<FILE-date="2018/08/16/19">

<article-nb="2018/08/16/19-1">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis le début des années 2010, la crise des opiacés, liée à une surprescription d’antidouleurs, n’en finit pas de prendre de l’ampleur.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Etats-Unis : 72 000 personnes mortes d’une overdose en 2017, un record

Depuis le début des années 2010, la crise des opiacés, liée à une surprescription d’antidouleurs, n’en finit pas de prendre de l’ampleur.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h03
   





                        



   


Près de 72 000 personnes sont mortes par overdose en 2017 aux Etats-Unis, d’après les dernières données publiées jeudi par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), un record. C’est bien plus que les tués sur la route, par armes à feu ou par suicide.
Ce chiffre est en nette hausse par rapport aux 67 114 décès par overdose de 2016 et aux 54 207 de 2015, selon les CDC. Les chiffres ont augmenté dans 38 des 50 Etats américains. Les plus élevés ont été enregistrés en Floride, en Californie, en Pennsylvanie et dans l’Ohio mais les plus fortes progressions ont été constatées dans le Nebraska (+33,3 %) et en Caroline du Nord (+22,5 %).
La crise des opiacés a commencé au début des années 2010, découlant dans la grande majorité de la surprescription de médicaments comme l’oxycodone et autres antidouleurs. Cela a rendu plus de 2 millions de personnes dépendantes de ces substances, qui se sont ensuite tournées vers l’héroïne et le fentanyl, un opiacé synthétique extrêmement puissant et moins cher.
Cliniques et médecins complaisants
Les pouvoirs publics ont d’ailleurs multiplié les opérations contre des médecins et des cliniques peu scrupuleux, qui rédigeaient des ordonnances de complaisance, et contre l’industrie pharmaceutique. D’après les données récoltées, les opiacés de synthèse sont impliqués dans près de la moitié des morts par overdose. Soit environ un tiers de plus que l’année précédente.

        Lire aussi :
         

                Le New Hampshire en overdose



La crise des opiacés s’est emballée au point que le président Donald Trump l’a qualifiée en octobre d’« urgence de santé publique », débloquant des financements pour aider à lutter contre les addictions et limiter l’impact social de cette crise.
Malgré la hausse des décès au niveau fédéral, les statistiques des CDC semblent illustrer la réussite de certains programmes ; par exemple dans le Massachusetts, où les overdoses létales ont reculé alors que cet Etat du Nord-Est affichait des niveaux parmi les plus élevés ces dernières années. Pour tenter d’inverser la tendance, des autorités locales ont diffusé plus largement des kits contenant du Narcan, un traitement d’urgence en cas d’overdose.

        Lire aussi :
         

                Des médecins se mobilisent contre les opioïdes, nouveau fléau de la société américaine







                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-2">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le président de la Fédération bouddhiste chinoise aurait forcé des nonnes à avoir des relations sexuelles. Sa chute est vue comme une conséquence du mouvement #metoo.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Chine : accusé de harcèlement, un maître bouddhiste démissionne

Le président de la Fédération bouddhiste chinoise aurait forcé des nonnes à avoir des relations sexuelles. Sa chute est vue comme une conséquence du mouvement #metoo.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h58
    |

                            Pablo Menguy








                        



   


C’est un rapport de 95 pages qui a fait tomber, mercredi 15 août, le président de la Fédération bouddhiste chinoise, maître Xuencheng. Ce document, censé rester confidentiel, a fuité sur Internet fin juillet. Rédigé par deux moines du même monastère de Pékin, le Longquan, le rapport accuse maître Xuencheng d’avoir voulu forcer six nonnes à avoir des relations sexuelles, en leur envoyant des textos et des messages vocaux explicites.
Il leur expliquait, d’un ton à la fois séducteur et menaçant, que le sexe était partie intégrante de leurs études bouddhistes, et qu’il était donc nécessaire de passer par cette étape. Quatre auraient cédé à ses avances.
Lorsque le rapport a fuité, le monastère a dénoncé des « preuves trafiquées » et une entreprise de « vengeance ». Si les censeurs chinois se sont attelés à supprimer toute trace du rapport ainsi que les réactions d’internautes criant au scandale, la pression est restée quand même très forte.
Ecarter « la célébrité et la luxure »
Et a obligé maître Xuencheng à démissionner, après une réunion des cadres de la fédération. Le China Daily indique que le moine est également accusé de « malversations financières ». Un nouveau président intérimaire, maître Yanjue, a été nommé. Dans un communiqué, la fédération appelle la communauté bouddhiste à être davantage disciplinée et à écarter de sa vie « la célébrité et la luxure ».
L’un des deux moines a expliqué, après la fuite du document, s’être senti obligé de rendre ces informations publiques après avoir constaté la réticence des autorités à enquêter sur ce pilier du régime. Xuencheng, âgé de 51 ans, est en effet un des moines bouddhistes les plus connus de Chine.
Des fidèles viennent de loin pour visiter son temple à Pékin, également réputé pour être à la pointe des nouvelles technologies. Un « robot moine » est posté à l’entrée du monastère. Il accueille les visiteurs, peut les guider et répondre à des questions religieuses. Le moine, lui, était très présent sur les réseaux sociaux. Des millions de fidèles suivaient ses posts sur la plate-forme Weibo, très utilisée en Chine.
Il n’existe en Chine aucune définition légale du harcèlement sexuel
Maître Xuencheng était non seulement président de la Fédération officielle bouddhiste chinoise, mais aussi membre de la chambre consultative du Parlement chinois. Il était au cœur d’un système où le pouvoir politique exerce une forte emprise sur les religions. On compterait environ 250 millions de bouddhistes en Chine.
Il n’existe en Chine aucune définition légale du harcèlement sexuel. Le mouvement #metoo, apparu en octobre 2017, a également eu des conséquences dans le pays. Les internautes avaient pu exprimer leur mécontentement et dénoncer des agressions en contournant la censure imposée par Pékin dans ce domaine.
Ainsi, #metoo s’était transformé en #mitu, ce qui signifie « riz et lapin » . Si la majorité des dénonciations concerne des actes commis par des étudiants sur les campus, de nombreux commentateurs estiment que la démission de maître Xuencheng n’aurait sûrement pas eu lieu sans le mouvement #metoo.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-3">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme délogée de ses locaux à Saint-Pétersbourg

Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h49
   





                        


Memorial, la plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme, créée en 1989, a été délogée de ses locaux, qu’elle occupait depuis vingt ans, par l’administration de Saint-Pétersbourg.
Les services municipaux « nous ont récemment informés avoir rompu le contrat encadrant l’usage des locaux où notre organisation se trouvait depuis 1997 », a expliqué Galina Chkolnik, la directrice de l’antenne à Saint-Pétersbourg de l’ONG Mémorial. « C’était totalement inattendu. Nous étions sûrs que le contrat serait prolongé comme d’habitude. Nous n’avons enfreint aucune règle, s’est défendue Mme Chkolnik, qui dit ignorer les motivations de l’administration. Soit quelqu’un a envie d’utiliser nos locaux [dans le centre-ville], soit nous avons des problèmes en tant qu’“agent de l’étranger”. »
L’organisation a en effet été classée en 2016 sous la dénomination controversée d’« agent de l’étranger », c’est-à-dire une organisation bénéficiant d’un financement étranger et ayant « une activité politique ». Elle doit désormais se présenter comme telle dans sa communication. Les autorités de Saint-Pétersbourg n’étaient pas joignables jeudi 16 août pour commenter la situation.
Plusieurs dirigeants locaux poursuivis
Arrestations, perquisitions et agressions visant Mémorial sont courantes, notamment en Tchétchénie (Caucase russe), selon des défenseurs des droits de l’homme. Le responsable de l’ONG en Tchétchénie, Oïoub Titiev, a été arrêté en janvier par la police, qui affirme avoir découvert de la drogue dans sa voiture. Actuellement jugé à Grozny, il risque jusqu’à dix ans de prison.
Iouri Dmitriev, le chef d’une branche de Mémorial en Carélie (nord-ouest) et historien russe connu pour ses recherches sur la terreur stalinienne, se trouve en détention depuis juillet dernier après avoir été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur. Trois mois plus tôt, il avait été acquitté dans une affaire similaire qu’il dénonçait comme étant montée de toutes pièces.
« Il faut chercher les origines de la situation de Mémorial à Saint-Pétersbourg dans l’attitude générale des autorités locales envers les ONG de défense des droits de l’homme. Ces raisons sont politiques », a affirmé le député du parti d’opposition Iabloko Boris Vichnevski.

        Lire aussi :
         

                Vague d’arrestations de journalistes en Biélorussie






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-4">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le camionneur du pont Morandi rescapé « du vide et de l’enfer »

Le conducteur du camion qui a pu s’arrêter sur le pont Morandi, à quelques mètres de là où la route s’est effondrée, devant lui, est un « miraculé ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h51
   





                        


Le camion vert est encore là, à quelques mètres du précipice. Les essuie-glaces toujours allumés, en plein soleil, comme le montre ce saisissant post Instagram. Nous sommes le mercredi 15 août, c’est la fin de journée. C’est aussi le lendemain de l’effondrement catastrophique et meurtrier du pont de Gênes, où au moins 39 personnes sont mortes.

   


Les photos de ce camion au bord du gouffre ont fait le tour du monde, et son histoire a donné des frissons aux réseaux sociaux. Au volant du camion vert et bleu : F. L., les initiales de l’homme devenu le symbole de ceux qui ont réussi à échapper au drame. Ceux pour qui le mot « miracle » a été employé. Le conducteur du camion devant qui la route s’est effondrée, en faisant disparaître tous les véhicules qui l’avaient précédé. Il a vu « le vide et l’enfer », et l’a raconté au Corriere della Sera : 
« Il pleuvait, il pleuvait beaucoup et il n’était pas possible d’aller vite. Quand une voiture m’a dépassé, j’ai ralenti pour maintenir une certaine distance de sécurité, parce que freiner avec cette pluie était impossible, on n’y voyait pas grand-chose. 
A un certain moment, tout a tremblé. La voiture qui se trouvait devant moi a disparu et semblait engloutie par les nuages. J’ai levé les yeux et j’ai vu le pylône du pont tomber. J’ai freiné. J’ai non seulement freiné, mais j’ai presque bloqué les roues. Instinctivement, quand j’ai trouvé le vide devant moi, j’ai mis la marche arrière, comme si j’essayais de fuir cet enfer. »

#Genova pic.twitter.com/iuBzj1zv8k— Riccardo Liguori (@riccardoliguori) 14 août 2018


A quelques mètres de l’abîme, à quelques secondes près, F. L. a pu freiner à temps. Une fois arrêté, il est descendu et a couru vers le tunnel d’où il était venu :
« J’ai compris que tout s’était effondré, que je devais m’échapper. J’ai sauté du camion et je me suis enfui à pied. Il y avait une pluie terrible, j’ai vu d’autres automobilistes et leur ai dit de fuir. » 
Le chauffeur routier qui était derrière lui compte aussi parmi les survivants qui se sont exprimés après le drame : « J’ai vu le camion vert devant moi s’arrêter et faire marche arrière, je me suis arrêté, j’ai fermé le camion et je suis parti en courant », a-t-il raconté à l’AFP.
F. L., ce chauffeur de 37 ans qui a confié aux secouristes : « Je ne sais pas comment c’est possible mais je suis vivant », revenait d’une livraison et se dirigeait vers la plate-forme logistique génoise de la chaîne des supermarchés italiens Basko. Le soir même, l’enseigne postait d’ailleurs un communiqué sur sa page Facebook, indiquant qu’étant en étroite relation avec la société Damonte, propriétaire du camion, ils étaient en mesure d’affirmer que, bien que sous le choc, F. L. était sauf.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-5">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Don McCullin, photographe (5/6). Au milieu des années 1980, las de la guerre et de la douleur, le Britannique arpente les reliefs de la campagne anglaise avant de magnifier les vestiges de l’Empire romain en terres arabes. Des images qui ressemblent étrangement à des champs de bataille.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/08/16/19-6">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Face aux attaques du président, qui a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », plus de 350 journaux publient jeudi des éditoriaux pour réaffirmer leur droit et devoir d’informer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« Trump n’est pas le premier homme politique à attaquer les médias, mais il est peut-être le plus acharné »

Face aux attaques du président, qui a qualifié les médias d’« ennemis du peuple », plus de 350 journaux publient jeudi des éditoriaux pour réaffirmer leur droit et devoir d’informer.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h38
    |

            Romain Geoffroy








                        



   


Comme souvent, Donald Trump avait répondu aux critiques par des attaques. Largement critiqué par la presse américaine pour son ton conciliant envers Vladimir Poutine lors du sommet d’Helsinki, le 16 juillet, le président américain avait qualifié les médias de « véritables ennemis du peuple ».

The Summit with Russia was a great success, except with the real enemy of the people, the Fake News Media. I look f… https://t.co/Au7K2BZjiZ— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

Une attaque de trop envers le quatrième pouvoir ? Un mois plus tard, plus de 350 journaux, sites et magazines américains reprennent cette expression et se rassemblent derrière le hashtag #EnemyOfNone (« ennemi de personne »). Que leur diffusion soit locale ou nationale, que leur ligne éditoriale soit progressiste ou conservatrice, des centaines de journalistes insistent, jeudi 16 août, sur l’importance de l’indépendance des médias.
« Nous avons aujourd’hui aux Etats-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l’administration actuelle est “l’ennemi du peuple” », déplore le Boston Globe, le journal à l’initiative de cette campagne médiatique. Pour le quotidien du Massachusetts, l’attitude de M. Trump encourage même des présidents comme Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdogan à traiter les journalistes comme des ennemis.
Même le New York Post, à la ligne éditoriale généralement pro-Trump, s’est joint à l’initiative du Boston Globe. « Qui sommes-nous pour ne pas être d’accord ? Nous soutenons une presse libre et dynamique, une nation où les puissants doivent rendre des comptes au quatrième pouvoir », écrit le tabloïd. « Est-ce que ça changera quelque chose ? Pas un brin », confesse le journal. « Tout ce que nous pouvons faire, c’est continuer à faire des reportages » malgré les critiques du pouvoir.
Un danger, selon le « New York Times »
« Cela a toujours été dans l’intérêt des puissants d’écarter et de discréditer ceux qui pourraient exercer un contrôle sur leur pouvoir, reconnaît dans son éditorial le Star Tribune, principal quotidien du Minnesota. Le président Donald Trump n’est pas le premier homme politique à attaquer ouvertement les médias pour avoir usé de leur pouvoir de contrôle. Mais il est peut-être le plus flagrant et le plus acharné. »
Le New York Times cite l’exemple de Thomas Jefferson, qui, l’année de l’adoption de la Constitution américaine, en 1787 – dont le premier amendement garantit la liberté d’expression et protège les journalistes –, écrivait dans une lettre qu’il préférerait encore « des journaux sans gouvernement » à « un gouvernement sans journaux ». Vingt ans plus tard, l’homme devenu le troisième président des Etats-Unis (1801-1809), soumis aux critiques de la presse, semblait avoir changé d’avis en affirmant que « rien de ce qui est publié dans un journal ne peut être cru ».
« Critiquer les médias – parce qu’ils ont sous-estimé ou surestimé des faits, parce qu’ils se sont trompés – est tout à fait normal », estime le quotidien new-yorkais dans son éditorial. « Les journalistes sont humains et font des erreurs. Corriger ces erreurs est au cœur de notre travail. Mais insister sur le fait que les vérités qui ne vous plaisent pas sont des “fake news” est dangereux pour la démocratie. Et qualifier les journalistes d’“ennemis du peuple” est dangereux, point. »

        Lire aussi :
         

                Le patron du « New York Times » dénonce la « rhétorique anti-presse » de Donald Trump



Les attaques de Donald Trump envers la presse sont particulièrement difficiles pour des journaux locaux, déjà fortement touchés par la crise économique du secteur, souligne le New York Times. « Et pourtant, les journalistes de ces médias continuent à faire ce travail difficile, à poser des questions et à raconter des histoires dont vous n’auriez pas entendu parler autrement », fait remarquer le quotidien à la diffusion internationale, invitant ses lecteurs à soutenir la presse locale.
« Le chœur des critiques haineuses s’est amplifié »
Le San Luis Obispo Tribune, par exemple, un quotidien californien qui participe à cette campagne de défense des médias en listant les reproches entendus par ses journalistes dans le cadre de leur travail, déclare : « Nous sommes nuls. Nous mentons. Nous faisons partie d’un vaste complot visant à (inscrivez ce que vous voulez). (…) Rien de tout cela n’est nouveau, mais le chœur des critiques haineuses s’est amplifié, devenant plus bruyant, plus méchant, et cela affecte tout notre personnel. »
S’adressant directement à ses lecteurs, le journal insiste sur la proximité qui existe entre les journalistes et les citoyens :
« Nous sommes membres de vos communautés. Nous couvrons les remises de diplômes et les matchs de football de vos enfants ; nous vous disons qui se présente aux élections ; nous vous informons de l’arrivée d’une nouvelle entreprise en ville. Nous écrivons sur les accidents, les arrestations et les procès criminels, et nous avons consacré de longues heures à couvrir les inondations, les tremblements de terre et les incendies. »
L’occasion de demander de qui et de quoi les journalistes sont-ils vraiment les ennemis, s’interroge le Chicago Sun-Times. « Nous sommes les ennemis de l’autorité incontrôlée et des privilèges non mérités. Nous sommes les ennemis des rues meurtrières et des gangs violents. Nous sommes les ennemis des gangsters qui tirent dans la foule. Nous sommes les ennemis des défaillances sociétales de notre ville et de notre pays qui ont créé ces gangsters et leur ont donné de l’espace », assure le quotidien de l’Illinois.
Assailli par des centaines d’éditoriaux, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher de réagir jeudi dans quelques-uns de ses fameux Tweet matinaux :

THE FAKE NEWS MEDIA IS THE OPPOSITION PARTY. It is very bad for our Great Country....BUT WE ARE WINNING!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

« LES MÉDIAS BIDON SONT LE PARTI D’OPPOSITION. C’est très mauvais pour notre grand pays… MAIS NOUS GAGNONS ! »

There is nothing that I would want more for our Country than true FREEDOM OF THE PRESS. The fact is that the Press… https://t.co/Q9FJViI0P0— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


require(["twitter/widgets"]);

« Il n’y a rien que je voudrais plus qu’un pays avec une véritable LIBERTÉ DE LA PRESSE. Le fait est que la presse est LIBRE d’écrire et de dire ce qu’elle veut, mais la plupart des choses qu’elle dit sont de FAUSSES INFORMATIONS visant à mettre en avant un agenda politique ou simplement à blesser les gens. L’HONNÊTETÉ TRIOMPHE ! »

        Lire aussi :
         

                A la Maison Blanche, haro sur les « médias bidon »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-7">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ En service ou à la retraite, de nombreux représentants des forces armées brigueront, lors des élections d’octobre, les postes de président, vice-président, gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Au Brésil, les militaires en campagne pour les élections

En service ou à la retraite, de nombreux représentants des forces armées brigueront, lors des élections d’octobre, les postes de président, vice-président, gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h41
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

La veille du lancement officiel, mercredi 15 août, de sa candidature à la présidence de la République brésilienne, Cabo Daciolo s’est réfugié au sommet d’une montagne afin d’échapper aux « menaces de mort » qu’il aurait reçues de la société secrète des « Illuminati ».
S’engageant à jeûner pour se préparer à la « guerre spirituelle » à venir, celui qui est aujourd’hui député, membre du parti Patriota (« patriote », extrême droite), s’est illustré lors du premier débat électoral début août, volant la vedette aux dinosaures de la politique avec des interventions ponctuées de prières et d’appels à Dieu.
Farfelu pour les uns, affligeant pour les autres, Cabo Daciolo a peu de chances d’être élu chef d’Etat en octobre. Mais l’ex-pompier trahit une tendance de la politique brésilienne. Il fait partie des centaines de militaires, en service ou à la retraite, engagés dans la campagne électorale. La course à la présidentielle en compte d’autres, tel Jair Bolsonaro, favori des sondages derrière l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, candidat malgré son emprisonnement pour corruption.
Député de Rio de Janeiro, Jair Bolsonaro, capitaine de réserve, se situe lui aussi à l’extrême droite et ne cache pas une certaine nostalgie pour la dictature militaire (1964-1985), tout en se posant en défenseur des valeurs morales, de la fermeté et de la tradition. Il est épaulé par son candidat à la vice-présidence, le général Hamilton Mourao, pour qui « l’indolence des Brésiliens serait liée à l’héritage des indigènes ». Au-delà de la présidentielle, une kyrielle de candidats en treillis briguent les postes de gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.
Selon un sondage Datafolha datant de juin, 68 % des Brésiliens affirment se méfier des partis politiques tandis que 78 % font confiance aux forces armées
Une inflation d’épaulettes observée par la presse brésilienne. Le 13 août, le quotidien Estado de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-8">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a été réélu, mais l’opposition annonce qu’elle utilisera « tous les moyens démocratiques » pour contester les résultats.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤         

Reportage

A Bamako, la victoire d’IBK fêtée par les uns, rejetée par les autres

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a été réélu, mais l’opposition annonce qu’elle utilisera « tous les moyens démocratiques » pour contester les résultats.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-16T15:29:15+02:00"

        Le 16.08.2018 à 15h29

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-08-16T16:34:48+02:00"

        Mis à jour le 16.08.2018 à 16h34






    
Des partisans d’Ibrahim Boubacar Keïta fêtent la victoire du président malien sortant, à Bamako, le 16 août 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


« Le peuple s’est exprimé. Les Maliens ont décidé de prendre en main leur avenir. Voici l’espoir pour le Mali, la paix assurée pour le Mali ! », crie le speaker face à une cinquantaine de militants. Sous la grande tente dressée au sein du quartier général d’Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé « IBK », c’est l’explosion de joie en ce jeudi 16 juin, à Bamako. Tous dansent et se félicitent de la victoire du président malien sortant. Sur le large écran monté pour l’occasion, Mohamed Ag Erlaf, le ministre de l’administration territoriale, vient d’annoncer, à 9 h 30 (heure locale), les résultats provisoires du second tour. Avec 67,17 % des voix contre 32,83 % pour son opposant Soumaïla Cissé, IBK est largement réélu pour un second mandat.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta réélu



« C’est la joie, la gaieté et les retrouvailles », lance Amadou Coulibaly, militant de la majorité présidentielle et président du parti Faso-Mali. Pour ce jeune homme politique, peu importe que son champion ait été élu avec 10 points de moins que lors du second tour de 2013, qui l’opposait déjà à M. Cissé. Le temps est à l’allégresse et au rassemblement. « Nous les jeunes, nous avons été divisés en plusieurs camps tout au long de la campagne présidentielle, poursuit-il. Aujourd’hui, c’est le moment de nous retrouver autour d’un seul idéal : le Mali et son avenir. La jeunesse va être placée au cœur de ce second mandat. » 
Et de penser déjà à la présidentielle de 2023. « C’est l’occasion de préparer la relève. Nous allons enterrer les politiques de la promotion 1991, les vieux, la génération Adema [apparue à la chute de la dictature de Moussa Traoré en 1991]. En 2023, une nouvelle génération va surgir, alors que si Cissé avait été élu, il aurait fait dix ans », jubile Amadou Coulibaly.
« Cette victoire est celle de notre peuple »
À côté de lui, le docteur Bokary Tréta, directeur de campagne d’IBK, arrive parmi les militants, sourire aux lèvres. « Le président a toujours dit que son cœur battait pour le Mali et pas pour le pouvoir. Cette victoire est celle de notre peuple », s’enthousiasme-t-il. Pour M. Tréta, la vidéo diffusée la veille par le camp de « Soumi », montrant un homme en train de bourrer des urnes lors du second tour à Kidal, dans le nord du Mali, ne saurait entacher la franche victoire d’IBK.
« Cette vidéo est une tentative de manipulation de la part de l’opposition, visant à accréditer l’idée que si Cissé n’a pas gagné, c’est qu’il y a eu fraude. C’est une incitation à un soulèvement populaire ! », dénonce-t-il, excédé. « Ils perturbent le réseau Internet pour éviter la vision et le partage de cette vidéo honteuse et accablante », avait protesté un proche de M. Cissé la veille des résultats. En ce jeudi matin, Internet était effectivement inaccessible.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, l’opposition rejette par avance les résultats de la présidentielle



A 10 heures, à une centaine de mètres de là, devant le quartier général de Soumaïla Cissé, une cinquantaine de militants dansent en soulevant des panneaux « Touche pas à mon vote ». Mais le cœur est davantage à la protestation qu’à la fête. Derrière eux, la musique des vainqueurs résonne. « Ce sont de faux résultats. C’est inadmissible, nous n’allons pas accepter cela. Il y a eu des fraudes. Nous avons gagné et notre victoire ne sera pas volée », assure Booba Diarra, enseignant et militant à l’Union pour la république et la démocratie (URD), le parti de M. Cissé. L’enseignant ne lâche pas sa banderole, où est inscrit le slogan de son candidat : « Soumaïla Cissé, ensemble restaurons l’espoir ».
L’opposition appelle à la « mobilisation citoyenne »
« Ce pays est pourri, vraiment pourri », s’offusque un autre militant derrière lui. Devant la porte du siège, Amadou Diarra a les larmes aux yeux. Ce partisan de M. Cissé est en colère contre la communauté internationale, qui selon lui n’a pas joué son rôle. « Nous lui avons fait confiance et elle nous a déçus. L’Union européenne a dit avant-hier qu’il y avait eu des irrégularités procédurales. Mais c’est quoi ça ! Il y a eu des fraudes, des bourrages d’urnes, mais ils n’assument pas ! », crie-t-il, entre tristesse et colère.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, un second tour entre indifférence et violence



À l’intérieur du siège, les couloirs sont quasi déserts. Le candidat n’est pas là. Son directeur de campagne, Tiébilé Dramé, est quant à lui arrivé une heure après la proclamation des résultats. « Ce sont leurs résultats, ils ne reflètent pas la vérité des urnes », déclare-t-il, avant de répéter que l’opposition utilisera « tous les moyens démocratiques » pour contester les résultats. « Nous allons déposer des recours devant la Cour constitutionnelle pour faire annuler les résultats frauduleux », précise-t-il, avant de rappeler qu’il y a d’autres moyens démocratiques : « Le droit de manifestation est un droit constitutionnel au Mali. Nous en appelons à la mobilisation citoyenne pour exercer une pression populaire et pacifique. »


<article-nb="2018/08/16/19-9">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Une enquête de Reuters montre que les tentatives du réseau social de limiter la diffusion de contenus haineux dans le pays ont été plus qu’hésitantes pendant des années.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

En Birmanie, l’échec de Facebook contre l’incitation à la haine et les fausses informations

Une enquête de Reuters montre que les tentatives du réseau social de limiter la diffusion de contenus haineux dans le pays ont été plus qu’hésitantes pendant des années.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h48
    |

            Pauline Croquet et 
Damien Leloup








                        



   


Plus d’un millier de messages appelant à la haine contre les Rohingya : c’est ce qu’ont pu trouver les journalistes de l’agence Reuters, en enquêtant sur la diffusion de contenus haineux sur Facebook en Birmanie. Une partie des messages a, depuis, été supprimée, mais la majorité d’entre eux étaient toujours en ligne début août, écrit l’agence.
Pourtant, le réseau social, qui jouit d’une popularité exceptionnelle en Birmanie, a promis à plusieurs reprises de renforcer substantiellement ses efforts contre la propagation de messages appelant à la haine dans le pays. Le réseau social est accusé d’avoir joué un rôle essentiel dans la diffusion de messages racistes et d’appels à la violence contre les Rohingya, cette minorité ethnique majoritairement musulmane cible de violences de la part de civils et de militaires que les Nations unies assimilent à un nettoyage ethnique. Environ 700 000 Rohingya ont dû fuir le pays.
A plusieurs reprises, ces dernières années, les violences ont eu lieu après la diffusion sur Facebook de messages mensongers – notamment des rumeurs de viols commis par des Rohingya sur des femmes bouddhistes. Marzuki Darusman, le président de la mission internationale mandatée par l’ONU pour enquêter sur les violations de droits humains en Birmanie, avait estimé, en mars, que Facebook avait « substantiellement contribué au niveau d’animosité, aux dissensions et au conflit » du fait de la diffusion de « discours de haine ».

        Lire aussi :
         

                Crise des Rohingya : l’épineuse gestion de Facebook, massivement utilisé en Birmanie



Quatre modérateurs parlant birman
Selon l’enquête de Reuters, les problèmes en Birmanie sont anciens, et Facebook, alerté à plusieurs reprises par des ONG et des experts depuis 2013, n’a rien fait, ou presque, avant 2016. Pour sa modération, Facebook s’appuie en grande partie, en Birmanie comme ailleurs, sur les signalements d’utilisateurs. Mais l’entreprise ne disposait que d’un seul modérateur parlant birman en 2014 – fin 2015, il n’y en avait que quatre pour gérer les messages remontés par les 7,3 millions d’utilisateurs dans le pays à l’époque. Le réseau social avait largement recours à des modérateurs ne parlant pas birman, et donc dépendants d’outils de traduction automatique.
Or, ces outils fonctionnent mal avec le birman. Dans un exemple mis en avant par Reuters, une phrase disant qu’il faut « tuer tous les kalars [terme insultant désignant les Rohingya] de Birmanie, aucun ne doit rester en vie » est traduite par l’outil automatisé de Facebook en « il ne faut pas qu’il y ait d’arcs-en-ciel en Birmanie ».
Les outils de détection automatique des contenus haineux, dans lesquels Facebook a largement investi ces dernières années, connaissent également d’importants problèmes en Birmanie. Un responsable de Facebook, cité anonymement par Reuters, reconnaît que les caractères de la langue birmane, « qui s’affichent souvent de manière incorrecte sur écran », compliquent la tâche des algorithmes. Dans un communiqué publié mercredi 15 août, Facebook affirme cependant avoir été capable de détecter « 52 % des messages supprimés au second trimestre 2018 » grâce à ses outils de surveillance automatique, contre « 13 % au dernier trimestre 2017 ».
Plus de « relations avec les associations sur place »
Ces deux dernières années, Facebook a embauché davantage de modérateurs sous-traitants parlant birman. « Nous sommes en train d’augmenter le nombre de modérateurs qui parlent birman et nous resserrons nos relations avec les associations sur place, détaillait, en mai, dans un entretien au Monde, la responsable des contenus de Facebook, Monica Bickert. En Birmanie, la violence s’est propagée très vite, et bien connaître le contexte est très important pour nos modérateurs lorsqu’ils vérifient des contenus. » Le réseau social affirme désormais employer soixante modérateurs parlant le birman, et devrait en avoir cent d’ici la fin de l’année.
« Il semble y avoir un effort de Facebook pour s’impliquer dans la résolution du problème, mais beaucoup de leurs réponses se reposent sur l’automatisation, note un membre du collectif birman d’organisations de la société civile qui ont adressé en avril dernier une lettre à Mark Zuckerberg, joint par le Monde. Si l’automatisation permet à Facebook d’être plus proactif, nous constatons de plus en plus de faux positifs, des contenus non offensifs qui sont supprimés, ce qui est problématique du point de vu de la liberté d’expression. Soixante personnes parlant birman, c’est un progrès mais c’est encore loin d’être suffisant pour garantir une modération efficace dans un marché de près de 28 millions d’utilisateurs. On a pu observer une modération plus proactive de Facebook ces derniers mois, mais c’est encore extrêmement partiel et de nombreux messages de haine continuent de circuler. Beaucoup de contenus problématiques datant de 2012-2013 continuent aussi de résider sur la plateforme. » 
Les modérateurs pour la Birmanie travaillent très majoritairement depuis Kuala Lumpur, en Malaisie. Facebook ne dispose pas d’équipes de modérateurs en Birmanie. Mais l’entreprise travaille avec quelques sociétés à Rangoun, dont Echo Myanmar, une société de communication dirigée par un Américain, Anthony Larmon.
Fin 2016, M. Larmon avait estimé, dans un message publié sur Facebook, que les accusations de nettoyage ethnique visant le gouvernement birman étaient « trompeuses » et que les Rohingya avaient « exagéré la situation pour obtenir de l’attention et de l’aide internationale ». Le message, supprimé depuis par M. Larmon, « ne représente pas la position de Facebook », s’est justifié le réseau social. Facebook a annoncé, mercredi 15 août, avoir lancé en début d’année un audit interne pour évaluer sa responsabilité en Birmanie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-10">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le Parlement néo-zélandais a adopté une mesure destinée à faciliter l’accès au marché immobilier aux habitants, dont la part de propriétaires est au plus bas depuis soixante ans.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Nouvelle-Zélande : le droit d’acheter un logement limité aux résidents

Le Parlement néo-zélandais a adopté une mesure destinée à faciliter l’accès au marché immobilier aux habitants, dont la part de propriétaires est au plus bas depuis soixante ans.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 13h53
   





                        



   


La loi votée dans la soirée, mercredi 15 août, est la réalisation d’une promesse de campagne de la première ministre travailliste, Jacinda Ardern, qui s’était engagée, avant son élection, l’année dernière, à rendre l’immobilier plus abordable pour ses concitoyens.
La nouvelle législation aura pour conséquence d’interdire aux investisseurs vivant à l’étranger, notamment en Chine, d’acheter des résidences en Nouvelle-Zélande, et vise à « assurer que le marché pour nos maisons soit fixé en Nouvelle-Zélande et pas par les marchés internationaux », selon le ministre du développement économique, David Parker.

        Lire aussi :
         

                En Nouvelle-Zélande, un premier bébé très médiatique



Dans un rapport, le gouvernement avait indiqué il y a quelques mois que l’immobilier résidentiel avait augmenté de 30 % en cinq ans, une hausse deux fois supérieure à la croissance des salaires, et même quatre fois plus forte à Auckland – le marché s’est stabilisé depuis, mais reste élevé.
En conséquence, le taux de propriétaires est au plus bas depuis soixante ans.
L’appétit immobilier d’investisseurs étrangers
Le gouvernement de centre-gauche de Mme Ardern a toujours imputé cette situation à l’appétit immobilier grandissant d’investisseurs étrangers, au pouvoir d’achat supérieur à celui des Néo-Zélandais. Il avait même identifié les investisseurs chinois comme étant les principaux responsables de la flambée des prix à Auckland.
La décision est critiquée dans le débat public, plusieurs élus et médias contestant les statistiques avancées par le gouvernement, qui annonçait, au moment de présenter la mesure, que 30 % des logements achetés en Nouvelle-Zélande le seraient par des investisseurs étrangers.
Une étude démentie par d’autres statistiques depuis, qui estiment à 3 % la part d’acheteurs non résidents – le Parti travailliste, au pouvoir, explique la différence par une chute ponctuelle des investissements au moment où les études complémentaires ont été effectuées.
En vertu d’un accord de libre-échange unissant leurs pays, les Australiens, qui constituent la deuxième population d’investisseurs étrangers, pourront continuer à acheter en Nouvelle-Zélande, de même que les habitants de Singapour. Les ressortissants d’autres pays pourront également investir dans l’immobilier, mais seulement en prenant part à de grands projets.

        Lire aussi :
         

                Le torchon brûle entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-11">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Depuis qu’Addis-Abeba et Asmara ont fait la paix, les Erythréens qui ont fui le régime d’Isaias Afeworki redoutent une remise en cause de leur droit d’asile.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤         

Reportage

En Ethiopie, les réfugiés érythréens craignent un retour forcé

Depuis qu’Addis-Abeba et Asmara ont fait la paix, les Erythréens qui ont fui le régime d’Isaias Afeworki redoutent une remise en cause de leur droit d’asile.

Par                                            Emeline Wuilbercq (envoyée spéciale dans les camps de Mai-Aini et Hitsats, Ethiopie)




LE MONDE
              datetime="2018-08-16T12:50:51+02:00"

        Le 16.08.2018 à 12h50

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-08-16T12:51:37+02:00"

        Mis à jour le 16.08.2018 à 12h51






    
Le camp de réfugiés érythréens de Mai-Aini, dans le nord de l’Ethiopie, en février 2016.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Frewene a vu à la télévision que son pays, l’Erythrée, a fait la paix avec son frère ennemi éthiopien, en juillet, après vingt ans de conflit larvé. Cette annonce ne lui a procuré aucune joie. « La paix, c’est bien, mais tant que le gouvernement ne change pas, je n’y crois pas », lâche-t-elle sans ciller, en chassant les mouches qui volent dans sa cuisine du camp de réfugiés de Mai-Aini, dans le nord de l’Ethiopie. Cette frêle trentenaire a entendu dire que des milliers de personnes ont accueilli en héros son président, Isaias Afeworki, lors de sa visite en Ethiopie le 14 juillet. « Au lieu de l’applaudir, pourquoi ne lui ont-ils pas demandé où sont ses citoyens et pourquoi ils se sont échappés de son pays ? », interroge-t-elle.

        Lire aussi :
         

                A Addis-Abeba, le président érythréen promet de lancer son pays sur « la voie de la prospérité »



Frewene est amère. Sa famille entière est marquée par l’exil. Sa sœur a péri en chemin vers l’Europe, son frère est atteint de démence depuis qu’il a été torturé par des trafiquants dans le désert égyptien du Sinaï. Elle aussi a choisi de fuir et s’est installée, faute de mieux, dans un camp à une centaine de kilomètres de la frontière érythréenne. Elle vit depuis neuf ans dans le Tigré, la région plus septentrionale d’Ethiopie, où ils sont plus de 38 000 réfugiés répartis dans plusieurs camps. Cela représente moins du quart des réfugiés érythréens enregistrés en Ethiopie, qui sont difficiles à tracer. Certains ont choisi de travailler en dehors des camps, avec ou sans autorisation, d’autres ont poursuivi illégalement la route de l’exil.
Pour de nombreux réfugiés qui ont choisi de reconstruire leur vie dans l’un des camps, le rapprochement entre l’Ethiopie et l’Erythrée n’a éveillé aucun espoir. Le nombre de migrants qui ont traversé la frontière n’a d’ailleurs pas changé : ils étaient environ 1 700 nouveaux arrivants en juin, autant en juillet. Mais il est encore trop tôt pour savoir si l’accord de paix et les changements qu’il pourrait apporter auront une influence sur l’afflux de migrants. La frontière, qui doit être démilitarisée, n’est toujours pas ouverte. Seule la voie aérienne relie pour l’instant les deux capitales, Asmara et Addis-Abeba.
« Les droits humains sont bafoués »
Dans le camp de Hitsats, construit il y a cinq ans, les réfugiés s’ennuient sous une chaleur sèche et vivent au rythme des distributions alimentaires. « Une vie misérable », résume Medichi, un ancien soldat qui a perdu l’usage de sa main gauche au front. Pourtant, il se sent mieux ici que dans son pays d’origine. « Si je vivais encore en Erythrée, je porterais une arme et mes enfants seraient forcés de faire leur service militaire. Ici, on déjeune et on dîne ensemble. Il n’y a pas d’arme à la maison », raconte-t-il.

        Lire aussi :
         

                Pour mettre fin à la guerre avec l’Erythrée, le premier ministre éthiopien promet de l’amour



« Personne ici ne veut rentrer en Erythrée », ajoute Medichi, comme une évidence. Sauf peut-être les mineurs qui ont traversé la frontière pour faire comme les autres et souhaitent désormais retrouver leurs parents. D’après cet homme grand et sec d’une cinquantaine d’années, la réconciliation ne peut en aucun cas pousser les gens au retour. « Ce n’est pas une question de guerre ou de paix. Nous n’avons pas traversé la frontière par peur de la guerre, précise-t-il. Les problèmes sont liés aux pratiques internes : il n'y a pas de démocratie, les droits humains sont bafoués. » L’Erythrée est depuis longtemps pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains pour ses détentions arbitraires, la disparition d’opposants et les restrictions des libertés d’expression et de religion.

    
Une réfugiée érythréenne se fait coiffer dans le camp de Hitsats, en Ethiopie, en novembre 2017.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Medichi rappelle que le service militaire obligatoire est l’une des premières raisons de la fuite des Érythréens. Initialement prévu pour durer dix-huit mois, il s’est avéré à durée indéterminée après la guerre avec l’Ethiopie, qui a fait entre 70 000 et 100 000 morts entre 1998 et 2000. Il était justifié par la « menace » que représentait le pays voisin. D’après l’agence Reuters, les dernières recrues auraient été informées que leur service prendrait fin dans dix-huit mois. Mais aucune déclaration officielle n’a été faite à ce sujet. Pour Amnesty International, la paix doit entraîner l’arrêt de cette « pratique honteuse touchant même des jeunes de 15 ou 16 ans, qui a porté atteinte aux droits de milliers de personnes et a créé une génération de réfugiés ».
« En Erythrée, on n’a que des dettes »
Pour beaucoup de réfugiés interrogés, les perspectives de retour dans leur pays ne sont pas très alléchantes. « Qu’est-ce qu’on a en Erythrée ? Des dettes, explique Samuel, un jeune à la coupe afro. On a vendu tout ce qu’on avait pour venir ici et il faudra rembourser ceux qui nous ont aidés [à payer le passeur]. On veut aller quelque part où on peut gagner de l’argent pour leur rendre la somme due. » Comme de nombreux réfugiés, il rêve d’une réinstallation dans un pays tiers, en Europe ou en Amérique du Nord, d’où il reçoit régulièrement des nouvelles de la part d’anciens réfugiés. Mais le processus est sélectif et très long.

        Lire aussi :
         

                En Erythrée, le régime aurait fait tirer sur la foule



Son ami Kibirab, 20 ans, craint de ne pas avoir le temps d’attendre. « J’ai peur qu’un jour, le gouvernement éthiopien nous oblige à repartir là-bas sans notre consentement », explique-t-il. Des incursions futures de l’armée érythréenne dans les camps éthiopiens à l’expulsion forcée des réfugiés, le jeune homme a entendu tout un tas de folles rumeurs depuis la signature de l’accord de paix. Aujourd’hui, il a peur que les réfugiés soient les sacrifiés de cette paix.

    
Le camp de réfugiés érythréens de Hitsats, dans le nord de l’Ethiopie, en novembre 2017.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


« Nous avons dû faire une campagne de sensibilisation dans les camps pour expliquer que personne ne serait forcé de repartir et que tout rapatriement serait volontaire », indique Matthew Crentsil, représentant adjoint sortant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Ethiopie. D’après lui, il est trop tôt pour parler d’un processus de rapatriement, qui nécessite des discussions approfondies avec le gouvernement éthiopien et, surtout, un accord tripartite entre le gouvernement hôte, le pays d’asile et le HCR. « Nous n’en sommes pas encore là, poursuit-il. Au moment du rapatriement, les cas de ceux qui ont de réelles craintes seront évalués. Et si nous constatons que les conditions sur place ne sont pas propices au retour, nous ne favoriserons pas le rapatriement. »
« J’irai au Soudan illégalement »
De son côté, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Erythrée, Sheila Keetharuth, a rappelé en juin aux pays d’accueil l’importance de « donner refuge ou le droit de transiter aux Érythréens qui fuient leur pays en appliquant le principe de non-refoulement ». Mais certains y pensent déjà : la ministre israélienne de la justice, Ayelet Shaked, a récemment affirmé que Tel-Aviv commencerait à expulser les Érythréens vers leur pays d’origine dès qu’Asmara mettra fin à la conscription militaire obligatoire à durée indéterminée. La tendance au durcissement des politiques migratoires en Europe et l’euphorie liée à la paix relayée dans les médias pourraient aussi peser sur les conditions d’octroi de l’asile aux Érythréens.
« Si ces pays ne veulent plus des réfugiés érythréens, si je n’ai pas d’autre choix, j’irai au Soudan illégalement », poursuit Kibirab, sous le regard approbateur de deux amis prêts à faire de même. Des jeunes réfugiés de son camp ont déjà franchi le pas, raconte-t-il, par méfiance et sous mauvaise influence. Car malgré la sensibilisation, l’anxiété et les doutes offrent un terrain fertile aux passeurs, qui ont compris à quel point certains réfugiés feraient tout pour ne jamais remettre un pied en Erythrée.





<article-nb="2018/08/16/19-12">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Gênes : « Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe »

Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h26
    |

            Grégoire Allix (propos recueillis par)








                        



L’effondrement d’une portion du viaduc autoroutier à Gênes, qui a fait au moins 39 morts et a conduit le gouvernement italien à déclarer un état d’urgence d’un an, continue à poser de nombreuses questions sur les défaillances de la structure du pont.

        Lire aussi :
         

          des défaillances sur la structure du pont Morandi signalées avant son effondrement



Selon plusieurs experts, le viaduc Morandi de l’autoroute A10, long de 1,18 km et construit à la fin des années 1960, était un ouvrage en béton qui présentait des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien, lié en particulier aux fissures et à la dégradation de l’ouvrage. Jean-Michel Torrenti, ingénieur des ponts, spécialiste du béton, et directeur du département matériaux et structures de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), répond aux questions suscitées par la catastrophe.

        Lire à ce sujet :
         

          le groupe autoroutier « Autostrade per l’Italia » mis en cause



D’après vous, qu’est-ce qui a pu provoquer l’effondrement du pont Morandi de Gênes ?
Pour moi, c’est une des suspentes du pont qui a cassé, entraînant la chute du tablier et du pylône. Le viaduc Morandi est une construction étonnante : c’est un pont en béton qui s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton précontraint au lieu d’une série de câbles en acier. C’est un procédé constructif très peu résilient. Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Sur le viaduc de Millau, même si un câble cède, le pont ne s’écroule pas. C’est la même chose sur les bâtiments : on doit pouvoir enlever un poteau sans que ça s’effondre.
Quelle serait la cause de cette rupture du hauban ?
Je ne crois pas trop à l’explication de la foudre. A mon avis, la cause est plutôt liée à la corrosion. Le béton est un matériau qui fonctionne mal en traction, contrairement aux câbles en acier : pour l’utiliser comme hauban, on le précontraint, c’est-à-dire qu’on le comprime fortement grâce à des câbles pris dans la gaine de béton. Or, cette gaine peut masquer la corrosion. Et on sait que la corrosion sur des câbles tendus les rend très fragiles.
Normalement, on s’en aperçoit si le béton se fissure. Mais dans le cas d’un béton précontraint, on s’en aperçoit au dernier moment. Avec ce procédé constructif, si la suspente casse, le système n’est plus équilibré et c’est la catastrophe.
Un affaiblissement des fondations ne peut-il pas être à l’origine de l’accident ?
C’est vrai que les fondations peuvent potentiellement occasionner des dégâts majeurs à des ponts. Mais, là, je n’ai pas l’impression que ce soit le cas : quand on voit les films, on a vraiment l’impression que le pylône tombe après le tablier.
La partie non effondrée du viaduc peut-elle être conservée ?
Je suis persuadé qu’ils vont détruire au moins le reste du pont à haubans, avec les deux piliers qui restent. C’est le même procédé constructif inquiétant, qui ne pardonne pas la moindre faiblesse. Les viaducs d’accès peuvent peut-être être conservés : ils sont de conception plus classique et reposent simplement sur des piles faites de plusieurs poutres.

   


Un rapport d’audit estime que 30 % des ponts du réseau routier français non concédé au privé ont besoin de réparations. Faut-il s’en alarmer ?
Il n’y a pas d’urgence absolue dans les cinq ans qui viennent, mais il est clair qu’on ne peut pas construire un pont et ne plus rien faire pendant les cent ans de sa durée de vie. Sans maintenance, on sera confronté au bout de vingt ans à des problèmes.
Etant donné les inspections auxquelles les ouvrages sont soumis en France, le risque n’est pas forcément que les ponts s’effondrent, mais plutôt qu’on soit obligés de les fermer. Et plus on attend pour réaliser ces travaux de maintenance, plus il y aura urgence et plus ça coûtera cher.
Aujourd’hui il y a un arbitrage difficile à faire sur fond de budget limité : faut-il réparer un peu tous les ponts qui présentent des problèmes, ou se concentrer uniquement sur les plus dégradés en remettant l’entretien des autres à plus tard ?

        Lire aussi :
         

                Un pont sur trois a besoin de réparations sur les routes nationales françaises, selon un rapport






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-13">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Trump-Erdogan  : duel perdant

Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Avec des acteurs principaux – le populiste éruptif Donald Trump et l’autocrate sourcilleux Recep Tayyip Erdogan – qui mettent autant de testostérone dans leur pratique diplomatique, il est pour le moins aléatoire de préjuger de l’issue de l’empoignade actuelle entre les Etats-Unis et la Turquie.
En effet, c’est une crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les deux pays. Elle couvait depuis des mois. Sans succès, Ankara réclamait aux Américains l’extradition de Fethullah Gülen, le chef de la confrérie à laquelle le président turc attribue la paternité de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Sans plus de succès, Washington exigeait d’Ankara la libération d’un pasteur évangéliste américain accusé par les autorités turques, de façon très fantaisiste, d’avoir été mêlé à cette tentative de coup d’Etat. A quoi s’ajoutaient de sérieuses divergences sur la guerre en Syrie, Washington soutenant les forces kurdes syriennes pour chasser l’organisation Etat islamique quand Ankara entend éradiquer, sur son territoire comme en Syrie, toute forme de mouvement kurde.

        Lire aussi :
         

                Turquie : Erdogan s’obstine dans la crise diplomatique et commerciale avec les Etats-Unis



En quelques jours, ces abcès ont dégénéré. Vendredi 10 août, Donald Trump a annoncé le doublement des droits de douane sur les exportations d’acier et d’aluminium turques. Ces sanctions ont suffi pour plonger la livre turque dans une violente tempête monétaire et pour menacer de déstabiliser une économie fragilisée par l’inflation et l’endettement public. M. Erdogan a immédiatement dénoncé un « complot politique » fomenté par Washington et appelé ses partisans à le soutenir dans cette « bataille nationale », au nom d’Allah contre le dollar.
Embarras de Paris et de Berlin
Quand on sait que les Etats-Unis et la Turquie sont des alliés de longue date, piliers de l’OTAN depuis les années de la guerre froide contre l’URSS, liés par un traité de défense mutuelle et par de solides échanges militaires (des armes nucléaires américaines, notamment, sont basées à Incirlik, en Turquie), cette bataille de chiffonniers est sans précédent. Ses répercussions économiques peuvent être sévères. Pour l’économie turque, évidemment, mais plus largement pour les banques internationales, européennes en particulier, auprès desquelles les entreprises turques sont lourdement endettées.

        Lire aussi :
         

                La crise monétaire turque en quatre questions



Ses conséquences diplomatiques possibles ne sont pas moins graves. « Nous cherchons de nouveaux amis et de nouveaux alliés », claironne désormais M. Erdogan. Tout à ses rêves de grandeur ottomane restaurée, ce dernier tente de mettre en scène la constitution, autour d’Ankara, d’un « axe de résistance » face aux Etats-Unis.
Il cherche ainsi à obtenir l’appui des Européens, vis-à-vis desquels il dispose d’un sérieux moyen de chantage depuis qu’il s’est engagé à contrôler les flux migratoires en provenance du Proche-Orient. L’absence de réponse de la France et de l’Allemagne à la proposition du président turc d’une rencontre à quatre, avec la Russie, sur la Syrie en septembre, dit assez l’embarras de Paris et de Berlin.
Vladimir Poutine, au contraire, fait son miel de cette crise et a immédiatement dépêché son ministre des affaires étrangères à Ankara. Dans l’immédiat, il joue gagnant à tous les coups, tant l’affaiblissement de l’OTAN est, pour lui, un objectif stratégique.

        Lire aussi :
         

                De plus en plus isolé, Erdogan s’en remet à Poutine



Avant de pousser trop loin leur bras de fer, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan seraient bien inspirés d’en prendre conscience. Sauf à se retrouver, l’un et l’autre, perdants. Le premier parce qu’il aurait perdu un allié de poids dans la région, le second parce qu’il se retrouverait dans la main de Moscou.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-14">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2013, a remporté le second tour de l’élection présidentielle face à Soumaïla Cissé, avec 67,17 % des voix.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤         

Compte rendu

Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta réélu

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2013, a remporté le second tour de l’élection présidentielle face à Soumaïla Cissé, avec 67,17 % des voix.


LE MONDE
              datetime="2018-08-16T11:51:09+02:00"

        Le 16.08.2018 à 11h51

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-08-16T17:00:00+02:00"

        Mis à jour le 16.08.2018 à 17h00






    
Lors d’une conférence de presse du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako, le 30 juillet 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Le président malien sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, a été élu pour un second mandat, une victoire que ses partisans ont commencé à célébrer jeudi 16 août alors que ceux de son adversaire n’admettaient pas leur défaite. A 73 ans, le chef de l’Etat, qui partait favori après avoir viré largement en tête au premier tour, dirigera pour cinq années supplémentaires ce pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste.
Il a recueilli 67,17 % des voix lors du second tour, le 12 août, contre 32,83 % à l’opposant Soumaïla Cissé, un ancien ministre des finances de 68 ans, selon des résultats officiels annoncés jeudi matin et qui doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. Comme les observateurs s’y attendaient, la participation a été faible, de 34,54 %, contre 43,06 % au premier tour. Le 13 août, le candidat de l’opposition avait rejeté par avance les résultats du second tour, appelant le pays à se lever face à « la dictature de la fraude ».

        Lire aussi :
         

                Au Mali, l’opposition rejette par avance les résultats de la présidentielle



M. Cissé devrait s’exprimer vendredi. Mais son chef de campagne, Tiébilé Dramé, a estimé que les chiffres « ne reflètent pas la vérité des urnes » et résultaient d’un « trucage monstrueux », évoquant un « jour noir pour le Mali ». « Nous allons utiliser tous les moyens démocratiques pour faire respecter le vote des Maliens », a dit M. Dramé, prévoyant notamment de « déposer des recours devant la Cour constitutionnelle pour faire annuler des résultats frauduleux » dans certaines régions.
« Nous lançons un appel vibrant à la mobilisation citoyenne », a-t-il ajouté, alors que, jusqu’ici, les appels à la population pour qu’elle « se lève » de Soumaïla Cissé, isolé au sein de l’opposition, sont restés lettre morte.
Lors de la présidentielle de 2013, M. Keïta, dit « IBK », l’avait emporté avec 77,6 % des suffrages sur, déjà, Soumaïla Cissé. Pour son second mandat, qui débutera le 4 septembre, il aura la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, dont la mise en œuvre accumule les contretemps et qui n’a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du pays et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.
Le scrutin n’a pas passionné la population
Dans le quartier général de campagne de M. Keïta, des cadres de la majorité ont accueilli l’annonce avec des cris de victoire et des accolades, au son d’une musique électronique reprenant en boucle le refrain : « IBK, président ! ». Au QG de Soumaïla Cissé, à 200 mètres de celui d’IBK, des partisans de l’opposant scandaient : « C’est Soumaïla qui a gagné ! ». « Ces résultats sont une véritable farce », a déclaré Ali Coulibaly, un fonctionnaire.
En fin de matinée, Internet était toujours inaccessible dans Bamako sur les réseaux mobiles, et les forces de sécurité étaient plus nombreuses que d’habitude dans le centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Le scrutin n’a pas passionné une population, lassée par la persistance des attaques djihadistes, auxquelles se mêlent souvent des violences intercommunautaires. Près de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, bien que le Mali soit redevenu le premier producteur africain de coton et que son économie enregistre une croissance supérieure à 5 % depuis plusieurs années.

        Lire aussi :
         

                « Les Maliens voient les élections comme une impasse »



Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. L’ONU mène également dans le pays sa plus importante mission actuelle, tandis que la force du G5 Sahel s’y déploie progressivement.
Un président de bureau de vote tué
Bien que son bilan soit mitigé, Ibrahim Boubacar Keïta était allé au second tour en toute confiance, laissant dire l’opposition, qui l’accusait de fraude. Avec ses 41,70 % des suffrages récoltés au premier tour, il disposait d’une confortable avance sur Soumaïla Cissé (17,78 %), qui n’a pas su réunir l’opposition derrière sa bannière.
L’opposant s’était pourtant montré combatif jusqu’au bout, assurant qu’il rejetterait une partie des résultats, notamment ceux de « plusieurs localités du Nord », caractérisés selon lui par du « bourrage d’urnes ». Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait appelé mardi « toutes les parties à conserver le calme jusqu’à la conclusion du processus électoral [tout] en évitant les rhétoriques incendiaires ».

        Lire aussi :
         

                Au Mali, un second tour entre indifférence et violence



Grâce à un renforcement de la présence militaire, le second tour s’est déroulé dans un climat plus apaisé que le premier. Un président de bureau de vote a bien été tué près de Tombouctou (nord) par des djihadistes présumés, mais seuls 490 bureaux (sur 23 000) n’ont pu ouvrir, soit moitié moins que le 29 juillet.


<article-nb="2018/08/16/19-15">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La convention, qui pourra servir de base à la résolution de multiples conflits territoriaux, est un succès diplomatique pour Moscou
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les voisins de la mer Caspienne s’entendent sur un statut juridique

La convention, qui pourra servir de base à la résolution de multiples conflits territoriaux, est un succès diplomatique pour Moscou



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h46
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

L’accord se veut historique. Ses implications concrètes pourraient se faire attendre mais pour Moscou en tout cas, il constitue déjà un succès diplomatique. Dimanche 12 août, les cinq Etats riverains de la mer Caspienne ont signé dans le petit port kazakh d’Aktaou une convention sur le statut juridique de la plus vaste étendue d’eau fermée au monde. Les chefs d’Etat de la Russie, de l’Iran, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan ont ainsi fait sortir la Caspienne de la zone grise – s’agit-il d’une mer ou d’un lac ? – où elle se trouvait depuis la chute de l’URSS.
Juridiquement, la Caspienne ne sera ni l’un ni l’autre. Elle s’est vu attribuer dimanche par les Etats qui la bordent un statut qui lui est propre. A long terme, la convention pourra servir de base à la résolution des multiples conflits territoriaux existant entre les Etats signataires. A court terme, elle permet à Vladimir Poutine, selon qui l’accord « fera date », de se poser en grand ordonnateur d’une coopération régionale vertueuse.
Enjeu de taille
Gérée de manière bilatérale entre Téhéran et Moscou entre 1940 et 1991, la mer Caspienne a vu à la chute de l’URSS trois nouveaux Etats voir le jour sur ses rives, animé chacun par la ferme volonté d’y affirmer sa part de souveraineté. Ici, l’enjeu est de taille : l’étendue d’eau recèle 50 milliards de barils de pétrole offshore, 300 000 milliards de m3 de gaz naturel et une population déclinante mais hautement rentable d’esturgeons producteurs de caviar. S’il pose les principes censés guider une délimitation ultérieure des territoires des Etats riverains et crée un mécanisme supposé permettre à terme la résolution des contentieux qui les opposent, l’accord de dimanche ne prévoit pas un partage net de la mer Caspienne et de ses richesses entre les différentes capitales.

« Les conflits territoriaux liés à l’énergie qui émaillent le paysage géopolitique de la Caspienne n’ont pas disparu...




                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-16">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le président russe va assister samedi au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Autriche, Vladimir Poutine invité au mariage d’une ministre proche de l’extrême droite

Le président russe va assister samedi au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, nommée par le FPÖ.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h25
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Verra-t-on apparaître, samedi 18 août, des photos de Vladimir Poutine, un verre de blanc sec à la main, en train d’échanger des amabilités en Autriche, autour d’une nappe immaculée dressée pour l’occasion ? Le président russe comptera en tout cas parmi les invités du mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl. Nommée par l’extrême droite (FPÖ, parti autrichien de la liberté) en décembre 2017, elle va épouser, à 53 ans, un entrepreneur, Wolfgang Meilinger.
M. Poutine a promis de venir présenter au couple ses vœux de bonheur, avant d’aller retrouver l’Allemande Angela Merkel, dans la soirée, pour évoquer la guerre en Syrie, le conflit en Ukraine et les questions énergétiques. Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz (ÖVP, parti populaire d’Autriche) – qui préside depuis le 1er juillet le conseil de l’Union européenne – et le vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache seront aussi de la fête.

« Pour Vladimir Poutine, c’est l’occasion rêvée d’apparaître dans un cadre intime, comme un ami proche, estime Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po. On savait déjà qu’il était un allié politique de l’extrême droite autrichienne. Maintenant, on pourra noter qu’il entretient une relation privée avec certains de ses membres. »
Vienne influente dans les Balkans
L’Autriche (8,7 millions d’habitants) est pourtant officiellement neutre. Elle se présente comme un « pont » entre l’Est et l’Ouest du continent. Mais l’ancien officier du KGB en ex-RDA lui avait déjà réservé sa première visite à l’étranger après sa réélection, le 4 juin. Il pourrait profiter de cette escapade estivale pour tenter d’obtenir de ce pays d’Europe centrale qu’il milite plus activement pour la levée des sanctions européennes, imposées à la Russie en 2014, après l’annexion de la Crimée. Les observateurs s’attendent également à ce qu’il évoque le dossier du gazoduc Nord Stream 2, sur lequel...




                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-17">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’ouverture du point de passage de Kerem Shalom.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Un accord de cessez-le-feu entre en vigueur à Gaza

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’ouverture du point de passage de Kerem Shalom.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 12h43
    |

                            Claire Bastier (Jérusalem, correspondance)








                        



   


Après quatre mois de vives tensions, une guerre a peut-être été évitée. Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, mercredi 15 août, un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas au cours d’une réunion consacrée à la situation dans la bande de Gaza. Cette décision a eu lieu alors que des négociations indirectes sont menées par l’Egypte et les Nations unies depuis mars, pour aboutir à un cessez-le-feu de longue durée entre l’Etat hébreu et le Hamas. A ce stade, le mouvement islamiste qui contrôle Gaza depuis 2007 n’a pas réagi. Une telle issue pourrait permettre de résoudre la crise humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Quelques heures avant la confirmation de l’accord, Kerem Shalom, le point de passage unique des marchandises entre Israël et la bande de Gaza, rouvrait après plus d’un mois d’une fermeture instaurée en représailles à des actes hostiles contre Israël. Le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, a justifié sa réouverture par le récent retour au calme dans le territoire palestinien. La zone de pêche devrait y être élargie à neuf mille nautiques (17 km) au lieu de trois (5,6 km). Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué « la décision israélienne » en réponse « aux appels pour éviter l’impact dévastateur d’un nouveau conflit sur la population civile à Gaza et dans ses environs ».
Violence cristallisée
Après une longue période de calme depuis la fin du conflit en 2014, la violence était de retour à Gaza depuis le printemps. Elle s’est cristallisée dans la Marche du retour, commencée le 30 mars, et qui défendait le droit des Palestiniens réfugiés depuis 1947 au retour sur leurs contrées d’origines en territoire israélien et exigeait la fin du blocus israélo-égyptien sur l’enclave, instauré après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007.
Les manifestations hebdomadaires le long de la clôture frontalière avec Israël et les cerfs-volants incendiaires ont exacerbé les tensions : des milliers de Palestiniens ont été blessés et 172 tués par les soldats israéliens. Plus de 25 km2 de terres ont été incendiées dans le sud d’Israël. A partir de mai, les affrontements entre l’Etat hébreu et le mouvement islamiste se sont multipliés, chacun testant sur l’autre son pouvoir de dissuasion militaire.

        Lire aussi :
         

                Nétanyahou s’est rendu en secret en Egypte pour discuter d’une trêve à Gaza



Lors de la dernière escalade, dans la nuit du 8 au 9 août, les factions palestiniennes ont tiré 200 roquettes et obus depuis Gaza vers le sud d’Israël après la mort, deux jours plus tôt, de deux membres de la branche armée du Hamas dans ce qui s’est avéré être une erreur de tir israélienne. Plus de 150 cibles militaires du Hamas ont alors été frappées en représailles. Les raids ont fait trois morts, dont une femme enceinte et sa fille de 18 mois. Une vingtaine d’Israéliens ont également été blessés.
Un fragile cessez-le-feu a été conclu tard dans la nuit du 9 août, par l’intermédiaire de l’Egypte, sans qu’Israël ne le confirme. Malgré l’accalmie du week-end, M. Lieberman assurait dimanche qu’une guerre à Gaza était « inévitable ». Deux jours plus tard, il annonçait, sur un autre ton, le desserrement du blocus, donc l’annulation des sanctions prises, dès le 9 juillet, pour que le Hamas mette fin aux manifestations et aux engins incendiaires.
Approbation de principe
Israël était resté discret au sujet de négociations indirectes avec le Hamas, qu’il considère comme une organisation terroriste. Le 13 août, la « 10 », une chaîne israélienne privée, révélait que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, avait rencontré secrètement, en mai, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, au Caire, pour discuter entre autres d’une éventuelle trêve avec le parti islamiste à Gaza. Le lendemain, le ministre des finances, Moshe Kahlon, confirmait cette visite, précisant que « tout ce qui se passera [it] à Gaza serait fait avec la médiation de l’Egypte ».
Selon les médias israéliens, l’accord sur un cessez-le-feu avait d’abord reçu une approbation de principe des ministres du cabinet de sécurité le 12 août. Seuls Naftali Bennett, le ministre de l’Education et la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, s’y sont opposés. Chef du parti nationaliste religieux, le Foyer juif, M. Bennett s’était auparavant prononcé pour une intervention militaire à Gaza. Il considère toute trêve comme dangereuse, car elle favoriserait le réarmement du Hamas.

        Lire aussi :
         

                Israël classe sans suite l’enquête sur une attaque meurtrière à Gaza



Le détail de l’accord annoncé par le cabinet de sécurité n’est pas connu, et un échange de prisonniers n’y figurerait pas. « Personne ne parle d’un accord de cessez-le-feu de longue durée. Comme d’habitude, c’est une trêve temporaire, en attendant la prochaine escalade », avance Yaakov Amidror, ancien chef du Conseil de sécurité nationale.
« Geste humanitaire à moindre coût »
« Le Hamas souhaite, pour la population civile, une fête de l’Aïd el-Kebir [dès le 21 août] sans violence. Pour Israël, rouvrir Kerem Shalom et faire passer des marchandises est un geste humanitaire à moindre coût », explique Eado Hecht, chercheur au centre d’études stratégiques Begin-Sadate. « La demande d’Israël est d’ailleurs de revenir à l’accord a minima convenu après l’opération Bordure protectrice [de l’été 2014] : la cessation des hostilités, une levée partielle du blocus et un élargissement de la zone de pêche. » Le calme assuré, le programme de réhabilitation de Gaza, proposé par le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix, Nikolaï Mladenov, pourra être mis en œuvre.
Dans le cadre des négociations, l’Egypte mise aussi sur le retour de l’Autorité palestinienne (AP) dans la bande de Gaza, après une réconciliation avec le Hamas. Des discussions au Caire entre les factions politiques de Gaza et une délégation venue de Cisjordanie ont lieu depuis le 15 août, sans garantie de réussite. Le Hamas salue le plan de l’ONU pour réhabiliter Gaza, mais refuse les concessions exigées par l’AP, concernant l’armement et les taxes. Pour faire pression sur le Hamas, celle-ci maintient ses sanctions à Gaza, notamment le gel des salaires des fonctionnaires. Le Hamas est également déterminé à poursuivre les négociations avec Israël tout en imposant des conditions que l’Etat hébreu n’est pas près d’accepter, comme la levée immédiate du blocus.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-18">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Plus de 100 tonnes d’animaux ont été ramassées sur les plages de l’Etat américain. Un phénomène dû au « karenia brevis », un organisme microscopique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Une « marée rouge » décime la population aquatique de la côte ouest de la Floride

Plus de 100 tonnes d’animaux ont été ramassées sur les plages de l’Etat américain. Un phénomène dû au « karenia brevis », un organisme microscopique.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h29
   





                        



   


Les autorités ont décrété, lundi 13 août, l’état d’urgence en Floride, où une « marée rouge » dévastatrice noircit l’eau de mer et tue dauphins, tortues marines et poissons à un rythme effréné. Rien que ce mois-ci, plus de 100 tonnes d’animaux marins ont été ramassées sur des plages désertes et dégageant une odeur nauséabonde aux alentours de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride, normalement très prisée par les touristes.
La marée rouge, red tide en anglais, est un phénomène naturel provoqué par Karenia brevis, un organisme unicellulaire microscopique surtout présent dans le golfe du Mexique. Il relâche une neurotoxine puissante pouvant se propager dans l’air, causant migraines, toux et crises d’asthme chez l’homme.

        Lire aussi :
         

                Climat : l’été de tous les dangers aux Etats-Unis



Karenia brevis se retrouve tout au long de l’année en faible quantité. Mais si ces organismes se multiplient, le péril est grand pour les animaux. Les tortues marines et les lamantins risquent de respirer leurs neurotoxines ou de mourir en ayant mangé des poissons ou des algues infectés.
L’agriculture industrielle et un mauvais traitement des déchets peuvent favoriser la prolifération des algues toxiques, bleues ou vertes, un autre problème qui touche les eaux de Floride. Et il en serait de même pour la marée rouge, selon des experts.
« Mentalement épuisant »
Le phénomène qui touche actuellement la Floride a commencé en octobre 2017, mais il s’est largement accentué ces dernières semaines, se propageant sur la côte ouest de l’Etat, de Tampa à Naples, sur une distance de 320 kilomètres.
Depuis le 7 août, douze dauphins se sont échoués sur le rivage du comté, tous morts, un bilan équivalent à celui d’une année entière normalement.
« C’est physiquement et mentalement épuisant », lâche Gretchen Lovewell, du Mote Marine Laboratory, en charge d’une équipe recueillant les tortues et les mammifères marins en détresse ou morts.
Conséquences sur le tourisme
L’odeur du poisson en décomposition a fait mal à l’économie locale, privée des millions de dollars de revenu provenant de la pêche et du tourisme en haute saison. « Notre vie, c’est le tourisme ici dans le sud-ouest de la Floride », se lamente Omar Botana, propriétaire d’un commerce de location de bateaux à Bonita Springs, au nord de Naples.
Les riverains touchés espèrent que des mesures vont être prises, comme la construction de lacs de retenue, afin de traiter l’eau, ou une utilisation réduite d’engrais favorisant la prolifération d’algues nuisibles. Après la dernière marée rouge d’envergure, en 2005-2006, les dauphins avaient continué à en souffrir, note Randall Wells.
Seuls deux dauphins auraient été tués à l’époque à cause des toxines. Mais de très nombreux poissons étaient morts, poussant les cétacés affamés à se rabattre sur les filets de pêche, qui représentent pour eux un risque conséquent.

        Lire aussi :
         

                Okeechobee, le lac qui étouffe la Floride






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-19">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’actuel numéro deux d’Air Canada devrait prendre en septembre la direction de la compagnie franco-néerlandaise.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Air France-KLM : Ben Smith en passe de prendre les commandes

L’actuel numéro deux d’Air Canada devrait prendre en septembre la direction de la compagnie franco-néerlandaise.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 10h38
    |

                            Agnès Chapsal (Montréal, correspondance) et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Le nouveau pilote d’Air France-KLM devrait bien être canadien. Lors d’une réunion exceptionnelle jeudi 16 août en fin d’après-midi, le conseil d’administration du transporteur aérien devait nommer Benjamin – surnommé « Ben » – Smith, 46 ans, au poste de directeur général du groupe franco-néerlandais. La présidence non exécutive de la compagnie devrait pour sa part être assurée par Anne-Marie Couderc, l’actuelle présidente par intérim, au moins jusqu’au renouvellement de l’essentiel des mandats des administrateurs prévu courant 2019.
La dissociation du poste de président et directeur général était notamment voulue par l’Etat, le premier actionnaire (14,3 %), dont c’est la doctrine, mais également par Delta Air Lines et China Eastern (8,8 % chacun). Cette annonce met fin « à une trop longue période d’incertitudes », note un observateur, trois mois et demi après la démission de Jean-Marc Janaillac, suite à l’échec d’une consultation des employés concernant un accord salarial.

Entre la grève des personnels, la tentative d’Accor d’entrer au capital d’Air France-KLM et le vrai faux recrutement de Philippe Capron, le directeur financier de Veolia environnement, la chronique a été particulièrement féconde en rebondissements. C’est désormais à Ben Smith de ramener un peu de sérénité, malgré l’hostilité affichée par plusieurs organisations syndicales, dont le Syndicat national des pilotes de ligne, qui regrette la nomination d’un Nord-Américain.
« Un certain charisme »
Son profil a pourtant de quoi séduire. Il correspond notamment aux souhaits du gouvernement de trouver « un spécialiste de l’aérien qui a fait ses preuves » pour redresser la compagnie bousculée par une concurrence tous azimuts. Avec 28 ans d’expérience dans le milieu du voyage et du transport aérien, l’actuel numéro deux d’Air Canada, la plus grande compagnie aérienne du pays, ne peut être taxé d’amateur.
Après des débuts en 1990 au service...




                        

                        


<article-nb="2018/08/16/19-20">
<filnamedate="20180816"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180816"><AAMMJJHH="2018081619">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Plus de 100 personnes étaient jugées dans l’affaire du « périphérique d’Abou Slim », un quartier de Tripoli où des manifestants avaient été tués en 2011.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤         

Compte rendu

En Libye, 45 miliciens du régime de Kadhafi condamnés à mort

Plus de 100 personnes étaient jugées dans l’affaire du « périphérique d’Abou Slim », un quartier de Tripoli où des manifestants avaient été tués en 2011.


LE MONDE
              datetime="2018-08-16T10:04:57+02:00"

        Le 16.08.2018 à 10h04






    
Des Libyens fêtent la « libération » de Tripoli par les rebelles anti-Kadhafi, en août 2011.
Crédits : FILIPPO MONTEFORTE / AFP


La cour criminelle de Tripoli a condamné à mort, mercredi 15 août, 45 miliciens accusés d’avoir tué des manifestants protestant contre le régime de Mouammar Kadhafi pendant la révolte populaire de 2011, a indiqué le ministère libyen de la justice. C’est la première fois depuis la fin de la révolte qui renversa le dictateur Kadhafi qu’un si grand nombre de personnes sont condamnées à mort dans un seul procès.

        Lire aussi :
         

                Le maréchal Haftar relance la bataille du pétrole libyen



Selon un communiqué du ministère, divers jugements ont été prononcés à l’encontre de 122 personnes, toutes en détention et jugées dans cette affaire connue sous le nom du « périphérique d’Abou Slim », un quartier de la capitale libyenne qui était acquis au régime Kadhafi : 45 miliciens ont été condamnés à mort par fusillade, 54 personnes à cinq ans de prison et 22 accusés ont été acquittés, tandis qu’une personne jugée dans ce procès qui dure depuis des années a été libérée dans le cadre d’une amnistie. Trois dossiers avaient été clos pour une raison non précisée et trois autres car les accusés sont morts.
L’affaire remonte au 21 août 2011, date du début de la « libération » de Tripoli, six mois après le déclenchement de la révolte. Des miliciens pro-Kadhafi avaient alors ouvert le feu et tué des dizaines de manifestants près du quartier d’Abou Slim. Mouammar Kadhafi, qui a dirigé pendant des décennies la Libye d’une main de fer, a été capturé et tué par les rebelles en octobre 2011 près de sa ville natale de Syrte.
Plaque tournante du trafic de migrants
Depuis, ce riche pays pétrolier est plongé dans l’instabilité, avec deux autorités politiques rivales, le gouvernement d’union nationale à Tripoli, reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle dans l’est du pays, soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar. En outre, faute d’un pouvoir central structuré, la Libye est devenue une plaque tournante du trafic de migrants vers l’Europe et un repaire pour les groupes djihadistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le sud du pays.

        Lire aussi :
         

                Paris maintient la pression pour des élections en Libye « d’ici la fin de l’année »



Acteurs politiques et milices continuent de se disputer le contrôle du pays, rendant incertaine toute échéance électorale voulue par les Occidentaux, notamment la France. Réunis à Paris fin mai par le président Emmanuel Macron, quatre protagonistes du conflit s’étaient engagés, sans pourtant signer de texte, à organiser des élections avant la fin de l’année. Mais un référendum doit être organisé sur un projet de Constitution, et une loi électorale rédigée et adoptée avant d’éventuelles élections.
Entre-temps, le quotidien des Libyens, désabusés, est de plus en plus difficile. Les services sont défaillants et ils doivent faire face à des pénuries d’électricité, de carburant et de liquidités en plus d’une hausse vertigineuse des prix des produits de base.

