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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La « Lady Soul » est morte jeudi, à l’âge de 76 ans, d’un cancer du pancréas. Avec elle s’éteint la plus majestueuse et impressionnante voix féminine de l’histoire de la musique soul.
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Aretha Franklin est morte, la soul perd sa dame

La « Lady Soul » est morte jeudi, à l’âge de 76 ans, d’un cancer du pancréas. Avec elle s’éteint la plus majestueuse et impressionnante voix féminine de l’histoire de la musique soul.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h05
    |

            Bruno Lesprit








                        



« J’ai perdu ma chanson, cette fille me l’a prise. » C’est avec les compliments indignés de l’auteur, Otis Redding, que fut saluée au printemps 1967 l’ascension d’une jeune femme qui avait littéralement dépossédé de son œuvre la star de la musique soul. D’un titre certes tonique mais qui se limitait à évoquer une banale querelle de ménage, Aretha Franklin avait fait de Respect un hymne universel pour l’égalité. Celle des Noirs par rapport aux Blancs au temps du Mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King, mais aussi celle de la femme (quelle que soit sa couleur de peau) face à l’homme, défié afin de montrer ce dont il est capable – le « sock it to me » provocateur lancé par le chœur comprend des sens multiples, y compris sexuel.

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          suivez les réactions à la mort d’Aretha Franklin



Jubilatoire avec sa bourrasque vocale, sa guitare funky et ses claquements de cuivres, Respect hissa aussitôt Aretha Franklin au sommet des classements américains de ventes de disques, qui pratiquaient alors, derrière l’alibi des genres, la ségrégation raciale : rhythm’n’blues (pour le public noir) et pop (pour les Blancs). Aretha y gagna sa couronne de « reine de la soul », un titre qui ne lui fut jamais contesté par la suite. Le « roi » Otis devait, lui, périr dans un accident d’avion quelques mois plus tard.
Aretha Franklin est morte d’un cancer du pancréas, jeudi 16 août, à l’âge de 76 ans, a annoncé son agente Gwendolyn Quinn. Avec elle s’éteint la plus majestueuse et la plus impressionnante (quatre octaves) voix féminine de l’histoire de la musique soul. Peu importe que le meilleur de sa carrière, déclinante depuis le milieu des années 1970 et handicapée par des annulations de concerts pour problèmes de santé (en 2010, en mai-juin 2013, en 2017 et au printemps 2018), puisse se résumer à une courte période (1967-1972) qui se confond avec l’âge d’or de la maison de disques Atlantic.
La fille du révérend Clarence LaVaughn Franklin
La chanteuse imposa une image de forte femme (alors que sa nature était plutôt introvertie), jamais calculatrice. L’envers, en quelque sorte, de la sophistication maniérée de sa consœur et concitoyenne de Detroit (Michigan), Diana Ross, qui dut intriguer pour être projetée sous les feux de la rampe.
Son père, pour lequel elle voua une admiration éperdue durant toute son existence, était une des autorités religieuses les plus respectées de la communauté noire
La muse de la musique s’était penchée sur le berceau de cette fille du révérend Clarence LaVaughn Franklin et de sa femme Barbara, pianiste et chanteuse. Née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee), l’enfant est éduquée à l’église du gospel, ce qui est d’une grande banalité pour un(e) artiste de soul. Ce qui l’est moins, c’est sa parentèle. Son père, pour lequel elle voua une admiration éperdue durant toute son existence (il fut gravement blessé par des cambrioleurs en 1979, puis succomba après cinq années de coma), était l’une des autorités religieuses les plus respectées de la communauté noire.
Fondateur de la New Bethel Baptist Church de Detroit, le prêcheur rassemblait quelques milliers d’ouailles et réclamait la modique somme de 4 000 dollars par homélie. Il enregistra même ses sermons pour Chess Records, le label chicagoan du bluesman Muddy Waters et du rocker Chuck Berry, tous deux acquis à la « musique du diable ».
Ce père fumeur de cannabis avait donc les idées larges : le jazz était non seulement toléré, mais convié dans la grande maison familiale de Detroit fréquentée par le pianiste Art Tatum et par les chanteurs de gospel Mahalia Jackson et Sam Cooke, qui seront les modèles d’Aretha.
A 14 ans, premiers enregistrements et premier enfant
Séparé de sa femme, le révérend Franklin y élève quatre de ses cinq enfants et n’a de cesse d’encourager sa fille prodige. A l’âge de 5 ans, Aretha chante déjà à l’église. A 11 ans, alors qu’elle vient de perdre sa mère, elle est promue soliste et commence à graver ses premiers enregistrements à 14 avec l’album Songs of Faith, publié par un petit label local. Précoce. Pas seulement pour la musique, puisque, cette même année, elle donne naissance à un fils.
La surdouée participe aussi aux tournées évangéliques de son père, ce qui la confronte au racisme, à ces restaurants ou stations-service refusant de servir les Noirs. Sa réputation grandit à tel point que deux maisons de disques l’approchent : Gordy, fondée à Detroit par un ancien ouvrier de Chrysler et qui deviendra mondialement célèbre sous le nom de Tamla Motown, et RCA, sur la recommandation de Sam Cooke.
John Hammond, qui a révélé Billie Holiday, échouera à faire éclore le talent d’Aretha Franklin
C’est finalement un Blanc, le découvreur de talents, John Hammond, qui obtient sa signature pour Columbia. Il a révélé Billie Holiday et s’apprête à faire de même avec Bob Dylan. Hammond emmène sa recrue à New York. Mystérieusement, il échouera à faire éclore son talent. On lui a souvent reproché de n’avoir pas saisi le potentiel de la jeune femme, de s’être trompé en l’orientant vers le jazz vocal et des reprises de standards. Il fut sans doute prisonnier des exigences de son employeur.
Après neuf albums et six années perdues, Aretha Franklin rompt avec Columbia en 1966. Bonne décision car son destin va brusquement s’accélérer lorsqu’elle rejoint Atlantic, le label des frères Ertegun et du producteur Jerry Wexler, qui accompagne la carrière de Ray Charles. La séance d’enregistrement de I Never Loved a Man (The Way I Love You) est entrée dans l’histoire : la jeune fille de bonne famille noire et nordiste atterrit dans le Sud profond et se retrouve face aux musiciens blancs des studios FAME, à Muscle Shoals. Dans cet Alabama de sinistre réputation où ont été réprimées dans le sang, moins de deux ans plus tôt, les marches de protestation de Selma à Montgomery.

   


Un climat de méfiance réciproque s’installe, une rixe éclate même entre le mari d’Aretha, Ted White, et le trompettiste de la session. Abus de bourbon ? Conflit racial ? La chanteuse repart précipitamment de Muscle Shoals, mais une prise, miraculeuse, a pu être réalisée. Elle ne s’est pas laissée impressionner, s’est installée au piano (un instrument qu’elle aura la mauvaise habitude de délaisser par la suite), pour mener le groove avec l’orgue, provoquer avec ses acrobaties vocales le crescendo de la batterie et des cuivres, puis amorcer le retour au calme.
I Never Loved a Man est immédiatement diffusé par les radios, mais Jerry Wexler ne renouvellera pas l’expérience en Alabama. Il fait venir les Sudistes de Muscle Shoals aux studios Atlantic de New York pour finir l’album. S’y ajoutent le saxophoniste King Curtis, les Memphis Horns, cuivres du label Stax, et les Sweet Inspirations aux chœurs (avec Cissy Houston, la mère de Whitney).
Avec la complicité experte de Wexler, les chansons enregistrées pendant les trois ans qui suivent vont constituer un best of d’Aretha Franklin : Respect, évidemment, mais aussi Baby I Love You, Chain of Fools, Think ou The House that Jack Built. Le phénomène transforme en or gospel tout ce qu’il touche, le sentimentalisme bouleversant d’Ain’t No Way, écrit par sa jeune sœur, Carolyn, comme les mélodies pop sophistiquées de Carole King et Gerry Goffin (You Make Me Feel Like a Natural Woman) et de Burt Bacharach (I Say a Little Prayer). Trois albums de ces années-là sont devenus d’immanquables classiques : outre I Never Loved a Man The Way I Love You, Lady Soul et Aretha Now, tous deux parus en 1968, année où elle fait la couverture de Time sous le bandeau « Le son de la soul ». Son chant résonne dans tous les transistors d’Amérique et d’ailleurs.
Début du déclin artistique
Sa voix vertigineuse a trouvé l’équilibre parfait entre ferveur et douleur. Car ce qui filtre bientôt de sa vie est moins radieux : un mari violent qu’elle quitte en 1969, le compagnonnage fidèle de l’alcool.
La soul entre dans une période trouble et sombre. Sur le plan musical, l’hédonisme reviendra sous la forme du funk puis du disco
L’enthousiasme de la soul, symbole de la fraternité entre musiciens noirs et blancs, a été rattrapé par les émeutes urbaines de l’été 1967. Comme beaucoup d’autres, le révérend Franklin, qui fut partisan de Martin Luther King – Aretha chante aux obsèques du docteur, en avril 1968 –, se radicalise et fréquente des groupes communautaires. La soul entre dans une période trouble et sombre. Sur le plan musical, l’hédonisme reviendra sous la forme du funk, puis du disco. Politiquement, il faudra attendre quatre décennies pour qu’un président noir soit élu. Ce sera Barack Obama qui, comme tout admirateur, peine à contenir son émotion quand la « Lady Soul » commence à chanter. Ce fut le cas en janvier 2009, lors de sa cérémonie d’investiture. Aretha Franklin y fait sensation avec sa toque grise à énorme nœud en interprétant une version gospel de l’hymne patriotique My Country, ’Tis of Thee.
La décennie 1970 marque l’apogée commercial et l’entame du déclin artistique (aggravé par le départ de Wexler d’Atlantic en 1976) d’une chanteuse qui semble parfois se contenter de vivre sur ses acquis. Adoptée par la génération hippie, comme en témoigne le bouillant double live capté en mars 1971 au Fillmore West de San Francisco, la star collectionne toujours les hits – Bridge Over Troubled Water, Spanish Harlem ou Rock Steady – et collabore avec les plus grands musiciens de son temps, Quincy Jones, Curtis Mayfield ou Lamont Dozier, un des génies de la Motown. Elle publie encore de grands albums, plus orchestrés et au tempo ralenti, tels Spirit in the Dark (1970) ou Young, Gifted & Black (« jeune, talentueuse et noire », 1972), une proclamation empruntée à Nina Simone. Sur scène, elle cultive son personnage de diva imprévisible et capricieuse aux robes extravagantes, les cheveux ramenés en chignon ou coiffés d’un boubou « Back to Africa ».

   


Retours à la source du gospel
En même temps, elle retourne régulièrement à la source du gospel, cette musique dont elle a proposé une forme profane sans jamais la profaner. Elle y retrouve le feu sacré, que ce soit avec Amazing Grace (1972), dont l’enregistrement, dans un temple baptiste de Los Angeles, a été filmé par Sydney Pollack et a fait l’objet d’un documentaire dont la diffusion est bloquée depuis 2015 par les avocats de la chanteuse. Ou avec le double album One Lord, One Faith, One Baptism, capté en 1987 à la New Bethel Baptist Church, là où, pour elle, tout a commencé.
A cette date, pourtant, sa carrière est dans une impasse. Sa rupture avec Atlantic à l’aube des années 1980 a été fatale. Chez Arista, elle commence par présenter la caricature qu’on attend d’elle dans le film The Blues Brothers. Progressivement, ses choix semblent ne tendre qu’à un seul but : toucher le public adulte et conservateur qui dispose du plus fort pouvoir d’achat, à l’exception, tardive, de l’album A Rose Is Still a Rose (1998), dont la chanson-titre est écrite par Lauryn Hill. Sa consœur Tina Turner est parvenue ainsi à revenir au premier plan, pourquoi pas elle ? Cette stratégie passe par une succession lassante de duos, avec Eurythmics et Frank Sinatra, George Michael ou Elton John. Très amaigrie, Aretha Franklin avait chanté en novembre 2017 au profit de la Fondation de la lutte contre le sida de ce dernier, lors de sa dernière apparition scénique. Précédemment, elle avait fait annoncer un nouvel album, avec les participations de Stevie Wonder, Lionel Richie et (encore) Elton John.

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          La délicieuse ivresse de la soul music



Ses disques, aux ventes décevantes, s’étaient fâcheusement mis à ressembler à ceux de Whitney Houston, la protégée de Clive Davis, patron d’Arista, en empruntant peu à peu les formes les plus mécaniques et aseptisées du R’n’B, cet avatar moderne du rhythm’n’blues. Elle reste néanmoins un modèle pour des générations de chanteuses, notamment les candidates aux académies de la télé-réalité, qui tentent souvent d’imiter ses envolées en forçant leur timbre alors que tout l’art d’Aretha reposait sur la maîtrise de ses capacités naturelles. Mais même dans les plus médiocres moments de sa carrière, sa voix ne pouvait trahir ses origines. Sous le vernis clinquant de la production, on entendait encore par bribes la violence du blues et l’espoir du gospel.

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          Un soir de 1977, au Palais des sports de Paris



Aretha Franklin en 8 dates
25 mars 1942 Naissance à Memphis (Tennessee) 1956 Premiers enregistrements à Detroit (Michigan) 1966 Quitte la maison de disques Columbia pour Atlantic 1967 Respect est numéro 1 des classements pop et rhythm’n’blues 1972 Retour au gospel avec l’album Amazing Grace 1984 Décès de son père, le révérend Clarence LaVaughn Franklin 2009 Star de la cérémonie d’investiture de Barack Obama 2018 Mort à 76 ans



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La « reine de la soul » américaine est morte d’un cancer du pancréas, jeudi, à l’âge de 76 ans, à son domicile à Detroit.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ En 1967, sa version revue et corrigée de la chanson d’Otis Redding, sortie deux ans plus tôt, la consacra nouvelle « reine de la soul ».
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Comment Aretha Franklin a transformé « Respect » d’Otis Redding en un manifeste féministe et politique

En 1967, sa version revue et corrigée de la chanson d’Otis Redding, sortie deux ans plus tôt, la consacra nouvelle « reine de la soul ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h09
   





                        



R.E.S.P.E.C.T. Difficile de ne pas penser à Aretha Franklin, morte jeudi 16 août à l’âge de 76 ans, lorsqu’on épelle les sept lettres de cette valeur essentielle. Respect fut, bien sûr, d’abord écrite et enregistrée par Otis Redding, en 1965. Mais c’est bien la version revue et corrigée par Aretha Franklin en 1967 qui a fait passer la chanson à la postérité.
Plus qu’une reprise, la version sortie par la chanteuse américaine, âgée de 25 ans à l’époque, a transformé ce titre en hymne féministe et politique, consacrant son interprète comme nouvelle « reine de la soul ».

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Dans le morceau original, publié sur l’album Otis Blue, M. Redding donne sa voix à un homme clamant son besoin de respect de la part de sa femme. Un respect qui lui serait dû lorsqu’il rentre chez lui, puisqu’il apporte l’argent au foyer. Mais Aretha Franklin, dans sa version enregistrée le jour de la Saint-Valentin 1967 à New York, bouscule ce schéma traditionnel en mettant ces mots dans la bouche d’une femme. 

« La ferveur dans la voix d’Aretha exigeait ce respect »
« All I’m asking is for a little respect when I come home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison ») devient alors « all I’m asking is for a little respect when you get home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand tu rentres à la maison »). « Aretha l’a personnalisée, c’est devenu le truc d’une femme », explique au Washington Post David Ritz, auteur d’une biographie de la chanteuse. « Mais sa version est si profonde et si remplie d’angoisse, de détermination, de ténacité et de toutes ces émotions contradictoires que c’en est devenu un hymne », ajoute l’auteur de Respect : The Life of Aretha Franklin (2014, non traduit).
La chanteuse de Detroit conserve les couplets d’Otis Redding mais inclut un refrain dynamisé par les chœurs, assurés par ses sœurs Erma et Carolyn, et quelques nouvelles expressions. Ce « sock it to me » répété huit fois dans le dernier couplet est un brin provocant, la phrase pouvant se traduire par « montre-moi de quoi tu es capable », voire revêtir une connotation sexuelle – même si Aretha Franklin s’en défendra.
Quand elle épelle le mot « respect », elle ne semble plus seulement le demander, mais bien l’exiger. « Pour Otis, le respect avait une connotation traditionnelle, dans le sens de l’estime », assurait le producteur d’Aretha Franklin, Jerry Wexler, dans son autobiographie, citée par le magazine Rolling Stone. « La ferveur dans la voix d’Aretha exigeait ce respect, et cela impliquait aussi une attention du point de vue sexuel… »
Aretha Franklin a modifié la chanson « de façon si radicale, que j’irais jusqu’à dire qu’elle l’a réécrite », ajoute la musicologue américaine Victoria Malawey, professeure au Macalester College de Minneapolis-Saint Paul, interviewée par l’Agence France-Presse (AFP) :
« Elle n’a pas seulement modifié quelques paroles ou changé le point de vue, elle lui a aussi apporté une nouvelle âme. »

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Numéro un des ventes plus de douze semaines
La chanson, parue dans l’album I Never Loved A Man The Way I Loved You, son premier pour le label Atlantic Records, devient un hymne féministe mais donne aussi une voix à la cause des Noirs en lutte pour leurs droits dans l’Amérique des années 1960. Sorti en avril 1967, le titre restera numéro un des ventes pendant plus de douze semaines, précise le Washington Post.
Respect a ensuite traversé les années et été reprise par de nombreux mouvements de revendication. Dans un palmarès paru en 2004, le magazine Rolling Stone en fera la cinquième « chanson de tous les temps ». Un classement dans lequel Aretha Franklin apparaît comme la première femme, placée derrière Like a Rolling Stone de Bob Dylan, (I Can’t Get No) Satisfaction des Rolling Stones, Imagine de John Lennon et What’s Going On de Marvin Gaye.
Grâce ce tube, elle remportera les deux premiers de ses 18 Grammy Awards et lancera sa carrière internationale. Un classique de la musique américaine que l’on peut entendre par ailleurs dans une trentaine de films, de Platoon à Blues Brothers en passant par Forrest Gump.
Quelques mois avant de périr dans un accident d’avion en décembre 1967, Otis Redding jouera Respect sur la scène du Festival de Monterey, non sans un clin d’œil à la nouvelle star de la soul : « La prochaine chanson est une chanson qu’une fille a emmenée loin de moi. Une bonne amie, cette fille, elle m’a juste pris la chanson. Mais je vais quand même la jouer. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La chanteuse américaine Aretha Franklin est morte le jeudi 16 août, à l’âge de 76 ans.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Archives. Notre chroniqueur musical Thomas Sotinel proposait en 1993 un portrait d’Aretha Franklin, retraçant un parcours personnel et musical à la fois extraordinaire et irrégulier.
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Aretha Franklin : un parcours personnel et musical extraordinaire et irrégulier

Archives. Notre chroniqueur musical Thomas Sotinel proposait en 1993 un portrait d’Aretha Franklin, retraçant un parcours personnel et musical à la fois extraordinaire et irrégulier.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h06
   





                        


La dame de la soul est morte à 76 ans le 16 août. Notre chroniqueur et critique Thomas Sotinel publiait en 1993 un grand portrait de la chanteuse. 

        Lire le portrait :
         

          La soul perd sa dame, Aretha Franklin



22 avril 1993. Les premiers enregistrements d’Aretha Franklin pour le label Atlantic datent de 1967. Jusqu’au début des années 1970, la chanteuse tint une place sans égale dans la musique noire, redéfinissant la soul music comme personne ne l’avait fait depuis Ray Charles. La parution de Queen of Soul, imposante compilation, permet de mesurer le génie et le mystère d’une musicienne incomparable. Descendante à la fois de Mahalia Jackson et de Bessie Smith, chanteuse de gospel et de rhythm’n’blues, pianiste, auteure, Aretha Franklin se définit à la fois par la multitude de ses talents et l’évidence de ses faiblesses.

   


Au commencement était le gospel. Aretha Franklin est la fille du révérend Cecil L. Franklin, pasteur de la New Bethel Baptist Church de Detroit. Né dans le Mississippi, le révérend avait commencé sa carrière dans le Sud et Aretha vit le jour à Memphis, Tennessee, en 1942. En 1946, la famille Franklin arrivait à Detroit, où C. L. Franklin devenait une star du gospel, un prêcheur hors pair, qui enregistrait ses sermons sur le label de Chuck Berry et Howlin’Wolf et réussissait même à se faire arrêter pour détention de marijuana. En 1948, Mrs. Franklin quittait le domicile conjugal et ses cinq enfants, elle devait mourir quelques années plus tard.
Le révérend tournait dans tous les Etats-Unis, d’église en église, souvent en compagnie des Clara Ward Singers, le groupe de la formidable miss Clara Ward, qui révéla, entre autres, Marion Williams. Quand ses trois filles – Aretha, Erma et Carolyn – furent assez vieilles (douze ans), elles furent promues au rang de première partie. Cette éducation vaut bien celle de Judy Garland ou de Charlie Chaplin.

        Lire le portrait :
         

          La soul perd sa dame, Aretha Franklin



Le gospel se joue la plupart du temps des frontières entre sacré et profane. On peut y voir un signe de la puissance de Mammon : miss Clara Ward finit sa carrière à Las Vegas, et, de Detroit à Los Angeles, les agents artistiques ne vont à la messe que pour découvrir un nouveau Sam Cooke, une nouvelle Ruth Browne. Mais cette ambivalence est plus noble. La musique est au centre de l’expérience religieuse des Noirs baptistes des Etats-Unis. Les grands prêcheurs sont de grands musiciens, des maîtres du silence et du cri, des virtuoses du crescendo. Entre le sermon et le chant, la continuité est évidente. Le rythme, la voix sont l’essence de cette communion, la source d’une joie dont les manifestations n’ont rien d’intérieur. Cette dévotion totale à la musique peut se séculariser sans rien perdre de son intensité. A moins qu’on s’y oppose par principe.
Son père, le révérend Franklin, recevait les grands du gospel
Heureusement, le révérend Franklin n’était pas homme à se laisser arrêter par ce genre de détail. Chez lui, à Detroit, il recevait les grands du gospel, mais aussi Sam Cooke ou Dinah Washington, qui complétèrent la culture musicale d’Aretha Franklin. Il faut croire que le reste de son éducation s’était fait rapidement puisque, à 17 ans, elle était mère de deux enfants. Trois ans plus tard, elle signait un contrat d’enregistrement avec la firme Columbia grâce à John Hammond. Celui-ci s’était consacré à la rude tâche de faire découvrir à l’Amérique ce qui se trouvait sous son nez. Il avait commencé par Billie Hollyday, poursuivi avec Big Bill Broonzy, Pete Seeger ou Bob Dylan, pour finir par Bruce Springsteen. Aretha Franklin restera parmi les rares échecs de la remarquable carrière de Hammond : Columbia fut incapable de tirer parti de ses talents, et la douzaine d’albums enregistrés entre 1961 et 1967 ne parvinrent qu’à établir l’immense potentiel de la chanteuse sans jamais le réaliser, s’égarant entre variétés et jazz. En 1964, Aretha déclarait au magazine Ebony :
« Ils savent et savent que je sais qu’ils n’ont pas mis tout leur poids derrière moi comme ils l’ont fait pour Barbra Streisand. »
Jerry Wexler réussit à persuader Aretha Franklin de signer avec Atlantic
En 1966, Jerry Wexler réussit à persuader Aretha Franklin de signer avec Atlantic, le label de quelques-unes des idoles de la jeune femme – Ruth Brown, la mère du rhythm’n’blues moderne, et surtout de Ray Charles, homme de gospel s’il en fut. Parmi les textes présentés dans le livret qui accompagne Queen of Soul, on trouvera le chapitre des mémoires de Wexler consacré à Aretha Franklin. Le livre n’étant pas encore paru, ce texte justifie presque l’achat du coffret.
En 1966, Jerry Wexler, juif new-yorkais, allait sur ses cinquante ans. Journaliste, il avait été renvoyé de Billboard, l’hebdomadaire professionnel de la musique, pour avoir refusé de compiler un dossier sur les affinités communistes des Weavers, le groupe de Pete Seeger. Embauché en 1953 par Ahmet Ertegun, le fondateur d’Atlantic, Wexler avait produit quelques-uns des plus grands succès des Drifters et de Solomon Burke. Au début des années 1960, il avait conclu un accord de distribution avec Stax, le label de Memphis. Otis Redding, Sam and Dave, Wilson Pickett avaient fait souffler le vent du Sud sur Atlantic, redéfinissant le son du label.
Dans un premier temps, Jerry Wexler propose à Jim Stewart, le fondateur de Stax, de produire Aretha. Devant le refus de Stewart, Wexler décide d’emmener son artiste à Muscle Shoals, petite ville de l’Alabama où Rick Hall, un ancien musicien de country reconverti dans le rhythm’n’blues, a ouvert un studio. La section rythmique de Muscle Shoals a enregistré les plus grands succès de Wilson Pickett et vaut presque les MG’s de Booker T qui accompagnent Otis Redding.
Un nouveau génie
Le récit de la première session d’enregistrement d’Aretha Franklin est une petite épopée. Dès la première prise, tout le monde est conscient de l’avènement d’un nouveau génie. Mais les tensions entre Ted White, le mari d’Aretha, et certains musiciens sudistes tournent à la rixe et le couple retourne précipitamment à New York, laissant Wexler avec deux titres enregistrés, dont I Never Loved A Man The Way I Love You. En attendant de remettre la main sur le couple White-Franklin, Wexler envoie des acétates de I Never Loved A Man aux principales radios américaines. Devant l’accueil favorable, le producteur décida de faire venir les musiciens de Muscle Shoals à New York. De fait, l’essentiel des enregistrements des grands classiques d’Aretha Franklin ont été réalisés au studio Atlantic de New York.
Le 9 avril 1968, elle chante lors des obsèques de Martin Luther King. En juin, « Time » lui consacre sa couverture
De mars 1967 à janvier 1969, Aretha Franklin enregistre six albums. I Never Loved A Man avait atteint la première place du classement rhythm’n’blues (noir) des ventes de 45 tours, mais était resté à la neuvième place dans le classement général. En mai 1967, sa reprise de Respect, d’Otis Redding, se classe en tête de tous les hit-parades. Le 9 avril 1968, elle chante lors des obsèques de Martin Luther King. En juin de la même année, Time lui consacre sa couverture. Aretha Franklin – marchant sur les traces d’Otis Redding, mort avant d’avoir accompli tout à fait cet itinéraire – a défini une nouvelle manière de chanter le rhythm’n’blues, accessible à tous, sans jamais renoncer à une once de son identité.
Aujourd’hui, l’évidence de cette musique reste entière, ainsi que son mystère. Il faut d’abord faire la part de la technique, de la clarté de la production de Jerry Wexler, de la sobriété des arrangements, de la simplicité presque rustique des musiciens de Muscle Shoals. Roger Hawkins, le batteur, était un cogneur beaucoup plus direct qu’Al Jackson, des MG’s. Mais cet indispensable appareil n’avait d’autre raison d’être que le chant d’Aretha et de ses choristes.
Qu’elle chantât avec ses sœurs ou avec les Sweet Inspirations, quatuor féminin emmené par Cissy Houston (la maman de Whitney), Aretha retrouvait instantanément l’intensité du gospel le plus brûlant. Ses deux premiers succès résument parfaitement cette musique. I Never Loved A Man est chanté sur un tempo moyen, obsédant, c’est un cri d’amour, comme son titre l’indique. C’est aussi un procès impitoyable, fait à l’amant tricheur, menteur, voleur. Quand elle chante, Aretha Franklin tire sa force du malheur, du mal qu’on lui fait. Respect est d’une autre espèce : Otis Redding, son auteur, en avait fait un appel à l’équité dans le couple. Aretha y introduit un élément de danger, de provocation. Elle veut le respect et puis autre chose. Au pont, le chœur (Carolyn et Erma Franklin) vient titiller l’interlocuteur en scandant Sock It to Me, qui ne peut guère se traduire que par « mets-le moi ». Pour Aretha Franklin, le respect va bien au-delà des bonnes manières.
Talents d’auteure sous-estimés
Le répertoire d’Aretha Franklin était composé de créations originales et de reprises de classiques du rhythm’n’blues auxquels vinrent s’ajouter, au fil des ans, des succès de pop blanche et quelques rares incursions dans le répertoire jazz. Les talents d’auteure d’Aretha ont été aussi sous-estimés que ses capacités de pianiste (tout à fait évidentes sur Try Matty’s, tempo moyen propulsé par un piano robuste). Baby Baby Baby, cosigné avec sa sœur Carolyn, montre que la chanteuse était rarement aussi bien servie que par elle-même. Outre les grands succès de ses contemporains (A Change Is Gonna Come, de Sam Cooke ; Drown In My Own Tears, de Sam and Dave), Aretha allait chercher dans les racines du genre, reprenant aussi bien My Song, de Johnny Ace, que le Ramblin’de Big Maybelle.
A partir de 1968, Aretha Franklin ouvre son univers musical à d’autres musiciens. C’est ainsi que Duane Allman, avant d’enregistrer Layla avec Eric Clapton, fait entendre sa slide guitar sur une adaptation presque frénétique de The Weight, du Band et, surtout, sur le très beau When The Battle’s Over, de Dr. John. La chanteuse fait un sort à d’autres succès du moment, dégageant le sens spirituel de Let It Be, soufflant à Paul Simon la version de Bridge Over Troubled Water qu’il donne aujourd’hui en concert.
La lecture des crédits de « Queen of Soul » ressemble à celle d’un dictionnaire du funk des années 1960 et 1970
La chanteuse se promène, de studio en studio (en Floride, pour travailler avec Tom Dowd, l’héritier spirituel de Wexler ; en Californie, parce qu’il était difficile de faire autrement), de musicien en musicien. La lecture des crédits de Queen of Soul ressemble à celle d’un dictionnaire du funk des années 1960 et 1970. Il ne manque que la tribu James Brown-Funkadelic. Aux garçons de la campagne de Muscle Shoals succèdent les musiciens les plus sophistiqués, Bernard Pretty Purdie à la batterie, Chuck Rainey à la basse, par exemple.
Aretha Franklin se perd parfois. On la sent prisonnière de certains tics d’arrangement, de production (comme sur sa version d’Eleanor Rigby) ou tentée par des aventures qu’elle ne mène pas à terme (sa version « jazz » de Bring It On Home, de Sam Cooke). Elle ne retrouvera jamais l’excellence uniforme de 1967-1968.
Pourtant, au tout début des années 1970, elle réussit quelques tours de force funk, qui valent bien les meilleurs moments de Sly Stone, voire de James Brown. Rock Steady, qu’elle a écrit, est doué d’un groove irrésistible. Surtout, elle revient au gospel avec un double album, Amazing Grace, enregistré en 1972 avec la rythmique Purdie-Rainey. Mais il semble que son enregistrement en 1970 de The Thrill Is Gone, le classique popularisé par BB King, était prémonitoire.
Sa voix reste intacte, mais l’esprit ne souffle plus que par intermittence : le frisson n’est plus. Le peu que l’on sait de la vie privée d’Aretha Franklin laisse entrevoir la difficulté de vivre qui est la sienne. Jerry Wexler évoque pudiquement sa tendance à « donner sa confiance à des hommes qui ne la méritaient pas ». Il faut aussi faire la part du rachat d’Atlantic par le groupe Warner, de la transformation d’une entreprise familiale en multinationale.
Après plusieurs albums extrêmement médiocres entre 1975 et 1979, Aretha Franklin trouve une nouvelle famille chez Arista, le label de Clive Davis. Mais Clive Davis, l’ancien président de CBS, businessman mondain au flair artistique remarquable, était incapable de l’exigence qui caractérisait Jerry Wexler. Aretha Franklin a retrouvé le chemin des hit-parades, mais les productions sophistiquées et aseptisées de Michael Narada Walden ne font que souligner le vide dans lequel elle évolue, à l’image du duo enregistré en 1989 avec Whitney Houston, clone inquiétant d’une chanteuse de soul. Tout de même, en 1987, un nouvel album de gospel, One Lord, One Faith, One Baptism, permettait de garder l’espoir. Un jour, Aretha Franklin reviendra chanter la bonne parole.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Dans une vidéo datant de 2015, le président américain écrasait une larme lors d’une prestation de la diva aux Kennedy Center Honors.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Archives. Seul concert d’Aretha Franklin en Europe en 1977, il est marqué par la lecture d’une scène de « Cyrano de Bergerac » et l’attitude d’un public de gougnafiers.
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Mort d’Aretha Franklin : quand la « reine de la soul » enchantait le Palais des sports de Paris

Archives. Seul concert d’Aretha Franklin en Europe en 1977, il est marqué par la lecture d’une scène de « Cyrano de Bergerac » et l’attitude d’un public de gougnafiers.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h46
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            
Lundi 28 novembre 1977, soleil pâle : la reine de la soul music, l’impératrice des musiques de l’âme, la fille du révérend Franklin chavirée par le style de Ray Charles, l’homologue de James Brown, mais femme-femme, trois fois femme, Aretha Franklin, est au Palais des sports de Paris.
Robe lamée, éclairages pour Holiday on Ice, esthétique tchécoslovaque, sono de salle des pas perdus à la gare Saint-Lazare, prix stratosphériques, orchestre sous-payé, bouillie sonore, public très mixte, ce qui n’est, sauf pour le free jazz, la musique antillaise et le blues, à l’époque jamais la règle. Dehors, queue de comète du gauchisme virulent, affaire de l’avocat allemand des chefs de la Fraction armée rouge Klaus Croissant, c’est soir de manif.

Le concert d’Aretha Franklin est son seul concert en Europe. Son Aretha in Paris avait été enregistré en public dans les premiers jours de mai 1968. Le concert commence avec un solide retard. Ambiance d’échauffourée larvée. Le côté non voulu de la carrière d’Aretha est émouvant : cet enfant qu’elle a à 14 ans, sans bien savoir ; l’aspect étape des Alpes de sa course sentimentale ; celui, étape des Pyrénées avec quatre cols, de ses relations avec ses maisons de production, tout cela finit par toucher énormément et s’inscrit dans sa voix.
A l’époque du Palais des sports, elle vient de tomber sous la houlette de l’immense et méconnu Curtis Mayfield (il lui permet d’enregistrer, en 1976, la bande originale du film Sparkle). Bien plus tard, Curtis Mayfield reste paralysé pour avoir pris un projecteur sur le crâne. Le dialogue d’Aretha Franklin avec le malheur n’est pas moins constant que celui qu’elle instaure avec la gloire.
De toute façon, comme Nina Simone, elle voulait être concertiste et uniquement concertiste, puisqu’elle en avait la compétence et la reconnaissance académique. Mais, Noire. Et il se trouve aujourd’hui de petites douanières de la pensée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Archives. La « reine de la soul » a tiré sa révérence jeudi 16 août, à l’âge de 76 ans. Le 8 mai 1968, notre chroniqueur musical Lucien Malson publiait dans « Le Monde » la critique enthousiaste d’un concert parisien.
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Archive : Aretha Franklin, « force et grâce » à l’Olympia en 1968

Archives. La « reine de la soul » a tiré sa révérence jeudi 16 août, à l’âge de 76 ans. Le 8 mai 1968, notre chroniqueur musical Lucien Malson publiait dans « Le Monde » la critique enthousiaste d’un concert parisien.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h15
   





                        


Ancien chroniqueur de jazz au Monde, Lucien Malson publiait le 8 mai 1968 une critique enjouée à l’issue d’un concert à l’Olympia de la légende de la soul, Aretha Franklin, décédée le 16 août.

        Lire le portrait :
         

          La soul perd sa dame, Aretha Franklin



8 mai 1968. Que le jazz ait fécondé les variétés, qu’il ait eu avec elles des rejetons plus ou moins charmants, qu’il ait en tout cas modifié l’apparence de l’art populaire occidental, voilà ce dont on ne peut douter. D’autre part, ce grand séducteur voyage sous des noms nouveaux et, muni de faux papiers d’identité, va de New York à Londres et de Londres à Paris. Qu’est-ce donc que le « rhythm and blues » authentique, sinon une musique qui n’existe que pour le swing et ne vaut que par lui ?
En ce domaine, les Noirs des Etats-Unis nous ont toujours paru difficilement imitables, non par le fait de quelque génie racial – à supposer qu’il soit concevable, celui-ci se trouverait aujourd’hui fort dilué –, mais en raison des circonstances de leur vie. Ce n’est pas un hasard, par exemple, si les talents de la plupart des chanteuses de couleur, depuis la guerre, éclosent dans les églises avant de s’épanouir dans les salles de concert. Cette expérience du rythme extatique, dès l’enfance, a marqué Fontello Bass, Mitty Collier, Byrdie Green, Etta James, Gloria Jones, Kitty Lester et, bien sûr, Aretha Franklin, que nous avons applaudie hier soir aux galas d’Europe 1.
Comparée à Ray Charles
Aretha Franklin, fille d’un pasteur baptiste, née à Memphis en 1942, s’est consacrée d’abord au gospel song et, pendant sept ans, jusqu’à la saison dernière, à toutes les formes de l’art vocal de divertissement chez Columbia. Désormais, Atlantic la révèle telle qu’elle est au plus profond d’elle-même : musicienne de jazz dans l’âme, et que la critique, outre océan, compare déjà – un peu hâtivement – à Ray Charles.
La voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable
La troupe d’Aretha Franklin, c’est vrai, s’apparente à celle de Charles. Elle apporte partout où elle passe un mélange réjouissant de chants et de danses, de musique et de spectacle. Pourtant, le groupement criard et assommant, qui assure la première partie, n’a rien à voir avec celui de son illustre confrère ni même avec l’ensemble de James Brown. Les douze musiciens jouent selon le vieux principe du « chacun pour soi et Dieu pour tous » et ne se rachètent qu’après l’entracte en accompagnant tout de même assez bien la chanteuse. Celle-ci a la voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable. Sa très jeune sœur, Caroline Franklin, anime un aimable trio vocal qui tient ici le rôle des « Raelets ».
Tant de force et tant de grâce alliées font merveille. Le public parisien a beaucoup aimé une Aretha Franklin qui se promet de revenir et nous donne ainsi l’espoir d’assister plus souvent à ces « soirées de la 125e Rue », auxquelles nous restons très attachés.




                            


                        

                        


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Reportage

A Bamako, la victoire d’IBK fêtée par les uns, rejetée par les autres

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a été réélu, mais l’opposition annonce qu’elle utilisera « tous les moyens démocratiques » pour contester les résultats.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 16.08.2018 à 15h29

     •
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        Mis à jour le 16.08.2018 à 16h34






    
Des partisans d’Ibrahim Boubacar Keïta fêtent la victoire du président malien sortant, à Bamako, le 16 août 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


« Le peuple s’est exprimé. Les Maliens ont décidé de prendre en main leur avenir. Voici l’espoir pour le Mali, la paix assurée pour le Mali ! », crie le speaker face à une cinquantaine de militants. Sous la grande tente dressée au sein du quartier général d’Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé « IBK », c’est l’explosion de joie en ce jeudi 16 juin, à Bamako. Tous dansent et se félicitent de la victoire du président malien sortant. Sur le large écran monté pour l’occasion, Mohamed Ag Erlaf, le ministre de l’administration territoriale, vient d’annoncer, à 9 h 30 (heure locale), les résultats provisoires du second tour. Avec 67,17 % des voix contre 32,83 % pour son opposant Soumaïla Cissé, IBK est largement réélu pour un second mandat.

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« C’est la joie, la gaieté et les retrouvailles », lance Amadou Coulibaly, militant de la majorité présidentielle et président du parti Faso-Mali. Pour ce jeune homme politique, peu importe que son champion ait été élu avec 10 points de moins que lors du second tour de 2013, qui l’opposait déjà à M. Cissé. Le temps est à l’allégresse et au rassemblement. « Nous les jeunes, nous avons été divisés en plusieurs camps tout au long de la campagne présidentielle, poursuit-il. Aujourd’hui, c’est le moment de nous retrouver autour d’un seul idéal : le Mali et son avenir. La jeunesse va être placée au cœur de ce second mandat. » 
Et de penser déjà à la présidentielle de 2023. « C’est l’occasion de préparer la relève. Nous allons enterrer les politiques de la promotion 1991, les vieux, la génération Adema [apparue à la chute de la dictature de Moussa Traoré en 1991]. En 2023, une nouvelle génération va surgir, alors que si Cissé avait été élu, il aurait fait dix ans », jubile Amadou Coulibaly.
« Cette victoire est celle de notre peuple »
À côté de lui, le docteur Bokary Tréta, directeur de campagne d’IBK, arrive parmi les militants, sourire aux lèvres. « Le président a toujours dit que son cœur battait pour le Mali et pas pour le pouvoir. Cette victoire est celle de notre peuple », s’enthousiasme-t-il. Pour M. Tréta, la vidéo diffusée la veille par le camp de « Soumi », montrant un homme en train de bourrer des urnes lors du second tour à Kidal, dans le nord du Mali, ne saurait entacher la franche victoire d’IBK.
« Cette vidéo est une tentative de manipulation de la part de l’opposition, visant à accréditer l’idée que si Cissé n’a pas gagné, c’est qu’il y a eu fraude. C’est une incitation à un soulèvement populaire ! », dénonce-t-il, excédé. « Ils perturbent le réseau Internet pour éviter la vision et le partage de cette vidéo honteuse et accablante », avait protesté un proche de M. Cissé la veille des résultats. En ce jeudi matin, Internet était effectivement inaccessible.

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A 10 heures, à une centaine de mètres de là, devant le quartier général de Soumaïla Cissé, une cinquantaine de militants dansent en soulevant des panneaux « Touche pas à mon vote ». Mais le cœur est davantage à la protestation qu’à la fête. Derrière eux, la musique des vainqueurs résonne. « Ce sont de faux résultats. C’est inadmissible, nous n’allons pas accepter cela. Il y a eu des fraudes. Nous avons gagné et notre victoire ne sera pas volée », assure Booba Diarra, enseignant et militant à l’Union pour la république et la démocratie (URD), le parti de M. Cissé. L’enseignant ne lâche pas sa banderole, où est inscrit le slogan de son candidat : « Soumaïla Cissé, ensemble restaurons l’espoir ».
L’opposition appelle à la « mobilisation citoyenne »
« Ce pays est pourri, vraiment pourri », s’offusque un autre militant derrière lui. Devant la porte du siège, Amadou Diarra a les larmes aux yeux. Ce partisan de M. Cissé est en colère contre la communauté internationale, qui selon lui n’a pas joué son rôle. « Nous lui avons fait confiance et elle nous a déçus. L’Union européenne a dit avant-hier qu’il y avait eu des irrégularités procédurales. Mais c’est quoi ça ! Il y a eu des fraudes, des bourrages d’urnes, mais ils n’assument pas ! », crie-t-il, entre tristesse et colère.

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À l’intérieur du siège, les couloirs sont quasi déserts. Le candidat n’est pas là. Son directeur de campagne, Tiébilé Dramé, est quant à lui arrivé une heure après la proclamation des résultats. « Ce sont leurs résultats, ils ne reflètent pas la vérité des urnes », déclare-t-il, avant de répéter que l’opposition utilisera « tous les moyens démocratiques » pour contester les résultats. « Nous allons déposer des recours devant la Cour constitutionnelle pour faire annuler les résultats frauduleux », précise-t-il, avant de rappeler qu’il y a d’autres moyens démocratiques : « Le droit de manifestation est un droit constitutionnel au Mali. Nous en appelons à la mobilisation citoyenne pour exercer une pression populaire et pacifique. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.
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Trump-Erdogan  : duel perdant

Editorial. La crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN, pourraient avoir de graves répercussions économiques et diplomatiques.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Avec des acteurs principaux – le populiste éruptif Donald Trump et l’autocrate sourcilleux Recep Tayyip Erdogan – qui mettent autant de testostérone dans leur pratique diplomatique, il est pour le moins aléatoire de préjuger de l’issue de l’empoignade actuelle entre les Etats-Unis et la Turquie.
En effet, c’est une crise spectaculaire qui s’est déclenchée entre les deux pays. Elle couvait depuis des mois. Sans succès, Ankara réclamait aux Américains l’extradition de Fethullah Gülen, le chef de la confrérie à laquelle le président turc attribue la paternité de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Sans plus de succès, Washington exigeait d’Ankara la libération d’un pasteur évangéliste américain accusé par les autorités turques, de façon très fantaisiste, d’avoir été mêlé à cette tentative de coup d’Etat. A quoi s’ajoutaient de sérieuses divergences sur la guerre en Syrie, Washington soutenant les forces kurdes syriennes pour chasser l’organisation Etat islamique quand Ankara entend éradiquer, sur son territoire comme en Syrie, toute forme de mouvement kurde.

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En quelques jours, ces abcès ont dégénéré. Vendredi 10 août, Donald Trump a annoncé le doublement des droits de douane sur les exportations d’acier et d’aluminium turques. Ces sanctions ont suffi pour plonger la livre turque dans une violente tempête monétaire et pour menacer de déstabiliser une économie fragilisée par l’inflation et l’endettement public. M. Erdogan a immédiatement dénoncé un « complot politique » fomenté par Washington et appelé ses partisans à le soutenir dans cette « bataille nationale », au nom d’Allah contre le dollar.
Embarras de Paris et de Berlin
Quand on sait que les Etats-Unis et la Turquie sont des alliés de longue date, piliers de l’OTAN depuis les années de la guerre froide contre l’URSS, liés par un traité de défense mutuelle et par de solides échanges militaires (des armes nucléaires américaines, notamment, sont basées à Incirlik, en Turquie), cette bataille de chiffonniers est sans précédent. Ses répercussions économiques peuvent être sévères. Pour l’économie turque, évidemment, mais plus largement pour les banques internationales, européennes en particulier, auprès desquelles les entreprises turques sont lourdement endettées.

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Ses conséquences diplomatiques possibles ne sont pas moins graves. « Nous cherchons de nouveaux amis et de nouveaux alliés », claironne désormais M. Erdogan. Tout à ses rêves de grandeur ottomane restaurée, ce dernier tente de mettre en scène la constitution, autour d’Ankara, d’un « axe de résistance » face aux Etats-Unis.
Il cherche ainsi à obtenir l’appui des Européens, vis-à-vis desquels il dispose d’un sérieux moyen de chantage depuis qu’il s’est engagé à contrôler les flux migratoires en provenance du Proche-Orient. L’absence de réponse de la France et de l’Allemagne à la proposition du président turc d’une rencontre à quatre, avec la Russie, sur la Syrie en septembre, dit assez l’embarras de Paris et de Berlin.
Vladimir Poutine, au contraire, fait son miel de cette crise et a immédiatement dépêché son ministre des affaires étrangères à Ankara. Dans l’immédiat, il joue gagnant à tous les coups, tant l’affaiblissement de l’OTAN est, pour lui, un objectif stratégique.

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Avant de pousser trop loin leur bras de fer, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan seraient bien inspirés d’en prendre conscience. Sauf à se retrouver, l’un et l’autre, perdants. Le premier parce qu’il aurait perdu un allié de poids dans la région, le second parce qu’il se retrouverait dans la main de Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe s’insurge contre les violences faites aux migrants, « que l’histoire jugera sans doute criminelles ».
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Etienne Balibar : « Pour un droit international de l’hospitalité »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe s’insurge contre les violences faites aux migrants, « que l’histoire jugera sans doute criminelles ».



Le Monde
 |    16.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h03
    |

Etienne Balibar (philosophe, professeur émérite à l’Université de Paris-Ouest)







                        



                                


                            

[Cette tribune reprend et précise des idées que le philosophe a développées le 13 juillet à Saorge (Alpes-Maritimes), dans le cadre du festival des Passeurs d’humanité de la vallée de la Roya.]
Tribune. En Méditerranée, la situation ne cesse de se tendre. Une hécatombe quotidienne, en partie dissimulée. Des Etats instituant ou tolérant des pratiques d’élimination que l’histoire jugera sans doute criminelles. Entre les deux, des initiatives incarnant l’effort de solidarité de la « société civile » : villes refuges, « passeurs d’humanité », navires de sauvetage trop souvent contraints à la guérilla contre l’hostilité des pouvoirs publics.
Cette situation n’est pas sans analogues dans le monde. Mais pour nous, citoyens d’Europe, elle revêt une signification et une urgence particulières. Elle appelle une refonte du droit international, orientée vers la reconnaissance de l’hospitalité comme « droit fondamental » imposant ses obligations aux Etats, dont la portée soit au moins égale à celle des grandes proclamations de l’après-guerre (1945, 1948, 1951). Il faut donc en discuter.
Et d’abord, de qui parlons-nous : de « réfugiés », de « migrants », ou d’une autre catégorie qui les englobe ? Ces distinctions, on le sait, sont au cœur des pratiques administratives et de leur contestation. Mais surtout, de la façon dont nous nommons les humains qu’il s’agit de protéger ou de contraindre dépend aussi le type de droits que nous leur reconnaissons, et la façon dont nous qualifions le fait de les en priver.
Le terme auquel je pense est celui d’errants. Il me conduit à parler d’errance migratoire ou de migrance plutôt que de « migration ». Le droit international de l’hospitalité doit s’adresser aux errants de notre société mondialisée, refléter les caractères de l’errance migratoire comme telle, en particulier du fait des violences qui se concentrent sur son parcours. 
Les...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’ouverture du point de passage de Kerem Shalom.
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Un accord de cessez-le-feu entre en vigueur à Gaza

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’ouverture du point de passage de Kerem Shalom.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 12h43
    |

                            Claire Bastier (Jérusalem, correspondance)








                        



   


Après quatre mois de vives tensions, une guerre a peut-être été évitée. Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, mercredi 15 août, un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas au cours d’une réunion consacrée à la situation dans la bande de Gaza. Cette décision a eu lieu alors que des négociations indirectes sont menées par l’Egypte et les Nations unies depuis mars, pour aboutir à un cessez-le-feu de longue durée entre l’Etat hébreu et le Hamas. A ce stade, le mouvement islamiste qui contrôle Gaza depuis 2007 n’a pas réagi. Une telle issue pourrait permettre de résoudre la crise humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Quelques heures avant la confirmation de l’accord, Kerem Shalom, le point de passage unique des marchandises entre Israël et la bande de Gaza, rouvrait après plus d’un mois d’une fermeture instaurée en représailles à des actes hostiles contre Israël. Le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, a justifié sa réouverture par le récent retour au calme dans le territoire palestinien. La zone de pêche devrait y être élargie à neuf mille nautiques (17 km) au lieu de trois (5,6 km). Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué « la décision israélienne » en réponse « aux appels pour éviter l’impact dévastateur d’un nouveau conflit sur la population civile à Gaza et dans ses environs ».
Violence cristallisée
Après une longue période de calme depuis la fin du conflit en 2014, la violence était de retour à Gaza depuis le printemps. Elle s’est cristallisée dans la Marche du retour, commencée le 30 mars, et qui défendait le droit des Palestiniens réfugiés depuis 1947 au retour sur leurs contrées d’origines en territoire israélien et exigeait la fin du blocus israélo-égyptien sur l’enclave, instauré après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007.
Les manifestations hebdomadaires le long de la clôture frontalière avec Israël et les cerfs-volants incendiaires ont exacerbé les tensions : des milliers de Palestiniens ont été blessés et 172 tués par les soldats israéliens. Plus de 25 km2 de terres ont été incendiées dans le sud d’Israël. A partir de mai, les affrontements entre l’Etat hébreu et le mouvement islamiste se sont multipliés, chacun testant sur l’autre son pouvoir de dissuasion militaire.

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Lors de la dernière escalade, dans la nuit du 8 au 9 août, les factions palestiniennes ont tiré 200 roquettes et obus depuis Gaza vers le sud d’Israël après la mort, deux jours plus tôt, de deux membres de la branche armée du Hamas dans ce qui s’est avéré être une erreur de tir israélienne. Plus de 150 cibles militaires du Hamas ont alors été frappées en représailles. Les raids ont fait trois morts, dont une femme enceinte et sa fille de 18 mois. Une vingtaine d’Israéliens ont également été blessés.
Un fragile cessez-le-feu a été conclu tard dans la nuit du 9 août, par l’intermédiaire de l’Egypte, sans qu’Israël ne le confirme. Malgré l’accalmie du week-end, M. Lieberman assurait dimanche qu’une guerre à Gaza était « inévitable ». Deux jours plus tard, il annonçait, sur un autre ton, le desserrement du blocus, donc l’annulation des sanctions prises, dès le 9 juillet, pour que le Hamas mette fin aux manifestations et aux engins incendiaires.
Approbation de principe
Israël était resté discret au sujet de négociations indirectes avec le Hamas, qu’il considère comme une organisation terroriste. Le 13 août, la « 10 », une chaîne israélienne privée, révélait que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, avait rencontré secrètement, en mai, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, au Caire, pour discuter entre autres d’une éventuelle trêve avec le parti islamiste à Gaza. Le lendemain, le ministre des finances, Moshe Kahlon, confirmait cette visite, précisant que « tout ce qui se passera [it] à Gaza serait fait avec la médiation de l’Egypte ».
Selon les médias israéliens, l’accord sur un cessez-le-feu avait d’abord reçu une approbation de principe des ministres du cabinet de sécurité le 12 août. Seuls Naftali Bennett, le ministre de l’Education et la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, s’y sont opposés. Chef du parti nationaliste religieux, le Foyer juif, M. Bennett s’était auparavant prononcé pour une intervention militaire à Gaza. Il considère toute trêve comme dangereuse, car elle favoriserait le réarmement du Hamas.

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Le détail de l’accord annoncé par le cabinet de sécurité n’est pas connu, et un échange de prisonniers n’y figurerait pas. « Personne ne parle d’un accord de cessez-le-feu de longue durée. Comme d’habitude, c’est une trêve temporaire, en attendant la prochaine escalade », avance Yaakov Amidror, ancien chef du Conseil de sécurité nationale.
« Geste humanitaire à moindre coût »
« Le Hamas souhaite, pour la population civile, une fête de l’Aïd el-Kebir [dès le 21 août] sans violence. Pour Israël, rouvrir Kerem Shalom et faire passer des marchandises est un geste humanitaire à moindre coût », explique Eado Hecht, chercheur au centre d’études stratégiques Begin-Sadate. « La demande d’Israël est d’ailleurs de revenir à l’accord a minima convenu après l’opération Bordure protectrice [de l’été 2014] : la cessation des hostilités, une levée partielle du blocus et un élargissement de la zone de pêche. » Le calme assuré, le programme de réhabilitation de Gaza, proposé par le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix, Nikolaï Mladenov, pourra être mis en œuvre.
Dans le cadre des négociations, l’Egypte mise aussi sur le retour de l’Autorité palestinienne (AP) dans la bande de Gaza, après une réconciliation avec le Hamas. Des discussions au Caire entre les factions politiques de Gaza et une délégation venue de Cisjordanie ont lieu depuis le 15 août, sans garantie de réussite. Le Hamas salue le plan de l’ONU pour réhabiliter Gaza, mais refuse les concessions exigées par l’AP, concernant l’armement et les taxes. Pour faire pression sur le Hamas, celle-ci maintient ses sanctions à Gaza, notamment le gel des salaires des fonctionnaires. Le Hamas est également déterminé à poursuivre les négociations avec Israël tout en imposant des conditions que l’Etat hébreu n’est pas près d’accepter, comme la levée immédiate du blocus.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ En service ou à la retraite, de nombreux représentants des forces armées brigueront, lors des élections d’octobre, les postes de président, vice-président, gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.
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Au Brésil, les militaires en campagne pour les élections

En service ou à la retraite, de nombreux représentants des forces armées brigueront, lors des élections d’octobre, les postes de président, vice-président, gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h41
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

La veille du lancement officiel, mercredi 15 août, de sa candidature à la présidence de la République brésilienne, Cabo Daciolo s’est réfugié au sommet d’une montagne afin d’échapper aux « menaces de mort » qu’il aurait reçues de la société secrète des « Illuminati ».
S’engageant à jeûner pour se préparer à la « guerre spirituelle » à venir, celui qui est aujourd’hui député, membre du parti Patriota (« patriote », extrême droite), s’est illustré lors du premier débat électoral début août, volant la vedette aux dinosaures de la politique avec des interventions ponctuées de prières et d’appels à Dieu.
Farfelu pour les uns, affligeant pour les autres, Cabo Daciolo a peu de chances d’être élu chef d’Etat en octobre. Mais l’ex-pompier trahit une tendance de la politique brésilienne. Il fait partie des centaines de militaires, en service ou à la retraite, engagés dans la campagne électorale. La course à la présidentielle en compte d’autres, tel Jair Bolsonaro, favori des sondages derrière l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, candidat malgré son emprisonnement pour corruption.
Député de Rio de Janeiro, Jair Bolsonaro, capitaine de réserve, se situe lui aussi à l’extrême droite et ne cache pas une certaine nostalgie pour la dictature militaire (1964-1985), tout en se posant en défenseur des valeurs morales, de la fermeté et de la tradition. Il est épaulé par son candidat à la vice-présidence, le général Hamilton Mourao, pour qui « l’indolence des Brésiliens serait liée à l’héritage des indigènes ». Au-delà de la présidentielle, une kyrielle de candidats en treillis briguent les postes de gouverneurs, députés fédéraux ou régionaux et sénateurs.
Selon un sondage Datafolha datant de juin, 68 % des Brésiliens affirment se méfier des partis politiques tandis que 78 % font confiance aux forces armées
Une inflation d’épaulettes observée par la presse brésilienne. Le 13 août, le quotidien Estado de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Depuis le début des années 2010, la crise des opiacés, liée à une surprescription d’antidouleurs, n’en finit pas de prendre de l’ampleur.
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Etats-Unis : 72 000 personnes mortes d’une overdose en 2017, un record

Depuis le début des années 2010, la crise des opiacés, liée à une surprescription d’antidouleurs, n’en finit pas de prendre de l’ampleur.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h03
   





                        



   


Près de 72 000 personnes sont mortes par overdose en 2017 aux Etats-Unis, d’après les dernières données publiées jeudi par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), un record. C’est bien plus que les tués sur la route, par armes à feu ou par suicide.
Ce chiffre est en nette hausse par rapport aux 67 114 décès par overdose de 2016 et aux 54 207 de 2015, selon les CDC. Les chiffres ont augmenté dans 38 des 50 Etats américains. Les plus élevés ont été enregistrés en Floride, en Californie, en Pennsylvanie et dans l’Ohio mais les plus fortes progressions ont été constatées dans le Nebraska (+33,3 %) et en Caroline du Nord (+22,5 %).
La crise des opiacés a commencé au début des années 2010, découlant dans la grande majorité de la surprescription de médicaments comme l’oxycodone et autres antidouleurs. Cela a rendu plus de 2 millions de personnes dépendantes de ces substances, qui se sont ensuite tournées vers l’héroïne et le fentanyl, un opiacé synthétique extrêmement puissant et moins cher.
Cliniques et médecins complaisants
Les pouvoirs publics ont d’ailleurs multiplié les opérations contre des médecins et des cliniques peu scrupuleux, qui rédigeaient des ordonnances de complaisance, et contre l’industrie pharmaceutique. D’après les données récoltées, les opiacés de synthèse sont impliqués dans près de la moitié des morts par overdose. Soit environ un tiers de plus que l’année précédente.

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La crise des opiacés s’est emballée au point que le président Donald Trump l’a qualifiée en octobre d’« urgence de santé publique », débloquant des financements pour aider à lutter contre les addictions et limiter l’impact social de cette crise.
Malgré la hausse des décès au niveau fédéral, les statistiques des CDC semblent illustrer la réussite de certains programmes ; par exemple dans le Massachusetts, où les overdoses létales ont reculé alors que cet Etat du Nord-Est affichait des niveaux parmi les plus élevés ces dernières années. Pour tenter d’inverser la tendance, des autorités locales ont diffusé plus largement des kits contenant du Narcan, un traitement d’urgence en cas d’overdose.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La Coupe Davis se déroulera dès 2019 lors d’une phase finale d’une semaine réunissant 18 équipes, en clôture de la saison, sur terrain neutre.
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Tennis : la Fédération internationale adopte une réforme radicale de la Coupe Davis

La Coupe Davis se déroulera dès 2019 lors d’une phase finale d’une semaine réunissant 18 équipes, en clôture de la saison, sur terrain neutre.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 16h24
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 17h50
   





                        



   


Un tournoi raccourci, moins contraignant et plus lucratif. La Fédération internationale de tennis (FIT, ou ITF en anglais) a adopté une réforme aussi radicale que clivante de la Coupe Davis. Réunie depuis lundi à Orlando (Floride) dans le cadre de son assemblée générale annuelle, elle a soumis au vote jeudi 16 août cette réforme, que beaucoup considèrent comme une « mise à mort » de la vénérable compétition par équipes. La réforme a recueilli 71,43 % de votes favorables des 120 délégués présents, soit plus que la majorité des deux tiers requise.
La FIT avait annoncé le 26 février son projet de réforme de la séculaire Coupe Davis. L’épreuve par équipes, créée en 1900, est, à ce jour, disputée sur quatre week-ends entre janvier et novembre. Elle est aussi chaque saison un peu plus snobée par les meilleurs joueurs.

        Lire notre décryptage :
         

          Coupe Davis : un vote sur fond de zizanie



Une épreuve plus lucrative
La Fédération a donc décidé de condenser l’épreuve, espérant appâter les joueurs en leur jouant l’air du « jouer moins pour gagner plus ». Le partenariat avec le groupe d’investissement Kosmos, présidé par le footballeur Gerard Piqué, porte sur vingt-cinq ans et 3 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros environ). Il garantit 20 millions de dollars chaque année aux joueurs participants, et plus encore (21,5 millions de dollars) aux fédérations pour le développement du tennis.
Avec cette réforme, fini les quatre week-ends prolongés répartis au long de l’année, à domicile ou à l’extérieur. Fini aussi les matchs en trois sets gagnants, au profit de parties en deux. Terminé, enfin, les rencontres en cinq points, qui se limiteraient à deux simples et un double, soldés en une journée. Place, dès 2019, à une phase finale d’une semaine réunissant 18 équipes, en clôture de la saison, sur terrain neutre.
Le projet de refonte du tournoi, qui se disputera donc fin 2018 pour la dernière fois sur l’ancien modèle, avait provoqué une levée de boucliers dans de nombreux pays. Australie, Grande-Bretagne et Allemagne s’y sont opposées. En France, la fédération lui a apporté ses voix tandis que de grands noms, à l’image de Yannick Noah, victorieux de l’épreuve comme joueur puis capitaine, ont critiqué l’ITF pour avoir « vendu l’âme d’une épreuve historique ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Elles ont été touchées par des inondations et des coulées de boue entre fin mai et début juillet. Les demandes liées aux intempéries de l’été seront examinées dans les prochaines semaines.
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Intempéries : 865 communes en état de catastrophe naturelle

Elles ont été touchées par des inondations et des coulées de boue entre fin mai et début juillet. Les demandes liées aux intempéries de l’été seront examinées dans les prochaines semaines.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h47
   





                        



   


L’état de catastrophe naturelle a été reconnu dans 865 communes touchées par des inondations et des coulées de boue survenues entre fin mai et début juillet, selon un communiqué du ministre de l’intérieur.
L’arrêté, publié mercredi 15 août au Journal officiel, a été pris après étude de la commission interministérielle réunie mi-juillet, qui a traité « 1 766 demandes communales consécutives à cette série pluvio-orageux ».
Les communes concernées par l’arrêté se trouvent en Ile-de-France et notamment dans les départements suivants : Nord, Pas-de-Calais, Finistère, Charente-Maritime, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Landes, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Alpes-de-Haute-Provence, Bas-Rhin et Haut-Rhin, Côtes-d’Armor, Oise.
Deus fois plus de demandes en 2018
« De manière plus générale, le nombre de demandes communales déposées au titre des inondations et des coulées de boue sur le premier semestre de l’année 2018 est 2,5 fois plus important qu’en 2017 » – soit 4 410 dossiers de janvier à juillet 2018 contre 1 747 sur la même période en 2017 –, a précisé Gérard Collomb. Mi-juillet, la Commission a également traité 723 dossiers concernant l’épisode de sécheresse-réhydratation des sols de l’année 2017, ajoute le communiqué.
Le ministre de l’intérieur a salué la rapidité de traitement des demandes de communes, notamment grâce à une « très forte mobilisation des services régionaux de Météo-France et des préfectures concernées ». Après les intempéries survenues cet été, la commission interministérielle étudiera les nouvelles demandes communales dans les prochaines semaines.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le président de la Fédération bouddhiste chinoise aurait forcé des nonnes à avoir des relations sexuelles. Sa chute est vue comme une conséquence du mouvement #metoo.
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Chine : accusé de harcèlement, un maître bouddhiste démissionne

Le président de la Fédération bouddhiste chinoise aurait forcé des nonnes à avoir des relations sexuelles. Sa chute est vue comme une conséquence du mouvement #metoo.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h58
    |

                            Pablo Menguy








                        



   


C’est un rapport de 95 pages qui a fait tomber, mercredi 15 août, le président de la Fédération bouddhiste chinoise, maître Xuencheng. Ce document, censé rester confidentiel, a fuité sur Internet fin juillet. Rédigé par deux moines du même monastère de Pékin, le Longquan, le rapport accuse maître Xuencheng d’avoir voulu forcer six nonnes à avoir des relations sexuelles, en leur envoyant des textos et des messages vocaux explicites.
Il leur expliquait, d’un ton à la fois séducteur et menaçant, que le sexe était partie intégrante de leurs études bouddhistes, et qu’il était donc nécessaire de passer par cette étape. Quatre auraient cédé à ses avances.
Lorsque le rapport a fuité, le monastère a dénoncé des « preuves trafiquées » et une entreprise de « vengeance ». Si les censeurs chinois se sont attelés à supprimer toute trace du rapport ainsi que les réactions d’internautes criant au scandale, la pression est restée quand même très forte.
Ecarter « la célébrité et la luxure »
Et a obligé maître Xuencheng à démissionner, après une réunion des cadres de la fédération. Le China Daily indique que le moine est également accusé de « malversations financières ». Un nouveau président intérimaire, maître Yanjue, a été nommé. Dans un communiqué, la fédération appelle la communauté bouddhiste à être davantage disciplinée et à écarter de sa vie « la célébrité et la luxure ».
L’un des deux moines a expliqué, après la fuite du document, s’être senti obligé de rendre ces informations publiques après avoir constaté la réticence des autorités à enquêter sur ce pilier du régime. Xuencheng, âgé de 51 ans, est en effet un des moines bouddhistes les plus connus de Chine.
Des fidèles viennent de loin pour visiter son temple à Pékin, également réputé pour être à la pointe des nouvelles technologies. Un « robot moine » est posté à l’entrée du monastère. Il accueille les visiteurs, peut les guider et répondre à des questions religieuses. Le moine, lui, était très présent sur les réseaux sociaux. Des millions de fidèles suivaient ses posts sur la plate-forme Weibo, très utilisée en Chine.
Il n’existe en Chine aucune définition légale du harcèlement sexuel
Maître Xuencheng était non seulement président de la Fédération officielle bouddhiste chinoise, mais aussi membre de la chambre consultative du Parlement chinois. Il était au cœur d’un système où le pouvoir politique exerce une forte emprise sur les religions. On compterait environ 250 millions de bouddhistes en Chine.
Il n’existe en Chine aucune définition légale du harcèlement sexuel. Le mouvement #metoo, apparu en octobre 2017, a également eu des conséquences dans le pays. Les internautes avaient pu exprimer leur mécontentement et dénoncer des agressions en contournant la censure imposée par Pékin dans ce domaine.
Ainsi, #metoo s’était transformé en #mitu, ce qui signifie « riz et lapin » . Si la majorité des dénonciations concerne des actes commis par des étudiants sur les campus, de nombreux commentateurs estiment que la démission de maître Xuencheng n’aurait sûrement pas eu lieu sans le mouvement #metoo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ En moyenne planétaire, il s’agit du troisième mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés de températures.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ C’est la première fois depuis 2007 qu’autant de primo-romanciers sont mis à l’honneur à l’occasion de la rentrée littéraire.
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Rentrée littéraire : place aux premiers romans

C’est la première fois depuis 2007 qu’autant de primo-romanciers sont mis à l’honneur à l’occasion de la rentrée littéraire.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 10h05
   





                        



   


La rentrée littéraire, qui débute jeudi 16 août, est une occasion unique de découvrir de nouvelles plumes – particulièrement cette année, avec 94 premiers romans d’auteurs âgés de 24 à 86 ans.
Selon le décompte du magazine spécialisé Livres Hebdo, il n’y a jamais eu autant de premiers romans français publiés depuis 2007.
Un total de 567 titres, dont 381 ouvrages francophones, est attendu en librairie d’ici à la mi-octobre et, à de rares exceptions près, les écrivains ont choisi d’ignorer l’insouciance.

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Au nom du frère et du père
Certains primo-romanciers ne sont pas des inconnus. C’est le cas notamment de la critique littéraire Olivia de Lamberterie, qui dresse un portrait de son frère disparu dans Avec toutes mes sympathies (Stock), ou du comédien Philippe Torreton qui, après plusieurs récits et essais dont le best-seller Mémé (L’Iconoclaste, 2014), publie son premier roman, Jacques à la guerre (Plon), librement inspiré de la vie de son père.
Parmi les auteurs qui ne sont pas des débutants figure également Jean-Luc Barré, historien et éditeur – il est directeur de la collection Bouquins chez Robert Laffont. Il publie Pervers (Grasset), premier roman autour de la personne d’un écrivain.
C’est aussi le cas de Colas Gutman (connu pour sa série pour enfants Chien pourri), avec Le Complexe d’Hoffman (L’Olivier).

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La puissance du verbe
Auteur sans antécédents, Anton Beraber signe avec La Grande Idée (Gallimard), un des meilleurs romans de la rentrée. Ce récit d’aventures, sur les traces d’un mystérieux personnage, est porté par un style flamboyant.
Estelle-Sarah Bulle s’intéresse, de son côté, à l’exil des Guadeloupéens vers la métropole dans Là où les chiens aboient par la queue (Liana Levi), un récit porté par une langue enchanteresse.

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Déjà en lice pour les prix
La Belge Adeline Dieudonné signe La Vraie Vie (L’Iconoclaste), roman à la fois drôle et violent, autour de la figure d’une adolescente surdouée, coincée entre un père chasseur de gros gibier et misogyne, une mère craintive et soumise, et un jeune frère mutique qu’elle aimerait ramener à la vie.
Ce livre est déjà en lice pour de nombreux prix, dont le prix du roman Fnac, le prix Envoyé par La Poste et le Prix Stanislas, qui récompense le « meilleur premier roman de la rentrée ».
En lice également pour le prix Stanislas, qui sera décerné à Nancy le 8 septembre, le doyen de cette rentrée, Dov Hoenig, 86 ans, publie Rue du triomphe (Robert Laffont).
Le livre s’inspire largement de la jeunesse tumultueuse de l’auteur, né en Roumanie et parti pour la Palestine dès la fin de la guerre, avant de rejoindre Paris au milieu des années 1960.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.
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La plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme délogée de ses locaux à Saint-Pétersbourg

Memorial, organisation classée depuis 2016 comme « agent de l’étranger », subit une pression croissante des autorités russes.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 18h49
   





                        


Memorial, la plus ancienne ONG russe de défense des droits de l’homme, créée en 1989, a été délogée de ses locaux, qu’elle occupait depuis vingt ans, par l’administration de Saint-Pétersbourg.
Les services municipaux « nous ont récemment informés avoir rompu le contrat encadrant l’usage des locaux où notre organisation se trouvait depuis 1997 », a expliqué Galina Chkolnik, la directrice de l’antenne à Saint-Pétersbourg de l’ONG Mémorial. « C’était totalement inattendu. Nous étions sûrs que le contrat serait prolongé comme d’habitude. Nous n’avons enfreint aucune règle, s’est défendue Mme Chkolnik, qui dit ignorer les motivations de l’administration. Soit quelqu’un a envie d’utiliser nos locaux [dans le centre-ville], soit nous avons des problèmes en tant qu’“agent de l’étranger”. »
L’organisation a en effet été classée en 2016 sous la dénomination controversée d’« agent de l’étranger », c’est-à-dire une organisation bénéficiant d’un financement étranger et ayant « une activité politique ». Elle doit désormais se présenter comme telle dans sa communication. Les autorités de Saint-Pétersbourg n’étaient pas joignables jeudi 16 août pour commenter la situation.
Plusieurs dirigeants locaux poursuivis
Arrestations, perquisitions et agressions visant Mémorial sont courantes, notamment en Tchétchénie (Caucase russe), selon des défenseurs des droits de l’homme. Le responsable de l’ONG en Tchétchénie, Oïoub Titiev, a été arrêté en janvier par la police, qui affirme avoir découvert de la drogue dans sa voiture. Actuellement jugé à Grozny, il risque jusqu’à dix ans de prison.
Iouri Dmitriev, le chef d’une branche de Mémorial en Carélie (nord-ouest) et historien russe connu pour ses recherches sur la terreur stalinienne, se trouve en détention depuis juillet dernier après avoir été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur. Trois mois plus tôt, il avait été acquitté dans une affaire similaire qu’il dénonçait comme étant montée de toutes pièces.
« Il faut chercher les origines de la situation de Mémorial à Saint-Pétersbourg dans l’attitude générale des autorités locales envers les ONG de défense des droits de l’homme. Ces raisons sont politiques », a affirmé le député du parti d’opposition Iabloko Boris Vichnevski.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Les comptes du logement montrent que ce secteur d’activité a représenté, l’an dernier, une dépense publique de 41,9 milliards d’euros mais qu’il a rapporté 74,4 milliards de recettes.
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Le logement, une très bonne affaire pour les finances publiques en 2017

Les comptes du logement montrent que ce secteur d’activité a représenté, l’an dernier, une dépense publique de 41,9 milliards d’euros mais qu’il a rapporté 74,4 milliards de recettes.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 15h53
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

A peine parvenu au sommet de l’Etat, Emmanuel Macron fustigeait le coût du logement pour les finances publiques : « Cela fait des années, pour ne pas dire des décennies, qu’on dit que la politique du logement fonctionne mal en France. Nous dépensons 40 milliards d’euros par an pour avoir 4 millions de mal logés », expliquait-il devant les maires de France, le 23 novembre 2017.

Les comptes du logement en 2017, publiés le 31 juillet par les services statistiques du ministère de la cohésion des territoires, lui donnent raison : les aides publiques au logement sous toutes leurs formes – subventions d’investissement, allocations, avantages fiscaux et de taux – ont coûté 41,9 milliards d’euros, soit 1, 9% du produit intérieur brut (PIB), en léger retrait (– 0,3%) par rapport à 2016.
Le secteur locatif social absorbe 39,4 % de ce montant, le locatif privé, 30 %, et les propriétaires occupants 19,6 %. L’ensemble des aides distribuées aux 5,8 millions d’occupants, dont 96 % de locataires, totalise, 23,3 milliards d’euros, dont 18 milliards d’aides personnalisées (APL) et allocations.
Les droits de mutation ont bondi de 15 %
La dépense est cependant contenue grâce au rabotage du barème des APL opéré sous le quinquennat de François Hollande, mais après avoir triplé entre 1985 et 2017. Les avantages fiscaux, autre gros poste de 15,4 milliards, profitent d’abord au secteur social (39 %), puis aux propriétaires occupants sous la forme de prêts à taux zéro (PTZ), de crédits d’impôt énergétique et de TVA à taux réduit pour des travaux de rénovation (33 %), avant le secteur locatif libre (25 %) et ses avantages fiscaux Pinel (environ 2,2 milliards d’euros) et autres.
Le PTZ est en hausse de 26,5 % par rapport à 2016, à 2,8 milliards d’euros, en raison de l’élargissement de son périmètre et de la hausse des plafonds de ressources des emprunteurs éligibles.
Là où le raisonnement du chef de l’Etat était tronqué, c’est qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Plusieurs sites ont désigné les membres de la communauté des gens du voyage comme coupables de la fusillade de Beaune. Il n’en est rien.
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Tirs de Beaune : comment une rumeur a accusé à tort les gens du voyage

Plusieurs sites ont désigné les membres de la communauté des gens du voyage comme coupables de la fusillade de Beaune. Il n’en est rien.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 19h08
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Une information erronée a attribué la responsabilité des tirs de Beaune, dans la nuit du 29 au 30 juillet, ayant fait sept blessés, à la communauté des gens du voyage. Fermement démentie par le procureur de Dijon, chargé de l’affaire, cette rumeur a pourtant été relayée par certains médias. Décryptage.
Les faits
Dans la nuit du 29 au 30 juillet, deux personnes, à bord d’une Clio rouge, partent à la recherche d’un individu tiers dans le cadre d’un conflit lié à la vente d’une voiture. Ils arrivent sur Beaune, pensant que se trouvait là la personne recherchée. Ils tombent par hasard sur un groupe de jeunes gens dans le quartier populaire de Saint-Jacques.
Selon le procureur de Dijon, Thierry Bas, le groupe de jeunes gens a, le premier, eu une attitude agressive à l’endroit des occupants de la Clio rouge s’étant approchée de leur lieu de rassemblement. « Le véhicule arrive, un jeune s’approche et dit au conducteur : “Dégagez, c’est notre territoire” », rapporte M. Bas. Comme l’ont démontré les images de vidéosurveillance, le premier coup de poing est donné par l’un des membres de la bande de jeunes à l’un des occupants de la voiture, qui répliquent en les aspergeant de gaz lacrymogène.
Les premiers « sales bougnoules » commencent alors à fuser. Les conducteurs n’avaient, de prime abord, « aucune intention raciste », précise le procureur. Quatre heures plus tard, les occupants de la Clio reviennent dans un autre véhicule et tirent sur le groupe de jeunes avec « une arme longue ». Sept jeunes seront blessés par des gerbes de plombs de calibre 12, et deux seront hospitalisés.
« Ce n’est pas une attaque communautariste »
« Fusillade “raciste” de Beaune : il s’agissait finalement d’un règlement de comptes lié à un trafic de voitures entre gens du voyage et maghrébins », titre le site Fdesouche, le 11 août, dans un texte toujours en ligne. Dans les commentaires, un tombereau d’injures fustigeant « la faune qu’il peut y avoir dans notre pays », « les merdias » et « les islamogauchistes ».

   


Or, ces affirmations sont fausses. Les suspects, tous deux âgés de 31 ans, sont originaires de la région dijonnaise. L’un d’entre eux vit dans un appartement à Dijon, l’autre dans une commune limitrophe. « Ils n’ont rien à voir avec la communauté des gens du voyage, ni avec quelconque autre communauté. Ce n’est pas une attaque communautariste. Le site Fdesouche fait de la désinformation », martèle le procureur de Dijon.
Confronté à la fausseté de l’information qu’il avait relayée, Pierre Sautarel, animateur du site Fdesouche, préfère accuser le procureur de Dijon de mensonge. « Pourquoi ils accusent la fachosphère alors que si fake news il y a, c’est La Provence et France Télévisions ? Mon avis est que le proc joue sur l’ambiguïté entre gens du voyage nomades et sédentarisés », écrit-il sur son compte Twitter à la suite de la parution d’un article de 20 Minutes démontant la rumeur.
Une hypothèse également fermement démentie par Thierry Bras. « Absolument rien ne le démontre. Il est également faux d’affirmer qu’ils ont trouvé refuge dans des camps, comme cela a été affirmé », rappelle le procureur.
Une fausse information plusieurs fois relayée
La rumeur provient en effet de certains médias. Le quotidien La Provence est le premier à relayer cette information, le samedi 11 août, à 11 h 25 : « Selon une source proche du dossier, les deux hommes interpellés seraient des membres de la communauté des gens du voyage », lit-on dans l’article toujours en ligne au moment de l’écriture de ces lignes.
Sur le site internet de France 3 Bourgogne Franche-Comté, le temps de la narration change, du conditionnel au présent, et de la rumeur à l’affirmation. Dans un article publié le même jour à 17 h 57 (et modifié depuis), on lit que « les suspects sont originaires de la communauté des gens du voyage et se sont cachés dans différents camps au cours de leur cavale. (…) C’était compliqué pour nous ».

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                Après la fusillade à Beaune, le temps des questions



Un journaliste de la rédaction de la radio France Bleu Bourgogne, que nous avons contacté le 16 août, ignorait, quatre jours après le démenti du procureur, que la rumeur qu’il avait relayée avait été invalidée : « Je n’étais pas au courant, nous confie ce journaliste ayant souhaité demeurer anonyme. C’était une rumeur qui nous a été transmise par des collègues de Marseille et des collègues de Paris en lien avec la PJ. » Une rumeur que France Bleu Bourgogne n’a pas vérifiée, faute de temps. « On n’a pas les moyens de vérifier. On est à Dijon, ils ont été arrêtés à Marseille, c’était compliqué pour nous », reconnaît le journaliste.
L’article est par la suite repris sur le site Franceinfo. A la rédaction du site internet, on explique : « Lorsque nous avons entendu que l’info était démentie, nous avons joint le procureur adjoint de Dijon, que nous avons eu mardi en toute fin de matinée. Un correctif a été apporté depuis ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.
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Gênes : « Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe »

Pour l’ingénieur Jean-Michel Torrenti (Ifsttar), il est probable que la corrosion d’un hauban a entraîné l’effondrement du pont de Gênes, que sa conception rendait très fragile.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h26
    |

            Grégoire Allix (propos recueillis par)








                        



L’effondrement d’une portion du viaduc autoroutier à Gênes, qui a fait au moins 39 morts et a conduit le gouvernement italien à déclarer un état d’urgence d’un an, continue à poser de nombreuses questions sur les défaillances de la structure du pont.

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Selon plusieurs experts, le viaduc Morandi de l’autoroute A10, long de 1,18 km et construit à la fin des années 1960, était un ouvrage en béton qui présentait des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien, lié en particulier aux fissures et à la dégradation de l’ouvrage. Jean-Michel Torrenti, ingénieur des ponts, spécialiste du béton, et directeur du département matériaux et structures de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), répond aux questions suscitées par la catastrophe.

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D’après vous, qu’est-ce qui a pu provoquer l’effondrement du pont Morandi de Gênes ?
Pour moi, c’est une des suspentes du pont qui a cassé, entraînant la chute du tablier et du pylône. Le viaduc Morandi est une construction étonnante : c’est un pont en béton qui s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton précontraint au lieu d’une série de câbles en acier. C’est un procédé constructif très peu résilient. Si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Sur le viaduc de Millau, même si un câble cède, le pont ne s’écroule pas. C’est la même chose sur les bâtiments : on doit pouvoir enlever un poteau sans que ça s’effondre.
Quelle serait la cause de cette rupture du hauban ?
Je ne crois pas trop à l’explication de la foudre. A mon avis, la cause est plutôt liée à la corrosion. Le béton est un matériau qui fonctionne mal en traction, contrairement aux câbles en acier : pour l’utiliser comme hauban, on le précontraint, c’est-à-dire qu’on le comprime fortement grâce à des câbles pris dans la gaine de béton. Or, cette gaine peut masquer la corrosion. Et on sait que la corrosion sur des câbles tendus les rend très fragiles.
Normalement, on s’en aperçoit si le béton se fissure. Mais dans le cas d’un béton précontraint, on s’en aperçoit au dernier moment. Avec ce procédé constructif, si la suspente casse, le système n’est plus équilibré et c’est la catastrophe.
Un affaiblissement des fondations ne peut-il pas être à l’origine de l’accident ?
C’est vrai que les fondations peuvent potentiellement occasionner des dégâts majeurs à des ponts. Mais, là, je n’ai pas l’impression que ce soit le cas : quand on voit les films, on a vraiment l’impression que le pylône tombe après le tablier.
La partie non effondrée du viaduc peut-elle être conservée ?
Je suis persuadé qu’ils vont détruire au moins le reste du pont à haubans, avec les deux piliers qui restent. C’est le même procédé constructif inquiétant, qui ne pardonne pas la moindre faiblesse. Les viaducs d’accès peuvent peut-être être conservés : ils sont de conception plus classique et reposent simplement sur des piles faites de plusieurs poutres.

   


Un rapport d’audit estime que 30 % des ponts du réseau routier français non concédé au privé ont besoin de réparations. Faut-il s’en alarmer ?
Il n’y a pas d’urgence absolue dans les cinq ans qui viennent, mais il est clair qu’on ne peut pas construire un pont et ne plus rien faire pendant les cent ans de sa durée de vie. Sans maintenance, on sera confronté au bout de vingt ans à des problèmes.
Etant donné les inspections auxquelles les ouvrages sont soumis en France, le risque n’est pas forcément que les ponts s’effondrent, mais plutôt qu’on soit obligés de les fermer. Et plus on attend pour réaliser ces travaux de maintenance, plus il y aura urgence et plus ça coûtera cher.
Aujourd’hui il y a un arbitrage difficile à faire sur fond de budget limité : faut-il réparer un peu tous les ponts qui présentent des problèmes, ou se concentrer uniquement sur les plus dégradés en remettant l’entretien des autres à plus tard ?

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ L’arrestation d’une quinzaine de personnes, dont deux généraux et un colonel, laisse penser que le président Nicolas Maduro commence à craindre son armée.
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Venezuela : série d’arrestations après l’« attentat » aux drones contre Maduro

L’arrestation d’une quinzaine de personnes, dont deux généraux et un colonel, laisse penser que le président Nicolas Maduro commence à craindre son armée.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 20h40
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 16h17
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



   


Quatorze personnes, dont deux militaires haut gradés, ont été arrêtées au Venezuela dans le cadre de l’enquête sur l’attentat qui, le 4 août, a visé le président Nicolas Maduro. Ce bilan a été fourni, mardi 14 août, par le procureur Tarek William Saab au cours d’une allocution télévisée. Le chef du parquet a précisé mardi matin que vingt autres personnes étaient impliquées et que ce nombre pourrait augmenter, certains prévenus ayant « admis leur responsabilité » et opté pour la « délation ».
Parmi les personnes présentées au juge figurent un colonel et un général, Alejandro Perez Gamez, a précisé M. Saab. Mais lundi, tard dans la soirée, un deuxième général a été arrêté. Il s’agit de Hector Hernandez Da Costa, de la Garde nationale bolivarienne. Le procureur n’a pas évoqué sa situation, et les autorités n’ont pas précisé les motifs de sa détention. « Deux généraux arrêtés en 24 heures, cela ne s’était jamais vu, souligne Rocio San Miguel, experte en questions militaires. Ce fait inédit ne peut que contribuer à augmenter le malaise et l’instabilité au sein de l’armée. »
Le général Hector Hernandez a été arrêté à son domicile lundi soir par les hommes de la direction du contre-espionnage militaire (DGCIM). La scène a été filmée par ses proches. Avant d’être embarqué, le général a posté sur les réseaux sociaux une brève déclaration : « La DGCIM est arrivée sans ordre de perquisition ni mandat d’arrêt. Ils veulent m’obliger à les suivre. Je me déclare innocent de toute charge qui serait formulée contre moi, de façon perverse. »
« Prisons surpeuplées »
« Le general Hernandez jouissait d’un grand prestige au sein de la Garde nationale bolivarienne », affirme Rocio San Miguel. Plus de 150 militaires – tous grades confondus – ont été arrêtés cette année, et « les trois prisons militaires du pays sont surpeuplées ». Les arrestations tournent à la purge et laissent penser que Nicolas Maduro commence à craindre son armée.
Le président vénézuélien, qui se dit victime d’un « complot de la droite », a réitéré les accusations formulées le soir même de l’attentat. Les « terroristes » auraient été entraînés par des paramilitaires colombiens (avec la complicité de l’ancien président colombien, Juan Manuel Santos, dont le mandat a pris fin trois jours après l’attentat) et financés par des exilés vénézuéliens installés à Miami.
Alors que Nicolas Maduro présidait, le 4 août, une cérémonie militaire sur une grande avenue de Caracas, deux drones ont explosé aux abords de l’estrade où il se trouvait en compagnie de son épouse et d’une partie du haut commandement militaire. Les détonations ont provoqué un moment de panique dans les rangs de l’armée et blessé sept personnes. Mardi, Nicolas Maduro a demandé que les responsables de l’attentat fassent l’objet « d’un procès public, ouvert et transparent afin de créer une conscience nationale ».
Selon l’opposition, l’incident des drones aurait servi de prétexte pour renforcer la répression politique et faire diversion, alors que des mesures sont attendues pour faire face à l’hyperinflation
Mais l’opposition ne croit pas à la version des autorités. Certains pensent que l’attentat a été le fait des secteurs « anti-Maduro » au sein du parti « chaviste » qui est au pouvoir depuis dix-neuf ans. D’autres contestent l’existence même d’un attentat. Mme San Miguel évoque l’hypothèse d’une erreur des services de sécurité du président, qui auraient choisi d’abattre deux drones après en avoir perdu le contrôle.
Toujours selon l’opposition, l’incident des drones aurait servi de prétexte pour renforcer la répression politique et faire diversion, alors que des mesures d’ajustement sont attendues pour faire face à l’hyperinflation – qui devrait atteindre 1 000 000 % en 2018, selon le FMI – et à la crise qui ravage le pays. « La dictature profite du montage de l’attentat supposé pour faire condamner l’opposition », a écrit sur son compte Twitter l’opposant Julio Borges, qui vit à Bogota. Il est accusé par Caracas d’être le cerveau de l’attentat du 4 août.
L’entrée en vigueur d’une nouvelle monnaie – le bolivar va perdre cinq zéros – et l’annonce d’une augmentation sans précédent du prix de l’essence ajoutent à l’inquiétude ambiante. Selon les Nations unies, 2,3 millions de Vénézuéliens ont déjà choisi le chemin de l’exil, soit environ 7 % du total de la population.

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« Traîtrise, terrorisme et tentative d’assassinat »
Le 8 août, le jeune député d’opposition, Juan Carlos Requenses, avait, lui, été arrêté à son domicile, en dépit de son immunité parlementaire. Trois jours après son arrestation, les autorités ont filtré une vidéo de M. Requesens qui avoue avoir aidé à exfiltrer du Venezuela un des comploteurs présumés de l’attentat, à la demande de Julio Borges.
Une autre vidéo, sur laquelle le député apparaît dans un caleçon souillé, a accrédité l’hypothèse qu’il aurait été torturé. Agé de 29 ans, M. Requesens est père de deux enfants. Accusé de « traîtrise, terrorisme et tentative d’assassinat », il risque trente ans de prison.
Mercredi, à Bogota, le Tribunal supérieur de justice en exil – composé des hauts magistrats destitués par le pouvoir chaviste et nommés par le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l’opposition – a, lui, condamné Nicolas Maduro a dix-huit ans de prison et deux amendes de 60 millions de dollars au total, pour son implication dans l’affaire Odebrecht, du nom de l’entreprise de travaux publics brésilienne qui a distribué des pots-de-vin dans toute l’Amérique latine.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ Une étude de Santé publique France montre que 1 758 personnes ont été prises en charge dans les hôpitaux entre le 1er juin et le 9 août, contre 858 en 2015.
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Forte augmentation des noyades en France cet été

Une étude de Santé publique France montre que 1 758 personnes ont été prises en charge dans les hôpitaux entre le 1er juin et le 9 août, contre 858 en 2015.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 15h44
   





                        


Le nombre de noyades a fortement augmenté cet été par rapport à la même période en 2015, révèle une enquête de Santé publique France publiée jeudi 15 août.
Selon ce décompte, 1 758 personnes ont été prises en charge dans les hôpitaux entre le 1er juin et le 9 août 2018 dans le pays, outre-mer compris. Dans 21 % des cas (373), elles n’ont pas pu être sauvées. Sur la même période en 2015 (l’enquête n’est pas réalisée tous les ans), le nombre de prises en charge était de 858 et 329 personnes sont mortes.

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902 d’origine accidentelle
Santé publique France explique cette hausse « pour partie par des conditions climatiques en termes de températures et d’ensoleillement particulièrement favorables à la baignade, et pour partie par une amélioration du système de surveillance des noyades ».
Sur les 1 758 prises en charge pour l’instant cet été, 902 ont une origine accidentelle, 84 étaient intentionnelles et 772 sont « d’origine encore indéterminée, en cours d’investigation ».

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Le changement climatique, prédateur du requin

Le réchauffement va bouleverser la distribution des squales, qui pourraient s’approcher davantage des côtes… à moins de disparaître à petit feu.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h41
    |

                            Clémence Carayol








                        



   


Plusieurs apparitions de requins sur le littoral européen ont suscité un certain émoi cet été : est-il normal que des requins-renards et des requins bleus pointent leur aileron en Corse ou à Marseille ? Un grand blanc a-t-il sa place si près des côtes espagnoles ?
« Ces manifestations sont totalement normales, répond Johann Mourier, requinologue au Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement installé à Moorea (Polynésie française) et à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Ce qui serait plutôt à craindre, c’est de ne plus voir ces prédateurs dans certaines eaux comme celles qui bordent Majorque ou le sud de la France. »
« La connaissance des requins est parfois lacunaire, souligne le chercheur en biologie marine. Pour moi, le spécimen identifié à Majorque n’est pas un grand blanc, mais un requin mako ; les deux appartiennent toutefois à la famille des pélagiques. » Parmi les près de 500 espèces de squales, la distinction majeure réside dans l’aptitude à parcourir de longues distances dans l’océan pour pouvoir trouver un habitat naturel adapté à leur métabolisme.
Les requins pélagiques sont de « grands voyageurs »
Ceux qui en sont le plus capables sont les requins pélagiques, qualifiés de « grands voyageurs au gré des courants » par Johann Mourier. Les bien nommés requins côtiers restent, pour leur part, attachés à un récif ou autre environnement corallien.
« Les requins sont ectothermes : ils ne peuvent pas réguler leur température, explique le chercheur. Ceux qui sont capables de retrouver une niche thermique qui leur correspond seront moins impactés par le réchauffement. » Pélagiques ou côtiers, les squales vont subir de plein fouet le changement climatique : « L’augmentation de la température aura des conséquences sur le métabolisme de l’animal avec une plus grande demande énergique qui le rendra moins efficace. Par ailleurs, le changement climatique va acidifier l’océan et leur fera perdre leur olfaction de chasseur », souligne le requinologue. D’autres facteurs indirects liés au réchauffement, comme la raréfaction de certaines de leurs proies, ne laisse rien présager de bon pour les prédateurs marins.
Johann Mourier note que l’on assiste « déjà à une redistribution de la répartition des requins : le requin à pointes noires et le requin-tigre commencent à apparaître en Méditerranée. En Angleterre, on commence même à voir des grands blancs. » Mais le scientifique est formel : « Parmi les requins, ceux qui ne seront pas capables de se déplacer vont s’éteindre. »
Dominique Barthélémy, conservateur adjoint en charge du milieu vivant à Océanopolis, à Brest, relève par ailleurs « l’augmentation sensible du nombre de baigneurs et de surfeurs tués par des requins-bouledogues sur les côtes de l’île de La Réunion depuis dix ans. Ces derniers y sont de plus en plus nombreux, ce serait lié au changement climatique selon plusieurs scientifiques. »
Le conservateur de l’aquarium de Brest pense lui aussi que des évolutions sont déjà en cours. « La présence de certaines espèces de squales sur des sites où ces animaux étaient rares aura un impact sur d’autres populations animales, et à terme sur les activités humaines comme à La Réunion. »



                            


                        

                        


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Prélèvement à la source : une réforme à tiroirs qui réserve encore des surprises

A moins de cinq mois de la périlleuse mise en place du prélèvement à la source, le sort des employés à domicile reste à éclaircir.



Le Monde
 |    16.08.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
16.08.2018 à 11h25
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Tour d’horizon de ce qui ­attend les contribuables français à compter du 1er janvier 2019, avec la mise en place du prélèvement à la source.

Les salariés à domicile
Nounous, femmes de ménage ou jardiniers ne paieront pas d’impôt en 2019, mais ils pourraient le faire doublement en 2020 : chaque mois, ils s’acquitteraient de celui de l’année en cours et, à l’automne, l’administration leur réclamerait celui de l’année d’avant. Ces salariés devaient basculer dans la réforme le 1er janvier 2019, comme tout le monde, mais la mise en œuvre du nouveau dispositif censé simplifier les démarches de leur employeur a pris du retard. Le gouvernement a donc cherché la parade : pour les employés à domicile, la réforme sera décalée d’un an. Ces derniers seront par conséquent dispensés d’impôt l’année prochaine. Pour 2020, potentielle année double pour eux, le gouvernement réfléchit à les exonérer purement et simplement d’impôt. Mais « rien n’est décidé », précise-t-on à Bercy.
Les employeurs particuliers
Ces derniers avaient découvert que le crédit d’impôt lié à l’emploi de personnes à domicile ne serait pas pris en compte dans leur prélèvement mensuel, mais versé en une fois, pendant l’été. Le gouvernement a finalement décidé de leur octroyer 30 % du crédit en janvier, à condition qu’ils en aient déjà bénéficié l’année précédente. L’aménagement a été élargi aux résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Les bénéficiaires d’un crédit ou d’une réduction d’impôt
Peu à peu, de nombreuses catégories de ­contribuables ont découvert qu’ils se situaient dans un angle mort de la réforme. Le prélèvement à la source est en effet une mauvaise surprise pour tous ceux qui bénéficient de crédit ou de ­réduction d’impôt (loi Pinel sur l’immobilier, dons aux associations, investissement dans le cinéma ou dans l’économie corse…). L’avantage...




                        

                        

