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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.
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Poussés à se renouveler, les Oscars vont-ils « perdre leur âme » ?

En mars, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter le gratin hollywoodien, en chute de 19 % par rapport à 2017. L’Académie a lancé un plan de bataille qui ne convainc pas.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 18h15
    |

            Charlotte Chabas








                        



Vite, il fallait redorer la plus célèbre des statuettes américaines. Voilà plusieurs années que les Oscars, la grand-messe du cinéma américain, traversaient une crise existentielle, façon Kevin Spacey dans American Beauty (2000). Las, en mars 2018, pour les quatre-vingt-dix ans de la célèbre cérémonie, ils n’étaient plus « que » 26,5 millions de téléspectateurs à scruter les tenues de soirée du gratin hollywoodien, soit 19 % de moins que l’année précédente. La pire audience de l’événement depuis 1974 – un Voyage au bout de l’enfer (1979) pour la prestigieuse Academy of Motion Pictures Arts and Sciences.
Comment renverser la vapeur pour éviter que le paquebot cinématographique ne continue de sombrer et retrouver les sommets de 1998 où Titanic était consacré devant 55 millions de téléspectateurs ? « Le changement arrive aux Oscars », a promis, mercredi 8 août, l’Académie, en publiant une série de mesures censées restaurer l’image exsangue de l’institution, régulièrement taxée ces dernières années de racisme ou de misogynie pour le manque de diversité de son palmarès.

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« Une retransmission de trois heures »
D’abord, l’événement sera autant raccourci qu’un Seigneur des Anneaux (2004) de Peter Jackson. D’environ quatre heures actuellement, la cérémonie passera dorénavant à « une retransmission de trois heures, plus accessible globalement », a annoncé dans une lettre adressée aux 5 000 membres de l’Académie le tout juste réélu président de l’institution, John Bailey.
Une réduction qui s’opérera sans supprimer les célèbres statuettes. Mais certaines récompenses seront remises lors des coupures publicitaires, et un court extrait en sera ensuite diffusé à l’antenne plus tard dans la soirée. Une manière peu subtile de préserver la disctinction entre petites mains du cinéma reléguées au rôle de figurants et catégories reines d’Hollywood.

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7 février
Autre nouveauté : la temporalité. Depuis une décennie, l’industrie du cinéma américain critiquait vertement le choix d’organiser les Oscars à la toute fin du mois de février – voire parfois début mars. Une option jugée trop tardive dans la saison des récompenses, sachant que la cérémonie des Golden Globes se tient près de deux mois plus tôt. L’Académie a donc décidé d’accélérer le pas à l’image de Forrest Gump (1994) dans les grandes plaines américaines : la 92e cérémonie – en 2020 donc – sera fixée le 7 février, et non le 23, comme annoncé initialement.

   


Alors certes, A l’Ouest, rien de nouveau (1930), pourraient dire certains. Mais l’Académie a gardé un argument de poids pour finir de convaincre son public, avec la création d’une toute nouvelle catégorie primée. Dès 2020, une statuette sera en effet remise au « Meilleur film populaire », a averti l’Académie – sans préciser toutefois les critères d’éligibilité à cette catégorie. Derrière cette démarche, la volonté d’en finir avec les accusations d’élitisme, alors que l’Académie est accusée de bouder des poids lourds du box-office, leur préférant de modestes succès de salles.
La National Public Radio (NPR) ne s’étonne guère de la démarche :
« L’Académie veut s’assurer, grâce à cette nouvelle catégorie, des films – des acteurs et des réalisateurs – pour lesquels le public n’a pas seulement un vague intérêt, mais une véritable passion. L’Académie veut des yeux écarquillés. » 
Cette stratégie d’ouverture – adoptée également par les Césars avec le « prix du public » – avait déjà motivé le passage, dès 2010, de cinq à dix films sélectionnés pour la catégorie du « Meilleur film ». Une décision précipitée notamment par le tollé provoqué par le traitement du blockbuster The Dark Knight de Christophe Nolan, carton au box-office et nommé pour huit Oscars, à l’exception notable du souverain « Best picture ».
Qu’est ce qu’un film « populaire » ?
Reste que la création de cette nouvelle catégorie dans le saint des saints du cinéma américain a provoqué mercredi autant de turbulences qu’un Christian Fletcher à bord du Bounty (1962). Et la presse américaine de s’interroger à l’unisson : qu’est ce qu’un film « populaire » ? Ne se caractérise-t-il que par le nombre de dollars qu’il rapporte à ses producteurs ? Et surtout, un film « populaire » ne peut-il pas être aussi un « bon film » ?
Le magazine Rolling Stone s’insurge ainsi contre ce qu’il qualifie d’« altération dans l’intégrité même des Oscars » : 
« Dans toute forme d’art existe une tension entre ce qui est populaire et ce qui est bon. (…) Ce qui a toujours prévalu depuis près d’un siècle, même si la sélection était parfois qualifiée d’idiote ou d’obtuse, c’est la confiance dans le fait que l’Académie choisissait ce qu’elle considérait comme les plus belles réussites du cinéma. »
Car des succès du box-office n’ont pas toujours été écartés des nominations, loin de là. Avatar autant que Mad Max: Fury Road étaient ainsi bien présents en 2010 et 2016. Au moment de leur sortie, Kramer contre Kramer (1980), Rain Man (1989) ou Gladiator (2000) figuraient dans le top cinq du box-office annuel.
« Populisme consternant »
En écho, Manohla Dargis, critique cinéma au New York Times, n’a ainsi pas tardé à dénoncer une décision « stupide, insultante, et pathétiquement désespérée ». Et le quotidien américain de rappeler notamment le cas actuel de Black Panther. Formidable « machine à cash », déjà classé trentième film le plus rentable de l’histoire du cinéma, le film de Ryan Coogler a également été largement salué par la critique. Dès lors, dans quelle catégorie devrait-il figurer ?

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Le Huffington Post poursuit la réflexion, évoquant une manière de caresser dans le sens du poil les grands studios de cinéma : « Pourquoi persister à juger de plus en plus de la valeur des choses par lʼargent quʼelles rapportent ? »
« Si on veut encourager le jury à récompenser des films plus grand public, la bonne méthode nʼest pas de le faire par une nouvelle récompense à bas prix. (…) Très franchement, il y a un populisme consternant dans ces tentatives faiblardes de se remettre au goût du jour. »

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De son côté, Vanity Fair – sous un péremptoire titre « Le meilleur film populaire ne résoudra rien » – prédit ainsi à la catégorie une « vie dans l’ombre – un ghetto pour films trop populaires, trop clinquants, ou même trop mauvais pour mériter une vraie nomination dans la catégorie de “Meilleur film” ». Et accuse les Oscars de « risquer de perdre leur âme ». 
Surtout, la presse s’interroge sur la motivation même de l’Académie, doutant du fait que cette seule catégorie pourra permettre d’attirer à nouveau un public – surtout jeune – qui se détourne massivement de la télévision en direct et des programmes en prime time. Rolling Stone s’interroge ainsi :
« Les téléspectateurs vont-ils vraiment rester nombreux pour savoir qui de “Jurassic World: Fallen Kingdom” ou de “Avengers: Infinity War” l’emporte ? »
Reste que les Oscars sont une institution lucrative, Tant qu’il y aura des hommes (1953) pour la regarder. Les droits de diffusion de la cérémonie couvrent quelque 83 % des 148 millions de dollars de revenus de l’Académie. Et de nombreux esprits taquins se sont ainsi interrogés sur ce que l’Académie était prête à faire pour continuer son activité. Le critique d’Indie Wire, David Ehrlich, s’est ainsi essayé à une projection futuriste :
« 2020 : nouvel Oscar du “Meilleur univers cinématographique”, 2022 : nouvel Oscar de la “Meilleure série qui te donne l’impression d’un film de 10 heures”, 2024 : nouvel Oscar du “Meilleur gif”. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Couples d’artistes 5/6. Le premier est l’un des maîtres du théâtre européen, le second son acteur par excellence et son compagnon depuis quarante ans. Ensemble, ils s’inquiètent de l’actuel climat réactionnaire polonais.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie
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                La chanson d’amour d’Anne-Sophie Pic : « La déclaration d’amour », de France Gall


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie

Le Monde
                 |                 09.08.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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La seule femme chef triplement étoilée en France, autodidacte quoique fille, petite-fille et arrière-petite-fille de grands cuisiniers, est à la tête de six restaurants à Paris, Valence, Lausanne et Londres. Elle ouvrira en septembre dans le 7e arrondissement de la capitale un Daily Pic qui démocratisera sa cuisine, proposée sous forme de verrines à emporter.
Je suis née en 1969. Les chansons de Michel Berger, comme celles de Daniel Balavoine, ont bercé ma jeunesse, dans les années 1980. J’aime les mots et les mélodies de Michel Berger, leur cohérence, l’émotion qui s’en dégage et me touche. Ses chansons me parlent.
La Déclaration d’amour, la première chanson écrite par Michel Berger pour France Gall, fait écho à la relation que j’ai avec mon mari. La façon qu’avaient Berger et Gall d’être ensemble me fait penser à la nôtre, ce mélange de passion, de vie familiale et de travail commun. J’ai la même complicité dans le travail avec David. Et puis France Gall ne se dévoilait pas vraiment, elle préservait sa vie familiale, c’est aussi ma volonté au quotidien.
Michel Berger parle beaucoup de rêves. « Quand je suis seule et que je peux rêver/Je rêve que je suis dans tes bras/Je rêve que je te fais tout bas/Une déclaration, ma déclaration. » Moi aussi, j’ai besoin de rêver pour créer. Enfant, déjà, on me disait : « Tu es dans tes rêves… » Aujourd’hui, on est tout le temps dans l’efficacité, on ne laisse plus assez de part au rêve.
Passions partagées
Avec David, on s’est rencontrés étudiants, à l’Institut supérieur de gestion, à Paris. On venait tous les deux de Valence, qui n’est pourtant pas une grande ville, mais on ne se connaissait pas. Lui était président de la promotion, il savait mener les « troupes », j’admirais cela. Quand on est partis un an en immersion aux Etats-Unis, puis en Asie, une complicité est née. Nous avions une éducation, des passions partagées. Il était rassurant, positif.
J’ai eu droit à une belle déclaration… Mais nous étions très jeunes, je ne voulais pas m’engager. Nous étions en colocation à 4 ou 5 étudiants. Et puis, un jour, j’ai demandé à David de me passer sa boîte à chaussures – il y mettait des cirages – pour nettoyer les miennes. C’était un prétexte. On a recommencé à se parler. La deuxième déclaration, c’est moi qui l’ai faite !
Il a accepté de me suivre à Valence, s’est mis au service de la maison Pic. Il est resté longtemps dans l’ombre, et on a remonté cette maison, récupéré les trois étoiles de mon père, Jacques. Cela fait vingt-cinq ans qu’on est mariés. Il me semble que c’était hier. On travaille côte à côte dans des activités complémentaires. Lui dans le développement, moi en cuisine. On s’encourage, j’ose davantage.
La force des grands auteurs et mélodistes, c’est que leurs chansons ne vieillissent pas. Michel Berger revient dans ma vie régulièrement. Il est mort brutalement, en août 1992, pendant le dernier été passé avec mon père, qui est décédé un mois plus tard. A ce moment-là, j’ai réécouté Le Paradis blanc. Beaucoup. « Je m’en irai dormir dans le paradis blanc/Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps/Tout seul avec le vent/Comme dans mes rêves d’enfant. » C’est la chanson la plus triste du monde. Mais cela me rassurait de le savoir là.
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.
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Lagrasse envisage de devenir un Centre culturel de rencontre

Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 16h40
    |

                            Julie Clarini (Lagrasse, Aude, envoyée spéciale)








                        



   


Comme chaque deuxième semaine du mois d’août, le village de Lagrasse devient, jusqu’au samedi, un centre intellectuel de haute volée, ouvert à tous, offrant quotidiennement le plaisir matinal d’un atelier de grec ancien ou de philosophie, l’occasion d’assister à un séminaire de cinéma ou, à l’heure de l’apéro, celle d’écouter les « conversations sur l’histoire » proposées par Patrick Boucheron, professeur au collège de France, sous l’ombre généreuse de la vieille halle. Conférences et lectures occupent la fin d’après-midi et la soirée.
Une nouvelle fois, le Banquet du livre a fait la preuve de sa singularité dans sa façon unique de mêler à l’exigence de la pensée une proximité des corps toute démocratique. Car c’est bien cela, « Lagrasse » : croiser, au détour d’un chemin en contrebas de l’abbaye, Marie NDiaye, venue de Berlin faire lecture de la pièce qui sera créée en 2019 à Strasbourg par Stanislas Nordey. Puis apercevoir dans le cellier du bâtiment transformé en librairie par l’institution toulousaine Ombres Blanches, la silhouette de Marielle Macé, la théoricienne de la littérature, ou reconnaître, penché sur des ouvrages, Achille Mbembe, venu d’Afrique du Sud où il enseigne.
Campus éphémère et à ciel ouvert
Le philosophe donnait une conférence mardi, précédant dans l’exercice des gens aussi divers que le linguiste Jean-Claude Milner, le philosophe italien Emanuele Coccia, l’auteur de La Vie des plantes (Payot, 2016), ou l’historien Romain Bertrand. Sorte de campus éphémère et à ciel ouvert, le Banquet propose aussi des « rebonds » : sur les rives de l’Orbieu, la rivière qui épouse le village, les intellectuels invités se prêtent à l’heure où le soleil point, à un échange informel sur le thème de leur conférence de la veille.
C’est cet esprit cosmopolite et convivial, alliance du monde et du clocher, que la poignée de fondateurs a décidé de remettre en jeu. Car selon l’adage de Lampedusa, il faut que tout change pour que rien ne change. Et le moment est venu. Après vingt-trois ans d’existence, le public a besoin de se renouveler. Des tensions dans l’équipe et le licenciement, en 2017, du directeur de l’association Marque-page (qui organise les rencontres) attisent cette envie de renaissance.
En plein accord avec l’actuelle direction, le département qui possède la partie laïque de l’abbaye – l’autre étant occupée par des chanoines – a lancé une étude pour que le projet intellectuel et le lieu patrimonial se marient officiellement devant le ministère de la culture. Celui-ci pourrait, au vu du dossier, octroyer le label national de Centre culturel de rencontre, comme il l’a fait pour l’abbaye de Royaumont ou la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Ce qui impliquerait un ancrage pérenne des idées et du livre dans le village mais aussi un changement d’échelle, de tempo et même d’envergure – de nouvelles missions viendraient échoir à la structure, quelle que soit sa future forme. Peu importe le flacon, diront certains, pourvu qu’on conserve l’ivresse du Banquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de 100 films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.
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Mort d’Etienne Chicot, éternel second rôle du cinéma français

L’acteur, qui était également musicien et a participé à plus de 100 films, est mort mardi 7 août à l’âge de 69 ans.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 14h44
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Si son nom était inconnu du plus grand nombre, beaucoup reconnaissaient son visage. L’acteur Etienne Chicot, mort subitement mardi 7 août à Paris à l’âge de 69 ans, excellait dans les seconds rôles.
Né le 5 mai 1949 à Fécamp (Seine-Maritime), il avait été formé au cours Simon de 1970 à 1971 et n’a pas tardé à faire quelques apparitions aux côtés de vedettes du grand écran, lieutenant au côté de Jacques Dutronc dans Le Bon et les méchants (1976) de Claude Lelouch, policier dans Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey, avec Alain Delon.
Il faut toutefois attendre 1979 pour que l’acteur soit plus visible, grâce à son interprétation du milliardaire Zéro Janvier dans Starmania, l’opéra rock de Michel Berger et Luc Plamondon présenté au Palais des Congrès, à Paris. Air hagard, visage blême, il y entonne le Blues du businessman, l’un des airs les plus célèbres du spectacle, popularisé précédemment par Claude Dubois : « J’aurais voulu être un artiste/Pour pouvoir faire mon numéro » ...
« Changer de peau »
Ce goût pour la musique, Etienne Chicot l’aura entretenu tout au long de sa carrière d’acteur. En campant des mélomanes – tour à tour guitariste dans Hôtel des Amériques d’André Téchiné (1981) ou responsable de maison de disques dans Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni (1986) – et même en composant des bandes originales, comme celle du Plein de Super (1976), d’Alain Cavalier, qui lui offre l’un de ses seuls premiers rôles.
Bien que les années 1990 et le début des années 2000 aient été davantage consacrées à la télévision – avec quelques apparitions dans Maigret, Commissaire Moulin ou encore Louis la Brocante – l’acteur revient vite au grand écran, avec des passages par la comédie dans Les Portes de la Gloire (2001) de Christian Merret-Palmair, avec Benoît Poelvoorde, ou Palais Royal ! (2005), de Valérie Lemercier.
Et si Zéro Janvier aurait « voulu être un acteur/pour tous les jours changer de peau », Etienne Chicot ne s’en est pas privé. Comédien prolifique, il s’est illustré dans plus de 100 films, français comme étrangers, interprétant notamment un lieutenant au côté de Tom Hanks dans le Da Vinci Code (2006) de Ron Howard.
Des films de Claude Chabrol à ceux de Dany Boon, en passant par ceux de Claude Sautet, Catherine Breillat ou Olivier Assayas, Etienne Chicot a su laisser une marque discrète mais durable à l’écran, même s’il ne fut jamais récompensé par un prix. Contrairement à la scène, en dépit d’une participation modeste (quatre pièces) : le Molière du meilleur comédien dans un second rôle lui fut en effet remis en 1989 pour Une absence de Loleh Bellon, mis en scène par Maurice Bénichou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ [Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.
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édition abonné


Catherine Meurisse se remet au vert

[Une planche de BD de la rentrée 4/5] L’ancienne caricaturiste à « Charlie Hebdo » se ressource en évoquant son enfance à la campagne dans « Les Grands Espaces », qui paraît le 21 septembre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            


Le 7 janvier 2015, Catherine Meurisse était arrivée en retard rue Nicolas-Appert, à Paris, à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Ayant ainsi échappé aux balles des frères Kouachi, mais pas indemne pour autant, la caricaturiste a entrepris depuis une forme de convalescence qui passe par l’abandon du dessin de presse pour l’écriture exclusive d’albums de bande dessinée.
Le prochain, Les Grands Espaces (Dargaud, attendu en librairie le 21 septembre), s’inscrit dans le droit fil du précédent, La Légèreté (Dargaud, 2016), qui avait valu à son auteure une pluie d’éloges. Catherine Meurisse y racontait comment, après une telle tragédie, rester debout et retrouver la mémoire – du « beau », notamment –, que la violence du choc avait fait disparaître en elle.

Trait spontané
Ce travail mémoriel est également au cœur des Grands Espaces, album de souvenirs d’enfance ayant pour décor les Deux-Sèvres, où ses parents se sont installés au tournant des années 1980. Fidèle à son trait spontané, qui baguenaude du côté de Bretécher et de Reiser, la dessinatrice relate les découvertes et les émois d’une vie au grand air, en compagnie de sa sœur avec qui, toute petite, elle avait créé un « musée », bric-à-brac de clous rouillés et autres trésors trouvés dans les champs.
L’écrivain Pierre Loti (1850-1923), enfant, avait eu la même activité, apprendra-t-elle plus tard, comme elle l’explique en mêlant sa voix d’adulte à celle de la gosse romantique qu’elle croque avec drôlerie et tendresse. Là est la force de l’album : divertir le lecteur sans lui faire sentir le long travail de résilience qu’il représente. « La Légèreté posait la question “qui suis-je ?”. Les Grands Espaces raconte “d’où je viens”. Trois ans après l’attentat, retourner aux sources, à l’enfance, m’est apparu comme une nécessité », confie Catherine Meurisse.
L’évocation du paradis de l’enfance, à grand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.
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Reprise : « A Brighter Summer Day », fresque intime d’Edward Yang

Sorti en 1991, ce long-métrage du cinéaste taïwanais est un de ses chefs-d’œuvre.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 10h20
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Une certaine injustice entoure l’œuvre du Taïwanais Edward Yang, sans doute parce qu’elle est réputée « cérébrale ». Splendide, elle a été interrompue subitement après sept films par la disparition du cinéaste en 2007, des suites d’un cancer. En dehors de son ultime film, Yi-Yi (Prix de la mise en scène en 2000 au festival de Cannes), elle reste globalement méconnue et peu montrée en France, contrairement à celle de Hou Hsiao-hsien, son compagnon de route de la Nouvelle vague taïwanaise. Grâce au circuit des restaurations, le préjudice tend toutefois à se résorber : après The Terrorizers (1986) et Taipei Story (1985), portraits désenchantés de la capitale, c’est au tour de A Brighter Summer Day (1991) de trouver le chemin des salles dans son intégralité – le film étant sorti en 1992 dans une version tronquée d’une heure.
Le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre
Ce quatrième long-métrage est l’un des chefs-d’œuvre de Yang : une magnifique fresque intime et adolescente dans le Taïwan des années 1960, inspirée d’un fait divers survenu dans le lycée du cinéaste quand il avait 14 ans. Xiao Si’r (Chang Chen dans son tout premier rôle à l’écran), le cadet d’une famille lettrée de Shanghai, exilée à Taipei après l’accession de Mao Zedong au pouvoir, suit les cours du soir d’un lycée mal fréquenté, dont son père aimerait bien l’extraire. En effet, le garçon gravite, avec quelques copains de sa classe, parmi les bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les rues, constituées principalement de jeunes immigrés en mal de repères.
Fasciné par la figure d’un chef de bande absent, car déserteur, Xiao Si’r décide de protéger Ming, la petite amie de celui-ci, mais tombe amoureux d’elle. Entre les bals où l’on reprend (phonétiquement) les chansons d’Elvis Presley, les matches de basket-ball et les virées en douce dans les studios de cinéma voisins, l’adolescent traverse un été dont le calme langoureux n’est jamais que l’envers d’une violence latente, contenue et toujours susceptible de ressurgir.
Chronique de la jeunesse déracinée
A Brighter Summer Day est sculpté dans la matière même du souvenir. Autour du jeune héros se meut un nombre considérable de personnages, qui donnent au film son impressionnante densité romanesque. Le récit consiste ainsi à tisser la trame complexe des relations qui nouent Xiao Si’r à son environnement, partagé entre plusieurs cercles, plusieurs mondes concomitants, qui ne se recoupent pas forcément : la famille, le lycée, la bande, le billard, le terrain de sport, les filles, etc.
Mais le plus frappant reste la façon dont le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre. Car l’île est un espace sédimenté par la succession des influences extérieures : invasions, colonisations, flux migratoires, occupation militaire. Ainsi la famille de Xiao Si’r, fraîchement débarquée de Chine continentale, tente de conserver ses coutumes, tandis que les maisons regorgent encore de vestiges de l’occupation japonaise (sabres et épées) et que les troupes américaines, en stationnement, diffusent le rock’n’roll dans la population. De même, l’arrestation du père de Xiao Si’r, soumis à un interrogatoire musclé, rappelle la paranoïa anticommuniste des autorités taïwanaises, soucieuses de passer au crible les nouveaux arrivants chinois.

        Lire aussi la critique :
         

          « Taipei Story » : Edward Yang, sage du déphasage



Baigné de clairs-obscurs, brassant en plans larges de vastes pans de réalité humaine, le film se déploie sur près de quatre heures, sans jamais prêter le flanc aux pesanteurs de la reconstitution – les années 1960 n’ont jamais paru aussi présentes. Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de sérénité et de sécheresse, Edward Yang brosse une chronique de la jeunesse déracinée et évoque en même temps l’ineffable inconstance des choses. En quête de modèles, Xiao Si’r s’aperçoit que tout, autour de lui, est mouvant et incertain. Et si le film chemine lentement vers le fait divers, c’est bien parce qu’un sentiment durcit au cœur de son jeune héros : la quête d’identité ou, en d’autres termes, le refus absolu de manquer à soi-même.

Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56). Sur le web : www.carlottavod.com/a-brighter-summer-day



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ D’une durée de quatorze heures, le nouveau film de Mariano Llinas a été présenté au Festival de Locarno.
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« La Flor » dinguerie labyrinthique

D’une durée de quatorze heures, le nouveau film de Mariano Llinas a été présenté au Festival de Locarno.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h40
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno, Suisse, envoyé spécial)








                        



                                


                            

A ce stade tardif des opérations, il ne fait plus guère de doute que La Flor, film argentin de Mariano Llinas présenté par « tranches » quotidiennes en compétition au Festival du film de Locarno, restera comme l’événement majeur de cette édition qui se clôt dimanche 11 août. Plusieurs raisons à cela. La première, non essentielle mais non sans signification, tient à sa durée de quatorze heures. De mémoire de festivalier, on n’avait jamais vu cela dans la compétition d’un festival international. Cette durée est en soi une expérience des confins, une exigence, fût-elle abreuvée de plaisir, adressée au spectateur, un défi porté à la structure qui l’accueille.

Carlo Chatrian, le délégué artistique de la manifestation, a pris des risques en admettant un tel monstre en compétition. Sa récompense est que, quel que soit le degré d’enthousiasme ou de rejet qui accueille le film, nul ne peut prétendre en sortir indemne. Car c’est une expérience inoubliable que constitue la vision de La Flor. Film entêtant, fou, bancal, magique, pétri d’invention, d’érudition et de sensibilité, La Flor se joue de tous les codes et fait s’épanouir dans le cerveau et le cœur des spectateurs une infinité de mondes. La manière la plus sûre d’introduire à ce projet merveilleux est de reprendre le propos liminaire que le cinéaste, barbu débraillé et débonnaire aux traits las (dix ans de travail quand même), adresse dans son film, nous en livrant clé en main l’architectonique.
Intrigués, complices, captivés
Assis à une table sur une aire de bord de route, avec derrière lui un immense panneau publicitaire désaffecté et devant lui un petit calepin où des schémas griffonnés confèrent à ses paroles une manière d’autorité scripturaire, Mariano Llinas s’adresse à nous, étrangers que le hasard d’une programmation a réunis autour de son film, comme si l’on se retrouvait entre vieux amis sur un terrain connu de tous. La rhétorique fonctionne à merveille....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le réalisateur argentin décrit sa complicité avec ses actrices fétiches et livre sa vision du cinéma.
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Mariano Llinas : « Je vois le film comme un arbre de Noël »

Le réalisateur argentin décrit sa complicité avec ses actrices fétiches et livre sa vision du cinéma.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 09h02
    |

            Jacques Mandelbaum (envoyé spécial Locarno (Suisse)








                        



                                


                            

Mercredi 8 août, au matin, au Festival du film de Locarno, en Suisse. Tandis que son film marathonien met les festivaliers hors de leurs gonds, Mariano Llinas, réalisateur de La Flor, débarque d’Argentine avec l’air d’un gars qui a passé les dix dernières années de sa vie sur un film qui défie les lois de l’apesanteur cinématographique. Barbe et français fleuris, débit-fleuve de grand conteur, l’homme se livre à une heure d’entretien.
Dans quelle disposition d’esprit conçoit-on une œuvre aussi ­extravagante que La Flor ?
Elle n’est pas sortie tout armée de ma tête. Le vrai point de départ, c’est les quatre actrices, que j’ai découvertes, il y a une dizaine d’années, dans une pièce de théâtre à Buenos Aires. Elles étaient fascinantes, je suis tombé amoureux des quatre en même temps. Ce sont elles qui m’ont convaincu que je pouvais tenter quelque chose de nouveau dans le domaine de la fiction. Pas au sens du génie romantique qui s’empare d’une matière pour lui donner vie, plutôt dans une volonté participative et solidaire d’expérimenter quelque chose au cinéma.
Avez-vous pensé d’emblée aux six parties qui composent le film ?
Pas vraiment. Mais l’idée qui m’est vite venue, c’est que je devais essayer de faire avec elles tous les films possibles. Inventer un dispositif cinématographique qui m’en donne l’opportunité. La première chose que j’ai vue [il dessine sur un carnet], c’est le schéma des quatre flèches allant vers le ciel, du corps central mystérieux dont elles partent, et de la dernière flèche qui va vers le bas. Cela dessinait l’image d’une fleur. Les histoires sont venues après. Elles sont hasardeuses, presque dérisoires.
Ce qui compte, ce qui rend le projet original, ce sont les filles qui les interprètent, et leur agencement dans ce grand tout comme une combinaison de motifs. Si vous voulez, il n’y a pas eu, en dehors de la vision initiale de la structure,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le romancier (auteur de « Petit Pays », prix Goncourt des lycéens 2016), chanteur et rappeur, a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lecteur.
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Keskili, Gaël Faye ?

Le romancier (auteur de « Petit Pays », prix Goncourt des lycéens 2016), chanteur et rappeur, a répondu au questionnaire élaboré par « Le Monde des livres ». Portrait en lecteur.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Un premier souvenir de lecture ?
L’Enfant et la Rivière, d’Henri Bosco (1945).
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
Exterminez toutes ces brutes, du Suédois Sven Lindqvist (Les Arènes, 2007).
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
L’Education sentimentale, de Gustave Flaubert (1869).
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
Chimamanda Ngozi Adichie.
Celui que vous aimez lire mais que vous ne voudriez pas rencontrer ?
Charles Bukowski (1920-1994).
Un livre récent que vous avez envie de lire ?
Underground Railroad, de Colson Whitehead (Albin Michel, 2017).
Le livre qui vous a fait rater votre station ?
Les Latrines, de Makenzy Orcel (Mémoires d’encrier, 2011).
Celui dont vous voudriez être le héros ?
L’Attrape-cœur, de J. D. Salinger (Robert Laffont, 1953).
Celui qui vous réconcilie avec l’existence ?
Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, de Maya Angelou (Belfond, 1990).
Celui que vous avez envie d’offrir à tout le monde ?
Le Buffle au front large, de Fazil Iskander (Complexe, 1990).
Celui qui vous fait rire ?
Mêlée ouverte au Zoulouland, de Tom Sharpe (Sorbier, 1986).
Celui dont vous aimeriez écrire la suite ?
Le Soleil des indépendances, d’Ahmadou Kourouma (Seuil, 1970).
L’auteur que vous aimeriez pouvoir lire dans sa langue ?
Fiodor Dostoïevski.
Les livres que vous voudriez avoir lus avant de mourir ?
Les œuvres complètes de Shakespeare.
Votre endroit préféré pour lire ?
Les transports en commun.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Romans, nouvelles, récits, Mémoires, BD, essais… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 10 août 2018.
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Lectures estivales en bref

Romans, nouvelles, récits, Mémoires, BD, essais… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 10 août 2018.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

                            Florent Georgesco, 
Raphaëlle Leyris, 
                                Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres"), 
                            Florence Courriol-Seita (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Zoé Courtois et 
Frédéric Potet








                        



                                


                            Récit. D’une vague à la suivante
Jours barbares (Barbarian Days. A Surfing Life), de William Finnegan, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frank Reichert, Points, 600 p., 8,90 €.
Quelle que soit l’activité à laquelle il s’apprête à se livrer, un toxicomane se pose toujours la même question : lui laissera-t-elle la possibilité de se procurer sa drogue ? « Accro » aux vagues depuis plus de cinq décennies, William ­Finnegan, 68 ans, s’interroge tous les jours : son emploi du temps et la météo seront-ils compatibles avec une session de surf ? A chaque reportage, ce journaliste du New Yorker se demande si la zone pour laquelle il s’apprête à s’envoler est propice à la pratique de son vice. Avec Jours barbares, qui retrace sa vie à travers le prisme de cette obsession, il livre les Mémoires d’un addict.
Jours barbares s’ouvre en 1966 à Honolulu, où l’enfant découvre que la chasse aux rouleaux est plus qu’un sport : un mode d’être au monde. « J’ai échappé très jeune à ma famille, note-t-il, et le surf a été pour moi une route de l’évasion. » Il ne cessera d’être ce moyen par lequel fausser compagnie à la société, cultiver une forme silencieuse mais obstinée de marginalité. Tout en découvrant le monde.
Jours barbares est aussi fascinant quand il décrit les moments de félicité sur la planche que lorsqu’il dépeint la frustration et l’inconfort qui constituent l’ordinaire d’une vie d’accro. En le lisant, on se dit que le surf a peut-être été une école d’écriture pour l’auteur, lui forgeant un regard qui mêle instinct et analyse, et l’entraînant à combiner vivacité et justesse. Tels seraient en tout cas les secrets du style d’un surfeur. C’est à coup sûr ceux de l’écrivain William ­Finnegan. R. L.

Roman. Un mariage danois
Histoire d’un mariage (Historie om et ektesap), de Geir Gulliksen, traduit du norvégien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’artiste (elle est également plasticienne et photographe) d’origine albanaise revient sur ce qui la fait à la fois limpide et opaque, puissante et fragile.
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L’écrivaine Ornela Vorpsi, tout en contraires

L’artiste (elle est également plasticienne et photographe) d’origine albanaise revient sur ce qui la fait à la fois limpide et opaque, puissante et fragile.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 07h15
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Si l’expression n’avait été employée par Ornela Vorpsi, peut-être aurait-on hésité à choisir ces mots-là pour décrire cette belle Albanaise, née en 1968 à Tirana, arrivée en Italie à 21 ans, et installée à Paris depuis 1997. « Je suis devenue une drôle de chose, déclare l’écrivaine, en tentant de se définir. Je ne suis ni française ni italienne. Je ne me sens pas albanaise non plus. L’Italie et la France m’ont chacune pétrie, ce sont des cultures et des langues dans lesquelles j’ai plongé à corps perdu. » Au point d’écrire d’abord cinq livres en italien, publiés en traduction chez Actes Sud, puis de choisir le français pour ses deux romans suivants.
« Une drôle de chose », donc. Romancière en plusieurs langues mais aussi plasticienne de renom, invitée à la Biennale d’architecture de Venise en 2016. A défaut d’identité nationale bien établie, et entre deux périodes de doute, qui la plongent dans des « abîmes existentiels », il lui arrive de vivre « quelques heures heureuses en [s] e disant que le processus créatif est [s] a ­patrie ». Rencontrer Ornela Vorpsi dans le charmant appartement du 3e arrondissement de Paris où elle vit, c’est tout à la fois passer un moment très joyeux, chaleureux et ludique, et écouter une artiste confier sans détour l’inquiétude qui l’étreint, les plaies jamais cicatrisées d’une enfance douloureuse dont toute l’œuvre est hantée.
Sensibilité démesurée
Complexe, contradictoire, volubile et énigmatique, limpide et opaque, visiblement puissante mais à l’évidence fragile, Ornela Vorpsi évoque avec fougue et gourmandise les quatre années d’analyse que son parcours sinueux l’a incitée à entreprendre. Elle peut, dans le même temps, tresser une couronne de lauriers à son psychanalyste et se décréter irrémédiablement « inanalysable ». « La psychanalyse ne marche pas avec moi, affirme-t-elle. J’aurais bien aimé que cela me rende moins...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Ce livre est bien plus que la chronique judiciaire du procès O.J. Simpson (1994-1997). La plume de « Vanity Fair » signe là en effet une féroce chronique sociale.
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« Une autre ville que la mienne » : Dominick Dunne accuse Los Angeles

Ce livre est bien plus que la chronique judiciaire du procès O.J. Simpson (1994-1997). La plume de « Vanity Fair » signe là en effet une féroce chronique sociale.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h48
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

L’écrivain américain Dominick Dunne (1925-2009) était le frère de John Gregory Dunne, l’auteur de Sanglantes confidences (Gallimard, 1993), polar crapuleux, et le beau-frère de Joan Didion. Ce qui serait anecdotique s’il n’existait entre eux, mieux qu’une parenté, une famille d’esprit. A l’image de leurs amis Truman Capote et Tom Wolfe, tous trois appartiennent au « new journalism », aussi dénommé « journalisme littéraire » ou « littérature du réel ». Joan ­Didion, qui a couvert les procès de la secte de Charles Manson (1970-1971) et de Patti Hearst (1976), a toujours considéré les faits divers comme des secousses existentielles, des points de bascule historique.
L’affaire O.J. Simpson (1994-1997) fut l’un de ces vortex qui ébranlèrent les Etats-Unis. De la Ford blanche de l’ex-footballeur star des Buffalo Bills pourchassée par la police à l’acquittement au pénal, elle passionna et divisa le pays. Accrédité à son procès par le magazine Vanity Fair, dont il est devenu un fidèle collaborateur, Dominick Dunne est aux premières loges côté cour et côté ville. Ami de Nancy Reagan, de Lady Di, d’Elizabeth Taylor et de Jack Nicholson, il a pris ses quartiers au Château Marmont, hôtel des stars, et a ses entrées partout : au prétoire, à Bel-Air, à Beverly Hills. Une autre ville que la mienne est son récit du procès Simpson.
A Hollywood, tous ont quelque chose à raconter sur le suspect
Il ne néglige aucune piste, autrement dit aucune invitation à dîner susceptible de jeter un éclairage sur les protagonistes de l’affaire. Il attire les confidences des maîtresses de maison comme des maîtres d’hôtel, des procureurs et des avocats. Car, à Hollywood, tous ont quelque chose à raconter sur le suspect et la victime, Nicole Brown, qu’ils ont fatalement croisés avant le drame.
Accrédité au procès Simpson par le magazine « Vanity Fair », l’écrivain est aux premières loges. Ami de Nancy Reagan, de Lady Di, d’Elizabeth Taylor...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Marc Semo, chargé des questions diplomatiques au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Sept livres pour comprendre les relations internationales, par Marc Semo

Marc Semo, chargé des questions diplomatiques au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 09h42
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Athènes contre Sparte, la première guerre
Ce fut le premier conflit total de l’histoire. Un bain de sang long de vingt-sept ans, opposant Athènes, empire maritime commercial et démocratique, à Sparte, empire terrien et oligarchique, jusqu’à l’écrasement final de la première en 404 avant J.-C. Vieux de près de 2 500 ans, ce suicide du monde grec, raconté par Thucydide, premier historien du politique avec son Histoire de la guerre du Péloponnèse (fin du Ve siècle av. J.-C.), n’en continue pas moins de questionner les spécialistes des relations internationales pour ses évidentes résonances avec la guerre civile européenne qui, de 1914 à 1945, voire 1989 sous d’autres formes, ravagea le Vieux Continent. Cette mise en perspective de l’antique et du contemporain est au cœur de La Guerre du Péloponnèse (2005), de l’historien américain Victor Davis Hanson, qui s’appuie bien entendu sur Thucydide : « Ce fut un conflit opposant deux superpuissances, une guerre faisant appel à la terreur, une guerre sale dans le tiers-monde hellénique qui avait pour objectif d’imposer par la force la démocratie à des cités parfois récalcitrantes. »

« La Guerre du Péloponnèse », de Victor Davis Hanson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Ricard, Champs, « Histoire », 588 p., 12,20 €.
La Grande Guerre les yeux fermés
« Ce qui frappe le lecteur du XXIe siècle dans la crise de l’été 1914 est sa modernité brutale », note Christopher Clark, auteur des Somnambules (2012), ouvrage majeur sur le déclenchement du premier conflit mondial. L’assassinat à Sarajevo, le 28 juin 1914, de l’archiduc d’Autriche et de son épouse aboutit à la guerre par le jeu des ultimatums et des alliances. Dans cet ouvrage écrit avec souffle, s’appuyant sur une impressionnante maîtrise des archives à Paris, Vienne, Londres, Berlin, Moscou mais aussi Belgrade ou La Haye, l’historien australien raconte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Márcia de Castro et Guy Maurette publient « Perles de troc… » qui retrace mille ans d’échanges, parfois sordides. Ils exposent, en août, leur collection de cinq mille perles.
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Derrière l’histoire des perles de verre, celle du négoce

Márcia de Castro et Guy Maurette publient « Perles de troc… » qui retrace mille ans d’échanges, parfois sordides. Ils exposent, en août, leur collection de cinq mille perles.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 19h00
    |

                            Bruno Lantéri








                        



   


« Chaque perle est un joyau de l’humanité, une trace de l’homme depuis l’aube des temps ! » Un livre en version française sur l’histoire des perles de verre manquait dans la bibliothèque, « pourtant bien fournie », de l’appartement parisien du couple Márcia de Castro et Guy Maurette. Ils l’ont donc créé, avec l’aide de la graphiste Laura Olive, et viennent de le publier : Perles de troc, african trade beads – VIIe-milieu du XXe siècle (éd. La Traversée des arts).
Riches d’une collection de cinq mille perles que Márcia de Castro et Guy Maurette se sont constituée dès 1991, au fil de leurs voyages sur le continent africain, ces deux esthètes (il a été responsable de centres culturels, elle est comédienne) ont souhaité partager leur passion pour cet objet de décoration, de commerce, voire de trafic.
A cette même fin, ils présentent régulièrement en France leur « trésor », ainsi que leur production de bijoux, sous la forme d’expositions didactiques. Ces dernières seront visibles dans le cadre de leur musée itinérant de la perle ancienne en France (Mipaf), du 9 au 12 août, à l’occasion de la 25e édition du Festival international du verre de Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales) ; puis du 23 au 25 août, lors de la première édition du Festival de la perle de verre, à Asnières-sur-Vègre (Sarthe).
Quatre mille ans
Perles à chevrons, à cœur blanc ou jaune, Nueva Cadiz, millefiori, french ambassador… elles ont traversé les siècles, suivant les modes et l’usage que les civilisations leur attribuaient. Le verre est né en Mésopotamie il y a quatre mille ans. D’un siècle à un autre, de région en région, le livre nous apprend que les perles conçues dans le pourtour méditerranéen islamisé – principalement en Egypte et dans les pays du Levant – servaient déjà de monnaie d’échange pour de nombreux négoces en Afrique. En Europe, à partir du XVe siècle, les perles de verre étaient créées en Italie (Venise), aux Pays-Bas (Amsterdam), en Allemagne (Idar-Oberstein), en Bohème et en Moravie.
En France, le village de Briare, dans le Loiret, a été pendant près d’un siècle (1864-1970) une place incontournable sur le marché mondial de la perle. L’industriel Jean-Félix Bapterosses y rachète en 1851 une faïencerie, baptisée les « Emaux de Briare » par la suite, et invente une machine capable de produire par moulage cinq cents boutons ou perles en série, industrialisant leur fabrication.

   


Pacotille contre esclaves
Surtout, le livre revient sur le rôle économique essentiel des perles, dès l’Antiquité. Puis, au XVe siècle, les Vénitiens leur redonnent vie après des siècles d’oubli : les perles serviront au troc, entre autres, de l’or et de l’ivoire. « Après la crise de Constantinople, en 1453, par les troupes ottomanes, Venise devient la capitale mondiale du verre et de la perle grâce à des productions raffinées. Les perles de verre accompagnent les explorateurs, les missionnaires et les commerçants qui sillonnent les nouvelles terres américaines et africaines. (…) Autant de cadeaux offerts lors des rencontres et des échanges. »
Mais, du XVIe au XIXe siècle, les perles de verre ont aussi servi de monnaie d’échange dans le cadre de la traite négrière. Celles que l’on appelait « verroteries » comptaient parmi les objets de pacotille utilisés lors du commerce triangulaire – Europe-Afrique-Amériques (ou traite atlantique). Ainsi, « pendant plus de trois siècles, des milliers de navires armés dans les grands ports européens partiront de Liverpool, Londres, Amsterdam, Nantes, Bordeaux et La Rochelle pour aller sur les côtes africaines troquer des objets de pacotille, dont de la verroterie, contre des esclaves. Traversant l’Atlantique, des millions de captifs seront transportés vers le Brésil, les Antilles et l’Amérique du Nord (…) et serviront de main d’œuvre dans les plantations de sucre ou de coton. »
Le livre est aussi, bien sûr, une source d’information sur les différents procédés de fabrication de perles de verre – qu’elles soient enroulées, étirées, soufflées ou moulées-pressées –, et leurs formes ovoïdes, sphériques ou tubulaires. Et si, de nos jours, le marché de la perle ancienne a migré aux Etats-Unis, où elle est désormais l’objet d’études, de collection et de spéculation, en France, de nombreux créateurs et amateurs continuent de perpétuer cette aventure millénaire.

   


Perles de troc, african trade beads – VIIe-milieu du XXe siècle, de Márcia de Castro et Guy Maurette (édition La Traversée des arts, 150 × 201 mm, 72 p., 20 euros), emedeceparis@gmail.com ou librairie Petite Egypte (Paris 2e) 01-47-03-34-30. Expositions : du 9 au 12 août, à la 25e édition du Festival international du verre de Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales) ; puis du 23 au 25 août, lors de la première édition du Festival de la perle de verre, à Asnières-sur-Vègre (Sarthe).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Couples d’artistes (4/6). La Française et le Néo-Zélandais conçoivent sous une signature commune, mais non sans quelques fructueuses frictions, des bâtiments aux lignes colorées et audacieuses.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour d’André Manoukian : « But not For Me », de George Gershwin


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 08.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 10h25
                 |

                            Yoanna Sultan-R'bibo

















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André Manoukian est auteur-compositeur, pianiste de jazz. A la fin des années 1980, il signe les albums à succès de Liane Foly. Chouchou des médias, il a été pendant douze saisons membre du jury de « Nouvelle Star », sur M6. Il présente désormais, sur France 3 « La vie secrète des chansons », et tient une chronique musicale chaque mercredi sur France Inter. Depuis 2010, André Manoukian organise à Chamonix le Cosmo Jazz festival, qui s’est déroulé cette année du 21 au 29 juillet.
Ce qu’il y a de plus beau en amour, c’est quand on abandonne, qu’on a renoncé, qu’on ne croit plus au prince (ou à la princesse) charmant(e)… Pour moi, la plus belle chanson d’abandon amoureux s’intitule But Not for Me, de George Gershwin, interprétée par Cole Porter. « They’re writing songs of love, but not for me. A lucky star’s above, but not for me ». Le musicien a renoncé aux chansons d’amour, ne croit plus en sa bonne étoile… tout ça n’est plus pour lui. On est à l’opposé du « Un jour mon prince viendra ». Mais c’est tellement mieux ! C’est lorsqu’on abandonne que l’on reçoit, quand on n’attend plus rien que l’amour arrive.
Elégance et distance
D’ailleurs, But Not for Me n’est pas une chanson triste, j’entends de l’espoir dans cette mélodie, quelque chose de presque joyeux. George Gershwin est mon maître absolu avec Cole Porter. Il y a dans ses compositions l’élégance de la distance : ni pathos, ni excès de demi-tons, ni divulgation de sentiments. J’aime ce registre du dandy amoureux, un peu « british », qui ne beugle pas des Je t’aime, mais murmure, façon crooner détaché – d’ailleurs, « to croone », en anglais, veut dire murmurer…
But Not for Me célèbre aussi l’art de la ritournelle, une chanson légère, un air qui flotte, impalpable, subtil, qu’on retient. Cette légèreté dans la musique, c’est sans doute ce qu’il y a de plus difficile à composer.
Après ma rupture avec Liane Foly, j’avais souvent But Not for Me dans la tête. « Although I can’t dismiss, The memory of her kiss, I guess she’s not for me ». J’étais dans un entre-deux, la séparation était difficile. J’ai été voir une psy, pour savoir comment guérir et rencontrer quelqu’un de bien. Elle m’a rétorqué qu’il fallait que je devienne moi-même quelqu’un de bien ! Que j’accepte qui j’étais… Alors j’ai abandonné l’idée de l’amour. Mais pas pour longtemps, je vous rassure. L’abandon amoureux, c’est un peu un truc d’escroc, car au fond, on attend les bras ouverts que l’amour revienne.
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk
André Manoukian : « But not For Me », par Cole Porter



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Propos recueillis par                                                    Yoanna Sultan-R'bibo














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Ecrivains espions, espions écrivains (4/5). Alexandre Kojève (1902-1968), hégélien hors pair et négociateur du gouvernement français, a aussi été « un agent de valeur » des Soviétiques.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.
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(Re)découvrir « Frances Ha » en plein air à La Villette

Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Mercredi 8 août, à la tombée de la nuit, Frances Ha (2013) de Noah Baumbach est projeté au Festival Ciné plein air de la Villette. L’occasion de (re)découvrir le film qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, passée cette année, avec succès, de l’autre côté de la caméra. Lady Bird, son premier long métrage en tant que réalisatrice a en effet décroché le Golden Globe 2018 de la meilleure comédie.
Le septième film de Baumbach, figure du cinéma indépendant new-yorkais, se distingue dans une programmation placée sous le signe de la chanson, ouverte le 18 juillet par La La Land. Elle se refermera le 19 août par l’œuvre qui a inspiré le film de Damien Chazelle, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy.

Si Frances Ha n’est pas une comédie musicale stricto sensu, le film accorde une large place à la musique et à la danse. Trentenaire exubérante, Frances (Greta Gerwig) espère devenir chorégraphe. Mais lorsque sa meilleure amie – et colocataire – décide de quitter leur petit appartement new-yorkais pour un quartier plus chic, son quotidien déraille. D’autant que la compagnie de danse qu’elle comptait intégrer lui propose à la place un job de standardiste. De colocs improvisées en petits boulots, de désillusions en victoires, avec hardiesse et maladresse, mais sans aucun cynisme, Frances vagabonde pour trouver sa place au cœur de la « Big Apple ».
La fougue de « Modern Love »
Le thème du festival de la Villette invite à tendre l’oreille à la bande originale. Si le charme du film tient à cet « alliage entre des personnages hyper-contemporains et une mise en scène flirtant avec le rétro », les envolées mélodieuses y sont pour beaucoup. Outre l’image en noir et blanc et les scènes d’errance à Paris, l’hommage à la Nouvelle Vague se fait en musique. En atteste la scène d’ouverture où Frances et Sophie batifolent dans la ville au rythme trépidant d’un thème de Georges Delerue originellement composé pour Une Belle fille comme moi, de François Truffaut. Celui de Domicile conjugal, du même Truffaut, vient plus tard bercer les déambulations de la jeune femme. Quant à l’énergie des années 1980 – en écho à la fantasque Frances –, elle est au rendez-vous avec des tubes de Paul McCartney ou Hot Chocolate. Et surtout par le Modern Love de David Bowie, dont Baumbach traduit toute la fougue dans un travelling exalté suivant Frances qui court, saute et tourbillonne dans les rues de New York.
Le succès, cette année, de Lady Bird, premier film en tant que réalisatrice de Greta Gerwig, invite enfin à jeter un regard neuf sur son rôle principal dans Frances Ha – qui lui valut une nomination aux Golden Globe 2014 en tant que meilleure actrice dans une comédie. Célébrée comme muse de Baumbach, elle est aussi co-scénariste de ce film. Et l’on se rend compte que beaucoup de thèmes de Lady Bird étaient déjà en germe dans Frances Ha. Comme celui du rapport à la famille, d’autant que les parents de Gerwig jouent leur propre rôle dans la scène du dîner. Ou celui du parcours initiatique, tendrement lumineux, d’une jeune Californienne aspirant au bouillonnement artistique new-yorkais. Comme Frances et comme Greta Gerwig, l’héroïne de Lady Bird a été élevée à Sacramento avant de tenter sa chance sur la côte Est. S’il ne s’agit pas des même personnages, Lady Bird apparaît alors comme un retour au source, avant le départ à New York.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le Festival de La Roque-d’Anthéron organise des concerts hors les murs, comme celui de Kotaro Fukuma au Musée Granet d’Aix-en-Provence.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Tableaux d’un récital de piano

Le Festival de La Roque-d’Anthéron organise des concerts hors les murs, comme celui de Kotaro Fukuma au Musée Granet d’Aix-en-Provence.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h30
    |

                            Pierre Gervasoni (La Roque d'Anthéron, Bouches-du-Rhône)








                        



                                


                            

Le Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron, dont la 38e édition se déroule jusqu’au 18 août, programme la plupart de ses concerts dans un cadre naturel dont les attraits ne sont plus à vanter. Le parc du château de Florans : ses séquoias géants, son plan d’eau, ses chants de cigales… Le festival comporte toutefois une dimension hors les murs, qui invite à la découverte (sites, répertoires, interprètes) loin de cet espace vert et de sa conque de bois qui sert d’écrin aux virtuoses, souvent russes.

Cette option a imposé, le 5 août, de franchir la Durance pour rejoindre le village de Cucuron, sur les hauteurs du Lubéron. A 17 heures, il fait bon prendre place dans l’église où l’organiste Freddy Eichelberger donne un récital consacré à la musique anglaise du XVIIe siècle. Quelques pages d’inspiration religieuse et une kyrielle de pièces à caractère populaire. La variété de timbres offerte par l’orgue permet de rendre aussi bien le défilé de la soldatesque britannique que le sifflet du charretier. Si certains noms célèbres (Byrd, Purcell) contribuent à cette évocation de la musique traditionnelle, les anonymes ne sont pas en reste. Imagées et divertissantes à souhait, leurs miniatures méritaient bien de sortir de l’ombre. C’est encore un morceau non signé que Freddy Eichelberger tire de sa besace de colporteur. Frais, caressant et léger ; plus qu’un « air », une brise bienvenue en bis au moment de retrouver la canicule et les Bouches-du-Rhône après cette excursion dans le Vaucluse.
Jeu de l’œil et de l’oreille
Direction Aix-en-Provence pour une soirée de correspondances musique-peinture imaginée par le pianiste Kotaro Fukuma. Idéal, tant pour la disposition du public à proximité de l’interprète que pour la projection des tableaux sur un écran, le patio du Musée Granet accueille d’abord une œuvre en création française. Commandée par Fukuma à sa compatriote Minako Tokuyama pour faire écho à l’image peinte...




                        

                        

