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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Vivre déconnecté (6/6). Les chercheurs David Zarka et Ilios Kotsou regrettent de voir la méditation de pleine conscience, pratique qui vise à porter une attention plus soutenue à nos émotions et nos expériences, récupérée par certains tenants de la performance.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.
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Lagrasse envisage de devenir un Centre culturel de rencontre

Le Banquet du livre organisé depuis 1995 dans le village de l’Aude obtiendrait un label national.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 16h40
    |

                            Julie Clarini (Lagrasse, Aude, envoyée spéciale)








                        



   


Comme chaque deuxième semaine du mois d’août, le village de Lagrasse devient, jusqu’au samedi, un centre intellectuel de haute volée, ouvert à tous, offrant quotidiennement le plaisir matinal d’un atelier de grec ancien ou de philosophie, l’occasion d’assister à un séminaire de cinéma ou, à l’heure de l’apéro, celle d’écouter les « conversations sur l’histoire » proposées par Patrick Boucheron, professeur au collège de France, sous l’ombre généreuse de la vieille halle. Conférences et lectures occupent la fin d’après-midi et la soirée.
Une nouvelle fois, le Banquet du livre a fait la preuve de sa singularité dans sa façon unique de mêler à l’exigence de la pensée une proximité des corps toute démocratique. Car c’est bien cela, « Lagrasse » : croiser, au détour d’un chemin en contrebas de l’abbaye, Marie NDiaye, venue de Berlin faire lecture de la pièce qui sera créée en 2019 à Strasbourg par Stanislas Nordey. Puis apercevoir dans le cellier du bâtiment transformé en librairie par l’institution toulousaine Ombres Blanches, la silhouette de Marielle Macé, la théoricienne de la littérature, ou reconnaître, penché sur des ouvrages, Achille Mbembe, venu d’Afrique du Sud où il enseigne.
Campus éphémère et à ciel ouvert
Le philosophe donnait une conférence mardi, précédant dans l’exercice des gens aussi divers que le linguiste Jean-Claude Milner, le philosophe italien Emanuele Coccia, l’auteur de La Vie des plantes (Payot, 2016), ou l’historien Romain Bertrand. Sorte de campus éphémère et à ciel ouvert, le Banquet propose aussi des « rebonds » : sur les rives de l’Orbieu, la rivière qui épouse le village, les intellectuels invités se prêtent à l’heure où le soleil point, à un échange informel sur le thème de leur conférence de la veille.
C’est cet esprit cosmopolite et convivial, alliance du monde et du clocher, que la poignée de fondateurs a décidé de remettre en jeu. Car selon l’adage de Lampedusa, il faut que tout change pour que rien ne change. Et le moment est venu. Après vingt-trois ans d’existence, le public a besoin de se renouveler. Des tensions dans l’équipe et le licenciement, en 2017, du directeur de l’association Marque-page (qui organise les rencontres) attisent cette envie de renaissance.
En plein accord avec l’actuelle direction, le département qui possède la partie laïque de l’abbaye – l’autre étant occupée par des chanoines – a lancé une étude pour que le projet intellectuel et le lieu patrimonial se marient officiellement devant le ministère de la culture. Celui-ci pourrait, au vu du dossier, octroyer le label national de Centre culturel de rencontre, comme il l’a fait pour l’abbaye de Royaumont ou la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Ce qui impliquerait un ancrage pérenne des idées et du livre dans le village mais aussi un changement d’échelle, de tempo et même d’envergure – de nouvelles missions viendraient échoir à la structure, quelle que soit sa future forme. Peu importe le flacon, diront certains, pourvu qu’on conserve l’ivresse du Banquet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Comment expliquer que cet ancien pays satellite et cette ex-République de l’Union soviétique acceptent de nouveau que le pouvoir dicte ses vérités sur l’histoire ? Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Vladimir Poutine ?
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Europe de l’Est : coup de gomme sur l’histoire

Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Comment expliquer que cet ancien pays satellite et cette ex-République de l’Union soviétique acceptent de nouveau que le pouvoir dicte ses vérités sur l’histoire ? Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Vladimir Poutine ?



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h53
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En matière historique, les pays d’Europe de l’Est se distinguent par une intrigante spécificité : leur expérience de la manipulation de l’histoire sous l’ère soviétique ne semble pas les avoir immunisés. On aurait présagé que les vérités officielles y seraient bannies à jamais et que l’idée même d’une « politique historique » braquerait les consciences. Il n’en est rien.
L’Ukraine a adopté en avril 2015 une série de quatre lois : si certaines existent dans des versions voisines dans d’autres pays de la région – comme l’interdiction de la promotion des « idéologies totalitaires communiste et nazie », le démantèlement de statues et le changement de nom de localités associés au passé soviétique ou l’ouverture intégrale des archives de cette période –, la quatrième valorise la mémoire des « combattants de l’indépendance nationale ukrainienne au XXe siècle », quelle que soit leur idéologie. Or, certains de ces combattants furent d’actifs collaborateurs des nazis. L’Ukraine s’est bâti ainsi, en quelques alinéas, un panthéon aussi officiel que discutable.
Valeur symbolique
En Pologne, le Parlement a voté en février une loi dite « sur la Shoah » dont les chantres ont été ceux qui dénoncent par ailleurs avec virulence la mémoire du régime communiste. Elle prévoyait, avant que ce volet pénal ne soit finalement supprimé sur les demandes insistantes des Etats-Unis et d’Israël, une sanction allant jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».

Depuis le nouveau vote au Parlement, le 27 juin, les poursuites judiciaires ne sont plus possibles, mais le texte garde toutefois sa valeur symbolique : en jetant l’opprobre sur ceux qui souligneraient la complicité de citoyens polonais dans la Shoah, le gouvernement se fait fort d’imposer, selon sa terminologie, « le point de vue polonais », à savoir unehistoire nationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.
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Hamit Bozarslan : « En Turquie, l’histoire est essentiellement un mouvement de dissidence intellectuelle »

L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Historien et sociologue, Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie, travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des Etats dans la région. Auteur d’ouvrages de référence, dont ­Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours (Tallandier, 2013), Hamit Bozarslan appartient à ce qu’il appelle lui-même l’école dissidente de l’historiographie de la Turquie contemporaine. Il revient sur les usages du passé en Turquie.
Pourquoi l’histoire est-elle une discipline reine en Turquie ?
Il faut faire un distingo entre l’histoire comme discipline et le récit officiel. Le « récit officiel » continue de diviser le passé de la nation en trois épisodes : la période de l’innocence, par laquelle les Turcs conquièrent le monde pour lui apporter ordre et justice ; celle de la trahison, pendant laquelle les minorités mordent la main bienveillante de leurs maîtres et collaborent avec les ennemis de l’extérieur ; et celle de la délivrance, pendant laquelle la nation brise ses chaînes par un ultime sursaut et fonde la Turquie moderne.
Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la République, et les historiens qui l’inspirent estiment d’ailleurs que cette libération reste partielle et n’immunise pas le pays contre une possible agression occidentale ou l’aliénation de ses propres élites. En face de ce discours, l’histoire proprement dite, comprise comme discipline, est essentiellement un mouvementde dissidence intellectuelle ; elle interroge la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire, qui l’a dominée au cours des vingt dernières années.
Pourquoi les régimes successifs turcs ­ (impérial, Jeunes-Turcs, kémaliste, ­islamiste) se ressemblent-ils dans leur usage du passé, qui est toujours présenté sous une forme tronquée et marquée par le négationnisme ?
La Turquie officielle est fière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.
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En Pologne, la course à la martyrologie

Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Alain Salles (Cracovie, Pologne)








                        



                                


                            
Au Musée de l’armée intérieure (le nom du puissant réseau de résistance en Pologne pendant la seconde guerre mondiale) à Cracovie, la guide connaît son catéchisme historique par cœur : les Allemands voulaient exterminer le peuple polonais et Auschwitz a d’abord été créé pour détruire les élites polonaises, les Alliés n’ont rien fait quand Jan Karski les a prévenus de l’existence des camps d’extermination des juifs et ils ont sacrifié les résistants polonais à Yalta.
Tout cela est vrai, même si cette chronologie ne résume pas toute la guerre. Elle permet en tout cas de mettre sur le même plan la souffrance des juifs et celle des Polonais, qui est une obsession du parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir en Pologne. Cette vision de l’histoire a été rabâchée par la plupart des interlocuteurs rencontrés lors d’un voyage de presse sur les lieux de mémoire polonais, auquel Le Monde a décidé de participer.
« Les monstres »
La guide de Cracovie poursuit en établissant des gradations entre les violences de la guerre : les Allemands étaient « terribles », mais les Russes étaient « pires » et enfin les Ukrainiens étaient « diaboliques ». A la fin de l’exposition, elle s’arrête devant une série de portraits qu’elle appelle « les monstres », les images des juges communistes qui ont condamné des résistants ayant lutté contre les nazis, puis se sont opposés à la mainmise du pays par Moscou. Un visiteur l’interroge devant ces portraits. « Combien sont des juifs ? » Elle en montre trois ou quatre. La scène symbolise la complexité de la mémoire polonaise.
Avec la « loi sur la Shoah », en février, le poids politique de l’histoire est apparu au grand jour en Pologne. Cette loi visait à punir pénalement ceux qui attribuaient aux Polonais « la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis ». Face au tollé international, le gouvernement a reculé en juin, en retirant l’article incriminé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.
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Iouri Dmitriev ou la mémoire étouffée de la répression stalinienne

Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Pour la deuxième année consécutive, dimanche 5 août, les com­mémorations de Sandarmokh, l’un des principaux lieux d’exécution de la Grande Terreur stalinienne, dans la région septentrionale de Carélie, se sont déroulées en l’absence de l’historien Iouri Dmitriev. Le pèlerinage, qui attire chaque année des centaines de proches des victimes, doit pourtant tout à cet homme de 62 ans, enquêteur infatigable aux airs de moine-soldat.
C’est lui qui, en 1997, a instauré cette tradition. C’est lui, surtout, qui a mis au jour l’importance de ce lieu d’exécution, où l’on estime à 9 000 le nombre de personnes – coupables de rien – fusillées. L’historien, membre de l’association Memorial, y a mené un travail titanesque de localisation des fosses communes et d’identification des dépouilles. Depuis, Sandarmokh est devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938 – année après année, les descendants des victimes ont accroché sur les arbres de la dense forêt carélienne de modestes croix en bois ou les portraits de leur proche assassiné. « Sans son travail, on ne saurait quasiment rien de Sandarmokh », confirme l’historienne Cécile Vaissié.
Iouri Dmitriev a été arrêté en décembre 2016, accusé de détention d’images pédopornographiques, en l’occurrence neuf clichés de sa fille adoptive, alors âgée de 11 ans. L’historien avait expliqué avoir pris ces photographies à la demande des services sociaux, pour documenter la croissance de sa fille, atteinte de rachitisme depuis son séjour à l’orphelinat. Les experts du tribunal, eux, n’avaient trouvé dans les clichés aucun caractère pédophile ou pornographique.
Machination
Malgré l’émotion soulevée en Russie et à l’étranger par cette affaire aux allures de machination, M. Dmitriev a passé quinze mois en ­prison, avant d’être acquitté en avril. Le soula­gement a été de courte durée : mi-juin, la Cour suprême de Carélie a cassé ce jugement, et à la fin du mois Iouri Dmitriev retournait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.
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Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 13h20
   





                        


Editorial du « Monde ». Si rien ne se passe, Oleg Sentsov va mourir. Le cinéaste ukrainien de 42 ans a été arrêté en Crimée, le 10 mai 2014, par les services russes de sécurité, deux mois après le pseudo-référendum de rattachement de la Crimée à la Russie dont il contestait la validité. Condamné en août 2015, au terme d’une caricature de procès, à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation et participation à un groupe terroriste », il est détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie.

        Lire aussi :
         

                Oleg Sentsov en danger de mort après trois mois de grève de la faim



Depuis le 14 mai – depuis quatre-vingt-huit jours –, le cinéaste a commencé une grève de la faim pour exiger la libération des quelque 70 Ukrainiens emprisonnés comme lui par la Russie pour des raisons politiques et dont il a endossé le combat de la plus radicale des manières. Ajoutons que ce combat dépasse le cas des Ukrainiens et renvoie au cynisme d’une justice russe sans vergogne à l’encontre de Iouri Dmitriev, historien de Carélie analysant les purges staliniennes, incarcéré pour d’invraisemblables accusations de pédophilie, ou d’Oyoub Titiev, dernier défenseur des droits de l’homme à travailler en Tchétchénie, poursuivi sur des charges farfelues de détention de marijuana.
Pour éviter d’être alimenté de force, Oleg Sentsov a récemment accepté de prendre deux ou trois cuillères de substituts alimentaires chaque jour. Ce n’est pas cela qui l’empêchera de mourir. Les informations en provenance de son lieu de détention sont rares et filtrées par les autorités, mais son avocat, qui a pu le voir mardi 7 août, l’assure : le cinéaste est en train de mourir, et il y est déterminé.
Moscou paraît prêt à le laisser mourir
C’est intolérable. D’autant plus que, depuis le début de cette sinistre affaire, le Kremlin semble décidé à faire du cas Sentsov un exemple. Le message se veut clair : ceux qui s’opposent à l’annexion de la Crimée subiront son sort. Ainsi, les autorités russes sont restées sourdes à tous les appels lancés pour obtenir sa libération ou même pour laisser des médecins indépendants lui rendre visite. Quel qu’en soit le coût en matière d’image, Moscou paraît prêt à le laisser mourir.
Il est donc urgent de renforcer les protestations pour faire admettre au président russe que c’est inacceptable. Depuis quatre ans, les milieux du cinéma et de la culture se sont largement mobilisés pour défendre Oleg Sentsov. Les dirigeants occidentaux doivent accentuer la pression. Emmanuel Macron a été en pointe dans ce dossier. Le président français a évoqué l’affaire Sentsov à deux reprises avec Vladimir Poutine. Mais celui-ci est resté de marbre.

        Lire aussi :
         

                Visite de Macron en Russie : les défenseurs des droits humains tentent de se faire entendre



Les responsables européens peuvent et doivent faire plus. Ils ne peuvent ignorer que, par le passé, Vladimir Poutine s’est déjà montré sensible aux pressions des opinions publiques et de leurs dirigeants. Mikhaïl Khodorkovski, les Pussy Riot, la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko ont été libérés avant le terme de leurs peines même si, à chaque fois, le président russe a tenu à rester maître du calendrier. Il y a donc encore un espoir qu’il faut saisir.
C’est une affaire de principe. Humanitaire, évidemment. Mais aussi politique. Depuis des années, le président russe table sur la faiblesse des réactions européennes à sa politique impérialiste – en Crimée et dans le Donbass, après l’Ossétie du Nord et l’Abkhazie. Le combat d’Oleg Sentsov démontre, dramatiquement, que la défense de la liberté n’a pas de prix. Les Européens se doivent d’adresser le même message à Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« La proposition de loi contre la manipulation de l’information touche là où ça fait mal »

Rapporteur de la proposition de loi contre les « fake news », qui doit revenir dans le débat parlementaire à l’automne, le député LRM Bruno Studer estime, dans une tribune au « Monde », qu’il reste nécessaire d’actualiser notre droit.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h07
    |

Bruno Studer (député (LRM) du Bas-Rhin)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai toujours appelé à ne pas parler de « fake news » mais bien de « fausses informations », à l’occasion des travaux de l’Assemblée nationale. Ceci pour une raison simple mais essentielle : l’expression a été sinon inventée, au moins popularisée, par Donald Trump contre les journalistes et les médias. La loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information que j’ai eu l’honneur de proposer avec mes collègues députés LRM vise au contraire à protéger les journalistes et les entreprises qui les emploient.
Il me semble indispensable, dans le contexte de ces derniers jours et alors que le Sénat a refusé [le 26 juillet] d’examiner cette proposition de loi, de revenir sur son esprit. Pour traiter un sujet aussi sensible, nous avons pris le temps d’un travail approfondi, en saisissant au préalable le Conseil d’Etat, dont la réputation à défendre rigoureusement les libertés publiques n’est pas à faire. Par ailleurs, si j’ai pu auditionner des personnes plus ou moins opposées à ce texte, beaucoup lui reconnaissent de nombreuses vertus.
Actualisation du droit
La première d’entre elles porte sur la notion de fausse information elle-même et la création d’une nouvelle procédure de référé. Il est reproché à ce texte d’être inutile parce que la loi de 1881 traiterait déjà des fausses nouvelles. Mais une « nouvelle » a nécessairement un caractère nouveau, donc inédit. Or, dans l’univers numérique, établir le caractère inédit d’une information relève de la gageure. La première qualité de ce texte est d’actualiser notre droit, ce qui n’est pas rien, tout s’attaquant exclusivement à la diffusion d’une fausse information (donc un fait circonstancié). Diffusion qui serait automatique, artificielle et massive, le tout dans les seuls trois mois précédent un scrutin national ou européen. La liste de ces conditions précises devrait rassurer ceux qui y voient a priori un texte dangereux… Il s’agit, de plus, de faire confiance au juge,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».
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Loi sur les « fake news » : « Il faut refuser ce bidouillage juridique »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Géraldine Mulhmann plaide pour une application étendue de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait déjà un délit pour « la publication, la diffusion ou la reproduction » de « nouvelles fausses ».



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h04
    |

Géraldine Muhlmann (professeure de science politique et de philosophie à l’université Paris II-Panthéon-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. La frénésie de légiférer, si française, est renforcée par le souci du pouvoir politique de montrer à l’opinion qu’il agit contre les maux de l’époque. Elle comporte cet implicite : avant, on ne faisait rien ; les lois étaient vides. Mais parfois, la ficelle est trop grosse. C’est le cas dans cette double proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations, venue des rangs de La République en marche (LRM). Elle transforme en victoire ce qui est un échec.

En effet, si cette proposition de loi existe aujourd’hui, c’est faute d’avoir réussi à rendre pleinement applicable aux réseaux sociaux la loi de 1881, pilier de notre conception de la liberté d’expression, afin de pouvoir poursuivre, là comme dans tout espace d’expression, ceux qui commettent des délits d’expression – notamment diffamations, provocations, injures mais aussi propagation de « nouvelles fausses » (article 27).
Pourtant, pendant quelques semaines, la ministre de la culture et de la communication avait, conformément au désir du président de la République, planché sur un projet de loi qui devait s’inscrire dans la loi de 1881. Il s’agissait de reprendre la définition des « nouvelles fausses » qui s’y trouve et d’introduire des ajouts précis – par exemple, une procédure en référé. Pourquoi cela a-t-il été abandonné ?
Exigence de « transparence »
Rendre la loi de 1881 parfaitement applicable aux réseaux sociaux supposait de les contraindre à entrer dans les catégories par lesquelles cette loi conçoit les responsabilités. Il s’agit d’une responsabilité en cascade : on poursuit non pas d’abord et directement les auteurs de propos délictueux, mais les directeurs de la publication ou les éditeurs ; à leur défaut, les auteurs ; à leur défaut, les imprimeurs ; à leur défaut, les vendeurs, distributeurs et afficheurs. Lorsque les directeurs de la publication ou les éditeurs sont mis en cause, les auteurs sont poursuivis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Vivre déconnecté (5/6). Se passer d’Internet est pour certains un choix. Pour d’autres, cette déconnexion révèle une difficulté qui est trop peu prise en compte par l’administration et les acteurs du secteur numérique, selon le professeur de psychologie Jean-Marie Besse.
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<article-nb="2018/08/09/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».
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Un collectif contre la nomination du nouveau président de Polytechnique : « Pour s’orienter, l’X a besoin d’une direction adaptée ! »

Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 08h38
    |

Collectif







                        



                                


                            
Collectif
Avertissement : cette lettre représente uniquement l’opinion de ses signataires, et ne saurait être assimilée à un message de la communauté polytechnicienne dans son ensemble.
Le vendredi 3 août, le gouvernement a acté la nomination d’un nouveau président pour l’Ecole polytechnique : M. Eric Labaye, actuellement senior partner chez McKinsey [agence internationale de consultants], qui remplacera M. Jacques Biot. Nous, groupe d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique, nous alarmons de cette nomination d’un manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur à la tête d’une institution d’éducation et de recherche de premier plan, et de ce qu’elle implique pour l’avenir de l’X – que l’absence de dirigeants maîtrisant les enjeux et les logiques de l’enseignement supérieur prive depuis déjà trop longtemps de l’orientation de long terme dont elle a besoin.
Dans tous les établissements d’enseignement supérieur de renommée internationale, le choix a été fait de nommer aux postes de direction des personnalités à la stature académique reconnue : le président d’Harvard est un économiste et docteur en droit, celui de Stanford un chercheur en neurosciences. De telles personnalités, ayant pratiqué quotidiennement la recherche de haut niveau, en comprennent les besoins et les usages ; elles savent nouer des partenariats académiques, dialoguer avec des étudiants ou estimer la pertinence d’un projet de recherche. La transformation de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) en une institution de rang mondial, constamment citée comme un exemple pour Polytechnique, est due à la vision à long terme d’un chercheur en neurosciences, M. Patrick Aebisher, qui l’a dirigée de 2000 à 2016. A l’opposé, le choix d’un président n’ayant jamais pratiqué d’activité de recherche ou d’ingénierie, ayant effectué sa carrière dans le secteur du conseil, et dont l’expérience en matière d’enseignement...




                        

                        


<article-nb="2018/08/09/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.
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La prison, « une humiliation pour la République »

Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Au 1er juillet, 70 710 personnes étaient détenues dans les prisons françaises, un record historique depuis la Libération. C’est 48 % de plus qu’en 2001, et cette croissance est sans rapport avec la démographie ou l’évolution de la délinquance. Malgré le « laxisme » dont nombre de responsables politiques taxent volontiers les juges, jamais la justice n’a été aussi sévère.
Cette inflation carcérale tranche avec certains de nos grands voisins européens, qui ont entrepris une politique volontariste de réduction du nombre de personnes derrière les barreaux, comme en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie. Surtout, elle provoque des conditions de détention indignes, et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire. 60 % des détenus sont aujourd’hui dans une prison occupée à plus de 120 % de ses capacités, et 30 % d’entre eux s’entassent dans des établissements où la densité dépasse les 150 %.
En janvier, alors que les prisons étaient secouées par un mouvement de protestation des surveillants sans précédent depuis vingt-cinq ans, les Français semblaient avoir eu de l’empathie pour les conditions de travail de cette profession ignorée, dont le quotidien est directement affecté par la surpopulation carcérale. Et puis l’oubli est revenu.
Solution de facilité
Le 6 mars, Emmanuel Macron dévoilait, dans un important discours, à Agen, une vision humaniste de la justice et de la prison. En limitant le recours aux courtes peines et rendant automatique l’incarcération pour les sanctions supérieures à douze mois ferme, le président de la République souhaitait améliorer la lisibilité de la justice. Et, en développant les alternatives à la prison, il voulait améliorer le sens et l’efficacité des peines. Pour finir, il annonçait une nouvelle politique judiciaire, qui ferait « sortir de prison plusieurs milliers de personnes pour qui la prison est inutile, voire contre-productive ». Sur le terrain, c’est l’inverse qui s’est produit.
La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, la plus grande prison d’Europe, est secouée depuis le début de l’année par une série de suicides – onze détenus en sept mois, soit davantage que pour les années 2016 et 2017 cumulées. On se suicide sept fois plus en prison que dans un milieu libre. Et que faisaient en prison ce jeune homme de 25 ans, incarcéré pour trois mois pour « voyage habituel sans titre de transport », ou ce père de famille condamné à deux mois pour « conduite sans assurance » ? La mort qu’ils ont choisi de se donner ne peut sans doute pas s’expliquer de façon simpliste, mais en quoi la prison pouvait-elle être une réponse adaptée ?

        Lire aussi :
         

                La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides



La prison est une réponse pauvre à des situations complexes et, souvent, une solution de facilité. Face à des citoyens qui demandent légitimement de la sécurité, les gouvernements répondent par des signaux sécuritaires à défaut de pouvoir leur garantir une vraie sécurité.
M. Macron n’échappe pas à cette ambiguïté. Il annonce vouloir construire 7 000 places de prison d’ici à la fin du quinquennat, tout en préparant une réforme de la justice pénale qui table sur une réduction de 8 000 du nombre de détenus. Certains s’alarment au contraire des risques de voir cette réforme provoquer une augmentation de la population carcérale de plusieurs milliers de personnes en cinq ans. Un débat purement théorique, alors que la loi de programmation de la justice ne devrait pas être votée avant le premier trimestre 2019. En attendant, rien ne change dans les prisons. Qui restent « une humiliation pour la République », comme l’écrivait le Sénat en… juin 2000.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Amir Ohana, député du Likoud au Parlement israélien, réagit à une tribune, publiée dans « Le Monde » du 1er août, du vice-président de la Knesset, Ahmad Tibi, qui estimait qu’Israël était devenu « un régime d’apartheid ».
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Amir Ohana : « Israël assure la liberté et le respect à ses minorités »

Dans une tribune au « Monde », Amir Ohana, député du Likoud au Parlement israélien, réagit à une tribune, publiée dans « Le Monde » du 1er août, du vice-président de la Knesset, Ahmad Tibi, qui estimait qu’Israël était devenu « un régime d’apartheid ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 07h00
    |

Amir Ohana (membre du Parlement israélien, président de la commission parlementaire sur la loi Etat-nation)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai lu attentivement les propos de M. le député [Ahmad] Tibi, publiés ici même sous le titre provocateur « Israël est devenue “un régime d’apartheid” » (Le Monde du 1er août). J’ai été à la tête de la commission parlementaire en charge de la préparation du texte de loi relatif à la « loi Etat-nation du peuple juif ». Je suis fils d’immigrants marocains, juif fier de ses racines, député homosexuel élu dans le cadre d’un parti de droite, sioniste engagé.

Soixante-dix ans après la naissance de l’Etat d’Israël, nous sommes parvenus à achever le troisième volet de notre Loi fondamentale, qui avait jusqu’à présent fait défaut. Israël n’a, en fait, pas de Constitution formelle. La tâche de la rédaction d’une Constitution avait été confiée à la toute première Knesset qui, à défaut de pouvoir l’assumer, l’a elle-même confiée à la suivante, et ainsi de suite. La vingtième Knesset a décidé, quant à elle, qu’il était temps de s’attacher à compléter notre édifice constitutionnel.
Les Constitutions sont en général composées de trois volets, dont le premier traite des institutions gouvernementales. Celui-ci a été parachevé par la promulgation des Lois fondamentales concernant la Knesset, le gouvernement et le corps de la magistrature.
La nature de l’Etat et son essence
Le second volet traite des droits de l’homme. Ce volet a été complété par la promulgation de la « Loi fondamentale sur la dignité humaine et la liberté », réaffirmant notamment le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël, conformément à l’esprit de la Déclaration d’indépendance. En vertu de ce volet, les tribunaux israéliens ont rendu des jugements allant chaque fois plus en avant en matière d’égalité et de respect des droits de tous : femmes, minorités religieuses, LGBT, etc.
« Pourquoi des Juifs des quatre coins du monde ont-ils décidé de quitter leur patrie d’origine pour rejoindre ce petit pays entouré d’ennemis ? »
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/08/09/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’universitaire franco-israélienne estime que l’alliance du gouvernement israélien avec les régimes « illibéraux » d’Europe de l’Est crée une brèche au sein du peuple juif, pour qui la lutte contre l’antisémitisme et la mémoire de la Shoah ne sont pas négociables.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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Eva Illouz : « Orban, Trump et Nétanyahou semblent affectionner barrières et murs »

Dans une tribune au « Monde », l’universitaire franco-israélienne estime que l’alliance du gouvernement israélien avec les régimes « illibéraux » d’Europe de l’Est crée une brèche au sein du peuple juif, pour qui la lutte contre l’antisémitisme et la mémoire de la Shoah ne sont pas négociables.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 19h18
    |

Eva Illouz (directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            
Tribune. Un tremblement de terre est tranquillement en train de secouer le monde juif. Lorsque le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, choisit de soutenir Donald Trump avant et après l’élection présidentielle américaine de 2016, certains pouvaient encore donner à ce dernier le bénéfice du doute. Certes, Trump s’était entouré de gens comme Steve Bannon dont émanaient des relents antisémites, certes, il refusait aussi de condamner sa base électorale sympathisante du Ku Klux Klan, mais personne n’était encore sûr de la direction que prendrait sa nouvelle présidence.
Les événements de Charlottesville, en août 2017, n’ont plus permis le doute. Les manifestants néonazis commirent des actes de violence contre des contre-manifestants pacifiques (tuant une personne en fonçant dans la foule avec une voiture), mais Trump condamna de la même façon opposants modérés et manifestants néonazis.
Le monde entier fut choqué de cette mise en équivalence, mais Jérusalem ne protesta pas. L’observateur indulgent (ou cynique) aurait pu interpréter ce silence comme l’acquiescement forcé du vassal vis-à-vis de son suzerain : de tous les pays du monde, Israël est celui qui reçoit la plus grande aide militaire des Etats-Unis.
Cette interprétation n’est désormais plus possible. Il est devenu clair que Nétanyahou a de fortes sympathies pour d’autres dirigeants qui, comme Trump, front preuve d’une grande indulgence vis-à-vis de l’antisémitisme et dont il ne dépend ni militairement ni économiquement.
Une statue à Budapest
Prenons l’exemple de la Hongrie. En 2015, le gouvernement y annonça son intention de dresser une statue à la mémoire de Balint Homan, ministre qui joua un rôle décisif dans la déportation de 600 000 juifs hongrois. Quelques mois plus tard, en 2016, il fut question d’ériger à Budapest une statue à la mémoire d’un des architectes de la législation antijuive durant la seconde guerre mondiale, György Donáth....




                        

                        


<article-nb="2018/08/09/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en géostratégie François Géré estime que l’Europe, malmenée à la fois par Donald Trump et Vladimir Poutine, connaît sa première vraie crise existentielle. Mais la responsabilité en incombe aussi à ses dirigeants.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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« Jamais l’Union européenne n’avait fait l’objet d’un assaut aussi brutal »

Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en géostratégie François Géré estime que l’Europe, malmenée à la fois par Donald Trump et Vladimir Poutine, connaît sa première vraie crise existentielle. Mais la responsabilité en incombe aussi à ses dirigeants.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 09h04
    |

François Géré (Président de l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS))







                        



                                


                            
Tribune. Jamais depuis ses débuts l’Union européenne (UE) n’avait fait l’objet d’un assaut aussi général et aussi brutal. Son existence même se trouve aujourd’hui mise en cause. La manœuvre, menée principalement par Donald Trump, se développe sur un quadruple front : l’Iran, le commerce, la défense et la politique migratoire des Etats de l’Union.
Sans tenir le moindre compte des exhortations de l’UE, Trump est sorti le 8 mai de l’accord international de Vienne sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 avec Téhéran. Ce retrait a été immédiatement assorti du retour des sanctions américaines et de la menace de sanctions secondaires à l’égard des Etats qui persisteraient à investir en Iran dès le 4 novembre. Certes, l’UE a réagi. Outre le recours à la loi dite « de blocage » de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoriaux des sanctions américaines, la Banque européenne d’investissement (BEI) soutiendra le financement des entreprises travaillant en Iran.
Aujourd’hui, le président américain menace Theresa May de remettre en cause les accords commerciaux américano-britanniques si celle-ci ne se range pas à une interprétation dure du Brexit
On envisage aussi la création d’une sorte de Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) qui garantirait les PME investissant en Iran. Mais aucune de ces mesures ne pourra prendre effet avant au moins un an. C’est pourquoi le retrait des entreprises européennes a pris les allures d’une débandade. Les Etats de l’UE ne sont pas en mesure de préserver l’accord de juillet 2015 qui, sous sa forme originelle, a vécu.
La guerre commerciale est ouvertement déclarée depuis le sommet du G7, les 8 et 9 juin. Emmanuel Macron l’a déclarée absurde. Le Fonds monétaire international (FMI) redoute une récession mondiale de 0,5 % d’ici à 2020. Mais Donald Trump n’en a cure. Dans ce domaine, le Royaume-Uni fait l’objet d’une ingérence sans précédent. Avant son élection, Trump...




                        

                        


<article-nb="2018/08/09/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Vivre déconnecté (4/6). Si le droit à la déconnexion concerne principalement les pays les plus riches, la chercheuse et entrepreneuse Stephan-Eloïse Gras estime que tous les pays ont besoin d’une éthique du numérique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/08/09/19-17">
<filnamedate="20180809"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180809"><AAMMJJHH="2018080919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Pour ses 25 ans le festival Tempo Latino bouscule le public

En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 19h41
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Emparanoia, Plaza Francia, Souljazz Orchestra, Kingston-Havana, Angélique Kidjo, Joe Bataan et le New-York Salsa All Stars... Les 26, 27, 28 et 29 juillet, le festival des musiques latines de Vic-Fezensac (Gers) a fêté son vingt-cinquième anniversaire avec une programmation détonante.
Tout au long de cette vingt-cinquième édition, nous avons été...
Envoutés
L’hommage de la diva africaine Angélique Kidjo à la reine de la salsa Celia Cruz a d’abord été monté à Brooklyn avec la complicité du percussionniste cubain Pedro Martínez. Depuis sa présentation à Vienne puis à la Philharmonie de Paris, le spectacle dans la plus pure tradition de la salsa new-yorkaise s’est bonifié sous la baguette du pianiste martiniquais Thierry Vaton. Aucun tube de la chanteuse cubaine n’a manqué à l’appel, de Quimbara à La Vida Es Un Carnaval, la palme de la meilleure adaptation revenant à un Toro Mata habité.
A lire : Angélique Kidjo célèbre l’âme africaine de Celia Cruz
Programmée jeudi soir, juste après ses compatriotes du Gangbé Brass Band, la chanteuse béninoise a marché dans les pas de la reine Celia tout en affirmant son africanité avec des titres symboliques : Zélié en guise d’introduction, Pata Pata, en hommage à Miriam Makeba, son autre source d’inspiration. Angélique Kidjo confie comment adolescente elle était allée pour la première fois voir la star, pariant même avec ses copines qui n’arrivaient pas à croire qu’une femme pouvait être à la tête d’un groupe de salsa. La chanteuse raconte comment les esclaves africains ont conservé la mémoire de leurs dieux en les transposant dans les saints chrétiens. Angélique entonne Santa Barbara (Que Viva Chango), descend dans l’arène, chante Mama Africa et invite sur scène le public. Enchanteresse Angélique.
Contaminés
Vous n’avez rien contre le sax ? Ça n’est pas moins que trois saxophones, alto, ténor, baryton, qui constituent l’épicentre du Souljazz Orchestra, auxquels il faut ajouter la chanteuse aux percussions mineures, le tout encadré à ma gauche par le clavier, Pierre Chrétien, le leader à casquette, chemise à fleurs et rouflaquettes, à ma droite le batteur hipster.
Le combo venu d’Ottawa propose une musique souvent instrumentale, parfois chantée, en anglais, en français ou en dialecte africain, des mélodies groovy, fusions, d’inspiration d’Afrique de l’Ouest et de la Caraïbe sur une base souvent afrobeat, parfois zouk. Le synthé est bien présent, sans être gênant, même si la guitare serait la bienvenue.
C’est vendredi soir. Le festival commence à prendre et le directeur Eric Duffau est fier de sa trouvaille. Le public semble adhérer. Dog Eat Dog, le premier extrait de leur dernier album chez Strut, met le feu au ruedo. Un groove contagieux qui donne des fourmis aux jambes. L’audience danse, danse, danse.

   


Curieux
Peu convaincu par le disque, j’étais venu avec mes a priori. Il faut dire que « Havana meets Kingston » avait été précédé il y a quelques années par « Rebel Tumbao » de José Claussell dans lequel le batteur d’Eddie Palmieri avait réalisé un travail remarquable de fusion des rythmes jamaïcains et cubains.
Première surprise : l’intro au chant afro par Martha Garralaga, invitée inattendue, qui s’était faite remarquer en faisant le show à la jam du D’Artagnan mercredi soir et qui offrira le lendemain une torride session de rumba avec Okilakua. La révélation du concert est belle et bien la magnifique Brenda Navarette, partout, aux batás, aux congas. Elle rejoint au chant Randy Valentine, secondée par le trompettiste Julito Padrón. On se doutait que la Cubaine allait illuminer le live-band de Mista Savona. On vous conseille son album afro-cubain « Mi Mundo » chaudement.
Les musiciens cubains se révèlent remarquables dans une ambiance plutôt jamaïcaine, et c’est mieux comme ça. La reprise de Candela frôle le désastre, n’arrivant pas à se dépatouiller, malgré le camouflage du reggaeton, d’un squelette basse-batterie qui tente de faire le grand écart entre reggae et son cubano. Pour le reste, ça fonctionne assez bien. Visuellement ça se répartit entre musiciens cubains sur le côté gauche et jamaïcains sur le côté droit. Le public adhère sans réserve, réagissant au quart de tour aux sollicitations des musiciens, tous excellents au demeurant. C’était le feu et c’est tant mieux. Saluons la démarche de Tempo Latino qui a permis cette première française.

   


Embarqués
Samedi soir, acte 1. Même quand on n’a pas de réelle accointance avec le tango, on ne peut que reconnaître que Plaza Francia Orchestra de Müller et Makaroff, successeur du Gotan Project, fut un des plus beaux spectacles qui ait été donné dans les arènes de Vic-Fezensac. Une chanteuse, Maria Sol Muliterno, majestueuse, des musiciens (guitare, clavier, piano, bandonéon, contrebasse) couvre-chefs et costards noirs. Des effets de lumière du meilleur effet. Les morceaux électroniques sont accompagnées des mains du public. On leur préféra les titres acoustiques, magiques. Programmer du tango à l’heure du prime était culotté. C’est une réussite.
Samedi soir, acte 2. On était prévenu : Amparanoïa allait mettre le feu. J’étais doutif. Le rock latino, Manu Chao, Sargento Garcia, tout ça n’était pas mon verre de mojito. Et bien c’était formidable ! Ficelles ragga, cumbia et ska à gogo, allez un petit Welcome to Tijuana pour la route. Un groupe du feu de Dieu et des mélodies bigrement efficaces (El Coro De Mi Gente, En La Noche). Mention spéciale à l’invitée especiale, la Guatémaltèque Sara Curruchich. L’orchestre de Sergio Mendoza se joindra au final. On s’imagine avec vingt piges de moins dans un festival improbable au fin fond de la Bretagne. On est en 2018, c’est à Vic-Fezensac que ça se passe et ça fait du bien.

   


Comblés
Quelle chance tout-de-même de voir Joe Bataan dans les arènes de Vic-Fezensac ! Inimaginable il y a cinq ans quand je avais rencontré le « King of latin soul » au Est Harlem Café, au cœur de son ancien quartier. L’ancien voyou du barrio, reconverti dans l’action sociale au début des années 80 sortait alors timidement de sa retraite. Un retour à porter au crédit d’Osman Jr, le leader de Setenta qui est allé chercher son idole à New-York pour le faire jouer à Paris. C’était en 2015 aux Etoiles. Depuis l’idylle se poursuit.
Bel exploit des parisiens d’avoir réussi à adapter, sans cuivre, dans un ensemble cohérent le vaste répertoire du vétéran. De la période Fania alors qu’il était une figure du boogaloo au latin-soul du début des années 70 quand il fonde son label Salsoul, de Rap’O Clap’O en 79, qui dispute au Rapper’s Delight de Sugarhill Gang le titre de premier rap de l’histoire, jusqu’au hit new-soul de 2005 Call My Name. « Joe Bataan meets Setenta », c’est Joe Bataan à la sauce Setenta.
A lire : L’essor de l’empire Salsa et la chute de la maison Boogaloo
Déjà dimanche soir. Une fin de festival entre fatigue et excitation. Setenta avait chauffé le public avec trois titres, latin-soul contemporain et classieux qui mériterait à lui seul l’honneur des arènes. Bataan, 76 ans, très en forme, la voix solide (On lui pardonnera une ou deux fausses notes), exécute le concert d’une seule traite, joue les ambianceurs, embarquant dans sa machine à remonter le temps les retardataires qui n’avaient qu’une vague idée de qui il pouvait bien être.
Le boogaloo avait surgi dans les années 60 en réaction au mambo élitiste. Pas besoin de connaître des pas compliqués, le boogaloo était une musique festive et fédératrice, faite pour faire danser tout le monde, Noirs, Blancs, Latinos. C’était tout à fait l’esprit de ce 29 juillet.

   


Enflammés
Quand Joe Bataan libère le public, les arènes sont pleines à craquer, un chaudron brulant prêt à accueillir Mercadonegro. Le New-York Salsa All Stars, c’est la réunion de Mercadonegro, enorgueilli d’avoir accompagné Celia Cruz à ses débuts, et des plus grandes stars de la salsa. Le groupe est solide, terriblement efficace avec quatre cuivres et quatre percussionnistes. On regrettera le départ du génial pianiste Cesar Correa. Les deux chanteurs Armando Miranda et Josbel interprètent trois morceaux dont bien entendu La Guarachera de Cuba.
Arrive Jimmy Bosch, dont le public de Vic est entiché depuis plusieurs années. Talentueux, le tromboniste l’est assurément. Malheureusement Jimmy n’a pas une très jolie voix (Lors de sa dernière prestation, il était accompagné du jeune sonero Willito Otero). Si le public est tout acquis, je commence à trouver le temps long. Et puis Jimmy entame Otra Oportunidad, qu’il a écrit il y a des années en hommage à son frère disparu. Il dédie le titre à sa maman partie dix jours plus tôt. Comment résister ?
Ceux qui ne la connaissaient pas ont dû rester bouche bée devant les frasques de Nora Suzuki. Son peps séduit dans l’instant. La Japonaise célèbre l’Orquesta De La Luz dont elle fut la chanteuse, arrache son kimono, dévoilant une robe rouge seyante tandis que le batteur Rodrigo se lance dans un reggaeton endiablé. Faisant retomber la pression, elle laisse la vedette à son pianiste Takaya Saïto pour un cha-cha-chá impeccable.
Surgit José Alberto, « El Canario », la voix puissante et la flûte affutée (virtuelle, qu’il mime en sifflant, sa marque de fabrique). Les standards sont au rendez-vous : La Paella, A La Hora Que Me Llamen Voy. Le répertoire de Mercadonegro est infini et les tubes défilent : La Murga, Chan Chan. Ils s’amusent tant qu’on se demande s’ils ne sont pas meilleurs comme qu’accompagnateurs. On réalise combien El Canario est bon sonero. La température monte. Jimmy Bosch et Nora sont de retour pour le final, explosif. On ne sait plus distinguer ce qui est improvisé de ce qui est préparé. Nora interprète La Vida Es Un Carnaval en japonais. Lo Que Quiero Es Salsa sera bon pour le rappel. Presque trois heures de concert, les arènes pleines à craquer, des gradins debout et une conclusion à deux heures du matin. De ces concerts mythiques qui font la légende de Tempo Latino...



Tempo Latino s’est terminé comme il avait commencé, en rendant hommage à la reine Celia qui avait joué ici il y a exactement vingt ans. Tout au long de cette édition, trois concerts ont rencontré un immense succès : Kingston meets Havana, Amparanoia et le New-York Salsa All Stars. L’hommage à Célia aurait dû, si le public s’était déplacé en plus grand nombre. Les autres orchestres ont généralement séduit ceux qui avaient fait le déplacement, à condition d’adhérer au genre proposé : brass band, afrobeat, latin-soul, tango. Si cette vingt-cinquième édition fut une réussite artistique incontestable, son positionnement interroge. Avec seulement deux concerts salsa sur huit, les amateurs de rythmes afro-caribéens sont restés sur leur faim. Aux premiers rangs, nombre de visages familiers étaient aux abonnés absents. Tempo Latino pourrait-il se passer de ses habitués ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Prêtant à l’âne des vertus thérapeutique, la Chine en achète par millions en Afrique, décimant les troupeaux de cet auxiliaire des paysans du continent. Un commerce représentatif des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain.
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Commerce de peaux d’âne en Afrique, un conte moderne à la chinoise

Editorial. Prêtant à l’âne des vertus thérapeutique, la Chine en achète par millions en Afrique, décimant les troupeaux de cet auxiliaire des paysans du continent. Un commerce représentatif des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 17h14
   





                        


Editorial du « Monde ». L’on ignore si les Chinois lisent les contes de Perrault, le soir, à la veillée. Et s’ils se bercent du rêve de posséder l’âne magique du fabuliste, lequel, comme chacun s’en souvient, assurait la fortune de son souverain-propriétaire en produisant chaque matin son lot d’écus d’or en guise de crottin. Il est avéré, en revanche, qu’ils accordent le plus grand prix aux vertus supposées de la peau d’âne. Réduite en poudre, elle permet de produire l’ejiao, dont la médecine traditionnelle assure qu’il permet de combattre l’anémie, les effets du vieillissement ou les étiolements de la libido.
Pour garantir son approvisionnement et assurer à ses consommateurs la fourniture de quelque 5 000 tonnes annuelles de cet élixir de jouvence, l’empire du Milieu fait les choses en grand. Après avoir réduit de 11 millions à 5 millions de têtes son propre cheptel d’ânes entre 1990 et 2016, il est allé chercher sur d’autres continents la matière première indispensable.
Pour l’essentiel, en Afrique, où l’âne reste le meilleur ami de l’homme et l’indispensable auxiliaire du paysan. Voyant leurs troupeaux décimés, plusieurs pays – Niger, Burkina Faso ou Bostwana – ont interdit les exportations d’équidés vers la Chine. Comme le décrit le reportage publié aujourd’hui dans nos colonnes, le Kenya est l’un des derniers pays africains à n’avoir pas banni ce commerce. Avec des conséquences en chaîne : la population des ânes kényans a chuté de moitié entre 2008 et 2017, passant de 1,8 million en 2008 à 900 000 en 2017 ; le prix des ânes a doublé, rendant souvent leur achat inabordable pour les agriculteurs locaux ; enfin, faute de trouver assez d’animaux en vente légale, des réseaux de contrebande ont multiplié les vols d’ânes dans des proportions alarmantes.
Poudre de perlimpinpin
Au regard des enjeux économiques ou géopolitiques contemporains, cette affaire pourra sembler anecdotique, nonobstant le sort tragique des animaux domestiques ainsi transformés en poudre de perlimpinpin. Elle constitue pourtant une parabole très éclairante des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain. En 2000, le commerce sino-africain était estimé à 10 milliards de dollars par an. Il frôle aujourd’hui les 200 milliards – autant que l’Europe, les Etats-Unis et l’Inde réunis – et les investissements chinois en Afrique suivent une courbe similaire.
Pékin ne trouve pas seulement en Afrique les matières premières vitales pour le développement de son économie, pétrole angolais ou nigérian, cuivre ou cobalt congolais, uranium namibien, bauxite guinéenne, métaux rares de toutes sortes, sable indispensable à la cimenterie, bois précieux exportés par milliers de tonnes. La Chine a également fait de l’Afrique un marché de consommation prometteur pour ses industries manufacturières. En échange, elle finance à grande échelle – et sans grand souci de normes sociales ou environnementales – la construction de barrages, de ports, de chemins de fer, d’usines ou de logements. Difficile pour le Kenya, par exemple, de résister à un tel pactole, même au nom de la protection des ânes.
Ceux-ci pourront-ils être sauvés du désastre ? La Chine était devenue, ces deux dernières décennies, la première destination pour le trafic d’ivoire des éléphants d’Afrique, interdit par la communauté internationale depuis 1989. En 2015, soucieux de la réputation de l’empire du Milieu, le président Xi Jinping a banni ce commerce illégal. Peaux d’âne, un conte moderne vous dit-on.

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                Les ânes du Kenya menacés par l’insatiable demande chinoise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ».
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édition abonné


Robin Renucci : « La politique présidentielle affaiblit délibérément le ministère de la culture »

Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ».



Le Monde
 |    07.08.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 09h33
   





                        



                                


                            

Tribune. Malgré les déclarations de Madame la ministre de la culture, Françoise Nyssen, appelant, en juillet, les différents ministères à travailler de concert pour mettre en place une politique publique des arts plus engagée au service de la création et de l’équité territoriale, nous restons particulièrement critiques vis-à-vis des orientations mises en œuvre par le président de la République et son exécutif. Les signaux qu’envoient Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe sont révélateurs de la manière dont ils entendent conduire la réforme du service public, et en particulier celui de la culture. Il nous apparaît clairement que le président ne croit plus suffisamment en une gouvernance qui s’appuie sur les institutions de la République. Ainsi, il n’a de cesse de délégitimer l’action de son propre ministère de la culture, diminuant progressivement son périmètre d’action, externalisant certaines de ses missions, réduisant les effectifs du cabinet de sa ministre, tout en procédant, en parallèle, depuis l’Elysée, à la nomination discrétionnaire de chargés de missions qui pilotent en coulisses la réforme de son administration et repensent sa politique.
Politique de retrait
Affaibli délibérément, le ministère de la culture semble être voué à jouer un rôle secondaire, exécutant une politique pensée par un petit cercle de collaborateurs présidentiels qui ne croient plus en l’intérêt de la présence de l’Etat et de son action en régions ; qui engagent progressivement, sans la nommer, à travers une série de mesures et d’expérimentations, une politique de retrait de sa présence sur les territoires ; qui travaillent au démantèlement d’une administration culturelle dont ils méprisent le travail et sous-estiment la nécessité. Nous disons ici notre opposition à ce type de gouvernance qui contourne l’autorité des ministères pour imposer verticalement et sans concertation une réforme dans laquelle l’art et la création devraient pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Andres Manuel Lopez Obrador, élu le 1er juillet et qui prendra ses fonctions en décembre, a réagi aux déclarations du président américain.
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Mexique : le président élu ne veut pas être menacé par un mur

Andres Manuel Lopez Obrador, élu le 1er juillet et qui prendra ses fonctions en décembre, a réagi aux déclarations du président américain.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 03h14
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 12h32
   





                        



   


Le président élu mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a déclaré lundi 6 août que personne ne menacera à l’avenir son pays avec la construction d’un mur à la frontière, dans une réponse à peine voilée aux déclarations du président américain, Donald Trump.
« Le Mexique va devenir une puissance et va changer le rapport de forces, personne ne va nous menacer de fermer nos frontières ou de militariser la frontière, de construire un mur, a déclaré M. Lopez Obrador, qui prendra ses fonctions le 1er décembre prochain. Cela sera possible parce que le pays va connaître de la croissance et qu’il y aura de l’emploi. »
M. Trump a récemment déclaré sur Twitter que les Etats-Unis avaient besoin d’une frontière sûre notamment parce que le Mexique a enregistré un nombre record d’homicides en 2017. L’hommes d’affaires a été élu à la Maison Blanche notamment sur ses promesses d’expulser les migrants sans papiers et de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour empêcher l’entrée de clandestins, qualifiant certains d’entre eux de criminels.
Crise diplomatique
Ses déclarations explosives ont déclenché la pire crise diplomatique depuis des décennies entre les deux voisins. Le 14 mai, une délégation américaine de haut rang dirigée par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo s’est rendue à Mexico pour rencontrer M. Lopez Obrador.
Le sujet du mur n’a toutefois pas été abordé, pas plus que dans les courriers que M. Trump et son futur homologue mexicain ont ensuite échangés. Le Mexique a enregistré en 2017 le chiffre record de 28 711 homicides. La situation semble avoir encore empiré avec 15 973 homicides déjà recensés au cours des six premiers mois de l’année.



                            


                        

                        

