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L’« Aquarius » arrive à Malte pour débarquer 141 migrants secourus en mer

Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Le navire humanitaire Aquarius est arrivé mercredi 15 août à Malte, où il a été finalement autorisé à accoster après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. Le navire, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), est entré peu après 14 heures dans le port de La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants qu’il avait secourus vendredi dans les eaux internationales au large de la Libye.

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                Migrants : l’« Aquarius », un défi pour l’Europe



L’armée maltaise a été mobilisée pour faciliter le débarquement des migrants, originaires pour la plupart de Somalie et d’Erythrée, qui devront passer un contrôle médical à leur arrivée, selon les autorités locales. La moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes.
« Deux enfants ont moins de 5 ans et trois moins de 13 ans », a déclaré Aloys Vimard, le coordinateur de Médecins sans frontières à bord de l’Aquarius, soulignant que les rescapés étaient « épuisés, marqués par leur voyage et leur séjour en Libye ».
Errance pendant plusieurs jours
Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, ce navire a de nouveau erré plusieurs jours en quête d’un port d’accueil, mettant l’Europe face à ses « responsabilités ». Rejeté par l’Italie mais aussi dans un premier temps par Malte, qui avait recueilli lundi 114 migrants secourus par sa marine, l’Aquarius a finalement été autorisé mardi à accoster à La Valette à la suite d’un accord avec cinq autres pays de l’Union européenne (UE). La France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne ont accepté de se répartir l’accueil des 141 migrants à bord et des 114 autres arrivés lundi sur l’île.
L’Espagne, qui avait accueilli l’Aquarius en juin au moment de sa précédente errance, a fait savoir mardi qu’elle prendrait en charge sur son sol 60 des 141 migrants. La France, dont le président Emmanuel Macron avait été vivement critiqué en juin pour avoir fermé les portes à l’Aquarius, a également assuré qu’elle recevrait 60 migrants. L’Allemagne s’est de son côté engagée à recevoir « jusqu’à 50 » réfugiés et le Portugal s’est dit « disponible » pour accueillir 30 personnes. Le Luxembourg en recevra 5.
« Dangereux et immoral »
Sur Twitter, SOS Méditerranée s’est félicité mercredi de l’entente entre les différents pays européens qui se sont « mis d’accord pour partager les responsabilités au sein d’une réponse (…) coordonnée ».
Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lui aussi salué dans un communiqué « la fin de l’impasse concernant l’Aquarius », mais il a toutefois jugé que « cette situation n’aurait jamais dû en arriver à ce point ». « Il est faux, dangereux et immoral de continuer à faire errer des navires de sauvetage en Méditerranée, alors que les gouvernements se font concurrence pour se décharger de leurs responsabilités », a ajouté M. Grandi en estimant « urgent » de sortir « des approches “bateau par bateau” pour savoir où débarquer les passagers secourus ».

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                Daniel Cohn-Bendit : « L’Europe n’a pas de stratégie sur la question migratoire »



L’odyssée en juin de l’Aquarius avec plus de 600 personnes à son bord avait duré une semaine après les refus de Malte et de l’Italie, dont le ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini avait mis un point d’honneur à ne pas accueillir de nouveaux migrants.
Les dirigeants de l’UE s’étaient réunis le 24 juin mais sans réussir à arracher un compromis avec les partisans d’une ligne dure sur l’immigration, comme l’Italie et le groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le 12 juillet, plus de la moitié des 78 migrants accueillis par la France ont été conduits dans la capitale des Flandres.
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A Lille, la mission d’intégration de 42 Soudanais passagers de l’« Aquarius » en juin

Le 12 juillet, plus de la moitié des 78 migrants accueillis par la France ont été conduits dans la capitale des Flandres.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h35
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

C’était il y a tout juste un mois. A Lille arrivaient 42 Soudanais, parmi les 629 migrants de l’Aquarius, qui avait cherché, déjà, durant des jours, un port pour accoster. La maire (PS), Martine Aubry, après avoir critiqué l’attitude du gouvernement français durant la crise, avait proposé d’accueillir une partie de ces migrants débarqués en juin finalement à Valence (Espagne).
Le 12 juillet, plus de la moitié des 78 migrants accueillis par la France ont ainsi été conduits dans la capitale des Flandres. Ces hommes, âgés de 18 à 32 ans, ont fui les persécutions dans des zones de guerre civile du sud du Soudan, ont traversé le désert libyen et fait naufrage en Méditerranée. Premières missions de la Sauvegarde du Nord, l’association mandatée par l’Etat pendant dix-huit mois pour les accueillir : établir un bilan de santé et les héberger dans un ancien Ehpad prêté par la ville. Deux par chambre, ces hommes apprennent à vivre en colocation autour d’une cuisine commune. « Ils sont ultra-dynamiques, souhaitent vraiment s’insérer et veulent tout connaître sur Lille et la France », explique Martin David-Brochen, directeur de l’inclusion sociale à la Sauvegarde du Nord. 

« Accueil exemplaire »
Des professeurs bénévoles proposent des ateliers de discussion tandis que les éducateurs de la Sauvegarde leur expliquent la vie en France et les démarches administratives en attendant les cours de français proposés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration dès la mi-septembre. « Notre rôle est de les rendre autonomes pour une insertion durable », précise la Sauvegarde, où un conseiller en insertion va désormais étudier chaque cas, d’autant que des restaurateurs lillois ont déjà proposé des emplois à ces réfugiés.
De son côté, la ville a libéré des créneaux horaires dans des salles de sport pour leur permettre de faire du football et du basket deux jours par semaine. Le soir de la finale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le gouvernement maltais a tenu à insister, mardi, sur le rôle joué par la France pour parvenir à un accord.
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« Aquarius » : Macron à la manœuvre depuis le fort de Brégançon

Le gouvernement maltais a tenu à insister, mardi, sur le rôle joué par la France pour parvenir à un accord.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h43
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Un président de la République n’est jamais vraiment en vacances : il y a toujours une crise à gérer, un dossier sur le feu, une élection à préparer. La retraite estivale d’Emmanuel Macron aura notamment été accaparée par la situation de l’Aquarius, ce navire de SOS Méditerranée, une ONG qui vient au secours des migrants s’élançant en mer à destination de l’Europe. Bien que retiré avec son épouse, Brigitte, au fort de Brégançon (Var), depuis le 3 août, « le président de la République était en lien constant avec Joseph Muscat », le premier ministre maltais, pour tenter de résoudre la crise, assure-t-on à l’Elysée.
Bloqué au large pendant plusieurs jours à la suite des refus conjoints de l’Italie et de Malte d’ouvrir leurs ports, le bateau pourra finalement accoster à La Valette, à l’issue d’intenses discussions. En échange, les 141 migrants qui se trouvaient à son bord, ainsi que 114 autres personnes sauvées, lundi, par les gardes-côtes maltais, seront répartis dans cinq pays de l’Union européenne, dont la France. Un moindre mal pour l’exécutif français, désireux de trouver une solution rapide alors que la question de l’immigration risque d’occuper une place centrale dans la campagne des élections européennes de mai 2019.

« L’honneur de l’Europe »
En annonçant le contenu de cet accord, mardi 14 août, le gouvernement maltais a d’ailleurs tenu à insister sur le rôle joué par la France pour parvenir à ce dénouement. « On a pris les devants », se félicite un conseiller du chef de l’Etat, qui évoque un « copilotage » sur le sujet avec Malte. « Il y a eu deux, trois jours de négociations intenses entre les capitales européennes pour convaincre d’accueillir des migrants », poursuit cette même source. Dans un communiqué, l’Elysée a salué de son côté « le geste humanitaire exceptionnel de Malte ».
« Coopération européenne concrète actée sur l’Aquarius, sur initiative franco-maltaise....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ « En phase de réflexion », Manuel Valls confirme au « Monde » qu’il dévoilera en septembre sa décision de se présenter ou non aux élections municipales de Barcelone, prévues le 26 mai 2019.
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Manuel Valls mûrit sa décision pour Barcelone

« En phase de réflexion », Manuel Valls confirme au « Monde » qu’il dévoilera en septembre sa décision de se présenter ou non aux élections municipales de Barcelone, prévues le 26 mai 2019.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h39
    |

                            Daryl Ramadier (avec Solenn de Royer)








                        



                                


                            

L’été pour se décider. Manuel Valls, qui « étudie » depuis quatre mois une candidature à la mairie de Barcelone, en Espagne, hésite encore. « Je suis toujours en phase de réflexion, assure au Monde l’ex-premier ministre. Je prendrai ma décision en septembre, car il s’agit d’un changement de vie, et pas seulement de vie politique. » Ce choix impliquerait un déménagement, mais aussi – sans doute – l’abandon de son poste de député (rattaché au groupe LRM) de l’Essonne, conquis de haute lutte il y a un peu plus d’un an, six mois après son échec à la primaire du Parti socialiste, où s’étaient fracassées ses ambitions présidentielles.
Grand pourfendeur de l’indépendantisme catalan, M. Valls se montre très actif de l’autre côté des Pyrénées depuis près d’un an. En mars, l’ancien chef du gouvernement français a manifesté contre le processus indépendantiste dans les rues de Barcelone, à l’appel de l’organisation anti-indépendantiste Société civile catalane. Mi-avril, à Madrid, il a disserté sur l’Europe à l’université Carlos-III, aux côtés de l’ex-chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez, lors d’une conférence organisée par le quotidien El Pais.

Manuel Valls a également répondu présent à plusieurs événements organisés par le parti libéral et « unioniste » Ciudadanos (« citoyens »). Le 6 septembre, il se rendra une nouvelle fois à Barcelone, dans une librairie située sur les célèbres Ramblas, pour la présentation d’un livre collectif, Anatomia del procés (qui traite de l’indépendantisme catalan), qu’il signe avec une dizaine de personnalités, journalistes, écrivains ou historiens, parmi lesquels le ministre socialiste des affaires étrangères, Josep Borrell.
Si l’ancien maire d’Evry entretient le mystère sur ses intentions, rares sont ceux, parmi ses proches, qui doutent encore de sa future candidature. La vice-présidente de Société civile catalane, Miriam Tey, assure ainsi au Monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ L’ex-député européen franco-allemand fustige l’absence de stratégie européenne sur la question des migrants et critique la gestion du dossier par Gérard Collomb.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/08/2018
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Daniel Cohn-Bendit : « L’Europe n’a pas de stratégie sur la question migratoire »

L’ex-député européen franco-allemand fustige l’absence de stratégie européenne sur la question des migrants et critique la gestion du dossier par Gérard Collomb.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 15h48
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
A 73 ans, Daniel Cohn-Bendit continue à se battre pour une politique « équilibrée » d’accueil des réfugiés en Europe. Proche du président de la République Emmanuel Macron, l’ex-député européen franco-allemand souhaite la fin du règlement de Dublin et épingle la politique du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.

Malte a finalement accepté de laisser accoster l’« Aquarius », après des heures de tergiversations entre les capitales européennes. Que vous inspire cette situation ?
J’étais favorable à ce que l’Aquarius débarque dans un port français. Si une telle situation se reproduit, il faut d’abord que le gouvernement français accueille. Ensuite, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et les institutions d’accueil des autres pays européens doivent faire leur travail, pour démontrer la capacité de coopération européenne.
Comment se fait-il que le même phénomène se répète ?
Tous les pays ont un problème avec les migrants. La majorité des populations est très sceptique. Quand le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, accueille un premier bateau, puis un autre, au bout du troisième, ça coince. Le problème vient du fait que l’Europe n’a pas de stratégie sur cette question.
Que préconisez-vous ?
Une agence européenne des réfugiés avec un budget conséquent qui pourrait organiser l’aiguillage des nouveaux arrivants. Je préconise aussi l’organisation d’une conférence internationale par l’Union européenne (UE), sous l’égide des Nations unies (ONU), sur le sauvetage en mer pour réunir les ONG et Frontex [l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures], qui ne se parlent pas.
Il faut également des centres d’accueil au début du parcours des migrants, à l’image de ce que l’Ofpra a mis en place au Niger, pour éviter que ceux-ci n’aient à passer par la Libye. Il y a donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Pour le philosophe Issa N’Diaye, la forte abstention lors de la présidentielle est un nouveau désaveu pour le système démocratique imposé par les Occidentaux.
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Entretien

« Les Maliens voient les élections comme une impasse »

Pour le philosophe Issa N’Diaye, la forte abstention lors de la présidentielle est un nouveau désaveu pour le système démocratique imposé par les Occidentaux.

Propos recueillis par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 14.08.2018 à 15h52

     •
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        Mis à jour le 14.08.2018 à 16h22






    
Le président Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa réélection, met son bulletin dans l’urne lors du second tour du scrutin, dimanche 12 août 2018, à Bamako.
Crédits : Annie Risemberg / AP


Au Mali, l’élection présidentielle n’a pas rassemblé les foules : 42,7 % de participation au premier tour et une estimation de 28 % au second, qui opposait, dimanche 12 août, le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), et Soumaïla Cissé. Pour le philosophe Issa N’Diaye, la désaffection des citoyens envers la politique ne date pas d’hier. Ancien ministre de l’éducation et de la culture, il milite pour un changement de système politique, seul moyen selon lui de réconcilier les Maliens et leurs dirigeants. Alors que les résultats provisoires du second tour sont attendus mercredi 15 août, il revient sur les causes et les conséquences de l’abstention.
Le taux de participation du second tour devrait être nettement inférieur à celui, déjà bas, du premier. Pourquoi ?
Issa N’Diaye Les deux candidats sont de vieux routiers de la politique. C’est la troisième fois qu’ils s’affrontent lors d’une élection présidentielle. Ils viennent du même moule politique, l’Adema [Alliance pour la démocratie au Mali]. Ce sont les deux faces de la même médaille. Les Maliens les connaissent suffisamment et n’en attendent pas grand-chose. Au premier tour il y avait plus de candidats, dont certains auraient pu susciter beaucoup plus d’espoir, mais le système politique malien étant basé sur l’argent, ils ont été doublés car eux en ont moins. Il faut couper le cordon ombilical entre les politiques et les milieux d’affaires, éliminer l’argent comme critère de sélection au niveau du pouvoir. Les hommes politiques sont des oligarques, des acteurs économiques masqués. Tant que ce sera ainsi, le jeu sera faussé.
N’est-ce pas aussi une question d’offre politique, qui ne collerait pas aux attentes des Maliens ?
Les acteurs politiques n’ont pas d’offre, ni même de vision politique. Chacun parle de projet de société, mais en réalité personne n’en a. Ils racontent tous la même chose. Ils ne croient même pas en eux-mêmes. Un Soumaïla Cissé président, en quoi serait-il différent d’un IBK ? Il ne le serait pas. Cela explique aussi que les gens ne sont pas allés voter.
Quels autres facteurs peuvent expliquer la faible mobilisation ?
Les Maliens ne croient pas du tout au système actuel ni aux hommes politiques. Ce n’est pas nouveau. Il faut remonter à la chute de la dictature de Moussa Traoré, en 1991. On a parlé de révolution du 26 mars, mais à mon avis c’était une révolution de façade. Le système, l’Etat et la pratique du pouvoir n’ont pas changé. On a seulement changé de têtes, mais on a gardé le même système en allant puiser dans le personnel politique de Moussa Traoré. Alors que les Maliens, eux, croyaient en cette révolution. Ils avaient soif de changement. Mais ils ont vu très rapidement que ça n’allait nulle part et ils ont commencé à être déçus par la politique.
En 2013, les Maliens s’étaient mobilisés plus que d’ordinaire, avec un taux de participation de 51 % au premier tour et de 49 % au second...
C’est dû au choc de la guerre. Quand il y a eu l’offensive djihadiste dans le nord, les Maliens ont senti qu’il y avait péril en la demeure. D’où ce sursaut de mobilisation. Le pays était en danger. IBK a bénéficié d’un vote massif car ils pensaient que c’était un homme à poigne, capable d’imposer un Etat fort. Mais 2013 est vraiment une exception.
Lors des scrutins présidentiels, les abstentionnistes ont toujours été plus nombreux que les votants. Quel est le rapport des Maliens à la démocratie ?
Les Maliens ont constaté qu’en fin de compte, les élections n’apportent aucun changement dans leur vie quotidienne. Au contraire, ils voient qu’ils s’appauvrissent, que la corruption progresse, qu’il n’y a pas de progrès social. Ils voient les élections comme une impasse. L’abstentionnisme est un vote de protestation.
Quant à la démocratie, c’est quelque chose qui a été importé, parachuté et imposé aux Maliens par les Occidentaux. Mais ce modèle politique ne marche pas chez nous. Dans notre culture politique, n’importe qui ne peut pas être chef. Il y a des systèmes de stratifications sociales. Or la démocratie a la prétention de faire en sorte que n’importe qui peut devenir chef. Le modèle démocratique qui a été importé ne nous convient pas. Il faudrait le réadapter, le réinventer.
Comment ?
Il faudrait réfléchir à un modèle de représentation endogène, revenir aux racines, retourner voir comment étaient gérées nos communautés villageoises. Il y a une sorte de démocratie traditionnelle qui existait dans nos communautés et que malheureusement la colonisation est venue briser. Mais il y a encore des survivances.
La case du village, construite près de la concession du chef, est une sorte de parlement communautaire. On s’y réunit pour régler les problèmes du village et toutes les couches sociales y sont représentées : les chefs des grandes familles, les jeunes, les femmes. Il y a une distribution de la parole. Le chef écoute et sa décision est l’expression d’un consensus.
Ce sont des sources d’inspiration qui montrent qu’il y a d’autres façons de gérer l’Etat. Je pense qu’il faut tout repenser : le système, le modèle, les hommes et les procédures.
Selon vous, quel impact aura cette forte abstention sur la gouvernance du pays ?
Le président manquera de légitimité populaire. Il va être plus faible qu’avant et ne pourra pas imposer aux Maliens les réformes qui sont exigées, notamment dans le cadre des accords de paix d’Alger. Il y aura une paix de façade, mais les vrais problèmes ne seront pas résolus.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ De la lumière à l’ombre (2/6). L’ancien ministre vit toujours à Lyon, dont il fut élu maire en 1989. Cette campagne électorale, la dernière, lui a valu une condamnation. Aujourd’hui, il s’épanouit dans le monde entrepreneurial.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Trois personnes ont été blessées. Le suspect n’était pas connu des services de renseignement. Il s’agit d’un Britannique d’origine soudanaise.
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Attentat à Londres : une voiture fonce sur le Parlement

Trois personnes ont été blessées. Le suspect n’était pas connu des services de renseignement. Il s’agit d’un Britannique d’origine soudanaise.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h25
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Après la série noire de 2017, le Royaume-Uni n’avait pas été secoué par un attentat depuis onze mois. Mardi 14 août, le risque terroriste a ressurgi, quand un homme a sciemment lancé sa voiture vers un groupe de cyclistes et de piétons devant le Parlement britannique, avant de s’encastrer dans les barrières de sécurité. Le bilan est limité : trois blessés, dont deux légers et une femme dont les blessures sont graves mais dont la vie n’est pas en danger.
Rapidement, la police britannique a confirmé qu’elle considérait cet acte comme terroriste. « Etant donné que cela semble être une attaque délibérée, étant donné la méthode et le site iconique choisi, nous traitons cela comme un incident terroriste », a expliqué Neil Basu, qui dirige la branche antiterroriste de Scotland Yard. La motivation du conducteur, qui refuse de coopérer avec la police, n’est pas connue.
Le véhicule, une Ford Fiesta de couleur gris métallisé, avait été conduit la veille de Birmingham à Londres, avant d’être garé dans le centre de la capitale pendant la nuit. Ensuite, le conducteur a tourné pendant plus d’une heure et demie autour de Westminster.
Quand il s’est finalement décidé, à 7 h 37, il a fauché à contresens cyclistes et piétons qui attendaient au feu rouge, avant de traverser un trottoir, de s’enfoncer entre les barrières de sécurité menant à l’entrée de la chambre des Lords et de s’encastrer dans la barrière. Deux policiers sur place ont juste eu le temps de sauter pour éviter la voiture. Le suspect a immédiatement été arrêté.
« J’ai vu un homme qui conduisait très vite vers le Parlement, a expliqué à la BBC Jason, un témoin. Il allait assez vite, je dirais à 40-50 miles par heure [65-80 km/h] dans une zone qui est limitée à 20 miles par heure. Selon moi, c’était un acte délibéré. La voiture n’a pas fait d’embardées, c’était un choc délibéré. »
L’attaque semble avoir été peu préparée
Le suspect n’était pas connu des services de renseignement. Il habite Birmingham et a 29 ans. Il est britannique, mais originaire d’un autre pays, selon Ben Wallace, secrétaire d’Etat chargé de la sécurité intérieure. La presse britannique a révélé le nom de cet homme : il s’agirait de Salih Khater, un Britannique d’origine soudanaise. Mardi après-midi, la police a fouillé deux propriétés à Birmingham et une à Nottingham, en lien avec l’enquête. Selon les voisins de celle située à Nottingham, six Soudanais habitaient l’appartement qui intéressait les forces de l’ordre.
L’attaque s’est déroulée alors que le Parlement est en vacances. Elle a été réalisée avec une petite voiture peu puissante, et le suspect n’avait pas d’arme avec lui. La menace terroriste demeure classée « sévère » au Royaume-Uni, le deuxième niveau le plus élevé.
Depuis mars 2017, treize attentats islamistes et quatre d’extrême droite ont été déjoués par les autorités britanniques, selon le porte-parole de la première ministre, Theresa May. Fin juin, il y avait 676 enquêtes terroristes en cours. Entre 2000 et 2017, 2 029 arrestations ont eu lieu pour des activités terroristes, dont 412 rien qu’en 2017.
Cette année-là, le Royaume-Uni a été secoué par une vague d’attentats. Le premier, faisant cinq morts, s’était déroulé le 22 mars 2017, à quelques dizaines de mètres de l’attaque de ce mardi. Un Britannique de 52 ans, Khalid Masood, avait lancé sa voiture sur le trottoir du pont, fauchant les passants. Il avait ensuite réussi à entrer dans la cour située devant Westminster, poignardant à mort un officier de police. De nouvelles mesures de sécurité ont depuis été mises en place autour du Parlement.
Les attentats suivants ont eu lieu lors d’un concert le 22 mai 2017 à Manchester (23 morts), sur London Bridge le 3 juin 2017 (8 morts), et à la station de métro de Parsons Green, à Londres, le 15 septembre 2017 (l’explosif n’a pas fonctionné comme prévu, ne faisant que des blessés). Un attentat islamophobe a aussi été commis le 19 juin 2017, quand un homme a lancé sa voiture sur un groupe de musulmans sortant d’une mosquée, faisant un mort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ L’indicateur établi par l’Insee s’élève à 9,1 % pour la France entière, une baisse moins forte qu’attendu par l’institut.
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Le taux de chômage baisse de 0,1 point au deuxième trimestre

L’indicateur établi par l’Insee s’élève à 9,1 % pour la France entière, une baisse moins forte qu’attendu par l’institut.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 10h02
   





                        



Après une légère remontée au 1er trimestre, le taux de chômage a repris sa baisse au 2e trimestre (- 0,1 point), pour s’établir à 9,1 % pour la France entière (hors Mayotte), selon des chiffres provisoires de l’Insee publiés mardi 14 août.
Sur un an, le taux de chômage, mesuré par l’Institut national de la statistique selon les normes du Bureau international du travail (BIT), est en baisse de 0,3 point.
L’indicateur reste au-dessus du plancher de 8,9 % (chiffre révisé à la baisse) atteint à la fin 2017.
La baisse du 2e trimestre est moins forte qu’attendu. Dans ses dernières prévisions publiées en juin, l’Insee tablait sur un recul de 0,2 point.
Toutes ces évolutions sont toutefois à analyser avec prudence, car elles se situent dans la marge d’erreur de l’indicateur (+/- 0,3 point).

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Le chômage des 15-24 ans à 20,8 %
Sur le trimestre, les jeunes (- 0,6 point) et les catégories d’âge intermédiaires (- 0,1 point) ont vu leur situation s’améliorer, tandis que celle des seniors est restée stable. Le taux de chômage des 15-24 ans s’est établi à 20,8 %, son plus bas niveau depuis la fin 2008, celui des 50 ans et plus se situe à 6,5 %.
En moyenne, l’Insee a comptabilisé 2,70 millions de chômeurs au deuxième trimestre, en baisse de 48 000 (- 1,7 %) sur trois mois et de 104 000 (- 3,7 %) sur un an.
Parmi eux, 1,04 million cherchent du travail depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée est stable sur trois mois, à 3,6 % de la population active.
Parallèlement au taux de chômage, le « halo autour du chômage » a, lui aussi, baissé au deuxième trimestre. Ces personnes souhaitant travailler, mais qui ne sont pas comptabilisées parce qu’elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement, étaient 1,46 million au deuxième trimestre (- 19 000 sur le trimestre, - 25 000 sur un an).
Enfin, le taux d’emploi, c’est-à-dire la proportion de 15-64 ans qui travaillent, a légèrement augmenté (+ 0,1 point), à 65,8 %, son plus haut niveau depuis le début des années 1980.

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                Pourquoi le chômage n’a pas baissé au deuxième trimestre






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le chercheur Raberh Achi estime, dans une tribune au « Monde », que toutes les tentatives d’organiser l’islam de France par le haut et de façon jacobine ont suscité une méfiance des musulmans.
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« Les Français de culture musulmane ont besoin d’être reconnus comme pleinement citoyens »

Le chercheur Raberh Achi estime, dans une tribune au « Monde », que toutes les tentatives d’organiser l’islam de France par le haut et de façon jacobine ont suscité une méfiance des musulmans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h01
    |

Raberh Achi (Professeur agrégé de sciences sociales, en thèse de science politique sur la laïcité en Algérie à la période coloniale)







                        



                                


                            

Tribune. Deux déclarations, ces derniers mois, du président de la République Emmanuel Macron laissent perplexe sur sa vision des relations entre l’islam et la laïcité.
Le 4 janvier, en présentant ses vœux aux représentants des cultes, il a estimé que la loi de 1905 n’avait « pas pensé le fait religieux avec et par l’islam, parce qu’il n’était pas présent dans notre société, comme il l’est aujourd’hui ». Plus récemment, devant le Parlement réuni en Congrès, le 9 juillet, il a fait l’annonce d’une consultation devant mener à un « cadre et à des règles » pour l’islam de France.
Le chef de l’Etat est-il fondé en droit à engager une telle refonte ? Les cultes ne sont-ils pas égaux devant la loi ? L’Etat n’est-il pas cantonné à garantir le régime le plus favorable à la liberté de conscience et à l’exercice du culte ?

Les musulmans de France, en l’occurrence ceux d’Algérie, furent bel et bien des acteurs de l’histoire de la laïcité, mais diminués et sous contrôle
Ces déclarations reflètent une méconnaissance et un impensé qui trouvent leur origine dans la période coloniale. En 1905, le Parlement a décidé de traiter l’islam à l’égal des autres religions en appliquant la loi à l’Algérie. Le pouvoir exécutif a entériné par la suite un régime d’exception en vigueur jusqu’en 1962. Les musulmans de France, en l’occurrence ceux d’Algérie, furent bel et bien des acteurs de l’histoire de la laïcité, mais diminués et sous contrôle. L’interventionnisme de l’Etat qui prévalait avant 1905 s’est poursuivi à travers des associations cultuelles sous surveillance, des imams triés sur le volet pour recevoir des indemnités, et l’encadrement du pèlerinage à La Mecque pour, déjà, préserver les musulmans français des influences étrangères, ou encore la régulation des biens religieux et des revenus qu’ils généraient.
Contrôle des richesses
Ce tropisme « césaropapiste » n’a pas totalement disparu. Il transparaît dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Interrogée sur RTL, la ministre de l’enseignement supérieur a aussi assuré que tous les jeunes inscrits sur Parcoursup auront une proposition à la rentrée.
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Occupations d’universités : 7 millions d’euros de dégâts selon Frédérique Vidal

Interrogée sur RTL, la ministre de l’enseignement supérieur a aussi assuré que tous les jeunes inscrits sur Parcoursup auront une proposition à la rentrée.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 16h33
   





                        



   


Les dégâts liés aux occupations d’universités pendant le printemps se chiffrent à environ 7 millions d’euros, selon la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, interrogée sur RTL lundi 13 août.
« Je me suis engagée auprès des présidents d’université de manière que les bâtiments puissent être remis en état pour que la rentrée se déroule bien », a-t-elle indiqué, regrettant le résultat des actions de « quelques dizaines d’extrémistes ». Elle avait précédemment évalué à plus de 5 millions la facture totale.
Bilan de Parcoursup fin septembre
Interrogée sur les ratés de la plate-forme Parcoursup, et sur les 66 000 jeunes inscrits n’ayant à cette date pas reçu de réponse positive à leurs demandes d’intégration dans l’enseignement supérieur, la ministre distingue les jeunes en recherche « active » et les autres : « Sur ce chiffre de 66 000 jeunes, il y a 16 000 jeunes (dont 9 000 bacheliers) qui sont en recherche active et 50 000 que nous cherchons à contacter et qui, pour le moment, ne répondent pas à nos sollicitations, et que l’on considère donc comme inactifs. (...) Tout le monde aura une proposition à la rentrée, c’est un engagement », a-t-elle assuré.
Sur 812 050 candidats inscrits sur Parcoursup, 591 416 avaient accepté une proposition au 13 août et 154 980 avaient quitté la plate-forme.
La ministre, qui prévoit de recevoir les recteurs le 22 août, en vue d’un bilan sur la nouvelle plate-forme à la fin septembre, a reconnu que des améliorations étaient sans doute possibles en matière d’informations sur l’attente et de délai de réponse.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ A l’instar des antipesticides, le ministre de la transition écologique et solidaire s’est réjoui du jugement américain contre la firme du groupe allemand Bayer.
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Procès Monsanto : « la fin de l’arrogance » selon Nicolas Hulot

A l’instar des antipesticides, le ministre de la transition écologique et solidaire s’est réjoui du jugement américain contre la firme du groupe allemand Bayer.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 11h47
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


A l’avenir, « n’attendons pas la démonstration du pire pour agir », car alors « les poisons auront fait leurs effets et leurs victimes seront excessivement nombreuses ». Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a été l’un des premiers à réagir à la condamnation de Monsanto, vendredi 10 août, par la justice californienne. Sur BFM-TV, il a appelé dès le lendemain, à « appliquer enfin le principe de précaution », en fustigeant la firme américaine, aujourd’hui dans le giron du groupe allemand Bayer.

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Dimanche 12 août, dans une interview à Libération, M. Hulot se montre encore plus virulent. « C’est le début de la fin de l’arrogance, de la suffisance de ce couple maudit Monsanto-Bayer. Cette décision confirme ce que de nombreux lanceurs d’alerte ont dit depuis tant d’années sur la dangerosité du glyphosate », déclare-t-il. Et d’ajouter : « C’est une décision de justice très argumentée, qui est providentielle, car elle rend enfin visible ce que certains s’obstinaient à ignorer depuis trop longtemps : le fait que l’objectif dissimulé de Monsanto, sa stratégie ignoble, est de mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète. »
Interdit en France en 2021
Le ministre salue un jugement qui « vient corriger l’indifférence des politiques vis-à-vis de cette firme, qui dure depuis des décennies ». Il n’a pas précisé si sa remarque visait les membres du gouvernement, qui, eux, ne se sont pas exprimés. A ce stade, pourtant, M. Hulot ne prévoit pas d’accélérer la sortie du glyphosate en France. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, s’est engagé à ce que l’herbicide, classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, soit interdit en France en 2021 pour ses principaux usages, et complètement d’ici cinq ans. Mais le gouvernement a refusé que cette interdiction soit inscrite dans le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.

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Si l’affaire ne suscite que peu de commentaires aux Etats-Unis, où elle n’est guère reprise dans les médias, elle donne lieu en revanche à beaucoup de réactions dans l’Hexagone, surtout dans le camp des antipesticides. L’association Générations futures se félicite d’« une décision historique qui reconnaît le caractère cancérogène de ces produits à base de glyphosate et la responsabilité de Monsanto dans le fait de les avoir mis sur le marché sans en avertir le consommateur ». Pour son directeur, François Veillerette, cette condamnation « souligne l’urgence de retirer les pesticides à base de glyphosate du marché, ce que nous appelons le gouvernement français à faire au plus vite ».
Même satisfaction du côté de la Confédération paysanne. « Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu – et donc des paysans et des paysannes – et puis, par ricochet, aussi de ceux qui consomment les produits, estime son porte-parole, Laurent Pinatel. Il faut absolument se donner les moyens de sortir des pesticides, de cette dépendance. »

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                Procès du glyphosate : Monsanto condamné, un jugement historique



« Notre première réaction, c’est de dire “enfin et heureusement”, parce qu’avec tous les éléments à charge contre Monsanto, il aurait été absolument incompréhensible qu’il ne soit pas condamné », indique pour sa part Suzanne Dalle, de Greenpeace France. « La justice agit là où le gouvernement n’est pas présent. » 
Le revers subi par Monsanto devant la justice américaine, en première instance, n’a toutefois pas empêché le groupe chimique et pharmaceutique Bayer de réaffirmer l’innocuité de l’herbicide incriminé. « Sur la base de preuves scientifiques, d’évaluations réglementaires à l’échelle mondiale et de décennies d’expérience pratique d’utilisation, Bayer estime que le glyphosate est sûr et non cancérogène », a déclaré, samedi, un porte-parole du géant allemand. Le groupe a déjà annoncé son intention de faire appel de la condamnation de Monsanto (une amende 248 millions d’euros).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.
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Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h52
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.
Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.
Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’ex-chef de l’Etat, qui pourrait se rendre à La Rochelle le 25 août pour l’université d’été des élus PS, envisage d’y prononcer un discours sur l’Europe.
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François Hollande, la « mouche du coche » d’Emmanuel Macron

L’ex-chef de l’Etat, qui pourrait se rendre à La Rochelle le 25 août pour l’université d’été des élus PS, envisage d’y prononcer un discours sur l’Europe.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 08h58
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

La tournée des librairies de François Hollande pour dédicacer son ouvrage Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros) devait s’arrêter avant l’été. Puis, elle a été prolongée au mois de juillet. Il ne devait rien se passer en août, un mois de « repos » et de « vacances », comme le précisait son entourage avant la pause estivale. Mais l’ancien chef de l’Etat n’a pas pu résister…
En vacances dans les Bouches-du-Rhône avec sa compagne Julie Gayet, François Hollande a finalement décidé de se rendre dans le département voisin du Var pour une nouvelle séance de signatures, assortie d’un bain de foule. Le 5 août, l’ex-président a ainsi dédicacé son ouvrage dans une librairie de Saint-Cyr-sur-Mer (Var), à une soixantaine de kilomètres du fort de Brégançon, où le couple Macron se repose depuis le début du mois.
Difficile de ne pas y voir un fait exprès. « Il a peut-être eu un petit rire dans le cœur », en pensant à son successeur, si près, concède Michel Sapin en souriant. « Mais il ne faut pas surinterpréter. Il n’y avait rien d’organisé ni de médité », promet l’ancien ministre des finances, qui a rejoint l’équipe de l’ex-président dans ses bureaux de la rue de Rivoli. « François Hollande pouvait choisir de parler de l’affaire Benalla, mais il ne l’a pas fait. En revanche, au moment où Emmanuel Macron hésite à faire des bains de foule, lui ne résiste pas. Il y va, et souligne ainsi la différence », analyse de son côté l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.
En marge de sa séance de dédicaces, c’est donc un François Hollande souriant et bronzé qui a fendu la foule, serré des mains et mis en scène sa proximité avec les Français. Alors que, de son côté, son successeur n’était toujours pas sorti de la résidence d’été réservée aux présidents en exercice. Du pain bénit pour l’ancien président qui, selon l’un de ses proches amis, n’a « toujours pas digéré » la victoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’ancien premier ministre affirme que la « droite humaniste » pourrait présenter sa propre liste aux européennes de 2019, à côté de celles de LRM et de LR.
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Jean-Pierre Raffarin : « L’affaire Benalla est plus un accident qu’une rupture »

L’ancien premier ministre affirme que la « droite humaniste » pourrait présenter sa propre liste aux européennes de 2019, à côté de celles de LRM et de LR.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 10h12
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
L’ancien premier ministre de Jacques Chirac n’a plus de fonction élective mais, à 70 ans, il reste actif politiquement. Cet Européen convaincu a pris ses distances avec le président de LR, Laurent Wauquiez.
L’affaire Benalla peut-elle affaiblir Emmanuel Macron dans l’opinion, en particulier auprès de l’électorat de droite qu’il cherche à attirer depuis un an ?
Cette affaire a affaibli le président de la République qui, jusqu’ici, avait montré de la force et de l’adresse. Il avait même fait un parcours quasi sans faute. Or, l’exécutif a été lent et faible dans la gestion de cette crise. Néanmoins, l’avenir d’Emmanuel Macron, comme celui de sa politique, repose principalement sur sa capacité à construire une nouvelle politique migratoire au niveau européen, à réduire les dépenses publiques et à favoriser l’emploi. L’affaire Benalla est plus un accident qu’une rupture.
Vous y voyez une simple erreur de gestion de crise, pas un problème de fond ?
La crise n’est pas sans importance. Elle a donné une occasion de dialogue entre l’extrême droite et l’extrême gauche et offert une consistance à une opposition systématique – ce qui a permis à M. Mélenchon et à Mme Le Pen d’occuper simultanément le devant de la scène. Le risque majeur pour Emmanuel Macron et pour la France, aujourd’hui, c’est le rapprochement des extrêmes, c’est-à-dire le scénario italien. Or, cette crise a plutôt favorisé cette dérive.
Cette affaire témoigne-t-elle de la nécessité de mieux équilibrer les pouvoirs, alors que certains s’inquiètent de voir le rôle du Parlement diminuer avec la réforme constitutionnelle ?
La vertu première de la Ve République est de permettre l’alternance. Mais contrairement à certaines autres, la Constitution française a toujours voulu protéger le pouvoir de l’exécutif, de manière à permettre l’efficacité de l’action publique. Je suis favorable à un pouvoir fort au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Les sondages enregistrent une baisse de la popularité du chef de l’Etat. En cause, l’affaire Benalla, mais aussi le manque de résultats économiques.
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Entre Emmanuel Macron et la droite, l’ombre d’un doute

Les sondages enregistrent une baisse de la popularité du chef de l’Etat. En cause, l’affaire Benalla, mais aussi le manque de résultats économiques.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 10h10
    |

            Olivier Faye (avec Daryl Ramadier)








                        



                                


                            

Ce n’est pas une rupture, plutôt un cahot. De ceux qui secouent une relation et projettent l’ombre du doute sur son devenir. A la suite de l’affaire Benalla, qui a empoisonné l’exécutif en juillet, le pouvoir de séduction exercé par Emmanuel Macron sur une partie de la droite – élus comme sympathisants – semble avoir perdu de sa force.
Les sondages enregistrent une baisse de la popularité du chef de l’Etat auprès de l’électorat de cette famille politique ; les élus Les Républicains (LR) ou de centre-droit qui affichaient leur bienveillance à son égard ne se sont pas bousculés pour le soutenir au pire moment de la crise ; et les transfuges de LR membres du gouvernement, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu, ont été accusés de ne pas monter en première ligne avec un entrain suffisant. Autant de nuages qui s’amoncellent, à la veille des élections européennes de 2019, une échéance perçue par l’exécutif comme une étape supplémentaire de la recomposition de la vie politique.
Conciliant libéralisme économique, verticalité dans l’exercice du pouvoir et posture de réformateur, le président de la République séduit pourtant à droite depuis son élection, en mai 2017. Mais la machine semble grippée. Selon une enquête Ipsos pour Le Point publiée le 24 juillet, le chef de l’Etat a perdu neuf points de popularité en un mois auprès des électeurs LR, sa cote s’établissant à 34 % de bonnes opinions. Dans un autre sondage, réalisé cette fois-ci par l’IFOP pour le Journal du dimanche, il chute de huit points auprès de cette même catégorie, enregistrant 39 % d’opinions positives.
Repartir à l’offensive
Cette dernière étude, menée en deux temps – une semaine avant l’affaire Benalla puis une semaine après –, inscrit cette chute dans un cadre plus global. « On constate qu’à droite l’essentiel de la baisse était déjà là avant l’affaire Benalla », relève Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion de l’institut, qui avance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ De la lumière à l’ombre (1/6). Elle a connu l’« enfer » de Matignon et a marqué la fin de règne de Mitterrand. Aujourd’hui, elle poursuit sa grande œuvre : développer l’apprentissage dans ses 126 écoles de la « 2e chance ».
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le dispositif sera mis en place progressivement à partir de 2019. L’objectif est d’atteindre 100 % de plastique recyclé en 2025.
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Le gouvernement annonce un système de bonus-malus pour favoriser le plastique recyclé

Le dispositif sera mis en place progressivement à partir de 2019. L’objectif est d’atteindre 100 % de plastique recyclé en 2025.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 02h04
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 12h22
    |

            Patricia Jolly








                        



   


L’achat de produits à base de plastique non issu du recyclage sera pénalisé dés l’an prochain. La secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, l’a annoncé dimanche 12 août, dans un entretien au Journal du dimanche, où elle a dévoilé la mise en place d’un « système de bonus-malus » pour 2019, pouvant aller « jusqu’à 10 % du prix des produits ».
« Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère », a développé la ministre, sans préciser dans quelle proportion le dispositif diminuerait le coût des objets en plastique recyclé, et augmenterait le coût de ceux qui ne le sont pas.
« Il faudra voir s’il s’agit d’une modulation de 10 % sur le prix de vente, ce qui est une vraie mesure incitative, ou si cela porte uniquement sur le prix de l’emballage, ce qui est indolore », a réagi Laura Chatel, spécialiste des questions de prévention et de valorisation des déchets pour l’association Zero Waste France qui défend une démarche « zéro déchet ».
Aucune contrainte réglementaire
L’annonce de Mme Poirson intervient alors que le gouvernement a dévoilé, fin avril, sa feuille de route pour une économie 100 % circulaire. Celle-ci affiche, entre autres, l’objectif d’atteindre un taux de « 100 % de plastiques recyclés en 2025 », une promesse de campagne du président Emmanuel Macron. « Il s’agit d’envoyer un signal “prix” au consommateur pour qu’il favorise dans son acte d’achat des produits plus respectueux de l’environnement », a expliqué le cabinet de la ministre au Monde.
Cette mesure n’impose pour l’heure aucune contrainte réglementaire aux industriels. « Cinquante-cinq fédérations industrielles et d’entreprises du secteur se sont engagées à doubler la quantité de plastique recyclé intégrée dans leurs produits. D’autres suivront. Si dans deux ans le compte n’y est pas, alors on passera au règlement », a précisé Mme Poirson au JDD.
La production mondiale de plastique – dont l’emballage est le premier débouché – a progressé de plus de 40 % en dix ans
Ce « flou » gêne Zero Waste France de même que la présentation du bonus-malus comme une guerre déclarée au plastique lui apparaît « exagérée ». « Vu l’urgence, une contrainte avec un délai permettant l’adaptation aurait été plus efficace, estime Laura Chatel. Par ailleurs, outre les bouteilles en PET dont on sait réintégrer la matière recyclée en petite proportion dans de nouvelles bouteilles, il reste tous les emballages plastiques non recyclables dont la consommation continue d’augmenter partout dans le monde. »

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La production mondiale de plastique – dont l’emballage est le premier débouché – a progressé de plus de 40 % en dix ans, passant de 255 à 348 millions de tonnes par an. Selon une enquête du magazine 60 millions de consommateurs publiée en mars, seuls 26 % des emballages plastiques sont actuellement recyclés, et la filière du plastique est celle où la part de matières premières réutilisées dans la production est la plus faible, avec seulement 6 %, contre 66 % dans celle du papier ou 44 % dans l’aluminium.
Zero Waste reproche aussi au gouvernement de se « focaliser sur le recyclage » qui est « indispensable mais pas suffisant ». « Il faut agir à la source, or il manque à la France l’approche “réduction” de la production et de la consommation pourtant en vogue à l’échelle de l’Union européenne », note Laura Chatel. Fin mai, la Commission européenne a en effet annoncé des objectifs de réduction drastiques du plastique. Elle a listé des objets et emballages en plastique à usage unique pour lesquels elle propose soit une interdiction totale soit une limitation.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ De la canicule de 2003 aux vacances « bling-bling » de Nicolas Sarkozy en 2007, les vacances estivales ont été le berceau de plusieurs crises politiques majeures pour les exécutifs.
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L’été, saison de tous les dangers pour les chefs de l’Etat

De la canicule de 2003 aux vacances « bling-bling » de Nicolas Sarkozy en 2007, les vacances estivales ont été le berceau de plusieurs crises politiques majeures pour les exécutifs.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h35
    |

                            Daryl Ramadier








                        



                                


                            
La ministre des armées, Florence Parly, se tient droite sur les marches de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens. Avant d’être rejointe par la première ministre britannique, Theresa May, et le prince William. La scène date du mercredi 8 août, lors de la commémoration du centenaire de la bataille d’Amiens. Sur la photo, un grand absent : Emmanuel Macron. En vacances au fort de Brégançon depuis le 3 août, le chef de l’Etat n’a pas souhaité interrompre son séjour pour se rendre dans sa ville natale. « Manque de reconnaissance envers ceux qui ont donné leur vie pour la France », a réagi l’ex-député LR Alain Gest, président de la communauté d’agglomération Amiens Métropole.
Cette ébauche de polémique, qui a animé Twitter pendant quarante-huit heures, rappelle que les vacances présidentielles restent une séquence à hauts risques. « Les vacances sont une caisse de résonance, racontent les journalistes Jérôme Chapuis et Yaël Goosz dans Les Etés meurtriers (Plon, 2011). Tout [y] est susceptible d’interprétation. » Et peut donner matière à emballement. « C’est une période d’autant plus risquée politiquement que le terrain est relativement vide et que les observateurs politiques ont peu de choses à commenter », ajoute Chloé Morin, directrice des projets internationaux chez Ipsos. 
Grave erreur de communication
Pas question, donc, d’envoyer un signal négatif aux Français. En témoignent les manœuvres de Valéry Giscard d’Estaing en 1976 : alors que son premier ministre, Jacques Chirac, lui remet sa démission le 26 juillet, « VGE » le somme d’attendre la rentrée politique du 25 août.
Vingt-sept ans plus tard, Chirac connaîtra en août 2003 l’un des moments les plus tempétueux de son mandat. En France, la vague de chaleur cause des milliers de décès – le bilan grimpera à 15 000 morts. Devant la passivité de l’exécutif, l’épisode caniculaire bascule en crise politique. Le président de la République est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le couple présidentiel, qui s’est livré à un seul bain de foule depuis le 3 août, garde secret son agenda estival.
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Les discrètes vacances des Macron à Brégançon

Le couple présidentiel, qui s’est livré à un seul bain de foule depuis le 3 août, garde secret son agenda estival.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 09h43
    |

                            Sofia Fischer (Envoyée spéciale à Bormes-les-Mimosas)








                        



   


Georges Pompidou serrait les mains et ouvrait les portes du fort aux caméras, demi-sourire matois et cigarette au bord des lèvres. Valéry Giscard d’Estaing, soucieux de se présenter en « Français comme les autres », faisait sensation sur les routes du Var au volant de sa voiture et s’invitait sur le terrain de tennis des voisins. Teint hâlé et chemise jaune poussin, Jacques Chirac recevait lui aussi la presse, après la messe à Bormes-les-Mimosas, à laquelle il assistait chaque dimanche au côté de Bernadette. On raconte même dans le village que le Corrézien appelait les commerçants du coin avant de se rendre dans leur boutique : « Bonjour, c’est le président. J’arrive ! »
Le sachant grand amateur de symboles, les journalistes postés devant le fort de Brégançon, rebaptisé « l’Elysée d’été », attendaient impatiemment de voir comment Emmanuel Macron investirait à son tour ce lieu emblématique de la Ve République. Mais, à part un bain de foule d’une quinzaine de minutes, le 7 août, quatre jours après son arrivée, pas de cartes postales ni de jolies images pour les journaux télévisés. La quinzaine de photographes, cameramen et reporters qui campent devant le portail de la résidence présidentielle s’ennuie donc ferme.

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Lire, se promener ou dormir. A en croire les communicants du président, les vacances de ce dernier ressembleraient beaucoup à celles des Français. A cela près que le lieu, où il réside pour une dizaine de jours encore, est exceptionnel : une immense bâtisse XVIIe perchée sur un rocher, dominant les eaux turquoise de la côte d’Azur, entourée de pins et de mimosas. Dans son bureau circulaire doté de larges fenêtres ouvertes sur la mer, Emmanuel Macron a apporté dans des cartons ses dossiers de l’Elysée. Sur sa table de travail, le même téléphone sécurisé qu’au palais, duquel il a appelé Angela Merkel, Vladimir Poutine et Donald Trump, vendredi 10 août, et une chaîne hi-fi pour travailler – « mais pas trop non plus », assure l’Elysée – en musique.
Colonie de vacances
Pour l’heure, aucune information ne fuite sur les déplacements du couple présidentiel. « Ce sont des vacances privées », répète en boucle l’attaché de presse élyséen, dépêché sur place pour l’occasion. Logé dans un hôtel à proximité, ce dernier assure un « point presse » informel deux fois par jour dans le petit restaurant de plage La Paillote, dont une partie de la terrasse a été transformée en QG par les « envoyés spéciaux » des médias nationaux.
Le numéro est bien rodé. Tous les jours, le jeune attaché de presse, en tee-shirt et lunettes de soleil, s’attable avec les journalistes qui commencent à s’impatienter et à qui il raconte le programme… de la veille. Porquerolles, île du Levant, Cavallière, Collobrières : les sorties du président ne sont divulguées qu’une fois terminées.
Emmanuel Macron lisant « Le Routard » avec son café : tel est le message de simplicité que souhaite faire passer l’Elysée pour ce deuxième été du quinquennat
La réunion informelle prend des airs de colonie de vacances. Jeudi 9 août, alors qu’étaient évoquées les lectures du président (Maurice Genevoix, Georges Bernanos ou encore Un été avec Homère de Sylvain Tesson…), la petite troupe rit jaune : « Ah, enfin, en voilà une info ! » Invariablement, le communicant sourit, prend un air désolé, et assure que les visites du couple présidentiel sont organisées de manière « spontanée » et qu’il n’est donc pas possible d’anticiper :
« Le programme se décide au jour le jour. Il y a quelques guides touristiques qui traînent dans le fort, et le président écoute les conseils des gens du coin… »

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Emmanuel Macron lisant Le Routard avec son café et décidant du programme de l’après-midi avec son épouse : la simplicité, maître-mot des vacances de celui qui a souvent été surnommé « Jupiter ». Tel est en tout cas le message que souhaite faire passer l’Elysée pour ce deuxième été du quinquennat. Même le village tout proche de Bormes-les-Mimosas semble « trop touristique », le couple préférant « les rencontres simples, naturelles » dans les villages pittoresques et plus tranquilles de l’arrière-pays varois.
Alors, pour tuer le temps, les journalistes chevronnés racontent aux novices les invitations de François Mitterrand à venir l’écouter disserter sur la vie politique, ou l’époque chiraquienne où la fille du président, Claude, appelait pour prévenir des sorties en mer de son père.
« Tons taupe »
De leur côté, les baigneurs s’arrêtent devant le portail du fort, font quelques photos, puis partent poser leur serviette sur le sable. Un petit garçon tient le téléphone de sa mère, dans lequel il hurle : « Papa, papa, je suis à la maison du président ! » Quelques commentaires sur la piscine construite cette année à Brégançon, pour un coût annoncé de 34 000 euros, fusent. Le « président des riches », comme l’ont surnommé ses adversaires politiques, en prend parfois pour son grade. Un peu plus loin, Caroline, 10 ans, « fan » du président, dont elle a accroché le portrait dans sa chambre, fait la moue devant la grille fermée. La fillette reviendra demain avec ses parents, en espérant apercevoir son grand homme.

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A Bormes-les-Mimosas, on commence aussi à s’impatienter. La directrice de l’office du tourisme, Valérie Collet, a déjà accueilli Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. « Comme on les a tous vus, ça serait sympa de le voir aussi », sourit-elle. Les vacanciers, eux, semblent moins intéressés. A l’office du tourisme, quelques questions, mais pas « la foule des années Chirac », assure la directrice. « A l’époque, on avait presque tout son emploi du temps. Aujourd’hui, c’est différent. Avec les réseaux sociaux, tout est analysé, épié… » 
Elle n’en veut pas pour autant au couple présidentiel. Le village a déjà récupéré le fort, ouvert au public toute l’année depuis François Hollande. Une aubaine pour le tourisme. Valérie Collet a déjà hâte de redémarrer les visites en septembre, « pour voir les modifications qu’aura pu faire Brigitte Macron ». Elle raconte que le mobilier a déjà été changé en juillet : « C’est beaucoup plus moderne, dans des tons taupe, très épuré. »
Florence, 53 ans, vend plus de magnets « France championne du monde » que « Fort de Brégançon »
Dans le centre du village, Ruben Courbin, un commerçant de 46 ans, pense business. La présence des Macron « est une très bonne nouvelle d’un point de vue marketing », assure l’homme d’affaires. « Après les incendies [1 600 hectares de forêts sont partis en une nuit, en juillet 2017] et les inondations, on va enfin pouvoir parler de notre région noblement. » Il excuse même le président de ne pas vouloir se rendre dans le village, bondé de touristes à cette saison :
« Il n’a peut-être pas envie de se retrouver dans une foule où il pourrait se faire harceler. Les gens en vacances sont trop détendus, ils se croient tout permis. »
Tous ne font pas la même analyse. Un peu plus loin dans les rues pavées de Bormes-les-Mimosas, Florence, 53 ans, vend plus de magnets « France championne du monde » que « Fort de Brégançon ». Assis sur un banc, en face de la boutique de souvenirs, la famille Delbove ne prête aucune attention non plus à ses illustres voisins. Le fils, Simon, adolescent, s’étonne même que des vacanciers fassent le pied de grue en bas du fort de Brégançon. « Ils sortent d’où, ces badauds ? Parce qu’avec la cote de popularité qu’Emmanuel Macron a en ce moment… »



                            


                        

                        

