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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Face aux attaques du président, qui a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », plus de 350 journaux publient jeudi des éditoriaux pour réaffirmer leur droit et devoir d’informer.
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« Trump n’est pas le premier homme politique à attaquer les médias, mais il est peut-être le plus acharné »

Face aux attaques du président, qui a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », plus de 350 journaux publient jeudi des éditoriaux pour réaffirmer leur droit et devoir d’informer.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h38
    |

            Romain Geoffroy








                        



   


Comme souvent, Donald Trump avait répondu aux critiques par des attaques. Largement critiqué par la presse américaine pour son ton conciliant envers Vladimir Poutine lors du sommet d’Helsinki, le 16 juillet, le président américain avait qualifié les médias de « véritables ennemis du peuple ».

The Summit with Russia was a great success, except with the real enemy of the people, the Fake News Media. I look f… https://t.co/Au7K2BZjiZ— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Une attaque de trop envers le quatrième pouvoir ? Un mois plus tard, plus de 350 journaux, sites et magazines américains reprennent cette expression et se rassemblent derrière le hashtag #EnemyOfNone (« ennemi de personne »). Que leur diffusion soit locale ou nationale, que leur ligne éditoriale soit progressiste ou conservatrice, des centaines de journalistes insistent, jeudi 16 août, sur l’importance de l’indépendance des médias.
« Nous avons aujourd’hui aux Etats-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l’administration actuelle est “l’ennemi du peuple” », déplore le Boston Globe, le journal à l’initiative de cette campagne médiatique. Pour le quotidien du Massachusetts, l’attitude de M. Trump encourage même des présidents comme Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdogan à traiter les journalistes comme des ennemis.
Même le New York Post, à la ligne éditoriale généralement pro-Trump, s’est joint à l’initiative du Boston Globe. « Qui sommes-nous pour ne pas être d’accord ? Nous soutenons une presse libre et dynamique, une nation où les puissants doivent rendre des comptes au quatrième pouvoir », écrit le tabloïd. « Est-ce que ça changera quelque chose ? Pas un brin », confesse le journal. « Tout ce que nous pouvons faire, c’est continuer à faire des reportages » malgré les critiques du pouvoir.
Un danger, selon le « New York Times »
« Cela a toujours été dans l’intérêt des puissants d’écarter et de discréditer ceux qui pourraient exercer un contrôle sur leur pouvoir, reconnaît dans son éditorial le Star Tribune, principal quotidien du Minnesota. Le président Donald Trump n’est pas le premier homme politique à attaquer ouvertement les médias pour avoir usé de leur pouvoir de contrôle. Mais il est peut-être le plus flagrant et le plus acharné. »
Le New York Times cite l’exemple de Thomas Jefferson, qui, l’année de l’adoption de la Constitution américaine, en 1787 – dont le premier amendement garantit la liberté d’expression et protège les journalistes –, écrivait dans une lettre qu’il préférerait encore « des journaux sans gouvernement » à « un gouvernement sans journaux ». Vingt ans plus tard, l’homme devenu le troisième président des Etats-Unis (1801-1809), soumis aux critiques de la presse, semblait avoir changé d’avis en affirmant que « rien de ce qui est publié dans un journal ne peut être cru ».
« Critiquer les médias – parce qu’ils ont sous-estimé ou surestimé des faits, parce qu’ils se sont trompés – est tout à fait normal », estime le quotidien new-yorkais dans son éditorial. « Les journalistes sont humains et font des erreurs. Corriger ces erreurs est au cœur de notre travail. Mais insister sur le fait que les vérités qui ne vous plaisent pas sont des “fake news” est dangereux pour la démocratie. Et qualifier les journalistes d’“ennemis du peuple” est dangereux, point. »

        Lire aussi :
         

                Le patron du « New York Times » dénonce la « rhétorique anti-presse » de Donald Trump



Les attaques de Donald Trump envers la presse sont particulièrement difficiles pour des journaux locaux, déjà fortement touchés par la crise économique du secteur, souligne le New York Times. « Et pourtant, les journalistes de ces médias continuent à faire ce travail difficile, à poser des questions et à raconter des histoires dont vous n’auriez pas entendu parler autrement », fait remarquer le quotidien à la diffusion internationale, invitant ses lecteurs à soutenir la presse locale.
« Le chœur des critiques haineuses s’est amplifié »
Le San Luis Obispo Tribune, par exemple, un quotidien californien qui participe à cette campagne de défense des médias en listant les reproches entendus par ses journalistes dans le cadre de leur travail, déclare : « Nous sommes nuls. Nous mentons. Nous faisons partie d’un vaste complot visant à (inscrivez ce que vous voulez). (…) Rien de tout cela n’est nouveau, mais le chœur des critiques haineuses s’est amplifié, devenant plus bruyant, plus méchant, et cela affecte tout notre personnel. »
S’adressant directement à ses lecteurs, le journal insiste sur la proximité qui existe entre les journalistes et les citoyens :
« Nous sommes membres de vos communautés. Nous couvrons les remises de diplômes et les matchs de football de vos enfants ; nous vous disons qui se présente aux élections ; nous vous informons de l’arrivée d’une nouvelle entreprise en ville. Nous écrivons sur les accidents, les arrestations et les procès criminels, et nous avons consacré de longues heures à couvrir les inondations, les tremblements de terre et les incendies. »
L’occasion de demander de qui et de quoi les journalistes sont-ils vraiment les ennemis, s’interroge le Chicago Sun-Times. « Nous sommes les ennemis de l’autorité incontrôlée et des privilèges non mérités. Nous sommes les ennemis des rues meurtrières et des gangs violents. Nous sommes les ennemis des gangsters qui tirent dans la foule. Nous sommes les ennemis des défaillances sociétales de notre ville et de notre pays qui ont créé ces gangsters et leur ont donné de l’espace », assure le quotidien de l’Illinois.
Assailli par des centaines d’éditoriaux, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher de réagir jeudi dans quelques-uns de ses fameux Tweet matinaux :

THE FAKE NEWS MEDIA IS THE OPPOSITION PARTY. It is very bad for our Great Country....BUT WE ARE WINNING!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« LES MÉDIAS BIDON SONT LE PARTI D’OPPOSITION. C’est très mauvais pour notre grand pays… MAIS NOUS GAGNONS ! »

There is nothing that I would want more for our Country than true FREEDOM OF THE PRESS. The fact is that the Press… https://t.co/Q9FJViI0P0— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Il n’y a rien que je voudrais plus qu’un pays avec une véritable LIBERTÉ DE LA PRESSE. Le fait est que la presse est LIBRE d’écrire et de dire ce qu’elle veut, mais la plupart des choses qu’elle dit sont de FAUSSES INFORMATIONS visant à mettre en avant un agenda politique ou simplement à blesser les gens. L’HONNÊTETÉ TRIOMPHE ! »

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                A la Maison Blanche, haro sur les « médias bidon »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ De la lumière à l’ombre Pendant deux ans sur Antenne 2, il a incarné le « 20 Heures ». Réputé « ingérable », il sera licencié en 1994 suite à l’« affaire » des gants de boxe. Aujourd’hui il tente de monter une chaîne d’infos en Afrique.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Au « Média », le grand déballage se poursuit

La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 16h52
    |

            François Bougon








                        


Au Média, c’est l’heure du grand déballage. Qui parfois tourne à l’invective, par comptes Twitter et Facebook interposés. Après les révélations de la presse sur les accusations portées par la nouvelle direction à l’encontre de l’une des cofondatrices, Sophia Chikirou – poussée à la démission en juillet –, les protagonistes multiplient communiqués et prises de position. Les uns dénoncent une tentative de putsch et des règlements de comptes, les autres cherchent à éteindre la polémique tout en évitant une possible hémorragie des « socios », ces abonnés qui constituent la source principale de financement du média alternatif de gauche, lancé en janvier.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »



Tout d’abord, l’un des cofondateurs, le psychanalyste Gérard Miller, qui a décidé de prendre du recul en démissionnant de la présidence de l’association, a publié un long texte, dimanche 12 août sur le compte Facebook des « socios », où il s’adresse directement à Sophia Chikirou – appelée à rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes –, rappelant leurs anciens liens d’amitié :
« Pendant un an, sans mégoter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du “Média “, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude [Lancelin, la journaliste désormais présidente de l’entreprise de presse] ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! “J’aurais dû créer le Média toute seule”, as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre. »
Il aborde également le sujet qui fâche : l’argent que réclame Sophia Chikirou au Média pour le compte de sa société de communication Mediascop correspondant à ses prestations de « direction conseil et stratégique ». Ces dernières étaient encadrées, affirme-t-elle, par une convention dont avaient connaissance les deux autres cofondateurs, Gérard Miller et Henri Poulain. Deux demandes de virement, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet, dont la deuxième a été refusée.
« C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque »
« Je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le “Média” à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final. »
Enfin, M. Miller, qui promet d’« en finir avec l’opacité » qui caractérisait, selon lui, l’époque Chikirou, enjoint aux « socios » de donner du temps au temps et de laisser Aude Lancelin et son équipe leur présenter le nouveau projet : le JT quotidien, qui phagocytait les énergies, devrait être supprimé et l’accent mis sur l’investigation et le décryptage des médias. Mais, au sein de la rédaction, les divisions sont tout aussi vives. Et elles sont étalées sur les réseaux sociaux.
La Société des journalistes (SDJ) du Média a été la première à s’exprimer. Dans son texte, elle revient notamment sur les accusations portées par un des journalistes, Serge Faubert, qui, interrogé par Le Monde, avait dénoncé « une chasse aux sorcières [faisant] curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction ». « Nous aurions pu imaginer entendre cette position de la part d’un journaliste de Valeurs actuelles, pas du Média, ce qui nous choque terriblement. La SDJ fera de la reconnaissance du pluralisme et de la diversité dans notre rédaction un combat et s’oppose à toute velléité de les étouffer ou de les nier. Quant à ceux et celles qui craignent un “changement d’identité”, nous leur répondons que nous sommes fier-ère-s de la diversité présente au sein de notre rédaction », réagit la SDJ, tout en appelant de ses vœux un Média « réellement démocratique et transparent, avec la participation des socios ». Elle nie également toute « purge anti-FI » (La France insoumise).

Voici le dernier communiqué de la @sdj_lemedia. https://t.co/E7PdWOpF2i— sdj_lemedia (@SDJ Le Média)


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Mais, en réponse, Serge Faubert et trois autres journalistes et chroniqueur (Julie Maury, Léonard Vincent et Alexis Poulain) ont cosigné un texte dans lequel ils dénient toute légitimité à la SDJ, qualifiée d’« instrument pour la prise de pouvoir sur les sociétés du Média par une nouvelle direction ». Désapprouvant la fin annoncée du JT, ils s’inquiètent de la nomination du président de la SDJ, Théophile Kouamouo, au poste de « rédacteur en chef pour les questions d’actualité » : « Rappelons que c’est lui qui était le présentateur le jour où a été annoncé “un blessé grave à Tolbiac”, information qui s’est avérée fausse. » 

Communiqué de presse (signé) de journalistes du @LeMediaTV https://t.co/VPIaBi8PNX— Poulin2012 (@Alexis Poulin)


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Le modèle traditionnel des agences est bousculé par la concurrence conjuguée des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et des sociétés de conseil.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/08/2018
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Les grands de la publicité sous pression

Le modèle traditionnel des agences est bousculé par la concurrence conjuguée des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et des sociétés de conseil.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h07
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
Début juillet, au rassemblement traditionnel des grands patrons américains des médias et des technologies à Sun Valley (Idaho), certains espéraient que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, donne des détails sur les projets de son groupe tentaculaire.
En particulier sur ses ambitions dans la publicité. Car si actuellement les revenus qui en sont issus lui apportent 3 milliards de dollars (2,63 milliards d’euros) sur un chiffre d’affaires de plus de 53 milliards de dollars au deuxième trimestre, certains analystes y voient un relais de croissance important avec une prévision de 20 milliards de dollars en 2020. Mais à leur grande déception, il a parlé de l’importance des grands-parents dans une vie et de son intérêt pour le tourisme spatial…

Les publicitaires auraient bien voulu, pourtant, entendre parler d’autre chose que d’histoires de famille et d’étoiles ! Le secteur est en effet en plein bouleversement – « disruption » est le terme à la mode. Le modèle traditionnel des agences a été bousculé par la concurrence conjuguée des « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon) et des sociétés de conseil, tels Accenture et Deloitte. Et les acteurs historiques sont chahutés en Bourse : début juillet, les résultats trimestriels du numéro deux mondial Omnicom – qui possède les agences DDB, BBDO et TBWA – ou du français Publicis, dont le chiffre d’affaires a baissé de 8,3 % au deuxième trimestre, ont déçu les marchés.
Le prochain rendez-vous sera la publication des résultats semestriels du numéro un mondial, le groupe britannique WPP, dont le fondateur et patron pendant trente ans, Martin Sorrell, a été poussé vers la sortie en avril.
Des « Mad Men » aux « Math Men »
Si les dépenses publicitaires reprennent, Zenith, filiale de Publicis, prévoyant une croissance de 4,5 % en 2018, elles profitent avant tout à Google et à Facebook : le premier sait ce que vous préférez, le second ce que vous êtes…
« Fondamentalement, les annonceurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ A l’initiative du « Boston Globe », de nombreux quotidiens vont publier jeudi des éditoriaux répondant aux diatribes contre les médias du président américain.
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Plus de 200 journaux américains répliquent aux attaques de Trump contre la presse

A l’initiative du « Boston Globe », de nombreux quotidiens vont publier jeudi des éditoriaux répondant aux diatribes contre les médias du président américain.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 06h43
    |

            François Bougon








                        



   


Plus de 200 journaux américains vont publier le même jour, jeudi 16 août, des éditoriaux pour dénoncer « la guerre sale contre la presse libre » menée par le président Donald Trump. L’initiative vient de la responsable des pages débats du Boston Globe, Marjorie Pritchard.

The number keeps growing: More than 200 editorial boards nationwide plan to write and publish editorials on the imp… https://t.co/fjX43P5839— marjoriepritch (@marjorie pritchard)


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« Nous ne sommes pas l’ennemi du peuple », a expliqué cette dernière, faisant référence à l’expression utilisée par le locataire de la Maison Blanche lors de ses derniers meetings, tenus à l’occasion de la campagne pour les élections de mi-mandat en novembre ou sur son compte Twitter. Une expression que le complotiste Alex Jones, récemment banni de plusieurs plates-formes en ligne, affirme avoir inventée et transmise à Donald Trump en le recevant dans son émission de radio en 2015.

The Fake News hates me saying that they are the Enemy of the People only because they know it’s TRUE. I am providin… https://t.co/wPPjT7QrcY— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le texte qui sera publié jeudi par les journaux américains (des quotidiens de grandes métropoles comme Houston Chronicle, Minneapolis Star Tribune, Miami Herald ou le Denver Post, mais aussi des hebdomadaires locaux) ne sera pas le même, chacun étant libre d’utiliser ses propres mots et de conserver sa propre ligne.
Mais l’objectif est commun : dénoncer des attaques « inquiétantes », selon Marjorie Pritchard, qui a expliqué à l’agence Associated Press :
« J’espère que cela permettra aux lecteurs de réaliser qu’une attaque contre le premier amendement [qui permet la libre expression] est inacceptable. Nous sommes une presse indépendante et libre, c’est l’un des principes les plus sacrés inscrits dans la Constitution. »
Voix discordantes
Cependant, une journaliste de CNN s’interroge sur l’efficacité d’un tel geste sur ceux qui n’ont plus confiance dans les médias :
« Ce que nous devons faire réclame plus de temps et d’argent, c’est éduquer les gens à l’école sur ce que sont les informations, sur ce qui est digne de confiance ou pas, mais aussi avoir des journalistes sur le terrain qui interagissent avec les lecteurs et les téléspectateurs, expliquent comment nous travaillons, et c’est comme cela que l’on aura plus de confiance dans les médias. » 
Pour sa part, le Wall Street Journal a expliqué ne pas vouloir participer à cette campagne, jugeant notamment que publier « les mêmes critiques envers Trump au même moment n’est probablement pas le meilleur moyen d’élargir le lectorat au sein de la moitié droite de l’électorat ». Le journal juge également que cette « stratégie semble plus adaptée à la politique qu’au journalisme ».
Début août, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, avait révélé avoir mis en garde directement le président américain quant à ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison Blanche, évoquant une « rhétorique antipresse extrêmement troublante ».

        A lire sur le sujet :
         

          Les médias américains inquiets du climat de haine entretenu par Donald Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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édition abonné


Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h52
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.
Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.
Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ L’animateur radio le plus polémique des Etats-Unis s’est fait bannir de plusieurs réseaux sociaux lundi, mais il reste l’une des personnes les plus influentes outre-Atlantique.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Alex Jones, figure de proue du conspirationnisme américain

L’animateur radio le plus polémique des Etats-Unis s’est fait bannir de plusieurs réseaux sociaux lundi, mais il reste l’une des personnes les plus influentes outre-Atlantique.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 16h53
    |

                            Aurore Gayte








                        



   


Le 2 décembre 2015, Alex Jones interviewait pendant trente minutes Donald Trump, alors grand favori pour l’investiture républicaine. Le complotiste, quasiment inconnu en dehors des Etats-Unis, devient alors un interlocuteur crédible, à la « réputation incroyable », selon le magnat de l’immobilier. Jones se targue depuis d’influencer le président :
« C’est incroyable d’entendre Donald Trump répéter mot pour mot des informations partagées dans notre show deux jours plus tôt. »
Mais qui est vraiment Alex Jones ? Longtemps resté un illustre inconnu, il ne brillait que par ses crises de colère, sa voix rocailleuse, son visage rond et sa coupe de cheveux souvent tournés en dérision. Jones s’est fait une place à part dans le paysage médiatique américain.
Le tournant du 11-Septembre
Né en 1974 au Texas, Alex Jones est le fils d’un dentiste et d’une mère au foyer. Après une enfance « très classique », comme il l’explique au magazine Rolling Stone dans une très longue interview accordée en 2011, il découvre, alors qu’il est au lycée, None Dare Call It Conspiracy, un brûlot complotiste et antisémite. Sa vie et sa vision du monde changent. « Les gouvernements ont toujours organisé des attentats et vendu de la drogue en cachette. Depuis le tout début », assure-t-il à Rolling Stone. 
Ses propos poussent les nouveaux propriétaires de la radio à le licencier
Une fois le lycée terminé, il se fait embaucher par la radio locale et tient son propre show, où il déverse à longueur d’émissions ses théories du complot avec une verve qui est déjà sa marque de fabrique. Il y restera six ans, jusqu’en 1999, quand ses propos poussent les nouveaux propriétaires de la radio à le licencier. Mais Jones n’en démord pas : il lance Infowars, média en ligne et plate-forme de podcasts. Il achète également du matériel radio pour pouvoir être diffusé sur une dizaine de stations à travers le pays. La machine est lancée.
Son premier coup d’éclat arrive avec le 11 septembre 2001. Les attentats sont un terreau fertile pour les théories du complot, et Jones participe à la production de Loose Change, film culte pour les conspirationnistes sorti en 2005 et vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde. Son mot d’ordre : « It was an inside job » (« Ça venait de l’intérieur »). La cote de popularité de Jones monte, plus de 100 stations radio diffusent désormais son émission. En 2006, sa popularité explose encore un peu plus après son interview de l’acteur américain Charlie Sheen, où ce dernier annonce ne pas croire à la version du gouvernement.
La foire au complot
L’élection d’Obama est une bénédiction pour Jones, boosté par les mouvements naissants des « birthers » (qui croient que Barack Obama est en réalité né au Kenya et non à Hawaï) et par les anti-Obamacare. Jones sait qu’il doit une partie de son succès aux nombreuses théories conspirationnistes qu’inspire le 44e président américain, tant et si bien qu’au moment de sa réélection, en 2012, plusieurs anciens employés d’Infowars l’entendent dire « Si Obama perd, nous sommes fichus », d’après des témoignages recueillis par Buzzfeed. Barack Obama réélu, Jones continue de surfer sur la vague naissante de l’« alt-right ».
Plus de 200 000 visiteurs par jour, pour plus de 25 millions de pages vues par mois
Si Jones reste le principal présentateur des émissions que propose Infowars, le site compte aujourd’hui 21 employés et totalise plus de 200 000 visiteurs par jour, pour plus de 25 millions de pages vues par mois. La ligne éditoriale n’a pas changé depuis ses débuts, abondant d’articles sur les derniers complots à la mode : « les vaccins causent l’autisme », « l’homme n’a jamais été sur la Lune », « un génocide blanc est en cours en Afrique du Sud », « des particules chimiques présentes dans l’eau rendent les grenouilles gays », « Hillary Clinton est à la tête d’un réseau de pédo-pornographie », etc.
Jones va même jusqu’à dire que la fusillade de l’école primaire Sandy Hook, où vingt enfants âgés de 6 à 7 ans ont perdu la vie en 2012, a été montée de toutes pièces par le gouvernement, dans le seul but d’interdire la vente d’armes semi-automatiques. Il a, à de nombreuses reprises, publiquement traité les parents des victimes d’« acteurs de crise », allant jusqu’à dire qu’« aucun enfant n’était vraiment mort ».
Rien ne va trop loin pour l’animateur. « Plus Alex Jones crie, et plus les gens l’écoutent », résume le journaliste du Washington Post Manuel Roig-Franzia, dans un portrait qui lui est consacré. Il n’est pas le seul : le Southern Poverty Law Center l’appelle « le conspirateur le plus prolifique et le plus influent des Etats-Unis » ; un ancien employé d’Infowars, dans un entretien avec Buzzfeed, le voit comme « le Goebbels de 2016 ».
« Télé-achat pour conspirationnistes »
Bien que les « fake news » publiées par Infowars aient été abondamment fact-checkées et signalées comme fausses, Jones n’en a cure. Son empire est plus puissant que jamais, au point qu’Infowars a obtenu une accréditation presse temporaire pour la Maison Blanche en mai dernier.
Infowars se porte aussi très bien au niveau financier. Ses revenus ont gonflé en même temps que sa cote de popularité, grâce à son site de vente, Infowars Life, qui rapporterait selon Jones entre 45 et 50 millions de dollars par an. Une petite fortune, dont la totalité est reversée dans la production de l’émission, toujours selon Alex Jones.
Immédiatement après l’émission sur les composants chimiques dans l’eau, Infowars Life s’est mis à vendre des filtres à eau
Créée en 2006, la boutique affiche une sélection aussi dépareillée que large, de la brosse à dents au gilet pare-balles, en passant par des pilules pour augmenter « la vitalité mâle ». Un impressionnant bazar achalandé au fil des émissions de Jones. Par exemple, immédiatement après celle sur les composants chimiques dans l’eau, Infowars Life s’est mis à vendre des filtres à eau, à grand renfort de publicité pendant son émission. Un ancien employé d’Infowars a d’ailleurs décrit la chaîne comme « un télé-achat pour conspirationnistes », à raison : près d’un quart du temps d’antenne de l’émission de Jones est consacré à la promotion des produits vendus sur le site, selon un calcul de l’équipe de LastWeekTonight.
En presque vingt ans, Alex Jones a réussi à non seulement se faire un nom, mais à devenir la référence dans son domaine. Précurseur de génie, ou bien était-il juste au bon endroit au bon moment ? Qu’importe, son statut de leader d’opinion de l’alt-right en fait aujourd’hui l’une des personnes les plus influentes des Etats-Unis. Et il a foi en l’avenir : « Trump n’était que la première vague de notre mouvement, déclarait-il à Vice en 2017, d’autres arrivent, plus grosses. Bonne chance ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.
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« La proposition de loi contre la manipulation de l’information touche là où ça fait mal »

Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h07
    |

Bruno Studer (député (LRM) du Bas-Rhin)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai toujours appelé à ne pas parler de « fake news » mais bien de « fausses informations », à l’occasion des travaux de l’Assemblée nationale. Ceci pour une raison simple mais essentielle : l’expression a été sinon inventée, au moins popularisée, par Donald Trump contre les journalistes et les médias. La loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information que j’ai eu l’honneur de proposer avec mes collègues députés LRM vise au contraire à protéger les journalistes et les entreprises qui les emploient.
Il me semble indispensable, dans le contexte de ces derniers jours et alors que le Sénat a refusé [le 26 juillet] d’examiner cette proposition de loi, de revenir sur son esprit. Pour traiter un sujet aussi sensible, nous avons pris le temps d’un travail approfondi, en saisissant au préalable le Conseil d’Etat, dont la réputation à défendre rigoureusement les libertés publiques n’est pas à faire. Par ailleurs, si j’ai pu auditionner des personnes plus ou moins opposées à ce texte, beaucoup lui reconnaissent de nombreuses vertus.
Actualisation du droit
La première d’entre elles porte sur la notion de fausse information elle-même et la création d’une nouvelle procédure de référé. Il est reproché à ce texte d’être inutile parce que la loi de 1881 traiterait déjà des fausses nouvelles. Mais une « nouvelle » a nécessairement un caractère nouveau, donc inédit. Or, dans l’univers numérique, établir le caractère inédit d’une information relève de la gageure. La première qualité de ce texte est d’actualiser notre droit, ce qui n’est pas rien, tout s’attaquant exclusivement à la diffusion d’une fausse information (donc un fait circonstancié). Diffusion qui serait automatique, artificielle et massive, le tout dans les seuls trois mois précédent un scrutin national ou européen. La liste de ces conditions précises devrait rassurer ceux qui y voient a priori un texte dangereux… Il s’agit, de plus, de faire confiance au juge,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Loi sur les « fake news » : « Il faut refuser ce bidouillage juridique »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h04
    |

Géraldine Muhlmann (professeure de science politique et de philosophie à l’université Paris II-Panthéon-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. La frénésie de légiférer, si française, est renforcée par le souci du pouvoir politique de montrer à l’opinion qu’il agit contre les maux de l’époque. Elle comporte cet implicite : avant, on ne faisait rien ; les lois étaient vides. Mais parfois, la ficelle est trop grosse. C’est le cas dans cette double proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations, venue des rangs de La République en marche (LRM). Elle transforme en victoire ce qui est un échec.

En effet, si cette proposition de loi existe aujourd’hui, c’est faute d’avoir réussi à rendre pleinement applicable aux réseaux sociaux la loi de 1881, pilier de notre conception de la liberté d’expression, afin de pouvoir poursuivre, là comme dans tout espace d’expression, ceux qui commettent des délits d’expression – notamment diffamations, provocations, injures mais aussi propagation de « nouvelles fausses » (article 27).
Pourtant, pendant quelques semaines, la ministre de la culture et de la communication avait, conformément au désir du président de la République, planché sur un projet de loi qui devait s’inscrire dans la loi de 1881. Il s’agissait de reprendre la définition des « nouvelles fausses » qui s’y trouve et d’introduire des ajouts précis – par exemple, une procédure en référé. Pourquoi cela a-t-il été abandonné ?
Exigence de « transparence »
Rendre la loi de 1881 parfaitement applicable aux réseaux sociaux supposait de les contraindre à entrer dans les catégories par lesquelles cette loi conçoit les responsabilités. Il s’agit d’une responsabilité en cascade : on poursuit non pas d’abord et directement les auteurs de propos délictueux, mais les directeurs de la publication ou les éditeurs ; à leur défaut, les auteurs ; à leur défaut, les imprimeurs ; à leur défaut, les vendeurs, distributeurs et afficheurs. Lorsque les directeurs de la publication ou les éditeurs sont mis en cause, les auteurs sont poursuivis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ La fusion annoncée des groupes Nine Entertainment et Fairfax Media fait craindre des plans sociaux et une atteinte au pluralisme.
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Face à Facebook et Google, l’heure est à la concentration parmi les médias australiens

La fusion annoncée des groupes Nine Entertainment et Fairfax Media fait craindre des plans sociaux et une atteinte au pluralisme.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h05
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Il a suffi d’un coup de fil pour bouleverser le paysage médiatique australien. Début juillet, Peter Costello, président de Nine Entertainment, premier groupe audiovisuel du pays, a appelé Nick Falloon, président de Fairfax Media, deuxième groupe de presse de l’île-continent – propriétaire de magazines, de médias numériques mais aussi de plus de 160 journaux régionaux en Nouvelle-Zélande et en Australie, dont le prestigieux quotidien Sydney Morning Herald – pour lui faire une offre d’acquisition.
Après trois semaines de pourparlers secrets, un accord d’une valeur de 4,2 milliards de dollars australiens (2,7 milliards d’euros) a été annoncé, jeudi 26 juillet. Sous réserve de l’approbation du régulateur et des actionnaires de Fairfax, les deux groupes devraient fusionner avant la fin de l’année pour former « le plus important groupe plurimédia australien ».

Le nouveau mastodonte sera dénommé Nine Entertainment Co. La marque Fairfax, qui représente un empire vieux de 177 ans et qui s’est imposée comme l’un des symboles du journalisme de qualité aux antipodes, va disparaître. Cet accord pourrait être le premier d’une série de rapprochements dans un marché médiatique qui est déjà l’un des plus concentrés au monde.
« Un modèle plus robuste »
Jusqu’en septembre 2017, au nom du pluralisme de l’information, la loi australienne imposait la règle des « deux sur trois », interdisant à un groupe de posséder à la fois une télévision, une radio et un quotidien dans une même zone géographique. La majorité conservatrice a fait sauter ce verrou anticoncentration à l’automne, en votant la réforme d’une législation vieille de plus de trente ans. L’un de ses objectifs : permettre aux médias traditionnels d’être mieux armés face à la concurrence écrasante de Google et Facebook sur le marché de la publicité numérique. Nine Entertainment Co devrait être le premier géant issu de cet amendement.
« La combinaison...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Comme Facebook, Spotify et Apple, YouTube a décidé, à son tour, de supprimer cinq des six podcasts d’Alex Jones, figure de proue de l’extrême droite complotiste américaine.
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Apple, Youtube et Facebook s’attaquent aux podcasts conspirationnistes d’Infowars

Comme Facebook, Spotify et Apple, YouTube a décidé, à son tour, de supprimer cinq des six podcasts d’Alex Jones, figure de proue de l’extrême droite complotiste américaine.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 10h49
   





                        



   


Lundi 6 août, à la mi-journée, YouTube a suspendu la chaîne d’Alex Jones, qui comptait 2,4 millions d’abonnés « en raison du non-respect du règlement de la communauté ». Fin juillet, la plate-forme d’hébergement de vidéos avait déjà supprimé certains des contenus du célèbre conspirationniste américain, avant de lui interdire de diffuser en direct pendant quatre-vingt-dix jours.
La veille, dimanche, le site d’information Buzzfeed rapportait que cinq des six podcasts produits par Alex Jones avaient disparu d’iTunes et de l’application Podcasts d’Apple.
Mardi, de tous les podcasts produits par le théoricien du complot, seuls les épisodes du podcast RealNews with David Knight étaient toujours en ligne. Interrogé par Buzzfeed, Apple n’a pas souhaité commenter sa décision de laisser en ligne ce podcast en particulier.
Alex Jones, qui bénéficie d’une large audience aux Etats-Unis, est à la tête du site d’extrême droite complotiste Infowars. Créateur de contenus audio et vidéo, à l’image de War Room et d’Alex Jones Show, il fait quotidiennement la promotion de théories conspirationnistes : il avait notamment affirmé que l’attaque par arme à feu de l’école de Sandy Hook, en 2012, n’avait jamais existé.
Déjà banni de Spotify
Youtube et Apple ne sont pas les seules entreprises à avoir pris la décision de supprimer certains des contenus produits par Alex Jones. Mercredi 1er août, la plate-forme de streaming musical Spotify, pourtant habituellement réticente à l’idée de modérer ses contenus, avait confirmé avoir procédé à la suppression de plusieurs épisodes de ses podcasts. En juillet, Facebook avait déjà retiré quatre de ses vidéos et lui avait interdit d’utiliser son compte pendant trente jours.
Alex Jones a réagi à cette série de décisions dans une de ses émissions. On peut ainsi le voir hurler : « Jamais ! Vous ne vaincrez jamais l’esprit humain ! Vous ne vaincrez jamais Dieu ! Jamais ! Jamais de la vie ! »

Footage of Alex Jones reacting to his facebook and youtube channel getting terminated https://t.co/yyY2rMER2a— classiclib3ral (@PeterNorway)


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Plusieurs sites ultraconservateurs ont, de leur côté, affiché leur soutien à Alex Jones, reprenant sa thèse d’un complot de la « Big Tech », appellation qui réunit les champions de la nouvelle économie. « Les géants de la tech se sont entendus contre les conservateurs », a titré le site Gateway Pundit. « Qui tire les ficelles en coulisses ? », s’est interrogé Jim Hoft, le fondateur de cette plate-forme proche de l’extrême droite.
Dans un communiqué, Twitter a, en revanche, déclaré qu’Alex Jones ne contrevenait pas aux règles d’utilisation du réseau social.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Le présentateur de la matinale du week-end, qui travaillait pour la radio depuis 1984, a présenté dimanche son dernier journal.
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Le journaliste Bernard Poirette quitte RTL pour Europe 1

Le présentateur de la matinale du week-end, qui travaillait pour la radio depuis 1984, a présenté dimanche son dernier journal.



Le Monde
 |    05.08.2018 à 21h38
   





                        



   


Sa voix résonnait sur les ondes de RTL depuis trente-quatre ans. Le journaliste de radio Bernard Poirette a présenté dimanche 5 août sa dernière émission matinale, et devrait quitter la station pour rejoindre sa rivale Europe 1 à la rentrée.
Diplômé de l’école supérieure de journalisme de Lille, il a effectué ses premières piges pour RTL en 1984, avant d’être correspondant à Moscou puis à Washington pour la radio ainsi que d’autres médias. Il rejoint les studios parisiens de RTL en 1993 pour présenter la matinale en semaine, puis le week-end depuis 2006, en parallèle de diverses émissions.
Attendu sur Europe 1 à la rentrée, il devrait occuper la même tranche matinale du week-end, selon La Lettre Pro. Sur RTL, il sera remplacé par Stéphane Carpentier.

        Lire son portrait (publié en 2014) :
         

          Bernard Poirette, colosse à la voix d’or






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Un journaliste vedette de CNN a été conspué mardi en plein direct lors d’un meeting du président américain, qui multiplie les attaques envers la presse.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Les médias américains inquiets du climat de haine entretenu par Donald Trump

Un journaliste vedette de CNN a été conspué mardi en plein direct lors d’un meeting du président américain, qui multiplie les attaques envers la presse.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
04.08.2018 à 06h38
    |

            François Bougon








                        



   


Qualifiés d’« ennemis du peuple » par Donald Trump, les médias américains, au premier rang desquels CNN et le New York Times, se rebellent et mettent en garde contre la montée d’un climat de haine en pleine campagne pour les élections de mi-mandat en novembre.
Mardi 31 juillet, un des reporters vedettes de CNN a été pris à partie lors d’un meeting du président des Etats-Unis à Tampa, en Floride. En plein direct, Jim Acosta, le correspondant de CNN à la Maison Blanche, a été apostrophé par des partisans de Donald Trump placés juste derrière lui : « CNN est nul ! », « Arrêtez de mentir ! »… Quelques jours auparavant, le 26 juillet, une des journalistes de la chaîne d’information s’était vu refuser l’accès à une conférence de presse à la Maison Blanche.
Hostilité croissante
« J’ai eu l’impression de ne plus être aux Etats-Unis », a ensuite témoigné Jim Acosta sur son antenne. Sur Twitter, celui qui s’est distingué depuis le début de la présidence Trump par son ton combatif s’est inquiété de ce qu’une atmosphère de plus en plus hostile envers les médias « entretenue par Trump et certains médias conservateurs peut avoir pour résultat que quelqu’un soit blessé ».
« On ne devrait pas traiter nos compatriotes de cette façon. La presse n’est pas l’ennemie », a-t-il ajouté, accompagnant son message d’une vidéo montrant des militants de Trump en train de le conspuer. M. Acosta a également accusé la chaîne concurrente conservatrice Fox News d’alimenter la haine anti-CNN.

Just a sample of the sad scene we faced at the Trump rally in Tampa. I’m very worried that the hostility whipped up… https://t.co/GK0mnmKWR3— Acosta (@Jim Acosta)


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Le lendemain, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a déclaré que le président condamnait ce type de comportement, tout en s’en prenant à la presse :
« Quant aux médias, le président pense qu’ils portent une part de responsabilité. Nous soutenons totalement une presse libre. Mais il y a dans cette affaire un certain de niveau de responsabilité. »
Théorie du complot
Dans la foule du meeting de mardi soir, les médias américains ont remarqué l’émergence de références, sous forme de banderoles ou sur les tee-shirts portés par des supporteurs de Trump, au mouvement conspirationniste et antiélite QAnon, abréviation de Q et de Anonymous. Ce groupe QAnon, particulièrement actif sur des plates-formes comme le forum 8chan, sur lequel pullulent théories conspirationnistes et promotion du harcèlement en ligne, est persuadé de l’existence d’une vaste conspiration mondiale à laquelle s’oppose Donald Trump. Leurs cibles sont pêle-mêle l’« Etat profond » – l’administration qui s’opposerait aux politiques de M. Trump –, les banquiers, Hollywood et l’élite démocrate américaine, notamment Hillary Clinton et Barack Obama. Dans cette vision délirante, la lettre Q fait référence à un supposé expert en sécurité du gouvernement qui publierait sur le Net des messages cryptés au sujet de cette cabbale.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump et les médias, une guerre très rentable



Mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche a affirmé que le président condamnait « tout groupe qui incite à la violence et ne soutient certainement pas des groupes promouvant ce genre de comportements ».

People lining up for the Trump rally in Tampa today. A lot of the chan anons might treat Q-Anon like a LARP, but by… https://t.co/QNgLLoF7Fb— travis_view (@Travis View)


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En pleine campagne, Donald Trump s’en est de nouveau pris aux médias jeudi soir en Pennsylvanie, les accusant de ne pas parler de ses réussites et de noircir systématiquement son mandat. « Qu’est-il arrivé à la presse libre ? Qu’est-il arrivé au journalisme honnête ? », a-t-il lancé en désignant les journalistes placés au fond de la salle.
Mise en garde
Quelques heures auparavant, lors d’un briefing à la Maison Blanche, Jim Acosta et Sarah Huckabee Sanders avaient eu un échange tendu, le premier cherchant à obtenir de la seconde qu’elle déclare officiellement que la presse n’est pas une ennemie, antienne de Donald Trump. Le journaliste a finalement quitté la conférence de presse après que cette dernière a jugé que les médias « abaissent fréquemment le niveau de la conversation dans ce pays ».
Dimanche soir, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, avait révélé avoir mis en garde le président américain sur ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison Blanche. Elle était censée rester confidentielle, mais M. Trump l’avait révélée dans un tweet, ce qui a conduit M. Sulzberger à publier un communiqué : « Mon objectif principal en acceptant cette rencontre était de soulever mes inquiétudes au sujet de la rhétorique antipresse extrêmement troublante du président. » 
« J’ai dit franchement au président que je pensais que son discours n’était pas seulement facteur de division mais qu’il était de plus en plus dangereux », a-t-il ajouté, soulignant : « Je lui ai dit que bien que l’expression “fake news” soit fausse et nuisible, j’étais beaucoup plus préoccupé par sa façon de caractériser les journalistes comme des “ennemis du peuple” ».

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                Le patron du « New York Times » dénonce la « rhétorique anti-presse » de Donald Trump



Répondant toujours par tweets interposés, M. Trump a affirmé que c’étaient les médias qui « mettent des vies en danger, et pas seulement celles de journalistes (…) en révélant des délibérations internes de l’administration ». Interrogée jeudi à ce sujet, la fille de Donald Trump, Ivanka, s’est démarquée de son père en expliquant qu’elle ne voyait pas la presse comme une ennemie. Mais, là encore, M. Trump a voulu avoir le dernier mot, toujours en utilisant son média favori, Twitter :
« Ils ont demandé à ma fille Ivanka si les médias étaient ou non l’ennemi du peuple. Elle a répondu correctement non. Ce sont les FAKE NEWS, qui représentent un grand pourcentage des médias, qui sont les ennemis du peuple ! »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.
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édition abonné


Mort de Michel Butel, écrivain et patron de presse

Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 15h43
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Ecrivain, patron de presse, traducteur, activiste, Michel Butel, mort à Paris, d’une septicémie, le 26 juillet, à 77 ans, ne pouvait être assigné à aucun des rôles qu’il a occupés, et sa disparition ne va pas simplifier la tâche : le mystère demeure, pour toujours désormais. Celui d’une énergie dévorante, jamais satisfaite, attisée par le désir de se créer une place qui ne lui a jamais été octroyée. Moyennant quoi, il l’a inventée, puis, à l’infini, multipliée.
Il naît à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 19 septembre 1940, enfant juif sous l’Occupation qu’on doit dissimuler chez ses grands-parents, en Isère. Sa mère est avocate, son père sera des fondateurs de la Sécurité sociale. De retour à Paris, à la Libération, l’enfant entre à l’Ecole alsacienne. Son chemin de jeune bourgeois semble tracé. Mais, déjà, rien ne se passe comme prévu. C’est dans un institut psychopédagogique, où, dira-t-il, il a été placé pour avoir mis le feu au cabinet de son médecin, que le futur directeur de L’Autre Journal crée, à 12 ans, son premier journal. Il quitte l’établissement à 14 ans, décide de ne pas rentrer chez lui, arrêtant ses études et commençant une vie errante, improvisée.
Il milite, au début des années 1960, pour l’indépendance de l’Algérie, entre à l’Union des étudiants communistes. L’air du temps est à la révolution : il est révolutionnaire, manière comme une autre d’assouvir son désir d’inédit. Mais quand, en 1975, Bernard-Henri Lévy lui propose de participer à la création d’un quotidien, L’Imprévu, il ne peut résister, quand bien même l’entreprise apparaît proche du Parti socialiste haï – François Mitterrand est à la une du premier numéro –, ce qui lui vaut quelques rancœurs chez ses camarades.
Prix Médicis pour son premier roman
C’est un échec retentissant, au bout de onze numéros. Mais l’appétit pour la presse s’est réveillé. Et Michel Butel va devenir virtuose dans l’art d’encaisser les coups, disposition qui permet bien des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Interrogé pendant le journal télévisé de TF1, vendredi, l’ancien collaborateur de l’Elysée dit avoir « eu une réaction de citoyen » sur la place de la Contrescarpe.
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Alexandre Benalla réaffirme ne pas avoir porté de coup le 1er mai

Interrogé pendant le journal télévisé de TF1, vendredi, l’ancien collaborateur de l’Elysée dit avoir « eu une réaction de citoyen » sur la place de la Contrescarpe.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 20h34
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 10h15
   





                        



   


Alexandre Benalla a réaffirmé, dans une interview enregistrée pour le journal de 20 heures de TF1, n’avoir pas « porté » de coup lors de son intervention contre des manifestants le 1er mai mai à Paris.
« Il y a des gestes qui sont vigoureux, qui sont rapides, mais il n’y a aucun coup porté », déclare l’ex-collaborateur de l’Elysée. Ses propos paraissent contredire les images dont la révélation par Le Monde, le 18 juillet, a déclenché la crise la plus grave qu’ait connue l’exécutif depuis l’élection d’Emmanuel Macron.
Une série de vidéos montre M. Benalla, alors adjoint du chef de cabinet de la présidence et homme clé du dispositif de sécurité entourant le chef de l’Etat, frappant et malmenant des manifestants le jour de la fête des Travailleurs, le 1er mai.
« J’ai eu une réaction de citoyen »
« Ce qui me choque, c’est que les médias n’ont pas diffusé les images d’avant et les images d’après », plaide le jeune homme dans un extrait de l’interview diffusé plus tôt par LCI. « C’est-à-dire les images qui provoquent ma réaction et ce qui se passe après, au moment de l’interpellation. »
« Je ne considère pas avoir commis d’acte répréhensible par la loi, je considère juste avoir été confronté à des gens qui sont des casseurs, qui ont commis des actes délictueux. J’ai eu une réaction de citoyen qui a voulu aider à appréhender des gens qui sont pour moi des délinquants », poursuit-il, reprenant les arguments avancés dans une interview accordée jeudi au Monde.
Alexandre Benalla a été mis en examen notamment pour « violences en réunion », et licencié par l’Elysée.
Le retentissement politique de l’affaire se poursuit. Après l’audition de nombreux protagonistes de l’affaire par des commissions d’enquête à l’Assemblée nationale et au Sénat, deux motions de censure seront débattues mardi par les députés.


Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulé des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Adopté par l’Assemblée nationale au début de juillet, le texte prévoit d’encadrer la diffusion de fausses nouvelles en période électorale.
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« Fausses informations » : le Sénat rejette sans en débattre le projet de loi en première lecture

Adopté par l’Assemblée nationale au début de juillet, le texte prévoit d’encadrer la diffusion de fausses nouvelles en période électorale.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 22h42
   





                        



   


Le Sénat, où l’opposition de droite est majoritaire, a rejeté, jeudi 26 juillet au soir, les deux textes controversés relatifs à la « manipulation de l’information », adoptant une motion de procédure qui le dispense d’examiner ce texte en séance. Le projet de loi, déposé en procédure accélérée par le gouvernement, devrait faire l’objet d’une commission mixte paritaire entre les deux chambres du Parlement.

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                « Fausses informations » : l’Assemblée vote les propositions de loi



Ces deux propositions de loi – l’une ordinaire, l’autre organique pour légiférer sur l’élection présidentielle – visent à permettre à un candidat ou à un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de « fausses informations » durant les trois mois précédant un scrutin national.
Suspendre la diffusion de « fausses informations »
Suivant l’avis des commissions de la culture et des lois de la Haute Assemblée, les sénateurs ont adopté une question préalable, qui entraîne le rejet automatique du projet de loi, à une large majorité (288 voix contre 31 pour la proposition de loi ordinaire et 287 voix contre 31 pour la proposition de loi organique).
Les deux propositions de loi – l’une organique touchant à l’organisation des pouvoirs publics et l’autre ordinaire – visent à introduire la possibilité d’engager une procédure en référé, sous quarante-huit heures, pour suspendre la diffusion d’une « fausse information » en période électorale.

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                Loi sur les fausses informations : les chercheurs du CNRS sceptiques



Au-delà d’un rôle accru du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), il est aussi prévu un devoir de coopération des plates-formes en ligne – comme Facebook, Google ou Twitter – impliquant un signalement et l’obligation de rendre publics les moyens alloués à la lutte contre les contenus illicites.
Censées s’appliquer dans une période de trois mois avant les élections à caractère national (présidentielle, législatives, sénatoriales, européennes), les dispositions de ces textes ont vocation à s’appliquer pour les élections européennes de mai 2019.

        Lire aussi l’éditorial du Monde :
         

          La confiance dans l’information ne se décrète pas






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ De nombreux députés, sénateurs, journalistes et associations avaient dénoncé un « outil de censure inédit » dans l’application de la directive européenne.
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Le Conseil constitutionnel valide la loi controversée sur le secret des affaires

De nombreux députés, sénateurs, journalistes et associations avaient dénoncé un « outil de censure inédit » dans l’application de la directive européenne.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 22h17
   





                        


La loi sur le secret des affaires, qui transpose dans le droit français une directive européenne sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales, a été validée jeudi 26 juillet par le Conseil constitutionnel.
Les Sages étaient saisis par plus de 120 députés et sénateurs de gauche (Parti socialiste, Parti communiste français, La France insoumise), auxquels s’étaient joints une cinquantaine d’associations, de syndicats et de sociétés de journalistes.

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                Des lanceurs d’alerte, associations et journalistes interpellent Macron sur la loi sur le secret des affaires



Les requérants dénonçaient « une atteinte grave, excessive et injustifiée à la liberté d’expression et de communication ». Ils contestaient, entre autres, « une définition trop étendue du secret des affaires, notamment au regard de la protection des salariés ».
Après plusieurs semaines de vifs débats animés par la gauche, les médias et des associations, le Parlement avait définitivement adopté le 21 juin la proposition de loi La République en marche transposant une directive européenne par 248 voix pour et 95 contre, toutes de gauche.
« Un outil de censure inédit »
La loi a pour objectif de « protéger les entreprises contre le pillage d’innovations, lutter contre la concurrence déloyale », avait expliqué à l’Assemblée la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
Les opposants doutent de leur côté que le texte soit utile aux petites et moyennes entreprises et craignent surtout qu’il ne soit détourné de son objet pour museler les journalistes et les lanceurs d’alerte.

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          Le texte adopté par le Parlement menace-t-il la liberté d’informer ?



Plus d’une centaine de rédactions, d’associations, de journalistes et de sociétés de journalistes avaient appelé Emmanuel Macron à modifier « un outil de censure inédit ».
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel rappelle en préambule sa capacité limitée pour exercer son contrôle sur ce type de texte, l’article 88-1 de la Constitution posant la transposition des directives européennes dans le droit français comme « une exigence ».
Les Sages peuvent cependant vérifier que la directive n’entre pas en contradiction avec « une règle ou un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France ».
« Droit d’alerte »
Le Conseil a donc estimé qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur le grief suivant lequel la directive transposée dans la loi méconnaîtrait la liberté d’expression et de communication. Une liberté protégée tant par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne que par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

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                « La loi sur le “secret des affaires” suscite une inquiétude importante et légitime »



Toutefois, après avoir souligné que la directive confère aux Etats membres une marge d’appréciation, les Sages ont passé en revue les principales critiques portées sur le texte, notamment celles sur la liberté d’expression et de communication, pour mieux les écarter.
Ils ont notamment fait valoir à ce sujet l’existence d’une « exception à la protection du secret des affaires bénéficiant aux personnes physiques exerçant le droit d’alerte », mais aussi « à toute personne révélant, dans le but de protéger l’intérêt général et de bonne foi, une activité illégale, une faute ou un comportement répréhensible ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ L’ONG Reporters sans frontières a publié un rapport sur le cyber-harcèlement des journalistes, parfois organisé par des Etats.
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Le harcèlement en ligne, « l’une des pires menaces contre la liberté de la presse », selon RSF

L’ONG Reporters sans frontières a publié un rapport sur le cyber-harcèlement des journalistes, parfois organisé par des Etats.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 10h57
   





                        



   


Comment faire taire les journalistes ? Selon Reporters sans frontières (RSF), le cyber-harcèlement est une nouvelle façon de s’y prendre, un phénomène de plus en plus courant et organisé. Un rapport publié jeudi 26 juillet par l’organisation non gouvernementale (ONG), qui dit avoir documenté des dizaines de cas dans trente-deux pays, dresse un état des lieux accablant et alerte sur ses conséquences. « Le harcèlement en ligne est un phénomène qui se propage à l’échelle mondiale et qui constitue aujourd’hui l’une des pires menaces contre la liberté de la presse », écrit ainsi Christophe Deloire, secrétaire général de l’ONG, dans un communiqué.
Principal danger : « La plupart des journalistes victimes de cyber-harcèlement interrogés par RSF sont pour beaucoup contraints à l’autocensure face à cette vague de violence dont ils n’avaient pas imaginé l’ampleur », peut-on lire dans le rapport. Le journaliste algérien Abdou Semmar témoigne par exemple avoir cessé de parler des homosexuels, et avoir réduit sa couverture des tabous de la société à la suite de menaces en ligne ciblant notamment sa sœur. « Les harceleurs envoient donc un message non seulement à leurs victimes, mais aussi à tous les journalistes », déplore Reporters sans frontières.

        Lire la tribune du collectif « Prenons la une » :
         

          Cyberharcèlement : « La presse doit mieux protéger les femmes journalistes »



Selon une étude du Conseil de l’Europe publiée l’an dernier et citée par RSF, 40 % des 940 journalistes interrogés auraient subi des formes de harcèlement ayant « affecté leur vie personnelle » au cours des trois années précédentes. Il s’agissait de cyber-harcèlement dans 53 % des cas. Les femmes et les journalistes d’investigation font partie des professionnels de l’information les plus fréquemment visés.
L’origine nébuleuse des campagnes de harcèlement
Les exemples ne manquent pas, du cyber-harcèlement de la journaliste française Nadia Daam, prise pour cible pour avoir critiqué les membres du forum 18-25 du site jeuxvideo.com, à celui de la journaliste d’investigation philippine Maria Ressa, qui a « été appelée “mocheté”, “chienne”, “serpent”, menacée de viol et de meurtre », rapporte-t-elle, après ses enquêtes sur le pouvoir.

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                Cyber-harcèlement sur Twitter : « Je vais t’égorger et violer ton cadavre »



Qui est à l’origine de ces campagnes de harcèlement ? RSF le reconnaît :
« Les liens entre les donneurs d’ordre et les trolls qui mettent en œuvre la cyberviolence contre les journalistes sont souvent difficiles à démontrer, et la recherche sur ces questions doit encore être développée. »
Elles peuvent être lancées « par des communautés d’individus », comme dans le cas de Nadia Daam, « des groupes politiques », voire des entreprises — l’ONG cite l’exemple de deux sociétés brésiliennes, JBS et 4Buzz, qui ont financé la mise en avant d’un faux reportage diffamant, apparaissait dans les résultats des moteurs de recherche chaque fois que le nom du journaliste Leonardo Sakamoto était écrit.

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                Les youtubeuses bien seules face aux harceleurs



« Harceler n’a jamais été aussi peu coûteux »
Mais RSF souligne que des Etats sont aussi à l’origine de ces campagnes de cyber-harcèlement. Russie, Chine, Inde, Turquie, Vietnam, Iran ou encore Algérie sont notamment accusés.
En Inde par exemple, la journaliste Rana Ayyub est apparue sur une liste de journalistes à cibler établie par l’équipe de campagne de Narendra Modi, aujourd’hui premier ministre. Depuis, les attaques sont incessantes, menées par les soutiens du régime très actifs en ligne, surnommés « yoddhas » par Narendra Modi. « On m’a traitée de prostituée. Mon visage a été apposé à la photo d’un corps nu et la photo de ma mère a été prise sur mon compte Instagram et “photoshopée” de toutes les manières possibles », a-t-elle confié à RSF. Idem en Equateur, où l’ancien président Rafael Correa avait cité en 2016 le nom de cinq journalistes du pays ayant participé à l’enquête internationale sur les « Panama Papers ».
Des opérations qui font parfois partie de dispositifs plus larges visant à nuire à la presse, consistant à noyer le contenu journalistique sur les réseaux sociaux « sous un flot de fausses nouvelles et de contenus en faveur du régime », explique l’ONG. Pour mettre en place ces opérations d’ampleur, les commanditaires font appel à « des activistes ou à des sous-traitants précaires, rémunérés pour rendre des histoires virales ou pour lancer des campagnes avec l’objectif de discréditer ou d’attaquer les journalistes et de diffuser leur propagande ».
Ils commandent aussi les services d’entreprises permettant d’acheter à peu de frais des abonnés, des « j’aime » ou des partages en masse, permettant d’amplifier artificiellement la visibilité des campagnes. « Harceler un journaliste de manière massive n’a jamais été aussi simple — et aussi peu coûteux », dénonce RSF, fustigeant les entreprises comme Devumi qui vendent des « vues » et autres « likes ». L’usage de bots, des programmes automatisés, est aussi répandu, tout comme la « sponsorisation » de publications, qui consiste à payer pour que celles-ci gagnent en visibilité sur un réseau social par exemple.
Donald Trump « encourage »
Au passage, l’ONG égratigne aussi le président états-unien. Sans l’accuser d’être à l’origine de telles campagnes, elle lui reproche le climat qu’il instaure en n’ayant « de cesse de haranguer les journalistes, les taxant de “fake news” à chaque nouvelle publiée n’allant pas dans son sens ». Un comportement qui « encourage », selon RSF, les incivilités en ligne.
Comment lutter contre ce phénomène ? L’organisation émet vingt-cinq recommandations, destinées aux Etats, aux organisations internationales, aux plates-formes, aux médias, mais aussi aux annonceurs. Aux premiers, elle demande notamment de « renforcer le cadre légal permettant la répression du harcèlement des journalistes en ligne, et l’appliquer strictement » et de ne pas, eux-mêmes, lancer ce type de campagne. Elle leur recommande aussi, point délicat, de « renforcer la responsabilité des plates-formes en ligne (…), sans pour autant leur conférer un pouvoir de contrôle des contenus ou de censure ».

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                Insultes, avances répétées… Sur les sites de rencontre, le harcèlement des femmes est banalisé



Ces dernières devraient, selon Reporters sans frontières, faire preuve de davantage de transparence sur leurs règles de modération, et faire attention « à ce que ces règles ne soient pas détournées de leur finalité pour faire taire des journalistes » — lors de campagnes de harcèlement, les comptes de journalistes sont souvent « signalés » par de nombreux internautes mal intentionnés pour demander leur fermeture aux plates-formes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.
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Les marchands de presse pourront davantage sélectionner les magazines distribués

Un rapport préfigure la profonde réforme à venir de la loi Bichet, qui régit la distribution de la presse en France.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h36
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            Alexandre Piquard








                        



   


La ministre de la culture Françoise Nyssen a promis une réforme « profonde » de la distribution de la presse en France, pour sauver ce secteur en crise. C’est bien la voie préconisée dans le rapport publié mardi 24 juillet par Marc Schwartz, auquel la ministre de la culture avait confié une mission de concertation. Pour changer la loi Bichet, née après la Libération, l’ex-médiateur du livre a écrit un avant-projet de loi qui doit faire l’objet d’une consultation publique d’ici septembre, et d’un projet de loi ou d’une proposition de loi à l’automne.

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Le premier principe du texte vise à donner plus de liberté de choix aux kiosquiers et marchands de presse, avec l’espoir que cela réduise l’embouteillage de milliers de titres de presse dans les points de ventes. Si les vendeurs de journaux ne sont plus obligés de distribuer tous les magazines qui en font la demande, ils exposeront mieux les titres, et ces derniers se vendront mieux, croit le rapport. Les spécificités locales pourraient être mieux respectées : on vendrait davantage un magazine de surf au bord de la mer qu’à la montagne, par exemple.
L’obligation de distribution est maintenue
Ce changement rompt avec un élément important du système de la distribution de la presse en France, pensé pour assurer le pluralisme. Mais ce principe sera réaffirmé, assure le gouvernement, qui insiste sur un point : pour la presse d’information générale, l’ancien principe d’obligation de distribution resterait en vigueur. Sur ce point, Le Monde, Le Figaro, Le Point ou Le 1 ne seraient pas concernés, par exemple.
Deuxième garde-fou : l’avant-projet de loi propose de définir un « droit à la distribution » et un « droit effectif d’accès au réseau de distribution ». Les titres auraient ainsi le droit d’obtenir auprès des messageries un contrat de distribution dans un certain nombre de points de vente et dans des conditions similaires à celles obtenues par des titres comparables.
L’équité des négociations de distribution serait désormais assurée par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms, qui régit également La Poste. Les deux instances actuelles – le CSMP (Conseil supérieur des messageries de presse) et l’ARDP (Autorité de régulation de la distribution de la presse) – disparaîtraient.
Abandon du statut coopératif obligatoire des messageries
Point symbolique, et sensible : le « droit à être distribué » s’accompagnerait de l’abandon du statut coopératif obligatoire des messageries de distribution de la presse et du principe « un éditeur, une voix ». Ce statut coopératif a créé un droit à la distribution qui a généré des effets pervers, notamment l’inflation de titres dans les kiosques, estime le rapport.
Cette réforme est-elle un cadeau fait aux « gros » éditeurs au détriment des petits, qui ne pourront plus choisir librement les kiosques dans lesquels ils sont présents ? Au ministère, on se défend d’avoir une telle volonté, rappelant que les éditeurs de taille modeste se sont aussi plaints du système actuel. Ces derniers ont notamment été mis à contribution dans le plan de sauvetage de la messagerie Presstalis : les éditeurs vont devoir verser à Presstalis 2,25 % de leurs recettes durant cinq ans, après avoir subi une retenue de 25 % de leurs recettes en décembre et janvier.
Parallèlement, le gouvernement souhaite, comme le rapport de Marc Schwartz, assouplir les conditions d’ouverture des points de vente de presse, afin que le nombre cesse de reculer, voire augmente. Davantage de journaux devraient donc en principe être vendus dans d’autres commerces, comme les boulangeries.
Autre point important, le rapport souhaite étendre les nouveaux principes aux acteurs numériques. Les kiosques numériques comme SFR Presse ou le kiosque d’Orange pourraient être affectés : ils devraient respecter le « droit à être distribué » des magazines, et accepter de distribuer tout titre d’information politique et générale.



                            


                        

                        


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La mort de Michel Boyer, ancien journaliste au « Monde »

Ancien responsable du service Economie du journal, Michel Boyer est décédé le 5 juillet à Paris. Il avait 83 ans.



Le Monde
 |    24.07.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
01.08.2018 à 12h13
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Philippe Lemaître (ancien correspondant du "Monde" à Bruxelles)







                        



                                


                            

Michel Boyer, qui est mort à Paris le 5 juillet, avait passé près de vingt-cinq ans au Monde, principalement au service économique du journal. Après des études d’économie et de sciences politiques faites à Paris, où il était né le 7 juin 1935, et un service militaire effectué en Algérie, Michel Boyer avait commencé sa carrière de journaliste à l’Agence France-Presse.
En 1970, il avait été engagé au Monde par Gilbert Mathieu, le charismatique chef du service Economie de l’époque. Les deux hommes, bien que très différents, s’entendaient bien. En ce temps-là, le journal tirait autour de 600 000 exemplaires et Gilbert Mathieu, l’enthousiaste, le voyait volontiers grimper à des sommets et dépasser le million de copies. Il n’en appréciait pas moins cette nouvelle recrue plaidant pour la retenue, un journal toujours plus rigoureux, ramassé, voire austère, à tous égards irréprochable.
Il y avait en effet un côté puritain, très scrupuleux dans la démarche professionnelle de Michel Boyer et qui la marqua de bout en bout : la recherche de la précision, du détail juste, le refus de la facilité et de l’approximation.
Cette manière de faire, il l’appliqua plusieurs années à l’exploration des économies étrangères, surtout européennes et moyen-orientales. Michel Boyer voyagea alors beaucoup pour le journal, préparant attentivement ses déplacements avec le souci, digne d’éloge, d’associer les correspondants sur place à son travail.
Perfectionnisme et empathie
Cette connaissance fine de nombreuses économies étrangères lui fut d’une grande aide lorsqu’il succéda à Paul Fabra à la tête du supplément économique paraissant chaque lundi, « Le Monde de l’économie ». Succession difficile vu la notoriété acquise par cette publication hebdomadaire. Mais succession réussie et Michel, qui n’était en rien un idéologue, réussit à donner un ton particulier, qui lui était propre, à la publication. Cela notamment grâce à des relations solides avec...




                        

                        

