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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.
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                Léon Brossolette et Marianne Ozouf, les images d’un succès


Un manuel pour deux 5|6. A la découverte des duos qui ont créé nos livres de classe. Cette semaine, les auteurs de « Mon premier livre d’histoire de France », un ouvrageaux illustrations en couleurs, mêlant récit et reconstitution, destiné aux élèves de cours élémentaire de 1934 jusqu’au milieu des années 1960.

Le Monde
                 |                 11.08.2018 à 13h00
                 |

                            Philippe-Jean Catinchi

















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Dans un courrier du 10 novembre 1934, l’inspecteur de l’enseignement primaire de Saint-Brieuc s’engageait à soutenir l’inscription du manuel de Léon Brossolette et Marianne Ozouf, Mon premier livre d’histoire de France, images en couleurs, paru chez ­Delagrave, auprès de la commission départementale des Côtes-du-Nord, « en raison de son intérêt ». L’instituteur qui avait attiré l’attention sur l’ouvrage, Yann Sohier (1901-1935), était un jeune enseignant militant de la langue bretonne et de l’autonomie politique régionale, peu suspect de défendre les valeurs jacobines.
Innombrables rééditions
C’est dire si ce nouveau manuel scolaire avait des vertus pour convaincre un activiste si dévoué à sa cause qu’il mourut prématurément, à force de ne pas ménager une santé fragile. L’ironie de l’histoire tient à ce que sa fille unique, Mona, orpheline à 4 ans, intègre vingt ans plus tard la famille des auteurs du fameux manuel, en épousant l’historien Jacques Ozouf (1928-2006), le fils que Marianne, la fille de Léon Brossolette, eut de son époux René Ozouf.
Destiné aux élèves de cours élémentaire ­première année, Mon premier livre d’histoire de France allait connaître d’innombrables rééditions, imposant pendant plus de vingt ans ses options, partis pris et priorités éthiques à des générations d’écoliers formés par une éducation laïque et républicaine. Les illustrations de René Giffey (1884-1965), prolifique dessinateur et caricaturiste, qui contribua aux premiers magazines destinés à la jeunesse et signa nombre de bandes dessinées, ont leur part de responsabilité dans ce succès spectaculaire.
Révolutionnaire
Sur le fond, l’ouvrage, jugé révolutionnaire car il misait, de façon pionnière, autant sur l’image que sur le texte, est la consécration d’un combat entrepris par Léon Brossolette (1868-1938) depuis plus de trente ans. Ce fils de cultivateur est l’exemple parfait de l’ascension sociale réussie à travers l’engagement...


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.
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                André et Madeleine Rossignol, le sens de l’art et de la pédagogie


Instituteurs de formation, ce couple a créé, en 1946, « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui allait bouleverser la pédagogie de l’enseignement primaire.

Le Monde
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                            Philippe-Jean Catinchi

















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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, tandis que l’école renoue avec son combat pour une histoire commune capable d’inculquer les notions de démocratie et de fraternité aux ­futurs citoyens, un autre duo emprunte des voies complémentaires à celles de Brossolette et Ozouf et des manuels scolaires.
André et Madeleine Rossignol vivent en Poitou ù, tous deux enseignants, ils sont en poste au petit village de Nalliers, près de Montmorillon dans la Vienne (à peine 500 habitants au lendemain de la guerre). Dès janvier 1946, ils lancent, sous le label de « La Coopération pédagogique », une entreprise éditoriale qui mise, outre la publication de manuels, sur la production de matériel didactique qui va révolutionner l’illustration scolaire.
780 tableaux d’histoire et de sciences
Tout en s’inspirant des principes du pédagogue Célestin Freinet (1896-1966), ils sont dans le droit-fil des principes de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, qui appelait dès 1879 à suppléer la trop maigre illustration des livres scolaires en créant une Commission de la décoration des écoles. ­Jugeant trop timides les audaces de Michel Bourrelier qui, en 1931, parallèlement à ses « carnets de pédagogie moderne » ou ­« pratique » et à son action pour la littérature de jeunesse, proposait des tableaux et cartes postales – « Images de la vie » ou « Images du beau » –, le jeune couple d’instituteurs met en route la production d’images pour la classe qui concilient soucis artistique et pédagogique. Durant près de trois décennies, les quelque 780 tableaux d’histoire et de sciences, auxquels s’ajoutent scènes quotidiennes propices à des leçons d’observation et d’instruction civique, vont marquer des générations ­d’écolières et d’écoliers, s’inscrivant dans la mémoire ­collective de l’école primaire.
Benjamin d’une fratrie de six, Philippe Rossignol prit la relève de ses parents en décembre 1986, quittant Montmorillon où André, abandonnant l’enseignement,...


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.
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« La guerre des étoiles - saison 2 », une nouvelle course mondiale aux armements

Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h41
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Trente-cinq ans après Ronald Reagan et son ébauche de « guerre des étoiles », Donald Trump remet l’espace au cœur des préoccupations stratégiques américaines. « Une simple présence dans l’espace ne suffit pas pour défendre l’Amérique, nous devons dominer l’espace », avait déjà lancé le président américain à la mi-juin. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, le 9 août, devant un parterre de généraux du Pentagone, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air. Pour le moment, néanmoins, le Pentagone devrait se limiter à mettre sur pied un « commandement de l’espace » sur le modèle de ses commandements géographiques ou thématiques, comme le Centcom pour le Moyen-Orient ou le Stratcom, chargé des armes nucléaires.

        Lire aussi :
         

                Face à Moscou et Pékin, Trump veut créer une « force de l’espace »



L’efficacité sur le terrain des forces armées dépend de plus en plus de la géolocalisation et de la sécurité des satellites. L’orbite terrestre devient plus que jamais une zone potentielle de conflit et elle représente un enjeu stratégique majeur. En outre, le nombre d’acteurs susceptibles de devenir des forces militaires spatiales s’est sensiblement accru. « D’autres nations cherchent à perturber nos systèmes basés dans l’espace et contestent comme jamais la suprématie américaine », a rappelé Mike Pence.
A l’époque de la guerre froide, seule l’URSS était une véritable rivale sur ce terrain. Le projet de bouclier antimissiles lancé à la fin des années 1980 par Ronald Reagan avait obligé une Union soviétique déjà bien mal en point à se lancer dans une nouvelle course aux armements, qui lui fut économiquement fatale et contribua à son effondrement.
La Russie de Vladimir Poutine, malgré la faiblesse d’un PIB guère supérieur à celui de l’Italie, est redevenue une puissance spatiale, y compris militaire. En témoignent le lancement en 2014 de son satellite Kosmos 2499 (qui a délibérément modifié son orbite afin de se rapprocher d’un débris de fusée à la dérive) et l’annonce, en mars, du tir d’un missile hypersonique, qui dépasse plusieurs fois la vitesse du son et échappe aux systèmes de défense antimissiles.
Les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine
Le principal défi est pourtant celui de la Chine. Dès 2007, Pékin avait détruit l’un de ses vieux satellites avec un missile tiré depuis la Terre. Une nouvelle étape a été franchie, le 3 août, avec l’annonce par les Chinois du lancement réussi d’un missile hypersonique.

        Lire aussi :
         

                La Chine teste avec succès un missile hypersonique



A quelques mois des élections de mi-mandat, cette thématique de l’espace est aussi, voire d’abord, un choix politique pour un président qui s’est fait élire au nom d’« America first » – « l’Amérique d’abord » – et qui ne cesse de clamer, depuis, vouloir lui « rendre sa grandeur ». L’équipe de campagne de Trump demande déjà aux partisans du président de donner leur avis sur le logo de cette future space force. Malgré ses succès économiques actuels et une popularité au zénith dans l’électorat républicain, Donald Trump sait que rien n’est joué. Quoi de plus mobilisateur que la thématique d’une relance de la conquête de l’espace, cette « nouvelle frontière » tracée, il y a une soixantaine d’années, par John F. Kennedy et dont l’écho dans l’imaginaire américain reste puissant.
Donald Trump a augmenté le budget de la NASA. Il lui a enjoint de retourner sur la Lune, mais surtout de préparer des missions vers Mars. Dans cette course vers la Planète rouge, les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine de Xi Jinping – bien décidé à s’affirmer, y compris dans la conquête de l’espace, comme l’autre grande puissance mondiale.

        Lire aussi :
         

                « La vulnérabilité face à la défense anti-missiles américaine est une obsession chinoise »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Claude Obadia : « Oser affirmer une identité européenne commune »

Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h45
    |

Claude Obadia (Philosophe, il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise, à l’Institut supérieur de commerce de Paris et dans le second degré)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure où l’arrivée des migrants soulève de façon dramatique la question de savoir si nous avons le droit de sacrifier l’impératif catégorique du devoir humanitaire sur l’autel de l’intérêt national, force est de constater que l’Europe n’a jamais semblé aussi désespérément désunie. Comme le manifestent les tensions entre les pays méditerranéens réclamant davantage de solidarité et les pays de l’Est européen qui s’obstinent à la leur refuser.
Le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse
Mais si tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Europe est en panne de projet et qu’elle ne parvient pas à rassembler les pays membres de l’Union européenne (UE), il est à craindre que nous n’ayons pas encore pris la mesure des causes profondes de cette désunion. Tant que les Européens continueront d’affirmer que le propre de l’Europe est de ne pas avoir de caractère propre, l’Europe n’existera pas. Tant que l’Europe n’existera pas, il sera impossible d’endiguer en son sein les crispations nationalistes et les tentations xénophobes.
Car ce n’est pas en niant son identité qu’on peut s’ouvrir à l’altérité et à la diversité. C’est en l’assumant ! Or, si les Européens n’adhèrent pas à l’Europe, c’est précisément parce qu’à force d’affirmer que celle-ci n’a pas d’identité, nous avons ruiné toute chance de pouvoir nous y reconnaître. Disons le tout net : le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré notamment par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse et ses partisans sont les fossoyeurs de l’Europe.
« Une révolution dans l’ordre intellectuel et moral »
La réflexion développée en 1933 par Julien Benda, dans un contexte politique pourtant bien différent du nôtre, peut ici se révéler éclairante. S’adressant, dans son Discours à la nation européenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ C’était mieux avant ? (1/6). Les guerres et maladies tuent moins, la pauvreté diminue… pourtant l’ère du temps est chagrine, souligne le philosophe.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.
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                Vincent Delecroix : « Dire non est un mouvement vital »


Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 13h00
                 |

                            Catherine Portevin

















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Vincent Delecroix est écrivain et philosophe, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, spécialiste de Kierkegaard et de philosophie de la religion. Il a publié cette année : Non ! De l’esprit de révolte (Autrement, 288 p., 19 euros).
Faut-il du courage pour être soi aujourd’hui ? Et de quelle sorte ?
J’entends hélas l’expression « le courage d’être soi » comme un slogan publicitaire pour des cosmétiques ou du coaching en entreprise ! « Connais-toi toi-même », la maxime antique, inscrite au fronton du temple de Delphes, est devenue un tel mantra que nous n’en saisissons plus le sens. Pour en retrouver la force, il faut casser la coque idéologique libérale de l’affirmation individuelle, du productivisme, de la pensée positive, toutes choses qui en réalité écrasent l’individu au prétexte de le promouvoir. Sois toi-même, choisis qui tu veux être, suis ton désir, cultive ta différence, indigne-toi, crois en toi… dans tous ces préceptes du bonheur, on n’entend ni qui les formule, ni pour quoi, ni surtout quel est ce « soi » ou ce « toi » auquel ils s’appliquent. C’est pourquoi ils sont écrasants même s’ils semblent séduisants par leur promesse émancipatoire. En réalité, je crois que le courage consiste davantage à résister à ces injonctions qu’à les suivre !
Qu’y aurait-il à récupérer du « connais-toi toi-même » des Anciens ?
Levons d’abord les malentendus. Les exercices de la sagesse stoïcienne sont totalement détournés par l’industrie du « développement personnel ». Or pour Epictète ou Sénèque, être soi est d’abord une exigence éthique : il s’agit du salut de l’âme, de vivre en accord avec la nature et bien gouverner la cité. Les Pensées de Marc Aurèle sont des conseils au prince, elles n’ont rien à voir avec la découverte en soi d’une personnalité particulière. Tout au contraire : « soi toi-même » signifie joue le rôle qui t’a été imparti par le destin car ton individualité...


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Vincent Delecroix : « Dire non est un mouvement vital »
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                                                Propos recueillis par                                                    Catherine Portevin














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Malgré le rejet du projet de loi sur le droit à l’avortement par le Sénat argentin, le débat aura déjà eu le mérite de faire sortir cette question de la clandestinité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

En Argentine, le combat pour l’IVG continue

Editorial. Malgré le rejet du projet de loi sur le droit à l’avortement par le Sénat argentin, le débat aura déjà eu le mérite de faire sortir cette question de la clandestinité.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 16h13
   





                        


Editorial du « Monde ». Le 14 juin, les députés argentins avaient approuvé, par 129 voix contre 125, la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en Argentine. Mercredi 8 août, leurs collègues du Sénat ne leur ont pas emboîté le pas : par 38 voix contre 31 et 2 abstentions, ils ont rejeté ce projet de loi et déçu les centaines de milliers de personnes qui s’étaient rassemblées à Buenos Aires et dans les principales villes du pays pour suivre les seize heures de la discussion parlementaire.

        Lire aussi :
         

                Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris »



Pour autant, le débat sur le droit à l’avortement est loin d’être refermé en Argentine. Certes, le vote des sénateurs témoigne du solide pouvoir d’influence de l’Eglise catholique et des Eglises évangéliques, vigoureusement mobilisées contre ce texte, ainsi que du machisme persistant dans les provinces les plus traditionnelles. Mais la démonstration est désormais faite, confirmée par tous les sondages ces dernières semaines, que la société argentine a profondément évolué et est aujourd’hui majoritairement favorable au droit à l’IVG.
Issu du travail silencieux d’un collectif de 500 organisations de la société civile – la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sans risques et gratuit, créée en 2005 –, le projet de loi, rédigé par douze militantes, avait déjà été présenté six fois au Parlement depuis 2007. Sans succès : à chaque fois, il avait été ignoré et écarté de l’ordre du jour. Les impressionnantes mobilisations de ces derniers mois contre la violence de genre et le mouvement #NiUnaMenos (« pas une seule [femme] de moins »), dont une des revendications était l’avortement légal, ont convaincu le président argentin, Mauricio Macri, que le vent était en train de tourner et qu’il ne pouvait plus s’opposer à l’examen de ce texte.
Mobilisation de millions de jeunes filles
Taboue depuis toujours en Argentine comme sur tout le continent latino-américain – seuls Cuba en 1965 et l’Uruguay en 2013 ont légalisé l’avortement, tandis que le Chili l’a partiellement autorisé en 2017 –, la question de l’avortement est sortie de la clandestinité. Grâce, notamment, à la mobilisation de millions de jeunes filles, arborant les foulards verts, symboles de la lutte, accrochés à leur sac à dos, portés en bandana sur la tête ou noués autour du poignet.

        Lire aussi :
         

                Le combat des jeunes Argentines pour la légalisation de l’avortement



En dépit de la déception provoquée par le vote des sénateurs, la détermination du mouvement favorable à la légalisation est intacte. « Nous avons déjà présenté sept fois le projet d’interruption volontaire de grossesse, nous le ferons une huitième, jusqu’à ce que ce soit voté », a promis Celeste Mac Dougall, membre de la Campagne.
D’ores et déjà, le pouvoir exécutif a prévu d’envoyer au Congrès, le 21 août, un projet de réforme du code pénal qui prévoit de supprimer les peines d’un à quatre ans de prison actuellement en vigueur contre les femmes qui recourent à l’IVG. De même, des parlementaires de la coalition au pouvoir, Cambiemos, ont proposé l’organisation d’un référendum. Enfin, il ne fait pas de doute que le débat sera relancé lors des élections présidentielle et législatives d’octobre 2019.
En tout état de cause, après quatre mois d’un débat intense – et qui a ouvert d’autres brèches, comme la demande de la séparation de l’Eglise et de l’Etat –, il est probable que la dépénalisation et la légalisation ne sont plus qu’une question de temps, en Argentine, et certainement dans le reste du continent, où les mouvements féministes sont plus actifs que jamais.

        Lire aussi :
         

                La lutte des Argentines pour l’IVG encourage les féministes d’Amérique latine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».
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Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On ne sait pas très bien quand ça a commencé. Avec Descartes ? La Mettrie et l’Homme-Machine (1747), version contradictoire et matérialiste du précédent ? On connaît la fascination de ces philosophes pour les automates… A l’autre bout de l’histoire, on trouverait les débats sur l’intelligence artificielle et sa capacité à supplanter l’humain : dans tous les cas, il s’agit de décider si ce dernier est réductible à des formules connaissables et reproductibles ou non, et comment le « sens » vient aux machines.

L’exposition « Au diapason du monde », actuellement à la fondation Vuitton, à Paris, témoigne entre autres de la fortune récente de ces questions en art. C’est par exemple The Writer (2007) de Philippe Parreno, une vidéo qui montre un automate du XVIIIe siècle écrivant à la plume. C’est aussi Untitled (Human Mask) (2014) de Pierre Huyghe, autre vidéo, où un singe en robe, portant un masque nô et une perruque, provoque par ses postures humaines un malaise chez le spectateur.

La thématique est chère à l’un et à l’autre, puisqu’on se rappelle que les deux artistes sont à l’origine du projet collaboratif No Ghost Just a Shell (« pas un fantôme juste une coquille », 1999-2002) : ayant acheté un personnage à une agence graphique japonaise – en l’occurrence une fillette, Annlee –, ils le mirent à la disposition d’autres créateurs pour qu’ils l’animent. En 2002, à l’époque de la « réalité virtuelle » et du jeu SecondLife, No Ghost Just a Shell questionnait plutôt le collectif et le ­copyleft (l’opposé du copyright). Son ­titre cependant, se référant aussi bien au manga et au film Ghost in the Shell (1989-1995) qu’à l’antidualisme cartésien de Gilbert Ryle, renvoyait aussi à une autre problématique : comment un « signe » prend-il vie, et qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire ?

Dans la même exposition, Philippe Parreno présente une vidéo beaucoup...


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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Edwin Zaccai, professeur et spécialiste du climat, nous prévient : l’adaptation au changement climatique va demander de nouveaux apprentissages et collaborations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’adaptation au changement climatique implique de nouvelles approches »

Dans une tribune au « Monde », Edwin Zaccai, professeur et spécialiste du climat, nous prévient : l’adaptation au changement climatique va demander de nouveaux apprentissages et collaborations.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 11h45
    |

Edwin Zaccai (professeur à l’Université libre de Bruxelles, co-auteur de « L’adaptation au changement climatique » (La Découverte, 2014))







                        



                                


                            
Tribune. L’actuel été des extrêmes dans l’hémisphère Nord a ramené à l’avant-plan, dans les pays européens, la question de l’adaptation au changement climatique. Loin de se stabiliser à court terme, le climat sera continuellement en évolution durant les prochaines décennies. Il pourrait révéler, même dans les pays fortement industrialisés et urbains, une plus grande dépendance des sociétés modernes à son égard qu’on le pense habituellement.
Une fraction de l’adaptation nécessaire à ces changements se produit de façon spontanée, sans apparaître dans des programmes d’action. Mais une large part demande de l’anticipation, de la coordination et de l’apprentissage. Les modalités sont très différentes de celles qui définissent les actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, elles-mêmes laborieusement et insuffisamment développées ces dernières décennies.
Dans le cas de l’adaptation, les incertitudes sont nombreuses. Elles portent sur les impacts climatiques locaux, les objectifs à rechercher et les méthodes à appliquer
Pour commencer, l’objet de la réduction des émissions et celui de l’adaptation sont foncièrement différents. Dans le premier cas, il s’agit principalement de se concentrer sur les émissions de CO2, tandis que l’adaptation au changement climatique vise une gamme d’activités et d’impacts très diversifiée. De plus, si des objectifs de réduction sont fixés et qu’il subsiste des incertitudes sur les façons de les atteindre, dans le cas de l’adaptation, les incertitudes sont plus nombreuses. Elles portent à la fois sur les impacts climatiques locaux, les objectifs à rechercher et les méthodes à appliquer. De ce fait, les indicateurs sont encore largement à inventer pour ce que l’on appellerait une adaptation réussie.
« Un rapport inverse à la question des inégalités »
Les champs professionnels, et donc de formation, ne se recoupent pas nécessairement dans les deux approches. Pour la réduction des émissions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le succès d’Edouard Louis, auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule », doit beaucoup à la profonde amitié qui l’unit aux sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie. Inséparable, le trio forme l’une des voix les plus virulentes de la gauche radicale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤             
Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit 
                  
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Le Monde
 |
                  10.08.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 10h21


Le succès d’Edouard Louis, auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule », doit beaucoup à la profonde amitié qui l’unit aux sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie. Inséparable, le trio forme l’une des voix les plus virulentes de la gauche radicale.

Par                             Zineb Dryef





                     
Le 9 février 2010, dans un amphithéâtre bondé de l’université de Picardie, un jeune homme fait la rencontre de sa vie. Venu écouter un intellectuel parisien raconter son histoire d’enfant puis d’adolescent homosexuel au sein d’une famille ouvrière, le rejet et la honte, la fuite et l’exil, le retour, enfin, dans sa ville honnie de Reims, il est bouleversé par ces mots, qui parlent de sa propre existence. A la fin de la conférence, comme d’autres étudiants, il s’approche de l’homme pour lui dire combien il l’a ému. Didier Eribon, puisqu’il s’agit de lui, accepte de donner son adresse électronique à ce grand garçon blond et lui dit : « Tenez, nous allons boire un verre avec des enseignants, venez. »

« Sans l’amitié, pas la moindre ligne »
Huit ans plus tard, Eddy Bellegueule est devenu Edouard Louis et, à seulement 25 ans, il est l’un des romanciers les plus lus du pays. Un succès transformé en un phénomène, amplifié par les traductions (dans une vingtaine de langues), mais aussi par les adaptations théâtrales, les études universitaires sur son œuvre, sa tournée de conférences à travers le monde…
En ce soir du 3 juin, il est à Berlin pour assister à la première de l’adaptation de son deuxième texte, Histoire de la violence (Seuil, 2016), par le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, à la Schaubühne, l’un des plus prestigieux théâtres d’Europe. A quelques heures de la représentation, dans la cour arborée de son hôtel, il confie : « Je n’aurais jamais écrit une ligne sans l’amitié, pas la moindre ligne. L’amitié, c’est ce qui m’a poussé à écrire. » Cette amitié est celle qui le lie à Didier Eribon, mais aussi à Geoffroy de Lagasnerie. Ils sont là, comme toujours, près de lui.
Didier Eribon, le professeur
Le premier, 65 ans, qui fut l’ami de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu, est sociologue, connu en France et à l’étranger pour son Retour à Reims, formidable coming out social. Le second,...





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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit
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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre, conseiller spécial honoraire de l’ONU, encourage Nicolas Hulot à s’affranchir des « dogmes » du militantisme vert.
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Brice Lalonde : « Pas besoin d’être un ministre vert pour être un ministre écologiste »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre, conseiller spécial honoraire de l’ONU, encourage Nicolas Hulot à s’affranchir des « dogmes » du militantisme vert.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 20h06
    |

                            Brice Lalonde (ancien ministre de l’environnement)








                        



                                


                            

Tribune. Pas un jour sans qu’on nous assomme avec le départ de Nicolas Hulot, son isolement, ses états d’âme, ses difficultés, ses prétendus reniements. Qui entretient ces fables ? Ses pseudo-amis de l’extrême gauche ou des Verts. N’aimant pas qu’un écologiste siège dans un gouvernement qu’ils combattent, ils voudraient représenter l’écologie à sa place. « Ce gouvernement se moque de l’écologie, affirment-ils, et Hulot est un faire-valoir. » Bref, le ministre de la transition écologique et solidaire ne serait pas assez vert. Mais ceux qui ont mené l’écologie politique au désastre sont-ils les meilleurs juges ?
Que lui reprochent-ils ? Rien de bien argumenté, simplement un chapelet de sujets montés en épingle pour la démonstration. Par exemple, il n’a pas fait disparaître le glyphosate. Tout de même, obtenir que l’Europe s’en débarrasse en cinq ans, c’est un bon résultat : il fallait convaincre vingt-huit ministres de l’agriculture ! Mais les autres herbicides sont peut-être pires. En fin de compte, le glyphosate ne doit pas nous faire oublier que quelque 150 000 produits chimiques sont vendus en Europe, dont certains bien plus préoccupants. Nombre de leurs résidus sont présents dans les sols, l’eau, les tissus des êtres vivants. Cette réalité pourrait même motiver, à mon sens, une initiative d’ampleur, une sorte de GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] sur la pollution chimique de l’environnement.

Allons plus loin. Est-ce qu’une formation politique française, ou étrangère, a conçu un programme de transition écologique auquel se référer pour évaluer l’action de Hulot ? En vérité, personne ne sait comment faire, ni par où commencer ni même comment imaginer la société écologique au bout de la transition. Ce n’était pas dans le programme d’Emmanuel Macron, ce n’est pas dans le calendrier de travail du gouvernement. A-t-on débattu de la croissance pendant la présidentielle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Vivre déconnecté (6/6). Les chercheurs David Zarka et Ilios Kotsou regrettent de voir la méditation de pleine conscience, pratique qui vise à porter une attention plus soutenue à nos émotions et nos expériences, récupérée par certains tenants de la performance.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.
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Lagrasse envisage de devenir un Centre culturel de rencontre

Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 16h40
    |

                            Julie Clarini (Lagrasse, Aude, envoyée spéciale)








                        



   


Comme chaque deuxième semaine du mois d’août, le village de Lagrasse devient, jusqu’au samedi, un centre intellectuel de haute volée, ouvert à tous, offrant quotidiennement le plaisir matinal d’un atelier de grec ancien ou de philosophie, l’occasion d’assister à un séminaire de cinéma ou, à l’heure de l’apéro, celle d’écouter les « conversations sur l’histoire » proposées par Patrick Boucheron, professeur au collège de France, sous l’ombre généreuse de la vieille halle. Conférences et lectures occupent la fin d’après-midi et la soirée.
Une nouvelle fois, le Banquet du livre a fait la preuve de sa singularité dans sa façon unique de mêler à l’exigence de la pensée une proximité des corps toute démocratique. Car c’est bien cela, « Lagrasse » : croiser, au détour d’un chemin en contrebas de l’abbaye, Marie NDiaye, venue de Berlin faire lecture de la pièce qui sera créée en 2019 à Strasbourg par Stanislas Nordey. Puis apercevoir dans le cellier du bâtiment transformé en librairie par l’institution toulousaine Ombres Blanches, la silhouette de Marielle Macé, la théoricienne de la littérature, ou reconnaître, penché sur des ouvrages, Achille Mbembe, venu d’Afrique du Sud où il enseigne.
Campus éphémère et à ciel ouvert
Le philosophe donnait une conférence mardi, précédant dans l’exercice des gens aussi divers que le linguiste Jean-Claude Milner, le philosophe italien Emanuele Coccia, l’auteur de La Vie des plantes (Payot, 2016), ou l’historien Romain Bertrand. Sorte de campus éphémère et à ciel ouvert, le Banquet propose aussi des « rebonds » : sur les rives de l’Orbieu, la rivière qui épouse le village, les intellectuels invités se prêtent à l’heure où le soleil point, à un échange informel sur le thème de leur conférence de la veille.
C’est cet esprit cosmopolite et convivial, alliance du monde et du clocher, que la poignée de fondateurs a décidé de remettre en jeu. Car selon l’adage de Lampedusa, il faut que tout change pour que rien ne change. Et le moment est venu. Après vingt-trois ans d’existence, le public a besoin de se renouveler. Des tensions dans l’équipe et le licenciement, en 2017, du directeur de l’association Marque-page (qui organise les rencontres) attisent cette envie de renaissance.
En plein accord avec l’actuelle direction, le département qui possède la partie laïque de l’abbaye – l’autre étant occupée par des chanoines – a lancé une étude pour que le projet intellectuel et le lieu patrimonial se marient officiellement devant le ministère de la culture. Celui-ci pourrait, au vu du dossier, octroyer le label national de Centre culturel de rencontre, comme il l’a fait pour l’abbaye de Royaumont ou la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Ce qui impliquerait un ancrage pérenne des idées et du livre dans le village mais aussi un changement d’échelle, de tempo et même d’envergure – de nouvelles missions viendraient échoir à la structure, quelle que soit sa future forme. Peu importe le flacon, diront certains, pourvu qu’on conserve l’ivresse du Banquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La Pologne et l’Ukraine ont adopté des lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest, et d’échapper à l’emprise de la Russie ?
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/08/2018
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Europe de l’Est : coup de gomme sur l’Histoire

La Pologne et l’Ukraine ont adopté des lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest, et d’échapper à l’emprise de la Russie ?



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 19h14
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En matière historique, les pays d’Europe de l’Est se distinguent par une intrigante spécificité : leur expérience de la manipulation de l’histoire sous l’ère soviétique ne semble pas les avoir immunisés. On aurait présagé que les vérités officielles y seraient bannies à jamais et que l’idée même d’une « politique historique » braquerait les consciences. Il n’en est rien.
L’Ukraine a adopté en avril 2015 une série de quatre lois : si certaines existent dans des versions voisines dans d’autres pays de la région – comme l’interdiction de la promotion des « idéologies totalitaires communiste et nazie », le démantèlement de statues et le changement de nom de localités associés au passé soviétique ou l’ouverture intégrale des archives de cette période –, la quatrième valorise la mémoire des « combattants de l’indépendance nationale ukrainienne au XXe siècle », quelle que soit leur idéologie. Or, certains de ces combattants furent d’actifs collaborateurs des nazis. L’Ukraine s’est bâti ainsi, en quelques alinéas, un panthéon aussi officiel que discutable.
Valeur symbolique
En Pologne, le Parlement a voté en février une loi dite « sur la Shoah » dont les chantres ont été ceux qui dénoncent par ailleurs avec virulence la mémoire du régime communiste. Elle prévoyait, avant que ce volet pénal ne soit finalement supprimé sur les demandes insistantes des Etats-Unis et d’Israël, une sanction allant jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».

Depuis le nouveau vote au Parlement, le 27 juin, les poursuites judiciaires ne sont plus possibles, mais le texte garde toutefois sa valeur symbolique : en jetant l’opprobre sur ceux qui souligneraient la complicité de citoyens polonais dans la Shoah, le gouvernement se fait fort d’imposer, selon sa terminologie, « le point de vue polonais », à savoir une histoire nationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.
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Hamit Bozarslan : « En Turquie, l’histoire est essentiellement un mouvement de dissidence intellectuelle »

L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Historien et sociologue, Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie, travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des Etats dans la région. Auteur d’ouvrages de référence, dont ­Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours (Tallandier, 2013), Hamit Bozarslan appartient à ce qu’il appelle lui-même l’école dissidente de l’historiographie de la Turquie contemporaine. Il revient sur les usages du passé en Turquie.
Pourquoi l’histoire est-elle une discipline reine en Turquie ?
Il faut faire un distingo entre l’histoire comme discipline et le récit officiel. Le « récit officiel » continue de diviser le passé de la nation en trois épisodes : la période de l’innocence, par laquelle les Turcs conquièrent le monde pour lui apporter ordre et justice ; celle de la trahison, pendant laquelle les minorités mordent la main bienveillante de leurs maîtres et collaborent avec les ennemis de l’extérieur ; et celle de la délivrance, pendant laquelle la nation brise ses chaînes par un ultime sursaut et fonde la Turquie moderne.
Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la République, et les historiens qui l’inspirent estiment d’ailleurs que cette libération reste partielle et n’immunise pas le pays contre une possible agression occidentale ou l’aliénation de ses propres élites. En face de ce discours, l’histoire proprement dite, comprise comme discipline, est essentiellement un mouvementde dissidence intellectuelle ; elle interroge la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire, qui l’a dominée au cours des vingt dernières années.
Pourquoi les régimes successifs turcs ­ (impérial, Jeunes-Turcs, kémaliste, ­islamiste) se ressemblent-ils dans leur usage du passé, qui est toujours présenté sous une forme tronquée et marquée par le négationnisme ?
La Turquie officielle est fière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.
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En Pologne, la course à la martyrologie

Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Alain Salles (Cracovie, Pologne)








                        



                                


                            
Au Musée de l’armée intérieure (le nom du puissant réseau de résistance en Pologne pendant la seconde guerre mondiale) à Cracovie, la guide connaît son catéchisme historique par cœur : les Allemands voulaient exterminer le peuple polonais et Auschwitz a d’abord été créé pour détruire les élites polonaises, les Alliés n’ont rien fait quand Jan Karski les a prévenus de l’existence des camps d’extermination des juifs et ils ont sacrifié les résistants polonais à Yalta.
Tout cela est vrai, même si cette chronologie ne résume pas toute la guerre. Elle permet en tout cas de mettre sur le même plan la souffrance des juifs et celle des Polonais, qui est une obsession du parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir en Pologne. Cette vision de l’histoire a été rabâchée par la plupart des interlocuteurs rencontrés lors d’un voyage de presse sur les lieux de mémoire polonais, auquel Le Monde a décidé de participer.
« Les monstres »
La guide de Cracovie poursuit en établissant des gradations entre les violences de la guerre : les Allemands étaient « terribles », mais les Russes étaient « pires » et enfin les Ukrainiens étaient « diaboliques ». A la fin de l’exposition, elle s’arrête devant une série de portraits qu’elle appelle « les monstres », les images des juges communistes qui ont condamné des résistants ayant lutté contre les nazis, puis se sont opposés à la mainmise du pays par Moscou. Un visiteur l’interroge devant ces portraits. « Combien sont des juifs ? » Elle en montre trois ou quatre. La scène symbolise la complexité de la mémoire polonaise.
Avec la « loi sur la Shoah », en février, le poids politique de l’histoire est apparu au grand jour en Pologne. Cette loi visait à punir pénalement ceux qui attribuaient aux Polonais « la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis ». Face au tollé international, le gouvernement a reculé en juin, en retirant l’article incriminé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.
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Iouri Dmitriev ou la mémoire étouffée de la répression stalinienne

Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Pour la deuxième année consécutive, dimanche 5 août, les com­mémorations de Sandarmokh, l’un des principaux lieux d’exécution de la Grande Terreur stalinienne, dans la région septentrionale de Carélie, se sont déroulées en l’absence de l’historien Iouri Dmitriev. Le pèlerinage, qui attire chaque année des centaines de proches des victimes, doit pourtant tout à cet homme de 62 ans, enquêteur infatigable aux airs de moine-soldat.
C’est lui qui, en 1997, a instauré cette tradition. C’est lui, surtout, qui a mis au jour l’importance de ce lieu d’exécution, où l’on estime à 9 000 le nombre de personnes – coupables de rien – fusillées. L’historien, membre de l’association Memorial, y a mené un travail titanesque de localisation des fosses communes et d’identification des dépouilles. Depuis, Sandarmokh est devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938 – année après année, les descendants des victimes ont accroché sur les arbres de la dense forêt carélienne de modestes croix en bois ou les portraits de leur proche assassiné. « Sans son travail, on ne saurait quasiment rien de Sandarmokh », confirme l’historienne Cécile Vaissié.
Iouri Dmitriev a été arrêté en décembre 2016, accusé de détention d’images pédopornographiques, en l’occurrence neuf clichés de sa fille adoptive, alors âgée de 11 ans. L’historien avait expliqué avoir pris ces photographies à la demande des services sociaux, pour documenter la croissance de sa fille, atteinte de rachitisme depuis son séjour à l’orphelinat. Les experts du tribunal, eux, n’avaient trouvé dans les clichés aucun caractère pédophile ou pornographique.
Machination
Malgré l’émotion soulevée en Russie et à l’étranger par cette affaire aux allures de machination, M. Dmitriev a passé quinze mois en ­prison, avant d’être acquitté en avril. Le soula­gement a été de courte durée : mi-juin, la Cour suprême de Carélie a cassé ce jugement, et à la fin du mois Iouri Dmitriev retournait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 11h10
   





                        


Editorial du « Monde ». Si rien ne se passe, Oleg Sentsov va mourir. Le cinéaste ukrainien de 42 ans a été arrêté en Crimée, le 10 mai 2014, par les services russes de sécurité, deux mois après le pseudo-référendum de rattachement de la Crimée à la Russie dont il contestait la validité. Condamné en août 2015, au terme d’une caricature de procès, à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation et participation à un groupe terroriste », il est détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie.

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Depuis le 14 mai – depuis quatre-vingt-huit jours –, le cinéaste a commencé une grève de la faim pour exiger la libération des quelque 70 Ukrainiens emprisonnés comme lui par la Russie pour des raisons politiques et dont il a endossé le combat de la plus radicale des manières. Ajoutons que ce combat dépasse le cas des Ukrainiens et renvoie au cynisme d’une justice russe sans vergogne à l’encontre de Iouri Dmitriev, historien de Carélie analysant les purges staliniennes, incarcéré pour d’invraisemblables accusations de pédophilie, ou d’Oyoub Titiev, dernier défenseur des droits de l’homme à travailler en Tchétchénie, poursuivi sur des charges farfelues de détention de marijuana.
Pour éviter d’être alimenté de force, Oleg Sentsov a récemment accepté de prendre deux ou trois cuillères de substituts alimentaires chaque jour. Ce n’est pas cela qui l’empêchera de mourir. Les informations en provenance de son lieu de détention sont rares et filtrées par les autorités, mais son avocat, qui a pu le voir mardi 7 août, l’assure : le cinéaste est en train de mourir, et il y est déterminé.
Moscou paraît prêt à le laisser mourir
C’est intolérable. D’autant plus que, depuis le début de cette sinistre affaire, le Kremlin semble décidé à faire du cas Sentsov un exemple. Le message se veut clair : ceux qui s’opposent à l’annexion de la Crimée subiront son sort. Ainsi, les autorités russes sont restées sourdes à tous les appels lancés pour obtenir sa libération ou même pour laisser des médecins indépendants lui rendre visite. Quel qu’en soit le coût en matière d’image, Moscou paraît prêt à le laisser mourir.
Il est donc urgent de renforcer les protestations pour faire admettre au président russe que c’est inacceptable. Depuis quatre ans, les milieux du cinéma et de la culture se sont largement mobilisés pour défendre Oleg Sentsov. Les dirigeants occidentaux doivent accentuer la pression. Emmanuel Macron a été en pointe dans ce dossier. Le président français a évoqué l’affaire Sentsov à deux reprises avec Vladimir Poutine. Mais celui-ci est resté de marbre.

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Les responsables européens peuvent et doivent faire plus. Ils ne peuvent ignorer que, par le passé, Vladimir Poutine s’est déjà montré sensible aux pressions des opinions publiques et de leurs dirigeants. Mikhaïl Khodorkovski, les Pussy Riot, la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko ont été libérés avant le terme de leurs peines même si, à chaque fois, le président russe a tenu à rester maître du calendrier. Il y a donc encore un espoir qu’il faut saisir.
C’est une affaire de principe. Humanitaire, évidemment. Mais aussi politique. Depuis des années, le président russe table sur la faiblesse des réactions européennes à sa politique impérialiste – en Crimée et dans le Donbass, après l’Ossétie du Nord et l’Abkhazie. Le combat d’Oleg Sentsov démontre, dramatiquement, que la défense de la liberté n’a pas de prix. Les Européens se doivent d’adresser le même message à Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.
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« La proposition de loi contre la manipulation de l’information touche là où ça fait mal »

Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h07
    |

Bruno Studer (député (LRM) du Bas-Rhin)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai toujours appelé à ne pas parler de « fake news » mais bien de « fausses informations », à l’occasion des travaux de l’Assemblée nationale. Ceci pour une raison simple mais essentielle : l’expression a été sinon inventée, au moins popularisée, par Donald Trump contre les journalistes et les médias. La loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information que j’ai eu l’honneur de proposer avec mes collègues députés LRM vise au contraire à protéger les journalistes et les entreprises qui les emploient.
Il me semble indispensable, dans le contexte de ces derniers jours et alors que le Sénat a refusé [le 26 juillet] d’examiner cette proposition de loi, de revenir sur son esprit. Pour traiter un sujet aussi sensible, nous avons pris le temps d’un travail approfondi, en saisissant au préalable le Conseil d’Etat, dont la réputation à défendre rigoureusement les libertés publiques n’est pas à faire. Par ailleurs, si j’ai pu auditionner des personnes plus ou moins opposées à ce texte, beaucoup lui reconnaissent de nombreuses vertus.
Actualisation du droit
La première d’entre elles porte sur la notion de fausse information elle-même et la création d’une nouvelle procédure de référé. Il est reproché à ce texte d’être inutile parce que la loi de 1881 traiterait déjà des fausses nouvelles. Mais une « nouvelle » a nécessairement un caractère nouveau, donc inédit. Or, dans l’univers numérique, établir le caractère inédit d’une information relève de la gageure. La première qualité de ce texte est d’actualiser notre droit, ce qui n’est pas rien, tout s’attaquant exclusivement à la diffusion d’une fausse information (donc un fait circonstancié). Diffusion qui serait automatique, artificielle et massive, le tout dans les seuls trois mois précédent un scrutin national ou européen. La liste de ces conditions précises devrait rassurer ceux qui y voient a priori un texte dangereux… Il s’agit, de plus, de faire confiance au juge,...




                        

                        

