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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Cette réforme et la réduction de la durée de la cérémonie devraient être effectives dès février 2019.
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La création de l’Oscar du film populaire agite Hollywood

Cette réforme et la réduction de la durée de la cérémonie devraient être effectives dès février 2019.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 17h14
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Le projet de créer un Oscar récompensant « une réussite exceptionnelle en matière de film populaire » suscite une tempête de protestations à Hollywood, mettant en évidence la fracture croissante entre les forces industrielles du cinéma et les artistes qui font les films. Cette réforme, annoncée le 8 août par le conseil d’administration de l’Academy of Motion Pictures Arts and Sciences (Ampas), qui regroupe un peu moins de 7 000 professionnels du cinéma liés à l’industrie hollywoodienne, vise à redonner à la cérémonie annuelle de remise de prix un lustre que lui font perdre la baisse d’audience de sa retransmission télévisée et le désintérêt apparent du public américain pour les films récompensés.

Cela devrait être effectif dès la 91e cérémonie des Oscars, le 24 février 2019, tout comme la limitation de la durée de la cérémonie à trois heures – en 2018, elle en a duré presque quatre –, à laquelle les organisateurs espèrent arriver en dissimulant les remises de trophées les moins spectaculaires derrière les écrans de publicité. Enfin, en 2020, la cérémonie sera avancée au 2 février, afin d’écourter la saison des trophées.
Le règne des « franchises »
De toutes ces réformes, la création de l’Oscar du film populaire – comme il a été immédiatement baptisé – est celle qui veut répondre le plus directement à la désaffection du public pour les Academy Awards (nom officiel des Oscars) et pour les films qu’ils récompensent. Depuis une dizaine d’années, les premières places du box-office américain et planétaire sont occupées par des films issus de « franchises », en majorité produites par le groupe Disney (les super-héros Marvel, les dérivés de La Guerre des étoiles, les films d’animation de Pixar).
Ces films sont généralement nommés dans les catégories techniques (son, effets spéciaux, maquillage), plus rarement dans les catégories nobles (mise en scène, scénario, interprétation). Ce qui ne les empêche pas de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/14/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Œuvre très personnelle sur le thème de la ségrégation, le long-métrage ressort en salle.
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Reprise : « The Intruder », grand film maudit de Roger Corman

Œuvre très personnelle sur le thème de la ségrégation, le long-métrage ressort en salle.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h52
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Dans la filmographie de Roger Corman, The Intruder occupe une place à part. Ce que le cinéaste américain a souligné dans ses Mémoires qui viennent d’être traduits en français et publiés par Capricci sous le titre Comment j’ai fait cent films sans jamais perdre un centime. On sait l’importance de la place qu’occupa Corman au cœur même d’une industrie (ou d’un artisanat si l’on considère le type de cinéma qu’il a produit et réalisé) en mutation. La manière dont lui-même y fait justice de l’étiquette de « roi de la série B », qui lui fut longtemps ­collée, n’est pas l’un des moindres mérites d’un livre dont l’auteur se distingue par une précision surhumaine de la mémoire.

Lorsque Corman commence à réaliser, la série B, ces films à petits budgets, avait disparu, liquidée par la crise de la fréquentation des salles et la concurrence de la télévision. Corman réalise et produit des films relevant du « cinéma d’exploitation ». Soit une économie fondée sur la production de films très fauchés, destinés notamment aux drive-in, en pleine expansion dès le milieu des années 1950, et à un public adolescent.
Westerns, mais surtout films de science-fiction ou d’horreur, drames de la délinquance juvénile, épopées historiques s’enchaînent à un rythme infernal sous la direction d’un aventurier de la pellicule qui a trouvé avec les dirigeants d’American International Picture (AIP), James Nicholson et Samuel Arkoff, des alliés pour la production et la distribution.
Roger Corman, cinéaste : « “The Intruder” a été le premier film que j’ai dirigé avec une profonde conviction sociale et politique »
Les films sont tournés en quelques jours, avec une troupe d’acteurs fidèles, pour peu d’argent et rapportent souvent plusieurs millions de dollars. Comme producteur, Corman fera débuter de nombreux jeunes réalisateurs qui formeront, pour certains, la crème du Nouvel Hollywood : Monte Hellman, Francis Coppola, Martin Scorsese, Joe Dante, Peter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ C’était mieux avant ? (3/6). La comédienne rejette l’idée d’un cinéma désormais corseté par des tabous. Selon elle, le grand écran peut tout traiter avec humour, pour peu que le film fasse vivre un univers riche et qu’il dépasse les clichés.
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<article-nb="2018/08/14/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Un collectif de personnalités, parmi lesquelles la ministre de la culture, Françoise Nyssen, Jean-Luc Godard et Ken Loach, lance dans « Le Monde » un appel à la libération du cinéaste ukrainien.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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« Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »

Un collectif de personnalités, parmi lesquelles la ministre de la culture, Françoise Nyssen, Jean-Luc Godard et Ken Loach, lance dans « Le Monde » un appel à la libération du cinéaste ukrainien.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 21h47
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h39
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Artisans de l’image et de l’imaginaire, les cinéastes nous émeuvent et nous émerveillent, capturent notre époque et nous captivent. Par leurs œuvres, ils partagent leurs regards et éveillent les nôtres. Ils font entendre leurs voix – des voix parfois dissidentes : partout dans le monde, elles constituent des contre-pouvoirs essentiels, construisent de nouvelles pensées. La diversité d’opinions, les débats, désaccords et discussions qu’alimentent les artistes sont une chance pour la démocratie, pour la liberté, pour le progrès.

Parce que l’art ne connaît pas de frontières, parce que l’art est universel, les droits de ceux qui le font vivre devraient l’être également. La liberté d’expression et la liberté de création ne sauraient s’arrêter là où commence la dissidence. Pourtant, aujourd’hui, un cinéaste se meurt parce qu’il est dissident. Menacé à cause de ses idées, comme Vassili Grossman, Soljenitsyne et bien d’autres sous le régime communiste.
Oleg Sentsov est détenu en Russie depuis plus de quatre ans. Sa condamnation à vingt ans de réclusion par un tribunal militaire russe, au terme d’un procès qui n’a manifestement pas respecté les droits de la défense, est une violation du droit international et des normes fondamentales de la justice. Son seul « tort » réel ne serait-il pas d’avoir manifesté sa liberté d’expression ? Son seul « crime » ne serait-il pas de pouvoir exprimer son engagement politique à travers son art ?
Enfermé au nord de la Sibérie dans des conditions effroyables et inhumaines, il aurait perdu près de 30 kg depuis le début de sa grève de la faim, il y a maintenant près de trois mois. Alors que son état de santé semble se dégrader dangereusement de jour en jour, il faut agir. Et il faut agir vite.
Atteinte à la liberté de pensée et de création
Ne pas agir, ce serait laisser Oleg Sentsov mourir. Ce serait renoncer à nos valeurs et à nos principes, renoncer à ce que nous défendons...




                        

                        


<article-nb="2018/08/14/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ César du meilleur espoir féminin pour « Divines » en 2017, Oulaya Amamra joue avec Isabelle Adjani et Vincent Cassel dans « Le Monde est à toi », de Romain Gavras.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/08/2018
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Révélée par « Divines », Oulaya Amamra, à la conquête de son rêve de comédienne


                      César du meilleur espoir féminin pour « Divines » en 2017, Oulaya Amamra joue avec Isabelle Adjani et Vincent Cassel dans « Le Monde est à toi », de Romain Gavras.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 14h03
    |

                            Valentin Pérez








                              

                        

Depuis Viry-Châtillon, dans l’Essonne, il lui a fallu une bonne heure de transports en commun. En attendant de dénicher un logement à Paris, Oulaya Amamra, actrice de 21 ans révélée par Divines en 2016 et à l’affiche du Monde est à toi, de Romain Gavras, en salles le 15 août, y habite toujours, chez ses parents. « Je croyais que t’avais percé, s’étonnent parfois d’anciens camarades croisés dans le RER. Le ciné, c’est la galère en fait ! »
Mais la voilà, rayonnante, à une terrasse du 11e arrondissement, enchaînant les interviews pour la promotion de ce film sur des braqueurs bras cassés œuvrant de la région parisienne à la station balnéaire espagnole de Benidorm. Elle répète, entre deux retouches maquillage, les mêmes réponses : elle connaissait Gavras par ses clips (M.I.A., Justice), il lui a envoyé son scénario ; elle a essayé de « comprendre le désespoir de Lamya », son personnage de fille vénale…
Face aux journalistes, elle retrouve les habitudes apprises au moment de Divines, le film de sa sœur Houda Benyamina, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, en 2016, lauréat de la Caméra d’or, et qui lui a valu le César du meilleur espoir féminin en 2017.
« La salle d’or, les sièges en velours, les voix basses du public, et puis les comédiens… Je me suis dit : “Je peux en faire un métier.” »
« C’est ma sœur qui m’a tout appris. J’avais 12 ans quand elle a créé un cours de théâtre à la MJC de Viry-Châtillon et, comme elle n’avait personne, elle nous obligeait à venir, mon frère Mounir et moi, en espérant que ça ramène du monde. » Dernière d’une famille nombreuse, avec un père ingénieur en informatique et une mère au foyer, Oulaya Amamra a grandi avec des attributs de bonne élève : natation, danse classique, couture, collège et lycée privés.
« En cours, j’aimais participer, j’étais curieuse, appliquée et aussi le clown de la classe. »

Pour...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Son documentaire « M » fait découvrir le scandale méconnu de la pédophilie dans la communauté ultra-orthodoxe de Tel-Aviv.
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A Locarno, le retour intranquille de Yolande Zauberman

Son documentaire « M » fait découvrir le scandale méconnu de la pédophilie dans la communauté ultra-orthodoxe de Tel-Aviv.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 17h20
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno, Suisse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Après dix jours de fournaise tempérée par la climatisation des salles, le Festival du film de Locarno ferme ses portes samedi 11 août. Riche en divers événements cinéphiliques, le bilan y est néanmoins contrasté pour ce qui concerne les deux principales sections compétitives, la compétition internationale et Cinéastes du présent (premiers et deuxièmes films). Une même physionomie les caractérise, qui conjoint un petit nombre d’incongruités, une certaine routine de l’art et essai, une pincée de poivre expérimental, et quelques films saillants en nombre hélas insuffisant, par ces temps de concurrence mortelle entre festivals, pour faire peser de manière avantageuse la manifestation sur la balance internationale.

On ne repart toutefois jamais les mains vides de Locarno, qui excelle dans la découverte de figures atypiques et dans la défense de propositions esthétiques téméraires. En compétition, La Flor de l’Argentin Mariano Llinas, sidérant OVNI de quatorze heures, en fut le plus étincelant exemple (Le Monde du 10 août). L’autre grand choc sera venu de M, un essai documentaire de brûlante facture signé Yolande Zauberman. Cinéaste trop rare, au parcours éclectique et passionné, elle a signé des documentaires d’autant plus remarquables que formidablement incarnés, tels que Classified people (1987) sur l’incroyable destin d’un métis durant l’apartheid, ou Caste criminelle (1987), qui suit une famille de parias en Inde. On lui doit également quelques fictions, dont le remarquable Moi Ivan, toi Abraham (1993), film dialogué en langue yiddish, relatant l’amitié entre deux enfants, juif et chrétien, dans la Pologne des années 1930.
L’ombre portée de la Shoah contribuent à élever ce film à une hauteur réflexive et émotionnelle rare
Ceci pour dire qu’il ne faut attendre de Yolande Zauberman ni tranquillité du sujet, ni routine de la forme. Avec M, dont on se demande un petit peu si ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.
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Poussés à se renouveler, les Oscars vont-ils « perdre leur âme » ?

En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 18h15
    |

            Charlotte Chabas








                        



Vite, il fallait redorer la plus célèbre des statuettes américaines. Voilà plusieurs années que les Oscars, la grand-messe du cinéma américain, traversaient une crise existentielle, façon Kevin Spacey dans American Beauty (2000). Las, en mars 2018, pour les quatre-vingt-dix ans de la célèbre cérémonie, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter les tenues de soirée du gratin hollywoodien, soit 19 % de moins que l’année précédente. La pire audience de l’événement depuis 1974 – un Voyage au bout de l’enfer (1979) pour la prestigieuse Academy of Motion Pictures Arts and Sciences.
Comment renverser la vapeur pour éviter que le paquebot cinématographique ne continue de sombrer et retrouver les sommets de 1998 où Titanic était consacré devant 55 millions de téléspectateurs ? « Le changement arrive aux Oscars », a promis, mercredi 8 août, l’Académie, en publiant une série de mesures censées restaurer l’image exsangue de l’institution, régulièrement taxée ces dernières années de racisme ou de misogynie pour le manque de diversité de son palmarès.

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          Oscars 2017 : moins blancs, plus politiques



« Une retransmission de trois heures »
D’abord, l’événement sera autant raccourci qu’un Seigneur des Anneaux (2004) de Peter Jackson. D’environ quatre heures actuellement, la cérémonie passera dorénavant à « une retransmission de trois heures, plus accessible globalement », a annoncé dans une lettre adressée aux 5 000 membres de l’Académie le tout juste réélu président de l’institution, John Bailey.
Une réduction qui s’opérera sans supprimer les célèbres statuettes. Mais certaines récompenses seront remises lors des coupures publicitaires, et un court extrait en sera ensuite diffusé à l’antenne plus tard dans la soirée. Une manière peu subtile de préserver la disctinction entre petites mains du cinéma reléguées au rôle de figurants et catégories reines d’Hollywood.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Oscars 2018 : le sacre de la sirène et de l’homme-poisson



7 février
Autre nouveauté : la temporalité. Depuis une décennie, l’industrie du cinéma américain critiquait vertement le choix d’organiser les Oscars à la toute fin du mois de février – voire parfois début mars. Une option jugée trop tardive dans la saison des récompenses, sachant que la cérémonie des Golden Globes se tient près de deux mois plus tôt. L’Académie a donc décidé d’accélérer le pas à l’image de Forrest Gump (1994) dans les grandes plaines américaines : la 92e cérémonie – en 2020 donc – sera fixée le 7 février, et non le 23, comme annoncé initialement.

   


Alors certes, A l’Ouest, rien de nouveau (1930), pourraient dire certains. Mais l’Académie a gardé un argument de poids pour finir de convaincre son public, avec la création d’une toute nouvelle catégorie primée. Dès 2020, une statuette sera en effet remise au « Meilleur film populaire », a averti l’Académie – sans préciser toutefois les critères d’éligibilité à cette catégorie. Derrière cette démarche, la volonté d’en finir avec les accusations d’élitisme, alors que l’Académie est accusée de bouder des poids lourds du box-office, leur préférant de modestes succès de salles.
La National Public Radio (NPR) ne s’étonne guère de la démarche :
« L’Académie veut s’assurer, grâce à cette nouvelle catégorie, des films – des acteurs et des réalisateurs – pour lesquels le public n’a pas seulement un vague intérêt, mais une véritable passion. L’Académie veut des yeux écarquillés. » 
Cette stratégie d’ouverture – adoptée également par les Césars avec le « prix du public » – avait déjà motivé le passage, dès 2010, de cinq à dix films sélectionnés pour la catégorie du « Meilleur film ». Une décision précipitée notamment par le tollé provoqué par le traitement du blockbuster The Dark Knight de Christophe Nolan, carton au box-office et nommé pour huit Oscars, à l’exception notable du souverain « Best picture ».
Qu’est ce qu’un film « populaire » ?
Reste que la création de cette nouvelle catégorie dans le saint des saints du cinéma américain a provoqué mercredi autant de turbulences qu’un Christian Fletcher à bord du Bounty (1962). Et la presse américaine de s’interroger à l’unisson : qu’est ce qu’un film « populaire » ? Ne se caractérise-t-il que par le nombre de dollars qu’il rapporte à ses producteurs ? Et surtout, un film « populaire » ne peut-il pas être aussi un « bon film » ?
Le magazine Rolling Stone s’insurge ainsi contre ce qu’il qualifie d’« altération dans l’intégrité même des Oscars » : 
« Dans toute forme d’art existe une tension entre ce qui est populaire et ce qui est bon. (…) Ce qui a toujours prévalu depuis près d’un siècle, même si la sélection était parfois qualifiée d’idiote ou d’obtuse, c’est la confiance dans le fait que l’Académie choisissait ce qu’elle considérait comme les plus belles réussites du cinéma. »
Car des succès du box-office n’ont pas toujours été écartés des nominations, loin de là. Avatar autant que Mad Max: Fury Road étaient ainsi bien présents en 2010 et 2016. Au moment de leur sortie, Kramer contre Kramer (1980), Rain Man (1989) ou Gladiator (2000) figuraient dans le top cinq du box-office annuel.
« Populisme consternant »
En écho, Manohla Dargis, critique cinéma au New York Times, n’a ainsi pas tardé à dénoncer une décision « stupide, insultante, et pathétiquement désespérée ». Et le quotidien américain de rappeler notamment le cas actuel de Black Panther. Formidable « machine à cash », déjà classé trentième film le plus rentable de l’histoire du cinéma, le film de Ryan Coogler a également été largement salué par la critique. Dès lors, dans quelle catégorie devrait-il figurer ?

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens



Le Huffington Post poursuit la réflexion, évoquant une manière de caresser dans le sens du poil les grands studios de cinéma : « Pourquoi persister à juger de plus en plus de la valeur des choses par lʼargent quʼelles rapportent ? »
« Si on veut encourager le jury à récompenser des films plus grand public, la bonne méthode nʼest pas de le faire par une nouvelle récompense à bas prix. (…) Très franchement, il y a un populisme consternant dans ces tentatives faiblardes de se remettre au goût du jour. »

        Lire (en édition abonnés):
         

          « La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art »



De son côté, Vanity Fair – sous un péremptoire titre « Le meilleur film populaire ne résoudra rien » – prédit ainsi à la catégorie une « vie dans l’ombre – un ghetto pour films trop populaires, trop clinquants, ou même trop mauvais pour mériter une vraie nomination dans la catégorie de “Meilleur film” ». Et accuse les Oscars de « risquer de perdre leur âme ». 
Surtout, la presse s’interroge sur la motivation même de l’Académie, doutant du fait que cette seule catégorie pourra permettre d’attirer à nouveau un public – surtout jeune – qui se détourne massivement de la télévision en direct et des programmes en prime time. Rolling Stone s’interroge ainsi :
« Les téléspectateurs vont-ils vraiment rester nombreux pour savoir qui de “Jurassic World: Fallen Kingdom” ou de “Avengers: Infinity War” l’emporte ? »
Reste que les Oscars sont une institution lucrative, Tant qu’il y aura des hommes (1953) pour la regarder. Les droits de diffusion de la cérémonie couvrent quelque 83 % des 148 millions de dollars de revenus de l’Académie. Et de nombreux esprits taquins se sont ainsi interrogés sur ce que l’Académie était prête à faire pour continuer son activité. Le critique d’Indie Wire, David Ehrlich, s’est ainsi essayé à une projection futuriste :
« 2020 : nouvel Oscar du “Meilleur univers cinématographique”, 2022 : nouvel Oscar de la “Meilleure série qui te donne l’impression d’un film de 10 heures”, 2024 : nouvel Oscar du “Meilleur gif”. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de cent films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.
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Mort d’Etienne Chicot, éternel second rôle du cinéma français

L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de cent films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 09h39
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Si son nom était méconnu du plus grand nombre, beaucoup reconnaissaient son visage au hasard des nombreux films auxquels il avait participé depuis le milieu des années 1970. L’acteur Etienne Chicot, mort mardi 7 août à Paris, à l’âge de 69 ans, excellait dans les seconds rôles.
Né le 5 mai 1949 à Fécamp (Seine-Maritime), il vit durant son enfance et son adolescence en Afrique. C’est à l’âge de 20 ans qu’il vient vivre à Paris. Il suit des cours de comédie au Cours Simon de 1970 à 1971 et ne tarde pas à faire quelques apparitions sur le grand écran. Il est ainsi lieutenant au côté de Jacques Dutronc dans Le Bon et les Méchants (1976), de Claude Lelouch, policier dans Mr Klein (1976), de Joseph Losey, avec Alain Delon.
« Blues du businessman »
Il faut toutefois attendre 1979 pour que l’acteur soit plus visible, grâce à son interprétation du ­milliardaire Zéro Janvier dans Starmania, l’opéra rock de Michel ­Berger et Luc Plamondon, avec Daniel Balavoine et Diane Dufresne, présenté au Palais des Congrès, à Paris. Air hagard, ­visage blême, il y entonne le Blues du businessman, l’un des airs les plus célèbres du spectacle, popularisé précédemment par Claude Dubois : « J’aurais voulu être un ­artiste/Pour pouvoir faire mon ­numéro. »
Ce goût pour la musique, Etienne Chicot l’aura entretenu tout au long de sa carrière d’acteur. En campant des mélomanes – tour à tour guitariste dans Hôtel des Amériques, d’André Téchiné (1981), ou responsable de maison de disques dans Mort un dimanche de pluie, de Joël Santoni(1986) – et même en composant des ­bandes originales, comme celle du Plein de super (1976), d’Alain ­Cavalier, qui lui offre l’un de ses rares premiers rôles.
Marque discrète mais durable
Bien que les années 1990 et le début des années 2000 aient été davantage consacrées à la télévision – avec quelques apparitions dans les séries Maigret, Commissaire Moulin ou encore Louis la Brocante –, l’acteur continue d’être présent au cinéma, avec des pas­sages par la comédie dans Les Portes de la gloire (2001), de Christian Merret-Palmair, avec Benoît Poelvoorde, ou Palais Royal ! (2005), de Valérie Lemercier.
Zéro Janvier aurait « voulu être un acteur/pour tous les jours changer de peau », Etienne Chicot ne s’en est pas privé. Comédien pro­lifique, il s’est illustré dans plus de cent films, français comme étrangers, interprétant notamment un lieutenant au côté de Tom Hanks dans le Da Vinci Code (2006), de Ron Howard. Des films de Claude Chabrol à ceux de Dany Boon, en passant par ceux de Claude Sautet (Un mauvais fils, 1980, auprès de Patrick Dewaere), Alain Corneau (Le Choix des armes, 1981, avec Yves Montand), Catherine Breillat (36 fillette, 1988) ou Olivier Assayas (Désordre, 1986), Etienne Chicot a laissé une marque discrète mais durable à l’écran, même s’il ne fut jamais récompensé par un prix.Contrairement à la scène, en dépit d’une participation modeste (quatre pièces). Il avait reçu le Molière du meilleur comédien dans un second rôle, en 1989 pour Une absence, de Loleh Bellon, mis en scène par Maurice Bénichou.

Etienne Chicot en 5 dates
5 MAI 1949 : naissance à Fécamp (Seine-Maritime)
1976 : « Le Plein de super », d’Alain Cavalier, dont il compose aussi la musique
1979 : participe à l’opéra rock « Starmania »
1981 : « Hôtel des Amériques », d’André Téchiné et « Le Choix des armes », d’Alain Corneau
1989 : Molière du meilleur comédien dans un second rôle pour « Une absence » de Loleh Bellon
7 AOÛT 2018 : mort à Paris





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.
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Reprise : « A Brighter Summer Day », fresque intime d’Edward Yang

Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 10h20
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Une certaine injustice entoure l’œuvre du Taïwanais Edward Yang, sans doute parce qu’elle est réputée « cérébrale ». Splendide, elle a été interrompue subitement après sept films par la disparition du cinéaste en 2007, des suites d’un cancer. En dehors de son ultime film, Yi-Yi (Prix de la mise en scène en 2000 au festival de Cannes), elle reste globalement méconnue et peu montrée en France, contrairement à celle de Hou Hsiao-hsien, son compagnon de route de la Nouvelle vague taïwanaise. Grâce au circuit des restaurations, le préjudice tend toutefois à se résorber : après The Terrorizers (1986) et Taipei Story (1985), portraits désenchantés de la capitale, c’est au tour de A Brighter Summer Day (1991) de trouver le chemin des salles dans son intégralité – le film étant sorti en 1992 dans une version tronquée d’une heure.
Le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre
Ce quatrième long-métrage est l’un des chefs-d’œuvre de Yang : une magnifique fresque intime et adolescente dans le Taïwan des années 1960, inspirée d’un fait divers survenu dans le lycée du cinéaste quand il avait 14 ans. Xiao Si’r (Chang Chen dans son tout premier rôle à l’écran), le cadet d’une famille lettrée de Shanghai, exilée à Taipei après l’accession de Mao Zedong au pouvoir, suit les cours du soir d’un lycée mal fréquenté, dont son père aimerait bien l’extraire. En effet, le garçon gravite, avec quelques copains de sa classe, parmi les bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les rues, constituées principalement de jeunes immigrés en mal de repères.
Fasciné par la figure d’un chef de bande absent, car déserteur, Xiao Si’r décide de protéger Ming, la petite amie de celui-ci, mais tombe amoureux d’elle. Entre les bals où l’on reprend (phonétiquement) les chansons d’Elvis Presley, les matches de basket-ball et les virées en douce dans les studios de cinéma voisins, l’adolescent traverse un été dont le calme langoureux n’est jamais que l’envers d’une violence latente, contenue et toujours susceptible de ressurgir.
Chronique de la jeunesse déracinée
A Brighter Summer Day est sculpté dans la matière même du souvenir. Autour du jeune héros se meut un nombre considérable de personnages, qui donnent au film son impressionnante densité romanesque. Le récit consiste ainsi à tisser la trame complexe des relations qui nouent Xiao Si’r à son environnement, partagé entre plusieurs cercles, plusieurs mondes concomitants, qui ne se recoupent pas forcément : la famille, le lycée, la bande, le billard, le terrain de sport, les filles, etc.
Mais le plus frappant reste la façon dont le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre. Car l’île est un espace sédimenté par la succession des influences extérieures : invasions, colonisations, flux migratoires, occupation militaire. Ainsi la famille de Xiao Si’r, fraîchement débarquée de Chine continentale, tente de conserver ses coutumes, tandis que les maisons regorgent encore de vestiges de l’occupation japonaise (sabres et épées) et que les troupes américaines, en stationnement, diffusent le rock’n’roll dans la population. De même, l’arrestation du père de Xiao Si’r, soumis à un interrogatoire musclé, rappelle la paranoïa anticommuniste des autorités taïwanaises, soucieuses de passer au crible les nouveaux arrivants chinois.

        Lire aussi la critique :
         

          « Taipei Story » : Edward Yang, sage du déphasage



Baigné de clairs-obscurs, brassant en plans larges de vastes pans de réalité humaine, le film se déploie sur près de quatre heures, sans jamais prêter le flanc aux pesanteurs de la reconstitution – les années 1960 n’ont jamais paru aussi présentes. Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de sérénité et de sécheresse, Edward Yang brosse une chronique de la jeunesse déracinée et évoque en même temps l’ineffable inconstance des choses. En quête de modèles, Xiao Si’r s’aperçoit que tout, autour de lui, est mouvant et incertain. Et si le film chemine lentement vers le fait divers, c’est bien parce qu’un sentiment durcit au cœur de son jeune héros : la quête d’identité ou, en d’autres termes, le refus absolu de manquer à soi-même.

Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56). Sur le web : www.carlottavod.com/a-brighter-summer-day



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ D’une durée de quatorze heures, le nouveau film de Mariano Llinas a été présenté au Festival de Locarno.
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« La Flor » dinguerie labyrinthique

D’une durée de quatorze heures, le nouveau film de Mariano Llinas a été présenté au Festival de Locarno.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h40
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno, Suisse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

A ce stade tardif des opérations, il ne fait plus guère de doute que La Flor, film argentin de Mariano Llinas présenté par « tranches » quotidiennes en compétition au Festival du film de Locarno, restera comme l’événement majeur de cette édition qui se clôt dimanche 11 août. Plusieurs raisons à cela. La première, non essentielle mais non sans signification, tient à sa durée de quatorze heures. De mémoire de festivalier, on n’avait jamais vu cela dans la compétition d’un festival international. Cette durée est en soi une expérience des confins, une exigence, fût-elle abreuvée de plaisir, adressée au spectateur, un défi porté à la structure qui l’accueille.

Carlo Chatrian, le délégué artistique de la manifestation, a pris des risques en admettant un tel monstre en compétition. Sa récompense est que, quel que soit le degré d’enthousiasme ou de rejet qui accueille le film, nul ne peut prétendre en sortir indemne. Car c’est une expérience inoubliable que constitue la vision de La Flor. Film entêtant, fou, bancal, magique, pétri d’invention, d’érudition et de sensibilité, La Flor se joue de tous les codes et fait s’épanouir dans le cerveau et le cœur des spectateurs une infinité de mondes. La manière la plus sûre d’introduire à ce projet merveilleux est de reprendre le propos liminaire que le cinéaste, barbu débraillé et débonnaire aux traits las (dix ans de travail quand même), adresse dans son film, nous en livrant clé en main l’architectonique.
Intrigués, complices, captivés
Assis à une table sur une aire de bord de route, avec derrière lui un immense panneau publicitaire désaffecté et devant lui un petit calepin où des schémas griffonnés confèrent à ses paroles une manière d’autorité scripturaire, Mariano Llinas s’adresse à nous, étrangers que le hasard d’une programmation a réunis autour de son film, comme si l’on se retrouvait entre vieux amis sur un terrain connu de tous. La rhétorique fonctionne à merveille....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le réalisateur argentin décrit sa complicité avec ses actrices fétiches et livre sa vision du cinéma.
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Mariano Llinas : « Je vois le film comme un arbre de Noël »

Le réalisateur argentin décrit sa complicité avec ses actrices fétiches et livre sa vision du cinéma.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h02
    |

            Jacques Mandelbaum (envoyé spécial Locarno (Suisse)








                        



                                


                            

Mercredi 8 août, au matin, au Festival du film de Locarno, en Suisse. Tandis que son film marathonien met les festivaliers hors de leurs gonds, Mariano Llinas, réalisateur de La Flor, débarque d’Argentine avec l’air d’un gars qui a passé les dix dernières années de sa vie sur un film qui défie les lois de l’apesanteur cinématographique. Barbe et français fleuris, débit-fleuve de grand conteur, l’homme se livre à une heure d’entretien.
Dans quelle disposition d’esprit conçoit-on une œuvre aussi ­extravagante que La Flor ?
Elle n’est pas sortie tout armée de ma tête. Le vrai point de départ, c’est les quatre actrices, que j’ai découvertes, il y a une dizaine d’années, dans une pièce de théâtre à Buenos Aires. Elles étaient fascinantes, je suis tombé amoureux des quatre en même temps. Ce sont elles qui m’ont convaincu que je pouvais tenter quelque chose de nouveau dans le domaine de la fiction. Pas au sens du génie romantique qui s’empare d’une matière pour lui donner vie, plutôt dans une volonté participative et solidaire d’expérimenter quelque chose au cinéma.
Avez-vous pensé d’emblée aux six parties qui composent le film ?
Pas vraiment. Mais l’idée qui m’est vite venue, c’est que je devais essayer de faire avec elles tous les films possibles. Inventer un dispositif cinématographique qui m’en donne l’opportunité. La première chose que j’ai vue [il dessine sur un carnet], c’est le schéma des quatre flèches allant vers le ciel, du corps central mystérieux dont elles partent, et de la dernière flèche qui va vers le bas. Cela dessinait l’image d’une fleur. Les histoires sont venues après. Elles sont hasardeuses, presque dérisoires.
Ce qui compte, ce qui rend le projet original, ce sont les filles qui les interprètent, et leur agencement dans ce grand tout comme une combinaison de motifs. Si vous voulez, il n’y a pas eu, en dehors de la vision initiale de la structure,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.
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(Re)découvrir « Frances Ha » en plein air à La Villette

Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Mercredi 8 août, à la tombée de la nuit, Frances Ha (2013) de Noah Baumbach est projeté au Festival Ciné plein air de la Villette. L’occasion de (re)découvrir le film qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, passée cette année, avec succès, de l’autre côté de la caméra. Lady Bird, son premier long métrage en tant que réalisatrice a en effet décroché le Golden Globe 2018 de la meilleure comédie.
Le septième film de Baumbach, figure du cinéma indépendant new-yorkais, se distingue dans une programmation placée sous le signe de la chanson, ouverte le 18 juillet par La La Land. Elle se refermera le 19 août par l’œuvre qui a inspiré le film de Damien Chazelle, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy.

Si Frances Ha n’est pas une comédie musicale stricto sensu, le film accorde une large place à la musique et à la danse. Trentenaire exubérante, Frances (Greta Gerwig) espère devenir chorégraphe. Mais lorsque sa meilleure amie – et colocataire – décide de quitter leur petit appartement new-yorkais pour un quartier plus chic, son quotidien déraille. D’autant que la compagnie de danse qu’elle comptait intégrer lui propose à la place un job de standardiste. De colocs improvisées en petits boulots, de désillusions en victoires, avec hardiesse et maladresse, mais sans aucun cynisme, Frances vagabonde pour trouver sa place au cœur de la « Big Apple ».
La fougue de « Modern Love »
Le thème du festival de la Villette invite à tendre l’oreille à la bande originale. Si le charme du film tient à cet « alliage entre des personnages hyper-contemporains et une mise en scène flirtant avec le rétro », les envolées mélodieuses y sont pour beaucoup. Outre l’image en noir et blanc et les scènes d’errance à Paris, l’hommage à la Nouvelle Vague se fait en musique. En atteste la scène d’ouverture où Frances et Sophie batifolent dans la ville au rythme trépidant d’un thème de Georges Delerue originellement composé pour Une Belle fille comme moi, de François Truffaut. Celui de Domicile conjugal, du même Truffaut, vient plus tard bercer les déambulations de la jeune femme. Quant à l’énergie des années 1980 – en écho à la fantasque Frances –, elle est au rendez-vous avec des tubes de Paul McCartney ou Hot Chocolate. Et surtout par le Modern Love de David Bowie, dont Baumbach traduit toute la fougue dans un travelling exalté suivant Frances qui court, saute et tourbillonne dans les rues de New York.
Le succès, cette année, de Lady Bird, premier film en tant que réalisatrice de Greta Gerwig, invite enfin à jeter un regard neuf sur son rôle principal dans Frances Ha – qui lui valut une nomination aux Golden Globe 2014 en tant que meilleure actrice dans une comédie. Célébrée comme muse de Baumbach, elle est aussi co-scénariste de ce film. Et l’on se rend compte que beaucoup de thèmes de Lady Bird étaient déjà en germe dans Frances Ha. Comme celui du rapport à la famille, d’autant que les parents de Gerwig jouent leur propre rôle dans la scène du dîner. Ou celui du parcours initiatique, tendrement lumineux, d’une jeune Californienne aspirant au bouillonnement artistique new-yorkais. Comme Frances et comme Greta Gerwig, l’héroïne de Lady Bird a été élevée à Sacramento avant de tenter sa chance sur la côte Est. S’il ne s’agit pas des même personnages, Lady Bird apparaît alors comme un retour au source, avant le départ à New York.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.
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« Detective Dee 3 : la légende des rois célestes », la féerie du complot

Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h11
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark, mettant en scène un policier, expert en déduction et en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Il s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative d’acclimatation hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques en matière d’effets spéciaux. Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents. La plasticité des corps et des espaces invente un univers inédit, synthèse parfaite de mythologies et de figures de tous temps et de toutes origines.
Manège étourdissant
Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant du King Kong de Schoedsack et Cooper, créatures gigantesques venues de kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Tsui Hark a eu recours aux derniers développements de la technologie HFR (High Frame Rate), qui augmente le nombre d’images par seconde, permettant une plus grande précision dans la 3D.
Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents
Il est assez difficile de résumer, après une première vision, un film qui donne le sentiment à la fois d’une action continue et d’une mise en abyme infinie de complots et de trahisons diverses. Il n’est pas rare, en effet, qu’une conjuration en cache une autre. Long ruban narratif qui ne se soucierait pas des règles classiques du drame, Detective Dee : la légende des rois célestes semble n’être que le segment d’une histoire pouvant s’étirer davantage ou s’arrêter net au terme de n’importe quel combat homérique. Loin d’être un défaut, cette structure du récit confère au film la paradoxale caractéristique d’un inachèvement perpétuel et d’une plénitude immédiate.

        Lire aussi la critique :
         

          « Détective Dee II. La Légende du dragon des mers » : le détective Dee reprend du service et terrasse en 3D le monstre marin



Enfin, il n’est pas impossible de voir dans l’ambiguïté des liens qui unissent Dee et l’impératrice une métaphore des rapports que Tsui Hark a dû construire avec de nouvelles structures de production, qui ont rendu impossible l’expression du nihilisme qui définissait parfois son cinéma avant 1997. Dee est au service d’un pouvoir qui se défie de lui et fait des mauvais choix. Protéger l’impératrice contre elle-même, tout en reconnaissant son infaillibilité, est le défi auquel se soumet un personnage, allégorie d’un cinéaste qui compose avec les rigidités d’un système contraignant auquel il apporte la vitalité de son génie.

Detective Dee : la légende des rois célestes, de Tsui Hark.Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19). Sur le web : www.thejokersfilms.com/films/detective-dee-la-legende-des-rois-celestes, www.facebook.com/thejokersfilms/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».
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Nuri Bilge Ceylan : « Il est difficile de parler de l’islam en Turquie »

Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h42
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Depuis Uzak, en 2002, tous les films de Nuri Bilge Ceylan – cinq – ont concouru pour la Palme d’or à Cannes, jusqu’à ce que Winter Sleep la remporte, en 2014. Le Poirier sauvage est le premier à ne se voir décerner aucun prix, un film encore plus long que les précédents, imparfait, moins poli, comme si le cinéaste turc avait choisi de se défaire de son expérience pour parler de la jeunesse. Bientôt sexagénaire (il est né en 1959), Nuri Bilge Ceylan raconte la genèse et l’élaboration de cette expérience juvénile.
Comment définiriez-vous la forme de ce film ?
Comme le contexte est complexe et qu’il y a beaucoup de dialogues, j’ai dû consacrer le gros de mon énergie à mettre en scène ces dialogues, lourds pour le cinéma. Toute ma stratégie visait à faire fonctionner les scènes plutôt qu’à me préoccuper de la forme. Pendant le tournage et le montage, j’ai décidé de faire des concessions sur celle-ci. C’est peut-être pour ça qu’elle est inégale. J’ai voulu que les imperfections du film ressemblent au poirier sauvage, rabougri, tordu. Il est si difforme qu’on a toujours l’impression qu’il va crever. De plus, ces derniers temps, j’aime de moins en moins les films qui suivent un axe prédéterminé, intelligents et sages.

Le personnage est beaucoup plus jeune que les protagonistes de vos derniers films. Qu’est-ce qui vous a ramené vers la jeunesse ?
Je voulais faire un film sur la jeunesse depuis longtemps. J’ai commencé ce projet avec le personnage du père. Celui-ci existe, c’est un parent éloigné. J’ai fait la connaissance de son fils, et je me suis centré sur la vie de ce dernier. J’ai voulu montrer un jeune de la campagne, son monde, les valeurs morales qui l’entourent.
Il y a un dialogue avec un ­artiste, un autre avec un politicien, puis avec des religieux. Voulez-vous montrer la confrontation avec les institutions ?
Un apprenti écrivain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».
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Mister Mitchell, amateur de mystère

Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h40
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h22
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Avant de devenir cinéaste, David Robert Mitchell réalisait des bandes-annonces de films. L’Américain a beau assurer que cela ne l’a en rien influencé, quelque chose de cet artisanat semble subsister dans la manière qu’il a de se présenter devant la presse : exciter la curiosité sans trop en dire, s’emmitonner de mystères, mister Mitchell sait faire. Ainsi de notre rencontre mi-mai, au Festival de Cannes, où son troisième long-métrage, Under the Silver Lake, était en compétition.

Posez-lui une question, il répondra par d’autres interrogations, chacune grimpant quelques barreaux par rapport à la précédente sur l’échelle de l’ésotérisme. A en croire une scène du film, le complotisme prospérerait en ce début de millénaire parce qu’il n’y aurait plus rien à découvrir – plus une seule terre absolument inconnue, plus un seul peuple tout à fait étranger. Plutôt que d’expliciter ces hypothèses, le cinéaste en avance de nouvelles :
« Avec Internet, n’importe qui croit faire partie de la famille des célébrités. Que se passe-t-il quand tout un chacun, qu’il soit très riche ou très pauvre, peut voir comment vivent ses contemporains ? Un grand désir ? Un grand chagrin ? »
Ces deux émotions cohabitent dans l’âme malade de Sam, le ­héros du film. Trentenaire désœuvré, il avait de plus hautes ambitions que le quotidien tiédasse dans lequel il barbote. Mais voilà qu’une simili-starlette, croisée en bord de piscine, s’évapore à boule vue. Sam croit y déceler la marque d’une conspiration, impliquant toutes les gammes de vedettes que Los Angeles peut offrir – soit un solfège pour le moins affolant. « Sam est une version exagérée de nous, suggère le réalisateur. Si tu n’es pas à la poursuite d’une réponse, à quoi bon vivre ? »

Cette manie de semer le doute a le don d’agacer quelques sommités du métier. Sur la Croisette, la trame tortueuse d’Under the Silver Lake a été assez fraîchement reçue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.
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« Under the Silver Lake » : jeu de piste dans les eaux sombres de Los Angeles

Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 09h01
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Le titre du deuxième et précédent long-métrage de David Robert Mitchell était It Follows (2014). Il y était question de décrire l’état d’adolescence à la lumière du ­cinéma d’épouvante. Ce qui « suivait » les protagonistes était ce qui les menaçait, et l’angoisse provenait d’abord de cette incertitude quant aux intentions de celui ou celle qui, dans la rue, se mettait à vous emboîter le pas. Le motif de la filature, ramené dans ce cas à une figure anxiogène, a certainement eu un destin dans l’histoire du cinéma qui dépassait les ­contraintes du récit policier. Le héros du Vertigo d’Alfred Hitchcock, incarné par James Stewart, ne se laissait-il pas prendre dans un piège qu’il se construisait lui-même en suivant Kim Novak ?

        Lire aussi la critique :
         

          « It Follows » : à Detroit, l’horreur se répand sans préservatif




        Lire aussi le portrait :
         

          David Robert Mitchell, très haut sur l’échelle du mystère



Under the Silver Lake s’identifie régulièrement, durant les 2 h 19 que dure la projection, à ce modèle. Sam, un flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche de Sarah, une voisine draguée à la piscine de son motel le temps d’une soirée, qui s’est volatilisée à l’aube. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Un décor de théâtre total
Car Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Under the Silver Lake conclut à une identité parfaite entre la réalité de la ville et sa dimension symbolique, mythologique et libidinale. Les pérégrinations tragi-comiques de Sam tissent la toile d’un rêve qui serait devenu partiellement réel. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, au cinéma et à sa capacité de fascination, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental.

        Lire aussi le reportage :
         

          Silver Lake, nouveau décor d’Hollywood



Hantée par de subliminaux souvenirs (tel celui de Marilyn Monroe, star sacrificielle tout autant qu’icône warholienne), la ville carbure au fantasme, mais aussi au sexe réel. La poésie y est indissociable d’une trivialité, voire d’une vulgarité parfois réjouissante, comme l’atteste la franchise crue des situations, bien éloignée de la chasteté de la production américaine courante. Ce thriller métaphorique emprunte au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire, mélangeant à plaisir les genres et les sensations. L’intérêt réside dans cette manière inventive de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant, et la métaphore aquatique contenue dans le titre induirait comme une identité singulière de la texture de Los Angeles.

        Lire aussi la critique à Cannes :
         

          « Under the Silver Lake », quand les hipsters prennent la succession des privés



Si le personnage principal retrouve une forme de réel dans le lit d’une voisine, femme mûre aimant la chair fraîche, il aura auparavant découvert un des secrets cachés de l’eldorado californien. Un secret qui désignerait les rois de Beverly Hills et les princes d’Hollywood comme l’équivalent des monarques de l’ancienne Egypte, une allégorie que filait déjà Maps to the Stars, de David Cronenberg, même si, ici, l’appel à la mythologie est une manière de souligner la dimension dérisoire de la Cité des anges.

Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/under-the-silver-lake, www.facebook.com/UnderTheSilverLake, a24films.com/films/under-the-silver-lake

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.
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« L’espion qui m’a larguée » : deux Américaines et le Vieux Continent

La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 12h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Comme pour un sportif qui traverse une phase de méforme, on peut diagnostiquer le semi-échec de L’Espion qui m’a larguée à travers deux statistiques : les 117 minutes de durée, équivalent cinématographique du surpoids, le bilan humain (une trentaine de morts, des dizaines de blessés, les chiffres exacts sont tenus secrets) qui indique l’incapacité à s’en tenir à l’objectif fixé, faire rire. Non que le film de Susanna Fogel ne soit jamais drôle. Ce serait impossible puisque la co-star en est Kate McKinnon, pilier de l’émission Saturday Night Live (elle y imite, entre autres, avec une furie comique dévastatrice, le procureur général des Etats-Unis, Jeff Sessions). Mais le duo qu’elle forme avec Mila Kunis, deux Californiennes précipitées dans la toile d’araignée de l’espionnage planétaire, manque de carburant comique pour tenir la distance.
Le film commence par un massacre dans les rues de Vilnius : un homme (Justin Theroux) se met à abattre des individus patibulaires, avec une efficacité qui laisse deviner en lui le professionnel. Pendant ce temps, à Los Angeles, Audrey (Mila Kunis) célèbre tristement son anniversaire, malgré les efforts de Morgan (Kate McKinnon) pour lui remonter le moral. Comment pourrait-elle faire bonne figure ? Drew, son petit ami, l’a larguée par SMS. Au moment où elle croit toucher le fond, le téléphone d’Audrey sonne. Surprise (pas pour le spectateur, amplement informé par un scénario qui fait systématiquement l’économie de l’ellipse), Drew n’est autre que le Terminator de la Baltique.
Des agentes secrètes malgré elles, descendantes du duo des « 39 Marches », d’Hitchcock, et de « L’Homme de Rio », de Philippe de Broca
Il annonce son retour et dévoile à Audrey sont statut d’agent américain poursuivi par le crime organisé russe et la CIA, qui le soupçonne d’avoir trahi. Entraînée par Morgan, une fille très enthousiaste qui ne laisse pas la réalité se dresser sur son chemin, Audrey part pour l’Europe afin de mener à bien la mission que lui a confiée Drew avant de mourir (ou pas).
Satire du tourisme états-unien
Descendantes du duo des 39 Marches, d’Hitchcock, et de L’Homme de Rio, de Philippe de Broca, les agentes secrètes malgré elles sont par moments dignes de leurs illustres ancêtres. Il faut pour cela que la réalisatrice obtienne l’alignement exact entre les lieux communs du film d’espionnage moderne (entre Mission impossible et Jason Bourne), la satire du tourisme états-unien sur le Vieux Continent (sur une place praguoise, une tueuse à gage se voit intimer l’ordre d’abattre au fusil à lunette « deux Américaines qui font les imbéciles » et doit renoncer face à l’abondance de l’offre) et l’invention comique de Kate McKinnon.
L’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues finissent par susciter l’indifférence
On pourrait continuer longtemps (puisque le film est long) l’inventaire de ce qui marche et de ce qui fait long feu. Dans la première catégorie, l’apparition de Gillian Anderson en prêtresse du renseignement britannique et l’adoration qu’elle suscite chez Morgan, l’une de ces occasions où le thème du scénario et la singularité de McKinnon s’accordent parfaitement. On notera aussi l’apparition de Kev Adams en chauffeur de VTC viennois. Selon la tolérance dont on fait preuve à l’égard de l’idole des jeunes Français, on se réjouira ou pas du sort réservé à son personnage.
Au début du film, la difficulté de Mila Kunis à tenir le rythme imposé par sa partenaire ; la brutalité des scènes d’action dont on ne distingue plus si elles procèdent d’une intention burlesque, et l’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues qui finissent par susciter l’indifférence. Il faudra encore attendre pour savoir si Kate McKinnon trouvera au cinéma de quoi exprimer sa formidable puissance comique.

Film américain de Susanna Fogel, avec Mila Kunis, Kate McKinnon, Justin Theroux, Sam Heughan (1 h 57). Sur le web : www.facebook.com/LespionQuiMaLarguee 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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Fils prodigue, ville mystère et singe géant : notre sélection cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 07h38
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
A mesure que l’été s’enfonce dans un registre caniculaire, les sorties cinéma alignent comme par miracle des films aux durées étendues, qui nous offrent plusieurs heures dans l’obscurité caressante des salles climatisées. Pour ne rien gâcher, leur diversité ouvre un éventail de choix considérable. Confrontation familiale dans les paysages des Dardanelles, enquête délirante dans un Los Angeles jalonné de culture pop, prodiges magiques de la Chine fantasmée du VIIe siècle : le spectateur aura tout loisir de choisir la formule à même de ménager son propre thermomètre. Avant de retourner prendre un grand bain de soleil.
« Le Poirier sauvage » : Tu seras un homme, mon fils

Le nouveau film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, qui fut présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes, est un récit d’apprentissage flaubertien, au terme duquel son personnage principal sera parvenu à un nouvel état de conscience, ayant peut-être appris que l’absence d’illusion est l’illusion suprême. De retour dans sa famille après la faculté, Sinan, un jeune diplômé, est obsédé par le projet d’écrire un roman tout en préparant des concours afin d’obtenir un poste d’instituteur. Ce brusque contact avec son passé prendra des formes diverses, durant plus de trois heures au cours desquelles remonteront, au gré des rencontres et des retrouvailles, les expériences et les blessures non refermées de l’enfance.
Mais le trajet moral effectué par Sinan culmine essentiellement dans la découverte de la véritable nature de celui qu’il considérait comme un « bon à rien » : son propre père. Le Poirier sauvage constate ainsi la puissance d’un ordre patriarcal auquel il pourrait être vain de ne pas se soumettre. Cette vision, que l’on pourrait qualifier d’antimoderne, justifie aisément le pessimisme qui caractérise l’œuvre de Nuri Bilge Ceylan. La beauté formelle et plastique du film, sublimant les paysages des Dardanelles, contribue, par un paradoxe purement cinématographique, à conforter l’impression d’une indifférence générale du monde face aux médiocres illusions des humains. On peut trouver ce désenchantement un peu systématique mais admirer sans réserve la qualité de l’ouvrage. Jean-François Rauger
Film turc de Nuri Bilge Ceylan. Avec Dogu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yildirimlar (3 h 08).
« Detective Dee : la légende des rois célestes » : maléfices et sortilèges

Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark. Ils mettent en scène un policier et expert en déduction tout autant qu’en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Detective Dee s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens aux pouvoirs extraordinaires. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient peut-être que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois appliquées depuis la rétrocession de Hongkong et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques. Ce troisième volet dépasse encore en trouvailles les deux précédents. Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant de King Kong, créatures gigantesques venues du kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose à grand fracas sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Jean-François Rauger
Film chinois de Tsui Hark. Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19).
« Under the Silver Lake » : Los Angeles dans une boîte de céréales

Pour son troisième long-métrage, David Robert Mitchell (It Follows, 2014) réalise un thriller métaphorique, empruntant au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire et mélangeant à plaisir les genres et les sensations. Sam (Andrew Garfield), flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche d’une jeune femme qui a disparu. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental. L’intérêt du film réside dans cette manière inattendue de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant et la métaphore aquatique contenue dans le titre apparaît comme la texture même de Los Angeles. Jean-François Rauger
Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19).
« A Brighter Summer Day » : chronique de l’enfance exilée

Qu’une œuvre aussi belle et profonde que celle du cinéaste taïwanais Edward Yang (1947-2007) reste si peu montrée, en dehors de son ultime film Yi-Yi (2000), est l’une des grandes injustices de l’histoire récente du cinéma. Ainsi a-t-il fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour découvrir dans son intégralité, grâce au distributeur Carlotta, l’un de ses films les plus aboutis, A Brighter Summer Day (1991), sorti en France en 1992 dans une version amputée d’une heure (sous le titre Une belle journée d’été). Une aberration pour un film qui fait du temps et du souvenir ses matières premières, se présentant comme une chronique adolescente dans le Taipei du début des années 1960. Xiao Si’r (Chang Chen dans son premier rôle à l’écran), cadet d’une famille émigrée de Shanghaï après l’accession au pouvoir de Mao Zedong, fréquente l’« école du soir » et appartient à l’une des bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les recoins de la ville, façon pour ces jeunes immigrés de se créer une identité.
Baigné de clairs-obscurs magnifiques, plongé dans la respiration langoureuse de l’été, le film se déploie sur près de quatre heures, toujours passionnantes, sans jamais ressembler à une reconstitution d’époque. Sous chaque micro-événement du quotidien, se manifeste l’histoire composite et contrariée de Taïwan : la paranoïa anticommuniste des autorités, les traces encore vives de la longue occupation japonaise, la présence de l’armée américaine et l’influence de la culture yankee, plus particulièrement de la musique rock’n’roll… Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de méditation et de brutalité, Edward Yang brosse un portrait bouleversant de la jeunesse déracinée et de l’ineffable inconstance des choses, qui conduisent parfois à la tragédie. Un chef-d’œuvre indispensable. Mathieu Macheret
Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Robert Redford renonce à son métier d’acteur

A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 19h20
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


« Il ne faut jamais dire jamais, mais je suis plus ou moins arrivé à la conclusion que, pour ce qui est de jouer, c’est terminé, et je me dirige vers la retraite parce que je fais cela depuis que j’ai 21 ans », a annoncé lundi 6 août Robert Redford, 81 ans, dans un entretien pour le site du magazine Entertainment Weekly.
Cette décision n’apparaît pas comme un coup de tonnerre : en 2016 déjà, l’acteur songeait à se retirer du métier : « Je vais encore jouer dans deux films : Nos Ames la Nuit avec Jane Fonda (...) et The Old Man & the Gun, un film plus léger avec Casey Affleck et Sissy Spacek. Une fois que ce sera terminé, je dirai au revoir à tout ça et je me concentrerai sur la réalisation », avait-il confié au Walker Art Center’s Digital Magazine.
Révélé en 1965 dans Daisy Clover, de Robert Mulligan, – et raflant au passage le Golden Globe de la révélation masculine –, Robert Redford n’a cessé de faire vibrer le grand écran. Des Hommes du président (1976) à L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998, film dont il est à la fois réalisateur et acteur principal), en passant par Out of Africa (1986), il a marqué nombre de classiques. Cet homme de cinéma aux multiples casquettes a également fondé en 1985 le festival du film de Sundance, le principal aux Etats-Unis en ce qui concerne le cinéma indépendant.
Sympathique braqueur
Redford avait obtenu une consécration en 1981 en décrochant l’Oscar et le Golden Globe du meilleur réalisateur pour Des gens comme les autres. Si l’Oscar du meilleur acteur ne lui a jamais été décerné, il a été salué par un Oscar d’honneur en 2002 pour l’ensemble de sa carrière.
Après soixante ans de bons et loyaux services, la vedette tire donc sa révérence. The Old Man & The Gun, de David Lowery, à l’affiche en septembre aux Etats Unis, sera son dernier film. Redford y incarne Forrest Tucker, sympathique braqueur, bientôt octogénaire, qui n’a toujours pas renoncé à ses manières de gentleman ni à sa passion pour les hold-ups. L’acteur reste fidèle à la galerie de personnages attachants qu’il a su interpréter, même lorsqu’il s’agissait de gangsters comme dans L’Arnaque (1974) ou Butch Cassidy et le Kid (1970). « Et pourquoi ne pas s’en aller sur un film très optimiste et positif ? », interroge-t-il.
Enfin, « s’en aller », pas tout à fait. Un porte-parole de Redford a souligné que ces déclarations ne concernaient que son activité de comédien, et n’impliquaient pas celle de réalisateur, même si aucun projet concret n’a été annoncé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ 1968, année Black (3/6). En ce début d’année 1968, l’acteur le plus populaire au box-office américain est noir et à l’affiche de trois longs-métrages qui concourent pour la statuette du meilleur film. Mais ses rôles, rassurants pour le spectateur blanc, font polémique.
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