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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Un artiste, une matière (2/6). De ses caresses sur le bois naissent des chants envoûtants ou des nuées d’oiseaux. Sculpteur et musicien, il façonne des instruments aussi variés que les essences utilisées, du cèdre au wengé.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Don McCullin, photographe (2/6). En imposant le portrait dans l’actualité dure, le Britannique a révolutionné la photo de presse. Avant lui, il fallait saisir l’instant. McCullin choisit d’arrêter l’événement, de travailler la puissance graphique, pour toucher encore plus le spectateur.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ C’était mieux avant ? (3/6). La comédienne rejette l’idée d’un cinéma désormais corseté par des tabous. Selon elle, le grand écran peut tout traiter avec humour, pour peu que le film fasse vivre un univers riche et qu’il dépasse les clichés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 13.08.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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C’est avec « Elle s’appelait Sarah » (Héloïse d’Ormesson, 2007), vendu à 11 millions d’exemplaires, et traduit en 44 langues, que cette romancière française née de mère anglaise a acquis une notoriété mondiale. Elle demeure l’un des auteurs français qui rencontrent le plus grand succès à l’étranger. Elle a écrit 13 ouvrages, dont une biographie de Daphné du Maurier, « Manderley for ever ». Trois d’entre eux ont été portés à l’écran. En mars elle a publié « Sentinelle de la pluie » (Héloïse d’Ormesson, 368 p., 22 euros). Interrogée sur une chanson d’amour qui a marqué sa vie, Tatiana de Rosnay a écrit ce texte.
Ah non, pitié, pas cette chanson. Pas I’m Not in Love. Tu ne comprends rien à cette chanson. Pourtant, bizarrement, elle te plaît. Dès les premières notes, tu l’as aimée. C’est un mois de mai, tu portes une robe Laura Ashley verte, avec un col en dentelle. Quelle idée de mettre cette robe-là. Tu n’aurais jamais dû écouter ta mère. Tes copines portent des jeans Wrangler ou Levis, des tee-shirts UCLA moulants. Tu as l’impression d’être une cousine anglaise endimanchée. Les couples se forment dès que le chanteur susurre qu’il n’est pas amoureux. Non, il n’est pas amoureux, et pourtant il ne parle que de ça. L’amour.
Tu as 14 ans, et toi aussi tu aimerais bien comprendre quelque chose à l’amour. Tu voudrais surtout ne pas être dans cette pièce, dans ce salon aux lumières tamisées de la rue C. Tu fais tapisserie, et tu voudrais foutre le camp. Tu regardes tes pieds. Ces sages sandales de petite fille modèle.
Un brun, en blanc
Ton amie H est lovée dans les bras de R, le plus beau garçon de la classe. Eux, ils font vraiment l’amour, tu le sais, et tu les envies. H ressemble à une femme. C’est exaspérant. Combien de temps vas-tu tenir, à regarder les autres danser, combien de temps vas-tu jouer la comédie ?
Ce pauvre mec boutonneux, A, te demande de danser avec un petit sourire. Il a dû prendre son courage à deux mains pour faire ça. Tu as pitié de lui. Mais personne, personne ne danse avec A. Jamais. Donc tu dis non. Penaude. Tout à coup, il y a ce type, qui se dresse devant toi. Un brun, en blanc. Tu ne connais pas son nom. Tout ce que tu sais, c’est qu’il est plus âgé, en seconde. Il te sourit, te tend la main. C’est aussi facile que ça. Le regard des autres sur toi. Elle danse avec un grand. Elle. Elle avec sa robe de Sainte-Nitouche et ses sandales de cruche. Elle danse avec un mec de seconde. Tu ne connais pas son nom. Il plaque ses mains sur ton dos, puis sur le haut de tes fesses.
Sa bouche dans le creux de ton cou. Une limace qui laisse une trace brûlante de ta salière à ta mâchoire. Il te serre de près. Et tous ces yeux autour de vous. Sa nonchalance. Sa dextérité. Tu sais déjà qu’il a fait ça des dizaines de fois. Tu sais déjà que tu ne seras pour lui qu’une pauvre fille sans nom au milieu d’une interminable liste. Tu n’as pas envie que ton premier baiser, le premier de ta vie, soit donné par un garçon qui ne sait même pas comment tu t’appelles, et qui s’en fiche. Tu n’as pas envie, lorsqu’il te croisera dans les couloirs du lycée lundi, que ses yeux glissent sur toi et que toi, tu ressentes de la honte. Sa bouche cherche la tienne. Non, ça ne se passera pas comme ça. Tu tournes la tête, et tu plaques ta joue contre son épaule. Jusqu’à la fin de la chanson, tu restes collée à sa carrure. La musique s’estompe. Il desserre son étreinte. Visage renfrogné du brun en blanc. Et toi, tu souris. « Be quiet, big boys don’t cry. Big boys don’t cry. Big boys don’t cry. » 

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.
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Portrait

N’Goné Fall, une forte tête aux commandes du navire « Afrique 2020 »

Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.

Par                                            Roxana Azimi




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T12:29:05+02:00"

        Le 13.08.2018 à 12h29






    
La commissaire d’exposition N’Goné Fall.
Crédits : DR


Il faut l’admettre : la confirmation par le président Emmanuel Macron, le 3 juillet à Lagos, d’une saison culturelle « Afrique 2020 » nous a fait tomber de notre chaise. Pourquoi rompre avec le principe d’un jumelage diplomatique entre deux pays et associer pour la première fois la France avec un continent, au risque de raviver les remugles de la Françafrique ?

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                Le Nigeria, laboratoire de la nouvelle politique africaine d’Emmanuel Macron



N’Goné Fall, 51 ans, qui orchestre cette saison croisée, a aussi haussé les sourcils lorsque la cellule Afrique de l’Elysée l’a approchée, en mars. La France, la commissaire d’exposition sénégalaise l’avait volontairement « zappée » depuis 2006, fatiguée des étiquettes dont vous affuble le microcosme parisien pour peu que vous ayez la peau noire. Pendant deux heures, cette forte tête, voix rauque et débit de mitraillette, a mis en garde les émissaires élyséens contre les écueils d’une telle opération.
« La France doit changer de focale et ne plus regarder l’Afrique par le prisme du mâle noir et du migrant, prévient-elle. Les Africains ne doivent pas jouer les Bisounours, se dire “on vient divertir les Français pendant six mois”. Il ne faut pas non plus que la saison devienne une tribune revancharde où chacun règle ses comptes. On ne va pas venir donner des leçons alors que nous-mêmes détestons en recevoir. » Ce laïus sans pommade a convaincu Emmanuel Macron et, en avril, N’Goné Fall a pris les commandes de cette périlleuse saison.
« Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse »
On ne pouvait rêver meilleure capitaine. L’intello a les pieds sur terre. Elle sait rassurer les artistes et les penseurs, tout en ménageant les politiques et les diplomates. Rien pourtant ne la destinait à une telle mission. A l’âge de 8 ans, N’Goné Fall, née à Dakar, a une idée fixe : devenir architecte. Formée à l’Ecole spéciale d’architecture à Paris, elle a pour enseignant Paul Virilio. Avec un tel mentor et une proposition d’embauche de l’architecte Christian de Portzamparc, la voie semble toute tracée.
Sauf qu’une autre forte personnalité, Jean-Loup Pivin, croise son chemin en 1992. Lui aussi est architecte. Et fou d’Afrique. Un an plus tôt, il a cofondé la Revue noire avec le commissaire d’exposition Simon Njami. Au bout de quatre heures d’intense ping-pong intellectuel, le génial érudit entraîne la jeune femme dans son aventure. De 1994 à 2001, elle dirige la rédaction du magazine, sept ans au cours desquels elle couvre et découvre l’Afrique.

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                A Dakar, une biennale sans concessions



Mais ses horizons sont plus larges que Bamako, où elle est commissaire invitée des Rencontres africaines de la photographie en 2001, ou Alexandrie, où elle enseigne la gestion de l’art. En 2011, elle participe à la réflexion sur la réforme des institutions culturelles néerlandaises. Quatre ans plus tard, elle planche sur la stratégie d’exportation culturelle de la Barbade.
Pourquoi accepter un projet en France, elle qui avait choisi de ne plus y travailler ? « J’aime les défis, sourit-elle. Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse. Et quitte à être énervée par ce projet très délicat, autant m’énerver contre moi-même si jamais j’échoue. » L’échec ? Que cette saison ne soit pas portée par les Africains, qu’elle se recroqueville sur l’Afrique francophone. « Je ne veux pas que les institutions françaises “programment” de l’Afrique, mais qu’elles produisent des idées et soient bousculées dans leur routine, insiste N’Goné Fall. Elles ne vont pas décider toutes seules de ce qu’est l’Afrique. Mais plutôt, nous, Africains, allons venir dire comment nous voyons le monde, quels sont nos rêves, nos fantasmes, nos obsessions. »
Produire « un déclic dans la tête des gens »
Pour bien ficeler son projet, qu’elle souhaite panafricain et pluridisciplinaire, N’Goné Fall a réquisitionné quatre têtes pensantes : Sarah Rifky, commissaire d’exposition basée au Caire, Folakunle Oshun, artiste co-commissaire de la Biennale de Lagos, l’écrivain camerounais Ntone Edjabe et la commissaire sud-africaine Nontobeko Ntombela. Tous ont été choisis pour leur esprit critique, mais aussi pour leur amour d’un continent où ils ont décidé de vivre « par choix et non par défaut ».
De leur brainstorming sont sortis cinq grands axes aux intitulés poétiques : l’oralité augmentée, l’économie et la fabulation, l’archivage d’histoires imaginaires, les systèmes de désobéissance, les fictions et mouvements non autorisés. « On veut parler des circulations des personnes, des biens et des idées, précise N’Goné Fall, mais aussi rappeler qu’on circule plus à l’intérieur du continent qu’à l’extérieur, que les plus grands camps de réfugiés se trouvent en Ouganda et au Kenya et non en Italie ou à Calais. »

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                « Le boom de l’art africain n’a que peu d’intérêt si les Africains eux-mêmes ne l’achètent pas »



Depuis qu’elle a défini l’ossature du projet, N’Goné Fall multiplie les rendez-vous. Au Festival d’Avignon, en juillet, plutôt que courir le in et le off, elle a enchaîné 80 rencontres en quatre jours. « Je suis l’entremetteuse, résume-t-elle. Je mets en relation des structures qui pourraient travailler sur les mêmes idées avec des points de vue différents. »
En cheffe d’orchestre, elle a un œil sur tout : sur le mécénat nécessaire pour gonfler la dotation publique de 1,5 million d’euros, sur le volet culinaire – food trucks et grands pique-niques sont prévus –, sur le volant pédagogique, capital pour produire « un vrai déclic dans la tête des gens et pas une simple consommation de projets ». Avec l’ambition, à chaque étape, que « les susceptibilités des 1,2 milliard d’Africains et des 67 millions de Français soient respectées ». Vaste programme !


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La photographe a élaboré un remarquable montage de son travail sur les conséquences de l’activité humaine.
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Exposition : la rigueur cubiste de Valérie Jouve

La photographe a élaboré un remarquable montage de son travail sur les conséquences de l’activité humaine.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 08h12
    |

                            Philippe Dagen (Saint-Priest-en-Jarez (Loire), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Valérie Jouve est née à Firminy, près de Saint-Etienne, en 1964 et y a vécu son enfance. C’est plus qu’un détail biographique, parce que l’exposition de ses photographies au Musée d’art moderne et contemporain Saint-Etienne Métropole repose en partie sur ce fait et ses conséquences. A la fin des années 1980, quand elle commence à regarder le monde par le viseur d’un appareil photo, ce sont des cités ouvrières, des industries qui périclitent, des mines dont il ne reste que les bâtiments de surface.
En noir et blanc et en couleurs, elle étudie des façades d’usines désaffectées, monumentales et inutiles, et les suites de petites maisons alignées, toutes semblables. Les cadrages sont d’une simplicité qui proscrit, déjà, les effets facilement surprenants. Plus rarement, avec la même neutralité, elle photographie les habitants de ces quartiers, deux femmes et leur chien sur le balcon étroit d’un immeuble, une autre agenouillée près d’une plante en pot devant ce que l’on suppose être son pavillon. On précise la description parce qu’il est clair que le hasard n’a aucune part dans ces portraits, pas plus que dans les vues de la ville.
Une composition cubiste
Ces petits formats d’il y a trente ans sont désormais pris dans le dispositif de son exposition. Celle-ci est un montage qui continue sans rupture d’une salle à l’autre. Que ce soit ces représentations d’autrefois ou des travaux très récents, elle les assemble, les juxtapose, les superpose sur leurs bords parfois. Les uns sont des ­tirages encadrés, d’autres sont imprimés sur de grands papiers fixés aux murs. La construction de l’ensemble ne répond pas à la chronologie, ni à un classement par genre, ni non plus à la géographie – la région stéphanoise d’un côté, les territoires palestiniens d’un autre, par exemple. L’exposition est, si l’on peut dire malgré l’anachronisme de la référence, une composition cubiste, sur le mode des papiers collés.
A chacun d’observer comment des formes se répètent...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Musée Fragonard a rassemblé une trentaine de tableaux délicieusement licencieux, peints juste avant la Révolution.
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édition abonné


Exposition : parfums coquins à Grasse

Le Musée Fragonard a rassemblé une trentaine de tableaux délicieusement licencieux, peints juste avant la Révolution.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 07h57
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 08h01
    |

            Harry Bellet (Grasse (Alpes-Maritimes)








                        



                                


                            
Ça sent le soufre au pays du parfum. Le petit musée privé des entreprises Fragonard, à Grasse, s’est adjoint les talents, le savoir et la curiosité – assez orientée en l’occurrence – de l’historienne d’art ­Carole Blumenfeld pour proposer une exposition délicieusement polissonne et joyeusement rafraîchissante. Une trentaine de tableaux, pour l’essentiel peints juste avant la révolution française, en un moment où une – petite – partie du pays vivait ses derniers instants de légèreté.
On s’y embrasse, on s’y caresse, on s’y contemple, on s’y pâme parfois. Ici règnent l’allégorie coquine, le sous-entendu grivois, le symbole à la signification souvent oubliée par nos âges rustres, le détail ambigu. Les poitrines sont opulentes et largement découvertes, les femmes entre elles plus que complices, les jeunes hommes empressés et les vieillards cocus. Encore que, dans cette époque raffinée et comme le rappelle Chamfort, « n’est pas cocu qui veut : savez-vous que pour l’être, il faut savoir tenir une maison, être poli, sociable, honnête ? »
Les oiseaux disent aux spectateurs d’alors bien autre chose que « cui-cui », les chiens, rarement plus imposants que des bichons, sont toujours fidèles – ils sont bien les seuls – et souvent très caressants. Quant aux écrivains, autres drôles d’animaux, leurs ­livres que laissent échapper des jeunes filles troublées sont nécessairement libertins.

Habitués de la gaudriole
Certes, aux habitués de la gaudriole sur Internet, elles paraîtront bien anodines, ces peintures pourtant signées Jean-Honoré Fragonard, Jean-Frédéric Schall, Louis-Léopold Boilly, ou la trop négligée Marguerite Gérard. Cependant, un brin de nuance, une once de délicatesse ne nuisent pas à la chose, ni à la compréhension d’icelle. Du Bouton de rose de Pierre-Alexandre Wille (1748-1821) par exemple, brandi à proximité de son mamelon dévoilé : même Rocco Siffredi pourrait apprécier la métonymie !
Une finesse et des sous-entendus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Les festivals n’ont pas dit leur dernier mot : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 07h41
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le mois d’août est déjà bien avancé, mais les festivals n’ont pas dit leur dernier mot : Route du rock, Jazz Campus en Clunisois ou bien encore Paris Psych Fest. Et pour ceux qui voudraient voyager sans sortir de chez eux, le groupe de Liverpool The Coral vous emmène sur les rives du Mersey.
DEUX FESTIVALS : 
La Route du rock, à Saint-Malo et Saint-Père, du 16 au 19 août

   


Dans le cadre historique et verdoyant du Fort de Saint-Père, à quelques kilomètres de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ou en bord de plage près des murs de la cité, le festival La Route du rock, fidèle au credo indie rock, a rarement convié des représentants de la chanson française. Le Rennais Etienne Daho y sera pourtant tout à fait à sa place, vendredi 17 août. Non seulement comme régional de l’étape, mais aussi parce que notre dandy pop n’a cessé de faire le lien entre succès populaire et aristocratie rock. Particulièrement dans son dernier album, l’excellent Blitz, gorgé de références au psychédélisme de Syd Barrett, aux guitares altières de Jesus and Mary Chain et aux sombres ambiances du trip hop. Le même soir, on sera aussi curieux de voir se croiser les Français psyché des Limiñanas et les Californiens de Brian Jonestown Massacre, menés par Anton Newcombe, réalisateur de l’enthousiasmant dernier album, Shadow People, du duo perpignanais. Autres moments forts de cette édition 2018 : Patti Smith, Nils Frahm et Ariel Pink, samedi 18 août ; Phoenix, Jungle, Superorganism et Charlotte Gainsbourg, dimanche 19. Stéphane Davet
La Route du rock au Fort de Saint-Père, et au Palais du grand large, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Tél. : 02-99-54-01-11. 46,50 €. Forfait 108 €.
Jazz campus en Clunisois, du 18 au 25 août

   


Fin août 1977, le contrebassiste, compositeur et chef d’orchestre Didier Levallet organisait à Cluny (Saône-et-Loire) une semaine de stage, avec quelques musiciennes et musiciens pour transmettre à d’autres, instrumentistes amateurs ou aguerris, des sensibilités, des idées de jeu musicien, « une invitation à faire de la musique ensemble », plutôt que des techniques. Avec concert de fin de stage et peu à peu des journées et soirées devenant un festival. En 2018, du 18 au 25 août, à Jazz campus en Clunisois, c’est toujours le cas. Les stages sont pris d’assaut, menés par Céline Bonacina, Géraldine Keller, Guillaume Orti, Jean-Philippe Viret, Denis Badault…
Et le festival reçoit, à Cluny et quelques communes proches (Matour, Dompierre-les-Ormes, La-Vineuse-sur-Frégande), les groupes Pulcinella, Ikui Doki et Un Poco Loco, le violoncelliste Didier Petit, le vibraphoniste David Patrois, la saxophoniste Céline Bonacina avec son Crystal Quartet, le trio du pianiste Guillaume De Chassy, du saxophoniste Andy Sheppard et du batteur Christophe Marguet pour leur subtil hommage à Marlene Dietrich, le saxophoniste Jean-Marc Larché en duo avec le contrebassiste Yves Rousseau, le pianiste Roberto Negro, le saxophoniste Sylvain Rifflet en trio avec un quatuor à cordes… Un rendez-vous avec les « musiciens les plus en vue de la scène contemporaine », revendiquent fort justement les organisateurs. Sylvain Siclier 
Jazz campus en Clunisois, à Cluny, Matour, Dompierre-les-Ormes, La-Vineuse-sur-Frégande (Saône-et-Loire). Du 18 au 25 août. De 6,50 € à 20,50 €.
UNE VIDÉO : « After The Fair », par The Coral 

A quoi ressemble un été sur les rives de la Mersey ? A cette question, la réponse se trouve indéniablement sur le nouvel album des Liverpuldiens The Coral. Deux ans après un Distance Inbetween voilé d’un psychédélisme ténébreux, le quintet change de cap avec Move Through The Dawn (Ignition Records/Pias), nouvelle collection de pop songs radieuses, à paraître le 24 août. Débarrassée des oripeaux d’une production parfois un peu trop clinquante sur ces précédents, la bande de James Skelly revient sur ce neuvième opus aux fondamentaux pop folk qui ont fait sa renommée : les sixties carillonnantes des Byrds et des Beatles, mais aussi des mélodies qui captent davantage le soleil estival (notamment le très Beach Boys Reaching Out For A Friend, She’s A Runaway…). Mise en perspective parfaitement illustrée par la vidéo du titre After The Fair, tourné à Llandudno, station balnéaire du nord du pays de Galles. Une chanson à la belle épure et aux arpèges folk sensibles, faisant transparaître une douce nostalgie, qui anticipe les derniers jours de l’été. Tout en délicatesse. Franck Colombani
À RÉSERVER : Thee Oh Sees, à La Cigale, le 4 septembre, dans le cadre du Paris Psych Fest 

   


Fer de lance du renouveau du courant garage rock psychédélique, Thee Oh Sees prépare sa rentrée en France, deux mois après son mémorable concert donné lors du Pointu Festival, à Six-Fours-les-Plages (Var). Un retour en forme de consécration puisque, dans le cadre de la 5e édition du Paris Psych Fest, l’hyperactif John Dwyer et sa bande se produiront à La Cigale le 4 septembre, pour une soirée qui mettra à l’honneur son propre label Castle Face, aux côtés des protégés Prettiest Eyes et Male Gaze. Actif sous les multiples alias Oh Sees, Thee Oh Sees, ou encore OCS, le groupe originaire de San Francisco continue d’enregistrer, en dépit de fréquents changements de personnel, des albums à un rythme effréné (trois sorties par an en moyenne), déclinés au gré des envies ou expérimentations de son géniteur et seul maître à bord, John Dwyer.
Le guitariste et chanteur évolue actuellement au sein d’un quatuor, appuyé d’une section rythmique avec deux batteurs (Paul Quattrone et Dan Rincon) et le bassiste Sir Tim Hellman, l’ensemble donnant lieu à des embardées rock plus urgentes que jamais. Si Smote Reverser, vingtième album à paraître le 17 août, sonne d’ailleurs par moment heavy prog (les furieux Overthrown et Abysmal Urn), l’ADN cosmique ne s’est pas pour autant volatilisé, comme en atteste Anthemic Aggressor, une dérive instrumentale de 12 minutes sous psychotropes. Est-il enfin utile de préciser qu’avec une telle configuration scénique, Thee Oh Sees demeure une des meilleures attractions du rock ? F. C.
La Cigale, 120 boulevard de Rochechouart, Paris 18e. Mardi 4 septembre.33 €. Forfait 3 jours pour le Paris Psych Fest, les 1, 2 et 4 septembre avec Ariel Pink, Petit Fantôme, Vox Low, Cut Worms… 70€.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ « Le Monde » revient sur l’itinéraire qui a conduit ce photographe anglais des gangs londoniens à la célébrité (1/6).
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Un artiste, une matière (1/6). Grâce à des pochoirs artisanaux, il guide, sans la brider, la flamme sur la toile ou la feuille blanche.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ C’était mieux avant ? (2/6). L’amélioration supposée de la condition humaine ne se résume pas à des données statistiques. Introduisons un peu plus de complexité en la matière, propose l’écrivain David Rieff.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 12.08.2018 à 17h00
                 |

                            Astrid de Villaines

















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A 66 ans, Christiane Taubira est en retrait de la vie politique. Sous la présidence de François Hollande, elle a mené la bataille du mariage pour tous à l’Assemblée nationale en 2012 comme garde des sceaux. Femme de lettres, ses discours sont toujours ponctués de citations littéraires ou philosophiques. Son dernier ouvrage « Baroque sarabande » (Philippe Rey, 173 p., 9,50 euros) revient sur les livres qui ont compté pour elle, de son enfance en Guyane, dont elle fut députée durant dix-neuf ans, jusqu’à aujourd’hui. Interrogée sur une chanson qui a marqué sa vie, Christiane Taubira a écrit le texte suivant.
Mordre la poussière… Se croire encore verticale, mettre un pied devant l’autre, parler haut, chanter clair, siffler toujours vigoureusement en pédalant, imputer au pollen qui vadrouille dans l’air cette boule dans la gorge et votre voix qui soudain casse au mitan d’une chanson. Accuser les papillons-cendre grégaires et désinvoltes de vous piquer les yeux comme le feraient des larmes, détraquer le dernier vers d’un poème qui pourtant vous a toujours fait cortège…
Voilà que, furtifs, les regards de vos amies faisant miroir à leur insu vous révèlent le tassement de vos épaules, léger mais bien arrondi ; elles n’osent rien dire de vos robes devenues amples et plus confortables. Ainsi vont mes embardées amoureuses. « C’est quand tu es ivre de chagrin que tu n’as plus du chagrin que le cristal. » René Char savait aimer. C’est bien à la brûlure du chagrin que l’on mesure l’incandescence d’un amour.
Un gouffre scintillant
Je ne pleure pas, je fonds. Je ne fléchis pas, je fonce, vers des défis, des urgences, des ombres et des ivresses, je suis bronze de Giacometti, fine et incurvée, granuleuse, le regard égaré, pas pour de vrai mais bronze tout de même, « l’alliage du sang fort qui gicle quand souffle le vent des marées saillantes ». C’est ce que croit Tchicaya U Tam’si.
Le vent déraille et le temps joue à la vierge folle. Pas de rédemption. Les souvenirs vous lacèrent en perforant vos ruses. Le silence, votre refuge. « Samba Pa Ti ». Santana. Premières notes, et l’éden s’ouvre comme un gouffre scintillant aux parois brinquebalantes. Pas un mot, version instrumentale. Mais ces amours-là sont encore trop melliflues. Il y manque la rugosité de l’impatience. Une impatience qui ne se livre qu’en gestes.
Dans la culture créole, les mots de tendresse, de passion, de désir sont trop pudiques, farouches, ils habitent les cavernes, ne remontent jamais jusqu’à la glotte. Parfois un air s’invite, les paroles restent souterraines, « Dance me through the panic till I’m gathered safely in, Dance me to the end of love… » [Dance Me to the End of Love, de Leonard Cohen] Les mots vacillent mais refusent de naître. Aimer trop, aimer mal… Et genou à terre, se croire encore verticale, « Cry me a river/ come on and cry me a river/ Told me love was too plebeian/ now come on, cry me a river »…[Cry me a River, d’Ella Fitzgerald] Un ciel existe et c’est vous qui en détenez la clé. Je.

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                                                    Astrid de Villaines














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le « New York Times » a analysé quarante ans de hits estivaux. Des chansons dansantes qui ont tendance, depuis la fin des années 1990, à adopter la même formule gagnante.
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Pourquoi les tubes de l’été se ressemblent-ils tous ?

Le « New York Times » a analysé quarante ans de hits estivaux. Des chansons dansantes qui ont tendance, depuis la fin des années 1990, à adopter la même formule gagnante.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 06h38
   





                        



   


« Les tubes de l’été, c’est toujours la même chose : de la soupe. » Mélomane arrogant, neurasthénique allergique aux dancefloors ou rockeur inquiet de la disparition des guitares, la remarque revient inlassablement toutes les quatre saisons. Le New York Times s’est donc posé sérieusement la question : les hits estivaux sont-ils tous semblables ?
Pour y répondre, le quotidien américain a analysé les chansons présentes au Billboard Hot 100, qui répertorie aux Etats-Unis les cent premiers titres en termes de ventes de singles et de diffusions radio, de juin à août de chaque année, et depuis près de cinquante ans. Les journalistes se sont fondés sur des algorithmes de la plateforme de streaming Spotify, qui attribuent à chaque chanson plusieurs critères, par la suite utilisés pour recommander des titres aux auditeurs selon leurs goûts. Pour chaque tube, on peut ainsi mesurer sa puissance (le volume moyen de la chanson), son énergie (à quel point la chanson est rapide et bruyante), son potentiel dansant (fondé sur la vigueur et la régularité du tempo), son acoustique (la vraisemblance que la chanson utilise des instruments acoustiques), et enfin son pouvoir d’attraction (à quel point la chanson est joyeuse).
Conclusion : si la fin des années 1980 signait la consécration de la diversité musicale dans les charts estivaux, le second millénaire a bien vu émerger des chansons commerciales plus uniformisées.

   


Ainsi, l’été 1984 consacrait le Glory Days de Bruce Springsteen, 1995 voyait le groupe de R’n’B TLC rafraîchir les vacanciers avec ses Waterfalls et les rappeurs de Bone Thugs-N-Harmony ne quittaient pas leurs lunettes de soleil dans Tha Crossroads en 1996. Puis les radios se sont mises à diffuser des pop-songs toujours plus entêtantes. Backstreet Boys, Britney Spears et Bruno Mars… depuis les années 2000, les étés musicaux se suivent et se ressemblent.

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Katty Perry, Lady Gaga, Kesha
Preuve par l’exemple : le site américain nous offre l’opportunité de réécouter trois tubes de l’été 2010 : California Gurls de Katty Perry, Your Love Is My Drug de Kesha ou Alejandro de Lady Gaga. Ces trois chansons répondent aux mêmes critères, leurs courbes ne mentent pas :

   


Le New York Times avance plusieurs éléments pour expliquer cette uniformisation, graphiques à l’appui. D’abord, depuis 1992, les chansons qui parviennent à grimper dans le top 10 entre juin et août sont moins nombreuses, ce qui « laisse moins de place à la diversité musicale ». Ceci pourrait s’expliquer notamment par le fait que le Billboard Hot 100 ait modifié, en 1991, sa façon de calculer les ventes.

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Ensuite, seul un petit nombre d’auteurs-compositeurs se partagent désormais la plupart des plus grands hits estivaux. Ainsi, à 47 ans, le producteur suédois Max Martin est à l’origine de 22 titres classés n° 1 aux Etats-Unis depuis la fin des années 1990. De Britney à Taylor Swift en passant par Maroon 5, le faiseur de tubes a semble-t-il trouvé la formule chimique permettant de graver une musique dans la tête des auditeurs.

   


Mais ces calculs mathématiques finiront-ils par s’effondrer ? Les tubes de cet été offrent une certaine variété de rythmes, entre le hip-hop vaporeux de Post Malone, le rap latino de Cardi B et le r’n’b de Drake. 2018, année à part ou espoir pour la diversité musicale ? Réponse l’été prochain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ César du meilleur espoir féminin pour « Divines » en 2017, Oulaya Amamra joue avec Isabelle Adjani et Vincent Cassel dans « Le Monde est à toi », de Romain Gavras.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/08/2018
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Révélée par « Divines », Oulaya Amamra, à la conquête de son rêve de comédienne


                      César du meilleur espoir féminin pour « Divines » en 2017, Oulaya Amamra joue avec Isabelle Adjani et Vincent Cassel dans « Le Monde est à toi », de Romain Gavras.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 14h03
    |

                            Valentin Pérez








                              

                        

Depuis Viry-Châtillon, dans l’Essonne, il lui a fallu une bonne heure de transports en commun. En attendant de dénicher un logement à Paris, Oulaya Amamra, actrice de 21 ans révélée par Divines en 2016 et à l’affiche du Monde est à toi, de Romain Gavras, en salles le 15 août, y habite toujours, chez ses parents. « Je croyais que t’avais percé, s’étonnent parfois d’anciens camarades croisés dans le RER. Le ciné, c’est la galère en fait ! »
Mais la voilà, rayonnante, à une terrasse du 11e arrondissement, enchaînant les interviews pour la promotion de ce film sur des braqueurs bras cassés œuvrant de la région parisienne à la station balnéaire espagnole de Benidorm. Elle répète, entre deux retouches maquillage, les mêmes réponses : elle connaissait Gavras par ses clips (M.I.A., Justice), il lui a envoyé son scénario ; elle a essayé de « comprendre le désespoir de Lamya », son personnage de fille vénale…
Face aux journalistes, elle retrouve les habitudes apprises au moment de Divines, le film de sa sœur Houda Benyamina, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, en 2016, lauréat de la Caméra d’or, et qui lui a valu le César du meilleur espoir féminin en 2017.
« La salle d’or, les sièges en velours, les voix basses du public, et puis les comédiens… Je me suis dit : “Je peux en faire un métier.” »
« C’est ma sœur qui m’a tout appris. J’avais 12 ans quand elle a créé un cours de théâtre à la MJC de Viry-Châtillon et, comme elle n’avait personne, elle nous obligeait à venir, mon frère Mounir et moi, en espérant que ça ramène du monde. » Dernière d’une famille nombreuse, avec un père ingénieur en informatique et une mère au foyer, Oulaya Amamra a grandi avec des attributs de bonne élève : natation, danse classique, couture, collège et lycée privés.
« En cours, j’aimais participer, j’étais curieuse, appliquée et aussi le clown de la classe. »

Pour...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Les galeries Chave, à Vence, et Catherine Issert, à Saint-Paul-de-Vence, valent le détour.
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Sur la Côte d’Azur, des galeries hors des sentiers battus

Les galeries Chave, à Vence, et Catherine Issert, à Saint-Paul-de-Vence, valent le détour.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 06h15
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Huit kilomètres les séparent. Et quelques années aussi. Mais les galeries Chave, à Vence, et Catherine Issert, à Saint-Paul-de-Vence, ont un point commun : elles sortent des sentiers battus. Discrètement nichée dans la vieille ville, la première s’est taillée une réputation avec sa pléiade d’artistes singuliers. La seconde a mis en avant la fine fleur de l’art conceptuel et minimal, puis de la figuration libre, avant de s’attacher à certains artistes issus de l’école des beaux-arts de la Villa Arson, à Nice.
C’est dans une vieille maison familiale qu’Alphonse Chave a ouvert, en 1947, son espace, une galerie de décoration qui vend initialement du matériel de peinture. Puis des tableaux. Très vite une communauté se forme autour de cet homme atypique, des artistes d’abord locaux, puis dans les années 1950 et 1960, Jean Dubuffet (1901-1985), Man Ray (1890-1976), Max Ernst (1891-1976).

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Mais aussi des créateurs plus inclassables comme Fred Deux (1924-2015) et ses merveilleux dessins tout en résilles, Philippe Dereux (1918-2001) et ses assemblages d’épluchures. Et bien d’autres encore. « L’esprit de la galerie, c’est de ne pas avoir d’étiquette précise, confie Pierre Chave, fils du fondateur aujourd’hui aux commandes. On ne montre que ce qu’on aime, des œuvres qui ne sont pas tape à l’œil, qui n’ont rien de produits mercantiles. » 
Une enfant de la région
La galerie vient d’inaugurer, dimanche 29 juillet, un nouvel espace, le « 12 », dans l’ancien atelier de lithographie. Il fait bon chiner dans la réserve des Chave, trouver une lithographie d’Henri Michaux (1899-1984) à partir de 1 000 euros ou une de ses encres pour 20 000 euros ou des aquarelles de Fred Deux ou d’Eugène Gabritschevsky (1893-1979) pour moins de 5 000 euros. Quant aux dessins sur bois de Pascal Verbena, exposés cet été, ils se négocient entre 3 000 et 6 000 euros.

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Enfant de la région, Catherine Issert fait preuve d’un certain culot lorsqu’elle ouvre, en 1975, sa galerie à Saint-Paul-de-Vence. Au début, elle ne pensait pas faire long feu dans ce village pittoresque où avait ouvert en 1964 la Fondation Maeght. Quarante-trois ans plus tard, elle y a pris racine. Les secrets d’une telle longévité alors que les galeries tiennent difficilement en région ? Une clientèle à 70 % étrangère, qui apprécie la douceur de vivre provençale.
« Le village de Saint-Paul est incroyable, il brasse deux millions de personnes, beaucoup de collectionneurs internationaux y ont des résidences secondaires », dit-elle. Et d’ajouter : « Ici, j’ai pu montrer les artistes que je voulais, personne ne m’a jamais dit non. » Elle a ainsi présenté feu François Morellet (1926-2016), adepte d’un minimalisme joyeux, John Armleder et Olivier Mosset, gourous de la scène suisse la plus anar, ou encore les obsessions alchimiques de l’Italien Pier Paolo Calzolari.

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Catherine Issert n’a pas perdu son esprit de tête chercheuse, exposant aussi des artistes formés à la Villa Arson, comme Tatiana Wolska ou Aïcha Hamu. Actuellement, elle expose les formes géométriques du sculpteur Vladmir Skoda, dont les œuvres s’échangent entre 2 000 et 75 000 euros. Et prête main forte à la première Biennale internationale de Saint-Paul-de-Vence, organisée jusqu’au 31 août.
Galerie Chave, 13, rue Isnard, 06140 Vence, www.galeriechave.com Galerie Catherine Issert, 2, route des Serres, 06570 Saint-Paul-de-Vence, www.galerie-issert.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’auteur d’origine indienne, né dans les Antilles en 1932, est mort à son domicile de Londres. Il a signé, entre autres, « Une maison pour Monsieur Biswas » et « L’Inde. Un million de révoltes ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/08/2018
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L’écrivain britannique V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature, est mort

L’auteur d’origine indienne, né dans les Antilles en 1932, est mort à son domicile de Londres. Il a signé, entre autres, « Une maison pour Monsieur Biswas » et « L’Inde. Un million de révoltes ».



Le Monde
 |    12.08.2018 à 00h46
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 08h28
    |

                            Raphaëlle Rérolle








                        



                                


                            

Il était l’une des grandes figures de la littérature anglaise, et sûrement l’une des plus ombrageuses. Vidiadhar Surajprasad Naipaul, plus connu sous ses initiales de V. S. Naipaul (ou de « Sir Vidia » depuis qu’il avait été anobli par la reine), est mort à son domicile de Londres à l’âge de 85 ans, a annoncé sa famille, samedi 11 août.
Issu de la communauté indienne de Trinidad-et-Tobago, dans les Antilles britanniques, mais ayant étudié à Oxford et passé une grande partie de sa vie en Grande-Bretagne, il avait reçu, en 2001, le centième prix Nobel de littérature. A l’époque, les jurés de Stockholm l’avaient qualifié de « circumnavigateur littéraire », ajoutant qu’il ne se trouvait « vraiment chez lui qu’en lui-même ». Il est vrai que cet homme plutôt sombre, intransigeant, réputé pour son conservatisme politique, son caractère irascible et une certaine forme de misanthropie, semblait avoir tranché, une fois pour toutes, la question de l’appartenance : refusant de s’identifier à une communauté plutôt qu’à une autre, V. S. Naipaul ne respectait ni les raisons d’Etat ni les bons sentiments. Il cherchait seulement, disait-il, à saisir la vérité du monde contemporain, et ses fractures.
Non-conformiste dans le contenu de ses écrits, il s’était aussi affranchi des frontières entre les genres, se jouant avec élégance des distinctions qui séparent la fiction de la non-fiction.
Fictions, biographies, essais historiques ou géopolitiques
Parmi la grosse trentaine de livres publiés depuis son premier roman, Le Masseur mystique (paru en 1957 ; Gallimard, 1965), on trouve d’abord des romans, et notamment le célèbre Une maison pour Monsieur Biswas (1961 ; Gallimard, 1964), fiction biographique inspirée par la figure de son père. Le livre rencontra un énorme succès. V. S. Naipaul fut aussi l’auteur de nouvelles (par exemple, Miguel Street, en 1959 ; Gallimard, 1967), de biographies et, surtout, de nombreux...




                        

                        


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                La chanson d’amour de Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 17h00
                 |

            Sandrine Blanchard

















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A 85 ans, Françoise Fabian réalise un rêve de jeunesse : elle sort son premier album de chansons avec l’aide, notamment, d’Alex Beaupain. Inoubliable dans « Ma nuit chez Maud », d’Eric Rohmer, la comédienne a travaillé avec les plus grands réalisateurs (Rivette, Damiano Damiani, Deville, Oliveira, Malle, Demy…). La Cinémathèque française vient de lui consacrer une rétrospective.
Il y a tellement de chansons d’amour que j’aime… Mais, parmi elles, une ne me quittera jamais. Depuis que j’ai découvert, il y a fort longtemps, Un jour tu verras, de Mouloudji, je ne m’en suis jamais remise. Cette chanson m’a complètement bouleversée et me bouleverse encore. Elle compte énormément pour moi. Je la chante tout le temps. Elle me touche tellement, qu’à chaque fois, je pleure. C’est comme un rêve, un espoir d’amour, tout y est possible. J’aime les chansons qui racontent des histoires : « Un jour, tu verras, on se rencontrera/Quelque part, n’importe où, guidés par le hasard/Nous nous regarderons et nous nous sourirons/Et, la main dans la main, par les rues nous irons./Le temps passe si vite, le soir cachera bien nos cœurs/Ces deux voleurs qui gardent leur bonheur. »
Rêve dans la brume
On ne peut pas mieux dire les choses ! Cette chanson me suit tout le temps, elle me renvoie à ma jeunesse, c’est comme si j’avais fait ce rêve moi-même. Elle n’est pas réaliste, c’est une rencontre imaginaire qui, peut-être, surviendra. Et puis le décor est tellement beau !
« Nous arriverons sur une place grise/Où les pavés seront doux à nos âmes grises./Il y aura un bal, très pauvre et très banal/Sous un ciel plein de brume et de mélancolie/Un aveugle jouera de l’orgue de Barbarie/Cet air sera pour nous le plus beau, le plus joli ! (…)/Nous danserons l’amour, les yeux au fond des yeux/Vers une nuit profonde, vers une fin du monde. »
J’ai assisté à de nombreux concerts de Mouloudji, j’étais très sensible à la tendresse de sa voix et à la poésie de ses textes. Parmi toutes les merveilles qu’offre la chanson française, Un jour tu verras est vraiment une balade à part : la mélodie, le thème, ce rêve dans la brume… Tout y est. Quel rêve ! Elle me touche comme aucune autre, je ne m’y habituerai jamais. Cette chanson m’est tellement personnelle… Je ne peux pas en expliquer davantage, sinon je me trahirais. 

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall
Françoise Fabian : « Un jour tu verras », de Mouloudji
Christiane Taubira : « Cry Me a River », d’Ella Fitzgerald
Tatiana de Rosnay : « I’m Not in Love », de 10CC



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.
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                Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès


Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 13h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Dans un courrier du 10 novembre 1934, l’inspecteur de l’enseignement primaire de Saint-Brieuc s’engageait à soutenir l’inscription du manuel de Léon Brossolette et Marianne Ozouf, Mon premier livre d’histoire de France, images en couleurs, paru chez ­Delagrave, auprès de la commission départementale des Côtes-du-Nord, « en raison de son intérêt ». L’instituteur qui avait attiré l’attention sur l’ouvrage, Yann Sohier (1901-1935), était un jeune enseignant militant de la langue bretonne et de l’autonomie politique régionale, peu suspect de défendre les valeurs jacobines.
Innombrables rééditions
C’est dire si ce nouveau manuel scolaire avait des vertus pour convaincre un activiste si dévoué à sa cause qu’il mourut prématurément, à force de ne pas ménager une santé fragile. L’ironie de l’histoire tient à ce que sa fille unique, Mona, orpheline à 4 ans, intègre vingt ans plus tard la famille des auteurs du fameux manuel, en épousant l’historien Jacques Ozouf (1928-2006), le fils que Marianne, la fille de Léon Brossolette, eut de son époux René Ozouf.
Destiné aux élèves de cours élémentaire ­première année, Mon premier livre d’histoire de France allait connaître d’innombrables rééditions, imposant pendant plus de vingt ans ses options, partis pris et priorités éthiques à des générations d’écoliers formés par une éducation laïque et républicaine. Les illustrations de René Giffey (1884-1965), prolifique dessinateur et caricaturiste, qui contribua aux premiers magazines destinés à la jeunesse et signa nombre de bandes dessinées, ont leur part de responsabilité dans ce succès spectaculaire.
Révolutionnaire
Sur le fond, l’ouvrage, jugé révolutionnaire car il misait, de façon pionnière, autant sur l’image que sur le texte, est la consécration d’un combat entrepris par Léon Brossolette (1868-1938) depuis plus de trente ans. Ce fils de cultivateur est l’exemple parfait de l’ascension sociale réussie à travers l’engagement...


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Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.
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                André et Madeleine Rossignol, le sens de l’art et de la pédagogie


Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.

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                            Philippe-Jean Catinchi

















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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, tandis que l’école renoue avec son combat pour une histoire commune capable d’inculquer les notions de démocratie et de fraternité aux ­futurs citoyens, un autre duo emprunte des voies complémentaires à celles de Brossolette et Ozouf et des manuels scolaires.
André et Madeleine Rossignol vivent en Poitou ù, tous deux enseignants, ils sont en poste au petit village de Nalliers, près de Montmorillon dans la Vienne (à peine 500 habitants au lendemain de la guerre). Dès janvier 1946, ils lancent, sous le label de « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui mise, outre la publication de manuels, sur la production de matériel didactique qui va révolutionner l’illustration scolaire.
780 tableaux d’histoire et de sciences
Tout en s’inspirant des principes du pédagogue Célestin Freinet (1896-1966), ils sont dans le droit-fil des principes de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, qui appelait dès 1879 à suppléer la trop maigre illustration des livres scolaires en créant une Commission de la décoration des écoles. ­Jugeant trop timides les audaces de Michel Bourrelier qui, en 1931, parallèlement à ses « carnets de pédagogie moderne » ou ­« pratique » et à son action pour la littérature de jeunesse, proposait des tableaux et cartes postales – « Images de la vie » ou « Images du beau » –, le jeune couple d’instituteurs met en route la production d’images pour la classe qui concilient soucis artistique et pédagogique. Durant près de trois décennies, les quelque 780 tableaux d’histoire et de sciences, auxquels s’ajoutent scènes quotidiennes propices à des leçons d’observation et d’instruction civique, vont marquer des générations ­d’écolières et d’écoliers, s’inscrivant dans la mémoire ­collective de l’école primaire.
Benjamin d’une fratrie de six, Philippe Rossignol prit la relève de ses parents en décembre 1986, quittant Montmorillon où André, abandonnant l’enseignement,...


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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Sous le chapiteau ou dans la petite salle de L’Astrada, Sophie Alour, Emile Parisien et Pierrick Pédron ont enchanté.
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Jazz in Marciac, le festival des festivals

Sous le chapiteau ou dans la petite salle de L’Astrada, Sophie Alour, Emile Parisien et Pierrick Pédron ont enchanté.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 06h43
    |

                            Francis Marmande (envoyé spécial à Marciac (Gers)








                        



                                


                            

Vendredi 10 août, 22 h 30, petite salle précieuse de L’Astrada, à Marciac (Gers). Physique de cinéma, mais elle s’en fiche, Sophie Alour, saxophoniste ténor de 43 ans, envoie à la perfection The Sidewinder de Lee Morgan. Phrasé, mise en place, élégance du timbre, la perfection. Elle vient d’inviter le pianiste Alain Jean-Marie en duo. De Chet Baker au Who’s who du jazz et des chanteuses, Alain Jean-Marie (Pointe-à-Pitre, 1945), met à tout ce qu’il fait une discrétion aussi aiguë que scrupuleuse. Tous les musiciens l’aiment. Sophie Alour ne se trompe pas. Cependant à deux pas, sous le chapiteau au 6 000 places, Stacey Kent et l’orchestre des conservatoires de la région Occitanie (direction Jean-Pierre Peyrebelle) cèdent la scène à Lizz Wright.
Dans le village, ça joue de partout. C’est Marciac, 1 249 âmes en temps ordinaire, 210 000 corps en temps de festival, dont la 41e édition est organisée du 27 juillet au 15 août. Jazz in Marciac a été créé en 1978 par l’instituteur André Muller et une poignée d’amateurs fiévreux, dont le jeune principal du collège, Jean-Louis Guilhaumon. Le modeste hommage au jazz traditionnel aurait pu s’engoncer dans ses prudences guillerettes. Ou alors Jazz in Marciac aurait pu devenir un énième festival popote, entre loi des tourneurs et caprices du temps. Il a bien failli. Ce serait sans compter avec l’infatigable Guilhaumon, à la démarche de randonneur et au sourire curieux. Toute sa vie, il n’aura fait que rester à l’écoute, apprendre, s’entourer de ses meilleurs détracteurs, innover, et produire un géant aux ailes de planeur.

Tiens ! Le 9 août à midi, deux gandins font leur apparition, place de Verdun, à Tarbes – 43 km de La Mecque – où logent pas mal de musiciens. Ils ont 20 ans, les pieds nus. A peine vêtus de sarouels rayés orange et vert, ils avancent torse nu, la médaille de Lourdes ou la coquille de Compostelle sur la poitrine. Mick Jagger et Jim Morrison en 1968, place...




                        

                        

