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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Pékin a condamné l’invitation mardi d’Andy Chan et fait part de son indignation.
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A Hongkong, un militant indépendantiste dénonce le « colonialisme » chinois devant les correspondants étrangers

Pékin a condamné l’invitation mardi d’Andy Chan et fait part de son indignation.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 18h59
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Pékin a vivement condamné l’intervention du jeune indépendantiste hongkongais Andy Chan lors d’un déjeuner-débat organisé mardi 14 août par le Club des correspondants étrangers (Foreign Correspondents Club, FCC) de l’ancienne colonie britannique. Malgré les pressions exercées les jours précédents tant par les autorités de la région administrative autonome que par les représentants chinois, le FCC, qui revendique 2 000 membres (à la fois des journalistes, mais aussi des diplomates, des hommes d’affaires et des fonctionnaires en service ou à la retraite) a maintenu son événement. « Le 14 août, malgré la forte opposition de tous les milieux de Hongkong, le FCC a invité un “indépendantiste” hongkongais à s’exprimer. Nous le condamnons et nous exprimons notre indignation », a réagi, dans un communiqué, le bureau de représentation du ministère chinois des affaires étrangères. Dimanche, la cheffe de l’exécutif de Hongkong, Carrie Lam, avait jugé qu’il était « inapproprié » de donner la parole à M. Chan.
Emprise chinoise
Revenu dans le giron de la Chine en 1997, Hongkong bénéficie d’un statut spécial défini comme « un régime, deux systèmes », lui garantissant un certain nombre de droits jusqu’en 2047. Cependant, ces dernières années, Pékin a renforcé son emprise et son influence, provoquant une certaine inquiétude et des résistances au sein de la société hongkongaise. En 2014, pendant plus de deux mois, des centaines de milliers de Hongkongais avaient paralysé des quartiers entiers de la mégapole pour réclamer à la Chine l’instauration d’un véritable suffrage universel. Mais Pékin n’avait pas cédé.

Lors de son intervention mardi, Andy Chan, leader d’un microparti indépendantiste, a dénoncé le « colonialisme » chinois, parlant d’« un Empire, un système » pour décrire la volonté de la deuxième puissance économique mondiale de faire taire tous ceux qui s’opposent à lui. « Malheureusement, nous sommes une nation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le taux directeur argentin a été porté à 45 % par les autorités monétaires du pays, qui craignent que la crise turque affecte le peso.
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La crise turque pousse la banque centrale d’Argentine à relever son taux directeur

Le taux directeur argentin a été porté à 45 % par les autorités monétaires du pays, qui craignent que la crise turque affecte le peso.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 19h20
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   


La banque centrale d’Argentine (BCRA) a annoncé, lundi 13 août, le relèvement de son taux directeur à 45 %, soit 5 points de plus que le précédent taux en vigueur. La BCRA assure qu’elle maintiendra ce taux exceptionnellement élevé « au minimum » jusqu’au mois d’octobre.
A en croire le communiqué de l’institut monétaire, cette décision a notamment été prise au regard de la « conjoncture internationale actuelle ». Autrement dit, la dépréciation de la livre turque observée ces derniers jours a poussé le comité de politique monétaire argentin à réagir, par crainte de la contagion.
Les banquiers centraux argentins estiment en effet que des soubresauts de la crise turque seraient susceptibles d’avoir un « impact sur l’inflation » en Argentine. Dans le sillage de la monnaie turque, le peso pourrait en effet être attaqué sur les marchés et perdre de sa valeur, ce qui provoquerait un surcroît d’inflation. Or, cette dernière évolue déjà à des niveaux préoccupants depuis plusieurs années. En avril dernier, elle s’élevait à 25,5 % sur un an.
Un peso argentin déjà mal en point
Si la BCRA a réagi si fortement, c’est que le peso argentin est déjà en grande difficulté. En six mois, la monnaie nationale a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar.

   


Le plongeon observé depuis plusieurs jours s’ajoute en effet à la sévère baisse constatée entre mai et juin. A l’époque, il avait fallu une remontée graduelle mais importante du taux directeur de la BCRA (de 27,25 % à 40 % en quelques jours) et, surtout, le versement par le FMI de 15 milliards de dollars (première tranche d’un plan de 50 milliards), pour enrayer la chute du peso.
Problèmes structurels et hausse des taux américains
La défiance envers la monnaie argentine est d’abord le symptôme des problèmes structurels du pays : une inflation galopante (par ailleurs renforcée par la chute du peso…), une balance commerciale redevenue déficitaire et un passé chargé en matière de problèmes financiers.
Depuis son élection fin 2015, Mauricio Macri tente de remédier à ces maux, avec des mesures d’inspirations libérales. Mais réduire les dépenses et l’inflation sans sacrifier la croissance s’avère difficile. Et, depuis plusieurs mois, un facteur externe est venu fragiliser un peu plus la monnaie argentine : la hausse des taux d’intérêt américains.

   


C’est presque une constante du système monétaire et financier international : lorsque la Réserve fédérale américaine décide de relever son taux directeur, les devises des pays émergents souffrent, les investisseurs retirant leurs actifs de ces pays pour les placer aux Etats-Unis, pays d’accueil beaucoup plus sûr et redevenu lucratif.
De quoi valider a posteriori la sentence de John Connally, ancien secrétaire au Trésor américain qui, en 1971, déclarait : « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ancienne étoile montante du Parti démocrate au pouvoir, An Hee-jung, était accusé d’avoir violé plusieurs fois sa secrétaire. L’affaire avait émergé dans le sillage de #metoo.
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Accusé de viol, un dirigeant politique sud-coréen acquitté

L’ancienne étoile montante du Parti démocrate au pouvoir, An Hee-jung, était accusé d’avoir violé plusieurs fois sa secrétaire. L’affaire avait émergé dans le sillage de #metoo.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 18h13
    |

                            Manuel Ausloos








                        



   


C’est un coup dur pour le mouvement #metoo en Corée du Sud. Le dirigeant politique An Hee-jung, accusé de viol par sa secrétaire, a été acquitté par un tribunal de Séoul, mardi 14 août. Pressenti un temps pour succéder en 2022 au président Moon Jae-in, ce gouverneur de la province du Chungcheong du Sud avait présenté ses excuses et démissionné, avant d’être exclu du Parti démocrate, au pouvoir, puis inculpé.

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Dans une interview télévisée diffusée en mars, Kim Ji-eun, la secrétaire de M. An, l’avait accusé de l’avoir violée quatre fois depuis son embauche, en juin 2017. Elle expliquait s’être sentie contrainte de se plier aux désirs de son supérieur à cause de sa position hiérarchique.
Poursuivi pour plusieurs chefs d’abus sexuels et d’abus sexuels en situation d’autorité, An Hee-jung a été totalement acquitté en l’absence de preuves suffisantes aux yeux de la cour. « Il y a aussi beaucoup de choses qui posent question ou qui sont incompréhensibles dans le témoignage de la victime », a estimé le juge.
« Je vais m’efforcer de renaître »
Bien qu’il ait reconnu que les relations avec son employée avaient eu lieu, le politicien de 53 ans maintenait qu’elles avaient été librement consenties. Le parquet a annoncé son intention de faire appel de la décision, qu’il juge « difficile à comprendre ». S’exprimant brièvement à la sortie du tribunal, M. An s’est dit « honteux » : « Je vous ai tous déçus. Je vais m’efforcer de renaître. »
Dans une société coréenne encore largement dominée par les hommes, Mme Kim est l’une des rares femmes à avoir publiquement évoqué des agressions sexuelles. Elle a dit s’être sentie encouragée par le mouvement #metoo aux Etats-Unis. Sa prise de parole lui avait valu le soutien de groupes de défense des droits des femmes, dont quelques membres étaient présentes le jour du verdict.
Les révélations s’étaient multipliées en Corée dans le sillage de l’affaire Weinstein, mais la déclinaison coréenne de #metoo a véritablement démarré le 28 janvier, quand la procureure Seo Ji-hyeon avait révélé s’être fait agresser par un supérieur du ministère de la justice lors de funérailles, en 2010. Les prises de parole s’étaient alors multipliées, éclaboussant de nombreuses figures du monde des arts et de la politique.
Vidéos en ligne
Devant la montée de la grogne, le gouvernement avait annoncé en mars un plan pour lutter contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel. Parmi les mesures proposées figure une extension de la loi sur les relations sexuelles par abus d’autorité. Le ministère du travail s’est engagé à mettre sur pied un système pour que les victimes puissent dénoncer anonymement leurs agresseurs.
Le samedi 4 août, une marche d’une ampleur inédite avait réuni 70 000 femmes dans les rues de Séoul, pour protester contre l’impunité dont jouissent les hommes qui filment des femmes à leur insu pour ensuite mettre les vidéos en ligne, une pratique baptisée molka en Corée du Sud. Quelque 6 500 signalements ont été notifiés à la police en 2017. La plupart des dénonciations ne se soldent cependant aujourd’hui que par une simple amende.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’effondrement du viaduc autoroutier à Gênes, inauguré en 1967, touche un axe essentiel en Italie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ A l’initiative du « Boston Globe », de nombreux quotidiens vont publier jeudi des éditoriaux répondant aux diatribes contre les médias du président américain.
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Plus de 200 journaux américains répliquent aux attaques de Trump contre la presse

A l’initiative du « Boston Globe », de nombreux quotidiens vont publier jeudi des éditoriaux répondant aux diatribes contre les médias du président américain.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 17h47
    |

            François Bougon








                        



   


Plus de 200 journaux américains vont publier le même jour, jeudi 16 août, des éditoriaux pour dénoncer « la guerre sale contre la presse libre » menée par le président Donald Trump. L’initiative vient de la responsable des pages débats du Boston Globe, Marjorie Pritchard.

The number keeps growing: More than 200 editorial boards nationwide plan to write and publish editorials on the imp… https://t.co/fjX43P5839— marjoriepritch (@marjorie pritchard)


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« Nous ne sommes pas l’ennemi du peuple », a expliqué cette dernière, faisant référence à l’expression utilisée par Donald Trump lors de ses derniers meetings, tenus à l’occasion de la campagne pour les élections de mi-mandat en novembre ou sur son compte Twitter. Une expression que le complotiste Alex Jones, récemment banni de plusieurs plates-formes en ligne, affirme avoir inventée et transmise à Trump en le recevant dans son émission de radio en 2015.

The Fake News hates me saying that they are the Enemy of the People only because they know it’s TRUE. I am providin… https://t.co/wPPjT7QrcY— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le texte qui sera publié jeudi par les journaux américains (des quotidiens de grandes métropoles comme Houston Chronicle, Minneapolis Star Tribune, Miami Herald ou le Denver Post, mais aussi des hebdomadaires locaux) ne sera pas le même, chacun étant libre d’utiliser ses propres mots et de conserver sa propre ligne. Mais l’objectif est commun : dénoncer des attaques « inquiétantes », selon Marjorie Pritchard, qui a expliqué à l’agence Associated Press :
« J’espère que cela permettra aux lecteurs de réaliser qu’une attaque contre le premier amendement [qui permet la libre expression] est inacceptable. Nous sommes une presse indépendante et libre, c’est l’un des principes les plus sacrés inscrits dans la Constitution. »
Voix discordantes
Cependant, une journaliste de CNN s’interroge sur l’efficacité d’un tel geste sur ceux qui n’ont plus confiance dans les médias :
« Ce que nous devons faire réclame plus de temps et d’argent, c’est éduquer les gens à l’école sur ce que sont les informations, sur ce qui est digne de confiance ou pas, mais aussi avoir des journalistes sur le terrain qui interagissent avec les lecteurs et les téléspectateurs, expliquent comment nous travaillons, et c’est comme cela que l’on aura plus de confiance dans les médias. » 
Pour sa part, le Wall Street Journal a expliqué ne pas vouloir participer à cette campagne, jugeant notamment que publier « les mêmes critiques envers Trump au même moment n’est probablement pas le meilleur moyen d’élargir le lectorat au sein de la moitié droite de l’électorat ». Le journal juge également que cette « stratégie semble plus adaptée à la politique qu’au journalisme ».
Début août, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, avait révélé avoir mis en garde directement le président américain quant à ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison Blanche, évoquant une « rhétorique antipresse extrêmement troublante ».

        A lire sur le sujet :
         

          Les médias américains inquiets du climat de haine entretenu par Donald Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le président américain a annoncé la mise en place de fortes taxes sur certains produits chinois importés aux Etats-Unis. Quelles peuvent être les conséquences de cette politique ?
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Entre 2 000 et 3 000 personnes ont manifesté pour soutenir l’initiative du président tunisien en faveur de l’égalité successorale entre hommes et femmes.
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Reportage

Dans les rues de Tunis, hommes et femmes pour un héritage « kif-kif »

Entre 2 000 et 3 000 personnes ont manifesté pour soutenir l’initiative du président tunisien en faveur de l’égalité successorale entre hommes et femmes.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-14T17:18:08+02:00"

        Le 14.08.2018 à 17h18






    
Manifestation en faveur de l’égalité des hommes et des femmes devant l’héritage, à Tunis, le 13 août 2018.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


« Mon frère et moi, kif-kif », « Stop the war on women » (« Arrêtez la guerre contre les femmes »)… Les pancartes dansent sur la foule enveloppée dans le drapeau tunisien. Devant le théâtre municipal de l’avenue Bourguiba, au cœur d’un Tunis déserté par les congés scolaires, « ils » et « elles » ont tenu à venir, lundi 13 août, proclamer, chanter, hurler leur soutien à la cause de l’égalité entre hommes et femmes dans l’héritage. Après une longue phase d’accalmie politique, sas de décompression après le pic de fièvre post-révolutionnaire des années 2012-2013, la Tunisie s’offre à nouveau une auguste querelle.

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                En Tunisie, le chef de l’Etat lance la bataille pour l’égalité dans l’héritage



Faut-il répartir à égalité les successions familiales entre hommes et femmes ? « Oui », a répondu quelques heures plus tôt le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, dans un discours solennel à l’occasion de la Journée de la femme en Tunisie. « Oui », entonne en chœur la foule agglomérée devant les marches du théâtre municipal. Le rassemblement n’est pas massif. Entre 2 000 et 3 000 personnes, ce n’est pas un raz-de-marée. Mais l’essentiel est d’être là, présent sur le pavé, et ne pas le laisser aux « autres », le camp conservateur d’obédience islamiste dressé contre cette réforme.
« Je suis là pour contrer l’islamisation »
Awatef Saadi, drapeau tunisien – croissant et étoile sur fond rouge – porté en écharpe, rayonne. Tunisienne travaillant dans le golfe Persique, elle est là un peu par hasard, surprise par la controverse en plein voyage d’affaires dans son pays natal. Elle n’a pas hésité un seul instant quand elle a eu vent de cette manifestation. « Je suis là pour contrer l’islamisation et la régression, clame-t-elle. La femme tunisienne a déjà conquis beaucoup de droits, on ne reviendra pas en arrière. Il faut que la Tunisie continue de montrer l’exemple dans le monde arabe. » Awatef Saadi a un frère. Et elle assure qu’il serait prêt à partager à égalité sa part d’héritage avec elle : « Pour lui, ce n’est pas une question d’argent, mais une affaire de principe. »
Selon l’actuel droit successoral en Tunisie, inspiré des préceptes du Coran, une femme ne touche que la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté. Le chef de l’Etat veut instituer une égalité de principe, entérinant ainsi une des propositions de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), nommée par ses soins, qui a rendu à la mi-juin un rapport sur un audacieux train de réformes sociétales.

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                Quand la Tunisie interroge ses tabous les mieux gardés



Le débat avait débuté sous un angle technique, mais il a vite pris une tournure politique. A entendre les propos tenus sur l’avenue Bourguiba, on dirait que la Tunisie rejoue le grand schisme idéologique entre les « modernistes » et les « islamistes » qui l’avait déjà déchirée en 2013. Deux jours plus tôt, devant le palais du Bardo, où siège l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), une manifestation hostile à la réforme de l’héritage avait rassemblé autour de 6 000 personnes dans une ambiance chauffée à blanc par des slogans islamistes. Nombre des « progressistes » tunisiens ont été effrayés par ces images qu’ils croyaient appartenir à une époque révolue. Ils ont tenu à y répliquer en descendant lundi sur l’avenue Bourguiba. Les deux Tunisie se toisent de nouveau.
« Ennahda tient un double discours »
« Je suis là pour dire non à l’obscurantisme, affirme Ahlem Bousaada, professeure d’histoire et d’archéologie. Cette réforme de l’héritage est historique. C’est fondamental. Il s’agit de compléter les acquis des droits des femmes. » A ses côtés, Awatef Troudi, fonctionnaire dans une agence aéroportuaire, opine : « On travaille pour les plus jeunes. On espère un changement radical. Il faut arrêter de mélanger la religion et la citoyenneté. » Et comme la plupart des manifestants, elle décoche une flèche contre Ennahda, le parti issu de la matrice islamiste, qui prétend avoir effectué son aggiornamento doctrinal. « Ennahda tient un double discours », fustige-t-elle.

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                Les droits des femmes dans le monde : de très fortes disparités entre Nord et Sud



Cet après-midi-là, au cœur de l’avenue Bourguiba, il n’était évidemment pas question de croiser ces islamistes honnis par les manifestants. Chacun son rassemblement. On ne se mélange pas. Alors, pour comprendre le discours que ces « autres » tiennent, on a joint par téléphone Farida Labidi, députée d’Ennahda. Un son de cloche assurément différent :
« Je ne vois pas l’intérêt de cette réforme. L’héritage en Tunisie n’est pas une affaire d’égalité mais de justice et d’équité. C’est une question qui touche à la nature de la société et à la religion du peuple. On ne peut pas obliger ainsi une société à changer son mode de vie. Les sondages d’opinion montrent que la majorité de la population est favorable au maintien du système actuel. Il faut respecter la volonté du peuple. L’héritage est une question secondaire. En matière de droits des femmes, il y a des priorités bien plus urgentes : l’égalité des salaires dans les usines et dans les champs en zones rurales. Il faut unir les Tunisiens et non les diviser. »
Entre les deux camps, le dialogue de sourds est assourdissant.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pour le philosophe Issa N’Diaye, la forte abstention lors de la présidentielle est un nouveau désaveu pour le système démocratique imposé par les Occidentaux.
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Entretien

« Les Maliens voient les élections comme une impasse »

Pour le philosophe Issa N’Diaye, la forte abstention lors de la présidentielle est un nouveau désaveu pour le système démocratique imposé par les Occidentaux.

Propos recueillis par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 14.08.2018 à 15h52

     •
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          datetime="2018-08-14T16:22:02+02:00"

        Mis à jour le 14.08.2018 à 16h22






    
Le président Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa réélection, met son bulletin dans l’urne lors du second tour du scrutin, dimanche 12 août 2018, à Bamako.
Crédits : Annie Risemberg / AP


Au Mali, l’élection présidentielle n’a pas rassemblé les foules : 42,7 % de participation au premier tour et une estimation de 28 % au second, qui opposait, dimanche 12 août, le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), et Soumaïla Cissé. Pour le philosophe Issa N’Diaye, la désaffection des citoyens envers la politique ne date pas d’hier. Ancien ministre de l’éducation et de la culture, il milite pour un changement de système politique, seul moyen selon lui de réconcilier les Maliens et leurs dirigeants. Alors que les résultats provisoires du second tour sont attendus mercredi 15 août, il revient sur les causes et les conséquences de l’abstention.
Le taux de participation du second tour devrait être nettement inférieur à celui, déjà bas, du premier. Pourquoi ?
Issa N’Diaye Les deux candidats sont de vieux routiers de la politique. C’est la troisième fois qu’ils s’affrontent lors d’une élection présidentielle. Ils viennent du même moule politique, l’Adema [Alliance pour la démocratie au Mali]. Ce sont les deux faces de la même médaille. Les Maliens les connaissent suffisamment et n’en attendent pas grand-chose. Au premier tour il y avait plus de candidats, dont certains auraient pu susciter beaucoup plus d’espoir, mais le système politique malien étant basé sur l’argent, ils ont été doublés car eux en ont moins. Il faut couper le cordon ombilical entre les politiques et les milieux d’affaires, éliminer l’argent comme critère de sélection au niveau du pouvoir. Les hommes politiques sont des oligarques, des acteurs économiques masqués. Tant que ce sera ainsi, le jeu sera faussé.
N’est-ce pas aussi une question d’offre politique, qui ne collerait pas aux attentes des Maliens ?
Les acteurs politiques n’ont pas d’offre, ni même de vision politique. Chacun parle de projet de société, mais en réalité personne n’en a. Ils racontent tous la même chose. Ils ne croient même pas en eux-mêmes. Un Soumaïla Cissé président, en quoi serait-il différent d’un IBK ? Il ne le serait pas. Cela explique aussi que les gens ne sont pas allés voter.
Quels autres facteurs peuvent expliquer la faible mobilisation ?
Les Maliens ne croient pas du tout au système actuel ni aux hommes politiques. Ce n’est pas nouveau. Il faut remonter à la chute de la dictature de Moussa Traoré, en 1991. On a parlé de révolution du 26 mars, mais à mon avis c’était une révolution de façade. Le système, l’Etat et la pratique du pouvoir n’ont pas changé. On a seulement changé de têtes, mais on a gardé le même système en allant puiser dans le personnel politique de Moussa Traoré. Alors que les Maliens, eux, croyaient en cette révolution. Ils avaient soif de changement. Mais ils ont vu très rapidement que ça n’allait nulle part et ils ont commencé à être déçus par la politique.
En 2013, les Maliens s’étaient mobilisés plus que d’ordinaire, avec un taux de participation de 51 % au premier tour et de 49 % au second...
C’est dû au choc de la guerre. Quand il y a eu l’offensive djihadiste dans le nord, les Maliens ont senti qu’il y avait péril en la demeure. D’où ce sursaut de mobilisation. Le pays était en danger. IBK a bénéficié d’un vote massif car ils pensaient que c’était un homme à poigne, capable d’imposer un Etat fort. Mais 2013 est vraiment une exception.
Lors des scrutins présidentiels, les abstentionnistes ont toujours été plus nombreux que les votants. Quel est le rapport des Maliens à la démocratie ?
Les Maliens ont constaté qu’en fin de compte, les élections n’apportent aucun changement dans leur vie quotidienne. Au contraire, ils voient qu’ils s’appauvrissent, que la corruption progresse, qu’il n’y a pas de progrès social. Ils voient les élections comme une impasse. L’abstentionnisme est un vote de protestation.
Quant à la démocratie, c’est quelque chose qui a été importé, parachuté et imposé aux Maliens par les Occidentaux. Mais ce modèle politique ne marche pas chez nous. Dans notre culture politique, n’importe qui ne peut pas être chef. Il y a des systèmes de stratifications sociales. Or la démocratie a la prétention de faire en sorte que n’importe qui peut devenir chef. Le modèle démocratique qui a été importé ne nous convient pas. Il faudrait le réadapter, le réinventer.
Comment ?
Il faudrait réfléchir à un modèle de représentation endogène, revenir aux racines, retourner voir comment étaient gérées nos communautés villageoises. Il y a une sorte de démocratie traditionnelle qui existait dans nos communautés et que malheureusement la colonisation est venue briser. Mais il y a encore des survivances.
La case du village, construite près de la concession du chef, est une sorte de parlement communautaire. On s’y réunit pour régler les problèmes du village et toutes les couches sociales y sont représentées : les chefs des grandes familles, les jeunes, les femmes. Il y a une distribution de la parole. Le chef écoute et sa décision est l’expression d’un consensus.
Ce sont des sources d’inspiration qui montrent qu’il y a d’autres façons de gérer l’Etat. Je pense qu’il faut tout repenser : le système, le modèle, les hommes et les procédures.
Selon vous, quel impact aura cette forte abstention sur la gouvernance du pays ?
Le président manquera de légitimité populaire. Il va être plus faible qu’avant et ne pourra pas imposer aux Maliens les réformes qui sont exigées, notamment dans le cadre des accords de paix d’Alger. Il y aura une paix de façade, mais les vrais problèmes ne seront pas résolus.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées

Des travaux de rénovation étaient en cours au moment de l’effondrement du viaduc de l’autoroute A10.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 18h29
   





                        



Existait-il un problème de sécurité sur le pont Morandi de Gênes ? Le sujet a immédiatement agité la presse italienne après l’effondrement de la structure autoroutière, qui a fait au moins 30 morts selon un bilan provisoire du ministère de l’Intérieur italien.
Interrogé à ce sujet dans les médias italiens, le PDG d’Autostrade per l’Italia, le groupe privé qui exploite les autoroutes italiennes, Giovanni Castellucci, a affirmé après le drame qu’il ne « détenait aucun document faisant état d’un quelconque danger » sur le pont. Pourtant, la presse italienne se fait l’écho de mises en garde récurrentes concernant la structure même de l’édifice, construit entre 1963 et 1967.

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          au moins 22 morts dans l’effondrement du pont Morandi à Gênes



L’une d’elles a notamment été formulée par le professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingénierie de Gênes, Antonio Brencich. Dans un article publié en 2016 par ingegneri.info, le spécialiste soulignait ainsi que « le viaduc de Morandi a immédiatement présenté plusieurs défaillances de structure, en plus de surcoûts importants de construction ».
N’hésitant pas à évoquer « une erreur d’ingénierie », le professeur pointe ainsi « une évaluation incorrecte des effets de retrait du béton ayant produit un plan de route non horizontal ». Selon Antonio Brencich, les automobilistes empruntant le pont, dès les années 1980, ressentaient ainsi des creux et des bosses sur la voie, correspondant à cette défaillance structurelle. Des modifications de surface avaient été réalisées pour corriger ces défauts, mais aucun changement au niveau de la structure n’avait été opéré.
« Modifier leurs calculs »
Interrogé mardi par le site Linkiesta à la suite de l’effondrement, Antonio Brencich a répété qu’il s’agissait, selon lui, d’un problème de structure du système de précompression appelé « Morandi M5 », du nom de l’architecte du pont :
« J’ai dit, et les faits me donnent malheureusement raison, que ce type de pont est mal conçu et mal calculé et présente des problèmes évidents de vulnérabilité. Après tout, s’il n’y en a que trois dans le monde, c’est qu’il y a bien une raison. »
Le pont Morandi a en effet deux « jumeaux » dans le monde. L’un en Libye, au dessus du Wadi Al-Kuf. L’autre a été construit à Maracaibo, au Venezuela. Or, ce dernier avait lui aussi connu un incident majeur, puisque, en avril 1964, le pétrolier Exxon Maracaibo, qui transportait près de 36 000 tonnes de marchandise, avait cogné deux de ses piles après une panne le rendant non manœuvrable. Les piles s’étaient alors effondrées, et la forme très particulière de ces piliers avaient alors été mises en cause. « Ce type d’événement n’avait pas été pris en compte lors de la phase de conception, souligne Antonio Brencich, pas plus que l’éventualité d’un tremblement de terre. »
Reste que l’accident du pont Morandi n’est pas une exception dans le paysage routier italien. Selon le quotidien italien El Corriere, au moins dix ponts se sont effondrés depuis 2013. Fin 2014, le viaduc de Scorciavacche, reliant le nouveau tronçon sicilien entre Palerme et Agrigente, a commencé à se fissurer puis est tombé, dix jours seulement après son inauguration. Plus récemment, le 9 mars 2017, le viaduc de l’autoroute A14 entre Loreto et Ancona avait fait deux morts et deux blessés.
Opérations de maintenance coûteuses
Des difficultés souvent dues à des travaux mal réalisés, mais aussi à un manque de maintenance sur les quelque 26 400 kilomètres du réseau routier italien.
Des travaux importants avaient pourtant bien été engagés à Gênes sur le pont Morandi, notamment au début des années 2000, avec des opérations de réfection des câbles de suspension si caractéristiques de l’ouvrage, attaqués par la corrosion. Un élément qui a surpris là encore le professeur Antonio Brencich, qui notait qu’un pont de cette taille est censé durer au moins cent ans, et s’étonnait de voir des coûts de maintenance dépasser bientôt le coût de construction. « A la fin des années 1990, 80 % de ce qui avait été dépensé pour la construction avait déjà été dépensé pour des travaux », souligne ainsi, mardi, Antonio Brancich, interrogé par Linkiesta.
Selon le quotidien italien Il Fatto Quotidiano, des travaux de rénovation étaient d’ailleurs encore en cours au moment de l’effondrement du pont, mardi 14 août. Il s’agissait d’une opération de consolidation de la dalle, d’intervention sur les haubans, caractéristiques du pont, ainsi que le remplacement des barrières dans les deux sens. Une voie spécifique avait été mise en place pour faciliter le travail des équipes de maintenance. Les travaux, d’un coût évalué à plus de vingt millions d’euros, avaient été lancés le 3 mai et auraient dû être achevés dans un an.
En mai, le PDG d’Autostrade, Giovanni Castellucci, cité par Il Fatto Quotidiano, s’excusait ainsi du désagrément à venir pour les usagers du pont. « Mais nous pensons que la sécurité passe avant tout », affirmait-il.
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            data-slide-description="Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août."
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            data-slide-description="Une vingtaine de voitures sont impliquées dans l’accident, d’après une source proche des enquêteurs."
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            data-slide-description="Certains habitants proches des lieux ont confié à la télévision Rai avoir d’abord pensé à « un tremblement de terre » en entendant le bruit assourdissant du pont qui s’écroulait."
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            data-slide-description="Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a déclaré que quelque 200 pompiers se rendaient sur place."
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            data-slide-description="« Je suis avec une immense appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui se profile comme une immense tragédie », a déclaré Danilo Toninelli, le ministre des transports italien."
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            data-slide-description="Des secouristes travaillent parmi les décombres du pont autoroutier."
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            data-slide-description="L’accident a fait au moins trente morts."
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            data-slide-description="L’autoroute A10, dite Autoroute des Fleurs, relie Gênes et Vintimille à la frontière française, dans une succession de ponts et de tunnels en raison du relief accidenté de la côte ligure."
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            data-slide-description="Des badauds se rassemblent pour regarder les opérations de sauvetage."
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            data-slide-description="Construit à la fin des années 1960, le viaduc autoroutier est long de 1.182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol."
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            data-slide-description="Les débris du viaduc ont touché les locaux d’une usine dont l’entrée se trouve en contrebas, mais seul le parking semble avoir été touché. L’entreprise était vide à l’approche du 15 août, jour férié, à l’exception de la présence d’une équipe de maintenance."
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            data-slide-description="Selon la société italienne des autoroutes Atlantia, « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc »."
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Deux cents mètres du pont Morandi se sont brusquement effondrés mardi 14 août.

POLIZIA DI STATO / AFP
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’effondrement du pont, situé sur une autoroute, a provoqué la chute de plusieurs véhicules. Les autorités italiennes font état d’au moins 30 morts.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le ministre de la culture Mauricio Rojas avait écrit dans un livre, publié en 2015, que le Musée de la mémoire « utilise sans vergogne et de manière mensongère une tragédie nationale ».
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Chili : démission d’un ministre qui avait critiqué le musée des victimes de la dictature

Le ministre de la culture Mauricio Rojas avait écrit dans un livre, publié en 2015, que le Musée de la mémoire « utilise sans vergogne et de manière mensongère une tragédie nationale ».



Le Monde
 |    14.08.2018 à 15h08
    |

            Angeline Montoya








                        



   


Il ne sera resté que quatre jours en poste. Le président chilien, Sebastian Piñera, a accepté lundi 13 août la démission du ministre de la culture, l’écrivain Mauricio Rojas, qu’il venait de nommer, après que le journal La Tercera a reproduit des propos polémiques qu’il avait tenus il y a trois ans sur un musée dédié aux trois mille victimes de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).
« Nous ne partageons pas ses opinions et ses déclarations sur le sens et la mission du Musée de la mémoire, qui réunit les témoignages, les expériences, les preuves et les enseignements d’une période très sombre de notre pays », a expliqué le président de droite, qui a pris ses fonctions en mars. Mais, a-t-il ajouté, « nous ne partageons pas non plus l’intention de certains secteurs du pays qui veulent imposer une vérité absolue, qui ne font preuve d’aucune tolérance ou qui ne respectent pas la liberté d’expression et d’opinion de tous nos compatriotes ».
Revirement idéologique
Le Musée de la mémoire, avait écrit Mauricio Rojas trois ans plus tôt dans son ouvrage Dialogo de Conversos (2015, non traduit), est « un montage dont l’objectif, somme toute réussi, est de choquer le visiteur, le laisser stupéfait et l’empêcher de raisonner (…). C’est une utilisation sans vergogne et mensongère d’une tragédie nationale qui a touché durement et directement tant d’entre nous ».
Cet extrait a provoqué la colère de l’opposition, des associations de défense des droits de l’homme et de nombreuses personnalités du monde de la culture, qui ont immédiatement appelé à sa démission pour avoir « relativisé » les atrocités commises par les militaires.
« Je n’ai jamais minimisé, ni justifié les inacceptables, systématiques et gravissimes violations des droits humains ayant eu lieu au Chili », s’est défendu Mauricio Rojas sur Twitter.

Las declaraciones de hoy en La Tercera sobre el Museo de la Memoria provienen de una entrevista antigua que no refl… https://t.co/leoaYDvwVF— MauricioRojasmr (@Mauricio Rojas)


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Le titre du livre en question, « Dialogue de convertis », fait référence au revirement idéologique de ses deux auteurs, Mauricio Rojas et l’écrivain et actuel ministre des affaires étrangères, Roberto Ampuero, deux militants de gauche dans leur jeunesse – M. Ampuero lui-même a dû s’exiler pendant la dictature – et qui défendent aujourd’hui des thèses néolibérales.
Dans le livre, Roberto Ampuero critique aussi le musée : « Rien ne justifie la violation des droits humains pendant la dictature, mais le Musée de la mémoire n’explique pas dans quelles circonstances a éclaté l’horreur que nous condamnons (…). Ce n’est pas un musée national, c’est un musée de la mauvaise mémoire. »
Projet emblématique
Des membres de l’opposition ont aussi demandé la démission du ministre des affaires étrangères. La porte-parole du ministère, Cecilia Pérez, citée par le journal La Tercera, a affirmé que « certains de ceux qui critiquent [le ministre] sont de féroces critiques des dictatures de droite, mais restent silencieux quand il s’agit de condamner les violations des droits humains des dictatures de gauche ».
Le Musée de la mémoire a été inauguré en 2010 par l’ancienne présidente socialiste Michelle Bachelet, à la fin de son premier mandat. Il fut l’un des projets emblématiques de la première femme qui gouverna deux fois le Chili, et qui fut incarcérée et torturée sous la dictature à la Villa Grimaldi, un centre de détention et de torture de Santiago.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le pont Morandi a été construit dans les années 1960 et avait connu d’importants travaux de rénovation en 2016.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Si le président ivoirien a évoqué la nécessité de transmettre les rênes du pays à une nouvelle génération, aucun nom ne se détache pour 2020, observe notre chroniqueur.
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Chronique

« Faisons le pari qu’Alassane Ouattara souhaite quitter le pouvoir : qui pour lui succéder ? »

Si le président ivoirien a évoqué la nécessité de transmettre les rênes du pays à une nouvelle génération, aucun nom ne se détache pour 2020, observe notre chroniqueur.

Par                                            Thomas Hofnung (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-08-14T14:38:50+02:00"

        Le 14.08.2018 à 14h38






    
Retransmission télévisée du discours du président ivoirien Alassane Ouattara, à Abidjan, le 6 août 2018.
Crédits : THIERRY GOUEGNON / REUTERS


Chronique. Dans En attendant le vote des bêtes sauvages, célèbre roman de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, le personnage principal, nouveau venu au sein du syndicat des dirigeants africains, bénéficie des conseils avisés de ses pairs, au pouvoir depuis des décennies. L’une des principales leçons que lui transmet l’un d’entre eux est de ne jamais désigner son successeur. Sans quoi il risquerait d’être dans l’instant marginalisé, errant dans un palais fantôme.
Alassane Dramane Ouattara a-t-il lu Ahmadou Kourouma ? A deux ans de la fin de son second quinquennat à Abidjan, le président ivoirien n’a toujours pas intronisé de successeur. Aucun prétendant ne s’impose de lui-même. Résultat, « ADO » cherche à gagner du temps. Il y a quelques semaines, il déclarait ainsi à l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’il déciderait de son sort personnel en 2020, autrement dit dans la dernière ligne droite. Ce faisant, il déclenchait l’ire de son allié, son « aîné » Henri Konan Bédié, dont le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) revendique l’alternance, autrement dit la présidence, après dix ans de règne du Rassemblement des républicains (RDR) au sommet de l’Etat.

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Au fond, que veut Alassane Ouattara ? D’un naturel réservé et peu loquace, le président entretient sans se forcer le mystère sur ses intentions. Mais est-ce par pure ruse politique ou par obligation ? A plusieurs reprises au cours des derniers mois, et encore le 6 août lors de son discours à la nation ivoirienne, Alassane Ouattara a évoqué la nécessité pour le pays de se préparer à transmettre le pouvoir à une nouvelle génération. S’il ne faut jamais négliger, en Afrique comme ailleurs, la pression des entourages – qu’il s’agisse des réseaux familiaux, communautaires ou d’affaires –, le chef de l’Etat ivoirien, âgé de 76 ans, exprime ainsi publiquement son souhait de passer la main après des décennies de lutte politique.
Il n’y a pas de Macron ivoirien
Prenons-le au mot et faisons le pari qu’Alassane Ouattara souhaite sincèrement quitter le pouvoir qu’il a conquis de haute lutte en 2010-2011. Qui pour lui succéder ? C’est là que l’affaire se corse. L’actuel premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, mis sur orbite par le chef de l’Etat, est un apparatchik qui apparaît avant tout comme l’homme du RDR. Dans la « jeune génération » au sein du pouvoir, deux noms se dégagent, ceux de Guillaume Soro et d’Hamed Bakayoko. Le premier, président de l’Assemblée nationale, reste marqué par son passé de « rebelle » et est régulièrement soupçonné de manipuler, avec l’aide de ses anciens camarades « comzones », les frustrations de l’armée. Le second, considéré comme très proche du couple Ouattara, ne semble pas encore disposer du poids et de la légitimité politiques nécessaires pour rassembler et diriger le pays.

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Depuis l’accession au pouvoir de Ouattara, une nouvelle génération de « décideurs », en phase avec le monde du business mondialisé, a pris du poids au sein de l’Etat. Mais aucune de ces têtes bien faites n’est parvenue à s’imposer sur le champ politique. Il n’y a pas de Macron ivoirien, du moins pas encore. Du côté du PDCI, désormais animé par un désir visible de revanche sur l’histoire et la soif du pouvoir, l’ancien président Henri Konan Bédié a « réussi », si l’on peut dire, à torpiller avec constance l’émergence d’un dauphin. Au risque de créer de fortes divisions au sein de son mouvement et de voir le pouvoir lui glisser à nouveau entre les doigts en 2020.
Dans deux ans, la Côte d’Ivoire va-t-elle à nouveau subir une crise de succession en forme de malédiction ? Alassane Ouattara connaît parfaitement le problème, lui qui tenta de s’imposer à la mort de Félix Houphouët-Boigny, en 1993, face au même Bédié, avant d’être écarté de manière inique de la présidentielle en 2000. Deux ans plus tard, après un coup d’Etat raté contre Laurent Gbagbo, le pays sombrait dans la pire crise de son histoire jusqu’au paroxysme de la crise post-électorale de 2010-2011.
Une redistribution des cartes en trompe-l’œil
En l’absence de nouvelle figure politique capable de s’imposer, la vieille génération occupe le terrain. Alassane Ouattara laisse planer le doute sur ses intentions. L’amnistie de Simone Gbagbo (autre figure du passé) contribue à entretenir ce flou : au-delà de la volonté affichée de réconciliation, ne s’agit-il pas d’attiser les divisions au sein du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, entre une aile « dure » (celle de Simone Gbagbo) et une aile plus « modérée » incarnée par Pascal Affi Nguessan ? De son côté, Henri Konan Bédié met en scène sa rupture avec un RDR peu partageur et se rapproche, sous l’œil gourmand des caméras, d’un FPI qui le méprise souverainement. La redistribution des cartes semble s’accélérer sur la scène politique ivoirienne, mais elle est en trompe-l’œil : ce sont bien toujours les mêmes joueurs qui sont aux manettes.

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Il reste donc deux ans aux principaux acteurs de ce drame pour éviter à la Côte d’Ivoire un nouveau soubresaut violent. Le « Vieux » Houphouët-Boigny n’avait pas su préparer le passage de relais avant sa mort. En novembre 2017, Alassane Ouattara déclarait sur France 24 à propos de la présidentielle de 2020 : « En politique, on ne dit jamais non. » Une phrase qui fait étrangement écho au titre du dernier roman – posthume – d’Ahmadou Kourouma : Quand on refuse on dit non. Il n’y a pas de fatalité en Côte d’Ivoire.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Une portion d’un viaduc de l’autoroute A10 s’est écroulée peu avant midi au-dessus de la grande ville du nord de l’Italie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’ex-présidente, qui n’est pas mise en examen, est soupçonnée d’avoir été à la tête d’un vaste système de pots-de-vin versés au gouvernement par des entreprises en échange de marchés publics.
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En Argentine, Cristina Kirchner devant la justice dans l’affaire des « cahiers de la corruption »

L’ex-présidente, qui n’est pas mise en examen, est soupçonnée d’avoir été à la tête d’un vaste système de pots-de-vin versés au gouvernement par des entreprises en échange de marchés publics.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 12h50
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 12h51
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

Dans le centre de Buenos Aires, le tribunal de la rue Comodoro Py a pris des allures de confessionnal. Chaque jour, une spectaculaire procession de grands patrons du BTP défile devant le juge Claudio Bonadio. Lundi 13 août, c’est l’ex-présidente péroniste Cristina Fernandez de Kirchner (2007-2015) qui a comparu devant le magistrat pour un vaste scandale de pots-de-vin qui secoue l’Argentine depuis quinze jours, éclaboussant aussi d’anciens hauts fonctionnaires de son gouvernement.
Le juge Bonadio considère Mme Kirchner, 65 ans, était la « chef d’une association de malfaiteurs » dans le cadre d’une affaire sans précédent, baptisée les « cahiers de la corruption ». A l’origine, huit simples cahiers d’écolier rédigés par Oscar Centeno, le chauffeur de Roberto Baratta, homme de confiance de l’ex-ministre de la planification Julio de Vido. Dans ces cahiers, M. Centeno, ancien militaire, a minutieusement consigné, entre 2004 et 2015, des transports de fonds clandestins. Selon lui, des centaines de milliers de dollars en espèces provenant d’entreprises de travaux publics ont été convoyés à la présidence ou au domicile des ex-présidents Néstor (2003-2007) et Cristina Kirchner.
D’après le parquet, il s’agirait de quelque 160 millions de dollars (140 millions d’euros) en liquide, provenant de pots-de-vin versés au gouvernement par des entreprises en échange de marchés publics. M. Centeno est en liberté après avoir opté pour le statut de témoin protégé et décidé de collaborer avec la justice. M. Baratta, lui, a été incarcéré.
Impliquée dans nombreuses autres affaires de corruption, Mme Kirchner n’a jamais été jugée, et encore moins condamnée. Comme lors de ses précédentes comparutions, elle a dénoncé, lundi, « une persécution politique », refusant de répondre aux questions du magistrat qu’elle juge « partial » et « aux ordres du pouvoir ». « Depuis le 15 décembre 2015, on m’a inventé six...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Un segment du pont Morandi, sur lequel passe l’autoroute A10 au-dessus de la ville du nord de l’Italie, s’est écroulé mardi. Un bilan provisoire fait état d’au moins 30 morts.
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Italie : un viaduc autoroutier s’effondre au-dessus de Gênes

Un segment du pont Morandi, sur lequel passe l’autoroute A10 au-dessus de la ville du nord de l’Italie, s’est écroulé mardi. Un bilan provisoire fait état d’au moins 30 morts.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 18h50
   





                        



Une portion d’un viaduc de l’autoroute A10 s’est écroulée peu avant midi, mardi 14 août, au-dessus de la ville de Gênes, grande ville du nord de l’Italie.
Le pont Morandi, qui traverse la rivière Polcevera au nord du centre-ville, a brusquement cédé au-dessus d’une zone industrielle, alors que des véhicules circulaient sur l’autoroute A10, qui passe sur le pont.
Les causes de cet effondrement étaient, mardi après-midi, encore inconnues. L’agence de presse italienne Ansa souligne que l’effondrement aurait pu être causé par « une défaillance structurelle » de l’édifice.

        Voir notre live :
         

          Gênes, en direct : au moins onze morts dans l’effondrement d’un segment d’un viaduc autoroutier



Un bilan provisoire de trente morts
Les autorités font état d’au moins trente morts et huit blessés, mais le bilan pourrait encore s’alourdir. Un peu plus tôt, le directeur du centre d’appel des urgences de Gênes avait fait état de « dizaines de victimes », sans préciser s’il s’agissait de morts ou de blessés.
Le chef du département de la protection civile, Angelo Borrelli, a annoncé qu’au moins 30 voitures et plusieurs camions se trouvaient sur le pont quand il s’est effondré.

   


200 pompiers mobilisés
« Les équipes des pompiers sont engagées en nombre, les équipes de recherches et cynophiles sont activées », ont-ils annoncé sur Twitter. Ces derniers sont inquiets de l’état des conduites de gaz, situées dans la zone industrielle sur laquelle s’est effondré le segment d’autoroute, sur une longueur de plusieurs dizaines de mètres. Le gaz et l’électricité ont été coupés dans la zone sinistrée.
Sur place, des dizaines de secouristes, accompagnés de chiens, s’activaient autour des restes du pont et de carcasses de camions et de voitures écrasées, voire enchevêtrées dans la structure. Des pompiers évacuaient des corps sur des civières, tandis que des hélicoptères attendaient les blessés.
« Les premières victimes de surface ont été évacuées, maintenant il faut rechercher sous les décombres des bâtiments, mais il y a des milliers de tonnes de béton », a rapporté à l’AFP un pompier français venu en renfort, Patrick Villardry.
A 16h50, quatre survivants ont été retrouvés dans les décombres.

#Genova #14ago 16.50, prosegue il lavoro dei #vigilidelfuoco con sezioni operative nuclei #usar e #cinofili in seguito al crollo del viadotto Morandi sulla #A10 pic.twitter.com/2jWrRvzomW— Vigili del Fuoco (@emergenzavvf) 14 août 2018


La police italienne a par ailleurs recommandé aux automobilistes de ne pas emprunter l’A10 autour de Gênes.

OMG. An aeral view of the tragedy in #Genoa, where a major motorway bridge has collapsed. This is appalling.… https://t.co/UPPjUDRmQq— antoguerrera (@Antonello Guerrera)


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« Défaillances structurelles » du pont
Le pont Morandi, du nom de son ingénieur, a été construit entre 1963 et 1967 au-dessus de la rivière Polcevera, dont l’estuaire se trouve sur le port de Gênes. Il est long de 1 182 mètres et se situe à une hauteur comprise entre 45 et 55 mètres au-dessus du sol. Des travaux de rénovations ont été menés en 2016 sur l’édifice, selon le média Il post.
Le pont avait fait l’objet de mises en garde récurrentes concernant sa structure. L’une d’elle a notamment été formulée par le professeur agrégé en structures de béton à la faculté d’ingiénerie de Gênes, Antonio Brencich. Dans un article publié en 2016 par ingegneri.info, le spécialiste souligne ainsi que « le viaduc de Morandi a immédiatement présenté plusieurs défaillances de structure, en plus de surcoûts importants de construction ». N’hésitant pas à évoquer « une erreur d’ingénierie », le professeur pointe ainsi « une évaluation incorrecte des effets de retrait du béton ayant produit un plan de route non horizontal. »
Des travaux importants ont été menés, notamment au début des années 2000. Selon Antonio Brencich, un pont de cette taille est censé durer au moins cent ans. Il s’étonnait ainsi de voir des coûts de maintenance dépasser bientôt le coût de construction.

        Lire aussi :
         

                Italie : des défaillances sur la structure du pont Morandi à Gênes avaient été signalées



Réactions politiques
Le ministre des transports Danilo Toninelli a annoncé sur Twitter vouloir se rendre à Gênes, redoutant une « terrible tragédie ». « Ceux qui seront responsables doivent payer jusqu’au dernier », a-t-il ajouté. Son adjoint Edoardo Rixi est arrivé sur place en début d’après-midi.
« Je suis avec la plus grande appréhension ce qui est arrivé à Gênes et qui ressemble à une terrible tragédie. Nous sommes en contact étroit avec les autorités autoroutières et nous y allons avec le ministre adjoint Edoardo Rixi. J’exprime mon soutien total avec la ville. »
Le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini suit de son côté les événements « minute par minute », et ira « jusqu’au bout pour déterminer les responsables de ce désastre », a-t-il affirmé sur Twitter. Il a ensuite donné une conférence de presse depuis Catane, en Sicile, remerciant « les pompiers, les secouristes professionnels et bénévoles qui sont intervenus dès la première minute et sont encore en train de creuser et de sauver des vies ». Le ministre eurosceptique, patron de la Ligue (extrême droite), a aussi évoqué les investissements nécessaires pour faire face à la vétusté générale de nombreuses infrastructures italiennes... en les opposants aux contributions que son pays verse à l’Union européenne :
« S’il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l’argent que nous devrons mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option ».
Qualifiant l’accident d’« énorme tragédie », Luigi Di Maio, vice-président du conseil italien et ministre du travail, a annoncé lui aussi se rendre auprès des familles des victimes à Gênes. 
Au terme de la conférence de presse de la protection civile, le gouverneur de la Ligurie, Giovanni Toti, a brièvement pris la parole :
« Ce drame va avoir de sérieuses conséquences sur toute la logistique du port et de la ville, et nous travaillons déjà pour faire face à l’urgence dans les mois à venir. »
Il a par ailleurs fait savoir que la zone est sous le controle des pompiers pour évaluer les risques de nouveaux effondrements potentiels.
Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, lui, ne s’est pas exprimé pour l’heure. Mais il est arrivé vers 18h30 à Gênes, d’où il donnera une conférence de presse dans la soirée.
De son côté, la France s’est dite « prête à apporter tout le soutien nécessaire », a écrit le président, Emmanuel Macron, sur Twitter.
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a, lui, affirmé sa « solidarité avec le peuple italien brutalement endeuillé à la mi-journée ».
Elisabeth Borne, ministre des transports, a fait part de sa « très vive émotion » :

Très vive émotion suite à la terrible catastrophe survenue sur un viaduc à #Gênes. Toutes mes pensées aux victimes… https://t.co/xkbyIL9NW3— Elisabeth_Borne (@Elisabeth BORNE)


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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national a adressés ses condoléances à la « nation italienne » :

🇫🇷🇮🇹 Le Rassemblement National adresse à la Nation italienne, ainsi qu’aux proches des victimes confrontés à cette… https://t.co/W6DmXADQAo— MLP_officiel (@Marine Le Pen)


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Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, a , quant à lui, assuré son « soutien aux familles des victimes » :

Terrible drame à #Gênes. Pensées émues et solidaires avec nos voisins italiens. Soutien aux familles des victimes d… https://t.co/JBON1dZixI— ECiotti (@Eric Ciotti)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le navire humanitaire, bloqué en Méditerranée depuis vendredi, a reçu l’autorisation de débarquer à Malte. Ses passagers seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne.
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Malte donne son accord pour accueillir l’« Aquarius », les migrants à bord seront répartis entre cinq pays

Le navire humanitaire, bloqué en Méditerranée depuis vendredi, a reçu l’autorisation de débarquer à Malte. Ses passagers seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 19h12
   





                        



   


Le navire Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et opérant en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), bloqué en mer depuis vendredi 10 août avec 141 réfugiés à bord, pourra débarquer à Malte, a annoncé sur Twitter, mardi 14 août, le premier ministre maltais, Joseph Muscat. Une fois débarqués, les passagers, dont la moitié sont des mineurs et plus d’un tiers des femmes, seront ensuite répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne, grâce à un accord entre ces pays. La France en accueillera soixante, selon l’Elysée.
Un « signe positif », selon l’association SOS Méditerranée, qui donnait une conférence de presse au moment de l’annonce de l’accord : « Le fait que la solution trouvée soit une coordination entre un certain nombre de pays européens montre qu’ils ont compris que les sauvetages en Méditerranée sont un problème des rives sud de l’Union européenne qui concerne tous les membres. Malte et l’Italie ne doivent pas être laissés seuls. »
Inquiétudes sur le sort du navire
L’Aquarius s’était retrouvé bloqué en mer vendredi après avoir réalisé deux sauvetages en Méditerranée centrale, une zone récemment placée sous l’autorité du centre de coordination des sauvetages de Tripoli, selon SOS Méditerranée. Ce dernier se déclarant dans l’incapacité de désigner un port sûr pour le débarquement a demandé à l’Aquarius de s’adresser aux centres de coordination de Malte et d’Italie, lesquels « ont refusé de prendre cette responsabilité », selon l’ONG. Ont suivi plusieurs journées d’annonces et de débats concernant l’accueil du navire et de ses occupants.

        Lire aussi :
         

                « Le seul et unique objectif de l’“Aquarius” est de sauver des vies en mer »



L’Aquarius devrait donc désormais se diriger vers Malte, situé à trois heures de navigation de sa position. Une solution qui permettra au navire de retourner rapidement sur la zone de sauvetage, mais qui suscite des inquiétudes. « On sait que deux navires humanitaires sont bloqués à Malte pour enquête, rappelle SOS Méditerranée. Nous sommes en règle, nous agissons dans une grande transparence, néanmoins, l’ambiance tendant à pointer du doigt les ONG suscite certaines inquiétudes, nous ne savons pas ce qui pourrait nous arriver. »
« Dispositifs de solidarité européens »
Une fois le bateau débarqué à Malte, l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) « va envoyer jeudi une mission sur place pour identifier les réfugiés en vue de leur accueil en France », a indiqué Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra. Les entretiens « viseront à s’assurer que ces personnes relèvent bien du droit d’asile ». 
« C’est la cinquième mission de ce type » depuis juin, conçue dans une « volonté d’illustrer les dispositifs de solidarité européens », a-t-il ajouté. Comme lors des précédentes opérations, les personnes sélectionnées arriveront ensuite en France, où elles recevront rapidement le statut de réfugié ouvrant la voie à un titre de séjour.
Tout en saluant « le geste humanitaire exceptionnel de Malte », la France a de nouveau regretté le refus systématique de l’Italie de laisser accoster les bateaux humanitaires. Paris veut proposer aux autres pays européens « un mécanisme pérenne », sans encore le préciser. La France rappelle que le Conseil européen de juin a adopté sa proposition d’ouvrir des centres fermés sur les rives européennes pour accueillir les migrants. Mais aucun pays européen ne s’est jusqu’ici proposé pour en ouvrir sur son sol.
Gilbraltar compte retirer le pavillon du navire humanitaire
Le gouvernement de Gibraltar a annoncé lundi 13 août qu’il allait retirer son pavillon à l’Aquarius après lui avoir demandé de suspendre ses activités de sauvetage et de revenir à ses activités de recherche, pour lesquelles il est immatriculé auprès du territoire britannique.
Enregistré depuis 2009 à Gibraltar en tant que navire de recherche, l’Aquarius opérait depuis 2016 « exclusivement sous la direction des autorités italiennes pour des opérations de sauvetage », explique le gouvernement dans un communiqué. Les désaccords entre Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, et les ONG auraient encouragé Gibraltar à prendre cette décision.
« Nous avons découvert par voie de presse l’annonce de Gibraltar, s’est étonnée mardi Sophie Beau, cofondatrice de SOS Méditerranée, qui affrète le navire. Nous étions en dialogue depuis juin avec les autorités de Gibraltar, via notre armateur allemand. Cette décision de rompre ce dialogue, au moment où l’Aquarius est en difficulté nous paraît très politique. »

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Chômage, coupures d’eau et d’électricité… La région pétrolifère est le théâtre d’affrontements qui ont fait trois morts.
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En Irak, la grande colère de Bassora, en proie à de nombreuses manifestations

Chômage, coupures d’eau et d’électricité… La région pétrolifère est le théâtre d’affrontements qui ont fait trois morts.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h52
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La maison de Salem Saleh baigne dans l’odeur pestilentielle du lac d’égouts jonché de déchets sur lequel ouvre son arrière-cour. Ce travailleur journalier de 48 ans est le père de neuf enfants, tous déscolarisés à un âge précoce. En 2007, il a installé sa famille dans cette simple bâtisse, construite illégalement sur les terres de l’Etat, dans le quartier de Qibla, en périphérie de Bassora, la grande ville du sud de l’Irak. Les autorités locales, contraintes d’absorber depuis 2003 plus d’un million de personnes venues comme lui des campagnes du Sud chiite, ont fermé les yeux et raccordé ces banlieues informelles à l’eau et à l’électricité. Mais, comme à l’échelle du pays, ces réseaux se sont lentement dégradés.
En ce mois d’août, les températures frôlent les 50 °C. La chaleur est étouffante de jour comme de nuit. Les visages sont moites, les gorges sèches. Au chômage depuis bien longtemps, Salem Saleh n’a pas de quoi payer un générateur pour les coupures d’électricité. La famille se rafraîchit avec parcimonie avec de petites bouteilles d’eau plate, seul luxe qu’elle s’autorise. Le taux de salinité record cette année du Chatt Al-Arab, le canal qui traverse Bassora, a rendu l’eau courante impropre à la consommation. La famille s’offre au mieux un bon repas par jour, lorsque les deux fils aînés parviennent à grappiller quelques milliers de dinars en transportant des marchandises au marché dont l’activité tourne au ralenti.
« La pauvreté tue. Parfois, je m’imagine mettre le feu à ma famille pour que ce calvaire cesse. Il n’y a du travail que pour ceux qui ont 5 000 dollars pour payer un poste ou qui adhèrent à un parti », déplore Salem Saleh. Cette dernière option, l’ancien militant de la rébellion chiite qui s’est soulevée contre le dictateur Saddam Hussein refuse de l’envisager : « Les hommes honorables n’adhèrent pas aux partis. Ils ont échoué et sont liés à des milices. Avec mon passé, ils me demanderaient de prendre une arme et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Belgrade et Pristina évoquent des échanges de territoires, un enjeu risqué dans les Balkans.
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Les Européens s’inquiètent des discussions sur les frontières entre Serbie et Kosovo

Belgrade et Pristina évoquent des échanges de territoires, un enjeu risqué dans les Balkans.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
14.08.2018 à 11h59
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Les frontières pourraient-elles être de nouveau modifiées dans les Balkans ? Longtemps inimaginable au nom de la stabilité d’une région déchirée par plusieurs guerres dans les années 1990, cette éventualité, qui effraie nombre de chancelleries européennes, a fait un retour inattendu dans le cadre des longues et délicates négociations entre la Serbie et le Kosovo. Dans une déclaration remarquée, le président de cette ancienne région serbe devenue indépendante en 2008, Hashim Thaci, a publiquement expliqué début août que des « corrections frontalières » pouvaient être envisagées dans le cadre « d’une solution pacifique avec la Serbie ».
Cette idée explosive avait jusqu’ici toujours été écartée par les autorités du Kosovo, pays à majorité albanophone, mais où vit également une importante minorité serbe. Principalement concentrée dans le nord du pays, autour de la ville divisée de Mitrovica, celle-ci est toujours entretenue par les autorités de Belgrade, qui n’ont jamais reconnu l’indépendance du Kosovo. Or, cette situation juridique instable constitue le principal point d’achoppement des négociations entre les deux pays. Le nord du Kosovo est devenu une zone de non-droit en proie aux mafias et aux assassinats politiques : en janvier, un opposant politique serbe a été tué en pleine rue.
Même s’il s’est dit opposé à tout « échange de territoire », l’homme fort du Kosovo pourrait accepter de perdre ces territoires contre le rattachement de la vallée de Presevo et des municipalités de Medveda et Bujanovac, des enclaves majoritairement albanophones en territoire serbe. M. Thaci a proposé d’y organiser un référendum, « la seule option pour légitimer les souhaits des Albanais qui y vivent ».
« Un grand danger »
Dans une déclaration tout aussi inédite, le président serbe, Aleksandar Vucic, lui a répondu le 9 août qu’il était, lui aussi, « en faveur d’une délimitation avec les Albanais »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays.
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A Istanbul, habitants et commerçants tentent de s’adapter à la valse des étiquettes

La chute de la livre turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, représente un défi. A l’instar du président Erdogan, de nombreux citoyens dénoncent un complot étranger destiné à « vassaliser » le pays.



Le Monde
 |    14.08.2018 à 11h32
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Alors que le cours de la livre turque ne cesse de chuter, la population s’efforce de s’adapter à la fluctuation des prix et à la baisse de son niveau de vie. « Depuis janvier, nous avons perdu plus de 30 % de notre pouvoir d’achat. Tout augmente : les produits alimentaires, l’essence, les médicaments. On ne sait plus où donner de la tête. Pour ma part, je regarde au centime près. Nous sommes inquiets. Rien ne semble pouvoir stopper la dépréciation de notre monnaie. Cette crise s’annonce pire que celle que nous avons vécue en 2008 », déplore une mère de famille du quartier de Sisli, à Istanbul, qui fait ses courses dans un supermarché.
Une station de métro plus loin, à Gayrettepe, les riches touristes du Golfe font la queue devant les boutiques de luxe du centre commercial Zorlu. Pour eux, le plongeon de la devise turque, qui a cédé 40 % depuis le début de l’année, est une aubaine. Les commerçants n’ayant pas le temps de changer les étiquettes à chaque oscillation du taux de change, ils vont pouvoir acheter moins cher.

Déterminer un prix pour les vêtements qu’il fabrique est un vrai casse-tête pour Bunyamin, un entrepreneur dont les ateliers se trouvent à Esenler, à la périphérie de la ville. « Le cours de la livre est tellement fluctuant que je n’arrive pas à fixer un prix stable pour ma production. C’est un vrai problème », explique cet homme d’affaires soucieux de préserver son anonymat.
« Le prix du tissu augmente, comme le reste. Très souvent, je l’achète en devises car il n’a pas été produit en Turquie. Avec la crise en cours, les fabricants de tissu ne fabriquent plus rien. Ils tiennent le coup grâce aux stocks. Pour eux aussi, calculer le coût de leur nouvelle production est un problème, soupire le quadragénaire, entre deux discussions par téléphone avec des clients. J’ai une commande à réaliser d’ici trente jours. Quels prix fixer ? Je ne sais pas. On se demande jusqu’où la livre va dégringoler,...




                        

                        

