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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 114)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 06h42
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ L’auteur d’origine indienne, né dans les Antilles en 1932, est mort à son domicile de Londres. Il a signé, entre autres, « Une maison pour Monsieur Biswas » et « L’Inde. Un million de révoltes ».
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L’écrivain britannique V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature, est mort

L’auteur d’origine indienne, né dans les Antilles en 1932, est mort à son domicile de Londres. Il a signé, entre autres, « Une maison pour Monsieur Biswas » et « L’Inde. Un million de révoltes ».



Le Monde
 |    12.08.2018 à 00h46
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 08h28
    |

                            Raphaëlle Rérolle








                        



                                


                            

Il était l’une des grandes figures de la littérature anglaise, et sûrement l’une des plus ombrageuses. Vidiadhar Surajprasad Naipaul, plus connu sous ses initiales de V. S. Naipaul (ou de « Sir Vidia » depuis qu’il avait été anobli par la reine), est mort à son domicile de Londres à l’âge de 85 ans, a annoncé sa famille, samedi 11 août.
Issu de la communauté indienne de Trinidad-et-Tobago, dans les Antilles britanniques, mais ayant étudié à Oxford et passé une grande partie de sa vie en Grande-Bretagne, il avait reçu, en 2001, le centième prix Nobel de littérature. A l’époque, les jurés de Stockholm l’avaient qualifié de « circumnavigateur littéraire », ajoutant qu’il ne se trouvait « vraiment chez lui qu’en lui-même ». Il est vrai que cet homme plutôt sombre, intransigeant, réputé pour son conservatisme politique, son caractère irascible et une certaine forme de misanthropie, semblait avoir tranché, une fois pour toutes, la question de l’appartenance : refusant de s’identifier à une communauté plutôt qu’à une autre, V. S. Naipaul ne respectait ni les raisons d’Etat ni les bons sentiments. Il cherchait seulement, disait-il, à saisir la vérité du monde contemporain, et ses fractures.
Non-conformiste dans le contenu de ses écrits, il s’était aussi affranchi des frontières entre les genres, se jouant avec élégance des distinctions qui séparent la fiction de la non-fiction.
Fictions, biographies, essais historiques ou géopolitiques
Parmi la grosse trentaine de livres publiés depuis son premier roman, Le Masseur mystique (paru en 1957 ; Gallimard, 1965), on trouve d’abord des romans, et notamment le célèbre Une maison pour Monsieur Biswas (1961 ; Gallimard, 1964), fiction biographique inspirée par la figure de son père. Le livre rencontra un énorme succès. V. S. Naipaul fut aussi l’auteur de nouvelles (par exemple, Miguel Street, en 1959 ; Gallimard, 1967), de biographies et, surtout, de nombreux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.
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                Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès


Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 13h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Dans un courrier du 10 novembre 1934, l’inspecteur de l’enseignement primaire de Saint-Brieuc s’engageait à soutenir l’inscription du manuel de Léon Brossolette et Marianne Ozouf, Mon premier livre d’histoire de France, images en couleurs, paru chez ­Delagrave, auprès de la commission départementale des Côtes-du-Nord, « en raison de son intérêt ». L’instituteur qui avait attiré l’attention sur l’ouvrage, Yann Sohier (1901-1935), était un jeune enseignant militant de la langue bretonne et de l’autonomie politique régionale, peu suspect de défendre les valeurs jacobines.
Innombrables rééditions
C’est dire si ce nouveau manuel scolaire avait des vertus pour convaincre un activiste si dévoué à sa cause qu’il mourut prématurément, à force de ne pas ménager une santé fragile. L’ironie de l’histoire tient à ce que sa fille unique, Mona, orpheline à 4 ans, intègre vingt ans plus tard la famille des auteurs du fameux manuel, en épousant l’historien Jacques Ozouf (1928-2006), le fils que Marianne, la fille de Léon Brossolette, eut de son époux René Ozouf.
Destiné aux élèves de cours élémentaire ­première année, Mon premier livre d’histoire de France allait connaître d’innombrables rééditions, imposant pendant plus de vingt ans ses options, partis pris et priorités éthiques à des générations d’écoliers formés par une éducation laïque et républicaine. Les illustrations de René Giffey (1884-1965), prolifique dessinateur et caricaturiste, qui contribua aux premiers magazines destinés à la jeunesse et signa nombre de bandes dessinées, ont leur part de responsabilité dans ce succès spectaculaire.
Révolutionnaire
Sur le fond, l’ouvrage, jugé révolutionnaire car il misait, de façon pionnière, autant sur l’image que sur le texte, est la consécration d’un combat entrepris par Léon Brossolette (1868-1938) depuis plus de trente ans. Ce fils de cultivateur est l’exemple parfait de l’ascension sociale réussie à travers l’engagement...


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Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.
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                André et Madeleine Rossignol, le sens de l’art et de la pédagogie


Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.

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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, tandis que l’école renoue avec son combat pour une histoire commune capable d’inculquer les notions de démocratie et de fraternité aux ­futurs citoyens, un autre duo emprunte des voies complémentaires à celles de Brossolette et Ozouf et des manuels scolaires.
André et Madeleine Rossignol vivent en Poitou ù, tous deux enseignants, ils sont en poste au petit village de Nalliers, près de Montmorillon dans la Vienne (à peine 500 habitants au lendemain de la guerre). Dès janvier 1946, ils lancent, sous le label de « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui mise, outre la publication de manuels, sur la production de matériel didactique qui va révolutionner l’illustration scolaire.
780 tableaux d’histoire et de sciences
Tout en s’inspirant des principes du pédagogue Célestin Freinet (1896-1966), ils sont dans le droit-fil des principes de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, qui appelait dès 1879 à suppléer la trop maigre illustration des livres scolaires en créant une Commission de la décoration des écoles. ­Jugeant trop timides les audaces de Michel Bourrelier qui, en 1931, parallèlement à ses « carnets de pédagogie moderne » ou ­« pratique » et à son action pour la littérature de jeunesse, proposait des tableaux et cartes postales – « Images de la vie » ou « Images du beau » –, le jeune couple d’instituteurs met en route la production d’images pour la classe qui concilient soucis artistique et pédagogique. Durant près de trois décennies, les quelque 780 tableaux d’histoire et de sciences, auxquels s’ajoutent scènes quotidiennes propices à des leçons d’observation et d’instruction civique, vont marquer des générations ­d’écolières et d’écoliers, s’inscrivant dans la mémoire ­collective de l’école primaire.
Benjamin d’une fratrie de six, Philippe Rossignol prit la relève de ses parents en décembre 1986, quittant Montmorillon où André, abandonnant l’enseignement,...


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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit 
                  
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                  10.08.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 14h09


Avec les sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie, l’auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule » forment un trio devenu figure de la gauche radicale.

Par                             Zineb Dryef





                     
Le 9 février 2010, dans un amphithéâtre bondé de l’université de Picardie, un jeune homme fait la rencontre de sa vie. Venu écouter un intellectuel parisien raconter son histoire d’enfant puis d’adolescent homosexuel au sein d’une famille ouvrière, le rejet et la honte, la fuite et l’exil, le retour, enfin, dans sa ville honnie de Reims, il est bouleversé par ces mots, qui parlent de sa propre existence. A la fin de la conférence, comme d’autres étudiants, il s’approche de l’homme pour lui dire combien il l’a ému. Didier Eribon, puisqu’il s’agit de lui, accepte de donner son adresse électronique à ce grand garçon blond et lui dit : « Tenez, nous allons boire un verre avec des enseignants, venez. »

« Sans l’amitié, pas la moindre ligne »
Huit ans plus tard, Eddy Bellegueule est devenu Edouard Louis et, à seulement 25 ans, il est l’un des romanciers les plus lus du pays. Un succès transformé en un phénomène, amplifié par les traductions (dans une vingtaine de langues), mais aussi par les adaptations théâtrales, les études universitaires sur son œuvre, sa tournée de conférences à travers le monde…
En ce soir du 3 juin, il est à Berlin pour assister à la première de l’adaptation de son deuxième texte, Histoire de la violence (Seuil, 2016), par le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, à la Schaubühne, l’un des plus prestigieux théâtres d’Europe. A quelques heures de la représentation, dans la cour arborée de son hôtel, il confie : « Je n’aurais jamais écrit une ligne sans l’amitié, pas la moindre ligne. L’amitié, c’est ce qui m’a poussé à écrire. » Cette amitié est celle qui le lie à Didier Eribon, mais aussi à Geoffroy de Lagasnerie. Ils sont là, comme toujours, près de lui.
Didier Eribon, le professeur
Le premier, 65 ans, qui fut l’ami de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu, est sociologue, connu en France et à l’étranger pour son Retour à Reims, formidable coming out social. Le second,...





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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.
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Catherine Meurisse se remet au vert

[Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            


Le 7 janvier 2015, Catherine Meurisse était arrivée en retard rue Nicolas-Appert, à Paris, à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Ayant ainsi échappé aux balles des frères Kouachi, mais pas indemne pour autant, la caricaturiste a entrepris depuis une forme de convalescence qui passe par l’abandon du dessin de presse pour l’écriture exclusive d’albums de bande dessinée.
Le prochain, Les Grands Espaces (Dargaud, attendu en librairie le 21 septembre), s’inscrit dans le droit fil du précédent, La Légèreté (Dargaud, 2016), qui avait valu à son auteure une pluie d’éloges. Catherine Meurisse y racontait comment, après une telle tragédie, rester debout et retrouver la mémoire – du « beau », notamment –, que la violence du choc avait fait disparaître en elle.

Trait spontané
Ce travail mémoriel est également au cœur des Grands Espaces, album de souvenirs d’enfance ayant pour décor les Deux-Sèvres, où ses parents se sont installés au tournant des années 1980. Fidèle à son trait spontané, qui baguenaude du côté de Bretécher et de Reiser, la dessinatrice relate les découvertes et les émois d’une vie au grand air, en compagnie de sa sœur avec qui, toute petite, elle avait créé un « musée », bric-à-brac de clous rouillés et autres trésors trouvés dans les champs.
L’écrivain Pierre Loti (1850-1923), enfant, avait eu la même activité, apprendra-t-elle plus tard, comme elle l’explique en mêlant sa voix d’adulte à celle de la gosse romantique qu’elle croque avec drôlerie et tendresse. Là est la force de l’album : divertir le lecteur sans lui faire sentir le long travail de résilience qu’il représente. « La Légèreté posait la question “qui suis-je ?”. Les Grands Espaces raconte “d’où je viens”. Trois ans après l’attentat, retourner aux sources, à l’enfance, m’est apparu comme une nécessité », confie Catherine Meurisse.
L’évocation du paradis de l’enfance, à grand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Le romancier (auteur de « Petit Pays », prix Goncourt des lycéens 2016), chanteur et rappeur, a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lecteur.
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Keskili, Gaël Faye ?

Le romancier (auteur de « Petit Pays », prix Goncourt des lycéens 2016), chanteur et rappeur, a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lecteur.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Un premier souvenir de lecture ?
L’Enfant et la Rivière, d’Henri Bosco (1945).
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
Exterminez toutes ces brutes, du Suédois Sven Lindqvist (Les Arènes, 2007).
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
L’Education sentimentale, de Gustave Flaubert (1869).
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
Chimamanda Ngozi Adichie.
Celui que vous aimez lire mais que vous ne voudriez pas rencontrer ?
Charles Bukowski (1920-1994).
Un livre récent que vous avez envie de lire ?
Underground Railroad, de Colson Whitehead (Albin Michel, 2017).
Le livre qui vous a fait rater votre station ?
Les Latrines, de Makenzy Orcel (Mémoires d’encrier, 2011).
Celui dont vous voudriez être le héros ?
L’Attrape-cœur, de J. D. Salinger (Robert Laffont, 1953).
Celui qui vous réconcilie avec l’existence ?
Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, de Maya Angelou (Belfond, 1990).
Celui que vous avez envie d’offrir à tout le monde ?
Le Buffle au front large, de Fazil Iskander (Complexe, 1990).
Celui qui vous fait rire ?
Mêlée ouverte au Zoulouland, de Tom Sharpe (Sorbier, 1986).
Celui dont vous aimeriez écrire la suite ?
Le Soleil des indépendances, d’Ahmadou Kourouma (Seuil, 1970).
L’auteur que vous aimeriez pouvoir lire dans sa langue ?
Fiodor Dostoïevski.
Les livres que vous voudriez avoir lus avant de mourir ?
Les œuvres complètes de Shakespeare.
Votre endroit préféré pour lire ?
Les transports en commun.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Romans, nouvelles, récits, Mémoires, BD, essais… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 10 août 2018.
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Lectures estivales en bref

Romans, nouvelles, récits, Mémoires, BD, essais… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 10 août 2018.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

                            Florent Georgesco, 
Raphaëlle Leyris, 
                                Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres"), 
                            Florence Courriol-Seita (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Zoé Courtois et 
Frédéric Potet








                        



                                


                            Récit. D’une vague à la suivante
Jours barbares (Barbarian Days. A Surfing Life), de William Finnegan, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frank Reichert, Points, 600 p., 8,90 €.
Quelle que soit l’activité à laquelle il s’apprête à se livrer, un toxicomane se pose toujours la même question : lui laissera-t-elle la possibilité de se procurer sa drogue ? « Accro » aux vagues depuis plus de cinq décennies, William ­Finnegan, 68 ans, s’interroge tous les jours : son emploi du temps et la météo seront-ils compatibles avec une session de surf ? A chaque reportage, ce journaliste du New Yorker se demande si la zone pour laquelle il s’apprête à s’envoler est propice à la pratique de son vice. Avec Jours barbares, qui retrace sa vie à travers le prisme de cette obsession, il livre les Mémoires d’un addict.
Jours barbares s’ouvre en 1966 à Honolulu, où l’enfant découvre que la chasse aux rouleaux est plus qu’un sport : un mode d’être au monde. « J’ai échappé très jeune à ma famille, note-t-il, et le surf a été pour moi une route de l’évasion. » Il ne cessera d’être ce moyen par lequel fausser compagnie à la société, cultiver une forme silencieuse mais obstinée de marginalité. Tout en découvrant le monde.
Jours barbares est aussi fascinant quand il décrit les moments de félicité sur la planche que lorsqu’il dépeint la frustration et l’inconfort qui constituent l’ordinaire d’une vie d’accro. En le lisant, on se dit que le surf a peut-être été une école d’écriture pour l’auteur, lui forgeant un regard qui mêle instinct et analyse, et l’entraînant à combiner vivacité et justesse. Tels seraient en tout cas les secrets du style d’un surfeur. C’est à coup sûr ceux de l’écrivain William ­Finnegan. R. L.

Roman. Un mariage danois
Histoire d’un mariage (Historie om et ektesap), de Geir Gulliksen, traduit du norvégien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ L’artiste (elle est également plasticienne et photographe) d’origine albanaise revient sur ce qui la fait à la fois limpide et opaque, puissante et fragile.
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L’écrivaine Ornela Vorpsi, tout en contraires

L’artiste (elle est également plasticienne et photographe) d’origine albanaise revient sur ce qui la fait à la fois limpide et opaque, puissante et fragile.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Si l’expression n’avait été employée par Ornela Vorpsi, peut-être aurait-on hésité à choisir ces mots-là pour décrire cette belle Albanaise, née en 1968 à Tirana, arrivée en Italie à 21 ans, et installée à Paris depuis 1997. « Je suis devenue une drôle de chose, déclare l’écrivaine, en tentant de se définir. Je ne suis ni française ni italienne. Je ne me sens pas albanaise non plus. L’Italie et la France m’ont chacune pétrie, ce sont des cultures et des langues dans lesquelles j’ai plongé à corps perdu. » Au point d’écrire d’abord cinq livres en italien, publiés en traduction chez Actes Sud, puis de choisir le français pour ses deux romans suivants.
« Une drôle de chose », donc. Romancière en plusieurs langues mais aussi plasticienne de renom, invitée à la Biennale d’architecture de Venise en 2016. A défaut d’identité nationale bien établie, et entre deux périodes de doute, qui la plongent dans des « abîmes existentiels », il lui arrive de vivre « quelques heures heureuses en [s] e disant que le processus créatif est [s] a ­patrie ». Rencontrer Ornela Vorpsi dans le charmant appartement du 3e arrondissement de Paris où elle vit, c’est tout à la fois passer un moment très joyeux, chaleureux et ludique, et écouter une artiste confier sans détour l’inquiétude qui l’étreint, les plaies jamais cicatrisées d’une enfance douloureuse dont toute l’œuvre est hantée.
Sensibilité démesurée
Complexe, contradictoire, volubile et énigmatique, limpide et opaque, visiblement puissante mais à l’évidence fragile, Ornela Vorpsi évoque avec fougue et gourmandise les quatre années d’analyse que son parcours sinueux l’a incitée à entreprendre. Elle peut, dans le même temps, tresser une couronne de lauriers à son psychanalyste et se décréter irrémédiablement « inanalysable ». « La psychanalyse ne marche pas avec moi, affirme-t-elle. J’aurais bien aimé que cela me rende moins...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Ce livre est bien plus que la chronique judiciaire du procès O.J. Simpson (1994-1997). La plume de « Vanity Fair » signe là en effet une féroce chronique sociale.
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« Une autre ville que la mienne » : Dominick Dunne accuse Los Angeles

Ce livre est bien plus que la chronique judiciaire du procès O.J. Simpson (1994-1997). La plume de « Vanity Fair » signe là en effet une féroce chronique sociale.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h48
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

L’écrivain américain Dominick Dunne (1925-2009) était le frère de John Gregory Dunne, l’auteur de Sanglantes confidences (Gallimard, 1993), polar crapuleux, et le beau-frère de Joan Didion. Ce qui serait anecdotique s’il n’existait entre eux, mieux qu’une parenté, une famille d’esprit. A l’image de leurs amis Truman Capote et Tom Wolfe, tous trois appartiennent au « new journalism », aussi dénommé « journalisme littéraire » ou « littérature du réel ». Joan ­Didion, qui a couvert les procès de la secte de Charles Manson (1970-1971) et de Patti Hearst (1976), a toujours considéré les faits divers comme des secousses existentielles, des points de bascule historique.
L’affaire O.J. Simpson (1994-1997) fut l’un de ces vortex qui ébranlèrent les Etats-Unis. De la Ford blanche de l’ex-footballeur star des Buffalo Bills pourchassée par la police à l’acquittement au pénal, elle passionna et divisa le pays. Accrédité à son procès par le magazine Vanity Fair, dont il est devenu un fidèle collaborateur, Dominick Dunne est aux premières loges côté cour et côté ville. Ami de Nancy Reagan, de Lady Di, d’Elizabeth Taylor et de Jack Nicholson, il a pris ses quartiers au Château Marmont, hôtel des stars, et a ses entrées partout : au prétoire, à Bel-Air, à Beverly Hills. Une autre ville que la mienne est son récit du procès Simpson.
A Hollywood, tous ont quelque chose à raconter sur le suspect
Il ne néglige aucune piste, autrement dit aucune invitation à dîner susceptible de jeter un éclairage sur les protagonistes de l’affaire. Il attire les confidences des maîtresses de maison comme des maîtres d’hôtel, des procureurs et des avocats. Car, à Hollywood, tous ont quelque chose à raconter sur le suspect et la victime, Nicole Brown, qu’ils ont fatalement croisés avant le drame.
Accrédité au procès Simpson par le magazine « Vanity Fair », l’écrivain est aux premières loges. Ami de Nancy Reagan, de Lady Di, d’Elizabeth Taylor...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Marc Semo, chargé des questions diplomatiques au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Sept livres pour comprendre les relations internationales, par Marc Semo

Marc Semo, chargé des questions diplomatiques au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 09h42
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Athènes contre Sparte, la première guerre
Ce fut le premier conflit total de l’histoire. Un bain de sang long de vingt-sept ans, opposant Athènes, empire maritime commercial et démocratique, à Sparte, empire terrien et oligarchique, jusqu’à l’écrasement final de la première en 404 avant J.-C. Vieux de près de 2 500 ans, ce suicide du monde grec, raconté par Thucydide, premier historien du politique avec son Histoire de la guerre du Péloponnèse (fin du Ve siècle av. J.-C.), n’en continue pas moins de questionner les spécialistes des relations internationales pour ses évidentes résonances avec la guerre civile européenne qui, de 1914 à 1945, voire 1989 sous d’autres formes, ravagea le Vieux Continent. Cette mise en perspective de l’antique et du contemporain est au cœur de La Guerre du Péloponnèse (2005), de l’historien américain Victor Davis Hanson, qui s’appuie bien entendu sur Thucydide : « Ce fut un conflit opposant deux superpuissances, une guerre faisant appel à la terreur, une guerre sale dans le tiers-monde hellénique qui avait pour objectif d’imposer par la force la démocratie à des cités parfois récalcitrantes. »

« La Guerre du Péloponnèse », de Victor Davis Hanson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Ricard, Champs, « Histoire », 588 p., 12,20 €.
La Grande Guerre les yeux fermés
« Ce qui frappe le lecteur du XXIe siècle dans la crise de l’été 1914 est sa modernité brutale », note Christopher Clark, auteur des Somnambules (2012), ouvrage majeur sur le déclenchement du premier conflit mondial. L’assassinat à Sarajevo, le 28 juin 1914, de l’archiduc d’Autriche et de son épouse aboutit à la guerre par le jeu des ultimatums et des alliances. Dans cet ouvrage écrit avec souffle, s’appuyant sur une impressionnante maîtrise des archives à Paris, Vienne, Londres, Berlin, Moscou mais aussi Belgrade ou La Haye, l’historien australien raconte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Márcia de Castro et Guy Maurette publient « Perles de troc… » qui retrace mille ans d’échanges, parfois sordides. Ils exposent, en août, leur collection de cinq mille perles.
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Derrière l’histoire des perles de verre, celle du négoce

Márcia de Castro et Guy Maurette publient « Perles de troc… » qui retrace mille ans d’échanges, parfois sordides. Ils exposent, en août, leur collection de cinq mille perles.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 19h00
    |

                            Bruno Lantéri








                        



   


« Chaque perle est un joyau de l’humanité, une trace de l’homme depuis l’aube des temps ! » Un livre en version française sur l’histoire des perles de verre manquait dans la bibliothèque, « pourtant bien fournie », de l’appartement parisien du couple Márcia de Castro et Guy Maurette. Ils l’ont donc créé, avec l’aide de la graphiste Laura Olive, et viennent de le publier : Perles de troc, african trade beads – VIIe-milieu du XXe siècle (éd. La Traversée des arts).
Riches d’une collection de cinq mille perles que Márcia de Castro et Guy Maurette se sont constituée dès 1991, au fil de leurs voyages sur le continent africain, ces deux esthètes (il a été responsable de centres culturels, elle est comédienne) ont souhaité partager leur passion pour cet objet de décoration, de commerce, voire de trafic.
A cette même fin, ils présentent régulièrement en France leur « trésor », ainsi que leur production de bijoux, sous la forme d’expositions didactiques. Ces dernières seront visibles dans le cadre de leur musée itinérant de la perle ancienne en France (Mipaf), du 9 au 12 août, à l’occasion de la 25e édition du Festival international du verre de Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales) ; puis du 23 au 25 août, lors de la première édition du Festival de la perle de verre, à Asnières-sur-Vègre (Sarthe).
Quatre mille ans
Perles à chevrons, à cœur blanc ou jaune, Nueva Cadiz, millefiori, french ambassador… elles ont traversé les siècles, suivant les modes et l’usage que les civilisations leur attribuaient. Le verre est né en Mésopotamie il y a quatre mille ans. D’un siècle à un autre, de région en région, le livre nous apprend que les perles conçues dans le pourtour méditerranéen islamisé – principalement en Egypte et dans les pays du Levant – servaient déjà de monnaie d’échange pour de nombreux négoces en Afrique. En Europe, à partir du XVe siècle, les perles de verre étaient créées en Italie (Venise), aux Pays-Bas (Amsterdam), en Allemagne (Idar-Oberstein), en Bohème et en Moravie.
En France, le village de Briare, dans le Loiret, a été pendant près d’un siècle (1864-1970) une place incontournable sur le marché mondial de la perle. L’industriel Jean-Félix Bapterosses y rachète en 1851 une faïencerie, baptisée les « Emaux de Briare » par la suite, et invente une machine capable de produire par moulage cinq cents boutons ou perles en série, industrialisant leur fabrication.

   


Pacotille contre esclaves
Surtout, le livre revient sur le rôle économique essentiel des perles, dès l’Antiquité. Puis, au XVe siècle, les Vénitiens leur redonnent vie après des siècles d’oubli : les perles serviront au troc, entre autres, de l’or et de l’ivoire. « Après la crise de Constantinople, en 1453, par les troupes ottomanes, Venise devient la capitale mondiale du verre et de la perle grâce à des productions raffinées. Les perles de verre accompagnent les explorateurs, les missionnaires et les commerçants qui sillonnent les nouvelles terres américaines et africaines. (…) Autant de cadeaux offerts lors des rencontres et des échanges. »
Mais, du XVIe au XIXe siècle, les perles de verre ont aussi servi de monnaie d’échange dans le cadre de la traite négrière. Celles que l’on appelait « verroteries » comptaient parmi les objets de pacotille utilisés lors du commerce triangulaire – Europe-Afrique-Amériques (ou traite atlantique). Ainsi, « pendant plus de trois siècles, des milliers de navires armés dans les grands ports européens partiront de Liverpool, Londres, Amsterdam, Nantes, Bordeaux et La Rochelle pour aller sur les côtes africaines troquer des objets de pacotille, dont de la verroterie, contre des esclaves. Traversant l’Atlantique, des millions de captifs seront transportés vers le Brésil, les Antilles et l’Amérique du Nord (…) et serviront de main d’œuvre dans les plantations de sucre ou de coton. »
Le livre est aussi, bien sûr, une source d’information sur les différents procédés de fabrication de perles de verre – qu’elles soient enroulées, étirées, soufflées ou moulées-pressées –, et leurs formes ovoïdes, sphériques ou tubulaires. Et si, de nos jours, le marché de la perle ancienne a migré aux Etats-Unis, où elle est désormais l’objet d’études, de collection et de spéculation, en France, de nombreux créateurs et amateurs continuent de perpétuer cette aventure millénaire.

   


Perles de troc, african trade beads – VIIe-milieu du XXe siècle, de Márcia de Castro et Guy Maurette (édition La Traversée des arts, 150 × 201 mm, 72 p., 20 euros), emedeceparis@gmail.com ou librairie Petite Egypte (Paris 2e) 01-47-03-34-30. Expositions : du 9 au 12 août, à la 25e édition du Festival international du verre de Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales) ; puis du 23 au 25 août, lors de la première édition du Festival de la perle de verre, à Asnières-sur-Vègre (Sarthe).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Ecrivains espions, espions écrivains (4/5). Alexandre Kojève (1902-1968), hégélien hors pair et négociateur du gouvernement français, a aussi été « un agent de valeur » des Soviétiques.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/08/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 113)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot



Le Monde
 |    05.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.08.2018 à 07h02
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Une fois par semaine, le jeudi, Emma Bovary quitte son mari pour retrouver son amant Léon dans la capitale de Normandie. Ils y louent une chambre dans un hôtel en bord de Seine, puis dans une ruelle plus discrète.
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Un roman, un hôtel : à Rouen, la chambre des amants de Flaubert


                      Une fois par semaine, le jeudi, Emma Bovary quitte son mari pour retrouver son amant Léon dans la capitale de Normandie. Ils y louent une chambre dans un hôtel en bord de Seine, puis dans une ruelle plus discrète.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 14h33
    |

                            Colombe Schneck








   


Quand Emma Bovary et son amant Léon se retrouvent pour la première fois, tous les deux, à Rouen, « ce furent trois jours pleins, exquis, splendides, une vraie lune de miel. Ils étaient à l’Hôtel de Boulogne sur le port ».
A Rouen, sur le bord de la Seine, de nombreux hôtels proposent des chambres avec vue sur le fleuve. Celui de la chaîne Kyriad, dont la façade date du XIXe siècle, pourrait ressembler à l’Hôtel de Boulogne décrit dans Madame Bovary (1857). « Ils vivaient là, volets fermés, portes closes, avec des fleurs par terre et des sirops à la glace, qu’on leur apportait dès le matin », écrit Gustave Flaubert (1821-1880).
L’intérieur du Kyriad est assez impersonnel, et les chambres n’incitent pas forcément à y rester des journées entières. Ce n’est qu’une première fois, Emma et Léon vont prendre des habitudes. Une fois par semaine, le jeudi, Emma quitte son mari pour retrouver son amant à Rouen.
Chambre bourgeoise
Ce n’est plus l’hôtel du port mais une adresse plus discrète, située dans le quartier du théâtre. « Comme ils aimaient cette bonne chambre pleine de gaieté, malgré sa splendeur un peu fanée. » Le lit en forme de nacelle est d’acajou, les rideaux sont de levantine rouge, le tapis est « discret », les ornements, « folâtres », des candélabres et de grandes coquilles roses où l’on peut entendre la mer sont posés sur la cheminée. « Ils disaient notre chambre, notre tapis, nos fauteuils. » Une chambre bourgeoise, simple, discrète, où le temps semble s’être arrêté. Emma et Léon croient être là pour toujours.
On peut trouver ce genre de chambre à l’Hôtel de Bourgtheroulde, dans le quartier de la cathédrale. Un ancien hôtel particulier Renaissance, construit pour la famille Le Roux entre 1499 et 1532 – il a été depuis remanié, détruit, reconstruit et transformé en cinq-étoiles au XXe siècle. Il conserve quelques décorations gothiques qui peuvent faire rêver ceux qui aiment les contes de fées qui se terminent mal. Les chambres sont vastes, certaines mansardées, avec des boiseries sur les murs. Les rideaux sont rouges, pas de tapis « discret », mais de la moquette rouge, et l’on peut certainement qualifier les ornements de « folâtres ».

        Lire aussi :
         

                Un roman, un hôtel : James Baldwin dans de beaux draps à Paris






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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Lorsque au printemps, des scientifiques annoncent l’effondrement des populations d’oiseaux en France, l’écrivain français est anéanti. Son dernier ouvrage « Le Traquet kurde », paru en janvier, a justement pour trame la traque d’une espèce rare, au Proche-Orient.
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Jean Rolin à la poursuite des oiseaux, avant disparition


                      Lorsque au printemps, des scientifiques annoncent l’effondrement des populations d’oiseaux en France, l’écrivain français est anéanti. Son dernier ouvrage « Le Traquet kurde », paru en janvier, a justement pour trame la traque d’une espèce rare, au Proche-Orient.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 14h32
 • Mis à jour le
05.08.2018 à 06h28
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Excitant, ce rendez-vous au salon de thé de la Grande Mosquée de Paris avec un inconnu qui se prend pour James Bond. En signe de reconnaissance, il aura Le Monde sous le bras. Cette fin d’après-midi brûlante, des rumeurs de médina montent du patio. Des voix, des rires, le bruit des chaises raclées sur les sols de zelliges, on s’entend à peine. Attablé devant son journal, élégant et de noir vêtu, l’homme est déjà là, les yeux au ciel.
« Vous entendez le silence ? » Il observe des martinets qui foncent en piqué sur le minaret. « A cette saison, ils devraient être des milliers. » Et de rares moineaux en train de picorer les miettes de baklava, trop peu nombreux pour se disputer. En Chine, en Turquie, au Liban, à Paris, fini les stridulations, les gazouillis, les piaillements, le silence des oiseaux, dit-il, est assourdissant. James Bond doit se retourner dans sa tombe.
Terrifié par la « rapacité » des hommes, Jean Rolin en admire peu, dont James Bond, le vrai. Ce scientifique américain à la vie aventureuse a épié les oiseaux dans le monde entier avant de pondre une somme.
Jean Rolin, l’individu en noir, a écrit une bonne douzaine d’ouvrages qui parlent tous de voyages et d’oiseaux. Terrifié par la « rapacité » des hommes, il en admire peu, dont James Bond, le vrai (1900-1989). Ce scientifique américain à la vie aventureuse a épié les oiseaux dans le monde entier avant de pondre une somme, A Fields Guide to the Birds of the West Indies. Ce livre s’est retrouvé sur les étagères d’une bibliothèque à la Jamaïque, à Goldeneye, dans la villa paradisiaque de Ian Fleming, bird watcher distingué lui aussi, et écrivain.
Quand il a cherché un nom pour 007, Fleming a piqué celui de l’ornithologue. « Court, peu romantique, anglo-saxon et très masculin, c’est le nom qu’il me fallait », a-t-il confié. S’il n’a jamais touché de royalties, Bond l’ornithologue a connu la gloire par procuration,...




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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Une planche de BD de la rentrée 3|5. « Les Lumières de Niteroi », qui paraît le 9 novembre, mêle chronique sociale et comédie humaine.
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Marcello Quintanilha, le Brésil en eaux troubles

Une planche de BD de la rentrée 3|5. « Les Lumières de Niteroi », qui paraît le 9 novembre, mêle chronique sociale et comédie humaine.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
03.08.2018 à 12h56
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            


Alire l’œuvre de Marcello Quintanilha, on pourrait croire qu’il existe deux sports nationaux au Brésil. Le premier est le football – rien de neuf sous le soleil. Le second la pêche à la dynamite, activité prohibée en raison de sa cruauté et de sa trop grande efficacité. L’album qui l’a fait découvrir en France, Tungstène (Çà et Là, prix du polar à Angoulême en 2016), s’ouvrait déjà sur une scène de pêche à l’explosif, point de départ d’un thriller mettant aux prises une impayable brochette de protagonistes typés de la société brésilienne contemporaine. Dans Les ­Lumières de Niteroi, à paraître le 9 novembre (toujours chez Çà et Là), Quintanilha refait le coup du braconnage halieutique.
Sur une plage de l’Etat de Rio, deux amis observent, au loin, un banc de poissons voler dans le ciel après une explosion. L’exécutant ayant pris la fuite, ils décident d’aller récupérer le butin pour le vendre. Miraculeuse sur le papier, la partie de pêche va vite tourner à la galère, au fil d’un récit mêlant la chronique sociale et la comédie humaine, comme sait si parfaitement le faire le dessinateur brésilien.
Un rien, un regard de travers par exemple, peut suffire à faire sortir de ses gonds un personnage
L’un de ses deux larrons est un bossu râleur ; l’autre un footballeur professionnel qui doit jouer un match important le lendemain avec son nouveau club, dans la ville de Niteroi. Hélcio a tout du joueur atypique. Défenseur porté sur l’attaque et obsédé par le dribble, il ne supporte pas le climat délétère qui plane au-dessus d’un sport cristallisant mille enjeux.
L’action a lieu dans les années 1950, le propre père de Marcello Quintanilha entame alors une courte carrière de footballeur dans un club professionnel de seconde zone. L’auteur a injecté les anecdotes paternelles dans ce récit trop rocambolesque pour être totalement véridique. « Je crois avec force à la puissance de la fiction, confie-t-il. Une fois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Deux livres reviennent sur des affaires de possession, entre scepticisme et mystère.
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Histoire. Le diable entre au couvent

Deux livres reviennent sur des affaires de possession, entre scepticisme et mystère.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h33
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Une affaire de possession au XVIIe siècle. Les religieuses d’Auxonne (1658-1663), de Benoît Garnot, Imago, 208 p., 20 €. Esprits et démons. Histoire des phénomènes d’hystérie collective, d’Yves-Marie Bercé, Vuibert, 288 p., 21,90 €.

Vers 1660, les ursulines du couvent d’Auxonne, près de Dijon, récitaient parfois d’étranges invocations, telle cette sœur s’adressant au démon Asmodée : « Mon cœur mon amour, viens ici, c’est tout ce que j’ai de plus cher que tout, viens ici pour commettre des actions impures sur moi. » Dans Une affaire de possession au XVIIe siècle, Benoît Garnot, spécialiste de la justice sous l’Ancien ­Régime, raconte, à partir d’un remarquable travail d’archive, les six années, entre 1658 et 1663, durant lesquelles des dizaines de jeunes religieuses, puis de laïques du bourg, subirent, selon leurs dires, un assaut permanent des « forces du monde invisible ».
Avaler des « sorts »
La foi était laminée, s’inversait en désespoir ; des corps « fantastiques », ou réels, se glissaient dans les lits ; face aux objets du culte, les possédées juraient, blasphémaient, revendiquaient la haine et l’enfer. Il y avait, disaient les sœurs, une sorcière parmi elles, Barbe Buvée, leur aînée, qu’elles accusaient de leur avoir fait avaler des « sorts » :de petits cailloux mélangés à leur nourriture, où se nichaient les diables. Posséder quelqu’un, c’est pénétrer des organes ; rien ne se fait, en l’espèce, sans contact direct. C’est un des aspects les plus passionnants du livre, qu’il permette de voir d’aussi près la circulation de matières, le remuement d’organes, la percussion des corps que représente la possession.
Mais que voit-on lorsqu’on voit des démons s’agiter ? Le débat est vif, quand il s’agit, pour les autorités religieuses et politiques, de trancher sur la nature de ces cas. Benoît Garnot montre que l’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 3 août 2018.
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Livres de l’été en bref

Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 3 août 2018.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.08.2018 à 11h54
    |

            Pauline Croquet, 
Frédéric Potet, 
Nicolas Weill, 
                                Florent Georgesco, 
Raphaëlle Leyris, 
                                Marine Desquand, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres") et 
                            Macha Séry








                        



                                


                            Roman. Tout pour réussir
Déposer glaive et bouclier (traduit de ­l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis, Rivages/noir, 334 p., 7,90 €)

Paru initialement aux Etats-Unis en 1971, Déposer glaive et bouclier (traduit de ­l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis, Rivages/noir, 334 p., 7,90 €), le troisième roman du grand maître américain James Lee Burke, aujourd’hui âgé de 81 ans, fut le premier à mettre en scène l’arrière-petit-fils de Son Holland, le héros de Texas Forever(1982 ; Rivages, 2013). L’avocat Hack Holland réapparaîtra en effet dans Dieux de la pluie (2009) et La Fête des fous (2011), simultanément réédités en poche.
Ce vétéran de la guerre de Corée, au cours de laquelle il a passé trente-deux mois dans d’inhumains camps de prisonniers, a tout pour réussir : une prospère carrière de pénaliste, un patronyme respecté dans la région, une immense propriété héritée de sa famille, une épouse ambitieuse dévouée à sa candidature au ­Congrès, des soutiens haut placés chez les démocrates.
Toutefois, l’homme a deux défauts : il boit trop et il est honnête. Rétif aux mondanités, il néglige sa campagne électorale pour porter secours à un camarade de guerre latino condamné aux travaux forcés – il s’est prétendument rebellé contre les forces de l’ordre. Au Texas, le Ku Klux Klan s’oppose à la lutte pour les droits civiques, les shérifs frappent sans vergogne et les politiciens, ­quoique progressistes, cherchent avant tout à préserver leurs in­térêts et ceux des compagnies pétrolières.
Au-delà de cette dimension ­sociopolitique, Déposer glaive et bouclier enchante par le talent de naturaliste et de coloriste de ­James Lee Burke. Macha Séry
Roman. Légende familiale
Le Fils de l’Inde, de Sylvie Crossman,Seuil, 288 p., 19 €.
De la Turquie de 2010 à l’Inde ­britannique des années 1910, Sylvie Crossman remonte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Portrait de la philosophe en lectrice. Elle est présidente du Collège international de philosophie, et académicienne depuis mai.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
      

Keskèli, Barbara Cassin ?

Portrait de la philosophe en lectrice. Elle est présidente du Collège international de philosophie, et académicienne depuis mai.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h13
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Un premier souvenir de lecture ?
« Viens, j’ai des fruits d’or, j’ai des roses, j’en remplirai tes petits bras, je te dirai de douces choses et peut-être tu souriras » : ma mère m’apprenant à lire dans un livre de poèmes qui commençait par cette phrase de Victor Hugo (issue de « Dieu est toujours là », dans Les Voix intérieures, 1837).
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
Rencontré au moment où il était inconnu : Liens de famille, de Clarice Lispector (Des femmes, 1989).
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
Voyage au bout de la nuit, de Céline (Denoël, 1932).
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
J. M. Coetzee.
Celui que vous aimeriez lire mais que vous n’aimeriez pas rencontrer ?
Georges Simenon.
Un livre récent que vous avez envie de lire ?
Quand sort la recluse, de Fred Vargas (Flammarion, 2017).
Le livre qui vous a fait rater votre station ?
La Panne, de Friedrich Dürrenmatt (Albin Michel, 1958).
Celui dont vous voudriez être le héros ?
L’Odyssée, d’Homère.
Celui qui vous réconcilie avec l’existence ?
Métaphysique, d’Aristote (IVe siècle av. J.-C.).
Celui que vous avez envie d’offrir à tout le monde ?
Journal de pensée (1950-1973), de Hannah Arendt (Seuil, 2005).
Celui qui vous fait rire ?
La Foire aux immortels, d’Enki Bilal (Dargaud, 1980).
Celui dont vous aimeriez écrire la suite ?
La tragédie Hélène, d’Euripide (412 av. J.-C.).
Les livres que vous aimeriez pouvoir lire en version originale ?
La Bible en hébreu et le Coran en arabe.
Le livre que vous voudriez avoir lu avant de mourir ?
Celui que mon père n’a pas écrit.
Votre endroit préféré pour lire ?
Sur un muret au soleil devant la mer.
Dernier ouvrage paru : Eloge de la traduction. Compliquer l’universel (Fayard, 2016).



                            


                        

                        

