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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’un des derniers auteurs surréalistes est mort le 5 août, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 79 ans.
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L’écrivain Claude Courtot est mort

L’un des derniers auteurs surréalistes est mort le 5 août, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 17h04
    |

                            Patrick Kéchichian








                        



                                


                            

« Ma vie ne tient qu’au fil poétique. » Placée en tête de l’annonce de sa mort publiée dans le carnet du Monde du samedi 11 août, au lendemain de son enterrement au cimetière du Père-Lachaise, cette phrase de Claude Courtot traduit ce qui fut plus qu’une ambition : une vocation, une aspiration profonde, une inspiration enfin. Né le 6 janvier 1939 à Paris, mort le 5 août à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) des suites d’un cancer, Claude Courtot appartient à la dernière génération des écrivains qui se réclamèrent du surréalisme. Son parcours démontre que cette fidélité n’était pas une simple référence à un passé révolu devenu objet d’étude.
Rencontre avec André Breton
C’est après son agrégation de lettres classiques, obtenue en 1961, que Claude Courtot envisage de consacrer une thèse au mouvement surréaliste. Sa rencontre avec André Breton (1896-1966) en novembre 1964 déplace cette perspective universitaire sur un autre terrain, qu’il ne quittera plus : celui de la création et de l’engagement. Une autre rencontre, celle de Jean Schuster, va confirmer et étayer ce choix. Jusqu’en 1969, date de la dissolution du groupe, il va participer à toutes les manifestations nationales et internationales des surréalistes, avec notamment José Pierre, Jean-Claude Silbermann, Jean-Marc Debenedetti, Philippe Audouin… Il collabore aussi activement à l’ultime revue du mouvement, L’Archibras, dirigée par Jean Schuster. Douze ans après la mort de ce dernier, il préfacera un rassemblement de ses poèmes épars ou inédits, Une île à trois coups d’aile (Le Cherche Midi, 2007).
La lecture de Benjamin Péret (1899-1959) va affiner et consolider sa vocation littéraire. A l’auteur du Déshonneur des poètes, il consacre un essai en 1965 (Introduction à la lecture de Benjamin Péret, Le Terrain vague). Toujours fidèle à lui-même et à ses premiers choix, il présidera, dans les décennies suivantes (de 1996 à 2008), l’Association...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Un artiste, une matière (3/6). Du papier, des crayons, mais aussi de la lumière et du temps : voilà ce dont le dessinateur a besoin pour produire des œuvres aux dimensions hors norme.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Don McCullin, photographe (3/6). En février 1968,  le Britannique rejoint les marines pendant la bataille de Huê. Au cœur de l’horreur,  il prend ses photos les plus mémorables.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Bruno Le Maire : « Still Loving You », des Scorpions


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 14.08.2018 à 17h00
                 |

            Solenn de Royer

















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            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré






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Ministre de l’économie et des finances du gouvernement d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire a longtemps fait figure d’espoir de la droite. Normalien et énarque, directeur de cabinet du premier ministre Dominique de Villepin dans les années 2000, Bruno Le Maire fut le ministre de l’agriculture de Nicolas Sarkozy. Candidat à la primaire de la droite, fin 2016, il termine cinquième avec 2,4 % des voix. Ayant rejoint la campagne de François Fillon, il fait défection en mars 2017 en plein scandale des emplois fictifs.
Un solo de guitare électrique en introduction. Un arpège qui se répète trois fois. La note plus aiguë qui vous pince les tempes. Puis, une voix claire et lente. Un mot qui explose et se dilue comme une goutte de pluie sur un lac : « Time. » Un souffle et trois autres mots : « It needs time. » Pourquoi ? « To win back your love again. »
Tout est dit. Il a perdu son amour et il veut la retrouver. Il se battra, il retrouvera sa confiance. « I’ll fight, babe, I’ll fight/ To win back your love again/ I will be there, I will be there. » Il ne parle plus, il crie, la guitare monte en puissance et les notes jettent des étincelles, la batterie frappe au ventre, là où l’amour fait le plus mal : « I’m still loving you. » Et puis la batterie se tait, la voix se fait plus grave, plus lasse aussi, la guitare reprend sa mélodie mélancolique : « I need your love/ I need your love/ I need your love. » 
La force de reconstruire
C’est simple, une chanson d’amour : un mélange de tristesse, de joie, de regret et d’oubli. Mais le groupe Scorpions y avait ajouté quelque chose de plus, et peut-être que ce quelque chose, dans cette montagne corse où je me trouvais à l’été 1984 ou 1985, m’avait touché plus profondément encore : une rage, la rage de ne pas laisser tomber, la rage de retrouver ce qui a été perdu. Parce qu’aimer vous donne la force de reconstruire ce qui a été détruit.
J’étais donc en Corse, en 1984 ou en 1985. J’avais 15 ou 16 ans. Je me souviens à peine du visage de la jeune fille que j’avais voulu retrouver. Mais les premières notes de guitare des Scorpions, ce premier mot : « Time », ils résonnent encore en moi avec la netteté des aiguilles de montagne qui se découpent sur un ciel de juin.
Sans doute aussi parce que, dix ans plus tard, dans un taxi berlinois, alors que la même chanson de Scorpions passait à la radio, les deux amis allemands avec qui je me rendais à je ne sais plus quel rendez-vous, se mirent à chanter à tue-tête des paroles qu’ils connaissaient par cœur. Pas pour les mêmes raisons que moi. Ils n’avaient jamais bataillé en Corse pour un amour perdu.
Mais une strophe m’avait échappé, pas à eux, que le chanteur allemand avait glissée en hommage à l’Allemagne encore divisée de 1984 : « Love, only love/ Can break down the wall someday ». Je ne suis pas certain que ce soit vrai. Mais j’aime le croire. La chanson me rappelle un visage de France et l’histoire de l’Allemagne. Elle n’en est que plus belle.

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC
Bruno Le Maire : « Still Loving You », des Scorpions



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Solenn de Royer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Moderniste et précurseur pour son approche « écologique » avant l’heure, il s’est éteint à l’âge de 92 ans.
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L’architecte Roland Schweitzer est mort

Moderniste et précurseur pour son approche « écologique » avant l’heure, il s’est éteint à l’âge de 92 ans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 16h58
    |

                            Frédéric Edelmann








                        



                                


                            

L’Académie d’architecture a annoncé la mort de Roland Schweitzer, survenue le 7 août à l’âge de 92 ans. Il était l’un de ces architectes qui semblent s’être donné pour règle de rester discrets et donc anonymes pour la plupart des Français, a fortiori inconnus de l’univers mondialisé de l’architecture. Remarquable constructeur, urbaniste, enseignant chevronné, Roland Schweitzer était à la fois respecté et traité avec une relative désinvolture par les institutions. Bien qu’ayant frôlé le Grand prix national de l’architecture, il n’était pas « à la mode » et moins encore membre du « star system », peut-être parce qu’il n’avait pas construit hors de France, malgré de nombreux voyages, notamment au Japon, dont il était devenu un des meilleurs connaisseurs.
Né en 1925 à Bruyères (Vosges), d’un père présenté comme admirateur de Le Corbusier, Roland Schweitzer avait reçu son premier choc architectural en visitant le Pavillon du Japon réalisé par Junzo Sakakura pour l’Exposition internationale de 1937 à Paris. Formé à l’école régionale de Strasbourg, mais aussi auprès d’Auguste Perret et de Jean Prouvé, il avait obtenu son diplôme en 1953. Fasciné par l’architecture vernaculaire japonaise et scandinave, il avait rencontré le Finlandais Alvar Aalto dont il admirait l’œuvre poétique et l’usage élégant des matières naturelles.
Inconditionnel du bois
Roland Schweitzer commence par construire plusieurs châteaux d’eau dans le Bas-Rhin, commandes modestes, ni plus ni moins que le château d’eau qui fit connaître Christian de Portzamparc à Marne-la-Vallée. Suivront un grand nombre de réalisations à caractère social : auberges de jeunesse, centres de vacances, logements, centres de gériatrie, écoles, toutes réalisations marquées par un constant souci du bien-être de leurs occupants mais aussi par un dessin à la fois simple et rigoureux.
S’il était un inconditionnel du bois, Schweitzer était aussi un moderniste convaincu. Il associait ainsi à son utilisation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Fidèle à ses racines, le Marocain s’inspire aussi bien de la spiritualité musulmane que de l’artisanat de Tétouan, sa ville natale.
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Portrait

Art contemporain : Younès Rahmoun, la foi et la forme

Fidèle à ses racines, le Marocain s’inspire aussi bien de la spiritualité musulmane que de l’artisanat de Tétouan, sa ville natale.

Par                                            Roxana Azimi




LE MONDE
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        Le 14.08.2018 à 12h33

     •
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        Mis à jour le 14.08.2018 à 12h55






    
L’artiste marocain Younès Rahmoun.
Crédits : DR


Des bonnets de laine chamarrés enveloppant une myriade de petites lampes diffusent une lumière tamisée et apaisante. L’installation Taqiya-Nor, de Younès Rahmoun, qui avait subjugué les visiteurs de la Biennale de Venise en 2017, est présentée jusqu’au 25 novembre au prestigieux musée Victoria & Albert, à Londres, dans le cadre de l’exposition du prix Jameel. En 2015, le Centre Pompidou, à Paris, avait acquis une de ses œuvres. C’est dire si, à 42 ans, l’artiste marocain a fait du chemin, sans oublier d’où il vient.

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Timide mais pas taiseux, Younès Rahmoun est intarissable lorsqu’il évoque son enfance à flanc de colline à Tétouan, dans une famille humble et pratiquante originaire du Rif. Gamin, tout le fascine, le paysage comme l’architecture de son foyer. Et plus encore les artisans qu’il croise chaque jour, les devantures des pâtisseries et les étals des maraîchères. « La transformation de la matière brute en une forme harmonieuse, précise, me captivait, comme la manière d’agencer les fruits et les gâteaux, raconte-t-il. C’était une école de l’esthétique. » Une école du perfectionnisme, aussi, pour l’enfant qui dessine alors sans relâche.
Du personnel à l’universel
Très vite, sa vocation se précise : il sera artiste. Armé de cette certitude, il passe un baccalauréat arts plastiques à Tanger, avant de s’inscrire à l’université des beaux-arts de Tétouan. Où il déchante. La virtuosité technique l’ennuie, tout autant que la quête d’un style. En dernière année, il fait toutefois une rencontre marquante, celle de Jean-Louis Froment, fondateur du CAPC, le musée d’art contemporain de Bordeaux.
Le mythique commissaire d’exposition décide de le présenter, avec deux autres étudiants, dans l’exposition « Objets désorientés » qui se tient en 1999 au Musée des arts décoratifs de Paris et à la Villa des arts de Casablanca. « Deux mois avec lui, c’était l’équivalent de deux ans dans une école d’art, des études accélérées, se souvient Younès Rahmoun. Avec Jean-Louis Froment, j’ai compris qu’un artiste n’est pas un exécutant, que je devais me faire confiance. » Plus encore, il apprend à partir du personnel pour toucher du doigt l’universel, à garder ses racines tout en les transcendant.

    
L’installation « Taqiya-Nor », de Younès Rahmoun.
Crédits : Younès Rahmoun / Galerie Imane Farès


Certains artistes en quête de carrière perdent âme et bagages. Pas Younès Rahmoun. Habité par la religion musulmane, qu’il ne perçoit guère comme un poids ou une entrave mais comme une « discipline », il a trouvé dans la spiritualité des clés pour comprendre le monde. Juxtaposition, superposition, accumulation et répétition forment aujourd’hui l’armature d’une œuvre régie par la numérologie : cinq piliers de l’islam, 99 noms de Dieu en arabe, 77 branches de la foi… Les formes sont simples, cônes et coupoles inspirées des architectures musulmanes.
Depuis vingt ans, Younès Rahmoun ramasse d’ailleurs tous les objets sphériques qui croisent son chemin et les conserve dans des bocaux. « La sphère, c’est l’atome, la graine, la planète et le placenta, explique-t-il. C’est l’origine de l’univers. » Autres constantes : la lumière, qui symbolise l’âme et le vide, et le vert, couleur de l’islam mais aussi de la germination.
« Le paradis est à portée de main »
Comment le pratiquant vit-il sa religion dans un monde de l’art laïque, voire athée ? « Chacun fait à sa manière, répond-il avec douceur. Même au Maroc, le monde de l’art n’est pas pratiquant. Au départ, cela me choquait, j’étais mal à l’aise, je n’avais pas d’arguments à opposer. Aujourd’hui, ça ne me dérange pas et ça ne m’influence pas non plus. »
Circonscrire l’œuvre de Younès Rahmoun à l’illustration d’une mystique musulmane serait d’ailleurs réducteur. L’installation Taqiya-Nor renvoie plutôt au recyclage, la laine provenant des chutes trouvées dans les échoppes de Tétouan, et à la lente disparition d’artisanats vernaculaires. La sculpture Manzil-Markib-Mawja (la maison, la barque, la vague), achetée par le Centre Pompidou et présentée en avril dans l’exposition « Hijra » à la galerie Imane Farès, à Paris, traite de l’immigration.

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La question du déplacement le hante d’ailleurs depuis 2010. A chacun de ses voyages, il transporte sept petites pierres provenant du Rif, qu’il abandonne à l’étranger. Il prélève alors sept autres cailloux qu’il vient déposer à son retour au Rif. De cette performance pour le moment informelle, il conserve dessins et photos, matrices pour une future œuvre.
Enfant, Younès Rahmoun s’est rêvé grand voyageur, façon Sinbad ou Ibn Battuta. Il n’a pas pour autant la tentation de l’exil. C’est à Tétouan, dans une maison traditionnelle de la médina avec vue sur la caserne militaire, qu’il se ressource toujours. C’est là qu’il a cofondé la résidence d’artistes Trankat en 2013. « Le paradis est à portée de main, dit-il. Chez moi, dans ma ville, dans mon quartier. » La sagesse, comme la valeur, n’attend pas le nombre des années.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Cette réforme et la réduction de la durée de la cérémonie devraient être effectives dès février 2019.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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La création de l’Oscar du film populaire agite Hollywood

Cette réforme et la réduction de la durée de la cérémonie devraient être effectives dès février 2019.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 17h14
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Le projet de créer un Oscar récompensant « une réussite exceptionnelle en matière de film populaire » suscite une tempête de protestations à Hollywood, mettant en évidence la fracture croissante entre les forces industrielles du cinéma et les artistes qui font les films. Cette réforme, annoncée le 8 août par le conseil d’administration de l’Academy of Motion Pictures Arts and Sciences (Ampas), qui regroupe un peu moins de 7 000 professionnels du cinéma liés à l’industrie hollywoodienne, vise à redonner à la cérémonie annuelle de remise de prix un lustre que lui font perdre la baisse d’audience de sa retransmission télévisée et le désintérêt apparent du public américain pour les films récompensés.

Cela devrait être effectif dès la 91e cérémonie des Oscars, le 24 février 2019, tout comme la limitation de la durée de la cérémonie à trois heures – en 2018, elle en a duré presque quatre –, à laquelle les organisateurs espèrent arriver en dissimulant les remises de trophées les moins spectaculaires derrière les écrans de publicité. Enfin, en 2020, la cérémonie sera avancée au 2 février, afin d’écourter la saison des trophées.
Le règne des « franchises »
De toutes ces réformes, la création de l’Oscar du film populaire – comme il a été immédiatement baptisé – est celle qui veut répondre le plus directement à la désaffection du public pour les Academy Awards (nom officiel des Oscars) et pour les films qu’ils récompensent. Depuis une dizaine d’années, les premières places du box-office américain et planétaire sont occupées par des films issus de « franchises », en majorité produites par le groupe Disney (les super-héros Marvel, les dérivés de La Guerre des étoiles, les films d’animation de Pixar).
Ces films sont généralement nommés dans les catégories techniques (son, effets spéciaux, maquillage), plus rarement dans les catégories nobles (mise en scène, scénario, interprétation). Ce qui ne les empêche pas de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Œuvre très personnelle sur le thème de la ségrégation, le long-métrage ressort en salle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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Reprise : « The Intruder », grand film maudit de Roger Corman

Œuvre très personnelle sur le thème de la ségrégation, le long-métrage ressort en salle.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h52
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Dans la filmographie de Roger Corman, The Intruder occupe une place à part. Ce que le cinéaste américain a souligné dans ses Mémoires qui viennent d’être traduits en français et publiés par Capricci sous le titre Comment j’ai fait cent films sans jamais perdre un centime. On sait l’importance de la place qu’occupa Corman au cœur même d’une industrie (ou d’un artisanat si l’on considère le type de cinéma qu’il a produit et réalisé) en mutation. La manière dont lui-même y fait justice de l’étiquette de « roi de la série B », qui lui fut longtemps ­collée, n’est pas l’un des moindres mérites d’un livre dont l’auteur se distingue par une précision surhumaine de la mémoire.

Lorsque Corman commence à réaliser, la série B, ces films à petits budgets, avait disparu, liquidée par la crise de la fréquentation des salles et la concurrence de la télévision. Corman réalise et produit des films relevant du « cinéma d’exploitation ». Soit une économie fondée sur la production de films très fauchés, destinés notamment aux drive-in, en pleine expansion dès le milieu des années 1950, et à un public adolescent.
Westerns, mais surtout films de science-fiction ou d’horreur, drames de la délinquance juvénile, épopées historiques s’enchaînent à un rythme infernal sous la direction d’un aventurier de la pellicule qui a trouvé avec les dirigeants d’American International Picture (AIP), James Nicholson et Samuel Arkoff, des alliés pour la production et la distribution.
Roger Corman, cinéaste : « “The Intruder” a été le premier film que j’ai dirigé avec une profonde conviction sociale et politique »
Les films sont tournés en quelques jours, avec une troupe d’acteurs fidèles, pour peu d’argent et rapportent souvent plusieurs millions de dollars. Comme producteur, Corman fera débuter de nombreux jeunes réalisateurs qui formeront, pour certains, la crème du Nouvel Hollywood : Monte Hellman, Francis Coppola, Martin Scorsese, Joe Dante, Peter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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Espionnage vintage et descente aux enfers au Brésil : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h16
    |

            Renaud Machart








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
L’Angleterre est à l’honneur cette semaine, avec un thriller d’espionnage vintage qui nous fait plonger dans la société British des années 1950 et un polar qui mêle immigration et agents immobiliers véreux. A moins que vous ne préfériez suivre la descente aux enfers d’un policier de Sao Paulo dans Crime Time – Hora de Perigo.
« The Hour », géopolitique et espionnage
Diffusée par OCS en 2012, puis par Arte en 2013, voici The Hour, une série créée par Abi Morgan en 2011 pour la BBC, au programme de Série Club. Elle raconte les débuts d’une émission géopolitique (fictionnelle mais inspirée par le réel) mise à l’antenne en 1956 par la BBC, au moment de la crise du Canal de Suez et de l’invasion des chars soviétiques en Hongrie. Une équipe jeune, dynamique, est placée sous la direction tonique de Bel Rowley. Mais la censure gouvernementale veille sur les velléités frondeuses de ces journalistes.
Ce thriller d’espionnage vintage, auquel se mêlent de nombreuses thématiques géopolitiques et sociétales de la terne et pudibonde Angleterre du milieu des années 1950, est excellemment interprété par, notamment, Romola Garai, Oona Chaplin, Dominic West, Ben Whishaw et Peter Capaldi. On pourra juste lui reprocher d’avoir voulu mêler trop de thématiques, pas toujours assez développées, et d’avoir laissé la fin de la deuxième (et dernière) saison sur un frustrant suspense, avec un personnage laissé entre la vie et la mort.
« The Hour », série créée par Abi Morgan. Avec Ben Whishaw, Dominic West, Romola Garai, Anton Lesser, Julian Rhind-Tutt, Joshua McGuire, Anna Chancellor, Peter Capaldi, Oona Chaplin. (Royaume-Uni, 2011-2012, 12 x 55 minutes) A la demande sur Série Club.

« Crime Time – Hora de Perigo », une descente aux enfers
Crime Time – Hora de Perigo a été tournée au Brésil, en portugais, pour l’application mobile Studio + (qui sera fermée à la rentrée), sous la forme de trois saisons dont les épisodes duraient du huit à seize minutes.
Reformatée en quatre longs épisodes, la série narre la détérioration de la relation amicale entre deux garçons des favelas de Sao Paulo, devenus policiers. Adriano (Erico Bras) se satisfait tant bien que mal de cette vie périlleuse et maigrement rémunérée, tandis qu’Antonio (Augusto Madeira) vise plus haut.  A cours d’argent, notamment pour financer les soins médicaux de son fils, ce dernier se compromet en vendant à une émission voyeuriste de la télévision brésilienne, « Hora de Perigo », des images filmées clandestinement sur une scène de crime.
La suite va décrire sa montée au pinacle de la célébrité puis sa chute causée par la spirale infernale dans laquelle il s’est laissé prendre. Les deux premiers épisodes sont prometteurs, mais la suite use de ficelles et d’invraisemblances tellement grosses qu’on perd tout intérêt pour cette descente aux enfers a priori palpitante.
« Crime Time – Hora de Perigo », série créée par José Caltagirone, Valentine Milville et Aurélien Molas, réalisée par Julien Trousselier. Avec Erico Bras, Augusto Madeira, Antonio Saboia, Sabrina Greve (France, 2016, 4 x 43-57 minutes). Canal+ à la demande.

« Main basse sur Pepys Road », portrait aigre-doux de l’Angleterre
Capital, diffusé à la fin de l’automne 2015 par BBC 1, au Royaume-Uni, l’avait été par Arte en avril 2017, sous le titre Main basse sur Pepys Road. La chaîne franco-allemande la propose à nouveau au creux de sa saison d’été.
Est-ce une minisérie ou un long téléfilm en trois parties ? On balancera plutôt pour la seconde solution. Ce polar, dont le dénouement est pour le moins inattendu, fait le portrait de groupe assez aigre-doux de l’Angleterre d’aujourd’hui, dont la paisible tradition multiculturelle est menacée par la radicalisation religieuse et les règles inflexibles de l’immigration… Et par la pression que font des agents immobiliers prêts à tout pour faire fuir la population de ce quartier autrefois très middle class et désormais soumis à l’inflation incontrôlable des prix de l’immobilier londonien.
Toby Jones, vu dans la série Wayward Pines et qui incarna, au cinéma, un formidable Truman Capote dans Infamous (2006), de Douglas McGrath, compose un personnage subtilement inquiétant dans sa banalité d’homme peu sensible à sa vie de famille et à ce qui l’entoure.
« Main basse sur Pepys Road (Capital) », minisérie créée par Peter Bowker et réalisée par Euros Lyn. Avec Toby Jones, Rachael Stirling, Gemma Jones, Danny Ashok, Shabana Azmi, Robert Emms, Lesley Sharp (Royaume-Uni, 2015, 3 × 58 minutes). Arte, jeudi 16 août à partir de 20 h 55.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Un artiste, une matière (2/6). Le sculpteur et musicien façonne des instruments aussi variés que les essences utilisées, du cèdre au wengé.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Don McCullin, photographe (2/6). En imposant le portrait dans l’actualité dure, le Britannique a révolutionné la photo de presse. Avant lui, il fallait saisir l’instant. McCullin choisit d’arrêter l’événement, de travailler la puissance graphique, pour toucher encore plus le spectateur.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ C’était mieux avant ? (3/6). La comédienne rejette l’idée d’un cinéma désormais corseté par des tabous. Selon elle, le grand écran peut tout traiter avec humour, pour peu que le film fasse vivre un univers riche et qu’il dépasse les clichés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 13.08.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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C’est avec « Elle s’appelait Sarah » (Héloïse d’Ormesson, 2007), vendu à 11 millions d’exemplaires, et traduit en 44 langues, que cette romancière française née de mère anglaise a acquis une notoriété mondiale. Elle demeure l’un des auteurs français qui rencontrent le plus grand succès à l’étranger. Elle a écrit 13 ouvrages, dont une biographie de Daphné du Maurier, « Manderley for ever ». Trois d’entre eux ont été portés à l’écran. En mars elle a publié « Sentinelle de la pluie » (Héloïse d’Ormesson, 368 p., 22 euros). Interrogée sur une chanson d’amour qui a marqué sa vie, Tatiana de Rosnay a écrit ce texte.
Ah non, pitié, pas cette chanson. Pas I’m Not in Love. Tu ne comprends rien à cette chanson. Pourtant, bizarrement, elle te plaît. Dès les premières notes, tu l’as aimée. C’est un mois de mai, tu portes une robe Laura Ashley verte, avec un col en dentelle. Quelle idée de mettre cette robe-là. Tu n’aurais jamais dû écouter ta mère. Tes copines portent des jeans Wrangler ou Levis, des tee-shirts UCLA moulants. Tu as l’impression d’être une cousine anglaise endimanchée. Les couples se forment dès que le chanteur susurre qu’il n’est pas amoureux. Non, il n’est pas amoureux, et pourtant il ne parle que de ça. L’amour.
Tu as 14 ans, et toi aussi tu aimerais bien comprendre quelque chose à l’amour. Tu voudrais surtout ne pas être dans cette pièce, dans ce salon aux lumières tamisées de la rue C. Tu fais tapisserie, et tu voudrais foutre le camp. Tu regardes tes pieds. Ces sages sandales de petite fille modèle.
Un brun, en blanc
Ton amie H est lovée dans les bras de R, le plus beau garçon de la classe. Eux, ils font vraiment l’amour, tu le sais, et tu les envies. H ressemble à une femme. C’est exaspérant. Combien de temps vas-tu tenir, à regarder les autres danser, combien de temps vas-tu jouer la comédie ?
Ce pauvre mec boutonneux, A, te demande de danser avec un petit sourire. Il a dû prendre son courage à deux mains pour faire ça. Tu as pitié de lui. Mais personne, personne ne danse avec A. Jamais. Donc tu dis non. Penaude. Tout à coup, il y a ce type, qui se dresse devant toi. Un brun, en blanc. Tu ne connais pas son nom. Tout ce que tu sais, c’est qu’il est plus âgé, en seconde. Il te sourit, te tend la main. C’est aussi facile que ça. Le regard des autres sur toi. Elle danse avec un grand. Elle. Elle avec sa robe de Sainte-Nitouche et ses sandales de cruche. Elle danse avec un mec de seconde. Tu ne connais pas son nom. Il plaque ses mains sur ton dos, puis sur le haut de tes fesses.
Sa bouche dans le creux de ton cou. Une limace qui laisse une trace brûlante de ta salière à ta mâchoire. Il te serre de près. Et tous ces yeux autour de vous. Sa nonchalance. Sa dextérité. Tu sais déjà qu’il a fait ça des dizaines de fois. Tu sais déjà que tu ne seras pour lui qu’une pauvre fille sans nom au milieu d’une interminable liste. Tu n’as pas envie que ton premier baiser, le premier de ta vie, soit donné par un garçon qui ne sait même pas comment tu t’appelles, et qui s’en fiche. Tu n’as pas envie, lorsqu’il te croisera dans les couloirs du lycée lundi, que ses yeux glissent sur toi et que toi, tu ressentes de la honte. Sa bouche cherche la tienne. Non, ça ne se passera pas comme ça. Tu tournes la tête, et tu plaques ta joue contre son épaule. Jusqu’à la fin de la chanson, tu restes collée à sa carrure. La musique s’estompe. Il desserre son étreinte. Visage renfrogné du brun en blanc. Et toi, tu souris. « Be quiet, big boys don’t cry. Big boys don’t cry. Big boys don’t cry. » 

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC
Bruno Le Maire : « Still Loving You », des Scorpions



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.
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Portrait

N’Goné Fall, une forte tête aux commandes du navire « Afrique 2020 »

Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.

Par                                            Roxana Azimi




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T12:29:05+02:00"

        Le 13.08.2018 à 12h29






    
La commissaire d’exposition N’Goné Fall.
Crédits : DR


Il faut l’admettre : la confirmation par le président Emmanuel Macron, le 3 juillet à Lagos, d’une saison culturelle « Afrique 2020 » nous a fait tomber de notre chaise. Pourquoi rompre avec le principe d’un jumelage diplomatique entre deux pays et associer pour la première fois la France avec un continent, au risque de raviver les remugles de la Françafrique ?

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                Le Nigeria, laboratoire de la nouvelle politique africaine d’Emmanuel Macron



N’Goné Fall, 51 ans, qui orchestre cette saison croisée, a aussi haussé les sourcils lorsque la cellule Afrique de l’Elysée l’a approchée, en mars. La France, la commissaire d’exposition sénégalaise l’avait volontairement « zappée » depuis 2006, fatiguée des étiquettes dont vous affuble le microcosme parisien pour peu que vous ayez la peau noire. Pendant deux heures, cette forte tête, voix rauque et débit de mitraillette, a mis en garde les émissaires élyséens contre les écueils d’une telle opération.
« La France doit changer de focale et ne plus regarder l’Afrique par le prisme du mâle noir et du migrant, prévient-elle. Les Africains ne doivent pas jouer les Bisounours, se dire “on vient divertir les Français pendant six mois”. Il ne faut pas non plus que la saison devienne une tribune revancharde où chacun règle ses comptes. On ne va pas venir donner des leçons alors que nous-mêmes détestons en recevoir. » Ce laïus sans pommade a convaincu Emmanuel Macron et, en avril, N’Goné Fall a pris les commandes de cette périlleuse saison.
« Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse »
On ne pouvait rêver meilleure capitaine. L’intello a les pieds sur terre. Elle sait rassurer les artistes et les penseurs, tout en ménageant les politiques et les diplomates. Rien pourtant ne la destinait à une telle mission. A l’âge de 8 ans, N’Goné Fall, née à Dakar, a une idée fixe : devenir architecte. Formée à l’Ecole spéciale d’architecture à Paris, elle a pour enseignant Paul Virilio. Avec un tel mentor et une proposition d’embauche de l’architecte Christian de Portzamparc, la voie semble toute tracée.
Sauf qu’une autre forte personnalité, Jean-Loup Pivin, croise son chemin en 1992. Lui aussi est architecte. Et fou d’Afrique. Un an plus tôt, il a cofondé la Revue noire avec le commissaire d’exposition Simon Njami. Au bout de quatre heures d’intense ping-pong intellectuel, le génial érudit entraîne la jeune femme dans son aventure. De 1994 à 2001, elle dirige la rédaction du magazine, sept ans au cours desquels elle couvre et découvre l’Afrique.

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Mais ses horizons sont plus larges que Bamako, où elle est commissaire invitée des Rencontres africaines de la photographie en 2001, ou Alexandrie, où elle enseigne la gestion de l’art. En 2011, elle participe à la réflexion sur la réforme des institutions culturelles néerlandaises. Quatre ans plus tard, elle planche sur la stratégie d’exportation culturelle de la Barbade.
Pourquoi accepter un projet en France, elle qui avait choisi de ne plus y travailler ? « J’aime les défis, sourit-elle. Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse. Et quitte à être énervée par ce projet très délicat, autant m’énerver contre moi-même si jamais j’échoue. » L’échec ? Que cette saison ne soit pas portée par les Africains, qu’elle se recroqueville sur l’Afrique francophone. « Je ne veux pas que les institutions françaises “programment” de l’Afrique, mais qu’elles produisent des idées et soient bousculées dans leur routine, insiste N’Goné Fall. Elles ne vont pas décider toutes seules de ce qu’est l’Afrique. Mais plutôt, nous, Africains, allons venir dire comment nous voyons le monde, quels sont nos rêves, nos fantasmes, nos obsessions. »
Produire « un déclic dans la tête des gens »
Pour bien ficeler son projet, qu’elle souhaite panafricain et pluridisciplinaire, N’Goné Fall a réquisitionné quatre têtes pensantes : Sarah Rifky, commissaire d’exposition basée au Caire, Folakunle Oshun, artiste co-commissaire de la Biennale de Lagos, l’écrivain camerounais Ntone Edjabe et la commissaire sud-africaine Nontobeko Ntombela. Tous ont été choisis pour leur esprit critique, mais aussi pour leur amour d’un continent où ils ont décidé de vivre « par choix et non par défaut ».
De leur brainstorming sont sortis cinq grands axes aux intitulés poétiques : l’oralité augmentée, l’économie et la fabulation, l’archivage d’histoires imaginaires, les systèmes de désobéissance, les fictions et mouvements non autorisés. « On veut parler des circulations des personnes, des biens et des idées, précise N’Goné Fall, mais aussi rappeler qu’on circule plus à l’intérieur du continent qu’à l’extérieur, que les plus grands camps de réfugiés se trouvent en Ouganda et au Kenya et non en Italie ou à Calais. »

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                « Le boom de l’art africain n’a que peu d’intérêt si les Africains eux-mêmes ne l’achètent pas »



Depuis qu’elle a défini l’ossature du projet, N’Goné Fall multiplie les rendez-vous. Au Festival d’Avignon, en juillet, plutôt que courir le in et le off, elle a enchaîné 80 rencontres en quatre jours. « Je suis l’entremetteuse, résume-t-elle. Je mets en relation des structures qui pourraient travailler sur les mêmes idées avec des points de vue différents. »
En cheffe d’orchestre, elle a un œil sur tout : sur le mécénat nécessaire pour gonfler la dotation publique de 1,5 million d’euros, sur le volet culinaire – food trucks et grands pique-niques sont prévus –, sur le volant pédagogique, capital pour produire « un vrai déclic dans la tête des gens et pas une simple consommation de projets ». Avec l’ambition, à chaque étape, que « les susceptibilités des 1,2 milliard d’Africains et des 67 millions de Français soient respectées ». Vaste programme !


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La photographe a élaboré un remarquable montage de son travail sur les conséquences de l’activité humaine.
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Exposition : la rigueur cubiste de Valérie Jouve

La photographe a élaboré un remarquable montage de son travail sur les conséquences de l’activité humaine.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 08h12
    |

                            Philippe Dagen (Saint-Priest-en-Jarez (Loire), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Valérie Jouve est née à Firminy, près de Saint-Etienne, en 1964 et y a vécu son enfance. C’est plus qu’un détail biographique, parce que l’exposition de ses photographies au Musée d’art moderne et contemporain Saint-Etienne Métropole repose en partie sur ce fait et ses conséquences. A la fin des années 1980, quand elle commence à regarder le monde par le viseur d’un appareil photo, ce sont des cités ouvrières, des industries qui périclitent, des mines dont il ne reste que les bâtiments de surface.
En noir et blanc et en couleurs, elle étudie des façades d’usines désaffectées, monumentales et inutiles, et les suites de petites maisons alignées, toutes semblables. Les cadrages sont d’une simplicité qui proscrit, déjà, les effets facilement surprenants. Plus rarement, avec la même neutralité, elle photographie les habitants de ces quartiers, deux femmes et leur chien sur le balcon étroit d’un immeuble, une autre agenouillée près d’une plante en pot devant ce que l’on suppose être son pavillon. On précise la description parce qu’il est clair que le hasard n’a aucune part dans ces portraits, pas plus que dans les vues de la ville.
Une composition cubiste
Ces petits formats d’il y a trente ans sont désormais pris dans le dispositif de son exposition. Celle-ci est un montage qui continue sans rupture d’une salle à l’autre. Que ce soit ces représentations d’autrefois ou des travaux très récents, elle les assemble, les juxtapose, les superpose sur leurs bords parfois. Les uns sont des ­tirages encadrés, d’autres sont imprimés sur de grands papiers fixés aux murs. La construction de l’ensemble ne répond pas à la chronologie, ni à un classement par genre, ni non plus à la géographie – la région stéphanoise d’un côté, les territoires palestiniens d’un autre, par exemple. L’exposition est, si l’on peut dire malgré l’anachronisme de la référence, une composition cubiste, sur le mode des papiers collés.
A chacun d’observer comment des formes se répètent...



                        

                        


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Exposition : parfums coquins à Grasse

Le Musée Fragonard a rassemblé une trentaine de tableaux délicieusement licencieux, peints juste avant la Révolution.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 07h57
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 08h01
    |

            Harry Bellet (Grasse (Alpes-Maritimes)








                        



                                


                            
Ça sent le soufre au pays du parfum. Le petit musée privé des entreprises Fragonard, à Grasse, s’est adjoint les talents, le savoir et la curiosité – assez orientée en l’occurrence – de l’historienne d’art ­Carole Blumenfeld pour proposer une exposition délicieusement polissonne et joyeusement rafraîchissante. Une trentaine de tableaux, pour l’essentiel peints juste avant la révolution française, en un moment où une – petite – partie du pays vivait ses derniers instants de légèreté.
On s’y embrasse, on s’y caresse, on s’y contemple, on s’y pâme parfois. Ici règnent l’allégorie coquine, le sous-entendu grivois, le symbole à la signification souvent oubliée par nos âges rustres, le détail ambigu. Les poitrines sont opulentes et largement découvertes, les femmes entre elles plus que complices, les jeunes hommes empressés et les vieillards cocus. Encore que, dans cette époque raffinée et comme le rappelle Chamfort, « n’est pas cocu qui veut : savez-vous que pour l’être, il faut savoir tenir une maison, être poli, sociable, honnête ? »
Les oiseaux disent aux spectateurs d’alors bien autre chose que « cui-cui », les chiens, rarement plus imposants que des bichons, sont toujours fidèles – ils sont bien les seuls – et souvent très caressants. Quant aux écrivains, autres drôles d’animaux, leurs ­livres que laissent échapper des jeunes filles troublées sont nécessairement libertins.

Habitués de la gaudriole
Certes, aux habitués de la gaudriole sur Internet, elles paraîtront bien anodines, ces peintures pourtant signées Jean-Honoré Fragonard, Jean-Frédéric Schall, Louis-Léopold Boilly, ou la trop négligée Marguerite Gérard. Cependant, un brin de nuance, une once de délicatesse ne nuisent pas à la chose, ni à la compréhension d’icelle. Du Bouton de rose de Pierre-Alexandre Wille (1748-1821) par exemple, brandi à proximité de son mamelon dévoilé : même Rocco Siffredi pourrait apprécier la métonymie !
Une finesse et des sous-entendus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Les festivals n’ont pas dit leur dernier mot : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 07h41
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le mois d’août est déjà bien avancé, mais les festivals n’ont pas dit leur dernier mot : Route du rock, Jazz Campus en Clunisois ou bien encore Paris Psych Fest. Et pour ceux qui voudraient voyager sans sortir de chez eux, le groupe de Liverpool The Coral vous emmène sur les rives du Mersey.
DEUX FESTIVALS : 
La Route du rock, à Saint-Malo et Saint-Père, du 16 au 19 août

   


Dans le cadre historique et verdoyant du Fort de Saint-Père, à quelques kilomètres de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ou en bord de plage près des murs de la cité, le festival La Route du rock, fidèle au credo indie rock, a rarement convié des représentants de la chanson française. Le Rennais Etienne Daho y sera pourtant tout à fait à sa place, vendredi 17 août. Non seulement comme régional de l’étape, mais aussi parce que notre dandy pop n’a cessé de faire le lien entre succès populaire et aristocratie rock. Particulièrement dans son dernier album, l’excellent Blitz, gorgé de références au psychédélisme de Syd Barrett, aux guitares altières de Jesus and Mary Chain et aux sombres ambiances du trip hop. Le même soir, on sera aussi curieux de voir se croiser les Français psyché des Limiñanas et les Californiens de Brian Jonestown Massacre, menés par Anton Newcombe, réalisateur de l’enthousiasmant dernier album, Shadow People, du duo perpignanais. Autres moments forts de cette édition 2018 : Patti Smith, Nils Frahm et Ariel Pink, samedi 18 août ; Phoenix, Jungle, Superorganism et Charlotte Gainsbourg, dimanche 19. Stéphane Davet
La Route du rock au Fort de Saint-Père, et au Palais du grand large, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Tél. : 02-99-54-01-11. 46,50 €. Forfait 108 €.
Jazz campus en Clunisois, du 18 au 25 août

   


Fin août 1977, le contrebassiste, compositeur et chef d’orchestre Didier Levallet organisait à Cluny (Saône-et-Loire) une semaine de stage, avec quelques musiciennes et musiciens pour transmettre à d’autres, instrumentistes amateurs ou aguerris, des sensibilités, des idées de jeu musicien, « une invitation à faire de la musique ensemble », plutôt que des techniques. Avec concert de fin de stage et peu à peu des journées et soirées devenant un festival. En 2018, du 18 au 25 août, à Jazz campus en Clunisois, c’est toujours le cas. Les stages sont pris d’assaut, menés par Céline Bonacina, Géraldine Keller, Guillaume Orti, Jean-Philippe Viret, Denis Badault…
Et le festival reçoit, à Cluny et quelques communes proches (Matour, Dompierre-les-Ormes, La-Vineuse-sur-Frégande), les groupes Pulcinella, Ikui Doki et Un Poco Loco, le violoncelliste Didier Petit, le vibraphoniste David Patrois, la saxophoniste Céline Bonacina avec son Crystal Quartet, le trio du pianiste Guillaume De Chassy, du saxophoniste Andy Sheppard et du batteur Christophe Marguet pour leur subtil hommage à Marlene Dietrich, le saxophoniste Jean-Marc Larché en duo avec le contrebassiste Yves Rousseau, le pianiste Roberto Negro, le saxophoniste Sylvain Rifflet en trio avec un quatuor à cordes… Un rendez-vous avec les « musiciens les plus en vue de la scène contemporaine », revendiquent fort justement les organisateurs. Sylvain Siclier 
Jazz campus en Clunisois, à Cluny, Matour, Dompierre-les-Ormes, La-Vineuse-sur-Frégande (Saône-et-Loire). Du 18 au 25 août. De 6,50 € à 20,50 €.
UNE VIDÉO : « After The Fair », par The Coral 

A quoi ressemble un été sur les rives de la Mersey ? A cette question, la réponse se trouve indéniablement sur le nouvel album des Liverpuldiens The Coral. Deux ans après un Distance Inbetween voilé d’un psychédélisme ténébreux, le quintet change de cap avec Move Through The Dawn (Ignition Records/Pias), nouvelle collection de pop songs radieuses, à paraître le 24 août. Débarrassée des oripeaux d’une production parfois un peu trop clinquante sur ces précédents, la bande de James Skelly revient sur ce neuvième opus aux fondamentaux pop folk qui ont fait sa renommée : les sixties carillonnantes des Byrds et des Beatles, mais aussi des mélodies qui captent davantage le soleil estival (notamment le très Beach Boys Reaching Out For A Friend, She’s A Runaway…). Mise en perspective parfaitement illustrée par la vidéo du titre After The Fair, tourné à Llandudno, station balnéaire du nord du pays de Galles. Une chanson à la belle épure et aux arpèges folk sensibles, faisant transparaître une douce nostalgie, qui anticipe les derniers jours de l’été. Tout en délicatesse. Franck Colombani
À RÉSERVER : Thee Oh Sees, à La Cigale, le 4 septembre, dans le cadre du Paris Psych Fest 

   


Fer de lance du renouveau du courant garage rock psychédélique, Thee Oh Sees prépare sa rentrée en France, deux mois après son mémorable concert donné lors du Pointu Festival, à Six-Fours-les-Plages (Var). Un retour en forme de consécration puisque, dans le cadre de la 5e édition du Paris Psych Fest, l’hyperactif John Dwyer et sa bande se produiront à La Cigale le 4 septembre, pour une soirée qui mettra à l’honneur son propre label Castle Face, aux côtés des protégés Prettiest Eyes et Male Gaze. Actif sous les multiples alias Oh Sees, Thee Oh Sees, ou encore OCS, le groupe originaire de San Francisco continue d’enregistrer, en dépit de fréquents changements de personnel, des albums à un rythme effréné (trois sorties par an en moyenne), déclinés au gré des envies ou expérimentations de son géniteur et seul maître à bord, John Dwyer.
Le guitariste et chanteur évolue actuellement au sein d’un quatuor, appuyé d’une section rythmique avec deux batteurs (Paul Quattrone et Dan Rincon) et le bassiste Sir Tim Hellman, l’ensemble donnant lieu à des embardées rock plus urgentes que jamais. Si Smote Reverser, vingtième album à paraître le 17 août, sonne d’ailleurs par moment heavy prog (les furieux Overthrown et Abysmal Urn), l’ADN cosmique ne s’est pas pour autant volatilisé, comme en atteste Anthemic Aggressor, une dérive instrumentale de 12 minutes sous psychotropes. Est-il enfin utile de préciser qu’avec une telle configuration scénique, Thee Oh Sees demeure une des meilleures attractions du rock ? F. C.
La Cigale, 120 boulevard de Rochechouart, Paris 18e. Mardi 4 septembre.33 €. Forfait 3 jours pour le Paris Psych Fest, les 1, 2 et 4 septembre avec Ariel Pink, Petit Fantôme, Vox Low, Cut Worms… 70€.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ « Le Monde » revient sur l’itinéraire qui a conduit ce photographe anglais des gangs londoniens à la célébrité (1/6).
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Un artiste, une matière (1/6). Grâce à des pochoirs artisanaux, il guide, sans la brider, la flamme sur la toile ou la feuille blanche.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ C’était mieux avant ? (2/6). L’amélioration supposée de la condition humaine ne se résume pas à des données statistiques. Introduisons un peu plus de complexité en la matière, propose l’écrivain David Rieff.
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