<FILE-date="2018/08/15/19">

<article-nb="2018/08/15/19-1">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Ankara a décidé d’augmenter, mercredi, les tarifs douaniers de plusieurs produits américains. Dans le même temps, un tribunal turc a refusé de libérer le pasteur Andrew Brunson.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

La Turquie retourne l’arme des tarifs douaniers contre les Etats-Unis

Ankara a décidé d’augmenter, mercredi, les tarifs douaniers de plusieurs produits américains. Dans le même temps, un tribunal turc a refusé de libérer le pasteur Andrew Brunson.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 12h15
   





                        



   


Le régime turc continue sa contre-offensive face aux Etats-Unis, une semaine après la hausse des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium imposée par Donald Trump provoquant, vendredi 10 août, l’effondrement de la livre turque – la devise avait alors perdu 16 % contre le dollar en une journée. Elle s’est depuis stabilisée, sans pour autant retrouver le niveau atteint avant les sanctions américaines.
Dans un décret signé par le président Recep Tayyip Erdogan, Ankara a, à son tour, annoncé, mercredi, une hausse des tarifs douaniers, visant des produits américains. Les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s’élèvent désormais à 120 %, sont concernés, ainsi que certaines boissons alcoolisées (140 %), le tabac (60 %) ou encore le riz et certains produits cosmétiques.

        Lire aussi :
         

                Pour Erdogan, la chute de la livre est un « complot politique » contre la Turquie



Une décision qui survient au lendemain d’un spectaculaire appel de M. Erdogan à boycotter les appareils électroniques manufacturés par les Etats-Unis, comme ceux de la marque Apple.
« Nous allons appliquer un boycott contre les produits électroniques américains », a lancé M. Erdogan au cours d’un discours virulent à Ankara. « S’ils ont des iPhone, il y a des Samsung de l’autre côté », a-t-il ajouté.
La demande de libération du pasteur Brunson refusée
Les turbulences entre la Turquie et les Etats-Unis se sont renforcées au cours des derniers mois avant de virer à l’orage en juillet à cause de la détention en Turquie du pasteur américain Andrew Brunson.
Ce dernier est accusé par Ankara d’espionnage et d’activités « terroristes », ce qu’il nie en bloc. Après plus d’un an et demi de détention préventive, il a été placé en juillet en résidence surveillée, en dépit des appels répétés du président américain Donald Trump à le libérer et le renvoyer aux Etats-Unis.
La défense de M. Brunson a fait appel du placement en résidence surveillée et de l’interdiction de quitter le territoire imposée par la justice turque. Un recours rejeté, mercredi, par un tribunal d’Izmir, dans l’ouest de la Turquie, qui n’a, cependant, pas exclu que le dossier puisse être examiné par une autre cour.
L’avocat turc du pasteur, Cem Halavurt, a confirmé à l’AFP qu’un autre tribunal d’Izmir allait étudier la demande de son client.
Le procès d’Andrew Brunson est toujours en cours et la prochaine audience est prévue le 12 octobre. La Maison Blanche a fait savoir mardi que M. Trump ressentait « beaucoup de frustration du fait que le pasteur ne soit pas libéré ».

        Lire aussi :
         

                Pasteur américain : Ankara menace Washington de rétorsion après ses sanctions






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-2">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La croissance portugaise ne faiblit pas

Le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h59
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le sourire de sa mère à la descente de l’avion : pour Joao Goncalves, il n’y a pas de meilleur symbole de la reprise. En juillet, il a offert un billet pour le Brésil à ses parents. « Dix ans qu’ils n’avaient pas pris de vacances, confie le trentenaire. Ils économisaient pour nous aider, ma sœur et moi. » Après son master de marketing, en 2014, il fut contraint de retourner vivre chez eux, dans la banlieue de Lisbonne, faute de trouver un emploi. Jusqu’à ce qu’il décroche, en 2017, un CDI de responsable commercial dans une agence de voyages. « Nos ventes explosent grâce au boom du tourisme : désormais, j’ai les moyens de payer mon propre loyer, explique-t-il. Et de chouchouter un peu mes parents, pour les remercier. »
L’économie portugaise va mieux. Au deuxième trimestre, son produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année, selon les chiffres officiels publiés mardi 14 août. C’est plus que la progression enregistrée dans la zone euro (0,4 %) et en France (0,2 %). Selon les indicateurs, la demande intérieure a tiré l’activité, portée par l’amélioration sur le front de l’emploi. En juin, le taux de chômage s’établissait à 6,7 % de la population active, selon Eurostat, inférieur à la moyenne de l’union monétaire (8,3 %). Et loin du pic de 17 % atteint en 2013.
Cette année, la croissance devrait s’établir autour de 2,3 %, selon la Commission européenne, après avoir culminé à 2,7 % en 2017, un record depuis dix-sept ans. Dans le même temps, le déficit public est tombé à 0,9 % seulement du PIB, après s’être creusé jusqu’à 11,2 % au plus fort de la récession. Une performance étonnante – certains parlent même de « miracle portugais » –, au regard des abysses où le pays sombra en 2011. « En pleine déroute économique, il fut contraint d’appliquer une douloureuse cure d’austérité en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros de la “troïka” [Fonds monétaire...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-3">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le numéro un mondial des jeux vidéos a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis une dizaine d’années, alors que le régulateur chinois des jeux vidéos n’a plus délivré de licences depuis des mois.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La censure chinoise pèse sur les performances boursières de Tencent

Le numéro un mondial des jeux vidéos a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis une dizaine d’années, alors que le régulateur chinois des jeux vidéos n’a plus délivré de licences depuis des mois.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 15h50
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Tencent a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis treize ans, mercredi soir à Hong Kong, après la fermeture des marchés. Le géant chinois des médias et des jeux vidéo a dégagé 17,9 milliards de yuans (2,28 milliards d’euros) de profits entre avril et juin, soit une baisse de 2 % par rapport au trimestre précédent. Un résultat très décevant, en dessous de la plupart des estimations, qui montre l’exposition de l’entreprise au risque régulatoire en Chine.
C’est la section jeu vidéo de Tencent, numéro un mondial du secteur, qui a souffert ces derniers mois en Chine. Le régulateur n’a en effet plus délivré une seule licence depuis fin mars, alors que les revenus de son jeu phare, « L’Honneur des rois », s’essoufflent.
Le géant chinois du Web, en difficulté depuis le début de l’année, avait encore perdu 4 % en Bourse, mercredi 15 août, quelques heures avant l’annonce de ses résultats trimestriels. Depuis quatre jours, le titre a chuté de 10 %, soit 45 milliards de dollars (39,6 milliards d’euros) de valeur en moins à la Bourse de Hongkong, à la suite de la censure d’un des jeux vidéo les plus populaires de l’année.
Le titre devrait continuer à baisser après ces résultats pires qu’attendus. Naspers, un groupe de médias et d’investissement sud-africain qui détient 31 % des parts de Tencent, a chuté de 10 % en bourse après l’annonce de ces mauvais résultats.
Contexte économique difficile
Lundi, moins d’une semaine après sa sortie en Chine sur sa plate-forme Wegame, le 8 août, Tencent a dû annoncer le retrait de Monster Hunter : World. Le groupe a expliqué dans un communiqué que le régulateur avait reçu « de nombreuses plaintes » au sujet de ce jeu de rôle du studio japonais Capcom, considéré comme violent. Il s’est vendu à 8 millions d’exemplaires depuis cinq mois dans le monde.

        Lire aussi :
         

                Tencent, le géant chinois de l’Internet intègre le top 5 des plus gros groupes mondiaux



Depuis le début de l’année, le géant chinois des médias, des réseaux sociaux (Wechat et QQ) et des jeux vidéo, a perdu près de 170 milliards de dollars de valeur en Bourse, en grande partie à cause de l’apathie du marché des jeux vidéo en Chine. Tencent peut en vouloir à l’administration d’Etat pour la radio et la télévision : elle n’a plus octroyé une seule licence pour un jeu vidéo depuis le 28 mars. D’après l’agence de presse Bloomberg, ce blocage serait dû à un vaste remaniement dans l’administration chinoise, où le président Xi Jinping place ses pions, dans une vaste entreprise de consolidation du pouvoir.
Au premier trimestre 2018, la section jeu vidéo de Tencent n’a fait état que d’une hausse de 5 % de son chiffre d’affaires, sa pire performance après plus de dix ans de progression à deux chiffres chaque trimestre.
Un contexte difficile
Pour Tencent, numéro un mondial du jeu vidéo, c’est un coup dur dans un contexte déjà difficile. Alors que l’économie chinoise ralentit, les tensions commerciales avec les Etats-Unis pèsent sur l’état d’esprit des investisseurs. Tencent souffre aussi d’un reflux, après une année 2017 exceptionnelle qui avait vu sa capitalisation boursière multipliée par 2,5, pour dépasser 500 milliards de dollars en fin d’année.

        Lire aussi :
         

                Internet : le grand bond des « licornes » chinoises



Depuis plus d’un an, la Chine du président Xi Jinping a resserré le contrôle du Web, ciblant nombre de sites et plates-formes pour des contenus « vulgaires » ou pas assez patriotiques. En avril, Tencent avait déjà été averti, avec plusieurs autres entreprises de médias, qui avaient dû suspendre leurs plates-formes de partage de contenu en ligne. Bytedance, une start-up derrière l’agrégateur d’informations Jinri Toutiao, avait été obligée de fermer définitivement une plate-forme de partage de courtes vidéos, Neihan Duanzi, accusée par le régulateur de s’être spécialisée dans les contenus vulgaires. Le patron de Toutiao, Zhang Yiming, avait promis de faire passer ses effectifs destinés à la surveillance des contenus de 6 000 à 10 000 personnes.

        Lire aussi :
         

                Les autorités chinoises s’invitent au capital des géants de la tech



A la fin du mois de juillet, les autorités ont ordonné la fermeture de sept sites de streaming, et suspendu pour un mois huit autres. Le 2 août, une autre plate-forme de streaming, Douyu, soutenue par Tencent, a même annoncé des « cours d’éducation patriotique » pour toutes ses vedettes du live streaming.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-4">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ A partir de vendredi, tous les matchs de la première division seront diffusés gratuitement en Inde et dans d’autres pays asiatiques en direct sur le réseau social.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Football : Facebook offre la Ligue espagnole gratuitement en Asie du Sud

A partir de vendredi, tous les matchs de la première division seront diffusés gratuitement en Inde et dans d’autres pays asiatiques en direct sur le réseau social.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h25
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Facebook cherche-t-il à convertir l’Asie du sud au football ? Dans une zone historiquement acquise au criquet, le football fait son chemin, notamment sur les réseaux sociaux. Et désormais, « les 380 matches de la première division de football espagnole seront disponibles gratuitement pour les usagers de Facebook dans huit pays : Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Inde, Népal, Maldives, Sri Lanka et Pakistan », précise la ligue de football espagnole dans un communiqué publié mardi 14 août.
C’est la première fois que Facebook acquiert des droits sportifs en dehors des Etats-Unis. Alors que la Liga n’a pas divulgué le montant de la transaction, le quotidien espagnol Marca a avancé le chiffre de 90 millions d’euros.
Qualifié de « pionnier » par la Liga qui y voit « une nouvelle ère dans la retransmission des événements sportifs », l’accord prévoit la diffusion gratuite et en direct des 380 matchs des trois prochaines saisons. Les premiers matchs seront diffusés vendredi 17 août. L’accord, qui vise particulièrement l’Inde, permet à la ligue espagnole de toucher les 350 millions d’utilisateurs que compte le réseau de Mark Zuckerberg dans le pays. Dans les rues de Bombay, il n’est plus rare de croiser des maillots à l’effigie des stars évoluant dans le championnat espagnol, Ronaldo et Messi en tête.
« La Liga est une référence du football mondial et c’est donc une énorme satisfaction pour nous qu’à présent, le nombre de personnes pouvant voir les matches en direct dans cette zone géographique soit plus important que jamais et qu’ils puissent le faire gratuitement à travers Facebook », a commenté le président de la Liga, Javier Tebas.

        Lire aussi :
         

                En Espagne, 1,14 milliard d’euros par saison pour les droits télévisuels de la Liga



« Un spectacle de divertissement mondial »
Pour préparer son implantation dans le sous-continent indien, la ligue espagnole a ouvert des bureaux à New Delhi dès 2016, produisant des contenus diffusés sur les réseaux sociaux et spécifiquement destinés au public indien. Le succès est tel que, malgré les liens historiques qui unissent l’Angleterre et l’Inde, la Liga ambitionne désormais de détrôner la Premier League. Pour ce faire, le clasico qui a opposé le Real Madrid au FC Barcelone en décembre 2017 a débuté à 13 heures en Espagne, afin que les fans en Inde ou en Indonésie puissent suivre la rencontre en première partie de soirée.
« La Liga est un spectacle de divertissement mondial. L’année dernière, 2,6 milliards de personnes dans le monde suivaient la Liga et beaucoup en Asie, avait déclaré à cette occasion Joris Ever, le responsable de la communication de la ligue espagnole à l’agence Reuters. Nous tenons à leur offrir la possibilité de regarder le Clasico sans avoir besoin de rester debout jusqu’au milieu de la nuit ou de déclencher une alarme pour se réveiller très tôt. » Dans les rues de la capitale indienne, près de 20 000 fans des deux équipes se sont rassemblés pour suivre le match.

        Lire aussi :
         

                Le sport dans le viseur de Google, Apple, Facebook et Amazon



Après l’obtention par Amazon des droits de la Premier League en juin, cette opération confirme les ambitions des plates-formes numériques dans le monde du sport. Facebook confirme donc son intention d’acquérir plus de droits dans le sport, après avoir fait une offre de 600 millions de dollars (529 millions d’euros) pour la compétition de cricket, l’Indian Premier League, et l’obtention d’un lot de droits de la Major League Baseball aux Etats-Unis.
Peter Hutton, responsable de la programmation des sports chez Facebook, a qualifié ce partenariat d’expérimental et a cherché à relativiser la volonté du réseau social d’acquérir des droits similaires à l’avenir. « Nous sommes sur d’autres deals qui sont sur le point d’être conclus, mais notre objectif n’est pas d’acquérir une grande quantité de contenus dans le monde », a-t-il déclaré à Reuters. « Nous sommes à la recherche de droits précis pour des marchés spécifiques pour en tirer des données qui nous permettront de nous améliorer et d’identifier quelle est la marche à suivre. Si on se précipite sur trop de deals à la fois, nous risquons de ne pas faire les choses correctement. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-5">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Dans le conflit commercial imposé par les Etats-Unis à la Chine, l’UE ne peut pas rester spectatrice »

Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 07h00
    |

                            Sébastien Jean (Directeur du centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi, nous voici redevenus amis avec les Etats-Unis. Quelques jours seulement après que Donald Trump avait qualifié, le 15 juillet, l’Union européenne (UE) d’« ennemie » dans les relations commerciales, il annonçait le 25 juillet, à l’occasion de la visite américaine du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et à grand renfort d’embrassades, un retour à la meilleure concorde transatlantique.
Cet apaisement est bienvenu. On peut néanmoins déplorer que les déclarations prononcées à cette occasion soient ambiguës et manquent singulièrement de cohérence. A tel point que l’on veut croire qu’il ne s’agit que d’une couverture sans substance, destinée à offrir une sortie honorable à Donald Trump. Les déclarations de bonnes intentions d’un tel partenaire ne doivent pas être prises pour argent comptant et le risque d’un nouveau changement de cap du président américain n’est pas minime.
Vers une concurrence équitable
Même si la menace immédiate de droits de douane sur nos exportations d’automobiles était effectivement écartée, cela ne résoudrait pas, cependant, le problème de fond auquel l’Union européenne est confrontée aujourd’hui : le système commercial multilatéral, fondé sur des règles issues d’accords internationaux, vacille.
« Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. »
Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. Un tel retour du rapport de force politique au détriment des règles serait porteur d’un arbitraire et d’une incertitude économiquement coûteux pour tous. Pour l’Union européenne, qui n’a pas la cohésion politique d’un Etat, il serait aussi synonyme d’affaiblissement vis-à-vis de ses partenaires. Pour l’éviter, il faut opposer à la politique commerciale américaine menaçante...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-6">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les prix de l’immobilier ont fortement rebondi en Espagne, mais ils restent abordables au sud de la côte méditerranéenne (1/3).
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

En Espagne, le littoral méditerranéen reste accessible

Les prix de l’immobilier ont fortement rebondi en Espagne, mais ils restent abordables au sud de la côte méditerranéenne (1/3).



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 12h58
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En Espagne, le souvenir de la crise s’efface peu à peu. En 2017, les prix de l’immobilier résidentiel ont rebondi de 7,6 % en moyenne. Il s’agit de la quatrième année de hausse d’affilée. L’économie espagnole va beaucoup mieux : la croissance a atteint 3,1 % en 2017, au-dessus des 3 % pour la troisième année consécutive. Cet été, la fréquentation touristique a battu des records.
La crise immobilière espagnole aura duré huit ans. « Ses stigmates restent bien visibles : entre 2007 et 2011, les prix ont été divisés par deux en moyenne », rappelle Patrick Crosset, fondateur du site acheterenespagne.fr. En 2017, 516 000 transactions ont été enregistrées dans le pays (+16,7 %). selon le notariat espagnol. On reste loin des 800 000 ventes de 2007, mais pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de savoir que le marché était tombé à 320 000 ventes en 2011. En 2018, entre 550 000 et 600 000 transactions sont attendues.
Si les prix ont retrouvé leur sommet dans les sites les plus touristiques comme aux Baléares ou à Marbella, la célèbre station balnéaire de la Costa del Sol, ils demeurent à des niveaux inférieurs à ce qu’ils étaient il y a dix ans sur la plus grande partie du territoire. Sur un an, Madrid, Valence et Malaga progressent de 15 à 20 %, tandis que Bilbao, Séville, Cadix et Alicante affichent des hausses comprises entre 5 % et 10 %. Les prix sont stables à Barcelone en raison de l’instabilité politique en Catalogne, qui pousse les acheteurs à l’attentisme. Du côté des îles, les tarifs sont en augmentation de 10 % par an aux Canaries et de 15 % aux Baléares.

   


Les Français, premiers acheteurs avec les Britanniques
A partir de 2011-2012, les achats réalisés par des étrangers ont été les catalyseurs de la reprise. En 2017, pour la première fois, ils ont atteint la barre des 100 000 transactions, soit 20 % des acquisitions. Près de 8 600 acheteurs français auraient ainsi concrétisé un projet immobilier en Espagne l’an passé, ce qui fait d’eux les seconds acheteurs étrangers derrière les Britanniques et devant les Allemands et les Belges. Dans les îles, la proportion d’acheteurs étrangers atteint le niveau record de 40 % aux Baléares et aux Canaries.

        Lire aussi :
         

                Des opportunités à saisir sur le marché immobilier grec [1/2]



Sur le continent, la Costa Brava et la Costa del Sol restent les destinations les plus recherchées des Français. « Quand les Allemands achètent dans les îles, les Français ciblent d’abord la Catalogne, près de la frontière française, en particulier la Costa Brava. Outre Barcelone et Sitges, ils sont nombreux à Gérone, Figueras, Roses, Lloret de Mar… », explique Caroline Zak, directrice d’Immobilier-en-espagne.com.
L’ancien village de pêcheurs de Cadaqués, où habitait Salvador Dalí, est ainsi devenu une villégiature de luxe. De par sa proximité avec Barcelone et la France, cette station balnéaire de la péninsule Cap de Creus séduit une clientèle internationale. Le prix des plus belles villas du front de mer peut monter jusqu’à 10 000 euros le mètre carré. Moins chères, Roses et Castell Platja d’Aro attirent également les étrangers.
Heureusement, il reste des sites abordables, à condition de prospecter plus au sud. A Tarragone, accessible en train rapide depuis la France, le prix du mètre carré pour une belle maison ne dépasse pas 1 100 euros, et il tombe à 933 euros à Lerida, dans l’arrière-pays, aux portes de l’Aragon.

   


Près d’Alicante, les prix sont doux également. « Dans le beau village d’Altea, à moins de quinze minutes de la mer en voiture, une villa de 200 mètres carrés avec piscine vaut entre 200 000 et 250 000 euros », indique Thomas Rouer, fondateur de jacheteenespagne.com.
« Plus on descend vers le sud, plus les prix sont abordables », confirme Emmanuel Virgoulay, représentant du réseau Barnes en Espagne. Depuis quelques années, les Français sont nombreux à acheter à Valence et à Alicante, deux villes qui possèdent un aéroport international, trois cents jours de soleil par an, et où il est possible d’acheter pour 2 000 à 3 000 euros le mètre carré.
Les prix très doux de l’Andalousie
« Les tarifs ont beaucoup augmenté à Valence, qui est la troisième ville espagnole, mais ils restent encore à 20 % de leur pic de 2007 », commente Ludovic Larue, responsable du réseau Athena Advisers en Espagne. Il faut compter une mise minimum de 120 000 - 130 000 euros pour un deux-pièces de 65 mètres carrés, avec souvent des travaux à prévoir. « Pour rénover un logement, il faut planifier un budget allant de 300 euros à 1 000 euros par mètre carré selon l’état du bien », précise M. Rouer.

   


Contrairement aux Britanniques, rares sont les acheteurs français à s’aventurer jusqu’en Andalousie, au sud de l’Espagne. A tort, car les prix y restent très accessibles : à Cadix, à Séville, à Grenade, le prix du mètre carré oscille entre 1 500 euros et 2 000 euros. A Almeria, les tarifs peuvent tomber à moins de 1 000 euros ! « A Cadix, un bel appartement de 100 mètres carrés face à la mer coûte environ 200 000 euros. C’est l’un des endroits d’Espagne où se situent actuellement les meilleures opportunités », insiste M. Crosset.

        Lire aussi :
         

                Lisbonne attire toujours autant les Français



Malgré un bond de 20 % en 2017, les prix restent accessibles à Malaga, autour de 2 000 euros par mètre carré. En revanche, sa voisine Marbella devient cher, très cher. Dans le très haut de gamme, le prix du mètre carré peut atteindre 20 000 euros à Los Monteros, célèbre pour sa plage de sable blanc située à l’Est de Marbella. Sur la « Golden Mile » de Marbella, qui va du centre de la ville jusqu’à Port Banus, les villas modernes avec vue sur l’océan continuent d’attirer les riches étrangers, malgré des prix pouvant aller jusqu’à 10 000 euros le mètre carré.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-7">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Avec ses élevages à l’ancienne, sans OGM ni fourrage d’ensilage, le pays comble les attentes des consommateurs d’aujourd’hui.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’Autriche, championne du « lait de foin », écologique et rentable

Avec ses élevages à l’ancienne, sans OGM ni fourrage d’ensilage, le pays comble les attentes des consommateurs d’aujourd’hui.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 07h12
    |

            Blaise Gauquelin (Pays de Salzbourg, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Karl Neuhofer a les bottes dans le fumier mais la « tête dans la recherche et l’innovation », comme il dit. Certes, l’exploitation de ce producteur de lait à Strasswalchen, dans la région de Salzbourg, correspond en tout point à l’Autriche des cartes postales : il y a les verts pâturages, les vaches « heureuses » qui portent chacune un petit nom, et bien sûr les montagnes en arrière-plan.
Mais il serait dommage de s’arrêter au décor car cet éleveur est un pionnier, à l’origine de l’émergence du « lait de foin », une appellation peu courante en France mais que les Autrichiens connaissent très bien. Dans ce pays prospère où l’écologie n’est pas un vain mot, 15 % de la production laitière est commercialisée sous le label « Heumilch », lié à un savoir-faire spécifique. Ce taux n’est que de 3 % dans le reste de l’Europe.
« On a commencé en 2009, raconte Karl Neuhofer, qui veille sur un troupeau de 80 têtes. Les petits producteurs avaient du mal à écouler leur lait sur le marché. Du coup on a décidé de se regrouper et de s’organiser pour faire de notre méthode de travail traditionnelle un atout de différenciation dans un marché qui était alors totalement saturé. »
Contrairement à d’autres pays producteurs, l’Autriche (8,7 millions d’habitants) avait gardé des fermes reposant exclusivement sur la consommation de foin. Critiquée à l’époque pour avoir raté le coche de la modernisation, elle se retrouve désormais à la pointe d’un mouvement global de retour aux produits authentiques.
A l’opposé du modèle intensif
Huit mille laiteries et soixante fromageries y forment à présent l’unique réseau mondial de production de « lait de foin ». Dans ces fermes, ni tourteaux de soja importés ni aliment fermenté aux effets gustatifs néfastes : à l’opposé du modèle intensif, le foin séché suffit à nourrir les troupeaux, et le bétail bénéficie dans les régions de l’ouest de l’Autriche d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-8">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le taux directeur argentin a été porté à 45 % par les autorités monétaires du pays, qui craignent que la crise turque affecte le peso.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La crise turque pousse la banque centrale d’Argentine à relever son taux directeur

Le taux directeur argentin a été porté à 45 % par les autorités monétaires du pays, qui craignent que la crise turque affecte le peso.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 19h20
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   


La banque centrale d’Argentine (BCRA) a annoncé, lundi 13 août, le relèvement de son taux directeur à 45 %, soit 5 points de plus que le précédent taux en vigueur. La BCRA assure qu’elle maintiendra ce taux exceptionnellement élevé « au minimum » jusqu’au mois d’octobre.
A en croire le communiqué de l’institut monétaire, cette décision a notamment été prise au regard de la « conjoncture internationale actuelle ». Autrement dit, la dépréciation de la livre turque observée ces derniers jours a poussé le comité de politique monétaire argentin à réagir, par crainte de la contagion.
Les banquiers centraux argentins estiment en effet que des soubresauts de la crise turque seraient susceptibles d’avoir un « impact sur l’inflation » en Argentine. Dans le sillage de la monnaie turque, le peso pourrait en effet être attaqué sur les marchés et perdre de sa valeur, ce qui provoquerait un surcroît d’inflation. Or, cette dernière évolue déjà à des niveaux préoccupants depuis plusieurs années. En avril dernier, elle s’élevait à 25,5 % sur un an.
Un peso argentin déjà mal en point
Si la BCRA a réagi si fortement, c’est que le peso argentin est déjà en grande difficulté. En six mois, la monnaie nationale a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar.

   


Le plongeon observé depuis plusieurs jours s’ajoute en effet à la sévère baisse constatée entre mai et juin. A l’époque, il avait fallu une remontée graduelle mais importante du taux directeur de la BCRA (de 27,25 % à 40 % en quelques jours) et, surtout, le versement par le FMI de 15 milliards de dollars (première tranche d’un plan de 50 milliards), pour enrayer la chute du peso.
Problèmes structurels et hausse des taux américains
La défiance envers la monnaie argentine est d’abord le symptôme des problèmes structurels du pays : une inflation galopante (par ailleurs renforcée par la chute du peso…), une balance commerciale redevenue déficitaire et un passé chargé en matière de problèmes financiers.
Depuis son élection fin 2015, Mauricio Macri tente de remédier à ces maux, avec des mesures d’inspirations libérales. Mais réduire les dépenses et l’inflation sans sacrifier la croissance s’avère difficile. Et, depuis plusieurs mois, un facteur externe est venu fragiliser un peu plus la monnaie argentine : la hausse des taux d’intérêt américains.

   


C’est presque une constante du système monétaire et financier international : lorsque la Réserve fédérale américaine décide de relever son taux directeur, les devises des pays émergents souffrent, les investisseurs retirant leurs actifs de ces pays pour les placer aux Etats-Unis, pays d’accueil beaucoup plus sûr et redevenu lucratif.
De quoi valider a posteriori la sentence de John Connally, ancien secrétaire au Trésor américain qui, en 1971, déclarait : « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-9">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le président américain a annoncé la mise en place de fortes taxes sur certains produits chinois importés aux Etats-Unis. Quelles peuvent être les conséquences de cette politique ?
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/08/15/19-10">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées

Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 14h29
   





                        



Existait-il un problème de sécurité sur le pont Morandi de Gênes ? Le sujet a immédiatement agité la presse italienne après l’effondrement de la structure autoroutière, qui a fait au moins 39 morts selon un bilan provisoire de la protection civile italienne.
Interrogé à ce sujet dans les médias italiens, le PDG d’Autostrade per l’Italia, le groupe privé qui exploite les autoroutes italiennes, Giovanni Castellucci, a affirmé après le drame qu’il ne « détenait aucun document faisant état d’un quelconque danger » sur le pont. Pourtant, la presse italienne se fait l’écho de mises en garde récurrentes concernant la structure même de l’édifice, construit entre 1963 et 1967.

        Suivez notre direct :
         

          retrouvez notre live sur la journée où le viaduc s’est effondré à Gênes



L’une d’elles a notamment été formulée par le professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingénierie de Gênes, Antonio Brencich. Dans un article publié en 2016 par ingegneri.info, le spécialiste soulignait ainsi que « le viaduc de Morandi a immédiatement présenté plusieurs défaillances de structure, en plus de surcoûts importants de construction ».
N’hésitant pas à évoquer « une erreur d’ingénierie », le professeur pointe ainsi « une évaluation incorrecte des effets de retrait du béton ayant produit un plan de route non horizontal ». Selon Antonio Brencich, les automobilistes empruntant le pont, dès les années 1980, ressentaient ainsi des creux et des bosses sur la voie, correspondant à cette défaillance structurelle. Des modifications de surface avaient été réalisées pour corriger ces défauts, mais aucun changement au niveau de la structure n’avait été opéré.

   


« Modifier leurs calculs »
Interrogé mardi par le site Linkiesta à la suite de l’effondrement, Antonio Brencich a répété qu’il s’agissait, selon lui, d’un problème de structure du système de précompression appelé « Morandi M5 », du nom de l’architecte du pont :
« J’ai dit, et les faits me donnent malheureusement raison, que ce type de pont est mal conçu et mal calculé et présente des problèmes évidents de vulnérabilité. Après tout, s’il n’y en a que trois dans le monde, c’est qu’il y a bien une raison. »
Le pont Morandi a en effet deux « jumeaux » dans le monde. L’un en Libye, au dessus du Wadi Al-Kuf. L’autre a été construit à Maracaibo, au Venezuela. Or, ce dernier avait lui aussi connu un incident majeur, puisque, en avril 1964, le pétrolier Exxon Maracaibo, qui transportait près de 36 000 tonnes de marchandise, avait cogné deux de ses piles après une panne le rendant non manœuvrable. Les piles s’étaient alors effondrées, et la forme très particulière de ces piliers avaient alors été mises en cause. « Ce type d’événement n’avait pas été pris en compte lors de la phase de conception, souligne Antonio Brencich, pas plus que l’éventualité d’un tremblement de terre. »
Reste que l’accident du pont Morandi n’est pas une exception dans le paysage routier italien. Selon le quotidien italien Corriere Della Sera, au moins dix ponts se sont effondrés depuis 2013. Fin 2014, le viaduc de Scorciavacche, reliant le nouveau tronçon sicilien entre Palerme et Agrigente, a commencé à se fissurer puis est tombé, dix jours seulement après son inauguration. Plus récemment, le 9 mars 2017, le viaduc de l’autoroute A14 entre Loreto et Ancona avait fait deux morts et deux blessés.
Opérations de maintenance coûteuses
Des difficultés souvent dues à des travaux mal réalisés, mais aussi à un manque de maintenance sur les quelque 26 400 kilomètres du réseau routier italien.
Des travaux importants avaient pourtant bien été engagés à Gênes sur le pont Morandi, notamment au début des années 2000, avec des opérations de réfection des câbles de suspension si caractéristiques de l’ouvrage, attaqués par la corrosion. Un élément qui a surpris là encore le professeur Antonio Brencich, qui notait qu’un pont de cette taille est censé durer au moins cent ans, et s’étonnait de voir des coûts de maintenance dépasser bientôt le coût de construction. « A la fin des années 1990, 80 % de ce qui avait été dépensé pour la construction avait déjà été dépensé pour des travaux », souligne ainsi, mardi, Antonio Brancich, interrogé par Linkiesta.
Selon le quotidien italien Il Fatto Quotidiano, des travaux de rénovation étaient d’ailleurs encore en cours au moment de l’effondrement du pont, mardi 14 août. Il s’agissait d’une opération de consolidation de la dalle, d’intervention sur les haubans, caractéristiques du pont, ainsi que le remplacement des barrières dans les deux sens. Une voie spécifique avait été mise en place pour faciliter le travail des équipes de maintenance. Les travaux, d’un coût évalué à plus de vingt millions d’euros, avaient été lancés le 3 mai et auraient dû être achevés dans un an.
En mai, le PDG d’Autostrade, Giovanni Castellucci, cité par Il Fatto Quotidiano, s’excusait ainsi du désagrément à venir pour les usagers du pont. « Mais nous pensons que la sécurité passe avant tout », affirmait-il.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Une vingtaine de voitures sont impliquées dans l’accident, d’après une source proche des enquêteurs."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Certains habitants proches des lieux ont confié à la télévision Rai avoir d’abord pensé à « un tremblement de terre » en entendant le bruit assourdissant du pont qui s’écroulait."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a déclaré que quelque 200 pompiers se rendaient sur place."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« Je suis avec une immense appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui se profile comme une immense tragédie », a déclaré Danilo Toninelli, le ministre des transports italien."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des secouristes travaillent parmi les décombres du pont autoroutier."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’accident a fait au moins trente-huit morts."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’autoroute A10, dite Autoroute des Fleurs, relie Gênes et Vintimille à la frontière française, dans une succession de ponts et de tunnels en raison du relief accidenté de la côte ligure."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des badauds se rassemblent pour regarder les opérations de sauvetage."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Construit à la fin des années 1960, le viaduc autoroutier est long de 1.182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les débris du viaduc ont touché les locaux d’une usine dont l’entrée se trouve en contrebas, mais seul le parking semble avoir été touché. L’entreprise était vide à l’approche du 15 août, jour férié, à l’exception de la présence d’une équipe de maintenance."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Selon la société italienne des autoroutes Atlantia, « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc »."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/12

Suivant







Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août.

POLIZIA DI STATO / AFP
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-11">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ En raison des droits de diffusion record (9,3 milliards d’euros sur la période 2016-2019), les recettes aux guichets ont représenté seulement un cinquième des revenus la saison passée.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Football : la moitié des clubs anglais n’a plus besoin du public pour générer des profits

En raison des droits de diffusion record (9,3 milliards d’euros sur la période 2016-2019), les recettes aux guichets ont représenté seulement un cinquième des revenus la saison passée.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 15h26
   





                        



   


La moitié des clubs de Premier League peuvent jouer dans un stade vide et réaliser quand même des profits, a révélé mardi une étude de la BBC fondée sur les chiffres de la saison 2016-2017.
En raison des droits de diffusion record (9,3 milliards d’euros sur la période 2016-2019), les recettes aux guichets ont représenté seulement un cinquième des revenus la saison passée. La grande majorité des clubs anglais peuvent donc « se passer de leur public pour générer des bénéfices », estime Bob Wilson, spécialiste de l’économie du football.
Besoin d’ambiance dans les stades
« Quand la Premier League vous verse 120 millions de livres juste pour taper dans le ballon, vous pouvez jouer dans un stade vide si vous avez besoin », analyse ce professeur de l’université de Sheffield Hallam. « La structure de revenus de ces clubs devrait désormais se maintenir », ajoute-t-il, alors que le total des droits TV (droits domestiques et internationaux) pour la période 2019-2022 devrait atteindre des sommes équivalentes à l’accord actuel.
Interrogé par la BBC, le président de la Fédération des supporteurs (FSF), Malcolm Clarke, a insisté pour que les clubs n’oublient pas les fans. Selon lui, les diffuseurs britanniques Sky Sports et BT Sport ne seraient pas prêts à dépenser autant si l’ambiance dans les stades n’était pas bonne.
« Les joueurs et les managers vont et viennent, mais nous sommes toujours là. (…) La raison pour laquelle ils peuvent obtenir des contrats TV si lucratifs est que dans le produit final, il y a la foule, le bruit, les fans adverses, l’ambiance. (…) Ne serait-ce pas ennuyeux de regarder un match de Premier League dans un stade vide ? »
Plafond pour les billets à l’extérieur
A la lumière de l’enquête de la BBC, la Premier League a réagi, indiquant que des efforts avaient été faits pour encourager les fans à assister aux matchs, notamment en introduisant un plafond de 30 livres (34 euros) pour les billets à l’extérieur. « Le football de haute qualité produit par les clubs, combiné à l’engagement des supporteurs, a conduit à un taux de remplissage des stades extrêmement élevé de 96 % en Premier League la saison dernière », écrit la PL dans un communiqué.
L’importance des supporteurs est mise en avant en Espagne. Au début de la saison 2016-2017, la Liga a introduit des amendes pour les clubs, si les caméras de télévision capturaient des images d’espaces vides dans les tribunes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-12">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le géant allemand, propriétaire du semencier américain depuis juin, a perdu 10 milliards de capitalisation boursière.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Bayer dans la tourmente après la condamnation de Monsanto

Le géant allemand, propriétaire du semencier américain depuis juin, a perdu 10 milliards de capitalisation boursière.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 16h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Après le verdict du tribunal, la sanction des marchés : Bayer, propriétaire de Monsanto depuis le mois de juin, a dévissé en Bourse, lundi 13 août. Le cours a perdu jusqu’à 13 %, avant de se reprendre en fin de journée. En quelques heures, le géant allemand a vu partir en fumée 10 milliards d’euros de capitalisation boursière, c’est-à-dire environ 16 % du prix de rachat du semencier américain (63 milliards de dollars, soit 55 milliards d’euros).
Cette dégringolade est la conséquence directe du jugement historique rendu vendredi 10 août par la justice américaine, qui a condamné Monsanto à verser 289,2 millions de dollars (254 millions d’euros) d’indemnités à Dewayne Johnson, un jardinier américain atteint d’un cancer qu’il attribue au glyphosate, herbicide phare de la firme.

        Lire aussi :
         

                Procès du glyphosate : Monsanto condamné, un jugement historique



Le scénario redouté par de nombreux observateurs a pris corps : Monsanto est devenu un risque sérieux pour Bayer. Le jugement est une première. Bien que le groupe américain ait interjeté appel de la décision, celle-ci pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis et représenter une menace financière non négligeable pour le nouveau propriétaire de Monsanto. Actuellement, des milliers de plaintes similaires sont en souffrance devant des tribunaux américains. Lundi dans la journée, plusieurs analystes ont abaissé massivement leur objectif de cours pour l’action Bayer.
C’est le cas de la banque allemande DZ Bank, qui a diminué son objectif de cours de 112 à 86 euros, à l’instar d’autres analystes d’établissements concurrents. « Il n’est pas certain que ce jugement soit confirmé et que les autres plaintes aboutissent. Mais nous voyons au moins le risque que Bayer doive payer plusieurs milliards d’euros de dommages et intérêts. A notre connaissance, il n’existe pas de cas similaire dans le secteur agricole », alerte ainsi Peter Spengler, chez DZ Bank. « Même si nous ne connaissons pas l’issue du jugement, les risques judiciaires pour Bayer en tant que société mère ont fondamentalement augmenté », estime pour sa part dans une note Bernhard Weiniger, chez Independent Research.
Efforts de communication
Interrogé, Bayer s’est refusé à commenter la perte essuyée en Bourse. Le groupe maintient que la décision du juge américain est en contradiction avec « le poids des preuves scientifiques, les décennies d’expérience en situation réelle et les conclusions des régulateurs autour du monde qui, toutes, confirment que le glyphosate est sûr et ne cause pas le lymphome non hodgkinien », a précisé un porte-parole, lundi. Le groupe mise sur le fait que le jugement sera cassé en appel.
Fait inédit, le groupe allemand cherche à tisser des contacts avec ses opposants issus de la société civile
Combien de temps le chimiste allemand pourra-t-il s’arc-bouter sur cette position face à une opposition de plus en plus forte au sein de la population et des pouvoirs publics ? Bayer multiplie depuis quelques mois les efforts de communication afin de rassurer sur les pratiques que le nouveau groupe a adoptées pour rompre avec les méthodes Monsanto. « Il y a des choses que nous faisons différemment », déclarait Werner Baumann, son PDG, dans un entretien au quotidien Handelsblatt,au mois de juin.

        Lire aussi :
         

                Monsanto : le procès américain « va avoir un impact » en Europe



Le groupe cherche à tisser des contacts avec ses opposants issus de la société civile. « Ils veulent le dialogue. C’est une démarche inédite de leur part », confirmait début juillet au Monde un responsable de la branche française d’une grande ONG de défense de l’environnement. De fait, si les sanctions boursières s’ajoutent au concert des critiques environnementalistes, l’étau va se resserrer autour du groupe allemand.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-13">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Même si l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de la compagnie aérienne et que le sujet de la vente de cette participation est ouverte, la tentation reste forte pour les gouvernements successifs d’intervenir.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Air France : l’Etat doit sortir de l’ambiguïté

Editorial. Même si l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de la compagnie aérienne et que le sujet de la vente de cette participation est ouverte, la tentation reste forte pour les gouvernements successifs d’intervenir.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les mythes ont la vie dure ! Son nom même, ainsi que son logo tricolore fièrement arboré sur l’empennage de ses avions continuent à entretenir l’idée qu’Air France est une compagnie nationale dont le sort dépendrait de l’Etat. Ainsi, quand ils se retrouvent coincés par des grèves dans les aéroports, bien des passagers n’ont qu’une question, rageuse, à la bouche : mais que font les pouvoirs publics ?

        Lire aussi :
         

                Air France-KLM : une compagnie sans pilote



De même, les pilotes veulent croire que jamais l’Etat ne « laissera tomber Air France » en cas de crise. Ils n’hésitent donc pas à court-circuiter leur direction et à en appeler au gouvernement, voire au président de la République, lorsqu’une négociation salariale est dans l’impasse ou lorsqu’il s’agit de choisir un patron de l’entreprise, comme c’est le cas aujourd’hui, trois mois et demi après la démission de Jean-Marc Janaillac, au lendemain d’un référendum interne sur un accord salarial rejeté par les personnels. Ainsi, à peine la candidature d’un patron canadien a-t-elle été évoquée au début du mois que le Syndicat national des pilotes de ligne demandait carrément à Emmanuel Macron de « sommer le conseil d’administration de faire un travail impartial, de reconsidérer l’ensemble des candidatures » et de privilégier le choix d’un patron français. 

        Lire aussi :
         

                Réformer Air France : une mission impossible ?



Cette attitude doit beaucoup à l’ambiguïté des gouvernements successifs. Certes, ces derniers martèlent volontiers que l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de l’entreprise et qu’il s’agit d’un groupe privé qui pourrait disparaître comme, avant lui, les fleurons « nationaux » PanAm, TWA, Swissair ou Sabena. Mais la tentation – politique autant que technocratique – d’intervenir reste grande.
Crise de gouvernance
Ce fut le cas à la mi-juillet, lorsque Bruno Le Maire a brutalement écarté la candidature de Philippe Capron envisagée par le conseil d’administration du groupe. Au micro de RTL, le ministre de l’économie mit fin aux ambitions du directeur financier de Veolia : « C’est un candidat parmi d’autres (…). Il fait partie des candidats possibles, mais il n’est pas le seul. »
Il va sans dire que cette attitude ne permet guère de sortir de la crise de gouvernance, voire de stratégie, où Air France est englué. Depuis l’entrée en Bourse de la compagnie en 1999, et surtout depuis le rachat de KLM en 2004, l’hypothèse d’un désengagement de l’Etat est régulièrement évoquée. Elle est revenue cet été avec la proposition, finalement avortée, du groupe hôtelier Accor de reprendre la participation publique. Mais la question demeure : l’Etat doit-il rester au capital du quatrième groupe aérien européen ? Au gouvernement, il n’existe aucun tabou sur la question, et l’on estime que la compagnie ne fait pas partie des actifs stratégiques.
En outre, l’entrée au capital, en 2017, de deux actionnaires étrangers importants change la donne. En effet, le chinois China Eastern et l’américain Delta Air Lines ont imposé de séparer les fonctions de PDG, avec un président non exécutif et un directeur général opérationnel, comme dans la plupart des groupes anglo-saxons. Et surtout, pour élargir le champ des candidatures au-delà de l’Hexagone, ils ont obtenu que le salaire du futur dirigeant soit triplé, pour atteindre les standards internationaux, alors qu’il était plafonné comme dans les entreprises publiques. Leur volonté est claire : se libérer des influences politiques franco-françaises et des PDG proches du pouvoirs en place.
L’heure n’est-elle pas venue, pour l’Etat, d’en tirer les conséquences ? Donc de sortir de ses ambivalences avant d’y être contraint.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-14">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Istanbul, habitants et commerçants tentent de s’adapter à la valse des étiquettes

La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h32
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Alors que le cours de la livre turque ne cesse de chuter, la population s’efforce de s’adapter à la fluctuation des prix et à la baisse de son niveau de vie. « Depuis janvier, nous avons perdu plus de 30 % de notre pouvoir d’achat. Tout augmente : les produits alimentaires, l’essence, les médicaments. On ne sait plus où donner de la tête. Pour ma part, je regarde au centime près. Nous sommes inquiets. Rien ne semble pouvoir stopper la dépréciation de notre monnaie. Cette crise s’annonce pire que celle que nous avons vécue en 2008 », déplore une mère de famille du quartier de Sisli, à Istanbul, qui fait ses courses dans un supermarché.
Une station de métro plus loin, à Gayrettepe, les riches touristes du Golfe font la queue devant les boutiques de luxe du centre commercial Zorlu. Pour eux, le plongeon de la devise turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, est une aubaine. Les commerçants n’ayant pas le temps de changer les étiquettes à chaque oscillation du taux de change, ils vont pouvoir acheter moins cher.

Déterminer un prix pour les vêtements qu’il fabrique est un vrai casse-tête pour Bunyamin, un entrepreneur dont les ateliers se trouvent à Esenler, à la périphérie de la ville. « Le cours de la livre est tellement fluctuant que je n’arrive pas à fixer un prix stable pour ma production. C’est un vrai problème », explique cet homme d’affaires soucieux de préserver son anonymat.
« Le prix du tissu augmente, comme le reste. Très souvent, je l’achète en devises car il n’a pas été produit en Turquie. Avec la crise en cours, les fabricants de tissu ne fabriquent plus rien. Ils tiennent le coup grâce aux stocks. Pour eux aussi, calculer le coût de leur nouvelle production est un problème, soupire le quadragénaire, entre deux discussions par téléphone avec des clients. J’ai une commande à réaliser d’ici trente jours. Quels prix fixer ? Je ne sais pas. On se demande jusqu’où la livre va dégringoler,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-15">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ D’autres devises émergentes ont chuté dans le sillage de la livre turque, également pénalisées par la hausse des taux aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Crise monétaire turque : le risque de contagion inquiète les marchés

D’autres devises émergentes ont chuté dans le sillage de la livre turque, également pénalisées par la hausse des taux aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h13
    |

            Marie Charrel








                        



   


Ces dernières années, la période estivale a été presque systématiquement émaillée de mauvaises surprises économiques et financières. Défaut de paiement argentin en 2014, peur d’une sortie grecque de la zone euro en 2015, référendum sur le Brexit en 2016… Après l’accalmie de 2017, l’onde de choc sur les marchés pourrait bien venir, cette fois, de Turquie. Lundi 13 août, la livre évoluait toujours à un niveau historiquement bas, proche de 7 dollars, après avoir plongé jusqu’à 18 % en séance, vendredi. Depuis le début de l’année, elle a perdu 45 % de sa valeur face au billet vert.

        Lire aussi :
         

                La crise monétaire turque en quatre questions



Les Bourses européennes et asiatiques, quelque peu chahutées en fin de semaine dernière, ont terminé en légère baisse, lundi. Les taux d’emprunt de l’ensemble des pays du sud de l’Europe se sont tendus, et d’autres devises ont baissé, dans le sillage de la livre turque. Ainsi, le rand sud-africain et le rouble russe ont perdu 8 % face au dollar sur une semaine, chutant tous deux, lundi, à leur plus bas niveau depuis deux ans. Le réal brésilien, quant à lui, a cédé 4 % en sept jours, et le peso argentin, 6 %.
« Déni » des autorités
Seul un cocktail de mesures fortes serait susceptible d’enrayer la dégringolade de la monnaie
Les nouvelles mesures annoncées par Ankara ont atténué la débâcle de la livre, attisée par les tensions diplomatiques avec Washington, mais sans parvenir à la stopper. « Elles sont insuffisantes et tout porte à croire que la livre va continuer de se déprécier », prévient Guillaume Tresca, au Crédit agricole. Certes, la banque centrale a promis de fournir toutes les liquidités nécessaires aux banques du pays. Mais les déclarations tonitruantes du président Recep Tayyip Erdogan, qui a de nouveau accusé un « complot étranger » d’être à l’origine de la chute de la monnaie nationale, ont contribué à propager les inquiétudes. « Les autorités turques sont toujours dans le déni à propos de la nature de la crise affectant la livre », résume Wolfango Piccoli, analyste chez Teneo Intelligence.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la livre turque s’effondre-t-elle ?



De fait, seul un cocktail de mesures fortes – et temporairement douloureuses – serait susceptible d’enrayer la dégringolade de la devise et l’inflation galopante qu’elle alimente (16 % en juillet) : resserrement de la politique budgétaire, instauration d’un contrôle des capitaux, relèvement significatif des taux directeurs, voire appel à une aide extérieure. Toutefois, il est difficile d’imaginer le président Erdogan se tourner vers le Fonds monétaire international, qui exigerait des mesures de rigueur en échange d’un prêt.
Surtout, le dirigeant, faisant fi de tout bon sens économique, reste farouchement opposé au relèvement des taux. « En outre, les investisseurs doutent de la capacité de la banque centrale à prendre les mesures à hauteur de la situation », analyse Aneeka Gupta, stratège au sein de la société financière WisdomTree. Et pour cause : ces derniers mois, l’indépendance de l’institution s’est réduite comme peau de chagrin.
Piteux état du secteur bancaire
Si l’effondrement de la livre s’est accéléré du fait des tensions avec Donald Trump, il tient d’abord aux fragilités structurelles du pays. « La Turquie dépend beaucoup des financements étrangers, notamment en dollars », note Mme Gupta. Le déficit de son compte courant atteint 6,3 % du PIB et sa dette extérieure, 200 milliards de dollars (175 milliards d’euros). La croissance a été gonflée à coups de crédits faciles et d’impulsions fiscales, tandis que les entreprises se sont fortement endettées en billets verts. « L’effondrement de la livre complique le financement de ces dettes », explique Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. Ce qui affaiblit le secteur bancaire, en piteux état…
Pour autant, faut-il redouter une crise comparable à celle qui avait secoué les devises asiatiques en 1997, voire une contagion à l’ensemble des places financières ? Pour l’heure, les inquiétudes en la matière paraissent excessives. « Le coup de mou des Bourses et la baisse de certaines devises tiennent aussi au faible volume des échanges estivaux sur les marchés », souligne M. Dembik. La plupart des investisseurs sont, eux aussi, partis en vacances. Et le nombre plus limité de transactions sur les différentes places amplifie artificiellement les mouvements de baisse.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, la chute de la monnaie pénalise les entreprises



Néanmoins, les fragilités d’une partie des pays émergents nourrissent les inquiétudes. Certains, car ils souffrent de difficultés internes, comme l’Argentine, forcée d’appeler le FMI à l’aide en juin pour éviter une nouvelle crise financière, ou l’Afrique du Sud. D’autres, car ils sont affectés par la remontée des taux directeurs entamée par la Réserve fédérale américaine. « Cela pousse les investisseurs à quitter les pays émergents qu’ils considèrent comme fragiles, en particulier ceux affichant d’importants déficits extérieurs, pour aller placer leur argent aux Etats-Unis, où la hausse des taux offre de meilleurs rendements », détaille Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum AM.
Outre la Turquie, l’Afrique du Sud, le Venezuela et l’Argentine sont particulièrement exposés, tout comme le Brésil et l’Ukraine. « La hausse des taux américains, qui devrait se poursuivre, risque d’aggraver un peu plus encore les difficultés de ces pays ces prochains mois », anticipe Vincent Lequertier, gérant chez WeSave.
Du côté européen, les craintes portent sur certaines banques concernées par le risque turc, en Espagne et, dans une moindre mesure, en France. Les valeurs bancaires, dont BNP Paribas et l’espagnole BBVA, ont été malmenées en Bourses ces derniers jours. Cependant, le risque réel reste d’une ampleur limitée, jugent les observateurs. « Le gouvernement italien, qui envisage d’aller au conflit avec Bruxelles sur les questions budgétaires, m’inquiète beaucoup plus : ce sera la bombe de la rentrée », confie un banquier parisien.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-16">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Malgré plusieurs tentatives d’aggiornamento, la compagnie aérienne tricolore résiste au changement, alors même que la concurrence des low cost s’est renforcée.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Réformer Air France : une mission impossible ?

Malgré plusieurs tentatives d’aggiornamento, la compagnie aérienne tricolore résiste au changement, alors même que la concurrence des low cost s’est renforcée.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 07h11
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

La question devient récurrente : Air France est-elle réformable ? Elle s’est posée à Alexandre de Juniac, puis à Jean-Marc Janaillac qui ont tous deux quitté Air France-KLM faute de parvenir à faire évoluer la compagnie française. Le premier a cédé le manche en avril 2016 devant l’impossibilité d’appliquer son plan « Perform 2020 » ; le second a démissionné début mai 2018, désavoué par un vote du personnel sur les salaires. Qu’en sera-t-il du prochain patron du groupe, au sein duquel le néerlandais KLM fait figure de bon élève à côté d’Air France, à la traîne avec une rentabilité de 4 % (contre 9 % pour son partenaire) ?

Les deux PDG ont certes tenté de rénover la compagnie, mais, quel que soit leur style de management, le dialogue avec les pilotes et les organisations syndicales a débouché sur une impasse. « Il y a un problème de confiance, à la fois entre les compagnies du groupe, entre les différentes catégories de personnel et le management, et entre les différentes catégories de personnel entre elles », relevait M. Janaillac peu après son arrivée à la tête du groupe.
Cette situation est liée au fait que les réformes structurelles ont été repoussées pour éviter toute contestation interne. Et ce, en dépit d’un changement radical du secteur aérien au mitan des années 1980, avec l’apparition des low cost comme Ryanair, mais aussi des compagnies du Golfe, telles qu’Emirates. Peu à peu, la compagnie tricolore, à l’instar de toutes les « historiques », a été confrontée à une profonde mutation,passant d’un marché unique à une segmentation entre les court-, moyen- et long-courriers avec, à chaque fois, des concurrents différents.
« La vitesse d’adaptation », clé du succès
« Avec La Navette, Air France fait face au TGV sur les courtes distances »,explique Stéphane Albernhe, président du cabinet de conseil Archery Strategy Consulting.« Sur le moyen-courrier, Transavia, déployée par Alexandre de Juniac, tout comme...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-17">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage violent de la livre turque, déjà affaiblie par l’endettement massif des entreprises en devises étrangères.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

La crise monétaire turque en quatre questions

La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage violent de la livre turque, déjà affaiblie par l’endettement massif des entreprises en devises étrangères.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 15h57
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Avis de tempête sur la livre turque. La Turquie traverse une grave crise monétaire, qui s’est traduite par la chute record de sa monnaie. Vendredi 10 août, la livre a perdu 16 % de sa valeur face au dollar avant de battre un nouveau record à la baisse sur les marchés asiatiques, lundi, en dépassant pour la première fois 7 livres contre un dollar pendant quelques heures. Pour le secteur privé, qui emprunte massivement en dollars, la chute de la livre face au billet vert a pour effet un accroissement de l’endettement. La baisse de la livre turque se traduit parallèlement par une forte inflation, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. Les prix ont ainsi augmenté de 15,9 % en glissement annuel pour le seul mois de juillet.
La Turquie subit cependant l’aggravation soudaine d’une crise dont les signes sont présents depuis des mois. La livre turque, dont la chute s’est accélérée depuis le début du mois d’août, a en effet perdu 40 % de sa valeur face à l’euro et au dollar en 2018, et l’inquiétude des investisseurs au sujet de la bonne santé de l’économie turque n’est pas nouvelle. C’est cependant la dégradation des relations entre Ankara et Washington qui a précipité le décrochage violent de la livre turque au cours de ces dernières semaines.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi la livre turque s’effondre-t-elle ?



Pourquoi cette crise monétaire est-elle liée aux tensions entre Washington et Ankara ?
La chute rapide de la livre turque vendredi a été en partie entraînée par un tweet de Donald Trump annonçant le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, une décision qui faisait suite à l’adoption de sanctions par Washington à l’encontre des ministres de la justice et de l’intérieur turcs. Cette crise inédite entre les Etats-Unis et une puissance majeure de l’OTAN est liée au sort d’Andrew Brunson, un pasteur évangélique américain détenu en Turquie, dont l’administration Trump réclame la libération. Arrêté dans le sillage du coup d’Etat manqué de juillet 2016, M. Brunson, 50 ans, est accusé de complicités avec le réseau de l’imam Fethullah Gülen, lui-même accusé d’être l’artisan du putsch, mais aussi avec la guérilla autonomiste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’échec des pourparlers entre Washington et Ankara en ce qui concerne la libération de M. Brunson, début août, a précipité les réactions américaines à l’origine des derniers développements.
L’affaire Brunson n’est cependant que le révélateur de tensions plus profondes entre les deux pays. Malgré les demandes répétées d’extradition en provenance d’Ankara, l’imam Gülen, qui réside en territoire américain depuis 1999, n’a pas quitté son exil. Par ailleurs, la poursuite du soutien de Washington aux forces kurdes de Syrie face à l’Etat islamique, alors qu’elles sont perçues par Ankara comme une menace existentielle, empoisonne les relations entre les deux capitales.
Quelles sont les raisons profondes de cette crise ?
Les réactions américaines n’ont fait que brusquer une crise annoncée. L’économie turque, malgré sa forte croissance (7,4 % au premier trimestre 2018) fait face à de nombreuses faiblesses. L’une des raisons principales de la crise actuelle est l’endettement massif des entreprises en devises étrangères, notamment en dollar, depuis la fin des années 2000. Il était alors plus avantageux d’emprunter en dollar qu’en livre turque. Le boom du secteur turc de la construction sous Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, qui a vu le territoire turc se recouvrir de centres commerciaux, d’ensembles résidentiels et de gratte-ciel, a été financé par cette dette en devises étrangères.
La croissance à tout prix voulue par le pouvoir turc, parce que source de légitimité politique pour un leadership populiste et apte à financer des réseaux de clientèle sur le court terme des échéances électorales, a abouti à une fuite en avant, que la banque centrale turque n’a pas pu enrayer. M. Erdogan est en effet un partisan des taux d’intérêts faibles, qu’il estime de manière hétérodoxe en mesure de prémunir contre l’inflation. Sa mainmise sur les institutions du pays, y compris la banque centrale, renforcée par le passage complet à un régime présidentiel à la suite de son élection à la tête de l’Etat en juin dernier, a renforcé son emprise.
Quelle est la réponse de la banque centrale et de l’exécutif turc à cette crise ?
Bien que les circonstances plaident en la faveur d’une telle mesure, la banque centrale turque n’a pas relevé les taux d’intérêt après le décrochage de vendredi. Elle a cependant annoncé lundi avoir révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, afin de pallier le manque de liquidité, et a déclaré qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques ont besoin. L’intervention de la banque centrale, quoique timide, a contribué à ralentir la chute de la livre turque, avant que de nouvelles déclarations fracassantes du président Erdogan suscitent un nouvel élan de panique.
Lundi, le chef de l’Etat turc a notamment décrit la crise traversée par son pays comme une conséquence de la volonté de Washington de vouloir « frapper dans le dos » son allié turc. M. Erdogan estime en effet que la Turquie fait les frais d’une guerre économique fomentée par l’étranger et convoque à cet égard un répertoire de plus en plus usité de références nationalistes et religieuses censé guider un pays « assiégé » dans son combat contre des puissances hostiles secondées par un hypothétique « lobby du taux d’intérêt » soucieux de miner l’économie turque. « Ils ont le dollar, nous avons le droit et Allah », a ainsi déclaré M. Erdogan vendredi, lors d’un discours.
Quelles sont les implications politiques de cette crise ?
Au-delà de ces formules incantatoires, peu de mesures concrètes se dessinent. Les déclarations récentes et floues de Berat Albayrak, le ministre des finances novice de l’exécutif turc, qui n’est autre que le gendre de M. Erdogan, n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. Le savoir-faire répressif du pouvoir turc actuel a cependant trouvé à s’employer à la faveur des derniers événements. Le ministère de l’intérieur turc a indiqué lundi qu’il enquêtait sur des centaines d’utilisateurs des réseaux sociaux qu’il soupçonne d’avoir partagé des commentaires relevant de la « provocation » visant à affaiblir la livre. M. Erdogan a qualifié ces suspects de « terroristes économiques » appelés à recevoir le « châtiment qu’ils méritent ».




                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-18">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ L’indicateur établi par l’Insee s’élève à 9,1 % pour la France entière, une baisse moins forte qu’attendu par l’institut.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Le taux de chômage baisse de 0,1 point au deuxième trimestre

L’indicateur établi par l’Insee s’élève à 9,1 % pour la France entière, une baisse moins forte qu’attendu par l’institut.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 10h02
   





                        



Après une légère remontée au 1er trimestre, le taux de chômage a repris sa baisse au 2e trimestre (- 0,1 point), pour s’établir à 9,1 % pour la France entière (hors Mayotte), selon des chiffres provisoires de l’Insee publiés mardi 14 août.
Sur un an, le taux de chômage, mesuré par l’Institut national de la statistique selon les normes du Bureau international du travail (BIT), est en baisse de 0,3 point.
L’indicateur reste au-dessus du plancher de 8,9 % (chiffre révisé à la baisse) atteint à la fin 2017.
La baisse du 2e trimestre est moins forte qu’attendu. Dans ses dernières prévisions publiées en juin, l’Insee tablait sur un recul de 0,2 point.
Toutes ces évolutions sont toutefois à analyser avec prudence, car elles se situent dans la marge d’erreur de l’indicateur (+/- 0,3 point).

        Lire aussi :
         

                Chômage de longue durée : dix territoires en France se mobilisent



Le chômage des 15-24 ans à 20,8 %
Sur le trimestre, les jeunes (- 0,6 point) et les catégories d’âge intermédiaires (- 0,1 point) ont vu leur situation s’améliorer, tandis que celle des seniors est restée stable. Le taux de chômage des 15-24 ans s’est établi à 20,8 %, son plus bas niveau depuis la fin 2008, celui des 50 ans et plus se situe à 6,5 %.
En moyenne, l’Insee a comptabilisé 2,70 millions de chômeurs au deuxième trimestre, en baisse de 48 000 (- 1,7 %) sur trois mois et de 104 000 (- 3,7 %) sur un an.
Parmi eux, 1,04 million cherchent du travail depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée est stable sur trois mois, à 3,6 % de la population active.
Parallèlement au taux de chômage, le « halo autour du chômage » a, lui aussi, baissé au deuxième trimestre. Ces personnes souhaitant travailler, mais qui ne sont pas comptabilisées parce qu’elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement, étaient 1,46 million au deuxième trimestre (- 19 000 sur le trimestre, - 25 000 sur un an).
Enfin, le taux d’emploi, c’est-à-dire la proportion de 15-64 ans qui travaillent, a légèrement augmenté (+ 0,1 point), à 65,8 %, son plus haut niveau depuis le début des années 1980.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi le chômage n’a pas baissé au deuxième trimestre






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-19">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Depuis la démission surprise de son PDG Jean-Marc Janaillac, le 4 mai, le groupe est en quête d’un remplaçant. Mais la transition est plus longue qu’espéré.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Air France-KLM : une compagnie sans pilote

Depuis la démission surprise de son PDG Jean-Marc Janaillac, le 4 mai, le groupe est en quête d’un remplaçant. Mais la transition est plus longue qu’espéré.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 12h04
    |

            Guy Dutheil et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Air France-KLM : – 4,11 %. Lundi 13 août, le cours de l’action du transporteur aérien a de nouveau chuté. En cause, la dernière annonce de Philippe Evain, le patron du puissant Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Il menace de lancer quinze jours de grève à la rentrée si le prochain directeur général de l’entreprise ne reprend pas immédiatement les négociations sur les salaires.
Encore faudrait-il qu’il y ait un patron. Il pourrait s’agir du Canadien Benjamin Smith, numéro deux d’Air Canada, la présidence non exécutive du groupe revenant à Anne-Marie Couderc. Pour l’heure, toutefois, son arrivée n’a pas été confirmée. Retour sur trois mois et demi de crise, entre sorties de piste, trous d’air et virages sur l’aile.

La chute de Jean-Marc Janaillac
Le référendum était un pari pour sortir de l’impasse sociale. Après plusieurs mois de négociations salariales émaillées par une quinzaine de jours de grève (qui auront coûté 335 millions d’euros), le PDG Jean-Marc Janaillac joue son va-tout. Il perd.
Le 4 mai en fin d’après-midi, aux Invalides, les journalistes patientent devant le siège d’Air France. Un peu plus tôt, la direction a avancé l’heure de la conférence de presse au cours de laquelle elle doit dévoiler le résultat de la consultation organisée pour faire valider son projet d’accord salarial. Elle est convaincue d’obtenir un plébiscite. C’est un échec cuisant.
L’air grave et la voix blanche, M. Janaillac annonce qu’il remettra « sa démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM ». Au total, 55,44 % des salariés ont rejeté l’accord proposé par la direction. Ce résultat est d’autant plus notable que la participation a dépassé les 80 %. Aussitôt, sur Twitter, Philippe Evain félicite les salariés de leur vote. Cependant, le soir même, il envoie un SMS à M. Janaillac, lui demandant de… revenir.
Pour le PDG désavoué, c’en est trop. Il précise qu’il quittera l’entreprise le 15 mai,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/15/19-20">
<filnamedate="20180815"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180815"><AAMMJJHH="2018081519">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ En cas de remboursement, les produits générés par des fonds détenus depuis plus de cinq ans dans le cadre de l’épargne salariale sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, précisent les experts de Cyrus Conseil en réponse à un lecteur.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

« La date à laquelle des fonds ont été souscrits modifie leur taxation »

En cas de remboursement, les produits générés par des fonds détenus depuis plus de cinq ans dans le cadre de l’épargne salariale sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, précisent les experts de Cyrus Conseil en réponse à un lecteur.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h15
    |

Jérôme Porier (avec la société Cyrus Conseil)







                        



   


Question de lecteur. En France, la fiscalité des produits d’épargne n’est pas réputée pour sa simplicité. Le niveau des prélèvements sociaux a régulièrement augmenté au cours des deux dernières décennies. C’est pourquoi la date à laquelle des parts de fonds ont été souscrites dans le cadre de l’épargne salariale influe sur leur taxation finale, expliquent les experts de Cyrus Conseil en réponse à la question d’un lecteur.
Je possède un plan d’épargne salariale constitué de trois fonds : un fonds A pour lequel le nombre de mes parts n’a pas bougé depuis 1979, un fonds B pour lequel le nombre de mes parts n’a pas bougé depuis 1991, un fonds C pour lequel le nombre de mes parts n’a pas bougé depuis 1993. Quelle fiscalité s’applique au titre des prélèvements sociaux et de l’impôt sur le revenu en cas de remboursement ?
Comme vous détenez ces fonds depuis plus de cinq ans, les produits générés seront totalement exonérés d’impôt sur le revenu en cas de remboursement. En revanche, ils resteront soumis aux prélèvements sociaux.

        Lire aussi :
         

                D’une génération à l’autre, le poids des aides financières pèse lourd



En effet, les produits de l’épargne salariale acquis dans le cadre d’un plan d’épargne, qu’il s’agisse d’un plan d’épargne entreprise (PEE), d’un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou d’un plan d’épargne interentreprises (PEI) sont soumis aux prélèvements sociaux lorsque les bénéficiaires demandent récupérer leur mise.
Pour l’application du taux des prélèvements sociaux, il faut regarder le taux en vigueur au moment de l’acquisition du produit. Ces taux historiques débutent en 1997 à 3,90 % pour atteindre 17,20 % en 2018.

        Lire aussi :
         

                Retrait d’argent chez les commerçants : le cash back arrive en France



Notons que les produits antérieurs au 1er janvier 1997 ne subissent pas de prélèvements sociaux. En effet, l’épargne salariale bénéficie du maintien des taux historiques pour les revenus issus de la participation des salariés aux résultats de l’entreprise, ainsi que pour les revenus attachés à des sommes versées sur un PEE ou PEI antérieurement au 1er janvier 2018.
En revanche, tous les produits acquis ou constatés à compter du 1er janvier 2018 seront soumis au taux de 17,20 %. Concernant l’impôt sur le revenu, ces sommes sont exonérées d’impôt sur le revenu à condition d’être maintenues, dans le plan d’épargne pendant au moins cinq ans, sauf exceptions autorisées.



                            


                        

                        

