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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Editorial. La justice californienne a condamné, le 10 août, le groupe américain d’agrochimie à verser des indemnités au jardinier Dewayne Johnson, atteint d’un cancer qu’il attribue à l’herbicide Roundup.
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Monsanto, un jugement salutaire

Editorial. La justice californienne a condamné, le 10 août, le groupe américain d’agrochimie à verser des indemnités au jardinier Dewayne Johnson, atteint d’un cancer qu’il attribue à l’herbicide Roundup.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La justice est passée. Le 10 août, à San Francisco, Monsanto a perdu son procès devant un tribunal de l’Etat de Californie. La firme américaine a été condamnée à verser près de 290 millions de dollars (254 millions d’euros) d’indemnités à Dewayne « Lee » Johnson, un jardinier atteint d’un cancer qu’il attribue au glyphosate, la substance active du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde. Ce jugement, le premier à associer exposition au glyphosate et cancer, est historique. Il pèsera à l’évidence sur la prochaine réévaluation de la substance en Europe, prévue pour 2022.

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Les tribunaux ne disent certes pas la science, mais en l’espèce ce sont les documents internes de la firme, les fameux « Monsanto Papers » et leurs lourds aveux, qui ont emporté la décision des jurés. Oui, disent les jurés dans leur jugement, le produit phare de Monsanto est dangereux. Et oui, ajoutent-ils, le géant de l’agrochimie connaissait les risques, « à la lumière des connaissances scientifiques disponibles ». Le groupe allemand Bayer, propriétaire de la firme américaine depuis le 7 juin – acquise pour 63 milliards de dollars – conteste avec vigueur la décision. « Le glyphosate est sûr et non cancérogène », a-t-elle répété.
Des milliers d’autres plaignants
La firme a bien entendu annoncé son intention de faire appel. Mais des milliers d’autres plaignants poursuivent le géant agrochimique. Un autre procès, devant une juridiction fédérale celui-ci, rassemble plus de 350 plaignants et le juge chargé de l’affaire a donné son feu vert aux poursuites, le 10 juillet, estimant que les experts entendus avaient fourni des éléments de preuve suffisants « pour qu’un jury raisonnable puisse conclure que le glyphosate peut causer un lymphome non hodgkinien à des doses d’exposition rencontrées chez les humains ». En Europe et en France, où deux actions sont en cours contre la firme, le jugement californien pourrait faire des émules et mettre plus encore le glyphosate en difficulté.
A la différence des Etats-Unis, où l’affaire n’a guère mobilisé les médias, elle a suscité sur le Vieux Continent une avalanche de réactions. A peu près toutes hostiles au géant agrochimique, la palme de la virulence revenant au ministre français de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui a qualifié la société d’« ignoble » dans un entretien à Libération et a appelé à mener la « guerre contre les pesticides »…

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La force de ces propos est un cache-misère, qui signale surtout l’impuissance des pouvoirs publics sur ce dossier. Le glyphosate n’est pas le pire des poisons, comme on l’affirme souvent, et de nombreux autres pesticides sont bien plus problématiques. Mais il est le plus utilisé au monde, il est omniprésent et est devenu, en deux décennies, la pierre angulaire d’une agriculture productiviste qui demeure – malgré des dégâts toujours plus visibles et toujours mieux documentés – largement intouchable. La puissance de ses lobbys mine la confiance et abîme la démocratie.
Bien sûr, Emmanuel Macron en personne a annoncé que la France se passerait de l’herbicide en 2021 « dans ses principaux usages »… Mais, sans préjuger de la volonté présidentielle, il faudra juger sur pièces, d’autant que l’engagement n’a pas été inscrit dans la loi. Souvenons-nous du Grenelle de l’environnement. C’était il y a dix ans. Une réduction de 50 % du recours aux pesticides avait été promise en une décennie. Une décennie a passé : l’usage des phytos n’a pas chuté. Il a crû de plus de 20 %.




                            


                        

                        


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Décryptage

Pour le président tunisien, hommes et femmes doivent être égaux devant l’héritage

Béji Caïd Essebsi a demandé au Parlement de se saisir d’un projet de loi réformant le droit successoral, au risque de raviver le conflit entre modernistes et islamistes.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-13T14:50:49+02:00"

        Le 13.08.2018 à 14h50






    
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, à Tunis, le 20 mars 2018.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Le choix du chef de l’Etat est fait : la Tunisie doit entrer dans l’âge de l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage. Béji Caïd Essebsi a annoncé, lundi 13 août, lors d’un discours solennel à l’occasion de la « Journée de la femme » en Tunisie, son ralliement à la cause de l’égalité successorale qu’avaient jusque-là défendue en vain les féministes tunisiennes. M. Essebsi a souhaité que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, le Parlement tunisien) se saisisse sans tarder d’un projet de loi instituant une réforme en ce sens.
Selon le droit successoral actuel, inspiré des préceptes coraniques, la femme n’hérite que de la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté. Une Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), mise en place fin 2017 par le chef de l’Etat, avait préconisé dans un rapport rendu mi-juin d’établir l’égalité de principe entre hommes et femmes sur ce domaine très sensible qui touche aux patrimoines familiaux.

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Après s’être donné le temps de la réflexion, M. Essebsi a entériné ce projet de réforme. S’il a précisé que les testateurs désireux de maintenir l’actuel régime de l’inégalité en auront la liberté, la position du chef de l’Etat n’en marque pas moins une victoire des féministes, dans la mesure où le principe de l’égalité sera posé a priori – si le projet de loi est adopté. En revanche, M. Essebsi n’a rien dit sur les autres propositions de la Colibe – dépénalisation de l’homosexualité, abolition de la peine de mort –, ce qui semble signer l’enterrement de ces dernières.
Querelle idéologique
La proposition du président promet d’aviver un débat qui enfièvre déjà la Tunisie depuis quelques semaines. Les recommandations de la Colibe ont en effet remis au goût du jour la querelle idéologique entre modernistes et islamistes dont le pays avait été le théâtre au lendemain de la révolution de 2011.
Après avoir atteint son paroxysme en 2013, le conflit s’était estompé avec l’adoption à la quasi-unanimité de la Constitution de 2014 et, un an plus tard, la formation d’un gouvernement de coalition entre Nidaa Tounès, le parti du président, et le mouvement islamiste Ennahda. La tension remonte désormais alors qu’Ennahda, plutôt conciliant – voire suiviste – ces trois dernières années à l’égard du chef de l’Etat et de son parti, est tenté par le raidissement. Sa victoire aux élections municipales du printemps l’a encouragé, selon les analystes à Tunis, à hausser le ton.

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Le réveil de cette fracture que les Tunisiens qualifient d’« identitaire » illustre à quel point le consensus établi autour de la Constitution de 2014 a été arraché au prix de bien des malentendus, voire des contradictions. Celles-ci se révèlent aujourd’hui au grand jour. La loi fondamentale dispose en effet que « l’islam est la religion » de la Tunisie, tout en instituant un « Etat civil basé sur la citoyenneté ». Elle assigne en outre à l’Etat la mission de « protéger le sacré » tout en « garantissant la liberté de conscience », dans une juxtaposition de principes qualifiée de « pot-pourri constitutionnel » par le professeur de droit Yadh Ben Achour dans son ouvrage Tunisie, une révolution en pays d’islam (Cérès éditions, 2016). Enfin, elle pose que « les citoyens et citoyennes sont égaux devant la loi sans discrimination », tout en assurant qu’il « incombe à l’Etat de protéger la famille, cellule de base de la société ».
Aussi les deux camps se drapent-ils aujourd’hui dans les principes de la même Constitution pour défendre des positions opposées. Si les propositions de la Colibe embrassent bien des domaines – la peine capitale, les discriminations anti-homosexuels, le statut de « chef de famille », le délai de remariage des femmes, etc. –, la controverse s’est surtout cristallisée autour de l’égalité dans l’héritage, dont la portée, symbolique autant qu’économique, est la plus lourde. La législation actuelle est de plus en plus contestée par les féministes tunisiennes, au nom du rôle croissant jouée par les femmes dans la vie socio-économique et donc dans la formation des patrimoines.
La Colibe a proposé que le principe d’égalité dans l’héritage soit affirmé entre fils et fille, frère et sœur, époux et épouse et père et mère. Afin de ménager les sensibilités conservatrices, la commission a toutefois suggéré de réserver la possibilité au testateur, en cas de désaccord avec cette nouvelle règle, de retourner à l’inégalité à travers une déclaration faite son vivant devant un notaire. Le président Essebsi a entériné cette formule de compromis censée concilier les tenants de l’égalité et les traditionalistes.
Crise fratricide
En osant une telle avancée, le chef de l’Etat, âgé de 91 ans et dont le mandat s’achève fin 2019, souhaite à l’évidence entrer dans l’histoire comme un réformateur dans le sillage de l’œuvre pionnière léguée à la postérité par le « père de la nation », Habib Bourguiba – notamment les droits des femmes, inscrits dans le Code du statut personnel de 1956. « Béji Caïd Essebsi veut s’inscrire dans la continuité de Bourguiba », confirme Salwa Hamrouni, professeure de droit et membre de la Colibe.
Les temps ont toutefois changé et la marge de manœuvre de l’actuel chef de l’Etat n’est pas celle de son illustre devancier et mentor. « Bourguiba s’appuyait sur son charisme personnel et un parti unique discipliné », relève Slim Laghmani, autre professeur de droit membre de la Colibe. Deux attributs qui font aujourd’hui défaut au président de la République, très affaibli en raison de la crise fratricide qui déchire son parti, dirigé par son propre fils, Hafedh Caïd Essebsi.

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La principale difficulté qui attend le chef de l’Etat et les modernistes tient dans l’opposition du camp conservateur. Des manifestations hostiles aux propositions de la Colibe – souvent caricaturées – ont eu lieu dans plusieurs villes de Tunisie, dont l’une à Tunis ayant rassemblé le 10 août environ 6 000 personnes. Aux yeux des manifestants, la réforme instaurant l’égalité dans l’héritage est une atteinte au Coran et à l’« identité arabo-musulmane » de la Tunisie. Les sondages semblent indiquer que ces partisans du statu quo sont majoritaires dans la population.
Le parti Ennahda, qui a pourtant dépoussiéré son orthodoxie originelle pour se présenter comme « démocrate musulman », cherche à capitaliser sur ce courant d’opinion, au risque de brouiller son image internationale, celle d’un mouvement ayant pleinement embrassé la modernité. Le bien-fondé d’une réforme de l’héritage est par principe contesté par les dirigeants d’Ennahda. « Il n’est pas vrai que les préceptes de l’islam soient contraires à l’égalité, affirme Naoufel Jammali, membre du bureau politique du parti. C’est un faux débat. »
Sentiment de solitude
Selon l’argumentaire présenté par les opposants à la réforme, il existe de nombreux cas où « la femme hérite d’une part égale ou supérieure à celle de l’homme » ; ce à quoi les modernistes répliquent que de telles situations se limitent aux relations parentales éloignées, alors que l’inégalité est systématique pour « le même degré de parenté ».
« Il existe une tradition, qu’il faut respecter, objecte M. Jammali. La chambouler de manière brutale n’est pas judicieux. » Une position acceptable pour Ennahda consisterait à renverser les termes de la proposition de la Colibe retenue par le chef de l’Etat : poser comme principe premier le respect du statu quo, tout en laissant au testateur le choix de prévoir une éventuelle répartition égalitaire de son bien. Ainsi le postulat coranique serait-il préservé. La part du symbole est cruciale dans ce débat.
Si l’avis d’Ennahda est si important, c’est que le parti dispose du premier groupe parlementaire (69 députés sur 217). Au lendemain du discours présidentiel, Ennahda maintiendra-t-il son opposition de principe à cette réforme ? Si tel devait être le cas, l’adoption du projet de loi requerra une union sans faille de tous les groupes parlementaires non islamistes : Nidaa Tounès, Machrouu Tounès, Front populaire, Afek Tounès, Union patriotique libre, etc.

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Or l’affaire s’annonce compliquée si l’on en juge par l’embarras qu’ont jusqu’à présent trahi nombre de ces partis. Alors que la controverse s’enfiévrait ces dernières semaines, les membres de la Colibe, qui multipliaient les plaidoyers en faveur de leurs idées, ont éprouvé un amer sentiment de solitude. Seule une fraction de la société civile, celle attachée aux libertés individuelles, leur a témoigné un soutien ostensible, en particulier à la présidente de la commission, Bochra Belhaj Hmida, qui a fait l’objet de menaces de « lapidation » de la part d’un prédicateur extrémiste.
« Nous nous sommes sentis faibles et isolés, témoigne Slaheddine Jourchi, membre de la Colibe. Nous n’avons pas vraiment été soutenus par les autorités et les partis politiques, même ceux qui se disent modernistes. » Le climat changera-t-il après l’intervention du chef de l’Etat ?


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La banque centrale de Turquie avait su rassurer les marchés, lundi, en annonçant pouvoir approvisionner les banques turques en liquidités nécessaires à leur stabilité. Un apaisement de courte de durée.
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Chute de la livre turque : les efforts d’apaisement de la banque centrale mis à mal par Erdogan

La banque centrale de Turquie avait su rassurer les marchés, lundi, en annonçant pouvoir approvisionner les banques turques en liquidités nécessaires à leur stabilité. Un apaisement de courte de durée.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 18h11
   





                        


La Turquie a annoncé une série de mesures pour tenter d’enrayer la chute de sa monnaie, la livre turque, qui a perdu cette année plus de 40 % de sa valeur face au dollar et à l’euro, sur fond de tensions avec les États-Unis et de défiance envers le président, Recep Tayyip Erdogan. La Banque centrale de la République de Turquie a notamment annoncé, lundi 13 août, qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auront besoin, ajoutant qu’elle prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité financière.
La banque centrale turque a ainsi révisé les taux de réserves obligatoires pour les banques, dans le but d’éviter tout problème de liquidité, et indiqué qu’environ 10 milliards de livres, 6 milliards de dollars et l’équivalent de 3 milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier.
Ces décisions ont un temps réussi à calmer le plongeon de la livre turque sur les marchés, lundi. Dans les premières heures des échanges asiatiques lundi, la livre turque avait continué à chuter à son plus bas historique, franchissant pour la première fois la barre des sept livres pour un dollar. Les annonces de la banque centrale turque ont réussi à effacer une partie de ces mauvais chiffres : la livre turque est ainsi remontée à 6,65 pour un dollar en début de matinée, heure française.
Mais l’impact s’est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a prononcé un discours très agressif envers les États-Unis, provoquant un nouveau plongeon de la livre qui illustre l’inquiétude des marchés face aux tensions diplomatiques. La Bourse de Tokyo a ainsi fini en forte baisse lundi (− 1,98 %), gagnée par la fébrilité venue de Turquie.

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Remise en question de l’alliance avec Washington
« D’un côté, vous êtes avec nous dans l’OTAN et, de l’autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ? », a déclaré M. Erdogan, lors d’un discours à Ankara, lundi, en s’adressant directement aux États-Unis.
« D’un côté, vous dites être notre partenaire stratégique et, de l’autre, vous nous tirez dans les pieds. Tout président que tu sois, tu ne peux pas t’endormir et dire, au réveil : “Voilà, j’impose tant de taxes sur l’acier et l’aluminium [turcs]” », a lancé M. Erdogan, en visant directement le président américain, Donald Trump.

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« Adopter une attitude aussi hostile à l’encontre d’un allié au sein de l’OTAN (…) n’a aucune explication sensée », a déclaré M. Erdogan, qui s’est aussi efforcé de rassurer les milieux économiques dans son discours.
Un discours dans la lignée des réactions du président turque ces derniers jours face aux États-Unis, Erdogan mettant la crise monétaire sur le compte d’un « complot politique » américain et affirmant qu’Ankara chercherait « de nouveaux marchés et alliés ».
Au cœur des tensions entre les deux pays se joue le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour « terrorisme » et « espionnage », et placé à la fin du mois de juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention. « Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l’aide de Dieu, nous surmonterons cela », a lancé dimanche le chef de l’Etat turc.
Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira « en passant à de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés, aux dépens de celui qui a lancé une guerre économique contre le monde entier, y compris notre pays », avait également menacé M. Erdogan.
Il a laissé entendre que c’était l’ensemble de l’alliance entre la Turquie – devenue membre de l’OTAN en 1952 avec le soutien de Washington – et les États-Unis qui était en jeu. Washington dispose d’une importante base militaire à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe djihadiste Etat islamique.
Inflation galopante
La Turquie reproche aussi aux États-Unis le soutien apporté en Syrie aux Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara voit dans cette milice une émanation du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), classé terroriste par la Turquie mais aussi par les États-Unis.
Washington demande la libération immédiate du pasteur Brunson, qui risque jusqu’à trente-cinq ans de prison, alors que la Turquie plaide pour l’extradition de Fethullah Gülen, prédicateur turc établi depuis près de vingt ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d’être l’architecte du putsch manqué de juillet 2016.
Outre ces tensions, les économistes s’inquiètent de la mainmise sur l’économie de M. Erdogan, qui s’est renforcée après sa réélection en juin dernier. Les marchés exhortent la banque centrale à redresser davantage ses taux pour soutenir la livre et maîtriser une inflation galopante, qui a atteint près de 16 % en juillet en glissement annuel.
Les autorités turques enquêtent par ailleurs sur des centaines d’internautes qu’elles soupçonnent d’avoir partagé des commentaires relevant de la « provocation » au sujet de la livre turque. D’après l’agence de presse étatique Anatolie, le ministère de l’intérieur a lancé une enquête préliminaire sur « 346 comptes sur les réseaux sociaux » par lesquels des déclarations « à fin de provocation » ont, selon lui, été partagées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les scandales sanitaires, les émissions télévisées sur l’agroalimentaire, les études médicales et le courant végan contribuent à cette évolution.
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Quand les consommateurs veulent concilier alimentation et santé

Les scandales sanitaires, les émissions télévisées sur l’agroalimentaire, les études médicales et le courant végan contribuent à cette évolution.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 10h51
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

« Dans l’alimentaire, le match végétal/animal ne fait que commencer. » Le titre d’une étude publiée en juillet par la société Xerfi donne le ton. Selon elle, le marché mondial des protéines végétales, en croissance annuelle moyenne de 5,5 %, frôlera la barre des 11 milliards d’euros en 2020. Un signe, parmi d’autres, des changements d’habitudes alimentaires des consommateurs.
La santé est désormais en tête des préoccupations quand chacun remplit son cabas ou compose son repas. Les scandales sanitaires, les émissions de télévision dévoilant les coulisses de l’industrie agroalimentaire de même que les études médicales faisant le lien entre la composition de l’assiette et des pathologies comme l’obésité, le diabète ou le cancer ont servi d’électrochoc dans la population. Ainsi le scandale Lactalis, avec ses laits infantiles contaminés à la salmonelle, a mis en exergue les limites de la politique d’autocontrôle des entreprises et les aléas des rappels de produits en magasin. Quant aux enquêtes démontrant la présence de nitrite dans la charcuterie ou jetant un regard cru sur l’élevage intensif de saumon en Norvège, elles ont, un temps, limité les achats de ces produits.

A ces préoccupations sanitaires viennent s’ajouter les coups de boutoir des associations vegan. Désireuses de bannir tout produit d’origine animale du menu, elles multiplient les videos chocs d’abattoirs ou d’animaux en batterie. Voire, en période de canicule, stigmatisent les élevages pour leur consommation d’eau. Oubliant au passage, que l’un des substituts, l’amande, venant essentiellement de Californie, est plus que gourmande en eau. Des discours qui résonnent tout particulièrement aux oreilles des millennials, ces jeunes de 18 à 35 ans.

Climat de défiance
Résultat, même si les vegan sont encore une minorité, le flexitarisme, qui consiste à réduire sa consommation de protéines animales, progresse. De même, que la chasse au gluten, au lactose, à l’huile...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ L’organisation criminelle de motards a montré sa vitalité en rassemblant des centaines de membres au Québec, où il contrôle le trafic de stupéfiants.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le gang des Hells Angels prospère au Canada

L’organisation criminelle de motards a montré sa vitalité en rassemblant des centaines de membres au Québec, où il contrôle le trafic de stupéfiants.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h46
    |

                            Manuel Ausloos








                        



   


Le plus grand rassemblement de motards issus du crime organisé canadien s’est déroulé au vu et au su de tous, samedi 11 et dimanche 12 août au Québec. Environ 500 membres du célèbre club de motards des Hells Angels, l’une des plus grandes organisations criminelles au pays, et de clubs affiliés étaient réunis dans la petite ville de Saint-Charles-sur-Richelieu. Un important dispositif policier était en place pour surveiller l’événement de cette organisation clé du narcotrafic canadien.
Le « Canada Run », rassemblement annuel des Hells Angels du pays, organisé au Québec pour la première fois depuis dix ans, a été l’occasion pour le club de faire étalage de sa force sous le nez des autorités. Malgré une arrestation et plus de 300 constats d’infractions mineures remis par les policiers, l’événement s’est déroulé dans le calme. La présence policière était très visible, avec la mise en place de plusieurs barrages routiers, le déploiement d’un hélicoptère et même d’un véhicule blindé.
En 2009, une opération policière baptisée « SharQc » (Stratégie Hells Angels rayon Québec) avait permis l’arrestation de plus de 150 personnes et considérablement affaibli l’organisation, contraignant sa branche québécoise à se faire discrète ces dernières années. La grand-messe de cette fin de semaine est un symptôme de la résurgence des « chapitres » (branche locale du club, dans le jargon des motards) québécois des « Hells ».
« Décisions judiciaires favorables »
« C’est une démonstration de force pour toutes les entités du crime organisé qui seraient tentées de venir empiéter sur le territoire des Hells Angels, explique Guy Lapointe, directeur des communications de la Sûreté du Québec (SQ). C’est aussi une façon de narguer les autorités, ils ont bénéficié au cours des deux dernières années de décisions judiciaires favorables et ils affichent beaucoup plus leurs couleurs depuis. »
Le rassemblement est, selon l’inspecteur Lapointe, obligatoire pour les membres en règle du gang, dont les autorités estiment qu’il regroupe environ 500 personnes au Canada, dont 80 au Québec. Le dispositif policier considérable mis en place visait à assurer le maintien de l’ordre et rassembler des renseignements sur l’organisation, sa composition et sa hiérarchie.
« On pourrait affirmer que les Hells Angels sont au sommet de leur gloire en ce moment, explique le journaliste du Toronto Star Peter Edwards, qui couvre les gangs de motards canadiens depuis les années 1980. Ils sont les plus gros acteurs nationaux, installés d’un océan à l’autre, et en passe d’être implantés dans l’Arctique. La police a essayé différentes stratégies pour les neutraliser, mais ils continuent de se réinventer ; ils sont très résilients. »
« Beaucoup moins racistes qu’ils ne l’étaient »
Le club des Hells Angels, fondé en 1948 aux Etats-Unis par des vétérans de la seconde guerre mondiale, s’est implanté au Canada en absorbant un gang local québécois en 1977. Le succès de son implantation dans le pays est en partie imputable à la nature de leur organisation. Contrairement à des groupes criminels comme la mafia italienne de Montréal, leur recrutement ne repose pas sur des liens ethniques ou familiaux. « Quand on se cantonne à un groupe ethnique, on est rapidement limité, note Peter Edwards. Les motards, eux, sont beaucoup moins racistes qu’ils ne l’étaient, ce qui leur permet de travailler avec beaucoup de groupes ethniques différents. »
L’ascension des Hells Angels ne s’est pas pour autant faite sans encombres, mais au prix de guerres sanglantes avec des gangs de motards rivaux. La première, qui a opposé les Hells Angels aux Outlaws entre 1977 et 1982, a assuré la suprématie du gang au Québec. C’est cependant la « seconde guerre des motards du Québec » qui a marqué les esprits. Les Hells Angels et leurs ennemis, les Rock Machine devenus plus tard Bandidos, se sont livrés à un conflit sans merci de 1994 à 2002, causant la mort de plus de 160 personnes.

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Le Québec est d’une importance stratégique pour le gang, car c’est par là que transite une part importante des stupéfiants qu’il fait entrer au Canada. Montréal est une ville portuaire et se prête naturellement à la contrebande, d’autant qu’elle est peu éloignée des grandes villes de l’Est américain dont New York, qui constitue un marché important. Selon les estimations de la SQ, les Hells Angels jouissent d’un quasi-monopole sur le trafic de drogue de la province, dont il contrôle entre 95 % et 100 %.
A l’échelle du Canada, les Hells Angels québécois sont ainsi aujourd’hui les plus puissants et les plus agressifs, d’après Peter Edwards : « Etre un Hells Angel à Montréal demande d’être un dur, mais cela veut aussi dire gagner beaucoup d’argent. » Le rassemblement de cette fin de semaine a donc une importance particulière pour l’organisation, puisqu’il se tient dans son fief historique et réaffirme sa mainmise sur un territoire central à sa stratégie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Les expériences passées et les messages de prévention ont permis de limiter la suractivité des services hospitaliers pendant les fortes chaleurs de fin juillet et début août.
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Canicule : pas de saturation des urgences

Les expériences passées et les messages de prévention ont permis de limiter la suractivité des services hospitaliers pendant les fortes chaleurs de fin juillet et début août.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h44
   





                        



   


Quinze ans après la canicule de 2003, qui a marqué les esprits par la surmortalité qu’elle a entraînée, l’épisode de forte chaleur ayant touché la France jusqu’au mercredi 8 août n’a cette fois pas accru outre mesure l’activité des urgences, selon les représentants urgentistes.
« Les campagnes de prévention qui ont été bâties au cours des quinze dernières années donnent de bons résultats, la population a compris les risques de la chaleur », a observé pour l’AFP Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, qui avait alerté début août sur le risque de saturation des hôpitaux.
« La méconnaissance du phénomène [caniculaire] n’existe plus en 2018, (…) les spots télévisés le rappellent à tout le monde », a ajouté Pierre Carli, chef de service au SAMU de Paris, en soulignant la « solidarité » pendant cette période de fortes chaleurs.
« On a eu des appels de gens nous signalant des personnes qui n’étaient pas bien chez elles, ce qui évite que ces gens-là ensuite soient malades. Des appels 100 % chaleur, c’est-à-dire quelqu’un qui n’est pas du tout malade et qui fait un coup de chaleur, on n’en a pas vu à Paris », a-t-il précisé.
Urgences malgré tout en surchauffe
Du côté des urgences, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a signalé dans un communiqué jeudi que, dans une période de sept jours jusqu’au mercredi 8 août, le nombre de passages avait augmenté de 10,1 % pour les personnes âgées par rapport aux mêmes dates en 2017 dans 13 services sur 17 en Ile-de-France.
La ministre de la santé, Agnès Buzyn avait, elle, noté le 8 août « une petite suractivité » pendant les vagues de chaleur, avec en moyenne « entre 3 % et 6 % des passages qui étaient réellement en lien avec la canicule ».

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Mais globalement, selon François Braun, « l’effet des pathologies directement liées à la chaleur sur l’activité des urgences est très faible ». « La période s’est mal passée, mais pas à cause de la canicule. L’activité des urgences continue d’augmenter dans des services qui sont maintenant au bout de leurs limites en termes de volume d’activité, c’est lié aux fermetures de lits en période estivale et au manque d’effectifs », a-t-il expliqué.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h52
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.
Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.
Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.
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Pourquoi les Roumains continuent-ils de manifester ?

Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le Parti social-démocrate a entamé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h16
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Dimanche 12 août au soir, ils étaient encore quelques milliers. Si l’ampleur des manifestations varie en fonction des rebondissements de l’actualité, les opposants au gouvernement roumain descendent dans la rue de manière quasi continue depuis dix-huit mois pour protester contre la politique d’affaiblissement de la lutte anticorruption menée par le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir. Leur principale cible est son dirigeant, l’indéboulonnable Liviu Dragnea, 55 ans.
Qui est Liviu Dragnea, cible des protestations ?
Largement victorieux des législatives organisées en décembre 2016, il n’a jamais pu devenir premier ministre en raison de deux condamnations judiciaires. L’une à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, devenue définitive en 2016. L’autre, en juin, à trois ans et demi ferme pour détournement de fonds publics, condamnation dont il a fait appel. Il est également poursuivi dans une troisième affaire de détournements de fonds européens. Or, la loi roumaine impose un casier judiciaire vierge pour devenir ministre.
Face à ces obstacles, M. Dragnea avait expliqué au Monde, en décembre 2016, quelques jours avant sa victoire électorale, « avoir un plan ». Son large score de 46 % des voix lui a permis depuis de le dérouler de façon quasi implacable, même si l’opposition de la rue et du président libéral, Klaus Iohannis, a compliqué les choses.
Depuis la Chambre des députés dont il a pris la présidence, il a en effet pu faire nommer successivement trois premiers ministres, limogés chacun à leur tour lorsqu’ils ont émis des critiques sur la politique d’affaiblissement de la justice, visiblement imposée par M. Dragnea. Celui-ci estime être victime des abus de la lutte anticorruption. Il a notamment plusieurs fois dénoncé l’existence d’un « Etat parallèle » au sein de la justice qui voudrait « contrôler le pays ».
En quoi consistent les offensives du gouvernement contre le parquet anticorruption ?
Institution crainte par les responsables politiques roumains mais respectée par la population, le parquet anticorruption (DNA en roumain) est sa cible principale. Devenu extrêmement efficace sous la pression de l’Union européenne, à laquelle la Roumanie a adhéré en 2007, le DNA a instruit des centaines d’affaires impliquant des politiques de tous les niveaux. Véritable fléau dans le pays, la corruption fait, sous l’égide du DNA, l’objet d’une lutte sévère.
Trop, pour certains responsables politiques, qui pointent des condamnations de fait particulièrement lourdes. Les trois ans et demi de prison ferme de M. Dragnea sont ainsi venus sanctionner une affaire d’emploi fictif dans laquelle le préjudice a été évalué à 24 000 euros. Plusieurs dossiers mal ficelés ont aussi fini par des non-lieu.
Augmentation du seuil des poursuites
En février 2017, la première offensive du leader du PSD avait d’ailleurs consisté à faire adopter des ordonnances dans l’urgence pour notamment faire passer le seuil des poursuites pour de tels faits à 44 000 euros, ce qui aurait immédiatement arrêté les poursuites contre lui. Ces ordonnances ont déclenché des manifestations d’une ampleur considérable, réunissant plus de 500 000 personnes à Bucarest.
Comme aujourd’hui, les cortèges étaient surtout constitués de l’élite urbaine et éduquée de Roumanie, alors que le cœur de l’électorat du PSD, plus pauvre et rural, a été choyé avec des augmentations de salaires et de prestations sociales. La gigantesque diaspora roumaine, représentant près de 20 % de la population active et politiquement plus libérale que le reste de la population, a aussi multiplié les mouvements d’humeur. A l’époque, le gouvernement avait été forcé de reculer.

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Révision des jugements non unanimes
Mais M. Dragnea n’a pas pour autant renoncé à son offensive. Fin 2017, un nouveau premier ministre, Mihai Tudose, fait ainsi adopter plusieurs lois qui visent notamment à instaurer un corps d’inspection de la magistrature. En juin, une nouvelle loi est passée qui prévoit, elle, qu’un jugement non signé par l’ensemble des magistrats peut être révisé. Or, c’est justement le cas d’un des dossiers impliquant l’homme fort roumain…
Limogeage de la cheffe du DNA
Surtout, le gouvernement, désormais dirigé par Viorica Dancila, une très proche de M. Dragnea, a obtenu en juillet la tête de la cheffe du DNA, Laura Codruta Kövesi. Cette figure de la justice roumaine a été démise de ses fonctions après un long bras de fer entre le gouvernement et le président Klaus Iohannis. Le ministre de la justice avait notamment reproché à la procureure d’avoir « enfreint la Constitution » et « nui à l’image » de la Roumanie à l’étranger lors des entretiens qu’elle multipliait avec la presse internationale pour dénoncer les actions du gouvernement.
Qui a manifesté vendredi soir ?
Bien que ce limogeage et ces lois aient suscité de vives protestations des chancelleries occidentales et des associations de magistrats, elles n’ont toutefois pas déclenché de vagues de protestation comparables à celles de l’hiver 2017. La grande manifestation de la diaspora organisée vendredi 10 août au soir a ainsi réuni un peu moins de 100 000 personnes, selon les médias locaux.
Les violences qui ont émaillé le rassemblement étaient toutefois une première, ceux-ci étant jusqu’alors totalement pacifiques. Plusieurs responsables de l’opposition libérale étaient présents dans la rue, mais elle est loin d’être en mesure de faire tomber le gouvernement. D’autant que la diaspora s’apprête à repartir avec la fin de l’été. M. Dragnea pourra ensuite tranquillement continuer son œuvre de blanchiment de ses dossiers judiciaires personnels en faisant modifier les lois à sa guise.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le gouvernement veut simplifier l’accès aux aides sociales sans toutefois en accroître les montants. Le plan pauvreté est attendu pour le 15 septembre.
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Agnès Buzyn confirme le « versement unique » des allocations en 2019

Le gouvernement veut simplifier l’accès aux aides sociales sans toutefois en accroître les montants. Le plan pauvreté est attendu pour le 15 septembre.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 11h18
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


L’annonce de la « stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes », ou plus simplement du plan pauvreté du gouvernement annoncé dès octobre 2017 et repoussé plusieurs fois depuis, est désormais attendue pour le 15 septembre. Au début du mois de juillet, les associations déçues de ce retard étaient reçues à déjeuner à l’Elysée.
Dans un entretien au Journal du dimanche le 12 août, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé chargée de ce dossier aux côtés d’Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, dévoile la philosophie du projet : « Les prestations monétaires ont jusqu’ici permis de réduire l’impact de la crise économique, pas de diminuer les inégalités de destin. En France, quand on naît dans une famille pauvre, on le reste pendant des générations. » Autrement dit, il n’est pas question de revaloriser les aides sociales « monétaires », notamment le revenu de solidarité active (RSA). « C’est vrai que les aides financières ne règlent pas tout, mais elles restent indispensables pour survivre et avoir accès aux autres droits, l’école, la culture… », estime Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde.

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La ministre confirme aussi qu’en 2019 sera mis en place le versement unique des allocations, un premier pas, en moins ambitieux, vers l’allocation sociale unique dont l’échéance est repoussée en 2020 ou 2021 et sur laquelle travaille Julien Damon, sociologue et économiste. Ce versement est unique en ce que toutes les allocations sont versées au même moment, sur les mêmes critères, épargnant au bénéficiaire de multiplier les justificatifs, et s’adaptent à ses ressources du moment. La réforme est facilitée par l’instauration du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
Montants ajustables
Les allocations deviennent automatiques, sans avoir à les demander ce qui diminuerait les cas de « non-recours » qui, pour le RSA, par exemple, concernent environ 30 % des bénéficiaires potentiels. De même, les montants s’ajustent immédiatement aux variations de revenus. « Il n’y aurait plus le décalage actuel de deux ans entre les revenus pris en compte et le calcul du montant de l’aide, espère Mme Hédon. Mais attention à ne pas rendre ces aides trop instables et variables d’un mois à l’autre, au gré d’une reprise d’emploi à temps partiel par exemple. Cela risque d’aggraver l’incertitude du lendemain, qui caractérise la pauvreté. »
Agnès Buzyn annonce également « la création d’un fonds d’investissement social abondé de plusieurs millions d’euros ». « C’est une bonne nouvelle, car nous avons besoin de ces outils pour expérimenter, juge Mme Hédon, mais l’évaluation de ces innovations doit s’intéresser d’abord aux 20 % parmi les plus pauvres. C’est l’objectif que nous voudrions voir inscrit dans la loi. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.
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Postulez au « meilleur job du monde » et vous pourrez arrêter de regarder des vidéos de chats sur Internet

La fondatrice d’un refuge pour chats situé sur une île grecque a reçu plus de 3 000 candidatures après avoir posté une offre d’emploi sur Facebook.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 17h07
   





                        


Imaginez une île grecque paradisiaque, une maison gratuite, un potager, et approximativement 70 chats : c’est ce que propose Joan Bowell. La fondatrice de God’s Little People, un sanctuaire pour chats situé à Syros, une petite île des Cyclades, à la recherche de quelqu’un pour veiller sur ses félins, a posté une offre d’emploi sur Facebook. Le succès a été immédiat : en à peine un peu plus d’une semaine, son post a été partagé plus de 25 000 fois sur le réseau social.
3 000 CV reçus plus tard, Joan Bowell n’en revient toujours pas. « Je suis juste sidérée », écrit-elle sur sa page Facebook, « notre offre a même été diffusée à la télévision, en bandeau sur BBC News ». Pourtant, pas de quoi s’étonner : les photos idylliques et la fiche de poste sont plutôt convaincantes.



« Vous devrez surveiller tous les chats, les nourrir et leur donner leurs médicaments pendant mon absence. […] En plus de ça, vous devrez également jouer avec eux et leur donner beaucoup d’amour. Il nous faut quelqu’un de responsable, en qui nous pouvons avoir confiance, quelqu’un d’honnête avec un grand cœur. »
Le poste est à pourvoir sur le long terme, au minimum six mois, et l’heureux élu prendra ses fonctions le 1er novembre. Autre avantage exceptionnel : une maison sera gratuitement mise à la disposition de la personne choisie, et les factures d’eau et d’électricité payées.



A la recherche du « candidat parfait »
Joan Bowell et son mari ont aménagé sur Syros il y a sept ans pour des raisons de santé et ont très rapidement recueilli des chats abandonnés. « J’avais d’ores et déjà fait du bénévolat dans un refuge pour chat au Danemark, dont je suis originaire. En arrivant en Grèce, nous nous sommes rendu compte qu’ici, ils étaient régulièrement abandonnés », expliquait Mme Bowell sur un blog spécialisé dans l’accueil de chat abandonnés. Au bout d’un an, le couple se rend compte qu’il a déjà secouru une trentaine de chats et décide de créer le refuge de God’s Little People.



« C’est aussi à ce moment-là que nous avons décidé de communiquer sur notre action pour recevoir des dons ; les frais de vétérinaire étaient devenus trop importants pour nous seuls », disent-ils. Joan Bowell crée alors un blog et une page Facebook, qu’elle remplit des photos qu’elle prend de ses chats, ainsi qu’une boutique Etsy sur laquelle elle vend ses dessins à l’aquarelle.
Le couple doit pourtant retourner pour quelques mois à New York cet automne, et cherche donc un remplaçant. « Nous voulons absolument trouver le candidat parfait, et même si nous avons déjà reçu des milliers de candidatures, je vous encourage à postuler si secourir des chats est votre vœu le plus cher », écrit Joan Bowell.
Si vous hésitez toujours, l’un de ses derniers posts Facebook devrait terminer de vous convaincre : « C’est la vue que nous avons depuis notre maison… oui, la plage est juste en bas, et vous pourrez peut-être emmener les chatons s’y promener dans quelques mois si vous osez postuler ! »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le cycle de l’eau (6/10) : en s’évaporant, se transformant en nuages et retombant sous forme de pluie ou de neige, l’eau ne cesse de se déplacer à la surface de la Terre.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Deux enquêtes ont été ouvertes après la diffusion de vidéos montrant des exactions dans le nord du pays, où l’armée combat Boko Haram.
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Décryptage

Au Cameroun, arrestation de sept militaires soupçonnés d’exécutions de civils

Deux enquêtes ont été ouvertes après la diffusion de vidéos montrant des exactions dans le nord du pays, où l’armée combat Boko Haram.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T16:31:58+02:00"

        Le 13.08.2018 à 16h31






    
Des soldats camerounais dans la localité d’Achigachia, dans le nord du pays, en mars 2016.
Crédits : Joe Penney / REUTERS


Vendredi 10 août, le ministre camerounais de la communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a surpris la population en annonçant sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (CRTV), la radio d’Etat, l’arrestation de sept militaires soupçonnés d’être impliqués dans l’exécution sommaire de deux femmes et leurs enfants, selon une vidéo diffusée sur Internet le 10 juillet. Ces mères étaient suspectées d’être des complices du groupe terroriste Boko Haram, qui poursuit ses attaques dans la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria.
Les militaires, dont les noms ont été cités, ont été « mis à la disposition de la justice et feront l’objet d’un procès équitable », a souligné le ministre. « Il est bien entendu qu’ils bénéficient jusqu’alors de la présomption d’innocence », a ajouté Issa Tchiroma Bakary, tout en précisant que le chef de l’Etat, Paul Biya, réitérait sa « détermination à veiller à ce que les exactions qui peuvent être perpétrées par quelques soldats égarés fassent systématiquement l’objet d’enquêtes et aboutissent le cas échéant à des sanctions appropriées ».

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Trois jours après cette annonce, la colère des Camerounais, encore hantés par les scènes insoutenables de la vidéo, n’a pas fléchi. Sur les réseaux sociaux, à la radio et sur les plateaux de télévision et de radio, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le « mensonge du gouvernement ». Certaines réclament les démissions du colonel Didier Badjeck, responsable de la communication du ministère de la défense, et d’Issa Tchiroma Bakary, qui, au lendemain de la diffusion de cette vidéo, avaient dénoncé des « fake news » (fausses informations). Le ministre de la communication pointait une « manœuvre de désinformation grossière » et un « horrible trucage ».
« Mission kamikaze »
La colère a été alimentée par une autre vidéo, publiée début août, mettant également en scène des militaires affirmant aller en « mission kamikaze » sur ordre de Yaoundé. Une dizaine d’hommes non armés, allongés à même le sol, y sont abattus face à un mur près de maisons en flammes.
« Il s’agit là de nouvelles preuves crédibles appuyant les allégations selon lesquelles les forces armées camerounaises se seraient livrées à des exécutions extrajudiciaires contre des civils », a déclaré, dans un communiqué publié le 10 août, Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour Amnesty International. Selon l’ONG, la scène se serait déroulée à Achigachia, un village situé à la frontière avec le Nigeria, et des outils d’analyse numérique de pointe permettent d’affirmer que les faits se seraient produits avant 2016.



« Ce sont probablement nos hommes, a assuré au Monde Afrique une source sécuritaire qui a requis l’anonymat. Au début de la lutte contre Boko Haram, beaucoup de jeunes qui n’avaient jamais été sur un champ de guerre ont vu mourir leurs camarades, tués froidement par Boko Haram. Désœuvrés, certains ont commis des actes discutables. Mais ce sont des cas très isolés. Notre armée est responsable et on n’entraîne pas les jeunes à tuer des innocents. Ils sont entraînés pour combattre les ennemis. »
Plus prudent, le ministre de la communication a annoncé cette fois l’ouverture d’une enquête. Il a toutefois rejeté l’accusation selon laquelle il s’agit de soldats camerounais, et ce « tant qu’on n’aura pas établi de manière incontestable l’origine et l’appartenance des soldats qui auraient perpétré ces exécutions sommaires ».


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’ex-chef de l’Etat, qui pourrait se rendre à La Rochelle le 25 août pour l’université d’été des élus PS, envisage d’y prononcer un discours sur l’Europe.
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François Hollande, la « mouche du coche » d’Emmanuel Macron

L’ex-chef de l’Etat, qui pourrait se rendre à La Rochelle le 25 août pour l’université d’été des élus PS, envisage d’y prononcer un discours sur l’Europe.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 14h36
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

La tournée des librairies de François Hollande pour dédicacer son ouvrage Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros) devait s’arrêter avant l’été. Puis, elle a été prolongée au mois de juillet. Il ne devait rien se passer en août, un mois de « repos » et de « vacances », comme le précisait son entourage avant la pause estivale. Mais l’ancien chef de l’Etat n’a pas pu résister…
En vacances dans les Bouches-du-Rhône avec sa compagne Julie Gayet, François Hollande a finalement décidé de se rendre dans le département voisin du Var pour une nouvelle séance de signatures, assortie d’un bain de foule. Le 5 août, l’ex-président a ainsi dédicacé son ouvrage dans une librairie de Saint-Cyr-sur-Mer (Var), à une soixantaine de kilomètres du fort de Brégançon, où le couple Macron se repose depuis le début du mois.
Difficile de ne pas y voir un fait exprès. « Il a peut-être eu un petit rire dans le cœur », en pensant à son successeur, si près, concède Michel Sapin en souriant. « Mais il ne faut pas surinterpréter. Il n’y avait rien d’organisé ni de médité », promet l’ancien ministre des finances, qui a rejoint l’équipe de l’ex-président dans ses bureaux de la rue de Rivoli. « François Hollande pouvait choisir de parler de l’affaire Benalla, mais il ne l’a pas fait. En revanche, au moment où Emmanuel Macron hésite à faire des bains de foule, lui ne résiste pas. Il y va, et souligne ainsi la différence », analyse de son côté l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.
En marge de sa séance de dédicaces, c’est donc un François Hollande souriant et bronzé qui a fendu la foule, serré des mains et mis en scène sa proximité avec les Français. Alors que, de son côté, son successeur n’était toujours pas sorti de la résidence d’été réservée aux présidents en exercice. Du pain bénit pour l’ancien président qui, selon l’un de ses proches amis, n’a « toujours pas digéré » la victoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Une enquête d’AP confirme que les applications Google continuent d’enregistrer la position des utilisateurs, à moins qu’ils ne désactivent aussi l’option « activité sur le Web et les applications ».
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Désactiver l’historique des positions ne suffit pas à empêcher Google de savoir où vous êtes

Une enquête d’AP confirme que les applications Google continuent d’enregistrer la position des utilisateurs, à moins qu’ils ne désactivent aussi l’option « activité sur le Web et les applications ».



Le Monde
 |    13.08.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 17h37
   





                        



   


Des applications Google sur les appareils Android et les iPhone enregistrent votre position, même quand vous croyez leur avoir demandé de ne pas le faire. Une enquête d’Associated Press (AP), confirmée par des chercheurs en informatique de l’université de Princeton, vient confirmer les suspicions dont avait fait part une étudiante de l’université de Berkeley, K. Shankari, sur son blog en mai dernier.
D’après AP, refuser ou désactiver la conservation de l’historique de géolocalisation dans des applications Google (telles que Google Maps et Google Search) ne suffit pas à empêcher Google de conserver des coordonnées géographiques de l’utilisateur. Les journalistes d’AP ont en effet déterminé qu’en désactivant l’historique des positions de l’utilisateur, seul son parcours précis et quotidien est neutralisé.
Cela n’empêche pas Google de continuer à utiliser et à enregistrer ponctuellement la position approximative du smartphone à travers l’application Google concernée, par exemple pour lui proposer un bulletin météo, des recherches personnalisées, ou encore, à chaque fois qu’il ouvre l’application.
Deux options à désactiver
Associated Press, avec l’aide d’un chercheur de Princeton, a ainsi réussi à reconstituer l’itinéraire de ce dernier sur trois journées, malgré le fait qu’il ait coupé l’historique des positions dans les applications Google. La carte révèle ainsi une quarantaine de lieux dans lesquels le chercheur a été identifié au cours de ces trois journées, à la seconde près.
Selon AP, ce « problème de confidentialité » peut potentiellement affecter les deux milliards d’utilisateurs d’appareils fonctionnant sous Android, et les centaines de millions de personnes qui utilisent des applications Google sur iPhone.
Interrogé par AP, un porte-parole de Google explique que l’entreprise utilise la localisation « de plusieurs façons », listant effectivement « l’historique de localisation, l’activité sur le Web et les applications, et des services de localisation à l’échelle du téléphone ». Google estime cependant donner « des descriptions très claires de ces outils, et des outils robustes pour que chacun puisse les activer ou les désactiver ».
De fait, il est possible d’empêcher totalement Google d’enregistrer la localisation d’un smartphone, mais désactiver l’historique de localisation ne suffit pas. Sur Google Maps, par exemple, il faut également désactiver l’option « Activité sur le Web et les applications », dans le sous-menu « Contenu personnel » accessible depuis les paramètres de l’application.
C’est à ce prix qu’un utilisateur peut interdire à Google de stocker aussi bien sa position que ses recherches, entre autres activités. Des données qu’utilise sinon Google pour personnaliser les contenus proposés à l’utilisateur, mais aussi les publicités qui lui sont montrées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’« Aquarius » est en position entre Malte et l’Italie depuis le sauvetage de 141 personnes, vendredi. Les deux pays refusent de l’accueillir.
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Après l’appel de SOS Méditerranée, le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »

L’« Aquarius » est en position entre Malte et l’Italie depuis le sauvetage de 141 personnes, vendredi. Les deux pays refusent de l’accueillir.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 17h35
   





                        



   


La présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, a appelé lundi 13 août « l’ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités » pour trouver un port sûr à l’Aquarius. Au cours de deux opérations vendredi 10 août, le navire humanitaire a récupéré 141 personnes au large des côtes libyennes, dont la moitié sont des enfants, et un tiers, des femmes, a précisé Mme Beau.
Le bateau a d’abord récupéré 25 migrants à bord d’une petite barque en bois vendredi matin. Puis, le navire humanitaire a secouru l’après-midi 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés, essentiellement originaires de Somalie et d’Erythrée, qui se trouvaient sur une embarcation en bois, « surchargée », sans eau ni nourriture.
« Les gardes-côtes qui ont assuré le sauvetage nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas nous donner un port sûr. La Libye n’est pas un port sûr », a estimé Mme Beau. L’Aquarius « est en position entre Malte et l’île italienne de Lampedusa », a indiqué à l’AFP Mme Beau, dont l’association humanitaire a déjà eu deux « réponses officielles négatives » de la part de Malte et de l’Italie.

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Une situation en « contradiction » avec le droit maritime
« On demande à l’ensemble des Etats européens de trouver une solution. On les appelle à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée », a ajouté Mme Beau, selon laquelle la situation actuelle est « en contradiction la plus totale avec le droit maritime international, et tout cela se fait sur le dos de personnes en danger ».
Autre « effet pervers de la non-gestion » de ce problème humanitaire par les Etats, « des rescapés ont raconté que cinq navires leur sont passés devant sans s’arrêter », condamne la présidente de SOS Méditerranée. « Et aujourd’hui il n’y a aucun navire sur la zone de détresse, nous sommes très inquiets. »

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Dimanche, une embarcation de 11 personnes qui naviguait dans les zones maltaises est finalement tombée en panne entre la zone maltaise et la zone italienne. Elle a été prise en charge par les gardes-côtes italiens, a encore indiqué la présidente de SOS Méditerranée.
Samedi, le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de file du parti d’extrême droite de la Ligue a déclaré que l’Aquarius, « propriété d’un armateur allemand avec un pavillon de Gibraltar », « ne verrait jamais un port italien ».

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Le port de Sète se dit prêt à accueillir l’« Aquarius »
Lundi 13 août dans l’après-midi, la ville de Sète (Hérault) s’est finalement dite prête à accueillir les 141 migrants sauvés par l’Aquarius, par la voix du président du port de Sète-Frontignan et ancien ministre des transports, Jean-Claude Gayssot, selon France Bleu Hérault.
« La seule condition, c’est d’abord le feu vert des autorités françaises. Je comprends que les choses sont complexes, y compris qu’il faut combattre les passeurs. Mais là, il s’agit de vies humaines. Tout doit être second par rapport à l’humain, par rapport à sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants », a-t-il dit.
L’Elysée n’a pas commenté la situation dans l’immédiat.
Une situation de blocage qui s’était déjà produite en juin
En juin, l’Aquarius avait récupéré 630 migrants au large de la Libye. Mais l’Italie et Malte avaient refusé de les laisser débarquer. L’odyssée du navire s’était achevée dans le port espagnol de Valence. L’Aquarius est ensuite resté un mois en escale technique à Marseille.
Cet épisode avait eu des répercussions dans toute l’Union européenne, creusant le fossé entre les partisans d’une ligne dure face à la question migratoire et les défenseurs d’une solution européenne et coopérative. Il avait aussi suscité de vives tensions entre la France et l’Italie.
Depuis, la France a accueilli quelques dizaines de réfugiés une fois qu’ils ont été débarqués dans un autre pays de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’orque femelle a porté le cadavre de son petit sur des centaines de kilomètres, refusant de le laisser partir. Depuis trois ans, il n’y a eu aucune naissance viable au sein de cette espèce en danger.
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L’orque « J35 » pousse son bébé mort pendant 17 jours et alerte sur l’inquiétant déclin de son espèce

L’orque femelle a porté le cadavre de son petit sur des centaines de kilomètres, refusant de le laisser partir. Depuis trois ans, il n’y a eu aucune naissance viable au sein de cette espèce en danger.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 17h48
   





                        



   


C’est une bien triste histoire qui se termine dans l’océan Pacifique, entre l’Etat de Washington et Vancouver, au Canada. Après avoir poussé pendant dix-sept jours le cadavre de son petit mort juste après sa naissance, l’orque « J35 », aussi appelée Tahlequah, a retrouvé son groupe et une activité normale, selon le Center for Whale Research (CWR). Elle a « vigoureusement chassé des saumons avec ses congénères » et son comportement est « remarquablement vif », a fait savoir l’organisme au cours du week-end.
Le comportement de cette mère orque avait été signalé par le centre de recherche le 26 juillet, deux jours après la naissance, puis la mort, seulement une demi-heure après, du petit. Poussant le corps de son nez, le tenant à la surface sur sa tête, J35 a parcouru des centaines de kilomètres, accompagnée par des femelles de son groupe. Jusqu’à ce qu’elle laisse, finalement, couler le cadavre.
Disparition des saumons royaux
Si ce comportement n’est pas exceptionnel chez cette espèce, il ne dure en général qu’un ou deux jours. Mais la tragédie est surtout collective : cela fait trois ans que les orques de la mer des Salish n’ont pas donné naissance à un petit viable. Dans les vingt dernières années, 75 % des grossesses des femelles orques de cette région ont échoué. Quarante sont nées pendant cette période, et 72 sont mortes, portant le nombre de ces cétacés, appelés orques résidentes du Sud, à 75 seulement.
Les orques peuvent vivre longtemps, plus d’une centaine d’années, mais leur période de reproduction est limitée. Si elles ne se reproduisent pas, leur groupe perdra des membres petit à petit, jusqu’à leur disparition.
Le CWR explique principalement le déclin de cette espèce par la diminution du nombre de saumons royaux, qui constituent la principale nourriture des orques. Cette espèce de saumons est elle-même classée « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature, en raison de la pêche et de la pollution.

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L’immense chagrin, un « bon point de départ »
« La surpêche et la destruction de leur habitat ont fait [de cette espèce de saumon] un poisson non seulement rare mais contaminé par n’importe quoi, du retardateur de flamme au plomb en passant par le Prozac et la cocaïne », précise Susan Casey, auteure américaine de plusieurs livres sur l’océan, dans une tribune publiée par le New York Times et titrée « L’orque, son bébé mort et nous ».
Dans un rapport, la Société américaine de pêche a affirmé que des « changements majeurs », politiques et sociétaux, devraient avoir lieu pour que les saumons royaux espèrent survivre jusqu’à la fin du siècle. Les mêmes changements, sans doute, qui pourraient sauver les orques résidentes du Sud et leur permettre de se reproduire.
« L’immense chagrin pour Tahlequah est un bon point de départ, écrit aussi Susan Casey. D’une certaine façon, c’est la partie facile. Ce qui est plus difficile, c’est de transformer notre chagrin pour cette mère en un élan pour résoudre les problèmes affligeant la population en extinction des orques résidentes du Sud ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les milliers de contre-manifestants ont dissuadé les suprémacistes blancs de célébrer l’anniversaire des émeutes de Charlottesville, qui avaient fait un mort le 12 août 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Conspuée, l’extrême droite n’ose pas se montrer à Washington

Les milliers de contre-manifestants ont dissuadé les suprémacistes blancs de célébrer l’anniversaire des émeutes de Charlottesville, qui avaient fait un mort le 12 août 2017.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 03h44
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 08h31
    |

            Arnaud Leparmentier (Washington, envoyé spécial)








                        



   


On a cherché Jason Kessler, le leader de l’extrême droite, désespérément. Ce dimanche après-midi 12 août, l’organisateur du défilé suprémaciste blanc de Charlottesville, où Heather Heyer, contre-manifestante, mourut le 12 août 2017, devait arriver par une station de métro et marcher fièrement avec ses comparses vers la Maison Blanche.
En réalité, Jason Kessler est arrivé piteusement, escorté par la police. Avec un drapeau américain, une vingtaine d’acolytes, à peine visibles des contre-manifestants. Un petit discours, quelques entretiens avec la presse, l’orage qui a éclaté et c’en était fini pour l’« alt-right » américaine : elle n’a pas osé montrer le bout de son nez à Washington dimanche. La manifestation « Union de la droite – épisode 2 » avait fini avant d’avoir commencé.
Cette journée anniversaire a fait partie de ces non-événements surcouverts médiatiquement par la planète entière. Ou plutôt, Washington a rendu l’extrême droite persona non grata. « Washington DC n’est pas Charlottesville », proclamait le calicot d’un contre-manifestant.
Effectivement, le contraste était saisissant avec l’an dernier. Le Ku Klux Klan avait pu parader dans Charlottesville, en Virginie, à plusieurs reprises, protestant contre le retrait d’une statue du général sudiste Robert Lee. La pression avait culminé le 11 août par une procession aux flambeaux vers l’université de Virginie et le meurtre, le lendemain, de Heather Heyer, écrasée par la voiture d’un néonazi.

   



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Dans l’après-midi, les opposants ont commencé à se rassembler. Parfois dans l’indifférence, tel ce militant afro-américain haranguant les quelques touristes devant le mémorial d’Abraham Lincoln, le père de l’abolition de l’esclavage.
Sur Pennsylvania Avenue et à Lafayette Square, devant la Maison Blanche, la foule, plus nombreuse et mixte, a fini par atteindre quelques milliers. Il y avait bien sûr l’extrême gauche. « Il faut arrêter les fascistes », expliquait Pete Ha, devant le slogan de son groupuscule – « Le système ne peut être réformé, il doit être renversé ». Un rappeur dansait sous le regard de la foule, poing fermé contre l’adversaire.
Beaucoup sont venus pour l’affrontement
Mais d’autres étaient beaucoup plus modérés, telle cette professeure de Virginie, Sherry Watken, dont le tee-shirt proclamait : « Ne huez pas, votez ! » Cette partisane de l’ancien président, Barack Obama, se bat contre l’ignorance, qui, selon elle, a fait élire Donald Trump, suggérant avec humour : « Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. » 
Sherry Watken est venue avec sa fille, mais son amie, Kathy Van Dike, a été plus prudente : « J’ai demandé à ma fille de ne pas venir. » Car en ce début d’après-midi, beaucoup craignaient les débordements. Telle Marie-Alice Ball, de l’équipe « Paix pour Washington » : « On est un peu inquiets. Nous sommes pour la désescalade », confiait-elle avant de proposer, bienveillante : « Si vous vous sentez menacé, cherchez une de nos équipes. »

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Clairement, beaucoup sont venus pour l’affrontement. Dès 15 heures, des jeunes ont commencé à se masquer le visage et à enfiler leurs casques. Soudain, les Black Lives Matter ont débarqué : quelques jeunes filles masquées devant une voiture de police criaient tranquillement « Fuck the Police », liberté d’expression oblige, tandis qu’une grosse centaine d’Afro-Américains a défilé en proclamant « Non au KKK ». Prêts à en découdre.

   


Sauf qu’il n’y a pas de Ku Klux Klan ni d’extrême droite. Ils ont déclaré forfait. A 17 heures, la pluie a commencé à tomber dru et les contre-manifestants trempés ont commencé à plier bagage. Un peu dépités par la désertion des adversaires, même si Daniel – qui a refusé de donner son nom de famille – crie victoire. N’a-t-il pas entravé le sacro-saint premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit à chacun la liberté d’expression, y compris à l’extrême droite ? « Ils ont choisi librement de ne pas exercer leur droit aujourd’hui car nous étions plus nombreux », tranche Daniel.
« Trump est responsable de la division de l’Amérique »
Sur Twitter, Jason Kessler cherche à sauver la face, un peu piteux : « Merci à toutes les forces de l’ordre qui ont protégé aujourd’hui la liberté de parole et la sécurité publique », écrit-il, ajoutant :
« Tout cela a été un défi logistique d’enfer mais nous avons prouvé que nous pouvions le faire en dépit des éternels négatifs. »
Restent les conséquences politiques de l’affaire. Les manifestants liaient tous leur rejet de l’extrême droite et leur détestation de Donald Trump, telle Sanam Malak, 30 ans : « Trump est responsable de la division de l’Amérique », expliquait-elle, ajoutant que « c’est à cause de lui que les racistes sortent sans honte. »

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                Un suprémaciste blanc mis en examen pour l’assassinat d’une femme lors de la manifestation de Charlottesville



A la veille de la manifestation, le président des Etats-Unis, qui avait provoqué un tollé en renvoyant dos à dos les deux camps l’an dernier, avait envoyé un message d’unité. « Les émeutes de l’an dernier à Charlottesville ont conduit à une mort absurde et à la division. Nous devons nous rassembler comme une nation. Je condamne tout type de racisme et tout acte de violence. Paix à TOUS les Américains », a tweeté Donald Trump, sans distinguer l’extrême droite.
Sa fille, Ivanka, a choisi d’exprimer ce que son père refuse de dire : « Alors que les Américains ont la grâce de vivre dans un pays qui protège la liberté, la liberté d’expression et la diversité d’opinion, il n’y a pas de place pour le suprémacisme blanc, le racisme et le néonazisme dans notre grand pays. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’ancien premier ministre affirme que la « droite humaniste » pourrait présenter sa propre liste aux européennes de 2019, à côté de celles de LRM et de LR.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/08/2018
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Jean-Pierre Raffarin : « L’affaire Benalla est plus un accident qu’une rupture »

L’ancien premier ministre affirme que la « droite humaniste » pourrait présenter sa propre liste aux européennes de 2019, à côté de celles de LRM et de LR.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 10h12
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
L’ancien premier ministre de Jacques Chirac n’a plus de fonction élective mais, à 70 ans, il reste actif politiquement. Cet Européen convaincu a pris ses distances avec le président de LR, Laurent Wauquiez.
L’affaire Benalla peut-elle affaiblir Emmanuel Macron dans l’opinion, en particulier auprès de l’électorat de droite qu’il cherche à attirer depuis un an ?
Cette affaire a affaibli le président de la République qui, jusqu’ici, avait montré de la force et de l’adresse. Il avait même fait un parcours quasi sans faute. Or, l’exécutif a été lent et faible dans la gestion de cette crise. Néanmoins, l’avenir d’Emmanuel Macron, comme celui de sa politique, repose principalement sur sa capacité à construire une nouvelle politique migratoire au niveau européen, à réduire les dépenses publiques et à favoriser l’emploi. L’affaire Benalla est plus un accident qu’une rupture.
Vous y voyez une simple erreur de gestion de crise, pas un problème de fond ?
La crise n’est pas sans importance. Elle a donné une occasion de dialogue entre l’extrême droite et l’extrême gauche et offert une consistance à une opposition systématique – ce qui a permis à M. Mélenchon et à Mme Le Pen d’occuper simultanément le devant de la scène. Le risque majeur pour Emmanuel Macron et pour la France, aujourd’hui, c’est le rapprochement des extrêmes, c’est-à-dire le scénario italien. Or, cette crise a plutôt favorisé cette dérive.
Cette affaire témoigne-t-elle de la nécessité de mieux équilibrer les pouvoirs, alors que certains s’inquiètent de voir le rôle du Parlement diminuer avec la réforme constitutionnelle ?
La vertu première de la Ve République est de permettre l’alternance. Mais contrairement à certaines autres, la Constitution française a toujours voulu protéger le pouvoir de l’exécutif, de manière à permettre l’efficacité de l’action publique. Je suis favorable à un pouvoir fort au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.
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Portrait

N’Goné Fall, une forte tête aux commandes du navire « Afrique 2020 »

Choisie par Paris pour orchestrer la saison culturelle croisée avec le continent, la commissaire d’exposition sénégalaise veut « bousculer » les institutions françaises.

Par                                            Roxana Azimi




LE MONDE
              datetime="2018-08-13T12:29:05+02:00"

        Le 13.08.2018 à 12h29






    
La commissaire d’exposition N’Goné Fall.
Crédits : DR


Il faut l’admettre : la confirmation par le président Emmanuel Macron, le 3 juillet à Lagos, d’une saison culturelle « Afrique 2020 » nous a fait tomber de notre chaise. Pourquoi rompre avec le principe d’un jumelage diplomatique entre deux pays et associer pour la première fois la France avec un continent, au risque de raviver les remugles de la Françafrique ?

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N’Goné Fall, 51 ans, qui orchestre cette saison croisée, a aussi haussé les sourcils lorsque la cellule Afrique de l’Elysée l’a approchée, en mars. La France, la commissaire d’exposition sénégalaise l’avait volontairement « zappée » depuis 2006, fatiguée des étiquettes dont vous affuble le microcosme parisien pour peu que vous ayez la peau noire. Pendant deux heures, cette forte tête, voix rauque et débit de mitraillette, a mis en garde les émissaires élyséens contre les écueils d’une telle opération.
« La France doit changer de focale et ne plus regarder l’Afrique par le prisme du mâle noir et du migrant, prévient-elle. Les Africains ne doivent pas jouer les Bisounours, se dire “on vient divertir les Français pendant six mois”. Il ne faut pas non plus que la saison devienne une tribune revancharde où chacun règle ses comptes. On ne va pas venir donner des leçons alors que nous-mêmes détestons en recevoir. » Ce laïus sans pommade a convaincu Emmanuel Macron et, en avril, N’Goné Fall a pris les commandes de cette périlleuse saison.
« Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse »
On ne pouvait rêver meilleure capitaine. L’intello a les pieds sur terre. Elle sait rassurer les artistes et les penseurs, tout en ménageant les politiques et les diplomates. Rien pourtant ne la destinait à une telle mission. A l’âge de 8 ans, N’Goné Fall, née à Dakar, a une idée fixe : devenir architecte. Formée à l’Ecole spéciale d’architecture à Paris, elle a pour enseignant Paul Virilio. Avec un tel mentor et une proposition d’embauche de l’architecte Christian de Portzamparc, la voie semble toute tracée.
Sauf qu’une autre forte personnalité, Jean-Loup Pivin, croise son chemin en 1992. Lui aussi est architecte. Et fou d’Afrique. Un an plus tôt, il a cofondé la Revue noire avec le commissaire d’exposition Simon Njami. Au bout de quatre heures d’intense ping-pong intellectuel, le génial érudit entraîne la jeune femme dans son aventure. De 1994 à 2001, elle dirige la rédaction du magazine, sept ans au cours desquels elle couvre et découvre l’Afrique.

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Mais ses horizons sont plus larges que Bamako, où elle est commissaire invitée des Rencontres africaines de la photographie en 2001, ou Alexandrie, où elle enseigne la gestion de l’art. En 2011, elle participe à la réflexion sur la réforme des institutions culturelles néerlandaises. Quatre ans plus tard, elle planche sur la stratégie d’exportation culturelle de la Barbade.
Pourquoi accepter un projet en France, elle qui avait choisi de ne plus y travailler ? « J’aime les défis, sourit-elle. Plus c’est dingue, plus ça m’intéresse. Et quitte à être énervée par ce projet très délicat, autant m’énerver contre moi-même si jamais j’échoue. » L’échec ? Que cette saison ne soit pas portée par les Africains, qu’elle se recroqueville sur l’Afrique francophone. « Je ne veux pas que les institutions françaises “programment” de l’Afrique, mais qu’elles produisent des idées et soient bousculées dans leur routine, insiste N’Goné Fall. Elles ne vont pas décider toutes seules de ce qu’est l’Afrique. Mais plutôt, nous, Africains, allons venir dire comment nous voyons le monde, quels sont nos rêves, nos fantasmes, nos obsessions. »
Produire « un déclic dans la tête des gens »
Pour bien ficeler son projet, qu’elle souhaite panafricain et pluridisciplinaire, N’Goné Fall a réquisitionné quatre têtes pensantes : Sarah Rifky, commissaire d’exposition basée au Caire, Folakunle Oshun, artiste co-commissaire de la Biennale de Lagos, l’écrivain camerounais Ntone Edjabe et la commissaire sud-africaine Nontobeko Ntombela. Tous ont été choisis pour leur esprit critique, mais aussi pour leur amour d’un continent où ils ont décidé de vivre « par choix et non par défaut ».
De leur brainstorming sont sortis cinq grands axes aux intitulés poétiques : l’oralité augmentée, l’économie et la fabulation, l’archivage d’histoires imaginaires, les systèmes de désobéissance, les fictions et mouvements non autorisés. « On veut parler des circulations des personnes, des biens et des idées, précise N’Goné Fall, mais aussi rappeler qu’on circule plus à l’intérieur du continent qu’à l’extérieur, que les plus grands camps de réfugiés se trouvent en Ouganda et au Kenya et non en Italie ou à Calais. »

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Depuis qu’elle a défini l’ossature du projet, N’Goné Fall multiplie les rendez-vous. Au Festival d’Avignon, en juillet, plutôt que courir le in et le off, elle a enchaîné 80 rencontres en quatre jours. « Je suis l’entremetteuse, résume-t-elle. Je mets en relation des structures qui pourraient travailler sur les mêmes idées avec des points de vue différents. »
En cheffe d’orchestre, elle a un œil sur tout : sur le mécénat nécessaire pour gonfler la dotation publique de 1,5 million d’euros, sur le volet culinaire – food trucks et grands pique-niques sont prévus –, sur le volant pédagogique, capital pour produire « un vrai déclic dans la tête des gens et pas une simple consommation de projets ». Avec l’ambition, à chaque étape, que « les susceptibilités des 1,2 milliard d’Africains et des 67 millions de Français soient respectées ». Vaste programme !


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’ancienne conseillère en relations publiques de la présidence américaine dit s’être « protégée » en enregistrant son licenciement par le chef de cabinet de la Maison Blanche, puis la réaction étonnée de Donald Trump.
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Une ex-conseillère de Trump diffuse une discussion enregistrée dans la salle de crise de la Maison Blanche

L’ancienne conseillère en relations publiques de la présidence américaine dit s’être « protégée » en enregistrant son licenciement par le chef de cabinet de la Maison Blanche, puis la réaction étonnée de Donald Trump.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
13.08.2018 à 18h14
   





                        



   


L’ancienne conseillère en relations publiques de la Maison Blanche, Omarosa Manigault Newman, auteure d’un livre à paraître sur son expérience au côté de Donald Trump, a diffusé dimanche 12 août, dans l’émission « Meet the Press » sur ABC, un enregistrement de son licenciement par le chef de cabinet de la présidence américaine, John Kelly. « C’est une Maison Blanche dans laquelle tout le monde ment », a affirmé l’ancienne haute conseillère, chargée du bureau des relations publiques jusqu’en janvier dernier.
La discussion enregistrée se serait déroulée dans la « Situation Room » de la Maison Blanche. La salle de gestion des crises, située au sous-sol du siège de la présidence américaine, est ultra-sécurisée et les appareils électroniques y sont interdits, afin d’éviter toute fuite d’informations confidentielles.
Riposte de Trump
Dans cet enregistrement, effectué en 2017, selon l’ancienne conseillère, le secrétaire général de la Maison Blanche invoque des « problèmes d’intégrité importants » pour justifier son licenciement – des problèmes notamment liés à l’utilisation d’une voiture du gouvernement, posant selon lui des « problèmes légaux ».
« Je pense qu’il est important de comprendre que si votre départ se déroule dans une bonne entente, vous pouvez voir tout ce temps passé ici comme une année au service de votre pays. Et vous pouvez continuer dans le futur sans aucune difficulté quant à votre réputation », déclare notamment le chef de cabinet de Donald Trump dans l’enregistrement. Un passage au ton « menaçant » pour Mme Manigault Newman, qui justifie selon elle la diffusion de leur discussion. « Personne ne m’aurait cru si je n’avais pas cet enregistrement », a-t-elle déclaré sur ABC.
Lundi 13 août, un deuxième enregistrement fourni par l’ancienne conseillère a été diffusé par la chaîne NBC. Donald Trump y affirme, lors d’une conversation téléphonique, n’avoir rien su du licenciement de son ex-protégée et le regretter. « Omarosa ? Omarosa qu’est-ce qu’il se passe ?, l’entend-on demander. Personne ne m’a rien dit. Tu sais ils gèrent une grosse machine, mais je ne le savais pas (…). Mince, je ne le savais pas. Je n’aime pas du tout l’idée que tu partes. »
Donald Trump n’a pas tardé à riposter en publiant deux messages sur Twitter dans lesquels il décrit « Omarosa la folle-dingue » comme « féroce mais pas intelligente », qui « ratait constamment les réunions et le travail ».
Un « mépris flagrant pour notre sécurité nationale »
Plus que le contenu même des révélations, la diffusion d’une discussion enregistrée dans l’un des lieux les plus sécurisés autour du président américain a provoqué de nombreuses réactions politiques outre-Atlantique.
« L’idée même qu’un membre du personnel puisse faire entrer un appareil d’enregistrement dans la salle de crise témoigne d’un mépris flagrant pour notre sécurité nationale, a déclaré dimanche la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, dans un communiqué. Et se vanter à la télévision nationale prouve le manque de caractère et d’intégrité de cette ex-employée mécontente », a-t-elle poursuivi.

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La secrétaire nationale du parti conservateur, Ronna McDaniel, a déclaré sur Twitter que « si [Omarosa Manigault Newman] a enfreint la loi fédérale, elle devait être poursuivie ». Le conseiller éthique de la Maison Blanche sous l’administration Obama, Norm Eisen, a, lui, considéré que cette diffusion pouvait enfreindre la loi américaine, mais que « toute poursuite judiciaire [était] peu probable ».
Dans son livre à paraître, Mme Manigault Newman, ancienne candidate de l’émission de téléréalité « The Apprentice », animée pendant des années par Donald Trump, annonce détenir d’autres enregistrements de discussion avec l’actuel occupant de la Maison Blanche – et assure avoir entendu un enregistrement du temps de « The Apprentice » dans lequel le président américain aurait tenu des propos racistes.
« Avec du recul, je dirai que j’ai été complice de la tromperie de la Maison Blanche vis-à-vis de la nation », a déclaré celle qui a soutenu depuis 2014 la ligne de Donald Trump, et qui affirme désormais que le président américain « souffre de déclin sur le plan mental ».
Selon elle, « il lui est difficile de traiter des informations complexes » et « il n’est pas impliqué dans certaines des décisions les plus importantes pour le pays ». « J’ai été complice de cela et je le regrette », a-elle admis.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.
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Un ministre norvégien démissionne après un voyage privé en Iran

Per Sandberg, numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), s’était rendu dans le pays avec sa compagne, d’origine iranienne, sans avertir les services du premier ministre et avec son téléphone de fonction.



Le Monde
 |    13.08.2018 à 15h49
   





                        


Le ministre norvégien de la pêche, Per Sandberg, a démissionné lundi 13 août après avoir enfreint les règles de sécurité lors d’un voyage privé en Iran avec une ex-reine de beauté d’origine iranienne. Numéro deux du Parti du progrès (droite anti-immigration), M. Sandberg, 58 ans, a admis s’être rendu en Iran en juillet avec sa nouvelle compagne de 28 ans, Bahareh Letnes, sans avoir au préalable averti les services du premier ministre et en emportant son téléphone portable de fonction. Cela alors que les services de sécurité norvégiens citent régulièrement l’Iran comme l’un des pays les plus actifs en matière d’espionnage, avec la Chine et la Russie.
« Per a lui-même demandé à partir, et j’estime que c’est une bonne décision, a déclaré la première ministre conservatrice, Erna Solberg, lors d’une conférence de presse. Il n’a pas fait preuve du bon sens nécessaire en matière de gestion de la sécurité. » M. Sandberg sera remplacé au gouvernement par Harald Tom Nesvik, membre de la même formation politique. Il a aussi renoncé à la vice-présidence du parti.
Une enquête sur sa compagne
Sous pression, M. Sandberg avait présenté des excuses avant d’être finalement rattrapé par les révélations distillées jour après jour. Il est par exemple apparu qu’il avait aussi violé les protocoles de sécurité en emmenant son téléphone professionnel en Chine en mai. « C’est triste, a-t-il affirmé devant la presse. J’avais pensé pouvoir boucler certains projets. » L’affaire agitait les médias norvégiens depuis deux semaines et alimentait les critiques tant dans l’opposition qu’au sein du Parti du progrès, au pouvoir au sein d’une coalition regroupant aussi les conservateurs et les libéraux.
Per Sandberg n’a pas voulu commenter à ce stade les aspects privés de l’histoire, particulièrement pimentée pour les médias, en raison de l’identité de sa nouvelle conjointe. De trente ans sa cadette, Bahareh Letnes est une ex-reine de beauté d’origine iranienne, devenue femme d’affaires. Elle avait été déboutée trois fois de sa demande d’asile en Norvège et expulsée avant d’obtenir finalement un permis de séjour au motif qu’elle risquait un mariage forcé en Iran. Les services de sécurité intérieure ont ouvert une enquête sur sa personne, même si elle nie tout lien avec le régime iranien.
Favorable à une politique d’immigration stricte, le Parti du progrès préconise l’expulsion rapide des demandeurs d’asile déboutés et est généralement critique à l’égard des étrangers qui retournent dans leur pays d’origine après avoir décroché des papiers dans le royaume nordique.



                            


                        

                        

