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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Son documentaire « M » fait découvrir le scandale méconnu de la pédophilie dans la communauté ultra-orthodoxe de Tel-Aviv.
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A Locarno, le retour intranquille de Yolande Zauberman

Son documentaire « M » fait découvrir le scandale méconnu de la pédophilie dans la communauté ultra-orthodoxe de Tel-Aviv.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 17h20
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno, Suisse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Après dix jours de fournaise tempérée par la climatisation des salles, le Festival du film de Locarno ferme ses portes samedi 11 août. Riche en divers événements cinéphiliques, le bilan y est néanmoins contrasté pour ce qui concerne les deux principales sections compétitives, la compétition internationale et Cinéastes du présent (premiers et deuxièmes films). Une même physionomie les caractérise, qui conjoint un petit nombre d’incongruités, une certaine routine de l’art et essai, une pincée de poivre expérimental, et quelques films saillants en nombre hélas insuffisant, par ces temps de concurrence mortelle entre festivals, pour faire peser de manière avantageuse la manifestation sur la balance internationale.

On ne repart toutefois jamais les mains vides de Locarno, qui excelle dans la découverte de figures atypiques et dans la défense de propositions esthétiques téméraires. En compétition, La Flor de l’Argentin Mariano Llinas, sidérant OVNI de quatorze heures, en fut le plus étincelant exemple (Le Monde du 10 août). L’autre grand choc sera venu de M, un essai documentaire de brûlante facture signé Yolande Zauberman. Cinéaste trop rare, au parcours éclectique et passionné, elle a signé des documentaires d’autant plus remarquables que formidablement incarnés, tels que Classified people (1987) sur l’incroyable destin d’un métis durant l’apartheid, ou Caste criminelle (1987), qui suit une famille de parias en Inde. On lui doit également quelques fictions, dont le remarquable Moi Ivan, toi Abraham (1993), film dialogué en langue yiddish, relatant l’amitié entre deux enfants, juif et chrétien, dans la Pologne des années 1930.
L’ombre portée de la Shoah contribuent à élever ce film à une hauteur réflexive et émotionnelle rare
Ceci pour dire qu’il ne faut attendre de Yolande Zauberman ni tranquillité du sujet, ni routine de la forme. Avec M, dont on se demande un petit peu si ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Couples d’artistes (6/6). Depuis leur rencontre en 2004, leurs deux noms accolés sont devenus la signature d’un style aérien et virtuose. De la communication à la création, ils partagent tout intuitivement.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Malgré les intempéries, le festival Plage de rock a maintenu jeudi 9 août le concert du franco-canadien et de son groupe.
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Theo Lawrence and The Hearts chantent le blues sous la pluie

Malgré les intempéries, le festival Plage de rock a maintenu jeudi 9 août le concert du franco-canadien et de son groupe.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 17h28
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


Pour beaucoup de festivals qui ont lieu dans le sud-est de la France, il a fallu, jeudi 9 août au soir, trouver une solution de repli, ou tout bonnement annuler. A Port-Grimaud (Var), pour Plage de rock, l’orage et les trombes d’eau qui se sont abattus, dès 14 heures, sur la structure en extérieur n’ont découragé ni les musiciens ni l’équipe technique. Le chanteur franco-canadien Theo Lawrence et son groupe, The Hearts, ont tenu à jouer. « Ah non !, s’exclamait-il en début d’après-midi sous le déluge, on a fait cinq heures de train depuis Paris ce matin, on joue quoi qu’il arrive. »
A 23 ans, ce jeune guitariste de mère québécoise et de père français, qui a grandi à Gentilly (Val-de-Marne), voue une passion depuis l’adolescence au blues rural. Plage de rock, organisé jusqu’au 16 août aux Prairies de la mer, a d’ailleurs, ce soir-là, presque des airs de Delta du Mississippi avec ses baraques en bois sur pilotis, son ambiance de village de pêcheurs ballotté par les éléments mais qui tient bon.
« Chanson de reclus »
Alors que l’orage tonne encore, les vacanciers britanniques, néerlandais ou français sont réunis dans le bar du festival transformé en pub pour l’occasion. Santiags aux pieds, grosse boucle de ceinture sur son jean, Theo Lawrence, le bassiste Olivier Viscat, grand fan des Beatles, le guitariste Thibaud Ripault, fin connaisseur du blues de Chicago, Nevil Bernard, claviériste à l’âme soul et le batteur Thibaud Lecocq interprètent le répertoire de leur premier album, Homemade Lemonade, publié au printemps. Des chansons qui mêlent leurs influences et où la voix de Theo Lawrence, calquée sur celle de son chanteur de prédilection, le soulman texan Joe Tex (1935-1982), raconte ses amours mais aussi ce sentiment de ne jamais se sentir chez soi, par exemple sur A House But Not a Home ou Chew Me Up. 

« C’est une chanson de reclus, explique le chanteur. Moi-même, j’ai toujours l’impression d’être venu à la mauvaise soirée, au mauvais endroit. J’ai toujours eu cette sensation d’avoir loupé le coche, il y a peu de personnes avec qui je partage cet engouement pour le vieux blues. Pour plein de jeunes de mon âge, mes goûts sont désuets, alors que moi ça m’excite totalement. »
En fouillant sur YouTube pour comprendre d’où viennent ses influences, Théo Lawrence tombe « sévèrement » dans le blues, à l’âge de 14 ans
Dans sa maison à Gentilly, on regarde peu la télévision, on écoute encore moins la radio. Ses parents, intermittents du spectacle, enseignent le théâtre pour le père, la danse pour la mère. Les vacances se passent tous les étés à Montréal et Théo Lawrence est inscrit dès la maternelle dans une école bilingue. Ses références viennent de la culture anglophone, ses premières palpitations musicales des bandes originales des films Grease (1978), de Randal Kleiser, et Paris Texas (1984), de Wim Wenders.
Quand ses copains écoutent du rap, lui se passionne pour le rock des années 1960 et 1970 : Jefferson Airplane, Grateful Dead, Velvet Underground... En fouillant sur YouTube pour comprendre d’où viennent ses influences, il tombe « sévèrement » dans le blues, à l’âge de 14 ans. « J’adorais les enregistrements d’Alan Lomax sur les chanteurs de blues rural, raconte-t-il. A la guitare, je jouais beaucoup Skip James, Son House, Robert Johnson, Howlin’Wolf, Muddy Waters… Ça a été un coup de foudre pour le côté brutal de la musique, un instant capturé, totalement dépouillé, très sincère, hyperinstantané dans l’urgence. A l’inverse de la tendance actuelle où tout est intellectualisé, dans la recherche numérique… »

Très vite, avec son copain Olivier Viscat, il décide de créer un trio influencé par le blues du Delta, qu’ils veulent jouer électrique. Leurs références sont alors R.L Burnside et Junior Kimbrough mais les rencontres avec d’autres musiciens, leur passion nouvelle pour la soul du révérend Solomon Burke et d’Irma Thomas, mais aussi pour la nouvelle figure de proue de la scène new-yorkaise, Menehan Street Band, les détourne de leur intention première : « Il y avait beaucoup d’orgue dans cette musique, donc on s’est mis à chercher un claviériste ».
Ils ne choisissent pas n’importe lequel mais le fils de Jean-Michel Bernard, un des organistes de Ray Charles, et l’alchimie prend. Ensemble, ils écrivent Heaven to Me qui pose la pierre angulaire de leur musique, morceau sur lequel ils ont terminé leur concert entre blues et soul à Plage de Rock. Et instantanément, la pluie s’est arrêtée.
Homemade Lemonade, de Theo Lawrence and The Hearts, 1 CD Gentilly Potion/BMG.
Plage de rock, jusqu’au 16 août, Prairies de la Mer, Port Grimaud (Var).
Theo Lawrence and The Hearts en concert le 24 août au Festival du roi Arthur, Bréal-sous-Monfort (Ille-et-Vilaine), le 25 à Rock en Seine, Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 27 au Trianon, Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Qui a écrit cette chanson ? John Lennon ou Paul McCartney ? Ce mystère a été résolu grâce aux mathématiques.
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Paul McCartney se « trompe » quand il dit avoir écrit « In My Life » : la preuve par les maths

Qui a écrit cette chanson ? John Lennon ou Paul McCartney ? Ce mystère a été résolu grâce aux mathématiques.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 15h50
   





                        


Do you want to know a secret (« Voulez-vous connaître un secret ») ? Des chercheurs du Canada et des Etats-Unis ont déterminé, avec 98 % de certitude, qui, de John Lennon ou de Paul McCartney, avait composé le tube In My Life – classé 23e dans la liste des cinq cents plus grandes chansons de tous les temps, selon le magazine Rolling Stone –, publié sur l’album Rubber Soul (1965) des Beatles.
Lorsque McCartney et Lennon ont commencé à écrire ensemble, ils étaient d’accord, toutes les chansons devaient être créditées aux deux, ainsi donc : Lennon-McCartney. Mais un petit trait d’union peut cacher bien des mystères, comme le fait remarquer Frances Willick, sur CBC News. Car, après le départ de John Lennon, qui a quitté les Beatles en 1969, chacun a prétendu avoir écrit plus de chansons que l’autre. Un divorce non épargné par les discordes. Une demi-ligne des paroles attribuée à l’un, un tiers de la mélodie à l’autre, 70 % de la chanson c’est lui, la batterie, dans celle-là, c’était l’autre.
Un différend en particulier ne fut pas réglé : à qui fallait-il attribuer la paternité de In My Life ? Paul McCartney prétendait avoir écrit toute la mélodie, quand John Lennon ne lui accordait seulement, et probablement, que son aide partielle, dans le middle 8 (ou pont, un court passage servant de transition entre deux phrases ou deux sections d’un morceau). Il ne changea pas de version, et ce, jusqu’à sa mort, en 1980.
Soixante-dix chansons décomposées en 149 composants
Problème de mémoire ou pas, We can work it out (« Nous allons y arriver »). Pour mettre tout le monde d’accord, « In My Life est désormais une chanson de Johnny Cash ». Non. Pour mettre tout le monde d’accord, tout ce dont nous avons besoin, c’est d’amour. Ou, de mathématiques.
Mark Glickman, maître de conférences en statistiques à l’université de Harvard (Massachusetts), et Jason Brown, professeur de mathématiques à l’université Dalhousie (Canada), ont créé un modèle mathématique pour décomposer environ soixante-dix chansons des Beatles en 149 composants différents. Leur objectif étant de déterminer les empreintes musicales de chaque auteur-compositeur. Leur conclusion ? Sir Paul se « trompe », car, selon cette méthode mathématique, la probabilité qu’il ait composé In My Life n’est que de 2 %. La chanson porte, en revanche, toutes les caractéristiques musicales de John.
Comme Glickman l’explique https://www.telegraph.co.uk/science/2018/07/29/sir-paul-mccartney-misremembers-writing-life-says-harvard-analysing/">au Telegraph : « L’idée de base est de convertir une chanson en un ensemble de structures de données différentes, qui permettent d’établir une signature d’une chanson en utilisant une approche quantitative. Pensez par exemple à décomposer une couleur en ses composants constituants de rouge, de vert et de bleu avec différents poids attachés. »
Cette méthode est inspirée des techniques de la stylométrie, « une science qui permet de déterminer l’auteur d’un texte par une analyse statistique et d’identifier des motifs caractéristiques de l’écriture de telle ou telle personne », comme l’explique dans son article pour France Inter le journaliste Julien Baldacchino. Mais, de toute façon, pour les « John people », il n’y avait « pas besoin de mathématiques pour capter que In My Life est une chanson de Lennon ».






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Jerry Seinfeld, Louis C.K., Dave Chappelle… De plus en plus de stars du one-man-show se produisent, en anglais, dans les salles parisiennes. Leurs spectacles font rire les touristes, les expatriés et un public jeune qui comprend leurs blagues en VO.
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Le stand-up américain débarque en France, sans les sous-titres


                      Jerry Seinfeld, Louis C.K., Dave Chappelle… De plus en plus de stars du one-man-show se produisent, en anglais, dans les salles parisiennes. Leurs spectacles font rire les touristes, les expatriés et un public jeune qui comprend leurs blagues en VO.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 15h00
   





                              

                        

La scène se déroule en février dernier. Entre deux salons de coiffure africains, une foule se presse devant Les Étoiles, petite salle de spectacle du 10e arrondissement de Paris. Tous sont là pour voir Dave Chappelle. Sa venue a été annoncée deux semaines plus tôt. Les 160 places se sont vendues en quelques minutes. Grand nom du stand-up américain, notamment connu pour son émission « Chappelle’s Show », l’humoriste est capable de remplir dix fois d’affilée le Radio City Music Hall (6 015 places) à New York. Pendant sa performance ce soir d’hiver, la première en France, il confie : « Je vois qu’il y a des choses à faire ici. Je reviendrai. »
Certains de ses confrères l’ont déjà compris. Ce 22 août, Kevin Hart, autre star du stand-up made in USA, tentera de conquérir l’Olympia. En août 2016, c’était Louis C.K. qui jouait à guichets fermés dans la salle légendaire : les places s’étaient écoulées en vingt minutes. Avant qu’une affaire d’exhibition sexuelle ne porte un coup à sa carrière, il avait été classé quatrième des cinquante meilleurs humoristes de stand-up par le magazine Rolling Stone, notamment grâce à sa série Louie. En avril 2017, Jim Gaffigan, autre étoile américaine, affichait, lui, complet au Théâtre Dejazet.
Gad Elmaleh, pionnier de l’importation
Un succès étonnant si l’on en juge par la célébrité encore relative de ces humoristes dans l’Hexagone, et surtout à leur langue : tous se produisent en anglais, sans aucun surtitrage ni adaptation de leurs blagues pour des oreilles françaises. Le pays de Molière semble pourtant être en train de devenir la terre d’adoption du stand-up anglo-saxon. Au point que Gad Elmaleh, pionnier de l’importation de ce type d’humour en France, compare le phénomène « à la scène jazz du Saint-Germain-des-Prés des années 1950 ». Car au-delà de ces quelques coups, ce sont de véritables rendez-vous qui ont éclos dans diverses salles de la capitale.
Depuis...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.
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                Vincent Delecroix : « Dire non est un mouvement vital »


Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 13h00
                 |

                            Catherine Portevin

















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Vincent Delecroix est écrivain et philosophe, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, spécialiste de Kierkegaard et de philosophie de la religion. Il a publié cette année : Non ! De l’esprit de révolte (Autrement, 288 p., 19 euros).
Faut-il du courage pour être soi aujourd’hui ? Et de quelle sorte ?
J’entends hélas l’expression « le courage d’être soi » comme un slogan publicitaire pour des cosmétiques ou du coaching en entreprise ! « Connais-toi toi-même », la maxime antique, inscrite au fronton du temple de Delphes, est devenue un tel mantra que nous n’en saisissons plus le sens. Pour en retrouver la force, il faut casser la coque idéologique libérale de l’affirmation individuelle, du productivisme, de la pensée positive, toutes choses qui en réalité écrasent l’individu au prétexte de le promouvoir. Sois toi-même, choisis qui tu veux être, suis ton désir, cultive ta différence, indigne-toi, crois en toi… dans tous ces préceptes du bonheur, on n’entend ni qui les formule, ni pour quoi, ni surtout quel est ce « soi » ou ce « toi » auquel ils s’appliquent. C’est pourquoi ils sont écrasants même s’ils semblent séduisants par leur promesse émancipatoire. En réalité, je crois que le courage consiste davantage à résister à ces injonctions qu’à les suivre !
Qu’y aurait-il à récupérer du « connais-toi toi-même » des Anciens ?
Levons d’abord les malentendus. Les exercices de la sagesse stoïcienne sont totalement détournés par l’industrie du « développement personnel ». Or pour Epictète ou Sénèque, être soi est d’abord une exigence éthique : il s’agit du salut de l’âme, de vivre en accord avec la nature et bien gouverner la cité. Les Pensées de Marc Aurèle sont des conseils au prince, elles n’ont rien à voir avec la découverte en soi d’une personnalité particulière. Tout au contraire : « soi toi-même » signifie joue le rôle qui t’a été imparti par le destin car ton individualité...


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Vincent Delecroix : « Dire non est un mouvement vital »
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                                                Propos recueillis par                                                    Catherine Portevin














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’édition 2018 de la manifestation artistique, qui se déroule jusqu’au 26 août, est placée sous le signe du pas de côté.
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Le Voyage à Nantes, corps-à-corps poétique avec la ville

L’édition 2018 de la manifestation artistique, qui se déroule jusqu’au 26 août, est placée sous le signe du pas de côté.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 10h32
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            
Au fil des éditions du Voyage à Nantes, l’espace public nantais a été joyeusement infiltré, bousculé ou sublimé, à travers une politique du dérèglement facétieux et avec la complicité d’artistes, mais aussi d’architectes ou de designers. Si les artères, espaces verts et monuments ont toujours été la matière première de ces excursions au coin de la rue, cela paraît encore plus flagrant cette année, avec des œuvres qui font littéralement corps avec le territoire urbain.
La liste des artistes invités pour cette 7e édition est sensiblement plus resserrée que lors des précédentes. A chacun, en revanche, a été donnée la possibilité d’intervenir sur plusieurs sites. Il en résulte plus d’homogénéité, tout en échos, avec moins d’installations spectaculaires, moins de découvertes aussi, mais avec des interventions plus intimistes.

L’Eloge du pas de côté, de Philippe Ramette, résume ce parti-pris. Trônant sur la place centrale du Bouffay, cette sculpture en bronze sur socle de pierre représente un double de l’artiste qui passerait presque inaperçu tant elle épouse les conventions du genre. A y regarder de plus près, la moitié du corps est pourtant suspendue dans le vide, exercice que Philippe Ramette effectue d’habitude en personne pour des photos où il défie les lois de la gravité (dans tous les sens du terme) grâce à des prothèses dissimulées sous l’éternel costume de son personnage. Sur le piédestal sont uniquement gravés les noms de l’œuvre et de la ville, pas le sien : il n’est pas question d’autoportrait ici, plutôt d’une allégorie pince-sans-rire de la politique culturelle nantaise. Des éloges, l’artiste en a mis en scène quatre autres pour ce Voyage : ceux de l’adaptation, de la transgression, de la discrétion et de la paresse.
« Jungle intérieure »
Fait singulier : l’aide des services des espaces verts a été sollicitée pour une oasis urbaine... qui existait déjà. Elle a été créée par l’artiste nantais Evor qui, en douze...




                        

                        


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Lili Boulanger, une grande absente

Le Festival des abbayes de Lorraine rend justice à cette compositrice surdouée, morte en 1918 à l’âge de 24 ans.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 09h29
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 09h33
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

« Quelle journée ! », s’exclame le rédacteur de Comœdia, qui rend compte, le 6 juil­let  1913, des résultats, proclamés la veille, du Grand Prix de Rome de musique. Non pas un mais deux bénéficiaires de la ­récompense suprême (pour la bonne raison qu’aucun Premier Grand Prix n’a été attribué en 1912) avec, situation sans précédent, une femme sur la plus haute marche du podium ! Elle se nomme Lili Boulanger et elle n’a pas 20 ans. Au printemps 1914, la jeune musicienne rejoint la Villa Médicis où elle compose dans un climat heureux. Son séjour est toutefois de courte durée. Quelques mois avant que l’Académie de France à Rome ne se vide de ses pensionnaires pour cause de guerre, Lili Boulanger doit rentrer à Paris pour mener un combat personnel tout aussi éprouvant qui s’achèvera avec sa mort, le 15 mars 1918, des suites d’un mal sans nom qui l’a affaiblie depuis l’adolescence.
1914-1918 : ainsi se résume la carrière de Lili Boulanger. Cela n’a pas échappé à Simon-Pierre Bestion, chef de l’ensemble La Tempête, qui se produit, samedi 11 août, à l’abbaye d’Etival (Vosges), dans le cadre de la 15e édition du Festival des abbayes de Lorraine. Intitulée « Paroles à l’absent », la soirée évoquera la Grande Guerre en alternant musique et poésie. Lili Boulanger y sera le fil rouge d’une première partie clôturée par son Pie Jesu de 1918. Une partition d’une exceptionnelle qualité de ligne et de timbre, que Bestion présentera dans une version de son cru : la harpe et l’orgue d’origine étant remplacés par un piano pour s’associer au quatuor à cordes dans l’accompagnement de la soprano. Ce chef-d’œuvre n’en apparaîtra pas moins « sobre et profond, parfois douloureux », selon celui qui a jadis découvert la musique de Lili Boulanger en interprétant ses pièces pour orgue.
« dans la nature des choses »
Le jeune chef cite d’ailleurs le compositeur-organiste...




                        

                        


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Nouvelle flambée de maloya avec Danyèl Waro

Le musicien réunionnais a quitté son île pour une autre : Tatihou, dans le Cotentin, où il se produit samedi.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 17h44
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Après deux tournées en mars et juillet, Danyèl Waro quitte de nouveau La Réunion cette année pour une ultime flambée de maloya loin de chez lui. Le musicien démarre sa tournée, samedi 11 août, avec la 24e édition du festival Les Traversées Tatihou, à Saint-Vaast-la-Hougue, dans le Cotentin. Les concerts sur l’île, on y vient et on en repart à pied, à marée basse, après une balade à travers les parcs à huîtres, quand la mer s’est retirée. Ils sont calés sur les horaires des marées.
Cette idée de se mettre à l’écoute du rythme de la nature a tout pour plaire à Danyèl Waro, inlassable arpenteur de sentiers, toujours prompt à partir dans les hauteurs de son île, à la rencontre du bruissement des arbres et du chant de la terre. Une terre parfois âpre et ingrate qu’il connaît bien. Waro est né en 1955 dans une famille de petits planteurs. « Même si je pouvais le vivre comme une injustice, par rapport aux autres enfants qui partaient en vacances, chez nous il n’y avait ni jeux, ni fleurs, ni choix, il fallait travailler la terre, se souvient le chanteur. La légèreté, le plaisir, mes vacances, c’était l’école pour moi. J’y faisais le comique, je jouais avec les mots. L’école était mon “espace de liberté”. » Et les copains de classe son premier public.
Il est l’ambassadeur le plus célèbre de ce blue issu du chant des anciens esclaves des plantations
De ses origines rurales, Danyèl Waro a gardé le goût des choses simples : cultiver la terre, marcher dans la montagne des journées entières, fabriquer des instruments traditionnels. S’il est devenu au fil du temps, grâce à ses concerts, jamais tièdes, l’ambassadeur le plus célèbre du ­maloya, un blues ternaire issu du chant des anciens esclaves travaillant sur les plantations de canne à sucre, devenu l’emblème musical et poétique de la créolité réunionnaise, « faire carrière » n’a jamais fait partie de ses préoccupations. Il n’a enregistré que sept albums en studio jusqu’à présent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».
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                L’intelligence artificielle selon Ian Cheng


Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On ne sait pas très bien quand ça a commencé. Avec Descartes ? La Mettrie et l’Homme-Machine (1747), version contradictoire et matérialiste du précédent ? On connaît la fascination de ces philosophes pour les automates… A l’autre bout de l’histoire, on trouverait les débats sur l’intelligence artificielle et sa capacité à supplanter l’humain : dans tous les cas, il s’agit de décider si ce dernier est réductible à des formules connaissables et reproductibles ou non, et comment le « sens » vient aux machines.

L’exposition « Au diapason du monde », actuellement à la fondation Vuitton, à Paris, témoigne entre autres de la fortune récente de ces questions en art. C’est par exemple The Writer (2007) de Philippe Parreno, une vidéo qui montre un automate du XVIIIe siècle écrivant à la plume. C’est aussi Untitled (Human Mask) (2014) de Pierre Huyghe, autre vidéo, où un singe en robe, portant un masque nô et une perruque, provoque par ses postures humaines un malaise chez le spectateur.

La thématique est chère à l’un et à l’autre, puisqu’on se rappelle que les deux artistes sont à l’origine du projet collaboratif No Ghost Just a Shell (« pas un fantôme juste une coquille », 1999-2002) : ayant acheté un personnage à une agence graphique japonaise – en l’occurrence une fillette, Annlee –, ils le mirent à la disposition d’autres créateurs pour qu’ils l’animent. En 2002, à l’époque de la « réalité virtuelle » et du jeu SecondLife, No Ghost Just a Shell questionnait plutôt le collectif et le ­copyleft (l’opposé du copyright). Son ­titre cependant, se référant aussi bien au manga et au film Ghost in the Shell (1989-1995) qu’à l’antidualisme cartésien de Gilbert Ryle, renvoyait aussi à une autre problématique : comment un « signe » prend-il vie, et qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire ?

Dans la même exposition, Philippe Parreno présente une vidéo beaucoup...


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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit 
                  
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 • Mis à jour le
10.08.2018 à 10h21


Le succès d’Edouard Louis, auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule », doit beaucoup à la profonde amitié qui l’unit aux sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie. Inséparable, le trio forme l’une des voix les plus virulentes de la gauche radicale.

Par                             Zineb Dryef





                     
Le 9 février 2010, dans un amphithéâtre bondé de l’université de Picardie, un jeune homme fait la rencontre de sa vie. Venu écouter un intellectuel parisien raconter son histoire d’enfant puis d’adolescent homosexuel au sein d’une famille ouvrière, le rejet et la honte, la fuite et l’exil, le retour, enfin, dans sa ville honnie de Reims, il est bouleversé par ces mots, qui parlent de sa propre existence. A la fin de la conférence, comme d’autres étudiants, il s’approche de l’homme pour lui dire combien il l’a ému. Didier Eribon, puisqu’il s’agit de lui, accepte de donner son adresse électronique à ce grand garçon blond et lui dit : « Tenez, nous allons boire un verre avec des enseignants, venez. »

« Sans l’amitié, pas la moindre ligne »
Huit ans plus tard, Eddy Bellegueule est devenu Edouard Louis et, à seulement 25 ans, il est l’un des romanciers les plus lus du pays. Un succès transformé en un phénomène, amplifié par les traductions (dans une vingtaine de langues), mais aussi par les adaptations théâtrales, les études universitaires sur son œuvre, sa tournée de conférences à travers le monde…
En ce soir du 3 juin, il est à Berlin pour assister à la première de l’adaptation de son deuxième texte, Histoire de la violence (Seuil, 2016), par le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, à la Schaubühne, l’un des plus prestigieux théâtres d’Europe. A quelques heures de la représentation, dans la cour arborée de son hôtel, il confie : « Je n’aurais jamais écrit une ligne sans l’amitié, pas la moindre ligne. L’amitié, c’est ce qui m’a poussé à écrire. » Cette amitié est celle qui le lie à Didier Eribon, mais aussi à Geoffroy de Lagasnerie. Ils sont là, comme toujours, près de lui.
Didier Eribon, le professeur
Le premier, 65 ans, qui fut l’ami de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu, est sociologue, connu en France et à l’étranger pour son Retour à Reims, formidable coming out social. Le second,...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Poussés à se renouveler, les Oscars vont-ils « perdre leur âme » ?

En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 18h15
    |

            Charlotte Chabas








                        



Vite, il fallait redorer la plus célèbre des statuettes américaines. Voilà plusieurs années que les Oscars, la grand-messe du cinéma américain, traversaient une crise existentielle, façon Kevin Spacey dans American Beauty (2000). Las, en mars 2018, pour les quatre-vingt-dix ans de la célèbre cérémonie, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter les tenues de soirée du gratin hollywoodien, soit 19 % de moins que l’année précédente. La pire audience de l’événement depuis 1974 – un Voyage au bout de l’enfer (1979) pour la prestigieuse Academy of Motion Pictures Arts and Sciences.
Comment renverser la vapeur pour éviter que le paquebot cinématographique ne continue de sombrer et retrouver les sommets de 1998 où Titanic était consacré devant 55 millions de téléspectateurs ? « Le changement arrive aux Oscars », a promis, mercredi 8 août, l’Académie, en publiant une série de mesures censées restaurer l’image exsangue de l’institution, régulièrement taxée ces dernières années de racisme ou de misogynie pour le manque de diversité de son palmarès.

        Lire :
         

          Oscars 2017 : moins blancs, plus politiques



« Une retransmission de trois heures »
D’abord, l’événement sera autant raccourci qu’un Seigneur des Anneaux (2004) de Peter Jackson. D’environ quatre heures actuellement, la cérémonie passera dorénavant à « une retransmission de trois heures, plus accessible globalement », a annoncé dans une lettre adressée aux 5 000 membres de l’Académie le tout juste réélu président de l’institution, John Bailey.
Une réduction qui s’opérera sans supprimer les célèbres statuettes. Mais certaines récompenses seront remises lors des coupures publicitaires, et un court extrait en sera ensuite diffusé à l’antenne plus tard dans la soirée. Une manière peu subtile de préserver la disctinction entre petites mains du cinéma reléguées au rôle de figurants et catégories reines d’Hollywood.

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7 février
Autre nouveauté : la temporalité. Depuis une décennie, l’industrie du cinéma américain critiquait vertement le choix d’organiser les Oscars à la toute fin du mois de février – voire parfois début mars. Une option jugée trop tardive dans la saison des récompenses, sachant que la cérémonie des Golden Globes se tient près de deux mois plus tôt. L’Académie a donc décidé d’accélérer le pas à l’image de Forrest Gump (1994) dans les grandes plaines américaines : la 92e cérémonie – en 2020 donc – sera fixée le 7 février, et non le 23, comme annoncé initialement.

   


Alors certes, A l’Ouest, rien de nouveau (1930), pourraient dire certains. Mais l’Académie a gardé un argument de poids pour finir de convaincre son public, avec la création d’une toute nouvelle catégorie primée. Dès 2020, une statuette sera en effet remise au « Meilleur film populaire », a averti l’Académie – sans préciser toutefois les critères d’éligibilité à cette catégorie. Derrière cette démarche, la volonté d’en finir avec les accusations d’élitisme, alors que l’Académie est accusée de bouder des poids lourds du box-office, leur préférant de modestes succès de salles.
La National Public Radio (NPR) ne s’étonne guère de la démarche :
« L’Académie veut s’assurer, grâce à cette nouvelle catégorie, des films – des acteurs et des réalisateurs – pour lesquels le public n’a pas seulement un vague intérêt, mais une véritable passion. L’Académie veut des yeux écarquillés. » 
Cette stratégie d’ouverture – adoptée également par les Césars avec le « prix du public » – avait déjà motivé le passage, dès 2010, de cinq à dix films sélectionnés pour la catégorie du « Meilleur film ». Une décision précipitée notamment par le tollé provoqué par le traitement du blockbuster The Dark Knight de Christophe Nolan, carton au box-office et nommé pour huit Oscars, à l’exception notable du souverain « Best picture ».
Qu’est ce qu’un film « populaire » ?
Reste que la création de cette nouvelle catégorie dans le saint des saints du cinéma américain a provoqué mercredi autant de turbulences qu’un Christian Fletcher à bord du Bounty (1962). Et la presse américaine de s’interroger à l’unisson : qu’est ce qu’un film « populaire » ? Ne se caractérise-t-il que par le nombre de dollars qu’il rapporte à ses producteurs ? Et surtout, un film « populaire » ne peut-il pas être aussi un « bon film » ?
Le magazine Rolling Stone s’insurge ainsi contre ce qu’il qualifie d’« altération dans l’intégrité même des Oscars » : 
« Dans toute forme d’art existe une tension entre ce qui est populaire et ce qui est bon. (…) Ce qui a toujours prévalu depuis près d’un siècle, même si la sélection était parfois qualifiée d’idiote ou d’obtuse, c’est la confiance dans le fait que l’Académie choisissait ce qu’elle considérait comme les plus belles réussites du cinéma. »
Car des succès du box-office n’ont pas toujours été écartés des nominations, loin de là. Avatar autant que Mad Max: Fury Road étaient ainsi bien présents en 2010 et 2016. Au moment de leur sortie, Kramer contre Kramer (1980), Rain Man (1989) ou Gladiator (2000) figuraient dans le top cinq du box-office annuel.
« Populisme consternant »
En écho, Manohla Dargis, critique cinéma au New York Times, n’a ainsi pas tardé à dénoncer une décision « stupide, insultante, et pathétiquement désespérée ». Et le quotidien américain de rappeler notamment le cas actuel de Black Panther. Formidable « machine à cash », déjà classé trentième film le plus rentable de l’histoire du cinéma, le film de Ryan Coogler a également été largement salué par la critique. Dès lors, dans quelle catégorie devrait-il figurer ?

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Le Huffington Post poursuit la réflexion, évoquant une manière de caresser dans le sens du poil les grands studios de cinéma : « Pourquoi persister à juger de plus en plus de la valeur des choses par lʼargent quʼelles rapportent ? »
« Si on veut encourager le jury à récompenser des films plus grand public, la bonne méthode nʼest pas de le faire par une nouvelle récompense à bas prix. (…) Très franchement, il y a un populisme consternant dans ces tentatives faiblardes de se remettre au goût du jour. »

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De son côté, Vanity Fair – sous un péremptoire titre « Le meilleur film populaire ne résoudra rien » – prédit ainsi à la catégorie une « vie dans l’ombre – un ghetto pour films trop populaires, trop clinquants, ou même trop mauvais pour mériter une vraie nomination dans la catégorie de “Meilleur film” ». Et accuse les Oscars de « risquer de perdre leur âme ». 
Surtout, la presse s’interroge sur la motivation même de l’Académie, doutant du fait que cette seule catégorie pourra permettre d’attirer à nouveau un public – surtout jeune – qui se détourne massivement de la télévision en direct et des programmes en prime time. Rolling Stone s’interroge ainsi :
« Les téléspectateurs vont-ils vraiment rester nombreux pour savoir qui de “Jurassic World: Fallen Kingdom” ou de “Avengers: Infinity War” l’emporte ? »
Reste que les Oscars sont une institution lucrative, Tant qu’il y aura des hommes (1953) pour la regarder. Les droits de diffusion de la cérémonie couvrent quelque 83 % des 148 millions de dollars de revenus de l’Académie. Et de nombreux esprits taquins se sont ainsi interrogés sur ce que l’Académie était prête à faire pour continuer son activité. Le critique d’Indie Wire, David Ehrlich, s’est ainsi essayé à une projection futuriste :
« 2020 : nouvel Oscar du “Meilleur univers cinématographique”, 2022 : nouvel Oscar de la “Meilleure série qui te donne l’impression d’un film de 10 heures”, 2024 : nouvel Oscar du “Meilleur gif”. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Couples d’artistes 5/6. Le premier est l’un des maîtres du théâtre européen, le second son acteur par excellence et son compagnon depuis quarante ans. Ensemble, ils s’inquiètent du climat réactionnaire qui sévit en Pologne.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie
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                La chanson d’amour d’Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie

Le Monde
                 |                 09.08.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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La seule femme chef triplement étoilée en France, autodidacte quoique fille, petite-fille et arrière-petite-fille de grands cuisiniers, est à la tête de six restaurants à Paris, Valence, Lausanne et Londres. Elle ouvrira en septembre dans le 7e arrondissement de la capitale un Daily Pic qui démocratisera sa cuisine, proposée sous forme de verrines à emporter.
Je suis née en 1969. Les chansons de Michel Berger, comme celles de Daniel Balavoine, ont bercé ma jeunesse, dans les années 1980. J’aime les mots et les mélodies de Michel Berger, leur cohérence, l’émotion qui s’en dégage et me touche. Ses chansons me parlent.
La Déclaration d’amour, la première chanson écrite par Michel Berger pour France Gall, fait écho à la relation que j’ai avec mon mari. La façon qu’avaient Berger et Gall d’être ensemble me fait penser à la nôtre, ce mélange de passion, de vie familiale et de travail commun. J’ai la même complicité dans le travail avec David. Et puis France Gall ne se dévoilait pas vraiment, elle préservait sa vie familiale, c’est aussi ma volonté au quotidien.
Michel Berger parle beaucoup de rêves. « Quand je suis seule et que je peux rêver/Je rêve que je suis dans tes bras/Je rêve que je te fais tout bas/Une déclaration, ma déclaration. » Moi aussi, j’ai besoin de rêver pour créer. Enfant, déjà, on me disait : « Tu es dans tes rêves… » Aujourd’hui, on est tout le temps dans l’efficacité, on ne laisse plus assez de part au rêve.
Passions partagées
Avec David, on s’est rencontrés étudiants, à l’Institut supérieur de gestion, à Paris. On venait tous les deux de Valence, qui n’est pourtant pas une grande ville, mais on ne se connaissait pas. Lui était président de la promotion, il savait mener les « troupes », j’admirais cela. Quand on est partis un an en immersion aux Etats-Unis, puis en Asie, une complicité est née. Nous avions une éducation, des passions partagées. Il était rassurant, positif.
J’ai eu droit à une belle déclaration… Mais nous étions très jeunes, je ne voulais pas m’engager. Nous étions en colocation à 4 ou 5 étudiants. Et puis, un jour, j’ai demandé à David de me passer sa boîte à chaussures – il y mettait des cirages – pour nettoyer les miennes. C’était un prétexte. On a recommencé à se parler. La deuxième déclaration, c’est moi qui l’ai faite !
Il a accepté de me suivre à Valence, s’est mis au service de la maison Pic. Il est resté longtemps dans l’ombre, et on a remonté cette maison, récupéré les trois étoiles de mon père, Jacques. Cela fait vingt-cinq ans qu’on est mariés. Il me semble que c’était hier. On travaille côte à côte dans des activités complémentaires. Lui dans le développement, moi en cuisine. On s’encourage, j’ose davantage.
La force des grands auteurs et mélodistes, c’est que leurs chansons ne vieillissent pas. Michel Berger revient dans ma vie régulièrement. Il est mort brutalement, en août 1992, pendant le dernier été passé avec mon père, qui est décédé un mois plus tard. A ce moment-là, j’ai réécouté Le Paradis blanc. Beaucoup. « Je m’en irai dormir dans le paradis blanc/Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps/Tout seul avec le vent/Comme dans mes rêves d’enfant. » C’est la chanson la plus triste du monde. Mais cela me rassurait de le savoir là.
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter
Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.
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Lagrasse envisage de devenir un Centre culturel de rencontre

Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 16h40
    |

                            Julie Clarini (Lagrasse, Aude, envoyée spéciale)








                        



   


Comme chaque deuxième semaine du mois d’août, le village de Lagrasse devient, jusqu’au samedi, un centre intellectuel de haute volée, ouvert à tous, offrant quotidiennement le plaisir matinal d’un atelier de grec ancien ou de philosophie, l’occasion d’assister à un séminaire de cinéma ou, à l’heure de l’apéro, celle d’écouter les « conversations sur l’histoire » proposées par Patrick Boucheron, professeur au collège de France, sous l’ombre généreuse de la vieille halle. Conférences et lectures occupent la fin d’après-midi et la soirée.
Une nouvelle fois, le Banquet du livre a fait la preuve de sa singularité dans sa façon unique de mêler à l’exigence de la pensée une proximité des corps toute démocratique. Car c’est bien cela, « Lagrasse » : croiser, au détour d’un chemin en contrebas de l’abbaye, Marie NDiaye, venue de Berlin faire lecture de la pièce qui sera créée en 2019 à Strasbourg par Stanislas Nordey. Puis apercevoir dans le cellier du bâtiment transformé en librairie par l’institution toulousaine Ombres Blanches, la silhouette de Marielle Macé, la théoricienne de la littérature, ou reconnaître, penché sur des ouvrages, Achille Mbembe, venu d’Afrique du Sud où il enseigne.
Campus éphémère et à ciel ouvert
Le philosophe donnait une conférence mardi, précédant dans l’exercice des gens aussi divers que le linguiste Jean-Claude Milner, le philosophe italien Emanuele Coccia, l’auteur de La Vie des plantes (Payot, 2016), ou l’historien Romain Bertrand. Sorte de campus éphémère et à ciel ouvert, le Banquet propose aussi des « rebonds » : sur les rives de l’Orbieu, la rivière qui épouse le village, les intellectuels invités se prêtent à l’heure où le soleil point, à un échange informel sur le thème de leur conférence de la veille.
C’est cet esprit cosmopolite et convivial, alliance du monde et du clocher, que la poignée de fondateurs a décidé de remettre en jeu. Car selon l’adage de Lampedusa, il faut que tout change pour que rien ne change. Et le moment est venu. Après vingt-trois ans d’existence, le public a besoin de se renouveler. Des tensions dans l’équipe et le licenciement, en 2017, du directeur de l’association Marque-page (qui organise les rencontres) attisent cette envie de renaissance.
En plein accord avec l’actuelle direction, le département qui possède la partie laïque de l’abbaye – l’autre étant occupée par des chanoines – a lancé une étude pour que le projet intellectuel et le lieu patrimonial se marient officiellement devant le ministère de la culture. Celui-ci pourrait, au vu du dossier, octroyer le label national de Centre culturel de rencontre, comme il l’a fait pour l’abbaye de Royaumont ou la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Ce qui impliquerait un ancrage pérenne des idées et du livre dans le village mais aussi un changement d’échelle, de tempo et même d’envergure – de nouvelles missions viendraient échoir à la structure, quelle que soit sa future forme. Peu importe le flacon, diront certains, pourvu qu’on conserve l’ivresse du Banquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de 100 films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.
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Mort d’Etienne Chicot, éternel second rôle du cinéma français

L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de 100 films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 14h44
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Si son nom était inconnu du plus grand nombre, beaucoup reconnaissaient son visage. L’acteur Etienne Chicot, mort subitement mardi 7 août à Paris à l’âge de 69 ans, excellait dans les seconds rôles.
Né le 5 mai 1949 à Fécamp (Seine-Maritime), il avait été formé au cours Simon de 1970 à 1971 et n’a pas tardé à faire quelques apparitions aux côtés de vedettes du grand écran, lieutenant au côté de Jacques Dutronc dans Le Bon et les méchants (1976) de Claude Lelouch, policier dans Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey, avec Alain Delon.
Il faut toutefois attendre 1979 pour que l’acteur soit plus visible, grâce à son interprétation du milliardaire Zéro Janvier dans Starmania, l’opéra rock de Michel Berger et Luc Plamondon présenté au Palais des Congrès, à Paris. Air hagard, visage blême, il y entonne le Blues du businessman, l’un des airs les plus célèbres du spectacle, popularisé précédemment par Claude Dubois : « J’aurais voulu être un artiste/Pour pouvoir faire mon numéro » ...
« Changer de peau »
Ce goût pour la musique, Etienne Chicot l’aura entretenu tout au long de sa carrière d’acteur. En campant des mélomanes – tour à tour guitariste dans Hôtel des Amériques d’André Téchiné (1981) ou responsable de maison de disques dans Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni (1986) – et même en composant des bandes originales, comme celle du Plein de Super (1976), d’Alain Cavalier, qui lui offre l’un de ses seuls premiers rôles.
Bien que les années 1990 et le début des années 2000 aient été davantage consacrées à la télévision – avec quelques apparitions dans Maigret, Commissaire Moulin ou encore Louis la Brocante – l’acteur revient vite au grand écran, avec des passages par la comédie dans Les Portes de la Gloire (2001) de Christian Merret-Palmair, avec Benoît Poelvoorde, ou Palais Royal ! (2005), de Valérie Lemercier.
Et si Zéro Janvier aurait « voulu être un acteur/pour tous les jours changer de peau », Etienne Chicot ne s’en est pas privé. Comédien prolifique, il s’est illustré dans plus de 100 films, français comme étrangers, interprétant notamment un lieutenant au côté de Tom Hanks dans le Da Vinci Code (2006) de Ron Howard.
Des films de Claude Chabrol à ceux de Dany Boon, en passant par ceux de Claude Sautet, Catherine Breillat ou Olivier Assayas, Etienne Chicot a su laisser une marque discrète mais durable à l’écran, même s’il ne fut jamais récompensé par un prix. Contrairement à la scène, en dépit d’une participation modeste (quatre pièces) : le Molière du meilleur comédien dans un second rôle lui fut en effet remis en 1989 pour Une absence de Loleh Bellon, mis en scène par Maurice Bénichou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.
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édition abonné


Catherine Meurisse se remet au vert

[Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            


Le 7 janvier 2015, Catherine Meurisse était arrivée en retard rue Nicolas-Appert, à Paris, à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Ayant ainsi échappé aux balles des frères Kouachi, mais pas indemne pour autant, la caricaturiste a entrepris depuis une forme de convalescence qui passe par l’abandon du dessin de presse pour l’écriture exclusive d’albums de bande dessinée.
Le prochain, Les Grands Espaces (Dargaud, attendu en librairie le 21 septembre), s’inscrit dans le droit fil du précédent, La Légèreté (Dargaud, 2016), qui avait valu à son auteure une pluie d’éloges. Catherine Meurisse y racontait comment, après une telle tragédie, rester debout et retrouver la mémoire – du « beau », notamment –, que la violence du choc avait fait disparaître en elle.

Trait spontané
Ce travail mémoriel est également au cœur des Grands Espaces, album de souvenirs d’enfance ayant pour décor les Deux-Sèvres, où ses parents se sont installés au tournant des années 1980. Fidèle à son trait spontané, qui baguenaude du côté de Bretécher et de Reiser, la dessinatrice relate les découvertes et les émois d’une vie au grand air, en compagnie de sa sœur avec qui, toute petite, elle avait créé un « musée », bric-à-brac de clous rouillés et autres trésors trouvés dans les champs.
L’écrivain Pierre Loti (1850-1923), enfant, avait eu la même activité, apprendra-t-elle plus tard, comme elle l’explique en mêlant sa voix d’adulte à celle de la gosse romantique qu’elle croque avec drôlerie et tendresse. Là est la force de l’album : divertir le lecteur sans lui faire sentir le long travail de résilience qu’il représente. « La Légèreté posait la question “qui suis-je ?”. Les Grands Espaces raconte “d’où je viens”. Trois ans après l’attentat, retourner aux sources, à l’enfance, m’est apparu comme une nécessité », confie Catherine Meurisse.
L’évocation du paradis de l’enfance, à grand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Reprise : « A Brighter Summer Day », fresque intime d’Edward Yang

Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 10h20
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Une certaine injustice entoure l’œuvre du Taïwanais Edward Yang, sans doute parce qu’elle est réputée « cérébrale ». Splendide, elle a été interrompue subitement après sept films par la disparition du cinéaste en 2007, des suites d’un cancer. En dehors de son ultime film, Yi-Yi (Prix de la mise en scène en 2000 au festival de Cannes), elle reste globalement méconnue et peu montrée en France, contrairement à celle de Hou Hsiao-hsien, son compagnon de route de la Nouvelle vague taïwanaise. Grâce au circuit des restaurations, le préjudice tend toutefois à se résorber : après The Terrorizers (1986) et Taipei Story (1985), portraits désenchantés de la capitale, c’est au tour de A Brighter Summer Day (1991) de trouver le chemin des salles dans son intégralité – le film étant sorti en 1992 dans une version tronquée d’une heure.
Le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre
Ce quatrième long-métrage est l’un des chefs-d’œuvre de Yang : une magnifique fresque intime et adolescente dans le Taïwan des années 1960, inspirée d’un fait divers survenu dans le lycée du cinéaste quand il avait 14 ans. Xiao Si’r (Chang Chen dans son tout premier rôle à l’écran), le cadet d’une famille lettrée de Shanghai, exilée à Taipei après l’accession de Mao Zedong au pouvoir, suit les cours du soir d’un lycée mal fréquenté, dont son père aimerait bien l’extraire. En effet, le garçon gravite, avec quelques copains de sa classe, parmi les bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les rues, constituées principalement de jeunes immigrés en mal de repères.
Fasciné par la figure d’un chef de bande absent, car déserteur, Xiao Si’r décide de protéger Ming, la petite amie de celui-ci, mais tombe amoureux d’elle. Entre les bals où l’on reprend (phonétiquement) les chansons d’Elvis Presley, les matches de basket-ball et les virées en douce dans les studios de cinéma voisins, l’adolescent traverse un été dont le calme langoureux n’est jamais que l’envers d’une violence latente, contenue et toujours susceptible de ressurgir.
Chronique de la jeunesse déracinée
A Brighter Summer Day est sculpté dans la matière même du souvenir. Autour du jeune héros se meut un nombre considérable de personnages, qui donnent au film son impressionnante densité romanesque. Le récit consiste ainsi à tisser la trame complexe des relations qui nouent Xiao Si’r à son environnement, partagé entre plusieurs cercles, plusieurs mondes concomitants, qui ne se recoupent pas forcément : la famille, le lycée, la bande, le billard, le terrain de sport, les filles, etc.
Mais le plus frappant reste la façon dont le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre. Car l’île est un espace sédimenté par la succession des influences extérieures : invasions, colonisations, flux migratoires, occupation militaire. Ainsi la famille de Xiao Si’r, fraîchement débarquée de Chine continentale, tente de conserver ses coutumes, tandis que les maisons regorgent encore de vestiges de l’occupation japonaise (sabres et épées) et que les troupes américaines, en stationnement, diffusent le rock’n’roll dans la population. De même, l’arrestation du père de Xiao Si’r, soumis à un interrogatoire musclé, rappelle la paranoïa anticommuniste des autorités taïwanaises, soucieuses de passer au crible les nouveaux arrivants chinois.

        Lire aussi la critique :
         

          « Taipei Story » : Edward Yang, sage du déphasage



Baigné de clairs-obscurs, brassant en plans larges de vastes pans de réalité humaine, le film se déploie sur près de quatre heures, sans jamais prêter le flanc aux pesanteurs de la reconstitution – les années 1960 n’ont jamais paru aussi présentes. Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de sérénité et de sécheresse, Edward Yang brosse une chronique de la jeunesse déracinée et évoque en même temps l’ineffable inconstance des choses. En quête de modèles, Xiao Si’r s’aperçoit que tout, autour de lui, est mouvant et incertain. Et si le film chemine lentement vers le fait divers, c’est bien parce qu’un sentiment durcit au cœur de son jeune héros : la quête d’identité ou, en d’autres termes, le refus absolu de manquer à soi-même.

Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56). Sur le web : www.carlottavod.com/a-brighter-summer-day



                            


                        

                        


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« La Flor » dinguerie labyrinthique

D’une durée de quatorze heures, le nouveau film de Mariano Llinas a été présenté au Festival de Locarno.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h40
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            Jacques Mandelbaum (Locarno, Suisse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

A ce stade tardif des opérations, il ne fait plus guère de doute que La Flor, film argentin de Mariano Llinas présenté par « tranches » quotidiennes en compétition au Festival du film de Locarno, restera comme l’événement majeur de cette édition qui se clôt dimanche 11 août. Plusieurs raisons à cela. La première, non essentielle mais non sans signification, tient à sa durée de quatorze heures. De mémoire de festivalier, on n’avait jamais vu cela dans la compétition d’un festival international. Cette durée est en soi une expérience des confins, une exigence, fût-elle abreuvée de plaisir, adressée au spectateur, un défi porté à la structure qui l’accueille.

Carlo Chatrian, le délégué artistique de la manifestation, a pris des risques en admettant un tel monstre en compétition. Sa récompense est que, quel que soit le degré d’enthousiasme ou de rejet qui accueille le film, nul ne peut prétendre en sortir indemne. Car c’est une expérience inoubliable que constitue la vision de La Flor. Film entêtant, fou, bancal, magique, pétri d’invention, d’érudition et de sensibilité, La Flor se joue de tous les codes et fait s’épanouir dans le cerveau et le cœur des spectateurs une infinité de mondes. La manière la plus sûre d’introduire à ce projet merveilleux est de reprendre le propos liminaire que le cinéaste, barbu débraillé et débonnaire aux traits las (dix ans de travail quand même), adresse dans son film, nous en livrant clé en main l’architectonique.
Intrigués, complices, captivés
Assis à une table sur une aire de bord de route, avec derrière lui un immense panneau publicitaire désaffecté et devant lui un petit calepin où des schémas griffonnés confèrent à ses paroles une manière d’autorité scripturaire, Mariano Llinas s’adresse à nous, étrangers que le hasard d’une programmation a réunis autour de son film, comme si l’on se retrouvait entre vieux amis sur un terrain connu de tous. La rhétorique fonctionne à merveille....




                        

                        


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Mariano Llinas : « Je vois le film comme un arbre de Noël »

Le réalisateur argentin décrit sa complicité avec ses actrices fétiches et livre sa vision du cinéma.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h02
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            Jacques Mandelbaum (envoyé spécial Locarno (Suisse)








                        



                                


                            

Mercredi 8 août, au matin, au Festival du film de Locarno, en Suisse. Tandis que son film marathonien met les festivaliers hors de leurs gonds, Mariano Llinas, réalisateur de La Flor, débarque d’Argentine avec l’air d’un gars qui a passé les dix dernières années de sa vie sur un film qui défie les lois de l’apesanteur cinématographique. Barbe et français fleuris, débit-fleuve de grand conteur, l’homme se livre à une heure d’entretien.
Dans quelle disposition d’esprit conçoit-on une œuvre aussi ­extravagante que La Flor ?
Elle n’est pas sortie tout armée de ma tête. Le vrai point de départ, c’est les quatre actrices, que j’ai découvertes, il y a une dizaine d’années, dans une pièce de théâtre à Buenos Aires. Elles étaient fascinantes, je suis tombé amoureux des quatre en même temps. Ce sont elles qui m’ont convaincu que je pouvais tenter quelque chose de nouveau dans le domaine de la fiction. Pas au sens du génie romantique qui s’empare d’une matière pour lui donner vie, plutôt dans une volonté participative et solidaire d’expérimenter quelque chose au cinéma.
Avez-vous pensé d’emblée aux six parties qui composent le film ?
Pas vraiment. Mais l’idée qui m’est vite venue, c’est que je devais essayer de faire avec elles tous les films possibles. Inventer un dispositif cinématographique qui m’en donne l’opportunité. La première chose que j’ai vue [il dessine sur un carnet], c’est le schéma des quatre flèches allant vers le ciel, du corps central mystérieux dont elles partent, et de la dernière flèche qui va vers le bas. Cela dessinait l’image d’une fleur. Les histoires sont venues après. Elles sont hasardeuses, presque dérisoires.
Ce qui compte, ce qui rend le projet original, ce sont les filles qui les interprètent, et leur agencement dans ce grand tout comme une combinaison de motifs. Si vous voulez, il n’y a pas eu, en dehors de la vision initiale de la structure,...




                        

                        

