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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ [Ecrivains espions, espions écrivains 4/5] Alexandre Kojève (1902-1968), hégélien hors pair et négociateur du gouvernement français, a aussi été « un agent de valeur » des Soviétiques.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/08/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 113)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot



Le Monde
 |    05.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.08.2018 à 07h02
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Une fois par semaine, le jeudi, Emma Bovary quitte son mari pour retrouver son amant Léon dans la capitale de Normandie. Ils y louent une chambre dans un hôtel en bord de Seine, puis dans une ruelle plus discrète.
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Un roman, un hôtel : à Rouen, la chambre des amants de Flaubert


                      Une fois par semaine, le jeudi, Emma Bovary quitte son mari pour retrouver son amant Léon dans la capitale de Normandie. Ils y louent une chambre dans un hôtel en bord de Seine, puis dans une ruelle plus discrète.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 14h33
    |

                            Colombe Schneck








   


Quand Emma Bovary et son amant Léon se retrouvent pour la première fois, tous les deux, à Rouen, « ce furent trois jours pleins, exquis, splendides, une vraie lune de miel. Ils étaient à l’Hôtel de Boulogne sur le port ».
A Rouen, sur le bord de la Seine, de nombreux hôtels proposent des chambres avec vue sur le fleuve. Celui de la chaîne Kyriad, dont la façade date du XIXe siècle, pourrait ressembler à l’Hôtel de Boulogne décrit dans Madame Bovary (1857). « Ils vivaient là, volets fermés, portes closes, avec des fleurs par terre et des sirops à la glace, qu’on leur apportait dès le matin », écrit Gustave Flaubert (1821-1880).
L’intérieur du Kyriad est assez impersonnel, et les chambres n’incitent pas forcément à y rester des journées entières. Ce n’est qu’une première fois, Emma et Léon vont prendre des habitudes. Une fois par semaine, le jeudi, Emma quitte son mari pour retrouver son amant à Rouen.
Chambre bourgeoise
Ce n’est plus l’hôtel du port mais une adresse plus discrète, située dans le quartier du théâtre. « Comme ils aimaient cette bonne chambre pleine de gaieté, malgré sa splendeur un peu fanée. » Le lit en forme de nacelle est d’acajou, les rideaux sont de levantine rouge, le tapis est « discret », les ornements, « folâtres », des candélabres et de grandes coquilles roses où l’on peut entendre la mer sont posés sur la cheminée. « Ils disaient notre chambre, notre tapis, nos fauteuils. » Une chambre bourgeoise, simple, discrète, où le temps semble s’être arrêté. Emma et Léon croient être là pour toujours.
On peut trouver ce genre de chambre à l’Hôtel de Bourgtheroulde, dans le quartier de la cathédrale. Un ancien hôtel particulier Renaissance, construit pour la famille Le Roux entre 1499 et 1532 – il a été depuis remanié, détruit, reconstruit et transformé en cinq-étoiles au XXe siècle. Il conserve quelques décorations gothiques qui peuvent faire rêver ceux qui aiment les contes de fées qui se terminent mal. Les chambres sont vastes, certaines mansardées, avec des boiseries sur les murs. Les rideaux sont rouges, pas de tapis « discret », mais de la moquette rouge, et l’on peut certainement qualifier les ornements de « folâtres ».

        Lire aussi :
         

                Un roman, un hôtel : James Baldwin dans de beaux draps à Paris






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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Lorsque au printemps, des scientifiques annoncent l’effondrement des populations d’oiseaux en France, l’écrivain français est anéanti. Son dernier ouvrage « Le Traquet kurde », paru en janvier, a justement pour trame la traque d’une espèce rare, au Proche-Orient.
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Jean Rolin à la poursuite des oiseaux, avant disparition


                      Lorsque au printemps, des scientifiques annoncent l’effondrement des populations d’oiseaux en France, l’écrivain français est anéanti. Son dernier ouvrage « Le Traquet kurde », paru en janvier, a justement pour trame la traque d’une espèce rare, au Proche-Orient.



Le Monde
 |    03.08.2018 à 14h32
 • Mis à jour le
05.08.2018 à 06h28
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Excitant, ce rendez-vous au salon de thé de la Grande Mosquée de Paris avec un inconnu qui se prend pour James Bond. En signe de reconnaissance, il aura Le Monde sous le bras. Cette fin d’après-midi brûlante, des rumeurs de médina montent du patio. Des voix, des rires, le bruit des chaises raclées sur les sols de zelliges, on s’entend à peine. Attablé devant son journal, élégant et de noir vêtu, l’homme est déjà là, les yeux au ciel.
« Vous entendez le silence ? » Il observe des martinets qui foncent en piqué sur le minaret. « A cette saison, ils devraient être des milliers. » Et de rares moineaux en train de picorer les miettes de baklava, trop peu nombreux pour se disputer. En Chine, en Turquie, au Liban, à Paris, fini les stridulations, les gazouillis, les piaillements, le silence des oiseaux, dit-il, est assourdissant. James Bond doit se retourner dans sa tombe.
Terrifié par la « rapacité » des hommes, Jean Rolin en admire peu, dont James Bond, le vrai. Ce scientifique américain à la vie aventureuse a épié les oiseaux dans le monde entier avant de pondre une somme.
Jean Rolin, l’individu en noir, a écrit une bonne douzaine d’ouvrages qui parlent tous de voyages et d’oiseaux. Terrifié par la « rapacité » des hommes, il en admire peu, dont James Bond, le vrai (1900-1989). Ce scientifique américain à la vie aventureuse a épié les oiseaux dans le monde entier avant de pondre une somme, A Fields Guide to the Birds of the West Indies. Ce livre s’est retrouvé sur les étagères d’une bibliothèque à la Jamaïque, à Goldeneye, dans la villa paradisiaque de Ian Fleming, bird watcher distingué lui aussi, et écrivain.
Quand il a cherché un nom pour 007, Fleming a piqué celui de l’ornithologue. « Court, peu romantique, anglo-saxon et très masculin, c’est le nom qu’il me fallait », a-t-il confié. S’il n’a jamais touché de royalties, Bond l’ornithologue a connu la gloire par procuration,...




<article-nb="2018/08/08/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Une planche de BD de la rentrée 3|5. « Les Lumières de Niteroi », qui paraît le 9 novembre, mêle chronique sociale et comédie humaine.
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Marcello Quintanilha, le Brésil en eaux troubles

Une planche de BD de la rentrée 3|5. « Les Lumières de Niteroi », qui paraît le 9 novembre, mêle chronique sociale et comédie humaine.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
03.08.2018 à 12h56
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            


Alire l’œuvre de Marcello Quintanilha, on pourrait croire qu’il existe deux sports nationaux au Brésil. Le premier est le football – rien de neuf sous le soleil. Le second la pêche à la dynamite, activité prohibée en raison de sa cruauté et de sa trop grande efficacité. L’album qui l’a fait découvrir en France, Tungstène (Çà et Là, prix du polar à Angoulême en 2016), s’ouvrait déjà sur une scène de pêche à l’explosif, point de départ d’un thriller mettant aux prises une impayable brochette de protagonistes typés de la société brésilienne contemporaine. Dans Les ­Lumières de Niteroi, à paraître le 9 novembre (toujours chez Çà et Là), Quintanilha refait le coup du braconnage halieutique.
Sur une plage de l’Etat de Rio, deux amis observent, au loin, un banc de poissons voler dans le ciel après une explosion. L’exécutant ayant pris la fuite, ils décident d’aller récupérer le butin pour le vendre. Miraculeuse sur le papier, la partie de pêche va vite tourner à la galère, au fil d’un récit mêlant la chronique sociale et la comédie humaine, comme sait si parfaitement le faire le dessinateur brésilien.
Un rien, un regard de travers par exemple, peut suffire à faire sortir de ses gonds un personnage
L’un de ses deux larrons est un bossu râleur ; l’autre un footballeur professionnel qui doit jouer un match important le lendemain avec son nouveau club, dans la ville de Niteroi. Hélcio a tout du joueur atypique. Défenseur porté sur l’attaque et obsédé par le dribble, il ne supporte pas le climat délétère qui plane au-dessus d’un sport cristallisant mille enjeux.
L’action a lieu dans les années 1950, le propre père de Marcello Quintanilha entame alors une courte carrière de footballeur dans un club professionnel de seconde zone. L’auteur a injecté les anecdotes paternelles dans ce récit trop rocambolesque pour être totalement véridique. « Je crois avec force à la puissance de la fiction, confie-t-il. Une fois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Deux livres reviennent sur des affaires de possession, entre scepticisme et mystère.
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Histoire. Le diable entre au couvent

Deux livres reviennent sur des affaires de possession, entre scepticisme et mystère.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h33
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Une affaire de possession au XVIIe siècle. Les religieuses d’Auxonne (1658-1663), de Benoît Garnot, Imago, 208 p., 20 €. Esprits et démons. Histoire des phénomènes d’hystérie collective, d’Yves-Marie Bercé, Vuibert, 288 p., 21,90 €.

Vers 1660, les ursulines du couvent d’Auxonne, près de Dijon, récitaient parfois d’étranges invocations, telle cette sœur s’adressant au démon Asmodée : « Mon cœur mon amour, viens ici, c’est tout ce que j’ai de plus cher que tout, viens ici pour commettre des actions impures sur moi. » Dans Une affaire de possession au XVIIe siècle, Benoît Garnot, spécialiste de la justice sous l’Ancien ­Régime, raconte, à partir d’un remarquable travail d’archive, les six années, entre 1658 et 1663, durant lesquelles des dizaines de jeunes religieuses, puis de laïques du bourg, subirent, selon leurs dires, un assaut permanent des « forces du monde invisible ».
Avaler des « sorts »
La foi était laminée, s’inversait en désespoir ; des corps « fantastiques », ou réels, se glissaient dans les lits ; face aux objets du culte, les possédées juraient, blasphémaient, revendiquaient la haine et l’enfer. Il y avait, disaient les sœurs, une sorcière parmi elles, Barbe Buvée, leur aînée, qu’elles accusaient de leur avoir fait avaler des « sorts » :de petits cailloux mélangés à leur nourriture, où se nichaient les diables. Posséder quelqu’un, c’est pénétrer des organes ; rien ne se fait, en l’espèce, sans contact direct. C’est un des aspects les plus passionnants du livre, qu’il permette de voir d’aussi près la circulation de matières, le remuement d’organes, la percussion des corps que représente la possession.
Mais que voit-on lorsqu’on voit des démons s’agiter ? Le débat est vif, quand il s’agit, pour les autorités religieuses et politiques, de trancher sur la nature de ces cas. Benoît Garnot montre que l’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 3 août 2018.
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Livres de l’été en bref

Romans, récits, enfance, philosophie, manga, thriller… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 3 août 2018.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
02.08.2018 à 11h54
    |

            Pauline Croquet, 
Frédéric Potet, 
Nicolas Weill, 
                                Florent Georgesco, 
Raphaëlle Leyris, 
                                Marine Desquand, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres") et 
                            Macha Séry








                        



                                


                            Roman. Tout pour réussir
Déposer glaive et bouclier (traduit de ­l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis, Rivages/noir, 334 p., 7,90 €)

Paru initialement aux Etats-Unis en 1971, Déposer glaive et bouclier (traduit de ­l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis, Rivages/noir, 334 p., 7,90 €), le troisième roman du grand maître américain James Lee Burke, aujourd’hui âgé de 81 ans, fut le premier à mettre en scène l’arrière-petit-fils de Son Holland, le héros de Texas Forever(1982 ; Rivages, 2013). L’avocat Hack Holland réapparaîtra en effet dans Dieux de la pluie (2009) et La Fête des fous (2011), simultanément réédités en poche.
Ce vétéran de la guerre de Corée, au cours de laquelle il a passé trente-deux mois dans d’inhumains camps de prisonniers, a tout pour réussir : une prospère carrière de pénaliste, un patronyme respecté dans la région, une immense propriété héritée de sa famille, une épouse ambitieuse dévouée à sa candidature au ­Congrès, des soutiens haut placés chez les démocrates.
Toutefois, l’homme a deux défauts : il boit trop et il est honnête. Rétif aux mondanités, il néglige sa campagne électorale pour porter secours à un camarade de guerre latino condamné aux travaux forcés – il s’est prétendument rebellé contre les forces de l’ordre. Au Texas, le Ku Klux Klan s’oppose à la lutte pour les droits civiques, les shérifs frappent sans vergogne et les politiciens, ­quoique progressistes, cherchent avant tout à préserver leurs in­térêts et ceux des compagnies pétrolières.
Au-delà de cette dimension ­sociopolitique, Déposer glaive et bouclier enchante par le talent de naturaliste et de coloriste de ­James Lee Burke. Macha Séry
Roman. Légende familiale
Le Fils de l’Inde, de Sylvie Crossman,Seuil, 288 p., 19 €.
De la Turquie de 2010 à l’Inde ­britannique des années 1910, Sylvie Crossman remonte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Portrait de la philosophe en lectrice. Elle est présidente du Collège international de philosophie, et académicienne depuis mai.
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Keskèli, Barbara Cassin ?

Portrait de la philosophe en lectrice. Elle est présidente du Collège international de philosophie, et académicienne depuis mai.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h13
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Un premier souvenir de lecture ?
« Viens, j’ai des fruits d’or, j’ai des roses, j’en remplirai tes petits bras, je te dirai de douces choses et peut-être tu souriras » : ma mère m’apprenant à lire dans un livre de poèmes qui commençait par cette phrase de Victor Hugo (issue de « Dieu est toujours là », dans Les Voix intérieures, 1837).
Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?
Rencontré au moment où il était inconnu : Liens de famille, de Clarice Lispector (Des femmes, 1989).
Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?
Voyage au bout de la nuit, de Céline (Denoël, 1932).
L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?
J. M. Coetzee.
Celui que vous aimeriez lire mais que vous n’aimeriez pas rencontrer ?
Georges Simenon.
Un livre récent que vous avez envie de lire ?
Quand sort la recluse, de Fred Vargas (Flammarion, 2017).
Le livre qui vous a fait rater votre station ?
La Panne, de Friedrich Dürrenmatt (Albin Michel, 1958).
Celui dont vous voudriez être le héros ?
L’Odyssée, d’Homère.
Celui qui vous réconcilie avec l’existence ?
Métaphysique, d’Aristote (IVe siècle av. J.-C.).
Celui que vous avez envie d’offrir à tout le monde ?
Journal de pensée (1950-1973), de Hannah Arendt (Seuil, 2005).
Celui qui vous fait rire ?
La Foire aux immortels, d’Enki Bilal (Dargaud, 1980).
Celui dont vous aimeriez écrire la suite ?
La tragédie Hélène, d’Euripide (412 av. J.-C.).
Les livres que vous aimeriez pouvoir lire en version originale ?
La Bible en hébreu et le Coran en arabe.
Le livre que vous voudriez avoir lu avant de mourir ?
Celui que mon père n’a pas écrit.
Votre endroit préféré pour lire ?
Sur un muret au soleil devant la mer.
Dernier ouvrage paru : Eloge de la traduction. Compliquer l’universel (Fayard, 2016).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ L’écrivain et entrepreneur manipule une nouvelle fois le réel dans « Scherbius (et moi) ». Une obsession qui traverse toute son œuvre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/08/2018
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Antoine Bello, menteur hors pair

L’écrivain et entrepreneur manipule une nouvelle fois le réel dans « Scherbius (et moi) ». Une obsession qui traverse toute son œuvre.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h30
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Antoine Bello a deux passions d’égale intensité : les faits et la fiction. Il « révère » les premiers avec la même énergie qu’il met à mépriser « les opinions », est obsédé, en bon admirateur de Georges Perec, par la « recension du monde », et verse tout ce que lui rapportent ses livres à la fondation Wikimédia, dont il juge d’utilité publique l’objectif de « sauvegarde » du savoir. Parallèlement à cela, cet écrivain à l’imagination prolifique, fou d’Alexandre Dumas, invente comme il respire (au cours des sept dernières ­années, il a publié autant de livres, et en a toujours un d’avance sur son éditeur).
Le vrai et le faux
Des romans que l’on dira modérément portés sur le quotidien plat et son imitation : il s’est fait connaître avec Eloge de la pièce manquante (publié en 1998 chez Gallimard, comme toute son œuvre), thriller situé dans le monde, qui n’existe pas, du puzzle de vitesse. Puis il a connu un immense succès public et critique avec la trilogie constituée par Les Falsificateurs, Les Eclaireurs et Les Producteurs (2007, 2009, 2015), dont le héros islandais travaille pour une société spécialisée dans la falsification du réel et notamment de l’histoire (Antoine Bello est l’écrivain qui tombe à pic au temps des « fake news »).
Les faits et la fiction. Le vrai et le faux. Les liens entre eux, la manière de les manipuler… Ces questions traversent toute son œuvre, sous des formes différentes ; dans son nouveau (épatant) roman, Scherbius (et moi) (Gallimard, 448 p., 21 €), ses interrogations sur le mensonge prennent la forme de six livres successifs, au sein même du texte : ceux que le psychiatre Maxime Le Verrier consacre au premier patient qu’il ait eu, Alexandre Scherbius. Venu consulter parce que son goût pour l’imposture l’a emmené trop loin, il semble souffrir d’un trouble de la personnalité multiple. A moins qu’il ne se joue de son psychiatre ?
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Nicolas Jimenez, directeur de la photographie du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre la photographie, par Nicolas Jimenez

Nicolas Jimenez, directeur de la photographie du « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



Le Monde
 |    02.08.2018 à 06h37
    |

                            Nicolas Jimenez








                        



                                


                            


L’imagination de Duane Michals
Michael Jackson venait de mourir, j’étais à Arles aux rencontres photographiques, et Duane Michals est arrivé, à 77 ans, sur la scène du théâtre antique en faisant le fameux moonwalk du roi de la pop. Coup de foudre. Duane Michals est le monarque du drôle et du sensible à la fois. Il s’amuse de tout et livre au monde toutes les bêtises qu’il a dans la tête. Le lendemain matin, je fonçais dans une librairie et j’achetais un livre, ce Photo poche de 1984 qui lui est consacré, pour ne pas l’oublier. Une parfaite introduction à son travail. Duane Michals a fait de la narration séquentielle, en photographie, un art. Rencontre fortuite, Le Voyage de l’esprit après la mort, le portrait locomotive de Clouzot, Prends-en une et vois le Fuji-Yama… Autant de petites histoires sorties de son imagination, d’images construites de toutes pièces dans lesquelles je me plonge à chaque fois que j’ai besoin de me rappeler qu’il ne faut pas se prendre au sérieux.

« Duane Michals », Photo poche, 144 p., 13 €.

Darcy Padilla montre la vie
En 1993, Darcy Padilla, qui vit à San Francisco, rencontre lors d’un reportage Julie Baird, une jeune maman toxico. Elle la suivra pendant dix-huit ans, jusqu’à sa mort. Family Love (2014) est un témoignage, exceptionnel par sa durée, sur la pauvreté, la précarité, la drogue, le sida, la violence. Ce travail de Darcy sur la vie de Julie est aujourd’hui, pour moi, une référence dans la photographie documentaire. Ce n’est pas un travail sur la drogue ou un drogué, c’est la vie de Julie, et là est toute la différence. Un magnifique texte d’Emmanuel Carrère pose le décor puis, d’une page à la suivante, on découvre la jeune femme, à ­laquelle on s’attache rapidement. Lire ce livre, c’est entrer dans la vie de Julie, autant que laisser Julie entrer dans la vôtre. Vous ne pourrez pas l’oublier.

« Family...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Ecrivains espions, espions écrivains (3/5). Pendant une trentaine d’années, l’écrivain britannique (1904-1991) a allié son goût de l’exotisme à son activité de romancier. Une couverture parfaite.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.
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Mort de Michel Butel, écrivain et patron de presse

Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 15h43
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Ecrivain, patron de presse, traducteur, activiste, Michel Butel, mort à Paris, d’une septicémie, le 26 juillet, à 77 ans, ne pouvait être assigné à aucun des rôles qu’il a occupés, et sa disparition ne va pas simplifier la tâche : le mystère demeure, pour toujours désormais. Celui d’une énergie dévorante, jamais satisfaite, attisée par le désir de se créer une place qui ne lui a jamais été octroyée. Moyennant quoi, il l’a inventée, puis, à l’infini, multipliée.
Il naît à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 19 septembre 1940, enfant juif sous l’Occupation qu’on doit dissimuler chez ses grands-parents, en Isère. Sa mère est avocate, son père sera des fondateurs de la Sécurité sociale. De retour à Paris, à la Libération, l’enfant entre à l’Ecole alsacienne. Son chemin de jeune bourgeois semble tracé. Mais, déjà, rien ne se passe comme prévu. C’est dans un institut psychopédagogique, où, dira-t-il, il a été placé pour avoir mis le feu au cabinet de son médecin, que le futur directeur de L’Autre Journal crée, à 12 ans, son premier journal. Il quitte l’établissement à 14 ans, décide de ne pas rentrer chez lui, arrêtant ses études et commençant une vie errante, improvisée.
Il milite, au début des années 1960, pour l’indépendance de l’Algérie, entre à l’Union des étudiants communistes. L’air du temps est à la révolution : il est révolutionnaire, manière comme une autre d’assouvir son désir d’inédit. Mais quand, en 1975, Bernard-Henri Lévy lui propose de participer à la création d’un quotidien, L’Imprévu, il ne peut résister, quand bien même l’entreprise apparaît proche du Parti socialiste haï – François Mitterrand est à la une du premier numéro –, ce qui lui vaut quelques rancœurs chez ses camarades.
Prix Médicis pour son premier roman
C’est un échec retentissant, au bout de onze numéros. Mais l’appétit pour la presse s’est réveillé. Et Michel Butel va devenir virtuose dans l’art d’encaisser les coups, disposition qui permet bien des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.
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La maison de Tolstoï, un écrin mémoriel


                      L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 17h01
    |

            Pierre Jaxel-Truer







Pour les enfants russes, la première rencontre avec Tolstoï est un mur à franchir, haut comme la tranche d’un pavé de 2 000 pages. Et pas forcément un bon souvenir. Il en va souvent ainsi, ici comme ailleurs, des morceaux du patrimoine littéraire, de ces passages obligés des bancs d’école. Entre les petits caractères de Guerre et Paix ou d’Anna Karénine est nichée la mémoire des mornes heures des lectures imposées. La grande steppe de l’ennui, à un âge où l’on peine à se passionner pour les conquêtes napoléoniennes ou les mœurs de l’aristocratie.
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Le photographe Igor Starkov s’est rendu dans l’ancienne résidence de Tolstoï, près de Toula, à 200 kilomètres de Moscou.

Igor Starkov
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Quand des amis ont conseillé au photographe Igor Starkov de s’intéresser à Iasnaïa Poliana, où il n’était jamais allé, il a donc d’abord traîné des pieds, comme le gamin qu’il fut. À quoi bon remuer ces pénibles relents du passé ? Puis il s’est laissé convaincre, comme ça, sans trop y croire. Et s’est décidé à parcourir les 200 kilomètres qui séparent Moscou de l’ancienne résidence de l’écrivain, au sud de la capitale.
Un paysage empreint de grâce
Finalement, le voyage valait le détour. Starkov s’est abandonné aux charmes des paysages de la Russie centrale et a découvert à son arrivée « une maison remarquable, des vergers de pommiers, des ruchers, des étangs, un paysage empreint de grâce ». Comme un petit morceau d’éternité, au bout d’une allée de bouleaux argentés.
« Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan. » Igor Starkov, photographe
Iasnaïa Poliana n’est pas qu’une imposante bâtisse blanche, au grand front élégant et sévère, ceinte d’un parc. C’est un peu de l’âme de l’œuvre de Lev Nikolaïevitch, dit Léon, Tolstoï (1828-1910), qui a résisté au temps. Le maître de la littérature russe a écrit ses chefs-d’œuvre ici, assis face à son bureau, dans sa chambre du rez-de-chaussée. C’est là qu’il a façonné sa façon de voir le monde, qu’il a travaillé son regard oblique, s’est transformé en ascète, après avoir dilapidé en ville sa vie de jeune homme au jeu et dans les vapeurs d’alcool.
Presque tout du décor du retour aux sources de ce personnage complexe demeure, intact. L’endroit est un écrin mémoriel qui a traversé le XXe siècle sans encombre, pas même secoué par la révolution russe de 1917. Bien au contraire. Tolstoï, géant des lettres, était déjà adulé de son vivant, mais il a aussi été mis sur un piédestal après sa mort par le régime soviétique et repeint comme une sorte de précurseur du communisme. La maison a été nationalisée après la révolution d’Octobre et le culte soigneusement entretenu.

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                Russie : le livre entre deux soubresauts de l’histoire



Aujourd’hui, le musée d’Iasnaïa Poliana, où se pressent les touristes aux beaux jours, « plaît plus aux Chinois qu’aux Russes », s’amuse Igor Starkov. Mais le photographe, lui, s’est entiché des lieux et leur a consacré cette série de clichés. « J’avais toujours imaginé que les ascètes dormaient sur des clous, buvaient exclusivement de l’eau et mangeaient du pain rassis… Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan », raconte-t-il.
C’est là, aussi, que Tolstoï est enterré. Dans un petit carré de verdure « aussi simple que possible », sous des brins d’herbe qui se dandinent mollement au vent. Une sorte de pied de nez végétal aux tourments de l’Histoire, qui ont accompagné la vie et la mémoire de l’écrivain.

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                L’« Homme invisible » de Ralph Ellison prend corps à Harlem






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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/07/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 112)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 07h04
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Pour fuir la ségrégation raciale de son pays, l’écrivain américain James Baldwin s’exile à Paris en 1948. Dans « Les Elus du Seigneur », son premier roman paru en 1953, il revient sur son séjour dans un sinistre hôtel de la rue du Bac, qui s’est terminé au tribunal.
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Un roman, un hôtel : James Baldwin dans de beaux draps à Paris


                      Pour fuir la ségrégation raciale de son pays, l’écrivain américain James Baldwin s’exile à Paris en 1948. Dans « Les Elus du Seigneur », son premier roman paru en 1953, il revient sur son séjour dans un sinistre hôtel de la rue du Bac, qui s’est terminé au tribunal.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 13h13
    |

                            Colombe Schneck








   


En 1949, James Baldwin (1924-1987) vit à Paris depuis un an ; il y a trouvé une forme d’apaisement, loin de la ségrégation qui a cours aux Etats-Unis. Il peut fréquenter les cafés, les restaurants, les magasins, les musées, les jardins, sans être rejeté en raison de la couleur de sa peau.
Il emménage « rue du Bac, au dernier étage d’un hôtel à la fois comique et sinistre, un de ces établissements énormes et hideux dont Paris regorge et qui – avec leurs halls confinés, humides et glacials, leur lumière minable, leurs femmes de chambre toujours pressées – semble exhaler les relents d’une splendeur depuis toujours défunte ». Il n’y fait que dormir, il passe ses journées dans des cafés à écrire.
James Baldwin emprunte un drap à un voisin de chambre, car les siens n’ont pas été changés depuis trop longtemps. Or, ce drap a été volé, et porte le marquage d’un autre hôtel.
Plainte déposée
Une semaine après, entre les fêtes de Noël et du Jour de l’an, deux policiers viennent l’interroger. Une plainte a été déposée par cet établissement pour vol de drap. Ils reconnaissent le chiffre de l’hôtel sur le linge de lit, c’est la preuve du vol. James Baldwin et son camarade se retrouvent, tous les deux, huit jours en prison. Il est jugé, et aussitôt acquitté, « pour le vol d’un drap ».
En sortant, ils racontent leur mésaventure, l’humiliation, les cafards… « L’affaire du drap de lit » fait rire ceux qui l’écoutent, lui se sent « glacé par leur joie ». Il conclut : « Ma vie a commencé au cours de cette première année à Paris, le jour où j’ai pris conscience que ce rire est universel, et que rien ne peut l’étouffer. »
James Baldwin n’est jamais dupe, mais il y a toujours chez lui le courage de croire à un avenir possible. Il reste à Paris, où il va écrire des articles, réunis dans le recueil Notes of a Native Son (1955, Chronique d’un pays natal, Gallimard, 1973), et son premier roman, Go Tell It on the Mountain (1953, Les Elus du Seigneur, en 1957). Il donne comme nom à cet hôtel celui de « Grand Hôtel du Bac ». Il s’agit du Pont Royal, qui logea de nombreux écrivains comme Hemingway, Saint-Exupéry, et dont le bar fut longtemps le lieu de rencontre officiel des éditions Gallimard, l’un des éditeurs français de James Baldwin.

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                Un roman, un hôtel : le « festin amoureux » de James Salter à Autun






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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Star internationale depuis la sortie de son roman « Americanah » en 2013, l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie est aussi devenue une figure majeure du féminisme et un porte-voix de l’Afrique.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤             
Chimamanda Ngozi Adichie, des racines et des lettres 
                  
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Le Monde
 |
                  27.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 11h42


Star internationale depuis la sortie de son roman « Americanah » en 2013, l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie est aussi devenue une figure majeure du féminisme et un porte-voix de l’Afrique.

Par                             Judith Perrignon





                     

Il serait si tentant de lui voler les premières lignes de son roman Americanah, pour raconter l’endroit de notre rencontre. Une de ces innombrables petites localités américaines sans odeur, sans transport en commun, sans bruit, si ce n’est le bip des voitures dont on verrouille les portières, une fois garées devant une belle maison, ou devant le minicentre commercial avec son café et son bar à ongles. Columbia. Maryland. Chimamanda Ngozi Adichie habite à un quart d’heure de là.
Empruntons-lui juste cette phrase : « Elle aimait par-dessus tout pouvoir prétendre, dans ce lieu où régnait l’abondance, être quelqu’un d’autre, admis par faveur dans le club consacré de l’Amérique, quelqu’un auréolé d’assurance. »
C’était Ifemelu l’Americanah, surnom que les Nigérians donnent à ceux qui sont partis tenter leur chance outre-Atlantique et en reviennent différents, mais probablement un peu elle à 20 ans quand elle débarqua aux Etats-Unis pour y faire ses études.
Son prénom signifie « un esprit fort, indestructible »
Son prénom résonne d’ailleurs d’autant de syllabes et de voyelles chantantes. Chimamanda. « Littéralement, cela signifie : “Mon dieu ne va jamais s’effondrer”. Mais ça veut vraiment dire : “Mon esprit est fort, indestructible”. Car Chi dans la cosmologie igbo désigne l’esprit de chacun. Tout le monde possède un Chi. Mais quand le christianisme s’est installé parmi les Igbo, Chi est devenu Dieu. »
Nous voilà propulsés en quelques instants depuis un lieu sans âme aux pelouses trop vertes vers les profondeurs et les langues africaines. Les Etats-Unis sont une immense piste d’atterrissage qui n’exclut ni le crash ni la consécration.
« Quand je suis arrivée aux États-Unis, on me disait : “Tu es noire.” Je répondais : “Non ! Je suis nigériane.” »
Chimamanda Ngozi Adichie correspond exactement à la signification de son prénom. D’elle émane une forte présence, une forte lumière, une tête...





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Chimamanda Ngozi Adichie, des racines et des lettres
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Chimamanda Ngozi Adichie, des racines et des lettres
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Zeina Abirached et Mathias Enard entre Orient et Occident

[Une planche de BD de la rentrée 2|5]. « Prendre refuge », qui paraît le 5 septembre, déploie deux récits en résonance.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 13h16
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            



Deux semaines d’écart séparent, fin 2015, la publication de Boussole (Actes Sud), le roman de Mathias Enard, lauréat du prix Goncourt cette année-là, de celle du Piano oriental (Casterman), bande dessinée remarquée de la Franco-Libanaise Zeina Abirached. Les nombreux thèmes communs à ces ouvrages – la musique, l’exil, les rapports entre Orient et Occident… – ne pouvaient que rapprocher les deux auteurs autour d’un même projet.
La première histoire a pour cadre le Berlin d’aujourd’hui. La seconde se déroule en Afghanistan, en 1939
Mathias Enard et Zeina Abirached ont d’abord appris à se connaître, à l’occasion de salons littéraires où ils étaient invités, avant de se lancer dans Prendre ­refuge (Casterman, sortie le 5 septembre), un album offrant deux histoires pour le prix d’une, et même trois si l’on prend en compte la résultante de leur proximité. « On est toujours surpris par le rebond provoqué par ce genre de juxta­position narrative », explique Mathias Enard, coutumier du fait.
La première histoire a pour cadre le ­Berlin d’aujourd’hui, où Nayla, une réfugiée syrienne récemment arrivée, noue une relation imparfaite avec Karsten, un jeune Allemand féru d’Orient qui s’est épris d’elle. La seconde histoire se déroule sur le site des bouddhas géants de ­Bâmiyan, en Afghanistan, en 1939 – décor majestueux au pied duquel deux exploratrices européennes vont tomber amoureuses avant d’apprendre, la même nuit, que la guerre a éclaté.
Déracinement, difficulté d’aimer
La progression, en parallèle, de ces deux récits n’ayant a priori rien à voir l’un avec l’autre fait réverbérer en écho des sujets connexes, comme le déracinement ou la difficulté d’aimer. S’ajoute au mystère tout un jeu d’analogies et de zooms ­historiques : entre l’Allemagne actuelle, qui a accueilli 1 million de migrants, et l’Allemagne raciste d’hier ; entre les ­souffrances de la population syrienne et celles du peuple afghan...




                        

                        


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Les plaies à vif de la colonisation

Jennifer Richard retrace la saga sanglante et grotesque des Blancs en Afrique.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Il est à toi ce beau pays, de Jennifer Richard, Albin Michel, 756 p., 25 €.

Il est à toi ce beau pays s’ouvre par deux morts. Le 20 mars 1916, en Virginie, Ota Benga se souvient des siens massacrés par la Force publique, l’armée du roi des Belges, Léopold II, au Congo. Emmené aux Etats-Unis par un missionnaire américain, exposé comme curiosité, notamment au zoo du Bronx, où il a cohabité avec les singes, le jeune Pygmée doit désormais se faire appeler Otto Bingo, apprendre le mode de vie américain dans un orphelinat et travailler à l’usine. Il se tire une balle en pleine poitrine.
Quarante ans plus tôt, le 1er mai 1873, dans le royaume bisa (actuelle Zambie), un glorieux explorateur succombe de la dysenterie. Il s’appelle David Livingstone. Sa disparition attire la lumière sur les richesses de l’Afrique. « Il n’aurait pas l’occasion de voir se mettre en place la grande mission civilisatrice de l’Europe. Et c’était mieux ainsi », écrit Jennifer ­Richard. De quoi la mort de ces deux hommes est-elle le nom ? De la colonisation, et de la terrible aventure du ­peuple noir. Une tragédie en trois actes que l’écrivaine franco-américaine orchestre avec brio sur vingt-trois ans, trois continents et plus de 700 pages.
Hypocrisie et calcul politique
La saga s’écoule par courts chapitres et saynètes qui saisissent des personnages marquants, comme l’explorateur Henry Morton Stanley, les dirigeants Léopold II et Jules Ferry, ou des militants de la cause noire américaine, tels l’enseignant Booker T. Washington et le pasteur et historien George Washington Williams. Solidement documentées, ces scènes témoignent du talent de Jennifer Richard pour manier le récit d’aventures et l’épopée, le roman historique et le Southern Gothic. Surtout, leur enchaînement crée des échos entre ce qui se joue au même moment en Afrique, en Europe et en Amérique, et dans les vies des protagonistes – souvent quantités...




                        

                        


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Livres de l’été en bref

Romans, récits, histoire, science-fiction, biographie, manga… Les brèves critiques des pages « L’été des livres » du 27 juillet 2018.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
01.08.2018 à 14h59
    |

                            Mathieu Strux, 
Frédéric Potet, 
                                Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres"), 
Abel Mestre, 
                                Florence Noiville, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Cathia Engelbach et 
                            Florent Georgesco








                        



                                


                            Roman. Le « w » d’Hawthorne
Lettre américaine, de Marie Goudot (Libretto, inédit, 176 p., 9,10 €).

Considéré comme l’un des premiers romans de la littérature américaine, La Lettre écarlate (1850) est aussi un pamphlet virulent contre la société puritaine du XVIIe siècle. Si la vie de son auteur, Nathaniel Hawthorne (1804-1864), est assez bien connue, le mystère de son génie littéraire reste entier.
Marie Goudot choisit de l’approcher dans une belle et poétique biographie romancée. Lettre américaine (Libretto, inédit, 176 p., 9,10 €) mêle ainsi de manière habile – parfois déstabilisante – un récit de type biographique, et des réflexions, rêves ou idées fugaces exprimées à la première personne par l’écrivaine.
S’appuyant sur les travaux consacrés à l’auteur, comme sur la correspondance qu’il a entretenue avec Herman Melville (1819-1891), Marie Goudot peut ainsi proposer une relecture personnelle et suggestive de la trajectoire de ce fils de marin disparu en mer, descendant honteux des juges chargés de la chasse aux sorcières à Salem (Massachusetts).
Né Nathaniel Hathorne, il choisit d’ajouter un W au nom qui passera à la postérité. « W comme writer, écrit Marie Goudot, ou comme to warp, se voiler. (…) W comme witch, sorcière, wreck, l’épave, familiale bien sûr, wrong, le garçon dans son tort, qui a quitté le droit chemin de ses aïeux. » Comment se faire un nom qui puisse gommer l’histoire familiale ? « Tu prétendais te débarrasser de notre lignée éclaboussée de sang et tu y pioches tes sujets », crient au jeune homme ses ancêtres. Marie Goudot rend à ce conflit intérieur toute sa violence et sa force littéraire. Fl. By
Histoire. A l’Alhambra !
Histoire de Grenade, de Sophie Makariou et Gabriel Martinez-Gros,Fayard, 448 p., 26 €.
Raconter le...




                        

                        


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Valery Gergiev, ogre musical

Le chef d’orchestre russe dédie sa vie depuis trente ans au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. A 65 ans, il a décidé de se livrer.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 11h36
    |

                            Etienne Anheim (Historien et collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Valery Gergiev est précédé de sa légende, celle d’un des plus grands chefs d’orchestre de notre temps, passionné et ­excessif, toujours en mouvement entre son antre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, qu’il gouverne depuis trois décennies, et les salles du monde entier – il dirige parfois plus de trois cents concerts par an. Pourtant, lorsqu’on l’écoute, affable, précis, tranquille, il semble à distance de sa répu­tation, posé à côté de lui-même comme le livre qu’il vient de publier est posé sur la table basse du salon de l’hôtel Bristol, à Paris, où il reçoit Le Monde.
Il parle de cette Rencontre (Actes Sud, 224 p., 22 €) sans que l’on sache tout à fait s’il considère en être l’auteur ou le personnage principal. Lorsqu’on lui en fait la remarque, il s’explique : « Ce n’est pas un monologue, c’est un dialogue. Au départ, j’étais peu convaincu par l’idée d’un livre, je me disais que pour comprendre ce qu’était le Mariinsky et ce que j’essayais de faire, il faudrait vingt ans. » Mais la rencontre de Bertrand Dermoncourt, directeur de Radio Classique et éditeur chez Actes Sud, le fait changer d’avis. « Non seulement il connaissait très bien la musique et mon travail, mais il est venu à Saint-Pétersbourg, il a assisté à mes répétitions, tout cela a été très important, je me suis senti en confiance. »
Il a tout de même fallu plus de dix ans d’échanges pour parvenir au terme de l’entreprise
On comprend que ces entretiens sont à ses yeux moins qu’un véritable livre, et beaucoup plus : la trace d’une vie mais aussi d’une rencontre, fragment d’un ensemble plus vaste, celui de l’histoire culturelle des rapports entre France et Russie, dans laquelle le chef veut s’inscrire depuis ses débuts à Tours en 1987, et qui le conduit à défendre ­Debussy avec autant de passion que Prokofiev ou Chostakovitch.
Il a tout de même fallu plus de dix ans d’échanges pour parvenir au terme de l’entreprise. Pour lui, qui a...




                        

                        

