<FILE-date="2018/08/10/18">

<article-nb="2018/08/10/18-1">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Pourquoi la livre turque s’effondre

La devise turque s’est effondrée de près de 20 % vendredi. En cause : les tensions avec les Etats-Unis et les fragilités économiques du pays.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 18h13
    |

            Marie Charrel








                        



   


« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale. » Vendredi 10 août, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse de dire qu’un « complot » étranger est responsable de l’effondrement de la livre turque, a une nouvelle fois appelé ses concitoyens à se rendre aux bureaux de change pour soutenir leur devise.
La dégringolade de celle-ci est vertigineuse et laisse désormais craindre une contagion aux marchés financiers. Elle a en effet plongé de près de 20 % sur la seule journée de vendredi, atteignant brièvement 6,87 dollars, son plus bas historique. Depuis le début de l’année, elle a perdu 40 % de sa valeur.

        Lire aussi :
         

                Turquie : la livre chute à son plus bas historique



Les sanctions américaines aggravent la chute
L’hémorragie de la livre a accéléré ces derniers jours sous l’effet de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis, liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain. Vendredi, le président américain Donald Trump a annoncé une augmentation sévère des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs. Celles-ci vont respectivement passer de 25 % et 10 % à 50 % et 20 %.
Cette escalade inquiète les investisseurs : ils retirent leur argent d’Istanbul et Ankara, ce qui accentue encore la chute de la livre, déjà fragilisée par les faiblesses de l’économie.
Les fragilités économiques du pays
La Turquie est minée par d’importants problèmes structurels. Ses banques sont en mauvaise santé. L’inflation galopante (16 % en juillet en rythme annuel) rogne le pouvoir d’achat des ménages. Ces dernières années, l’endettement des entreprises turques a explosé : elles ont beaucoup emprunté en dollar, ce qui les rend vulnérables aux variations de taux de change. « Le pays affiche un important déficit courant : il dépend des financements étrangers, notamment en dollar », ajoute Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, les limites de l’Erdoganomics



Le financement de ce déficit est devenu plus compliqué et cher depuis que la Réserve fédérale américaine, face à la bonne santé économique des Etats-Unis, a commencé le relèvement de son taux directeur. Celui-ci tire le billet vert à la hausse face aux autres devises et renchérit le coût des emprunts pour les entreprises turques endettées en dollar. « Là encore, cela pousse les investisseurs doutant de la solidité de la Turquie – comme des autres pays émergents fragilisés – à quitter le pays pour aller placer leur argent aux Etats-Unis, où la hausse des taux offre de meilleurs rendements », explique Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset management.
Le manque de réactivité de l’Etat et de la banque centrale
« Les marchés s’inquiètent également de l’inaction de la banque centrale face à la situation », analyse Aneeka Gupta, stratège chez WisdomTree, une société financière. Celle-ci renâcle en effet à prendre les mesures indispensables pour stopper l’effondrement de la livre et juguler l’inflation. A commencer par le relèvement de son taux directeur – un remède certes douloureux pour les entreprises et les ménages, car il renchérit le loyer de l’argent, mais néanmoins indispensable.

        Lire aussi :
         

                En Turquie, la chute de la monnaie pénalise les entreprises



Ces derniers mois, le président Erdogan a resserré son contrôle sur l’institut monétaire, qui n’est désormais plus indépendant. Il n’a plus aucune crédibilité aux yeux des investisseurs – ce qui les pousse à fuir un peu plus vite encore.
Des remèdes douloureux à venir
Si l’effondrement de sa devise se poursuit, la Turquie sera, tôt ou tard, contrainte de faire appel à une aide extérieure. Cela pourrait être celle du Fonds monétaire international (FMI) – mais l’on peut douter que le président Erdogan s’y résolve. L’autre option serait d’imposer un strict contrôle des capitaux, afin d’enrayer les sorties d’argent du pays, tout en resserrant les politiques budgétaire et monétaire.
Sur le long terme, seules des réformes de fond visant à assainir le système bancaire, renforcer la régulation financière et rétablir la confiance seront susceptibles de tirer l’économie turque de la crise.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-2">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Aide aux migrants : assouplissement du contrôle judiciaire de Cédric Herrou

L’agriculteur de 38 ans avait été arrêté en gare de Cannes en compagnie de demandeurs d’asile le 23 juillet 2017.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 18h30
   





                        



   


Le contrôle judiciaire du militant Cédric Herrou, devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été assoupli vendredi 10 août par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, selon son avocat. M. Herrou avait demandé la veille la levée de son contrôle judiciaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui a siégé à huis clos.

        Lire aussi :
         

                Le « délit de solidarité » maintenu dans la loi immigration



De nouveau le droit de voyager
Selon son avocat, Bruno Rebstock, l’obligation de se présenter tous les quinze jours à la gendarmerie est maintenue. En revanche, « Cédric Herrou récupère son passeport, peut quitter le territoire national en informant le juge d’instruction et peut librement fréquenter les gares et parvis », a précisé Me Rebstock, saluant une décision « encourageante ».
L’agriculteur âgé de 38 ans peut également aller en Italie, pays situé à proximité de son domicile, mais « uniquement pour raisons professionnelles », a souligné son avocat.
« Je suis soulagé personnellement, ma vie sera plus simple et cela signifie aussi que l’on ne me considère pas comme un délinquant ou quelqu’un de dangereux », a réagi auprès de l’AFP Cédric Herrou. Tout en ajoutant :
« On criminalise les personnes qui aident les migrants alors que nous sommes de simples citoyens qui réagissent aux défaillances des Etats sur le sujet. »
Le principe de fraternité reconnu par le Conseil constitutionnel
Cette seconde demande de M. Herrou de levée de son contrôle judiciaire s’est appuyée, selon sa défense, sur la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet dernier selon laquelle une aide désintéressée au « séjour irrégulier » des étrangers ne saurait être passible de poursuites, au nom du principe de fraternité.
Le contrôle judiciaire de Cédric Herrou est en place depuis le 23 juillet 2017, quand il avait été arrêté en gare de Cannes avec des demandeurs d’asile. « C’est un moyen de bloquer mes actions en fait, d’entraver ma liberté et non pas seulement de la contrôler. C’est un moyen de punir les gens avant de les avoir jugés », avait-il dénoncé jeudi.
Il s’élève également contre la présence de « 40 gendarmes mobiles sur [sa] propriété vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». « Il y a un constat d’huissier. Ils sont restés sur ma propriété un mois et demi et on va porter plainte », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                La fraternité, au principe de l’aide aux migrants







                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-3">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Oleg Sentsov : Emmanuel Macron a proposé des solutions d’urgence à Vladimir Poutine

Le cinéaste ukrainien, incarcéré depuis 2015, a commencé une grève de la faim il y a trois mois pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 18h23
   





                        



   


Détenu en Russie depuis 2015 et en grève de la faim depuis près de trois mois, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov est aujourd’hui en danger de mort. Sa situation a été au cœur d’un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, vendredi 10 août.
Le président français a fait « plusieurs propositions » à son homologue russe afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire », a annoncé l’Elysée dans un communiqué. M. Poutine s’est engagé à répondre à ces propositions et « à diffuser rapidement des éléments sur son état de santé ».
M. Sentsov, opposant à l’annexion de la Crimée par la Russie, a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour terrorisme et trafic d’armes à l’issue d’un procès qualifié de stalinien par Amnesty International. Il est accusé d’avoir, avec un complice, envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. Depuis la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie, où il est incarcéré, il a commencé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

        Lire aussi :
         

                Oleg Sentsov en danger de mort après trois mois de grève de la faim



Perte de 30 kg
S’il ne mène pas une grève de la faim totale – il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté, il y a deux semaines, de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires –, il a perdu 30 kg depuis le début de son action. Il souffre également de problèmes cardiaques, présente un très bas niveau d’hémoglobine dans le sang et son rythme cardiaque est de 40 pulsations par minute.
L’administration russe continue pourtant d’affirmer que le prisonnier est dans un état satisfaisant. A la suite du coup de fil entre les deux chefs d’Etat, les autorités pénitentiaires russes ont annoncé que des membres de la commission de surveillance publique des prisons avaient rendu visite vendredi au prisonnier qui, au cours de la conversation, « ne s’est plaint de rien ».
M. Sentsov a de nouveau refusé un transfert vers un hôpital municipal « expliquant qu’il ne se considérait pas comme un malade », selon la commission. Le cinéaste avait déjà refusé ce transfert il y a quelques jours, au motif qu’il craignait pour sa santé.
« On se heurte à un mur »
M. Macron a déjà plaidé plusieurs fois en faveur d’Oleg Sentsov auprès de Vladimir Poutine. Il lui en avait parlé en mai lors de leur rencontre à Saint-Pétersbourg, puis lui avait adressé un courrier pour « lui faire part de sa vive préoccupation sur l’état de santé du cinéaste et lui demander de réagir rapidement ». Le chef d’Etat français lui en avait reparlé lorsqu’il l’avait rencontré au Kremlin le 15 juillet, avant la finale du Mondial 2018. Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait estimé le 10 juillet que « les droits élémentaires » de la défense d’Oleg Sentsov n’avaient « manifestement pas été respectés ».
« Nous espérions un geste à la faveur du tournoi », a expliqué au Monde François Croquette, ambassadeur de France pour les droits de l’homme :
« Mais l’on se heurte à un mur : nos interlocuteurs alternent entre les fins de non-recevoir, le silence complet et des mensonges. La médiatrice russe nous avait par exemple assuré, il y a quelques semaines, que Sentsov avait pris 2 kg en prison. C’est un peu incompréhensible pour nous. La Russie dépense beaucoup d’énergie et d’argent pour son image, et là elle semble prête à le laisser mourir. Nos demandes sont désormais seulement d’ordre humanitaire, à commencer par l’accès d’un médecin indépendant. Mais l’on commence à craindre qu’il soit trop tard. »

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-4">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La géographe, spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption. A la frontière entre l’Europe et le Proche-Orient, ce minuscule Etat a développé son économie dans les marges.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nathalie Bernardie-Tahir : « Malte joue des interstices du système, à la limite entre le légal et l’illégal »

La géographe, spécialiste de Malte, explique les particularités d’un archipel au centre de plusieurs scandales de corruption. A la frontière entre l’Europe et le Proche-Orient, ce minuscule Etat a développé son économie dans les marges.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 14h05
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            
Plus petit pays de l’Union européenne, perdu au milieu de la Méditerranée, Malte a longtemps été loin des radars de l’actualité. Pourtant, depuis deux ans, éclatent dans l’archipel des scandales de corruption sur fond d’accusations d’évasion fiscale venues de toute l’Europe. La journaliste Daphne Caruana Galizia enquêtant sur ces sujets y a été assassinée en octobre 2017. Depuis la fermeture en juin des ports italiens aux migrants sauvés en Méditerranée, Malte est aussi au cœur de la crise migratoire – plusieurs bateaux ont été secourus dans sa zone maritime. Nathalie Bernardie-Tahir, géographe spécialiste de Malte et de l’insularité à l’université de Limoges, co-auteure de Méditerranée, des frontières à la dérive (Publications Babels, à paraître en octobre), revient sur les particularités et l’histoire de cet Etat de 430 000 habitants.

Malte fait face depuis deux ans à une multiplication des scandales. Une journaliste, Daphne Caruana Galizia, y a même été assassinée le 16 octobre 2017. Comment l’île a-t-elle pu en arriver là ?
Il faut repartir de l’histoire récente de l’économie maltaise. Malte est indépendante depuis 1964. En 1974, les forces britanniques se sont retirées définitivement. Le pays a alors dû construire de manière autonome une stratégie de développement économique après avoir vécu sous protectorat pendant très longtemps. Malte va se positionner sur un marché de niche. Jusque dans les années 1990, dans la sous-traitance industrielle avec le textile ou l’électronique, puis l’industrie pharmaceutique. Mais elle a ensuite été concurrencée par les pays d’Asie du Sud-Est qui proposaient une main-d’œuvre encore moins chère.
Dans un second temps, Malte s’est reconvertie dans le tertiaire (surtout le tourisme). Le pays étant tout petit [316 km2] et doté d’un marché domestique trop étroit, la seule manière de développer les services était donc de jouer un rôle d’intermédiaire. Cette stratégie...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-5">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des Roms manifestent à travers l’Europe contre le racisme

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays pour dénoncer la politique du gouvernement italien et des attaques racistes.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 14h10
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Toutes les nuits, Bela Racz refait le même cauchemar. Pendant que sa femme et ses enfants dorment tranquillement, quelqu’un met le feu à la maison familiale. « Pour nous, les Roms, c’est une peur qui remonte à mille ans », souffle ce Hongrois. « Et l’actualité nous montre qu’elle n’est pas sans fondement. » 
M. Racz est à l’initiative d’une manifestation qui s’est tenue jeudi 9 août à Budapest, devant le ministère des affaires étrangères hongrois, accusé de garder le silence sur les agressions dont les Roms d’origine hongroise font l’objet à l’étranger. Vingt-trois associations se sont jointes à sa démarche, et malgré la canicule une centaine de personnes sont venues soutenir les victimes des dernières violences en date.
Le 23 juin, des ultranationalistes ont attaqué un camp de Roms dans l’ouest de l’Ukraine. Ils ont tué une personne et en ont blessé plusieurs autres, dont un enfant. « Une école maternelle a été incendiée, une famille a perdu sa maison et reste, à ce jour, sans aucune aide des pouvoirs publics », dénonce Istvan Vavrek, un autre représentant des Roms qui habite en Slovaquie, dans une région gouvernée jusqu’à l’année dernière par un néonazi multipliant les incitations à la haine à l’encontre des « tsiganes criminels ».
« On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques », affirme Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtöközpont
En marge des commémorations traditionnelles du génocide des Roms par les nazis, le 2 août, des manifestations ont été préparées de manière coordonnée dans neuf pays européens. « En Bulgarie et en Roumanie, on a réussi à mobiliser plus de mille personnes », se réjouit Ernö Kadet, un militant de l’association Roma Sajtöközpont. « On ne veut plus que des gens meurent dans l’indifférence des dirigeants politiques. Et on veut démontrer notre détermination, face aux propos tenus sur nous par Matteo Salvini. »
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-6">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Face au manque de bras, l’Europe de l’Est se tourne vers les robots

La région, où le taux de chômage est au plus bas, est confrontée à une pénurie criante de main-d’œuvre, alors que les salaires ont augmenté.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 15h59
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Alors que la France lutte pour résorber le chômage de longue durée, la République tchèque, elle, fait face à un problème d’une tout autre nature : elle n’a jamais autant manqué de bras. En juillet, le taux de chômage était de seulement 3,1 %, selon les données publiées jeudi 9 août par le Pôle emploi tchèque. C’est le plus bas niveau de l’Union européenne. Sur le même mois, le nombre de postes vacants a culminé au niveau historique de 310 000, en hausse de 65 % sur un an. Il est désormais supérieur à celui des demandeurs d’emploi (231 565 personnes).
La situation n’est pas propre à Prague. « Les difficultés de recrutement sont criantes dans toute l’Europe centrale et de l’Est, alors que les usines tournent à plein régime », explique Grzegorz Sielewicz, économiste spécialiste de la région pour Coface, à Varsovie. En Hongrie et en Pologne, le taux de chômage est également inférieur à 4 %. Par ailleurs, il est tombé à 4,5 % en Roumanie en juin, et il dépasse à peine 5,5 % en Slovénie, selon Eurostat. Une tendance liée à la bonne santé économique de ces pays, comme à la démographie. Depuis les années 1990, plus de 20 millions de personnes ont quitté la région, soit près de 5,5 % de la population. A cela s’ajoute la chute de la natalité, qui accentue le déclin de la force de travail.

Pour attirer les candidats, les entreprises ont augmenté les salaires. Ils ont progressé de plus de 30 % en Roumanie et de 20 % Hongrie depuis 2010. En République tchèque, ils ont bondi de 7 % en 2017 et devraient croître encore de 7,8 % cette année, d’après les prévisions de la Société générale. Le salaire minimal polonais est passé de 1 750 zlotys (410 euros) en 2016 à 2 000 zlotys bruts (470 euros) aujourd’hui. Et ce, au profit du pouvoir d’achat des salariés, dont le niveau de vie s’approche lentement des standards de l’Europe de l’Ouest.
« Toute la difficulté est qu’à un certain point, la hausse des salaires menace la rentabilité des entreprises...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-7">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La compagnie aérienne à bas coûts essuie, vendredi, la pire grève de son histoire avec des pilotes mobilisés dans cinq pays européens.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


En proie aux grèves, le modèle Ryanair se fissure

La compagnie aérienne à bas coûts essuie, vendredi, la pire grève de son histoire avec des pilotes mobilisés dans cinq pays européens.



Le Monde
 |    10.08.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 08h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Et si Ryanair était en train de devenir une compagnie aérienne comme les autres ? Chamboulant la concurrence depuis trois décennies, au point d’être devenue la première compagnie aérienne d’Europe (130 millions de passagers par an), l’entreprise irlandaise connaît, vendredi 10 août, la plus grande grève de son histoire. L’arrêt de travail concerne les pilotes d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et de Belgique.
Pas de quoi clouer Ryanair au sol. Seuls 400 vols sur 2 400 sont annulés. Mais, depuis des mois, le mouvement social prend de l’ampleur. Il a commencé à l’automne 2017, quand une mauvaise gestion des vacances des pilotes a mis au jour le mécontentement du personnel, forçant la compagnie à annuler plusieurs milliers de vols. En décembre, les pilotes allemands ont été les premiers de l’histoire de la société à faire grève. Ils ont été suivis, en mars, par le personnel de cabine du Portugal.
Début juillet, les pilotes irlandais ont marqué deux jours de débrayage, suivis, fin juillet, par le personnel de cabine en Espagne, au Portugal et en Belgique. « Chaque groupe de grévistes semble donner du courage aux autres », souligne Andrew Lobbenberg, analyste à HSBC.
Du jamais-vu pour la compagnie aérienne irlandaise, dirigée jusqu’à présent avec l’efficacité et la brutalité légendaires de son patron, Michael O’Leary. Jusqu’en décembre 2017, ce dernier refusait de reconnaître le moindre syndicat.

« Ryanair était une compagnie complètement différente des autres, sans syndicat ni grève, estime dans une note M. Lobbenberg. A présent, c’est fini. La boîte de Pandore est ouverte. »
« Ce modèle touche à sa fin »
Les revendications des pilotes se concentrent sur l’étrange fonctionnement interne de l’entreprise : la majorité des pilotes ne travaillent pas directement pour l’entreprise, mais sont des sous-traitants, embauchés par le biais d’agences avec des contrats de droit irlandais ou avec...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-8">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après une semaine en mer, le bateau, avec les 87 personnes secourues à son bord, a pu accoster, jeudi, dans le sud de l’Espagne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/08/10/18-9">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les tornades de feu sont dangereuses car il est difficile de prévoir leurs oscillations et leurs déplacements. Spectaculaires, elles sont cependant plutôt rares.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/08/10/18-10">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le premier ministre russe a affirmé vendredi que son pays réagirait avec tous les moyens à sa disposition si Washington adoptait une deuxième salve de sanctions.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

De nouvelles sanctions américaines seraient une « déclaration de guerre économique », selon Medvedev

Le premier ministre russe a affirmé vendredi que son pays réagirait avec tous les moyens à sa disposition si Washington adoptait une deuxième salve de sanctions.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 18h38
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


L’esprit d’Helsinki est bien loin. Moins d’un mois après les échanges d’amabilité du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le 16 juillet dans la capitale finlandaise, l’heure est de nouveau à la confrontation entre Washington et Moscou. Mercredi 8 août, les Etats-Unis ont fait part de leur intention d’imposer une nouvelle salve de sanctions à la Russie ; dès le lendemain, celle-ci a prévenu qu’elle riposterait de manière « identique ».
« Si suivent des choses comme l’interdiction des activités de telle ou telle banque ou celle de l’utilisation de telle ou telle monnaie, il faudra nommer les choses clairement : c’est une déclaration de guerre économique, a également déclaré vendredi le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, cité par l’agence de presse Interfax. Et il nous faudra absolument répondre à cette guerre. Par des méthodes économiques, par des méthodes politiques, et si nécessaire par d’autres moyens. Nos amis Américains doivent le comprendre. »
De son côté, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a averti vendredi son homologue américain, Mike Pompeo, lors d’un entretien téléphonique, que la Russie « rejette catégoriquement » ces nouvelles sanctions.
L’« affaire Skripal », nouveau sujet de contentieux
En 2014, l’administration Obama avait imposé de lourdes sanctions contre Moscou pour l’annexion de la Crimée et son rôle dans la guerre dans le Donbass. En mars, sous l’administration Trump, donc, le Trésor américain a adopté des mesures ciblées contre des « oligarques » proches de M. Poutine. Il s’agissait alors de répondre à la fois aux accusations d’ingérence dans la campagne électorale de 2016, à plusieurs cyberattaques, mais aussi au soutien de Moscou au régime de Bachar Al-Assad.
Un nouveau sujet vient désormais s’ajouter à cette liste de contentieux : l’empoisonnement sur le sol britannique, début mars, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Les deux ont survécu, mais une Britannique de 44 ans est morte le 8 juillet après avoir été exposée au même poison, le Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique.
Cette « affaire Skripal », dans laquelle les Occidentaux ont vu la main de Moscou, avait donné lieu à la plus importante vague d’expulsions de diplomates jamais vue. Washington avait notamment expulsé 60 diplomates russes accusés d’être des « espions » et la Russie en avait aussitôt fait autant.

        Lire aussi :
         

                Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok



Turbines et électronique
Mercredi, pour expliquer l’imposition de sanctions dans cette affaire, le département d’Etat, qui est à la manœuvre, a répété que « le gouvernement russe a utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales ». Or, a expliqué une porte-parole du département d’Etat, la loi américaine de 1991 sur « l’élimination et le contrôle des armes chimiques et biologiques » oblige le président américain à agir contre tout pays qui aurait utilisé de telles armes.
Les sanctions envisagées, dont le détail n’est pas encore connu, porteraient sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des turbines ou de l’équipement électronique. Si le Congrès ne s’y oppose pas, elles entreront en vigueur le 22 août et la Russie aura alors quatre-vingt-dix jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination, a indiqué le département d’Etat.
En cas de non-respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, qui pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.
Mesures « illégales »
Le Royaume-Uni a immédiatement salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ». Dans le même temps, la presse britannique évoquait ces derniers jours l’imminence de l’envoi par Londres d’une demande d’extradition à Moscou visant deux individus impliqués dans l’empoisonnement des Skripal.
Donald Trump, très actif ces derniers jours sur les sujets de politique intérieure, est de son côté resté muet. Nul doute que cette répartition des rôles à Washington renforcera M. Poutine dans sa conviction que toute la bonne volonté du président américain de réchauffer les relations entre les deux pays pèse peu face à l’opposition de « l’establishment », selon le mot du président russe.
La rencontre d’Helsinki entre les deux hommes, dont on ignore en grande partie le contenu, avait été qualifiée de « mieux que super » par le chef de la diplomatie russe. M. Trump s’y était montré très chaleureux envers son homologue russe et avait semblé prêt, lors de la conférence de presse, à l’exonérer de son rôle dans la campagne de 2016. Dès le début du mois d’août, le ton avait changé avec l’initiative d’élus républicains et démocrates en faveur d’un durcissement des sanctions liées à cette ingérence supposée.

        Lire aussi :
         

                Sommet d’Helsinki : Donald Trump dénigré par les médias américains, y compris Fox News



Jeudi, le Kremlin avait immédiatement qualifié d’« inadmissibles », « inamicales » et « illégales » les mesures annoncées par le département d’Etat américain et promis, selon un scénario désormais bien rodé, une riposte de niveau équivalent. « Quelles que soient les sanctions prises à l’encontre de la Russie, les mesures de représailles seront identiques », a prévenu la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, assurant que Moscou ne se plierait pas « au langage des ultimatums et de la force ».
Cette nouvelle escalade a aussi provoqué un coup de froid, jeudi, à l’ouverture des marchés financiers russes. Les indices boursiers ont chuté et la monnaie russe est tombée à son plus bas niveau en deux ans face au dollar, avant un retour au calme progressif.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-11">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Jardins de dictateurs 5/6 Le palais du Printemps de Bucarest, qui a récemment ouvert au public, a toujours été entouré de mystère. Il donne des indications sur la vie privée du dictateur roumain, entre verdure et dorures kitch.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/08/10/18-12">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Vague d’arrestations de journalistes en Biélorussie

Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 15h52
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Les forces de l’ordre biélorusses ont procédé, ces derniers jours, à une importante vague d’arrestations de journalistes travaillant pour les rares médias indépendants du pays. Les chiffres précis sont difficiles à obtenir, et plusieurs d’entre eux ont été relâchés après avoir été retenus entre quelques heures et deux jours, mais une quinzaine de personnes en tout auraient été interpellées depuis mardi 7 août. Jeudi, au moins six journalistes étaient toujours incarcérés. Le même jour, la rédactrice en chef de l’agence de presse BelaPan, Irina Levchina, venait s’ajouter à cette liste.
Trois sites sont visés : outre BelaPan, il s’agit de Realt.by et Tut.by, le plus important média biélorusse indépendant en ligne, volontiers critique du pouvoir. Sa rédactrice en chef, Marina Zolotova, a été arrêtée mardi, en même temps que deux journalistes du site. Les locaux de Tut.by, ainsi que les logements de certains journalistes, dont celui d’un correspondant de la radio allemande Deutsche Welle, ont aussi fait l’objet de perquisitions. Des ordinateurs, des téléphones et des documents ont été saisis.
Le motif avancé par les autorités est surprenant. Celles-ci accusent ces médias et leurs journalistes d’avoir consulté de façon illégale, sans payer d’abonnement, les informations de l’agence de presse officielle Belta. La maison d’édition Belorousskaïa Naouka est également visée dans la même affaire, ont précisé les enquêteurs, qui disent avoir enregistré en 2017 et 2018 au total plus de 15 000 connexions non autorisées aux services de l’agence, avec, pour résultat, « un préjudice important ».
Le contrôle strict des médias reste une constante
Cette accusation en apparence anodine pourrait avoir des conséquences lourdes. Selon le code pénal biélorusse, cette infraction est punie par des peines allant jusqu’à deux ans de prison et une interdiction temporaire d’exercer le journalisme.
« Nous ne sommes pas abonnés à Belta, mais, avec l’autorisation de cette agence, nous utilisons certaines informations de leur site en les référençant avec un lien hypertexte », a expliqué à l’AFP la rédactrice en chef de l’agence BelaPan. Contacté par Le Monde, le fondateur de Tut.by, Iouri Zisser, qui a lui-même été interrogé deux heures mercredi, se montre plus explicite : « Le ministère de l’intérieur a trouvé un excellent prétexte pour punir des journalistes peu accommodants. »
Le régime d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a opéré ces dernières années une relative libéralisation, avec notamment la libération des derniers prisonniers politiques détenus dans le pays. Ce geste, combiné à une légère amélioration des conditions d’organisation du scrutin présidentiel de 2015, avait permis un rapprochement avec l’Union européenne et la levée, début 2016, des sanctions européennes et américaines. La timide normalisation de ses relations avec l’Ouest est d’autant plus vitale pour Minsk que M. Loukachenko cherche à éviter un tête-à-tête exclusif avec Moscou, son allié traditionnel. Et ce d’autant plus que la Russie a réduit les montants alloués au soutien de l’économie biélorusse.
Le contrôle strict des médias reste toutefois une constante de ce régime autoritaire. Sa timide ouverture avait déjà été remise en cause par les centaines d’arrestations effectuées dans la foulée des manifestations sociales de mars 2017. Le Conseil de l’Europe, dont Minsk n’est pas membre, a exprimé sa préoccupation face aux arrestations de ces derniers jours et appelé à la libération des journalistes. Reporters sans frontières, qui place la Biélorussie parmi les vingt-cinq Etats les plus répressifs pour les journalistes, a aussi dénoncé une « tentative d’intimidation des médias indépendants » et un « harcèlement ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-13">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Elles ont été secourues la semaine dernière au large des côtes de la Libye. La France a annoncé qu’elle allait en accueillir une vingtaine.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

L’Espagne accueille un nouveau bateau d’ONG avec 87 personnes à bord

Elles ont été secourues la semaine dernière au large des côtes de la Libye. La France a annoncé qu’elle allait en accueillir une vingtaine.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 06h32
   





                        



   


Un navire espagnol de l’ONG Open Arms a accosté, jeudi 9 août, dans le port d’Algésiras avec 87 migrants, dont 12 enfants à son bord. Ils ont été secourus la semaine dernière au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer, a précisé l’ONG.
Parmi les personnes secourues, on compte 84 Soudanais, un Syrien, un Egyptien et un Gambien. Quelques heures après l’arrivée du navire dans le sud de l’Espagne, l’Elysée a annoncé que la France allait accueillir une vingtaine de migrants.
« Dans un esprit de solidarité européenne » et « compte tenu de la situation que connaît l’Espagne, confrontée à une arrivée importante de migrants », la France a décidé d’accueillir une partie des passagers, comme pour ceux débarqués récemment à Valence (Aquarius), Malte (Lifeline) et Pozzallo en Sicile, explique l’Elysée dans un communiqué.
Une équipe de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui délivre le statut de réfugié, se rendra très rapidement sur place pour examiner les situations individuelles et identifier celles « en besoin de protection », ajoute le texte – c’est-à-dire celles pouvant obtenir le droit d’asile.
L’Espagne, première porte d’entrée des migrants en Europe
L’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée en Europe de migrants. Près de 24 000 sont arrivés par la mer en Espagne depuis janvier, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Le pays, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez, a ainsi ouvert un centre d’accueil à Algésiras pour accueillir les nouveaux migrants. En offrant un port sûr à ce bateau, l’Espagne prend de nouveau le contre-pied de l’Italie, qui refuse cet été d’accueillir les navires des organisations non gouvernementales sillonnant la Méditerranée pour porter secours aux migrants en péril.

        Lire aussi :
         

                L’Espagne devient la première porte d’accès des migrants en Europe



         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="D’après les autorités, ils sont 1 242 a avoir été secourus ce jour-là."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Avec plus de 22 000 migrants arrivés durant les sept premiers mois de l’année, l’Espagne est devenue la principale voie d’accès des migrants en Europe."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le lendemain matin, 72 hommes sont entassés sur le pont du « Salvamar-Arcturus », un bateau de sauvetage rentré bondé au petit port de Tarifa."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les infrastructures d’accueil sont débordées."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez s’est décidé à demander une aide à l’Union européenne, pour faire face à l’urgence."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A Algésiras, le commandement du Système intégral de surveillance extérieure de la garde civile contrôle les 112 km de côtes qui vont de Barbate à Sotogrande."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« J’ai une embarcation avec des migrants en eaux espagnoles », annonce le sous-lieutenant Manuel Fuentes par radio, à une patrouille stationnée à Barbate."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des radars infrarouges et caméras de surveillance à longue portée ont été installés."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le port d’Algésiras aussi abrite des centaines de migrants."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Ils seront transférés en bus dans differents centres de prise en charge."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La police a inauguré un centre de débarquement et d’identification des migrants sur le port de San Roque, près d’Algésiras, afin de les accueillir dans des « conditions humaines » et d’éviter à l’avenir les scènes de migrants, parqués sur le port, en plein soleil pendant des heures."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des migrants font signe à un nouveau bateau de sauvetage tout juste arrivé au port d’Algésiras."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/13

Suivant







Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne.

José Colón / MeMo pour Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-14">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté, mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

En Italie, la colère des forçats de la tomate

Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté, mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 06h29
   





                        



   


« Plus jamais des esclaves ». Mercredi 8 août, des centaines de travailleurs agricoles, essentiellement africains, ont délaissé les champs de tomates du sud de l’Italie pour manifester leur colère, après la mort de seize d’entre eux dans deux accidents de la route. Samedi 4, puis lundi 6 août, deux fourgonnettes ramenant des ouvriers agricoles à la fin de la journée sont entrées en collision frontale avec des camions de tomates : seize morts et quatre blessés graves, tous d’Afrique noire à l’exception du conducteur, marocain, de la seconde fourgonnette.
Dans la chaleur et la poussière, des dizaines d’entre eux ont marché pendant trois heures sur les petites routes défoncées de la région pour gagner Foggia, où d’autres les ont rejoints devant la préfecture. Ils dénoncent leurs conditions de travail, d’hébergement, ainsi que le niveau de leurs salaires.
Intermédiaires mafieux
Bien qu’ils soient quasiment tous en situation régulière − avec un permis de séjour ou une demande d’asile en cours d’examen −, les ramasseurs de tomates qui s’escriment sous un soleil de plomb bénéficient rarement des conditions de travail et de rémunération requises par la loi. Beaucoup de ces immigrants venus d’Afrique, mais aussi de l’Europe de l’Est, sont contraints de loger dans des squats ou des bidonvilles en rase campagne.
Si certains ont un contrat de travail, ils n’ont quasiment jamais de fiche de paie. Et beaucoup sont obligés de s’en remettre à des intermédiaires souvent mafieux pour se rendre sur les exploitations.
« Je travaille 8 à 10 heures par jour pour 30 euros, avec seulement trente minutes de pause à midi, et je dois encore verser cinq euros chaque jour pour le transport », a ainsi dénoncé un Malien de 22 ans, dont la rémunération apparaît dans la moyenne des témoignages recueillis. En principe, les accords de branche dans l’agriculture italienne prévoient un salaire minimum de 48 euros brut pour des journées de sept heures maximum.

        Lire aussi :
         

                Le gouvernement italien fait adopter une loi controversée sur le travail



Beaucoup de manifestants portaient des caisses de tomates : « Tu sais combien coûtent les tomates italiennes ? Le prix du sang des Africains », a lancé Kogyate Diakine, un Ivoirien de 41 ans installé en Italie depuis douze ans. « Nous sommes découragés et mal accueillis. Ici, nous ne sommes rien », a ajouté Barri Alfa, un autre Ivoirien arrivé il y a quinze ans.
La Coldiretti, le principal syndicat agricole, a, pour sa part, dénoncé les pressions du marché, expliquant que dans une bouteille de coulis de tomates vendue 1,30 euro dans les supermarchés italiens, la tomate représentait 8 % du prix, contre 10 % pour la bouteille, 18 % pour le traitement industriel et 53 % pour la distribution.
Promesse d’une multiplication des contrôles
Mardi, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), venu rencontrer les autorités mais aussi des représentants des ouvriers agricoles, a promis une multiplication des contrôles. « C’est un problème de mafia. Dans la province de Foggia, il y a une criminalité mafieuse que j’ai l’intention d’éradiquer rue par rue, village par village, par tous les moyens légaux », a-t-il prévenu.
Le procureur de Foggia, Ludovico Vaccaro, a confirmé à la presse que les enquêtes autour de la main-d’œuvre agricole révélaient « parfois une gestion par des groupes mafieux » mais qu’il n’y avait « pour l’instant pas d’élément allant dans ce sens » dans l’enquête sur les deux accidents mortels.
A travers le pays, certains ont aussi fait le lien avec le fait que le 8 août est la « journée du sacrifice des travailleurs italiens dans le monde », en hommage aux victimes d’un accident minier qui avait fait 262 morts, dont 136 Italiens, le 8 août 1956, dans une mine à Marcinelle, en Belgique.
« De Marcinelle à Foggia, du charbon aux tomates. Nos grands-parents ont subi discrimination et exploitation, comme ceux qui sont exploités aujourd’hui par des Italiens sans scrupule », a commenté Pietro Grasso, chef de file de la gauche.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-15">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Est-ce une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Poutine ?
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Europe de l’Est : coup de gomme sur l’Histoire

Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Est-ce une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Poutine ?



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.08.2018 à 06h36
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En matière historique, les pays d’Europe de l’Est se distinguent par une intrigante spécificité : leur expérience de la manipulation de l’histoire sous l’ère soviétique ne semble pas les avoir immunisés. On aurait présagé que les vérités officielles y seraient bannies à jamais et que l’idée même d’une « politique historique » braquerait les consciences. Il n’en est rien.
L’Ukraine a adopté en avril 2015 une série de quatre lois : si certaines existent dans des versions voisines dans d’autres pays de la région – comme l’interdiction de la promotion des « idéologies totalitaires communiste et nazie », le démantèlement de statues et le changement de nom de localités associés au passé soviétique ou l’ouverture intégrale des archives de cette période –, la quatrième valorise la mémoire des « combattants de l’indépendance nationale ukrainienne au XXe siècle », quelle que soit leur idéologie. Or, certains de ces combattants furent d’actifs collaborateurs des nazis. L’Ukraine s’est bâti ainsi, en quelques alinéas, un panthéon aussi officiel que discutable.
Valeur symbolique
En Pologne, le Parlement a voté en février une loi dite « sur la Shoah » dont les chantres ont été ceux qui dénoncent par ailleurs avec virulence la mémoire du régime communiste. Elle prévoyait, avant que ce volet pénal ne soit finalement supprimé sur les demandes insistantes des Etats-Unis et d’Israël, une sanction allant jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».

Depuis le nouveau vote au Parlement, le 27 juin, les poursuites judiciaires ne sont plus possibles, mais le texte garde toutefois sa valeur symbolique : en jetant l’opprobre sur ceux qui souligneraient la complicité de citoyens polonais dans la Shoah, le gouvernement se fait fort d’imposer, selon sa terminologie, « le point de vue polonais », à savoir une histoire nationale...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-16">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Hamit Bozarslan : « En Turquie, l’histoire est essentiellement un mouvement de dissidence intellectuelle »

L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Historien et sociologue, Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie, travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des Etats dans la région. Auteur d’ouvrages de référence, dont ­Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours (Tallandier, 2013), Hamit Bozarslan appartient à ce qu’il appelle lui-même l’école dissidente de l’historiographie de la Turquie contemporaine. Il revient sur les usages du passé en Turquie.
Pourquoi l’histoire est-elle une discipline reine en Turquie ?
Il faut faire un distingo entre l’histoire comme discipline et le récit officiel. Le « récit officiel » continue de diviser le passé de la nation en trois épisodes : la période de l’innocence, par laquelle les Turcs conquièrent le monde pour lui apporter ordre et justice ; celle de la trahison, pendant laquelle les minorités mordent la main bienveillante de leurs maîtres et collaborent avec les ennemis de l’extérieur ; et celle de la délivrance, pendant laquelle la nation brise ses chaînes par un ultime sursaut et fonde la Turquie moderne.
Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la République, et les historiens qui l’inspirent estiment d’ailleurs que cette libération reste partielle et n’immunise pas le pays contre une possible agression occidentale ou l’aliénation de ses propres élites. En face de ce discours, l’histoire proprement dite, comprise comme discipline, est essentiellement un mouvementde dissidence intellectuelle ; elle interroge la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire, qui l’a dominée au cours des vingt dernières années.
Pourquoi les régimes successifs turcs ­ (impérial, Jeunes-Turcs, kémaliste, ­islamiste) se ressemblent-ils dans leur usage du passé, qui est toujours présenté sous une forme tronquée et marquée par le négationnisme ?
La Turquie officielle est fière...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-17">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Pologne, la course à la martyrologie

Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Alain Salles (Cracovie, Pologne)








                        



                                


                            
Au Musée de l’armée intérieure (le nom du puissant réseau de résistance en Pologne pendant la seconde guerre mondiale) à Cracovie, la guide connaît son catéchisme historique par cœur : les Allemands voulaient exterminer le peuple polonais et Auschwitz a d’abord été créé pour détruire les élites polonaises, les Alliés n’ont rien fait quand Jan Karski les a prévenus de l’existence des camps d’extermination des juifs et ils ont sacrifié les résistants polonais à Yalta.
Tout cela est vrai, même si cette chronologie ne résume pas toute la guerre. Elle permet en tout cas de mettre sur le même plan la souffrance des juifs et celle des Polonais, qui est une obsession du parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir en Pologne. Cette vision de l’histoire a été rabâchée par la plupart des interlocuteurs rencontrés lors d’un voyage de presse sur les lieux de mémoire polonais, auquel Le Monde a décidé de participer.
« Les monstres »
La guide de Cracovie poursuit en établissant des gradations entre les violences de la guerre : les Allemands étaient « terribles », mais les Russes étaient « pires » et enfin les Ukrainiens étaient « diaboliques ». A la fin de l’exposition, elle s’arrête devant une série de portraits qu’elle appelle « les monstres », les images des juges communistes qui ont condamné des résistants ayant lutté contre les nazis, puis se sont opposés à la mainmise du pays par Moscou. Un visiteur l’interroge devant ces portraits. « Combien sont des juifs ? » Elle en montre trois ou quatre. La scène symbolise la complexité de la mémoire polonaise.
Avec la « loi sur la Shoah », en février, le poids politique de l’histoire est apparu au grand jour en Pologne. Cette loi visait à punir pénalement ceux qui attribuaient aux Polonais « la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis ». Face au tollé international, le gouvernement a reculé en juin, en retirant l’article incriminé,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-18">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Iouri Dmitriev ou la mémoire étouffée de la répression stalinienne

Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Pour la deuxième année consécutive, dimanche 5 août, les com­mémorations de Sandarmokh, l’un des principaux lieux d’exécution de la Grande Terreur stalinienne, dans la région septentrionale de Carélie, se sont déroulées en l’absence de l’historien Iouri Dmitriev. Le pèlerinage, qui attire chaque année des centaines de proches des victimes, doit pourtant tout à cet homme de 62 ans, enquêteur infatigable aux airs de moine-soldat.
C’est lui qui, en 1997, a instauré cette tradition. C’est lui, surtout, qui a mis au jour l’importance de ce lieu d’exécution, où l’on estime à 9 000 le nombre de personnes – coupables de rien – fusillées. L’historien, membre de l’association Memorial, y a mené un travail titanesque de localisation des fosses communes et d’identification des dépouilles. Depuis, Sandarmokh est devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938 – année après année, les descendants des victimes ont accroché sur les arbres de la dense forêt carélienne de modestes croix en bois ou les portraits de leur proche assassiné. « Sans son travail, on ne saurait quasiment rien de Sandarmokh », confirme l’historienne Cécile Vaissié.
Iouri Dmitriev a été arrêté en décembre 2016, accusé de détention d’images pédopornographiques, en l’occurrence neuf clichés de sa fille adoptive, alors âgée de 11 ans. L’historien avait expliqué avoir pris ces photographies à la demande des services sociaux, pour documenter la croissance de sa fille, atteinte de rachitisme depuis son séjour à l’orphelinat. Les experts du tribunal, eux, n’avaient trouvé dans les clichés aucun caractère pédophile ou pornographique.
Machination
Malgré l’émotion soulevée en Russie et à l’étranger par cette affaire aux allures de machination, M. Dmitriev a passé quinze mois en ­prison, avant d’être acquitté en avril. Le soula­gement a été de courte durée : mi-juin, la Cour suprême de Carélie a cassé ce jugement, et à la fin du mois Iouri Dmitriev retournait...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-19">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le mécanisme européen de solidarité a été activé dix-huit fois en  2017, une année chargée en feux et inondations.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’UE cherche à renforcer son dispositif d’aide lors des catastrophes naturelles

Le mécanisme européen de solidarité a été activé dix-huit fois en  2017, une année chargée en feux et inondations.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h22
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Grèce, Suède, Portugal, Espagne… Depuis le début de l’été, des feux dévastateurs et meurtriers font rage du sud-est au nord de l’Europe. En 2017, déjà, plus d’un million d’hectares de forêts – dont la moitié au Portugal – étaient partis en fumée, et plus de 200 personnes avaient péri dans les catastrophes naturelles ayant affecté l’Union européenne.
Lorsqu’un pays est sous-équipé ou bien trop sévèrement touché par un sinistre, il arrive qu’il soit contraint d’en appeler à la solidarité d’autres Etats européens pour maîtriser flammes, inondations, conséquences de tempêtes, séismes ou épidémies. Basé à Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence de la Commission européenne entre alors en action.
Opérationnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre et théoriquement capable de gérer simultanément plusieurs situations d’urgence, sa plate-forme organise – par le biais du « Mécanisme de protection civile de l’UE » – une réponse aux besoins occasionnés par tout type de catastrophes naturelles. En fonction des moyens disponibles dans les pays volontaires, ce système permet d’apporter une aide dont il cofinance l’acheminement à hauteur de 85 %.
« Pour 2018, nous avons pu couvrir tous les besoins, assure Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole de la Commission pour l’aide humanitaire et la protection civile. Mais il arrive que tous les moyens d’une même zone soient indisponibles »
Depuis sa création en 2001, ce mécanisme – auquel participent selon leurs possibilités les 28 Etats membres ainsi que la Macédoine, l’Islande, le Monténégro, la Norvège, la Serbie et la Turquie – a reçu près de 300 demandes d’aides, émanant le plus souvent de pays européens. Mais le dispositif est aussi appelé à la rescousse dans d’autres régions du monde.
Il a notamment fait ses preuves en 2014 lors de graves inondations en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et du conflit...




                        

                        


<article-nb="2018/08/10/18-20">
<filnamedate="20180810"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180810"><AAMMJJHH="2018081018">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Recrutement de douaniers, effort d’information à destination des entreprises : les Pays-Bas, la Belgique et la France tentent de s’adapter.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brexit : ces pays européens qui envisagent à contrecœur un non-accord

Recrutement de douaniers, effort d’information à destination des entreprises : les Pays-Bas, la Belgique et la France tentent de s’adapter.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 10h39
    |

                            Intérim (Bruxelles)








                        



                                


                            

Le Brexit, c’est comme un millefeuille : quand on pense à un impact, on en découvre un autre immédiatement. » Cette métaphore, Olivier Sorgniard, directeur chargé des douanes au sein du cabinet KPMG, à Londres, l’utilise pour caractériser l’imbroglio que pose la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Il prend l’exemple du tunnel sous la Manche, traversé chaque jour par 16 000 camions.
« Dans un monde post-Brexit, le chauffeur du camion, qui n’est pas anglais, devra montrer son passeport. Il devra aussi remplir une déclaration de douane et, en fonction de sa cargaison, des contrôles phytosanitaires devront être effectués. Tout ça prendra du temps », illustre-t-il. De fait, selon une étude commandée à l’Imperial College par la BBC, chaque minute de ­contrôle supplémentaire aux heures de pointe pourrait créer 16 kilomètres de file d’attente.

Les négociateurs travaillent d’arrache-pied pour atténuer les effets de ce divorce, et s’accorder sur les modalités de sortie ainsi que les grandes lignes de la relation future d’ici à octobre. Mais ils doivent aussi réfléchir à la possibilité d’un échec des négociations, l’Union européenne à 27 cherchant à s’assurer que les Britanniques n’obtiendront pas une relation plus favorable avec elle en étant non-membre qu’en étant membre. Dans ce scénario dit du « no deal » qui, selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a une probabilité « désagréablement élevée » de se produire, la rupture se ferait de manière anarchique.
Une telle situation entraînerait, entre autres conséquences, la réintroduction à la frontière extérieure de contrôles tarifaires et non tarifaires pour les biens, et la remise en question des permis et certificats émis au Royaume-Uni. D’après le patron de Ryanair, Michael O’Leary, elle pourrait même aboutir à l’annulation de certaines lignes aériennes entre le continent et le Royaume-Uni.

Pour l’UE à 27 comme pour...




                        

                        

