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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le navire « Aquarius », affrété par SOS Méditerranée et opéré en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), faisait route dimanche vers l’Europe.
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L’« Aquarius », avec 141 personnes à bord, de nouveau en quête d’un port d’accueil en Méditerranée

Le navire « Aquarius », affrété par SOS Méditerranée et opéré en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), faisait route dimanche vers l’Europe.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 18h26
   





                        



   


Il demande à l’Europe de désigner « de toute urgence le lieu sûr le plus proche, comme le prévoit le droit maritime international ». Le navire Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et opéré en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), faisait route dimanche vers l’Europe après avoir secouru vendredi 141 personnes au large des côtes libyennes. Le navire n’a pour l’heure reçu aucune confirmation d’un port où accoster, ont annoncé les organisations humanitaires dans un communiqué.
Selon l’équipe de l’Aquarius, le Centre conjoint de coordination des secours (JRCC) libyen a confirmé être l’autorité chargée de la coordination des sauvetages, mais a informé qu’il n’indiquerait pas au navire de lieu sûr de débarquement.

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Les mettre « à l’abri d’abus »
« Nous suivons les dernières instructions du JRCC et allons contacter d’autres RCC (Centres de coordination de sauvetage) afin qu’un lieu sûr nous soit désigné pour débarquer les 141 rescapés », a précisé le coordinateur des secours pour SOS Méditerranée, Nick Romaniuk.
« L’essentiel est que les rescapés soient débarqués sans délai dans un lieu sûr, où leurs besoins fondamentaux soient respectés et où ils seront à l’abri d’abus. »
Le navire humanitaire est devenu le symbole de la crise européenne sur le dossier des migrants. Il s’agit de sa première mission depuis le refus de l’Italie et de Malte de le laisser accoster en juin avec quelque 600 migrants à bord. Le navire avait dû passer neuf jours en mer avant de pouvoir débarquer les rescapés en Espagne. Cet épisode avait eu des répercussions dans toute l’Union européenne, creusant le fossé entre les partisans d’une ligne dure face à la question migratoire et les défenseurs d’une solution européenne et coopérative.

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L’équipage a précisé avant de partir la semaine dernière pour sa dixième mission de l’année qu’il ne renverrait pas de migrants en Libye, le pays n’étant pas considéré comme un refuge sûr. « Les gouvernements européens ont concentré tous leurs efforts à la création d’un JRCC en Libye, mais les événements de vendredi illustrent bien l’incapacité de ce dernier à coordonner intégralement une opération », a souligné le coordonnateur de MSF à bord de l’Aquarius, Aloys Vimard.
SOS Méditerranée et MSF exhortent « une nouvelle fois tous les gouvernements européens ainsi que les autorités maritimes compétentes à reconnaître la gravité de la crise humanitaire qui sévit en Méditerranée, à garantir un accès rapide à des lieux sûrs où débarquer les rescapés et à faciliter plutôt qu’entraver le déploiement d’une assistance humanitaire essentielle en Méditerranée centrale ».

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720 morts en juin et juillet
L’Aquarius est désormais l’un des deux derniers navires humanitaires de recherche et sauvetage présents en Méditerranée centrale. Sous la pression de l’Italie et de Malte, la plupart des navires humanitaires ne patrouillent plus au large des côtes libyennes.
Quelque 720 personnes sont mortes en juin et juillet lorsque les navires des ONG étaient pour la plupart absents du secteur, selon Amnesty International. SOS Méditerranée estime pour sa part que plus de 15 000 personnes sont mortes noyées en quatre ans en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Plus de 650 000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis 2014.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Un homme est dans un état grave mais stable et neuf autres personnes, dont deux enfants, ont été blessées par des plombs.
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Dix blessés dans une fusillade à Manchester, en Angleterre

Un homme est dans un état grave mais stable et neuf autres personnes, dont deux enfants, ont été blessées par des plombs.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 15h29
   





                        



   


Dix personnes, dont deux enfants, ont été hospitalisées après une fusillade à Manchester, dans le nord de l’Angleterre, dans la nuit de samedi à dimanche. La police a été appelée à 2 h 30 dimanche 12 août à Claremont Road, dans le quartier de Moss Side, et a découvert plusieurs personnes blessées.
Un homme est dans un état grave mais stable et neuf autres personnes, dont deux enfants, ont été blessées par des plombs, a précisé la police plus tard dans la matinée. La police espère que les blessés légers pourront quitter l’hôpital dans la journée.
Il y avait une certaine affluence dans le quartier de Moss Side, alors qu’un carnaval des Caraïbes s’était terminé quelques heures plus tôt, a expliqué la police.
« Un acte grave »
Les enquêteurs tentent d’établir exactement où cet incident a eu lieu et qui est responsable. « C’était un acte grave qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques », a déclaré un responsable de la police, Wasim Chaudhry.
Manchester avait été frappé par un attentat le 22 mai 2017, perprétré par un Britannique d’origine libyenne de 22 ans qui avait déclenché un engin explosif à la sortie d’un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande à la Manchester Arena. Vingt-deux personnes sont mortes dans cet attentat et une centaine de spectateurs ont été blessés. La plus jeune victime, Saffie Roussos, avait 8 ans.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Après plus de deux décennies de tractations, la Russie, l’Iran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan établissent des règles pour exploiter le plus grand lac salé du monde.
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La mer Caspienne au cœur d’un accord historique

Après plus de deux décennies de tractations, la Russie, l’Iran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan établissent des règles pour exploiter le plus grand lac salé du monde.



Le Monde
 |    12.08.2018 à 05h12
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 13h44
   





                        



   


C’est l’épilogue de plus de vingt ans d’éprouvantes négociations avec pour enjeux pétrole, gaz et caviar. Les chefs d’Etat de la Russie, de l’Iran, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan ont signé dimanche 12 août un accord historique définissant le statut de la mer Caspienne.
Réunis dans le port kazakh d’Aktaou, les cinq pays qui bordent la Caspienne se sont mis d’accord sur le statut de cette étendue d’eau, en plein vide juridique depuis la dissolution de l’Union soviétique.
Le nouvel accord ne devrait pas mettre fin à toutes les disputes qui touchent à cette mer fermée, la plus grande du monde. Il devrait néanmoins aider à apaiser les tensions existant de longue date dans la région, qui recèle de vastes réserves d’hydrocarbures, estimées à près de 50 milliards de barils de pétrole et près de 300 000 milliards m3 de gaz naturel.
« Nous pouvons dire qu’un consensus sur le statut de la mer a été difficile à atteindre et qu’il a pris du temps, les pourparlers se sont échelonnés sur vingt ans et ont nécessité des efforts importants et conjoints des parties impliquées », avait plus tôt déclaré le président kazakh et hôte de la cérémonie, Noursoultan Nazarbaïev.
Le président russe, Vladimir Poutine, a salué une convention dont la « signification fera époque » et plaidé pour une plus grande coopération militaire pour les pays de la mer Caspienne.
Partage des ressources
Selon le Kremlin, l’accord préserve la plus grande partie de la Caspienne en tant que zone partagée, mais partage entre les cinq pays les fonds marins et les ressources sous-marines. Selon le vice-ministre russe des affaires étrangères, Grigori Karassine, la Caspienne bénéficiera d’un « statut légal spécial » : ni mer, ni lac, qui ont tous deux leur propre législation en droit international.
Le sommet de dimanche à Aktaou au Kazakhstan est le cinquième du genre depuis 2002, tandis que se sont tenues plus de cinquante réunions ministérielles et techniques depuis la dissolution de l’URSS, qui a placé quatre nouveaux pays sur les rives de la Caspienne.
Si cet accord va « étendre les possibilités de coopération » entre les cinq Etats bordant la Caspienne, certains pays risquent d’en sortir davantage gagnants que d’autres, selon Ilham Shaban, président du groupe de réflexion Caspian Barrel.

   


Le Turkménistan, l’un des pays les plus fermés de la planète, a ainsi proclamé le 12 août « Journée de la mer Caspienne » en l’honneur de l’accord, affichant ainsi son enthousiasme. Ce pays d’Asie centrale riche en hydrocarbures espère notamment pouvoir installer au fond de la Caspienne des pipelines sous-marins pour lui permettre d’exporter son gaz vers les marchés européens via l’Azerbaïdjan.
Régime de quotas pour la pêche de bélugas
Ce projet, estimé à 5 milliards de dollars, avait auparavant rencontré l’opposition des autres pays de la région. Il pourrait encore être contesté par Moscou et Téhéran pour des raisons environnementales. En tant qu’anciens maîtres de la Caspienne, la Russie et l’Iran pourraient être les grands perdants de cet accord historique.
Si la Russie a dû céder sur un certain nombre de sujets, « elle gagne des bons points pour avoir fait sortir une situation de l’impasse » et renforcé son image de pays producteur d’accords diplomatiques, relève John Roberts, analyste collaborant avec l’Atlantic Council. De plus, l’accord devrait asseoir la prédominance militaire russe dans la région en interdisant à des pays tiers de disposer de bases militaires sur la Caspienne.
L’Iran, pour sa part, pourrait profiter de la clarté apportée par le texte pour lancer des projets communs avec l’Azerbaïdjan. La République islamique a eu recours par le passé à des manœuvres navales hostiles pour défendre ses prétentions dans la Caspienne.
Au-delà des considérations économiques et militaires, l’accord donne espoir pour la préservation de la diversité écologique de la région. Les populations de béluga, dont les œufs sont appréciés dans le monde entier en tant que caviar, pourront désormais se multiplier grâce à un « régime de quotas clair et commun pour les eaux de la Caspienne », selon M. Roberts.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Quelque 30 000 Roumains ont exprimé leur colère après les « excès » des forces de l’ordre ayant entaché la manifestation de la veille.
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Les Roumains à nouveau dans la rue contre le gouvernement

Quelque 30 000 Roumains ont exprimé leur colère après les « excès » des forces de l’ordre ayant entaché la manifestation de la veille.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 22h29
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 08h42
   





                        



   


« A bas le gouvernement ! » et « Justice, pas corruption ! ». Quelque 30 000 Roumains sont de nouveau descendus dans la rue, samedi 11 août à Bucarest, demandant la démission du gouvernement de gauche et exprimant leur colère après les « excès » des forces de l’ordre ayant entaché la manifestation de la veille. Les manifestants ont défilé samedi sous le regard des membres des forces de l’ordre, beaucoup moins nombreux que la veille.
Des milliers de personnes ont également manifesté dans plusieurs autres grandes villes, dont Sibiu (centre) et Timisoara (ouest), scandant « Voleurs ! » et « Unis, nous sauverons la Roumanie ! », selon les médias.
« Intervention brutale et disproportionnée »
Vendredi, ils étaient environ 80 000 à demander la démission du gouvernement social-démocrate de Viorica Dancila, l’accusant de « corruption » et de vouloir « contrôler la justice ». Des échauffourées, opposant quelques dizaines de hooligans aux forces de l’ordre, avaient fait plus 450 blessés, dont une trentaine de gendarmes.
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné ces violences et demandé des « clarifications » sur les circonstances dans lesquelles plusieurs journalistes, dont un travaillant pour la télévision publique autrichienne ORF, ont été blessés. « La liberté d’expression et la liberté de la presse sont des libertés fondamentales de l’Union européenne (...) qui doivent être protégées de manière inconditionnelle », a souligné sur Twitter M. Kurz, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.
Le président roumain de centre droit Klaus Iohannis, en conflit ouvert avec la majorité parlementaire de gauche, a fustigé « l’intervention brutale et disproportionnée » des forces de l’ordre et demandé au parquet général d’ouvrir une enquête. Il a reproché dans la foulée au gouvernement d’« œuvrer contre les intérêts des citoyens », accusant les responsables du parti social-démocrate (PSD, au pouvoir) de « mener le pays vers le chaos et le désordre ».

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Mise directement en cause, la ministre de l’intérieur, Carmen Dan, a assuré que les gendarmes avaient agi en respectant la loi pour « défendre les institutions de l’Etat ». Malgré ses explications, des questions restaient en suspens sur l’intervention des forces de l’ordre, qui avaient commencé à faire usage de gaz poivre et lacrymogène avant même les premiers incidents provoqués par des hooligans.
Le PSD vivement critiqué
La Roumanie est le théâtre de manifestations régulières depuis un an et demi, avec un pic d’un demi-million de personnes dans la rue en février 2017. Aucun incident violent n’a jusqu’à présent été enregistré.
Depuis son retour au pouvoir fin 2016, le PSD a lancé une vaste réforme de la justice qui menace l’indépendance des magistrats et vise à permettre à des responsables politiques d’échapper aux poursuites, selon ses détracteurs. Adoptée en plusieurs volets, cette réforme a suscité les critiques de la Commission européenne et provoqué une vague de contestation d’une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989.

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Environ quatre millions de Roumains – sur une population totale de 20 millions – ont émigré ces quinze dernières années, à la recherche d’une vie meilleure. En 2017, ils ont envoyé à leurs familles 4,3 milliards d’euros, soit près de 2,5 % du produit intérieur brut de la Roumanie, l’un des pays les plus pauvres de l’Union européenne, où le salaire moyen s’élève à 520 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Alors que onze personnes ont trouvé la mort en festival en raison de leur consommation de drogues ces deux dernières années, l’ONG The Loop tente de prévenir les risques en conseillant les jeunes fêtards.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Face au nombre d’accidents mortels, une association propose cet été d’analyser des drogues apportées par des consommateurs dans plus de dix festivals.
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Tester la drogue des festivaliers, une autre approche au Royaume-Uni pour réduire les risques

Face au nombre d’accidents mortels, une association propose cet été d’analyser des drogues apportées par des consommateurs dans plus de dix festivals.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 06h43
    |

            Romain Geoffroy (East Lulworth (Royaume-Uni), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche. En entrant sous le chapiteau blanc situé derrière une scène du Bestival, festival de musique organisé à East Lulworth, dans le sud de l’Angleterre, Libby a du mal à camoufler son stress. Elle sort un pochon en plastique de son sac, en extrait une minuscule pilule bleue, la fait craquer entre ses doigts et en dépose une petite partie dans une boîte aux lettres. Cet échantillon d’ecstasy, elle comptait le consommer avec une amie pour s’amuser. Elle décide finalement de le remettre aux bénévoles de l’association The Loop, une ONG britannique qui propose de tester la composition des drogues des festivaliers. C’est la première fois en quinze ans d’existence que Bestival l’accueille. 
Les tests sont toujours anonymes et gratuits. « Sur le sachet de l’échantillon qu’ils nous remettent, ils doivent uniquement préciser quelle drogue c’est censé être, s’ils l’ont déjà essayée et s’ils ont l’impression que les effets étaient similaires à ceux attendus ou pas », explique Guy Jones, chimiste en chef au sein de l’association. Un bout de papier comportant un numéro est mis dans le sachet, le talon est gardé par l’usager. Le contenu de la boîte aux lettres est transporté derrière la tente, à trois mètres de là, dans un laboratoire scientifique installé dans un préfabriqué.
Moins d’une heure plus tard, munie de son coupon, Libby et son amie Rose se présentent à nouveau à l’accueil de la tente. Leurs résultats sont prêts. Dans un recoin, Becks invite les deux filles de 19 ans à s’asseoir. Paillettes sur le visage, fausses oreilles de chat sur la tête, la bénévole mène un entretien détendu avec les jeunes fêtardes :
« Avez-vous consommé des drogues dans l’année ? 
– Oui 
– De la cocaïne ?
– Il y a deux mois 
– De la kétamine ?
– Il y a un mois
– De l’ecstasy ? 
– Hier
– De l’héroïne ?
–...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans les îles de Rousski et de Oktiabrski.
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La Russie veut créer des paradis fiscaux

Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans les îles de Rousski et de Oktiabrski.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 06h41
    |

                            Intérim (Moscou)








                        



                                


                            

Le 26 juillet, le Parlement russe a adopté en troisième lecture un projet de loi visant à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore en Russie. La première sera créée sur l’île Rousski, en face de la ville de Vladivostok dans l’Extrême-Orient russe, la seconde sur l’île Oktiabrski dans l’enclave de Kaliningrad. Ces zones présenteront toutes les caractéristiques d’une juridiction offshore : régime fiscal simplifié, avec une imposition portant uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé en Russie ; opacité de la structure et de son bénéficiaire réel, dont l’identité ne pourra être révélée que sur demande des services de police ; mais aussi quelques spécificités adaptées au monde des affaires en Russie, en particulier un assouplissement du très strict système de contrôle des changes.
Il sera possible (…) de mener des opérations en devises étrangères sans restriction
Il sera possible, pour une entreprise établie dans l’une de ces deux zones, de mener des opérations en devises étrangères sans restriction. En contrepartie, les entreprises admises dans ces paradis fiscaux à la russe devront investir un montant minimum de 100 millions de roubles par an (environ 1,3 million d’euros) dans le pays.
Objectif avoué de la manœuvre : faciliter le rapatriement en Russie des fonds des oligarques russes frappés par les derniers trains de sanctions américaines, au mois d’avril. Le gouvernement russe avait annoncé des mesures pour soutenir les personnes touchées, en particulier Oleg Deripaska et Viktor Vekselberg, deux proches du président Vladimir Poutine. Les nouvelles juridictions offshore russes pourront accueillir leurs sociétés basées à l’étranger tout en conservant leur forme juridique et leurs avantages fiscaux.
Echapper à l’imposition
Cet objectif dicte une autre spécificité de ces nouveaux offshore russes : seules les entités étrangères seront autorisées à s’y installer. Les exilés fiscaux russes y sont les bienvenus pour rapatrier leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.
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Les magasins britanniques dans la tourmente

En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 11h10
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La litanie des faillites et des fermetures de magasins continue pour les enseignes britanniques. Mais, cette fois, une icône du commerce est touchée. House of Fraser, une chaîne de grands magasins vieille de cent soixante-cinq ans, a brièvement déposé le bilan vendredi 10 août, avant de trouver un repreneur en la personne de Mike Ashley, un milliardaire self-made-man. Ce dernier fait une excellente affaire. Il empoche les cinquante-neuf magasins du groupe pour 90 millions de livres (101 millions d’euros) et se débarrasse, au passage, du fonds de pension versant les retraites des salariés de l’enseigne, grâce à la procédure judiciaire qui venait de débuter.
Malgré un déclin qui a commencé il y a une vingtaine d’années, House of Fraser reste dans de nombreuses localités britanniques le principal grand magasin de centre-ville. Autour de lui opèrent des rues marchandes et un important écosystème de petits magasins.
Son avenir incertain apparaît comme un symbole des difficultés des enseignes britanniques. Marks & Spencer a récemment annoncé la fermeture d’une centaine de magasins. New Look (vestimentaire), Mothercare (produits pour bébé) et Carpetright (moquettes) ont signé des accords avec leurs créditeurs pour vendre des boutiques afin d’honorer leurs dettes. Les magasins de cartes de vœux Card Factory viennent d’émettre un avertissement sur résultats. En mars, l’enseigne de jouets Toys’R’Us a fermé.

Développement de l’e-commerce
D’autres magasins sont mieux positionnés et prennent partiellement la relève. Mais les fermetures sont plus nombreuses que les ouvertures. « Il y a aujourd’hui 2 500 magasins de moins qu’il y a trois ans [au Royaume-Uni] », relève dans un récent article Helen Dickinson, directrice du British Retail Consortium, l’organisme représentant le secteur. « Les commerces font face à la conjoncture la plus difficile depuis la crise de 2008 », ajoute Paul Souber, analyste à Colliers International,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.
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Les commissaires politiques font leur retour dans l’armée russe

Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 11h45
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le 30 juillet, Vladimir Poutine a signé l’ordre de fondation du GVPU. Hormis quelques revues spécialisées, ce nouvel acronyme n’a pas fait grand bruit en Russie. Pourtant, la nouvelle est de taille. GVPU (prononcer « guévépéou «) signifie « Direction centrale militaro-politique », et la création de cette structure marque le retour de l’un des symboles les plus marquants de l’ère soviétique : les commissaires politiques au sein de l’armée.
Le terme est évocateur, et son histoire chargée. L’institution des commissaires politiques remonte à 1918. Malmenée durant la guerre civile russe, l’Armée rouge est forcée de faire appel à d’anciens officiers tsaristes. Pour s’assurer de leur loyauté, elle les flanque d’officiers politiques chargés de les surveiller de près. L’institution survivra tout au long de l’existence de l’URSS, se transformant progressivement en une sorte de police des mœurs pour les officiers soviétiques, avant de disparaître en 1991.
La filiation du nouvel organe avec l’ancienne institution des commissaires politiques est ouvertement revendiquée par les défenseurs du projet : « Il serait judicieux de former cet organisme politico-idéologique en se basant sur les structures existantes, héritées de l’ancienne direction de l’éducation politique », déclarait en février Alexandre Kanchine, représentant du ministère russe de la défense.
« Il nous faut une approche méthodique de l’éducation patriotique », affirme Viktor Bondarev, sénateur
Pourquoi la Russie s’attache-t-elle à faire revivre un symbole aussi daté ? L’institution des commissaires politiques n’était pourtant pas particulièrement populaire au sein même de l’armée soviétique. Les nouveaux commissaires politiques russes, affirme le ministère de la défense, ne seront pas là pour surveiller leurs camarades : ils seront les premiers au front de la « guerre de l’information », un concept cher aux stratèges russes. 
« La guerre mondiale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.
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La livre turque en pleine débâcle

Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La livre turque a atteint son plus bas niveau historique, vendredi 10 août, perdant près de 20 % de sa valeur face au dollar et à l’euro sur fond de crise diplomatique aiguë entre Ankara et Washington, d’inaction du gouvernement turc et de commentaires vindicatifs du président Recep Tayyip Erdogan, convaincu qu’une « guerre économique » a été déclarée à son pays.
« Ils ont le dollar mais nous avons pour nous notre peuple, le droit et Allah », a-t-il clamé vendredi sous les applaudissements des fidèles alors qu’il sortait de la mosquée à Rize, une ville des bords de la mer Noire d’où sa famille est originaire.
Rejetant la responsabilité de la chute de la monnaie locale sur « le lobby des taux d’intérêt », le chef de l’Etat a exhorté ses concitoyens à « changer les dollars et l’or placés sous les matelas contre des livres [turques] », ce qui est « la meilleure réponse à donner à l’Occident ». « Il s’agit d’une bataille interne, nationale », a-t-il martelé un peu plus tard à Bayburt, une ville du nord -est du pays où il était venu remercier les électeurs d’avoir voté pour lui à 82 % lors de la présidentielle du 24 juin.

Inquiétudes des investisseurs
Vendredi, Berat Albayrak, le nouveau ministre des finances qui est aussi le gendre du président, dévoilait son « nouveau modèle économique ». A peine avait-il commencé à parler que le président américain, Donald Trump, annonçait dans un Tweet « le doublement des droits de douane » sur les exportations d’acier et d’aluminium turcs, les portant respectivement à 50 % et 20 %, au moment où la livre turque « dégringole rapidement face à notre dollar si fort ! » Les Etats-Unis étant un débouché important pour l’acier turc (15 % des exportations totales), la livre a poursuivi sa chute de plus belle après le Tweet trumpien.
Le nouveau programme économique turc, une suite de vœux pieux, n’a pas contribué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.
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Au Royaume-Uni, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012

Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
12.08.2018 à 17h44
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


L’économie britannique peut remercier la météo. Après une croissance de seulement 0,2 % au premier trimestre, à cause d’un épisode neigeux très marqué, celle-ci a rebondi, d’après les données publiées vendredi 10 août, à 0,4 % au deuxième trimestre, grâce à l’ensoleillement tout aussi marqué de juin. Ces caprices du ciel ne changent cependant pas grand-chose à la réalité sous-jacente : « L’activité demeure en dessous de sa tendance de long terme », notent les analystes de Barclays. Au total, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012. Sur un an, elle atteint péniblement 1,3 %.
Depuis dix-huit mois, l’économie britannique a subi un sérieux coup de frein, lié très largement au Brexit. Pas d’effondrement, ni de récession, et le marché de l’emploi demeure toujours aussi vigoureux, avec un chômage de seulement 4,2 %. Mais le rythme de la croissance est passé de plus de 2 % au moment de référendum de juin 2016 à presque moitié moins aujourd’hui.
A ce ralentissement s’ajoutent depuis quelques semaines les risques d’un Brexit sans accord, qui sont « inconfortablement élevés », selon les mots de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre. La première ministre Theresa May a présenté début juillet une proposition pour les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Côté britannique, cela a provoqué la démission de plusieurs ministres clés. Côté européen, la réaction a été très réservée.

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Plongeon de la livre sterling
A seulement sept mois de l’entrée en vigueur du Brexit, le 30 mars 2019, une telle impasse a fait de nouveau plonger la livre sterling. Véritable baromètre des négociations entre Londres et Bruxelles, la monnaie britannique est à son niveau le plus bas depuis un an face au dollar, à 1,27. Face à l’euro, elle retrouve aussi un seuil bas, autour de 1,11.
Pour l’instant, le gouvernement la laisse fluctuer, ne commentant jamais ces yoyos. Simon Derrick, spécialiste du marché des devises à la banque américaine BNY Mellon, craint cependant que la question ne finisse par devenir politique, particulièrement pendant un automne qui s’annonce explosif : l’objectif officiel est de trouver un accord sur le Brexit au sommet européen d’octobre, ou, dans le pire des cas, à celui de décembre.
Sur le fond, les raisons du ralentissement économique britannique venant du Brexit sont désormais bien documentées. D’abord, la chute de la livre sterling a mécaniquement renchéri les importations, provoquant une vague d’inflation, qui a réduit d’autant le pouvoir d’achat des ménages. Ce phénomène est en train de se résorber, le choc sur la devise étant désormais ancien : en juin, l’inflation n’était plus que de 2,4 %, après un pic autour de 3 % au début de l’année. Reste que la consommation des ménages était toujours médiocre au deuxième trimestre, en hausse de 0,3 %. Le beau temps, le mariage du prince Harry et la Coupe du monde de football n’y ont rien pu.

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Rebond « peu convaincant »
Ensuite, les incertitudes très fortes autour du Brexit ont incité les grands groupes à repousser leurs principaux investissements. Difficile de développer une usine si on ne connaît pas les futures conditions d’accès à son plus gros marché d’exportation. Et si les investissements des entreprises ont, globalement, augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre, c’était après une chute de 0,2 % au premier trimestre.

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Quant aux exportateurs, la théorie économique voudrait que la baisse de la livre sterling leur ait profité. Ce n’est pour l’instant guère le cas. Une chute des exportations dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation a même creusé le déficit de la balance commerciale au deuxième trimestre. De ce côté, l’avenir proche ne s’annonce pas beaucoup plus reluisant. « Le cycle économique mondial a ralenti et les tensions commerciales augmentent », rappelle Elizabeth Martins, économiste à HSBC, faisant référence à la guerre commerciale ouverte par le président américain Donald Trump. Elle confie donc son « inquiétude » pour la croissance britannique, jugeant le rebond du deuxième trimestre « peu convaincant ».
George Buckley, économiste à Nomura, confirme ce verdict. « On peut s’attendre à ce que les incertitudes pèsent plus lourdement sur l’économie dans les mois qui viennent avec des dates butoirs très importantes sur les négociations du Brexit. » L’économie britannique était arrivée au référendum en relative bonne santé et a des réserves. Mais sa trajectoire devrait rester nettement moins bonne qu’elle ne l’a été.  

Un PIB désormais mensuel
Depuis le mois de juillet, le Royaume-Uni présente les statistiques de son produit intérieur brut (PIB) tous les mois, au lieu de la présentation trimestrielle traditionnelle. Il est le deuxième pays après le Canada à le faire. « Cela apporte une estimation de meilleure qualité et plus rapide de l’évolution de notre économie, permettant aux décideurs (Banque d’Angleterre, gouvernement…) d’avoir d’importantes informations pour prendre leurs décisions », explique James Scruton, de l’Office of National Statistics (ONS). Les statistiques sont publiées une quarantaine de jours après la fin du mois mesuré. Ainsi, les chiffres de vendredi 10 août indiquent que la croissance, en juin, était de 0,1 %, en net ralentissement par rapport à mai, à 0,3 %.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.
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L’accord migratoire entre Madrid et Berlin entre en vigueur

Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h42
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



   


L’Espagne s’est engagée à reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais ayant auparavant déposé une demande d’asile sur son sol. L’accord conclu entre les deux pays est entré en vigueur samedi 11 août, jour où le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, reçoit la chancelière allemande, Angela Merkel, dans sa résidence d’été du parc naturel de Doñana, en Andalousie.
Cette mesure, la première du genre entre deux pays de l’Union européenne, fait partie d’un accord conclu lors du conseil européen des 28 et 29 juin, a indiqué un porte-parole du gouvernement espagnol. Des discussions sont également en cours entre Berlin et Athènes. Les migrants déjà enregistrés en Espagne et se trouvant sur le sol allemand pourront être transférés dans un délai de quarante-huit heures.

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La question migratoire devait être l’un des principaux sujets de la réunion informelle des deux chefs de gouvernement. Pour Angela Merkel, il s’agit d’apaiser les exigences de la CSU bavaroise du ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, et de le convaincre de renoncer à son projet de refouler unilatéralement tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays.
Aide d’urgence
Pour le socialiste Pedro Sanchez, qui n’est au pouvoir que depuis début juin, la question des migrants pourrait devenir un vrai problème alors qu’il ne dispose que de très peu de soutien au Parlement. Le nombre d’arrivée de migrants en Europe a drastiquement baissé depuis 2015, mais l’Espagne est devenue le premier point d’entrée des migrants en Europe, avec plus de 26 000 demandeurs d’asile depuis le début de l’année.
Pour faire face à cet afflux, le gouvernement de Pedro Sanchez a annoncé, le 3 août, qu’il regrouperait ses forces en un « commandement unique opérationnel » pour mieux gérer l’arrivée des clandestins et consacrerait 30 millions d’euros à l’accueil des migrants arrivant sur ses côtes. Il a également demandé le soutien de la Commission européenne, qui lui a octroyé 30 millions d’euros pour l’aide d’urgence.

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M. Sanchez a aussi annoncé que l’Espagne renforcerait la coopération et le dialogue avec le Maroc, présenté comme un pays ami « fondamental pour la gestion et le contrôle des flux migratoires ».
Après l’accueil très médiatisé de l’Aquarius en juin, le gouvernement espagnol ne renonce toujours pas à accueillir les navires des ONG qui secourent des migrants en Méditerranée, mais le fait désormais beaucoup plus discrètement. Et les rescapés seront traités par l’administration de la même façon que les autres immigrés clandestins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».
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Claude Obadia : « Oser affirmer une identité européenne commune »

Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h45
    |

Claude Obadia (Philosophe, il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise, à l’Institut supérieur de commerce de Paris et dans le second degré)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure où l’arrivée des migrants soulève de façon dramatique la question de savoir si nous avons le droit de sacrifier l’impératif catégorique du devoir humanitaire sur l’autel de l’intérêt national, force est de constater que l’Europe n’a jamais semblé aussi désespérément désunie. Comme le manifestent les tensions entre les pays méditerranéens réclamant davantage de solidarité et les pays de l’Est européen qui s’obstinent à la leur refuser.
Le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse
Mais si tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Europe est en panne de projet et qu’elle ne parvient pas à rassembler les pays membres de l’Union européenne (UE), il est à craindre que nous n’ayons pas encore pris la mesure des causes profondes de cette désunion. Tant que les Européens continueront d’affirmer que le propre de l’Europe est de ne pas avoir de caractère propre, l’Europe n’existera pas. Tant que l’Europe n’existera pas, il sera impossible d’endiguer en son sein les crispations nationalistes et les tentations xénophobes.
Car ce n’est pas en niant son identité qu’on peut s’ouvrir à l’altérité et à la diversité. C’est en l’assumant ! Or, si les Européens n’adhèrent pas à l’Europe, c’est précisément parce qu’à force d’affirmer que celle-ci n’a pas d’identité, nous avons ruiné toute chance de pouvoir nous y reconnaître. Disons le tout net : le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré notamment par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse et ses partisans sont les fossoyeurs de l’Europe.
« Une révolution dans l’ordre intellectuel et moral »
La réflexion développée en 1933 par Julien Benda, dans un contexte politique pourtant bien différent du nôtre, peut ici se révéler éclairante. S’adressant, dans son Discours à la nation européenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.
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A Bucarest, gaz lacrymogènes et canon à eau contre une manifestation d’expatriés roumains

Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 03h11
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 16h52
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Gaz lacrymogène et canons à eau ont été utilisés par les forces de l’ordre pour disperser, vendredi 10 août dans la soirée, une manifestation d’environ 80 000 personnes à Bucarest. La plupart d’entre eux étaient des Roumains de la diaspora venus protester contre la corruption institutionnalisée qui gangrène leur pays.
Plus de 450 personnes ont été blessées, dont une trentaine de gendarmes, a annoncé samedi la gendarmerie. Selon des sources hospitalières, la plupart des manifestants blessés ont dû être soignés après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, tandis que d’autres souffrent de contusions. La police a en oture procédé à une trentaine d’interpellations.
Nicusor Vasile, petit entrepreneur dans le bâtiment émigré à Bruxelles depuis cinq ans, a fait 2 200 kilomètres de route pour se rendre place de la Victoire, devant le siège du gouvernement, lieu traditionnel des manifestations. Agé de 45 ans, il a quitté la Roumanie en 2013. « J’en avais marre, explique-t-il. En Roumanie, je travaillais jusqu’à douze heures par jour et j’avais du mal à joindre les deux bouts. Nous avons tout ce qu’il faut pour vivre aussi bien à Bucarest qu’à Bruxelles ou à Paris, mais la corruption a détruit ce pays. »
« Pourquoi une telle violence ? Nous ne céderons pas, prévient M. Vasile. J’envoie l’argent que je gagne en Roumanie et qu’est-ce que je reçois en échange ? Du gaz lacrymogène et des jets d’eau sur la tête. Nous ne confierons pas la Roumanie à une bande de voleurs qui ont fait main basse sur le gouvernement et sur le Parlement. »
Vendredi, le président libéral Klaus Iohannis a affiché sa solidarité avec les manifestants et a aussitôt réagi au zèle policier du gouvernement. « Je condamne l’intervention brutale de la gendarmerie, disproportionnée par rapport à l’attitude paisible de la plupart des manifestants », a-t-il déclaré.
« Si tu es honnête, tu crèves »
La Roumanie est entrée dans l’Union européenne en 2007, et des millions de ses ressortissants sont partis chercher une vie meilleure dans l’ouest du continent. Officiellement, trois millions ont émigré en Occident, mais, selon les associations de la diaspora, il y en aurait cinq millions, soit un Roumain sur quatre. C’est grâce à eux que l’économie du pays s’est maintenue. Tous les ans, ils envoient à leurs familles environ 5 milliards d’euros, une somme importante dans un pays où le salaire moyen est de 500 euros.
Le 10 août, ils s’étaient donné rendez-vous dans la capitale pour exprimer leur colère contre le gouvernement. Le mécontentement était monté d’un cran en février 2017, lorsque l’exécutif social-démocrate a multiplié les mesures pour mettre fin à la campagne anticorruption lancée au début des années 2000.
« Les hommes politiques sont allés trop loin, ils se comportent comme des gens auxquels tout est permis, selon Nicusor Vasile. Ma femme et ma fille vivent ici et c’est ici que je veux vivre, mais si tu es honnête dans un pays corrompu jusqu’à la mœlle, tu crèves. Je ne veux pas vivre toute ma vie à l’étranger, je veux vivre avec ma famille dans un pays qui respecte les règles. Mais comment peut-on respecter la loi si ceux qui la font, nos députés et nos gouvernants, ne la respectent pas ? »

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Après une victoire écrasante aux législatives de décembre 2016, Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates, n’a pas pu devenir premier ministre en raison d’une condamnation pénale à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 20 juin 2018, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour abus de pouvoir. M. Dragnea, qui préside la Chambre des députés, fait aussi l’objet d’une troisième enquête pénale pour détournement de 20 millions d’euros de fonds européens à travers une société de construction d’autoroutes.
Mais il a trouvé la parade : modifier le code pénal pour blanchir son casier judiciaire et limiter drastiquement le pouvoir des magistrats. Le 18 juin, les députés ont voté un nouveau code pénal, vivement contesté par les spécialistes. Le gouvernement a également réussi à obtenir le limogeage de Laura Codruta Kövesi, chef du Parquet national anticorruption (DNA), qui incarnait cette lutte.

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Craintes quant à l’Etat de droit
La Commission européenne et les instances occidentales s’inquiètent au sujet de l’Etat de droit en Roumanie, d’autant plus que le pays assurera la présidence tournante de l’UE pendant six mois à partir du 1er janvier 2019. Le 28 juin, douze pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, avaient exhorté le Parlement roumain à ne pas modifier la loi pénale. « Nous appelons nos partenaires roumains à éviter des modifications qui pourraient affaiblir l’Etat de droit et la capacité de la Roumanie à lutter contre la délinquance et la corruption », déclarait le communiqué des chancelleries occidentales à Bucarest.
Le 10 juillet, la France est revenue à la charge avec une déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay : « A quelques mois de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne, la France et ses partenaires européens resteront vigilants sur l’évolution de la situation de l’Etat de droit en Roumanie. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.
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Pourquoi la livre turque s’effondre-t-elle ?

La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 06h36
    |

            Marie Charrel








                        



   


« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale. » Vendredi 10 août, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse de dire qu’un « complot » étranger est responsable de l’effondrement de la livre turque, a une nouvelle fois appelé ses concitoyens à se rendre aux bureaux de change pour soutenir leur devise.
La dégringolade de celle-ci est vertigineuse et laisse désormais craindre une contagion aux marchés financiers. Elle a en effet plongé de près de 20 % sur la seule journée de vendredi, un dollar s’échangeant brièvement contre 6,87 livres, son plus bas historique. Depuis le début de l’année, elle a perdu 40 % de sa valeur.
Les sanctions américaines aggravent la chute
L’hémorragie de la livre a accéléré ces derniers jours sous l’effet de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis, liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain. Vendredi, le président américain Donald Trump a annoncé une augmentation sévère des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs. Celles-ci vont respectivement passer de 25 % et 10 % à 50 % et 20 %. « Nous ne perdrons pas cette guerre économique », a assuré M. Erdogan.

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Cette escalade inquiète les investisseurs : ils retirent leur argent d’Istanbul et Ankara, ce qui accentue encore la chute de la livre, déjà fragilisée par les faiblesses de l’économie.
Les fragilités économiques du pays
La Turquie est minée par d’importants problèmes structurels. Ses banques sont en mauvaise santé. L’inflation galopante (16 % en juillet en rythme annuel) rogne le pouvoir d’achat des ménages. Ces dernières années, l’endettement des entreprises turques a explosé : elles ont beaucoup emprunté en dollar, ce qui les rend vulnérables aux variations de taux de change. « Le pays affiche un important déficit courant : il dépend des financements étrangers, notamment en dollar », ajoute Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

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Le financement de ce déficit est devenu plus compliqué et cher depuis que la Réserve fédérale américaine, face à la bonne santé économique des Etats-Unis, a commencé le relèvement de son taux directeur. Celui-ci tire le billet vert à la hausse face aux autres devises et renchérit le coût des emprunts pour les entreprises turques endettées en dollar. « Là encore, cela pousse les investisseurs doutant de la solidité de la Turquie – comme des autres pays émergents fragilisés – à quitter le pays pour aller placer leur argent aux Etats-Unis, où la hausse des taux offre de meilleurs rendements », explique Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset management.
Le manque de réactivité de l’Etat et de la banque centrale
« Les marchés s’inquiètent également de l’inaction de la banque centrale face à la situation », analyse Aneeka Gupta, stratège chez WisdomTree, une société financière. Celle-ci renâcle en effet à prendre les mesures indispensables pour stopper l’effondrement de la livre et juguler l’inflation. A commencer par le relèvement de son taux directeur – un remède certes douloureux pour les entreprises et les ménages, car il renchérit le loyer de l’argent, mais néanmoins indispensable.

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Ces derniers mois, le président Erdogan a resserré son contrôle sur l’institut monétaire, qui n’est désormais plus indépendant. Il n’a plus aucune crédibilité aux yeux des investisseurs – ce qui les pousse à fuir un peu plus vite encore.
Des remèdes douloureux à venir
Si l’effondrement de sa devise se poursuit, la Turquie sera, tôt ou tard, contrainte de faire appel à une aide extérieure. Cela pourrait être celle du Fonds monétaire international (FMI) – mais l’on peut douter que le président Erdogan s’y résolve. L’autre option serait d’imposer un strict contrôle des capitaux, afin d’enrayer les sorties d’argent du pays, tout en resserrant les politiques budgétaire et monétaire.
Sur le long terme, seules des réformes de fond visant à assainir le système bancaire, renforcer la régulation financière et rétablir la confiance seront susceptibles de tirer l’économie turque de la crise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.
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Aide aux migrants : assouplissement du contrôle judiciaire de Cédric Herrou

L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 19h05
   





                        



   


Le contrôle judiciaire du militant Cédric Herrou, devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été assoupli vendredi 10 août par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, selon son avocat. M. Herrou avait demandé la veille la levée de son contrôle judiciaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui a siégé à huis clos.

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De nouveau le droit de voyager
Selon son avocat, Bruno Rebstock, l’obligation de se présenter tous les quinze jours à la gendarmerie est maintenue. En revanche, « Cédric Herrou récupère son passeport, peut quitter le territoire national en informant le juge d’instruction et peut librement fréquenter les gares et parvis », a précisé Me Rebstock, saluant une décision « encourageante ».
L’agriculteur âgé de 38 ans peut également aller en Italie, pays situé à proximité de son domicile, mais « uniquement pour raisons professionnelles », a souligné son avocat.
« Je suis soulagé personnellement, ma vie sera plus simple et cela signifie aussi que l’on ne me considère pas comme un délinquant ou quelqu’un de dangereux », a réagi auprès de l’AFP Cédric Herrou. Tout en ajoutant :
« On criminalise les personnes qui aident les migrants alors que nous sommes de simples citoyens qui réagissent aux défaillances des Etats sur le sujet. »
Le principe de fraternité reconnu par le Conseil constitutionnel
Cette seconde demande de M. Herrou de levée de son contrôle judiciaire s’est appuyée, selon sa défense, sur la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet dernier selon laquelle une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, au nom du principe de fraternité.
Le contrôle judiciaire de Cédric Herrou est en place depuis le 23 juillet 2017, quand il avait été arrêté en gare de Cannes avec des demandeurs d’asile. « C’est un moyen de bloquer mes actions en fait, d’entraver ma liberté et non pas seulement de la contrôler. C’est un moyen de punir les gens avant de les avoir jugés », avait-il dénoncé jeudi.
Il s’élève également contre la présence de « 40 gendarmes mobiles sur [sa] propriété vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». « Il y a un constat d’huissier. Ils sont restés sur ma propriété un mois et demi et on va porter plainte », a-t-il dit.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
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Oleg Sentsov : Emmanuel Macron a proposé des solutions d’urgence à Vladimir Poutine

Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 19h54
   





                        



   


Détenu en Russie depuis 2015 et en grève de la faim depuis près de trois mois, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov est aujourd’hui en danger de mort. Sa situation a été au cœur d’un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, vendredi 10 août.
Le président français a fait « plusieurs propositions » à son homologue russe afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire », a annoncé l’Elysée dans un communiqué. M. Poutine s’est engagé à répondre à ces propositions et « à diffuser rapidement des éléments sur son état de santé ».
M. Sentsov, opposant à l’annexion de la Crimée par la Russie, a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour terrorisme et trafic d’armes à l’issue d’un procès qualifié de stalinien par Amnesty International. Il est accusé d’avoir, avec un complice, envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. Depuis la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie, où il est incarcéré, il a commencé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

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Perte de 30 kg
S’il ne mène pas une grève de la faim totale – il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté, il y a deux semaines, de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires –, il a perdu 30 kg depuis le début de son action. Il souffre également de problèmes cardiaques, présente un très bas niveau d’hémoglobine dans le sang et son rythme cardiaque est de 40 pulsations par minute.
L’administration russe continue pourtant d’affirmer que le prisonnier est dans un état satisfaisant. A la suite du coup de fil entre les deux chefs d’Etat, les autorités pénitentiaires russes ont annoncé que des membres de la commission de surveillance publique des prisons avaient rendu visite vendredi au prisonnier qui, au cours de la conversation, « ne s’est plaint de rien ».
M. Sentsov a de nouveau refusé un transfert vers un hôpital municipal « expliquant qu’il ne se considérait pas comme un malade », selon la commission. Le cinéaste avait déjà refusé ce transfert il y a quelques jours, au motif qu’il craignait pour sa santé. « Bien sûr, Oleg, comme toute autre personne, ne veut pas mourir. Mais il y est prêt », a déclaré de son côté son avocat, Dmitri Dinzé.
« Oleg est devenu un kamikaze ukrainien qui a mis sa vie en jeu pour sauver la vie des autres, pour ses idéaux, pour son pays. »
« On se heurte à un mur »
M. Macron a déjà plaidé plusieurs fois en faveur d’Oleg Sentsov auprès de Vladimir Poutine. Il lui en avait parlé en mai lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg, puis lui avait adressé un courrier pour « lui faire part de sa vive préoccupation sur l’état de santé du cinéaste et lui demander de réagir rapidement ». Le chef d’Etat français lui en avait reparlé lorsqu’il l’avait rencontré au Kremlin le 15 juillet, avant la finale du Mondial 2018. Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait estimé le 10 juillet que « les droits élémentaires » de la défense d’Oleg Sentsov n’avaient « manifestement pas été respectés ».
« Nous espérions un geste à la faveur du tournoi », a expliqué au Monde François Croquette, ambassadeur de France pour les droits de l’homme :
« Mais l’on se heurte à un mur : nos interlocuteurs alternent entre les fins de non-recevoir, le silence complet et des mensonges. La médiatrice russe nous avait par exemple assuré, il y a quelques semaines, que Sentsov avait pris 2 kg en prison. C’est un peu incompréhensible pour nous. La Russie dépense beaucoup d’énergie et d’argent pour son image, et là elle semble prête à le laisser mourir. Nos demandes sont désormais seulement d’ordre humanitaire, à commencer par l’accès d’un médecin indépendant. Mais l’on commence à craindre qu’il soit trop tard. »

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Nathalie Bernardie-Tahir, géographe spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption.
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Nathalie Bernardie-Tahir : « Malte joue des interstices du système, à la limite entre le légal et l’illégal »

Nathalie Bernardie-Tahir, géographe spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 16h37
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Plus petit pays de l’Union européenne, perdu au milieu de la Méditerranée, Malte a longtemps été loin des radars de l’actualité. Pourtant, depuis deux ans, éclatent dans l’archipel des scandales de corruption sur fond d’accusations d’évasion fiscale venues de toute l’Europe. La journaliste Daphne Caruana Galizia enquêtant sur ces sujets y a été assassinée en octobre 2017. Depuis la fermeture en juin des ports italiens aux migrants sauvés en Méditerranée, Malte est aussi au cœur de la crise migratoire – plusieurs bateaux ont été secourus dans sa zone maritime. Nathalie Bernardie-Tahir, géographe spécialiste de Malte et de l’insularité à l’université de Limoges, co-auteure de Méditerranée, des frontières à la dérive (Publications Babels, à paraître en octobre), revient sur les particularités et l’histoire de cet Etat de 430 000 habitants.
Malte fait face depuis deux ans à une multiplication des scandales. Une journaliste, Daphne Caruana Galizia, y a même été assassinée le 16 octobre 2017. Comment l’île a-t-elle pu en arriver là ?
Il faut repartir de l’histoire récente de l’économie maltaise. Malte est indépendante depuis 1964. En 1974, les forces britanniques se sont retirées définitivement. Le pays a alors dû construire de manière autonome une stratégie de développement économique après avoir vécu sous protectorat pendant très longtemps. Malte va se positionner sur un marché de niche. Jusque dans les années 1990, dans la sous-traitance industrielle avec le textile ou l’électronique, puis l’industrie pharmaceutique. Mais elle a ensuite été concurrencée par les pays d’Asie du Sud-Est qui proposaient une main-d’œuvre encore moins chère.
Dans un second temps, Malte s’est reconvertie dans le tertiaire (surtout le tourisme). Le pays étant tout petit [316 km2] et doté d’un marché domestique trop étroit, la seule manière de développer les services était donc de jouer un rôle d’intermédiaire. Cette stratégie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/08/2018
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Des Roms manifestent à travers l’Europe contre le racisme

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 08h33
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Toutes les nuits, Bela Racz refait le même cauchemar. Pendant que sa femme et ses enfants dorment tranquillement, quelqu’un met le feu à la maison familiale. « Pour nous, les Roms, c’est une peur qui remonte à mille ans, souffle ce Hongrois. Et l’actualité nous montre qu’elle n’est pas sans fondement. » 
M. Racz est à l’initiative d’une manifestation, jeudi 9 août à Budapest, devant le ministère des affaires étrangères hongrois, accusé de garder le silence sur les agressions dont les Roms d’origine hongroise font l’objet à l’étranger. Vingt-trois associations se sont jointes à sa démarche, et malgré la canicule une centaine de personnes sont venues soutenir les victimes des dernières violences en date.

Le 23 juin, des ultranationalistes ont attaqué un camp de Roms dans l’ouest de l’Ukraine. Ils ont tué une personne et en ont blessé plusieurs autres, dont un enfant. « Une école maternelle a été incendiée, une famille a perdu sa maison et reste, à ce jour, sans aucune aide des pouvoirs publics », dénonce Istvan Vavrek, un autre représentant des Roms, qui habite en Slovaquie, dans une région gouvernée jusqu’à l’année dernière par un néonazi multipliant les incitations à la haine à l’encontre des « tsiganes criminels ».
« On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques » Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtoközpont
En marge des commémorations traditionnelles du génocide des Roms par les nazis, le 2 août, des manifestations ont été préparées de manière coordonnée dans neuf pays européens. « En Bulgarie et en Roumanie, on a réussi à mobiliser plus de mille personnes, se réjouit Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtoközpont. On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques. Et on veut démontrer notre détermination face aux propos tenus sur nous par Matteo Salvini. »
Le ministre italien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.
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Face au manque de bras, l’Europe de l’Est se tourne vers les robots

La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h42
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Alors que la France lutte pour résorber le chômage de longue durée, la République tchèque, elle, fait face à un problème d’une tout autre nature : elle n’a jamais autant manqué de bras. En juillet, le taux de chômage était de seulement 3,1 %, selon les données publiées jeudi 9 août par le Pôle emploi tchèque. C’est le plus bas niveau de l’Union européenne. Sur le même mois, le nombre de postes vacants a culminé au niveau historique de 310 000, en hausse de 65 % sur un an. Il est désormais supérieur à celui des demandeurs d’emploi (231 565 personnes).
La situation n’est pas propre à Prague. « Les difficultés de recrutement sont criantes dans toute l’Europe centrale et de l’Est, alors que les usines tournent à plein régime », explique Grzegorz Sielewicz, économiste spécialiste de la région pour Coface, à Varsovie. En Hongrie et en Pologne, le taux de chômage est également inférieur à 4 %. Par ailleurs, il est tombé à 4,5 % en Roumanie en juin, et il dépasse à peine 5,5 % en Slovénie, selon Eurostat. Une tendance liée à la bonne santé économique de ces pays, comme à la démographie. Depuis les années 1990, plus de 20 millions de personnes ont quitté la région, soit près de 5,5 % de la population. A cela s’ajoute la chute de la natalité, qui accentue le déclin de la force de travail.

Pour attirer les candidats, les entreprises ont augmenté les salaires. Ils ont progressé de plus de 30 % en Roumanie et de 20 % Hongrie depuis 2010. En République tchèque, ils ont bondi de 7 % en 2017 et devraient croître encore de 7,8 % cette année, d’après les prévisions de la Société générale. Le salaire minimal polonais est passé de 1 750 zlotys (410 euros) en 2016 à 2 000 zlotys bruts (470 euros) aujourd’hui. Et ce, au profit du pouvoir d’achat des salariés, dont le niveau de vie s’approche lentement des standards de l’Europe de l’Ouest.
« Toute la difficulté est qu’à un certain point, la hausse des salaires menace la rentabilité des entreprises...




                        

                        

