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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’effondrement du viaduc autoroutier à Gênes, inauguré en 1967, touche un axe essentiel en Italie.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.
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Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées

Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 18h29
   





                        



Existait-il un problème de sécurité sur le pont Morandi de Gênes ? Le sujet a immédiatement agité la presse italienne après l’effondrement de la structure autoroutière, qui a fait au moins 30 morts selon un bilan provisoire du ministère de l’Intérieur italien.
Interrogé à ce sujet dans les médias italiens, le PDG d’Autostrade per l’Italia, le groupe privé qui exploite les autoroutes italiennes, Giovanni Castellucci, a affirmé après le drame qu’il ne « détenait aucun document faisant état d’un quelconque danger » sur le pont. Pourtant, la presse italienne se fait l’écho de mises en garde récurrentes concernant la structure même de l’édifice, construit entre 1963 et 1967.

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          au moins 22 morts dans l’effondrement du pont Morandi à Gênes



L’une d’elles a notamment été formulée par le professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingénierie de Gênes, Antonio Brencich. Dans un article publié en 2016 par ingegneri.info, le spécialiste soulignait ainsi que « le viaduc de Morandi a immédiatement présenté plusieurs défaillances de structure, en plus de surcoûts importants de construction ».
N’hésitant pas à évoquer « une erreur d’ingénierie », le professeur pointe ainsi « une évaluation incorrecte des effets de retrait du béton ayant produit un plan de route non horizontal ». Selon Antonio Brencich, les automobilistes empruntant le pont, dès les années 1980, ressentaient ainsi des creux et des bosses sur la voie, correspondant à cette défaillance structurelle. Des modifications de surface avaient été réalisées pour corriger ces défauts, mais aucun changement au niveau de la structure n’avait été opéré.
« Modifier leurs calculs »
Interrogé mardi par le site Linkiesta à la suite de l’effondrement, Antonio Brencich a répété qu’il s’agissait, selon lui, d’un problème de structure du système de précompression appelé « Morandi M5 », du nom de l’architecte du pont :
« J’ai dit, et les faits me donnent malheureusement raison, que ce type de pont est mal conçu et mal calculé et présente des problèmes évidents de vulnérabilité. Après tout, s’il n’y en a que trois dans le monde, c’est qu’il y a bien une raison. »
Le pont Morandi a en effet deux « jumeaux » dans le monde. L’un en Libye, au dessus du Wadi Al-Kuf. L’autre a été construit à Maracaibo, au Venezuela. Or, ce dernier avait lui aussi connu un incident majeur, puisque, en avril 1964, le pétrolier Exxon Maracaibo, qui transportait près de 36 000 tonnes de marchandise, avait cogné deux de ses piles après une panne le rendant non manœuvrable. Les piles s’étaient alors effondrées, et la forme très particulière de ces piliers avaient alors été mises en cause. « Ce type d’événement n’avait pas été pris en compte lors de la phase de conception, souligne Antonio Brencich, pas plus que l’éventualité d’un tremblement de terre. »
Reste que l’accident du pont Morandi n’est pas une exception dans le paysage routier italien. Selon le quotidien italien El Corriere, au moins dix ponts se sont effondrés depuis 2013. Fin 2014, le viaduc de Scorciavacche, reliant le nouveau tronçon sicilien entre Palerme et Agrigente, a commencé à se fissurer puis est tombé, dix jours seulement après son inauguration. Plus récemment, le 9 mars 2017, le viaduc de l’autoroute A14 entre Loreto et Ancona avait fait deux morts et deux blessés.
Opérations de maintenance coûteuses
Des difficultés souvent dues à des travaux mal réalisés, mais aussi à un manque de maintenance sur les quelque 26 400 kilomètres du réseau routier italien.
Des travaux importants avaient pourtant bien été engagés à Gênes sur le pont Morandi, notamment au début des années 2000, avec des opérations de réfection des câbles de suspension si caractéristiques de l’ouvrage, attaqués par la corrosion. Un élément qui a surpris là encore le professeur Antonio Brencich, qui notait qu’un pont de cette taille est censé durer au moins cent ans, et s’étonnait de voir des coûts de maintenance dépasser bientôt le coût de construction. « A la fin des années 1990, 80 % de ce qui avait été dépensé pour la construction avait déjà été dépensé pour des travaux », souligne ainsi, mardi, Antonio Brancich, interrogé par Linkiesta.
Selon le quotidien italien Il Fatto Quotidiano, des travaux de rénovation étaient d’ailleurs encore en cours au moment de l’effondrement du pont, mardi 14 août. Il s’agissait d’une opération de consolidation de la dalle, d’intervention sur les haubans, caractéristiques du pont, ainsi que le remplacement des barrières dans les deux sens. Une voie spécifique avait été mise en place pour faciliter le travail des équipes de maintenance. Les travaux, d’un coût évalué à plus de vingt millions d’euros, avaient été lancés le 3 mai et auraient dû être achevés dans un an.
En mai, le PDG d’Autostrade, Giovanni Castellucci, cité par Il Fatto Quotidiano, s’excusait ainsi du désagrément à venir pour les usagers du pont. « Mais nous pensons que la sécurité passe avant tout », affirmait-il.
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            data-slide-description="Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août."
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            data-slide-description="Une vingtaine de voitures sont impliquées dans l’accident, d’après une source proche des enquêteurs."
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            data-slide-description="Certains habitants proches des lieux ont confié à la télévision Rai avoir d’abord pensé à « un tremblement de terre » en entendant le bruit assourdissant du pont qui s’écroulait."
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            data-slide-description="Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a déclaré que quelque 200 pompiers se rendaient sur place."
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            data-slide-description="« Je suis avec une immense appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui se profile comme une immense tragédie », a déclaré Danilo Toninelli, le ministre des transports italien."
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            data-slide-description="Des secouristes travaillent parmi les décombres du pont autoroutier."
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            data-slide-description="L’accident a fait au moins trente morts."
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            data-slide-description="L’autoroute A10, dite Autoroute des Fleurs, relie Gênes et Vintimille à la frontière française, dans une succession de ponts et de tunnels en raison du relief accidenté de la côte ligure."
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            data-slide-description="Des badauds se rassemblent pour regarder les opérations de sauvetage."
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            data-slide-description="Construit à la fin des années 1960, le viaduc autoroutier est long de 1.182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol."
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            data-slide-description="Les débris du viaduc ont touché les locaux d’une usine dont l’entrée se trouve en contrebas, mais seul le parking semble avoir été touché. L’entreprise était vide à l’approche du 15 août, jour férié, à l’exception de la présence d’une équipe de maintenance."
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            data-slide-description="Selon la société italienne des autoroutes Atlantia, « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc »."
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Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août.

POLIZIA DI STATO / AFP
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’effondrement du pont, situé sur une autoroute, a provoqué la chute de plusieurs véhicules. Les autorités italiennes font état d’au moins 30 morts.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le pont Morandi a été construit dans les années 1960 et avait connu d’importants travaux de rénovation en 2016.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Une portion d’un viaduc de l’autoroute A10 s’est écroulée peu avant midi au-dessus de la grande ville du nord de l’Italie.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Un segment du pont Morandi, sur lequel passe l’autoroute A10 au-dessus de la ville du nord de l’Italie, s’est écroulé mardi. Un bilan provisoire fait état d’au moins 30 morts.
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Italie : un viaduc autoroutier s’effondre au-dessus de Gênes

Un segment du pont Morandi, sur lequel passe l’autoroute A10 au-dessus de la ville du nord de l’Italie, s’est écroulé mardi. Un bilan provisoire fait état d’au moins 30 morts.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 18h50
   





                        



Une portion d’un viaduc de l’autoroute A10 s’est écroulée peu avant midi, mardi 14 août, au-dessus de la ville de Gênes, grande ville du nord de l’Italie.
Le pont Morandi, qui traverse la rivière Polcevera au nord du centre-ville, a brusquement cédé au-dessus d’une zone industrielle, alors que des véhicules circulaient sur l’autoroute A10, qui passe sur le pont.
Les causes de cet effondrement étaient, mardi après-midi, encore inconnues. L’agence de presse italienne Ansa souligne que l’effondrement aurait pu être causé par « une défaillance structurelle » de l’édifice.

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          Gênes, en direct : au moins onze morts dans l’effondrement d’un segment d’un viaduc autoroutier



Un bilan provisoire de trente morts
Les autorités font état d’au moins trente morts et huit blessés, mais le bilan pourrait encore s’alourdir. Un peu plus tôt, le directeur du centre d’appel des urgences de Gênes avait fait état de « dizaines de victimes », sans préciser s’il s’agissait de morts ou de blessés.
Le chef du département de la protection civile, Angelo Borrelli, a annoncé qu’au moins 30 voitures et plusieurs camions se trouvaient sur le pont quand il s’est effondré.

   


200 pompiers mobilisés
« Les équipes des pompiers sont engagées en nombre, les équipes de recherches et cynophiles sont activées », ont-ils annoncé sur Twitter. Ces derniers sont inquiets de l’état des conduites de gaz, situées dans la zone industrielle sur laquelle s’est effondré le segment d’autoroute, sur une longueur de plusieurs dizaines de mètres. Le gaz et l’électricité ont été coupés dans la zone sinistrée.
Sur place, des dizaines de secouristes, accompagnés de chiens, s’activaient autour des restes du pont et de carcasses de camions et de voitures écrasées, voire enchevêtrées dans la structure. Des pompiers évacuaient des corps sur des civières, tandis que des hélicoptères attendaient les blessés.
« Les premières victimes de surface ont été évacuées, maintenant il faut rechercher sous les décombres des bâtiments, mais il y a des milliers de tonnes de béton », a rapporté à l’AFP un pompier français venu en renfort, Patrick Villardry.
A 16h50, quatre survivants ont été retrouvés dans les décombres.

#Genova #14ago 16.50, prosegue il lavoro dei #vigilidelfuoco con sezioni operative nuclei #usar e #cinofili in seguito al crollo del viadotto Morandi sulla #A10 pic.twitter.com/2jWrRvzomW— Vigili del Fuoco (@emergenzavvf) 14 août 2018


La police italienne a par ailleurs recommandé aux automobilistes de ne pas emprunter l’A10 autour de Gênes.

OMG. An aeral view of the tragedy in #Genoa, where a major motorway bridge has collapsed. This is appalling.… https://t.co/UPPjUDRmQq— antoguerrera (@Antonello Guerrera)


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« Défaillances structurelles » du pont
Le pont Morandi, du nom de son ingénieur, a été construit entre 1963 et 1967 au-dessus de la rivière Polcevera, dont l’estuaire se trouve sur le port de Gênes. Il est long de 1 182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol. Des travaux de rénovations ont été menés en 2016 sur l’édifice, selon le média Il post.
Le pont avait fait l’objet de mises en garde récurrentes concernant sa structure. L’une d’elle a notamment été formulée par le professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingiénerie de Gênes, Antonio Brencich. Dans un article publié en 2016 par ingegneri.info, le spécialiste souligne ainsi que « le viaduc de Morandi a immédiatement présenté plusieurs défaillances de structure, en plus de surcoûts importants de construction ». N’hésitant pas à évoquer « une erreur d’ingénierie », le professeur pointe ainsi « une évaluation incorrecte des effets de retrait du béton ayant produit un plan de route non horizontal. »
Des travaux importants ont été menés, notamment au début des années 2000. Selon Antonio Brencich, un pont de cette taille est censé durer au moins cent ans. Il s’étonnait ainsi de voir des coûts de maintenance dépasser bientôt le coût de construction.

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Réactions politiques
Le ministre des transports Danilo Toninelli a annoncé sur Twitter vouloir se rendre à Gênes, redoutant une « terrible tragédie ». « Ceux qui seront responsables doivent payer jusqu’au dernier », a-t-il ajouté. Son adjoint Edoardo Rixi est arrivé sur place en début d’après-midi.
« Je suis avec la plus grande appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui ressemble à une terrible tragédie. Nous sommes en contact étroit avec les autorités autoroutières et nous y allons avec le ministre adjoint Edoardo Rixi. J’exprime mon soutien total avec la ville. »
Le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini suit de son côté les événements « minute par minute », et ira « jusqu’au bout pour déterminer les responsables de ce désastre », a-t-il affirmé sur Twitter. Il a ensuite donné une conférence de presse depuis Catane, en Sicile, remerciant « les pompiers, les secouristes professionnels et bénévoles qui sont intervenus dès la première minute et sont encore en train de creuser et de sauver des vies ». Le ministre eurosceptique, patron de la Ligue (extrême droite), a aussi évoqué les investissements nécessaires pour faire face à la vétusté générale de nombreuses infrastructures italiennes... en les opposants aux contributions que son pays verse à l’Union européenne :
« S’il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l’argent que nous devrons mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option ».
Qualifiant l’accident d’« énorme tragédie », Luigi Di Maio, vice-président du conseil italien et ministre du travail, a annoncé lui aussi se rendre auprès des familles des victimes à Gênes. 
Au terme de la conférence de presse de la protection civile, le gouverneur de la Ligurie, Giovanni Toti, a brièvement pris la parole :
« Ce drame va avoir de sérieuses conséquences sur toute la logistique du port et de la ville, et nous travaillons déjà pour faire face à l’urgence dans les mois à venir. »
Il a par ailleurs fait savoir que la zone est sous le controle des pompiers pour évaluer les risques de nouveaux effondrements potentiels.
Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, lui, ne s’est pas exprimé pour l’heure. Mais il est arrivé vers 18h30 à Gênes, d’où il donnera une conférence de presse dans la soirée.
De son côté, la France s’est dite « prête à apporter tout le soutien nécessaire », a écrit le président, Emmanuel Macron, sur Twitter.
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a, lui, affirmé sa « solidarité avec le peuple italien brutalement endeuillé à la mi-journée ».
Elisabeth Borne, ministre des transports, a fait part de sa « très vive émotion » :

Très vive émotion suite à la terrible catastrophe survenue sur un viaduc à #Gênes. Toutes mes pensées aux victimes… https://t.co/xkbyIL9NW3— Elisabeth_Borne (@Elisabeth BORNE)


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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national a adressés ses condoléances à la « nation italienne » :

🇫🇷🇮🇹 Le Rassemblement National adresse à la Nation italienne, ainsi qu’aux proches des victimes confrontés à cette… https://t.co/W6DmXADQAo— MLP_officiel (@Marine Le Pen)


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Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, a , quant à lui, assuré son « soutien aux familles des victimes » :

Terrible drame à #Gênes. Pensées émues et solidaires avec nos voisins italiens. Soutien aux familles des victimes d… https://t.co/JBON1dZixI— ECiotti (@Eric Ciotti)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le navire humanitaire, bloqué en Méditerranée depuis vendredi, a reçu l’autorisation de débarquer à Malte. Ses passagers seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Malte donne son accord pour accueillir l’« Aquarius », les migrants à bord seront répartis entre cinq pays

Le navire humanitaire, bloqué en Méditerranée depuis vendredi, a reçu l’autorisation de débarquer à Malte. Ses passagers seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 19h12
   





                        



   


Le navire Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et opérant en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), bloqué en mer depuis vendredi 10 août avec 141 réfugiés à bord, pourra débarquer à Malte, a annoncé sur Twitter, mardi 14 août, le premier ministre maltais, Joseph Muscat. Une fois débarqués, les passagers, dont la moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes, seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne, grâce à un accord entre ces pays. La France en accueillera soixante, selon l’Elysée.
Un « signe positif », selon l’association SOS Méditerranée, qui donnait une conférence de presse au moment de l’annonce de l’accord : « Le fait que la solution trouvée soit une coordination entre un certain nombre de pays européens montre qu’ils ont compris que les sauvetages en Méditerranée sont un problème des rives sud de l’Union européenne qui concerne tous les membres. Malte et l’Italie ne doivent pas être laissés seuls. »
Inquiétudes sur le sort du navire
L’Aquarius s’était retrouvé bloqué en mer vendredi après avoir réalisé deux sauvetages en Méditerranée centrale, une zone récemment placée sous l’autorité du centre de coordination des sauvetages de Tripoli, selon SOS Méditerranée. Ce dernier se déclarant dans l’incapacité de désigner un port sûr pour le débarquement a demandé à l’Aquarius de s’adresser aux centres de coordination de Malte et d’Italie, lesquels « ont refusé de prendre cette responsabilité », selon l’ONG. Ont suivi plusieurs journées d’annonces et de débats concernant l’accueil du navire et de ses occupants.

        Lire aussi :
         

                « Le seul et unique objectif de l’“Aquarius” est de sauver des vies en mer »



L’Aquarius devrait donc désormais se diriger vers Malte, situé à trois heures de navigation de sa position. Une solution qui permettra au navire de retourner rapidement sur la zone de sauvetage, mais qui suscite des inquiétudes. « On sait que deux navires humanitaires sont bloqués à Malte pour enquête, rappelle SOS Méditerranée. Nous sommes en règle, nous agissons dans une grande transparence, néanmoins, l’ambiance tendant à pointer du doigt les ONG suscite certaines inquiétudes, nous ne savons pas ce qui pourrait nous arriver. »
« Dispositifs de solidarité européens »
Une fois le bateau débarqué à Malte, l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) « va envoyer jeudi une mission sur place pour identifier les réfugiés en vue de leur accueil en France », a indiqué Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra. Les entretiens « viseront à s’assurer que ces personnes relèvent bien du droit d’asile ». 
« C’est la cinquième mission de ce type » depuis juin, conçue dans une « volonté d’illustrer les dispositifs de solidarité européens », a-t-il ajouté. Comme lors des précédentes opérations, les personnes sélectionnées arriveront ensuite en France, où elles recevront rapidement le statut de réfugié ouvrant la voie à un titre de séjour.
Tout en saluant « le geste humanitaire exceptionnel de Malte », la France a de nouveau regretté le refus systématique de l’Italie de laisser accoster les bateaux humanitaires. Paris veut proposer aux autres pays européens « un mécanisme pérenne », sans encore le préciser. La France rappelle que le Conseil européen de juin a adopté sa proposition d’ouvrir des centres fermés sur les rives européennes pour accueillir les migrants. Mais aucun pays européen ne s’est jusqu’ici proposé pour en ouvrir sur son sol.
Gilbraltar compte retirer le pavillon du navire humanitaire
Le gouvernement de Gibraltar a annoncé lundi 13 août qu’il allait retirer son pavillon à l’Aquarius après lui avoir demandé de suspendre ses activités de sauvetage et de revenir à ses activités de recherche, pour lesquelles il est immatriculé auprès du territoire britannique.
Enregistré depuis 2009 à Gibraltar en tant que navire de recherche, l’Aquarius opérait depuis 2016 « exclusivement sous la direction des autorités italiennes pour des opérations de sauvetage », explique le gouvernement dans un communiqué. Les désaccords entre Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, et les ONG auraient encouragé Gibraltar à prendre cette décision.
« Nous avons découvert par voie de presse l’annonce de Gibraltar, s’est étonnée mardi Sophie Beau, cofondatrice de SOS Méditerranée, qui affrète le navire. Nous étions en dialogue depuis juin avec les autorités de Gibraltar, via notre armateur allemand. Cette décision de rompre ce dialogue, au moment où l’Aquarius est en difficulté nous paraît très politique. »

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Belgrade et Pristina évoquent des échanges de territoires, un enjeu risqué dans les Balkans.
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Les Européens s’inquiètent des discussions sur les frontières entre Serbie et Kosovo

Belgrade et Pristina évoquent des échanges de territoires, un enjeu risqué dans les Balkans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h59
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Les frontières pourraient-elles être de nouveau modifiées dans les Balkans ? Longtemps inimaginable au nom de la stabilité d’une région déchirée par plusieurs guerres dans les années 1990, cette éventualité, qui effraie nombre de chancelleries européennes, a fait un retour inattendu dans le cadre des longues et délicates négociations entre la Serbie et le Kosovo. Dans une déclaration remarquée, le président de cette ancienne région serbe devenue indépendante en 2008, Hashim Thaci, a publiquement expliqué début août que des « corrections frontalières » pouvaient être envisagées dans le cadre « d’une solution pacifique avec la Serbie ».
Cette idée explosive avait jusqu’ici toujours été écartée par les autorités du Kosovo, pays à majorité albanophone, mais où vit également une importante minorité serbe. Principalement concentrée dans le nord du pays, autour de la ville divisée de Mitrovica, celle-ci est toujours entretenue par les autorités de Belgrade, qui n’ont jamais reconnu l’indépendance du Kosovo. Or, cette situation juridique instable constitue le principal point d’achoppement des négociations entre les deux pays. Le nord du Kosovo est devenu une zone de non-droit en proie aux mafias et aux assassinats politiques : en janvier, un opposant politique serbe a été tué en pleine rue.
Même s’il s’est dit opposé à tout « échange de territoire », l’homme fort du Kosovo pourrait accepter de perdre ces territoires contre le rattachement de la vallée de Presevo et des municipalités de Medveda et Bujanovac, des enclaves majoritairement albanophones en territoire serbe. M. Thaci a proposé d’y organiser un référendum, « la seule option pour légitimer les souhaits des Albanais qui y vivent ».
« Un grand danger »
Dans une déclaration tout aussi inédite, le président serbe, Aleksandar Vucic, lui a répondu le 9 août qu’il était, lui aussi, « en faveur d’une délimitation avec les Albanais »....




                        

                        


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A Istanbul, habitants et commerçants tentent de s’adapter à la valse des étiquettes

La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h32
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Alors que le cours de la livre turque ne cesse de chuter, la population s’efforce de s’adapter à la fluctuation des prix et à la baisse de son niveau de vie. « Depuis janvier, nous avons perdu plus de 30 % de notre pouvoir d’achat. Tout augmente : les produits alimentaires, l’essence, les médicaments. On ne sait plus où donner de la tête. Pour ma part, je regarde au centime près. Nous sommes inquiets. Rien ne semble pouvoir stopper la dépréciation de notre monnaie. Cette crise s’annonce pire que celle que nous avons vécue en 2008 », déplore une mère de famille du quartier de Sisli, à Istanbul, qui fait ses courses dans un supermarché.
Une station de métro plus loin, à Gayrettepe, les riches touristes du Golfe font la queue devant les boutiques de luxe du centre commercial Zorlu. Pour eux, le plongeon de la devise turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, est une aubaine. Les commerçants n’ayant pas le temps de changer les étiquettes à chaque oscillation du taux de change, ils vont pouvoir acheter moins cher.

Déterminer un prix pour les vêtements qu’il fabrique est un vrai casse-tête pour Bunyamin, un entrepreneur dont les ateliers se trouvent à Esenler, à la périphérie de la ville. « Le cours de la livre est tellement fluctuant que je n’arrive pas à fixer un prix stable pour ma production. C’est un vrai problème », explique cet homme d’affaires soucieux de préserver son anonymat.
« Le prix du tissu augmente, comme le reste. Très souvent, je l’achète en devises car il n’a pas été produit en Turquie. Avec la crise en cours, les fabricants de tissu ne fabriquent plus rien. Ils tiennent le coup grâce aux stocks. Pour eux aussi, calculer le coût de leur nouvelle production est un problème, soupire le quadragénaire, entre deux discussions par téléphone avec des clients. J’ai une commande à réaliser d’ici trente jours. Quels prix fixer ? Je ne sais pas. On se demande jusqu’où la livre va dégringoler,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ D’autres devises émergentes ont chuté dans le sillage de la livre turque, également pénalisées par la hausse des taux aux Etats-Unis.
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Crise monétaire turque : le risque de contagion inquiète les marchés

D’autres devises émergentes ont chuté dans le sillage de la livre turque, également pénalisées par la hausse des taux aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h13
    |

            Marie Charrel








                        



   


Ces dernières années, la période estivale a été presque systématiquement émaillée de mauvaises surprises économiques et financières. Défaut de paiement argentin en 2014, peur d’une sortie grecque de la zone euro en 2015, référendum sur le Brexit en 2016… Après l’accalmie de 2017, l’onde de choc sur les marchés pourrait bien venir, cette fois, de Turquie. Lundi 13 août, la livre évoluait toujours à un niveau historiquement bas, proche de 7 dollars, après avoir plongé jusqu’à 18 % en séance, vendredi. Depuis le début de l’année, elle a perdu 45 % de sa valeur face au billet vert.

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Les Bourses européennes et asiatiques, quelque peu chahutées en fin de semaine dernière, ont terminé en légère baisse, lundi. Les taux d’emprunt de l’ensemble des pays du sud de l’Europe se sont tendus, et d’autres devises ont baissé, dans le sillage de la livre turque. Ainsi, le rand sud-africain et le rouble russe ont perdu 8 % face au dollar sur une semaine, chutant tous deux, lundi, à leur plus bas niveau depuis deux ans. Le réal brésilien, quant à lui, a cédé 4 % en sept jours, et le peso argentin, 6 %.
« Déni » des autorités
Seul un cocktail de mesures fortes serait susceptible d’enrayer la dégringolade de la monnaie
Les nouvelles mesures annoncées par Ankara ont atténué la débâcle de la livre, attisée par les tensions diplomatiques avec Washington, mais sans parvenir à la stopper. « Elles sont insuffisantes et tout porte à croire que la livre va continuer de se déprécier », prévient Guillaume Tresca, au Crédit agricole. Certes, la banque centrale a promis de fournir toutes les liquidités nécessaires aux banques du pays. Mais les déclarations tonitruantes du président Recep Tayyip Erdogan, qui a de nouveau accusé un « complot étranger » d’être à l’origine de la chute de la monnaie nationale, ont contribué à propager les inquiétudes. « Les autorités turques sont toujours dans le déni à propos de la nature de la crise affectant la livre », résume Wolfango Piccoli, analyste chez Teneo Intelligence.

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De fait, seul un cocktail de mesures fortes – et temporairement douloureuses – serait susceptible d’enrayer la dégringolade de la devise et l’inflation galopante qu’elle alimente (16 % en juillet) : resserrement de la politique budgétaire, instauration d’un contrôle des capitaux, relèvement significatif des taux directeurs, voire appel à une aide extérieure. Toutefois, il est difficile d’imaginer le président Erdogan se tourner vers le Fonds monétaire international, qui exigerait des mesures de rigueur en échange d’un prêt.
Surtout, le dirigeant, faisant fi de tout bon sens économique, reste farouchement opposé au relèvement des taux. « En outre, les investisseurs doutent de la capacité de la banque centrale à prendre les mesures à hauteur de la situation », analyse Aneeka Gupta, stratège au sein de la société financière WisdomTree. Et pour cause : ces derniers mois, l’indépendance de l’institution s’est réduite comme peau de chagrin.
Piteux état du secteur bancaire
Si l’effondrement de la livre s’est accéléré du fait des tensions avec Donald Trump, il tient d’abord aux fragilités structurelles du pays. « La Turquie dépend beaucoup des financements étrangers, notamment en dollars », note Mme Gupta. Le déficit de son compte courant atteint 6,3 % du PIB et sa dette extérieure, 200 milliards de dollars (175 milliards d’euros). La croissance a été gonflée à coups de crédits faciles et d’impulsions fiscales, tandis que les entreprises se sont fortement endettées en billets verts. « L’effondrement de la livre complique le financement de ces dettes », explique Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. Ce qui affaiblit le secteur bancaire, en piteux état…
Pour autant, faut-il redouter une crise comparable à celle qui avait secoué les devises asiatiques en 1997, voire une contagion à l’ensemble des places financières ? Pour l’heure, les inquiétudes en la matière paraissent excessives. « Le coup de mou des Bourses et la baisse de certaines devises tiennent aussi au faible volume des échanges estivaux sur les marchés », souligne M. Dembik. La plupart des investisseurs sont, eux aussi, partis en vacances. Et le nombre plus limité de transactions sur les différentes places amplifie artificiellement les mouvements de baisse.

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Néanmoins, les fragilités d’une partie des pays émergents nourrissent les inquiétudes. Certains, car ils souffrent de difficultés internes, comme l’Argentine, forcée d’appeler le FMI à l’aide en juin pour éviter une nouvelle crise financière, ou l’Afrique du Sud. D’autres, car ils sont affectés par la remontée des taux directeurs entamée par la Réserve fédérale américaine. « Cela pousse les investisseurs à quitter les pays émergents qu’ils considèrent comme fragiles, en particulier ceux affichant d’importants déficits extérieurs, pour aller placer leur argent aux Etats-Unis, où la hausse des taux offre de meilleurs rendements », détaille Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum AM.
Outre la Turquie, l’Afrique du Sud, le Venezuela et l’Argentine sont particulièrement exposés, tout comme le Brésil et l’Ukraine. « La hausse des taux américains, qui devrait se poursuivre, risque d’aggraver un peu plus encore les difficultés de ces pays ces prochains mois », anticipe Vincent Lequertier, gérant chez WeSave.
Du côté européen, les craintes portent sur certaines banques concernées par le risque turc, en Espagne et, dans une moindre mesure, en France. Les valeurs bancaires, dont BNP Paribas et l’espagnole BBVA, ont été malmenées en Bourses ces derniers jours. Cependant, le risque réel reste d’une ampleur limitée, jugent les observateurs. « Le gouvernement italien, qui envisage d’aller au conflit avec Bruxelles sur les questions budgétaires, m’inquiète beaucoup plus : ce sera la bombe de la rentrée », confie un banquier parisien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Trois personnes ont été blessées. Les motifs du conducteur, placé en détention, sont inconnus. L’enquête a été confiée à la police antiterroriste.
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A Londres, une voiture fonce sur le Parlement, la piste terroriste privilégiée

Trois personnes ont été blessées. Les motifs du conducteur, placé en détention, sont inconnus. L’enquête a été confiée à la police antiterroriste.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 19h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Une voiture est entrée en collision avec les barrières de protection installées devant le Parlement britannique mardi 14 août au matin. Trois personnes ont été blessées, dont une femme dans un état grave mais « pas en danger de mort », selon le chef de l’antiterrorisme, Neil Basu.
Plusieurs témoins, cités par les médias britanniques, affirment que le véhicule roulait vite et que le chauffeur semble avoir opéré la manœuvre volontairement. Les autorités britanniques ont confirmé que l’acte « semblait délibéré », sans donner plus d’indications pour l’instant sur les faits ou les motivations du conducteur – qui ne semblait pas coopérer, mardi à midi, avec les autorités –, selon des propos de la police londonienne rapportés par l’agence AP.
L’enquête a été confiée à l’unité antiterroriste de Scotland Yard. Le conducteur, un homme approchant la trentaine, a été arrêté et placé en détention dans un commissariat du sud de Londres. Il est détenu pour « soupçon d’actes terroristes ». « Il n’y avait personne d’autre dans le véhicule, qui est toujours sur place et qui est en train d’être fouillé. Aucune arme n’a été retrouvée à ce stade », indique un communiqué de la police. En début de soirée, la police britannique, citée par l’agence AP, a déclaré que des agents avaient fouillé deux propriétés à Birmingham et une à Nottingham, en lien avec l’enquête.
Les rues situées autour de Westminster ont été immédiatement fermées, et de nombreuses voitures de police, de pompiers et des ambulances étaient présentes.
L’accident a eu lieu à 7 h 37, selon la police britannique. Une Ford fiesta métallisée a percuté des cyclistes et des piétons avant d’entrer en collision avec les barrières devant le Parlement. « J’ai vu un homme qui conduisait très vite vers le Parlement, explique à la BBC Jason, un témoin. Il allait assez vite, je dirais à 40-50 miles par heure (65-80 km/h) dans une zone qui est limitée à 20 miles par heure. Selon moi, c’était un acte délibéré. La voiture n’a pas fait d’embardées, c’était un choc délibéré. »

At 0737hrs today, a car was in collision with barriers outside the Houses of Parliament. The male driver of the car… https://t.co/6eaL2MqflZ— metpoliceuk (@Metropolitan Police)


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Ewelina Ochab, citée par Press Association, semble confirmer : « Ça semblait intentionnel. La voiture roulait vite et vers les barrières. J’étais de l’autre côté (de la rue). J’ai entendu des bruits et quelqu’un qui criait. Je me suis retournée et j’ai vu une voiture argentée qui roulait près des barrières, peut-être même sur le trottoir. » La voiture est restée encastrée dans une barrière près de l’entrée donnant sur la Chambre des lords.
Barry Williams, qui se rendait à son travail, a affirmé sur la BBC avoir vu la voiture foncer sur un groupe de cyclistes. « Il y avait une dizaine de cyclistes qui attendaient au feu rouge. Je ne crois pas que la voiture les ai tous renversés, mais peut-être quatre ou cinq. L’un d’entre eux s’est ensuite relevé et a couru derrière la voiture. Après avoir renversé les cyclistes, la voiture a accéléré vers les barrières. Ça ressemblait à une attaque, bien que mal préparée, la voiture étant de petite taille. »
Vague d’attentats en 2017
Le 22 mars 2017, un attentat islamiste avait été commis sur le pont de Westminster, qui est perpendiculaire à la rue où se sont déroulés les faits ce mardi. Un Britannique de 52 ans, Khalid Masood, avait conduit sa voiture sur le trottoir du pont. Il avait ensuite réussi à entrer dans la cour située devant Westminster, poignardant à mort un officier de police. Il y avait eu cinq morts et cinquante blessés dans cette attaque. M. Masood avait finalement été abattu par la police.
Il s’agissait du début d’une série d’attentats islamistes au Royaume-Uni en 2017. Les suivants ont eu lieu lors d’un concert le 22 mai 2017 à Manchester (23 morts), sur London Bridge le 3 juin 2017 (8 morts), et à la station de métro de Parsons Green, à Londres, le 15 septembre 2017 (l’explosif n’a pas fonctionné comme prévu, ne faisant que des blessés). Un attentat islamophobe a aussi été commis le 19 juin 2017, quand un homme a lancé sa voiture sur un groupe de musulmans sortant d’une mosquée, faisant un mort.
Depuis, la sécurité a été fortement renforcée sur les ponts de Londres et autour de Westminster. De lourdes barrières de sécurité sont en place en permanence, et l’on constate une forte présence de policiers armés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage violent de la livre turque, déjà affaiblie par l’endettement massif des entreprises en devises étrangères.
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La crise monétaire turque en quatre questions

La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage violent de la livre turque, déjà affaiblie par l’endettement massif des entreprises en devises étrangères.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 15h57
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Avis de tempête sur la livre turque. La Turquie traverse une grave crise monétaire, qui s’est traduite par la chute record de sa monnaie. Vendredi 10 août, la livre a perdu 16 % de sa valeur face au dollar avant de battre un nouveau record à la baisse sur les marchés asiatiques, lundi, en dépassant pour la première fois 7 livres contre un dollar pendant quelques heures. Pour le secteur privé, qui emprunte massivement en dollars, la chute de la livre face au billet vert a pour effet un accroissement de l’endettement. La baisse de la livre turque se traduit parallèlement par une forte inflation, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. Les prix ont ainsi augmenté de 15,9 % en glissement annuel pour le seul mois de juillet.
La Turquie subit cependant l’aggravation soudaine d’une crise dont les signes sont présents depuis des mois. La livre turque, dont la chute s’est accélérée depuis le début du mois d’août, a en effet perdu 40 % de sa valeur face à l’euro et au dollar en 2018, et l’inquiétude des investisseurs au sujet de la bonne santé de l’économie turque n’est pas nouvelle. C’est cependant la dégradation des relations entre Ankara et Washington qui a précipité le décrochage violent de la livre turque au cours de ces dernières semaines.

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Pourquoi cette crise monétaire est-elle liée aux tensions entre Washington et Ankara ?
La chute rapide de la livre turque vendredi a été en partie entraînée par un tweet de Donald Trump annonçant le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, une décision qui faisait suite à l’adoption de sanctions par Washington à l’encontre des ministres de la justice et de l’intérieur turcs. Cette crise inédite entre les Etats-Unis et une puissance majeure de l’OTAN est liée au sort d’Andrew Brunson, un pasteur évangélique américain détenu en Turquie, dont l’administration Trump réclame la libération. Arrêté dans le sillage du coup d’Etat manqué de juillet 2016, M. Brunson, 50 ans, est accusé de complicités avec le réseau de l’imam Fethullah Gülen, lui-même accusé d’être l’artisan du putsch, mais aussi avec la guérilla autonomiste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’échec des pourparlers entre Washington et Ankara en ce qui concerne la libération de M. Brunson, début août, a précipité les réactions américaines à l’origine des derniers développements.
L’affaire Brunson n’est cependant que le révélateur de tensions plus profondes entre les deux pays. Malgré les demandes répétées d’extradition en provenance d’Ankara, l’imam Gülen, qui réside en territoire américain depuis 1999, n’a pas quitté son exil. Par ailleurs, la poursuite du soutien de Washington aux forces kurdes de Syrie face à l’Etat islamique, alors qu’elles sont perçues par Ankara comme une menace existentielle, empoisonne les relations entre les deux capitales.
Quelles sont les raisons profondes de cette crise ?
Les réactions américaines n’ont fait que brusquer une crise annoncée. L’économie turque, malgré sa forte croissance (7,4 % au premier trimestre 2018) fait face à de nombreuses faiblesses. L’une des raisons principales de la crise actuelle est l’endettement massif des entreprises en devises étrangères, notamment en dollar, depuis la fin des années 2000. Il était alors plus avantageux d’emprunter en dollar qu’en livre turque. Le boom du secteur turc de la construction sous Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, qui a vu le territoire turc se recouvrir de centres commerciaux, d’ensembles résidentiels et de gratte-ciel, a été financé par cette dette en devises étrangères.
La croissance à tout prix voulue par le pouvoir turc, parce que source de légitimité politique pour un leadership populiste et apte à financer des réseaux de clientèle sur le court terme des échéances électorales, a abouti à une fuite en avant, que la banque centrale turque n’a pas pu enrayer. M. Erdogan est en effet un partisan des taux d’intérêts faibles, qu’il estime de manière hétérodoxe en mesure de prémunir contre l’inflation. Sa mainmise sur les institutions du pays, y compris la banque centrale, renforcée par le passage complet à un régime présidentiel à la suite de son élection à la tête de l’Etat en juin dernier, a renforcé son emprise.
Quelle est la réponse de la banque centrale et de l’exécutif turc à cette crise ?
Bien que les circonstances plaident en la faveur d’une telle mesure, la banque centrale turque n’a pas relevé les taux d’intérêt après le décrochage de vendredi. Elle a cependant annoncé lundi avoir révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, afin de pallier le manque de liquidité, et a déclaré qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques ont besoin. L’intervention de la banque centrale, quoique timide, a contribué à ralentir la chute de la livre turque, avant que de nouvelles déclarations fracassantes du président Erdogan suscitent un nouvel élan de panique.
Lundi, le chef de l’Etat turc a notamment décrit la crise traversée par son pays comme une conséquence de la volonté de Washington de vouloir « frapper dans le dos » son allié turc. M. Erdogan estime en effet que la Turquie fait les frais d’une guerre économique fomentée par l’étranger et convoque à cet égard un répertoire de plus en plus usité de références nationalistes et religieuses censé guider un pays « assiégé » dans son combat contre des puissances hostiles secondées par un hypothétique « lobby du taux d’intérêt » soucieux de miner l’économie turque. « Ils ont le dollar, nous avons le droit et Allah », a ainsi déclaré M. Erdogan vendredi, lors d’un discours.
Quelles sont les implications politiques de cette crise ?
Au-delà de ces formules incantatoires, peu de mesures concrètes se dessinent. Les déclarations récentes et floues de Berat Albayrak, le ministre des finances novice de l’exécutif turc, qui n’est autre que le gendre de M. Erdogan, n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. Le savoir-faire répressif du pouvoir turc actuel a cependant trouvé à s’employer à la faveur des derniers événements. Le ministère de l’intérieur turc a indiqué lundi qu’il enquêtait sur des centaines d’utilisateurs des réseaux sociaux qu’il soupçonne d’avoir partagé des commentaires relevant de la « provocation » visant à affaiblir la livre. M. Erdogan a qualifié ces suspects de « terroristes économiques » appelés à recevoir le « châtiment qu’ils méritent ».




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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Trois ans après, retour dans deux communes qui ont accueilli des centres pour migrants

La plongée dans le quotidien de Champagne-sur-Seine et de Pessat-Villeneuve, où sont logés de jeunes hommes et des familles originaires d’Afghanistan, de Somalie ou d’Erythrée, révèle deux ambiances, entre racisme latent et élans de solidarité.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 09h17
    |

            Sylvia Zappi (Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne) et Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Elles furent parmi les premières communes à accueillir des réfugiés en septembre 2015. Champagne-sur-Seine et Pessat-Villeneuve ont vu repartir, depuis, ces « migrants Merkel » comme certains les avaient alors appelés au moment où la France s’était engagée à accueillir 24 000 réfugiés venus d’Allemagne. D’autres, arrivés après les démantèlements des camps de la région parisienne et de Calais, ou envoyés par l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), ont suivi. La petite ville ouvrière de Seine-et-Marne et ce village cossu du Puy-de-Dôme ont dû s’adapter à ces nouveaux arrivants. Ce qu’ils ont fait, tant bien que mal.
La plongée dans le quotidien de ces deux localités, où sont logés de jeunes hommes et familles originaires d’Afghanistan, de Somalie ou d’Erythrée, révèle deux ambiances : inquiétudes et recroquevillements sur soi d’un côté, élans de solidarité de l’autre. Dans un contexte où, selon l’enquête annuelle sur les « fractures françaises » de l’institut Ipsos pour Le Monde et la Fondation Jean-Jaurès, publiée le 9 juillet, les Français sont de plus en plus nombreux à estimer qu’« il y a trop d’étrangers en France ».
Réticences
Coincée entre la Seine et la forêt, Champagne-sur-Seine porte bien mal son nom. Cette petite ville populaire de la grande couronne parisienne, construite par le groupe de métallurgie Jeumont-Schneider, vit chichement dans un département plutôt aisé. La désindustrialisation l’a durablement appauvrie et elle peine à se relever. Elle compte pas moins de 45 % de logements sociaux et le chômage y est de six points au-dessus de la moyenne nationale. La réquisition par le préfet d’une résidence universitaire pour y loger 70 réfugiés en septembre 2015 n’a guère plu au maire divers gauche : « Je n’ai pas sauté de joie, admet l’élu. Je venais d’être élu et je voulais faire un peu de mixité sociale pour changer l’image de la ville », raconte Michel Gonord, ancien cadre dirigeant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Accusé d’avoir rendu hommage, en 2014, aux terroristes palestiniens de Septembre noir, le chef du Labour reconnaît avoir été « présent ». Son parti se déchire, et Nétanyahou demande une « condamnation sans équivoque ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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Antisémitisme : le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn à nouveau dans la tourmente

Accusé d’avoir rendu hommage, en 2014, aux terroristes palestiniens de Septembre noir, le chef du Labour reconnaît avoir été « présent ». Son parti se déchire, et Nétanyahou demande une « condamnation sans équivoque ».



Le Monde
 |    14.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 09h09
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Benyamin Nétanyahou est intervenu, lundi 13 août, dans la controverse sur l’antisémitisme qui déchire le Parti travailliste britannique. Sur Twitter, le premier ministre israélien a demandé une « condamnation sans équivoque » de Jeremy Corbyn, le leader du Labour. Celui-ci est accusé d’avoir déposé, en 2014, une gerbe de fleurs sur la tombe des membres de Septembre noir, le groupe terroriste palestinien qui a mené la prise d’otages d’athlètes et d’entraîneurs israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, se terminant par la mort de onze d’entre eux.
M. Corbyn reconnaît avoir été « présent » mais « ne pense pas avoir été impliqué » dans la cérémonie. Sur Twitter, il a contre-attaqué : « Ce que le premier ministre israélien dit de mes actions et de mes mots est faux. Ce qui mérite une condamnation sans équivoque est l’assassinat de 160 manifestants palestiniens à Gaza par les forces israéliennes depuis mars, y compris des dizaines de mineurs. »
Le Daily Mail a publié samedi une photo montrant M. Corbyn en 2014 tenant en ses mains une couronne de fleurs lors d’une cérémonie à Tunis. Celui qui était alors simple député était sur place pour une conférence consacrée à la Palestine, organisée par le président tunisien. A la fin, deux gerbes de fleurs ont été déposées sur des tombes palestiniennes.
La première commémorait 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne israélienne sur une base de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1985. M. Corbyn affirme que c’est ce que la photo du Daily Mail montre. La seconde a été déposée sur les tombes de Salah Khalaf, le fondateur de Septembre noir, Fakhri al-Omari, son bras droit, et Hayel Abdel-Hamid, le chef de la sécurité de l’OLP. Tous les trois ont été assassinés vingt ans après l’attentat de Munich par le Mossad, les services secrets israéliens. C’est cette cérémonie à laquelle M. Corbyn dit avoir été simplement « présent ».
Militant...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement de Gibraltar avait demandé en juillet au navire de SOS Méditerranée de « revenir à son activité initiale de navire de recherche ».
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Gibraltar annonce qu’il va retirer son pavillon à l’« Aquarius »

Le gouvernement de Gibraltar avait demandé en juillet au navire de SOS Méditerranée de « revenir à son activité initiale de navire de recherche ».



Le Monde
 |    13.08.2018 à 21h03
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 07h42
   





                        



   


Le gouvernement de Gibraltar a annoncé lundi 13 août qu’il allait retirer son pavillon à l’Aquarius après lui avoir demandé de suspendre ses activités de sauvetage, pour lesquelles il n’est pas enregistré dans le territoire britannique.
Enregistré en 2009 à Gibraltar en tant que navire de recherche (survey vessel), l’Aquarius opérait depuis 2016, après avoir été affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, « exclusivement sous la direction des autorités italiennes pour des opérations de sauvetage », explique le gouvernement dans un communiqué.
Une décision motivée par la politique de Matteo Salvini
Mais « en juin-juillet 2018, il a été demandé à l’Aquarius de suspendre ses opérations en tant que navire destiné au sauvetage par l’administration maritime de Gibraltar et de revenir à son activité initiale de navire de recherche », poursuit le gouvernement du territoire britannique.
Le gouvernement de Gibraltar justifie sa demande par le manque de « disponibilité de ports de débarquement pour nombre de bateaux de sauvetage dans la zone italienne de sauvetage », Rome et son ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, refusant l’accès des ports italiens aux navires d’ONG.
Les ONG affrétant l’Aquarius n’ayant pas cherché à obtenir le feu vert de Gibraltar à la reprise de ses activités de sauvetage en août, elles ont reçu un « ordre de retrait » du pavillon le 6 août avec une date limite fixée au 20 août. A cette date, « le navire quittera le registre de Gibraltar et retournera dans celui de son propriétaire, l’Allemagne », poursuit le gouvernement de Gibraltar.

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                Après l’appel de SOS Méditerranée, le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »



Un navire au cœur des tensions diplomatiques en Europe
L’Aquarius a secouru vendredi 141 personnes à bord de deux barques en bois, dont une moitié de mineurs et plus d’un tiers de femmes et se trouvait lundi entre Malte et l’île italienne de Lampedusa, a indiqué la présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, en appelant « l’ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités » pour accueillir ces migrants alors que l’Italie refuse.
« Propriété allemande, loué par une ONG française, équipage étranger, dans les eaux maltaises, battant pavillon de Gibraltar : l’Aquarius peut aller où il veut mais pas en Italie ! », a réagi sur Twitter Matteo Salvini.
En juin, l’Aquarius a été au cœur d’une crise diplomatique après avoir récupéré 630 migrants au large de la Libye, dont une partie transférés par les gardes-côtes italiens ou des militaires. L’Italie et Malte avaient refusé de les laisser débarquer et l’odyssée du navire s’était achevée dans le port espagnol de Valence.
Dans son communiqué, Gibraltar demande par ailleurs aux ports les plus proches de « remplir leurs obligations (…) et de permettre à l’Aquarius de débarquer ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’homme le plus riche du Royaume-Uni avait déjà déménagé le siège de son entreprise en Suisse pour des raisons fiscales.
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Jim Ratcliffe, le brexiteur milliardaire qui part se réfugier… à Monaco

L’homme le plus riche du Royaume-Uni avait déjà déménagé le siège de son entreprise en Suisse pour des raisons fiscales.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 06h28
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Grande silhouette dégingandée, sourire chaleureux et comportement de cow-boy… Jim Ratcliffe, l’homme le plus riche du Royaume-Uni, partisan du Brexit, est un fervent soutien de la déréglementation et des impôts les plus bas. Il vient de mener ce point de vue à sa conclusion logique, en s’installant à Monaco, où il n’y a pas d’impôt sur le revenu pour les étrangers. L’information, d’abord révélée par le Daily Telegraph, a été confirmée au Monde par une source proche de l’homme d’affaires.
A la tête d’une fortune estimée à 21 milliards de livres (23,5 milliards d’euros), selon le classement annuel du Sunday Times, Jim Ratcliffe, qui s’est enrichi grâce à la pétrochimie avec son entreprise Ineos, semble confirmer une tendance de fond chez les riches partisans du Brexit : préparer ses arrières, au cas où.
Jacob Rees-Mogg, chef de file des députés brexiteurs, a fait de même : la société de gestion qu’il a fondée, Somerset Capital Management, a lancé deux fonds d’investissement en Irlande. En 2017, John Redwood, autre député eurosceptique de longue date, et par ailleurs chef stratégiste de la société de gestion Charles Stanley, a conseillé à ses clients d’investir leur argent hors du Royaume-Uni.
L’appât du gain a été plus fort
Jim Ratcliffe n’y voit sans doute pas de contradiction. L’homme a toujours bataillé contre les impôts, et sa vision du Brexit n’est pas celle d’un retranchement, mais au contraire d’une plus grande « liberté législative et bureaucratique », explique-t-il dans sa récente autobiographie (The Alchemists, the Ineos story, de Jim Ratcliffe et Ursula Heath, éditions Biteback publishing, 2018, non traduit).
En 2008, alors que son empire pétrochimique était en sérieuse difficulté, croulant sous les dettes, il n’avait pas hésité à menacer le premier ministre d’alors, Gordon Brown, de déménager son entreprise en Suisse si ce dernier ne baissait pas les impôts. N’ayant pas obtenu gain de cause, il avait mis son projet à exécution, déplaçant le siège à Rolle, entre Genève et Lausanne.
Une affaire qu’il préférerait que tout le monde oublie ? Pas du tout. Il s’en vante. Dans son autobiographie, Jim Ratcliffe y consacre de longues pages et publie même une photo de lui devant ses bureaux helvétiques.
Depuis 2016, à la suite de la baisse de l’impôt sur les sociétés réalisée par le gouvernement de David Cameron, le milliardaire a rapatrié son siège à Londres. Mais pour son argent personnel, lui qui vit de toute façon dans un avion, entre ses usines éparpillées entre l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie, l’appât du gain a été plus fort.
Un seul credo : le business
Enfant de Manchester, premier de sa famille à aller à l’université, le self-made man n’est pas particulièrement impliqué en politique. S’il soutient le Brexit, il n’en a pas financé la campagne électorale. Il ne fait pas partie non plus des extrémistes qui pensent que le Royaume-Uni peut claquer la porte de l’Union européenne (UE) et tout laisser derrière lui. Mais d’après lui, un accord de libre-échange sera trouvé entre Londres et Bruxelles parce qu’il en va de l’intérêt de tous.
Son seul credo est celui du business. L’homme est un industriel, qui a fait toute sa carrière dans la chimie. Son monde est celui des cheminées, des hydrocarbures et de la concurrence.
A la fin des années 1990, il a saisi une occasion unique : les grandes compagnies pétrolières vendaient leurs usines pétrochimiques, qu’elles ne jugeaient pas assez rentables. A coup d’emprunts, Jim Ratcliffe a pu les racheter et monter un empire. Aujourd’hui, il possède soixante-treize usines à travers le monde, dont d’énormes raffineries en Ecosse et à Marseille. Il se lance depuis peu dans l’exploitation d’hydrocarbures et rêve d’être un des pionniers du gaz de schiste au Royaume-Uni.
Les syndicalistes de la raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, tremblent encore de sa dureté en négociations : face à leurs grèves, Jim Ratcliffe a menacé de fermer le site ; les grévistes ont été forcés de reculer et d’accepter toutes les conditions de leur patron. En échange, réplique le milliardaire, ce site dont plus personne ne voulait a été relancé.

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                Jim Ratcliffe, terreur des syndicats et milliardaire sans complexe



Le passionné de sport – il participe à des courses dans le désert, finance un bateau de l’America’s Cup… – s’est retrouvé dans le Brexit du libre-marché et de la concurrence, appelant à plus de dérégulation. Son départ à Monaco relève de la même logique. Et tant pis pour les électeurs qui ont choisi le Brexit parce qu’ils voulaient fermer les frontières, limiter l’immigration et mieux protéger leur région de la mondialisation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.
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Postulez au « meilleur job du monde » et vous pourrez arrêter de regarder des vidéos de chats sur Internet

La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h07
   





                        


Imaginez une île grecque paradisiaque, une maison gratuite, un potager, et approximativement 70 chats : c’est ce que propose Joan Bowell. La fondatrice de God’s Little People, un sanctuaire pour chats situé à Syros, une petite île des Cyclades, à la recherche de quelqu’un pour veiller sur ses félins, a posté une offre d’emploi sur Facebook. Le succès a été immédiat : en à peine un peu plus d’une semaine, son post a été partagé plus de 25 000 fois sur le réseau social.
3 000 CV reçus plus tard, Joan Bowell n’en revient toujours pas. « Je suis juste sidérée », écrit-elle sur sa page Facebook, « notre offre a même été diffusée à la télévision, en bandeau sur BBC News ». Pourtant, pas de quoi s’étonner : les photos idylliques et la fiche de poste sont plutôt convaincantes.



« Vous devrez surveiller tous les chats, les nourrir et leur donner leurs médicaments pendant mon absence. […] En plus de ça, vous devrez également jouer avec eux et leur donner beaucoup d’amour. Il nous faut quelqu’un de responsable, en qui nous pouvons avoir confiance, quelqu’un d’honnête avec un grand cœur. »
Le poste est à pourvoir sur le long terme, au minimum six mois, et l’heureux élu prendra ses fonctions le 1er novembre. Autre avantage exceptionnel : une maison sera gratuitement mise à la disposition de la personne choisie, et les factures d’eau et d’électricité payées.



A la recherche du « candidat parfait »
Joan Bowell et son mari ont aménagé sur Syros il y a sept ans pour des raisons de santé et ont très rapidement recueilli des chats abandonnés. « J’avais d’ores et déjà fait du bénévolat dans un refuge pour chat au Danemark, dont je suis originaire. En arrivant en Grèce, nous nous sommes rendu compte qu’ici, ils étaient régulièrement abandonnés », expliquait Mme Bowell sur un blog spécialisé dans l’accueil de chat abandonnés. Au bout d’un an, le couple se rend compte qu’il a déjà secouru une trentaine de chats et décide de créer le refuge de God’s Little People.



« C’est aussi à ce moment-là que nous avons décidé de communiquer sur notre action pour recevoir des dons ; les frais de vétérinaire étaient devenus trop importants pour nous seuls », disent-ils. Joan Bowell crée alors un blog et une page Facebook, qu’elle remplit des photos qu’elle prend de ses chats, ainsi qu’une boutique Etsy sur laquelle elle vend ses dessins à l’aquarelle.
Le couple doit pourtant retourner pour quelques mois à New York cet automne, et cherche donc un remplaçant. « Nous voulons absolument trouver le candidat parfait, et même si nous avons déjà reçu des milliers de candidatures, je vous encourage à postuler si secourir des chats est votre vœu le plus cher », écrit Joan Bowell.
Si vous hésitez toujours, l’un de ses derniers posts Facebook devrait terminer de vous convaincre : « C’est la vue que nous avons depuis notre maison… oui, la plage est juste en bas, et vous pourrez peut-être emmener les chatons s’y promener dans quelques mois si vous osez postuler ! »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.
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Un ministre norvégien démissionne après un voyage privé en Iran

Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 15h49
   





                        


Le ministre norvégien de la pêche, Per Sandberg, a démissionné lundi 13 août après avoir enfreint les règles de sécurité lors d’un voyage privé en Iran avec une ex-reine de beauté d’origine iranienne. Numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), M. Sandberg, 58 ans, a admis s’être rendu en Iran en juillet avec sa nouvelle compagne de 28 ans, Bahareh Letnes, sans avoir au préalable averti les services du premier ministre et en emportant son téléphone portable de fonction. Cela alors que les services de sécurité norvégiens citent régulièrement l’Iran comme l’un des pays les plus actifs en matière d’espionnage, avec la Chine et la Russie.
« Per a lui-même demandé à partir, et j’estime que c’est une bonne décision, a déclaré la première ministre conservatrice, Erna Solberg, lors d’une conférence de presse. Il n’a pas fait preuve du bon sens nécessaire en matière de gestion de la sécurité. » M. Sandberg sera remplacé au gouvernement par Harald Tom Nesvik, membre de la même formation politique. Il a aussi renoncé à la vice-présidence du parti.
Une enquête sur sa compagne
Sous pression, M. Sandberg avait présenté des excuses avant d’être finalement rattrapé par les révélations distillées jour après jour. Il est par exemple apparu qu’il avait aussi violé les protocoles de sécurité en emmenant son téléphone professionnel en Chine en mai. « C’est triste, a-t-il affirmé devant la presse. J’avais pensé pouvoir boucler certains projets. » L’affaire agitait les médias norvégiens depuis deux semaines et alimentait les critiques tant dans l’opposition qu’au sein du Parti du progrès, au pouvoir au sein d’une coalition regroupant aussi les conservateurs et les libéraux.
Per Sandberg n’a pas voulu commenter à ce stade les aspects privés de l’histoire, particulièrement pimentée pour les médias, en raison de l’identité de sa nouvelle conjointe. De trente ans sa cadette, Bahareh Letnes est une ex-reine de beauté d’origine iranienne, devenue femme d’affaires. Elle avait été déboutée trois fois de sa demande d’asile en Norvège et expulsée avant d’obtenir finalement un permis de séjour au motif qu’elle risquait un mariage forcé en Iran. Les services de sécurité intérieure ont ouvert une enquête sur sa personne, même si elle nie tout lien avec le régime iranien.
Favorable à une politique d’immigration stricte, le Parti du progrès préconise l’expulsion rapide des demandeurs d’asile déboutés et est généralement critique à l’égard des étrangers qui retournent dans leur pays d’origine après avoir décroché des papiers dans le royaume nordique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.
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Pourquoi les Roumains continuent-ils de manifester ?

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 06h30
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Dimanche 12 août au soir, ils étaient encore quelques milliers. Si l’ampleur des manifestations varie en fonction des rebondissements de l’actualité, les opposants au gouvernement roumain descendent dans la rue de manière quasi continue depuis dix-huit mois pour protester contre la politique d’affaiblissement de la lutte anticorruption menée par le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir. Leur principale cible est son dirigeant, l’indéboulonnable Liviu Dragnea, 55 ans.
Qui est Liviu Dragnea, cible des protestations ?
Largement victorieux des législatives organisées en décembre 2016, Liviu Dragnea n’a jamais pu devenir premier ministre en raison de deux condamnations judiciaires. L’une à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, devenue définitive en 2016. L’autre, en juin, à trois ans et demi ferme pour détournement de fonds publics, condamnation dont il a fait appel. Il est également poursuivi dans une troisième affaire de détournements de fonds européens. Or, la loi roumaine impose un casier judiciaire vierge pour devenir ministre.
Face à ces obstacles, M. Dragnea avait expliqué au Monde, en décembre 2016, quelques jours avant sa victoire électorale, « avoir un plan ». Son large score de 46 % des voix lui a permis depuis de le dérouler de façon quasi implacable, même si l’opposition de la rue et du président libéral, Klaus Iohannis, a compliqué les choses.
Depuis la Chambre des députés dont il a pris la présidence, il a en effet pu faire nommer successivement trois premiers ministres, limogés chacun à leur tour lorsqu’ils ont émis des critiques sur la politique d’affaiblissement de la justice, visiblement imposée par M. Dragnea. Celui-ci estime être victime des abus de la lutte anticorruption. Il a plusieurs fois dénoncé l’existence d’un « Etat parallèle » au sein de la justice qui voudrait « contrôler le pays ».
En quoi consistent les attaques contre le parquet anticorruption ?
Institution crainte par les responsables politiques roumains mais respectée par la population, le parquet anticorruption (DNA en roumain) est sa cible principale.
Devenu extrêmement efficace sous la pression de l’Union européenne (UE), à laquelle la Roumanie a adhéré en 2007, le DNA a instruit des centaines d’affaires impliquant des politiques de tous les niveaux. Véritable fléau dans le pays, la corruption fait, sous l’égide du DNA, l’objet d’une lutte sévère.
Trop, pour certains responsables politiques, qui pointent des condamnations de fait particulièrement lourdes. Les trois ans et demi de prison ferme de M. Dragnea sont ainsi venus sanctionner une affaire d’emploi fictif dans laquelle le préjudice a été évalué à 24 000 euros. Plusieurs dossiers mal ficelés ont aussi fini par des non-lieu.
Augmentation du seuil des poursuites
En février 2017, la première offensive du leader du PSD avait d’ailleurs consisté à faire adopter des ordonnances dans l’urgence pour notamment faire passer le seuil des poursuites pour de tels faits à 44 000 euros, ce qui aurait immédiatement arrêté celles intentées contre lui. Ces ordonnances ont déclenché des manifestations d’une ampleur considérable, réunissant plus de 500 000 personnes à Bucarest.
Comme aujourd’hui, les cortèges étaient surtout constitués de l’élite urbaine et éduquée de Roumanie, alors que le cœur de l’électorat du PSD, plus pauvre et rural, a été choyé avec des augmentations de salaires et de prestations sociales.
La gigantesque diaspora roumaine, représentant près de 20 % de la population active et politiquement plus libérale que le reste de la population, a aussi multiplié les mouvements d’humeur. A l’époque, le gouvernement avait été forcé de reculer.

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Révision des jugements non unanimes
Mais M. Dragnea n’a pas pour autant renoncé à son offensive. Fin 2017, un nouveau premier ministre, Mihai Tudose, fait ainsi adopter plusieurs lois qui visent notamment à instaurer un corps d’inspection de la magistrature. En juin, une nouvelle loi est passée qui prévoit, elle, qu’un jugement non signé par l’ensemble des magistrats peut être révisé. Or, c’est justement le cas d’un des dossiers impliquant l’homme fort roumain…
Limogeage de la cheffe du DNA
Surtout, le gouvernement, désormais dirigé par Viorica Dancila, une très proche de M. Dragnea, a obtenu en juillet la tête de la cheffe du DNA, Laura Codruta Kövesi. Cette figure de la justice roumaine a été démise de ses fonctions après un long bras de fer entre le gouvernement et le président Klaus Iohannis.
Le ministre de la justice avait notamment reproché à la procureure d’avoir « enfreint la Constitution » et « nui à l’image » de la Roumanie à l’étranger lors des entretiens qu’elle multipliait avec la presse internationale pour dénoncer les actions du gouvernement.
Qui a manifesté vendredi soir ?
Bien que ce limogeage et ces lois aient suscité de vives protestations des chancelleries occidentales et des associations de magistrats, elles n’ont toutefois pas déclenché de vagues de protestation comparables à celles de l’hiver 2017.
La grande manifestation de la diaspora organisée vendredi 10 août au soir a ainsi réuni un peu moins de 100 000 personnes, selon les médias locaux.
Les violences qui ont émaillé le rassemblement étaient toutefois une première, ceux-ci étant jusqu’alors totalement pacifiques. Plusieurs responsables de l’opposition libérale étaient présents dans la rue, mais elle est loin d’être en mesure de faire tomber le gouvernement. D’autant que la diaspora s’apprête à repartir avec la fin de l’été. M. Dragnea pourra ensuite tranquillement continuer son œuvre de blanchiment de ses dossiers judiciaires personnels en faisant modifier les lois à sa guise.

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Article sélectionné dans La Matinale du 13/08/2018
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Après l’appel de SOS Méditerranée, le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »

Le navire humanitaire est en position entre Malte et l’Italie depuis le sauvetage de 141 personnes, vendredi. Les deux pays refusent de l’accueillir.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 06h32
   





                        



   


La présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, a appelé lundi 13 août « l’ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités » pour trouver un port sûr à l’Aquarius. Au cours de deux opérations vendredi 10 août, le navire humanitaire a récupéré 141 personnes au large des côtes libyennes, dont la moitié sont des enfants, et un tiers, des femmes, a précisé Mme Beau.
L’Aquarius a d’abord récupéré vingt-cinq migrants à bord d’une petite barque en bois vendredi matin. Puis, il a secouru l’après-midi 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés, essentiellement originaires de Somalie et d’Erythrée, qui se trouvaient sur une embarcation en bois, « surchargée », sans eau ni nourriture.
« Les gardes-côtes qui ont assuré le sauvetage nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas nous donner un port sûr. La Libye n’est pas un port sûr », a estimé Mme Beau. L’Aquarius « est en position entre Malte et l’île italienne de Lampedusa », a indiqué à l’AFP Mme Beau, dont l’association humanitaire a déjà eu deux « réponses officielles négatives » de la part de Malte et de l’Italie.

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Une situation en « contradiction » avec le droit maritime
« On demande à l’ensemble des Etats européens de trouver une solution. On les appelle à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée », a ajouté Mme Beau, selon laquelle la situation actuelle est « en contradiction la plus totale avec le droit maritime international, et tout cela se fait sur le dos de personnes en danger ».
Autre « effet pervers de la non-gestion » de ce problème humanitaire par les Etats, « des rescapés ont raconté que cinq navires leur sont passés devant sans s’arrêter », condamne la présidente de SOS Méditerranée. « Et aujourd’hui il n’y a aucun navire sur la zone de détresse, nous sommes très inquiets. »

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Dimanche, une embarcation de onze personnes est tombée en panne entre la zone maltaise et la zone italienne. Elle a été prise en charge par les gardes-côtes italiens, a encore indiqué la présidente de SOS Méditerranée.
Samedi, le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file du parti d’extrême droite la Ligue, a déclaré que l’Aquarius, « propriété d’un armateur allemand avec un pavillon de Gibraltar », « ne verrait jamais un port italien ».
De son côté, l’Espagne a annoncé lundi ne pas souhaiter non plus accueillir l’Aquarius. « Pour le moment, l’Espagne n’est pas le port le plus sûr car il n’est pas le plus proche » pour le navire, a déclaré une porte-parole du gouvernement.

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Le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »
Lundi 13 août dans l’après-midi, la ville de Sète (Hérault) s’est finalement dite prête à accueillir les 141 migrants sauvés par l’Aquarius, par la voix du président du port de Sète-Frontignan et ancien ministre des transports, Jean-Claude Gayssot, selon France Bleu Hérault.
« La seule condition, c’est d’abord le feu vert des autorités françaises. Je comprends que les choses sont complexes, y compris qu’il faut combattre les passeurs. Mais là, il s’agit de vies humaines. Tout doit être second par rapport à l’humain, par rapport à sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants », a-t-il dit.
L’Elysée, sans commenter la proposition précise du port de Sète, a affirmé à l’AFP lundi soir discuter avec les autres Etats européens : « Pour répondre aux impératifs humanitaires, nous sommes en discussion avec les pays concernés pour que, dans le plein respect du droit de la mer, ce bateau puisse aller rapidement au port sûr le plus proche. »

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Une situation de blocage qui s’était déjà produite en juin
En juin déjà, l’Aquarius avait récupéré 630 migrants au large de la Libye. Mais l’Italie et Malte avaient refusé de les laisser débarquer. L’odyssée du navire s’était achevée dans le port espagnol de Valence. L’Aquarius est ensuite resté un mois en escale technique à Marseille.
Cet épisode avait eu des répercussions dans toute l’Union européenne (UE), creusant le fossé entre les partisans d’une ligne dure face à la question migratoire et les défenseurs d’une solution européenne et coopérative. Il avait également suscité de vives tensions entre Paris et Rome.
Depuis, la France a accueilli quelques dizaines de réfugiés une fois qu’ils ont été débarqués dans un autre pays de l’UE.



                            


                        

                        

