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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans îles de Rousski et de Oktiabrski.
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La Russie veut créer des paradis fiscaux

Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans îles de Rousski et de Oktiabrski.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h54
    |

                            Intérim (Moscou)








                        



                                


                            

Le 26 juillet, le Parlement russe a adopté en troisième lecture un projet de loi visant à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore en Russie. La première sera créée sur l’île Rousski, en face de la ville de Vladivostok dans l’Extrême-Orient russe, la seconde sur l’île Oktiabrski dans l’enclave de Kaliningrad. Ces zones présenteront toutes les caractéristiques d’une juridiction offshore : régime fiscal simplifié, avec une imposition portant uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé en Russie ; opacité de la structure et de son bénéficiaire réel, dont l’identité ne pourra être révélée que sur demande des services de police ; mais aussi quelques spécificités adaptées au monde des affaires en Russie, en particulier un assouplissement du très strict système de contrôle des changes.
Il sera possible, pour une entreprise établie dans l’une de ces deux zones, de mener des opérations en devises étrangères sans restrictions. En contrepartie, les entreprises admises dans ces paradis fiscaux à la russe devront investir un montant minimum de 100 millions de roubles par an (environ 1,30 million d’euros) dans le pays.
Objectif avoué de la manœuvre : faciliter le rapatriement en Russie des fonds des oligarques russes frappés par les derniers trains de sanctions américaines, au mois d’avril. Le gouvernement russe avait annoncé des mesures pour soutenir les personnes touchées, en particulier Oleg Deripaska et Viktor Vekselberg, deux proches du président Vladimir Poutine. Les nouvelles juridictions offshore russes pourront accueillir leurs sociétés basées à l’étranger tout en conservant leur forme juridique et leurs avantages fiscaux.

Echapper à l’imposition
Cet objectif dicte une autre spécificité de ces nouveaux offshores russes : seules les entités étrangères seront autorisées à s’y installer. Les exilés fiscaux russes y sont les bienvenus pour rapatrier leurs fonds et échapper ainsi aux sanctions américaines, mais les entreprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.
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Les magasins britanniques dans la tourmente

En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 11h10
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La litanie des faillites et des fermetures de magasins continue pour les enseignes britanniques. Mais, cette fois, une icône du commerce est touchée. House of Fraser, une chaîne de grands magasins vieille de cent soixante-cinq ans, a brièvement déposé le bilan vendredi 10 août, avant de trouver un repreneur en la personne de Mike Ashley, un milliardaire self-made-man. Ce dernier fait une excellente affaire. Il empoche les cinquante-neuf magasins du groupe pour 90 millions de livres (101 millions d’euros) et se débarrasse, au passage, du fonds de pension versant les retraites des salariés de l’enseigne, grâce à la procédure judiciaire qui venait de débuter.
Malgré un déclin qui a commencé il y a une vingtaine d’années, House of Fraser reste dans de nombreuses localités britanniques le principal grand magasin de centre-ville. Autour de lui opèrent des rues marchandes et un important écosystème de petits magasins.
Son avenir incertain apparaît comme un symbole des difficultés des enseignes britanniques. Marks & Spencer a récemment annoncé la fermeture d’une centaine de magasins. New Look (vestimentaire), Mothercare (produits pour bébé) et Carpetright (moquettes) ont signé des accords avec leurs créditeurs pour vendre des boutiques afin d’honorer leurs dettes. Les magasins de cartes de vœux Card Factory viennent d’émettre un avertissement sur résultats. En mars, l’enseigne de jouets Toys’R’Us a fermé.

Développement de l’e-commerce
D’autres magasins sont mieux positionnés et prennent partiellement la relève. Mais les fermetures sont plus nombreuses que les ouvertures. « Il y a aujourd’hui 2 500 magasins de moins qu’il y a trois ans [au Royaume-Uni] », relève dans un récent article Helen Dickinson, directrice du British Retail Consortium, l’organisme représentant le secteur. « Les commerces font face à la conjoncture la plus difficile depuis la crise de 2008 », ajoute Paul Souber, analyste à Colliers International,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.
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Les commissaires politiques font leur retour dans l’armée russe

Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 11h45
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le 30 juillet, Vladimir Poutine a signé l’ordre de fondation du GVPU. Hormis quelques revues spécialisées, ce nouvel acronyme n’a pas fait grand bruit en Russie. Pourtant, la nouvelle est de taille. GVPU (prononcer « guévépéou «) signifie « Direction centrale militaro-politique », et la création de cette structure marque le retour de l’un des symboles les plus marquants de l’ère soviétique : les commissaires politiques au sein de l’armée.
Le terme est évocateur, et son histoire chargée. L’institution des commissaires politiques remonte à 1918. Malmenée durant la guerre civile russe, l’Armée rouge est forcée de faire appel à d’anciens officiers tsaristes. Pour s’assurer de leur loyauté, elle les flanque d’officiers politiques chargés de les surveiller de près. L’institution survivra tout au long de l’existence de l’URSS, se transformant progressivement en une sorte de police des mœurs pour les officiers soviétiques, avant de disparaître en 1991.
La filiation du nouvel organe avec l’ancienne institution des commissaires politiques est ouvertement revendiquée par les défenseurs du projet : « Il serait judicieux de former cet organisme politico-idéologique en se basant sur les structures existantes, héritées de l’ancienne direction de l’éducation politique », déclarait en février Alexandre Kanchine, représentant du ministère russe de la défense.
« Il nous faut une approche méthodique de l’éducation patriotique », affirme Viktor Bondarev, sénateur
Pourquoi la Russie s’attache-t-elle à faire revivre un symbole aussi daté ? L’institution des commissaires politiques n’était pourtant pas particulièrement populaire au sein même de l’armée soviétique. Les nouveaux commissaires politiques russes, affirme le ministère de la défense, ne seront pas là pour surveiller leurs camarades : ils seront les premiers au front de la « guerre de l’information », un concept cher aux stratèges russes. 
« La guerre mondiale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.
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La livre turque en pleine débâcle

Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La livre turque a atteint son plus bas niveau historique, vendredi 10 août, perdant près de 20 % de sa valeur face au dollar et à l’euro sur fond de crise diplomatique aiguë entre Ankara et Washington, d’inaction du gouvernement turc et de commentaires vindicatifs du président Recep Tayyip Erdogan, convaincu qu’une « guerre économique » a été déclarée à son pays.
« Ils ont le dollar mais nous avons pour nous notre peuple, le droit et Allah », a-t-il clamé vendredi sous les applaudissements des fidèles alors qu’il sortait de la mosquée à Rize, une ville des bords de la mer Noire d’où sa famille est originaire.
Rejetant la responsabilité de la chute de la monnaie locale sur « le lobby des taux d’intérêt », le chef de l’Etat a exhorté ses concitoyens à « changer les dollars et l’or placés sous les matelas contre des livres [turques] », ce qui est « la meilleure réponse à donner à l’Occident ». « Il s’agit d’une bataille interne, nationale », a-t-il martelé un peu plus tard à Bayburt, une ville du nord -est du pays où il était venu remercier les électeurs d’avoir voté pour lui à 82 % lors de la présidentielle du 24 juin.

Inquiétudes des investisseurs
Vendredi, Berat Albayrak, le nouveau ministre des finances qui est aussi le gendre du président, dévoilait son « nouveau modèle économique ». A peine avait-il commencé à parler que le président américain, Donald Trump, annonçait dans un Tweet « le doublement des droits de douane » sur les exportations d’acier et d’aluminium turcs, les portant respectivement à 50 % et 20 %, au moment où la livre turque « dégringole rapidement face à notre dollar si fort ! » Les Etats-Unis étant un débouché important pour l’acier turc (15 % des exportations totales), la livre a poursuivi sa chute de plus belle après le Tweet trumpien.
Le nouveau programme économique turc, une suite de vœux pieux, n’a pas contribué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.
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Au Royaume-Uni, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012

Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h38
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


L’économie britannique peut remercier la météo. Après une croissance de seulement 0,2 % au premier trimestre, à cause d’un épisode neigeux très marqué, celle-ci a rebondi, d’après les données publiées vendredi 10 août, à 0,4 % au deuxième trimestre, grâce à l’ensoleillement tout aussi marqué de juin. Ces caprices du ciel ne changent cependant pas grand-chose à la réalité sous-jacente : « L’activité demeure en dessous de sa tendance de long terme », notent les analystes de Barclays. Au total, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012. Sur un an, elle atteint péniblement 1,3 %.
Depuis dix-huit mois, l’économie britannique a subi un sérieux coup de frein, lié très largement au Brexit. Pas d’effondrement, ni de récession, et le marché de l’emploi demeure toujours aussi vigoureux, avec un chômage de seulement 4,2 %. Mais le rythme de la croissance est passé de plus de 2 % au moment de référendum de juin 2016 à presque moitié moins aujourd’hui.
A ce ralentissement s’ajoutent depuis quelques semaines les risques d’un Brexit sans accord, qui sont « inconfortablement élevés », selon les mots de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre. La première ministre Theresa May a présenté début juillet une proposition pour les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Côté britannique, cela a provoqué la démission de plusieurs ministres clés. Côté européen, la réaction a été très réservée.

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                La Banque d’Angleterre relève ses taux en dépit des incertitudes du Brexit



Plongeon de la livre sterling
A seulement sept mois de l’entrée en vigueur du Brexit, le 30 mars 2019, une telle impasse a fait de nouveau plonger la livre sterling. Véritable baromètre des négociations entre Londres et Bruxelles, la monnaie britannique est à son niveau le plus bas depuis un an face au dollar, à 1,27. Face à l’euro, elle retrouve aussi un seuil bas, autour de 1,11.
Pour l’instant, le gouvernement la laisse fluctuer, ne commentant jamais ces yoyos. Simon Derrick, spécialiste du marché des devises à la banque américaine BNY Mellon, craint cependant que la question ne finisse par devenir politique, particulièrement pendant un automne qui s’annonce explosif : l’objectif officiel est de trouver un accord sur le Brexit au sommet européen d’octobre, ou, dans le pire des cas, à celui de décembre.
Sur le fond, les raisons du ralentissement économique britannique venant du Brexit sont désormais bien documentées. D’abord, la chute de la livre sterling a mécaniquement renchéri les importations, provoquant une vague d’inflation, qui a réduit d’autant le pouvoir d’achat des ménages. Ce phénomène est en train de se résorber, le choc sur la devise étant désormais ancien : en juin, l’inflation n’était plus que de 2,4 %, après un pic autour de 3 % au début de l’année. Reste que la consommation des ménages était toujours médiocre au deuxième trimestre, en hausse de 0,3 %. Le beau temps, le mariage du prince Harry et la Coupe du monde de football n’y ont rien pu.

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                Le Brexit continue de peser sur l’économie britannique



Rebond « peu convaincant »
Ensuite, les incertitudes très fortes autour du Brexit ont incité les grands groupes à repousser leurs principaux investissements. Difficile de développer une usine si on ne connaît pas les futures conditions d’accès à son plus gros marché d’exportation. Et si les investissements des entreprises ont, globalement, augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre, c’était après une chute de 0,2 % au premier trimestre.

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                Au Royaume-Uni, le ressort brisé du Brexit



Quant aux exportateurs, la théorie économique voudrait que la baisse de la livre sterling leur ait profité. Ce n’est pour l’instant guère le cas. Une chute des exportations dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation a même creusé le déficit de la balance commerciale au deuxième trimestre. De ce côté, l’avenir proche ne s’annonce pas beaucoup plus reluisant. « Le cycle économique mondial a ralenti et les tensions commerciales augmentent », rappelle Elizabeth Martins, économiste à HSBC, faisant référence à la guerre commerciale ouverte par le président américain Donald Trump. Elle confie donc son « inquiétude » pour la croissance britannique, jugeant le rebond du deuxième trimestre « peu convaincant ».
George Buckley, économiste à Nomura, confirme ce verdict. « On peut s’attendre à ce que les incertitudes pèsent plus lourdement sur l’économie dans les mois qui viennent avec des dates butoirs très importantes sur les négociations du Brexit. » L’économie britannique était arrivée au référendum en relative bonne santé et a des réserves. Mais sa trajectoire, sous la tendance de long terme, devrait durer.

Un PIB désormais mensuel
Depuis le mois de juillet, le Royaume-Uni présente les statistiques de son produit intérieur brut (PIB) tous les mois, au lieu de la présentation trimestrielle traditionnelle. Il est le deuxième pays après le Canada à le faire. « Cela apporte une estimation de meilleure qualité et plus rapide de l’évolution de notre économie, permettant aux décideurs (Banque d’Angleterre, gouvernement…) d’avoir d’importantes informations pour prendre leurs décisions », explique James Scruton, de l’Office of National Statistics (ONS). Les statistiques sont publiées une quarantaine de jours après la fin du mois mesuré. Ainsi, les chiffres de vendredi 10 août indiquent que la croissance, en juin, était de 0,1 %, en net ralentissement par rapport à mai, à 0,3 %.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.
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L’accord migratoire entre Madrid et Berlin entre en vigueur

Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h42
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



   


L’Espagne s’est engagée à reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais ayant auparavant déposé une demande d’asile sur son sol. L’accord conclu entre les deux pays est entré en vigueur samedi 11 août, jour où le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, reçoit la chancelière allemande, Angela Merkel, dans sa résidence d’été du parc naturel de Doñana, en Andalousie.
Cette mesure, la première du genre entre deux pays de l’Union européenne, fait partie d’un accord conclu lors du conseil européen des 28 et 29 juin, a indiqué un porte-parole du gouvernement espagnol. Des discussions sont également en cours entre Berlin et Athènes. Les migrants déjà enregistrés en Espagne et se trouvant sur le sol allemand pourront être transférés dans un délai de quarante-huit heures.

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                L’Espagne devient la première porte d’accès des migrants en Europe



La question migratoire devait être l’un des principaux sujets de la réunion informelle des deux chefs de gouvernement. Pour Angela Merkel, il s’agit d’apaiser les exigences de la CSU bavaroise du ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, et de le convaincre de renoncer à son projet de refouler unilatéralement tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays.
Aide d’urgence
Pour le socialiste Pedro Sanchez, qui n’est au pouvoir que depuis début juin, la question des migrants pourrait devenir un vrai problème alors qu’il ne dispose que de très peu de soutien au Parlement. Le nombre d’arrivée de migrants en Europe a drastiquement baissé depuis 2015, mais l’Espagne est devenue le premier point d’entrée des migrants en Europe, avec plus de 26 000 demandeurs d’asile depuis le début de l’année.
Pour faire face à cet afflux, le gouvernement de Pedro Sanchez a annoncé, le 3 août, qu’il regrouperait ses forces en un « commandement unique opérationnel » pour mieux gérer l’arrivée des clandestins et consacrerait 30 millions d’euros à l’accueil des migrants arrivant sur ses côtes. Il a également demandé le soutien de la Commission européenne, qui lui a octroyé 30 millions d’euros pour l’aide d’urgence.

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                Italie : l’« Aquarius » reprend la mer et défie Salvini



M. Sanchez a aussi annoncé que l’Espagne renforcerait la coopération et le dialogue avec le Maroc, présenté comme un pays ami « fondamental pour la gestion et le contrôle des flux migratoires ».
Après l’accueil très médiatisé de l’Aquarius en juin, le gouvernement espagnol ne renonce toujours pas à accueillir les navires des ONG qui secourent des migrants en Méditerranée, mais le fait désormais beaucoup plus discrètement. Et les rescapés seront traités par l’administration de la même façon que les autres immigrés clandestins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».
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Claude Obadia : « Oser affirmer une identité européenne commune »

Considérer que l’identité du Vieux Continent n’est qu’une disposition à s’ouvrir à toutes les autres, loin de renforcer l’Union européenne, nous condamne à la défaire, estime le philosophe dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h45
    |

Claude Obadia (Philosophe, il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise, à l’Institut supérieur de commerce de Paris et dans le second degré)







                        



                                


                            

Tribune. A l’heure où l’arrivée des migrants soulève de façon dramatique la question de savoir si nous avons le droit de sacrifier l’impératif catégorique du devoir humanitaire sur l’autel de l’intérêt national, force est de constater que l’Europe n’a jamais semblé aussi désespérément désunie. Comme le manifestent les tensions entre les pays méditerranéens réclamant davantage de solidarité et les pays de l’Est européen qui s’obstinent à la leur refuser.
Le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse
Mais si tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Europe est en panne de projet et qu’elle ne parvient pas à rassembler les pays membres de l’Union européenne (UE), il est à craindre que nous n’ayons pas encore pris la mesure des causes profondes de cette désunion. Tant que les Européens continueront d’affirmer que le propre de l’Europe est de ne pas avoir de caractère propre, l’Europe n’existera pas. Tant que l’Europe n’existera pas, il sera impossible d’endiguer en son sein les crispations nationalistes et les tentations xénophobes.
Car ce n’est pas en niant son identité qu’on peut s’ouvrir à l’altérité et à la diversité. C’est en l’assumant ! Or, si les Européens n’adhèrent pas à l’Europe, c’est précisément parce qu’à force d’affirmer que celle-ci n’a pas d’identité, nous avons ruiné toute chance de pouvoir nous y reconnaître. Disons le tout net : le cosmopolitisme postidentitaire, inspiré notamment par les idées du sociologue Ulrich Beck, en Allemagne, et du philosophe Jean-Marc Ferry, en France, est une impasse et ses partisans sont les fossoyeurs de l’Europe.
« Une révolution dans l’ordre intellectuel et moral »
La réflexion développée en 1933 par Julien Benda, dans un contexte politique pourtant bien différent du nôtre, peut ici se révéler éclairante. S’adressant, dans son Discours à la nation européenne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.
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A Bucarest, gaz lacrymogènes et canon à eau contre une manifestation d’expatriés roumains

Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 03h11
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h37
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Gaz lacrymogène et canons à eau ont été utilisés par les forces de l’ordre pour disperser, vendredi 10 août dans la soirée, une manifestation d’environ 80 000 personnes à Bucarest. La plupart d’entre eux étaient des Roumains de la diaspora venus protester contre la corruption institutionnalisée qui gangrène leur pays.
Nicusor Vasile, petit entrepreneur dans le bâtiment émigré à Bruxelles depuis cinq ans, a fait 2 200 kilomètres de route pour se rendre place de la Victoire, devant le siège du gouvernement, lieu traditionnel des manifestations. Agé de 45 ans, il a quitté la Roumanie en 2013. « J’en avais marre, explique-t-il. En Roumanie, je travaillais jusqu’à douze heures par jour et j’avais du mal à joindre les deux bouts. Nous avons tout ce qu’il faut pour vivre aussi bien à Bucarest qu’à Bruxelles ou à Paris, mais la corruption a détruit ce pays. »
« Pourquoi une telle violence ? Nous ne céderons pas, prévient M. Vasile. J’envoie l’argent que je gagne en Roumanie et qu’est-ce que je reçois en échange ? Du gaz lacrymogène et des jets d’eau sur la tête. Nous ne confierons pas la Roumanie à une bande de voleurs qui ont fait main basse sur le gouvernement et sur le Parlement. »
Vendredi, le président libéral Klaus Iohannis a affiché sa solidarité avec les manifestants et a aussitôt réagi au zèle policier du gouvernement. « Je condamne l’intervention brutale de la gendarmerie, disproportionnée par rapport à l’attitude paisible de la plupart des manifestants », a-t-il déclaré.
« Si tu es honnête, tu crèves »
La Roumanie est entrée dans l’Union européenne en 2007, et des millions de ses ressortissants sont partis chercher une vie meilleure dans l’ouest du continent. Officiellement, trois millions ont émigré en Occident, mais, selon les associations de la diaspora, il y en aurait cinq millions, soit un Roumain sur quatre. C’est grâce à eux que l’économie du pays s’est maintenue. Tous les ans, ils envoient à leurs familles environ 5 milliards d’euros, une somme importante dans un pays où le salaire moyen est de 500 euros.
Le 10 août, ils s’étaient donné rendez-vous dans la capitale pour exprimer leur colère contre le gouvernement. Le mécontentement était monté d’un cran en février 2017, lorsque l’exécutif social-démocrate a multiplié les mesures pour mettre fin à la campagne anticorruption lancée au début des années 2000.
« Les hommes politiques sont allés trop loin, ils se comportent comme des gens auxquels tout est permis, selon Nicusor Vasile. Ma femme et ma fille vivent ici et c’est ici que je veux vivre, mais si tu es honnête dans un pays corrompu jusqu’à la mœlle, tu crèves. Je ne veux pas vivre toute ma vie à l’étranger, je veux vivre avec ma famille dans un pays qui respecte les règles. Mais comment peut-on respecter la loi si ceux qui la font, nos députés et nos gouvernants, ne la respectent pas ? »

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Après une victoire écrasante aux législatives de décembre 2016, Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates, n’a pas pu devenir premier ministre en raison d’une condamnation pénale à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 20 juin 2018, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour abus de pouvoir. M. Dragnea, qui préside la Chambre des députés, fait aussi l’objet d’une troisième enquête pénale pour détournement de 20 millions d’euros de fonds européens à travers une société de construction d’autoroutes.
Mais il a trouvé la parade : modifier le code pénal pour blanchir son casier judiciaire et limiter drastiquement le pouvoir des magistrats. Le 18 juin, les députés ont voté un nouveau code pénal, vivement contesté par les spécialistes. Le gouvernement a également réussi à obtenir le limogeage de Laura Codruta Kövesi, chef du Parquet national anticorruption (DNA), qui incarnait cette lutte.

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Craintes quant à l’Etat de droit
La Commission européenne et les instances occidentales s’inquiètent au sujet de l’Etat de droit en Roumanie, d’autant plus que le pays assurera la présidence tournante de l’UE pendant six mois à partir du 1er janvier 2019. Le 28 juin, douze pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, avaient exhorté le Parlement roumain à ne pas modifier la loi pénale. « Nous appelons nos partenaires roumains à éviter des modifications qui pourraient affaiblir l’Etat de droit et la capacité de la Roumanie à lutter contre la délinquance et la corruption », déclarait le communiqué des chancelleries occidentales à Bucarest.
Le 10 juillet, la France est revenue à la charge avec une déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay : « A quelques mois de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne, la France et ses partenaires européens resteront vigilants sur l’évolution de la situation de l’Etat de droit en Roumanie. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.
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Pourquoi la livre turque s’effondre-t-elle ?

La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 06h36
    |

            Marie Charrel








                        



   


« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale. » Vendredi 10 août, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse de dire qu’un « complot » étranger est responsable de l’effondrement de la livre turque, a une nouvelle fois appelé ses concitoyens à se rendre aux bureaux de change pour soutenir leur devise.
La dégringolade de celle-ci est vertigineuse et laisse désormais craindre une contagion aux marchés financiers. Elle a en effet plongé de près de 20 % sur la seule journée de vendredi, un dollar s’échangeant brièvement contre 6,87 livres, son plus bas historique. Depuis le début de l’année, elle a perdu 40 % de sa valeur.
Les sanctions américaines aggravent la chute
L’hémorragie de la livre a accéléré ces derniers jours sous l’effet de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis, liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain. Vendredi, le président américain Donald Trump a annoncé une augmentation sévère des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs. Celles-ci vont respectivement passer de 25 % et 10 % à 50 % et 20 %. « Nous ne perdrons pas cette guerre économique », a assuré M. Erdogan.

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Cette escalade inquiète les investisseurs : ils retirent leur argent d’Istanbul et Ankara, ce qui accentue encore la chute de la livre, déjà fragilisée par les faiblesses de l’économie.
Les fragilités économiques du pays
La Turquie est minée par d’importants problèmes structurels. Ses banques sont en mauvaise santé. L’inflation galopante (16 % en juillet en rythme annuel) rogne le pouvoir d’achat des ménages. Ces dernières années, l’endettement des entreprises turques a explosé : elles ont beaucoup emprunté en dollar, ce qui les rend vulnérables aux variations de taux de change. « Le pays affiche un important déficit courant : il dépend des financements étrangers, notamment en dollar », ajoute Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

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Le financement de ce déficit est devenu plus compliqué et cher depuis que la Réserve fédérale américaine, face à la bonne santé économique des Etats-Unis, a commencé le relèvement de son taux directeur. Celui-ci tire le billet vert à la hausse face aux autres devises et renchérit le coût des emprunts pour les entreprises turques endettées en dollar. « Là encore, cela pousse les investisseurs doutant de la solidité de la Turquie – comme des autres pays émergents fragilisés – à quitter le pays pour aller placer leur argent aux Etats-Unis, où la hausse des taux offre de meilleurs rendements », explique Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset management.
Le manque de réactivité de l’Etat et de la banque centrale
« Les marchés s’inquiètent également de l’inaction de la banque centrale face à la situation », analyse Aneeka Gupta, stratège chez WisdomTree, une société financière. Celle-ci renâcle en effet à prendre les mesures indispensables pour stopper l’effondrement de la livre et juguler l’inflation. A commencer par le relèvement de son taux directeur – un remède certes douloureux pour les entreprises et les ménages, car il renchérit le loyer de l’argent, mais néanmoins indispensable.

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Ces derniers mois, le président Erdogan a resserré son contrôle sur l’institut monétaire, qui n’est désormais plus indépendant. Il n’a plus aucune crédibilité aux yeux des investisseurs – ce qui les pousse à fuir un peu plus vite encore.
Des remèdes douloureux à venir
Si l’effondrement de sa devise se poursuit, la Turquie sera, tôt ou tard, contrainte de faire appel à une aide extérieure. Cela pourrait être celle du Fonds monétaire international (FMI) – mais l’on peut douter que le président Erdogan s’y résolve. L’autre option serait d’imposer un strict contrôle des capitaux, afin d’enrayer les sorties d’argent du pays, tout en resserrant les politiques budgétaire et monétaire.
Sur le long terme, seules des réformes de fond visant à assainir le système bancaire, renforcer la régulation financière et rétablir la confiance seront susceptibles de tirer l’économie turque de la crise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.
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Aide aux migrants : assouplissement du contrôle judiciaire de Cédric Herrou

L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 19h05
   





                        



   


Le contrôle judiciaire du militant Cédric Herrou, devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été assoupli vendredi 10 août par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, selon son avocat. M. Herrou avait demandé la veille la levée de son contrôle judiciaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui a siégé à huis clos.

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De nouveau le droit de voyager
Selon son avocat, Bruno Rebstock, l’obligation de se présenter tous les quinze jours à la gendarmerie est maintenue. En revanche, « Cédric Herrou récupère son passeport, peut quitter le territoire national en informant le juge d’instruction et peut librement fréquenter les gares et parvis », a précisé Me Rebstock, saluant une décision « encourageante ».
L’agriculteur âgé de 38 ans peut également aller en Italie, pays situé à proximité de son domicile, mais « uniquement pour raisons professionnelles », a souligné son avocat.
« Je suis soulagé personnellement, ma vie sera plus simple et cela signifie aussi que l’on ne me considère pas comme un délinquant ou quelqu’un de dangereux », a réagi auprès de l’AFP Cédric Herrou. Tout en ajoutant :
« On criminalise les personnes qui aident les migrants alors que nous sommes de simples citoyens qui réagissent aux défaillances des Etats sur le sujet. »
Le principe de fraternité reconnu par le Conseil constitutionnel
Cette seconde demande de M. Herrou de levée de son contrôle judiciaire s’est appuyée, selon sa défense, sur la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet dernier selon laquelle une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, au nom du principe de fraternité.
Le contrôle judiciaire de Cédric Herrou est en place depuis le 23 juillet 2017, quand il avait été arrêté en gare de Cannes avec des demandeurs d’asile. « C’est un moyen de bloquer mes actions en fait, d’entraver ma liberté et non pas seulement de la contrôler. C’est un moyen de punir les gens avant de les avoir jugés », avait-il dénoncé jeudi.
Il s’élève également contre la présence de « 40 gendarmes mobiles sur [sa] propriété vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». « Il y a un constat d’huissier. Ils sont restés sur ma propriété un mois et demi et on va porter plainte », a-t-il dit.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
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Oleg Sentsov : Emmanuel Macron a proposé des solutions d’urgence à Vladimir Poutine

Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 19h54
   





                        



   


Détenu en Russie depuis 2015 et en grève de la faim depuis près de trois mois, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov est aujourd’hui en danger de mort. Sa situation a été au cœur d’un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, vendredi 10 août.
Le président français a fait « plusieurs propositions » à son homologue russe afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire », a annoncé l’Elysée dans un communiqué. M. Poutine s’est engagé à répondre à ces propositions et « à diffuser rapidement des éléments sur son état de santé ».
M. Sentsov, opposant à l’annexion de la Crimée par la Russie, a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour terrorisme et trafic d’armes à l’issue d’un procès qualifié de stalinien par Amnesty International. Il est accusé d’avoir, avec un complice, envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. Depuis la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie, où il est incarcéré, il a commencé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

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Perte de 30 kg
S’il ne mène pas une grève de la faim totale – il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté, il y a deux semaines, de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires –, il a perdu 30 kg depuis le début de son action. Il souffre également de problèmes cardiaques, présente un très bas niveau d’hémoglobine dans le sang et son rythme cardiaque est de 40 pulsations par minute.
L’administration russe continue pourtant d’affirmer que le prisonnier est dans un état satisfaisant. A la suite du coup de fil entre les deux chefs d’Etat, les autorités pénitentiaires russes ont annoncé que des membres de la commission de surveillance publique des prisons avaient rendu visite vendredi au prisonnier qui, au cours de la conversation, « ne s’est plaint de rien ».
M. Sentsov a de nouveau refusé un transfert vers un hôpital municipal « expliquant qu’il ne se considérait pas comme un malade », selon la commission. Le cinéaste avait déjà refusé ce transfert il y a quelques jours, au motif qu’il craignait pour sa santé. « Bien sûr, Oleg, comme toute autre personne, ne veut pas mourir. Mais il y est prêt », a déclaré de son côté son avocat, Dmitri Dinzé.
« Oleg est devenu un kamikaze ukrainien qui a mis sa vie en jeu pour sauver la vie des autres, pour ses idéaux, pour son pays. »
« On se heurte à un mur »
M. Macron a déjà plaidé plusieurs fois en faveur d’Oleg Sentsov auprès de Vladimir Poutine. Il lui en avait parlé en mai lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg, puis lui avait adressé un courrier pour « lui faire part de sa vive préoccupation sur l’état de santé du cinéaste et lui demander de réagir rapidement ». Le chef d’Etat français lui en avait reparlé lorsqu’il l’avait rencontré au Kremlin le 15 juillet, avant la finale du Mondial 2018. Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait estimé le 10 juillet que « les droits élémentaires » de la défense d’Oleg Sentsov n’avaient « manifestement pas été respectés ».
« Nous espérions un geste à la faveur du tournoi », a expliqué au Monde François Croquette, ambassadeur de France pour les droits de l’homme :
« Mais l’on se heurte à un mur : nos interlocuteurs alternent entre les fins de non-recevoir, le silence complet et des mensonges. La médiatrice russe nous avait par exemple assuré, il y a quelques semaines, que Sentsov avait pris 2 kg en prison. C’est un peu incompréhensible pour nous. La Russie dépense beaucoup d’énergie et d’argent pour son image, et là elle semble prête à le laisser mourir. Nos demandes sont désormais seulement d’ordre humanitaire, à commencer par l’accès d’un médecin indépendant. Mais l’on commence à craindre qu’il soit trop tard. »

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La géographe, spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption. A la frontière entre l’Europe et le Proche-Orient, ce minuscule Etat a développé son économie dans les marges.
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Nathalie Bernardie-Tahir : « Malte joue des interstices du système, à la limite entre le légal et l’illégal »

La géographe, spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption. A la frontière entre l’Europe et le Proche-Orient, ce minuscule Etat a développé son économie dans les marges.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 14h05
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            
Plus petit pays de l’Union européenne, perdu au milieu de la Méditerranée, Malte a longtemps été loin des radars de l’actualité. Pourtant, depuis deux ans, éclatent dans l’archipel des scandales de corruption sur fond d’accusations d’évasion fiscale venues de toute l’Europe. La journaliste Daphne Caruana Galizia enquêtant sur ces sujets y a été assassinée en octobre 2017. Depuis la fermeture en juin des ports italiens aux migrants sauvés en Méditerranée, Malte est aussi au cœur de la crise migratoire – plusieurs bateaux ont été secourus dans sa zone maritime. Nathalie Bernardie-Tahir, géographe spécialiste de Malte et de l’insularité à l’université de Limoges, co-auteure de Méditerranée, des frontières à la dérive (Publications Babels, à paraître en octobre), revient sur les particularités et l’histoire de cet Etat de 430 000 habitants.

Malte fait face depuis deux ans à une multiplication des scandales. Une journaliste, Daphne Caruana Galizia, y a même été assassinée le 16 octobre 2017. Comment l’île a-t-elle pu en arriver là ?
Il faut repartir de l’histoire récente de l’économie maltaise. Malte est indépendante depuis 1964. En 1974, les forces britanniques se sont retirées définitivement. Le pays a alors dû construire de manière autonome une stratégie de développement économique après avoir vécu sous protectorat pendant très longtemps. Malte va se positionner sur un marché de niche. Jusque dans les années 1990, dans la sous-traitance industrielle avec le textile ou l’électronique, puis l’industrie pharmaceutique. Mais elle a ensuite été concurrencée par les pays d’Asie du Sud-Est qui proposaient une main-d’œuvre encore moins chère.
Dans un second temps, Malte s’est reconvertie dans le tertiaire (surtout le tourisme). Le pays étant tout petit [316 km2] et doté d’un marché domestique trop étroit, la seule manière de développer les services était donc de jouer un rôle d’intermédiaire. Cette stratégie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/08/2018
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Des Roms manifestent à travers l’Europe contre le racisme

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 08h33
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Toutes les nuits, Bela Racz refait le même cauchemar. Pendant que sa femme et ses enfants dorment tranquillement, quelqu’un met le feu à la maison familiale. « Pour nous, les Roms, c’est une peur qui remonte à mille ans, souffle ce Hongrois. Et l’actualité nous montre qu’elle n’est pas sans fondement. » 
M. Racz est à l’initiative d’une manifestation, jeudi 9 août à Budapest, devant le ministère des affaires étrangères hongrois, accusé de garder le silence sur les agressions dont les Roms d’origine hongroise font l’objet à l’étranger. Vingt-trois associations se sont jointes à sa démarche, et malgré la canicule une centaine de personnes sont venues soutenir les victimes des dernières violences en date.

Le 23 juin, des ultranationalistes ont attaqué un camp de Roms dans l’ouest de l’Ukraine. Ils ont tué une personne et en ont blessé plusieurs autres, dont un enfant. « Une école maternelle a été incendiée, une famille a perdu sa maison et reste, à ce jour, sans aucune aide des pouvoirs publics », dénonce Istvan Vavrek, un autre représentant des Roms, qui habite en Slovaquie, dans une région gouvernée jusqu’à l’année dernière par un néonazi multipliant les incitations à la haine à l’encontre des « tsiganes criminels ».
« On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques » Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtoközpont
En marge des commémorations traditionnelles du génocide des Roms par les nazis, le 2 août, des manifestations ont été préparées de manière coordonnée dans neuf pays européens. « En Bulgarie et en Roumanie, on a réussi à mobiliser plus de mille personnes, se réjouit Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtoközpont. On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques. Et on veut démontrer notre détermination face aux propos tenus sur nous par Matteo Salvini. »
Le ministre italien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.
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Face au manque de bras, l’Europe de l’Est se tourne vers les robots

La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h42
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Alors que la France lutte pour résorber le chômage de longue durée, la République tchèque, elle, fait face à un problème d’une tout autre nature : elle n’a jamais autant manqué de bras. En juillet, le taux de chômage était de seulement 3,1 %, selon les données publiées jeudi 9 août par le Pôle emploi tchèque. C’est le plus bas niveau de l’Union européenne. Sur le même mois, le nombre de postes vacants a culminé au niveau historique de 310 000, en hausse de 65 % sur un an. Il est désormais supérieur à celui des demandeurs d’emploi (231 565 personnes).
La situation n’est pas propre à Prague. « Les difficultés de recrutement sont criantes dans toute l’Europe centrale et de l’Est, alors que les usines tournent à plein régime », explique Grzegorz Sielewicz, économiste spécialiste de la région pour Coface, à Varsovie. En Hongrie et en Pologne, le taux de chômage est également inférieur à 4 %. Par ailleurs, il est tombé à 4,5 % en Roumanie en juin, et il dépasse à peine 5,5 % en Slovénie, selon Eurostat. Une tendance liée à la bonne santé économique de ces pays, comme à la démographie. Depuis les années 1990, plus de 20 millions de personnes ont quitté la région, soit près de 5,5 % de la population. A cela s’ajoute la chute de la natalité, qui accentue le déclin de la force de travail.

Pour attirer les candidats, les entreprises ont augmenté les salaires. Ils ont progressé de plus de 30 % en Roumanie et de 20 % Hongrie depuis 2010. En République tchèque, ils ont bondi de 7 % en 2017 et devraient croître encore de 7,8 % cette année, d’après les prévisions de la Société générale. Le salaire minimal polonais est passé de 1 750 zlotys (410 euros) en 2016 à 2 000 zlotys bruts (470 euros) aujourd’hui. Et ce, au profit du pouvoir d’achat des salariés, dont le niveau de vie s’approche lentement des standards de l’Europe de l’Ouest.
« Toute la difficulté est qu’à un certain point, la hausse des salaires menace la rentabilité des entreprises...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 09/08/2018
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En proie aux grèves, le modèle Ryanair se fissure

La compagnie aérienne à bas coûts essuie, vendredi, la pire grève de son histoire avec des pilotes mobilisés dans cinq pays européens.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 08h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Et si Ryanair était en train de devenir une compagnie aérienne comme les autres ? Chamboulant la concurrence depuis trois décennies, au point d’être devenue la première compagnie aérienne d’Europe (130 millions de passagers par an), l’entreprise irlandaise connaît, vendredi 10 août, la plus grande grève de son histoire. L’arrêt de travail concerne les pilotes d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et de Belgique.
Pas de quoi clouer Ryanair au sol. Seuls 400 vols sur 2 400 sont annulés. Mais, depuis des mois, le mouvement social prend de l’ampleur. Il a commencé à l’automne 2017, quand une mauvaise gestion des vacances des pilotes a mis au jour le mécontentement du personnel, forçant la compagnie à annuler plusieurs milliers de vols. En décembre, les pilotes allemands ont été les premiers de l’histoire de la société à faire grève. Ils ont été suivis, en mars, par le personnel de cabine du Portugal.
Début juillet, les pilotes irlandais ont marqué deux jours de débrayage, suivis, fin juillet, par le personnel de cabine en Espagne, au Portugal et en Belgique. « Chaque groupe de grévistes semble donner du courage aux autres », souligne Andrew Lobbenberg, analyste à HSBC.
Du jamais-vu pour la compagnie aérienne irlandaise, dirigée jusqu’à présent avec l’efficacité et la brutalité légendaires de son patron, Michael O’Leary. Jusqu’en décembre 2017, ce dernier refusait de reconnaître le moindre syndicat.

« Ryanair était une compagnie complètement différente des autres, sans syndicat ni grève, estime dans une note M. Lobbenberg. A présent, c’est fini. La boîte de Pandore est ouverte. »
« Ce modèle touche à sa fin »
Les revendications des pilotes se concentrent sur l’étrange fonctionnement interne de l’entreprise : la majorité des pilotes ne travaillent pas directement pour l’entreprise, mais sont des sous-traitants, embauchés par le biais d’agences avec des contrats de droit irlandais ou avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Après une semaine en mer, le bateau, avec les 87 personnes secourues à son bord, a pu accoster, jeudi, dans le sud de l’Espagne.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les tornades de feu sont dangereuses car il est difficile de prévoir leurs oscillations et leurs déplacements. Spectaculaires, elles sont cependant plutôt rares.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le premier ministre russe a affirmé vendredi que son pays réagirait avec tous les moyens à sa disposition si Washington adoptait une deuxième salve de sanctions.
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De nouvelles sanctions américaines seraient une « déclaration de guerre économique », selon Medvedev

Le premier ministre russe a affirmé vendredi que son pays réagirait avec tous les moyens à sa disposition si Washington adoptait une deuxième salve de sanctions.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 18h38
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


L’esprit d’Helsinki est bien loin. Moins d’un mois après les échanges d’amabilité du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le 16 juillet dans la capitale finlandaise, l’heure est de nouveau à la confrontation entre Washington et Moscou. Mercredi 8 août, les Etats-Unis ont fait part de leur intention d’imposer une nouvelle salve de sanctions à la Russie ; dès le lendemain, celle-ci a prévenu qu’elle riposterait de manière « identique ».
« Si suivent des choses comme l’interdiction des activités de telle ou telle banque ou celle de l’utilisation de telle ou telle monnaie, il faudra nommer les choses clairement : c’est une déclaration de guerre économique, a également déclaré vendredi le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, cité par l’agence de presse Interfax. Et il nous faudra absolument répondre à cette guerre. Par des méthodes économiques, par des méthodes politiques, et si nécessaire par d’autres moyens. Nos amis Américains doivent le comprendre. »
De son côté, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a averti vendredi son homologue américain, Mike Pompeo, lors d’un entretien téléphonique, que la Russie « rejette catégoriquement » ces nouvelles sanctions.
L’« affaire Skripal », nouveau sujet de contentieux
En 2014, l’administration Obama avait imposé de lourdes sanctions contre Moscou pour l’annexion de la Crimée et son rôle dans la guerre dans le Donbass. En mars, sous l’administration Trump, donc, le Trésor américain a adopté des mesures ciblées contre des « oligarques » proches de M. Poutine. Il s’agissait alors de répondre à la fois aux accusations d’ingérence dans la campagne électorale de 2016, à plusieurs cyberattaques, mais aussi au soutien de Moscou au régime de Bachar Al-Assad.
Un nouveau sujet vient désormais s’ajouter à cette liste de contentieux : l’empoisonnement sur le sol britannique, début mars, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Les deux ont survécu, mais une Britannique de 44 ans est morte le 8 juillet après avoir été exposée au même poison, le Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique.
Cette « affaire Skripal », dans laquelle les Occidentaux ont vu la main de Moscou, avait donné lieu à la plus importante vague d’expulsions de diplomates jamais vue. Washington avait notamment expulsé 60 diplomates russes accusés d’être des « espions » et la Russie en avait aussitôt fait autant.

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Turbines et électronique
Mercredi, pour expliquer l’imposition de sanctions dans cette affaire, le département d’Etat, qui est à la manœuvre, a répété que « le gouvernement russe a utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales ». Or, a expliqué une porte-parole du département d’Etat, la loi américaine de 1991 sur « l’élimination et le contrôle des armes chimiques et biologiques » oblige le président américain à agir contre tout pays qui aurait utilisé de telles armes.
Les sanctions envisagées, dont le détail n’est pas encore connu, porteraient sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des turbines ou de l’équipement électronique. Si le Congrès ne s’y oppose pas, elles entreront en vigueur le 22 août et la Russie aura alors quatre-vingt-dix jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination, a indiqué le département d’Etat.
En cas de non-respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, qui pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.
Mesures « illégales »
Le Royaume-Uni a immédiatement salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ». Dans le même temps, la presse britannique évoquait ces derniers jours l’imminence de l’envoi par Londres d’une demande d’extradition à Moscou visant deux individus impliqués dans l’empoisonnement des Skripal.
Donald Trump, très actif ces derniers jours sur les sujets de politique intérieure, est de son côté resté muet. Nul doute que cette répartition des rôles à Washington renforcera M. Poutine dans sa conviction que toute la bonne volonté du président américain de réchauffer les relations entre les deux pays pèse peu face à l’opposition de « l’establishment », selon le mot du président russe.
La rencontre d’Helsinki entre les deux hommes, dont on ignore en grande partie le contenu, avait été qualifiée de « mieux que super » par le chef de la diplomatie russe. M. Trump s’y était montré très chaleureux envers son homologue russe et avait semblé prêt, lors de la conférence de presse, à l’exonérer de son rôle dans la campagne de 2016. Dès le début du mois d’août, le ton avait changé avec l’initiative d’élus républicains et démocrates en faveur d’un durcissement des sanctions liées à cette ingérence supposée.

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Jeudi, le Kremlin avait immédiatement qualifié d’« inadmissibles », « inamicales » et « illégales » les mesures annoncées par le département d’Etat américain et promis, selon un scénario désormais bien rodé, une riposte de niveau équivalent. « Quelles que soient les sanctions prises à l’encontre de la Russie, les mesures de représailles seront identiques », a prévenu la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, assurant que Moscou ne se plierait pas « au langage des ultimatums et de la force ».
Cette nouvelle escalade a aussi provoqué un coup de froid, jeudi, à l’ouverture des marchés financiers russes. Les indices boursiers ont chuté et la monnaie russe est tombée à son plus bas niveau en deux ans face au dollar, avant un retour au calme progressif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Jardins de dictateurs 5/6 Le palais du Printemps de Bucarest, qui a récemment ouvert au public, a toujours été entouré de mystère. Il donne des indications sur la vie privée du dictateur roumain, entre verdure et dorures kitch.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.
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Vague d’arrestations de journalistes en Biélorussie

Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 15h52
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Les forces de l’ordre biélorusses ont procédé, ces derniers jours, à une importante vague d’arrestations de journalistes travaillant pour les rares médias indépendants du pays. Les chiffres précis sont difficiles à obtenir, et plusieurs d’entre eux ont été relâchés après avoir été retenus entre quelques heures et deux jours, mais une quinzaine de personnes en tout auraient été interpellées depuis mardi 7 août. Jeudi, au moins six journalistes étaient toujours incarcérés. Le même jour, la rédactrice en chef de l’agence de presse BelaPan, Irina Levchina, venait s’ajouter à cette liste.
Trois sites sont visés : outre BelaPan, il s’agit de Realt.by et Tut.by, le plus important média biélorusse indépendant en ligne, volontiers critique du pouvoir. Sa rédactrice en chef, Marina Zolotova, a été arrêtée mardi, en même temps que deux journalistes du site. Les locaux de Tut.by, ainsi que les logements de certains journalistes, dont celui d’un correspondant de la radio allemande Deutsche Welle, ont aussi fait l’objet de perquisitions. Des ordinateurs, des téléphones et des documents ont été saisis.
Le motif avancé par les autorités est surprenant. Celles-ci accusent ces médias et leurs journalistes d’avoir consulté de façon illégale, sans payer d’abonnement, les informations de l’agence de presse officielle Belta. La maison d’édition Belorousskaïa Naouka est également visée dans la même affaire, ont précisé les enquêteurs, qui disent avoir enregistré en 2017 et 2018 au total plus de 15 000 connexions non autorisées aux services de l’agence, avec, pour résultat, « un préjudice important ».
Le contrôle strict des médias reste une constante
Cette accusation en apparence anodine pourrait avoir des conséquences lourdes. Selon le code pénal biélorusse, cette infraction est punie par des peines allant jusqu’à deux ans de prison et une interdiction temporaire d’exercer le journalisme.
« Nous ne sommes pas abonnés à Belta, mais, avec l’autorisation de cette agence, nous utilisons certaines informations de leur site en les référençant avec un lien hypertexte », a expliqué à l’AFP la rédactrice en chef de l’agence BelaPan. Contacté par Le Monde, le fondateur de Tut.by, Iouri Zisser, qui a lui-même été interrogé deux heures mercredi, se montre plus explicite : « Le ministère de l’intérieur a trouvé un excellent prétexte pour punir des journalistes peu accommodants. »
Le régime d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a opéré ces dernières années une relative libéralisation, avec notamment la libération des derniers prisonniers politiques détenus dans le pays. Ce geste, combiné à une légère amélioration des conditions d’organisation du scrutin présidentiel de 2015, avait permis un rapprochement avec l’Union européenne et la levée, début 2016, des sanctions européennes et américaines. La timide normalisation de ses relations avec l’Ouest est d’autant plus vitale pour Minsk que M. Loukachenko cherche à éviter un tête-à-tête exclusif avec Moscou, son allié traditionnel. Et ce d’autant plus que la Russie a réduit les montants alloués au soutien de l’économie biélorusse.
Le contrôle strict des médias reste toutefois une constante de ce régime autoritaire. Sa timide ouverture avait déjà été remise en cause par les centaines d’arrestations effectuées dans la foulée des manifestations sociales de mars 2017. Le Conseil de l’Europe, dont Minsk n’est pas membre, a exprimé sa préoccupation face aux arrestations de ces derniers jours et appelé à la libération des journalistes. Reporters sans frontières, qui place la Biélorussie parmi les vingt-cinq Etats les plus répressifs pour les journalistes, a aussi dénoncé une « tentative d’intimidation des médias indépendants » et un « harcèlement ».



                            


                        

                        

