        Lire aussi :
         

                A Bamako, la victoire d’IBK fêtée par les uns, rejetée par les autres



Ce n’est certes pas une spécificité malienne. Sauf que ces présidences successives n’ont pas pu empêcher le pays d’être miné par l’insécurité et rongé par la corruption, le népotisme ou les affaires douteuses, avec des trafiquants de tout genre. L’élection d’IBK en 2013 n’a pas inversé la tendance. Beaucoup l’espéraient, pourtant. Quelques mois plus tôt, la moitié du pays était sous le contrôle d’indépendantistes touareg vite supplantés par des groupes armés djihadistes. Il avait fallu l’intervention militaire française « Serval », en janvier 2013, pour éviter la dislocation du pays.
Soutien international
Dépeint comme un homme à poigne, Ibrahim Boubacar Keïta portait alors la promesse d’une paix durable, préalable indispensable au développement économique. Et il était soutenu par la communauté internationale, qui n’a pas mégoté sur son soutien financier ou sécuritaire avec le déploiement au Mali de ce qui constitue actuellement la plus importante mission de paix de l’ONU dans le monde, la plus meurtrière également.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, un second tour entre indifférence et violence



Cinq ans plus tard, son bilan est maigre. A force de tergiversations dans l’application de l’accord de paix signé, en 2015, à Alger, « IBK » n’a pas restauré l’autorité de l’Etat dans le nord. Ni désarmé les groupes rebelles. Ni évité que le centre du pays ne devienne la proie de milices communautaires qui s’entre-tuent au nom de la protection de « leur » population, abandonnée par Bamako.
« IBK » dispose de cinq ans supplémentaires pour réduire le divorce avec les Maliens et remettre à flot le pays. Mais, à Bamako, ils ne sont pas nombreux à y croire. Dimanche 12 août, beaucoup ne se sont d’ailleurs pas déplacés pour aller voter.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/17/19-19">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Après le Sénégalais Pierre Sané dans les années 1990, cet ancien de Greenpeace est le deuxième Africain à diriger l’organisation.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤         

Portrait

Kumi Naidoo, un Sud-Africain partisan de la désobéissance civile à la tête d’Amnesty

Après le Sénégalais Pierre Sané dans les années 1990, cet ancien de Greenpeace est le deuxième Africain à diriger l’organisation.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-17T11:26:27+02:00"

        Le 17.08.2018 à 11h26






    
Le Sud-Africain Kumi Naidoo, nouveau secrétaire général d’Amnesty International, à Johannesburg, le 16 août 2018.
Crédits : GULSHAN KHAN / AFP


Grand sourire et tunique en wax, Kumi Naidoo a choisi son pays natal, l’Afrique du Sud, pour ses premiers pas de secrétaire général d’Amnesty International. Ce militant chevronné, anti-apartheid de la première heure et ancien directeur exécutif de Greenpeace, prend les rênes de l’organisation à un moment où les droits humains traversent une période tumultueuse.

        Lire aussi :
         

                Amnesty demande une enquête sur des exécutions extrajudiciaires au Mali



« Alors que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 va bientôt fêter ses 70 ans, de trop nombreux dirigeants contribuent malheureusement à faire reculer l’agenda sur les droits humains », a-t-il déclaré, jeudi 16 août à Johannesburg, lors de sa présentation à la presse. « Je parle surtout de Donald Trump, et s’il ne faut retenir qu’une question, c’est celle de la séparation des familles de migrants aux frontières, l’une des plus grandes atrocités de notre temps. »
Les injustices de l’apartheid
Après le Sénégalais Pierre Sané dans les années 1990, cet énergique quinquagénaire est le deuxième Africain à diriger Amnesty International. Né en 1965 à Durban dans une famille originaire d’Inde, il a grandi dans un township où il a très tôt fait face aux injustices de l’apartheid. Le régime raciste ne réglementait pas seulement les relations entre les Blancs et les Noirs, puisque deux autres « races » étaient compartimentées, les métis et les Indiens.
À 15 ans, sa vie s’accélère : il est renvoyé de son collège pour avoir organisé une manifestation. Puis, à 21 ans, il est arrêté, entre en clandestinité et s’exile au Royaume-Uni, où une bourse lui permet d’étudier à Oxford. En 2005, il est le premier Africain nommé à la tête de Greenpeace, où il s’illustre dans des actions directes comme l’occupation de plateformes pétrolières dans l’Arctique.

        Lire aussi :
         

                Amnesty fustige la peine de mort pour une adolescente victime de viol au Soudan



À Amnesty, Kumi Naidoo apporte ce penchant pour la désobéissance civile pacifique. « Parfois, une activité de désobéissance bien pensée peut avoir beaucoup plus d’impact qu’un épais rapport », confie-t-il en évitant de trop s’avancer, car il doit encore « en discuter longuement avec [ses] collègues ». Eux dont la spécialité, justement, est de produire des rapports fouillés…
Lettre au président zimbabwéen
Pour l’organisation créée en 1961, qui compte 7 millions de membres dans 70 pays, Kumi Naidoo voit les choses en grand : « Il faut rendre le mouvement plus large, plus audacieux et plus inclusif », explique t-il. Soit augmenter le nombre de membres, multiplier les actions coup de poing et travailler en concertation avec un maximum d’organisations. « Le combat pour les droits humains ne peut plus être l’apanage de quelques organisations spécialisées comme Amnesty, ça ne suffit plus », justifie-t-il.

        Lire aussi :
         

                « En Afrique, Gaëtan Mootoo était un bouclier contre l’arbitraire »



Choisi avant tout pour sa stature internationale, il a symboliquement débuté son mandat en Afrique, « où la liste des violations des droits humains est tristement longue », dit-il. Mercredi, son premier acte de secrétaire général a été d’adresser une lettre au président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, pour demander une enquête sur l’enlèvement d’Itai Dzamara, un militant renommé enlevé en 2015 sans jamais réapparaître.

Humbled to join @amnesty as Secretary General today. My first act is to write to the next president of #Zimbabwe ab… https://t.co/JC3nVRehkh— kuminaidoo (@Kumi Naidoo)


require(["twitter/widgets"]);

« On va se concentrer sur les disparations et les enlèvements politiques, comme ceux d’Itai, répond-il, questionné sur ses priorités pour le continent. Et plus largement, on va mettre l’accent sur la défense des libertés de réunion, d’association et d’expression, qui sont fondamentales pour permettre aux organisations d’exister et d’avoir un espace pour résister. »


<article-nb="2018/08/17/19-20">
<filnamedate="20180817"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180817"><AAMMJJHH="2018081719">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’abstention massive souligne la fragilité d’Ibrahim Boubakar Keïta, confronté à des défis sécuritaire, politique, économique et social.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤         

Décryptage

Le président « IBK », vainqueur affaibli de l’élection au Mali

L’abstention massive souligne la fragilité d’Ibrahim Boubakar Keïta, confronté à des défis sécuritaire, politique, économique et social.

Christophe Châtelot (avec Morgane Le Cam à Bamako)
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-17T11:20:42+02:00"

        Le 17.08.2018 à 11h20

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-08-17T17:03:16+02:00"

        Mis à jour le 17.08.2018 à 17h03






                        

Crédits : LUC GNAGO / REUTERS


                    

Bon perdant au lendemain de sa très large défaite au second tour de l’élection présidentielle d’août 2013 au Mali, Soumaïla Cissé s’était alors déplacé en famille pour féliciter son adversaire victorieux, Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK ». L’époque imposait alors une forme d’union nationale pour relever un pays qu’une coalition hétérogène de groupes armés djihadistes et indépendantistes touareg avait failli faire imploser quelques mois auparavant.
Cinq ans plus tard, l’union de façade a volé en éclats. Perçu en 2013 comme l’homme de la situation, IBK, facilement réélu, selon les résultats proclamés jeudi 16 août, aborde son deuxième mandat affaibli alors que les défis à relever balaient tous les fronts – sécuritaire, politique, économique et social.
Faut-il y voir un signe de fébrilité présidentielle ?Jamais Bamako n’avait ainsi connu un tel déploiement de forces de sécurité au moment d’annoncer les résultats électoraux. Certes la capitale d’un pays où prospèrent des groupes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique demeure une cible majeure d’attentats, même si – à l’inverse d’autres villes du centre et du nord du Mali – elle n’a pas été attaquée depuis un an.
Mais, peut-être, le pouvoir redoute-t-il un autre péril. Celui d’un embrasement de la rue alors que le pays parait plus divisé que jamais. A la différence de 2013, Soumaïla Cissé conteste sa défaite (33 % contre 77 % pour IBK). Le candidat de la plate-forme d’opposition Ensemble, restaurons l’espoir appelle désormais « tous les Maliens à se lever [face à] la dictature de la fraude ». « Le pouvoir a peur de la rue. En 2017, il a dû renoncer à sa réforme constitutionnelle sous la pression des manifestants », rappelle un observateur malien tenu à l’anonymat.
La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le système est gangrené par la corruption et le clientélisme
Rien ne dit que l’opposition ait conservé ce pouvoir de mobilisation....


