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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ C’était mieux avant ? (1/6). Les guerres et les maladies tuent de moins en moins, la pauvreté diminue… et pourtant l’ère du temps est chagrine, souligne le philosophe. D’où la nécessité, selon lui, de voir le monde autrement et de le changer avant qu’il ne soit trop tard.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.
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                Vincent Delecroix : « Dire non est un mouvement vital »


Bon courage ! 5|6. Il n’est pas question ici d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, l’écrivain et philosophe Vincent Delecroix incite l’individu à maintenir sa singularité et à penser par lui-même.

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 13h00
                 |

                            Catherine Portevin

















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Vincent Delecroix est écrivain et philosophe, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, spécialiste de Kierkegaard et de philosophie de la religion. Il a publié cette année : Non ! De l’esprit de révolte (Autrement, 288 p., 19 euros).
Faut-il du courage pour être soi aujourd’hui ? Et de quelle sorte ?
J’entends hélas l’expression « le courage d’être soi » comme un slogan publicitaire pour des cosmétiques ou du coaching en entreprise ! « Connais-toi toi-même », la maxime antique, inscrite au fronton du temple de Delphes, est devenue un tel mantra que nous n’en saisissons plus le sens. Pour en retrouver la force, il faut casser la coque idéologique libérale de l’affirmation individuelle, du productivisme, de la pensée positive, toutes choses qui en réalité écrasent l’individu au prétexte de le promouvoir. Sois toi-même, choisis qui tu veux être, suis ton désir, cultive ta différence, indigne-toi, crois en toi… dans tous ces préceptes du bonheur, on n’entend ni qui les formule, ni pour quoi, ni surtout quel est ce « soi » ou ce « toi » auquel ils s’appliquent. C’est pourquoi ils sont écrasants même s’ils semblent séduisants par leur promesse émancipatoire. En réalité, je crois que le courage consiste davantage à résister à ces injonctions qu’à les suivre !
Qu’y aurait-il à récupérer du « connais-toi toi-même » des Anciens ?
Levons d’abord les malentendus. Les exercices de la sagesse stoïcienne sont totalement détournés par l’industrie du « développement personnel ». Or pour Epictète ou Sénèque, être soi est d’abord une exigence éthique : il s’agit du salut de l’âme, de vivre en accord avec la nature et bien gouverner la cité. Les Pensées de Marc Aurèle sont des conseils au prince, elles n’ont rien à voir avec la découverte en soi d’une personnalité particulière. Tout au contraire : « soi toi-même » signifie joue le rôle qui t’a été imparti par le destin car ton individualité...


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                                                Propos recueillis par                                                    Catherine Portevin














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Malgré le rejet du projet de loi sur le droit à l’avortement par le Sénat argentin, le débat aura déjà eu le mérite de faire sortir cette question de la clandestinité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

En Argentine, le combat pour l’IVG continue

Editorial. Malgré le rejet du projet de loi sur le droit à l’avortement par le Sénat argentin, le débat aura déjà eu le mérite de faire sortir cette question de la clandestinité.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 16h13
   





                        


Editorial du « Monde ». Le 14 juin, les députés argentins avaient approuvé, par 129 voix contre 125, la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en Argentine. Mercredi 8 août, leurs collègues du Sénat ne leur ont pas emboîté le pas : par 38 voix contre 31 et 2 abstentions, ils ont rejeté ce projet de loi et déçu les centaines de milliers de personnes qui s’étaient rassemblées à Buenos Aires et dans les principales villes du pays pour suivre les seize heures de la discussion parlementaire.

        Lire aussi :
         

                Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris »



Pour autant, le débat sur le droit à l’avortement est loin d’être refermé en Argentine. Certes, le vote des sénateurs témoigne du solide pouvoir d’influence de l’Eglise catholique et des Eglises évangéliques, vigoureusement mobilisées contre ce texte, ainsi que du machisme persistant dans les provinces les plus traditionnelles. Mais la démonstration est désormais faite, confirmée par tous les sondages ces dernières semaines, que la société argentine a profondément évolué et est aujourd’hui majoritairement favorable au droit à l’IVG.
Issu du travail silencieux d’un collectif de 500 organisations de la société civile – la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sans risques et gratuit, créée en 2005 –, le projet de loi, rédigé par douze militantes, avait déjà été présenté six fois au Parlement depuis 2007. Sans succès : à chaque fois, il avait été ignoré et écarté de l’ordre du jour. Les impressionnantes mobilisations de ces derniers mois contre la violence de genre et le mouvement #NiUnaMenos (« pas une seule [femme] de moins »), dont une des revendications était l’avortement légal, ont convaincu le président argentin, Mauricio Macri, que le vent était en train de tourner et qu’il ne pouvait plus s’opposer à l’examen de ce texte.
Mobilisation de millions de jeunes filles
Taboue depuis toujours en Argentine comme sur tout le continent latino-américain – seuls Cuba en 1965 et l’Uruguay en 2013 ont légalisé l’avortement, tandis que le Chili l’a partiellement autorisé en 2017 –, la question de l’avortement est sortie de la clandestinité. Grâce, notamment, à la mobilisation de millions de jeunes filles, arborant les foulards verts, symboles de la lutte, accrochés à leur sac à dos, portés en bandana sur la tête ou noués autour du poignet.

        Lire aussi :
         

                Le combat des jeunes Argentines pour la légalisation de l’avortement



En dépit de la déception provoquée par le vote des sénateurs, la détermination du mouvement favorable à la légalisation est intacte. « Nous avons déjà présenté sept fois le projet d’interruption volontaire de grossesse, nous le ferons une huitième, jusqu’à ce que ce soit voté », a promis Celeste Mac Dougall, membre de la Campagne.
D’ores et déjà, le pouvoir exécutif a prévu d’envoyer au Congrès, le 21 août, un projet de réforme du code pénal qui prévoit de supprimer les peines d’un à quatre ans de prison actuellement en vigueur contre les femmes qui recourent à l’IVG. De même, des parlementaires de la coalition au pouvoir, Cambiemos, ont proposé l’organisation d’un référendum. Enfin, il ne fait pas de doute que le débat sera relancé lors des élections présidentielle et législatives d’octobre 2019.
En tout état de cause, après quatre mois d’un débat intense – et qui a ouvert d’autres brèches, comme la demande de la séparation de l’Eglise et de l’Etat –, il est probable que la dépénalisation et la légalisation ne sont plus qu’une question de temps, en Argentine, et certainement dans le reste du continent, où les mouvements féministes sont plus actifs que jamais.

        Lire aussi :
         

                La lutte des Argentines pour l’IVG encourage les féministes d’Amérique latine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».
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                L’intelligence artificielle selon Ian Cheng


Esquisses du futur 5|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, un artiste américain qui, par le biais d’outils informatiques, utilise l’art pour développer des machines à fabriquer du « sens ».

Le Monde
                 |                 10.08.2018 à 09h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On ne sait pas très bien quand ça a commencé. Avec Descartes ? La Mettrie et l’Homme-Machine (1747), version contradictoire et matérialiste du précédent ? On connaît la fascination de ces philosophes pour les automates… A l’autre bout de l’histoire, on trouverait les débats sur l’intelligence artificielle et sa capacité à supplanter l’humain : dans tous les cas, il s’agit de décider si ce dernier est réductible à des formules connaissables et reproductibles ou non, et comment le « sens » vient aux machines.

L’exposition « Au diapason du monde », actuellement à la fondation Vuitton, à Paris, témoigne entre autres de la fortune récente de ces questions en art. C’est par exemple The Writer (2007) de Philippe Parreno, une vidéo qui montre un automate du XVIIIe siècle écrivant à la plume. C’est aussi Untitled (Human Mask) (2014) de Pierre Huyghe, autre vidéo, où un singe en robe, portant un masque nô et une perruque, provoque par ses postures humaines un malaise chez le spectateur.

La thématique est chère à l’un et à l’autre, puisqu’on se rappelle que les deux artistes sont à l’origine du projet collaboratif No Ghost Just a Shell (« pas un fantôme juste une coquille », 1999-2002) : ayant acheté un personnage à une agence graphique japonaise – en l’occurrence une fillette, Annlee –, ils le mirent à la disposition d’autres créateurs pour qu’ils l’animent. En 2002, à l’époque de la « réalité virtuelle » et du jeu SecondLife, No Ghost Just a Shell questionnait plutôt le collectif et le ­copyleft (l’opposé du copyright). Son ­titre cependant, se référant aussi bien au manga et au film Ghost in the Shell (1989-1995) qu’à l’antidualisme cartésien de Gilbert Ryle, renvoyait aussi à une autre problématique : comment un « signe » prend-il vie, et qu’est-ce que cela pourrait bien vouloir dire ?

Dans la même exposition, Philippe Parreno présente une vidéo beaucoup...


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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Edwin Zaccai, professeur et spécialiste du climat, nous prévient : l’adaptation au changement climatique va demander de nouveaux apprentissages et collaborations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’adaptation au changement climatique implique de nouvelles approches »

Dans une tribune au « Monde », Edwin Zaccai, professeur et spécialiste du climat, nous prévient : l’adaptation au changement climatique va demander de nouveaux apprentissages et collaborations.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 11h45
    |

Edwin Zaccai (professeur à l’Université libre de Bruxelles, co-auteur de « L’adaptation au changement climatique » (La Découverte, 2014))







                        



                                


                            
Tribune. L’actuel été des extrêmes dans l’hémisphère Nord a ramené à l’avant-plan, dans les pays européens, la question de l’adaptation au changement climatique. Loin de se stabiliser à court terme, le climat sera continuellement en évolution durant les prochaines décennies. Il pourrait révéler, même dans les pays fortement industrialisés et urbains, une plus grande dépendance des sociétés modernes à son égard qu’on le pense habituellement.
Une fraction de l’adaptation nécessaire à ces changements se produit de façon spontanée, sans apparaître dans des programmes d’action. Mais une large part demande de l’anticipation, de la coordination et de l’apprentissage. Les modalités sont très différentes de celles qui définissent les actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, elles-mêmes laborieusement et insuffisamment développées ces dernières décennies.
Dans le cas de l’adaptation, les incertitudes sont nombreuses. Elles portent sur les impacts climatiques locaux, les objectifs à rechercher et les méthodes à appliquer
Pour commencer, l’objet de la réduction des émissions et celui de l’adaptation sont foncièrement différents. Dans le premier cas, il s’agit principalement de se concentrer sur les émissions de CO2, tandis que l’adaptation au changement climatique vise une gamme d’activités et d’impacts très diversifiée. De plus, si des objectifs de réduction sont fixés et qu’il subsiste des incertitudes sur les façons de les atteindre, dans le cas de l’adaptation, les incertitudes sont plus nombreuses. Elles portent à la fois sur les impacts climatiques locaux, les objectifs à rechercher et les méthodes à appliquer. De ce fait, les indicateurs sont encore largement à inventer pour ce que l’on appellerait une adaptation réussie.
« Un rapport inverse à la question des inégalités »
Les champs professionnels, et donc de formation, ne se recoupent pas nécessairement dans les deux approches. Pour la réduction des émissions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les affinités végétales (5/6). Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historienne Laure Murat exprime sa « passion violente et inconditionnelle » pour ces icônes de Los Angeles, sources de « l’énergie vitale ».
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le succès d’Edouard Louis, auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule », doit beaucoup à la profonde amitié qui l’unit aux sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie. Inséparable, le trio forme l’une des voix les plus virulentes de la gauche radicale.
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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit 
                  
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                  10.08.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 10h21


Le succès d’Edouard Louis, auteur de « En finir avec Eddy Bellegueule », doit beaucoup à la profonde amitié qui l’unit aux sociologues Didier Eribon et Geoffroy de Lagasnerie. Inséparable, le trio forme l’une des voix les plus virulentes de la gauche radicale.

Par                             Zineb Dryef





                     
Le 9 février 2010, dans un amphithéâtre bondé de l’université de Picardie, un jeune homme fait la rencontre de sa vie. Venu écouter un intellectuel parisien raconter son histoire d’enfant puis d’adolescent homosexuel au sein d’une famille ouvrière, le rejet et la honte, la fuite et l’exil, le retour, enfin, dans sa ville honnie de Reims, il est bouleversé par ces mots, qui parlent de sa propre existence. A la fin de la conférence, comme d’autres étudiants, il s’approche de l’homme pour lui dire combien il l’a ému. Didier Eribon, puisqu’il s’agit de lui, accepte de donner son adresse électronique à ce grand garçon blond et lui dit : « Tenez, nous allons boire un verre avec des enseignants, venez. »

« Sans l’amitié, pas la moindre ligne »
Huit ans plus tard, Eddy Bellegueule est devenu Edouard Louis et, à seulement 25 ans, il est l’un des romanciers les plus lus du pays. Un succès transformé en un phénomène, amplifié par les traductions (dans une vingtaine de langues), mais aussi par les adaptations théâtrales, les études universitaires sur son œuvre, sa tournée de conférences à travers le monde…
En ce soir du 3 juin, il est à Berlin pour assister à la première de l’adaptation de son deuxième texte, Histoire de la violence (Seuil, 2016), par le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, à la Schaubühne, l’un des plus prestigieux théâtres d’Europe. A quelques heures de la représentation, dans la cour arborée de son hôtel, il confie : « Je n’aurais jamais écrit une ligne sans l’amitié, pas la moindre ligne. L’amitié, c’est ce qui m’a poussé à écrire. » Cette amitié est celle qui le lie à Didier Eribon, mais aussi à Geoffroy de Lagasnerie. Ils sont là, comme toujours, près de lui.
Didier Eribon, le professeur
Le premier, 65 ans, qui fut l’ami de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu, est sociologue, connu en France et à l’étranger pour son Retour à Reims, formidable coming out social. Le second,...





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Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre Brice Lalonde, aujourd’hui conseiller spécial honoraire de l’ONU pour le développement durable, s’insurge contre les attaques visant Nicolas Hulot et encourage celui-ci à s’affranchir des « dogmes » du militantisme vert.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Brice Lalonde : « Pas besoin d’être un ministre vert pour être un ministre écologiste »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre Brice Lalonde, aujourd’hui conseiller spécial honoraire de l’ONU pour le développement durable, s’insurge contre les attaques visant Nicolas Hulot et encourage celui-ci à s’affranchir des « dogmes » du militantisme vert.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 06h30
    |

                            Brice Lalonde (ancien ministre de l’environnement)








                        



                                


                            

Tribune. Pas un jour sans qu’on nous assomme avec le départ de Nicolas Hulot, son isolement, ses états d’âme, ses difficultés, ses prétendus reniements. Qui entretient ces fables ? Ses pseudo-amis de l’extrême gauche ou des Verts. N’aimant pas qu’un écologiste siège dans un gouvernement qu’ils combattent, ils voudraient représenter l’écologie à sa place. « Ce gouvernement se moque de l’écologie, affirment-ils, et Hulot est un faire-valoir. » Bref, le ministre de la transition écologique et solidaire ne serait pas assez vert. Mais ceux qui ont mené l’écologie politique au désastre sont-ils les meilleurs juges ?
Que lui reprochent-ils ? Rien de bien argumenté, simplement un chapelet de sujets montés en épingle pour la démonstration. Par exemple, il n’a pas fait disparaître le glyphosate. Tout de même, obtenir que l’Europe s’en débarrasse en cinq ans, c’est un bon résultat : il fallait convaincre vingt-huit ministres de l’agriculture ! Mais les autres herbicides sont peut-être pires. En fin de compte, le glyphosate ne doit pas nous faire oublier que quelque 150 000 produits chimiques sont vendus en Europe, dont certains bien plus préoccupants. Nombre de leurs résidus sont présents dans les sols, l’eau, les tissus des êtres vivants. Cette réalité pourrait même motiver, à mon sens, une initiative d’ampleur, une sorte de GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] sur la pollution chimique de l’environnement.

Allons plus loin. Est-ce qu’une formation politique française, ou étrangère, a conçu un programme de transition écologique auquel se référer pour évaluer l’action de Hulot ? En vérité, personne ne sait comment faire, ni par où commencer ni même comment imaginer la société écologique au bout de la transition. Ce n’était pas dans le programme d’Emmanuel Macron, ce n’est pas dans le calendrier de travail du gouvernement. A-t-on débattu de la croissance pendant la présidentielle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Vivre déconnecté (6/6). Les chercheurs David Zarka et Ilios Kotsou regrettent de voir la méditation de pleine conscience, pratique qui vise à porter une attention plus soutenue à nos émotions et nos expériences, récupérée par certains tenants de la performance.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.
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Lagrasse envisage de devenir un Centre culturel de rencontre

Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 16h40
    |

                            Julie Clarini (Lagrasse, Aude, envoyée spéciale)








                        



   


Comme chaque deuxième semaine du mois d’août, le village de Lagrasse devient, jusqu’au samedi, un centre intellectuel de haute volée, ouvert à tous, offrant quotidiennement le plaisir matinal d’un atelier de grec ancien ou de philosophie, l’occasion d’assister à un séminaire de cinéma ou, à l’heure de l’apéro, celle d’écouter les « conversations sur l’histoire » proposées par Patrick Boucheron, professeur au collège de France, sous l’ombre généreuse de la vieille halle. Conférences et lectures occupent la fin d’après-midi et la soirée.
Une nouvelle fois, le Banquet du livre a fait la preuve de sa singularité dans sa façon unique de mêler à l’exigence de la pensée une proximité des corps toute démocratique. Car c’est bien cela, « Lagrasse » : croiser, au détour d’un chemin en contrebas de l’abbaye, Marie NDiaye, venue de Berlin faire lecture de la pièce qui sera créée en 2019 à Strasbourg par Stanislas Nordey. Puis apercevoir dans le cellier du bâtiment transformé en librairie par l’institution toulousaine Ombres Blanches, la silhouette de Marielle Macé, la théoricienne de la littérature, ou reconnaître, penché sur des ouvrages, Achille Mbembe, venu d’Afrique du Sud où il enseigne.
Campus éphémère et à ciel ouvert
Le philosophe donnait une conférence mardi, précédant dans l’exercice des gens aussi divers que le linguiste Jean-Claude Milner, le philosophe italien Emanuele Coccia, l’auteur de La Vie des plantes (Payot, 2016), ou l’historien Romain Bertrand. Sorte de campus éphémère et à ciel ouvert, le Banquet propose aussi des « rebonds » : sur les rives de l’Orbieu, la rivière qui épouse le village, les intellectuels invités se prêtent à l’heure où le soleil point, à un échange informel sur le thème de leur conférence de la veille.
C’est cet esprit cosmopolite et convivial, alliance du monde et du clocher, que la poignée de fondateurs a décidé de remettre en jeu. Car selon l’adage de Lampedusa, il faut que tout change pour que rien ne change. Et le moment est venu. Après vingt-trois ans d’existence, le public a besoin de se renouveler. Des tensions dans l’équipe et le licenciement, en 2017, du directeur de l’association Marque-page (qui organise les rencontres) attisent cette envie de renaissance.
En plein accord avec l’actuelle direction, le département qui possède la partie laïque de l’abbaye – l’autre étant occupée par des chanoines – a lancé une étude pour que le projet intellectuel et le lieu patrimonial se marient officiellement devant le ministère de la culture. Celui-ci pourrait, au vu du dossier, octroyer le label national de Centre culturel de rencontre, comme il l’a fait pour l’abbaye de Royaumont ou la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Ce qui impliquerait un ancrage pérenne des idées et du livre dans le village mais aussi un changement d’échelle, de tempo et même d’envergure – de nouvelles missions viendraient échoir à la structure, quelle que soit sa future forme. Peu importe le flacon, diront certains, pourvu qu’on conserve l’ivresse du Banquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Est-ce une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Poutine ?
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Europe de l’Est : coup de gomme sur l’Histoire

Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Est-ce une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Poutine ?



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 06h36
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En matière historique, les pays d’Europe de l’Est se distinguent par une intrigante spécificité : leur expérience de la manipulation de l’histoire sous l’ère soviétique ne semble pas les avoir immunisés. On aurait présagé que les vérités officielles y seraient bannies à jamais et que l’idée même d’une « politique historique » braquerait les consciences. Il n’en est rien.
L’Ukraine a adopté en avril 2015 une série de quatre lois : si certaines existent dans des versions voisines dans d’autres pays de la région – comme l’interdiction de la promotion des « idéologies totalitaires communiste et nazie », le démantèlement de statues et le changement de nom de localités associés au passé soviétique ou l’ouverture intégrale des archives de cette période –, la quatrième valorise la mémoire des « combattants de l’indépendance nationale ukrainienne au XXe siècle », quelle que soit leur idéologie. Or, certains de ces combattants furent d’actifs collaborateurs des nazis. L’Ukraine s’est bâti ainsi, en quelques alinéas, un panthéon aussi officiel que discutable.
Valeur symbolique
En Pologne, le Parlement a voté en février une loi dite « sur la Shoah » dont les chantres ont été ceux qui dénoncent par ailleurs avec virulence la mémoire du régime communiste. Elle prévoyait, avant que ce volet pénal ne soit finalement supprimé sur les demandes insistantes des Etats-Unis et d’Israël, une sanction allant jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».

Depuis le nouveau vote au Parlement, le 27 juin, les poursuites judiciaires ne sont plus possibles, mais le texte garde toutefois sa valeur symbolique : en jetant l’opprobre sur ceux qui souligneraient la complicité de citoyens polonais dans la Shoah, le gouvernement se fait fort d’imposer, selon sa terminologie, « le point de vue polonais », à savoir une histoire nationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.
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Hamit Bozarslan : « En Turquie, l’histoire est essentiellement un mouvement de dissidence intellectuelle »

L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Historien et sociologue, Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie, travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des Etats dans la région. Auteur d’ouvrages de référence, dont ­Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours (Tallandier, 2013), Hamit Bozarslan appartient à ce qu’il appelle lui-même l’école dissidente de l’historiographie de la Turquie contemporaine. Il revient sur les usages du passé en Turquie.
Pourquoi l’histoire est-elle une discipline reine en Turquie ?
Il faut faire un distingo entre l’histoire comme discipline et le récit officiel. Le « récit officiel » continue de diviser le passé de la nation en trois épisodes : la période de l’innocence, par laquelle les Turcs conquièrent le monde pour lui apporter ordre et justice ; celle de la trahison, pendant laquelle les minorités mordent la main bienveillante de leurs maîtres et collaborent avec les ennemis de l’extérieur ; et celle de la délivrance, pendant laquelle la nation brise ses chaînes par un ultime sursaut et fonde la Turquie moderne.
Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la République, et les historiens qui l’inspirent estiment d’ailleurs que cette libération reste partielle et n’immunise pas le pays contre une possible agression occidentale ou l’aliénation de ses propres élites. En face de ce discours, l’histoire proprement dite, comprise comme discipline, est essentiellement un mouvementde dissidence intellectuelle ; elle interroge la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire, qui l’a dominée au cours des vingt dernières années.
Pourquoi les régimes successifs turcs ­ (impérial, Jeunes-Turcs, kémaliste, ­islamiste) se ressemblent-ils dans leur usage du passé, qui est toujours présenté sous une forme tronquée et marquée par le négationnisme ?
La Turquie officielle est fière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.
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En Pologne, la course à la martyrologie

Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Alain Salles (Cracovie, Pologne)








                        



                                


                            
Au Musée de l’armée intérieure (le nom du puissant réseau de résistance en Pologne pendant la seconde guerre mondiale) à Cracovie, la guide connaît son catéchisme historique par cœur : les Allemands voulaient exterminer le peuple polonais et Auschwitz a d’abord été créé pour détruire les élites polonaises, les Alliés n’ont rien fait quand Jan Karski les a prévenus de l’existence des camps d’extermination des juifs et ils ont sacrifié les résistants polonais à Yalta.
Tout cela est vrai, même si cette chronologie ne résume pas toute la guerre. Elle permet en tout cas de mettre sur le même plan la souffrance des juifs et celle des Polonais, qui est une obsession du parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir en Pologne. Cette vision de l’histoire a été rabâchée par la plupart des interlocuteurs rencontrés lors d’un voyage de presse sur les lieux de mémoire polonais, auquel Le Monde a décidé de participer.
« Les monstres »
La guide de Cracovie poursuit en établissant des gradations entre les violences de la guerre : les Allemands étaient « terribles », mais les Russes étaient « pires » et enfin les Ukrainiens étaient « diaboliques ». A la fin de l’exposition, elle s’arrête devant une série de portraits qu’elle appelle « les monstres », les images des juges communistes qui ont condamné des résistants ayant lutté contre les nazis, puis se sont opposés à la mainmise du pays par Moscou. Un visiteur l’interroge devant ces portraits. « Combien sont des juifs ? » Elle en montre trois ou quatre. La scène symbolise la complexité de la mémoire polonaise.
Avec la « loi sur la Shoah », en février, le poids politique de l’histoire est apparu au grand jour en Pologne. Cette loi visait à punir pénalement ceux qui attribuaient aux Polonais « la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis ». Face au tollé international, le gouvernement a reculé en juin, en retirant l’article incriminé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Iouri Dmitriev ou la mémoire étouffée de la répression stalinienne

Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Pour la deuxième année consécutive, dimanche 5 août, les com­mémorations de Sandarmokh, l’un des principaux lieux d’exécution de la Grande Terreur stalinienne, dans la région septentrionale de Carélie, se sont déroulées en l’absence de l’historien Iouri Dmitriev. Le pèlerinage, qui attire chaque année des centaines de proches des victimes, doit pourtant tout à cet homme de 62 ans, enquêteur infatigable aux airs de moine-soldat.
C’est lui qui, en 1997, a instauré cette tradition. C’est lui, surtout, qui a mis au jour l’importance de ce lieu d’exécution, où l’on estime à 9 000 le nombre de personnes – coupables de rien – fusillées. L’historien, membre de l’association Memorial, y a mené un travail titanesque de localisation des fosses communes et d’identification des dépouilles. Depuis, Sandarmokh est devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938 – année après année, les descendants des victimes ont accroché sur les arbres de la dense forêt carélienne de modestes croix en bois ou les portraits de leur proche assassiné. « Sans son travail, on ne saurait quasiment rien de Sandarmokh », confirme l’historienne Cécile Vaissié.
Iouri Dmitriev a été arrêté en décembre 2016, accusé de détention d’images pédopornographiques, en l’occurrence neuf clichés de sa fille adoptive, alors âgée de 11 ans. L’historien avait expliqué avoir pris ces photographies à la demande des services sociaux, pour documenter la croissance de sa fille, atteinte de rachitisme depuis son séjour à l’orphelinat. Les experts du tribunal, eux, n’avaient trouvé dans les clichés aucun caractère pédophile ou pornographique.
Machination
Malgré l’émotion soulevée en Russie et à l’étranger par cette affaire aux allures de machination, M. Dmitriev a passé quinze mois en ­prison, avant d’être acquitté en avril. Le soula­gement a été de courte durée : mi-juin, la Cour suprême de Carélie a cassé ce jugement, et à la fin du mois Iouri Dmitriev retournait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.
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Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 11h10
   





                        


Editorial du « Monde ». Si rien ne se passe, Oleg Sentsov va mourir. Le cinéaste ukrainien de 42 ans a été arrêté en Crimée, le 10 mai 2014, par les services russes de sécurité, deux mois après le pseudo-référendum de rattachement de la Crimée à la Russie dont il contestait la validité. Condamné en août 2015, au terme d’une caricature de procès, à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation et participation à un groupe terroriste », il est détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie.

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                Oleg Sentsov en danger de mort après trois mois de grève de la faim



Depuis le 14 mai – depuis quatre-vingt-huit jours –, le cinéaste a commencé une grève de la faim pour exiger la libération des quelque 70 Ukrainiens emprisonnés comme lui par la Russie pour des raisons politiques et dont il a endossé le combat de la plus radicale des manières. Ajoutons que ce combat dépasse le cas des Ukrainiens et renvoie au cynisme d’une justice russe sans vergogne à l’encontre de Iouri Dmitriev, historien de Carélie analysant les purges staliniennes, incarcéré pour d’invraisemblables accusations de pédophilie, ou d’Oyoub Titiev, dernier défenseur des droits de l’homme à travailler en Tchétchénie, poursuivi sur des charges farfelues de détention de marijuana.
Pour éviter d’être alimenté de force, Oleg Sentsov a récemment accepté de prendre deux ou trois cuillères de substituts alimentaires chaque jour. Ce n’est pas cela qui l’empêchera de mourir. Les informations en provenance de son lieu de détention sont rares et filtrées par les autorités, mais son avocat, qui a pu le voir mardi 7 août, l’assure : le cinéaste est en train de mourir, et il y est déterminé.
Moscou paraît prêt à le laisser mourir
C’est intolérable. D’autant plus que, depuis le début de cette sinistre affaire, le Kremlin semble décidé à faire du cas Sentsov un exemple. Le message se veut clair : ceux qui s’opposent à l’annexion de la Crimée subiront son sort. Ainsi, les autorités russes sont restées sourdes à tous les appels lancés pour obtenir sa libération ou même pour laisser des médecins indépendants lui rendre visite. Quel qu’en soit le coût en matière d’image, Moscou paraît prêt à le laisser mourir.
Il est donc urgent de renforcer les protestations pour faire admettre au président russe que c’est inacceptable. Depuis quatre ans, les milieux du cinéma et de la culture se sont largement mobilisés pour défendre Oleg Sentsov. Les dirigeants occidentaux doivent accentuer la pression. Emmanuel Macron a été en pointe dans ce dossier. Le président français a évoqué l’affaire Sentsov à deux reprises avec Vladimir Poutine. Mais celui-ci est resté de marbre.

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Les responsables européens peuvent et doivent faire plus. Ils ne peuvent ignorer que, par le passé, Vladimir Poutine s’est déjà montré sensible aux pressions des opinions publiques et de leurs dirigeants. Mikhaïl Khodorkovski, les Pussy Riot, la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko ont été libérés avant le terme de leurs peines même si, à chaque fois, le président russe a tenu à rester maître du calendrier. Il y a donc encore un espoir qu’il faut saisir.
C’est une affaire de principe. Humanitaire, évidemment. Mais aussi politique. Depuis des années, le président russe table sur la faiblesse des réactions européennes à sa politique impérialiste – en Crimée et dans le Donbass, après l’Ossétie du Nord et l’Abkhazie. Le combat d’Oleg Sentsov démontre, dramatiquement, que la défense de la liberté n’a pas de prix. Les Européens se doivent d’adresser le même message à Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.
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« La proposition de loi contre la manipulation de l’information touche là où ça fait mal »

Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h07
    |

Bruno Studer (député (LRM) du Bas-Rhin)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai toujours appelé à ne pas parler de « fake news » mais bien de « fausses informations », à l’occasion des travaux de l’Assemblée nationale. Ceci pour une raison simple mais essentielle : l’expression a été sinon inventée, au moins popularisée, par Donald Trump contre les journalistes et les médias. La loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information que j’ai eu l’honneur de proposer avec mes collègues députés LRM vise au contraire à protéger les journalistes et les entreprises qui les emploient.
Il me semble indispensable, dans le contexte de ces derniers jours et alors que le Sénat a refusé [le 26 juillet] d’examiner cette proposition de loi, de revenir sur son esprit. Pour traiter un sujet aussi sensible, nous avons pris le temps d’un travail approfondi, en saisissant au préalable le Conseil d’Etat, dont la réputation à défendre rigoureusement les libertés publiques n’est pas à faire. Par ailleurs, si j’ai pu auditionner des personnes plus ou moins opposées à ce texte, beaucoup lui reconnaissent de nombreuses vertus.
Actualisation du droit
La première d’entre elles porte sur la notion de fausse information elle-même et la création d’une nouvelle procédure de référé. Il est reproché à ce texte d’être inutile parce que la loi de 1881 traiterait déjà des fausses nouvelles. Mais une « nouvelle » a nécessairement un caractère nouveau, donc inédit. Or, dans l’univers numérique, établir le caractère inédit d’une information relève de la gageure. La première qualité de ce texte est d’actualiser notre droit, ce qui n’est pas rien, tout s’attaquant exclusivement à la diffusion d’une fausse information (donc un fait circonstancié). Diffusion qui serait automatique, artificielle et massive, le tout dans les seuls trois mois précédent un scrutin national ou européen. La liste de ces conditions précises devrait rassurer ceux qui y voient a priori un texte dangereux… Il s’agit, de plus, de faire confiance au juge,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Loi sur les « fake news » : « Il faut refuser ce bidouillage juridique »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h04
    |

Géraldine Muhlmann (professeure de science politique et de philosophie à l’université Paris II-Panthéon-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. La frénésie de légiférer, si française, est renforcée par le souci du pouvoir politique de montrer à l’opinion qu’il agit contre les maux de l’époque. Elle comporte cet implicite : avant, on ne faisait rien ; les lois étaient vides. Mais parfois, la ficelle est trop grosse. C’est le cas dans cette double proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations, venue des rangs de La République en marche (LRM). Elle transforme en victoire ce qui est un échec.

En effet, si cette proposition de loi existe aujourd’hui, c’est faute d’avoir réussi à rendre pleinement applicable aux réseaux sociaux la loi de 1881, pilier de notre conception de la liberté d’expression, afin de pouvoir poursuivre, là comme dans tout espace d’expression, ceux qui commettent des délits d’expression – notamment diffamations, provocations, injures mais aussi propagation de « nouvelles fausses » (article 27).
Pourtant, pendant quelques semaines, la ministre de la culture et de la communication avait, conformément au désir du président de la République, planché sur un projet de loi qui devait s’inscrire dans la loi de 1881. Il s’agissait de reprendre la définition des « nouvelles fausses » qui s’y trouve et d’introduire des ajouts précis – par exemple, une procédure en référé. Pourquoi cela a-t-il été abandonné ?
Exigence de « transparence »
Rendre la loi de 1881 parfaitement applicable aux réseaux sociaux supposait de les contraindre à entrer dans les catégories par lesquelles cette loi conçoit les responsabilités. Il s’agit d’une responsabilité en cascade : on poursuit non pas d’abord et directement les auteurs de propos délictueux, mais les directeurs de la publication ou les éditeurs ; à leur défaut, les auteurs ; à leur défaut, les imprimeurs ; à leur défaut, les vendeurs, distributeurs et afficheurs. Lorsque les directeurs de la publication ou les éditeurs sont mis en cause, les auteurs sont poursuivis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Vivre déconnecté (5/6). Se passer d’Internet est pour certains un choix. Pour d’autres, cette déconnexion révèle une difficulté qui est trop peu prise en compte par l’administration et les acteurs du secteur numérique, selon le professeur de psychologie Jean-Marie Besse.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».
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Un collectif contre la nomination du nouveau président de Polytechnique : « Pour s’orienter, l’X a besoin d’une direction adaptée ! »

Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h38
    |

Collectif







                        



                                


                            
Collectif
Avertissement : cette lettre représente uniquement l’opinion de ses signataires, et ne saurait être assimilée à un message de la communauté polytechnicienne dans son ensemble.
Le vendredi 3 août, le gouvernement a acté la nomination d’un nouveau président pour l’Ecole polytechnique : M. Eric Labaye, actuellement senior partner chez McKinsey [agence internationale de consultants], qui remplacera M. Jacques Biot. Nous, groupe d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique, nous alarmons de cette nomination d’un manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur à la tête d’une institution d’éducation et de recherche de premier plan, et de ce qu’elle implique pour l’avenir de l’X – que l’absence de dirigeants maîtrisant les enjeux et les logiques de l’enseignement supérieur prive depuis déjà trop longtemps de l’orientation de long terme dont elle a besoin.
Dans tous les établissements d’enseignement supérieur de renommée internationale, le choix a été fait de nommer aux postes de direction des personnalités à la stature académique reconnue : le président d’Harvard est un économiste et docteur en droit, celui de Stanford un chercheur en neurosciences. De telles personnalités, ayant pratiqué quotidiennement la recherche de haut niveau, en comprennent les besoins et les usages ; elles savent nouer des partenariats académiques, dialoguer avec des étudiants ou estimer la pertinence d’un projet de recherche. La transformation de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) en une institution de rang mondial, constamment citée comme un exemple pour Polytechnique, est due à la vision à long terme d’un chercheur en neurosciences, M. Patrick Aebisher, qui l’a dirigée de 2000 à 2016. A l’opposé, le choix d’un président n’ayant jamais pratiqué d’activité de recherche ou d’ingénierie, ayant effectué sa carrière dans le secteur du conseil, et dont l’expérience en matière d’enseignement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.
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La prison, « une humiliation pour la République »

Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Au 1er juillet, 70 710 personnes étaient détenues dans les prisons françaises, un record historique depuis la Libération. C’est 48 % de plus qu’en 2001, et cette croissance est sans rapport avec la démographie ou l’évolution de la délinquance. Malgré le « laxisme » dont nombre de responsables politiques taxent volontiers les juges, jamais la justice n’a été aussi sévère.
Cette inflation carcérale tranche avec certains de nos grands voisins européens, qui ont entrepris une politique volontariste de réduction du nombre de personnes derrière les barreaux, comme en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie. Surtout, elle provoque des conditions de détention indignes, et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire. 60 % des détenus sont aujourd’hui dans une prison occupée à plus de 120 % de ses capacités, et 30 % d’entre eux s’entassent dans des établissements où la densité dépasse les 150 %.
En janvier, alors que les prisons étaient secouées par un mouvement de protestation des surveillants sans précédent depuis vingt-cinq ans, les Français semblaient avoir eu de l’empathie pour les conditions de travail de cette profession ignorée, dont le quotidien est directement affecté par la surpopulation carcérale. Et puis l’oubli est revenu.
Solution de facilité
Le 6 mars, Emmanuel Macron dévoilait, dans un important discours, à Agen, une vision humaniste de la justice et de la prison. En limitant le recours aux courtes peines et rendant automatique l’incarcération pour les sanctions supérieures à douze mois ferme, le président de la République souhaitait améliorer la lisibilité de la justice. Et, en développant les alternatives à la prison, il voulait améliorer le sens et l’efficacité des peines. Pour finir, il annonçait une nouvelle politique judiciaire, qui ferait « sortir de prison plusieurs milliers de personnes pour qui la prison est inutile, voire contre-productive ». Sur le terrain, c’est l’inverse qui s’est produit.
La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, la plus grande prison d’Europe, est secouée depuis le début de l’année par une série de suicides – onze détenus en sept mois, soit davantage que pour les années 2016 et 2017 cumulées. On se suicide sept fois plus en prison que dans un milieu libre. Et que faisaient en prison ce jeune homme de 25 ans, incarcéré pour trois mois pour « voyage habituel sans titre de transport », ou ce père de famille condamné à deux mois pour « conduite sans assurance » ? La mort qu’ils ont choisi de se donner ne peut sans doute pas s’expliquer de façon simpliste, mais en quoi la prison pouvait-elle être une réponse adaptée ?

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                La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides



La prison est une réponse pauvre à des situations complexes et, souvent, une solution de facilité. Face à des citoyens qui demandent légitimement de la sécurité, les gouvernements répondent par des signaux sécuritaires à défaut de pouvoir leur garantir une vraie sécurité.
M. Macron n’échappe pas à cette ambiguïté. Il annonce vouloir construire 7 000 places de prison d’ici à la fin du quinquennat, tout en préparant une réforme de la justice pénale qui table sur une réduction de 8 000 du nombre de détenus. Certains s’alarment au contraire des risques de voir cette réforme provoquer une augmentation de la population carcérale de plusieurs milliers de personnes en cinq ans. Un débat purement théorique, alors que la loi de programmation de la justice ne devrait pas être votée avant le premier trimestre 2019. En attendant, rien ne change dans les prisons. Qui restent « une humiliation pour la République », comme l’écrivait le Sénat en… juin 2000.



                            


                        

                        

