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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Série C’était mieux avant ? (5/6). Les « colos » déclinent, sous les effets conjugué de la démocratisation des vacances familiales et de la baisse du désir de « vivre ensemble ». Mais il existe d’autres moyens de reconstruire une identité collective, estime le sociologue Jean Viard.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.
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L’« Aquarius » arrive à Malte pour débarquer 141 migrants secourus en mer

Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Le navire humanitaire Aquarius est arrivé mercredi 15 août à Malte, où il a été finalement autorisé à accoster après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. Le navire, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), est entré peu après 14 heures dans le port de La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants qu’il avait secourus vendredi dans les eaux internationales au large de la Libye.

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L’armée maltaise a été mobilisée pour faciliter le débarquement des migrants, originaires pour la plupart de Somalie et d’Erythrée, qui devront passer un contrôle médical à leur arrivée, selon les autorités locales. La moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes.
« Deux enfants ont moins de 5 ans et trois moins de 13 ans », a déclaré Aloys Vimard, le coordinateur de Médecins sans frontières à bord de l’Aquarius, soulignant que les rescapés étaient « épuisés, marqués par leur voyage et leur séjour en Libye ».
Errance pendant plusieurs jours
Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, ce navire a de nouveau erré plusieurs jours en quête d’un port d’accueil, mettant l’Europe face à ses « responsabilités ». Rejeté par l’Italie mais aussi dans un premier temps par Malte, qui avait recueilli lundi 114 migrants secourus par sa marine, l’Aquarius a finalement été autorisé mardi à accoster à La Valette à la suite d’un accord avec cinq autres pays de l’Union européenne (UE). La France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne ont accepté de se répartir l’accueil des 141 migrants à bord et des 114 autres arrivés lundi sur l’île.
L’Espagne, qui avait accueilli l’Aquarius en juin au moment de sa précédente errance, a fait savoir mardi qu’elle prendrait en charge sur son sol 60 des 141 migrants. La France, dont le président Emmanuel Macron avait été vivement critiqué en juin pour avoir fermé les portes à l’Aquarius, a également assuré qu’elle recevrait 60 migrants. L’Allemagne s’est de son côté engagée à recevoir « jusqu’à 50 » réfugiés et le Portugal s’est dit « disponible » pour accueillir 30 personnes. Le Luxembourg en recevra 5.
« Dangereux et immoral »
Sur Twitter, SOS Méditerranée s’est félicité mercredi de l’entente entre les différents pays européens qui se sont « mis d’accord pour partager les responsabilités au sein d’une réponse (…) coordonnée ».
Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lui aussi salué dans un communiqué « la fin de l’impasse concernant l’Aquarius », mais il a toutefois jugé que « cette situation n’aurait jamais dû en arriver à ce point ». « Il est faux, dangereux et immoral de continuer à faire errer des navires de sauvetage en Méditerranée, alors que les gouvernements se font concurrence pour se décharger de leurs responsabilités », a ajouté M. Grandi en estimant « urgent » de sortir « des approches “bateau par bateau” pour savoir où débarquer les passagers secourus ».

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L’odyssée en juin de l’Aquarius avec plus de 600 personnes à son bord avait duré une semaine après les refus de Malte et de l’Italie, dont le ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini avait mis un point d’honneur à ne pas accueillir de nouveaux migrants.
Les dirigeants de l’UE s’étaient réunis le 24 juin mais sans réussir à arracher un compromis avec les partisans d’une ligne dure sur l’immigration, comme l’Italie et le groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.
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Nouvelle étape pour la reconnaissance d’un « troisième genre » en Allemagne

A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 16h25
   





                        



   


Le gouvernement allemand a adopté mercredi 15 août un texte légalisant un « troisième genre » sur les certificats de naissance, faisant du pays un précurseur en Europe dans la reconnaissance des personnes intersexes.
A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » pour les personnes concernées, selon ce texte de loi qui doit encore être approuvé par le Bundestag. « Personne ne doit être discriminé en raison de son identité sexuelle », a déclaré la ministre de la justice, Katarina Barley (sociale-démocrate, SPD), jugeant que cette modernisation de l’état civil aurait dû avoir eu lieu depuis longtemps déjà.

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Décision de la Cour constitutionnelle
Le gouvernement de grande coalition entre les conservateurs d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates applique ainsi une décision de la Cour constitutionnelle de 2017. La plus haute juridiction allemande a donné aux députés jusqu’à fin 2018 pour voter la légalisation d’un troisième sexe.
Jusqu’à présent, il était possible en Allemagne depuis mai 2013 de ne pas renseigner le champ relatif au sexe en le laissant vide, les intéressés pouvant ensuite, au cours de leur vie, soit faire le choix d’un sexe masculin ou féminin, soit garder la mention du sexe non renseignée.
D’autres pays en Europe se sont aussi engagés sur la voie d’une reconnaissance d’un troisième genre comme les Pays-Bas ou l’Autriche. En France, tout individu doit être rattaché dans les cinq jours suivant la naissance au sexe masculin ou féminin. La Cour de cassation avait rejeté l’an passé la reconnaissance d’un « sexe neutre », écartant la demande d’une personne née sans pénis ni vagin. Selon les statistiques des Nations unies, entre 0,05 % et 1,7 % de la population mondiale est intersexe.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Le soutien du président tunisien à l’égalité successorale entre hommes et femmes montre que le pays ouvre un nouveau chapitre de sa modernisation.
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La Tunisie, lueur d’espoir dans le monde arabe

Editorial. Le soutien du président tunisien à l’égalité successorale entre hommes et femmes montre que le pays ouvre un nouveau chapitre de sa modernisation.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 12h35
   





                        


Editorial du « Monde ». Une belle nouvelle nous arrive de Tunisie, ce petit pays d’Afrique du Nord où se jouent des combats cruciaux pour l’aire méditerranéenne. Le débat sur l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage est lancé. Lundi 13 août, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a officialisé son soutien à cette réforme du droit successoral dont le Parlement tunisien devrait se saisir sans tarder. Pour les féministes tunisiennes, qui défendaient cette cause depuis des années dans un relatif isolement, c’est une précieuse victoire. Elles n’ont cessé de dénoncer l’archaïsme d’un régime d’héritage en vertu duquel la femme ne recueille que la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté.
S’attaquer à une telle tradition immémoriale est délicat. Habib Bourguiba, le « père de la nation » (mort en 2000), qui avait pourtant imposé, dès l’indépendance, en 1956, un « code du statut personnel » pionnier pour les droits des femmes dans le monde arabo-musulman, n’avait lui-même pas osé toucher à cette disposition inspirée du Coran. Plus de six décennies plus tard, Béji Caïd Essebsi relève courageusement le défi.

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Avec le temps, une bonne partie de la justification de cette inégalité est devenue obsolète. Occupant une part croissante dans la vie socio-économique du pays, les Tunisiennes participent de plus en plus à la formation des patrimoines familiaux. Les réduire à la portion congrue lors des successions tenait du déni de justice. Une révision s’imposait. Après son « printemps démocratique » de 2011, la Tunisie ouvre un nouveau chapitre de sa modernisation, qui touche à son socle sociétal.
Se garder de toute naïveté
Il faut applaudir ce geste de M. Essebsi, qui replace la Tunisie à l’avant-garde des évolutions dans cette région du monde. Il est de nature à inspirer les progressistes des pays voisins. Toutefois, il faut se garder de toute naïveté. L’initiative du chef de l’Etat est aussi noble que tactique. Elle vise à redorer son blason, terni par un mandat médiocre, entaché par ses connexions avec l’ancien régime et une inquiétante dérive dynastique. A l’évidence, M. Essebsi veut instrumentaliser la juste cause des femmes tunisiennes – comme l’ex-dictateur Ben Ali l’avait habilement fait – pour promouvoir des intérêts de cour et sculpter sa stature personnelle. Les féministes tunisiennes ne sont pas dupes de la manœuvre. Elles objectent que l’essentiel, en l’occurrence, est d’engranger des conquêtes. Elles ont raison. Tout acquis est bon à prendre.

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L’autre naïveté consisterait à penser que l’adoption d’une telle réforme n’est plus qu’une formalité. En fait, le débat s’annonce douloureux et la Tunisie est fracturée sur le sujet. La majorité de la population, qui demeure conservatrice, est a priori rétive au changement du statu quo en la matière, qui touche aux équilibres des familles. Il faudra la convaincre avec doigté.
Dans ce travail de persuasion, Ennahda, le parti issu de la matrice islamiste, est appelé à jouer un rôle-clé. Ce mouvement, qui dispose du premier groupe parlementaire à l’Assemblée, prétend avoir dépoussiéré sa vision du monde au point de récuser l’étiquette d’« islamiste ». Or, ses cadres ont accompagné, voire inspiré, la récente agitation contre le projet de réforme. Si Ennahda veut convaincre de la sincérité de son aggiornamento, il devra être clair sur la modernité qu’il affirme avoir embrassée.
Les droits de la femme tunisienne méritent mieux qu’une manigance de palais ou une duplicité doctrinale.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ C’est un signe d’apaisement au moins provisoire après de vives tensions le long de la frontière avec le territoire palestinien, sous blocus.
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Israël rouvre un passage vital vers Gaza après des semaines de tensions

C’est un signe d’apaisement au moins provisoire après de vives tensions le long de la frontière avec le territoire palestinien, sous blocus.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h29
   





                        


Israël a rouvert mercredi 15 août un point de passage vital pour les marchandises vers la bande de Gaza, ont constaté les journalistes de l’AFP. C’est un signe d’apaisement au moins provisoire après de vives tensions le long de la frontière avec le territoire palestinien, sous blocus.
Des dizaines de camions ont franchi le terminal de Kerem Shalom (Kerem Abou Salem en arabe), seul point de passage pour les marchandises entre Israël et la bande de Gaza, largement fermé depuis juillet en représailles aux actes hostiles palestiniens en provenance du territoire et aux heurts le long de la frontière.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.
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édition abonné


« Dans le conflit commercial imposé par les Etats-Unis à la Chine, l’UE ne peut pas rester spectatrice »

Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 07h00
    |

                            Sébastien Jean (Directeur du centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi, nous voici redevenus amis avec les Etats-Unis. Quelques jours seulement après que Donald Trump avait qualifié, le 15 juillet, l’Union européenne (UE) d’« ennemie » dans les relations commerciales, il annonçait le 25 juillet, à l’occasion de la visite américaine du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et à grand renfort d’embrassades, un retour à la meilleure concorde transatlantique.
Cet apaisement est bienvenu. On peut néanmoins déplorer que les déclarations prononcées à cette occasion soient ambiguës et manquent singulièrement de cohérence. A tel point que l’on veut croire qu’il ne s’agit que d’une couverture sans substance, destinée à offrir une sortie honorable à Donald Trump. Les déclarations de bonnes intentions d’un tel partenaire ne doivent pas être prises pour argent comptant et le risque d’un nouveau changement de cap du président américain n’est pas minime.
Vers une concurrence équitable
Même si la menace immédiate de droits de douane sur nos exportations d’automobiles était effectivement écartée, cela ne résoudrait pas, cependant, le problème de fond auquel l’Union européenne est confrontée aujourd’hui : le système commercial multilatéral, fondé sur des règles issues d’accords internationaux, vacille.
« Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. »
Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. Un tel retour du rapport de force politique au détriment des règles serait porteur d’un arbitraire et d’une incertitude économiquement coûteux pour tous. Pour l’Union européenne, qui n’a pas la cohésion politique d’un Etat, il serait aussi synonyme d’affaiblissement vis-à-vis de ses partenaires. Pour l’éviter, il faut opposer à la politique commerciale américaine menaçante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Directrice adjointe de l’Institut de l’Europe à l’Académie chinoise du commerce international, Yao Ling plaide, dans une tribune au « Monde », pour que l’Union européenne et la Chine présentent un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis.
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édition abonné


« Le renforcement de la coopération économique entre la Chine et l’UE est une chance à saisir »

Directrice adjointe de l’Institut de l’Europe à l’Académie chinoise du commerce international, Yao Ling plaide, dans une tribune au « Monde », pour que l’Union européenne et la Chine présentent un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 05h45
    |

Yao Ling (Directrice adjointe de l’institut de l’Europe de l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, relevant ...







                        



                                


                            

Tribune. Sous prétexte que leur sécurité nationale est menacée, les Etats-Unis ont déclenché une guerre commerciale qui remet en jeu les équilibres mondiaux en ignorant le mécanisme de règlement des différends établi par l’Organisation mondiale du commerce. Aujourd’hui, Donald Trump souffle le chaud et le froid. Tant avec la Chine, où les négociations de juin 2018 n’ont pas abouti, qu’avec l’Union européenne (UE), où les apparences de l’accord Trump-Juncker du 25 juillet peuvent être trompeuses.

Dans un contexte où le monde devient chaque jour plus instable, la Chine et l’UE doivent préciser le plus tôt possible l’orientation de leurs relations économiques et commerciales pour protéger leurs intérêts communs. Bien que l’UE ne veuille pas le reconnaître, nous nous devons de présenter un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis, ne serait-ce qu’en raison de l’importance de nos liens économiques. L’UE est le plus grand partenaire commercial de la Chine. Celle-ci exporte vers l’UE l’équivalent de 372 milliards de dollars [environ 327 milliards d’euros] (en hausse de 9,7 %) et elle importe des produits européens pour 244 milliards de dollars (en hausse de 17,7 %).
Par ailleurs, notre dialogue constant produit des résultats. Dans le document « Eléments pour une nouvelle stratégie de l’UE à l’égard de la Chine », publié en 2016, l’UE a formulé des revendications prioritaires dans les négociations en cours depuis 2014 sur les investissements européens en Chine : l’élargissement de l’accès au marché pour les marchandises et les services, l’ouverture des marchés publics et la réduction des mesures restrictives sur l’accès au marché intérieur.
Partenaire privilégié
Or, la Chine est entrée dans une nouvelle phase de son ouverture sur le monde extérieur, et certaines demandes de l’UE sont progressivement satisfaites. La plus emblématique, annoncée par le président chinois Xi Jinping lors du Forum de Boao, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ C’était mieux avant ? (4/6) Pour Michael Kimmel, sociologue américain, les « incels », ou « célibataires involontaires », entretiennent une vision de l’Histoire qui occulte l’émancipation des femmes.
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<article-nb="2018/08/15/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Même si l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de la compagnie aérienne et que le sujet de la vente de cette participation est ouverte, la tentation reste forte pour les gouvernements successifs d’intervenir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Air France : l’Etat doit sortir de l’ambiguïté

Editorial. Même si l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de la compagnie aérienne et que le sujet de la vente de cette participation est ouverte, la tentation reste forte pour les gouvernements successifs d’intervenir.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les mythes ont la vie dure ! Son nom même, ainsi que son logo tricolore fièrement arboré sur l’empennage de ses avions continuent à entretenir l’idée qu’Air France est une compagnie nationale dont le sort dépendrait de l’Etat. Ainsi, quand ils se retrouvent coincés par des grèves dans les aéroports, bien des passagers n’ont qu’une question, rageuse, à la bouche : mais que font les pouvoirs publics ?

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De même, les pilotes veulent croire que jamais l’Etat ne « laissera tomber Air France » en cas de crise. Ils n’hésitent donc pas à court-circuiter leur direction et à en appeler au gouvernement, voire au président de la République, lorsqu’une négociation salariale est dans l’impasse ou lorsqu’il s’agit de choisir un patron de l’entreprise, comme c’est le cas aujourd’hui, trois mois et demi après la démission de Jean-Marc Janaillac, au lendemain d’un référendum interne sur un accord salarial rejeté par les personnels. Ainsi, à peine la candidature d’un patron canadien a-t-elle été évoquée au début du mois que le Syndicat national des pilotes de ligne demandait carrément à Emmanuel Macron de « sommer le conseil d’administration de faire un travail impartial, de reconsidérer l’ensemble des candidatures » et de privilégier le choix d’un patron français. 

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Cette attitude doit beaucoup à l’ambiguïté des gouvernements successifs. Certes, ces derniers martèlent volontiers que l’Etat ne détient plus que 14,3 % du capital de l’entreprise et qu’il s’agit d’un groupe privé qui pourrait disparaître comme, avant lui, les fleurons « nationaux » PanAm, TWA, Swissair ou Sabena. Mais la tentation – politique autant que technocratique – d’intervenir reste grande.
Crise de gouvernance
Ce fut le cas à la mi-juillet, lorsque Bruno Le Maire a brutalement écarté la candidature de Philippe Capron envisagée par le conseil d’administration du groupe. Au micro de RTL, le ministre de l’économie mit fin aux ambitions du directeur financier de Veolia : « C’est un candidat parmi d’autres (…). Il fait partie des candidats possibles, mais il n’est pas le seul. »
Il va sans dire que cette attitude ne permet guère de sortir de la crise de gouvernance, voire de stratégie, où Air France est englué. Depuis l’entrée en Bourse de la compagnie en 1999, et surtout depuis le rachat de KLM en 2004, l’hypothèse d’un désengagement de l’Etat est régulièrement évoquée. Elle est revenue cet été avec la proposition, finalement avortée, du groupe hôtelier Accor de reprendre la participation publique. Mais la question demeure : l’Etat doit-il rester au capital du quatrième groupe aérien européen ? Au gouvernement, il n’existe aucun tabou sur la question, et l’on estime que la compagnie ne fait pas partie des actifs stratégiques.
En outre, l’entrée au capital, en 2017, de deux actionnaires étrangers importants change la donne. En effet, le chinois China Eastern et l’américain Delta Air Lines ont imposé de séparer les fonctions de PDG, avec un président non exécutif et un directeur général opérationnel, comme dans la plupart des groupes anglo-saxons. Et surtout, pour élargir le champ des candidatures au-delà de l’Hexagone, ils ont obtenu que le salaire du futur dirigeant soit triplé, pour atteindre les standards internationaux, alors qu’il était plafonné comme dans les entreprises publiques. Leur volonté est claire : se libérer des influences politiques franco-françaises et des PDG proches du pouvoirs en place.
L’heure n’est-elle pas venue, pour l’Etat, d’en tirer les conséquences ? Donc de sortir de ses ambivalences avant d’y être contraint.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’essayiste estime que le président américain continuera de mener le bal jusqu’au bout : ses électeurs sont toujours plus enthousiastes et son opposition est paralysée.
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Guy Sorman : « Contre toute attente, Donald Trump devrait achever son mandat sans peine »

Dans une tribune au « Monde », l’essayiste estime que le président américain continuera de mener le bal jusqu’au bout : ses électeurs sont toujours plus enthousiastes et son opposition est paralysée.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 09h41
    |

                            Guy Sorman (Essayiste)








                        



                                


                            

Tribune. Dans les années 1980, Ronald Reagan fut surnommé « le président Teflon », parce qu’en dépit de ses cafouillages et de quelques scandales, rien ne semblait l’atteindre, tout glissait sur sa popularité. Trump serait-il fait du même alliage ?
Tout, en apparence, l’incrimine : ses gesticulations militaristes, ses insultes contre les Noirs, les femmes, les immigrés, les journalistes, son attitude incohérente lors des sommets de chefs d’Etat, son mépris de la justice, ses collusions financières, sa relation étrange avec Poutine. Eh bien, un tiers des Américains, ceux qui l’ont élu, sont inébranlables dans leur soutien : un tiers, ce n’est pas une majorité, mais comme le tiers est acquis et l’opposition dispersée, Trump est difficile à détrôner.
Le rêve d’un impeachment s’évapore ; il n’existe pas de chef d’accusation suffisant pour démettre le président
Il faut envisager que c’est en raison même de ses incartades qu’il reste populaire : à l’encontre des prévisions – ou espérances –, il n’est pas devenu un président ordinaire. Il reste, jusqu’à la caricature, le tribun populiste qu’il fut comme candidat.
Le soir de son élection, il incarnait la « revanche du mâle blanc » contre les minorités culturelles, contre les féministes, contre les progressistes, contre les mondialistes : il n’a pas varié d’un iota, imperméable au monde réel, désinformé par Fox News, sa seule source de renseignement sur le monde. Ses électeurs, désormais constitués en fan-club, toujours plus enthousiastes, adorent les frasques de leur chef : le président parle comme eux et pense comme eux, racisme inclus. Ce langage est la clé de son succès.
Qui plus est, le reste du monde est si désorienté par le non-conformisme de Trump, ses mensonges et ses coups de gueule que les gouvernements occidentaux et autres en restent tétanisés : depuis un an et demi, tous balancent entre les tentatives d’amadouer le monstre – en vain – et leur incapacité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le chercheur Raberh Achi estime, dans une tribune au « Monde », que toutes les tentatives d’organiser l’islam de France par le haut et de façon jacobine ont suscité une méfiance des musulmans.
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« Les Français de culture musulmane ont besoin d’être reconnus comme pleinement citoyens »

Le chercheur Raberh Achi estime, dans une tribune au « Monde », que toutes les tentatives d’organiser l’islam de France par le haut et de façon jacobine ont suscité une méfiance des musulmans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h01
    |

Raberh Achi (Professeur agrégé de sciences sociales, en thèse de science politique sur la laïcité en Algérie à la période coloniale)







                        



                                


                            

Tribune. Deux déclarations, ces derniers mois, du président de la République Emmanuel Macron laissent perplexe sur sa vision des relations entre l’islam et la laïcité.
Le 4 janvier, en présentant ses vœux aux représentants des cultes, il a estimé que la loi de 1905 n’avait « pas pensé le fait religieux avec et par l’islam, parce qu’il n’était pas présent dans notre société, comme il l’est aujourd’hui ». Plus récemment, devant le Parlement réuni en Congrès, le 9 juillet, il a fait l’annonce d’une consultation devant mener à un « cadre et à des règles » pour l’islam de France.
Le chef de l’Etat est-il fondé en droit à engager une telle refonte ? Les cultes ne sont-ils pas égaux devant la loi ? L’Etat n’est-il pas cantonné à garantir le régime le plus favorable à la liberté de conscience et à l’exercice du culte ?

Les musulmans de France, en l’occurrence ceux d’Algérie, furent bel et bien des acteurs de l’histoire de la laïcité, mais diminués et sous contrôle
Ces déclarations reflètent une méconnaissance et un impensé qui trouvent leur origine dans la période coloniale. En 1905, le Parlement a décidé de traiter l’islam à l’égal des autres religions en appliquant la loi à l’Algérie. Le pouvoir exécutif a entériné par la suite un régime d’exception en vigueur jusqu’en 1962. Les musulmans de France, en l’occurrence ceux d’Algérie, furent bel et bien des acteurs de l’histoire de la laïcité, mais diminués et sous contrôle. L’interventionnisme de l’Etat qui prévalait avant 1905 s’est poursuivi à travers des associations cultuelles sous surveillance, des imams triés sur le volet pour recevoir des indemnités, et l’encadrement du pèlerinage à La Mecque pour, déjà, préserver les musulmans français des influences étrangères, ou encore la régulation des biens religieux et des revenus qu’ils généraient.
Contrôle des richesses
Ce tropisme « césaropapiste » n’a pas totalement disparu. Il transparaît dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ C’était mieux avant ? (3/6). La comédienne rejette l’idée d’un cinéma désormais corseté par des tabous. Selon elle, le grand écran peut tout traiter avec humour, pour peu que le film fasse vivre un univers riche et qu’il dépasse les clichés.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. La justice californienne a condamné, le 10 août, le groupe américain d’agrochimie à verser des indemnités au jardinier Dewayne Johnson, atteint d’un cancer qu’il attribue à l’herbicide Roundup.
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Monsanto, un jugement salutaire

Editorial. La justice californienne a condamné, le 10 août, le groupe américain d’agrochimie à verser des indemnités au jardinier Dewayne Johnson, atteint d’un cancer qu’il attribue à l’herbicide Roundup.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La justice est passée. Le 10 août, à San Francisco, Monsanto a perdu son procès devant un tribunal de l’Etat de Californie. La firme américaine a été condamnée à verser près de 290 millions de dollars (254 millions d’euros) d’indemnités à Dewayne « Lee » Johnson, un jardinier atteint d’un cancer qu’il attribue au glyphosate, la substance active du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde. Ce jugement, le premier à associer exposition au glyphosate et cancer, est historique. Il pèsera à l’évidence sur la prochaine réévaluation de la substance en Europe, prévue pour 2022.

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                Procès du glyphosate : Monsanto condamné, un jugement historique



Les tribunaux ne disent certes pas la science, mais en l’espèce ce sont les documents internes de la firme, les fameux « Monsanto Papers » et leurs lourds aveux, qui ont emporté la décision des jurés. Oui, disent les jurés dans leur jugement, le produit phare de Monsanto est dangereux. Et oui, ajoutent-ils, le géant de l’agrochimie connaissait les risques, « à la lumière des connaissances scientifiques disponibles ». Le groupe allemand Bayer, propriétaire de la firme américaine depuis le 7 juin – acquise pour 63 milliards de dollars – conteste avec vigueur la décision. « Le glyphosate est sûr et non cancérogène », a-t-elle répété.
Des milliers d’autres plaignants
La firme a bien entendu annoncé son intention de faire appel. Mais des milliers d’autres plaignants poursuivent le géant agrochimique. Un autre procès, devant une juridiction fédérale celui-ci, rassemble plus de 350 plaignants et le juge chargé de l’affaire a donné son feu vert aux poursuites, le 10 juillet, estimant que les experts entendus avaient fourni des éléments de preuve suffisants « pour qu’un jury raisonnable puisse conclure que le glyphosate peut causer un lymphome non hodgkinien à des doses d’exposition rencontrées chez les humains ». En Europe et en France, où deux actions sont en cours contre la firme, le jugement californien pourrait faire des émules et mettre plus encore le glyphosate en difficulté.
A la différence des Etats-Unis, où l’affaire n’a guère mobilisé les médias, elle a suscité sur le Vieux Continent une avalanche de réactions. A peu près toutes hostiles au géant agrochimique, la palme de la virulence revenant au ministre français de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui a qualifié la société d’« ignoble » dans un entretien à Libération et a appelé à mener la « guerre contre les pesticides »…

        Lire aussi :
         

                Monsanto : le procès américain « va avoir un impact » en Europe



La force de ces propos est un cache-misère, qui signale surtout l’impuissance des pouvoirs publics sur ce dossier. Le glyphosate n’est pas le pire des poisons, comme on l’affirme souvent, et de nombreux autres pesticides sont bien plus problématiques. Mais il est le plus utilisé au monde, il est omniprésent et est devenu, en deux décennies, la pierre angulaire d’une agriculture productiviste qui demeure – malgré des dégâts toujours plus visibles et toujours mieux documentés – largement intouchable. La puissance de ses lobbys mine la confiance et abîme la démocratie.
Bien sûr, Emmanuel Macron en personne a annoncé que la France se passerait de l’herbicide en 2021 « dans ses principaux usages »… Mais, sans préjuger de la volonté présidentielle, il faudra juger sur pièces, d’autant que l’engagement n’a pas été inscrit dans la loi. Souvenons-nous du Grenelle de l’environnement. C’était il y a dix ans. Une réduction de 50 % du recours aux pesticides avait été promise en une décennie. Une décennie a passé : l’usage des phytos n’a pas chuté. Il a crû de plus de 20 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Thorniké Gordadzé, ancien ministre géorgien, estime dans une tribune au « Monde » que la guerre russo-géorgienne de 2008 a donné à Vladimir Poutine la certitude qu’il pouvait agir brutalement. Pourtant, à l’époque, cette guerre de quelques jours n’avait pas semblé d’une importance capitale.
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« La guerre russo-géorgienne a parachevé la formation de la vision poutinienne des relations internationales »

Thorniké Gordadzé, ancien ministre géorgien, estime dans une tribune au « Monde » que la guerre russo-géorgienne de 2008 a donné à Vladimir Poutine la certitude qu’il pouvait agir brutalement. Pourtant, à l’époque, cette guerre de quelques jours n’avait pas semblé d’une importance capitale.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 07h00
    |

Thorniké Gordadzé (Chercheur, enseignant à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, ancien ministre de l’intégration européenne de la Géorgie)







                        



                                


                            
Tribune. Dix années se sont écoulées depuis la guerre russo-géorgienne, dont la phase active s’est déroulée du 7 au 12 août 2008. Cette petite guerre, qui a eu lieu aux confins du continent européen, se révèle capitale pour comprendre l’évolution de la politique de Vladimir Poutine et les interventions militaires russes postérieures, aussi bien en Ukraine qu’en Syrie. De plus, cette guerre a parachevé la formation de la vision poutinienne des relations internationales. Elle a donné au chef du Kremlin l’ultime conviction de la faiblesse et de la décadence de l’Occident et l’a conforté dans l’idée que l’usage de la force au mépris du droit international serait toujours profitable en dernier ressort.
L’invasion de la Géorgie a succédé à quinze années de soutien militaire, financier et politique aux sécessionnistes abkhazes et sud-ossètes par Moscou, à la distribution massive de passeports russes dans les deux provinces et à la prise en charge totale et « hybride » des forces armées séparatistes. Elle est la première intervention militaire de la Fédération russe à l’extérieur de ses frontières. Si on étend l’horizon temporel à l’époque soviétique, elle est la première depuis l’invasion de l’Afghanistan en 1979. A la différence de cette dernière, la campagne géorgienne a été largement considérée par la Russie comme une victoire militaire, politique et géopolitique, une vraie inversion du cours de l’Histoire et des défaites accumulées depuis la fin de la guerre froide. Les parallèles, aussi ineptes que patriotards, avec la victoire pendant la seconde guerre mondiale ont fusé sur les écrans de télévision et dans les discours politiques.
« Malgré ses bonnes paroles et ses condamnations effarouchées, la communauté internationale a fini par intérioriser les nouvelles règles du jeu »
En effet, plus qu’une victoire militaire brillante (la Russie a perdu un nombre non négligeable d’aéronefs militaires et de soldats en cinq jours de combats face à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Un collectif de personnalités, parmi lesquelles la ministre de la culture, Françoise Nyssen, Jean-Luc Godard et Ken Loach, lance dans « Le Monde » un appel à la libération du cinéaste ukrainien.
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« Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »

Un collectif de personnalités, parmi lesquelles la ministre de la culture, Françoise Nyssen, Jean-Luc Godard et Ken Loach, lance dans « Le Monde » un appel à la libération du cinéaste ukrainien.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 21h47
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h39
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Artisans de l’image et de l’imaginaire, les cinéastes nous émeuvent et nous émerveillent, capturent notre époque et nous captivent. Par leurs œuvres, ils partagent leurs regards et éveillent les nôtres. Ils font entendre leurs voix – des voix parfois dissidentes : partout dans le monde, elles constituent des contre-pouvoirs essentiels, construisent de nouvelles pensées. La diversité d’opinions, les débats, désaccords et discussions qu’alimentent les artistes sont une chance pour la démocratie, pour la liberté, pour le progrès.

Parce que l’art ne connaît pas de frontières, parce que l’art est universel, les droits de ceux qui le font vivre devraient l’être également. La liberté d’expression et la liberté de création ne sauraient s’arrêter là où commence la dissidence. Pourtant, aujourd’hui, un cinéaste se meurt parce qu’il est dissident. Menacé à cause de ses idées, comme Vassili Grossman, Soljenitsyne et bien d’autres sous le régime communiste.
Oleg Sentsov est détenu en Russie depuis plus de quatre ans. Sa condamnation à vingt ans de réclusion par un tribunal militaire russe, au terme d’un procès qui n’a manifestement pas respecté les droits de la défense, est une violation du droit international et des normes fondamentales de la justice. Son seul « tort » réel ne serait-il pas d’avoir manifesté sa liberté d’expression ? Son seul « crime » ne serait-il pas de pouvoir exprimer son engagement politique à travers son art ?
Enfermé au nord de la Sibérie dans des conditions effroyables et inhumaines, il aurait perdu près de 30 kg depuis le début de sa grève de la faim, il y a maintenant près de trois mois. Alors que son état de santé semble se dégrader dangereusement de jour en jour, il faut agir. Et il faut agir vite.
Atteinte à la liberté de pensée et de création
Ne pas agir, ce serait laisser Oleg Sentsov mourir. Ce serait renoncer à nos valeurs et à nos principes, renoncer à ce que nous défendons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ C’était mieux avant ? (2/6). L’amélioration supposée de la condition humaine ne se résume pas à des données statistiques. Introduisons un peu plus de complexité en la matière, propose l’écrivain David Rieff.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.
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                Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès


Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 13h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Dans un courrier du 10 novembre 1934, l’inspecteur de l’enseignement primaire de Saint-Brieuc s’engageait à soutenir l’inscription du manuel de Léon Brossolette et Marianne Ozouf, Mon premier livre d’histoire de France, images en couleurs, paru chez ­Delagrave, auprès de la commission départementale des Côtes-du-Nord, « en raison de son intérêt ». L’instituteur qui avait attiré l’attention sur l’ouvrage, Yann Sohier (1901-1935), était un jeune enseignant militant de la langue bretonne et de l’autonomie politique régionale, peu suspect de défendre les valeurs jacobines.
Innombrables rééditions
C’est dire si ce nouveau manuel scolaire avait des vertus pour convaincre un activiste si dévoué à sa cause qu’il mourut prématurément, à force de ne pas ménager une santé fragile. L’ironie de l’histoire tient à ce que sa fille unique, Mona, orpheline à 4 ans, intègre vingt ans plus tard la famille des auteurs du fameux manuel, en épousant l’historien Jacques Ozouf (1928-2006), le fils que Marianne, la fille de Léon Brossolette, eut de son époux René Ozouf.
Destiné aux élèves de cours élémentaire ­première année, Mon premier livre d’histoire de France allait connaître d’innombrables rééditions, imposant pendant plus de vingt ans ses options, partis pris et priorités éthiques à des générations d’écoliers formés par une éducation laïque et républicaine. Les illustrations de René Giffey (1884-1965), prolifique dessinateur et caricaturiste, qui contribua aux premiers magazines destinés à la jeunesse et signa nombre de bandes dessinées, ont leur part de responsabilité dans ce succès spectaculaire.
Révolutionnaire
Sur le fond, l’ouvrage, jugé révolutionnaire car il misait, de façon pionnière, autant sur l’image que sur le texte, est la consécration d’un combat entrepris par Léon Brossolette (1868-1938) depuis plus de trente ans. Ce fils de cultivateur est l’exemple parfait de l’ascension sociale réussie à travers l’engagement...


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Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès
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Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès
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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤     


                André et Madeleine Rossignol, le sens de l’art et de la pédagogie


Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 13h00
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                            Philippe-Jean Catinchi

















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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, tandis que l’école renoue avec son combat pour une histoire commune capable d’inculquer les notions de démocratie et de fraternité aux ­futurs citoyens, un autre duo emprunte des voies complémentaires à celles de Brossolette et Ozouf et des manuels scolaires.
André et Madeleine Rossignol vivent en Poitou ù, tous deux enseignants, ils sont en poste au petit village de Nalliers, près de Montmorillon dans la Vienne (à peine 500 habitants au lendemain de la guerre). Dès janvier 1946, ils lancent, sous le label de « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui mise, outre la publication de manuels, sur la production de matériel didactique qui va révolutionner l’illustration scolaire.
780 tableaux d’histoire et de sciences
Tout en s’inspirant des principes du pédagogue Célestin Freinet (1896-1966), ils sont dans le droit-fil des principes de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, qui appelait dès 1879 à suppléer la trop maigre illustration des livres scolaires en créant une Commission de la décoration des écoles. ­Jugeant trop timides les audaces de Michel Bourrelier qui, en 1931, parallèlement à ses « carnets de pédagogie moderne » ou ­« pratique » et à son action pour la littérature de jeunesse, proposait des tableaux et cartes postales – « Images de la vie » ou « Images du beau » –, le jeune couple d’instituteurs met en route la production d’images pour la classe qui concilient soucis artistique et pédagogique. Durant près de trois décennies, les quelque 780 tableaux d’histoire et de sciences, auxquels s’ajoutent scènes quotidiennes propices à des leçons d’observation et d’instruction civique, vont marquer des générations ­d’écolières et d’écoliers, s’inscrivant dans la mémoire ­collective de l’école primaire.
Benjamin d’une fratrie de six, Philippe Rossignol prit la relève de ses parents en décembre 1986, quittant Montmorillon où André, abandonnant l’enseignement,...


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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.
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« La guerre des étoiles - saison 2 », une nouvelle course mondiale aux armements

Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 08h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Trente-cinq ans après Ronald Reagan et son ébauche de « guerre des étoiles », Donald Trump remet l’espace au cœur des préoccupations stratégiques américaines. « Une simple présence dans l’espace ne suffit pas pour défendre l’Amérique, nous devons dominer l’espace », avait déjà lancé le président américain à la mi-juin. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, le 9 août, devant un parterre de généraux du Pentagone, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air. Pour le moment, néanmoins, le Pentagone devrait se limiter à mettre sur pied un « commandement de l’espace » sur le modèle de ses commandements géographiques ou thématiques, comme le Centcom pour le Moyen-Orient ou le Stratcom, chargé des armes nucléaires.

        Lire aussi :
         

                Face à Moscou et Pékin, Trump veut créer une « force de l’espace »



L’efficacité sur le terrain des forces armées dépend de plus en plus de la géolocalisation et de la sécurité des satellites. L’orbite terrestre devient plus que jamais une zone potentielle de conflit et elle représente un enjeu stratégique majeur. En outre, le nombre d’acteurs susceptibles de devenir des forces militaires spatiales s’est sensiblement accru. « D’autres nations cherchent à perturber nos systèmes basés dans l’espace et contestent comme jamais la suprématie américaine », a rappelé Mike Pence.
A l’époque de la guerre froide, seule l’URSS était une véritable rivale sur ce terrain. Le projet de bouclier antimissiles lancé à la fin des années 1980 par Ronald Reagan avait obligé une Union soviétique déjà bien mal en point à se lancer dans une nouvelle course aux armements, qui lui fut économiquement fatale et contribua à son effondrement.
La Russie de Vladimir Poutine, malgré la faiblesse d’un PIB guère supérieur à celui de l’Italie, est redevenue une puissance spatiale, y compris militaire. En témoignent le lancement en 2014 de son satellite Kosmos 2499 (qui a délibérément modifié son orbite afin de se rapprocher d’un débris de fusée à la dérive) et l’annonce, en mars, du tir d’un missile hypersonique, qui dépasse plusieurs fois la vitesse du son et échappe aux systèmes de défense antimissiles.
Les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine
Le principal défi est pourtant celui de la Chine. Dès 2007, Pékin avait détruit l’un de ses vieux satellites avec un missile tiré depuis la Terre. Une nouvelle étape a été franchie, le 3 août, avec l’annonce par les Chinois du lancement réussi d’un missile hypersonique.

        Lire aussi :
         

                La Chine teste avec succès un missile hypersonique



A quelques mois des élections de mi-mandat, cette thématique de l’espace est aussi, voire d’abord, un choix politique pour un président qui s’est fait élire au nom d’« America first » – « l’Amérique d’abord » – et qui ne cesse de clamer, depuis, vouloir lui « rendre sa grandeur ». L’équipe de campagne de Trump demande déjà aux partisans du président de donner leur avis sur le logo de cette future space force. Malgré ses succès économiques actuels et une popularité au zénith dans l’électorat républicain, Donald Trump sait que rien n’est joué. Quoi de plus mobilisateur que la thématique d’une relance de la conquête de l’espace, cette « nouvelle frontière » tracée, il y a une soixantaine d’années, par John F. Kennedy et dont l’écho dans l’imaginaire américain reste puissant.
Donald Trump a augmenté le budget de la NASA. Il lui a enjoint de retourner sur la Lune, mais surtout de préparer des missions vers Mars. Dans cette course vers la Planète rouge, les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine de Xi Jinping – bien décidé à s’affirmer, y compris dans la conquête de l’espace, comme l’autre grande puissance mondiale.

        Lire aussi :
         

                « La vulnérabilité face à la défense anti-missiles américaine est une obsession chinoise »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Claude Obadia : « Oser affirmer une identité européenne commune »

Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h45
    |

Claude Obadia (Philosophe, il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise, à l’Institut supérieur de commerce de Paris et dans le second degré)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure où l’arrivée des migrants soulève de façon dramatique la question de savoir si nous avons le droit de sacrifier l’impératif catégorique du devoir humanitaire sur l’autel de l’intérêt national, force est de constater que l’Europe n’a jamais semblé aussi désespérément désunie. Comme le manifestent les tensions entre les pays méditerranéens réclamant davantage de solidarité et les pays de l’Est européen qui s’obstinent à la leur refuser.
Le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse
Mais si tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Europe est en panne de projet et qu’elle ne parvient pas à rassembler les pays membres de l’Union européenne (UE), il est à craindre que nous n’ayons pas encore pris la mesure des causes profondes de cette désunion. Tant que les Européens continueront d’affirmer que le propre de l’Europe est de ne pas avoir de caractère propre, l’Europe n’existera pas. Tant que l’Europe n’existera pas, il sera impossible d’endiguer en son sein les crispations nationalistes et les tentations xénophobes.
Car ce n’est pas en niant son identité qu’on peut s’ouvrir à l’altérité et à la diversité. C’est en l’assumant ! Or, si les Européens n’adhèrent pas à l’Europe, c’est précisément parce qu’à force d’affirmer que celle-ci n’a pas d’identité, nous avons ruiné toute chance de pouvoir nous y reconnaître. Disons le tout net : le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré notamment par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse et ses partisans sont les fossoyeurs de l’Europe.
« Une révolution dans l’ordre intellectuel et moral »
La réflexion développée en 1933 par Julien Benda, dans un contexte politique pourtant bien différent du nôtre, peut ici se révéler éclairante. S’adressant, dans son Discours à la nation européenne,...




                        

                        

