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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les tornades de feu sont dangereuses car il est difficile de prévoir leurs oscillations et leurs déplacements. Spectaculaires, elles sont cependant plutôt rares.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’annonce fait craindre une nouvelle escalade entre les deux pays.
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Affaire Skripal : Moscou compte répliquer aux nouvelles sanctions américaines

L’annonce fait craindre une nouvelle escalade entre les deux pays.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 17h17
   





                        



   


« Inadmissibles », « inamicales », « illégales ». Le Kremlin ne manquait pas de mots jeudi 9 août pour qualifier les nouvelles sanctions économiques américaines contre la Russie, accusée par Washington d’être responsable de l’affaire Skripal.
Sergueï Skripal, ancien agent double russe qui vit désormais en Angleterre, a été victime en mars d’une tentative d’empoisonnement au Novitchok – un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la guerre froide – tout comme sa fille Ioulia, à Salisbury. L’un et l’autre s’en sont sortis, après des semaines d’hospitalisation.
L’affaire avait déclenché une grave crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux, et une vague d’expulsions croisées de diplomates. Et si les tensions entre les deux pays avaient paru s’amoindrir lors des échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine en juillet, l’heure est de nouveau à la confrontation.

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Annoncées mercredi, les sanctions américaines devraient entrer en vigueur autour du 22 août et concerner l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques.
« Partenaire imprévisible »
La Russie a d’ores et déjà averti qu’elle préparait une réplique à ces mesures punitives. « Nous considérons comme absolument inacceptable l’annonce de nouvelles restrictions en lien avec l’affaire de Salisbury et les considérons comme illégales, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Nous démentons encore une fois de la manière la plus catégorique toutes les déclarations sur une quelconque implication de la Russie. »
M. Peskov a qualifié les Etats-Unis de « partenaire imprévisible », mais ajouté « garder l’espoir de relations constructives avec Washington » :
« Ces relations ne sont pas seulement dans les intérêts de nos deux peuples, mais aussi de la stabilité et de la sécurité dans le monde. »
A Moscou, le ministère des affaires étrangères a accusé Washington d’avoir « sciemment choisi le chemin de la confrontation dans les relations bilatérales, qui sont déjà pratiquement réduites à zéro par ses propres efforts ».
Le ministre des finances, Anton Silouanov, a assuré que le gouvernement et la banque centrale disposaient de « tous les instruments nécessaires pour garantir la stabilité financière », relevant que l’économie russe était devenue « ces dernières années bien plus résistante aux chocs extérieurs ».

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L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves. Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum. La police britannique a établi qu’elle avait également été exposée au Novitchok. Londres a salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ».
La Russie est soumise à des sanctions occidentales de plus en plus strictes depuis l’annexion de la Crimée en 2014, contribuant avec la chute des prix des hydrocarbures à provoquer deux ans de récession dont elle est sortie fin 2016. Les Etats-Unis n’ont cessé de renforcer leur arsenal de sanctions ces dernières années, sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections américaines, et ce malgré les promesses de réconciliation de Donald Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ jardins de dictateurs 5/6 Le palais du Printemps de Bucarest, qui a récemment ouvert au public, a toujours été entouré de mystère. Il donne toutefois des indications sur la vie privée du dictateur roumain, entre verdure et dorures kitch.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Vague d’arrestations de journalistes en Biélorussie

Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 16h15
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Les forces de l’ordre biélorusses ont procédé, ces derniers jours, à une importante vague d’arrestations de journalistes travaillant pour les rares médias indépendants du pays. Les chiffres précis sont difficiles à obtenir, et plusieurs d’entre eux ont été relâchés après avoir été retenus entre quelques heures et deux jours, mais une quinzaine de personnes en tout auraient été interpellées depuis mardi 7 août. Jeudi, au moins six journalistes étaient toujours incarcérés. Le même jour, la rédactrice en chef de l’agence de presse BelaPan, Irina Levchina, venait s’ajouter à cette liste.
Trois sites sont visés : outre BelaPan, il s’agit de Realt.by et Tut.by, le plus important média biélorusse indépendant en ligne, volontiers critique du pouvoir. Sa rédactrice en chef, Marina Zolotova, a été arrêtée mardi, en même temps que deux journalistes du site. Les locaux de Tut.by, ainsi que les logements de certains journalistes, dont celui d’un correspondant de la radio allemande Deutsche Welle, ont aussi fait l’objet de perquisitions. Des ordinateurs, des téléphones et des documents ont été saisis.
Le motif avancé par les autorités est surprenant. Celles-ci accusent ces médias et leurs journalistes d’avoir consulté de façon illégale, sans payer d’abonnement, les informations de l’agence de presse officielle Belta. La maison d’édition Belorousskaïa Naouka est également visée dans la même affaire, ont précisé les enquêteurs, qui disent avoir enregistré en 2017 et 2018 au total plus de 15 000 connexions non autorisées aux services de l’agence, avec, pour résultat, « un préjudice important ».
Le contrôle strict des médias reste une constante
Cette accusation en apparence anodine pourrait avoir des conséquences lourdes. Selon le code pénal biélorusse, cette infraction est punie par des peines allant jusqu’à deux ans de prison et une interdiction temporaire d’exercer le journalisme.
« Nous ne sommes pas abonnés à Belta, mais, avec l’autorisation de cette agence, nous utilisons certaines informations de leur site en les référençant avec un lien hypertexte », a expliqué à l’AFP la rédactrice en chef de l’agence BelaPan. Contacté par Le Monde, le fondateur de Tut.by, Iouri Zisser, qui a lui-même été interrogé deux heures mercredi, se montre plus explicite : « Le ministère de l’intérieur a trouvé un excellent prétexte pour punir des journalistes peu accommodants. »
Le régime d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a opéré ces dernières années une relative libéralisation, avec notamment la libération des derniers prisonniers politiques détenus dans le pays. Ce geste, combiné à une légère amélioration des conditions d’organisation du scrutin présidentiel de 2015, avait permis un rapprochement avec l’Union européenne et la levée, début 2016, des sanctions européennes et américaines. La timide normalisation de ses relations avec l’Ouest est d’autant plus vitale pour Minsk que M. Loukachenko cherche à éviter un tête-à-tête exclusif avec Moscou, son allié traditionnel. Et ce d’autant plus que la Russie a réduit les montants alloués au soutien de l’économie biélorusse.
Le contrôle strict des médias reste toutefois une constante de ce régime autoritaire. Sa timide ouverture avait déjà été remise en cause par les centaines d’arrestations effectuées dans la foulée des manifestations sociales de mars 2017. Le Conseil de l’Europe, dont Minsk n’est pas membre, a exprimé sa préoccupation face aux arrestations de ces derniers jours et appelé à la libération des journalistes. Reporters sans frontières, qui place la Biélorussie parmi les vingt-cinq Etats les plus répressifs pour les journalistes, a aussi dénoncé une « tentative d’intimidation des médias indépendants » et un « harcèlement ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Ils ont été secourus la semaine dernière par l’ONG Open Arms au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer.
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Un navire humanitaire accoste avec 87 migrants en Espagne, la France en accueillera une vingtaine

Ils ont été secourus la semaine dernière par l’ONG Open Arms au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 18h07
   





                        



   


Un navire espagnol de l’ONG Open Arms a accosté, jeudi 9 août, dans le port d’Algésiras avec 87 migrants, dont 12 enfants à son bord. Ils ont été secourus la semaine dernière au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer, a précisé l’ONG.
Parmi les personnes secourues, on compte 84 Soudanais, un Syrien, un Egyptien et un Gambien. Quelques heures après l’arrivée du navire dans le sud de l’Espagne, l’Elysée a annoncé que la France allait accueillir une vingtaine de migrants.
« Dans un esprit de solidarité européenne » et « compte tenu de la situation que connaît l’Espagne, confrontée à une arrivée importante de migrants », la France a décidé d’accueillir une partie des passagers, comme pour ceux débarqués récemment à Valence (Aquarius), Malte (Lifeline) et Pozzallo en Sicile, explique l’Elysée dans un communiqué.
Une équipe de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui délivre le statut de réfugié, se rendra très rapidement sur place pour examiner les situations individuelles et identifier celles « en besoin de protection », ajoute le texte – c’est-à-dire celles pouvant obtenir le droit d’asile.
L’Espagne, première porte d’entrée des migrants en Europe
L’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée en Europe de migrants. Près de 24 000 sont arrivés par la mer en Espagne depuis janvier, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Le pays, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez, a ainsi ouvert un centre d’accueil à Algésiras pour accueillir les nouveaux migrants. En offrant un port sûr à ce bateau, l’Espagne prend de nouveau le contre-pied de l’Italie, qui refuse cet été d’accueillir les navires des organisations non gouvernementales sillonnant la Méditerranée pour porter secours aux migrants en péril.

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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne."
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            data-slide-description="D’après les autorités, ils sont 1 242 a avoir été secourus ce jour-là."
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            data-slide-description="Avec plus de 22 000 migrants arrivés durant les sept premiers mois de l’année, l’Espagne est devenue la principale voie d’accès des migrants en Europe."
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            data-slide-description="Le lendemain matin, 72 hommes sont entassés sur le pont du « Salvamar-Arcturus », un bateau de sauvetage rentré bondé au petit port de Tarifa."
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            data-slide-description="Les infrastructures d’accueil sont débordées."
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            data-slide-description="Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez s’est décidé à demander une aide à l’Union européenne, pour faire face à l’urgence."
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            data-slide-description="A Algésiras, le commandement du Système intégral de surveillance extérieure de la garde civile contrôle les 112 km de côtes qui vont de Barbate à Sotogrande."
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            data-slide-description="« J’ai une embarcation avec des migrants en eaux espagnoles », annonce le sous-lieutenant Manuel Fuentes par radio, à une patrouille stationnée à Barbate."
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            data-slide-description="Des radars infrarouges et caméras de surveillance à longue portée ont été installés."
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            data-slide-description="Le port d’Algésiras aussi abrite des centaines de migrants."
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            data-slide-description="Ils seront transférés en bus dans differents centres de prise en charge."
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            data-slide-description="La police a inauguré un centre de débarquement et d’identification des migrants sur le port de San Roque, près d’Algésiras, afin de les accueillir dans des « conditions humaines » et d’éviter à l’avenir les scènes de migrants, parqués sur le port, en plein soleil pendant des heures."
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            data-slide-description="Des migrants font signe à un nouveau bateau de sauvetage tout juste arrivé au port d’Algésiras."
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Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne.

José Colón / MeMo pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

En Italie, la colère des forçats de la tomate

Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 16h32
   





                        



   


« Plus jamais des esclaves ». Mercredi 8 août, des centaines de travailleurs agricoles, essentiellement africains, ont délaissé les champs de tomates du sud de l’Italie pour manifester leur colère, après la mort de seize d’entre eux dans deux accidents de la route. Samedi 4, puis lundi 6 août, deux fourgonnettes ramenant des ouvriers agricoles à la fin de la journée sont entrées en collision frontale avec des camions de tomates : seize morts et quatre blessés graves, tous d’Afrique noire à l’exception du conducteur marocain de la seconde fourgonnette.
Dans la chaleur et la poussière, des dizaines d’entre eux ont marché pendant trois heures sur les petites routes défoncées de la région pour gagner Foggia, où d’autres les ont rejoints devant la préfecture. Ils dénoncent leurs conditions de travail, d’hébergement, ainsi que le niveau de leurs salaires.
Intermédiaires mafieux
Bien qu’ils soient quasiment tous en situation régulière − avec un permis de séjour ou une demande d’asile en cours d’examen −, les ramasseurs de tomates qui s’escriment sous un soleil de plomb bénéficient rarement des conditions de travail et de rémunération requises par la loi. Beaucoup de ces immigrants venus d’Afrique, mais aussi de l’Europe de l’Est, sont contraints de loger dans des squats ou des bidonvilles en rase campagne.
Si certains ont un contrat de travail, ils n’ont quasiment jamais de fiche de paie. Et beaucoup sont obligés de s’en remettre à des intermédiaires souvent mafieux pour se rendre sur les exploitations.
« Je travaille 8 à 10 heures par jour pour 30 euros, avec seulement trente minutes de pause à midi, et je dois encore verser cinq euros chaque jour pour le transport », a ainsi dénoncé un Malien de 22 ans, dont la rémunération apparaît dans la moyenne des témoignages recueillis. En principe, les accords de branche dans l’agriculture italienne prévoient un salaire minimum de 48 euros brut pour des journées de sept heures maximum.

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Beaucoup de manifestants portaient des caisses de tomates : « Tu sais combien coûtent les tomates italiennes ? Le prix du sang des Africains », a lancé Kogyate Diakine, un Ivoirien de 41 ans installé en Italie depuis douze ans. « Nous sommes découragés et mal accueillis. Ici, nous ne sommes rien », a ajouté Barri Alfa, un autre Ivoirien arrivé il y a quinze ans.
La Coldiretti, le principal syndicat agricole, a, pour sa part, dénoncé les pressions du marché, expliquant que dans une bouteille de coulis de tomates vendue 1,30 euro dans les supermarchés italiens, la tomate représentait 8 % du prix, contre 10 % pour la bouteille, 18 % pour le traitement industriel et 53 % pour la distribution.
Promesse d’une multiplication des contrôles
Mardi, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), venu rencontrer les autorités mais aussi des représentants des ouvriers agricoles, a promis une multiplication des contrôles. « C’est un problème de mafia. Dans la province de Foggia, il y a une criminalité mafieuse que j’ai l’intention d’éradiquer rue par rue, village par village, par tous les moyens légaux », a-t-il prévenu.
Le procureur de Foggia, Ludovico Vaccaro, a confirmé à la presse que les enquêtes autour de la main-d’œuvre agricole révélaient « parfois une gestion par des groupes mafieux » mais qu’il n’y avait « pour l’instant pas d’élément allant dans ce sens » dans l’enquête sur les deux accidents mortels.
A travers le pays, certains ont aussi fait le lien avec le fait que le 8 août est la « journée du sacrifice des travailleurs italiens dans le monde », en hommage aux victimes d’un accident minier qui avait fait 262 morts, dont 136 Italiens, le 8 août 1956 dans une mine à Marcinelle en Belgique.
« De Marcinelle à Foggia, du charbon aux tomates. Nos grands-parents ont subi discrimination et exploitation, comme ceux qui sont exploités aujourd’hui par des Italiens sans scrupule », a commenté Pietro Grasso, chef de file de la gauche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Comment expliquer que cet ancien pays satellite et cette ex-République de l’Union soviétique acceptent de nouveau que le pouvoir dicte ses vérités sur l’histoire ? Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Vladimir Poutine ?
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Europe de l’Est : coup de gomme sur l’histoire

Récemment, la Pologne et l’Ukraine ont adopté une série de lois mémorielles censées ressusciter la fierté nationale. Comment expliquer que cet ancien pays satellite et cette ex-République de l’Union soviétique acceptent de nouveau que le pouvoir dicte ses vérités sur l’histoire ? Une façon de mener le combat contre les valeurs de l’Europe de l’Ouest et d’échapper à l’emprise de la Russie de Vladimir Poutine ?



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h53
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En matière historique, les pays d’Europe de l’Est se distinguent par une intrigante spécificité : leur expérience de la manipulation de l’histoire sous l’ère soviétique ne semble pas les avoir immunisés. On aurait présagé que les vérités officielles y seraient bannies à jamais et que l’idée même d’une « politique historique » braquerait les consciences. Il n’en est rien.
L’Ukraine a adopté en avril 2015 une série de quatre lois : si certaines existent dans des versions voisines dans d’autres pays de la région – comme l’interdiction de la promotion des « idéologies totalitaires communiste et nazie », le démantèlement de statues et le changement de nom de localités associés au passé soviétique ou l’ouverture intégrale des archives de cette période –, la quatrième valorise la mémoire des « combattants de l’indépendance nationale ukrainienne au XXe siècle », quelle que soit leur idéologie. Or, certains de ces combattants furent d’actifs collaborateurs des nazis. L’Ukraine s’est bâti ainsi, en quelques alinéas, un panthéon aussi officiel que discutable.
Valeur symbolique
En Pologne, le Parlement a voté en février une loi dite « sur la Shoah » dont les chantres ont été ceux qui dénoncent par ailleurs avec virulence la mémoire du régime communiste. Elle prévoyait, avant que ce volet pénal ne soit finalement supprimé sur les demandes insistantes des Etats-Unis et d’Israël, une sanction allant jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité ».

Depuis le nouveau vote au Parlement, le 27 juin, les poursuites judiciaires ne sont plus possibles, mais le texte garde toutefois sa valeur symbolique : en jetant l’opprobre sur ceux qui souligneraient la complicité de citoyens polonais dans la Shoah, le gouvernement se fait fort d’imposer, selon sa terminologie, « le point de vue polonais », à savoir unehistoire nationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.
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Hamit Bozarslan : « En Turquie, l’histoire est essentiellement un mouvement de dissidence intellectuelle »

L’historien et sociologue analyse la ressemblance, dans leur usage du passé, des régimes successifs turcs.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Historien et sociologue, Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie, travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des Etats dans la région. Auteur d’ouvrages de référence, dont ­Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours (Tallandier, 2013), Hamit Bozarslan appartient à ce qu’il appelle lui-même l’école dissidente de l’historiographie de la Turquie contemporaine. Il revient sur les usages du passé en Turquie.
Pourquoi l’histoire est-elle une discipline reine en Turquie ?
Il faut faire un distingo entre l’histoire comme discipline et le récit officiel. Le « récit officiel » continue de diviser le passé de la nation en trois épisodes : la période de l’innocence, par laquelle les Turcs conquièrent le monde pour lui apporter ordre et justice ; celle de la trahison, pendant laquelle les minorités mordent la main bienveillante de leurs maîtres et collaborent avec les ennemis de l’extérieur ; et celle de la délivrance, pendant laquelle la nation brise ses chaînes par un ultime sursaut et fonde la Turquie moderne.
Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la République, et les historiens qui l’inspirent estiment d’ailleurs que cette libération reste partielle et n’immunise pas le pays contre une possible agression occidentale ou l’aliénation de ses propres élites. En face de ce discours, l’histoire proprement dite, comprise comme discipline, est essentiellement un mouvementde dissidence intellectuelle ; elle interroge la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire, qui l’a dominée au cours des vingt dernières années.
Pourquoi les régimes successifs turcs ­ (impérial, Jeunes-Turcs, kémaliste, ­islamiste) se ressemblent-ils dans leur usage du passé, qui est toujours présenté sous une forme tronquée et marquée par le négationnisme ?
La Turquie officielle est fière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.
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En Pologne, la course à la martyrologie

Dans tout le pays des musées ont été créés pour exposer les grandes pages de l’histoire polonaise.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Alain Salles (Cracovie, Pologne)








                        



                                


                            
Au Musée de l’armée intérieure (le nom du puissant réseau de résistance en Pologne pendant la seconde guerre mondiale) à Cracovie, la guide connaît son catéchisme historique par cœur : les Allemands voulaient exterminer le peuple polonais et Auschwitz a d’abord été créé pour détruire les élites polonaises, les Alliés n’ont rien fait quand Jan Karski les a prévenus de l’existence des camps d’extermination des juifs et ils ont sacrifié les résistants polonais à Yalta.
Tout cela est vrai, même si cette chronologie ne résume pas toute la guerre. Elle permet en tout cas de mettre sur le même plan la souffrance des juifs et celle des Polonais, qui est une obsession du parti Droit et justice (PiS, ultraconservateur) au pouvoir en Pologne. Cette vision de l’histoire a été rabâchée par la plupart des interlocuteurs rencontrés lors d’un voyage de presse sur les lieux de mémoire polonais, auquel Le Monde a décidé de participer.
« Les monstres »
La guide de Cracovie poursuit en établissant des gradations entre les violences de la guerre : les Allemands étaient « terribles », mais les Russes étaient « pires » et enfin les Ukrainiens étaient « diaboliques ». A la fin de l’exposition, elle s’arrête devant une série de portraits qu’elle appelle « les monstres », les images des juges communistes qui ont condamné des résistants ayant lutté contre les nazis, puis se sont opposés à la mainmise du pays par Moscou. Un visiteur l’interroge devant ces portraits. « Combien sont des juifs ? » Elle en montre trois ou quatre. La scène symbolise la complexité de la mémoire polonaise.
Avec la « loi sur la Shoah », en février, le poids politique de l’histoire est apparu au grand jour en Pologne. Cette loi visait à punir pénalement ceux qui attribuaient aux Polonais « la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis ». Face au tollé international, le gouvernement a reculé en juin, en retirant l’article incriminé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.
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Iouri Dmitriev ou la mémoire étouffée de la répression stalinienne

Sans le travail de cet historien russe, emprisonné pour « viol », on ne saurait quasiment rien du site de Sandarmokh devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h00
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Pour la deuxième année consécutive, dimanche 5 août, les com­mémorations de Sandarmokh, l’un des principaux lieux d’exécution de la Grande Terreur stalinienne, dans la région septentrionale de Carélie, se sont déroulées en l’absence de l’historien Iouri Dmitriev. Le pèlerinage, qui attire chaque année des centaines de proches des victimes, doit pourtant tout à cet homme de 62 ans, enquêteur infatigable aux airs de moine-soldat.
C’est lui qui, en 1997, a instauré cette tradition. C’est lui, surtout, qui a mis au jour l’importance de ce lieu d’exécution, où l’on estime à 9 000 le nombre de personnes – coupables de rien – fusillées. L’historien, membre de l’association Memorial, y a mené un travail titanesque de localisation des fosses communes et d’identification des dépouilles. Depuis, Sandarmokh est devenu l’un des rares lieux en Russie célébrant la mémoire des purges de 1937-1938 – année après année, les descendants des victimes ont accroché sur les arbres de la dense forêt carélienne de modestes croix en bois ou les portraits de leur proche assassiné. « Sans son travail, on ne saurait quasiment rien de Sandarmokh », confirme l’historienne Cécile Vaissié.
Iouri Dmitriev a été arrêté en décembre 2016, accusé de détention d’images pédopornographiques, en l’occurrence neuf clichés de sa fille adoptive, alors âgée de 11 ans. L’historien avait expliqué avoir pris ces photographies à la demande des services sociaux, pour documenter la croissance de sa fille, atteinte de rachitisme depuis son séjour à l’orphelinat. Les experts du tribunal, eux, n’avaient trouvé dans les clichés aucun caractère pédophile ou pornographique.
Machination
Malgré l’émotion soulevée en Russie et à l’étranger par cette affaire aux allures de machination, M. Dmitriev a passé quinze mois en ­prison, avant d’être acquitté en avril. Le soula­gement a été de courte durée : mi-juin, la Cour suprême de Carélie a cassé ce jugement, et à la fin du mois Iouri Dmitriev retournait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le mécanisme européen de solidarité a été activé dix-huit fois en  2017, une année chargée en feux et inondations.
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L’UE cherche à renforcer son dispositif d’aide lors des catastrophes naturelles

Le mécanisme européen de solidarité a été activé dix-huit fois en  2017, une année chargée en feux et inondations.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h22
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Grèce, Suède, Portugal, Espagne… Depuis le début de l’été, des feux dévastateurs et meurtriers font rage du sud-est au nord de l’Europe. En 2017, déjà, plus d’un million d’hectares de forêts – dont la moitié au Portugal – étaient partis en fumée, et plus de 200 personnes avaient péri dans les catastrophes naturelles ayant affecté l’Union européenne.
Lorsqu’un pays est sous-équipé ou bien trop sévèrement touché par un sinistre, il arrive qu’il soit contraint d’en appeler à la solidarité d’autres Etats européens pour maîtriser flammes, inondations, conséquences de tempêtes, séismes ou épidémies. Basé à Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence de la Commission européenne entre alors en action.
Opérationnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre et théoriquement capable de gérer simultanément plusieurs situations d’urgence, sa plate-forme organise – par le biais du « Mécanisme de protection civile de l’UE » – une réponse aux besoins occasionnés par tout type de catastrophes naturelles. En fonction des moyens disponibles dans les pays volontaires, ce système permet d’apporter une aide dont il cofinance l’acheminement à hauteur de 85 %.
« Pour 2018, nous avons pu couvrir tous les besoins, assure Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole de la Commission pour l’aide humanitaire et la protection civile. Mais il arrive que tous les moyens d’une même zone soient indisponibles »
Depuis sa création en 2001, ce mécanisme – auquel participent selon leurs possibilités les 28 Etats membres ainsi que la Macédoine, l’Islande, le Monténégro, la Norvège, la Serbie et la Turquie – a reçu près de 300 demandes d’aides, émanant le plus souvent de pays européens. Mais le dispositif est aussi appelé à la rescousse dans d’autres régions du monde.
Il a notamment fait ses preuves en 2014 lors de graves inondations en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et du conflit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Recrutement de douaniers, effort d’information à destination des entreprises : les Pays-Bas, la Belgique et la France tentent de s’adapter.
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Brexit : ces pays européens qui envisagent à contrecœur un non-accord

Recrutement de douaniers, effort d’information à destination des entreprises : les Pays-Bas, la Belgique et la France tentent de s’adapter.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 10h39
    |

                            Intérim (Bruxelles)








                        



                                


                            

Le Brexit, c’est comme un millefeuille : quand on pense à un impact, on en découvre un autre immédiatement. » Cette métaphore, Olivier Sorgniard, directeur chargé des douanes au sein du cabinet KPMG, à Londres, l’utilise pour caractériser l’imbroglio que pose la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Il prend l’exemple du tunnel sous la Manche, traversé chaque jour par 16 000 camions.
« Dans un monde post-Brexit, le chauffeur du camion, qui n’est pas anglais, devra montrer son passeport. Il devra aussi remplir une déclaration de douane et, en fonction de sa cargaison, des contrôles phytosanitaires devront être effectués. Tout ça prendra du temps », illustre-t-il. De fait, selon une étude commandée à l’Imperial College par la BBC, chaque minute de ­contrôle supplémentaire aux heures de pointe pourrait créer 16 kilomètres de file d’attente.

Les négociateurs travaillent d’arrache-pied pour atténuer les effets de ce divorce, et s’accorder sur les modalités de sortie ainsi que les grandes lignes de la relation future d’ici à octobre. Mais ils doivent aussi réfléchir à la possibilité d’un échec des négociations, l’Union européenne à 27 cherchant à s’assurer que les Britanniques n’obtiendront pas une relation plus favorable avec elle en étant non-membre qu’en étant membre. Dans ce scénario dit du « no deal » qui, selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a une probabilité « désagréablement élevée » de se produire, la rupture se ferait de manière anarchique.
Une telle situation entraînerait, entre autres conséquences, la réintroduction à la frontière extérieure de contrôles tarifaires et non tarifaires pour les biens, et la remise en question des permis et certificats émis au Royaume-Uni. D’après le patron de Ryanair, Michael O’Leary, elle pourrait même aboutir à l’annulation de certaines lignes aériennes entre le continent et le Royaume-Uni.

Pour l’UE à 27 comme pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ A sept mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 30 mars 2019, la moitié des sociétés britanniques ne comptent pas adopter de plan d’action.
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Brexit : l’impossible préparation des entreprises face au risque de non-accord

A sept mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 30 mars 2019, la moitié des sociétés britanniques ne comptent pas adopter de plan d’action.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h42
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Des avions cloués au sol, des camions bloqués sur des dizaines de kilomètres à Douvres et à Calais, des rayons de supermarché vides… Depuis quelques semaines, un scénario catastrophe agite le débat britannique. En cas de non-accord entre Londres et Bruxelles, le Brexit, qui entrera en vigueur dans sept mois, le 30 mars 2019, serait cataclysmique. Il laisserait les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) sans aucun cadre juridique : les médicaments produits d’un côté ne seraient plus reconnus de l’autre, le matériel nucléaire (y compris pour les rayons X dans les hôpitaux) serait bloqué à la frontière, les règles phytosanitaires réciproques n’existeraient plus…

Face à un tel risque, les entreprises ne sont pourtant guère préparées. Une étude auprès de huit cents sociétés britanniques, publiée vendredi 3 août par l’Institute of Directors (IoD), un groupe patronal, indique que la moitié d’entre elles ne compte pas mettre en place le moindre préparatif pour le Brexit. Les autres l’envisagent (19 %) ou ont commencé à rédiger un plan (23 %). Seules 8 % sont passées à l’action. « Certaines entreprises mettent la tête dans le sable, en particulier les PME », s’inquiète Edwin Morgan, de l’IoD.
En cas d’échec complet des négociations, le Royaume-Uni sortirait de l’UE et deviendrait un simple membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pas de problème, disent les brexiters : il existe d’autres pays dans ce cas. C’est techniquement exact. « Mais l’OMC ne s’occupe pas de tout, notamment pas d’aviation », note Catherine Barnard, professeure de droit européen à l’université de Cambridge. Théoriquement, en sortant des accords aériens européens, les avions britanniques ne pourraient plus relier les Vingt-Sept, et réciproquement.

Les négociateurs européens et britanniques ne croient cependant guère à un scénario aussi extrême. « Un accord rapide et limité peut être conclu, dans l’intérêt de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le socialiste belge, célèbre pour son combat contre le traité de libre-échange euro-canadien, a été sollicité par Olivier Faure pour conduire la liste européenne du parti, en 2019. Il n’a pas encore pris sa décision.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Le Belge Paul Magnette, candidat du PS français aux élections européennes ?

Le socialiste belge, célèbre pour son combat contre le traité de libre-échange euro-canadien, a été sollicité par Olivier Faure pour conduire la liste européenne du parti, en 2019. Il n’a pas encore pris sa décision.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 09h34
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Il est « étonné », il « réfléchit », il « ne ferme pas la porte » : le socialiste belge Paul Magnette, connu en Europe pour son combat en vue de la refonte du CETA, le traité de libre-échange euro-canadien, a confirmé, mercredi 8 août, une information du Figaro. Il a bien été sollicité par Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, pour conduire la liste européenne du parti, en 2019.
Sollicité par Le Monde, l’ancien président de la Wallonie et maire de Charleroi a précisé qu’il n’avait rien à ajouter aux propos qu’il a livrés à des quotidiens belges. Il leur a expliqué que sa priorité actuelle était l’élection municipale belge de 2019 – et sa réélection. Et qu’il refusait de statuer « du jour au lendemain » sur cette proposition « flatteuse ». Il ne le ferait d’ailleurs qu’après avoir consulté son parti.
Il est peu probable, toutefois, que celui-ci laisse s’envoler ce brillant quadra, ancien professeur de sciences politiques européennes à l’Université libre de Bruxelles, vers un destin français. « Nos amis ont beau être en difficulté et vouloir réussir le premier test électoral de l’après-présidentielle, il ne faut pas exagérer… », ironise un cadre du PS belge.
Partisan d’une limitation des mandats publics
Dans son pays aussi, M. Magnette est, en effet, l’un des rares qui puissent incarner le renouveau d’une gauche moribonde. Il n’a d’ailleurs jamais caché que son objectif est de succéder à Elio Di Rupo, président du PS francophone et ancien premier ministre. Le scénario le plus fréquemment évoqué est celui-ci : âgé de 67 ans, M. Di Rupo emmènerait la liste de son parti pour l’Europe en 2019 et abandonnerait sa fonction à son dauphin. A charge pour ce dernier de redynamiser un parti en méforme, victime de divers scandales au cours des dernières années et mal à l’aise dans l’opposition.

D’autres obstacles rendent peu crédible une candidature « française »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’avocat du cinéaste ukrainien demande que des médecins puissent être admis dans sa prison pour obtenir des « informations indépendantes ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Oleg Sentsov en danger de mort après trois mois de grève de la faim

L’avocat du cinéaste ukrainien demande que des médecins puissent être admis dans sa prison pour obtenir des « informations indépendantes ».



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 13h01
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            

C’est un signe de l’urgence qui entoure le cas d’Oleg Sentsov, dont la grève de la faim dure depuis quatre-vingt-huit jours. Aux nombreuses lettres ouvertes demandant la libération de ce cinéaste ukrainien condamné en Russie à vingt ans de prison ont succédé, ces derniers jours, les appels à ne pas le laisser mourir. Oleg Sentsov « est aujourd’hui entre la vie et la mort, mais votre influence et votre fidélité aux principes des droits de l’homme nous donnent encore un espoir », écrivaient à Emmanuel Macron, lundi 6 août, la romancière Ludmila Oulitskaïa et le cinéaste Andreï Zviaguintsev. Tous deux demandent au président français d’œuvrer pour que des médecins de la Croix-Rouge puissent rendre visite au prisonnier dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans le Grand Nord sibérien.

Parmi les signataires de cette lettre figure également son avocat, Dmitri Dinze, qui a pu le rencontrer mardi, pour la cinquième fois seulement. L’avocat, qui avait jusqu’à présent évité les messages alarmistes, a présenté à son retour un tableau plus qu’inquiétant sur l’état de son client. Depuis le 14 mai, début de son action, il a perdu 30 kilos. Il souffre de problèmes cardiaques, présente un très bas niveau d’hémoglobine dans le sang et son rythme cardiaque est de 40 pulsations par minute. « La situation a dramatiquement évolué ces deux dernières semaines, explique au Monde Me Dinze. Lui-même reconnaît qu’il se sent mal, ce qu’il ne faisait pas avant. La chaleur, forte en ce moment, joue aussi un rôle. »
Les informations sur la santé d’Oleg Sentsov, 42 ans, sont parcellaires, et Dmitri Dinze reconnaît ne pas être qualifié pour l’évaluer. L’avocat demande que des médecins puissent être admis dans la prison du cinéaste pour obtenir des « informations indépendantes ».
« Ses exigences n’ont pas changé »
Oleg Sentsov ne mène pas une grève de la faim « totale ». Il boit 3,5 litres d’eau par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Avec des prix de l’immobilier au plus bas, le pays attire de plus en plus d’investisseurs prêts à acheter un pied-à-terre dans les îles, à des prix défiants toute concurrence.
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Dans les îles grecques, le rêve est abordable [2/2]

Avec des prix de l’immobilier au plus bas, le pays attire de plus en plus d’investisseurs prêts à acheter un pied-à-terre dans les îles, à des prix défiants toute concurrence.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 07h15
    |

                            Ludovic Clerima








                        



   


Mykonos, Corfu, Paros, Antiparos… Avec la fonte des prix de l’immobilier en Grèce, devenir propriétaire d’une villa sur une île devient un rêve à la portée du plus grand nombre, une fois le parcours du combattant administratif passé pour acheter sa propriété.
Mais gare aux fantasmes, prévient Nicolas Mugni, fondateur du réseau d’agences immobilières Demeures de Grèce : « Certains étrangers pensent qu’il est possible d’obtenir un pavillon dans les Cyclades, les pieds dans l’eau, pour seulement 150 000 euros. Les prix sont faibles en Grèce, mais tout de même ! Il faut revenir sur terre. Ces biens-là n’existent pas à ce prix-là. »

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Mais que les candidats à l’acquisition se rassurent. Certaines régions de la Grèce ont tout de la Côte d’Azur… le prix en moins. « En Crête, vous trouverez facilement de très beaux T3 avec piscine, au bord de la mer, pour seulement 200 000 euros », assure M. Mugni.
A Paros, dans les Cyclades, les prix tournent davantage autour de 3 000 euros/m² là où, du côté de Mykonos, on avoisinera les 5 000 euros/m² à 8 000 euros/m² pour les biens les plus luxueux. « Sur ces biens-là, ce sont surtout des personnes exerçant des professions libérales que l’on rencontre, avec quelques chefs d’entreprise », précise l’agent immobilier.
Le luxe repart aussi
Les hôteliers de la presqu’île du pays mettent d’ailleurs en avant leurs plus beaux atours pour séduire cette cible haut de gamme. C’est le cas, par exemple, de Costa Navarino, spécialisé dans le tourisme durable, non loin de Kalamata. Après avoir sorti de terre deux hôtels 5 étoiles, le groupe propose aux particuliers intéressés des parcelles de terrains afin qu’ils y construisent leur propre maison. Prix de départ : 2,5 millions d’euros pour une propriété de plus de 300 m², non loin des oliviers et des terrains de golf.
Le coût de ces villas peut dépasser les 8 millions d’euros, pour des propriétés dont la surface habitable s’établit alors à… 1 200 m². A terme, c’est près d’une quarantaine de maisons qui devraient sortir de terre d’ici 5 à 7 ans.

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Si le marché de l’immobilier de luxe redémarre en Grèce, c’est notamment en raison d’une mesure adoptée par le gouvernement grec en 2015 : celle d’accorder un visa Schengen de cinq ans pour toute personne ayant investi au moins 250 000 euros dans l’immobilier grec. Les résultats ne se sont pas fait attendre. D’après la Banque de Grèce, les capitaux étrangers pour l’achat de biens immobiliers ont bondi de 61,7 % entre le premier trimestre 2016 et le premier trimestre 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Washington est parvenu à la conclusion que l’attaque au Novitchok était imputable aux autorités russes. Les sanctions seront d’ordre économique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/08/2018
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Affaire Skripal : les Etats-Unis vont imposer des sanctions contre la Russie

Washington est parvenu à la conclusion que l’attaque au Novitchok était imputable aux autorités russes. Les sanctions seront d’ordre économique.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 21h45
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 16h50
   





                        



   


Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 8 août, leur intention d’imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie, après avoir conclu que Moscou était derrière l’attaque à l’agent innervant Novitchok au Royaume-Uni.

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« Les Etats-Unis ont déterminé, le 6 août (…), que le gouvernement russe avait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales », a fait savoir la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, dans un communiqué.
Conformément à la loi américaine sur les armes chimiques, cette détermination entraîne l’imposition de sanctions économiques qui devraient entrer en vigueur autour du 22 août, a-t-elle ajouté, sans précision sur la nature des sanctions.
Sergueï Skripal, ancien agent double russe qui vit désormais en Angleterre, a été victime en mars d’une tentative d’empoisonnement au Novitchok, tout comme sa fille Youlia, à Salisbury. L’un et l’autre s’en sont sortis, après des semaines d’hospitalisation.
L’affaire avait déclenché une grave crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux, et une vague d’expulsions croisées de diplomates.
Une enquête en cours sur la mort d’une autre victime
Cette attaque a été imputée par les services de renseignement britanniques à la Russie, qui a toujours nié. Deux autres personnes ont par la suite été hospitalisées le 30 juin après avoir été en contact elles aussi avec du Novitchok. Dawn Sturgess, une femme de 44 ans, n’a pas survécu ; Charlie Rowley, son compagnon âgé de 45 ans, s’est rétabli.

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Le Royaume-Uni a d’ailleurs demandé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) d’accroître son assistance dans l’enquête sur la mort de Dawn Sturgess, a annoncé mardi 7 août l’organisation, dont le siège est à La Haye, aux Pays-Bas.
L’OIAC avait dépêché sur place une équipe en juillet, à la requête de Londres, pour « déterminer de manière indépendante la nature » de la substance ayant causé la mort de cette femme à Amesbury, dans le sud de l’Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’ONG alerte sur la situation critique des deux derniers mois. Le durcissement des politiques italiennes et maltaises est particulièrement visé.
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Migrants : Amnesty dénonce des politiques européennes « meurtrières » en Méditerranée

L’ONG alerte sur la situation critique des deux derniers mois. Le durcissement des politiques italiennes et maltaises est particulièrement visé.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 20h44
    |

                            Manuel Ausloos et 
                            Pablo Menguy








                        



   


Amnesty International accuse l’Italie, Malte et l’Union européenne (UE) de mettre en danger les migrants et de violer leurs droits par leurs politiques en Méditerranée, dans un nouveau rapport publié mercredi 8 août. Selon l’ONG, 721 personnes sont mortes ou ont disparu en mer pour les seuls mois de juin et juillet 2018, sur 1 111 victimes depuis le début de l’année, en raison du durcissement des politiques de sauvetage et d’accueil italienne et maltaise. Elle dénonce sur son site des « politiques européennes meurtrières ».
Le gouvernement italien de Giuseppe Conte est critiqué pour son refus croissant d’accueillir les migrants secourus en mer dans les ports italiens. Cette politique mise en place depuis le 10 juin, sous l’impulsion du ministre de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini, contrevient selon Amnesty au droit de la mer, qui dispose que les Etats devraient faciliter autant que possible le débarquement rapide de personnes secourues en mer.
« L’Italie réclame depuis longtemps, à juste titre, un partage équitable des responsabilités de sauvetage en Méditerranée centrale, reconnaît Amnesty dans son rapport. Cependant, l’interdiction des débarquements comme moyen de pression peut être perçue comme une tentative consciente et insensible de s’en prendre à la nature des opérations de recherche et sauvetage en mer pour des raisons politiques. »
Le rapport cite en exemple le cas de l’Aquarius, qui s’est vu refuser l’entrée aux ports italiens début juin, alors qu’il opérait en collaboration avec le Centre de coordination des secours maritimes italien (IMRCC) et avait à son bord des migrants secourus par des navires italiens. Le navire avait fini par être accueilli à Valence, en Espagne, à 1 500 km des côtes maltaises, où il était retenu.

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Cercle vicieux de l’externalisation
Amnesty souligne que les navires d’ONG ne sont pas les seuls concernés par ces mesures. Plusieurs navires commerciaux, ainsi que des navires de guerres étrangers, se sont heurtés à l’opposition des autorités italiennes lorsqu’ils ont demandé à débarquer des rescapés dans des ports italiens.
L’ONG montre également du doigt le travail de sape effectué depuis 2017 par des hommes politiques italiens et européens, visant à décrédibiliser le travail de ces organisations. Les ONG sont en effet accusées de s’allier avec des trafiquants et de créer un appel d’air pour les migrants en les encourageant à prendre la mer. Amnesty dénonce aussi la multiplication des poursuites judiciaires initiées par les gouvernements contre les ONG qui refusent de ramener les migrants en Libye, où ils risquent de subir des détentions arbitraires et des tortures.
Sur ce plan, l’ONG critique les gouvernements européens, qui ont décidé d’accroître leur collaboration avec les gardes-côtes libyens, jugés « irresponsables ». Elle souligne que le travail de ces derniers a pourtant été dénoncé de nombreuses fois par les associations. Amnesty déplore également la quasi-absence d’instances de contrôle du travail des gardes-côtes libyens.
Amnesty International critique enfin Malte, qui n’assumerait pas ses obligations internationales en matière de sauvetage en se reposant largement sur l’Italie pour mener les opérations et accueillir les personnes secourues. L’Etat insulaire évite notamment de porter secours à des embarcations surchargées qui traversent ses eaux.
Avec ce rapport, Amnesty exhorte les gouvernements européens à mettre fin à l’externalisation de leur politique migratoire, en renvoyant les migrants en Libye. L’ONG dénonce un cercle vicieux, qui pourrait avoir des « conséquences fatales ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ancien ministre des affaires étrangères britannique ne compte pas s’excuser après avoir comparé le voile intégral à une « boîte aux lettres ».
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Les moqueries de Boris Johnson contre la burqa choquent jusque dans son camp

L’ancien ministre des affaires étrangères britannique ne compte pas s’excuser après avoir comparé le voile intégral à une « boîte aux lettres ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 16h53
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Boris Johnson aura une nouvelle fois réussi à faire l’unanimité contre lui. L’ancien ministre britannique des affaires étrangères « a provoqué l’indignation » et « n’aurait pas dû utiliser ce langage », accuse la première ministre britannique, Theresa May. De tels propos « augmentent les risques de crimes racistes », ajoute Sayeeda Warsi, membre (conservatrice) de la chambre des Lords.
Dans sa dernière chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph, lundi 6 août, il critique le port du voile intégral en termes fleuris : « C’est absolument ridicule que les gens choisissent de se promener en ressemblant à des boîtes aux lettres. » Plus loin dans sa chronique, les mêmes femmes intégralement voilées lui font penser à des « braqueurs de banque ».
En plein creux de l’été, et alors qu’une bonne partie des dirigeants du Parti conservateur voue une sainte détestation à ce ténor du Brexit, l’occasion était trop belle. Depuis quarante-huit heures, les appels à présenter des excuses ou à imposer des sanctions se multiplient. Mohamed Sheikh, autre membre tory de la haute chambre britannique, appelle à des sanctions disciplinaires, pour retirer à Boris Johnson, qui demeure député, son étiquette du Parti conservateur.
« On aurait pu avoir un débat intéressant »
Pour Sonia Purnell, auteure d’une excellente biographie de Boris Johnson, c’est précisément ce que souhaitait l’ambitieux rival de Mme May : « Ses mots sont nauséabonds et clivants, explique-t-elle sur la BBC. (…) On aurait pu avoir un débat intéressant sur le sujet mais, à la place, on parle tous de son choix de vocabulaire. C’est exactement ce qu’il veut. Tout le monde parle de lui, il reste au centre des informations, et son espoir éternel de devenir un jour le leader [du Parti conservateur] demeure. »
Sur le fond, son approche reprend le consensus qui domine au Royaume-Uni. Boris Johnson s’oppose à l’interdiction de la burqa et du niqab, qui vient d’entrer en vigueur au Danemark, avec un argumentaire libéral classique : s’il n’aime pas le voile intégral, il estime qu’une loi l’interdisant serait contre-productive, « transformant en martyrs [celles qui le portent] et risquant une répression contre tous les symboles publics d’appartenance religieuse, ce qui empirerait le problème ».
Munira Mirza, qui travaillait avec lui à la mairie de Londres, dénonce une « bataille politique » : « Des gens qui ne s’intéressent absolument pas au sort des femmes musulmanes tombent sur Boris parce que c’est Boris qui a tenu ces propos. »
L’intéressé a fait savoir qu’il ne comptait pas s’excuser. Il sait qu’il peut avoir l’opinion publique de son côté, laquelle semble même vouloir être encore plus dure : les derniers sondages, qui datent de 2017, indiquent que la moitié des Britanniques veulent une loi interdisant la burqa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Sous le feu des critiques, les populistes au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter leur première loi majeure qui ambitionne de sanctionner les entreprises abusant de la flexibilité.
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Le gouvernement italien fait adopter une loi controversée sur le travail

Sous le feu des critiques, les populistes au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter leur première loi majeure qui ambitionne de sanctionner les entreprises abusant de la flexibilité.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h00
   





                        


C’était un cheval de bataille de Luigi Di Maio, le nouveau ministre du travail et chef de file du parti antisystème Mouvement 5 étoiles (M5S). Sous le feu des critiques, les populistes italiens au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter mardi 7 août leur première loi majeure qui ambitionne de réformer le marché du travail et de frapper les entreprises abusant de la flexibilité.
Dans la foulée de la Chambre des députés, la semaine dernière, le Sénat a avalisé mardi le « décret-loi dignité », avec 155 voix pour, 125 voix contre et une abstention, donnant le feu vert définitif à un texte limitant le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) et pénalisant licenciements et délocalisations.

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Une loi pourfendue par le patronat italien, ainsi que par le Parti démocrate (PD, centre gauche). « Citoyens 1-système 0 », s’est réjoui sur Twitter Luigi Di Maio, triomphant. Et les sénateurs de sa formation ont qualifié de « révolution culturelle » ce coup porté au « fléau social qui s’appelle la précarité ».
« Le ministre du travail est depuis aujourd’hui le ministre du chômage », a critiqué, pour sa part, l’ex-chef du gouvernement Matteo Renzi, l’homme fort du PD, sur les réseaux sociaux. « Grâce aux géniales intuitions du ministre Di Maio, nous allons perdre 80 000 postes de travail », a-t-il dit, en reprenant un chiffre des services du gouvernement qui a fait polémique en juillet. Selon le patronat (Confindustria), les nouvelles mesures vont décourager les investissements et limiter la croissance. Quant au tour de vis sur les CDD, il « risque d’avoir un impact négatif » sur le chômage.

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Un chômage endémique
L’Italie est confrontée à un chômage endémique, avec un taux de 10,9 % en juin, qui monte à 32,6 % pour les 15-24 ans, très au-dessus de la moyenne de la zone euro (16,8 % en mai).
Concrètement, il ne sera plus possible de dépasser les deux ans en CDD, contre trois auparavant. En outre, les CDD se verront appliquer une charge de cotisations sociales croissante de 0,5 % à partir du premier renouvellement, pour quatre renouvellements au maximum.

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Seules les personnes faisant le ménage ou s’occupant de personnes âgées sont exclues du dispositif. Au-delà de douze mois, les employeurs devront justifier la prolongation, par exemple pour un pic non prévu d’activité, une mesure source de recours en justice, prédit le patronat. En l’absence de justification valable, le CDD sera transformé en CDI. Les entreprises ne pourront pas totaliser plus de 30 % d’emplois temporaires. Les indemnités pour licenciements abusifs sont également augmentées, tandis que les entreprises procédant à des embauches bénéficieront d’un bonus.
En mars 2017, le gouvernement de Paolo Gentiloni (PD) avait abrogé le dispositif des « vouchers », sortes de chèques emploi service censés lutter contre le travail au noir mais dont la généralisation avait entraîné de nombreux abus. Le gouvernement populiste a souhaité les réintroduire de manière extrêmement restrictive dans l’agriculture (entreprises jusqu’à cinq employés) et le tourisme (jusqu’à huit employés), pour dix jours au maximum et pour les chômeurs, les étudiants et les retraités.
Le « Jobs Act » balayé
Cette mesure a été introduite par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, qui partage le pouvoir avec le M5S, particulièrement à l’écoute des entrepreneurs du nord de l’Italie.
Toute entreprise ayant reçu une aide de l’Etat sera en outre tenue de la rembourser si elle délocalise son activité dans les cinq ans qui suivent. Si cette délocalisation a lieu en dehors de l’Union européenne, l’entreprise devra rembourser de deux à quatre fois le montant de l’aide.
La loi comprend aussi une interdiction de la publicité des jeux de hasard, une disposition qui inquiète les milieux sportifs compte tenu du gros marché des paris sportifs.
Les sénateurs du PD se sont bruyamment opposés mardi à cette révision législative qui balaie le « Jobs Act », grande réforme du marché du travail de M. Renzi. En vigueur depuis mars 2015, le Jobs Act avait introduit un contrat de travail à durée indéterminée à « protection croissante », qui permettait aux employeurs un licenciement plus facile pendant au moins trois ans mais dont l’impact réel a fait débat.

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