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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’organisation criminelle de motards a montré sa vitalité en rassemblant des centaines de membres au Québec, où il contrôle le trafic de stupéfiants.
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Le gang des Hells Angels prospère au Canada

L’organisation criminelle de motards a montré sa vitalité en rassemblant des centaines de membres au Québec, où il contrôle le trafic de stupéfiants.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h46
    |

                            Manuel Ausloos








                        



   


Le plus grand rassemblement de motards issus du crime organisé canadien s’est déroulé au vu et au su de tous, samedi 11 et dimanche 12 août au Québec. Environ 500 membres du célèbre club de motards des Hells Angels, l’une des plus grandes organisations criminelles au pays, et de clubs affiliés étaient réunis dans la petite ville de Saint-Charles-sur-Richelieu. Un important dispositif policier était en place pour surveiller l’événement de cette organisation clé du narcotrafic canadien.
Le « Canada Run », rassemblement annuel des Hells Angels du pays, organisé au Québec pour la première fois depuis dix ans, a été l’occasion pour le club de faire étalage de sa force sous le nez des autorités. Malgré une arrestation et plus de 300 constats d’infractions mineures remis par les policiers, l’événement s’est déroulé dans le calme. La présence policière était très visible, avec la mise en place de plusieurs barrages routiers, le déploiement d’un hélicoptère et même d’un véhicule blindé.
En 2009, une opération policière baptisée « SharQc » (Stratégie Hells Angels rayon Québec) avait permis l’arrestation de plus de 150 personnes et considérablement affaibli l’organisation, contraignant sa branche québécoise à se faire discrète ces dernières années. La grand-messe de cette fin de semaine est un symptôme de la résurgence des « chapitres » (branche locale du club, dans le jargon des motards) québécois des « Hells ».
« Décisions judiciaires favorables »
« C’est une démonstration de force pour toutes les entités du crime organisé qui seraient tentées de venir empiéter sur le territoire des Hells Angels, explique Guy Lapointe, directeur des communications de la Sûreté du Québec (SQ). C’est aussi une façon de narguer les autorités, ils ont bénéficié au cours des deux dernières années de décisions judiciaires favorables et ils affichent beaucoup plus leurs couleurs depuis. »
Le rassemblement est, selon l’inspecteur Lapointe, obligatoire pour les membres en règle du gang, dont les autorités estiment qu’il regroupe environ 500 personnes au Canada, dont 80 au Québec. Le dispositif policier considérable mis en place visait à assurer le maintien de l’ordre et rassembler des renseignements sur l’organisation, sa composition et sa hiérarchie.
« On pourrait affirmer que les Hells Angels sont au sommet de leur gloire en ce moment, explique le journaliste du Toronto Star Peter Edwards, qui couvre les gangs de motards canadiens depuis les années 1980. Ils sont les plus gros acteurs nationaux, installés d’un océan à l’autre, et en passe d’être implantés dans l’Arctique. La police a essayé différentes stratégies pour les neutraliser, mais ils continuent de se réinventer ; ils sont très résilients. »
« Beaucoup moins racistes qu’ils ne l’étaient »
Le club des Hells Angels, fondé en 1948 aux Etats-Unis par des vétérans de la seconde guerre mondiale, s’est implanté au Canada en absorbant un gang local québécois en 1977. Le succès de son implantation dans le pays est en partie imputable à la nature de leur organisation. Contrairement à des groupes criminels comme la mafia italienne de Montréal, leur recrutement ne repose pas sur des liens ethniques ou familiaux. « Quand on se cantonne à un groupe ethnique, on est rapidement limité, note Peter Edwards. Les motards, eux, sont beaucoup moins racistes qu’ils ne l’étaient, ce qui leur permet de travailler avec beaucoup de groupes ethniques différents. »
L’ascension des Hells Angels ne s’est pas pour autant faite sans encombres, mais au prix de guerres sanglantes avec des gangs de motards rivaux. La première, qui a opposé les Hells Angels aux Outlaws entre 1977 et 1982, a assuré la suprématie du gang au Québec. C’est cependant la « seconde guerre des motards du Québec » qui a marqué les esprits. Les Hells Angels et leurs ennemis, les Rock Machine devenus plus tard Bandidos, se sont livrés à un conflit sans merci de 1994 à 2002, causant la mort de plus de 160 personnes.

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                Mexique : le Veracruz sous l’emprise du crime



Le Québec est d’une importance stratégique pour le gang, car c’est par là que transite une part importante des stupéfiants qu’il fait entrer au Canada. Montréal est une ville portuaire et se prête naturellement à la contrebande, d’autant qu’elle est peu éloignée des grandes villes de l’Est américain dont New York, qui constitue un marché important. Selon les estimations de la SQ, les Hells Angels jouissent d’un quasi-monopole sur le trafic de drogue de la province, dont il contrôle entre 95 % et 100 %.
A l’échelle du Canada, les Hells Angels québécois sont ainsi aujourd’hui les plus puissants et les plus agressifs, d’après Peter Edwards : « Etre un Hells Angel à Montréal demande d’être un dur, mais cela veut aussi dire gagner beaucoup d’argent. » Le rassemblement de cette fin de semaine a donc une importance particulière pour l’organisation, puisqu’il se tient dans son fief historique et réaffirme sa mainmise sur un territoire central à sa stratégie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.
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Postulez au « meilleur job du monde » et vous pourrez arrêter de regarder des vidéos de chats sur Internet

La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h07
   





                        


Imaginez une île grecque paradisiaque, une maison gratuite, un potager, et approximativement 70 chats : c’est ce que propose Joan Bowell. La fondatrice de God’s Little People, un sanctuaire pour chats situé à Syros, une petite île des Cyclades, à la recherche de quelqu’un pour veiller sur ses félins, a posté une offre d’emploi sur Facebook. Le succès a été immédiat : en à peine un peu plus d’une semaine, son post a été partagé plus de 25 000 fois sur le réseau social.
3 000 CV reçus plus tard, Joan Bowell n’en revient toujours pas. « Je suis juste sidérée », écrit-elle sur sa page Facebook, « notre offre a même été diffusée à la télévision, en bandeau sur BBC News ». Pourtant, pas de quoi s’étonner : les photos idylliques et la fiche de poste sont plutôt convaincantes.



« Vous devrez surveiller tous les chats, les nourrir et leur donner leurs médicaments pendant mon absence. […] En plus de ça, vous devrez également jouer avec eux et leur donner beaucoup d’amour. Il nous faut quelqu’un de responsable, en qui nous pouvons avoir confiance, quelqu’un d’honnête avec un grand cœur. »
Le poste est à pourvoir sur le long terme, au minimum six mois, et l’heureux élu prendra ses fonctions le 1er novembre. Autre avantage exceptionnel : une maison sera gratuitement mise à la disposition de la personne choisie, et les factures d’eau et d’électricité payées.



A la recherche du « candidat parfait »
Joan Bowell et son mari ont aménagé sur Syros il y a sept ans pour des raisons de santé et ont très rapidement recueilli des chats abandonnés. « J’avais d’ores et déjà fait du bénévolat dans un refuge pour chat au Danemark, dont je suis originaire. En arrivant en Grèce, nous nous sommes rendu compte qu’ici, ils étaient régulièrement abandonnés », expliquait Mme Bowell sur un blog spécialisé dans l’accueil de chat abandonnés. Au bout d’un an, le couple se rend compte qu’il a déjà secouru une trentaine de chats et décide de créer le refuge de God’s Little People.



« C’est aussi à ce moment-là que nous avons décidé de communiquer sur notre action pour recevoir des dons ; les frais de vétérinaire étaient devenus trop importants pour nous seuls », disent-ils. Joan Bowell crée alors un blog et une page Facebook, qu’elle remplit des photos qu’elle prend de ses chats, ainsi qu’une boutique Etsy sur laquelle elle vend ses dessins à l’aquarelle.
Le couple doit pourtant retourner pour quelques mois à New York cet automne, et cherche donc un remplaçant. « Nous voulons absolument trouver le candidat parfait, et même si nous avons déjà reçu des milliers de candidatures, je vous encourage à postuler si secourir des chats est votre vœu le plus cher », écrit Joan Bowell.
Si vous hésitez toujours, l’un de ses derniers posts Facebook devrait terminer de vous convaincre : « C’est la vue que nous avons depuis notre maison… oui, la plage est juste en bas, et vous pourrez peut-être emmener les chatons s’y promener dans quelques mois si vous osez postuler ! »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Deux enquêtes ont été ouvertes après la diffusion de vidéos montrant des exactions dans le nord du pays, où l’armée combat Boko Haram.
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Décryptage

Au Cameroun, arrestation de sept militaires soupçonnés d’exécutions de civils

Deux enquêtes ont été ouvertes après la diffusion de vidéos montrant des exactions dans le nord du pays, où l’armée combat Boko Haram.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T16:31:58+02:00"

        Le 13.08.2018 à 16h31






    
Des soldats camerounais dans la localité d’Achigachia, dans le nord du pays, en mars 2016.
Crédits : Joe Penney / REUTERS


Vendredi 10 août, le ministre camerounais de la communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a surpris la population en annonçant sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (CRTV), la radio d’Etat, l’arrestation de sept militaires soupçonnés d’être impliqués dans l’exécution sommaire de deux femmes et leurs enfants, selon une vidéo diffusée sur Internet le 10 juillet. Ces mères étaient suspectées d’être des complices du groupe terroriste Boko Haram, qui poursuit ses attaques dans la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria.
Les militaires, dont les noms ont été cités, ont été « mis à la disposition de la justice et feront l’objet d’un procès équitable », a souligné le ministre. « Il est bien entendu qu’ils bénéficient jusqu’alors de la présomption d’innocence », a ajouté Issa Tchiroma Bakary, tout en précisant que le chef de l’Etat, Paul Biya, réitérait sa « détermination à veiller à ce que les exactions qui peuvent être perpétrées par quelques soldats égarés fassent systématiquement l’objet d’enquêtes et aboutissent le cas échéant à des sanctions appropriées ».

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                Exécutions filmées au Cameroun : l’analyse de la vidéo pointe la responsabilité de soldats



Trois jours après cette annonce, la colère des Camerounais, encore hantés par les scènes insoutenables de la vidéo, n’a pas fléchi. Sur les réseaux sociaux, à la radio et sur les plateaux de télévision et de radio, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le « mensonge du gouvernement ». Certaines réclament les démissions du colonel Didier Badjeck, responsable de la communication du ministère de la défense, et d’Issa Tchiroma Bakary, qui, au lendemain de la diffusion de cette vidéo, avaient dénoncé des « fake news » (fausses informations). Le ministre de la communication pointait une « manœuvre de désinformation grossière » et un « horrible trucage ».
« Mission kamikaze »
La colère a été alimentée par une autre vidéo, publiée début août, mettant également en scène des militaires affirmant aller en « mission kamikaze » sur ordre de Yaoundé. Une dizaine d’hommes non armés, allongés à même le sol, y sont abattus face à un mur près de maisons en flammes.
« Il s’agit là de nouvelles preuves crédibles appuyant les allégations selon lesquelles les forces armées camerounaises se seraient livrées à des exécutions extrajudiciaires contre des civils », a déclaré, dans un communiqué publié le 10 août, Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour Amnesty International. Selon l’ONG, la scène se serait déroulée à Achigachia, un village situé à la frontière avec le Nigeria, et des outils d’analyse numérique de pointe permettent d’affirmer que les faits se seraient produits avant 2016.



« Ce sont probablement nos hommes, a assuré au Monde Afrique une source sécuritaire qui a requis l’anonymat. Au début de la lutte contre Boko Haram, beaucoup de jeunes qui n’avaient jamais été sur un champ de guerre ont vu mourir leurs camarades, tués froidement par Boko Haram. Désœuvrés, certains ont commis des actes discutables. Mais ce sont des cas très isolés. Notre armée est responsable et on n’entraîne pas les jeunes à tuer des innocents. Ils sont entraînés pour combattre les ennemis. »
Plus prudent, le ministre de la communication a annoncé cette fois l’ouverture d’une enquête. Il a toutefois rejeté l’accusation selon laquelle il s’agit de soldats camerounais, et ce « tant qu’on n’aura pas établi de manière incontestable l’origine et l’appartenance des soldats qui auraient perpétré ces exécutions sommaires ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.
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Un ministre norvégien démissionne après un voyage privé en Iran

Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 15h49
   





                        


Le ministre norvégien de la pêche, Per Sandberg, a démissionné lundi 13 août après avoir enfreint les règles de sécurité lors d’un voyage privé en Iran avec une ex-reine de beauté d’origine iranienne. Numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), M. Sandberg, 58 ans, a admis s’être rendu en Iran en juillet avec sa nouvelle compagne de 28 ans, Bahareh Letnes, sans avoir au préalable averti les services du premier ministre et en emportant son téléphone portable de fonction. Cela alors que les services de sécurité norvégiens citent régulièrement l’Iran comme l’un des pays les plus actifs en matière d’espionnage, avec la Chine et la Russie.
« Per a lui-même demandé à partir, et j’estime que c’est une bonne décision, a déclaré la première ministre conservatrice, Erna Solberg, lors d’une conférence de presse. Il n’a pas fait preuve du bon sens nécessaire en matière de gestion de la sécurité. » M. Sandberg sera remplacé au gouvernement par Harald Tom Nesvik, membre de la même formation politique. Il a aussi renoncé à la vice-présidence du parti.
Une enquête sur sa compagne
Sous pression, M. Sandberg avait présenté des excuses avant d’être finalement rattrapé par les révélations distillées jour après jour. Il est par exemple apparu qu’il avait aussi violé les protocoles de sécurité en emmenant son téléphone professionnel en Chine en mai. « C’est triste, a-t-il affirmé devant la presse. J’avais pensé pouvoir boucler certains projets. » L’affaire agitait les médias norvégiens depuis deux semaines et alimentait les critiques tant dans l’opposition qu’au sein du Parti du progrès, au pouvoir au sein d’une coalition regroupant aussi les conservateurs et les libéraux.
Per Sandberg n’a pas voulu commenter à ce stade les aspects privés de l’histoire, particulièrement pimentée pour les médias, en raison de l’identité de sa nouvelle conjointe. De trente ans sa cadette, Bahareh Letnes est une ex-reine de beauté d’origine iranienne, devenue femme d’affaires. Elle avait été déboutée trois fois de sa demande d’asile en Norvège et expulsée avant d’obtenir finalement un permis de séjour au motif qu’elle risquait un mariage forcé en Iran. Les services de sécurité intérieure ont ouvert une enquête sur sa personne, même si elle nie tout lien avec le régime iranien.
Favorable à une politique d’immigration stricte, le Parti du progrès préconise l’expulsion rapide des demandeurs d’asile déboutés et est généralement critique à l’égard des étrangers qui retournent dans leur pays d’origine après avoir décroché des papiers dans le royaume nordique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Aucun consensus politique ne se dégage pour que le pays, l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, adopte un mix moins polluant.
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L’Australie reste sans projet énergétique ambitieux

Aucun consensus politique ne se dégage pour que le pays, l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, adopte un mix moins polluant.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 15h32
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Combien de temps faudra-t-il encore à l’Australie, l’un des premiers pollueurs de la planète par habitant, pour se doter d’une politique énergétique ? Les Etats et territoires de l’île-continent devaient se prononcer sur le National Energy Guaranty (NEG), le plan énergie proposé en octobre 2017 par le gouvernement conservateur ; mais vendredi 10 août, après plusieurs mois de débats, ils ont différé leur décision, faute de consensus sur une politique qui ne peut être approuvée qu’à l’unanimité. C’est le dernier épisode de la guerre des tranchées à laquelle se livrent, depuis plus d’une décennie, les élus de ce grand pays charbonnier sur les questions climatiques.
Présenté comme une « réforme nationale historique », le NEG vise à poursuivre la transition énergétique de l’Australie vers un mix moins carboné – actuellement, près de deux tiers de la production électrique repose sur des centrales à charbon dont la plupart sont vieillissantes –, mais sans renoncer au rôle primordial des énergies fossiles.
Le plan prévoit que les fournisseurs devront continuer à proposer un certain pourcentage d’électricité émanant de sources comme le charbon et le gaz, pour « garantir la fiabilité du réseau et faire baisser les factures d’électricité », tout en privilégiant un mix plus vert. A charge pour eux de trouver la meilleure formule, car ils devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 26 à 28 % d’ici à 2030, par rapport à leur niveau de 2005. L’Australie s’y est engagée en 2015.
Parlementaires climatosceptiques
« Pour la première fois en une décennie, il existe une proposition de responsables politiques qui met au centre du débat les questions de la fiabilité et du coût, tout en imposant une réduction des émissions afin de respecter nos engagements internationaux », s’est félicité, lundi 6 août, Jennifer Westacott, directrice exécutive du Business Council of Australia, une association qui représente les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les tensions dans la province du Ningxia illustrent les difficultés que rencontre la « sinisation » des religions, annoncée par Xi Jinping en 2015.
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édition abonné


Des musulmans chinois se mobilisent contre la démolition d’une mosquée

Les tensions dans la province du Ningxia illustrent les difficultés que rencontre la « sinisation » des religions, annoncée par Xi Jinping en 2015.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 18h02
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Les habitants de Weizhou, petite ville du Ningxia, dans l’ouest de la Chine, ont obtenu un sursis pour leur mosquée. Après plusieurs jours de tensions entre la police et plusieurs centaines de fidèles rassemblés devant le bâtiment, les autorités locales ont fait un pas en arrière, promettant finalement de ne pas démolir le lieu de culte tant qu’un accord pour sa reconstruction ne serait pas trouvé. La Grande Mosquée de Weizhou a été terminée il y a seulement un an, mais les autorités locales dénoncent des extensions illégales. Les autorités auraient aussi proposé un compromis : détruire seulement huit bulbes de l’édifice.
Les fidèles s’étaient rassemblés devant la Grande Mosquée, jeudi 9 août, pour empêcher sa démolition, prévue le lendemain. Des vidéos partagées en ligne montrent des fidèles assis, d’autres brandissant des banderoles en grands caractères blancs sur fond rouge proclamant : « Soutenons résolument le Parti communiste, défendons l’unité ethnique et sauvegardons la liberté religieuse ». Une manière de prendre au mot le Parti communiste tout en s’affichant comme des patriotes. Au-dessus de la mosquée flottaient aussi des drapeaux rouges.
Croix trop voyantes
Les fidèles faisaient face à une importante présence policière, mais il n’y a pas eu d’affrontements. Samedi 11 août, la police avait toutefois complètement isolé la ville, coupant les routes et, d’après certains habitants, l’accès à Internet pour empêcher les communications. Des journalistes d’Associated Press qui tentaient de couvrir l’événement ont été arrêtés et expulsés des lieux.
La destruction de la mosquée de Weizhou, petite ville de 22 000 habitants située à trois heures de route au sud de Yinchuan, la capitale du Ningxia, s’inscrit dans une politique de « sinisation » des religions en Chine. Ce plan, lancé en 2015, vise particulièrement les religions vues comme étrangères : l’islam et le christianisme. L’objectif est de couper les liens que les fidèles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Béji Caïd Essebsi a demandé au Parlement de se saisir d’un projet de loi réformant le droit successoral, au risque de raviver le conflit entre modernistes et islamistes.
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Décryptage

Pour le président tunisien, hommes et femmes doivent être égaux devant l’héritage

Béji Caïd Essebsi a demandé au Parlement de se saisir d’un projet de loi réformant le droit successoral, au risque de raviver le conflit entre modernistes et islamistes.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-13T14:50:49+02:00"

        Le 13.08.2018 à 14h50






    
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, à Tunis, le 20 mars 2018.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Le choix du chef de l’Etat est fait : la Tunisie doit entrer dans l’âge de l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage. Béji Caïd Essebsi a annoncé, lundi 13 août, lors d’un discours solennel à l’occasion de la « Journée de la femme » en Tunisie, son ralliement à la cause de l’égalité successorale qu’avaient jusque-là défendue en vain les féministes tunisiennes. M. Essebsi a souhaité que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, le Parlement tunisien) se saisisse sans tarder d’un projet de loi instituant une réforme en ce sens.
Selon le droit successoral actuel, inspiré des préceptes coraniques, la femme n’hérite que de la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté. Une Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), mise en place fin 2017 par le chef de l’Etat, avait préconisé dans un rapport rendu mi-juin d’établir l’égalité de principe entre hommes et femmes sur ce domaine très sensible qui touche aux patrimoines familiaux.

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Après s’être donné le temps de la réflexion, M. Essebsi a entériné ce projet de réforme. S’il a précisé que les testateurs désireux de maintenir l’actuel régime de l’inégalité en auront la liberté, la position du chef de l’Etat n’en marque pas moins une victoire des féministes, dans la mesure où le principe de l’égalité sera posé a priori – si le projet de loi est adopté. En revanche, M. Essebsi n’a rien dit sur les autres propositions de la Colibe – dépénalisation de l’homosexualité, abolition de la peine de mort –, ce qui semble signer l’enterrement de ces dernières.
Querelle idéologique
La proposition du président promet d’aviver un débat qui enfièvre déjà la Tunisie depuis quelques semaines. Les recommandations de la Colibe ont en effet remis au goût du jour la querelle idéologique entre modernistes et islamistes dont le pays avait été le théâtre au lendemain de la révolution de 2011.
Après avoir atteint son paroxysme en 2013, le conflit s’était estompé avec l’adoption à la quasi-unanimité de la Constitution de 2014 et, un an plus tard, la formation d’un gouvernement de coalition entre Nidaa Tounès, le parti du président, et le mouvement islamiste Ennahda. La tension remonte désormais alors qu’Ennahda, plutôt conciliant – voire suiviste – ces trois dernières années à l’égard du chef de l’Etat et de son parti, est tenté par le raidissement. Sa victoire aux élections municipales du printemps l’a encouragé, selon les analystes à Tunis, à hausser le ton.

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Le réveil de cette fracture que les Tunisiens qualifient d’« identitaire » illustre à quel point le consensus établi autour de la Constitution de 2014 a été arraché au prix de bien des malentendus, voire des contradictions. Celles-ci se révèlent aujourd’hui au grand jour. La loi fondamentale dispose en effet que « l’islam est la religion » de la Tunisie, tout en instituant un « Etat civil basé sur la citoyenneté ». Elle assigne en outre à l’Etat la mission de « protéger le sacré » tout en « garantissant la liberté de conscience », dans une juxtaposition de principes qualifiée de « pot-pourri constitutionnel » par le professeur de droit Yadh Ben Achour dans son ouvrage Tunisie, une révolution en pays d’islam (Cérès éditions, 2016). Enfin, elle pose que « les citoyens et citoyennes sont égaux devant la loi sans discrimination », tout en assurant qu’il « incombe à l’Etat de protéger la famille, cellule de base de la société ».
Aussi les deux camps se drapent-ils aujourd’hui dans les principes de la même Constitution pour défendre des positions opposées. Si les propositions de la Colibe embrassent bien des domaines – la peine capitale, les discriminations anti-homosexuels, le statut de « chef de famille », le délai de remariage des femmes, etc. –, la controverse s’est surtout cristallisée autour de l’égalité dans l’héritage, dont la portée, symbolique autant qu’économique, est la plus lourde. La législation actuelle est de plus en plus contestée par les féministes tunisiennes, au nom du rôle croissant jouée par les femmes dans la vie socio-économique et donc dans la formation des patrimoines.
La Colibe a proposé que le principe d’égalité dans l’héritage soit affirmé entre fils et fille, frère et sœur, époux et épouse et père et mère. Afin de ménager les sensibilités conservatrices, la commission a toutefois suggéré de réserver la possibilité au testateur, en cas de désaccord avec cette nouvelle règle, de retourner à l’inégalité à travers une déclaration faite son vivant devant un notaire. Le président Essebsi a entériné cette formule de compromis censée concilier les tenants de l’égalité et les traditionalistes.
Crise fratricide
En osant une telle avancée, le chef de l’Etat, âgé de 91 ans et dont le mandat s’achève fin 2019, souhaite à l’évidence entrer dans l’histoire comme un réformateur dans le sillage de l’œuvre pionnière léguée à la postérité par le « père de la nation », Habib Bourguiba – notamment les droits des femmes, inscrits dans le Code du statut personnel de 1956. « Béji Caïd Essebsi veut s’inscrire dans la continuité de Bourguiba », confirme Salwa Hamrouni, professeure de droit et membre de la Colibe.
Les temps ont toutefois changé et la marge de manœuvre de l’actuel chef de l’Etat n’est pas celle de son illustre devancier et mentor. « Bourguiba s’appuyait sur son charisme personnel et un parti unique discipliné », relève Slim Laghmani, autre professeur de droit membre de la Colibe. Deux attributs qui font aujourd’hui défaut au président de la République, très affaibli en raison de la crise fratricide qui déchire son parti, dirigé par son propre fils, Hafedh Caïd Essebsi.

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La principale difficulté qui attend le chef de l’Etat et les modernistes tient dans l’opposition du camp conservateur. Des manifestations hostiles aux propositions de la Colibe – souvent caricaturées – ont eu lieu dans plusieurs villes de Tunisie, dont l’une à Tunis ayant rassemblé le 10 août environ 6 000 personnes. Aux yeux des manifestants, la réforme instaurant l’égalité dans l’héritage est une atteinte au Coran et à l’« identité arabo-musulmane » de la Tunisie. Les sondages semblent indiquer que ces partisans du statu quo sont majoritaires dans la population.
Le parti Ennahda, qui a pourtant dépoussiéré son orthodoxie originelle pour se présenter comme « démocrate musulman », cherche à capitaliser sur ce courant d’opinion, au risque de brouiller son image internationale, celle d’un mouvement ayant pleinement embrassé la modernité. Le bien-fondé d’une réforme de l’héritage est par principe contesté par les dirigeants d’Ennahda. « Il n’est pas vrai que les préceptes de l’islam soient contraires à l’égalité, affirme Naoufel Jammali, membre du bureau politique du parti. C’est un faux débat. »
Sentiment de solitude
Selon l’argumentaire présenté par les opposants à la réforme, il existe de nombreux cas où « la femme hérite d’une part égale ou supérieure à celle de l’homme » ; ce à quoi les modernistes répliquent que de telles situations se limitent aux relations parentales éloignées, alors que l’inégalité est systématique pour « le même degré de parenté ».
« Il existe une tradition, qu’il faut respecter, objecte M. Jammali. La chambouler de manière brutale n’est pas judicieux. » Une position acceptable pour Ennahda consisterait à renverser les termes de la proposition de la Colibe retenue par le chef de l’Etat : poser comme principe premier le respect du statu quo, tout en laissant au testateur le choix de prévoir une éventuelle répartition égalitaire de son bien. Ainsi le postulat coranique serait-il préservé. La part du symbole est cruciale dans ce débat.
Si l’avis d’Ennahda est si important, c’est que le parti dispose du premier groupe parlementaire (69 députés sur 217). Au lendemain du discours présidentiel, Ennahda maintiendra-t-il son opposition de principe à cette réforme ? Si tel devait être le cas, l’adoption du projet de loi requerra une union sans faille de tous les groupes parlementaires non islamistes : Nidaa Tounès, Machrouu Tounès, Front populaire, Afek Tounès, Union patriotique libre, etc.

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Or l’affaire s’annonce compliquée si l’on en juge par l’embarras qu’ont jusqu’à présent trahi nombre de ces partis. Alors que la controverse s’enfiévrait ces dernières semaines, les membres de la Colibe, qui multipliaient les plaidoyers en faveur de leurs idées, ont éprouvé un amer sentiment de solitude. Seule une fraction de la société civile, celle attachée aux libertés individuelles, leur a témoigné un soutien ostensible, en particulier à la présidente de la commission, Bochra Belhaj Hmida, qui a fait l’objet de menaces de « lapidation » de la part d’un prédicateur extrémiste.
« Nous nous sommes sentis faibles et isolés, témoigne Slaheddine Jourchi, membre de la Colibe. Nous n’avons pas vraiment été soutenus par les autorités et les partis politiques, même ceux qui se disent modernistes. » Le climat changera-t-il après l’intervention du chef de l’Etat ?


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.
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Pourquoi les Roumains continuent-ils de manifester ?

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h16
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Dimanche 12 août au soir, ils étaient encore quelques milliers. Si l’ampleur des manifestations varie en fonction des rebondissements de l’actualité, les opposants au gouvernement roumain descendent dans la rue de manière quasi continue depuis dix-huit mois pour protester contre la politique d’affaiblissement de la lutte anticorruption menée par le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir. Leur principale cible est son dirigeant, l’indéboulonnable Liviu Dragnea, 55 ans.
Qui est Liviu Dragnea, cible des protestations ?
Largement victorieux des législatives organisées en décembre 2016, il n’a jamais pu devenir premier ministre en raison de deux condamnations judiciaires. L’une à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, devenue définitive en 2016. L’autre, en juin, à trois ans et demi ferme pour détournement de fonds publics, condamnation dont il a fait appel. Il est également poursuivi dans une troisième affaire de détournements de fonds européens. Or, la loi roumaine impose un casier judiciaire vierge pour devenir ministre.
Face à ces obstacles, M. Dragnea avait expliqué au Monde, en décembre 2016, quelques jours avant sa victoire électorale, « avoir un plan ». Son large score de 46 % des voix lui a permis depuis de le dérouler de façon quasi implacable, même si l’opposition de la rue et du président libéral, Klaus Iohannis, a compliqué les choses.
Depuis la Chambre des députés dont il a pris la présidence, il a en effet pu faire nommer successivement trois premiers ministres, limogés chacun à leur tour lorsqu’ils ont émis des critiques sur la politique d’affaiblissement de la justice, visiblement imposée par M. Dragnea. Celui-ci estime être victime des abus de la lutte anticorruption. Il a notamment plusieurs fois dénoncé l’existence d’un « Etat parallèle » au sein de la justice qui voudrait « contrôler le pays ».
En quoi consistent les offensives du gouvernement contre le parquet anticorruption ?
Institution crainte par les responsables politiques roumains mais respectée par la population, le parquet anticorruption (DNA en roumain) est sa cible principale. Devenu extrêmement efficace sous la pression de l’Union européenne, à laquelle la Roumanie a adhéré en 2007, le DNA a instruit des centaines d’affaires impliquant des politiques de tous les niveaux. Véritable fléau dans le pays, la corruption fait, sous l’égide du DNA, l’objet d’une lutte sévère.
Trop, pour certains responsables politiques, qui pointent des condamnations de fait particulièrement lourdes. Les trois ans et demi de prison ferme de M. Dragnea sont ainsi venus sanctionner une affaire d’emploi fictif dans laquelle le préjudice a été évalué à 24 000 euros. Plusieurs dossiers mal ficelés ont aussi fini par des non-lieu.
Augmentation du seuil des poursuites
En février 2017, la première offensive du leader du PSD avait d’ailleurs consisté à faire adopter des ordonnances dans l’urgence pour notamment faire passer le seuil des poursuites pour de tels faits à 44 000 euros, ce qui aurait immédiatement arrêté les poursuites contre lui. Ces ordonnances ont déclenché des manifestations d’une ampleur considérable, réunissant plus de 500 000 personnes à Bucarest.
Comme aujourd’hui, les cortèges étaient surtout constitués de l’élite urbaine et éduquée de Roumanie, alors que le cœur de l’électorat du PSD, plus pauvre et rural, a été choyé avec des augmentations de salaires et de prestations sociales. La gigantesque diaspora roumaine, représentant près de 20 % de la population active et politiquement plus libérale que le reste de la population, a aussi multiplié les mouvements d’humeur. A l’époque, le gouvernement avait été forcé de reculer.

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Révision des jugements non unanimes
Mais M. Dragnea n’a pas pour autant renoncé à son offensive. Fin 2017, un nouveau premier ministre, Mihai Tudose, fait ainsi adopter plusieurs lois qui visent notamment à instaurer un corps d’inspection de la magistrature. En juin, une nouvelle loi est passée qui prévoit, elle, qu’un jugement non signé par l’ensemble des magistrats peut être révisé. Or, c’est justement le cas d’un des dossiers impliquant l’homme fort roumain…
Limogeage de la cheffe du DNA
Surtout, le gouvernement, désormais dirigé par Viorica Dancila, une très proche de M. Dragnea, a obtenu en juillet la tête de la cheffe du DNA, Laura Codruta Kövesi. Cette figure de la justice roumaine a été démise de ses fonctions après un long bras de fer entre le gouvernement et le président Klaus Iohannis. Le ministre de la justice avait notamment reproché à la procureure d’avoir « enfreint la Constitution » et « nui à l’image » de la Roumanie à l’étranger lors des entretiens qu’elle multipliait avec la presse internationale pour dénoncer les actions du gouvernement.
Qui a manifesté vendredi soir ?
Bien que ce limogeage et ces lois aient suscité de vives protestations des chancelleries occidentales et des associations de magistrats, elles n’ont toutefois pas déclenché de vagues de protestation comparables à celles de l’hiver 2017. La grande manifestation de la diaspora organisée vendredi 10 août au soir a ainsi réuni un peu moins de 100 000 personnes, selon les médias locaux.
Les violences qui ont émaillé le rassemblement étaient toutefois une première, ceux-ci étant jusqu’alors totalement pacifiques. Plusieurs responsables de l’opposition libérale étaient présents dans la rue, mais elle est loin d’être en mesure de faire tomber le gouvernement. D’autant que la diaspora s’apprête à repartir avec la fin de l’été. M. Dragnea pourra ensuite tranquillement continuer son œuvre de blanchiment de ses dossiers judiciaires personnels en faisant modifier les lois à sa guise.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’« Aquarius » est en position entre Malte et l’Italie depuis le sauvetage de 141 personnes, vendredi. Les deux pays refusent de l’accueillir.
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Après l’appel de SOS Méditerranée, le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »

L’« Aquarius » est en position entre Malte et l’Italie depuis le sauvetage de 141 personnes, vendredi. Les deux pays refusent de l’accueillir.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 17h35
   





                        



   


La présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, a appelé lundi 13 août « l’ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités » pour trouver un port sûr à l’Aquarius. Au cours de deux opérations vendredi 10 août, le navire humanitaire a récupéré 141 personnes au large des côtes libyennes, dont la moitié sont des enfants, et un tiers, des femmes, a précisé Mme Beau.
Le bateau a d’abord récupéré 25 migrants à bord d’une petite barque en bois vendredi matin. Puis, le navire humanitaire a secouru l’après-midi 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés, essentiellement originaires de Somalie et d’Erythrée, qui se trouvaient sur une embarcation en bois, « surchargée », sans eau ni nourriture.
« Les gardes-côtes qui ont assuré le sauvetage nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas nous donner un port sûr. La Libye n’est pas un port sûr », a estimé Mme Beau. L’Aquarius « est en position entre Malte et l’île italienne de Lampedusa », a indiqué à l’AFP Mme Beau, dont l’association humanitaire a déjà eu deux « réponses officielles négatives » de la part de Malte et de l’Italie.

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Une situation en « contradiction » avec le droit maritime
« On demande à l’ensemble des Etats européens de trouver une solution. On les appelle à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée », a ajouté Mme Beau, selon laquelle la situation actuelle est « en contradiction la plus totale avec le droit maritime international, et tout cela se fait sur le dos de personnes en danger ».
Autre « effet pervers de la non-gestion » de ce problème humanitaire par les Etats, « des rescapés ont raconté que cinq navires leur sont passés devant sans s’arrêter », condamne la présidente de SOS Méditerranée. « Et aujourd’hui il n’y a aucun navire sur la zone de détresse, nous sommes très inquiets. »

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Dimanche, une embarcation de 11 personnes qui naviguait dans les zones maltaises est finalement tombée en panne entre la zone maltaise et la zone italienne. Elle a été prise en charge par les gardes-côtes italiens, a encore indiqué la présidente de SOS Méditerranée.
Samedi, le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file du parti d’extrême droite de la Ligue a déclaré que l’Aquarius, « propriété d’un armateur allemand avec un pavillon de Gibraltar », « ne verrait jamais un port italien ».

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Le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »
Lundi 13 août dans l’après-midi, la ville de Sète (Hérault) s’est finalement dite prête à accueillir les 141 migrants sauvés par l’Aquarius, par la voix du président du port de Sète-Frontignan et ancien ministre des transports, Jean-Claude Gayssot, selon France Bleu Hérault.
« La seule condition, c’est d’abord le feu vert des autorités françaises. Je comprends que les choses sont complexes, y compris qu’il faut combattre les passeurs. Mais là, il s’agit de vies humaines. Tout doit être second par rapport à l’humain, par rapport à sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants », a-t-il dit.
L’Elysée n’a pas commenté la situation dans l’immédiat.
Une situation de blocage qui s’était déjà produite en juin
En juin, l’Aquarius avait récupéré 630 migrants au large de la Libye. Mais l’Italie et Malte avaient refusé de les laisser débarquer. L’odyssée du navire s’était achevée dans le port espagnol de Valence. L’Aquarius est ensuite resté un mois en escale technique à Marseille.
Cet épisode avait eu des répercussions dans toute l’Union européenne, creusant le fossé entre les partisans d’une ligne dure face à la question migratoire et les défenseurs d’une solution européenne et coopérative. Il avait aussi suscité de vives tensions entre la France et l’Italie.
Depuis, la France a accueilli quelques dizaines de réfugiés une fois qu’ils ont été débarqués dans un autre pays de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’ONG China Labour Bulletin, basée à Hongkong, analyse près de 7 000 mouvements de protestation entre 2015 et 2017 dans son dernier rapport.
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En Chine, les conflits sociaux étendent leur périmètre

L’ONG China Labour Bulletin, basée à Hongkong, analyse près de 7 000 mouvements de protestation entre 2015 et 2017 dans son dernier rapport.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h03
    |

            François Bougon








                        



   


C’est une radiographie extrêmement précise et intéressante des conflits du travail en Chine et de la capacité de mobilisation des travailleurs de la seconde économie mondiale qu’a publiée, lundi 13 août, China Labour Bulletin (CLB). Le nouveau rapport de l’ONG, basée à Hongkong et fondée en 1994 par Han Dongfang, un ancien du mouvement démocratique de Tiananmen, dresse un état des lieux des conflits sociaux dans l’ex-empire du Milieu en se basant sur l’analyse de près de 7 000 mobilisations qui se sont déroulées dans le pays entre 2015 et 2017.
Premier constat : désormais, les mouvements de protestation ne se limitent plus aux régions côtières, où ont été lancées les réformes économiques il y a quarante ans, que ce soit dans le sud (delta de la rivière des Perles) ou dans l’est (delta du Yangzi). Ainsi, la province qui a été le théâtre du plus grand nombre de conflits entre ouvriers et patrons, dans les secteurs de la construction, des transports ou de la distribution, est celle du Henan, dans le centre. La transformation de l’économie chinoise peut expliquer ce phénomène : nombre d’usines sont délocalisées dans les régions les plus pauvres du centre et de l’ouest, à la recherche de coûts salariaux moins élevés.

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Les salariés sont de plus en plus « ubérisés »
Autre constat du CLB : avec le développement du numérique, les salariés se retrouvent de plus en plus « ubérisés » – il faudrait plutôt dire « didisés », du nom du géant chinois du VTC Didi –, avec pour conséquence des conflits croissants dans le secteur des services, de la livraison à domicile de nourriture ou de biens de consommation. Ces mêmes nouvelles technologies ont cependant aussi permis aux travailleurs de mieux s’organiser et d’obtenir « une négociation plus rationnelle et ordonnée », relève l’ONG. Fini les grèves sauvages sans lendemain.

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Mais le principal obstacle reste l’incapacité du syndicat officiel, la Fédération nationale des syndicats de Chine (ACFTU selon son acronyme en anglais), à porter réellement la voix des travailleurs. Même si, souligne le rapport, le Parti communiste chinois – désireux de redorer son blason auprès des moins privilégiés et de s’attaquer aux inégalités croissantes qui menacent sa légitimité politique – s’est lancé dans une réforme de la Fédération en 2015. « Au niveau local, l’ACFTU a cherché à créer de nouvelles branches, à recruter de nouveaux membres et à protéger les droits et les intérêts de ses membres. Cependant, le syndicat n’a pas vraiment changé son identité et les réformes menées trahissent encore une attitude paternaliste », indique le rapport.
Dans le même temps, le régime a réprimé dans la province méridionale du Guangdong des organisations non officielles : des militants ont été arrêtés et leurs associations dissoutes. Encore un effort pour être vraiment socialistes, conclut ironiquement le rapport, en s’adressant aux autorités syndicales officielles du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La visite du premier ministre Haïder Al-Abadi à Téhéran a été annulée, après son annonce qu’il appliquerait les sanctions de Washington.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Irak est déchiré entre ses alliés américain et iranien

La visite du premier ministre Haïder Al-Abadi à Téhéran a été annulée, après son annonce qu’il appliquerait les sanctions de Washington.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 11h24
    |

            Hélène Sallon (Bagdad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran, dont le premier volet est entré en vigueur le 7 août, s’annonce potentiellement déstabilisateur pour l’Irak, pris en tenailles entre Téhéran et Washington, ses deux partenaires stratégiques. L’assurance donnée par le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, de respecter, quoique « contraint », le régime des sanctions, qu’il a qualifié d’« erreur stratégique », a provoqué l’ire de la République islamique.
Dimanche 12 août, sa visite officielle en Iran a été annulée. Si son cabinet invoque « un calendrier chargé », des sources irakiennes ont indiqué, sous couvert d’anonymat, que l’annulation émanait de Téhéran. L’imbroglio diplomatique fait suite à des critiques sévères visant en Irak l’Iran et ses alliés.
Dans un communiqué, Moujtaba Al-Hussein, le représentant à Bagdad de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, a dénoncé dimanche « une attitude déloyale envers la position honnête de l’Iran et du sang des martyrs que ce pays a versé pour défendre la terre d’Irak face au groupe Etat islamique. (…) Nous sommes attristés par cette position qui montre que [M. Abadi] est défait psychologiquement face aux Américains ». 
L’organisation chiite irakienne Badr, principale composante de l’Alliance de la Conquête, arrivée en seconde position aux élections législatives du 12 mai, a appelé le gouvernement à « soutenir et défendre l’Iran » face à « la volonté américaine injuste ».
« Nous n’avons pas d’autre choix. Tout le commerce en Irak est réalisé en dollars, notamment pour les exportations de pétrole », explique le conseiller économique de M. Abadi, Madhar Mohammad Saleh
Artisan de l’équilibre entre ces deux puissances ennemies, engagées auprès de l’Irak dans la lutte contre l’EI, Haïder Al-Abadi prend le risque d’apparaître aligné sur l’allié américain. Des diplomates occidentaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La méfiance entre Israël et le Hamas s’exacerbe un peu plus à chaque escalade de violence.
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A Gaza, la perspective d’une trêve s’éloigne

La méfiance entre Israël et le Hamas s’exacerbe un peu plus à chaque escalade de violence.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h55
    |

                            Claire Bastier (Gaza, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il ne reste plus qu’un immense tas de gravats. Des gamins grimpent, pieds nus, sur les énormes cylindres de béton couchés au sol. L’un d’entre eux s’aventure vers un bloc plus haut perché pour y planter un drapeau palestinien, comme un signe d’ultime résistance. Des artistes viennent aussi se recueillir sur les ruines.
Jeudi 9 août, l’aviation israélienne a bombardé le centre culturel Said Al-Meshal, dans le centre de Gaza-Ville. Le bâtiment de cinq étages abritait notamment un théâtre, une bibliothèque ainsi que le bureau de la communauté égyptienne de Gaza.
La frappe israélienne a clôturé 24 heures d’intense escalade. Mercredi soir, les factions palestiniennes avaient tiré 200 roquettes et obus depuis Gaza vers le sud d’Israël. L’armée israélienne a frappé 150 cibles militaires du Hamas dans l’enclave : les raids aériens ont fait dix-huit blessés palestiniens, et trois morts. Une vingtaine d’Israéliens ont également été blessés.

L’armée israélienne a déclaré avoir localisé dans le centre Said Al-Meshal les bureaux des forces de sécurité intérieure du Hamas, le mouvement qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Elle l’a donc ciblé, en représailles au tir, jeudi, d’une dernière roquette palestinienne qui a atterri près de la ville de Beer-Sheva, à une quarantaine de kilomètres de Gaza, donc exceptionnellement loin.
Chaque nouvelle poussée de fièvre fragilise l’accord d’un cessez-le-feu de longue durée, négocié depuis mars par l’intermédiaire de l’Egypte et des Nations unies
Comme à la fin de la guerre de 2014, lorsque des bâtiments affiliés au Hamas étaient pilonnés en plein Gaza-Ville, la frappe du 9 août a sonné comme un avertissement : la promesse d’une guerre destructrice à Gaza, en cas de surenchère de la part du Hamas. Les factions palestiniennes n’ont d’ailleurs pas répliqué, approuvant le soir même l’accord de cessez-le-feu soumis par l’Egypte.
Les escalades entre Israël et le Hamas se multiplient depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Neuf personnes ont été gravement blessées pendant un concert, lors de l’effondrement d’une plate-forme sur le port de Vigo. Plusieurs dizaines de personnes souffrent de contusions.
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Espagne : plus de 300 blessés lors d’un festival en Galice

Neuf personnes ont été gravement blessées pendant un concert, lors de l’effondrement d’une plate-forme sur le port de Vigo. Plusieurs dizaines de personnes souffrent de contusions.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 12h57
   





                        


Plus de 300 personnes ont été blessées, dont neuf sérieusement, victimes de l’effondrement d’une plate-forme dans la nuit de dimanche à lundi lors d’un festival de musique et de sports urbains à Vigo − une ville de Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne –, a-t-on appris auprès des autorités locales.
« En ce moment, 266 patients sont traités. La plupart sont légèrement blessés, avec des contusions », mais « il y a cinq hospitalisations, principalement pour des fractures ou des traumatismes crâniens », a déclaré sur une radio locale Jesus Vazquez Almuina, chargé de la santé dans le gouvernement de la région de Galice.
« Un total de 316 personnes ont été traitées », a indiqué, dans un communiqué publié lundi actualisant le premier bilan, le gouvernement régional de Galice.
La plate-forme de bois, d’une longueur de 30 mètres et d’une largeur de 10 mètres, située sur le front de mer, était remplie de spectateurs regardant un concert de rap, dans le cadre du festival O Marisquiño, lorsqu’elle s’est soudainement effondrée, dimanche peu avant minuit, a indiqué à la presse le maire de Vigo, Abel Caballero.

Parece ser que se ha desplomado parte del paseo marítimo de Vigo en mitad de un concierto de O Marisquiño. Las imag… https://t.co/AUc9KHoaYB— Danipaquitof (@Daniel Lorenzo)


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« Les causes restent à déterminer. Tout indique qu’il n’y a personne coincé dessous », a-t-il ajouté. Le maire de la vill, avait indiqué samedi 11 août s’inquiéter de la détérioration de cette partie du port – la plus touristique de la ville –, selon le journal El Pais.
De nombreux véhicules de secours ont encerclé le site pendant une partie de la nuit, les images de l’effondrement laissant imaginer un bilan plus important. Des témoins ont raconté aux médias espagnols avoir eu du mal à se sortir des débris de la plate-forme.
« Le sol est descendu comme dans un ascenseur. Cela a duré cinq secondes. Il s’est dérobé et nous sommes tous tombés. Les gens me tombaient dessus », a témoigné Aitana Alonso, dans le journal local Faro de Vigo.
« J’ai eu du mal à sortir (...) mon pied était coincé dans l’eau. J’ai réussi à le retirer et un garçon m’a donné la main pour que je sorte », a-t-elle ajouté. « J’avais quelqu’un sous moi qui criait qu’il ne pouvait pas sortir. J’étais très nerveuse. J’ai essayé [de sortir] mais je suis retombé », a-t-elle ajouté.
Selon les témoignages recueillis par Faro de Vigo, la plate-forme a cédé durant la première chanson du rappeur Rels B, qui avait demandé au public de sauter.
Sur Twitter, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé sa « solidarité aux blessés du festival #OMarisquiño à Vigo », à qui il a souhaité « un rétablissement rapide ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans une lettre ouverte, les écrivains Emmanuel Dongala et Gabriel Mwènè Okoundji interpellent le président Denis Sassou-Nguesso.
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Point de vue

« Le Congo attend la vérité sur la mort de treize jeunes dans un commissariat »

Dans une lettre ouverte, les écrivains Emmanuel Dongala et Gabriel Mwènè Okoundji interpellent le président Denis Sassou-Nguesso.

Par                Emmanuel Dongala et Gabriel Mwènè Okoundji



LE MONDE
              datetime="2018-08-13T10:36:07+02:00"

        Le 13.08.2018 à 10h36






    
L’écrivain congolais Emmanuel Dongala, à Lyon, en 2012.
Crédits : PHILIPPE MERLE / AFP


Tribune. Monsieur le Président,
Nous n’avons pas l’habitude de l’invective. L’accusation gratuite et le plaisir de la polémique ne sont pas dans notre cœur. Aussi permettez-nous de vous interpeller solennellement au sujet de ce drame, survenu dans la nuit du 22 au 23 juillet, qui a profondément endeuillé la nation congolaise.
Au cours de cette nuit, treize jeunes incarcérés la veille dans les cellules disciplinaires du commissariat de police Chacona, dans le sixième arrondissement de Brazzaville – donc sous protection policière –, ont mystérieusement trouvé la mort. Les familles, dans leur malheur, ainsi que le peuple congolais tout entier, ignorent à ce jour les circonstances exactes de l’arrestation de ces jeunes et les raisons qui ont causé ces décès.

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Que dit du Congo ce drame qui se produit dans l’enceinte même du commissariat d’un pays souverain censé être un Etat de droit ? Une si terrible situation ne peut laisser indifférent aucun être qui se reconnaît homme. Et c’est avant tout en notre qualité de citoyens congolais que nous vous interpellons au sujet de la mort de ces enfants, nos fils.
Un silence dangereux
Nous vous écrivons, Monsieur le Président, pour vous dire que depuis quelques semaines déjà nous sommes dans l’attente légitime d’un acte de votre part, une adresse à la nation sur ce sujet, qui dirait la part de vérité attendue au niveau de la présidence de la République sur ce qui s’est réellement passé. Existe-t-il un procès-verbal de ces arrestations ? Y a-t-il eu tortures et actes de barbarie dans l’enceinte de ce commissariat ? Des commissions d’enquête ont-elles été diligentées en toute indépendance ? A quel niveau ? Pour quelles conclusions ?
Le Congo est terre des hommes et, comme vous le savez, la jeunesse est notre matière première la plus précieuse. Par conséquent, votre silence face à ce drame soulève l’interrogation ; il devient dangereux pour la nation. Regardez donc et entendez-les, écoutez ces jeunes et leurs familles désarmées face au silence assourdissant de leur Etat !

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Nous vous écrivons, Monsieur le Président, pour vous demander respectueusement que dans votre allocution à l’occasion de la Fête nationale du 15 août, mardi, soit abordée, enfin, la question de ce drame. Que ne soit éludé aucun point significatif quant aux facteurs qui ont causé la mort de ces jeunes, les mesures mises en place par l’Etat pour accompagner leurs familles dans le processus de deuil, le niveau des responsabilités repérées et, subséquemment, les sanctions envisagées. Si tel n’est pas le cas, cela équivaudrait à forfaire à l’une de vos fonctions, celle de rassurer et de conforter la nation lorsque celle-ci traverse des épreuves.
Monsieur le Président, nous faisons appel à votre sens de la nation. Le peuple a tout simplement soif de vérité sur ce drame innommable.
Emmanuel Dongala et Gabriel Mwènè Okoundji sont des écrivains congolais.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le président d’un bureau de vote a été assassiné près de Tombouctou, lors de la présidentielle marquée par l’abstention.
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Décryptage

Au Mali, un second tour entre indifférence et violence

Le président d’un bureau de vote a été assassiné près de Tombouctou, lors de la présidentielle marquée par l’abstention.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T10:27:50+02:00"

        Le 13.08.2018 à 10h27

     •
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        Mis à jour le 13.08.2018 à 15h36






                        

Crédits : MICHELE CATTANI / AFP


                    

« Ça manque de suspense, tout ça », lâche Mamadou Konaté, l’air désabusé, accoudé à sa moto. Le bureau de vote de Boulkassoumbougou, en périphérie de Bamako, n’est qu’à deux pas. Pourtant, M. Konaté n’est pas allé voter ce 12 août, pour le second tour de l’élection présidentielle opposant le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé « IBK »,  à Soumaïla Cissé. IBK est largement favori. Il est sorti nettement vainqueur du premier tour, le 29 juillet, avec 41,7 % des suffrages, contre 17,78 % pour « Soumi », qui n’a pas reçu le soutien des autres candidats de l’opposition. Ce grand écart de près de 24 points a découragé M. Konaté : « A quoi ça sert de se déplacer ? On sait qui va être élu », soupire-t-il.
Les premières estimations du taux de participation sont largement en dessous des 42,7 % du premier tour. Le Pool d’observation citoyenne du Mali (Pocim) l’a établi à 22,38 % sur un échantillon de 1 571 bureaux observés, soit 6,8 % du total des bureaux. « Même dans les grands centres de vote de Bamako, la mobilisation était vraiment timide », précise Ibrahima Sangho, le chef de mission.
Carnet de bulletins vierge
Sur le large goudron de Koulikoro menant au centre-ville de Bamako, il y avait plus d’acheteurs postés devant les troupeaux de moutons que d’électeurs dans les bureaux de vote visités. L’Aïd-el-Fitr sera célébrée le 21 août et les préparatifs de cette fête semblent davantage passionner les Maliens, majoritairement musulmans, que le scrutin présidentiel.
« Comment frauder quand on a l’assurance de l’estime de son peuple ? » Ibrahim Boubacar Keïta, président sortant
A 4 kilomètres de là, le centre de vote de Dravela-Bolibana est quasiment vide. Sous la pluie, quelques délégués des partis enjambent les flaques, sacs en plastique sur la tête. Sous les préaux des bureaux de vote, il y a plus d’observateurs électoraux et de forces de sécurité que d’électeurs. A l’intérieur du bureau...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’ancienne conseillère en relations publiques de la présidence américaine dit s’être « protégée » en enregistrant son licenciement par le chef de cabinet de la Maison Blanche, puis la réaction étonnée de Donald Trump.
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Une ex-conseillère de Trump diffuse une discussion enregistrée dans la salle de crise de la Maison Blanche

L’ancienne conseillère en relations publiques de la présidence américaine dit s’être « protégée » en enregistrant son licenciement par le chef de cabinet de la Maison Blanche, puis la réaction étonnée de Donald Trump.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 18h14
   





                        



   


L’ancienne conseillère en relations publiques de la Maison Blanche, Omarosa Manigault Newman, auteure d’un livre à paraître sur son expérience au côté de Donald Trump, a diffusé dimanche 12 août, dans l’émission « Meet the Press » sur ABC, un enregistrement de son licenciement par le chef de cabinet de la présidence américaine, John Kelly. « C’est une Maison Blanche dans laquelle tout le monde ment », a affirmé l’ancienne haute conseillère, chargée du bureau des relations publiques jusqu’en janvier dernier.
La discussion enregistrée se serait déroulée dans la « Situation Room » de la Maison Blanche. La salle de gestion des crises, située au sous-sol du siège de la présidence américaine, est ultra-sécurisée et les appareils électroniques y sont interdits, afin d’éviter toute fuite d’informations confidentielles.
Riposte de Trump
Dans cet enregistrement, effectué en 2017, selon l’ancienne conseillère, le secrétaire général de la Maison Blanche invoque des « problèmes d’intégrité importants » pour justifier son licenciement – des problèmes notamment liés à l’utilisation d’une voiture du gouvernement, posant selon lui des « problèmes légaux ».
« Je pense qu’il est important de comprendre que si votre départ se déroule dans une bonne entente, vous pouvez voir tout ce temps passé ici comme une année au service de votre pays. Et vous pouvez continuer dans le futur sans aucune difficulté quant à votre réputation », déclare notamment le chef de cabinet de Donald Trump dans l’enregistrement. Un passage au ton « menaçant » pour Mme Manigault Newman, qui justifie selon elle la diffusion de leur discussion. « Personne ne m’aurait cru si je n’avais pas cet enregistrement », a-t-elle déclaré sur ABC.
Lundi 13 août, un deuxième enregistrement fourni par l’ancienne conseillère a été diffusé par la chaîne NBC. Donald Trump y affirme, lors d’une conversation téléphonique, n’avoir rien su du licenciement de son ex-protégée et le regretter. « Omarosa ? Omarosa qu’est-ce qu’il se passe ?, l’entend-on demander. Personne ne m’a rien dit. Tu sais ils gèrent une grosse machine, mais je ne le savais pas (…). Mince, je ne le savais pas. Je n’aime pas du tout l’idée que tu partes. »
Donald Trump n’a pas tardé à riposter en publiant deux messages sur Twitter dans lesquels il décrit « Omarosa la folle-dingue » comme « féroce mais pas intelligente », qui « ratait constamment les réunions et le travail ».
Un « mépris flagrant pour notre sécurité nationale »
Plus que le contenu même des révélations, la diffusion d’une discussion enregistrée dans l’un des lieux les plus sécurisés autour du président américain a provoqué de nombreuses réactions politiques outre-Atlantique.
« L’idée même qu’un membre du personnel puisse faire entrer un appareil d’enregistrement dans la salle de crise témoigne d’un mépris flagrant pour notre sécurité nationale, a déclaré dimanche la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, dans un communiqué. Et se vanter à la télévision nationale prouve le manque de caractère et d’intégrité de cette ex-employée mécontente », a-t-elle poursuivi.

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La secrétaire nationale du parti conservateur, Ronna McDaniel, a déclaré sur Twitter que « si [Omarosa Manigault Newman] a enfreint la loi fédérale, elle devait être poursuivie ». Le conseiller éthique de la Maison Blanche sous l’administration Obama, Norm Eisen, a, lui, considéré que cette diffusion pouvait enfreindre la loi américaine, mais que « toute poursuite judiciaire [était] peu probable ».
Dans son livre à paraître, Mme Manigault Newman, ancienne candidate de l’émission de téléréalité « The Apprentice », animée pendant des années par Donald Trump, annonce détenir d’autres enregistrements de discussion avec l’actuel occupant de la Maison Blanche – et assure avoir entendu un enregistrement du temps de « The Apprentice » dans lequel le président américain aurait tenu des propos racistes.
« Avec du recul, je dirai que j’ai été complice de la tromperie de la Maison Blanche vis-à-vis de la nation », a déclaré celle qui a soutenu depuis 2014 la ligne de Donald Trump, et qui affirme désormais que le président américain « souffre de déclin sur le plan mental ».
Selon elle, « il lui est difficile de traiter des informations complexes » et « il n’est pas impliqué dans certaines des décisions les plus importantes pour le pays ». « J’ai été complice de cela et je le regrette », a-elle admis.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le maintien de la sphère d’influence turque dans le nord de la Syrie dépend du bon vouloir de Moscou.
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De plus en plus isolé, Erdogan s’en remet à Poutine

Le maintien de la sphère d’influence turque dans le nord de la Syrie dépend du bon vouloir de Moscou.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 13h23
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Confrontée à une crise diplomatique sans précédent avec les Etats-Unis, affaiblie par la crise financière et l’effondrement record de sa monnaie, la Turquie se cherche « de nouveaux alliés », a prévenu le président Recep Tayyip Erdogan, dimanche 12 août au soir, face à ses partisans à Trabzon (région de la mer Noire). Il s’agit, selon le chef de l’Etat turc, de riposter à un « complot politique » fomenté par Washington.
La crise actuelle pousse Ankara, membre de l’OTAN depuis 1952, à se réfugier plus avant dans les bras de la Russie. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est attendu à Ankara, lundi 13 et mardi 14 août, pour des entretiens avec son homologue turc, Mevlut Çavusoglu. Il y sera notamment question du dossier syrien et du sort de l’enclave rebelle d’Idlib, dernier territoire tenu par des groupes armés d’opposition et djihadistes qui échappe au contrôle de Damas.
Ces derniers jours, des frappes aériennes et terrestres menées par les forces du régime se sont abattues sur ce secteur, faisant des dizaines de morts. Limitrophe de la Turquie, la région risque d’être la cible d’une prochaine offensive du régime syrien, avide de reconquérir l’ensemble de son territoire avec l’aide de ses alliés russe et iranien.
Lignes de fracture
Ankara, qui se pose en protecteur de l’opposition et dispose d’une influence certaine dans la région d’Idlib par l’intermédiaire de groupes armés alliés, ne voit pas d’un bon œil la possibilité d’une attaque de grande ampleur des forces de Bachar Al-Assad. A la mi-juillet, lors d’un entretien par téléphone avec son homologue russe, le président Erdogan a menacé de quitter le processus d’Astana en cas d’offensive sur la province.
Ce dispositif établi avec Moscou et Téhéran a permis de créer des « zones de désescalade » garanties entre les trois puissances entre les divers groupes armés de l’opposition et le régime sur plusieurs lignes de fracture du territoire syrien. Toutes ont été reconquises par Damas et ses alliés depuis le début de l’année, à l’exception d’Idlib, où Ankara possède douze postes militaires qui font office de tampon entre les forces d’opposition et celles du régime syrien.
Le maintien du statu quo dans cette région de 2,5 millions d’habitants est un enjeu majeur pour la Turquie, qui craint plus que tout une nouvelle arrivée de réfugiés. Quelque 3,5 millions de Syriens sont déjà hébergés par la Turquie. Pas question pour Ankara de faire face à de nouveaux afflux de population, d’autant plus que des dizaines de milliers de combattants se trouvent parmi les civils, regroupés à Idlib au fur et à mesure des accords d’évacuation conclus dans les zones rebelles reprises par Damas depuis le début de l’année.
« Retour à la maison »
Recep Tayyip Erdogan est à la merci de Moscou, dont dépend le maintien de sa sphère d’influence dans le nord de la Syrie. Depuis 2016, l’armée turque et ses supplétifs syriens occupent, en effet, une portion de territoire de 90 kilomètres de long située entre les villes d’Azaz et de Djarabulus, conquise lors de l’opération militaire baptisée « Bouclier de l’Euphrate ». Les militaires turcs contrôlent également la région kurde d’Afrin, adjacente à Idlib, qui a été prise aux forces kurdes syriennes au début de 2018 avec l’aval du Kremlin.
« Comme la Turquie ne peut plus compter sur le soutien américain, c’est le moment rêvé pour la Russie de contrer les rebelles à Idlib. Ankara devra se plier au plan russe, en contrepartie du maintien de sa présence au nord d’Idlib, si toutefois Poutine sait se montrer généreux », expliquait Soner Cagaptay, directeur du programme d’études turques au Washington Institute, sur son compte Twitter samedi 11 août.

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Les zones conquises par l’armée turque sont vouées à être repeuplées de réfugiés syriens accueillis depuis 2011 en Turquie. Le président Erdogan a ainsi déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que tout serait fait pour faciliter « le retour à la maison de tous nos invités ». Le 2 août, Ankara a annoncé le démantèlement de cinq camps de réfugiés situés dans les régions de Gaziantep, Adiyaman et Mardin, dont le camp de Nizip, visité par la chancelière allemande, Angela Merkel, en avril 2016. Au total, 34 180 personnes vont être sorties de ces camps pour être réinstallées au plus près de la frontière turco-syrienne, à Kilis, au Haray, à Sanliurfa.
Par ailleurs, le sort des réfugiés du conflit syrien est au cœur d’un plan élaboré par Moscou et Ankara pour inciter l’Allemagne et la France à financer la reconstruction de la Syrie, condition de leur retour. La Russie, secouée par une chute du rouble à l’annonce de nouvelles sanctions américaines, n’a pas les moyens de la financer. D’après une source proche du ministère russe des affaires étrangères, Moscou considère que « les puissances occidentales doivent, elles aussi, assumer leur part de responsabilité dans la destruction de la Syrie ».
Gros oeuvre
Dans le plan envisagé à grands traits par MM. Erdogan et Poutine, les entreprises turques du bâtiment, affectées par la crise financière qui secoue le pays, se referaient une santé en se chargeant du gros œuvre, Moscou conduirait la normalisation politique tandis que les Etats européens assumeraient la note.
A cette fin, M. Erdogan a convoqué, le 7 septembre à Istanbul, un sommet sur la Syrie auquel sont censés participer la Russie, l’Allemagne et la France et auquel le président turc entend donner des airs de front anti-Trump. Si Moscou a confirmé, lundi, un sommet à quatre « prévu dans un avenir proche », Berlin et Paris n’ont pas répondu officiellement à l’invitation de M. Erdogan.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La banque centrale de Turquie avait su rassurer les marchés, lundi, en annonçant pouvoir approvisionner les banques turques en liquidités nécessaires à leur stabilité. Un apaisement de courte de durée.
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Chute de la livre turque : les efforts d’apaisement de la banque centrale mis à mal par Erdogan

La banque centrale de Turquie avait su rassurer les marchés, lundi, en annonçant pouvoir approvisionner les banques turques en liquidités nécessaires à leur stabilité. Un apaisement de courte de durée.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 18h11
   





                        


La Turquie a annoncé une série de mesures pour tenter d’enrayer la chute de sa monnaie, la livre turque, qui a perdu cette année plus de 40 % de sa valeur face au dollar et à l’euro, sur fond de tensions avec les États-Unis et de défiance envers le président, Recep Tayyip Erdogan. La Banque centrale de la République de Turquie a notamment annoncé, lundi 13 août, qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auront besoin, ajoutant qu’elle prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité financière.
La banque centrale turque a ainsi révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, dans le but d’éviter tout problème de liquidité, et indiqué qu’environ 10 milliards de livres, 6 milliards de dollars et l’équivalent de 3 milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier.
Ces décisions ont un temps réussi à calmer le plongeon de la livre turque sur les marchés, lundi. Dans les premières heures des échanges asiatiques lundi, la livre turque avait continué à chuter à son plus bas historique, franchissant pour la première fois la barre des sept livres pour un dollar. Les annonces de la banque centrale turque ont réussi à effacer une partie de ces mauvais chiffres : la livre turque est ainsi remontée à 6,65 pour un dollar en début de matinée, heure française.
Mais l’impact s’est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a prononcé un discours très agressif envers les États-Unis, provoquant un nouveau plongeon de la livre qui illustre l’inquiétude des marchés face aux tensions diplomatiques. La Bourse de Tokyo a ainsi fini en forte baisse lundi (− 1,98 %), gagnée par la fébrilité venue de Turquie.

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Remise en question de l’alliance avec Washington
« D’un côté, vous êtes avec nous dans l’OTAN et, de l’autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ? », a déclaré M. Erdogan, lors d’un discours à Ankara, lundi, en s’adressant directement aux États-Unis.
« D’un côté, vous dites être notre partenaire stratégique et, de l’autre, vous nous tirez dans les pieds. Tout président que tu sois, tu ne peux pas t’endormir et dire, au réveil : “Voilà, j’impose tant de taxes sur l’acier et l’aluminium [turcs]” », a lancé M. Erdogan, en visant directement le président américain, Donald Trump.

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« Adopter une attitude aussi hostile à l’encontre d’un allié au sein de l’OTAN (…) n’a aucune explication sensée », a déclaré M. Erdogan, qui s’est aussi efforcé de rassurer les milieux économiques dans son discours.
Un discours dans la lignée des réactions du président turque ces derniers jours face aux États-Unis, Erdogan mettant la crise monétaire sur le compte d’un « complot politique » américain et affirmant qu’Ankara chercherait « de nouveaux marchés et alliés ».
Au cœur des tensions entre les deux pays se joue le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour « terrorisme » et « espionnage », et placé à la fin du mois de juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention. « Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l’aide de Dieu, nous surmonterons cela », a lancé dimanche le chef de l’Etat turc.
Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira « en passant à de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés, aux dépens de celui qui a lancé une guerre économique contre le monde entier, y compris notre pays », avait également menacé M. Erdogan.
Il a laissé entendre que c’était l’ensemble de l’alliance entre la Turquie – devenue membre de l’OTAN en 1952 avec le soutien de Washington – et les États-Unis qui était en jeu. Washington dispose d’une importante base militaire à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe djihadiste Etat islamique.
Inflation galopante
La Turquie reproche aussi aux États-Unis le soutien apporté en Syrie aux Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara voit dans cette milice une émanation du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), classé terroriste par la Turquie mais aussi par les États-Unis.
Washington demande la libération immédiate du pasteur Brunson, qui risque jusqu’à trente-cinq ans de prison, alors que la Turquie plaide pour l’extradition de Fethullah Gülen, prédicateur turc établi depuis près de vingt ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d’être l’architecte du putsch manqué de juillet 2016.
Outre ces tensions, les économistes s’inquiètent de la mainmise sur l’économie de M. Erdogan, qui s’est renforcée après sa réélection en juin dernier. Les marchés exhortent la banque centrale à redresser davantage ses taux pour soutenir la livre et maîtriser une inflation galopante, qui a atteint près de 16 % en juillet en glissement annuel.
Les autorités turques enquêtent par ailleurs sur des centaines d’internautes qu’elles soupçonnent d’avoir partagé des commentaires relevant de la « provocation » au sujet de la livre turque. D’après l’agence de presse étatique Anatolie, le ministère de l’intérieur a lancé une enquête préliminaire sur « 346 comptes sur les réseaux sociaux » par lesquels des déclarations « à fin de provocation » ont, selon lui, été partagées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Thorniké Gordadzé, ancien ministre géorgien, estime dans une tribune au « Monde » que la guerre russo-géorgienne de 2008 a donné à Vladimir Poutine la certitude qu’il pouvait agir brutalement. Pourtant, à l’époque, cette guerre de quelques jours n’avait pas semblé d’une importance capitale.
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« La guerre russo-géorgienne a parachevé la formation de la vision poutinienne des relations internationales »

Thorniké Gordadzé, ancien ministre géorgien, estime dans une tribune au « Monde » que la guerre russo-géorgienne de 2008 a donné à Vladimir Poutine la certitude qu’il pouvait agir brutalement. Pourtant, à l’époque, cette guerre de quelques jours n’avait pas semblé d’une importance capitale.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 07h00
    |

Thorniké Gordadzé (Chercheur, enseignant à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, ancien ministre de l’intégration européenne de la Géorgie)







                        



                                


                            
Tribune. Dix années se sont écoulées depuis la guerre russo-géorgienne, dont la phase active s’est déroulée du 7 au 12 août 2008. Cette petite guerre, qui a eu lieu aux confins du continent européen, se révèle capitale pour comprendre l’évolution de la politique de Vladimir Poutine et les interventions militaires russes postérieures, aussi bien en Ukraine qu’en Syrie. De plus, cette guerre a parachevé la formation de la vision poutinienne des relations internationales. Elle a donné au chef du Kremlin l’ultime conviction de la faiblesse et de la décadence de l’Occident et l’a conforté dans l’idée que l’usage de la force au mépris du droit international serait toujours profitable en dernier ressort.
L’invasion de la Géorgie a succédé à quinze années de soutien militaire, financier et politique aux sécessionnistes abkhazes et sud-ossètes par Moscou, à la distribution massive de passeports russes dans les deux provinces et à la prise en charge totale et « hybride » des forces armées séparatistes. Elle est la première intervention militaire de la Fédération russe à l’extérieur de ses frontières. Si on étend l’horizon temporel à l’époque soviétique, elle est la première depuis l’invasion de l’Afghanistan en 1979. A la différence de cette dernière, la campagne géorgienne a été largement considérée par la Russie comme une victoire militaire, politique et géopolitique, une vraie inversion du cours de l’Histoire et des défaites accumulées depuis la fin de la guerre froide. Les parallèles, aussi ineptes que patriotards, avec la victoire pendant la seconde guerre mondiale ont fusé sur les écrans de télévision et dans les discours politiques.
« Malgré ses bonnes paroles et ses condamnations effarouchées, la communauté internationale a fini par intérioriser les nouvelles règles du jeu »
En effet, plus qu’une victoire militaire brillante (la Russie a perdu un nombre non négligeable d’aéronefs militaires et de soldats en cinq jours de combats face à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les milliers de contre-manifestants ont dissuadé les suprémacistes blancs de célébrer l’anniversaire des émeutes de Charlottesville, qui avaient fait un mort le 12 août 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Conspuée, l’extrême droite n’ose pas se montrer à Washington

Les milliers de contre-manifestants ont dissuadé les suprémacistes blancs de célébrer l’anniversaire des émeutes de Charlottesville, qui avaient fait un mort le 12 août 2017.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 03h44
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 08h31
    |

            Arnaud Leparmentier (Washington, envoyé spécial)








                        



   


On a cherché Jason Kessler, le leader de l’extrême droite, désespérément. Ce dimanche après-midi 12 août, l’organisateur du défilé suprémaciste blanc de Charlottesville, où Heather Heyer, contre-manifestante, mourut le 12 août 2017, devait arriver par une station de métro et marcher fièrement avec ses comparses vers la Maison Blanche.
En réalité, Jason Kessler est arrivé piteusement, escorté par la police. Avec un drapeau américain, une vingtaine d’acolytes, à peine visibles des contre-manifestants. Un petit discours, quelques entretiens avec la presse, l’orage qui a éclaté et c’en était fini pour l’« alt-right » américaine : elle n’a pas osé montrer le bout de son nez à Washington dimanche. La manifestation « Union de la droite – épisode 2 » avait fini avant d’avoir commencé.
Cette journée anniversaire a fait partie de ces non-événements surcouverts médiatiquement par la planète entière. Ou plutôt, Washington a rendu l’extrême droite persona non grata. « Washington DC n’est pas Charlottesville », proclamait le calicot d’un contre-manifestant.
Effectivement, le contraste était saisissant avec l’an dernier. Le Ku Klux Klan avait pu parader dans Charlottesville, en Virginie, à plusieurs reprises, protestant contre le retrait d’une statue du général sudiste Robert Lee. La pression avait culminé le 11 août par une procession aux flambeaux vers l’université de Virginie et le meurtre, le lendemain, de Heather Heyer, écrasée par la voiture d’un néonazi.

   



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Dans l’après-midi, les opposants ont commencé à se rassembler. Parfois dans l’indifférence, tel ce militant afro-américain haranguant les quelques touristes devant le mémorial d’Abraham Lincoln, le père de l’abolition de l’esclavage.
Sur Pennsylvania Avenue et à Lafayette Square, devant la Maison Blanche, la foule, plus nombreuse et mixte, a fini par atteindre quelques milliers. Il y avait bien sûr l’extrême gauche. « Il faut arrêter les fascistes », expliquait Pete Ha, devant le slogan de son groupuscule – « Le système ne peut être réformé, il doit être renversé ». Un rappeur dansait sous le regard de la foule, poing fermé contre l’adversaire.
Beaucoup sont venus pour l’affrontement
Mais d’autres étaient beaucoup plus modérés, telle cette professeure de Virginie, Sherry Watken, dont le tee-shirt proclamait : « Ne huez pas, votez ! » Cette partisane de l’ancien président, Barack Obama, se bat contre l’ignorance, qui, selon elle, a fait élire Donald Trump, suggérant avec humour : « Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. » 
Sherry Watken est venue avec sa fille, mais son amie, Kathy Van Dike, a été plus prudente : « J’ai demandé à ma fille de ne pas venir. » Car en ce début d’après-midi, beaucoup craignaient les débordements. Telle Marie-Alice Ball, de l’équipe « Paix pour Washington » : « On est un peu inquiets. Nous sommes pour la désescalade », confiait-elle avant de proposer, bienveillante : « Si vous vous sentez menacé, cherchez une de nos équipes. »

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Clairement, beaucoup sont venus pour l’affrontement. Dès 15 heures, des jeunes ont commencé à se masquer le visage et à enfiler leurs casques. Soudain, les Black Lives Matter ont débarqué : quelques jeunes filles masquées devant une voiture de police criaient tranquillement « Fuck the Police », liberté d’expression oblige, tandis qu’une grosse centaine d’Afro-Américains a défilé en proclamant « Non au KKK ». Prêts à en découdre.

   


Sauf qu’il n’y a pas de Ku Klux Klan ni d’extrême droite. Ils ont déclaré forfait. A 17 heures, la pluie a commencé à tomber dru et les contre-manifestants trempés ont commencé à plier bagage. Un peu dépités par la désertion des adversaires, même si Daniel – qui a refusé de donner son nom de famille – crie victoire. N’a-t-il pas entravé le sacro-saint premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit à chacun la liberté d’expression, y compris à l’extrême droite ? « Ils ont choisi librement de ne pas exercer leur droit aujourd’hui car nous étions plus nombreux », tranche Daniel.
« Trump est responsable de la division de l’Amérique »
Sur Twitter, Jason Kessler cherche à sauver la face, un peu piteux : « Merci à toutes les forces de l’ordre qui ont protégé aujourd’hui la liberté de parole et la sécurité publique », écrit-il, ajoutant :
« Tout cela a été un défi logistique d’enfer mais nous avons prouvé que nous pouvions le faire en dépit des éternels négatifs. »
Restent les conséquences politiques de l’affaire. Les manifestants liaient tous leur rejet de l’extrême droite et leur détestation de Donald Trump, telle Sanam Malak, 30 ans : « Trump est responsable de la division de l’Amérique », expliquait-elle, ajoutant que « c’est à cause de lui que les racistes sortent sans honte. »

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A la veille de la manifestation, le président des Etats-Unis, qui avait provoqué un tollé en renvoyant dos à dos les deux camps l’an dernier, avait envoyé un message d’unité. « Les émeutes de l’an dernier à Charlottesville ont conduit à une mort absurde et à la division. Nous devons nous rassembler comme une nation. Je condamne tout type de racisme et tout acte de violence. Paix à TOUS les Américains », a tweeté Donald Trump, sans distinguer l’extrême droite.
Sa fille, Ivanka, a choisi d’exprimer ce que son père refuse de dire : « Alors que les Américains ont la grâce de vivre dans un pays qui protège la liberté, la liberté d’expression et la diversité d’opinion, il n’y a pas de place pour le suprémacisme blanc, le racisme et le néonazisme dans notre grand pays. »



                            


                        

                        

