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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.
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La plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme délogée de ses locaux à Saint-Pétersbourg

Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h49
   





                        


Memorial, la plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme, créée en 1989, a été délogée de ses locaux, qu’elle occupait depuis vingt ans, par l’administration de Saint-Pétersbourg.
Les services municipaux « nous ont récemment informés avoir rompu le contrat encadrant l’usage des locaux où notre organisation se trouvait depuis 1997 », a expliqué Galina Chkolnik, la directrice de l’antenne à Saint-Pétersbourg de l’ONG Mémorial. « C’était totalement inattendu. Nous étions sûrs que le contrat serait prolongé comme d’habitude. Nous n’avons enfreint aucune règle, s’est défendue Mme Chkolnik, qui dit ignorer les motivations de l’administration. Soit quelqu’un a envie d’utiliser nos locaux [dans le centre-ville], soit nous avons des problèmes en tant qu’“agent de l’étranger”. »
L’organisation a en effet été classée en 2016 sous la dénomination controversée d’« agent de l’étranger », c’est-à-dire une organisation bénéficiant d’un financement étranger et ayant « une activité politique ». Elle doit désormais se présenter comme telle dans sa communication. Les autorités de Saint-Pétersbourg n’étaient pas joignables jeudi 16 août pour commenter la situation.
Plusieurs dirigeants locaux poursuivis
Arrestations, perquisitions et agressions visant Mémorial sont courantes, notamment en Tchétchénie (Caucase russe), selon des défenseurs des droits de l’homme. Le responsable de l’ONG en Tchétchénie, Oïoub Titiev, a été arrêté en janvier par la police, qui affirme avoir découvert de la drogue dans sa voiture. Actuellement jugé à Grozny, il risque jusqu’à dix ans de prison.
Iouri Dmitriev, le chef d’une branche de Mémorial en Carélie (nord-ouest) et historien russe connu pour ses recherches sur la terreur stalinienne, se trouve en détention depuis juillet dernier après avoir été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur. Trois mois plus tôt, il avait été acquitté dans une affaire similaire qu’il dénonçait comme étant montée de toutes pièces.
« Il faut chercher les origines de la situation de Mémorial à Saint-Pétersbourg dans l’attitude générale des autorités locales envers les ONG de défense des droits de l’homme. Ces raisons sont politiques », a affirmé le député du parti d’opposition Iabloko Boris Vichnevski.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».
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Le camionneur du pont Morandi rescapé « du vide et de l’enfer »

Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h51
   





                        


Le camion vert est encore là, à quelques mètres du précipice. Les essuie-glaces toujours allumés, en plein soleil, comme le montre ce saisissant post Instagram. Nous sommes le mercredi 15 août, c’est la fin de journée. C’est aussi le lendemain de l’effondrement catastrophique et meurtrier du pont de Gênes, où au moins 39 personnes sont mortes.

   


Les photos de ce camion au bord du gouffre ont fait le tour du monde, et son histoire a donné des frissons aux réseaux sociaux. Au volant du camion vert et bleu : F. L., les initiales de l’homme devenu le symbole de ceux qui ont réussi à échapper au drame. Ceux pour qui le mot « miracle » a été employé. Le conducteur du camion devant qui la route s’est effondrée, en faisant disparaître tous les véhicules qui l’avaient précédé. Il a vu « le vide et l’enfer », et l’a raconté au Corriere della Sera : 
« Il pleuvait, il pleuvait beaucoup et il n’était pas possible d’aller vite. Quand une voiture m’a dépassé, j’ai ralenti pour maintenir une certaine distance de sécurité, parce que freiner avec cette pluie était impossible, on n’y voyait pas grand-chose. 
A un certain moment, tout a tremblé. La voiture qui se trouvait devant moi a disparu et semblait engloutie par les nuages. J’ai levé les yeux et j’ai vu le pylône du pont tomber. J’ai freiné. J’ai non seulement freiné, mais j’ai presque bloqué les roues. Instinctivement, quand j’ai trouvé le vide devant moi, j’ai mis la marche arrière, comme si j’essayais de fuir cet enfer. »

#Genova pic.twitter.com/iuBzj1zv8k— Riccardo Liguori (@riccardoliguori) 14 août 2018


A quelques mètres de l’abîme, à quelques secondes près, F. L. a pu freiner à temps. Une fois arrêté, il est descendu et a couru vers le tunnel d’où il était venu :
« J’ai compris que tout s’était effondré, que je devais m’échapper. J’ai sauté du camion et je me suis enfui à pied. Il y avait une pluie terrible, j’ai vu d’autres automobilistes et leur ai dit de fuir. » 
Le chauffeur routier qui était derrière lui compte aussi parmi les survivants qui se sont exprimés après le drame : « J’ai vu le camion vert devant moi s’arrêter et faire marche arrière, je me suis arrêté, j’ai fermé le camion et je suis parti en courant », a-t-il raconté à l’AFP.
F. L., ce chauffeur de 37 ans qui a confié aux secouristes : « Je ne sais pas comment c’est possible mais je suis vivant », revenait d’une livraison et se dirigeait vers la plate-forme logistique génoise de la chaîne des supermarchés italiens Basko. Le soir même, l’enseigne postait d’ailleurs un communiqué sur sa page Facebook, indiquant qu’étant en étroite relation avec la société Damonte, propriétaire du camion, ils étaient en mesure d’affirmer que, bien que sous le choc, F. L. était sauf.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les discours qui ne parlent que de taux de croissance et de réduction des droits de douane laissent un vide que les populistes s’empressent de combler. L’Europe a besoin de récit et de symboles, souligne Christian Lequesne, professeur de science politique.
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« L’Europe doit refaire de la politique »

Les discours qui ne parlent que de taux de croissance et de réduction des droits de douane laissent un vide que les populistes s’empressent de combler. L’Europe a besoin de récit et de symboles, souligne Christian Lequesne, professeur de science politique.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 15h01
    |

Christian Lequesne (Professeur de science politique à Sciences Po Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Les politiciens populistes, qu’ils soient au pouvoir comme Viktor Orban en Hongrie, Matteo Salvini en Italie, ou dans l’opposition comme Marine Le Pen en France, réussissent chaque jour à orienter un peu plus le cours de la construction européenne. En adoptant des mesures minimalistes sur l’accueil des réfugiés, le dernier Conseil européen, qui s’est tenu à Bruxelles les 28 et 29 juin, en a été une illustration supplémentaire. Les populistes auraient-ils déjà gagné ? Et l’avenir de l’Europe en serait-il compromis ?
La réponse est « non ». Mais avant d’engager la bataille contre ceux qui incarnent l’opposition frontale à l’Europe, il est important de comprendre les fondements de leur succès. Trois raisons expliquent la légitimité grandissante des populistes contre la construction européenne.

La première est la dépolitisation du débat européen pendant de nombreuses décennies. L’Europe fut traitée comme une question de politiques publiques et non de politique. Il s’agissait, pour les politiciens et les experts nationaux, de réguler des problèmes d’interdépendance en évitant de trop mobiliser les discours, les controverses et les symboles. Ce triomphe des politiques publiques sur la politique a conduit à réaliser l’euro, l’élargissement ou l’accord de Schengen sans vraiment en débattre, puisque l’efficacité des réalisations suffisait à les légitimer.
Politique de l’autruche de David Cameron
L’erreur fut fatale. D’abord, parce que les peuples y ont trouvé du pain bénit pour dénoncer le manque de démocratie. Ensuite, parce que les populistes se sont emparés du vide discursif pour faire de la politique, la seule chose qui les intéresse réellement. Le Brexit constitue à cet égard un exemple, révélateur de ce double processus de dépolitisation et de repolitisation. Le rêve initial de l’ancien premier ministre britannique David Cameron eût été de continuer à impliquer la Grande-Bretagne a minima dans l’Union européenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.
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Gênes : « Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe »

Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h26
    |

            Grégoire Allix (propos recueillis par)








                        



L’effondrement d’une portion du viaduc autoroutier à Gênes, qui a fait au moins 39 morts et a conduit le gouvernement italien à déclarer un état d’urgence d’un an, continue à poser de nombreuses questions sur les défaillances de la structure du pont.

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          des défaillances sur la structure du pont Morandi signalées avant son effondrement



Selon plusieurs experts, le viaduc Morandi de l’autoroute A10, long de 1,18 km et construit à la fin des années 1960, était un ouvrage en béton qui présentait des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien, lié en particulier aux fissures et à la dégradation de l’ouvrage. Jean-Michel Torrenti, ingénieur des ponts, spécialiste du béton, et directeur du département matériaux et structures de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), répond aux questions suscitées par la catastrophe.

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          le groupe autoroutier « Autostrade per l’Italia » mis en cause



D’après vous, qu’est-ce qui a pu provoquer l’effondrement du pont Morandi de Gênes ?
Pour moi, c’est une des suspentes du pont qui a cassé, entraînant la chute du tablier et du pylône. Le viaduc Morandi est une construction étonnante : c’est un pont en béton qui s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton précontraint au lieu d’une série de câbles en acier. C’est un procédé constructif très peu résilient. Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Sur le viaduc de Millau, même si un câble cède, le pont ne s’écroule pas. C’est la même chose sur les bâtiments : on doit pouvoir enlever un poteau sans que ça s’effondre.
Quelle serait la cause de cette rupture du hauban ?
Je ne crois pas trop à l’explication de la foudre. A mon avis, la cause est plutôt liée à la corrosion. Le béton est un matériau qui fonctionne mal en traction, contrairement aux câbles en acier : pour l’utiliser comme hauban, on le précontraint, c’est-à-dire qu’on le comprime fortement grâce à des câbles pris dans la gaine de béton. Or, cette gaine peut masquer la corrosion. Et on sait que la corrosion sur des câbles tendus les rend très fragiles.
Normalement, on s’en aperçoit si le béton se fissure. Mais dans le cas d’un béton précontraint, on s’en aperçoit au dernier moment. Avec ce procédé constructif, si la suspente casse, le système n’est plus équilibré et c’est la catastrophe.
Un affaiblissement des fondations ne peut-il pas être à l’origine de l’accident ?
C’est vrai que les fondations peuvent potentiellement occasionner des dégâts majeurs à des ponts. Mais, là, je n’ai pas l’impression que ce soit le cas : quand on voit les films, on a vraiment l’impression que le pylône tombe après le tablier.
La partie non effondrée du viaduc peut-elle être conservée ?
Je suis persuadé qu’ils vont détruire au moins le reste du pont à haubans, avec les deux piliers qui restent. C’est le même procédé constructif inquiétant, qui ne pardonne pas la moindre faiblesse. Les viaducs d’accès peuvent peut-être être conservés : ils sont de conception plus classique et reposent simplement sur des piles faites de plusieurs poutres.

   


Un rapport d’audit estime que 30 % des ponts du réseau routier français non concédé au privé ont besoin de réparations. Faut-il s’en alarmer ?
Il n’y a pas d’urgence absolue dans les cinq ans qui viennent, mais il est clair qu’on ne peut pas construire un pont et ne plus rien faire pendant les cent ans de sa durée de vie. Sans maintenance, on sera confronté au bout de vingt ans à des problèmes.
Etant donné les inspections auxquelles les ouvrages sont soumis en France, le risque n’est pas forcément que les ponts s’effondrent, mais plutôt qu’on soit obligés de les fermer. Et plus on attend pour réaliser ces travaux de maintenance, plus il y aura urgence et plus ça coûtera cher.
Aujourd’hui il y a un arbitrage difficile à faire sur fond de budget limité : faut-il réparer un peu tous les ponts qui présentent des problèmes, ou se concentrer uniquement sur les plus dégradés en remettant l’entretien des autres à plus tard ?

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                Un pont sur trois a besoin de réparations sur les routes nationales françaises, selon un rapport






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.
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Trump-Erdogan  : duel perdant

Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Avec des acteurs principaux – le populiste éruptif Donald Trump et l’autocrate sourcilleux Recep Tayyip Erdogan – qui mettent autant de testostérone dans leur pratique diplomatique, il est pour le moins aléatoire de préjuger de l’issue de l’empoignade actuelle entre les Etats-Unis et la Turquie.
En effet, c’est une crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les deux pays. Elle couvait depuis des mois. Sans succès, Ankara réclamait aux Américains l’extradition de Fethullah Gülen, le chef de la confrérie à laquelle le président turc attribue la paternité de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Sans plus de succès, Washington exigeait d’Ankara la libération d’un pasteur évangéliste américain accusé par les autorités turques, de façon très fantaisiste, d’avoir été mêlé à cette tentative de coup d’Etat. A quoi s’ajoutaient de sérieuses divergences sur la guerre en Syrie, Washington soutenant les forces kurdes syriennes pour chasser l’organisation Etat islamique quand Ankara entend éradiquer, sur son territoire comme en Syrie, toute forme de mouvement kurde.

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En quelques jours, ces abcès ont dégénéré. Vendredi 10 août, Donald Trump a annoncé le doublement des droits de douane sur les exportations d’acier et d’aluminium turques. Ces sanctions ont suffi pour plonger la livre turque dans une violente tempête monétaire et pour menacer de déstabiliser une économie fragilisée par l’inflation et l’endettement public. M. Erdogan a immédiatement dénoncé un « complot politique » fomenté par Washington et appelé ses partisans à le soutenir dans cette « bataille nationale », au nom d’Allah contre le dollar.
Embarras de Paris et de Berlin
Quand on sait que les Etats-Unis et la Turquie sont des alliés de longue date, piliers de l’OTAN depuis les années de la guerre froide contre l’URSS, liés par un traité de défense mutuelle et par de solides échanges militaires (des armes nucléaires américaines, notamment, sont basées à Incirlik, en Turquie), cette bataille de chiffonniers est sans précédent. Ses répercussions économiques peuvent être sévères. Pour l’économie turque, évidemment, mais plus largement pour les banques internationales, européennes en particulier, auprès desquelles les entreprises turques sont lourdement endettées.

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Ses conséquences diplomatiques possibles ne sont pas moins graves. « Nous cherchons de nouveaux amis et de nouveaux alliés », claironne désormais M. Erdogan. Tout à ses rêves de grandeur ottomane restaurée, ce dernier tente de mettre en scène la constitution, autour d’Ankara, d’un « axe de résistance » face aux Etats-Unis.
Il cherche ainsi à obtenir l’appui des Européens, vis-à-vis desquels il dispose d’un sérieux moyen de chantage depuis qu’il s’est engagé à contrôler les flux migratoires en provenance du Proche-Orient. L’absence de réponse de la France et de l’Allemagne à la proposition du président turc d’une rencontre à quatre, avec la Russie, sur la Syrie en septembre, dit assez l’embarras de Paris et de Berlin.
Vladimir Poutine, au contraire, fait son miel de cette crise et a immédiatement dépêché son ministre des affaires étrangères à Ankara. Dans l’immédiat, il joue gagnant à tous les coups, tant l’affaiblissement de l’OTAN est, pour lui, un objectif stratégique.

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Avant de pousser trop loin leur bras de fer, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan seraient bien inspirés d’en prendre conscience. Sauf à se retrouver, l’un et l’autre, perdants. Le premier parce qu’il aurait perdu un allié de poids dans la région, le second parce qu’il se retrouverait dans la main de Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La convention, qui pourra servir de base à la résolution de multiples conflits territoriaux, est un succès diplomatique pour Moscou
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Les voisins de la mer Caspienne s’entendent sur un statut juridique

La convention, qui pourra servir de base à la résolution de multiples conflits territoriaux, est un succès diplomatique pour Moscou



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h46
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

L’accord se veut historique. Ses implications concrètes pourraient se faire attendre mais pour Moscou en tout cas, il constitue déjà un succès diplomatique. Dimanche 12 août, les cinq Etats riverains de la mer Caspienne ont signé dans le petit port kazakh d’Aktaou une convention sur le statut juridique de la plus vaste étendue d’eau fermée au monde. Les chefs d’Etat de la Russie, de l’Iran, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan ont ainsi fait sortir la Caspienne de la zone grise – s’agit-il d’une mer ou d’un lac ? – où elle se trouvait depuis la chute de l’URSS.
Juridiquement, la Caspienne ne sera ni l’un ni l’autre. Elle s’est vu attribuer dimanche par les Etats qui la bordent un statut qui lui est propre. A long terme, la convention pourra servir de base à la résolution des multiples conflits territoriaux existant entre les Etats signataires. A court terme, elle permet à Vladimir Poutine, selon qui l’accord « fera date », de se poser en grand ordonnateur d’une coopération régionale vertueuse.
Enjeu de taille
Gérée de manière bilatérale entre Téhéran et Moscou entre 1940 et 1991, la mer Caspienne a vu à la chute de l’URSS trois nouveaux Etats voir le jour sur ses rives, animé chacun par la ferme volonté d’y affirmer sa part de souveraineté. Ici, l’enjeu est de taille : l’étendue d’eau recèle 50 milliards de barils de pétrole offshore, 300 000 milliards de m3 de gaz naturel et une population déclinante mais hautement rentable d’esturgeons producteurs de caviar. S’il pose les principes censés guider une délimitation ultérieure des territoires des Etats riverains et crée un mécanisme supposé permettre à terme la résolution des contentieux qui les opposent, l’accord de dimanche ne prévoit pas un partage net de la mer Caspienne et de ses richesses entre les différentes capitales.

« Les conflits territoriaux liés à l’énergie qui émaillent le paysage géopolitique de la Caspienne n’ont pas disparu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le président russe va assister samedi au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ.
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En Autriche, Vladimir Poutine invité au mariage d’une ministre proche de l’extrême droite

Le président russe va assister samedi au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h25
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Verra-t-on apparaître, samedi 18 août, des photos de Vladimir Poutine, un verre de blanc sec à la main, en train d’échanger des amabilités en Autriche, autour d’une nappe immaculée dressée pour l’occasion ? Le président russe comptera en tout cas parmi les invités du mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl. Nommée par l’extrême droite (FPÖ, parti autrichien de la liberté) en décembre 2017, elle va épouser, à 53 ans, un entrepreneur, Wolfgang Meilinger.
M. Poutine a promis de venir présenter au couple ses vœux de bonheur, avant d’aller retrouver l’Allemande Angela Merkel, dans la soirée, pour évoquer la guerre en Syrie, le conflit en Ukraine et les questions énergétiques. Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz (ÖVP, parti populaire d’Autriche) – qui préside depuis le 1er juillet le conseil de l’Union européenne – et le vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache seront aussi de la fête.

« Pour Vladimir Poutine, c’est l’occasion rêvée d’apparaître dans un cadre intime, comme un ami proche, estime Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po. On savait déjà qu’il était un allié politique de l’extrême droite autrichienne. Maintenant, on pourra noter qu’il entretient une relation privée avec certains de ses membres. »
Vienne influente dans les Balkans
L’Autriche (8,7 millions d’habitants) est pourtant officiellement neutre. Elle se présente comme un « pont » entre l’Est et l’Ouest du continent. Mais l’ancien officier du KGB en ex-RDA lui avait déjà réservé sa première visite à l’étranger après sa réélection, le 4 juin. Il pourrait profiter de cette escapade estivale pour tenter d’obtenir de ce pays d’Europe centrale qu’il milite plus activement pour la levée des sanctions européennes, imposées à la Russie en 2014, après l’annexion de la Crimée. Les observateurs s’attendent également à ce qu’il évoque le dossier du gazoduc Nord Stream 2, sur lequel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’actuel numéro deux d’Air Canada devrait prendre en septembre la direction de la compagnie franco-néerlandaise.
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Air France-KLM : Ben Smith en passe de prendre les commandes

L’actuel numéro deux d’Air Canada devrait prendre en septembre la direction de la compagnie franco-néerlandaise.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 10h38
    |

                            Agnès Chapsal (Montréal, correspondance) et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Le nouveau pilote d’Air France-KLM devrait bien être canadien. Lors d’une réunion exceptionnelle jeudi 16 août en fin d’après-midi, le conseil d’administration du transporteur aérien devait nommer Benjamin – surnommé « Ben » – Smith, 46 ans, au poste de directeur général du groupe franco-néerlandais. La présidence non exécutive de la compagnie devrait pour sa part être assurée par Anne-Marie Couderc, l’actuelle présidente par intérim, au moins jusqu’au renouvellement de l’essentiel des mandats des administrateurs prévu courant 2019.
La dissociation du poste de président et directeur général était notamment voulue par l’Etat, le premier actionnaire (14,3 %), dont c’est la doctrine, mais également par Delta Air Lines et China Eastern (8,8 % chacun). Cette annonce met fin « à une trop longue période d’incertitudes », note un observateur, trois mois et demi après la démission de Jean-Marc Janaillac, suite à l’échec d’une consultation des employés concernant un accord salarial.

Entre la grève des personnels, la tentative d’Accor d’entrer au capital d’Air France-KLM et le vrai faux recrutement de Philippe Capron, le directeur financier de Veolia environnement, la chronique a été particulièrement féconde en rebondissements. C’est désormais à Ben Smith de ramener un peu de sérénité, malgré l’hostilité affichée par plusieurs organisations syndicales, dont le Syndicat national des pilotes de ligne, qui regrette la nomination d’un Nord-Américain.
« Un certain charisme »
Son profil a pourtant de quoi séduire. Il correspond notamment aux souhaits du gouvernement de trouver « un spécialiste de l’aérien qui a fait ses preuves » pour redresser la compagnie bousculée par une concurrence tous azimuts. Avec 28 ans d’expérience dans le milieu du voyage et du transport aérien, l’actuel numéro deux d’Air Canada, la plus grande compagnie aérienne du pays, ne peut être taxé d’amateur.
Après des débuts en 1990 au service...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les populistes ont conquis le pouvoir en Italie avec un discours anti-grands travaux. Ils se sont opposés au projet qui aurait permis de contourner le viaduc.
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En Italie, le Mouvement 5 Etoiles mis en difficulté par l’effondrement du pont de Gênes

Les populistes ont conquis le pouvoir en Italie avec un discours anti-grands travaux. Ils se sont opposés au projet qui aurait permis de contourner le viaduc.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 12h08
    |

                            Margherita Nasi (Gênes, Italie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Une tignasse blanche s’agite sur la scène, devant un hippodrome bondé. Collée au micro, la bouche gronde, tonne, fulmine. Elle cloue au pilori la Gronda, la bretelle d’autoroute envisagée comme alternative au viaduc Morandi de Gênes. « Combien d’argent dépense-t-on chaque année pour la Gronda ? Il faut arrêter ces gens ! Il faut les arrêter avec l’armée italienne ! », s’insurge le tribun en poussant dans les aigus, avant de quitter l’estrade, furieux. « Beppe ! Beppe ! Beppe ! », scande la foule rassemblée sur le Circo Massimo de Rome, dans l’espoir de faire revenir le fondateur du Mouvement 5 Etoiles (M5S). Nous sommes en 2014 ; Beppe Grillo sème la colère et récolte du consensus.
Quatre années plus tard, le M5S, allié à la Ligue (extrême droite), gouverne l’Italie. Le paysage politique de la Botte est bousculé. Ses réseaux routiers ébranlés. Une portion de plus de 200 mètres du pont Morandi s’est écroulée mardi 14 août, précipitant dans le vide trente-cinq voitures et plusieurs camions, selon la protection civile.
Malgré les efforts des secouristes, qui se sont jetés corps et âme dans l’amas de béton et de ferraille en contrebas du pont, le bilan n’a guère évolué mercredi : 39 morts et 16 blessés, dont neuf dans un état grave. Trois enfants de 8 à 13 ans figurent parmi les morts, de même que quatre jeunes Français, trois Chiliens et un Colombien. Le gouvernement italien a décrété l’état d’urgence pour un an à Gênes. L’effondrement du géant de béton met la ville à genoux, et le M5S dans un grand embarras.
« Double désastre »
Difficile, après une telle tragédie, d’assumer sa proximité avec les militants qui se sont opposés au remplacement du pont Morandi. « C’est un double désastre. D’une part pour les victimes et leurs familles. De l’autre parce que dans quelques semaines, on va nous passer à la moulinette à cause de nos batailles sur le territoire », confie un parlementaire ligure M5S au quotidien génois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le président turc et ses partisans continuent la confrontation avec Washington, alors que l’économie du pays est affaiblie.
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Turquie : Erdogan s’obstine dans la crise diplomatique et commerciale avec les Etats-Unis

Le président turc et ses partisans continuent la confrontation avec Washington, alors que l’économie du pays est affaiblie.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 13h39
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Quarante jours après son sacre d’« hyperprésident » aux pouvoirs élargis, le chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, se retrouve face une crise diplomatique d’ampleur avec les Etats-Unis qui risque d’entraîner le pays vers la récession. Le défi est risqué pour un dirigeant dont la popularité s’est établie sur une promesse de prospérité économique. En seize ans passés à la tête du pays, d’abord comme premier ministre puis comme président, l’homme est parvenu à prendre le contrôle de toutes les institutions – l’armée, la justice, la police, l’éducation, le Parlement, les médias. Mais, lorsqu’il a voulu prendre en main l’économie, les choses se sont compliquées.
L’économie turque est fragile car dépendante des financements extérieurs. Effrayés par la perte d’indépendance de la banque centrale, peu rassurés par la nomination du gendre présidentiel, Berat Albayrak, à la tête du ministère de l’économie et des finances, les investisseurs ont fui.
La crise avec les Etats-Unis a fait le reste. La chute de la livre turque, constante depuis le début de l’année, s’est accélérée peu après le refus d’Ankara de libérer et de renvoyer chez lui le pasteur évangélique américain Andrew Brunson, détenu depuis vingt-deux mois à Izmir pour « espionnage » et collusion avec des « organisations terroristes », ce qu’il nie.
Washington a sorti son bâton
Le président américain, Donald Trump, et son vice-président, Mike Pence – ce dernier appartient à la même congrégation religieuse que le pasteur Brunson –, ont fait de ce dossier judiciaire leur cheval de bataille. Les Tweet trumpiens appelant à la libération du pasteur « bon père et bon chrétien » n’ont produit aucun effet, Washington a donc sorti son bâton.
Des sanctions, d’une portée symbolique, ont été prononcées contre deux ministres turcs suivies de l’annonce du doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs à destination des Etats-Unis. En quelques jours,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Issu de la scène alternative du début des années 2010, le chanteur, âgé de 29 ans, affole les foules par ses refrains.
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Calcutta, l’« Indien » de la pop italienne

Issu de la scène alternative du début des années 2010, le chanteur, âgé de 29 ans, affole les foules par ses refrains.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h20
    |

            Aureliano Tonet (Rome)








                        



                                


                            

Par milliers, des bras s’élèvent vers les nuées. Certains se contentent de serrer le poing, d’autres agitent toutes sortes d’objets – briquets, écharpes rouges de supporteurs de foot, portables. Sur la toile géante qui coiffe la scène, le fond d’écran d’un smartphone vient d’apparaître, indiquant l’appel d’un certain Gaetano. Une clameur gronde. Tous ont reconnu le titre du prochain morceau – Gaetano – et tous reprennent les paroles. « J’ai fait un svastika dans le centre de Bologne ! », hurlent les gosiers, comme si chacun tenait à revendiquer cette croix gammée. La foule est massée sur la pelouse du stade Domenico-Francioni de Latina. Comme le reste de cette ville de 120 000 habitants, à 70 kilomètres au sud-est de Rome, l’enceinte a été édifiée par le régime fasciste ; son architecture transpire les préceptes de ces années 1930 : pureté, puissance, patrie.
C’est dans ce cocon peu commun qu’Edoardo D’Erme, alias Calcutta, est né il y a vingt-neuf ans. Et c’est ici qu’il a débuté, dans la touffeur de juillet, une tournée des arènes italiennes, qui le mènera à Milan et à Naples début 2019. Lui ne voulait pas de ce concert à domicile. Les trois albums qu’il a publiés – Forse (2012), Mainstream (2015), Evergreen (2018) – ne sont que lignes de fuite et éloges de la fugue, échos d’un parcours chaotique et cahoteux. Un parcours qui l’a vu étudier le portugais à l’université de Rome, vivre, deux ans durant, de concerts à la bonne franquette et de bière fraîche, servir pizzas et aroncinis dans un resto de Brooklyn, frayer avec une faune de branchés à Milan, puis devenir végétarien dans la citadelle de la mortadelle, Bologne, où il s’est établi il y a peu.
Recommencer là où tout a commencé
Mais le chanteur sait qu’en Italie plus qu’ailleurs on est toujours renvoyé au lieu d’où l’on vient ; alors, il a fini par se ranger à la proposition de son équipe : recommencer là où tout a commencé.

Edoardo...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Si les deux métropoles sont les plus chères d’Espagne, la crise politique refroidit les acheteurs en Catalogne (2/3).
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En immobilier, le match Madrid - Barcelone tourne à l’avantage de la capitale

Si les deux métropoles sont les plus chères d’Espagne, la crise politique refroidit les acheteurs en Catalogne (2/3).



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 08h21
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La Catalogne est, de loin, le terrain de chasse favori des acheteurs français en Espagne. Au second semestre 2017, 43 % des logements achetés par les étrangers non-résidents dans cette région l’ont été par des Français ! Entre 70 000 et 80 000 de nos compatriotes résideraient à Barcelone.
Mais la crise politique catalane pèse sur le marché immobilier. Les investisseurs ont commencé à prendre peur après le référendum illégal du 1er octobre 2017. La déclaration unilatérale d’indépendance a provoqué une reprise en main musclée des institutions catalanes par le gouvernement espagnol. Au premier trimestre 2018, le volume des investissements étrangers s’est effondré de 62 % en Catalogne, pendant qu’il bondissait de 81 % à Madrid. Bien sûr, les prix de vente dans la région s’en ressentent, et en particulier à Barcelone.

   


Actuellement, le mètre carré tourne en moyenne autour de 5 000-7 000 euros dans les quartiers les plus chers de la capitale catalane, dans la partie haute de la ville, où se situent les jardins du Turó Park et les quartiers Sarrià, Galvany, Tres Torres et Pedralbes. « Ce dernier est le préféré des Français qui ont des enfants en âge scolaire car il abrite le lycée français de Barcelone », glisse Emmanuel Virgoulay, représentant du réseau Barnes en Espagne.
« Si l’hypercentre est cher, il est possible de dénicher des opportunités intéressantes dans certains quartiers périphériques comme Sant Andreu, à l’Est de la ville, où le mètre carré ne dépasse pas 3 000 euros, soit 30 % de moins qu’en 2007 », suggère Patrick Crosset, fondateur du site acheterenespagne.fr.

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                En Espagne, le littoral méditerranéen reste accessible



Tant que la situation politique catalane ne sera pas clarifiée, la demande risque de demeurer atone en Catalogne et les prix immobiliers devraient stagner en 2018. « Aujourd’hui, ce sont les acheteurs qui fixent les prix à Barcelone et non plus les vendeurs », assure M. Crosset.
Effervescence madrilène
Même si les activités de Airbnb et consors sont désormais très encadrées et très limitées à Barcelone, beaucoup de propriétaires continuent de louer illégalement leur logement à des touristes pour de courtes durées. Ceux qui optent pour la location de longue durée peuvent viser un rendement compris entre 3 % et 5 %.
Malgré la crise politique, les prix sont cependant loin d’être bradés dans le haut de gamme en Catalogne. « Pour acheter une belle maison de 250 mètres carrés avec piscine et jardin à moins de 10 km des côtes, il faut compter 600 000 euros, et à partir d’un million avec vue sur la mer », déclare M. Virgoulay.

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                Lisbonne attire toujours autant les Français



Cette situation bénéficie aux villes du littoral méditerranéen, Valence et Malaga en tête, et bien sûr à Madrid, qui récupèrent une partie de la clientèle étrangère potentielle de Barcelone. Dans la capitale, les prix ont bondi de 17,1 % en 2017. Une effervescence qui laisse de marbre les acheteurs français : Madrid les intéresse peu en raison de la dureté du climat, glacial l’hiver et étouffant l’été, et de l’éloignement de la mer.
Afflux d’acheteurs venus d’Amérique du Sud
Dans les quartiers les plus chers de la capitale espagnole, le prix du mètre carré peut monter jusqu’à 8 000 euros. Depuis quatre ans, les prix flambent sans discontinuer. En 2017, les quatre quartiers de l’hyper-centre ont de nouveau connu des hausses spectaculaires : Centro (+21,1 %), Retiro (+17,6 %), Arganzuela (+15,6 %) et Salamanca (+17,6 %). Dans ce dernier, c’est l’afflux d’acheteurs venus d’Amérique du Sud qui dope la demande.
Après Barcelone, Valence et Palma de Majorque, la mairie de Madrid a présenté en mai un plan pour lutter contre la prolifération des meublés touristiques du type Airbnb
« Les biens haut de gamme se vendent surtout à des acquéreurs d’Amérique latine, du Venezuela, de Colombie et du Mexique. L’une de nos ventes a atteint le niveau record de 13 700 euros le mètre carré en 2017 », confie Juan-Galo Maciá, responsable du réseau Engel & Völkers en Espagne. Fuyant leur pays qui s’enfonce dans la crise, de nombreuses familles de riches vénézuéliens s’installent à Salamanca.
Plusieurs centaines d’appartements à plus d’un million d’euros ont ainsi été acquis par des ressortissants vénézuéliens dans cette zone qui longe le Parc du Retiro. Nombre de spécialistes estiment qu’une bulle immobilière est en train de se former sur le marché madrilène, qui est quasiment revenu à ses niveaux de 2007, et même plus de 10 % au-delà dans les quartiers centraux (Salamanca, Centro, Retiro).

   


Après Barcelone, Valence et Palma de Majorque, la mairie de Madrid a présenté en mai un plan pour lutter contre la prolifération des meublés touristiques du type Airbnb. Les appartements ne pourront pas être loués plus de quatre-vingt-dix jours par an, et un immeuble ne pourra plus être dédié entièrement à la location, à moins de posséder une licence hôtelière. Dans le centre, les touristes devront emprunter une entrée différente de celles des occupants de l’immeuble. De quoi freiner considérablement ce type d’activité. Et relancer l’intérêt de la location de longue durée.

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                Des opportunités à saisir sur le marché immobilier grec [1/2]



A elles seules, Madrid et la Catalogne représentent 43 % du marché locatif espagnol. Réaliser un investissement locatif en Espagne est généralement plus rentable qu’en France. A Madrid et Barcelone, le rendement locatif brut de l’immobilier ressort à respectivement 5,7 % et 5,6 % selon Invermax. Depuis quatre ans, le prix des loyers augmente fortement dans ces deux régions. Ce sont d’ailleurs celles où les loyers ont le plus progressé en 2017 : +17 % en Catalogne (prix du m2 loué : 11,85 euros) et +12 % à Madrid (11,22 euros/m2).

Louer est rentable en Espagne
Un investissement locatif est généralement plus rentable en Espagne qu’en France, car les prix d’acquisition sont inférieurs, les charges moins élevées et les loyers sont moins taxés, notamment parce que la plupart des charges peuvent être déduites des revenus locatifs. Les dépenses admises en déduction sont notamment les intérêts des emprunts, les travaux, les impôts locaux, les primes d’assurance, l’amortissement du bien (égal à 3% du montant le plus élevé entre le prix d’acquisition et la valeur cadastrale). Par ailleurs, il existe aussi un abattement de 40 % en cas de location sur une durée supérieure à deux ans. A savoir : les loyers sont taxés à 19 % et les plus-values immobilières à 19 % pour les non-résidents, des taux actualisés chaque année.


En Espagne , les taux des impôts à l’achat varient selon les communautés autonomes. A valeur égale d’achat, un logement dans l’ancien coûtera au final 4,75 % moins cher à Madrid qu’à Barcelone, et ce à cause des impôts à payer sur la valeur du bien acquis. L’impôt sur le transfert de propriété (« Impuesto de Transmisiones Patrimoniales » ou ITP) coûte 10 % à Barcelone et 6 % à Madrid, tandis que la taxe sur la documentation juridique (« Impuesto sobre Actos Jurídicos Documentados » ou IAJD) coûte 1,5 % à Barcelone et 0,75 % à Madrid. Là aussi, le match tourne à l’avantage de Madrid !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les secouristes ont poursuivi leurs efforts pour retrouver des disparus dans l’amas de béton et de ferraille. Le bilan provisoire est toujours de 39 morts et 16 blessés.
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Viaduc effondré à Gênes : les recherches continuent, l’état d’urgence décrété pour un an

Les secouristes ont poursuivi leurs efforts pour retrouver des disparus dans l’amas de béton et de ferraille. Le bilan provisoire est toujours de 39 morts et 16 blessés.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 05h36
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 15h08
   





                        



Les sauveteurs ont poursuivi dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 août leurs recherches pour tenter de trouver encore des survivants dans les décombres du pont autoroutier qui s’est effondré, mardi, à Gênes, dans le nord de l’Italie. Environ 35 voitures et plusieurs camions ont été précipités dans le vide d’une hauteur de 45 mètres dans l’effondrement soudain et inexpliqué, mardi, d’une portion de plus de 200 mètres du pont Morandi.
A la lueur de puissants projecteurs, les équipes de secours ont travaillé sans relâche la deuxième nuit, au milieu des énormes blocs de béton et des morceaux de ferraille, avec l’aide de chiens et de pelleteuses. « Il reste évidemment l’espoir pour les secouristes de retrouver quelques survivants, mais plus le temps passe, plus c’est difficile », a déclaré Riccardo Sciuto, commandant des carabiniers de la province.
Le bilan, encore provisoire, est de 39 morts, dont trois enfants de 8 à 13 ans, et 16 blessés, dont neuf dans un état grave. Quatre jeunes Français figurent parmi les tués, ainsi que trois Chiliens et un Colombien.

        Lire le reportage :
         

          Gênes « à genoux » après l’effondrement du pont Morandi



Etat d’urgence et deuil national
Au lendemain de l’effondrement du pont, le gouvernement italien a décrété l’état d’urgence pour douze mois, à la demande de la région de Ligurie, dont Gênes est la capitale. Cet état d’urgence offre un cadre normatif pour la gestion du site et l’assistance aux plus de 630 personnes évacuées, dont les habitations, sises en contrebas de ce qui reste du pont, sont condamnées. Le gouvernement s’est engagé à les reloger avant la fin de l’année.
Le président du conseil, Giuseppe Conte, a aussi annoncé le déblocage d’une première tranche de cinq millions d’euros d’aides d’urgence, ainsi qu’une journée de deuil national. Selon plusieurs médias transalpins, ce sera samedi, le jour où la ville de Gênes prévoit des funérailles solennelles pour les victimes, avec une messe.
Le gouvernement a aussi promis de révoquer la concession de la société gérant le tronçon d’autoroute, Autostrade per l’Italia (groupe Atlantia, lui-même contrôlé à 30 % par la famille Benetton), accusé de négligence criminelle. Le pont, un ouvrage massif en béton de la fin des années 1960, a régulièrement dû faire l’objet d’importants travaux d’entretien. L’effondrement « n’est pas dû à la fatalité », a martelé le procureur de Gênes, Francesco Cozzi, venu sur les lieux, alors que l’enquête vient seulement de débuter.

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Une chute de 24 % en Bourse
Le titre du groupe italien Atlantia, gestionnaire de l’autoroute et désigné responsable par le gouvernement, perdait plus de 24 % jeudi matin à la Bourse de Milan, après avoir été suspendu près d’une heure.
Jeudi, le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a demandé à la société autoroutière de suspendre certains péages. « J’attends que les péages soient suspendus aujourd’hui. […] Qu’ils donnent au moins un signe de bonne volonté. Ils ont encaissé 3,5 milliards d’euros de péages l’an dernier. Vu le désastre qu’ils ont provoqué, je pense qu’ils peuvent se permettre quelques semaines sans péages. »
Le ministre a aussi estimé qu’il était du devoir de la société d’investir une partie de ses bénéfices dans la ville de Gênes et l’aide aux sinistrés dont les habitations sont condamnées par les futures opérations de dégagement de ce qu’il reste du viaduc.
Le viaduc de Gênes est le 5e pont à s’effondrer en Italie en cinq ans : deux en Sicile en 2014, dont l’un le lendemain de son inauguration, et deux autres en Lombardie et dans les Marches en 2017.

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          « La catastrophe de Gênes est assez incompréhensible »




   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Mardi 14 août, un segment du pont Morandi s’est écroulé. La chute de ce viaduc autoroutier très fréquenté a tué 39 personnes. Plus de 400 pompiers tentent ces dernières heures de retrouver des corps dans les décombres.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pour l’architecte et ingénieur, spécialiste français de la construction de ponts, trois phénomènes pourraient être à l’origine de l’effondrement du viaduc Morandi.
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Marc Mimram : « La catastrophe de Gênes est assez incompréhensible »

Pour l’architecte et ingénieur, spécialiste français de la construction de ponts, trois phénomènes pourraient être à l’origine de l’effondrement du viaduc Morandi.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 10h34
    |

            Grégoire Allix








                        



   


La catastrophe du viaduc de Gênes a-t-elle été causée par la foudre, par un défaut d’entretien ou par des erreurs de conception ? Spéculations et polémiques vont bon train après l’effondrement spectaculaire du pont Morandi, mardi 14 août, qui a tué une quarantaine de personnes, dont quatre Français. Des débats renforcés par les alertes récentes sur l’état de ce pont autoroutier construit à la fin des années 1960 par l’ingénieur italien Riccardo Morandi (1902-1989).
En 2016, Antonio Brencich, ingénieur et professeur en structures de béton à l’université de Gênes, s’alarmait déjà des défaillances du viaduc, dans un article publié par Ingegneri.info, qualifiant l’ouvrage d’« erreur d’ingénierie » dont les coûts de maintenance dépasseraient bientôt le coût de construction.
Une condamnation un peu rapide, à en croire l’architecte et ingénieur Marc Mimram, spécialiste français de la construction de ponts et de passerelles. « Riccardo Morandi est un personnage très important, un ingénieur de référence, ce serait dommage de réduire son travail à la catastrophe de Gênes, insiste le maître d’œuvre français. C’est l’un des deux ingénieurs italiens majeurs de cette époque, avec Pier Luigi Nervi. Il a réalisé à la fois des ponts en arc et des ponts haubanés en béton, comme celui de Gênes. » 

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Une technique utilisée pour trois ouvrages
Pour le viaduc de Gênes, Riccardo Morandi utilise une technique de son invention, qu’il a déjà mise en œuvre au Venezuela, pour un pont de 8 km sur le lac de Maracaibo, et qu’il déploiera une troisième fois pour un ouvrage en Libye. « Cette technique associe un tablier en béton et un petit nombre de haubans en béton précontraint, avec des câbles en acier insérés dans une gaine en béton, explique Marc Mimram. Les haubans permettent de réduire la portée de l’ouvrage. En principe, les câbles d’acier sont laissés apparents. Là, la gaine en béton permet de les protéger et de donner une unité de style à l’ensemble. » Au risque de masquer des problèmes de corrosion sur les câbles…
De hauts piliers à la forme atypique portent chacun une section du tablier, à la fois par en dessous et par au-dessus, via quatre haubans. Entre deux sections, s’élance une partie suspendue. Pour l’architecte et ingénieur français, « il y a dans ce travail une grande qualité d’ingénierie, mais aussi architecturale et plastique, avec les piliers de béton qui émergent en double “V” et qui se prolongent dans les mats des haubans, et une belle unité de projet entre l’architecture des viaducs d’accès et celle de l’ouvrage d’art lui-même ». 
Reste que l’ouvrage – comme celui de Maracaibo, partiellement écroulé après avoir été heurté par un pétrolier en panne – a très tôt connu des déboires : le tablier a rapidement présenté des défauts d’horizontalité en raison d’une « évaluation incorrecte des effets différés de la viscosité du béton », rappelait Antonio Brencich en 2016, et « seules des corrections de niveau répétées » ont permis de rendre les conditions de circulation acceptables. Le pont avait dû être renforcé dans les années 1990 par des câbles en acier. De nouveaux travaux de consolidation étaient en cours au moment de la catastrophe. Le pont était « constamment surveillé, bien au-delà des exigences légales » et il n’y avait « aucune raison de penser qu’il était dangereux », a assuré mardi Autostrade per Italia, la société gestionnaire de l’ouvrage.

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En attendant les résultats des expertises
L’un des trois piliers de 90 mètres de haut, le tablier qu’il portait et les deux parties suspendues de part et d’autre se sont pourtant effondrés. « Quand on voit les images, la catastrophe est assez incompréhensible : c’est la pile elle-même qui semble avoir cédé, observe Marc Mimram. En général quand un accident arrive, c’est pendant le premier âge de l’ouvrage, notamment si les effets de retrait du béton lors du séchage ou des premières charges ont été mal anticipés. Mais à Gênes, tout ça est passé depuis très longtemps. »
Michel Virlojeux, ingénieur des ponts et chaussées et concepteur notamment du viaduc de Millau (Aveyron), interrogé par Franceinfo, estime, lui aussi, qu’« il n’y a, a priori, pas d’erreur de conception » dans le viaduc de Gênes.
Pour M. Mimram, très prudent en attendant les résultats des expertises, l’accident peut avoir trois origines : « Soit un vieillissement du béton, une pathologie du matériau développée avec le temps qui n’aurait bizarrement pas été détectée. Soit une corrosion des haubans à l’intérieur de la gaine de béton, dont on n’aurait pas repéré les signes avant-coureurs. Soit un problème plus insidieux dans les fondations, lié par exemple à une dissolution des sols avec le temps. »
L’hypothèse d’un pont qui s’effondre sous l’effet de la foudre, en revanche, laisse dubitatif l’architecte ingénieur, comme elle laisse « sceptique » Michel Virlojeux.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Don McCullin, le photographe (4/6). Famines, épidémies, conflits, le Britannique a saisi les atrocités de son temps sans chercher à les adoucir. Derrière  le viseur, McCullin s’interroge sur son rôle et celui de ses images mais en tire une conviction : montrer coûte que coûte.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.
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L’« Aquarius » arrive à Malte pour débarquer 141 migrants secourus en mer

Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Le navire humanitaire Aquarius est arrivé mercredi 15 août à Malte, où il a été finalement autorisé à accoster après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. Le navire, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), est entré peu après 14 heures dans le port de La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants qu’il avait secourus vendredi dans les eaux internationales au large de la Libye.

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L’armée maltaise a été mobilisée pour faciliter le débarquement des migrants, originaires pour la plupart de Somalie et d’Erythrée, qui devront passer un contrôle médical à leur arrivée, selon les autorités locales. La moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes.
« Deux enfants ont moins de 5 ans et trois moins de 13 ans », a déclaré Aloys Vimard, le coordinateur de Médecins sans frontières à bord de l’Aquarius, soulignant que les rescapés étaient « épuisés, marqués par leur voyage et leur séjour en Libye ».
Errance pendant plusieurs jours
Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, ce navire a de nouveau erré plusieurs jours en quête d’un port d’accueil, mettant l’Europe face à ses « responsabilités ». Rejeté par l’Italie mais aussi dans un premier temps par Malte, qui avait recueilli lundi 114 migrants secourus par sa marine, l’Aquarius a finalement été autorisé mardi à accoster à La Valette à la suite d’un accord avec cinq autres pays de l’Union européenne (UE). La France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne ont accepté de se répartir l’accueil des 141 migrants à bord et des 114 autres arrivés lundi sur l’île.
L’Espagne, qui avait accueilli l’Aquarius en juin au moment de sa précédente errance, a fait savoir mardi qu’elle prendrait en charge sur son sol 60 des 141 migrants. La France, dont le président Emmanuel Macron avait été vivement critiqué en juin pour avoir fermé les portes à l’Aquarius, a également assuré qu’elle recevrait 60 migrants. L’Allemagne s’est de son côté engagée à recevoir « jusqu’à 50 » réfugiés et le Portugal s’est dit « disponible » pour accueillir 30 personnes. Le Luxembourg en recevra 5.
« Dangereux et immoral »
Sur Twitter, SOS Méditerranée s’est félicité mercredi de l’entente entre les différents pays européens qui se sont « mis d’accord pour partager les responsabilités au sein d’une réponse (…) coordonnée ».
Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lui aussi salué dans un communiqué « la fin de l’impasse concernant l’Aquarius », mais il a toutefois jugé que « cette situation n’aurait jamais dû en arriver à ce point ». « Il est faux, dangereux et immoral de continuer à faire errer des navires de sauvetage en Méditerranée, alors que les gouvernements se font concurrence pour se décharger de leurs responsabilités », a ajouté M. Grandi en estimant « urgent » de sortir « des approches “bateau par bateau” pour savoir où débarquer les passagers secourus ».

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L’odyssée en juin de l’Aquarius avec plus de 600 personnes à son bord avait duré une semaine après les refus de Malte et de l’Italie, dont le ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini avait mis un point d’honneur à ne pas accueillir de nouveaux migrants.
Les dirigeants de l’UE s’étaient réunis le 24 juin mais sans réussir à arracher un compromis avec les partisans d’une ligne dure sur l’immigration, comme l’Italie et le groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.
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Nouvelle étape pour la reconnaissance d’un « troisième genre » en Allemagne

A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 16h25
   





                        



   


Le gouvernement allemand a adopté mercredi 15 août un texte légalisant un « troisième genre » sur les certificats de naissance, faisant du pays un précurseur en Europe dans la reconnaissance des personnes intersexes.
A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » pour les personnes concernées, selon ce texte de loi qui doit encore être approuvé par le Bundestag. « Personne ne doit être discriminé en raison de son identité sexuelle », a déclaré la ministre de la justice, Katarina Barley (sociale-démocrate, SPD), jugeant que cette modernisation de l’état civil aurait dû avoir eu lieu depuis longtemps déjà.

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Décision de la Cour constitutionnelle
Le gouvernement de grande coalition entre les conservateurs d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates applique ainsi une décision de la Cour constitutionnelle de 2017. La plus haute juridiction allemande a donné aux députés jusqu’à fin 2018 pour voter la légalisation d’un troisième sexe.
Jusqu’à présent, il était possible en Allemagne depuis mai 2013 de ne pas renseigner le champ relatif au sexe en le laissant vide, les intéressés pouvant ensuite, au cours de leur vie, soit faire le choix d’un sexe masculin ou féminin, soit garder la mention du sexe non renseignée.
D’autres pays en Europe se sont aussi engagés sur la voie d’une reconnaissance d’un troisième genre comme les Pays-Bas ou l’Autriche. En France, tout individu doit être rattaché dans les cinq jours suivant la naissance au sexe masculin ou féminin. La Cour de cassation avait rejeté l’an passé la reconnaissance d’un « sexe neutre », écartant la demande d’une personne née sans pénis ni vagin. Selon les statistiques des Nations unies, entre 0,05 % et 1,7 % de la population mondiale est intersexe.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’arrestation des deux militaires à la frontière gréco-turque, dans la région de l’Evros, pour entrée illégale sur le territoire, avait provoqué de vives tensions.
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Deux soldats grecs détenus en Turquie depuis le mois de mars libérés

L’arrestation des deux militaires à la frontière gréco-turque, dans la région de l’Evros, pour entrée illégale sur le territoire, avait provoqué de vives tensions.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 13h35
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



   


Mercredi 15 août, à l’aube, les deux soldats Aggelos Mitretodis et Dimitris Kouklatzis, détenus depuis le mois de mars dans la prison d’Edirne en Turquie, sont arrivés à l’aéroport de Thessalonique. Les images retransmises en direct par la télévision publique ERT montraient les retrouvailles émouvantes des deux militaires avec leurs parents.
Après avoir demandé à six reprises leur libération, les avocats des deux jeunes hommes ont obtenu gain de cause : après avoir fouillé de fond en comble leur téléphone et leurs affaires, la justice turque a décidé qu’il ne s’agissait pas d’une opération d’espionnage comme elle le soutenait auparavant. Ils seront jugés mais sans être incarcérés. Les soldats soutenaient depuis la première audience s’être perdus en raison « du brouillard lors d’une patrouille frontalière ».
Leur libération a été saluée par tous les partis en Grèce. Mardi soir, le premier ministre, Alexis Tsipras, a assuré qu’il s’agissait d’« un acte de justice » qui « va contribuer au renforcement de l’amitié, au bon voisinage et à la stabilité dans la région ». Le ministre grec de la défense, Panos Kammenos, qui a accueilli les deux soldats à l’aéroport de Thessalonique, a estimé que l’événement « marquera un nouveau chapitre pour les relations gréco-turques » très tendues depuis plusieurs mois à la suite du refus du gouvernement grec d’extrader des officiers turcs soupçonnés d’avoir participé au coup d’Etat manqué en Turquie en juillet 2016.
« Nous pouvons vivre ensemble dans l’intérêt de nos deux peuples et en respectant le droit international », a assuré Panos Kammenos, le ministre grec de la défense
En décembre dernier, lors d’une visite historique en Grèce, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait profondément choqué Athènes en remettant en cause le traité de Lausanne de 1923 qui fixe les frontières entre la Grèce et la Turquie. Depuis, les intimidations n’ont cessé et les interventions turques violant l’espace aérien grec sont de plus en plus fréquentes. « Nous pouvons vivre ensemble dans l’intérêt de nos deux peuples et en respectant le droit international », a assuré Panos Kammenos.
La libération des deux soldats intervient alors qu’Ankara et Washington sont à couteaux tirés. La Turquie refuse de libérer le pasteur américain, Andrew Brunson, accusé de « terrorisme » et d’« espionnage » par le gouvernement turc. Les Etats-Unis ont pris plusieurs sanctions contre la Turquie en représailles. Donald Trump a notamment annoncé le doublement des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs, alors même que la livre turque touche le fond et que la crise économique menace tout le pays.

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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui avait été consulté par Athènes sur le sujet, s’est félicité de la libération mardi : « La Turquie n’a rien à craindre de ses voisins européens. L’Union européenne va poursuivre sa relation stratégique avec la Turquie », tout en espérant voir « un Etat démocratique, stable et prospère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La catastrophe qui a fait 39 morts mardi a rapidement fait émerger des questions sur la sécurité du pont Morandi. Le gouvernement de Giuseppe Conte a annoncé qu’il allait révoquer la concession d’Autostrade per l’Italia.
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Effondrement du viaduc à Gênes : le groupe autoroutier mis en cause par le gouvernement

La catastrophe qui a fait 39 morts mardi a rapidement fait émerger des questions sur la sécurité du pont Morandi. Le gouvernement de Giuseppe Conte a annoncé qu’il allait révoquer la concession d’Autostrade per l’Italia.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 19h23
   





                        



Vingt-quatre heures après l’effondrement d’une portion d’un viaduc autoroutier à Gênes, dans le nord de l’Italie, les sauveteurs luttaient toujours, mercredi 15 août, pour tenter de trouver des survivants sous les débris.
Interrogations sur les défaillances
La catastrophe qui a fait au moins 39 morts et plusieurs disparus, selon un dernier bilan, a rapidement fait émerger des questions sur les défaillances de la structure du pont Morandi. Selon plusieurs experts, ce pont de l’autoroute A10 long de 1,18 km est un ouvrage en béton de la fin des années 1960 qui a connu des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien lié en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

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                Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées



Autostrade per l’Italia, le groupe privé qui exploite les autoroutes italiennes, a rapidement soutenu que « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc », qui faisait l’objet « d’activités constantes d’observation et de vigilance ». Dans un communiqué, le groupe a affirmé que le pont Morandi faisait l’objet de contrôles trimestriels, comme l’exige la loi. D’importants travaux de rénovation avaient déjà été menés sur le viaduc en 2016, a également rappelé l’opérateur.
« Les premières informations sembleraient indiquer que la maintenance avait été faite », avait déclaré le ministre des infrastructures et des transports italien, Danilo Toninelli. Mais « ces tragédies ne peuvent pas arriver dans un pays civilisé comme l’Italie. La maintenance est prioritaire sur toute autre chose et les responsables devront payer », avait-il ajouté.
« Tout le pont Morandi devra être démoli »
Assurant qu’il allait aider les enquêteurs à déterminer les causes de l’accident, le groupe Autostrade per l’Italia a précisé être en train d’évaluer comment reconstruire le pont.
Le vice-ministre des infrastructures, Edoardo Rixi, s’est toutefois montré très pessimiste sur l’avenir de l’ouvrage. « Tout le pont Morandi devra être démoli », a-t-il déclaré selon l’agence de presse italienne ANSA, prévoyant de graves conséquences pour la circulation et pour la ville de Gênes. Sur le tronçon de l’A10 reliant Gênes à Savone, la circulation est ainsi coupée dans les deux sens entre l’aéroport de Gênes et la jonction pour l’A10 reliant Gênes à Milan, précise le Corriere della sera.

   


L’autoroute A10, dite « autoroute des fleurs », relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de longs viaducs et de tunnels. L’axe est ainsi parcouru par les vacanciers italiens et étrangers, mais aussi, tous les jours, par les habitants de la métropole de Gênes, capitale de la Ligurie, 580 000 habitants. Tout au long de l’année, elle est également un axe principal pour de nombreux camions.

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          Italie : Gênes « à genoux » après l’effondrement du pont Morandi qui a fait au moins 38 morts



L’effondrement a également poussé les autorités de Gênes à évacuer plus de 400 personnes des bâtiments situés aux alentours ou en dessous du viaduc. Les 200 mètres de pont s’étant effondrés sur des rails de chemin de fer, la circulation ferroviaire a elle aussi été fortement ralentie sur certaines lignes de la région.
Le gouvernement italien va révoquer la concession autoroutière
Au lendemain de la catastrophe, le gouvernement italien a confirmé mercredi qu’il révoquerait la concession d’Autostrade per l’Italia. « Nous avons déjà annoncé que nous allions lancer la procédure de révocation de la concession de la société Autostrade », a déclaré Giuseppe Conte. Il n’est pas clair si cette déclaration concerne le seul tronçon de Gênes ou l’ensemble des autoroutes gérées par Autostrade per l’Italia.
Les autorités souhaitent en outre la démission des dirigeants de cette société d’autoroute et vont réclamer une amende pouvant atteindre 150 millions d’euros, a annoncé sur Facebook le ministre Danilo Toninelli.
« Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l’Italia », a insisté Luigi Di Maio, vice-premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) :
« Pendant des années on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l’Etat. Maintenant on a l’un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité et que rien ne laissait imaginer l’effondrement. »
« Autostrade devait faire la maintenance et ils ne l’ont pas faite. Ils encaissent les péages les plus chers d’Europe et paient les impôts les plus bas, au Luxembourg en plus. Il faut retirer les concessions et faire payer des amendes. Si un privé n’est pas en mesure de gérer les autoroutes, l’Etat le fera », a-t-il prévenu lors d’un entretien à la radio italienne.
« La révocation des concessions est un minimum, a renchéri Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite). En tant que vice-premier ministre, je vais écrire à tous les autres concessionnaires pour demander quelle part de leur budget ils réinvestissent dans la sécurité. »
Mardi soir, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé un plan extraordinaire de contrôle des infrastructures. « Il s’agit d’installer de banals capteurs sensoriels sur toutes les infrastructures du pays pour une surveillance constante », a expliqué M. Di Maio.



                            


                        

                        

