<FILE-date="2018/08/08/18">

<article-nb="2018/08/08/18-1">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Couples d’artistes 4/6. La Française et le Néo-Zélandais conçoivent sous une signature commune,  mais non sans quelques fructueuses frictions,  des bâtiments aux lignes colorées et audacieuses.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-2">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤     


                La chanson d’amour d’André Manoukian : « But not For Me », de Cole Porter


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 08.08.2018 à 17h00
                 |

                            Yoanna Sultan-R'bibo

















Derniers articles publiés


            Le Versailles de Mobutu


            Jean-Marie Besse : « Le malaise face au numérique traverse les catégories sociales et les classes d’âge »


            La drague triste en Allemagne



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré






les plus partagés










André Manoukian est auteur-compositeur, pianiste de jazz. A la fin des années 1980, il signe les albums à succès de Liane Foly. Chouchou des médias, il a été pendant douze saisons membre du jury de « Nouvelle Star », sur M6. Il présente désormais, sur France 3 « La vie secrète des chansons », et tient une chronique musicale chaque mercredi sur France Inter. Depuis 2010, André Manoukian organise à Chamonix le Cosmo Jazz festival, qui s’est déroulé cette année du 21 au 29 juillet.
Ce qu’il y a de plus beau en amour, c’est quand on abandonne, qu’on a renoncé, qu’on ne croit plus au prince (ou à la princesse) charmant(e)… Pour moi, la plus belle chanson d’abandon amoureux s’intitule But Not for Me, de Cole Porter. « They’re writing songs of love, but not for me. A lucky star’s above, but not for me ». Le musicien a renoncé aux chansons d’amour, ne croit plus en sa bonne étoile… tout ça n’est plus pour lui. On est à l’opposé du « Un jour mon prince viendra ». Mais c’est tellement mieux ! C’est lorsqu’on abandonne que l’on reçoit, quand on n’attend plus rien que l’amour arrive.
Elégance et distance
D’ailleurs, But Not for Me n’est pas une chanson triste, j’entends de l’espoir dans cette mélodie, quelque chose de presque joyeux. Cole Porter est mon maître absolu avec Gershwin. Il y a dans ces compositions l’élégance de la distance : ni pathos, ni excès de demi-tons, ni divulgation de sentiments. J’aime ce registre du dandy amoureux, un peu « british », qui ne beugle pas des Je t’aime, mais murmure, façon crooner détaché – d’ailleurs, « to croone », en anglais, veut dire murmurer…
But Not for Me célèbre aussi l’art de la ritournelle, une chanson légère, un air qui flotte, impalpable, subtil, qu’on retient. Cette légèreté dans la musique, c’est sans doute ce qu’il y a de plus difficile à composer.
Après ma rupture avec Liane Foly, j’avais souvent But Not for Me dans la tête. « Although I can’t dismiss, The memory of her kiss, I guess she’s not for me ». J’étais dans un entre-deux, la séparation était difficile. J’ai été voir une psy, pour savoir comment guérir et rencontrer quelqu’un de bien. Elle m’a rétorqué qu’il fallait que je devienne moi-même quelqu’un de bien ! Que j’accepte qui j’étais… Alors j’ai abandonné l’idée de l’amour. Mais pas pour longtemps, je vous rassure. L’abandon amoureux, c’est un peu un truc d’escroc, car au fond, on attend les bras ouverts que l’amour revienne.
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
La chanson d’amour de Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Propos recueillis par                                                    Yoanna Sultan-R'bibo














<article-nb="2018/08/08/18-3">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ [Ecrivains espions, espions écrivains 4/5] Alexandre Kojève (1902-1968), hégélien hors pair et négociateur du gouvernement français, a aussi été « un agent de valeur » des Soviétiques.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-4">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

(Re)découvrir « Frances Ha » en plein air à La Villette

Le film de Noah Baumbach, qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, est projeté mercredi 8 août vers 22 heures.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Mercredi 8 août, à la tombée de la nuit, Frances Ha (2013) de Noah Baumbach est projeté au Festival Ciné plein air de la Villette. L’occasion de (re)découvrir le film qui a consacré l’actrice Greta Gerwig, passée cette année, avec succès, de l’autre côté de la caméra. Lady Bird, son premier long métrage en tant que réalisatrice a en effet décroché le Golden Globe 2018 de la meilleure comédie.
Le septième film de Baumbach, figure du cinéma indépendant new-yorkais, se distingue dans une programmation placée sous le signe de la chanson, ouverte le 18 juillet par La La Land. Elle se refermera le 19 août par l’œuvre qui a inspiré le film de Damien Chazelle, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy.

Si Frances Ha n’est pas une comédie musicale stricto sensu, le film accorde une large place à la musique et à la danse. Trentenaire exubérante, Frances (Greta Gerwig) espère devenir chorégraphe. Mais lorsque sa meilleure amie – et colocataire – décide de quitter leur petit appartement new-yorkais pour un quartier plus chic, son quotidien déraille. D’autant que la compagnie de danse qu’elle comptait intégrer lui propose à la place un job de standardiste. De colocs improvisées en petits boulots, de désillusions en victoires, avec hardiesse et maladresse, mais sans aucun cynisme, Frances vagabonde pour trouver sa place au cœur de la « Big Apple ».
La fougue de « Modern Love »
Le thème du festival de la Villette invite à tendre l’oreille à la bande originale. Si le charme du film tient à cet « alliage entre des personnages hyper-contemporains et une mise en scène flirtant avec le rétro », les envolées mélodieuses y sont pour beaucoup. Outre l’image en noir et blanc et les scènes d’errance à Paris, l’hommage à la Nouvelle Vague se fait en musique. En atteste la scène d’ouverture où Frances et Sophie batifolent dans la ville au rythme trépidant d’un thème de Georges Delerue originellement composé pour Une Belle fille comme moi, de François Truffaut. Celui de Domicile conjugal, du même Truffaut, vient plus tard bercer les déambulations de la jeune femme. Quant à l’énergie des années 1980 – en écho à la fantasque Frances –, elle est au rendez-vous avec des tubes de Paul McCartney ou Hot Chocolate. Et surtout par le Modern Love de David Bowie, dont Baumbach traduit toute la fougue dans un travelling exalté suivant Frances qui court, saute et tourbillonne dans les rues de New York.
Le succès, cette année, de Lady Bird, premier film en tant que réalisatrice de Greta Gerwig, invite enfin à jeter un regard neuf sur son rôle principal dans Frances Ha – qui lui valut une nomination aux Golden Globe 2014 en tant que meilleure actrice dans une comédie. Célébrée comme muse de Baumbach, elle est aussi co-scénariste de ce film. Et l’on se rend compte que beaucoup de thèmes de Lady Bird étaient déjà en germe dans Frances Ha. Comme celui du rapport à la famille, d’autant que les parents de Gerwig jouent leur propre rôle dans la scène du dîner. Ou celui du parcours initiatique, tendrement lumineux, d’une jeune Californienne aspirant au bouillonnement artistique new-yorkais. Comme Frances et comme Greta Gerwig, l’héroïne de Lady Bird a été élevée à Sacramento avant de tenter sa chance sur la côte Est. S’il ne s’agit pas des même personnages, Lady Bird apparaît alors comme un retour au source, avant le départ à New York.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-5">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le Festival de La Roque-d’Anthéron organise des concerts hors les murs, comme celui de Kotaro Fukuma au Musée Granet d’Aix-en-Provence.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Tableaux d’un récital de piano

Le Festival de La Roque-d’Anthéron organise des concerts hors les murs, comme celui de Kotaro Fukuma au Musée Granet d’Aix-en-Provence.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 15h30
    |

                            Pierre Gervasoni (La Roque d'Anthéron, Bouches-du-Rhône)








                        



                                


                            

Le Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron, dont la 38e édition se déroule jusqu’au 18 août, programme la plupart de ses concerts dans un cadre naturel dont les attraits ne sont plus à vanter. Le parc du château de Florans : ses séquoias géants, son plan d’eau, ses chants de cigales… Le festival comporte toutefois une dimension hors les murs, qui invite à la découverte (sites, répertoires, interprètes) loin de cet espace vert et de sa conque de bois qui sert d’écrin aux virtuoses, souvent russes.

Cette option a imposé, le 5 août, de franchir la Durance pour rejoindre le village de Cucuron, sur les hauteurs du Lubéron. A 17 heures, il fait bon prendre place dans l’église où l’organiste Freddy Eichelberger donne un récital consacré à la musique anglaise du XVIIe siècle. Quelques pages d’inspiration religieuse et une kyrielle de pièces à caractère populaire. La variété de timbres offerte par l’orgue permet de rendre aussi bien le défilé de la soldatesque britannique que le sifflet du charretier. Si certains noms célèbres (Byrd, Purcell) contribuent à cette évocation de la musique traditionnelle, les anonymes ne sont pas en reste. Imagées et divertissantes à souhait, leurs miniatures méritaient bien de sortir de l’ombre. C’est encore un morceau non signé que Freddy Eichelberger tire de sa besace de colporteur. Frais, caressant et léger ; plus qu’un « air », une brise bienvenue en bis au moment de retrouver la canicule et les Bouches-du-Rhône après cette excursion dans le Vaucluse.
Jeu de l’œil et de l’oreille
Direction Aix-en-Provence pour une soirée de correspondances musique-peinture imaginée par le pianiste Kotaro Fukuma. Idéal, tant pour la disposition du public à proximité de l’interprète que pour la projection des tableaux sur un écran, le patio du Musée Granet accueille d’abord une œuvre en création française. Commandée par Fukuma à sa compatriote Minako Tokuyama pour faire écho à l’image peinte...




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-6">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Après quelques petits rôles, il a rencontré le succès en 1979 avec l’opéra-rock « Starmania ». Il est mort subitement à l’âge de 69 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Le chanteur et comédien français Etienne Chicot est mort

Après quelques petits rôles, il a rencontré le succès en 1979 avec l’opéra-rock « Starmania ». Il est mort subitement à l’âge de 69 ans.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 15h05
   





                        



   


Il excellait dans les seconds rôles. Etienne Chicot, chanteur et comédien français, est mort subitement à 69 ans à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé, mercredi 8 août, son agent.
Après quelques petits rôles au cinéma, dont celui d’un policier dans Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey, aux côtés d’Alain Delon, Etienne Chicot, né à Fécamp le 5 mai 1949, a rencontré le succès en 1979 avec l’opéra-rock Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon et son rôle du milliardaire Zéro Janvier. Sa chanson Le Blues du businessman devenant un standard.
Ce coup de projecteur le ramène au 7e Art. Cette même année, il décroche un second rôle de flic qui en appellera d’autres, dans La Guerre des polices, puis joue en 1980 dans Un mauvais fils avec Patrick Dewaere et dans Le Choix des armes (1981) d’Alain Corneau.
Acteur et compositeur, il a, à plusieurs reprises, pu mêler ses deux passions comme dans Hôtel des Amériques d’André Téchiné (1981) où il interprète un guitariste ou dans Mort un dimanche de pluie (1986) où il joue un responsable de maison de disques. Il incarnera aussi un manager dans Désordre (1986) le premier film d’Olivier Assayas et un animateur d’une station de radio dans Fréquence meurtre (1988).
Plus de 100 films
Quelques premiers rôles lui sont offerts par la suite, entre autres, dans Le Vent de la Toussaint en 1991. Mais les années 1990 le voient se consacrer davantage à la télévision, notamment dans la série Louis la Brocante.
Dans les années 2000, Etienne Chicot revient aux seconds rôles au cinéma, mais plus souvent dans un registre comique, comme dans Les Portes de la gloire avec Benoît Poelvoorde, Gomez & Tavarès, Palais Royal ! de Valérie Lemercier. Il renoue aussi avec des personnages troubles auxquels il prête sa grosse voix grave dans L’Empire des loups (2005) ou encore Les Lyonnais d’Olivier Marchal (2011).
L’acteur aux plus de 100 films, également vu aux côtés de Tom Hanks dans Da Vinci Code, a aussi rencontré le succès au théâtre, avec un Molière en 1989 pour Une absence, une pièce de Loleh Bellon.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-7">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« Detective Dee 3 : la légende des rois célestes », la féerie du complot

Tsui Hark se surpasse pour le troisième volet des aventures de son héros policier.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h11
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark, mettant en scène un policier, expert en déduction et en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Il s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative d’acclimatation hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques en matière d’effets spéciaux. Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents. La plasticité des corps et des espaces invente un univers inédit, synthèse parfaite de mythologies et de figures de tous temps et de toutes origines.
Manège étourdissant
Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant du King Kong de Schoedsack et Cooper, créatures gigantesques venues de kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Tsui Hark a eu recours aux derniers développements de la technologie HFR (High Frame Rate), qui augmente le nombre d’images par seconde, permettant une plus grande précision dans la 3D.
Ce troisième volet dépasse encore en inventivité et en trouvailles les deux précédents
Il est assez difficile de résumer, après une première vision, un film qui donne le sentiment à la fois d’une action continue et d’une mise en abyme infinie de complots et de trahisons diverses. Il n’est pas rare, en effet, qu’une conjuration en cache une autre. Long ruban narratif qui ne se soucierait pas des règles classiques du drame, Detective Dee : la légende des rois célestes semble n’être que le segment d’une histoire pouvant s’étirer davantage ou s’arrêter net au terme de n’importe quel combat homérique. Loin d’être un défaut, cette structure du récit confère au film la paradoxale caractéristique d’un inachèvement perpétuel et d’une plénitude immédiate.

        Lire aussi la critique :
         

          « Détective Dee II. La Légende du dragon des mers » : le détective Dee reprend du service et terrasse en 3D le monstre marin



Enfin, il n’est pas impossible de voir dans l’ambiguïté des liens qui unissent Dee et l’impératrice une métaphore des rapports que Tsui Hark a dû construire avec de nouvelles structures de production, qui ont rendu impossible l’expression du nihilisme qui définissait parfois son cinéma avant 1997. Dee est au service d’un pouvoir qui se défie de lui et fait des mauvais choix. Protéger l’impératrice contre elle-même, tout en reconnaissant son infaillibilité, est le défi auquel se soumet un personnage, allégorie d’un cinéaste qui compose avec les rigidités d’un système contraignant auquel il apporte la vitalité de son génie.

Detective Dee : la légende des rois célestes, de Tsui Hark.Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19). Sur le web : www.thejokersfilms.com/films/detective-dee-la-legende-des-rois-celestes, www.facebook.com/thejokersfilms/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-8">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nuri Bilge Ceylan : « Il est difficile de parler de l’islam en Turquie »

Le cinéaste stambouliote, qui s’intéresse cette fois-ci à la jeunesse, revendique une forme « plutôt abstraite, indirecte ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h42
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Depuis Uzak, en 2002, tous les films de Nuri Bilge Ceylan – cinq – ont concouru pour la Palme d’or à Cannes, jusqu’à ce que Winter Sleep la remporte, en 2014. Le Poirier sauvage est le premier à ne se voir décerner aucun prix, un film encore plus long que les précédents, imparfait, moins poli, comme si le cinéaste turc avait choisi de se défaire de son expérience pour parler de la jeunesse. Bientôt sexagénaire (il est né en 1959), Nuri Bilge Ceylan raconte la genèse et l’élaboration de cette expérience juvénile.
Comment définiriez-vous la forme de ce film ?
Comme le contexte est complexe et qu’il y a beaucoup de dialogues, j’ai dû consacrer le gros de mon énergie à mettre en scène ces dialogues, lourds pour le cinéma. Toute ma stratégie visait à faire fonctionner les scènes plutôt qu’à me préoccuper de la forme. Pendant le tournage et le montage, j’ai décidé de faire des concessions sur celle-ci. C’est peut-être pour ça qu’elle est inégale. J’ai voulu que les imperfections du film ressemblent au poirier sauvage, rabougri, tordu. Il est si difforme qu’on a toujours l’impression qu’il va crever. De plus, ces derniers temps, j’aime de moins en moins les films qui suivent un axe prédéterminé, intelligents et sages.

Le personnage est beaucoup plus jeune que les protagonistes de vos derniers films. Qu’est-ce qui vous a ramené vers la jeunesse ?
Je voulais faire un film sur la jeunesse depuis longtemps. J’ai commencé ce projet avec le personnage du père. Celui-ci existe, c’est un parent éloigné. J’ai fait la connaissance de son fils, et je me suis centré sur la vie de ce dernier. J’ai voulu montrer un jeune de la campagne, son monde, les valeurs morales qui l’entourent.
Il y a un dialogue avec un ­artiste, un autre avec un politicien, puis avec des religieux. Voulez-vous montrer la confrontation avec les institutions ?
Un apprenti écrivain...




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-9">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mister Mitchell, amateur de mystère

Rencontré lors du Festival de Cannes, le cinéaste américain rechigne à lever les zones d’ombre qui planent sur son troisième film, « Under the Silver Lake ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h40
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Avant de devenir cinéaste, David Robert Mitchell réalisait des bandes-annonces de films. L’Américain a beau assurer que cela ne l’a en rien influencé, quelque chose de cet artisanat semble subsister dans la manière qu’il a de se présenter devant la presse : exciter la curiosité sans trop en dire, s’emmitonner de mystères, mister Mitchell sait faire. Ainsi de notre rencontre mi-mai, au Festival de Cannes, où son troisième long-métrage, Under the Silver Lake, était en compétition.

Posez-lui une question, il répondra par d’autres interrogations, chacune grimpant quelques barreaux par rapport à la précédente sur l’échelle de l’ésotérisme. A en croire une scène du film, le complotisme prospérerait en ce début de millénaire parce qu’il n’y aurait plus rien à découvrir – plus une seule terre absolument inconnue, plus un seul peuple tout à fait étranger. Plutôt que d’expliciter ces hypothèses, le cinéaste en avance de nouvelles :
« Avec Internet, n’importe qui croit faire partie de la famille des célébrités. Que se passe-t-il quand tout un chacun, qu’il soit très riche ou très pauvre, peut voir comment vivent ses contemporains ? Un grand désir ? Un grand chagrin ? »
Ces deux émotions cohabitent dans l’âme malade de Sam, le ­héros du film. Trentenaire désœuvré, il avait de plus hautes ambitions que le quotidien tiédasse dans lequel il barbote. Mais voilà qu’une simili-starlette, croisée en bord de piscine, s’évapore à boule vue. Sam croit y déceler la marque d’une conspiration, impliquant toutes les gammes de vedettes que Los Angeles peut offrir – soit un solfège pour le moins affolant. « Sam est une version exagérée de nous, suggère le réalisateur. Si tu n’es pas à la poursuite d’une réponse, à quoi bon vivre ? »

Cette manie de semer le doute a le don d’agacer quelques sommités du métier. Sur la Croisette, la trame tortueuse d’Under the Silver Lake a été assez fraîchement reçue,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-10">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

« Under the Silver Lake » : jeu de piste dans les eaux sombres de Los Angeles

Un thriller en forme de voyage initiatique et ésotérique à travers la ville du cinéma.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 09h01
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Le titre du deuxième et précédent long-métrage de David Robert Mitchell était It Follows (2014). Il y était question de décrire l’état d’adolescence à la lumière du ­cinéma d’épouvante. Ce qui « suivait » les protagonistes était ce qui les menaçait, et l’angoisse provenait d’abord de cette incertitude quant aux intentions de celui ou celle qui, dans la rue, se mettait à vous emboîter le pas. Le motif de la filature, ramené dans ce cas à une figure anxiogène, a certainement eu un destin dans l’histoire du cinéma qui dépassait les ­contraintes du récit policier. Le héros du Vertigo d’Alfred Hitchcock, incarné par James Stewart, ne se laissait-il pas prendre dans un piège qu’il se construisait lui-même en suivant Kim Novak ?

        Lire aussi la critique :
         

          « It Follows » : à Detroit, l’horreur se répand sans préservatif




        Lire aussi le portrait :
         

          David Robert Mitchell, très haut sur l’échelle du mystère



Under the Silver Lake s’identifie régulièrement, durant les 2 h 19 que dure la projection, à ce modèle. Sam, un flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche de Sarah, une voisine draguée à la piscine de son motel le temps d’une soirée, qui s’est volatilisée à l’aube. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Un décor de théâtre total
Car Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Under the Silver Lake conclut à une identité parfaite entre la réalité de la ville et sa dimension symbolique, mythologique et libidinale. Les pérégrinations tragi-comiques de Sam tissent la toile d’un rêve qui serait devenu partiellement réel. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, au cinéma et à sa capacité de fascination, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental.

        Lire aussi le reportage :
         

          Silver Lake, nouveau décor d’Hollywood



Hantée par de subliminaux souvenirs (tel celui de Marilyn Monroe, star sacrificielle tout autant qu’icône warholienne), la ville carbure au fantasme, mais aussi au sexe réel. La poésie y est indissociable d’une trivialité, voire d’une vulgarité parfois réjouissante, comme l’atteste la franchise crue des situations, bien éloignée de la chasteté de la production américaine courante. Ce thriller métaphorique emprunte au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire, mélangeant à plaisir les genres et les sensations. L’intérêt réside dans cette manière inventive de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant, et la métaphore aquatique contenue dans le titre induirait comme une identité singulière de la texture de Los Angeles.

        Lire aussi la critique à Cannes :
         

          « Under the Silver Lake », quand les hipsters prennent la succession des privés



Si le personnage principal retrouve une forme de réel dans le lit d’une voisine, femme mûre aimant la chair fraîche, il aura auparavant découvert un des secrets cachés de l’eldorado californien. Un secret qui désignerait les rois de Beverly Hills et les princes d’Hollywood comme l’équivalent des monarques de l’ancienne Egypte, une allégorie que filait déjà Maps to the Stars, de David Cronenberg, même si, ici, l’appel à la mythologie est une manière de souligner la dimension dérisoire de la Cité des anges.

Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/under-the-silver-lake, www.facebook.com/UnderTheSilverLake, a24films.com/films/under-the-silver-lake

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 8 août )
Detective Dee 3 : la légende des rois célestes, film hongkongais de Tsui Hark (à ne pas manquer)Le Poirier sauvage, film turc de Nuri Bilge Ceylan (à ne pas manquer)Under The Silver Lake, film américain de David Robert Mitchell (à voir)L’Espion qui m’a larguée, film américain de Susanna Fogel (pourquoi pas)Mary Shelley, film britannique de Haifaa Al-Mansour (pourquoi pas)
A l’affiche également
Darkest Minds : Rebellion, film américain de Jennifer Yuh NelsonNeuilly sa mère, sa mère !, film français de Gabriel Julien-Laferrière et Djamel Bensalah





                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-11">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

« L’espion qui m’a larguée » : deux Américaines et le Vieux Continent

La réalisatrice Susanna Fogel retrace dans son film le parcours rocambolesque de deux femmes dans le monde de l’espionnage.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 12h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Comme pour un sportif qui traverse une phase de méforme, on peut diagnostiquer le semi-échec de L’Espion qui m’a larguée à travers deux statistiques : les 117 minutes de durée, équivalent cinématographique du surpoids, le bilan humain (une trentaine de morts, des dizaines de blessés, les chiffres exacts sont tenus secrets) qui indique l’incapacité à s’en tenir à l’objectif fixé, faire rire. Non que le film de Susanna Fogel ne soit jamais drôle. Ce serait impossible puisque la co-star en est Kate McKinnon, pilier de l’émission Saturday Night Live (elle y imite, entre autres, avec une furie comique dévastatrice, le procureur général des Etats-Unis, Jeff Sessions). Mais le duo qu’elle forme avec Mila Kunis, deux Californiennes précipitées dans la toile d’araignée de l’espionnage planétaire, manque de carburant comique pour tenir la distance.
Le film commence par un massacre dans les rues de Vilnius : un homme (Justin Theroux) se met à abattre des individus patibulaires, avec une efficacité qui laisse deviner en lui le professionnel. Pendant ce temps, à Los Angeles, Audrey (Mila Kunis) célèbre tristement son anniversaire, malgré les efforts de Morgan (Kate McKinnon) pour lui remonter le moral. Comment pourrait-elle faire bonne figure ? Drew, son petit ami, l’a larguée par SMS. Au moment où elle croit toucher le fond, le téléphone d’Audrey sonne. Surprise (pas pour le spectateur, amplement informé par un scénario qui fait systématiquement l’économie de l’ellipse), Drew n’est autre que le Terminator de la Baltique.
Des agentes secrètes malgré elles, descendantes du duo des « 39 Marches », d’Hitchcock, et de « L’Homme de Rio », de Philippe de Broca
Il annonce son retour et dévoile à Audrey sont statut d’agent américain poursuivi par le crime organisé russe et la CIA, qui le soupçonne d’avoir trahi. Entraînée par Morgan, une fille très enthousiaste qui ne laisse pas la réalité se dresser sur son chemin, Audrey part pour l’Europe afin de mener à bien la mission que lui a confiée Drew avant de mourir (ou pas).
Satire du tourisme états-unien
Descendantes du duo des 39 Marches, d’Hitchcock, et de L’Homme de Rio, de Philippe de Broca, les agentes secrètes malgré elles sont par moments dignes de leurs illustres ancêtres. Il faut pour cela que la réalisatrice obtienne l’alignement exact entre les lieux communs du film d’espionnage moderne (entre Mission impossible et Jason Bourne), la satire du tourisme états-unien sur le Vieux Continent (sur une place praguoise, une tueuse à gage se voit intimer l’ordre d’abattre au fusil à lunette « deux Américaines qui font les imbéciles » et doit renoncer face à l’abondance de l’offre) et l’invention comique de Kate McKinnon.
L’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues finissent par susciter l’indifférence
On pourrait continuer longtemps (puisque le film est long) l’inventaire de ce qui marche et de ce qui fait long feu. Dans la première catégorie, l’apparition de Gillian Anderson en prêtresse du renseignement britannique et l’adoration qu’elle suscite chez Morgan, l’une de ces occasions où le thème du scénario et la singularité de McKinnon s’accordent parfaitement. On notera aussi l’apparition de Kev Adams en chauffeur de VTC viennois. Selon la tolérance dont on fait preuve à l’égard de l’idole des jeunes Français, on se réjouira ou pas du sort réservé à son personnage.
Au début du film, la difficulté de Mila Kunis à tenir le rythme imposé par sa partenaire ; la brutalité des scènes d’action dont on ne distingue plus si elles procèdent d’une intention burlesque, et l’empilement de péripéties aussi convenues que saugrenues qui finissent par susciter l’indifférence. Il faudra encore attendre pour savoir si Kate McKinnon trouvera au cinéma de quoi exprimer sa formidable puissance comique.

Film américain de Susanna Fogel, avec Mila Kunis, Kate McKinnon, Justin Theroux, Sam Heughan (1 h 57). Sur le web : www.facebook.com/LespionQuiMaLarguee 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-12">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La journaliste Hélène Hazera, qui fit partie de ce milieu, commente les images prises dans les années 1970 par la photographe américaine, aujourd’hui exposées à Arles.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le Pigalle trans de Jane Evelyn Atwood

La journaliste Hélène Hazera, qui fit partie de ce milieu, commente les images prises dans les années 1970 par la photographe américaine, aujourd’hui exposées à Arles.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h11
   





                        



                                


                            
En 1978, la photographe Jane Evelyn Atwood, jeune Américaine fascinée par le monde de la nuit parisien, s’intéresse aux transgenres du quartier de Pigalle, qui se prostituent pour vivre, et les photographie pendant plus d’un an. Ses images sont actuellement exposées aux Rencontres d’Arles et publiées dans un livre. Parmi ces femmes se trouvait Hélène Hazera qui, après avoir fait sa transition en 1974, est devenue journaliste et actrice. Collaboratrice de Libération pendant trente ans, spécialisée dans la chanson francophone, elle a produit l’émission « Chanson boum ! » sur France Culture. Séropositive depuis 1998, Hélène Hazera a rejoint Act Up Paris en 2000 où elle a créé une commission trans. Quarante ans plus tard, elle pose son regard sur le monde disparu dont Jane Evelyn Atwood s’est faite le témoin.
Je me souviens de ma première discussion avec Jane Atwood à Pigalle en 1976. J’avais une vingtaine d’années, et comme beaucoup de ma génération, après ma transition, je vivais le passage imposé dans la prostitution : à cette époque, la société n’offrait aucun accueil pour les jeunes trans en rupture de famille. Jane était une photographe américaine jeune et déterminée, intrépide. Elle voulait faire coûte que coûte un reportage sur les trans de Pigalle, après s’être fait remarquer avec un premier travail sur les prostituées-dominatrices de la rue des Lombards [Rue des Lombards, éd. Xavier Barral, 2011]. Et la voilà propulsée dans cette population d’une cinquantaine de personnes réparties dans les hôtels entre Pigalle et Anvers. Elle y est restée un an.

Ce monde n’était pas facile d’accès. En quelques semaines, Jane s’est fait des amies, ignorant les subdivisions « Françaises/Sud-Américaines/Maghrébines ». Dans son livre, elle ne met pas d’étiquette sur ses modèles. A vous de deviner d’où viennent Miranda, Michèle, Ingrid, etc. Il n’y a pas de légende sous les personnes photographiées. Mais je reconnais Valérie...




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-13">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
Découvrir l’application


                        

Fils prodigue, ville mystère et singe géant : notre sélection cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 15h44
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
A mesure que l’été s’enfonce dans un registre caniculaire, les sorties cinéma alignent comme par miracle des films aux durées étendues, qui nous offrent plusieurs heures dans l’obscurité caressante des salles climatisées. Pour ne rien gâcher, leur diversité ouvre un éventail de choix considérable. Confrontation familiale dans les paysages des Dardanelles, enquête délirante dans un Los Angeles jalonné de culture pop, prodiges magiques de la Chine fantasmée du VIIe siècle : le spectateur aura tout loisir de choisir la formule à même de ménager son propre thermomètre. Avant de retourner prendre un grand bain de soleil.
« Le Poirier sauvage » : Tu seras un homme, mon fils

Le nouveau film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, qui fut présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes, est un récit d’apprentissage flaubertien, au terme duquel son personnage principal sera parvenu à un nouvel état de conscience, ayant peut-être appris que l’absence d’illusion est l’illusion suprême. De retour dans sa famille après la faculté, Sinan, un jeune diplômé, est obsédé par le projet d’écrire un roman tout en préparant des concours afin d’obtenir un poste d’instituteur. Ce brusque contact avec son passé prendra des formes diverses, durant plus de trois heures au cours desquelles remonteront, au gré des rencontres et des retrouvailles, les expériences et les blessures non refermées de l’enfance.
Mais le trajet moral effectué par Sinan culmine essentiellement dans la découverte de la véritable nature de celui qu’il considérait comme un « bon à rien » : son propre père. Le Poirier sauvage constate ainsi la puissance d’un ordre patriarcal auquel il pourrait être vain de ne pas se soumettre. Cette vision, que l’on pourrait qualifier d’antimoderne, justifie aisément le pessimisme qui caractérise l’œuvre de Nuri Bilge Ceylan. La beauté formelle et plastique du film, sublimant les paysages des Dardanelles, contribue, par un paradoxe purement cinématographique, à conforter l’impression d’une indifférence générale du monde face aux médiocres illusions des humains. On peut trouver ce désenchantement un peu systématique mais admirer sans réserve la qualité de l’ouvrage. Jean-François Rauger
Film turc de Nuri Bilge Ceylan. Avec Dogu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yildirimlar (3 h 08).
« Detective Dee : la légende des rois célestes » : maléfices et sortilèges

Detective Dee : la légende des rois célestes est le troisième volet d’une série de films réalisés par le Hongkongais Tsui Hark. Ils mettent en scène un policier et expert en déduction tout autant qu’en arts martiaux, au service de l’impératrice Wu, sous la dynastie Tang qui régna entre le VIIe et le Xe siècle. Detective Dee s’attache, cette fois-ci, à déjouer une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens aux pouvoirs extraordinaires. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice, Dee devra, au terme d’un voyage, affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques.
On se souvient peut-être que le prodigieux producteur-réalisateur Tsui Hark, après une tentative hollywoodienne, se plia aux nouvelles règles du cinéma chinois appliquées depuis la rétrocession de Hongkong et se lança dans de monumentaux projets où son génie plastique se nourrissait des nouvelles technologies numériques. Ce troisième volet dépasse encore en trouvailles les deux précédents. Magiciens aux bras multiples, singe géant descendant de King Kong, créatures gigantesques venues du kaiju (films de monstres) japonais, ninjas aux boucliers-projectiles tranchants comme des guillotines volantes, tout un attirail de souvenirs de cinéma s’expose à grand fracas sous les yeux d’un spectateur emporté par un manège étourdissant de sons et de visions extraordinaires. Jean-François Rauger
Film chinois de Tsui Hark. Avec Mark Chao, Carina Lau (2 h 19).
« Under the Silver Lake » : Los Angeles dans une boîte de céréales

Pour son troisième long-métrage, David Robert Mitchell (It Follows, 2014) réalise un thriller métaphorique, empruntant au film noir une rhétorique qu’il retourne de façon pince-sans-rire et mélangeant à plaisir les genres et les sensations. Sam (Andrew Garfield), flegmatique jeune homme fauché et en quête de célébrité à Los Angeles, se lance à la recherche d’une jeune femme qui a disparu. Sa recherche prendra la forme d’un sarcastique et ingénieux jeu de l’oie géant. Il se lance dans une suite de filatures, justement, qui définiront un voyage initiatique et ésotérique, au cours duquel il devra déchiffrer des signes mystérieux dans les boîtes de céréales ou en écoutant des disques de musique à l’envers, afin de découvrir, in fine, la vérité sur le sort de la disparue tout autant que sur l’essence de la ville.
Los Angeles est le sujet profond du film de David Robert Mitchell. Tous les personnages que son dérisoire héros sera amené à suivre, à rencontrer, à affronter même, sont les émanations exemplaires d’un endroit qui a depuis longtemps dépassé son existence concrète pour devenir un lieu de fantasmes et un objet de désir. Avec ses parties déjantées, ses sectes new age, ses prostituées carnavalesques, Los Angeles ne s’y réduit pas seulement à Hollywood, mais se dévoile comme un décor de théâtre total, d’où partiraient toute la culture et toutes les rêveries du monde occidental. L’intérêt du film réside dans cette manière inattendue de décrire un univers dont l’irréalité serait constitutive de sa réalité même. Under the Silver Lake propose un monde flottant et la métaphore aquatique contenue dans le titre apparaît comme la texture même de Los Angeles. Jean-François Rauger
Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough (2 h 19).
« A Brighter Summer Day » : chronique de l’enfance exilée

Qu’une œuvre aussi belle et profonde que celle du cinéaste taïwanais Edward Yang (1947-2007) reste si peu montrée, en dehors de son ultime film Yi-Yi (2000), est l’une des grandes injustices de l’histoire récente du cinéma. Ainsi a-t-il fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour découvrir dans son intégralité, grâce au distributeur Carlotta, l’un de ses films les plus aboutis, A Brighter Summer Day (1991), sorti en France en 1992 dans une version amputée d’une heure (sous le titre Une belle journée d’été). Une aberration pour un film qui fait du temps et du souvenir ses matières premières, se présentant comme une chronique adolescente dans le Taipei du début des années 1960. Xiao Si’r (Chang Chen dans son premier rôle à l’écran), cadet d’une famille émigrée de Shanghaï après l’accession au pouvoir de Mao Zedong, fréquente l’« école du soir » et appartient à l’une des bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les recoins de la ville, façon pour ces jeunes immigrés de se créer une identité.
Baigné de clairs-obscurs magnifiques, plongé dans la respiration langoureuse de l’été, le film se déploie sur près de quatre heures, toujours passionnantes, sans jamais ressembler à une reconstitution d’époque. Sous chaque micro-événement du quotidien, se manifeste l’histoire composite et contrariée de Taïwan : la paranoïa anticommuniste des autorités, les traces encore vives de la longue occupation japonaise, la présence de l’armée américaine et l’influence de la culture yankee, plus particulièrement de la musique rock’n’roll… Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de méditation et de brutalité, Edward Yang brosse un portrait bouleversant de la jeunesse déracinée et de l’ineffable inconstance des choses, qui conduisent parfois à la tragédie. Un chef-d’œuvre indispensable. Mathieu Macheret
Film taïwanais d’Edward Yang (1991). Avec Chang Chen, Lisa Yang, Chang Kuo-chu, Elaine Jin (3 h 56).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-14">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Robert Redford renonce à son métier d’acteur

A 81 ans, la star américaine a annoncé que « The Old Man & The Gun » serait son dernier rôle sans envisager pour autant de mettre fin à la réalisation.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 19h20
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h26
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


« Il ne faut jamais dire jamais, mais je suis plus ou moins arrivé à la conclusion que, pour ce qui est de jouer, c’est terminé, et je me dirige vers la retraite parce que je fais cela depuis que j’ai 21 ans », a annoncé lundi 6 août Robert Redford, 81 ans, dans un entretien pour le site du magazine Entertainment Weekly.
Cette décision n’apparaît pas comme un coup de tonnerre : en 2016 déjà, l’acteur songeait à se retirer du métier : « Je vais encore jouer dans deux films : Nos Ames la Nuit avec Jane Fonda (...) et The Old Man & the Gun, un film plus léger avec Casey Affleck et Sissy Spacek. Une fois que ce sera terminé, je dirai au revoir à tout ça et je me concentrerai sur la réalisation », avait-il confié au Walker Art Center’s Digital Magazine.
Révélé en 1965 dans Daisy Clover, de Robert Mulligan, – et raflant au passage le Golden Globe de la révélation masculine –, Robert Redford n’a cessé de faire vibrer le grand écran. Des Hommes du président (1976) à L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998, film dont il est à la fois réalisateur et acteur principal), en passant par Out of Africa (1986), il a marqué nombre de classiques. Cet homme de cinéma aux multiples casquettes a également fondé en 1985 le festival du film de Sundance, le principal aux Etats-Unis en ce qui concerne le cinéma indépendant.
Sympathique braqueur
Redford avait obtenu une consécration en 1981 en décrochant l’Oscar et le Golden Globe du meilleur réalisateur pour Des gens comme les autres. Si l’Oscar du meilleur acteur ne lui a jamais été décerné, il a été salué par un Oscar d’honneur en 2002 pour l’ensemble de sa carrière.
Après soixante ans de bons et loyaux services, la vedette tire donc sa révérence. The Old Man & The Gun, de David Lowery, à l’affiche en septembre aux Etats Unis, sera son dernier film. Redford y incarne Forrest Tucker, sympathique braqueur, bientôt octogénaire, qui n’a toujours pas renoncé à ses manières de gentleman ni à sa passion pour les hold-ups. L’acteur reste fidèle à la galerie de personnages attachants qu’il a su interpréter, même lorsqu’il s’agissait de gangsters comme dans L’Arnaque (1974) ou Butch Cassidy et le Kid (1970). « Et pourquoi ne pas s’en aller sur un film très optimiste et positif ? », interroge-t-il.
Enfin, « s’en aller », pas tout à fait. Un porte-parole de Redford a souligné que ces déclarations ne concernaient que son activité de comédien, et n’impliquaient pas celle de réalisateur, même si aucun projet concret n’a été annoncé.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-15">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ 1968, année Black (3/6). En ce début d’année 1968, l’acteur le plus populaire au box-office américain est noir et à l’affiche de trois longs-métrages qui concourent pour la statuette du meilleur film. Mais ses rôles, rassurants pour le spectateur blanc, font polémique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-16">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Jardins de dictateurs (3/6). Au nord de Moscou, les centaines d’hectares du « VSKhV » ont accueilli à partir de 1939 l’Exposition agricole de toute l’Union, un vaste ensemble de pavillons supposés montrer « de quoi est capable le peuple soviétique ». Les restaurations successives, sous Khrouchtchev et Poutine, ont servi le même objectif, à leur manière.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-17">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Couples d’artistes 3/6. Depuis un demi-siècle, ils construisent à quatre mains une œuvre imprégnée d’histoire, sans pouvoir préciser qui fait quoi. A l’origine de leur travail, le traumatisme commun de la seconde guerre mondiale.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-18">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤     


                La chanson d’amour d’Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 07.08.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















Derniers articles publiés


            Sidney Poitier, un Oscar bien trop sage


            A Moscou, l’instrument de propagande de Staline


            Anne et Patrick Poirier, d’une même voix



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré






les plus partagés










César de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle dans Se souvenir des belles choses, de Zabou Breitman, Molière de la meilleure comédienne en 1999 et 2004, cette comédienne subtile a publié en janvier un premier roman remarqué, Les Rêveurs (Grasset). « L’actrice connue que personne ne connaît », comme elle se définit elle-même, y dévoile, à petites touches, son enfance particulière, entre une mère fragile et un père homosexuel.
Quand je pense à une chanson d’amour, c’est immédiatement All is Full of Love, de Björk, qui me vient à l’esprit. Peut-être parce qu’elle est sortie en 1999, qu’à cette époque j’étais seule, j’avais 28 ans, un âge où l’on est censé être en couple, où l’on commence à s’imaginer parent, bref, à construire sa vie !
Les paroles agissaient comme un baume, une consolation et m’aidaient à garder confiance. L’amour se trouve partout, disait la chanson, peut-être pas là où tu l’avais prévu, mais tu dois y croire ! La chanson avait raison. Quelques mois plus tard, je tombais amoureuse… « You’ll be given love/You have to trust it ! »
J’ai toujours aimé les gens singuliers, rencontrer des albatros de Baudelaire, qui ont des ailes trop grandes pour voler, comme Benoît Poelvoorde, ou qui dégagent une poésie immédiate sans même en avoir conscience, comme l’acteur Dominique Pinon, la chanteuse Izia… Björk est tout cela à la fois ! Voilà pourquoi je suis partie, ma chanson d’amour en tête, direction l’Islande, pour comprendre, et peut-être la croiser dans un bar de Reykjavik !
J’ai mangé des drôles de plats à base de poissons séchés, plongé dans le Blue Lagoon, observé les geysers et les glaciers, je me suis perdue sur la route qui mène à Vik i Myrdal, mais je n’ai pas croisé Björk…
Emerveillée
En arrivant à Jökulsarlon, un somptueux glacier se déversant dans la mer, j’ai découvert que le site était interdit, mais All is Full of Love, n’est-ce pas ? En bonne Française, je n’en ai pas tenu compte et j’ai franchi les barrières. Un tournage de James Bond était la cause de ce blocage. J’ai continué de marcher dans ce désert blanc, émerveillée, « Twist your head around/It’s all around you »… Jusqu’à ce qu’une quinzaine d’assistants et un hélicoptère se jettent sur moi : « Vous êtes dans le plan ! Partez ! Vous êtes dans le champ ! » Et voilà comment j’ai joué dans Meurs un autre jour, à cause d’une chanson. Après Ursula Andress, mais bien avant Léa Seydoux, je rejoignais – sans casting ! – le club très envié des James Bond Girls… Le petit point noir au milieu de ce paysage immaculé, c’était moi !
Jusqu’où une simple chanson peut vous emmener ! Surtout une chanson d’amour… Le garçon m’a quittée, ou c’est moi, je ne sais plus… Peu importe, on a vu du pays, love is « all around you », disait la chanson. C’était un joli tour !
Dernièrement, je suis allée en Argentine sur les traces de Benjamin Biolay. J’ai tenté d’apprendre le tango, j’ai médité dans les steppes de Patagonie : « Je t’aime et je crains de t’aimer/Encore longtemps, chiche/Que tu ne me laisseras pas tomber/Qu’on fera du hors-piste/Nus comme des vers/Sur les sentiers de l’apocalypse/Qu’on va mourir sans s’oublier, sans s’oublier », comme dans sa chanson Miss Miss. 
Je suis devenue une Palermo queen. Et puis finalement, je suis retournée à Paris, parce qu’il le dit, dans cette chanson, « Todo es posible en Paris », aussi ! « Je serai ton Alexandri/Pourquoi pas ton magnolia pour toujours ». L’amour n’est pas que dans les chansons d’amour, « todos es posible all around, all around you…  

Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site

Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy
Boris Cyrulnik : « Rendez-vous sous la pluie », de Jean Sablon
La chanson d’amour de Michel-Edouard Leclerc : « Les Mots bleus », de Christophe
Delphine de Vigan : « Les Fourmis rouges », de Michel Jonasz
Valérie Pécresse : « La Chanson des vieux amants », de Jacques Brel
Serge Trigano : « Seras-tu là ? », de Michel Berger
Isabelle Carré : « All is Full of Love », de Björk



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













<article-nb="2018/08/08/18-19">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Ex-actrice, Goliarda Sapienza est décédée en 1996 avant que son livre « L’Art de la Joie » ne connaisse le succès. La photographe Francesca Todde s’est rendue à Catane, terre natale de l’auteure et source d’inspiration pour le grand roman de sa vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/08/08/18-20">
<filnamedate="20180808"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180808"><AAMMJJHH="2018080818">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Pour ses 25 ans le festival Tempo Latino bouscule le public

En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 08h52
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Emparanoia, Plaza Francia, Souljazz Orchestra, Kingston-Havana, Angélique Kidjo, Joe Bataan et le New-York Salsa All Stars... Les 26, 27, 28 et 29 juillet, le festival des musiques latines de Vic-Fezensac (Gers) a fêté son vingt-cinquième anniversaire avec une programmation détonante.
Tout au long de cette vingt-cinquième édition, nous avons été...
Envoutés
L’hommage de la diva africaine Angélique Kidjo à la reine de la salsa Celia Cruz a d’abord été monté à Brooklyn avec la complicité du percussionniste cubain Pedro Martínez. Depuis sa présentation à Vienne puis à la Philharmonie de Paris, le spectacle dans la plus pure tradition de la salsa new-yorkaise s’est bonifié sous la baguette du pianiste martiniquais Thierry Vaton. Aucun tube de la chanteuse cubaine n’a manqué à l’appel, de Quimbara à La Vida Es Un Carnaval, la palme de la meilleure adaptation revenant à un Toro Mata habité.
A lire : Angélique Kidjo célèbre l’âme africaine de Celia Cruz
Programmée jeudi soir, juste après ses compatriotes du Gangbé Brass Band, la chanteuse béninoise a marché dans les pas de la reine Celia tout en affirmant son africanité avec des titres symboliques : Zélié en guise d’introduction, Pata Pata, en hommage à Miriam Makeba, son autre source d’inspiration. Angélique Kidjo confie comment adolescente elle était allée pour la première fois voir la star, pariant même avec ses copines qui n’arrivaient pas à croire qu’une femme pouvait être à la tête d’un groupe de salsa. La chanteuse raconte comment les esclaves africains ont conservé la mémoire de leurs dieux en les transposant dans les saints chrétiens. Angélique entonne Santa Barbara (Que Viva Chango), descend dans l’arène, chante Mama Africa et invite sur scène le public. Enchanteresse Angélique.
Contaminés
Vous n’avez rien contre le sax ? Ça n’est pas moins que trois saxophones, alto, ténor, baryton, qui constituent l’épicentre du Souljazz Orchestra, auxquels il faut ajouter la chanteuse aux percussions mineures, le tout encadré à ma gauche par le clavier, Pierre Chrétien, le leader à casquette, chemise à fleurs et rouflaquettes, à ma droite le batteur hipster.
Le combo venu d’Ottawa propose une musique souvent instrumentale, parfois chantée, en anglais, en français ou en dialecte africain, des mélodies groovy, fusions, d’inspiration d’Afrique de l’Ouest et de la Caraïbe sur une base souvent afrobeat, parfois zouk. Le synthé est bien présent, sans être gênant, même si la guitare serait la bienvenue.
C’est vendredi soir. Le festival commence à prendre et le directeur Eric Duffau est fier de sa trouvaille. Le public semble adhérer. Dog Eat Dog, le premier extrait de leur dernier album chez Strut, met le feu au ruedo. Un groove contagieux qui donne des fourmis aux jambes. L’audience danse, danse, danse.

   


Curieux
Peu convaincu par le disque, j’étais venu avec mes a priori. Il faut dire que « Havana meets Kingston » avait été précédé il y a quelques années par « Rebel Tumbao » de José Claussell dans lequel le batteur d’Eddie Palmieri avait réalisé un travail remarquable de fusion des rythmes jamaïcains et cubains.
Première surprise : l’intro au chant afro par Martha Garralaga, invitée inattendue, qui s’était faite remarquer en faisant le show à la jam du D’Artagnan mercredi soir et qui offrira le lendemain une torride session de rumba avec Okilakua. La révélation du concert est belle et bien la magnifique Brenda Navarette, partout, aux batás, aux congas. Elle rejoint au chant Randy Valentine, secondée par le trompettiste Julito Padrón. On se doutait que la Cubaine allait illuminer le live-band de Mista Savona. On vous conseille son album afro-cubain « Mi Mundo » chaudement.
Les musiciens cubains se révèlent remarquables dans une ambiance plutôt jamaïcaine, et c’est mieux comme ça. La reprise de Candela frôle le désastre, n’arrivant pas à se dépatouiller, malgré le camouflage du reggaeton, d’un squelette basse-batterie qui tente de faire le grand écart entre reggae et son cubano. Pour le reste, ça fonctionne assez bien. Visuellement ça se répartit entre musiciens cubains sur le côté gauche et jamaïcains sur le côté droit. Le public adhère sans réserve, réagissant au quart de tour aux sollicitations des musiciens, tous excellents au demeurant. C’était le feu et c’est tant mieux. Saluons la démarche de Tempo Latino qui a permis cette première française.

   


Embarqués
Samedi soir, acte 1. Même quand on n’a pas de réelle accointance avec le tango, on ne peut que reconnaître que Plaza Francia Orchestra de Müller et Makaroff, successeur du Gotan Project, fut un des plus beaux spectacles qui ait été donné dans les arènes de Vic-Fezensac. Une chanteuse, Maria Sol Muliterno, majestueuse, des musiciens (guitare, clavier, piano, bandonéon, contrebasse) couvre-chefs et costards noirs. Des effets de lumière du meilleur effet. Les morceaux électroniques sont accompagnées des mains du public. On leur préféra les titres acoustiques, magiques. Programmer du tango à l’heure du prime était culotté. C’est une réussite.
Samedi soir, acte 2. On était prévenu : Amparanoïa allait mettre le feu. J’étais doutif. Le rock latino, Manu Chao, Sargento Garcia, tout ça n’était pas mon verre de mojito. Et bien c’était formidable ! Ficelles ragga, cumbia et ska à gogo, allez un petit Welcome to Tijuana pour la route. Un groupe du feu de Dieu et des mélodies bigrement efficaces (El Coro De Mi Gente, En La Noche). Mention spéciale à l’invitée especiale, la Guatémaltèque Sara Curruchich. L’orchestre de Sergio Mendoza se joindra au final. On s’imagine avec vingt piges de moins dans un festival improbable au fin fond de la Bretagne. On est en 2018, c’est à Vic-Fezensac que ça se passe et ça fait du bien.

   


Comblés
Quelle chance tout-de-même de voir Joe Bataan dans les arènes de Vic-Fezensac ! Inimaginable il y a cinq ans quand je avais rencontré le « King of latin soul » au Est Harlem Café, au cœur de son ancien quartier. L’ancien voyou du barrio, reconverti dans l’action sociale au début des années 80 sortait alors timidement de sa retraite. Un retour à porter au crédit d’Osman Jr, le leader de Setenta qui est allé chercher son idole à New-York pour le faire jouer à Paris. C’était en 2015 aux Etoiles. Depuis l’idylle se poursuit.
Bel exploit des parisiens d’avoir réussi à adapter, sans cuivre, dans un ensemble cohérent le vaste répertoire du vétéran. De la période Fania alors qu’il était une figure du boogaloo au latin-soul du début des années 70 quand il fonde son label Salsoul, de Rap’O Clap’O en 79, qui dispute au Rapper’s Delight de Sugarhill Gang le titre de premier rap de l’histoire, jusqu’au hit new-soul de 2005 Call My Name. « Joe Bataan meets Setenta », c’est Joe Bataan à la sauce Setenta.
A lire : L’essor de l’empire Salsa et la chute de la maison Boogaloo
Déjà dimanche soir. Une fin de festival entre fatigue et excitation. Setenta avait chauffé le public avec trois titres, latin-soul contemporain et classieux qui mériterait à lui seul l’honneur des arènes. Bataan, 76 ans, très en forme, la voix solide (On lui pardonnera une ou deux fausses notes), exécute le concert d’une seule traite, joue les ambianceurs, embarquant dans sa machine à remonter le temps les retardataires qui n’avaient qu’une vague idée de qui il pouvait bien être.
Le boogaloo avait surgi dans les années 60 en réaction au mambo élitiste. Pas besoin de connaître des pas compliqués, le boogaloo était une musique festive et fédératrice, faite pour faire danser tout le monde, Noirs, Blancs, Latinos. C’était tout à fait l’esprit de ce 29 juillet.

   


Enflammés
Quand Joe Bataan libère le public, les arènes sont pleines à craquer, un chaudron brulant prêt à accueillir Mercadonegro. Le New-York Salsa All Stars, c’est la réunion de Mercadonegro, enorgueilli d’avoir accompagné Celia Cruz à ses débuts, et des plus grandes stars de la salsa. Le groupe est solide, terriblement efficace avec quatre cuivres et quatre percussionnistes. On regrettera le départ du génial pianiste Cesar Correa. Les deux chanteurs Armando Miranda et Josbel interprètent trois morceaux dont bien entendu La Guarachera de Cuba.
Arrive Jimmy Bosch, dont le public de Vic est entiché depuis plusieurs années. Talentueux, le tromboniste l’est assurément. Malheureusement Jimmy n’a pas une très jolie voix (Lors de sa dernière prestation, il était accompagné du jeune sonero Willito Otero). Si le public est tout acquis, je commence à trouver le temps long. Et puis Jimmy entame Otra Oportunidad, qu’il a écrit il y a des années en hommage à son frère disparu. Il dédie le titre à sa maman partie dix jours plus tôt. Comment résister ?
Ceux qui ne la connaissaient pas ont dû rester bouche bée devant les frasques de Nora Suzuki. Son peps séduit dans l’instant. La Japonaise célèbre l’Orquesta De La Luz dont elle fut la chanteuse, arrache son kimono, dévoilant une robe rouge seyante tandis que le batteur Rodrigo se lance dans un reggaeton endiablé. Faisant retomber la pression, elle laisse la vedette à son pianiste Takaya Saïto pour un cha-cha-chá impeccable.
Surgit José Alberto, « El Canario », la voix puissante et la flûte affutée (virtuelle, qu’il mime en sifflant, sa marque de fabrique). Les standards sont au rendez-vous : La Paella, A La Hora Que Me Llamen Voy. Le répertoire de Mercadonegro est infini et les tubes défilent : La Murga, Chan Chan. Ils s’amusent tant qu’on se demande s’ils ne sont pas meilleurs comme qu’accompagnateurs. On réalise combien El Canario est bon sonero. La température monte. Jimmy Bosch et Nora sont de retour pour le final, explosif. On ne sait plus distinguer ce qui est improvisé de ce qui est préparé. Nora interprète La Vida Es Un Carnaval en japonais. Lo Que Quiero Es Salsa sera bon pour le rappel. Presque trois heures de concert, les arènes pleines à craquer, des gradins debout et une conclusion à deux heures du matin. De ces concerts mythiques qui font la légende de Tempo Latino...



Tempo Latino s’est terminé comme il avait commencé, en rendant hommage à la reine Celia qui avait joué ici il y a exactement vingt ans. Tout au long de cette édition, trois concerts ont rencontré un immense succès : Kingston meets Havana, Amparanoia et le New-York Salsa All Stars. L’hommage à Célia aurait dû, si le public s’était déplacé en plus grand nombre. Les autres orchestres ont généralement séduit ceux qui avaient fait le déplacement, à condition d’adhérer au genre proposé : brass band, afrobeat, latin-soul, tango. Si cette vingt-cinquième édition fut une réussite artistique incontestable, son positionnement interroge. Avec seulement deux concerts salsa sur huit, les amateurs de rythmes afro-caribéens sont restés sur leur faim. Aux premiers rangs, nombre de visages familiers étaient aux abonnés absents. Tempo Latino pourrait-il se passer de ses habitués ?



                            


                        

                        

