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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Pour l’architecte et ingénieur, spécialiste français de la construction de ponts, trois phénomènes pourraient être à l’origine de l’effondrement du viaduc Morandi.
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Marc Mimram : « La catastrophe de Gênes est assez incompréhensible »

Pour l’architecte et ingénieur, spécialiste français de la construction de ponts, trois phénomènes pourraient être à l’origine de l’effondrement du viaduc Morandi.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 18h56
   





                        



   


La catastrophe du viaduc de Gênes a-t-elle été causée par la foudre, par un défaut d’entretien ou par des erreurs de conception ? Spéculations et polémiques vont bon train après l’effondrement spectaculaire du pont Morandi, mardi 14 août, qui a tué une quarantaine de personnes, dont quatre Français. Des débats renforcés par les alertes récentes sur l’état de ce pont autoroutier construit à la fin des années 1960 par l’ingénieur italien Riccardo Morandi (1902-1989).
En 2016, Antonio Brencich, ingénieur et professeur en structures de béton à l’université de Gênes, s’alarmait déjà des défaillances du viaduc, dans un article publié par Ingegneri.info, qualifiant l’ouvrage d’« erreur d’ingénierie » dont les coûts de maintenance dépasseraient bientôt le coût de construction.
Une condamnation un peu rapide, à en croire l’architecte et ingénieur Marc Mimram, spécialiste français de la construction de ponts et de passerelles. « Riccardo Morandi est un personnage très important, un ingénieur de référence, ce serait dommage de réduire son travail à la catastrophe de Gênes, insiste le maître d’œuvre français. C’est l’un des deux ingénieurs italiens majeurs de cette époque, avec Pier Luigi Nervi. Il a réalisé à la fois des ponts en arc et des ponts haubanés en béton, comme celui de Gênes. » 

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Une technique utilisée pour trois ouvrages
Pour le viaduc de Gênes, Riccardo Morandi utilise une technique de son invention, qu’il a déjà mise en œuvre au Venezuela, pour un pont de 8 km sur le lac de Maracaibo, et qu’il déploiera une troisième fois pour un ouvrage en Libye. « Cette technique associe un tablier en béton et un petit nombre de haubans en béton précontraint, avec des câbles en acier insérés dans une gaine en béton, explique Marc Mimram. Les haubans permettent de réduire la portée de l’ouvrage. En principe, les câbles d’acier sont laissés apparents. Là, la gaine en béton permet de les protéger et de donner une unité de style à l’ensemble. » Au risque de masquer des problèmes de corrosion sur les câbles…
De hauts piliers à la forme atypique portent chacun une section du tablier, à la fois par en dessous et par au-dessus, via quatre haubans. Entre deux sections, s’élance une partie suspendue. Pour l’architecte et ingénieur français, « il y a dans ce travail une grande qualité d’ingénierie, mais aussi architecturale et plastique, avec les piliers de béton qui émergent en double “V” et qui se prolongent dans les mats des haubans, et une belle unité de projet entre l’architecture des viaducs d’accès et celle de l’ouvrage d’art lui-même ». 
Reste que l’ouvrage – comme celui de Maracaibo, partiellement écroulé après avoir été heurté par un pétrolier en panne – a très tôt connu des déboires : le tablier a rapidement présenté des défauts d’horizontalité en raison d’une « évaluation incorrecte des effets différés de la viscosité du béton », rappelait Antonio Brencich en 2016, et « seules des corrections de niveau répétées » ont permis de rendre les conditions de circulation acceptables. Le pont avait dû être renforcé dans les années 1990 par des câbles en acier. De nouveaux travaux de consolidation étaient en cours au moment de la catastrophe. Le pont était « constamment surveillé, bien au-delà des exigences légales » et il n’y avait « aucune raison de penser qu’il était dangereux », a assuré mardi Autostrade per Italia, la société gestionnaire de l’ouvrage.

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En attendant les résultats des expertises
L’un des trois piliers de 90 mètres de haut, le tablier qu’il portait et les deux parties suspendues de part et d’autre se sont pourtant effondrés. « Quand on voit les images, la catastrophe est assez incompréhensible : c’est la pile elle-même qui semble avoir cédé, observe Marc Mimram. En général quand un accident arrive, c’est pendant le premier âge de l’ouvrage, notamment si les effets de retrait du béton lors du séchage ou des premières charges ont été mal anticipés. Mais à Gênes, tout ça est passé depuis très longtemps. »
Michel Virlojeux, ingénieur des ponts et chaussées et concepteur notamment du viaduc de Millau (Aveyron), interrogé par Franceinfo, estime, lui aussi, qu’« il n’y a, a priori, pas d’erreur de conception » dans le viaduc de Gênes.
Pour M. Mimram, très prudent en attendant les résultats des expertises, l’accident peut avoir trois origines : « Soit un vieillissement du béton, une pathologie du matériau développée avec le temps qui n’aurait bizarrement pas été détectée. Soit une corrosion des haubans à l’intérieur de la gaine de béton, dont on n’aurait pas repéré les signes avant-coureurs. Soit un problème plus insidieux dans les fondations, lié par exemple à une dissolution des sols avec le temps. »
L’hypothèse d’un pont qui s’effondre sous l’effet de la foudre, en revanche, laisse dubitatif l’architecte ingénieur, comme elle laisse « sceptique » Michel Virlojeux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Don McCullin, le photographe (4/6). Famines, épidémies, conflits, le Britannique a saisi les atrocités de son temps acceptant d’exposer l’horreur. Derrière  le viseur, McCullin s’interroge et choisit de montrer coûte que coûte.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.
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L’« Aquarius » arrive à Malte pour débarquer 141 migrants secourus en mer

Le navire humanitaire est arrivé mercredi à La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants secourus.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Le navire humanitaire Aquarius est arrivé mercredi 15 août à Malte, où il a été finalement autorisé à accoster après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. Le navire, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), est entré peu après 14 heures dans le port de La Valette, après un accord pour répartir entre cinq pays européens les migrants qu’il avait secourus vendredi dans les eaux internationales au large de la Libye.

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L’armée maltaise a été mobilisée pour faciliter le débarquement des migrants, originaires pour la plupart de Somalie et d’Erythrée, qui devront passer un contrôle médical à leur arrivée, selon les autorités locales. La moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes.
« Deux enfants ont moins de 5 ans et trois moins de 13 ans », a déclaré Aloys Vimard, le coordinateur de Médecins sans frontières à bord de l’Aquarius, soulignant que les rescapés étaient « épuisés, marqués par leur voyage et leur séjour en Libye ».
Errance pendant plusieurs jours
Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, ce navire a de nouveau erré plusieurs jours en quête d’un port d’accueil, mettant l’Europe face à ses « responsabilités ». Rejeté par l’Italie mais aussi dans un premier temps par Malte, qui avait recueilli lundi 114 migrants secourus par sa marine, l’Aquarius a finalement été autorisé mardi à accoster à La Valette à la suite d’un accord avec cinq autres pays de l’Union européenne (UE). La France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne ont accepté de se répartir l’accueil des 141 migrants à bord et des 114 autres arrivés lundi sur l’île.
L’Espagne, qui avait accueilli l’Aquarius en juin au moment de sa précédente errance, a fait savoir mardi qu’elle prendrait en charge sur son sol 60 des 141 migrants. La France, dont le président Emmanuel Macron avait été vivement critiqué en juin pour avoir fermé les portes à l’Aquarius, a également assuré qu’elle recevrait 60 migrants. L’Allemagne s’est de son côté engagée à recevoir « jusqu’à 50 » réfugiés et le Portugal s’est dit « disponible » pour accueillir 30 personnes. Le Luxembourg en recevra 5.
« Dangereux et immoral »
Sur Twitter, SOS Méditerranée s’est félicité mercredi de l’entente entre les différents pays européens qui se sont « mis d’accord pour partager les responsabilités au sein d’une réponse (…) coordonnée ».
Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lui aussi salué dans un communiqué « la fin de l’impasse concernant l’Aquarius », mais il a toutefois jugé que « cette situation n’aurait jamais dû en arriver à ce point ». « Il est faux, dangereux et immoral de continuer à faire errer des navires de sauvetage en Méditerranée, alors que les gouvernements se font concurrence pour se décharger de leurs responsabilités », a ajouté M. Grandi en estimant « urgent » de sortir « des approches “bateau par bateau” pour savoir où débarquer les passagers secourus ».

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L’odyssée en juin de l’Aquarius avec plus de 600 personnes à son bord avait duré une semaine après les refus de Malte et de l’Italie, dont le ministre de l’intérieur d’extrême droite Matteo Salvini avait mis un point d’honneur à ne pas accueillir de nouveaux migrants.
Les dirigeants de l’UE s’étaient réunis le 24 juin mais sans réussir à arracher un compromis avec les partisans d’une ligne dure sur l’immigration, comme l’Italie et le groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.
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Nouvelle étape pour la reconnaissance d’un « troisième genre » en Allemagne

A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » sur les certificats de naissance, selon un texte de loi adopté par le gouvernement, qui doit encore être approuvé par le Bundestag.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 16h25
   





                        



   


Le gouvernement allemand a adopté mercredi 15 août un texte légalisant un « troisième genre » sur les certificats de naissance, faisant du pays un précurseur en Europe dans la reconnaissance des personnes intersexes.
A côté de féminin ou masculin pourra être choisie la mention « divers » pour les personnes concernées, selon ce texte de loi qui doit encore être approuvé par le Bundestag. « Personne ne doit être discriminé en raison de son identité sexuelle », a déclaré la ministre de la justice, Katarina Barley (sociale-démocrate, SPD), jugeant que cette modernisation de l’état civil aurait dû avoir eu lieu depuis longtemps déjà.

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Décision de la Cour constitutionnelle
Le gouvernement de grande coalition entre les conservateurs d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates applique ainsi une décision de la Cour constitutionnelle de 2017. La plus haute juridiction allemande a donné aux députés jusqu’à fin 2018 pour voter la légalisation d’un troisième sexe.
Jusqu’à présent, il était possible en Allemagne depuis mai 2013 de ne pas renseigner le champ relatif au sexe en le laissant vide, les intéressés pouvant ensuite, au cours de leur vie, soit faire le choix d’un sexe masculin ou féminin, soit garder la mention du sexe non renseignée.
D’autres pays en Europe se sont aussi engagés sur la voie d’une reconnaissance d’un troisième genre comme les Pays-Bas ou l’Autriche. En France, tout individu doit être rattaché dans les cinq jours suivant la naissance au sexe masculin ou féminin. La Cour de cassation avait rejeté l’an passé la reconnaissance d’un « sexe neutre », écartant la demande d’une personne née sans pénis ni vagin. Selon les statistiques des Nations unies, entre 0,05 % et 1,7 % de la population mondiale est intersexe.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’arrestation des deux militaires à la frontière gréco-turque, dans la région de l’Evros, pour entrée illégale sur le territoire, avait provoqué de vives tensions.
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Deux soldats grecs détenus en Turquie depuis le mois de mars libérés

L’arrestation des deux militaires à la frontière gréco-turque, dans la région de l’Evros, pour entrée illégale sur le territoire, avait provoqué de vives tensions.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 13h35
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        



   


Mercredi 15 août, à l’aube, les deux soldats Aggelos Mitretodis et Dimitris Kouklatzis, détenus depuis le mois de mars dans la prison d’Edirne en Turquie, sont arrivés à l’aéroport de Thessalonique. Les images retransmises en direct par la télévision publique ERT montraient les retrouvailles émouvantes des deux militaires avec leurs parents.
Après avoir demandé à six reprises leur libération, les avocats des deux jeunes hommes ont obtenu gain de cause : après avoir fouillé de fond en comble leur téléphone et leurs affaires, la justice turque a décidé qu’il ne s’agissait pas d’une opération d’espionnage comme elle le soutenait auparavant. Ils seront jugés mais sans être incarcérés. Les soldats soutenaient depuis la première audience s’être perdus en raison « du brouillard lors d’une patrouille frontalière ».
Leur libération a été saluée par tous les partis en Grèce. Mardi soir, le premier ministre, Alexis Tsipras, a assuré qu’il s’agissait d’« un acte de justice » qui « va contribuer au renforcement de l’amitié, au bon voisinage et à la stabilité dans la région ». Le ministre grec de la défense, Panos Kammenos, qui a accueilli les deux soldats à l’aéroport de Thessalonique, a estimé que l’événement « marquera un nouveau chapitre pour les relations gréco-turques » très tendues depuis plusieurs mois à la suite du refus du gouvernement grec d’extrader des officiers turcs soupçonnés d’avoir participé au coup d’Etat manqué en Turquie en juillet 2016.
« Nous pouvons vivre ensemble dans l’intérêt de nos deux peuples et en respectant le droit international », a assuré Panos Kammenos, le ministre grec de la défense
En décembre dernier, lors d’une visite historique en Grèce, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait profondément choqué Athènes en remettant en cause le traité de Lausanne de 1923 qui fixe les frontières entre la Grèce et la Turquie. Depuis, les intimidations n’ont cessé et les interventions turques violant l’espace aérien grec sont de plus en plus fréquentes. « Nous pouvons vivre ensemble dans l’intérêt de nos deux peuples et en respectant le droit international », a assuré Panos Kammenos.
La libération des deux soldats intervient alors qu’Ankara et Washington sont à couteaux tirés. La Turquie refuse de libérer le pasteur américain, Andrew Brunson, accusé de « terrorisme » et d’« espionnage » par le gouvernement turc. Les Etats-Unis ont pris plusieurs sanctions contre la Turquie en représailles. Donald Trump a notamment annoncé le doublement des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs, alors même que la livre turque touche le fond et que la crise économique menace tout le pays.

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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui avait été consulté par Athènes sur le sujet, s’est félicité de la libération mardi : « La Turquie n’a rien à craindre de ses voisins européens. L’Union européenne va poursuivre sa relation stratégique avec la Turquie », tout en espérant voir « un Etat démocratique, stable et prospère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La catastrophe qui a fait 39 morts mardi a rapidement fait émerger des questions sur la sécurité du pont Morandi. Le gouvernement de Giuseppe Conte a annoncé qu’il envisageait de révoquer la concession d’Autostrade per l’Italia.
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Effondrement du viaduc à Gênes : le groupe autoroutier mis en cause par le gouvernement

La catastrophe qui a fait 39 morts mardi a rapidement fait émerger des questions sur la sécurité du pont Morandi. Le gouvernement de Giuseppe Conte a annoncé qu’il envisageait de révoquer la concession d’Autostrade per l’Italia.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 18h28
   





                        



Vingt-quatre heures après l’effondrement d’une portion d’un viaduc autoroutier à Gênes, dans le nord de l’Italie, les sauveteurs luttaient toujours, mercredi 15 août, pour tenter de trouver des survivants sous les débris.
Interrogations sur les défaillances
La catastrophe qui a fait au moins 39 morts et plusieurs disparus, selon un dernier bilan, a rapidement fait émerger des questions sur les défaillances de la structure du pont Morandi. Selon plusieurs experts, ce pont de l’autoroute A10 long de 1,18 km est un ouvrage en béton de la fin des années 1960 qui a connu des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien lié en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

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Autostrade per l’Italia, le groupe privé qui exploite les autoroutes italiennes, a rapidement soutenu que « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc », qui faisait l’objet « d’activités constantes d’observation et de vigilance ». Dans un communiqué, le groupe a affirmé que le pont Morandi faisait l’objet de contrôles trimestriels, comme l’exige la loi. D’importants travaux de rénovation avaient déjà été menés sur le viaduc en 2016, a également rappelé l’opérateur.
« Les premières informations sembleraient indiquer que la maintenance avait été faite », avait déclaré le ministre des infrastructures et des transports italien, Danilo Toninelli. Mais « ces tragédies ne peuvent pas arriver dans un pays civilisé comme l’Italie. La maintenance est prioritaire sur toute autre chose et les responsables devront payer », avait-il ajouté.
« Tout le pont Morandi devra être démoli »
Assurant qu’il allait aider les enquêteurs à déterminer les causes de l’accident, le groupe Autostrade per l’Italia a précisé être en train d’évaluer comment reconstruire le pont.
Le vice-ministre des infrastructures, Edoardo Rixi, s’est toutefois montré très pessimiste sur l’avenir de l’ouvrage. « Tout le pont Morandi devra être démoli », a-t-il déclaré selon l’agence de presse italienne ANSA, prévoyant de graves conséquences pour la circulation et pour la ville de Gênes. Sur le tronçon de l’A10 reliant Gênes à Savone, la circulation est ainsi coupée dans les deux sens entre l’aéroport de Gênes et la jonction pour l’A10 reliant Gênes à Milan, précise le Corriere della sera.

   


L’autoroute A10, dite « autoroute des fleurs », relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de longs viaducs et de tunnels. L’axe est ainsi parcouru par les vacanciers italiens et étrangers, mais aussi, tous les jours, par les habitants de la métropole de Gênes, capitale de la Ligurie, 580 000 habitants. Tout au long de l’année, elle est également un axe principal pour de nombreux camions.

        Lire le reportage :
         

          Italie : Gênes « à genoux » après l’effondrement du pont Morandi qui a fait au moins 38 morts



L’effondrement a également poussé les autorités de Gênes à évacuer plus de 400 personnes des bâtiments situés aux alentours ou en dessous du viaduc. Les 200 mètres de pont s’étant effondrés sur des rails de chemin de fer, la circulation ferroviaire a elle aussi été fortement ralentie sur certaines lignes de la région.
Le gouvernement italien menace de révoquer la concession autoroutière
Au lendemain de la catastrophe, le gouvernement italien a annoncé mercredi qu’il envisageait de révoquer la concession d’Autostrade per l’Italia. Les autorités souhaitent en outre la démission des dirigeants de cette société d’autoroute et vont réclamer une amende pouvant atteindre 150 millions d’euros, a annoncé sur Facebook le ministre Danilo Toninelli.
« Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l’Italia », a insisté Luigi Di Maio, vice-premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) :
« Pendant des années on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l’Etat. Maintenant on a l’un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité et que rien ne laissait imaginer l’effondrement. »
« Autostrade devait faire la maintenance et ils ne l’ont pas faite. Ils encaissent les péages les plus chers d’Europe et paient les impôts les plus bas, au Luxembourg en plus. Il faut retirer les concessions et faire payer des amendes. Si un privé n’est pas en mesure de gérer les autoroutes, l’Etat le fera », a-t-il prévenu lors d’un entretien à la radio italienne.
« La révocation des concessions est un minimum, a renchéri Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite). En tant que vice-premier ministre, je vais écrire à tous les autres concessionnaires pour demander quelle part de leur budget ils réinvestissent dans la sécurité. »
Mardi soir, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé un plan extraordinaire de contrôle des infrastructures. « Il s’agit d’installer de banals capteurs sensoriels sur toutes les infrastructures du pays pour une surveillance constante », a expliqué M. Di Maio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Un millier de personnes sont mobilisées pour essayer de sauver les victimes enfouies sous les décombres. Seize blessés ont été évacués.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Pont effondré à Gênes : les secours à la recherche des survivants

Un millier de personnes sont mobilisées pour essayer de sauver les victimes enfouies sous les décombres. Seize blessés ont été évacués.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 12h38
   





                        



   


Les sauveteurs ont lutté toute la nuit du mardi 14 au mercredi 15 août pour tenter de trouver des survivants sous les débris du viaduc autoroutier qui s’est effondré à Gênes, dans le nord de l’Italie. L’effondrement soudain de cet ouvrage massif, appelé pont Morandi du nom de son concepteur, a précipité environ 35 voitures et quelques camions dans le vide, sur une hauteur de 45 mètres.
Le bilan, encore provisoire et incertain, est très lourd : au moins trente-neuf morts, dont trois enfants âgés de 8 à 12 ans, et quinze blessés.

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Seize blessés évacués, dont douze dans un état grave
Les secouristes ont réussi à évacuer seize blessés, dont douze se trouvaient dans un état grave. A la tombée de la nuit, mardi, des centaines de secouristes ont fouillé les décombres du viaduc avec l’aide de chiens, à la recherche de survivants, au milieu d’un amas impressionnant de tôles et de béton. Deux grandes grues jaunes et noires sont arrivées dans la nuit pour aider à déblayer et accéder à des cavités où des victimes pourraient être coincées. Selon la protection civile italienne, en comptant tous les personnels impliqués (pompiers, policiers, Croix-Rouge…), les secours ont mobilisé un millier de personnes.
« L’espoir ne cesse jamais, nous avons déjà sauvé une dizaine de personnes sous les décombres, on va travailler 24 heures sur 24 », a déclaré un responsable des pompiers, Emanuele Gissi. A la lumière des projecteurs, les pompiers n’ont pas retrouvé de survivants dans la nuit mais assuraient ne pas perdre espoir.
Un pompier français venu en renfort, Patrick Villardry, a souligné la grande difficulté de ces opérations. « Les premières victimes de surface ont été évacuées, maintenant il faut rechercher sous les décombres des bâtiments, mais il y a des milliers de tonnes de béton », a-t-il expliqué.

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            data-slide-description="Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août."
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            data-slide-description="Une vingtaine de voitures sont impliquées dans l’accident, d’après une source proche des enquêteurs."
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            data-slide-description="Certains habitants proches des lieux ont confié à la télévision Rai avoir d’abord pensé à « un tremblement de terre » en entendant le bruit assourdissant du pont qui s’écroulait."
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            data-slide-description="Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a déclaré que quelque 200 pompiers se rendaient sur place."
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            data-slide-description="« Je suis avec une immense appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui se profile comme une immense tragédie », a déclaré Danilo Toninelli, le ministre des transports italien."
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            data-slide-description="Des secouristes travaillent parmi les décombres du pont autoroutier."
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            data-slide-description="L’accident a fait au moins trente-huit morts."
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            data-slide-description="L’autoroute A10, dite Autoroute des Fleurs, relie Gênes et Vintimille à la frontière française, dans une succession de ponts et de tunnels en raison du relief accidenté de la côte ligure."
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            data-slide-description="Des badauds se rassemblent pour regarder les opérations de sauvetage."
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            data-slide-description="Construit à la fin des années 1960, le viaduc autoroutier est long de 1.182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol."
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            data-slide-description="Les débris du viaduc ont touché les locaux d’une usine dont l’entrée se trouve en contrebas, mais seul le parking semble avoir été touché. L’entreprise était vide à l’approche du 15 août, jour férié, à l’exception de la présence d’une équipe de maintenance."
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            data-slide-description="Selon la société italienne des autoroutes Atlantia, « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc »."
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Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août.

POLIZIA DI STATO / AFP
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A Lille, la mission d’intégration de 42 Soudanais passagers de l’« Aquarius » en juin

Le 12 juillet, plus de la moitié des 78 migrants accueillis par la France ont été conduits dans la capitale des Flandres.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h35
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

C’était il y a tout juste un mois. A Lille arrivaient 42 Soudanais, parmi les 629 migrants de l’Aquarius, qui avait cherché, déjà, durant des jours, un port pour accoster. La maire (PS), Martine Aubry, après avoir critiqué l’attitude du gouvernement français durant la crise, avait proposé d’accueillir une partie de ces migrants débarqués en juin finalement à Valence (Espagne).
Le 12 juillet, plus de la moitié des 78 migrants accueillis par la France ont ainsi été conduits dans la capitale des Flandres. Ces hommes, âgés de 18 à 32 ans, ont fui les persécutions dans des zones de guerre civile du sud du Soudan, ont traversé le désert libyen et fait naufrage en Méditerranée. Premières missions de la Sauvegarde du Nord, l’association mandatée par l’Etat pendant dix-huit mois pour les accueillir : établir un bilan de santé et les héberger dans un ancien Ehpad prêté par la ville. Deux par chambre, ces hommes apprennent à vivre en colocation autour d’une cuisine commune. « Ils sont ultra-dynamiques, souhaitent vraiment s’insérer et veulent tout connaître sur Lille et la France », explique Martin David-Brochen, directeur de l’inclusion sociale à la Sauvegarde du Nord. 

« Accueil exemplaire »
Des professeurs bénévoles proposent des ateliers de discussion tandis que les éducateurs de la Sauvegarde leur expliquent la vie en France et les démarches administratives en attendant les cours de français proposés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration dès la mi-septembre. « Notre rôle est de les rendre autonomes pour une insertion durable », précise la Sauvegarde, où un conseiller en insertion va désormais étudier chaque cas, d’autant que des restaurateurs lillois ont déjà proposé des emplois à ces réfugiés.
De son côté, la ville a libéré des créneaux horaires dans des salles de sport pour leur permettre de faire du football et du basket deux jours par semaine. Le soir de la finale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Mgr Pontier loue le travail des ONG, alors que l’Eglise est prise en étau entre ses valeurs de solidarité et les réticences d’une partie de la population.
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« Aquarius » : les évêques européens réfléchissent à une initiative commune sur les migrants

Mgr Pontier loue le travail des ONG, alors que l’Eglise est prise en étau entre ses valeurs de solidarité et les réticences d’une partie de la population.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h24
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Les pérégrinations tragiques de l’Aquarius en Méditerranée mettent aussi à l’épreuve les autorités catholiques européennes. Pris entre les adjurations du pape François aux Européens d’accueillir les réfugiés et les réticences, voire l’hostilité, d’une partie des populations, catholiques compris, les épiscopats cherchent le ton juste. « C’est en effet une question difficile », reconnaît Georges Pontier, le président de la Conférence des évêques de France (CEF).
L’archevêque de Marseille défend cependant avec constance le travail des ONG au large de la Libye. « Le sauvetage, c’est un impératif. On ne va quand même pas déplorer qu’il y ait des sauveteurs pour ces personnes », s’indigne le prélat. Aux Etats européens tentés de se renvoyer la charge de ces réfugiés, il « lance un appel à ce que les autorités fassent preuve d’accueil ». « On ne peut pas favoriser une société de l’indifférence, elle n’est pas porteuse d’avenir et de vie, argument Mgr Pontier. On voit bien ce que ça donne, dans tous les domaines d’ailleurs, lorsqu’on favorise le seul souci de soi-même et que la solidarité ne s’exprime pas. On a tout intérêt à respecter notre culture européenne, qui est celle de l’accueil. »

Faire de la pédagogie
En Espagne aussi, pays qui a accueilli l’Aquarius en juin, et où la crispation face aux réfugiés est moins évidente qu’en France, la hiérarchie catholique ressent la nécessité de faire de la pédagogie. Début août, le président de la commission chargée des migrations de la conférence épiscopale, Juan Antonio Menendez, évêque d’Astorga, a mis en garde les responsables politiques contre les risques d’une utilisation biaisée de ce sujet. « Si on commence à dire des choses fausses ou à faire des commentaires superflus, les citoyens peuvent finir par les croire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Face à la désunion des Etats européens qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le gouvernement maltais a tenu à insister, mardi, sur le rôle joué par la France pour parvenir à un accord.
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« Aquarius » : Macron à la manœuvre depuis le fort de Brégançon

Le gouvernement maltais a tenu à insister, mardi, sur le rôle joué par la France pour parvenir à un accord.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h43
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Un président de la République n’est jamais vraiment en vacances : il y a toujours une crise à gérer, un dossier sur le feu, une élection à préparer. La retraite estivale d’Emmanuel Macron aura notamment été accaparée par la situation de l’Aquarius, ce navire de SOS Méditerranée, une ONG qui vient au secours des migrants s’élançant en mer à destination de l’Europe. Bien que retiré avec son épouse, Brigitte, au fort de Brégançon (Var), depuis le 3 août, « le président de la République était en lien constant avec Joseph Muscat », le premier ministre maltais, pour tenter de résoudre la crise, assure-t-on à l’Elysée.
Bloqué au large pendant plusieurs jours à la suite des refus conjoints de l’Italie et de Malte d’ouvrir leurs ports, le bateau pourra finalement accoster à La Valette, à l’issue d’intenses discussions. En échange, les 141 migrants qui se trouvaient à son bord, ainsi que 114 autres personnes sauvées, lundi, par les gardes-côtes maltais, seront répartis dans cinq pays de l’Union européenne, dont la France. Un moindre mal pour l’exécutif français, désireux de trouver une solution rapide alors que la question de l’immigration risque d’occuper une place centrale dans la campagne des élections européennes de mai 2019.

« L’honneur de l’Europe »
En annonçant le contenu de cet accord, mardi 14 août, le gouvernement maltais a d’ailleurs tenu à insister sur le rôle joué par la France pour parvenir à ce dénouement. « On a pris les devants », se félicite un conseiller du chef de l’Etat, qui évoque un « copilotage » sur le sujet avec Malte. « Il y a eu deux, trois jours de négociations intenses entre les capitales européennes pour convaincre d’accueillir des migrants », poursuit cette même source. Dans un communiqué, l’Elysée a salué de son côté « le geste humanitaire exceptionnel de Malte ».
« Coopération européenne concrète actée sur l’Aquarius, sur initiative franco-maltaise....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année.
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La croissance portugaise ne faiblit pas

Le produit intérieur brut du Portugal a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h59
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le sourire de sa mère à la descente de l’avion : pour Joao Goncalves, il n’y a pas de meilleur symbole de la reprise. En juillet, il a offert un billet pour le Brésil à ses parents. « Dix ans qu’ils n’avaient pas pris de vacances, confie le trentenaire. Ils économisaient pour nous aider, ma sœur et moi. » Après son master de marketing, en 2014, il fut contraint de retourner vivre chez eux, dans la banlieue de Lisbonne, faute de trouver un emploi. Jusqu’à ce qu’il décroche, en 2017, un CDI de responsable commercial dans une agence de voyages. « Nos ventes explosent grâce au boom du tourisme : désormais, j’ai les moyens de payer mon propre loyer, explique-t-il. Et de chouchouter un peu mes parents, pour les remercier. »
L’économie portugaise va mieux. Au deuxième trimestre, son produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %, après 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année, selon les chiffres officiels publiés mardi 14 août. C’est plus que la progression enregistrée dans la zone euro (0,4 %) et en France (0,2 %). Selon les indicateurs, la demande intérieure a tiré l’activité, portée par l’amélioration sur le front de l’emploi. En juin, le taux de chômage s’établissait à 6,7 % de la population active, selon Eurostat, inférieur à la moyenne de l’union monétaire (8,3 %). Et loin du pic de 17 % atteint en 2013.
Cette année, la croissance devrait s’établir autour de 2,3 %, selon la Commission européenne, après avoir culminé à 2,7 % en 2017, un record depuis dix-sept ans. Dans le même temps, le déficit public est tombé à 0,9 % seulement du PIB, après s’être creusé jusqu’à 11,2 % au plus fort de la récession. Une performance étonnante – certains parlent même de « miracle portugais » –, au regard des abysses où le pays sombra en 2011. « En pleine déroute économique, il fut contraint d’appliquer une douloureuse cure d’austérité en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros de la “troïka” [Fonds monétaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ « En phase de réflexion », Manuel Valls confirme au « Monde » qu’il dévoilera en septembre sa décision de se présenter ou non aux élections municipales de Barcelone, prévues le 26 mai 2019.
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Manuel Valls mûrit sa décision pour Barcelone

« En phase de réflexion », Manuel Valls confirme au « Monde » qu’il dévoilera en septembre sa décision de se présenter ou non aux élections municipales de Barcelone, prévues le 26 mai 2019.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h39
    |

                            Daryl Ramadier (avec Solenn de Royer)








                        



                                


                            

L’été pour se décider. Manuel Valls, qui « étudie » depuis quatre mois une candidature à la mairie de Barcelone, en Espagne, hésite encore. « Je suis toujours en phase de réflexion, assure au Monde l’ex-premier ministre. Je prendrai ma décision en septembre, car il s’agit d’un changement de vie, et pas seulement de vie politique. » Ce choix impliquerait un déménagement, mais aussi – sans doute – l’abandon de son poste de député (rattaché au groupe LRM) de l’Essonne, conquis de haute lutte il y a un peu plus d’un an, six mois après son échec à la primaire du Parti socialiste, où s’étaient fracassées ses ambitions présidentielles.
Grand pourfendeur de l’indépendantisme catalan, M. Valls se montre très actif de l’autre côté des Pyrénées depuis près d’un an. En mars, l’ancien chef du gouvernement français a manifesté contre le processus indépendantiste dans les rues de Barcelone, à l’appel de l’organisation anti-indépendantiste Société civile catalane. Mi-avril, à Madrid, il a disserté sur l’Europe à l’université Carlos-III, aux côtés de l’ex-chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez, lors d’une conférence organisée par le quotidien El Pais.

Manuel Valls a également répondu présent à plusieurs événements organisés par le parti libéral et « unioniste » Ciudadanos (« citoyens »). Le 6 septembre, il se rendra une nouvelle fois à Barcelone, dans une librairie située sur les célèbres Ramblas, pour la présentation d’un livre collectif, Anatomia del procés (qui traite de l’indépendantisme catalan), qu’il signe avec une dizaine de personnalités, journalistes, écrivains ou historiens, parmi lesquels le ministre socialiste des affaires étrangères, Josep Borrell.
Si l’ancien maire d’Evry entretient le mystère sur ses intentions, rares sont ceux, parmi ses proches, qui doutent encore de sa future candidature. La vice-présidente de Société civile catalane, Miriam Tey, assure ainsi au Monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ A partir de vendredi, tous les matchs de la première division seront diffusés gratuitement en Inde et dans d’autres pays asiatiques en direct sur le réseau social.
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Football : Facebook offre la Ligue espagnole gratuitement en Asie du Sud

A partir de vendredi, tous les matchs de la première division seront diffusés gratuitement en Inde et dans d’autres pays asiatiques en direct sur le réseau social.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 10h25
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Facebook cherche-t-il à convertir l’Asie du sud au football ? Dans une zone historiquement acquise au criquet, le football fait son chemin, notamment sur les réseaux sociaux. Et désormais, « les 380 matches de la première division de football espagnole seront disponibles gratuitement pour les usagers de Facebook dans huit pays : Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Inde, Népal, Maldives, Sri Lanka et Pakistan », précise la ligue de football espagnole dans un communiqué publié mardi 14 août.
C’est la première fois que Facebook acquiert des droits sportifs en dehors des Etats-Unis. Alors que la Liga n’a pas divulgué le montant de la transaction, le quotidien espagnol Marca a avancé le chiffre de 90 millions d’euros.
Qualifié de « pionnier » par la Liga qui y voit « une nouvelle ère dans la retransmission des événements sportifs », l’accord prévoit la diffusion gratuite et en direct des 380 matchs des trois prochaines saisons. Les premiers matchs seront diffusés vendredi 17 août. L’accord, qui vise particulièrement l’Inde, permet à la ligue espagnole de toucher les 350 millions d’utilisateurs que compte le réseau de Mark Zuckerberg dans le pays. Dans les rues de Bombay, il n’est plus rare de croiser des maillots à l’effigie des stars évoluant dans le championnat espagnol, Ronaldo et Messi en tête.
« La Liga est une référence du football mondial et c’est donc une énorme satisfaction pour nous qu’à présent, le nombre de personnes pouvant voir les matches en direct dans cette zone géographique soit plus important que jamais et qu’ils puissent le faire gratuitement à travers Facebook », a commenté le président de la Liga, Javier Tebas.

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                En Espagne, 1,14 milliard d’euros par saison pour les droits télévisuels de la Liga



« Un spectacle de divertissement mondial »
Pour préparer son implantation dans le sous-continent indien, la ligue espagnole a ouvert des bureaux à New Delhi dès 2016, produisant des contenus diffusés sur les réseaux sociaux et spécifiquement destinés au public indien. Le succès est tel que, malgré les liens historiques qui unissent l’Angleterre et l’Inde, la Liga ambitionne désormais de détrôner la Premier League. Pour ce faire, le clasico qui a opposé le Real Madrid au FC Barcelone en décembre 2017 a débuté à 13 heures en Espagne, afin que les fans en Inde ou en Indonésie puissent suivre la rencontre en première partie de soirée.
« La Liga est un spectacle de divertissement mondial. L’année dernière, 2,6 milliards de personnes dans le monde suivaient la Liga et beaucoup en Asie, avait déclaré à cette occasion Joris Ever, le responsable de la communication de la ligue espagnole à l’agence Reuters. Nous tenons à leur offrir la possibilité de regarder le Clasico sans avoir besoin de rester debout jusqu’au milieu de la nuit ou de déclencher une alarme pour se réveiller très tôt. » Dans les rues de la capitale indienne, près de 20 000 fans des deux équipes se sont rassemblés pour suivre le match.

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                Le sport dans le viseur de Google, Apple, Facebook et Amazon



Après l’obtention par Amazon des droits de la Premier League en juin, cette opération confirme les ambitions des plates-formes numériques dans le monde du sport. Facebook confirme donc son intention d’acquérir plus de droits dans le sport, après avoir fait une offre de 600 millions de dollars (529 millions d’euros) pour la compétition de cricket, l’Indian Premier League, et l’obtention d’un lot de droits de la Major League Baseball aux Etats-Unis.
Peter Hutton, responsable de la programmation des sports chez Facebook, a qualifié ce partenariat d’expérimental et a cherché à relativiser la volonté du réseau social d’acquérir des droits similaires à l’avenir. « Nous sommes sur d’autres deals qui sont sur le point d’être conclus, mais notre objectif n’est pas d’acquérir une grande quantité de contenus dans le monde », a-t-il déclaré à Reuters. « Nous sommes à la recherche de droits précis pour des marchés spécifiques pour en tirer des données qui nous permettront de nous améliorer et d’identifier quelle est la marche à suivre. Si on se précipite sur trop de deals à la fois, nous risquons de ne pas faire les choses correctement. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.
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« Dans le conflit commercial imposé par les Etats-Unis à la Chine, l’UE ne peut pas rester spectatrice »

Spécialiste du commerce international, Sébastien Jean estime dans une tribune au « Monde » que l’Europe doit faire preuve de « fermeté » vis-à-vis des Etats-Unis, mais aussi s’assurer d’une concurrence équitable avec la Chine qui fait encore défaut.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 07h00
    |

                            Sébastien Jean (Directeur du centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi, nous voici redevenus amis avec les Etats-Unis. Quelques jours seulement après que Donald Trump avait qualifié, le 15 juillet, l’Union européenne (UE) d’« ennemie » dans les relations commerciales, il annonçait le 25 juillet, à l’occasion de la visite américaine du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et à grand renfort d’embrassades, un retour à la meilleure concorde transatlantique.
Cet apaisement est bienvenu. On peut néanmoins déplorer que les déclarations prononcées à cette occasion soient ambiguës et manquent singulièrement de cohérence. A tel point que l’on veut croire qu’il ne s’agit que d’une couverture sans substance, destinée à offrir une sortie honorable à Donald Trump. Les déclarations de bonnes intentions d’un tel partenaire ne doivent pas être prises pour argent comptant et le risque d’un nouveau changement de cap du président américain n’est pas minime.
Vers une concurrence équitable
Même si la menace immédiate de droits de douane sur nos exportations d’automobiles était effectivement écartée, cela ne résoudrait pas, cependant, le problème de fond auquel l’Union européenne est confrontée aujourd’hui : le système commercial multilatéral, fondé sur des règles issues d’accords internationaux, vacille.
« Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. »
Le risque est grand de voir les Etats s’affranchir, les uns après les autres, de leurs engagements sur les aspects les plus sensibles de leurs échanges. Un tel retour du rapport de force politique au détriment des règles serait porteur d’un arbitraire et d’une incertitude économiquement coûteux pour tous. Pour l’Union européenne, qui n’a pas la cohésion politique d’un Etat, il serait aussi synonyme d’affaiblissement vis-à-vis de ses partenaires. Pour l’éviter, il faut opposer à la politique commerciale américaine menaçante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Haut de 45 mètres, le viaduc autoroutier ultra-fréquenté a cédé, mardi, en fin de matinée. Dans la ville, les habitants sont sous le choc.
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Italie : Gênes « à genoux » après l’effondrement du pont Morandi qui a fait au moins 39 morts

Haut de 45 mètres, le viaduc autoroutier ultra-fréquenté a cédé, mardi, en fin de matinée. Dans la ville, les habitants sont sous le choc.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 17h47
    |

                            Margherita Nasi (Gênes, Italie, envoyée spéciale)








                        



   


Heinrich Heine comparait Gênes au squelette d’un animal échoué sur les rives de la Méditerranée. Depuis mardi 14 août, la colonne vertébrale du colosse ligure n’est plus qu’un tas de cendres. A 11 h 40, dans un grondement de fin du monde, le pont Morandi s’est effondré sur plus de 200 mètres. Haut de 45 mètres, ce viaduc autoroutier ultra-fréquenté reliait les quartiers de Cornigliano et de Sampierdarena, à l’ouest de la ville.
Sous des trombes d’eau, une trentaine de voitures et plusieurs poids lourds ont dégringolé dans le vide, s’écrasant sur le lit asséché de la rivière Polcevera, sur les voies ferrées qui la longent, et sur quelques édifices alentour – des hangars, principalement.
Le 15 août à la mi-journée, la protection civile a fait savoir que le bilan provisoire s’était alourdi dans la nuit et s’élevait à 39 morts – dont quatre Français, a indiqué dans la journée le Quai d’Orsay – et 15 blessés.
Dès l’annonce du sinistre, toute la classe politique italienne s’est portée au chevet de la ville meurtrie. « C’est une catastrophe qui a frappé Gênes et toute l’Italie. Un drame effrayant et absurde s’est abattu sur des personnes et des familles », a commenté le président Sergio Mattarella, qui s’est rendu sur les lieux en fin d’après-midi.

   


« On a cru qu’il s’agissait d’un tremblement de terre »
La cité de Christophe Colomb et de Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement 5 étoiles (M5S), se distingue des autres métropoles du Nord de la péninsule ; moins ordonnée, moins propre sur elle. C’est une ville portuaire, populaire et musicale, toute de rues enchevêtrées, percée de longs serpents de béton – autoroutes, ponts, viaducs.
« J’étais au travail, j’ai entendu une énorme explosion, on a tous cru qu’il s’agissait d’un tremblement de terre », raconte Antonio, un riverain qui a offert son aide aux secours en éloignant badauds et curieux de la zone sinistrée.
Un millier de secouristes – pompiers, policiers, carabiniers, protection civile, Croix-Rouge – et une foule de chiens renifleurs s’affairent autour des décombres. Des équipes dépêchées de tous les coins du pays œuvrent main dans la main. « On utilise des outils spéciaux qui nous permettent de fouiller sous les débris en coupant le ciment et le fer. On va travailler toute la nuit encore, avec l’unité cynophile piémontaise : les chiens nous permettent de savoir où il faut fouiller », expliquait, en début de soirée, un pompier lombard.
Les sauveteurs locaux ont du mal à dissimuler leur émotion. « J’ai été envoyé dans les Abruzzes lors du tremblement de terre de 2016, j’ai travaillé sur plusieurs inondations. Mais là, c’est autre chose. Gênes est à genoux. Ce viaduc, on l’avait rebaptisé le “pont de Brooklyn” car il y ressemblait. On l’empruntait tous les jours pour se déplacer dans la ville, on l’aimait et on le détestait. C’était notre ligne d’horizon », confie Michele. Psychologue pour la protection civile, le jeune homme est à l’écoute des proches des victimes. Il est aussi chargé d’emmener les dépouilles à l’hôpital San Martino.
Un pont édifié à la fin des années 1960
En cette veille de Ferragosto – le congé du 15 août, un rituel que les Italiens aiment passer en famille ou entre amis –, le personnel du plus grand hôpital de Ligurie est mobilisé par la tragédie. Dans la salle d’attente de l’institut de médecine légale, les visages sont crispés, rivés vers le sol. Le silence est lourd.
Pina pleure son frère Bruno, qui travaillait en tant qu’éboueur, comme tous les étés, pour une durée de trois mois. Il avait 57 ans, deux filles, et se réjouissait de la promesse d’embauche en CDI que venait de lui faire son employeur. Une pluie de ciment s’est abattue sur son camion, et « les médecins veulent assembler les parties de son corps avant de nous montrer le cadavre ». Ravagée par le chagrin, Pina vient de croiser une amie qui a perdu sa fille ; elle arrive à peine à finir ses phrases. « On est tous morts ici, c’est indicible. »

   


S’étirant sur 1,18 kilomètre, le pont Morandi a été édifié à la fin des années 1960. A l’époque, on parlait de chef-d’œuvre d’ingénierie. Mais très vite, des problèmes structurels apparaissent. Dès les années 1980, une alternative au viaduc, la Bretella, est envisagée.
« Cette route n’a jamais été réalisée pour des raisons politiques : elle aurait dû passer par des territoires qui votaient communiste, or à l’époque le PC tenait la ville », rappelle Franco Manzitti. Ce journaliste génois a écrit plusieurs dizaines d’articles sur le pont Morandi. « A la fin des années 1990, on planche sur un autre projet d’autoroute, la Gronda, rappelle-t-il. Il a fallu des années de débats pour finalement trouver un accord. Le chantier de la Gronda devait commencer à la rentrée. Trop tard. »
« Une erreur d’ingénierie »
En 2016, Antonio Brencich, professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingénierie de Gênes, s’inquiétait déjà des défaillances du viaduc. Dans un article publié par Ingegneri. info, il évoquait une « erreur d’ingénierie ». La même année, le quotidien génois Il Secolo XIX s’alarmait de l’état des 5 000 ponts et viaducs de Ligurie, réalisés pour la plupart dans les années 1950 et 1960, et laissés à l’abandon : « Il s’agit de structures qui ont vieilli avec la décadence physiologique du béton. Et qui commencent – littéralement – à partir en mille morceaux. »

   


Le soleil est revenu en milieu d’après-midi sur Gênes. Mais l’asphalte n’avait pas fini de sécher que les politiciens agitaient déjà la controverse. Les responsables vont « payer, payer tout et payer cher », a promis le ministre de l’intérieur Matteo Salvini (Ligue, extrême droite). « Ceux qui ont fauté doivent payer », a renchéri son ennemi juré, l’ancien président du Conseil, Matteo Renzi (Parti démocrate, centre gauche).
Tandis que ce dernier invitait à « discuter des infrastructures, sans idéologies », M. Salvini s’en est pris aux règles budgétaires européennes, qui empêcheraient l’Italie de dépenser suffisamment pour moderniser ses routes. « Nous devrions nous demander si le respect de ces limites [budgétaires] est plus important que la sécurité des Italiens. De toute évidence ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré lors d’un déplacement en Sicile.

        Lire aussi :
         

                Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées



Le Mouvement 5 étoiles sur la défensive
Mêmes accents eurosceptiques chez Danilo Toninelli. Invité sur les ondes de la Rai, le ministre des transports et des infrastructures pointait la responsabilité du trafic de poids lourds, et notamment des « camions polonais », dans la tragédie. Traditionnellement rétif aux grands travaux, son parti, le M5S, est sur la défensive. Dès 2013, la section génoise s’était opposée à la construction de la Gronda, au coût jugé exorbitant, et comparaît l’hypothèse d’un effondrement du viaduc Morandi à une « fable ». Le 2 août, lors d’une audition à la Chambre des députés, M. Toninelli lui-même classait la nouvelle autoroute parmi les projets « à revoir ».

   


La Génoise Annamaria Furlan fulmine contre les « lourdeurs bureaucratiques » et les « infiltrations mafieuses ». « J’espère que cette tragédie immense qui pouvait et devait être évitée puisse sortir la question des infrastructures des spéculations électorales », s’insurge la secrétaire générale de la Confédération italienne des syndicats de travailleurs (CISL).
Toute la journée, les principales radios italiennes ont bousculé leurs programmes, entrecoupant leurs émissions spéciales de vieilles rengaines génoises. Parmi elles, Prière de janvier de Fabrizio De André. Il y est question d’un « dernier vieux pont », où les suicidés s’entendent dire : « Venez au paradis où je vais moi aussi, parce qu’il n’y a pas d’enfer dans le monde du Bon Dieu. »

        Lire les témoignages :
         

          Effondrement du viaduc de Gênes : « On a couru sans se retourner »







                            


                        

                        


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Pédophilie : la justice de Pennsylvanie accable l’Eglise catholique, qui a « tout caché »

Un grand jury a publié un rapport qui nomme près de 300 prêtres auteurs de viols ou d’agressions sexuelles sur des centaines de mineurs.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h21
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Le rapport contient près de 300 fiches : nom, date de naissance et d’ordination, parcours religieux et professionnel. Et « résumé ». « Résumé » des agressions sexuelles et viols que sont accusés d’avoir commis ces 300 prêtres de Pennsylvanie sur des centaines d’enfants et d’adolescents. Sa publication, mardi 14 août, par un grand jury de Pennsylvanie a un objectif : mettre en évidence un phénomène qui n’était pas marginal mais endémique.
« Nous savons que certains d’entre vous en ont entendu parler avant. Il y a eu d’autres rapports sur les abus sexuels sur les enfants au sein de l’Eglise catholique. Mais jamais à cette échelle. Pour beaucoup d’entre nous, ces histoires avaient eu lieu ailleurs, loin d’ici. Maintenant, nous connaissons la vérité : c’est arrivé partout », écrit le grand jury en introduction de son rapport de 1 356 pages.
Dans le système pénal américain, un grand jury, constitué de citoyens, effectue, sous la conduite du procureur, un travail proche de celui du juge d’instruction. Aidé par la police fédérale (FBI), celui-là a travaillé sur six des huit diocèses de Pennsylvanie – ceux de Philadelphie et de Altoona-Johnstown ont fait l’objet de procédures judiciaires séparées.
Au cours de deux années de travail, des dizaines de victimes ont été interrogées, 500 000 pages de documents internes des diocèses concernés ont été examinées, permettant au grand jury de conclure que plus de 1 000 enfants et adolescents ont été victimes d’au moins 300 prêtres. Son rapport est à mi-chemin entre un travail d’instruction et une étude historique qui remonte jusqu’aux années 1940.
Surtout, ne rien dire à la police
Seuls deux prêtres sont poursuivis par la justice, l’un pour avoir éjaculé dans la bouche d’un enfant de 7 ans – il a plaidé coupable en juillet –, l’autre pour avoir agressé deux garçons chaque mois jusqu’en 2010. Pour les autres, les faits sont prescrits, ayant eu lieu avant le début des années...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les réfugiés seront répartis entre l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Luxembourg et le Portugal. Une issue qui pourrait « préfigurer un système européen », selon l’Elysée.
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Migrants : l’« Aquarius », un défi pour l’Europe

Les réfugiés seront répartis entre l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Luxembourg et le Portugal. Une issue qui pourrait « préfigurer un système européen », selon l’Elysée.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 11h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Il a de nouveau fallu plusieurs jours de crise. Mais une solution a finalement été trouvée pour l’Aquarius. Le navire de sauvetage va pouvoir accoster à La Valette avec ses 141 migrants sauvés au large de la Libye ces derniers jours.
Le gouvernement maltais en a fait l’annonce, mardi 14 août, alors que les responsables de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF), les ONG qui affrètent le navire, étaient en pleine conférence de presse pour dénoncer l’inaction de l’Europe. « A la suite de discussions entre la France et Malte », La Valette a annoncé faire « une concession en laissant le navire entrer dans ses ports, bien qu’il n’en ait pas l’obligation légale ».

Les migrants seront ensuite répartis entre la France, qui va en accueillir soixante, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne. « Le premier ministre, Joseph Muscat, a été en contact direct avec le président français », a expliqué au Monde le porte-parole du gouvernement maltais, Kurt Farrugia.
Malte a notamment obtenu d’ajouter 60 des 114 autres migrants sauvés lundi par ses gardes-côtes dans sa zone de sauvetage et pour lesquels aucune solution n’avait pour l’instant été trouvée. Même si Kurt Farrugia nie que M. Muscat en ait fait « une condition », « il lui a expliqué qu’il ne pouvait pas accueillir l’Aquarius en ce moment parce qu’on en avait un autre à gérer et c’est devenu une partie de la discussion, convient le porte-parole. Nous sommes un pays de 400 000 habitants et nos ressources ont atteint leur limite ».
« Parer au plus pressé »
L’Aquarius était en stand-by depuis plus de vingt-quatre heures entre les côtes maltaises et celles de l’île italienne de Lampedusa dans l’attente que les autorités européennes désignent un « port sûr » où accoster. Si aucun des migrants, majoritairement issus d’Erythrée et de Somalie, n’était dans une situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’ex-député européen franco-allemand fustige l’absence de stratégie européenne sur la question des migrants et critique la gestion du dossier par Gérard Collomb.
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Daniel Cohn-Bendit : « L’Europe n’a pas de stratégie sur la question migratoire »

L’ex-député européen franco-allemand fustige l’absence de stratégie européenne sur la question des migrants et critique la gestion du dossier par Gérard Collomb.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 15h48
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
A 73 ans, Daniel Cohn-Bendit continue à se battre pour une politique « équilibrée » d’accueil des réfugiés en Europe. Proche du président de la République Emmanuel Macron, l’ex-député européen franco-allemand souhaite la fin du règlement de Dublin et épingle la politique du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.

Malte a finalement accepté de laisser accoster l’« Aquarius », après des heures de tergiversations entre les capitales européennes. Que vous inspire cette situation ?
J’étais favorable à ce que l’Aquarius débarque dans un port français. Si une telle situation se reproduit, il faut d’abord que le gouvernement français accueille. Ensuite, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et les institutions d’accueil des autres pays européens doivent faire leur travail, pour démontrer la capacité de coopération européenne.
Comment se fait-il que le même phénomène se répète ?
Tous les pays ont un problème avec les migrants. La majorité des populations est très sceptique. Quand le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, accueille un premier bateau, puis un autre, au bout du troisième, ça coince. Le problème vient du fait que l’Europe n’a pas de stratégie sur cette question.
Que préconisez-vous ?
Une agence européenne des réfugiés avec un budget conséquent qui pourrait organiser l’aiguillage des nouveaux arrivants. Je préconise aussi l’organisation d’une conférence internationale par l’Union européenne (UE), sous l’égide des Nations unies (ONU), sur le sauvetage en mer pour réunir les ONG et Frontex [l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures], qui ne se parlent pas.
Il faut également des centres d’accueil au début du parcours des migrants, à l’image de ce que l’Ofpra a mis en place au Niger, pour éviter que ceux-ci n’aient à passer par la Libye. Il y a donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les prix de l’immobilier ont fortement rebondi en Espagne, mais ils restent abordables au sud de la côte méditerranéenne (1/3).
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En Espagne, le littoral méditerranéen reste accessible

Les prix de l’immobilier ont fortement rebondi en Espagne, mais ils restent abordables au sud de la côte méditerranéenne (1/3).



Le Monde
 |    15.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 12h58
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En Espagne, le souvenir de la crise s’efface peu à peu. En 2017, les prix de l’immobilier résidentiel ont rebondi de 7,6 % en moyenne. Il s’agit de la quatrième année de hausse d’affilée. L’économie espagnole va beaucoup mieux : la croissance a atteint 3,1 % en 2017, au-dessus des 3 % pour la troisième année consécutive. Cet été, la fréquentation touristique a battu des records.
La crise immobilière espagnole aura duré huit ans. « Ses stigmates restent bien visibles : entre 2007 et 2011, les prix ont été divisés par deux en moyenne », rappelle Patrick Crosset, fondateur du site acheterenespagne.fr. En 2017, 516 000 transactions ont été enregistrées dans le pays (+16,7 %). selon le notariat espagnol. On reste loin des 800 000 ventes de 2007, mais pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de savoir que le marché était tombé à 320 000 ventes en 2011. En 2018, entre 550 000 et 600 000 transactions sont attendues.
Si les prix ont retrouvé leur sommet dans les sites les plus touristiques comme aux Baléares ou à Marbella, la célèbre station balnéaire de la Costa del Sol, ils demeurent à des niveaux inférieurs à ce qu’ils étaient il y a dix ans sur la plus grande partie du territoire. Sur un an, Madrid, Valence et Malaga progressent de 15 à 20 %, tandis que Bilbao, Séville, Cadix et Alicante affichent des hausses comprises entre 5 % et 10 %. Les prix sont stables à Barcelone en raison de l’instabilité politique en Catalogne, qui pousse les acheteurs à l’attentisme. Du côté des îles, les tarifs sont en augmentation de 10 % par an aux Canaries et de 15 % aux Baléares.

   


Les Français, premiers acheteurs avec les Britanniques
A partir de 2011-2012, les achats réalisés par des étrangers ont été les catalyseurs de la reprise. En 2017, pour la première fois, ils ont atteint la barre des 100 000 transactions, soit 20 % des acquisitions. Près de 8 600 acheteurs français auraient ainsi concrétisé un projet immobilier en Espagne l’an passé, ce qui fait d’eux les seconds acheteurs étrangers derrière les Britanniques et devant les Allemands et les Belges. Dans les îles, la proportion d’acheteurs étrangers atteint le niveau record de 40 % aux Baléares et aux Canaries.

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Sur le continent, la Costa Brava et la Costa del Sol restent les destinations les plus recherchées des Français. « Quand les Allemands achètent dans les îles, les Français ciblent d’abord la Catalogne, près de la frontière française, en particulier la Costa Brava. Outre Barcelone et Sitges, ils sont nombreux à Gérone, Figueras, Roses, Lloret de Mar… », explique Caroline Zak, directrice d’Immobilier-en-espagne.com.
L’ancien village de pêcheurs de Cadaqués, où habitait Salvador Dalí, est ainsi devenu une villégiature de luxe. De par sa proximité avec Barcelone et la France, cette station balnéaire de la péninsule Cap de Creus séduit une clientèle internationale. Le prix des plus belles villas du front de mer peut monter jusqu’à 10 000 euros le mètre carré. Moins chères, Roses et Castell Platja d’Aro attirent également les étrangers.
Heureusement, il reste des sites abordables, à condition de prospecter plus au sud. A Tarragone, accessible en train rapide depuis la France, le prix du mètre carré pour une belle maison ne dépasse pas 1 100 euros, et il tombe à 933 euros à Lerida, dans l’arrière-pays, aux portes de l’Aragon.

   


Près d’Alicante, les prix sont doux également. « Dans le beau village d’Altea, à moins de quinze minutes de la mer en voiture, une villa de 200 mètres carrés avec piscine vaut entre 200 000 et 250 000 euros », indique Thomas Rouer, fondateur de jacheteenespagne.com.
« Plus on descend vers le sud, plus les prix sont abordables », confirme Emmanuel Virgoulay, représentant du réseau Barnes en Espagne. Depuis quelques années, les Français sont nombreux à acheter à Valence et à Alicante, deux villes qui possèdent un aéroport international, trois cents jours de soleil par an, et où il est possible d’acheter pour 2 000 à 3 000 euros le mètre carré.
Les prix très doux de l’Andalousie
« Les tarifs ont beaucoup augmenté à Valence, qui est la troisième ville espagnole, mais ils restent encore à 20 % de leur pic de 2007 », commente Ludovic Larue, responsable du réseau Athena Advisers en Espagne. Il faut compter une mise minimum de 120 000 - 130 000 euros pour un deux-pièces de 65 mètres carrés, avec souvent des travaux à prévoir. « Pour rénover un logement, il faut planifier un budget allant de 300 euros à 1 000 euros par mètre carré selon l’état du bien », précise M. Rouer.

   


Contrairement aux Britanniques, rares sont les acheteurs français à s’aventurer jusqu’en Andalousie, au sud de l’Espagne. A tort, car les prix y restent très accessibles : à Cadix, à Séville, à Grenade, le prix du mètre carré oscille entre 1 500 euros et 2 000 euros. A Almeria, les tarifs peuvent tomber à moins de 1 000 euros ! « A Cadix, un bel appartement de 100 mètres carrés face à la mer coûte environ 200 000 euros. C’est l’un des endroits d’Espagne où se situent actuellement les meilleures opportunités », insiste M. Crosset.

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Malgré un bond de 20 % en 2017, les prix restent accessibles à Malaga, autour de 2 000 euros par mètre carré. En revanche, sa voisine Marbella devient cher, très cher. Dans le très haut de gamme, le prix du mètre carré peut atteindre 20 000 euros à Los Monteros, célèbre pour sa plage de sable blanc située à l’Est de Marbella. Sur la « Golden Mile » de Marbella, qui va du centre de la ville jusqu’à Port Banus, les villas modernes avec vue sur l’océan continuent d’attirer les riches étrangers, malgré des prix pouvant aller jusqu’à 10 000 euros le mètre carré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Directrice adjointe de l’Institut de l’Europe à l’Académie chinoise du commerce international, Yao Ling plaide, dans une tribune au « Monde », pour que l’Union européenne et la Chine présentent un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis.
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« Le renforcement de la coopération économique entre la Chine et l’UE est une chance à saisir »

Directrice adjointe de l’Institut de l’Europe à l’Académie chinoise du commerce international, Yao Ling plaide, dans une tribune au « Monde », pour que l’Union européenne et la Chine présentent un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 05h45
    |

Yao Ling (Directrice adjointe de l’institut de l’Europe de l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, relevant ...







                        



                                


                            

Tribune. Sous prétexte que leur sécurité nationale est menacée, les Etats-Unis ont déclenché une guerre commerciale qui remet en jeu les équilibres mondiaux en ignorant le mécanisme de règlement des différends établi par l’Organisation mondiale du commerce. Aujourd’hui, Donald Trump souffle le chaud et le froid. Tant avec la Chine, où les négociations de juin 2018 n’ont pas abouti, qu’avec l’Union européenne (UE), où les apparences de l’accord Trump-Juncker du 25 juillet peuvent être trompeuses.

Dans un contexte où le monde devient chaque jour plus instable, la Chine et l’UE doivent préciser le plus tôt possible l’orientation de leurs relations économiques et commerciales pour protéger leurs intérêts communs. Bien que l’UE ne veuille pas le reconnaître, nous nous devons de présenter un front uni face à l’unilatéralisme des Etats-Unis, ne serait-ce qu’en raison de l’importance de nos liens économiques. L’UE est le plus grand partenaire commercial de la Chine. Celle-ci exporte vers l’UE l’équivalent de 372 milliards de dollars [environ 327 milliards d’euros] (en hausse de 9,7 %) et elle importe des produits européens pour 244 milliards de dollars (en hausse de 17,7 %).
Par ailleurs, notre dialogue constant produit des résultats. Dans le document « Eléments pour une nouvelle stratégie de l’UE à l’égard de la Chine », publié en 2016, l’UE a formulé des revendications prioritaires dans les négociations en cours depuis 2014 sur les investissements européens en Chine : l’élargissement de l’accès au marché pour les marchandises et les services, l’ouverture des marchés publics et la réduction des mesures restrictives sur l’accès au marché intérieur.
Partenaire privilégié
Or, la Chine est entrée dans une nouvelle phase de son ouverture sur le monde extérieur, et certaines demandes de l’UE sont progressivement satisfaites. La plus emblématique, annoncée par le président chinois Xi Jinping lors du Forum de Boao, en...




                        

                        

