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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Infatigable défenseur des intérêts et de la culture d’Okinawa, opposant résolu à la présence de bases américaines sur son territoire, Takeshi Onaga est mort mercredi, à 67 ans.
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Mort de Takeshi Onaga, gouverneur japonais de la préfecture d’Okinawa

Infatigable défenseur des intérêts et de la culture d’Okinawa, opposant résolu à la présence de bases américaines sur son territoire, Takeshi Onaga est mort mercredi, à 67 ans.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 18h35
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Avec le décès mercredi 8 août, à 67 ans, de son gouverneur Takeshi Onaga, le département d’Okinawa perd un opposant résolu à la présence militaire américaine sur son territoire et un infatigable défenseur des valeurs et de la riche culture locales.
Opéré en avril d’un cancer du pancréas et visiblement diminué, M. Onaga avait repris ses activités en mai, déterminé à poursuivre sa lutte contre la construction d’une nouvelle base américaine des Marines à Henoko, sur la côte nord-est de l’île principale d’Okinawa, destinée à remplacer celle de Futenma, l’une des plus dangereuses du monde par sa situation en plein cœur de la ville de Ginowan. Fin juillet, il avait lancé les préparatifs pour retirer l’autorisation de mener les travaux à Henoko, accordée par son prédécesseur Hirokazu Nakaima.
« J’aurais aimé le voir encore en forme, haranguant la foule », a réagi dans le quotidien Okinawa Times le directeur du Musée de la paix d’Okinawa et également opposant aux bases américaines, Hiroshi Yamajiro. « Il a su porter la fierté et le courage d’Okinawa. »
En conflit avec Shinzo Abe
Les Etats-Unis ont présenté leurs « sincères condoléances » et salué les contributions de M. Onaga aux relations nippo-américaines. Le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe, avec qui il était en conflit durable, a réagi tardivement à l’annonce du décès. En marge, le 9 août, de la cérémonie du souvenir du bombardement atomique sur Nagasaki, M. Abe a simplement salué sa « contribution au développement d’Okinawa ».
Sans avoir l’âme d’un activiste, Takeshi Onaga n’a jamais accepté ce qu’il considérait comme le mépris de Tokyo pour Okinawa. Né en octobre 1950 à Naha, la capitale d’un département alors sous occupation américaine, ce fils d’un instituteur également poète et maire du village de Mawashi, étudie à l’université Hosei (Tokyo) avant de se lancer en politique au sein du Parti libéral démocrate (le PLD, au pouvoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les tornades de feu sont dangereuses car il est difficile de prévoir leurs oscillations et leurs déplacements. Spectaculaires, elles sont cependant plutôt rares.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’annonce fait craindre une nouvelle escalade entre les deux pays.
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Affaire Skripal : Moscou compte répliquer aux nouvelles sanctions américaines

L’annonce fait craindre une nouvelle escalade entre les deux pays.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 17h17
   





                        



   


« Inadmissibles », « inamicales », « illégales ». Le Kremlin ne manquait pas de mots jeudi 9 août pour qualifier les nouvelles sanctions économiques américaines contre la Russie, accusée par Washington d’être responsable de l’affaire Skripal.
Sergueï Skripal, ancien agent double russe qui vit désormais en Angleterre, a été victime en mars d’une tentative d’empoisonnement au Novitchok – un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la guerre froide – tout comme sa fille Ioulia, à Salisbury. L’un et l’autre s’en sont sortis, après des semaines d’hospitalisation.
L’affaire avait déclenché une grave crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux, et une vague d’expulsions croisées de diplomates. Et si les tensions entre les deux pays avaient paru s’amoindrir lors des échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine en juillet, l’heure est de nouveau à la confrontation.

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Annoncées mercredi, les sanctions américaines devraient entrer en vigueur autour du 22 août et concerner l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques.
« Partenaire imprévisible »
La Russie a d’ores et déjà averti qu’elle préparait une réplique à ces mesures punitives. « Nous considérons comme absolument inacceptable l’annonce de nouvelles restrictions en lien avec l’affaire de Salisbury et les considérons comme illégales, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Nous démentons encore une fois de la manière la plus catégorique toutes les déclarations sur une quelconque implication de la Russie. »
M. Peskov a qualifié les Etats-Unis de « partenaire imprévisible », mais ajouté « garder l’espoir de relations constructives avec Washington » :
« Ces relations ne sont pas seulement dans les intérêts de nos deux peuples, mais aussi de la stabilité et de la sécurité dans le monde. »
A Moscou, le ministère des affaires étrangères a accusé Washington d’avoir « sciemment choisi le chemin de la confrontation dans les relations bilatérales, qui sont déjà pratiquement réduites à zéro par ses propres efforts ».
Le ministre des finances, Anton Silouanov, a assuré que le gouvernement et la banque centrale disposaient de « tous les instruments nécessaires pour garantir la stabilité financière », relevant que l’économie russe était devenue « ces dernières années bien plus résistante aux chocs extérieurs ».

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L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves. Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum. La police britannique a établi qu’elle avait également été exposée au Novitchok. Londres a salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ».
La Russie est soumise à des sanctions occidentales de plus en plus strictes depuis l’annexion de la Crimée en 2014, contribuant avec la chute des prix des hydrocarbures à provoquer deux ans de récession dont elle est sortie fin 2016. Les Etats-Unis n’ont cessé de renforcer leur arsenal de sanctions ces dernières années, sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections américaines, et ce malgré les promesses de réconciliation de Donald Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Selon le chercheur, le régime n’a pas intérêt à la tenue des élections, car « personne ne votera » pour le dauphin désigné par Joseph Kabila.
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Entretien

Thierry Vircoulon : « Pour le pouvoir congolais, Ramazani est une défaite annoncée »

Selon le chercheur, le régime n’a pas intérêt à la tenue des élections, car « personne ne votera » pour le dauphin désigné par Joseph Kabila.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-09T17:08:23+02:00"

        Le 09.08.2018 à 17h08






    
Le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary, à Kinshasa, le 8 août 2018.
Crédits : JUNIOR D. KANNAH / AFP


Thierry Vircoulon est chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Spécialiste de l’Afrique, il est un observateur de longue date de la scène politique congolaise. La décision de Joseph Kabila de se conformer à la Constitution en ne sollicitant pas un troisième mandat ne lève pas, selon lui, tous les doutes sur la tenue du scrutin prévu le 23 décembre. Il rappelle que si l’alternance politique est une des conditions pour un changement de gouvernance en République démocratique du Congo (RDC), elle est loin d’être suffisante : les principaux leaders de l’opposition sont issus de la même matrice du pouvoir que Joseph Kabila et peu de Congolais attendent un véritable changement de ces élections.

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Le retrait de Joseph Kabila est loin de lever les doutes sur la tenue du scrutin présidentiel prévu le 23 décembre. Pourquoi ?
Thierry Vircoulon Indépendamment du départ de Joseph Kabila, qui était une condition posée par l’opposition, le processus électoral est mal engagé pour garantir un scrutin transparent et crédible. L’opposition a déjà mis en avant un certain nombre de points très concrets, comme l’utilisation de machines à voter qu’elle qualifie de « machines à tricher » ou le manque d’indépendance de la commission électorale chargée de superviser les opérations.
Le financement est aussi problématique. Le gouvernement souhaite en supporter le coût, estimé à plus de 1 milliard de dollars, sans en avoir les moyens. Le risque est donc d’organiser un scrutin au rabais ou de devoir à nouveau le reporter, comme cela a été décidé à plusieurs reprises depuis l’expiration du deuxième mandat de M. Kabila, en décembre 2016.
En désignant Emmanuel Ramazani Shadary comme « dauphin » pour représenter la majorité, vous dites que Joseph Kabila a choisi un perdant incapable de gagner les élections. C’est surprenant…
Ramazani Shadary fait partie de la vieille garde proche du président, mais il a peu d’assise électorale. Personne ne votera pour lui et c’est une autre raison pour laquelle la majorité n’a pas intérêt à la tenue des élections. C’est selon moi le message essentiel de Kabila : « vous voulez des élections, mais si je pars vous partirez avec moi, car Ramazani est une défaite annoncée ». Si par le plus grand des hasards il devait l’emporter, l’ampleur de la fraude n’en serait que plus évidente. Cette situation doit aussi faire réfléchir sur cette norme électorale voulue par les Occidentaux. Elle est devenue un rituel sans apporter le changement attendu.

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Les principales figures de l’opposition disent vouloir se rassembler derrière un seul candidat. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
C’est possible, car ils y ont intérêt dans le cadre d’un scrutin qui se joue à un tour. Mais cela n’ouvre pas la perspective d’une vraie alternance pour les Congolais. Il faut se rappeler que Jean-Pierre Bemba ou Moïse Katumbi sont issus de la même matrice du pouvoir que Joseph Kabila. La RDC est un pays de rente des matières premières et le pouvoir se convoite uniquement pour être en situation de continuer à piller.
Moïse Katumbi n’a pas pu déposer sa candidature, Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe me semblent avoir très peu de chances. Seul Jean-Pierre Bemba soulève les foules, comme il l’a démontré lors de son retour à Kinshasa après dix années d’exil et d’emprisonnement à la Cour pénale internationale. Et c’est ce qui est misérable. Il y a des Congolais qui, pour voir partir Kabila, sont capables de donner leur voix à celui qui a fait tirer sur la population de Kinshasa à coup de canons en 2006.

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Voilà l’image du désespoir de cette population qui n’a aucune alternative politique réelle vers laquelle se tourner. L’histoire du Congo tourne en rond, comme dans les autres pays d’Afrique centrale.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ La coalition internationale au Yémen emmenée par l’Arabie saoudite a admis avoir lancé une attaque dans le nord du pays, évoquant un acte de guerre « légitime ».
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Yémen : au moins 29 enfants tués dans une attaque contre un bus

La coalition internationale au Yémen emmenée par l’Arabie saoudite a admis avoir lancé une attaque dans le nord du pays, évoquant un acte de guerre « légitime ».



Le Monde
 |    09.08.2018 à 17h04
   





                        



   


Au moins 29 enfants ont été tués dans l’attaque qui a visé un bus jeudi 9 août dans le nord du Yémen, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Un hôpital dans la province de Saada soutenu par le CICR « a reçu les corps de 29 enfants âgés de moins de 15 ans et 48 blessés, dont 30 enfants », a annoncé l’organisation humanitaire sur son compte Twitter.
Un porte-parole du CICR dans la capitale yéménite, Sanaa, a précisé à l’Agence France-Presse qu’il ne s’agissait pas là d’un bilan définitif de l’attaque, puisque les victimes ont été transportées vers plusieurs hôpitaux.

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La coalition internationale au Yémen, emmenée par l’Arabie saoudite, a admis avoir lancé une attaque dans le nord du pays, évoquant un acte de guerre « légitime ».
« L’attaque qui s’est produite aujourd’hui dans la province de Saada est une opération militaire légitime contre des éléments qui ont (…) tiré la nuit dernière un missile contre la ville [saoudienne] de Jizane, faisant un mort et des blessés parmi les civils », a fait savoir dans un communiqué la coalition.
Une intervention qui dure depuis 2015
Celle-ci intervient au Yémen depuis mars 2015 en soutien aux forces de président Abd Rabbo Mansour Hadi contre des rebelles, soutenus par l’Iran, qui contrôlent une partie du pays, dont la capitale.
Il y a une semaine, la coalition avait nié avec force avoir lancé des attaques qui ont fait, selon le CICR, 55 morts et 170 blessés à Hodeïda, dans l’ouest du Yémen. Elle a toutefois admis sa responsabilité dans certains raids ayant tué des civils mais accusé les rebelles houthistes de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ jardins de dictateurs 5/6 Le palais du Printemps de Bucarest, qui a récemment ouvert au public, a toujours été entouré de mystère. Il donne toutefois des indications sur la vie privée du dictateur roumain, entre verdure et dorures kitch.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Après dix ans d’exil aux Etats-Unis, le bouillant militant oromo a été accueilli en héros par ses partisans, mais les autorités le surveillent comme le lait sur le feu.
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Portrait

Jawar Mohammed, l’homme dont le retour fait frémir l’Ethiopie

Après dix ans d’exil aux Etats-Unis, le bouillant militant oromo a été accueilli en héros par ses partisans, mais les autorités le surveillent comme le lait sur le feu.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-09T16:35:20+02:00"

        Le 09.08.2018 à 16h35






    
Des partisans de Jawar Mohammed célèbrent son retour en Ethiopie, à Addis-Abeba, le 5 août 2018.
Crédits : TIKSA NEGERI / REUTERS


Ce fut l’un de ses premiers gestes après son arrivée. Dès qu’il a foulé le sol d’Ambo, lundi 6 août, Jawar Mohammed a ôté ses chaussures. Cette ville de la région Oromia, la plus vaste d’Ethiopie, située à 120 km à l’ouest d’Addis-Abeba, a été au coeur d’une contestation anti-gouvernementale qui a duré plus de trois ans. Jusqu’à la démission du premier ministre Hailemariam Desalegn, en février. M. Jawar ressentait le besoin de se rendre auprès de ceux à qui il a parlé « jour et nuit ». « J’étais si fier d’eux. Ils ont montré l’exemple à tout le pays. Je leur avais promis qu’un jour, quand viendrait la liberté, je marcherais pieds nus, raconte-t-il. C’était très émouvant. »
« C’est bon de ne plus être un terroriste »
Il y a encore quelques mois, Jawar Mohammed, 32 ans, n’aurait pas pu faire ce geste. Le directeur exécutif de la chaîne Oromia Media Network (OMN), qui vivait aux Etats-Unis, était persona non grata en Ethiopie, où il n’avait pas posé un orteil depuis dix ans. C’était l’un des ennemis jurés du régime qui, en 2017, l’a inculpé d’incitation à la violence. Son média, diffusé par satellite, était interdit. Mais ces charges ont été abandonnées après l’arrivée au pouvoir du nouveau chef de gouvernement, Abiy Ahmed. « C’est bon de ne plus être un terroriste », s’est réjoui l’ancien proscrit lors d’une conférence de presse à son arrivée, dimanche.

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En Ethiopie, la simple évocation de son prénom suscite avec une même intensité admiration ou aversion. Habitant de Minneapolis, il est l’un des artisans « visibles » du mouvement qui a contribué à faire plier le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), la coalition au pouvoir depuis vingt-sept ans. Diplômé des universités de Columbia et de Stanford, cet homme au visage rond et au petit bouc a réussi à devenir « le stratège et le communicant de la révolution » oromo à 12 000 km de distance. Son arme ? Son immense popularité sur les réseaux sociaux : 72 000 abonnés sur Twitter et près de 1,4 million sur Facebook.
Pendant trois ans, rivé sur son écran d’ordinateur, il s’est insurgé contre la répression des manifestations et l’oppression historique des Oromo, la communauté la plus nombreuse du pays, dont il est issu. Il a vilipendé le pouvoir et dicté la conduite à une base militante présente sur le terrain : les Qeerroo, les jeunes manifestants oromo. Blocus, boycotts, manifestations… Ces jeunes à la pointe de la contestation obéissaient au doigt et à l’œil aux ordres de ce gourou virtuel qu’ils ont accueilli en héros.
Il se dit « Oromo d’abord »
« Nous avons conçu un mouvement horizontal où le gouvernement ne pouvait pas détecter où se trouvait la chaîne de commandement », explique M. Jawar avec fierté et le souci de conserver une part d’ombre. Il prétend que ce mouvement a réussi à « infiltrer » l’Organisation démocratique des peuples oromo (OPDO), parti membre de la coalition au pouvoir, dirigé par M. Abiy, qui s’est rangé du côté des manifestants dès fin 2016 et a impulsé un changement à l’intérieur de l’EPRDF. « Nous avons créé une machinerie mystérieuse, sophistiquée et efficace », dit-il d’un ton sibyllin.

    
Le militant oromo Jawar Mohammed lors d’une conférence de presse à son arrivée à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 5 août 2018.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Les déclarations choc de M. Jawar ont, par le passé, fait de lui un personnage controversé. Cet ethno-nationaliste de confession musulmane se prétend « Oromo d’abord », avant d’être Ethiopien. Il a régulièrement été accusé de prêcher la haine, notamment contre les Chrétiens. En 2013, dans une vidéo, il disait : « Mon village est musulman à 99 %. Si quelqu’un s’exprime contre nous, nous lui trancherons la gorge avec une machette. » Une déclaration totalement « sortie de son contexte », se justifie-t-il a posteriori, prétextant de la diversité religieuse de sa famille, sa mère étant chrétienne et son père musulman. Il estime que ses adversaires ont tenté de l’« attaquer avec le discours mondial contre l’islamisme et l’extrémisme ».

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Pas question non plus d’accepter l’étiquette de mauvais génie que lui ont collée ses détracteurs. « Si je prêchais la haine, j’aurais détruit l’EPRDF pour ce qu’ils ont fait à mon peuple, à mes camarades. Ils étaient à la merci des Qeerroo, affirme-t-il. Si nous voulions séparer ce pays, c’était si facile, et nous pouvons le faire maintenant, cela ne nous prendrait pas une semaine. Aujourd’hui, nous pouvons déclarer une Oromia indépendante, personne ne peut nous arrêter. » Mais M. Jawar l’assure, il n’est pas sécessionniste et croit au modèle éthiopien de fédéralisme ethnique, instauré dans les années 1990, à condition qu’il y ait la démocratie et une autonomie des régions.
Un personnage provocateur
Cependant, certains observateurs ne peuvent s’empêcher de craindre le réveil d’un ultranationalisme oromo et les agissements d’un personnage provocateur, fier d’avoir « créé une génération prête à mourir en masse ». « Jawar est très dangereux, d’une ambition folle et démagogue. En fait, tout le monde le ménage parce qu’il a une immense popularité, notamment auprès des Qeerroo, mais tout ce que l’Oromia compte de leaders politiques et d’intellectuels s’en méfient comme de la peste », souligne un observateur.
Engagé dans une politique de réconciliation avec l’opposition et de séduction d’une diaspora importante et souvent sans concessions envers les autorités, M. Abiy l’a rencontré fin juillet lors d’une tournée américaine… Peut-être dans l’espoir d’assourdir une voix en mesure d’altérer sa popularité et de susciter des réticences à ses réformes.
Aujourd’hui, M. Jawar salue le fait que le nouveau gouvernement soit « sur la bonne voie » mais avertit qu’il demeure sous surveillance et que la « lutte » n’est pas terminée. « Nous devons veiller à ce que le pays évolue très rapidement vers la démocratie et faire en sorte qu’il y ait suffisamment de pression sur le gouvernement pour aller vers des élections libres, équitables et compétitives » en 2020.

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Le militant souhaite pour l’heure réviser la ligne éditoriale de son média, créé en 2014 et financé par la diaspora. Le journaliste Mohammed Ademo, fondateur et rédacteur en chef du site OPride, salue cette décision : « Jawar a utilisé cette plate-forme pour amplifier la voix des manifestants. Journalistiquement, ils ont commis des erreurs. Ils surestimaient le nombre de morts, utilisaient de mauvaises photos qui ne venaient pas d’Oromia, étaient motivés par leurs émotions et leur agenda. Mais ils ont réussi et je suis heureux pour lui et son organisation, qui, je l’espère, va devenir un média professionnel. »
L’objectivité de Jawar Mohammed devrait rapidement être mise à l’épreuve. Il jure en tout cas ne pas avoir d’ambition politique. « Je veux être un conseiller. Je suis ici pour servir les gens », assure-t-il. Et plus seulement derrière un ordinateur.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Vague d’arrestations de journalistes en Biélorussie

Les autorités accusent certains médias d’avoir consulté de façon illégale les informations de l’agence de presse officielle Belta. Un « prétexte », selon les intéressés, pour les faire taire.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 16h15
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Les forces de l’ordre biélorusses ont procédé, ces derniers jours, à une importante vague d’arrestations de journalistes travaillant pour les rares médias indépendants du pays. Les chiffres précis sont difficiles à obtenir, et plusieurs d’entre eux ont été relâchés après avoir été retenus entre quelques heures et deux jours, mais une quinzaine de personnes en tout auraient été interpellées depuis mardi 7 août. Jeudi, au moins six journalistes étaient toujours incarcérés. Le même jour, la rédactrice en chef de l’agence de presse BelaPan, Irina Levchina, venait s’ajouter à cette liste.
Trois sites sont visés : outre BelaPan, il s’agit de Realt.by et Tut.by, le plus important média biélorusse indépendant en ligne, volontiers critique du pouvoir. Sa rédactrice en chef, Marina Zolotova, a été arrêtée mardi, en même temps que deux journalistes du site. Les locaux de Tut.by, ainsi que les logements de certains journalistes, dont celui d’un correspondant de la radio allemande Deutsche Welle, ont aussi fait l’objet de perquisitions. Des ordinateurs, des téléphones et des documents ont été saisis.
Le motif avancé par les autorités est surprenant. Celles-ci accusent ces médias et leurs journalistes d’avoir consulté de façon illégale, sans payer d’abonnement, les informations de l’agence de presse officielle Belta. La maison d’édition Belorousskaïa Naouka est également visée dans la même affaire, ont précisé les enquêteurs, qui disent avoir enregistré en 2017 et 2018 au total plus de 15 000 connexions non autorisées aux services de l’agence, avec, pour résultat, « un préjudice important ».
Le contrôle strict des médias reste une constante
Cette accusation en apparence anodine pourrait avoir des conséquences lourdes. Selon le code pénal biélorusse, cette infraction est punie par des peines allant jusqu’à deux ans de prison et une interdiction temporaire d’exercer le journalisme.
« Nous ne sommes pas abonnés à Belta, mais, avec l’autorisation de cette agence, nous utilisons certaines informations de leur site en les référençant avec un lien hypertexte », a expliqué à l’AFP la rédactrice en chef de l’agence BelaPan. Contacté par Le Monde, le fondateur de Tut.by, Iouri Zisser, qui a lui-même été interrogé deux heures mercredi, se montre plus explicite : « Le ministère de l’intérieur a trouvé un excellent prétexte pour punir des journalistes peu accommodants. »
Le régime d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a opéré ces dernières années une relative libéralisation, avec notamment la libération des derniers prisonniers politiques détenus dans le pays. Ce geste, combiné à une légère amélioration des conditions d’organisation du scrutin présidentiel de 2015, avait permis un rapprochement avec l’Union européenne et la levée, début 2016, des sanctions européennes et américaines. La timide normalisation de ses relations avec l’Ouest est d’autant plus vitale pour Minsk que M. Loukachenko cherche à éviter un tête-à-tête exclusif avec Moscou, son allié traditionnel. Et ce d’autant plus que la Russie a réduit les montants alloués au soutien de l’économie biélorusse.
Le contrôle strict des médias reste toutefois une constante de ce régime autoritaire. Sa timide ouverture avait déjà été remise en cause par les centaines d’arrestations effectuées dans la foulée des manifestations sociales de mars 2017. Le Conseil de l’Europe, dont Minsk n’est pas membre, a exprimé sa préoccupation face aux arrestations de ces derniers jours et appelé à la libération des journalistes. Reporters sans frontières, qui place la Biélorussie parmi les vingt-cinq Etats les plus répressifs pour les journalistes, a aussi dénoncé une « tentative d’intimidation des médias indépendants » et un « harcèlement ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ils ont été secourus la semaine dernière par l’ONG Open Arms au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Un navire humanitaire accoste avec 87 migrants en Espagne, la France en accueillera une vingtaine

Ils ont été secourus la semaine dernière par l’ONG Open Arms au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 18h07
   





                        



   


Un navire espagnol de l’ONG Open Arms a accosté, jeudi 9 août, dans le port d’Algésiras avec 87 migrants, dont 12 enfants à son bord. Ils ont été secourus la semaine dernière au large des côtes de la Libye alors qu’ils se trouvaient sur un canot pneumatique qui dérivait en mer, a précisé l’ONG.
Parmi les personnes secourues, on compte 84 Soudanais, un Syrien, un Egyptien et un Gambien. Quelques heures après l’arrivée du navire dans le sud de l’Espagne, l’Elysée a annoncé que la France allait accueillir une vingtaine de migrants.
« Dans un esprit de solidarité européenne » et « compte tenu de la situation que connaît l’Espagne, confrontée à une arrivée importante de migrants », la France a décidé d’accueillir une partie des passagers, comme pour ceux débarqués récemment à Valence (Aquarius), Malte (Lifeline) et Pozzallo en Sicile, explique l’Elysée dans un communiqué.
Une équipe de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui délivre le statut de réfugié, se rendra très rapidement sur place pour examiner les situations individuelles et identifier celles « en besoin de protection », ajoute le texte – c’est-à-dire celles pouvant obtenir le droit d’asile.
L’Espagne, première porte d’entrée des migrants en Europe
L’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée en Europe de migrants. Près de 24 000 sont arrivés par la mer en Espagne depuis janvier, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Le pays, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez, a ainsi ouvert un centre d’accueil à Algésiras pour accueillir les nouveaux migrants. En offrant un port sûr à ce bateau, l’Espagne prend de nouveau le contre-pied de l’Italie, qui refuse cet été d’accueillir les navires des organisations non gouvernementales sillonnant la Méditerranée pour porter secours aux migrants en péril.

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            data-slide-description="Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne."
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            data-slide-description="D’après les autorités, ils sont 1 242 a avoir été secourus ce jour-là."
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            data-slide-description="Avec plus de 22 000 migrants arrivés durant les sept premiers mois de l’année, l’Espagne est devenue la principale voie d’accès des migrants en Europe."
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            data-slide-description="Le lendemain matin, 72 hommes sont entassés sur le pont du « Salvamar-Arcturus », un bateau de sauvetage rentré bondé au petit port de Tarifa."
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            data-slide-description="Les infrastructures d’accueil sont débordées."
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            data-slide-description="Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez s’est décidé à demander une aide à l’Union européenne, pour faire face à l’urgence."
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            data-slide-description="A Algésiras, le commandement du Système intégral de surveillance extérieure de la garde civile contrôle les 112 km de côtes qui vont de Barbate à Sotogrande."
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            data-slide-description="« J’ai une embarcation avec des migrants en eaux espagnoles », annonce le sous-lieutenant Manuel Fuentes par radio, à une patrouille stationnée à Barbate."
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            data-slide-description="Des radars infrarouges et caméras de surveillance à longue portée ont été installés."
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            data-slide-description="Le port d’Algésiras aussi abrite des centaines de migrants."
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            data-slide-description="Ils seront transférés en bus dans differents centres de prise en charge."
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            data-slide-description="La police a inauguré un centre de débarquement et d’identification des migrants sur le port de San Roque, près d’Algésiras, afin de les accueillir dans des « conditions humaines » et d’éviter à l’avenir les scènes de migrants, parqués sur le port, en plein soleil pendant des heures."
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            data-slide-description="Des migrants font signe à un nouveau bateau de sauvetage tout juste arrivé au port d’Algésiras."
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Vendredi 27 juillet, des migrants secourus en plein milieu du détroit de Gibraltar attendent d’être pris en charge dans le port de Tarifa, situé à la pointe sud de l’Espagne.

José Colón / MeMo pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le rejet de ce texte, pourtant approuvé par la Chambre des députés en juin, met fin aux espoirs des organisations féministes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

En Italie, la colère des forçats de la tomate

Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 16h32
   





                        



   


« Plus jamais des esclaves ». Mercredi 8 août, des centaines de travailleurs agricoles, essentiellement africains, ont délaissé les champs de tomates du sud de l’Italie pour manifester leur colère, après la mort de seize d’entre eux dans deux accidents de la route. Samedi 4, puis lundi 6 août, deux fourgonnettes ramenant des ouvriers agricoles à la fin de la journée sont entrées en collision frontale avec des camions de tomates : seize morts et quatre blessés graves, tous d’Afrique noire à l’exception du conducteur marocain de la seconde fourgonnette.
Dans la chaleur et la poussière, des dizaines d’entre eux ont marché pendant trois heures sur les petites routes défoncées de la région pour gagner Foggia, où d’autres les ont rejoints devant la préfecture. Ils dénoncent leurs conditions de travail, d’hébergement, ainsi que le niveau de leurs salaires.
Intermédiaires mafieux
Bien qu’ils soient quasiment tous en situation régulière − avec un permis de séjour ou une demande d’asile en cours d’examen −, les ramasseurs de tomates qui s’escriment sous un soleil de plomb bénéficient rarement des conditions de travail et de rémunération requises par la loi. Beaucoup de ces immigrants venus d’Afrique, mais aussi de l’Europe de l’Est, sont contraints de loger dans des squats ou des bidonvilles en rase campagne.
Si certains ont un contrat de travail, ils n’ont quasiment jamais de fiche de paie. Et beaucoup sont obligés de s’en remettre à des intermédiaires souvent mafieux pour se rendre sur les exploitations.
« Je travaille 8 à 10 heures par jour pour 30 euros, avec seulement trente minutes de pause à midi, et je dois encore verser cinq euros chaque jour pour le transport », a ainsi dénoncé un Malien de 22 ans, dont la rémunération apparaît dans la moyenne des témoignages recueillis. En principe, les accords de branche dans l’agriculture italienne prévoient un salaire minimum de 48 euros brut pour des journées de sept heures maximum.

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Beaucoup de manifestants portaient des caisses de tomates : « Tu sais combien coûtent les tomates italiennes ? Le prix du sang des Africains », a lancé Kogyate Diakine, un Ivoirien de 41 ans installé en Italie depuis douze ans. « Nous sommes découragés et mal accueillis. Ici, nous ne sommes rien », a ajouté Barri Alfa, un autre Ivoirien arrivé il y a quinze ans.
La Coldiretti, le principal syndicat agricole, a, pour sa part, dénoncé les pressions du marché, expliquant que dans une bouteille de coulis de tomates vendue 1,30 euro dans les supermarchés italiens, la tomate représentait 8 % du prix, contre 10 % pour la bouteille, 18 % pour le traitement industriel et 53 % pour la distribution.
Promesse d’une multiplication des contrôles
Mardi, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), venu rencontrer les autorités mais aussi des représentants des ouvriers agricoles, a promis une multiplication des contrôles. « C’est un problème de mafia. Dans la province de Foggia, il y a une criminalité mafieuse que j’ai l’intention d’éradiquer rue par rue, village par village, par tous les moyens légaux », a-t-il prévenu.
Le procureur de Foggia, Ludovico Vaccaro, a confirmé à la presse que les enquêtes autour de la main-d’œuvre agricole révélaient « parfois une gestion par des groupes mafieux » mais qu’il n’y avait « pour l’instant pas d’élément allant dans ce sens » dans l’enquête sur les deux accidents mortels.
A travers le pays, certains ont aussi fait le lien avec le fait que le 8 août est la « journée du sacrifice des travailleurs italiens dans le monde », en hommage aux victimes d’un accident minier qui avait fait 262 morts, dont 136 Italiens, le 8 août 1956 dans une mine à Marcinelle en Belgique.
« De Marcinelle à Foggia, du charbon aux tomates. Nos grands-parents ont subi discrimination et exploitation, comme ceux qui sont exploités aujourd’hui par des Italiens sans scrupule », a commenté Pietro Grasso, chef de file de la gauche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les images de la journée de mobilisation de mercredi à Buenos Aires montrent une capitale coupée en deux, entre militants pro et anti-IVG.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président sortant a décidé de ne pas briguer un troisième mandat et a choisi son ex-ministre de l’intérieur comme candidat à l’élection prévue en décembre.
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Décryptage

RDC : Joseph Kabila se retire de la course tout en préservant l’avenir

Le président sortant a décidé de ne pas briguer un troisième mandat et a choisi son ex-ministre de l’intérieur comme candidat à l’élection prévue en décembre.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
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        Le 09.08.2018 à 11h44

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        Mis à jour le 09.08.2018 à 12h06






    
Le président Joseph Kabila (gauche) à New York, en septembre 2017, et son dauphin désigné, Emmanuel Ramazani Shadary, à Kinshasa, le 8 août 2018.
Crédits : BRYAN R. SMITH,JUNIOR D. KANNAH / AFP


A la tête de la République démocratique du Congo depuis dix-sept ans, Joseph Kabila ne briguera pas un troisième mandat, qui aurait été contraire à la Constitution. Le doute a été levé quelques heures seulement avant la clôture des inscriptions pour le scrutin prévu le 23 décembre par la désignation d’un dauphin qui portera les couleurs du Front commun pour le Congo (FCC), la plate-forme créée il y a quelques semaines pour organiser les ralliements autour du pouvoir en place.
Il s’agit d’Emmanuel Ramazani Shadary, 57 ans, un pilier du régime, parvenu, il y a quelques mois, à la tête du parti de M. Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, après avoir été ministre de l’intérieur et de la sécurité. Il est, depuis mai 2017, sous le coup de sanctions de l’Union européenne (gel des avoirs financiers et restrictions à la liberté de circuler).

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Bruxelles lui reproche « un usage disproportionné de la force » et son engagement « dans la planification et la mise en œuvre d’actes qui constituent de graves violations des droits humains en RDC ». Sont visées la répression des manifestations de l’opposition en 2017 à Kinshasa mais aussi les interventions pour réduire les rébellions locales comme dans la province centrale du Kasaï, où les troubles ont entraîné le déplacement de plus de 1 million de personnes et une crise humanitaire d’une extrême gravité.
L’homme propulsé sur le devant de la scène ne faisait pas partie des favoris dont les noms circulaient ces derniers jours à Kinshasa à l’instar de l’ancien premier ministre, Augustin Matata Ponyo, apprécié des bailleurs étrangers ou du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku. « C’est le choix du président et de lui seul », assure André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité présidentielle.
« Un soldat du parti »
« Le président a reçu séparément chacune des quatorze formations de la majorité et leur a demandé de lui proposer dans le secret quatre noms de personnalités pouvant représenter le Front commun pour le Congo, explique-t-il. Puis, il s’est retiré dans la solitude de sa responsabilité morale et il a pris sa décision. »
Ce choix constitue en tout cas une solution « rassurante pour Joseph Kabila et son entourage », selon Christoph Vogel, chercheur à l’université de Zurich et spécialiste de l’Afrique centrale : « Emmanuel Ramazani est considéré comme un soldat du parti qui contrairement à d’autres n’a jamais été suspecté de double jeu. S’il arrive au pouvoir, le risque qu’il remette en cause les privilèges des caciques du régime à la manière du nouveau premier ministre en Ethiopie apparaît faible. Les sanctions internationales, dont il fait l’objet l’inciteront d’autant plus à être loyal. »

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L’opposition s’est aussitôt réjouie du retrait de Joseph Kabila, arraché de haute lutte dix-neuf mois après l’expiration officielle de son second mandat fin 2016. « Il a fini par céder aux pressions venues de toutes parts, du peuple congolais, de nos voisins, de la communauté internationale. Mais nous n’accepterons pas des élections qui ne soient pas crédibles », prévient Martin Fayulu, président du parti EciDé (Engagement pour la citoyenneté et le développement) et candidat à la présidentielle.
Depuis plusieurs mois, au nom de la stabilité régionale, un intense ballet diplomatique conduit par l’Angola et l’Afrique du Sud, s’était déployé autour du président pour le convaincre de quitter le pouvoir.
Points de contentieux
Vingt-cinq hommes et une femme se sont présentés pour la course à la présidence. Sur la liste figurent Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi décédé en février 2017 ; l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe ; ou encore l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba, acquitté en juin par la Cour pénale internationale des accusations de crimes de guerre et de crime contre l’humanité et dont la libération a bousculé le paysage électoral.
Les principaux acteurs de l’opposition ont annoncé leur intention de se rassembler en vue d’une candidature unique
Toujours sénateur et patron du Mouvement de libération du Congo, son absence du pays pendant plus de dix ans ne semble pas avoir entamé sa popularité auprès de ses partisans qui ont accueilli son retour par des manifestations de liesse le 1er août. En revanche, en dépit des appels de l’Eglise catholique et de l’Union africaine qui en des termes diplomatiques a appelé à une élection « inclusive », l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, en exil depuis 2016, s’est vu empêché de rentrer sur le territoire pour déposer sa candidature à temps.
Dans la perspective d’un scrutin à un tour, ces principaux acteurs de l’opposition ont annoncé leur intention de se rassembler en vue d’une candidature unique, sans laquelle une victoire parait bien plus incertaine mais qui semble très hypothétique au regard des ambitions personnelles.

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Ils réclament « des mesures de décrispation politique » par la libération des militants emprisonnés au cours des deux dernières années ou le retour de ceux contraints à l’exil. La validation du fichier électoral et l’utilisation de machines à voter à la fiabilité très controversée demeurent deux points de contentieux importants.
Mercredi 8 août, Joseph Kabila est resté, comme à son habitude, silencieux. Mais ceux qui l’observent prennent garde de ne pas proclamer trop vite sa retraite. Il disposera d’un statut de sénateur à vie et s’est aménagé un poste de président à la tête de son parti qui laisse penser qu’à 47 ans, il considère certainement qu’il n’entend pas disparaître de l’échiquier politique congolais.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Au Bangladesh, le gouvernement veut envoyer 100 000 Rohingya sur Bhasan Char, une île régulièrement inondée.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Ils font partie des plus de 400 000 personnes recensées comme apatrides dans le pays. Une situation les privant de passeport pour voyager, les empêchant de se marier légalement, d’obtenir un emploi ou encore de voter.
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Thaïlande : l’entraîneur et trois garçons apatrides rescapés de la grotte obtiennent la nationalité

Ils font partie des plus de 400 000 personnes recensées comme apatrides dans le pays. Une situation les privant de passeport pour voyager, les empêchant de se marier légalement, d’obtenir un emploi ou encore de voter.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 15h50
   





                        



   


Ils espéraient que l’émotion suscitée en Thaïlande par le drame de la grotte puisse faire prendre conscience du problème des apatrides. C’est un début. Ekkapol Chantawong, jeune entraîneur de football et seul adulte du groupe de rescapés, ainsi que trois des enfants de l’équipe des Sangliers sauvages, restés bloqués durant plusieurs semaines dans une des plus grandes grottes du pays, ont obtenu la nationalité thaïlandaise lors d’une cérémonie, mercredi 8 août, rapporte Le Guardian.
Le chef du district dont sont originaires l’entraîneur de 25 ans et les trois garçons leur a remis leurs cartes nationales d’identité. Celui-ci a affirmé que leur naturalisation n’avait rien à voir avec le drame de la grotte et qu’ils avaient entamé les démarches auparavant, remplissant toutes les conditions pour un changement de statut. Le gouvernement local ne s’est pourtant pas privé de vanter l’événement sur sa page Facebook : « Victoire pour les Sangliers sauvages ! Ils ont obtenu la nationalité thaïlandaise. »

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400 000 apatrides en Thaïlande
Pourtant nés en Thaïlande, Ekkapol Chantawong et les trois jeunes garçons, Adul, Mongkol et Pornchai, font partie des plus de 400 000 personnes recensées comme apatrides dans le pays, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Des personnes n’ayant ni nationalité ni pays.
Moine novice pendant plusieurs années dès l’âge de dix ans, le jeune entraîneur rescapé est de l’ethnie Tai Lue, très présente à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. Les combats entre groupes ethniques et armée en Birmanie, voisine, sont l’une des principales raisons à cette présence massive d’apatrides, vivant souvent dans des camps depuis des années, dans les zones frontalières entre les deux pays.
Sans nationalité jusqu’alors, l’entraîneur et les trois garçons n’avaient pas de passeport : impossible donc pour eux de se rendre en Angleterre pour assister à un match de Manchester United, comme les y avait invités le club de football anglais le 10 juillet, après l’annonce de la fin de leur calvaire.
« Obtenir la nationalité [thaïe] est le plus grand espoir des garçons (…). Par le passé, ils ont été embêtés pour des matchs qui se jouaient en extérieur » à cause des restrictions de déplacements pour les apatrides, témoignait alors le fondateur du club de football auquel appartient l’équipe, Nopparat Khanthavong. « Ils ne peuvent pas non plus devenir joueurs professionnels », déplorait-il.
Ce dernier s’est réjoui, mercredi, de leur naturalisation : « Désormais, si, à l’avenir, ils ne veulent pas devenir footballeurs, ils pourront passer des examens pour devenir fonctionnaires ou trouver un bon travail à la sortie de leurs études. »
Ni droit de vote, ni mariage, ni compte en banque ou emploi
Les apatrides sont certes souvent scolarisés et intégrés à la vie locale, comme Ekkapol, qui a passé son adolescence dans un monastère bouddhiste, une solution d’éducation souvent choisie par les familles pauvres en Thaïlande. Mais ils ne peuvent se marier légalement, ni obtenir un emploi ou un compte en banque, posséder des biens ou voter.
La Thaïlande s’est engagée à enregistrer tous les apatrides d’ici à 2024 mais d’ici là, le flou règne. « Ce problème rencontré par plusieurs garçons de la grotte devrait servir de piqûre de rappel à la Thaïlande » et lui rappeler l’ampleur de la population apatride dans le pays, espère Pornpen Khongkachonkiet, d’Amnesty International en Thaïlande.
Agés de 11 à 16 ans, les douze membres de l’équipe de football des Sangliers sauvages étaient restés bloqués, à partir du 23 juin et pour certains jusqu’au 10 juillet, dans la grotte de Tham Luang. Ils ont survécu en buvant l’eau qui ruisselait sur les parois de la grotte, restant pendant neuf jours sans contact avec l’extérieur.
Après leur sauvetage quasi miraculeux et une semaine à l’hôpital, ils ont été accueillis dans un monastère bouddhiste, dont ils ont achevé samedi une retraite de 11 jours effectuée en hommage au plongeur mort pendant l’opération de secours.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.
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Urgence pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Editorial. En grève de la faim depuis le 14 mai en Russie, l’état de santé du cinéaste, condamné en août 2015 à vingt ans de prison, est très critique.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 13h20
   





                        


Editorial du « Monde ». Si rien ne se passe, Oleg Sentsov va mourir. Le cinéaste ukrainien de 42 ans a été arrêté en Crimée, le 10 mai 2014, par les services russes de sécurité, deux mois après le pseudo-référendum de rattachement de la Crimée à la Russie dont il contestait la validité. Condamné en août 2015, au terme d’une caricature de procès, à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation et participation à un groupe terroriste », il est détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie.

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Depuis le 14 mai – depuis quatre-vingt-huit jours –, le cinéaste a commencé une grève de la faim pour exiger la libération des quelque 70 Ukrainiens emprisonnés comme lui par la Russie pour des raisons politiques et dont il a endossé le combat de la plus radicale des manières. Ajoutons que ce combat dépasse le cas des Ukrainiens et renvoie au cynisme d’une justice russe sans vergogne à l’encontre de Iouri Dmitriev, historien de Carélie analysant les purges staliniennes, incarcéré pour d’invraisemblables accusations de pédophilie, ou d’Oyoub Titiev, dernier défenseur des droits de l’homme à travailler en Tchétchénie, poursuivi sur des charges farfelues de détention de marijuana.
Pour éviter d’être alimenté de force, Oleg Sentsov a récemment accepté de prendre deux ou trois cuillères de substituts alimentaires chaque jour. Ce n’est pas cela qui l’empêchera de mourir. Les informations en provenance de son lieu de détention sont rares et filtrées par les autorités, mais son avocat, qui a pu le voir mardi 7 août, l’assure : le cinéaste est en train de mourir, et il y est déterminé.
Moscou paraît prêt à le laisser mourir
C’est intolérable. D’autant plus que, depuis le début de cette sinistre affaire, le Kremlin semble décidé à faire du cas Sentsov un exemple. Le message se veut clair : ceux qui s’opposent à l’annexion de la Crimée subiront son sort. Ainsi, les autorités russes sont restées sourdes à tous les appels lancés pour obtenir sa libération ou même pour laisser des médecins indépendants lui rendre visite. Quel qu’en soit le coût en matière d’image, Moscou paraît prêt à le laisser mourir.
Il est donc urgent de renforcer les protestations pour faire admettre au président russe que c’est inacceptable. Depuis quatre ans, les milieux du cinéma et de la culture se sont largement mobilisés pour défendre Oleg Sentsov. Les dirigeants occidentaux doivent accentuer la pression. Emmanuel Macron a été en pointe dans ce dossier. Le président français a évoqué l’affaire Sentsov à deux reprises avec Vladimir Poutine. Mais celui-ci est resté de marbre.

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Les responsables européens peuvent et doivent faire plus. Ils ne peuvent ignorer que, par le passé, Vladimir Poutine s’est déjà montré sensible aux pressions des opinions publiques et de leurs dirigeants. Mikhaïl Khodorkovski, les Pussy Riot, la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko ont été libérés avant le terme de leurs peines même si, à chaque fois, le président russe a tenu à rester maître du calendrier. Il y a donc encore un espoir qu’il faut saisir.
C’est une affaire de principe. Humanitaire, évidemment. Mais aussi politique. Depuis des années, le président russe table sur la faiblesse des réactions européennes à sa politique impérialiste – en Crimée et dans le Donbass, après l’Ossétie du Nord et l’Abkhazie. Le combat d’Oleg Sentsov démontre, dramatiquement, que la défense de la liberté n’a pas de prix. Les Européens se doivent d’adresser le même message à Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les sénateurs argentins se sont prononcés, jeudi matin, contre la légalisation de l’IVG mais le camp prochoix se félicite d’avoir fait avancer sa cause.
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Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris »

Les sénateurs argentins se sont prononcés, jeudi matin, contre la légalisation de l’IVG mais le camp prochoix se félicite d’avoir fait avancer sa cause.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 14h32
    |

            Angeline Montoya et 
Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



Le Sénat argentin a raté le rendez-vous avec l’histoire. Cette fois, la pression de la rue n’aura pas suffi. Malgré les centaines de personnes (2 millions, selon les organisatrices) bravant la pluie et le froid dans Buenos Aires, malgré, également, la pression internationale, seuls 31 sénateurs ont voté pour la légalisation de l’avortement, aux premières heures du jeudi 9 août, et 38 ont voté contre. « Il faut plutôt dire qu’ils ont voté pour l’avortement clandestin, fustigeait l’actrice Alejandra Flechner, en marge d’une conférence de presse de l’Association des actrices argentines, qui se sont beaucoup mobilisées pour le projet. Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris, ils ont méprisé deux millions de personnes dans la rue, mais le coût politique sera énorme pour eux. » Des incidents mineurs ont éclaté à la fin du rassemblement, vers 3 heures du matin, et huit personnes ont été arrêtées.
Punir ces « dinosaures » lors des prochaines élections d’octobre 2019, tel était le mot d’ordre chez les militantes prochoix après le vote des sénateurs, jeudi matin, faisant suite à seize heures de débats. « Cette journée a rendu évident le hiatus entre le Sénat, réactionnaire, et la population, qui est majoritairement acquise à la légalisation de l’avortement, soutient la journaliste Ximena Schinca. La différence entre la mobilisation dans la rue et ce qui s’est dit dans l’hémicycle est flagrante. »
Une des dernières oratrices a été l’ancienne présidente Cristina Kirchner (2007-2015), qui s’est toujours dit opposée à la légalisation de l’avortement, mais a voté pour. Pendant ses deux mandats, le projet a été présenté six fois, en vain. Elle a attribué son changement aux « milliers de jeunes filles qui sont sorties dans la rue ». 
« Dépénalisation sociale »
Le texte de loi qui prévoyait le libre recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à la quatorzième semaine de gestation, a par ailleurs mis en évidence des divisions au sein de la coalition au pouvoir, après le vote historique des députés en faveur de la loi le 14 juin.
Mais les militantes de la Campagne nationale pour le droit à l’avortement, ce collectif de 500 ONG à l’origine du projet de loi, ne s’avouent pas vaincues. « Cela fait treize ans que la Campagne existe, et nous n’avions jamais réussi à aller aussi loin, explique une de ses membres, Martha Rosenberg. Nous avons déjà obtenu une chose : la dépénalisation sociale de l’avortement, la majorité des Argentins sont pour, et ce n’est qu’une question de temps à présent, pour que notre projet soit voté. »

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« Aujourd’hui, ce n’est pas une défaite, c’est un triomphe monumental, a semblé lui répondre le sénateur de Buenos Aires Pino Solanas. Personne ne pourra arrêter la marée de la nouvelle génération ! » La jeunesse s’est en effet particulièrement mobilisée ces derniers mois pour le droit à l’IVG. Une jeunesse qui, aujourd’hui, se presse pour prendre des selfies avec les référentes historiques de la Campagne nationale, comme Martha Rosenberg, 81 ans, ou Nelly Minyersky, 89 ans. Cette psychanalyste et cette avocate sont deux des auteures du projet de loi en discussion au Sénat. Pour Mme Minyersky, « la Campagne est devenue le symbole de la démocratie ».
La journée de mercredi a montré, encore une fois, la division de la société argentine sur l’avortement, dont la pratique clandestine fait une quarantaine de mortes par an. La place du Congrès était coupée en deux, à l’image du pays. Moins nombreux que les prochoix, ils étaient tout de même des centaines de milliers à répondre à l’appel commun des églises catholique et évangéliques, qui avaient été plutôt discrètes jusqu’au vote à la Chambre des députés. Dès l’après-midi, le ton était à la victoire. « Cette loi infanticide ne passera pas, grâce à Dieu !, se réjouissait Gladys, 60 ans. Si les femmes ne veulent pas d’enfants, elles n’ont qu’à se faire une hystérectomie. Une femme qui n’a pas d’enfants n’est pas une vraie femme. »
Un chapelet sur le Congrès
Symbole de la victoire de l’Eglise : avant même le vote des sénateurs, une messe a été célébrée en grande pompe dans la cathédrale de Buenos Aires, réunissant des milliers de « provida ». Des slogans dénonçant la « complicité » de l’Eglise catholique avec la dictature militaire (1976-1983) ont cependant fusé dans le camp des foulards verts, symbole du droit à l’IVG, quand un chapelet géant est soudain apparu, flottant dans le ciel, au-dessus du Congrès. « L’Eglise ne s’émeuvait pas quand la dictature torturait une femme enceinte », affirmait le panneau d’un jeune manifestant.
La loi fixe un délai d’un an après un rejet pour qu’un nouveau projet soit ré-examiné par le Parlement. Reste à savoir si les partis politiques seront prêts à faire de l’IVG un des thèmes de leur campagne électorale.




                            


                        

                        


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L’UE cherche à renforcer son dispositif d’aide lors des catastrophes naturelles

Le mécanisme européen de solidarité a été activé dix-huit fois en  2017, une année chargée en feux et inondations.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 11h22
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Grèce, Suède, Portugal, Espagne… Depuis le début de l’été, des feux dévastateurs et meurtriers font rage du sud-est au nord de l’Europe. En 2017, déjà, plus d’un million d’hectares de forêts – dont la moitié au Portugal – étaient partis en fumée, et plus de 200 personnes avaient péri dans les catastrophes naturelles ayant affecté l’Union européenne.
Lorsqu’un pays est sous-équipé ou bien trop sévèrement touché par un sinistre, il arrive qu’il soit contraint d’en appeler à la solidarité d’autres Etats européens pour maîtriser flammes, inondations, conséquences de tempêtes, séismes ou épidémies. Basé à Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence de la Commission européenne entre alors en action.
Opérationnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre et théoriquement capable de gérer simultanément plusieurs situations d’urgence, sa plate-forme organise – par le biais du « Mécanisme de protection civile de l’UE » – une réponse aux besoins occasionnés par tout type de catastrophes naturelles. En fonction des moyens disponibles dans les pays volontaires, ce système permet d’apporter une aide dont il cofinance l’acheminement à hauteur de 85 %.
« Pour 2018, nous avons pu couvrir tous les besoins, assure Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole de la Commission pour l’aide humanitaire et la protection civile. Mais il arrive que tous les moyens d’une même zone soient indisponibles »
Depuis sa création en 2001, ce mécanisme – auquel participent selon leurs possibilités les 28 Etats membres ainsi que la Macédoine, l’Islande, le Monténégro, la Norvège, la Serbie et la Turquie – a reçu près de 300 demandes d’aides, émanant le plus souvent de pays européens. Mais le dispositif est aussi appelé à la rescousse dans d’autres régions du monde.
Il a notamment fait ses preuves en 2014 lors de graves inondations en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et du conflit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le risque de grands feux augmente aux Etats-Unis, où 30 000 pompiers sont actuellement mobilisés.
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En Californie, des incendies record incontrôlables

Le risque de grands feux augmente aux Etats-Unis, où 30 000 pompiers sont actuellement mobilisés.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 10h46
    |

            David Larousserie et 
Stéphane Foucart








                        



                                


                            

La Californie est ravagée, depuis un mois, par les plus grands feux de forêts de son histoire. Selon les services forestiers locaux (Cal Fire), pas moins de dix-huit foyers distincts dont huit majeurs étaient toujours actifs dans l’Etat, jeudi 9 août au matin, dont le plus vaste qui y ait jamais été enregistré, le Mendocino Complex Fire.
Faisant rage à environ 150 kilomètres au nord de San Francisco, il a déjà parcouru environ 121 000 hectares, soit la superficie de la ville de Los Angeles. Les autorités californiennes ont annoncé mardi que les pompiers ne seraient sans doute pas en mesure de le maîtriser complètement avant début septembre.

Les records tombent à un rythme toujours plus inquiétant : le dernier en date était détenu par le Thomas Fire, qui a brûlé environ 114 000 hectares en décembre 2017. Depuis mi-juillet, plusieurs dizaines de milliers de Californiens ont dû être évacués. Le bilan, provisoire, fait état d’une dizaine de morts, dont quatre pompiers.
L’Ouest américain a, dans l’histoire récente, été plus fréquemment frappé par de grands incendies que l’Europe. Y persistent en effet de grandes étendues boisées non encore altérées, au contraire des forêts du Vieux Continent, beaucoup plus fragmentées par des siècles d’activités et de présence humaine. Jeudi au matin, le seul Mendocino avait déjà brûlé une surface cinq fois supérieure à celle de tous les incendies qui ont frappé la France en 2017.
« Cela s’inscrit dans une nouvelle normalité avec laquelle nous devons composer », a déclaré le gouverneur de la Californie, Jerry Brown
Mais outre la persistance des grandes surfaces forestières américaines, le changement climatique accroît fortement le risque d’incendies incontrôlables. Selon les données de Cal Fire, sur les dix foyers les plus étendus recensés depuis 1932 en Californie, huit se sont produits depuis 2000, dont quatre depuis 2012. « Cela s’inscrit dans une tendance, une nouvelle normalité, avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’aviation israélienne a répliqué à des tirs de roquettes du Hamas, provoquant la mort de 3 personnes.
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Escalades militaires entre Israël et le Hamas à Gaza

L’aviation israélienne a répliqué à des tirs de roquettes du Hamas, provoquant la mort de 3 personnes.



Le Monde
 |    09.08.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
09.08.2018 à 10h56
    |

                            Claire Bastier (Jérusalem, correspondance)








                        



                                


                            

Gaza a connu dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 août l’une des plus intenses escalades militaires entre Israël et le Hamas depuis l’été 2014. En réponse à des tirs de projectiles lancés depuis l’enclave palestinienne, l’aviation israélienne a ciblé au cours de raids répétés des sites « stratégiques » du Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Le risque d’une guerre à Gaza s’aggrave alors même que des négociations indirectes sont en cours depuis plusieurs semaines entre l’Etat hébreu et le Hamas pour l’en empêcher.
Jeudi, l’aviation israélienne a affirmé avoir visé dans la nuit 140 cibles militaires du Hamas, dont des sites de production d’armes et de tunnels, des entrepôts de stockage d’équipements et des camps d’entraînement. « L’armée israélienne n’a frappé que des sites clairement utilisés par le Hamas, aucun site civil à Gaza n’a été visé », a assuré le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, le porte-parole des forces armées, jeudi matin. « Notre mission est de défendre la souveraineté israélienne et de protéger les civils israéliens. Nous sommes préparés à plusieurs scénarios », a ajouté M. Conricus.
Plus de 150 roquettes et obus ont été tirés par le Hamas et d’autres factions palestiniennes depuis la bande de Gaza. Le système israélien de défense aérien « Dôme de fer » a intercepté 25 tirs, les autres ayant atterri dans des zones inhabitées. Dans les localités israéliennes proches de Gaza, les sirènes d’alarme ont retenti presque sans discontinuer, poussant les résidents à se mettre à l’abri. La branche armée du Hamas a revendiqué les tirs sur Israël tandis que l’armée israélienne répétait, jeudi matin, qu’elle tenait le Hamas responsable pour tous les tirs venant de l’enclave.
Une jeune femme enceinte de Gaza, Enas Khammash, a trouvé la mort dans une frappe israélienne avec sa fille de dix-huit mois. Sept autres civils ont été blessés. Un membre de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a été...




                        

                        

