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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.
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« La guerre des étoiles - saison 2 », une nouvelle course mondiale aux armements

Editorial. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, jeudi, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h41
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Trente-cinq ans après Ronald Reagan et son ébauche de « guerre des étoiles », Donald Trump remet l’espace au cœur des préoccupations stratégiques américaines. « Une simple présence dans l’espace ne suffit pas pour défendre l’Amérique, nous devons dominer l’espace », avait déjà lancé le président américain à la mi-juin. Le vice-président, Mike Pence, a annoncé, le 9 août, devant un parterre de généraux du Pentagone, la création d’une « force de l’espace », distincte de l’armée de l’air. Pour le moment, néanmoins, le Pentagone devrait se limiter à mettre sur pied un « commandement de l’espace » sur le modèle de ses commandements géographiques ou thématiques, comme le Centcom pour le Moyen-Orient ou le Stratcom, chargé des armes nucléaires.

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L’efficacité sur le terrain des forces armées dépend de plus en plus de la géolocalisation et de la sécurité des satellites. L’orbite terrestre devient plus que jamais une zone potentielle de conflit et elle représente un enjeu stratégique majeur. En outre, le nombre d’acteurs susceptibles de devenir des forces militaires spatiales s’est sensiblement accru. « D’autres nations cherchent à perturber nos systèmes basés dans l’espace et contestent comme jamais la suprématie américaine », a rappelé Mike Pence.
A l’époque de la guerre froide, seule l’URSS était une véritable rivale sur ce terrain. Le projet de bouclier antimissiles lancé à la fin des années 1980 par Ronald Reagan avait obligé une Union soviétique déjà bien mal en point à se lancer dans une nouvelle course aux armements, qui lui fut économiquement fatale et contribua à son effondrement.
La Russie de Vladimir Poutine, malgré la faiblesse d’un PIB guère supérieur à celui de l’Italie, est redevenue une puissance spatiale, y compris militaire. En témoignent le lancement en 2014 de son satellite Kosmos 2499 (qui a délibérément modifié son orbite afin de se rapprocher d’un débris de fusée à la dérive) et l’annonce, en mars, du tir d’un missile hypersonique, qui dépasse plusieurs fois la vitesse du son et échappe aux systèmes de défense antimissiles.
Les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine
Le principal défi est pourtant celui de la Chine. Dès 2007, Pékin avait détruit l’un de ses vieux satellites avec un missile tiré depuis la Terre. Une nouvelle étape a été franchie, le 3 août, avec l’annonce par les Chinois du lancement réussi d’un missile hypersonique.

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                La Chine teste avec succès un missile hypersonique



A quelques mois des élections de mi-mandat, cette thématique de l’espace est aussi, voire d’abord, un choix politique pour un président qui s’est fait élire au nom d’« America first » – « l’Amérique d’abord » – et qui ne cesse de clamer, depuis, vouloir lui « rendre sa grandeur ». L’équipe de campagne de Trump demande déjà aux partisans du président de donner leur avis sur le logo de cette future space force. Malgré ses succès économiques actuels et une popularité au zénith dans l’électorat républicain, Donald Trump sait que rien n’est joué. Quoi de plus mobilisateur que la thématique d’une relance de la conquête de l’espace, cette « nouvelle frontière » tracée, il y a une soixantaine d’années, par John F. Kennedy et dont l’écho dans l’imaginaire américain reste puissant.
Donald Trump a augmenté le budget de la NASA. Il lui a enjoint de retourner sur la Lune, mais surtout de préparer des missions vers Mars. Dans cette course vers la Planète rouge, les Etats-Unis sont en directe rivalité avec la Chine de Xi Jinping – bien décidé à s’affirmer, y compris dans la conquête de l’espace, comme l’autre grande puissance mondiale.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des internautes et des élus français appellent au boycott de la marque américaine de vêtements qui met en scène une enfant voilée dans une publicité.
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Une campagne publicitaire de Gap montrant une enfant voilée suscite la polémique

Des internautes et des élus français appellent au boycott de la marque américaine de vêtements qui met en scène une enfant voilée dans une publicité.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h55
   





                        


« Commencer l’année du bon pied consiste à ne plus en mettre un chez Gap. Rien n’autorise ni ne justifie qu’on voile des petites filles : où est leur liberté ? Où est leur libre arbitre ? Où est leur choix ? Que ce soit un argument commercial m’écœure. » La députée La République en marche (LRM) Aurore Bergé a réagi, vendredi 10 août, à la polémique provoquée par une campagne publicitaire de la marque américaine de prêt-à-porter Gap dans laquelle apparaît une enfant voilée. Sur Twitter, la porte-parole du groupe LRM à l’Assemblée appelle, comme d’autres, à boycotter Gap.

Commencer l'année du bon pied consiste à ne plus en mettre un chez Gap. 
— auroreberge (@Aurore Bergé)


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En cause, une campagne pour la collection lancée pour la rentrée scolaire, dont une première image a été publiée par le compte anglophone@GapKids de la marque le 31 juillet. Y figurent deux enfants, dont une petite fille portant un voile bleu. Samedi, l’image et un clip réunissant une vingtaine d’enfants, dont la fillette voilée, étaient visibles sur le site français de la marque de vêtements.

   


L’enseigne explique à propos de cette campagne que « cette saison, GapKids encourage les enfants à renouer avec l’école en célébrant les différences ». Elle indique également que les enfants qui apparaissent dans la publicité viennent d’une école publique élémentaire new-yorkaise : 
« Notre campagne est portée par des enfants venus du PS13 [Public School 13, le nom de l’école] de Harlem, New York, et nous faisons appel à leurs forces et leur créativité pour réaliser quelque chose de vraiment incroyable ».
« Un piétinement de nos valeurs »
Si cette campagne est destinée à l’international, elle a suscité des réactions en France cette semaine, dont certaines de la part de responsables politiques. Outre Aurore Bergé, Anne-Christine Lang, députée LRM, a déclaré qu’elle n’irait « plus jamais » chez Gap, n’acceptant « pas de voir des petites filles voilées ».
La porte-parole du groupe Les Républicains (LR), Lydia Guirous, s’est également élevée contre cette campagne, accusant la marque de « soumission à l’islamisme ». « J’ai dénoncé à plusieurs reprises cette montée en puissance du voile imposée aux petites filles qui est une maltraitance et un piétinement de nos valeurs d’égalité, de liberté et de laïcité ! », a-t-elle écrit jeudi sur Twitter.
Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, s’est exprimée vendredi :
« Gap affiche une petite fille voilée. La maltraitance qui lui est infligée, l’inégalité qui lui imposée (…), l’enfermement dans son genre ne soulèvent aucune protestation. Le marketing promeut la soumission à l’islamisme. »
Un hashtag #BoycottGap a été lancé sur les réseaux sociaux.

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          Niqab, hidjab, burqa : des voiles et beaucoup de confusions






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans îles de Rousski et de Oktiabrski.
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La Russie veut créer des paradis fiscaux

Un projet de loi vise à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore dans îles de Rousski et de Oktiabrski.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h54
    |

                            Intérim (Moscou)








                        



                                


                            

Le 26 juillet, le Parlement russe a adopté en troisième lecture un projet de loi visant à établir, d’ici au mois d’octobre, deux zones offshore en Russie. La première sera créée sur l’île Rousski, en face de la ville de Vladivostok dans l’Extrême-Orient russe, la seconde sur l’île Oktiabrski dans l’enclave de Kaliningrad. Ces zones présenteront toutes les caractéristiques d’une juridiction offshore : régime fiscal simplifié, avec une imposition portant uniquement sur le chiffre d’affaires réalisé en Russie ; opacité de la structure et de son bénéficiaire réel, dont l’identité ne pourra être révélée que sur demande des services de police ; mais aussi quelques spécificités adaptées au monde des affaires en Russie, en particulier un assouplissement du très strict système de contrôle des changes.
Il sera possible, pour une entreprise établie dans l’une de ces deux zones, de mener des opérations en devises étrangères sans restrictions. En contrepartie, les entreprises admises dans ces paradis fiscaux à la russe devront investir un montant minimum de 100 millions de roubles par an (environ 1,30 million d’euros) dans le pays.
Objectif avoué de la manœuvre : faciliter le rapatriement en Russie des fonds des oligarques russes frappés par les derniers trains de sanctions américaines, au mois d’avril. Le gouvernement russe avait annoncé des mesures pour soutenir les personnes touchées, en particulier Oleg Deripaska et Viktor Vekselberg, deux proches du président Vladimir Poutine. Les nouvelles juridictions offshore russes pourront accueillir leurs sociétés basées à l’étranger tout en conservant leur forme juridique et leurs avantages fiscaux.

Echapper à l’imposition
Cet objectif dicte une autre spécificité de ces nouveaux offshores russes : seules les entités étrangères seront autorisées à s’y installer. Les exilés fiscaux russes y sont les bienvenus pour rapatrier leurs fonds et échapper ainsi aux sanctions américaines, mais les entreprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.
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Les magasins britanniques dans la tourmente

En trois ans, 2 500 magasins ont disparu au Royaume-Uni. Les très connus grands magasins House of Fraser ont trouvé un repreneur de justesse.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 11h10
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La litanie des faillites et des fermetures de magasins continue pour les enseignes britanniques. Mais, cette fois, une icône du commerce est touchée. House of Fraser, une chaîne de grands magasins vieille de cent soixante-cinq ans, a brièvement déposé le bilan vendredi 10 août, avant de trouver un repreneur en la personne de Mike Ashley, un milliardaire self-made-man. Ce dernier fait une excellente affaire. Il empoche les cinquante-neuf magasins du groupe pour 90 millions de livres (101 millions d’euros) et se débarrasse, au passage, du fonds de pension versant les retraites des salariés de l’enseigne, grâce à la procédure judiciaire qui venait de débuter.
Malgré un déclin qui a commencé il y a une vingtaine d’années, House of Fraser reste dans de nombreuses localités britanniques le principal grand magasin de centre-ville. Autour de lui opèrent des rues marchandes et un important écosystème de petits magasins.
Son avenir incertain apparaît comme un symbole des difficultés des enseignes britanniques. Marks & Spencer a récemment annoncé la fermeture d’une centaine de magasins. New Look (vestimentaire), Mothercare (produits pour bébé) et Carpetright (moquettes) ont signé des accords avec leurs créditeurs pour vendre des boutiques afin d’honorer leurs dettes. Les magasins de cartes de vœux Card Factory viennent d’émettre un avertissement sur résultats. En mars, l’enseigne de jouets Toys’R’Us a fermé.

Développement de l’e-commerce
D’autres magasins sont mieux positionnés et prennent partiellement la relève. Mais les fermetures sont plus nombreuses que les ouvertures. « Il y a aujourd’hui 2 500 magasins de moins qu’il y a trois ans [au Royaume-Uni] », relève dans un récent article Helen Dickinson, directrice du British Retail Consortium, l’organisme représentant le secteur. « Les commerces font face à la conjoncture la plus difficile depuis la crise de 2008 », ajoute Paul Souber, analyste à Colliers International,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.
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Les commissaires politiques font leur retour dans l’armée russe

Moscou a créé une direction militaro-politique chargée de la guerre de l’information.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 11h45
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Le 30 juillet, Vladimir Poutine a signé l’ordre de fondation du GVPU. Hormis quelques revues spécialisées, ce nouvel acronyme n’a pas fait grand bruit en Russie. Pourtant, la nouvelle est de taille. GVPU (prononcer « guévépéou «) signifie « Direction centrale militaro-politique », et la création de cette structure marque le retour de l’un des symboles les plus marquants de l’ère soviétique : les commissaires politiques au sein de l’armée.
Le terme est évocateur, et son histoire chargée. L’institution des commissaires politiques remonte à 1918. Malmenée durant la guerre civile russe, l’Armée rouge est forcée de faire appel à d’anciens officiers tsaristes. Pour s’assurer de leur loyauté, elle les flanque d’officiers politiques chargés de les surveiller de près. L’institution survivra tout au long de l’existence de l’URSS, se transformant progressivement en une sorte de police des mœurs pour les officiers soviétiques, avant de disparaître en 1991.
La filiation du nouvel organe avec l’ancienne institution des commissaires politiques est ouvertement revendiquée par les défenseurs du projet : « Il serait judicieux de former cet organisme politico-idéologique en se basant sur les structures existantes, héritées de l’ancienne direction de l’éducation politique », déclarait en février Alexandre Kanchine, représentant du ministère russe de la défense.
« Il nous faut une approche méthodique de l’éducation patriotique », affirme Viktor Bondarev, sénateur
Pourquoi la Russie s’attache-t-elle à faire revivre un symbole aussi daté ? L’institution des commissaires politiques n’était pourtant pas particulièrement populaire au sein même de l’armée soviétique. Les nouveaux commissaires politiques russes, affirme le ministère de la défense, ne seront pas là pour surveiller leurs camarades : ils seront les premiers au front de la « guerre de l’information », un concept cher aux stratèges russes. 
« La guerre mondiale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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La livre turque en pleine débâcle

Face à une crise monétaire amplifiée par des sanctions américaines, le président Recep Tayyip Erdogan dénonce un complot.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h42
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La livre turque a atteint son plus bas niveau historique, vendredi 10 août, perdant près de 20 % de sa valeur face au dollar et à l’euro sur fond de crise diplomatique aiguë entre Ankara et Washington, d’inaction du gouvernement turc et de commentaires vindicatifs du président Recep Tayyip Erdogan, convaincu qu’une « guerre économique » a été déclarée à son pays.
« Ils ont le dollar mais nous avons pour nous notre peuple, le droit et Allah », a-t-il clamé vendredi sous les applaudissements des fidèles alors qu’il sortait de la mosquée à Rize, une ville des bords de la mer Noire d’où sa famille est originaire.
Rejetant la responsabilité de la chute de la monnaie locale sur « le lobby des taux d’intérêt », le chef de l’Etat a exhorté ses concitoyens à « changer les dollars et l’or placés sous les matelas contre des livres [turques] », ce qui est « la meilleure réponse à donner à l’Occident ». « Il s’agit d’une bataille interne, nationale », a-t-il martelé un peu plus tard à Bayburt, une ville du nord -est du pays où il était venu remercier les électeurs d’avoir voté pour lui à 82 % lors de la présidentielle du 24 juin.

Inquiétudes des investisseurs
Vendredi, Berat Albayrak, le nouveau ministre des finances qui est aussi le gendre du président, dévoilait son « nouveau modèle économique ». A peine avait-il commencé à parler que le président américain, Donald Trump, annonçait dans un Tweet « le doublement des droits de douane » sur les exportations d’acier et d’aluminium turcs, les portant respectivement à 50 % et 20 %, au moment où la livre turque « dégringole rapidement face à notre dollar si fort ! » Les Etats-Unis étant un débouché important pour l’acier turc (15 % des exportations totales), la livre a poursuivi sa chute de plus belle après le Tweet trumpien.
Le nouveau programme économique turc, une suite de vœux pieux, n’a pas contribué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Au Royaume-Uni, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012

Le rebond du PIB britannique au deuxième trimestre (+ 0,4 %) doit beaucoup à la météo. Depuis dix-huit mois, l’économie a subi un coup de frein, lié au Brexit.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h38
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


L’économie britannique peut remercier la météo. Après une croissance de seulement 0,2 % au premier trimestre, à cause d’un épisode neigeux très marqué, celle-ci a rebondi, d’après les données publiées vendredi 10 août, à 0,4 % au deuxième trimestre, grâce à l’ensoleillement tout aussi marqué de juin. Ces caprices du ciel ne changent cependant pas grand-chose à la réalité sous-jacente : « L’activité demeure en dessous de sa tendance de long terme », notent les analystes de Barclays. Au total, la croissance du premier semestre est la plus faible depuis 2012. Sur un an, elle atteint péniblement 1,3 %.
Depuis dix-huit mois, l’économie britannique a subi un sérieux coup de frein, lié très largement au Brexit. Pas d’effondrement, ni de récession, et le marché de l’emploi demeure toujours aussi vigoureux, avec un chômage de seulement 4,2 %. Mais le rythme de la croissance est passé de plus de 2 % au moment de référendum de juin 2016 à presque moitié moins aujourd’hui.
A ce ralentissement s’ajoutent depuis quelques semaines les risques d’un Brexit sans accord, qui sont « inconfortablement élevés », selon les mots de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre. La première ministre Theresa May a présenté début juillet une proposition pour les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Côté britannique, cela a provoqué la démission de plusieurs ministres clés. Côté européen, la réaction a été très réservée.

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                La Banque d’Angleterre relève ses taux en dépit des incertitudes du Brexit



Plongeon de la livre sterling
A seulement sept mois de l’entrée en vigueur du Brexit, le 30 mars 2019, une telle impasse a fait de nouveau plonger la livre sterling. Véritable baromètre des négociations entre Londres et Bruxelles, la monnaie britannique est à son niveau le plus bas depuis un an face au dollar, à 1,27. Face à l’euro, elle retrouve aussi un seuil bas, autour de 1,11.
Pour l’instant, le gouvernement la laisse fluctuer, ne commentant jamais ces yoyos. Simon Derrick, spécialiste du marché des devises à la banque américaine BNY Mellon, craint cependant que la question ne finisse par devenir politique, particulièrement pendant un automne qui s’annonce explosif : l’objectif officiel est de trouver un accord sur le Brexit au sommet européen d’octobre, ou, dans le pire des cas, à celui de décembre.
Sur le fond, les raisons du ralentissement économique britannique venant du Brexit sont désormais bien documentées. D’abord, la chute de la livre sterling a mécaniquement renchéri les importations, provoquant une vague d’inflation, qui a réduit d’autant le pouvoir d’achat des ménages. Ce phénomène est en train de se résorber, le choc sur la devise étant désormais ancien : en juin, l’inflation n’était plus que de 2,4 %, après un pic autour de 3 % au début de l’année. Reste que la consommation des ménages était toujours médiocre au deuxième trimestre, en hausse de 0,3 %. Le beau temps, le mariage du prince Harry et la Coupe du monde de football n’y ont rien pu.

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                Le Brexit continue de peser sur l’économie britannique



Rebond « peu convaincant »
Ensuite, les incertitudes très fortes autour du Brexit ont incité les grands groupes à repousser leurs principaux investissements. Difficile de développer une usine si on ne connaît pas les futures conditions d’accès à son plus gros marché d’exportation. Et si les investissements des entreprises ont, globalement, augmenté de 0,5 % au deuxième trimestre, c’était après une chute de 0,2 % au premier trimestre.

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                Au Royaume-Uni, le ressort brisé du Brexit



Quant aux exportateurs, la théorie économique voudrait que la baisse de la livre sterling leur ait profité. Ce n’est pour l’instant guère le cas. Une chute des exportations dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation a même creusé le déficit de la balance commerciale au deuxième trimestre. De ce côté, l’avenir proche ne s’annonce pas beaucoup plus reluisant. « Le cycle économique mondial a ralenti et les tensions commerciales augmentent », rappelle Elizabeth Martins, économiste à HSBC, faisant référence à la guerre commerciale ouverte par le président américain Donald Trump. Elle confie donc son « inquiétude » pour la croissance britannique, jugeant le rebond du deuxième trimestre « peu convaincant ».
George Buckley, économiste à Nomura, confirme ce verdict. « On peut s’attendre à ce que les incertitudes pèsent plus lourdement sur l’économie dans les mois qui viennent avec des dates butoirs très importantes sur les négociations du Brexit. » L’économie britannique était arrivée au référendum en relative bonne santé et a des réserves. Mais sa trajectoire, sous la tendance de long terme, devrait durer.

Un PIB désormais mensuel
Depuis le mois de juillet, le Royaume-Uni présente les statistiques de son produit intérieur brut (PIB) tous les mois, au lieu de la présentation trimestrielle traditionnelle. Il est le deuxième pays après le Canada à le faire. « Cela apporte une estimation de meilleure qualité et plus rapide de l’évolution de notre économie, permettant aux décideurs (Banque d’Angleterre, gouvernement…) d’avoir d’importantes informations pour prendre leurs décisions », explique James Scruton, de l’Office of National Statistics (ONS). Les statistiques sont publiées une quarantaine de jours après la fin du mois mesuré. Ainsi, les chiffres de vendredi 10 août indiquent que la croissance, en juin, était de 0,1 %, en net ralentissement par rapport à mai, à 0,3 %.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.
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L’accord migratoire entre Madrid et Berlin entre en vigueur

Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, reçoit samedi la chancelière allemande Angela Merkel en Andalousie.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h42
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



   


L’Espagne s’est engagée à reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais ayant auparavant déposé une demande d’asile sur son sol. L’accord conclu entre les deux pays est entré en vigueur samedi 11 août, jour où le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, reçoit la chancelière allemande, Angela Merkel, dans sa résidence d’été du parc naturel de Doñana, en Andalousie.
Cette mesure, la première du genre entre deux pays de l’Union européenne, fait partie d’un accord conclu lors du conseil européen des 28 et 29 juin, a indiqué un porte-parole du gouvernement espagnol. Des discussions sont également en cours entre Berlin et Athènes. Les migrants déjà enregistrés en Espagne et se trouvant sur le sol allemand pourront être transférés dans un délai de quarante-huit heures.

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La question migratoire devait être l’un des principaux sujets de la réunion informelle des deux chefs de gouvernement. Pour Angela Merkel, il s’agit d’apaiser les exigences de la CSU bavaroise du ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, et de le convaincre de renoncer à son projet de refouler unilatéralement tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays.
Aide d’urgence
Pour le socialiste Pedro Sanchez, qui n’est au pouvoir que depuis début juin, la question des migrants pourrait devenir un vrai problème alors qu’il ne dispose que de très peu de soutien au Parlement. Le nombre d’arrivée de migrants en Europe a drastiquement baissé depuis 2015, mais l’Espagne est devenue le premier point d’entrée des migrants en Europe, avec plus de 26 000 demandeurs d’asile depuis le début de l’année.
Pour faire face à cet afflux, le gouvernement de Pedro Sanchez a annoncé, le 3 août, qu’il regrouperait ses forces en un « commandement unique opérationnel » pour mieux gérer l’arrivée des clandestins et consacrerait 30 millions d’euros à l’accueil des migrants arrivant sur ses côtes. Il a également demandé le soutien de la Commission européenne, qui lui a octroyé 30 millions d’euros pour l’aide d’urgence.

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M. Sanchez a aussi annoncé que l’Espagne renforcerait la coopération et le dialogue avec le Maroc, présenté comme un pays ami « fondamental pour la gestion et le contrôle des flux migratoires ».
Après l’accueil très médiatisé de l’Aquarius en juin, le gouvernement espagnol ne renonce toujours pas à accueillir les navires des ONG qui secourent des migrants en Méditerranée, mais le fait désormais beaucoup plus discrètement. Et les rescapés seront traités par l’administration de la même façon que les autres immigrés clandestins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’attaque intervient alors que des discussions sont en cours à Doha entre des représentants des rebelles et des autorités américaines.
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En Afghanistan, les talibans à l’assaut de la ville-carrefour de Ghazni

L’attaque intervient alors que des discussions sont en cours à Doha entre des représentants des rebelles et des autorités américaines.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 12h11
    |

            Jacques Follorou








                        



   


Alors que les talibans viennent de nouer, à Doha en juillet, des contacts directs historiques avec des autorités américaines pour relancer le processus de paix en Afghanistan, ils tentent depuis jeudi 9 août de prendre le contrôle de la ville de Ghazni, carrefour stratégique situé sur l’axe reliant Kaboul à la grande ville du sud, Kandahar.
Après avoir pris pied dans certains quartiers de cette cité de 150 000 habitants, ils ont été, selon les autorités locales, repoussés en périphérie de la ville, vendredi dans la matinée, vers les quartiers de Khogyani, Khwaja Omari et Zanakhan. Les recherches maison par maison s’y poursuivaient vendredi en fin après-midi. Le bilan varie selon les sources, mais il serait d’une vingtaine de morts du côté des forces de sécurité et de plus d’une centaine dans les rangs des insurgés.
Un hélicoptère de l’armée afghane s’est écrasé dans la ville, et la situation restait confuse samedi matin. « Le gouvernement de Kaboul affirme que la situation à Ghazni est sous contrôle, mais les contacts que nous avons eus avec les responsables sur place indiquent que les combats continuent dans les faubourgs de la ville », a déclaré à l’AFP Shah Gul Rezaye, députée de Ghazni.
Hélicoptères et drones
L’attaque a débuté, de manière coordonnée, lorsque des dizaines de talibans ont pris d’assaut des barrages tenus par les forces de sécurité afghanes à diverses entrées de la ville. Selon les témoignages, les tirs d’armes automatiques ont alterné avec ceux d’obus de mortiers, alors que les talibans utilisaient les haut-parleurs des mosquées pour demander aux habitants de rester chez eux. L’électricité a rapidement été coupée et les insurgés ont détruit des antennes relais de télécommunication.

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L’offensive, qui visait les bâtiments gouvernementaux, a été bloquée, en grande partie grâce à l’intervention de forces américaines déployées dans la nuit. Des hélicoptères d’attaque et des drones sont intervenus pour soutenir les forces afghanes au sol. L’attaque a suscité un commentaire laconique du lieutenant-colonel Martin O’Donnell, l’un des porte-parole de l’opération « Resolute Support » : « C’est une nouvelle vaine tentative des talibans pour prendre du terrain et faire les gros titres. » Ghazni est la deuxième capitale provinciale à brièvement tomber aux mains des talibans en moins de trois mois après celle de Farah, dans l’ouest du pays, rapidement reprise par l’armée.
Cette opération spectaculaire intervient une dizaine de jours avant la tenue de nouvelles rencontres, à Doha, entre des émissaires du mouvement taliban et des représentants américains prévues dans le cadre du nouveau processus de paix. Un cessez-le-feu avait été déclaré, mi-juin, entre le gouvernement afghan et les talibans. Les scènes de liesse, notamment dans le nord du pays, à Kunduz, une autre ville passée fin 2015, pendant quinze jours, sous le contrôle insurgé, avaient laissé croire que les combattants talibans avaient hâte de cesser de combattre.
Emprise religieuse
La présence talibane dans la province de Ghazni est ancienne. Si la ville elle-même, ancienne capitale de l’Empire ghaznévide au XIe siècle où vivent en bonne intelligence les trois principales ethnies afghanes (Pachtounes, Tadjiks et Hazaras) est sous contrôle des seules forces afghanes depuis novembre 2011, le calme promis par Kaboul était très relatif : en effet, les talibans règnent en maîtres à 14 kilomètres de là, dans le district de Zana Khan.
L’emprise talibane se mesure aussi sur le plan religieux. De nombreux mollahs de Ghazni, formés, dans les années 1960 et 1970, dans la célèbre madrasa (école coranique) de Noor Ur, à Andar, un district proche, se sont rangés derrière les talibans.
Ces dernières semaines, pressentant ce type d’attaque en pleine saison des combats, le commandement militaire afghan, en liaison avec les autorités américaines, avait décidé d’alléger la présence armée dans les provinces pour renforcer la protection des grandes villes, dont Ghazni et Kaboul.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ En 2017, une procédure juridique a donné accès à des documents internes de la société Monsanto. Ce qui a joué un rôle déterminant dans la condamnation de la firme, le 10 août, par la justice californienne.
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Les « Monsanto Papers », à la base de la controverse sur le glyphosate

En 2017, une procédure juridique a donné accès à des documents internes de la société Monsanto. Ce qui a joué un rôle déterminant dans la condamnation de la firme, le 10 août, par la justice californienne.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h17
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Le glyphosate est-il, ou non, cancérogène ? Au printemps 2017, plusieurs centaines de documents internes (courriels, fax, rapports internes, correspondances avec les autorités, avec des rédacteurs de revues scientifiques ou des consultants, etc.) de la société Monsanto, obtenus dans le cadre d’actions en justice, sont rendus publics par la justice fédérale américaine.
Ces « Monsanto Papers » ont joué un rôle déterminant dans la condamnation de la firme, vendredi 10 août, par la justice californienne. Ils mettent en lumière un profond hiatus entre les avis rassurants de la plupart des agences réglementaires et la connaissance que la firme a de son produit phare.
A l’exception du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a classé le glyphosate « cancérogène probable » en mars 2015, la plupart des agences réglementaires – comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou encore l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) – considèrent en effet que la substance ne présente pas de danger cancérogène.
La firme avait, dès le début des années 1980, de sérieux doutes sur la sûreté de son produit
Mais les « Monsanto Papers » racontent une tout autre histoire. On y apprend notamment que la firme avait, dès le début des années 1980, de sérieux doutes sur la sûreté de son produit. En 1983, une étude commanditée par la société indique par exemple que des souris exposées au glyphosate développent une tumeur rénale rare. Dès 1985, l’EPA classe dans un premier temps le glyphosate dans la catégorie « cancérogène possible », en particulier sur la foi de cette étude interne.
Monsanto ne désarme pas pour autant et demande le réexamen des données par un professeur stipendié par la firme. Dans un fax échangé entre responsables de l’agrochimiste, la manœuvre est décrite sans ambages : « Le Dr Marvin Kuschner passera en revue les sections de rein et présentera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La Russie, la Chine et les Etats-Unis misent beaucoup sur ces armes, qui pourraient être opérationnelles vers 2030.
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La Chine teste avec succès un missile hypersonique

La Russie, la Chine et les Etats-Unis misent beaucoup sur ces armes, qui pourraient être opérationnelles vers 2030.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h15
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            
La Chine a annoncé avoir testé avec succès, le 3 août, le lancement d’un engin hypersonique. Possiblement muni d’armes nucléaires, ce type d’appareil est, en raison de sa vitesse, capable d’échapper aux systèmes de défense antimissiles actuels. Lancé par une fusée, le véhicule, baptisé Starry Sky 2 (« ciel étoilé »), s’est séparé de celle-ci et a volé durant plus de 400 secondes à une vitesse comprise entre Mach 5,5 et Mach 6, soit entre 6 732 et 7 344 km/h, a déclaré la Société de sciences et technologies aérospatiales de Chine, qui évoque un « énorme succès ».
Ce test, effectué dans le nord-ouest du pays, à une altitude de 30 kilomètres, est la première confirmation officielle de l’intérêt que porte la Chine aux armes hypersoniques de type waverider, des engins futuristes dont le fuselage est conçu pour générer une portance qui leur permet de surfer sur l’onde de choc causée par leur propre vol.
« C’est l’arme absolue »
En mars, la Chine avait annoncé qu’elle était en train de construire une soufflerie destinée à concevoir des avions et des missiles pouvant voler à plus de 12 000 km/h. La future installation, construite par l’Académie chinoise des sciences (CAS), devrait permettre de « simuler des vols à des vitesses comprises entre Mach 10 [12 250 km/h] et 25 [30 600 km/h] », soit 25 fois la vitesse du son, avait expliqué un chercheur, Han Guilai, cité par la télévision publique CCTV.
C’est également en mars, une semaine avant l’élection présidentielle en Russie, que le ministère de la défense russe avait annoncé avoir procédé au tir d’un missile hypersonique lancé à partir d’un chasseur Mig-31. Vladimir Poutine avait qualifié cette arme d’« invincible ». En mai, le président russe avait indiqué que Moscou avait déjà commencé la production industrielle d’un système de missiles hypersoniques et qu’il prévoyait de « le livrer aux forces armées en 2019 ».
« C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Pour Mathieu Duchâtel, spécialiste de l’Asie, Pékin modernise son arsenal parce qu’il « se sent vulnérable ».
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« La vulnérabilité face à la défense anti-missiles américaine est une obsession chinoise »

Pour Mathieu Duchâtel, spécialiste de l’Asie, Pékin modernise son arsenal parce qu’il « se sent vulnérable ».



Le Monde
 |    11.08.2018 à 10h11
    |

Frédéric Lemaître







                        



                                


                            

Mathieu Duchâtel est directeur ­adjoint du programme Asie à l’European Council on Foreign Relations (ECFR). Pour ce spécialiste des questions de sécurité en Asie, si la Chine modernise rapidement « tous les domaines de la dissuasion nucléaire », elle conserve d’importantes faiblesses.
L’essai par Pékin d’un missile hypersonique constitue-t-il une surprise ?
Non, car la Chine avait déjà travaillé sur d’autres types d’engins planants hypersoniques par le passé. Son objectif est d’éviter que ses armes soient détectées par les systèmes de défense anti-missiles. Or ceux-ci sont construits pour répondre aux menaces balistiques, pas aux missiles hypersoniques.
Plus largement, la Chine modernise tous les domaines de la dissuasion nucléaire mais elle a des faiblesses. Elle n’a toujours pas démontré sa capacité à faire des patrouilles de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins qui ne soient pas détectés. Elle travaille par ailleurs sur de nouveaux missiles balistiques autotractés qui ont été mis en valeur au cours du défilé de septembre 2015. Enfin, la Chine modernise ses bombardiers stratégiques. Mais elle se sent vulnérable. Pour la Chine comme pour la Russie, le système de défense anti-missiles américain détruit ce que Pékin et Moscou nomment la stabilité stratégique.
La Chine veut maintenir une capacité de riposte assurée face à la montée en puissance des technologies anti-missiles. La vulnérabilité de Pékin face au système de défense anti-missiles mis en place par les Etats-Unis y compris en Corée du Sud, le Thaad, est une obsession chinoise.

L’annonce par les Etats-Unis de la création d’une sixième branche des forces armées consacrée à l’espace constitue-t-elle une réponse à cet essai hypersonique ?
Pas directement. L’espace est une des dimensions de la rivalité sino-américaine, notamment parce que les Chinois ont depuis plusieurs années officiellement identifié les satellites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Un mécanicien d’une compagnie aérienne a procédé vendredi soir à un décollage non autorisé à bord d’un avion vide. La police locale a assuré que l’homme avait des tendances suicidaires.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à découvrir en différé.
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Sociologie des riches et procès du Japon : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à découvrir en différé.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h41
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, la tension est à tous les étages. Elle est palpable chez les combattants d’ultimate fighting, cette discipline qui mélange plusieurs arts martiaux. Elle traverse le Japon de l’après-guerre, comme le raconte un film sur le procès de Tokyo. Elle est aussi au cœur de la société française, comme l’illustre le dernier épisode de L’Angle éco, qui analyse la concentration des richesses dans notre pays.
Epargner l’empereur : le procès du Japon après la guerre



Ce film raconte le Japon à l’heure du procès de Tokyo, de la reddition aux Alliés, le 15 août 1945, au décollage de l’économie nippone, au début des années 1950. Dans un récit nourri d’archives, le réalisateur Tim B. Toidze suit les pas du grand absent de ce procès : l’empereur Hirohito. S’il dut renoncer à sa nature de « divinité à forme humaine » le 1er janvier 1946, il fut absous par les Américains. Pour le général Douglas MacArthur, gouverneur militaire du Japon, juger Hirohito aurait anéanti tout espoir de démocratiser le pays. L’empereur fut transformé en une icône sainte, ne portant aucune responsabilité morale à l’égard des atrocités commises par son armée.
Pas moins de onze juges, quatre cents témoins, avocats, procureurs et hommes de loi se réunirent pour juger vingt-huit hauts dirigeants japonais tenus responsables de la politique de conquête et de terreur menée par leur pays, de l’invasion de la Mandchourie, en 1931, à la fin de la seconde guerre mondiale. Le film relève une à une les incohérences et les contradictions de ce procès, dont l’hypocrisie des puissances organisatrices (les nations occidentales) qui étaient déterminées à démocratiser le Japon alors qu’elles avaient fait usage de la bombe atomique ou commis des crimes coloniaux. Antoine Flandrin
De Nuremberg à Tokyo, de Tim B. Toidze (Fr.-Can.-Jap., 2015, 57 min). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 14 août.
Riche idée : « La théorie du ruissellement est une illusion »

François Lenglet a quitté l’audiovisuel du service public pour TF1. Pour le dernier numéro du magazine L’Angle éco, sur France 2, le journaliste, qui a fait du décryptage de l’économie sa marque de fabrique, s’attaque à un sujet porteur : les riches. En posant une question simple (« Les riches sont-ils utiles à l’économie ? »), Lenglet propose une série de reportages plus ou moins éclairants. Jamais les milliardaires n’ont été aussi nombreux sur Terre et jamais les richesses n’ont été aussi concentrées. En France, 1 % des plus riches possèdent près de 32 % du patrimoine. En 2017, ces 1 % les plus riches ont payé 25 % de l’impôt sur le revenu du pays. Au final, c’est bien la concentration d’autant de richesses entre si peu de mains qui pose problème. « La théorie du ruissellement est une illusion, une chimère ! Au-delà d’un certain niveau de revenus, on thésaurise. Il faut arrêter l’hyperconcentration des richesses si l’on veut continuer à alimenter notre modèle social. » L’auteur de ces bonnes paroles n’est autre que Nicolas Rousselet, héritier et patron du puissant groupe G7. Alain Constant
L’Angle éco : « Les riches sont-ils utiles à l’économie ? », présenté par François Lenglet (France, 2018, 90 min). Disponible sur France.tv. 
Piège à son : acte poétique d’une rare subtilité

La technique d’enregistrement se parfaisant, il est devenu possible de fixer, d’abord sur une bande puis sur un fichier numérique, les bruits et les chants naturels, ainsi que le fait par exemple le Vosgien Marc Namblard, qui pose en plein air les pièges à sons que sont ses micros et laisse la magie opérer. Ce sont autant le bruit de la neige que le brame du cerf, le son vibrionnant des insectes que le cri de la chouette hulotte. Marc Namblard capte aussi les sons émis par ses jeunes enfants, comme l’avait fait son père, dont les enregistrements familiaux résonnent de manière particulièrement émouvante : à la photo jaunie, le son préservé se substitue avec une vérité intacte. Ce singulier documentaire de cinquante-deux minutes est un acte poétique d’une rare subtilité. Renaud Machart
Chasseur de son, de Stéphane Manchematin, Serge Steyer (France, 2018, 52 min). Disponible sur France.tv jusqu’au 6 septembre. 
Arts martiaux, poings armés

Pas d’armure. Pas de casque. Justes des muscles et des poings durs comme l’acier. Le MMA – pour mixed martial arts ou « arts martiaux mixtes » – est un phénomène mondial, synthèse entre le karaté, la boxe thaïe, le judo, la lutte et le jiu-jitsu brésilien. Une seule règle compte : être le meilleur combattant MMA du monde. Un titre qu’il faut aller chercher en cage, dans l’octogone, le ring grillagé où se dispute ce sport de combat moderne. Depuis une quinzaine d’années, cette discipline fait son show grâce à la principale organisation de compétition de combat libre : l’UFC. L’Ultimate Fighting Championship est plus qu’un championnat adulé, c’est une marque vénérée par ses fans. Chaque soirée de gala est un événement. Encore plus lorsqu’elle se déroule à Las Vegas… Mais en France, ces tournois restent interdits, alors que la pratique se développe dans les clubs. La websérie documentaire Dans l’ombre de la cage décrypte ce phénomène à travers des portraits de combattants plus ou moins réussis. Celui consacré à la professionnelle Eva Dourthe, qui est aussi militaire, vaut vraiment le détour. Mustapha Kessous
« Dans l’ombre de la cage », d’Aladine Zaïane (France, 2018, 5 x 9 min). Disponible sur YouTube et sur le site du Mouv.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/08/2018
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Droits des femmes en Argentine, canicule, Iran : l’actualité à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h52
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


LE RATTRAPAGE DE L’ACTU
Argentine : le droit à l’IVG se heurte aux sénateurs
La légalisation de l’avortement a été rejetée par le Sénat par 38 voix contre 31, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 août.
Le 14 juin, à la Chambre des députés, le texte avait été adopté de justesse par 129 voix pour et 125 contre. Le Sénat est plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l’IVG, y sont sous-représentées alors qu’elles abritent plus du tiers de la population du pays.
Affaire Kohler : Anticor dépose une deuxième plainte pour « prise illégale d’intérêt »
L’association Anticor a déposé, mercredi 8 août, une plainte complémentaire pour « prise illégale d’intérêt » contre le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler qui, comme haut fonctionnaire, a approuvé des contrats concernant l’armateur MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère.
L’association anticorruption avait déposé une plainte initiale, fin mai, auprès du parquet national financier (PNF) contre le bras droit d’Emmanuel Macron pour « prise illégale d’intérêt », « trafic d’influence » et « corruption passive », après des premières révélations du site d’information Mediapart. Anticor dénonçait alors la présence de M. Kohler comme représentant de l’Etat à partir de 2010 au conseil d’administration de STX France (chantiers navals de Saint-Nazaire), dont MSC était le principal client, sans faire état de ses liens familiaux avec l’armateur, dont il était devenu, en octobre 2017, directeur financier de la filiale croisières.
Fin de la canicule en France, mais l’Europe suffoque
Treize jours d’alerte sur les deux tiers de la France : l’épisode de canicule qui a sévi depuis fin juillet a été particulièrement intense et durable. Ce phénomène météorologique se définit par une succession d’au moins trois jours de forte chaleur la journée (entre 31 °C et 36 °C selon les départements) et des températures restant élevées la nuit (entre 18 °C et 24 °C).
L’Espagne et le Portugal ont connu des incendies géants. Après la Suède, la Belgique a enduré des températures exceptionnelles
Pollution à l’ozone : mise en place de restrictions de circulation 
Les fortes chaleurs qui ont touché la France ont favorisé la formation de ce polluant dit « secondaire », qui apparaît sous l’effet du soleil et de réactions chimiques entre d’autres polluants de l’air. A Paris, Lyon, Strasbourg ou à Grenoble, des limitations de circulation pour les véhicules les plus polluants ont été mises en place lundi 6 et mardi 7 août.
Washington réimpose des sanctions à Téhéran
La Maison Blanche a donné le détail des sanctions rétablies contre l’Iran, conformément au souhait du président Donald Trump. Début mai, dans le cadre du retrait des Etats-Unis de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, qui suspendait les sanctions économiques frappant Téhéran, une période transitoire de quatre-vingt-dix jours avait été fixée.
Une première vague de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran est donc entrée en vigueur mardi 7 août. Elle comprend des blocages sur les transactions financières, sur certaines importations de matières premières, ainsi que des sanctions sur les achats dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation commerciale.
Un violent séisme et ses répliques font des centaines de morts en Indonésie 
Sinistre comptage en Indonésie. Le bilan du violent séisme qui a frappé dimanche 5 août l’île de Lombok, dans le sud du pays, a quasi doublé, jeudi 9 août. « Les dernières informations font état de 319 morts », a déclaré le ministre de la sécurité, Wiranto (qui n’a qu’un patronyme, comme nombre d’Indonésiens). La violente réplique a frappé l’île indonésienne alors que des équipes de secours apportaient de l’aide aux victimes du séisme dévastateur. Depuis le tremblement de terre de magnitude 6,9 dimanche, dont l’épicentre était dans le nord de cette île volcanique, pas moins de 355 répliques de différentes magnitudes ont été recensées, selon un porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho.
Championnats d’Europe : moisson de médailles françaises
C’est la première édition des championnats d’Europe multisports incluant natation, athlétisme, cyclisme, gymnastique… et les Français et les Françaises brillent dans nombre de disciplines. Après le titre de gymnastique au sol de Mélanie de Jesus dos Santos, Charlotte Bonnet a été sacrée championne d’Europe du 200 mètres nage libre, son premier titre international. Les nageuses et nageurs français ont également remporté, mercredi 8 août, le titre européen du relais mixte.
En cyclisme sur piste, la Française Mathilde Gros a remporté le titre européen en keirin. En VTT, l’ancienne championne du monde française 2015, Pauline Ferrand-Prévot, a obtenu la médaille d’argent.
En athlétisme, Morhad Amdouni a terminé premier en 10 000 mètres, et est reparti avec le titre. Le Rémois Mahiedine Mekhissi a remporté le 3 000 mètres steeple, son quatrième sur titre européen dans la discipline (en plus du titre sur 1 500 m en 2014).
En Italie, la colère des forçats de la tomate : « Plus jamais des esclaves »
Mercredi 8 août, des centaines de travailleurs agricoles, essentiellement africains, ont délaissé les champs de tomates du sud de l’Italie pour manifester leur colère après la mort de seize d’entre eux dans deux accidents de la route et contre leurs conditions de travail.
Samedi 4, puis lundi 6 août, deux fourgonnettes ramenant des ouvriers agricoles à la fin de la journée sont entrées en collision frontale avec des camions de tomates : seize morts et quatre blessés graves, tous d’Afrique noire, à l’exception du conducteur, marocain, de la seconde fourgonnette.
Mais aussi…
Affaire Benalla. Le couple de la place de la Contrescarpe n’a pas menti à la police. Les deux trentenaires n’ont pas provoqué de violences « graves » le 1er Mai.Colombie. Ivan Duque succède au prix Nobel de la paix Juan Manuel Santos à la présidence du pays, avec un programme de droite dure.Brexit. A sept mois de la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union, la moitié des entreprises ne se préparent pas au risque de non-accord.Yémen. Une trentaine d’enfants ont été tués dans un raid contre un bus. Le conflit, qui dure depuis mars 2015, a fait plus de 10 000 morts.Glyphosate. Dewayne Johnson, l’homme qui a mis Monsanto sur le banc des accusés, a gagné son procès.Affaire Skripal. A leur tour, les Etats-Unis vont imposer des sanctions contre la Russie.Parité. Bercy, une administration qui peine à respecter la parité.Social. La grève européenne – dans cinq pays – chez Ryanair prend de l’ampleur. Plus de 55 000 passagers sont concernés par ce mouvement.Noël. Le forain Marcel Campion pourra installer son marché de Noël aux Tuileries, à Paris, après avoir été écarté par la Mairie de Paris en 2017.Au revoir. Robert Redford renonce à son métier d’acteur. A 81 ans, la star américaine a annoncé que The Old Man & The Gun serait son dernier rôle, sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.Faune. Le phoque gris, touriste dans la « cantine » de la mer d’Iroise, suivi GPS et cartographique.Jeux vidéo. L’Allemagne lève l’interdiction de symboles nazis dans les jeux vidéo.
Disparitions
Patrimoine gastronomique. Le plus célèbre chef français laisse le monde de la gastronomie en deuil. Joël Robuchon est mort, lundi 6 août à Genève, à l’âge de 73 ans, des suites d’un cancer. Sacré meilleur ouvrier de France en 1976, chef de l’année en 1987, puis cuisinier du siècle en 1990, M. Robuchon était, avec trente-deux étoiles en 2016 (un record absolu), le chef le plus étoilé au monde.Arts. Le chanteur et comédien français Etienne Chicot est mort subitement à l’âge de 69 ans ; après quelques petits rôles, il a rencontré le succès en 1979 avec l’opéra-rock « Starmania ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le vote du Sénat, jeudi, contre un projet de loi sur la légalisation de l’avortement n’a pas refermé le débat dans le pays. Au contraire.
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Argentine : trois questions sur les suites du rejet de la légalisation de l’IVG

Le vote du Sénat, jeudi, contre un projet de loi sur la légalisation de l’avortement n’a pas refermé le débat dans le pays. Au contraire.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 05h28
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 14h05
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


Que va-t-il se passer, en Argentine, après le rejet, jeudi 9 août, par le Sénat du projet de loi sur la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ? Malgré la victoire des « pro-vie » et leur slogan « Sauvons les deux vies », en référence à la vie de la femme enceinte et à celle du fœtus, le débat sur le droit à l’avortement est loin d’être refermé en Argentine.
Au contraire. Non seulement « ce n’est plus un sujet tabou », comme l’a reconnu le président de centre-droit Mauricio Macri, personnellement opposé à l’avortement, mais l’IVG sera sans nul doute l’un des grands thèmes de la campagne pour les élections présidentielle et législatives d’octobre 2019.

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                Ce qu’il faut retenir du vote contre le droit à l’avortement en Argentine



Le vote des sénateurs a témoigné avant tout de l’influence, historique en Argentine, de l’Eglise catholique – renforcée par la présence d’un pape argentin au Vatican – mais aussi plus récemment des Eglises évangéliques, qui se sont fortement mobilisées contre le projet de loi. Et pourtant, tous les sondages ces dernières semaines montrent que la société argentine, traditionnellement patriarcale, a évolué, et qu’elle est aujourd’hui majoritairement favorable au droit à l’IVG, qui s’est imposé comme une question de santé publique.
En outre, l’extraordinaire mobilisation des féministes argentines, suivie du vote négatif au Congrès, a eu une énorme répercussion dans toute la région mais aussi dans la communauté internationale. « Le vote de la honte », a dénoncé Amnesty International.

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Quelles sont les prochaines échéances institutionnelles ?
Dans seulement quelques jours, l’IVG sera à nouveau un thème de débat. Le pouvoir exécutif doit en effet soumettre au Congrès, le 21 août, un projet de réforme du code pénal – datant de 1921 – qui inclut une dépénalisation de l’avortement, toutefois partielle. L’avortement continuera d’être considéré comme un délit. Mais il ne sera pas punissable si la grossesse est le résultat d’un abus sexuel, si elle met en danger la vie de la femme ou sa santé, physique ou mentale. Ne sera pas non plus punissable le médecin qui pratique un avortement, s’il a le consentement de la femme et si la vie de celle-ci est en danger.
Aujourd’hui, une femme qui avorte risque entre un et quatre ans de prison, et tous ceux l’ayant aidée encourent jusqu’à six ans de prison. En dépit de ces peines, il y a entre 370 000 et 522 000 avortements clandestins par an, selon une étude du ministère de la santé datant de 2005.
Au lendemain du débat au Sénat, le président Macri a annoncé un plan pour renforcer l’éducation sexuelle et la distribution de moyens de contraception pour prévenir les grossesses non désirées des adolescentes, avec la participation des ministères de la santé, du développement social et de l’éducation.
Que devient la mobilisation des militantes de la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sans risques et gratuit, un collectif de la société civile à l’origine du projet de loi actuel ?
Dès le mois de mars 2019, le collectif pourrait à nouveau présenter un projet de loi au moment de la réouverture des débats parlementaires, après la trêve de l’été austral. Reste à savoir si le nouveau projet sera identique à celui présenté en juin à la Chambre des députés, puis en août au Sénat, ou s’il présentera des modifications.
Une autre stratégie pourrait consister à attendre, 2020, après les élections. Les élections d’octobre 2019 marquent en effet l’entrée en vigueur de la « ley de cupos », approuvée en 2017, qui assure la parité de genre dans la liste des candidats aux législatives. Un renouvellement, avec une féminisation et un rajeunissement du Congrès, pourrait augmenter les chances de voir approuver la légalisation de l’IVG.
« Nous avons marqué une époque et changé la politique nationale. Nous avons obtenu la dépénalisation sociale de l’avortement », revendique le collectif, dans un communiqué le 10 août, convaincu « que la dépénalisation et la légalisation ne sont plus qu’une question de temps ».
Les mobilisations vont se poursuivre. Le collectif exige l’application effective de la loi d’Education sexuelle intégrale et le Programme de santé sexuelle et procréation responsable dans toutes les provinces argentines, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Il déclare, en outre, les autorités responsables de la sécurité des militantes, dénonçant les attaques et les menaces dont elles ont été victimes depuis le vote favorable des députés à la dépénalisation de l’IVG, le 14 juin.
« A partir de maintenant, chaque mort et chaque femme emprisonnée, à la suite d’un avortement, sera la responsabilité du pouvoir exécutif national et des 40 sénatrices et sénateurs, membres du pouvoir législatif, qui se sont abstenus ou on voté contre notre droit à la vie, à la santé et à la reconnaissance de notre dignité », ajoute le communiqué.
Quelles sont les conséquences politiques du vote au Sénat ?
De profondes divisions sont apparues, pour la première fois, au sein de la coalition de centre-droit au pouvoir, Cambiemos (centre-droit) mais également dans l’opposition péroniste.
Dès le lendemain du vote au Sénat, des parlementaires de Cambiemos, qui ont voté en faveur du projet de loi sur la légalisation de l’avortement, ont proposé l’organisation d’un référendum. Une initiative qui a été pour l’instant rejetée par le président Macri, qui ne cache pas son ambition de briguer un second mandat présidentiel.
Pour leur part, les militantes féministes, qui se sont mobilisées par milliers au cours des derniers mois, ont appelé à ne pas voter pour des candidates/candidats qui se sont opposés à la légalisation de l’avortement. Parmi eux, Maria Eugenia Vidal, la gouverneure de la puissante province de Buenos Aires, circonscription électorale décisive. Alliée de M. Macri et bénéficiant jusqu’à présent d’une image favorable dans les sondages, elle s’est publiquement et farouchement opposée à la dépénalisation de l’IVG.
Le débat sur l’IVG a en outre ouvert d’autres brèches, comme la demande de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, une polémique ancienne qui a ressurgi dans la société argentine sous la houlette des féministes. Une campagne a déjà été lancée sur les réseaux sociaux, réunissant, en quelques jours des milliers de signatures, avec pour symbole un foulard de couleur orange. Actuellement, l’Etat fédéral, laïque, soutient le culte catholique, en vertu de l’article 2 de la Constitution argentine. Les salaires des évêques sont payés par l’Etat, donc avec les impôts des citoyens. L’Eglise bénéficie également d’exonérations d’impôts, de subventions aux collèges religieux et de fonds destinés à la maintenance des églises.
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            data-slide-description="Les militants des deux parties, séparés par des barrières de sécurité, devant le Parlement, à Buenos Aires, le 8 août."
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            data-slide-description="La place, de nuit, vue depuis le Parlement, peu avant le vote des sénateurs."
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            data-slide-description="Des militants pro-IVG brandissent un foulard vert, symbole de leur mobilisation. Certains étaient présents depuis le matin aux abords du Parlement."
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            data-slide-description="Manifestation « pro-vie », à l’annonce des résultats, le 9 août. Composée de familles et de membres du clergé, ils arborent la couleur bleu ciel et brandissent des drapeaux argentins, pays d’origine du pape François."
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            data-slide-description="Devant le Parlement, déception et pleurs des manifestants pro-IVG à l’annonce du vote. Le débat au Sénat a duré plus de seize heures."
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            data-slide-description="Avant le vote du Sénat argentin, le président Mauricio Macri avait qualifié le débat de « victoire pour la démocratie ». Le chef de l’Etat s’est déclaré personnellement contre l’avortement, mais a assuré qu’il signerait la loi si elle était adoptée."
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            data-slide-description="Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons), Daniel Lipovetzky, évoque, jeudi 9 août, la possibilité de convoquer un référendum."
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            data-slide-description="Des incidents isolés ont éclaté après l’annonce des résultats du vote."
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            data-slide-description="Selon les estimations du ministère de la santé, il y a au moins 350 000 avortements illégaux en Argentine chaque année. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme estiment que le chiffre réel pourrait être plus élevé."
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            data-slide-description="La loi argentine n’autorise que les avortements en cas de viol ou si la santé de la mère est menacée."
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            data-slide-description="« Je reste optimiste. Ça n’a pas été voté aujourd’hui, mais ce sera voté demain (...) », commente une militante. « Ce n’est pas fini. »"
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            data-slide-description="L’Uruguay et Cuba sont les seuls pays d’Amérique latine à autoriser l’avortement."
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            data-slide-description="« Obliger quelqu’un à accoucher, c’est de la torture », peut-on lire sur la pancarte. Ces deux dernières années, les mouvements féministes avaient donné un élan considérable à la revendication du droit à l’avortement en Argentine."
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            data-slide-description="Le « non » l’ayant emporté, il faudra attendre 2020 avant que la question de l’avortement ne puisse de nouveau être examinée par le Parlement."
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Les militants des deux parties, séparés par des barrières de sécurité, devant le Parlement, à Buenos Aires, le 8 août.

Tomas F. Cuesta / AP
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.
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A Bucarest, gaz lacrymogènes et canon à eau contre une manifestation d’expatriés roumains

Des dizaines de milliers de Roumains de la diaspora se sont rassemblés, vendredi soir, pour dénoncer la corruption dans leur pays d’origine.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 03h11
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h37
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Gaz lacrymogène et canons à eau ont été utilisés par les forces de l’ordre pour disperser, vendredi 10 août dans la soirée, une manifestation d’environ 80 000 personnes à Bucarest. La plupart d’entre eux étaient des Roumains de la diaspora venus protester contre la corruption institutionnalisée qui gangrène leur pays.
Nicusor Vasile, petit entrepreneur dans le bâtiment émigré à Bruxelles depuis cinq ans, a fait 2 200 kilomètres de route pour se rendre place de la Victoire, devant le siège du gouvernement, lieu traditionnel des manifestations. Agé de 45 ans, il a quitté la Roumanie en 2013. « J’en avais marre, explique-t-il. En Roumanie, je travaillais jusqu’à douze heures par jour et j’avais du mal à joindre les deux bouts. Nous avons tout ce qu’il faut pour vivre aussi bien à Bucarest qu’à Bruxelles ou à Paris, mais la corruption a détruit ce pays. »
« Pourquoi une telle violence ? Nous ne céderons pas, prévient M. Vasile. J’envoie l’argent que je gagne en Roumanie et qu’est-ce que je reçois en échange ? Du gaz lacrymogène et des jets d’eau sur la tête. Nous ne confierons pas la Roumanie à une bande de voleurs qui ont fait main basse sur le gouvernement et sur le Parlement. »
Vendredi, le président libéral Klaus Iohannis a affiché sa solidarité avec les manifestants et a aussitôt réagi au zèle policier du gouvernement. « Je condamne l’intervention brutale de la gendarmerie, disproportionnée par rapport à l’attitude paisible de la plupart des manifestants », a-t-il déclaré.
« Si tu es honnête, tu crèves »
La Roumanie est entrée dans l’Union européenne en 2007, et des millions de ses ressortissants sont partis chercher une vie meilleure dans l’ouest du continent. Officiellement, trois millions ont émigré en Occident, mais, selon les associations de la diaspora, il y en aurait cinq millions, soit un Roumain sur quatre. C’est grâce à eux que l’économie du pays s’est maintenue. Tous les ans, ils envoient à leurs familles environ 5 milliards d’euros, une somme importante dans un pays où le salaire moyen est de 500 euros.
Le 10 août, ils s’étaient donné rendez-vous dans la capitale pour exprimer leur colère contre le gouvernement. Le mécontentement était monté d’un cran en février 2017, lorsque l’exécutif social-démocrate a multiplié les mesures pour mettre fin à la campagne anticorruption lancée au début des années 2000.
« Les hommes politiques sont allés trop loin, ils se comportent comme des gens auxquels tout est permis, selon Nicusor Vasile. Ma femme et ma fille vivent ici et c’est ici que je veux vivre, mais si tu es honnête dans un pays corrompu jusqu’à la mœlle, tu crèves. Je ne veux pas vivre toute ma vie à l’étranger, je veux vivre avec ma famille dans un pays qui respecte les règles. Mais comment peut-on respecter la loi si ceux qui la font, nos députés et nos gouvernants, ne la respectent pas ? »

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Après une victoire écrasante aux législatives de décembre 2016, Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates, n’a pas pu devenir premier ministre en raison d’une condamnation pénale à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 20 juin 2018, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour abus de pouvoir. M. Dragnea, qui préside la Chambre des députés, fait aussi l’objet d’une troisième enquête pénale pour détournement de 20 millions d’euros de fonds européens à travers une société de construction d’autoroutes.
Mais il a trouvé la parade : modifier le code pénal pour blanchir son casier judiciaire et limiter drastiquement le pouvoir des magistrats. Le 18 juin, les députés ont voté un nouveau code pénal, vivement contesté par les spécialistes. Le gouvernement a également réussi à obtenir le limogeage de Laura Codruta Kövesi, chef du Parquet national anticorruption (DNA), qui incarnait cette lutte.

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Craintes quant à l’Etat de droit
La Commission européenne et les instances occidentales s’inquiètent au sujet de l’Etat de droit en Roumanie, d’autant plus que le pays assurera la présidence tournante de l’UE pendant six mois à partir du 1er janvier 2019. Le 28 juin, douze pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, avaient exhorté le Parlement roumain à ne pas modifier la loi pénale. « Nous appelons nos partenaires roumains à éviter des modifications qui pourraient affaiblir l’Etat de droit et la capacité de la Roumanie à lutter contre la délinquance et la corruption », déclarait le communiqué des chancelleries occidentales à Bucarest.
Le 10 juillet, la France est revenue à la charge avec une déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay : « A quelques mois de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne, la France et ses partenaires européens resteront vigilants sur l’évolution de la situation de l’Etat de droit en Roumanie. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le géant de l’agrochimie a été condamné à verser 289 millions de dollars à Dewayne Johnson. La plainte du jardinier, malade d’un cancer, était la première examinée par la justice américaine.
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Procès du glyphosate : Monsanto condamné, un jugement historique

Le géant de l’agrochimie a été condamné à verser 289 millions de dollars à Dewayne Johnson. La plainte du jardinier, malade d’un cancer, était la première examinée par la justice américaine.



Le Monde
 |    11.08.2018 à 00h56
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 10h24
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


C’est une histoire comme l’Amérique les aime – le petit terrassant le géant –, mais c’est surtout un jugement historique, susceptible de peser sur l’avenir de l’agriculture mondiale. La société Monsanto a été condamnée par la justice californienne, vendredi 10 août, à verser 289,2 millions de dollars (248 millions d’euros) à un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson.
Agé de 46 ans et père de deux enfants, il est, selon ses médecins, en phase terminale d’un cancer du système lymphatique, qu’il attribue à son exposition à des herbicides – Ranger Pro et Roundup Pro – contenant du glyphosate et commercialisés par la firme agrochimique. Il réclamait environ 400 millions d’euros à la société, désormais propriété du groupe européen Bayer.

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Dans un communiqué, Monsanto a annoncé faire appel du jugement. « Nous ferons appel de la décision et continuerons à défendre vigoureusement ce produit qui bénéficie de quarante ans d’utilisation sans danger et qui continue à être un outil essentiel, efficace et sans danger pour les agriculteurs et autres usagers », précise l’entreprise qui met en avant les avis favorables de la majorité des agences réglementaires. Mais le répit de l’appel pourrait n’être que de courte durée : l’agrochimiste est confronté, aux Etats-Unis, à plus de 4 000 procédures semblables, devant des juridictions d’Etat ou des cours fédérales, et le jugement des jurés californiens, le premier du genre, ouvre une boîte de Pandore.
Le jugement est accablant. Les jurés ont considéré que les produits à base de glyphosate visés par la plainte n’étaient pas aussi sûrs que les utilisateurs étaient en droit de l’attendre, qu’ils étaient « un facteur substantiel » de la maladie du plaignant, que les risques posés par ces produits « étaient connus ou pouvaient être connus à la lumière des connaissances généralement admises par la communauté scientifique au moment de leur fabrication, de leur distribution et de leur vente » et que Monsanto avait failli à en informer ses clients. Les jurés ont en outre estimé que la société avait agi avec « malveillance » (malice, en anglais).
Pesticide le plus utilisé
Pendant près d’un mois, les jurés ont écouté les exposés contradictoires des experts témoins commis d’un côté par les avocats du plaignant, de l’autre par Monsanto. Les présentations ont été de haute tenue, abordant des questions scientifiques complexes sur les mécanismes d’action du glyphosate, l’interprétation des études sur les animaux, la validité des études épidémiologiques conduites sur les humains, etc. Mais ce sont les documents internes de la société, obtenus par les avocats de M. Johnson, qui ont joué un rôle décisif.
« Nous avons enfin pu présenter au jury les documents internes tenus secrets par Monsanto prouvant que la société savait depuis des décennies que le glyphosate, et en particulier le Roundup, pouvait être une cause de cancer, a déclaré Brent Wisner, l’un des avocats de M. Johnson à l’audience. Nous sommes fiers qu’un jury indépendant, en dépit de l’échec de l’Agence de protection de l’environnement à exiger un étiquetage adéquat de ces produits, ait suivi les éléments de preuve présentés, et use de sa voix pour dire à Monsanto que les années de tromperie sur le Roundup sont derrière nous. »
Le glyphosate, tombé dans le domaine public au début des années 2000, est commercialisé par de nombreuses sociétés agrochimiques ; il est le pesticide le plus utilisé dans le monde, avec plus de 800 000 tonnes épandues chaque année. Mais il est d’une importance cardinale pour Monsanto, qui l’a placé au cœur de son modèle économique : l’entreprise est en effet spécialisée dans la vente couplée de l’herbicide et de cultures OGM (soja, maïs…) capables de le tolérer.
Le jugement tombe alors que la firme de Saint-Louis (Missouri) est dans une période singulière de son histoire. Elle a été formellement acquise, le 7 juin, par le géant Bayer. « A ce jour, le processus d’intégration des deux structures n’a pas commencé et ne devrait être mis en place que début septembre, expliquait au Monde une porte-parole de Bayer, quelques heures avant le jugement californien. Nous nous appliquerons à gérer les actions en justice lancées dans différents pays de la manière la plus transparente et responsable. »
Depuis mars 2015 et son inscription, par le Centre international de recherche sur le cancer, à la liste des substances probablement cancérogènes, le glyphosate est au centre de nombreuses polémiques, notamment en Europe où il n’a été réautorisé, fin 2017, que pour cinq ans.
D’autres nuages s’amoncellent. Deux procédures sont par exemple en cours en France. Et quatre jours avant la décision californienne, un juge fédéral brésilien ordonnait la suspension de l’autorisation des herbicides à base de glyphosate, le temps que cette substance soit réévaluée. La décision est sujette à appel, mais elle montre qu’un peu partout le produit phare de Monsanto est fragilisé. La victoire du jardinier américain devrait renforcer encore cette défiance.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Après en avoir fait le cœur de leur stratégie militaire dans les années 1980, les Etats-Unis ont abandonné l’espace à la Russie et à la Chine. Un ciel que Donald Trump entend reconquérir, avec la création d’une branche spéciale au sein de l’armée américaine.
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Face à Moscou et Pékin, Trump veut créer une « force de l’espace »

Après en avoir fait le cœur de leur stratégie militaire dans les années 1980, les Etats-Unis ont abandonné l’espace à la Russie et à la Chine. Un ciel que Donald Trump entend reconquérir, avec la création d’une branche spéciale au sein de l’armée américaine.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 22h54
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 11h26
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Guerre des étoiles, épisode 2. En 1983, Ronald Reagan lançait l’initiative de défense stratégique, visant à déployer des dizaines de satellites pour abattre en vol les missiles soviétiques avant qu’ils atteignent leur but. Et mettait à genoux l’URSS. Trente-cinq ans plus tard, Donald Trump veut créer la « force de l’espace ». Sauf que le rapport de force militaro-stratégique s’est entre-temps inversé. Il s’agit pour les Etats-Unis de reconquérir une suprématie mise à mal par les Chinois et les Russes.
Dans les années 1980, les Américains avaient gagné la bataille de la Lune et dominaient l’espace avec leurs quatre navettes spatiales. Aujourd’hui, ils sont incapables d’envoyer un homme en orbite et doivent louer les services des Russes pour atteindre la Station spatiale internationale. Et ils craignent de voir leurs satellites civils et militaires menacés par les missiles russes et chinois, ou victimes de cyberattaques nord-coréennes ou iraniennes. L’espace est devenu le talon d’Achille du complexe militaro-industriel, reparti dans la course aux armements.
« Nous devons obtenir une domination américaine de l’espace »
C’est la raison pour laquelle Donald Trump et son vice-président, Mike Pence, qui s’est approprié le sujet de la reconquête de l’espace, ont annoncé la création d’ici à 2020 d’une sixième branche armée consacrée à l’espace. Elle côtoierait l’armée de terre, la marine (US Navy), le corps des marines, les gardes-côtes et l’armée de l’air, dernière force autonome à avoir été créée en 1947. Actuellement, c’est l’Air Force qui chapeaute l’essentiel des forces militaires américaines allouées à l’espace. Dominée par les pilotes, elle est accusée de ne pas y consacrer assez de moyens et d’énergie, alors que la menace s’accentue.

« Depuis des années, des pays allant de la Russie à la Chine, en passant par l’Iran et la Corée du Nord, ont construit des armes pour bloquer, aveugler ou rendre inopérants nos satellites de navigation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Environ 2 000 Palestiniens se sont rassemblés pour manifester et brûler des pneus vendredi à l’est de la ville de Gaza, à la frontière avec Israël.
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Gaza : deux Palestiniens tués par des tirs israéliens, l’UE craint un nouveau conflit

Environ 2 000 Palestiniens se sont rassemblés pour manifester et brûler des pneus vendredi à l’est de la ville de Gaza, à la frontière avec Israël.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 19h57
 • Mis à jour le
11.08.2018 à 07h46
   





                        



   


Deux Palestiniens ont été tués vendredi 10 août dans la bande de Gaza par des tirs de soldats israéliens lors de manifestations et de heurts le long de la frontière avec Israël, a annoncé le ministère de la santé gazaoui, qui a fait état également de 40 blessés par les balles israéliennes.
Environ 2 000 Palestiniens ont manifesté et brûlé des pneus à l’est de la ville de Gaza. Avec d’autres rassemblements ailleurs le long de la frontière, quelques milliers de personnes en tout se sont déplacées, loin toutefois des mobilisations antérieures qui ont pu réunir des dizaines de milliers de Gazaouis.
Les heurts avec les soldats israéliens postés sur l’hermétique barrière de sécurité sont également restés limités. Mais un secouriste de 21 ans, Abdallah Al-Qatati, a succombé après avoir été atteint à la poitrine à l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Il s’agit du deuxième secouriste au moins à avoir été tué par les tirs israéliens depuis le 30 mars. Un autre Palestinien, Ali Al-Aloul, 55 ans, a également été tué vendredi par l’armée israélienne.
Par ailleurs, 307 Palestiniens ont été blessés (certains par des gaz lacrymogènes), dont deux journalistes et cinq secouristes, a annoncé le ministère local de la santé. Au moins 131 d’entre eux ont été blessés par balle.
Inquiétude de l’Union européenne
L’armée israélienne a affirmé que des chars israéliens avaient tiré en direction de deux positions du Hamas en réponse à plusieurs « infiltrations » de Palestiniens ayant franchi la barrière avant de retourner dans le bande de Gaza, et à un jet de grenade vers des soldats. Le communiqué de l’armée ne donne toutefois pas plus de précisions. Ces incidents interviennent alors qu’une trêve était intervenue entre Israël et le Hamas, qui dirige l’enclave palestinienne sous blocus.
Le mouvement islamiste avait décidé de faire taire les armes jeudi après avoir tiré vers le territoire israélien plus de 180 roquettes et obus de mortier dans la nuit de mercredi à jeudi. La lourde riposte aérienne d’Israël contre plus d’une centaine de cibles a tué trois Palestiniens, dont une femme enceinte de 23 ans, son bébé de 18 mois, ainsi qu’un homme appartenant à la branche armée du Hamas.
Face à cette situation, l’Union européenne a affirmé vendredi que Gaza et Israël sont « dangereusement proches » d’un nouveau conflit. « La première priorité est maintenant la désescalade et la vie des civils ne doit pas être davantage mise en danger », a prévenu une porte-parole des services extérieurs de l’UE dans un communiqué.

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