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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.
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(Re)découvrir « Frances Ha » en plein air à La Villette

Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Mercredi 8 août, à la tombée de la nuit, Frances Ha (2013) de Noah Baumbach est projeté au Festival Ciné plein air de la Villette. L’occasion de (re)découvrir le film qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, passée cette année, avec succès, de l’autre côté de la caméra. Lady Bird, son premier long métrage en tant que réalisatrice a en effet décroché le Golden Globe 2018 de la meilleure comédie.
Le septième film de Baumbach, figure du cinéma indépendant new-yorkais, se distingue dans une programmation placée sous le signe de la chanson, ouverte le 18 juillet par La La Land. Elle se refermera le 19 août par l’œuvre qui a inspiré le film de Damien Chazelle, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy.

Si Frances Ha n’est pas une comédie musicale stricto sensu, le film accorde une large place à la musique et à la danse. Trentenaire exubérante, Frances (Greta Gerwig) espère devenir chorégraphe. Mais lorsque sa meilleure amie – et colocataire – décide de quitter leur petit appartement new-yorkais pour un quartier plus chic, son quotidien déraille. D’autant que la compagnie de danse qu’elle comptait intégrer lui propose à la place un job de standardiste. De colocs improvisées en petits boulots, de désillusions en victoires, avec hardiesse et maladresse, mais sans aucun cynisme, Frances vagabonde pour trouver sa place au cœur de la « Big Apple ».
La fougue de « Modern Love »
Le thème du festival de la Villette invite à tendre l’oreille à la bande originale. Si le charme du film tient à cet « alliage entre des personnages hyper-contemporains et une mise en scène flirtant avec le rétro », les envolées mélodieuses y sont pour beaucoup. Outre l’image en noir et blanc et les scènes d’errance à Paris, l’hommage à la Nouvelle Vague se fait en musique. En atteste la scène d’ouverture où Frances et Sophie batifolent dans la ville au rythme trépidant d’un thème de Georges Delerue originellement composé pour Une Belle fille comme moi, de François Truffaut. Celui de Domicile conjugal, du même Truffaut, vient plus tard bercer les déambulations de la jeune femme. Quant à l’énergie des années 1980 – en écho à la fantasque Frances –, elle est au rendez-vous avec des tubes de Paul McCartney ou Hot Chocolate. Et surtout par le Modern Love de David Bowie, dont Baumbach traduit toute la fougue dans un travelling exalté suivant Frances qui court, saute et tourbillonne dans les rues de New York.
Le succès, cette année, de Lady Bird, premier film en tant que réalisatrice de Greta Gerwig, invite enfin à jeter un regard neuf sur son rôle principal dans Frances Ha – qui lui valut une nomination aux Golden Globe 2014 en tant que meilleure actrice dans une comédie. Célébrée comme muse de Baumbach, elle est aussi co-scénariste de ce film. Et l’on se rend compte que beaucoup de thèmes de Lady Bird étaient déjà en germe dans Frances Ha. Comme celui du rapport à la famille, d’autant que les parents de Gerwig jouent leur propre rôle dans la scène du dîner. Ou celui du parcours initiatique, tendrement lumineux, d’une jeune Californienne aspirant au bouillonnement artistique new-yorkais. Comme Frances et comme Greta Gerwig, l’héroïne de Lady Bird a été élevée à Sacramento avant de tenter sa chance sur la côte Est. S’il ne s’agit pas des même personnages, Lady Bird apparaît alors comme un retour au source, avant le départ à New York.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.
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« Detective Dee 3 : la légende des rois célestes », la féerie du complot

Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h11
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark, mettant en scène un policier, expert en déduction et en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Il s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative d’acclimatation hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques en matière d’effets spéciaux. Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents. La plasticité des corps et des espaces invente un univers inédit, synthèse parfaite de mythologies et de figures de tous temps et de toutes origines.
Manège étourdissant
Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant du King Kong de Schoedsack et Cooper, créatures gigantesques venues de kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Tsui Hark a eu recours aux derniers développements de la technologie HFR (High Frame Rate), qui augmente le nombre d’images par seconde, permettant une plus grande précision dans la 3D.
Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents
Il est assez difficile de résumer, après une première vision, un film qui donne le sentiment à la fois d’une action continue et d’une mise en abyme infinie de complots et de trahisons diverses. Il n’est pas rare, en effet, qu’une conjuration en cache une autre. Long ruban narratif qui ne se soucierait pas des règles classiques du drame, Detective Dee : la légende des rois célestes semble n’être que le segment d’une histoire pouvant s’étirer davantage ou s’arrêter net au terme de n’importe quel combat homérique. Loin d’être un défaut, cette structure du récit confère au film la paradoxale caractéristique d’un inachèvement perpétuel et d’une plénitude immédiate.

        Lire aussi la critique :
         

          « Détective Dee II. La Légende du dragon des mers » : le détective Dee reprend du service et terrasse en 3D le monstre marin



Enfin, il n’est pas impossible de voir dans l’ambiguïté des liens qui unissent Dee et l’impératrice une métaphore des rapports que Tsui Hark a dû construire avec de nouvelles structures de production, qui ont rendu impossible l’expression du nihilisme qui définissait parfois son cinéma avant 1997. Dee est au service d’un pouvoir qui se défie de lui et fait des mauvais choix. Protéger l’impératrice contre elle-même, tout en reconnaissant son infaillibilité, est le défi auquel se soumet un personnage, allégorie d’un cinéaste qui compose avec les rigidités d’un système contraignant auquel il apporte la vitalité de son génie.

Detective Dee : la légende des rois célestes, de Tsui Hark.Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19). Sur le web : www.thejokersfilms.com/films/detective-dee-la-legende-des-rois-celestes, www.facebook.com/thejokersfilms/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».
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Nuri Bilge Ceylan : « Il est difficile de parler de l’islam en Turquie »

Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h42
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Depuis Uzak, en 2002, tous les films de Nuri Bilge Ceylan – cinq – ont concouru pour la Palme d’or à Cannes, jusqu’à ce que Winter Sleep la remporte, en 2014. Le Poirier sauvage est le premier à ne se voir décerner aucun prix, un film encore plus long que les précédents, imparfait, moins poli, comme si le cinéaste turc avait choisi de se défaire de son expérience pour parler de la jeunesse. Bientôt sexagénaire (il est né en 1959), Nuri Bilge Ceylan raconte la genèse et l’élaboration de cette expérience juvénile.
Comment définiriez-vous la forme de ce film ?
Comme le contexte est complexe et qu’il y a beaucoup de dialogues, j’ai dû consacrer le gros de mon énergie à mettre en scène ces dialogues, lourds pour le cinéma. Toute ma stratégie visait à faire fonctionner les scènes plutôt qu’à me préoccuper de la forme. Pendant le tournage et le montage, j’ai décidé de faire des concessions sur celle-ci. C’est peut-être pour ça qu’elle est inégale. J’ai voulu que les imperfections du film ressemblent au poirier sauvage, rabougri, tordu. Il est si difforme qu’on a toujours l’impression qu’il va crever. De plus, ces derniers temps, j’aime de moins en moins les films qui suivent un axe prédéterminé, intelligents et sages.

Le personnage est beaucoup plus jeune que les protagonistes de vos derniers films. Qu’est-ce qui vous a ramené vers la jeunesse ?
Je voulais faire un film sur la jeunesse depuis longtemps. J’ai commencé ce projet avec le personnage du père. Celui-ci existe, c’est un parent éloigné. J’ai fait la connaissance de son fils, et je me suis centré sur la vie de ce dernier. J’ai voulu montrer un jeune de la campagne, son monde, les valeurs morales qui l’entourent.
Il y a un dialogue avec un ­artiste, un autre avec un politicien, puis avec des religieux. Voulez-vous montrer la confrontation avec les institutions ?
Un apprenti écrivain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».
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Mister Mitchell, amateur de mystère

Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h40
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Avant de devenir cinéaste, David Robert Mitchell réalisait des bandes-annonces de films. L’Américain a beau assurer que cela ne l’a en rien influencé, quelque chose de cet artisanat semble subsister dans la manière qu’il a de se présenter devant la presse : exciter la curiosité sans trop en dire, s’emmitonner de mystères, mister Mitchell sait faire. Ainsi de notre rencontre mi-mai, au Festival de Cannes, où son troisième long-métrage, Under the Silver Lake, était en compétition.

Posez-lui une question, il répondra par d’autres interrogations, chacune grimpant quelques barreaux par rapport à la précédente sur l’échelle de l’ésotérisme. A en croire une scène du film, le complotisme prospérerait en ce début de millénaire parce qu’il n’y aurait plus rien à découvrir – plus une seule terre absolument inconnue, plus un seul peuple tout à fait étranger. Plutôt que d’expliciter ces hypothèses, le cinéaste en avance de nouvelles :
« Avec Internet, n’importe qui croit faire partie de la famille des célébrités. Que se passe-t-il quand tout un chacun, qu’il soit très riche ou très pauvre, peut voir comment vivent ses contemporains ? Un grand désir ? Un grand chagrin ? »
Ces deux émotions cohabitent dans l’âme malade de Sam, le ­héros du film. Trentenaire désœuvré, il avait de plus hautes ambitions que le quotidien tiédasse dans lequel il barbote. Mais voilà qu’une simili-starlette, croisée en bord de piscine, s’évapore à boule vue. Sam croit y déceler la marque d’une conspiration, impliquant toutes les gammes de vedettes que Los Angeles peut offrir – soit un solfège pour le moins affolant. « Sam est une version exagérée de nous, suggère le réalisateur. Si tu n’es pas à la poursuite d’une réponse, à quoi bon vivre ? »

Cette manie de semer le doute a le don d’agacer quelques sommités du métier. Sur la Croisette, la trame tortueuse d’Under the Silver Lake a été assez fraîchement reçue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.
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« Under the Silver Lake » : jeu de piste dans les eaux sombres de Los Angeles

Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 09h01
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Le titre du deuxième et précédent long-métrage de David Robert Mitchell était It Follows (2014). Il y était question de décrire l’état d’adolescence à la lumière du ­cinéma d’épouvante. Ce qui « suivait » les protagonistes était ce qui les menaçait, et l’angoisse provenait d’abord de cette incertitude quant aux intentions de celui ou celle qui, dans la rue, se mettait à vous emboîter le pas. Le motif de la filature, ramené dans ce cas à une figure anxiogène, a certainement eu un destin dans l’histoire du cinéma qui dépassait les ­contraintes du récit policier. Le héros du Vertigo d’Alfred Hitchcock, incarné par James Stewart, ne se laissait-il pas prendre dans un piège qu’il se construisait lui-même en suivant Kim Novak ?

        Lire aussi la critique :
         

          « It Follows » : à Detroit, l’horreur se répand sans préservatif




        Lire aussi le portrait :
         

          David Robert Mitchell, très haut sur l’échelle du mystère



Under the Silver Lake s’identifie régulièrement, durant les 2 h 19 que dure la projection, à ce modèle. Sam, un flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche de Sarah, une voisine draguée à la piscine de son motel le temps d’une soirée, qui s’est volatilisée à l’aube. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Un décor de théâtre total
Car Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Under the Silver Lake conclut à une identité parfaite entre la réalité de la ville et sa dimension symbolique, mythologique et libidinale. Les pérégrinations tragi-comiques de Sam tissent la toile d’un rêve qui serait devenu partiellement réel. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, au cinéma et à sa capacité de fascination, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental.

        Lire aussi le reportage :
         

          Silver Lake, nouveau décor d’Hollywood



Hantée par de subliminaux souvenirs (tel celui de Marilyn Monroe, star sacrificielle tout autant qu’icône warholienne), la ville carbure au fantasme, mais aussi au sexe réel. La poésie y est indissociable d’une trivialité, voire d’une vulgarité parfois réjouissante, comme l’atteste la franchise crue des situations, bien éloignée de la chasteté de la production américaine courante. Ce thriller métaphorique emprunte au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire, mélangeant à plaisir les genres et les sensations. L’intérêt réside dans cette manière inventive de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant, et la métaphore aquatique contenue dans le titre induirait comme une identité singulière de la texture de Los Angeles.

        Lire aussi la critique à Cannes :
         

          « Under the Silver Lake », quand les hipsters prennent la succession des privés



Si le personnage principal retrouve une forme de réel dans le lit d’une voisine, femme mûre aimant la chair fraîche, il aura auparavant découvert un des secrets cachés de l’eldorado californien. Un secret qui désignerait les rois de Beverly Hills et les princes d’Hollywood comme l’équivalent des monarques de l’ancienne Egypte, une allégorie que filait déjà Maps to the Stars, de David Cronenberg, même si, ici, l’appel à la mythologie est une manière de souligner la dimension dérisoire de la Cité des anges.

Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/under-the-silver-lake, www.facebook.com/UnderTheSilverLake, a24films.com/films/under-the-silver-lake

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.
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« L’espion qui m’a larguée » : deux Américaines et le Vieux Continent

La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 12h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Comme pour un sportif qui traverse une phase de méforme, on peut diagnostiquer le semi-échec de L’Espion qui m’a larguée à travers deux statistiques : les 117 minutes de durée, équivalent cinématographique du surpoids, le bilan humain (une trentaine de morts, des dizaines de blessés, les chiffres exacts sont tenus secrets) qui indique l’incapacité à s’en tenir à l’objectif fixé, faire rire. Non que le film de Susanna Fogel ne soit jamais drôle. Ce serait impossible puisque la co-star en est Kate McKinnon, pilier de l’émission Saturday Night Live (elle y imite, entre autres, avec une furie comique dévastatrice, le procureur général des Etats-Unis, Jeff Sessions). Mais le duo qu’elle forme avec Mila Kunis, deux Californiennes précipitées dans la toile d’araignée de l’espionnage planétaire, manque de carburant comique pour tenir la distance.
Le film commence par un massacre dans les rues de Vilnius : un homme (Justin Theroux) se met à abattre des individus patibulaires, avec une efficacité qui laisse deviner en lui le professionnel. Pendant ce temps, à Los Angeles, Audrey (Mila Kunis) célèbre tristement son anniversaire, malgré les efforts de Morgan (Kate McKinnon) pour lui remonter le moral. Comment pourrait-elle faire bonne figure ? Drew, son petit ami, l’a larguée par SMS. Au moment où elle croit toucher le fond, le téléphone d’Audrey sonne. Surprise (pas pour le spectateur, amplement informé par un scénario qui fait systématiquement l’économie de l’ellipse), Drew n’est autre que le Terminator de la Baltique.
Des agentes secrètes malgré elles, descendantes du duo des « 39 Marches », d’Hitchcock, et de « L’Homme de Rio », de Philippe de Broca
Il annonce son retour et dévoile à Audrey sont statut d’agent américain poursuivi par le crime organisé russe et la CIA, qui le soupçonne d’avoir trahi. Entraînée par Morgan, une fille très enthousiaste qui ne laisse pas la réalité se dresser sur son chemin, Audrey part pour l’Europe afin de mener à bien la mission que lui a confiée Drew avant de mourir (ou pas).
Satire du tourisme états-unien
Descendantes du duo des 39 Marches, d’Hitchcock, et de L’Homme de Rio, de Philippe de Broca, les agentes secrètes malgré elles sont par moments dignes de leurs illustres ancêtres. Il faut pour cela que la réalisatrice obtienne l’alignement exact entre les lieux communs du film d’espionnage moderne (entre Mission impossible et Jason Bourne), la satire du tourisme états-unien sur le Vieux Continent (sur une place praguoise, une tueuse à gage se voit intimer l’ordre d’abattre au fusil à lunette « deux Américaines qui font les imbéciles » et doit renoncer face à l’abondance de l’offre) et l’invention comique de Kate McKinnon.
L’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues finissent par susciter l’indifférence
On pourrait continuer longtemps (puisque le film est long) l’inventaire de ce qui marche et de ce qui fait long feu. Dans la première catégorie, l’apparition de Gillian Anderson en prêtresse du renseignement britannique et l’adoration qu’elle suscite chez Morgan, l’une de ces occasions où le thème du scénario et la singularité de McKinnon s’accordent parfaitement. On notera aussi l’apparition de Kev Adams en chauffeur de VTC viennois. Selon la tolérance dont on fait preuve à l’égard de l’idole des jeunes Français, on se réjouira ou pas du sort réservé à son personnage.
Au début du film, la difficulté de Mila Kunis à tenir le rythme imposé par sa partenaire ; la brutalité des scènes d’action dont on ne distingue plus si elles procèdent d’une intention burlesque, et l’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues qui finissent par susciter l’indifférence. Il faudra encore attendre pour savoir si Kate McKinnon trouvera au cinéma de quoi exprimer sa formidable puissance comique.

Film américain de Susanna Fogel, avec Mila Kunis, Kate McKinnon, Justin Theroux, Sam Heughan (1 h 57). Sur le web : www.facebook.com/LespionQuiMaLarguee 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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Fils prodigue, ville mystère et singe géant : notre sélection cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 15h44
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
A mesure que l’été s’enfonce dans un registre caniculaire, les sorties cinéma alignent comme par miracle des films aux durées étendues, qui nous offrent plusieurs heures dans l’obscurité caressante des salles climatisées. Pour ne rien gâcher, leur diversité ouvre un éventail de choix considérable. Confrontation familiale dans les paysages des Dardanelles, enquête délirante dans un Los Angeles jalonné de culture pop, prodiges magiques de la Chine fantasmée du VIIe siècle : le spectateur aura tout loisir de choisir la formule à même de ménager son propre thermomètre. Avant de retourner prendre un grand bain de soleil.
« Le Poirier sauvage » : Tu seras un homme, mon fils

Le nouveau film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, qui fut présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes, est un récit d’apprentissage flaubertien, au terme duquel son personnage principal sera parvenu à un nouvel état de conscience, ayant peut-être appris que l’absence d’illusion est l’illusion suprême. De retour dans sa famille après la faculté, Sinan, un jeune diplômé, est obsédé par le projet d’écrire un roman tout en préparant des concours afin d’obtenir un poste d’instituteur. Ce brusque contact avec son passé prendra des formes diverses, durant plus de trois heures au cours desquelles remonteront, au gré des rencontres et des retrouvailles, les expériences et les blessures non refermées de l’enfance.
Mais le trajet moral effectué par Sinan culmine essentiellement dans la découverte de la véritable nature de celui qu’il considérait comme un « bon à rien » : son propre père. Le Poirier sauvage constate ainsi la puissance d’un ordre patriarcal auquel il pourrait être vain de ne pas se soumettre. Cette vision, que l’on pourrait qualifier d’antimoderne, justifie aisément le pessimisme qui caractérise l’œuvre de Nuri Bilge Ceylan. La beauté formelle et plastique du film, sublimant les paysages des Dardanelles, contribue, par un paradoxe purement cinématographique, à conforter l’impression d’une indifférence générale du monde face aux médiocres illusions des humains. On peut trouver ce désenchantement un peu systématique mais admirer sans réserve la qualité de l’ouvrage. Jean-François Rauger
Film turc de Nuri Bilge Ceylan. Avec Dogu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yildirimlar (3 h 08).
« Detective Dee : la légende des rois célestes » : maléfices et sortilèges

Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark. Ils mettent en scène un policier et expert en déduction tout autant qu’en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Detective Dee s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens aux pouvoirs extraordinaires. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient peut-être que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois appliquées depuis la rétrocession de Hongkong et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques. Ce troisième volet dépasse encore en trouvailles les deux précédents. Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant de King Kong, créatures gigantesques venues du kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose à grand fracas sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Jean-François Rauger
Film chinois de Tsui Hark. Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19).
« Under the Silver Lake » : Los Angeles dans une boîte de céréales

Pour son troisième long-métrage, David Robert Mitchell (It Follows, 2014) réalise un thriller métaphorique, empruntant au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire et mélangeant à plaisir les genres et les sensations. Sam (Andrew Garfield), flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche d’une jeune femme qui a disparu. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental. L’intérêt du film réside dans cette manière inattendue de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant et la métaphore aquatique contenue dans le titre apparaît comme la texture même de Los Angeles. Jean-François Rauger
Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19).
« A Brighter Summer Day » : chronique de l’enfance exilée

Qu’une œuvre aussi belle et profonde que celle du cinéaste taïwanais Edward Yang (1947-2007) reste si peu montrée, en dehors de son ultime film Yi-Yi (2000), est l’une des grandes injustices de l’histoire récente du cinéma. Ainsi a-t-il fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour découvrir dans son intégralité, grâce au distributeur Carlotta, l’un de ses films les plus aboutis, A Brighter Summer Day (1991), sorti en France en 1992 dans une version amputée d’une heure (sous le titre Une belle journée d’été). Une aberration pour un film qui fait du temps et du souvenir ses matières premières, se présentant comme une chronique adolescente dans le Taipei du début des années 1960. Xiao Si’r (Chang Chen dans son premier rôle à l’écran), cadet d’une famille émigrée de Shanghaï après l’accession au pouvoir de Mao Zedong, fréquente l’« école du soir » et appartient à l’une des bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les recoins de la ville, façon pour ces jeunes immigrés de se créer une identité.
Baigné de clairs-obscurs magnifiques, plongé dans la respiration langoureuse de l’été, le film se déploie sur près de quatre heures, toujours passionnantes, sans jamais ressembler à une reconstitution d’époque. Sous chaque micro-événement du quotidien, se manifeste l’histoire composite et contrariée de Taïwan : la paranoïa anticommuniste des autorités, les traces encore vives de la longue occupation japonaise, la présence de l’armée américaine et l’influence de la culture yankee, plus particulièrement de la musique rock’n’roll… Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de méditation et de brutalité, Edward Yang brosse un portrait bouleversant de la jeunesse déracinée et de l’ineffable inconstance des choses, qui conduisent parfois à la tragédie. Un chef-d’œuvre indispensable. Mathieu Macheret
Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Robert Redford renonce à son métier d’acteur

A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 19h20
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


« Il ne faut jamais dire jamais, mais je suis plus ou moins arrivé à la conclusion que, pour ce qui est de jouer, c’est terminé, et je me dirige vers la retraite parce que je fais cela depuis que j’ai 21 ans », a annoncé lundi 6 août Robert Redford, 81 ans, dans un entretien pour le site du magazine Entertainment Weekly.
Cette décision n’apparaît pas comme un coup de tonnerre : en 2016 déjà, l’acteur songeait à se retirer du métier : « Je vais encore jouer dans deux films : Nos Ames la Nuit avec Jane Fonda (...) et The Old Man & the Gun, un film plus léger avec Casey Affleck et Sissy Spacek. Une fois que ce sera terminé, je dirai au revoir à tout ça et je me concentrerai sur la réalisation », avait-il confié au Walker Art Center’s Digital Magazine.
Révélé en 1965 dans Daisy Clover, de Robert Mulligan, – et raflant au passage le Golden Globe de la révélation masculine –, Robert Redford n’a cessé de faire vibrer le grand écran. Des Hommes du président (1976) à L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998, film dont il est à la fois réalisateur et acteur principal), en passant par Out of Africa (1986), il a marqué nombre de classiques. Cet homme de cinéma aux multiples casquettes a également fondé en 1985 le festival du film de Sundance, le principal aux Etats-Unis en ce qui concerne le cinéma indépendant.
Sympathique braqueur
Redford avait obtenu une consécration en 1981 en décrochant l’Oscar et le Golden Globe du meilleur réalisateur pour Des gens comme les autres. Si l’Oscar du meilleur acteur ne lui a jamais été décerné, il a été salué par un Oscar d’honneur en 2002 pour l’ensemble de sa carrière.
Après soixante ans de bons et loyaux services, la vedette tire donc sa révérence. The Old Man & The Gun, de David Lowery, à l’affiche en septembre aux Etats Unis, sera son dernier film. Redford y incarne Forrest Tucker, sympathique braqueur, bientôt octogénaire, qui n’a toujours pas renoncé à ses manières de gentleman ni à sa passion pour les hold-ups. L’acteur reste fidèle à la galerie de personnages attachants qu’il a su interpréter, même lorsqu’il s’agissait de gangsters comme dans L’Arnaque (1974) ou Butch Cassidy et le Kid (1970). « Et pourquoi ne pas s’en aller sur un film très optimiste et positif ? », interroge-t-il.
Enfin, « s’en aller », pas tout à fait. Un porte-parole de Redford a souligné que ces déclarations ne concernaient que son activité de comédien, et n’impliquaient pas celle de réalisateur, même si aucun projet concret n’a été annoncé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ 1968, année Black (3/6). En ce début d’année 1968, l’acteur le plus populaire au box-office américain est noir et à l’affiche de trois longs-métrages qui concourent pour la statuette du meilleur film. Mais ses rôles, rassurants pour le spectateur blanc, font polémique.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Nuri Bilge propose un récit d’apprentissage désenchanté, antimoderne et plastiquement sublime.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/08/2018
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« Le Poirier sauvage » : illusions perdues dans les Dardanelles

Nuri Bilge propose un récit d’apprentissage désenchanté, antimoderne et plastiquement sublime.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 08h49
    |

                            Jean-François Rauger








                        


L’avis du « Monde » - à ne pas manquer
Il existe sans doute de nombreuses raisons qui justifieraient le rejet du nouveau film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, ou du moins qui expliqueraient que l’on ait pu rester à une certaine distance de plusieurs de ses films précédents, eussent-ils obtenu, comme Winter Sleep en 2014, une Palme d’or au Festival de Cannes. Disons qu’il est possible de considérer avec circonspection l’alliance qui se forme, dans son œuvre, entre une impressionnante maîtrise formelle et un goût pour les personnages antipathiques, et, plus largement, l’affirmation de ce que l’on peut estimer être une forte misanthropie ­exaltée par un art parfait de la composition du cadre et de la ­gestion du temps. Une victoire du contrôle sur l’émotion.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Nuri Bilge Ceylan : « Il est difficile de parler de l’islam en Turquie »



Le Poirier sauvage, qui fut présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes, contient de façon évidente tous ces éléments. Mais sans doute parvient-il à les porter à un tel degré de perfection que l’accusation tombe ici d’elle-même. Oui, on peut faire du grand cinéma avec de douteux sentiments.
Brusque contact avec le passé
Le film est un récit d’apprentissage flaubertien, ramassé sur plusieurs semaines, au terme duquel le personnage principal parvient à un nouvel état de la conscience, ayant peut-être appris que l’absence d’illusion est l’illusion suprême. De retour dans sa famille après la faculté, Sinan, jeune diplômé, est obsédé par le projet d’écrire un roman, tout en préparant des concours afin d’obtenir un poste d’instituteur.
Ce brusque et nouveau contact avec son passé prendra des formes diverses. Autant de longues séquences superposées durant plus de trois heures au cours desquelles remonteront, au gré des rencontres et des retrouvailles, les expériences et les blessures non refermées de l’enfance et de l’adolescence. Tout autant s’affirmeront la trivialité du présent et l’indéfini d’un futur offrant un nombre restreint de perspectives. Placé au seuil de sa vie, Sinan affirme sa volonté de devenir écrivain sans doute pour affirmer narcissiquement sa singularité. L’homme est de toute évidence marqué par un complexe de supériorité que l’image dégradée d’un père instituteur nourrit paradoxalement.

        Lire aussi la critique à Cannes :
         

          avec « Le Poirier sauvage », Nuri Bilge Ceylan creuse son sillon en Anatolie



C’est dans la sédimentation de séquences dialoguées, dont la logique est poussée à l’extrême par la durée, que se construit ce roman de formation. Car c’est là surtout que réside la force du film, dans une manière d’épuisement de l’immédiateté sous la pression du temps. Il convient d’aller jusqu’au bout des séquences jusqu’à provoquer un sentiment de trop-plein, jusqu’à un sentiment de harassement qui ferait surgir la vérité.
La rencontre de Sinan avec un écrivain devenu célèbre est de ce point de vue particulièrement significative. L’impression de se trouver face aux efforts modestes et timides d’un néophyte avide de conseils se dissipe au profit de la découverte du ­caractère véritable du jeune diplômé, cachant à peine son mépris pour son aîné. Sinan exprime un mélange d’arrogance, de révolte, de raillerie et de goût pervers pour la contradiction.
L’homme est marqué par un complexe de supériorité nourrit par l’image dégradée d’un père instituteur
Quant aux souvenirs, ils ressurgissent sous forme de symptômes douloureux ou violents. Les retrouvailles avec une jeune femme (une ex-amoureuse peut-être) qui annonce son intention de se marier se concluent par un baiser suivi d’une morsure, celles avec un camarade de jeunesse s’achèvent en pugilat. Rien n’indique ainsi que le passé ait été autre chose, déjà, qu’un moment de ressentiment, de fausses promesses et d’illusions. Une longue discussion avec deux jeunes imams – le pragmatisme se mêlant à l’interrogation philosophique – replace Sinan dans son environnement ­culturel et social particulier, où la religion est une prescription face à laquelle il est impossible de ne pas se situer et avec laquelle il faut peut-être composer.

        Lire aussi la critique :
         

          « Winter Sleep » : le pouvoir révélateur de la neige



Le présent est surtout celui des retrouvailles avec un père encore plus misérable et, a priori, méprisable qu’auparavant, comprend-on, couvert de dettes et d’autant plus dérisoire qu’il semble à la fois inconscient et ricanant, mettant en danger l’économie même de la famille. Comme si, pourtant, il fallait compenser un trop-plein de réalité, de furtifs moments oniriques, cauchemars ou virtualité possible des événements, viennent à trois occasions perturber et brouiller le cours du récit et le statut des images.
Toute-puissance de l’ordre patriarcal
Il n’y a sans doute pas de roman de formation possible sans la description d’un trajet qui mènera le personnage d’un point à un autre, d’un état à un autre, en lui offrant peut-être une vision plus juste et plus précise d’un monde qui ne s’offrira pas à lui sans réticence. Le parcours du jeune homme, qu’une éclipse de plusieurs mois (le temps du service militaire) sépare d’un retour dans sa ville natale, va se heurter brutalement au mur en béton de la réalité. Il y découvrira l’insuccès absolu du roman qu’il avait fait éditer à compte d’auteur, réalité qui sonnerait comme un retour de l’évidence concrète face aux ambitions qu’il affichait avec inconscience.

        Lire aussi l’entretien réalisé en 2014 :
         

          Nuri Bilge Ceylan : « Ingmar Bergman a beaucoup compté pour moi »



Mais le trajet moral effectué par Sinan culmine essentiellement dans la découverte de la nature de celui qu’il considérait, avec l’assurance que lui donnait une position douteuse, comme un « bon à rien », son propre père. C’est en reprenant de concert avec son géniteur le forage d’un puits, métaphore lisible du lien atavique qui finit, par la force des choses, par unir les deux hommes, que Sinan avoue à la fois sa défaite et son acceptation de l’existence. Cette vision, que l’on pourrait qualifier d’antimoderne, d’une toute-puissance de l’ordre patriarcal auquel il pourrait être vain de ne pas se soumettre justifie aisément le pessimisme qui caractérise l’œuvre de Nuri Bilge Ceylan.
La beauté formelle et plastique du film, sublimant les paysages des Dardanelles, contribue, par un paradoxe purement cinématographique, à conforter l’impression d’une indifférence générale du monde face aux médiocres illusions des humains. On peut trouver ce désenchantement un peu systématique mais admirer sans réserve la qualité de l’ouvrage.

Film turc de Nuri Bilge Ceylan. Avec Dogu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yildirimlar (3 h 08). Sur le web: distribution.memento-films.com, www.facebook.com/MementoFilmsMFI/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Vie de famille, western moderne et mélo : trois idées de séries

Chaque mardi, « La Matinale » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 06h40
    |

            Renaud Machart








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu de notre liste hebdomadaire : le portrait d’une famille à la dérive, un western des temps modernes et un mélodrame sur l’Allemagne au temps de la guerre froide.
« Casual », une dernière saison attendrissante
On doutait, à l’issue de sa saison 3, de la nécessité que Casual, la série créée par Zander Lehmann, se prolonge davantage : ses treize épisodes avaient fait se déliter la substance fragile mais sensible de ce portrait d’un trio familial (un frère, une sœur et la fille adolescente de cette dernière) bourgeois-bohême, passablement à la dérive.
Cette quatrième et dernière saison, qui a sagement réduit sa voilure (huit épisodes parfaitement calibrés), nous fait retrouver les personnages quelques années plus tard et redonne à Casual le rythme et la poésie qui faisaient son charme. Avec ce petit supplément d’âme qu’apporte en général la perspective d’un point final mis au récit – la conclusion est joliment trouvée – d’une série qui nous aura sinon passionnés du moins attendris. Renaud Machart
« Casual », saison 4, série créée par Zander Lehmann. Avec Michaela Watkins, Tommy Dewey, Tara Lynne Barr, Nyasha Hatendi, Julie Marie Berman, Frances Conroy (EU, 2018, 8 × 26 minutes).

« Guyane », western des temps modernes
Après avoir exploré le noir nordique, l’espionnage, la série politique, la fiction historique ou le monde policier-judiciaire, Canal+ se lance avec Guyane dans une forme de western des temps actuels. Un western, rigoureusement documenté, qui a pour cadre ce petit bout de France vibrant des échos de l’orpaillage clandestin et du jeu du gendarme et du voleur engagé contre les camps sans cesse renaissants des chercheurs d’or, esclaves de la boue et du mercure ou esclavagistes sans scrupule.
Ecrite par le scénariste de bande dessinée Fabien Nury, réalisée par Kim Chapiron et Philippe Triboit, Guyane nous transporte dans le village fictif de Saint-Elias, dernier hameau sur l’Oyapock avant la luxuriante et dangereuse forêt amazonienne. La richesse de Guyane doit beaucoup à la superbe interprétation de tous les acteurs mais aussi au rôle capital qu’y jouent les femmes, voire même un personnage secondaire local, la ­picolette, un oiseau que l’on entraîne au chant pour des championnats au son des Suites pour violoncelle seul de Bach… Martine Delahaye
« Guyane », saison 1, série créée par Fabien Nury. Avec Mathieu Spinosi, Olivier Rabourdin, Issaka Sawadogo, Anne Suarez (France, 2016, 8 × 52 minutes). Canal+ à la demande.

« Berlin 56 », un mélodrame en six épisodes
Année 1956 : quelque dix ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre. Mais, en Allemagne, il est des passés qui ne passent pas, malgré la tentative de beaucoup de mettre de funestes et parfois coupables souvenirs au troisième sous-sol de leur mémoire. Car ils ont spolié, fait fortune dans l’armement, profité du régime hitlérien. Berlin, naguère lieu d’effervescence artistique et sexuelle, devient une ville puritaine. On y pourchasse les homosexuels et l’on y traite les « hystériques » par électrochocs.
Entre Berlin est et ouest, non encore scindés, c’est cette époque que narre cette production allemande. Mais, en dépit d’une image soignée et d’une lumière sous-saturée, qui donne à ses décors une « patine » à l’ancienne, Berlin 56 déçoit par ses facilités dignes d’un mélodrame à l’eau de rose. De surcroît, alors que les six épisodes auraient pu permettre de creuser davantage les situations et les caractères psychologiques, cette minisérie ressemble en fait à un téléfilm rallongé. R. Ma.
Berlin 56, série créée par Annette Hess. Avec Claudia Michelsen, Sonja Gerhardt, Maria Ehrich, Emilia Schüle, Heino Ferch (All., 2016, 6 × 45 minutes). Episodes 4 à 6, Arte, jeudi 9 à partir de 20 h 55.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ 1968, année Black (2/6). En février 1968, l’écrivain américain, porte-voix du mouvement des droits civiques, débarque à Hollywood pour écrire un scénario sur la vie de l’activiste noir assassiné en 1965. Le début d’un long naufrage…
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Un biopic puritain et académique sur la créatrice de « Frankenstein », réalisé par la cinéaste saoudienne Haifaa Al-Mansour.
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« Mary Shelley » : la genèse convenue d’un monstre

Un biopic puritain et académique sur la créatrice de « Frankenstein », réalisé par la cinéaste saoudienne Haifaa Al-Mansour.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 08h37
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
A se pencher sur la vie et l’œuvre de Mary Shelley, nul doute que l’écrivain méritait son biopic : les joies et les nombreux drames de sa vie, la rédaction de Frankenstein à l’âge de 19 ans constituaient a priori le parfait matériau pour un portrait de femme porté à l’écran. C’est ce à quoi s’attelle la Saoudienne Haifaa Al-Mansour, première cinéaste femme de son pays passée à Hollywood et qui a dû projeter un peu d’elle-même dans le portrait de cette écrivain au parcours semé d’obstacles. La jeune actrice américaine Elle Fanning prête ses traits à cette jeune femme assoiffée de lecture et d’écriture, éduquée par un père qui était écrivain politique et née d’une mère philosophe féministe qu’elle n’a pas connue. L’écrivain semblait couver un volcan, une soif créatrice inépuisable et ceux-ci auraient appelé un traitement bien plus échevelé et libre que ce biopic puritain et académique. Mary Shelley va jusqu’à contredire son propos soi-disant féministe en prenant le parti d’expliquer l’œuvre principale de son héroïne par les aléas de sa vie amoureuse.

Film américain de Haifaa Al-Mansour. Avec Elle Fanning, Douglas Booth, Tom Sturridge. (2h) Sur le web : www.curzonartificialeye.com/mary-shelley, www.facebook.com/MaryShelleyFilm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le festival consacre une rétrospective au réalisateur américain, qui va au-delà de ses grandes œuvres des années 1930.
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A Locarno, les éclats burlesques de Leo McCarey, cinéaste méconnu

Le festival consacre une rétrospective au réalisateur américain, qui va au-delà de ses grandes œuvres des années 1930.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 09h22
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h00
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le festival de Locarno a toujours porté haut la fibre patrimoniale. D’alléchantes rétrospectives, conjuguant l’intérêt savant et l’agrément spectaculaire, y sont organisées, telle cette année celle consacrée à cette grande figure du classicisme hollywoodien qu’est Leo McCarey.
Fils d’une famille aisée, né en 1896 d’une mère française et d’un père organisateur de matchs de boxe, rescapé d’une chute de cinq étages dans une cage d’ascenseur qui marquera son goût invétéré pour l’accident dramaturgique, titulaire d’un diplôme d’avocat dont il ne sait que faire, l’homme bifurque ­rapidement vers Hollywood, où il apprend le métier auprès de Tod Browning. Son embauche et sa rapide promotion dans l’usine burlesque d’Hal Roach, aux côtés notamment de Frank Capra, le font brillamment entrer dans la carrière.
Décrit, dans le panier de crabes hollywoodien, comme une personnalité généreuse et élégante, roi de l’improvisation et de l’artefact scénaristique, McCarey est passé à la postérité pour quelques hauts faits. « Inventeur » de Laurel et Hardy, réalisateur d’un des Marx movies les plus ébouriffants (La Soupe au canard, 1933), auteur enfin de deux chefs-d’œuvre aussi indubitables que la comédie Cette sacrée vérité (1937) et le mélodrame Elle et lui (1939). Ce dernier titre, réunissant Charles Boyer et Irène Dunne sous le titre Love Affair, sera d’ailleurs prolongé par un auto-remake en 1953, An Affair to Remember avec Cary Grant et Deborah Kerr, plus bouleversant encore. D’autres titres, plus secrets, ont aux yeux de certains cinéphiles valeur de sommets, tel le cruel mélo Place aux jeunes (1937), qui voit une nombreuse progéniture séparer le couple de leurs vieux parents.

Vingt-sept longs-métrages
Cette réputation est toutefois entachée par des œuvres de commande moins éclatantes, et par une plongée tardive dans une veine édifiante (depuis le fervent catholicisme de La Route...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ L’ancienne star américaine de films d’action détient la nationalité russe depuis 2016.
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L’acteur Steven Seagal nommé émissaire par la Russie pour renforcer les liens avec les Etats-Unis

L’ancienne star américaine de films d’action détient la nationalité russe depuis 2016.



Le Monde
 |    05.08.2018 à 20h21
   





                        



   


L’acteur américain Steven Seagal, qui a la nationalité russe depuis 2016, a été nommé « représentant spécial du ministère russe des Affaires étrangères, chargé des liens humanitaires russo-américains », a annoncé samedi 4 août la diplomatie russe.
Sa tâche est d’« assister au développement des relations russo-américaines dans le domaine humanitaire, y compris la coopération dans le domaine de la culture et de l’art », précise le communiqué diffusé sur Facebook. Il s’agit d’un poste ressemblant à celui d’« ambassadeur de bonne volonté de l’ONU » et qui « ne prévoit pas de rémunération ».
Proche de Vladimir Poutine
Cette annonce intervient alors que les relations entre Moscou et Washington, au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, sont plombées par des divergences persistantes sur le conflit en Syrie, l’Ukraine ou encore les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, accusations que la Russie rejette.
Ceinture noire d’aïkido, Steven Seagal a connu son heure de gloire dans le cinéma d’action hollywoodien des années 1990, avec les succès de Nico et Piège en haute mer. Il avait été accusé d’abus sexuels en novembre 2017 par l’actrice Portia de Rossi dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein. Le comédien s’est vu accorder la nationalité russe par le président Vladimir Poutine en novembre 2016.

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                Gérard Depardieu, Steven Seagal : les pépés russes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Couples d’artistes 1/6. Ils se sont rencontrés en 1985 sur le tournage d’un film, elle à la prise de son, lui à la direction de la photo. Ils ne se sont plus quittés.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ L’adoption de la technologie numérique permet de diffuser les grosses productions internationales. Et d’attirer les jeunes dans les salles.
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Compte rendu

Les stars d’Hollywood à la rescousse des cinémas d’Alger

L’adoption de la technologie numérique permet de diffuser les grosses productions internationales. Et d’attirer les jeunes dans les salles.

Par                                            Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-03T18:00:26+02:00"

        Le 03.08.2018 à 18h00






    
A Alger lors de la sortie du film « Star Wars : le réveil de la force », en décembre 2015.
Crédits : FAROUK BATICHE / AFP


« Attends, je prends un soda ! » Sarah slalome entre les baby-foot, commande une boisson, puis se dirige vers le jeune homme qui contrôle les tickets : « Avengers, c’est la deuxième porte. » La jeune fille de 14 ans est venue avec un groupe d’amis. Pantalon taille haute, tee-shirt large, les cheveux tenus par une queue-de-cheval, elle fait des selfies avec ses copines pendant que les garçons achètent du pop-corn. « C’est un bon cinéma, on vient pendant les vacances », explique-t-elle.
A Alger, dans le centre commercial situé au pied de l’esplanade du Mémorial du martyr, le Cosmos est devenu une salle dynamique. « On fait quatre projections par jour. Nous accueillons surtout des groupes de jeunes, mais aussi des familles avec enfants ou des couples », explique l’un des employés de ce cinéma géré par l’Etat. La foule présente sur l’esplanade profite des manèges, des jeux vidéo, des vendeurs de crêpes et de gaufres. A l’affiche ce jour-là, le dernier Avengers, mais aussi Taxi 5 ou le long-métrage d’horreur Action ou vérité. « Je viens quand il y a de nouveaux films. Avengers, tout le monde l’a vu, donc il fallait que je le voie aussi », explique Yasmine, 18 ans, venue avec une camarade de cours.
« Quatre à cinq séances complètes d’affilée »
Cette effervescence ne va pas de soi dans une ville qui a vu disparaître progressivement ses salles pendant la guerre civile de la décennie 1990. Dans les années 1980, Alger en comptait entre trente et quarante, contre une dizaine actuellement, concentrées dans le centre-ville.
Le changement s’est amorcé en 2014 lorsque le distributeur MD Ciné a décidé d’investir dans la technologie numérique, permettant la diffusion des dernières productions presque au moment de leur sortie mondiale. Les cinémas avec lesquelles il avait un partenariat ont ainsi retrouvé des couleurs, séduisant de plus en plus les jeunes.

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                Les jeunes cinéastes algériens en plein bouillonnement



Derrière le guichet de la salle Ibn Zeydoun, Mamoune Senouci, responsable de la programmation, se réjouit. « Nos plus grands succès cette année, ce sont les dessins animés Coco et Ferdinand à l’automne. On pouvait avoir quatre à cinq séances complètes d’affilée. » Ses 494 fauteuils ont également été pris d’assaut pour la diffusion du dernier Star Wars ou de C’est tout pour moi, le film de la comédienne, humoriste et réalisatrice Nawell Madani. « Nous avons gagné un public de trentenaires et de quadragénaires qui ont un bon salaire et veulent sortir. Ce sont eux qui remplissent nos séances du soir », note M. Senouci.
Parmi les ingrédients du succès figurent les réseaux sociaux, utilisés pour annoncer la programmation de la semaine. Surtout, expliquent les professionnels, l’arrivée du format numérique DCP permet de diffuser des longs-métrages quelques semaines avant qu’ils soient disponibles en streaming. Une condition nécessaire pour que MD Ciné, le seul distributeur présent sur le marché pour le moment, soit en mesure de remplir les salles et de gagner de l’argent.
Porte close
L’élargissement de l’offre de films a fait plus que doubler le prix des billets – qui oscille désormais entre 400 et 600 dinars algériens (entre 2,90 et 4,30 euros) – mais, dans une capitale où les distractions sont rares, surtout pour les jeunes, la hausse ne décourage pas le public. « Ce n’est pas un problème. Je suis prête à payer pour ça », assure ainsi Yasmine.
Car nombre d’anciennes salles gardent porte close, comme celles de Bab el-Oued et de Belouizdad, quartiers populaires d’Alger. Ou comme les mythiques Sierra Maestra et Afrique (avec ses plus de 1 200 places), toujours fermées malgré des travaux de réhabilitation. « Quand j’étais jeune, j’allais souvent au cinéma : l’Africa, l’Algeria, ce sont de bons souvenirs. Mais aujourd’hui, il n’y en a plus beaucoup. Je regarde les films à la maison », avoue Malik, jeune père de famille.

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                Cinéma : Farouk Beloufa, l’image manquante de l’Algérie



Yacine, trentenaire cinéphile, opte régulièrement pour les projections organisées par les instituts étrangers ou certains ciné-clubs. « Je viens dans les grandes salles surtout pour voir quelques nouveautés. Je n’aime pas trop leur programmation, trop axée sur les blockbusters », estime-t-il, tout en jugeant l’évolution « positive, car plus de gens vont au cinéma » et le nombre d’écrans augmente. Abdenour Hochiche, ancien responsable des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, festival qui encourage la création algérienne, confirme : « Ces salles programment des films de manière régulière et font une bonne communication. Ça marche pour le jeune public. »


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Bruno Dumont présente « Coin Coin et les Z’inhumains », mini-série dadaïste pour Arte, qui fait suite à « P’tit Quinquin ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/08/2018
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Invasion de fientes extraterrestres à Locarno

Bruno Dumont présente « Coin Coin et les Z’inhumains », mini-série dadaïste pour Arte, qui fait suite à « P’tit Quinquin ».



Le Monde
 |    03.08.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
04.08.2018 à 06h34
    |

            Jacques Mandelbaum (Locarno - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Pardon, mais des flaques de merde sont en train de nous tomber dessus depuis le ciel. Il faut, parfois, ne pas avoir peur d’appeler un chat un chat. Vous marchez dans la lande, rien n’est à signaler, et floc, vous en recevez une en plein sur la tête. Demain, votre voisin. Après-demain, le mal s’étend à la région. Qu’en sera-t-il après ? Car on sent bien que la mouise est contagieuse, que la fin du monde est désormais probable, possible. Mais qu’est-ce au juste que cette matière gluante et puante qui tombe dru et vous transforme ? Et pourquoi ? Et la faute à quoi ou à qui ?
Ne cherchez pas plus loin : le responsable se nomme Bruno Dumont. Voilà où en est aujourd’hui réduit le fils putatif de Robert Bresson, depuis qu’un grand rire dadaïste le secoue. Rien de mieux à penser qu’à faire tomber sur ses « pays » du nord de la France de la bouse à pleine dose. Déjà que d’aucuns lui reprochaient de le faire au figuré. Il est comme ça Bruno, faut pas trop le chercher. La chute des matières s’observe en tout état de cause dans Coin Coin et les Z’Inhumains, mini-série en quatre épisodes conçue pour Arte, où elle sera diffusée au mois de septembre, en sa qualité de suite plus qu’attendue d’un P’tit Quinquin qui s’était taillé en septembre 2014 un des succès historiques de la chaîne (1,3 million de téléspectateurs en moyenne pour chacun des quatre épisodes).
Alors que le 25 juillet 2017, les lecteurs du Monde pouvaient lire un reportage sur le tournage de la nouvelle série en direct de la côte d’Opale, un an plus tard, ce sont les festivaliers de Locarno, en Suisse, qui s’apprêtent à découvrir en première mondiale, samedi 4 août au soir, les deux premiers épisodes. Pour certains d’entre eux, ils auront d’ores et déjà pu apercevoir l’auteur, auquel le festival attribue un Léopard d’honneur cette année, qui présentait benoîtement une séance des géniaux Laurel et Hardy dans le cadre de la rétrospective Leo McCarey, en se remémorant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le festival québécois s’est terminé jeudi. Consacré au cinéma alternatif, fantastique ou d’horreur, il a mis en lumière une pop culture jeune et planétaire.
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Les nouveaux codes du films de genre à Fantasia 2018

Le festival québécois s’est terminé jeudi. Consacré au cinéma alternatif, fantastique ou d’horreur, il a mis en lumière une pop culture jeune et planétaire.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
03.08.2018 à 20h23
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Depuis vingt-deux ans se tient, à Montréal, durant trois semaines de juillet, une des plus impressionnantes, tout autant que conviviales, manifestations consacrées à ce qu’il faudrait désigner comme « pop culture cinématographique contemporaine ». Plus de 120 films représentatifs d’un goût souvent jeune et assurément planétaire pour le fantastique, l’horreur, la science-fiction, le cinéma d’animation ou d’arts martiaux, les adaptations de mangas ou de jeux vidéo, mais aussi pour diverses expérimentations plastiques ou narratives qui brouillent les frontières entre les genres, ont été montrés jusqu’au jeudi 2 août.
Une profusion d’images dont beaucoup ne sont pas destinées à être vues dans les salles de cinéma au-delà de leur propre pays de production, mais à connaître un destin sur divers supports et par divers canaux, culture industrielle ou de contrebande.
Cinéma hybride
L’Asie est évidemment surreprésentée dans une programmation qui a pris acte d’un subtil impérialisme (chinois, japonais, coréen), ayant colonisé et imprégné les productions occidentales audiovisuelles.
Une plongée annuelle, même partielle, dans cette orgie constitue une biopsie parfaite pour analyser la nature de cette culture mondiale, déceler quelques tendances, lourdes ou légères, d’une industrie du divertissement ainsi que les inventions d’un artisanat de producteurs indépendants délirants et bricoleurs.
Trois films racontent une histoire uniquement à travers ce qui apparaît sur un ordinateur
Une des qualités du festival Fantasia est parfois de permettre au spectateur de découvrir un cinéma hybride qui a quasiment disparu des salles en France, un cinéma qui se joue de la standardisation de certains genres et qui, justement, mêle, parfois avec bonheur, le naturalisme psychologique du petit cinéma indépendant d’auteur et les stimulations de l’épouvante devenues figures allégoriques.
Ainsi The Witch in the Window, d’Andy Mitton, propose une description...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Dans les années 1980, à Nanterre, le metteur en scène monte une école de théâtre. Agnès Jaoui, Vincent Perez, Thibault de Montalembert… Plus de trente ans après, nul n’a oublié l’intensité de ces années bouillonnantes.
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La bande du Théâtre des Amandiers : Chéreau en majesté


                      Dans les années 1980, à Nanterre, le metteur en scène monte une école de théâtre. Agnès Jaoui, Vincent Perez, Thibault de Montalembert… Plus de trente ans après, nul n’a oublié l’intensité de ces années bouillonnantes.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 06h40
    |

                            Clément Ghys








                              

                        

Ce lundi 18 mai 1987, Patrice Chéreau est l’invité d’Antenne 2. Le journal télévisé a été délocalisé à Cannes le temps du Festival, et le metteur en scène de 42 ans discute avec le présentateur William Leymergie. Il a les traits tirés. Son nouveau film, Hôtel de France, vient d’être présenté dans la catégorie Un certain regard, et s’est fait siffler. Mais ce petit scandale est éclipsé par un autre, beaucoup plus gros. La Croisette préfère huer ou acclamer Sous le soleil de Satan, qui offrira une Palme d’or à Maurice Pialat quelques jours plus tard.

C’est ce qui agace Chéreau. Avec son film, adaptation contemporaine de la pièce Platonov de Tchekhov, il voulait frapper les esprits, faire un triomphe ou un tollé magistral, comme avec son Ring, présenté à Bayreuth, en Allemagne, dix ans plus tôt, dirigé par Pierre Boulez, détesté puis adoré. Ou comme avec ses mises en scène de pièces de Bernard-Marie Koltès ou de Jean Genet, qui ont fait sensation au Théâtre des Amandiers de Nanterre.
A la télévision, Chéreau évoque le casting de son film : « On fait le pari de visages jeunes, de visages nouveaux, dont j’estime que ce sont les comédiens de demain. » Seuls deux d’entre eux sont à Cannes : un Suisse, Vincent Perez, et une Franco-Italienne, Valeria Bruni-Tedeschi. Lui s’est fait prêter un smoking trop grand, et est surexcité d’être là. Depuis des années, il rêve d’être une star. Elle est plus mal à l’aise. Elle a adoré faire ce film, « son premier bonheur de cinéma ». Depuis le tournage, ses levers très matinaux, les cafés brûlants avalés avant les prises, elle sait qu’elle sera actrice. Mais elle ne fait pas la fière, dans ce bazar pailleté, seule, sans les autres.
Deuxième et dernière promotion
Les autres, ce sont notamment Agnès Jaoui, Bruno Todeschini, Thibault de Montalembert, Marianne Denicourt, Eva Ionesco ou Laurent Grévill. Ses partenaires dans Hôtel de France,...



