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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Environ 60 000 contrats aidés ont été signés, soit moins d’un tiers des 200 000 budgétés pour l’année.
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Les contrats aidés de 2018 ont été sous-consommés au premier semestre

Environ 60 000 contrats aidés ont été signés, soit moins d’un tiers des 200 000 budgétés pour l’année.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h21
   





                        


Près d’un an après le tollé suscité par l’annonce gouvernementale de la baisse des contrats aidés, l’enveloppe de ceux de 2018 est loin d’être épuisée. Environ 60 000 contrats aidés ont été signés au premier semestre, soit moins d’un tiers des 200 000 budgétés pour l’année, selon des chiffres mis en ligne, mercredi 8 août, par la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

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Le gouvernement a remodelé ces dispositifs d’insertion professionnelle en janvier, avec la mise en place des parcours emploi compétences (PEC). Leur base légale n’est pas modifiée, mais le ministère du travail a promis une plus grande rigueur dans la sélection des employeurs, pour s’assurer qu’ils puissent offrir un accompagnement et une formation aux bénéficiaires.
De janvier à juin, 52 060 PEC ont été signés en France entière, selon les données mises en ligne par le service des statistiques du ministère du travail. Si l’on y ajoute les anciens dispositifs (emplois d’avenir, CUI-CAE et CUI-CIE), près de 61 500 ont été signés pour la première moitié de l’année 2018. Cela ne représente que 30,7 % de l’ensemble des 200 000 nouveaux contrats aidés inscrits dans le budget pour 2018.

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« Un petit temps d’appropriation » selon Pénicaud
La ministre du travail, Muriel Pénicaud, avait admis, lors d’une audition à l’Assemblée nationale début juin, que le PEC avait « mis un petit temps d’appropriation », mais avait estimé qu’il était « maintenant bien approprié ». Selon elle, les prescriptions de contrats aidés, qui dépendent des préfets, étaient bien dans en ligne. Elle avait rappelé que 30 500 contrats étaient « réservés pour la rentrée scolaire pour l’accompagnement des élèves handicapés à l’école ».

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La ministre avait aussi indiqué que 15 000 contrats aidés avaient été transformés en aides au poste dans l’insertion par l’activité économique, une « fongibilité » permise par la création en janvier d’un fonds d’inclusion dans l’emploi mutualisant les moyens des deux dispositifs. Quelque 71 000 aides au poste avaient été budgétées pour 2018, mais le nombre d’aides effectivement consommées au premier semestre n’est pas encore disponible sur le site du ministère.

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En juin, Mme Pénicaud indiquait que 75 % des nouveaux contrats aidés avaient bénéficié aux « publics les plus éloignés de l’emploi », assurant que cette proportion était en hausse par rapport aux années précédentes, 43 % à des demandeurs d’emploi de très longue durée, 13 % à des résidents de quartiers « politique de la ville », 18 % à des travailleurs handicapés et 38 % à des seniors.
Le gouvernement a réduit la voilure en matière de contrats aidés, avec 200 000 nouveaux contrats budgétés pour 2018, après 320 000 en 2017.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les pilotes allemands, irlandais, suédois et belges de la compagnie aérienne à bas coût seront en grève vendredi 10 août. Ils demandent de meilleures conditions contractuelles et une hausse des salaires.
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Ryanair confrontée à une grève dans plusieurs pays

Les pilotes allemands, irlandais, suédois et belges de la compagnie aérienne à bas coût seront en grève vendredi 10 août. Ils demandent de meilleures conditions contractuelles et une hausse des salaires.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h48
   





                        



   


Après les pilotes basés en Irlande, Suède et Belgique, c’est au tour des Allemands de se joindre au mouvement de grève qui touchera, vendredi 10 août, Ryanair, la compagnie aérienne à bas coût. Plus de 250 vols au départ et à destination de l’Allemagne initialement prévus vendredi ont été annulés par la compagnie. Les pilotes des Pays-Bas pourraient également rejoindre le mouvement visant à obtenir de meilleures conditions contractuelles et une hausse des salaires.
« Nous ne voyons pas, chez Ryanair, la volonté de s’engager dans de réelles négociations salariales », a déclaré Martin Locher, président du syndicat Vereinigung Cockpit, qui « regrette les conséquences [de la grève] pour les passagers, les équipages en cabines, le personnel au sol ».
De son côté, le patron du marketing de Ryanair, Kenny Jacobs, a dit regretter une « décision (…) qui n’était pas nécessaire ». « Nos pilotes en Allemagne ont d’excellentes conditions de travail en Allemagne. Les salaires peuvent atteindre 190 000 euros par an (…) et ils ont reçu 20 % d’augmentation de salaire cette année », a-t-il poursuivi dans un communiqué.
Avant l’annonce des pilotes allemands, 146 des 2 400 vols prévus en Europe, vendredi, avaient déjà été annulés en raison des grèves. Au total, 55 000 passagers sont concernés, dont 42 000 pour l’Allemagne, selon la compagnie qui a promis aux voyageurs lésés un changement gratuit de réservation.
La compagnie avait déjà affronté fin juillet une grève de la part de son personnel de cabine en Espagne, Italie, Portugal et Belgique. Mais la grève de vendredi sera la première mobilisant des pilotes dans plusieurs pays.
Pilotes contractuels
Le malaise au sein du groupe a éclaté à la suite d’un sérieux problème de planning de pilotes en septembre 2017, qui a entraîné un grave conflit social et des annulations portant au total sur 20 000 vols dans les mois qui ont suivi. Cette crise a poussé Ryanair à négocier un virage à 180 degrés en entamant des négociations avec des syndicats dans plusieurs pays, alors que la compagnie avait toujours refusé de les reconnaître.
En Irlande, le conflit s’est envenimé depuis que Ryanair a annoncé la semaine dernière qu’elle allait transférer des avions de Dublin vers la Pologne, ce qui pourrait coûter leurs emplois à environ 300 personnes, dont 100 pilotes.

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Ces derniers reprochent à Ryanair sa politique agressive des salaires, l’utilisation de contrats de droit irlandais pour ses pilotes allemands, ainsi que le recours à des pilotes contractuels, pas employés directement par la compagnie.
« Nos revendications concernent des améliorations des conditions salariales, ainsi que de travail, a expliqué Martin Locher. Des améliorations ne sont pas possibles sans une augmentation des coûts du personnel, mais Ryanair a exclu toute hausse de ces dépenses. Parallèlement Ryanair n’a donné aucune indication sur les marges de manœuvre pour trouver une solution. Ryanair est donc totalement responsable de l’escalade. »
Selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui cite une étude d’il y a deux ans, les coûts du personnel chez Ryanair sont jusqu’à 50 % inférieurs à ceux des concurrents à bas coût Easyjet et Norwegian.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le site sera contraint de communiquer la liste de ses hôtes, ce qui permettra à la ville d’appliquer la loi interdisant de louer un logement pour moins de trente jours.
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Airbnb essuie une nouvelle déconvenue à New York

Le site sera contraint de communiquer la liste de ses hôtes, ce qui permettra à la ville d’appliquer la loi interdisant de louer un logement pour moins de trente jours.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h00
    |

Jérôme Porier (avec AFP)







                        



   


Implacablement, l’étau se resserre sur Airbnb et les plates-formes de location de courte durée. Le maire de New York, Bill de Blasio, a signé, le 6 août, un arrêté municipal qui oblige la société de San Francisco à lui communiquer la liste de ses hôtes. L’arrêté – qui s’applique à tous les sites d’hébergement de courte durée – contraint les opérateurs à fournir la liste de toutes les transactions effectuées pour des logements à New York.
Tout manquement à cette obligation ou information erronée sera passible d’une amende d’au moins 1 500 dollars par mois et par logement. Ces informations vont permettre à la municipalité d’appliquer plus efficacement les textes de l’Etat de New York, qui interdisent de louer un logement pour moins de trente jours, sauf si l’hôte est présent.

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L’arrêté prendra effet dans cent quatre-vingts jours. « Nous sommes déçus que le maire De Blasio ait choisi de signer ce décret soutenu par l’industrie hôtelière plutôt que de défendre la classe moyenne newyorkaise qui compte sur le partage de logement pour s’en sortir », a réagi le responsable de la réglementation d’Airbnb pour le nord-est des Etats-Unis, Josh Meltzer, cité par l’AFP. « Nous espérons collaborer avec le maire pour créer une réglementation de bon sens qui distingue enfin ces familles de quelques acteurs malfaisants », a-t-il ajouté sur Twitter.

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New York n’est pas la première ville à prendre une telle initiative. San Francisco, berceau d’Airbnb, a passé un accord avec la plate-forme en mai 2017, après que l’entreprise a attaqué la cité californienne en justice. Cet accord prévoit un transfert de données similaire à celui prévu par l’arrêté signé par le maire de New York.
Lutter contre la spéculation immobilière
Plusieurs élus de la ville réclamaient cet arrêté depuis de longs mois, affirmant que l’émergence d’Airbnb avait sensiblement aggravé la crise du logement à New York. Elle avait ainsi pour effet de sortir des appartements du parc locatif ordinaire, qui n’étaient plus loués alors qu’à des visiteurs de passage, le plus souvent des touristes.

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En France, le projet de loi « ELAN » (évolution du logement et aménagement numérique), qui a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en juin, prévoit des sanctions accrues contre les propriétaires ne respectant pas leurs obligations et de nouvelles amendes pour les plates-formes. Le loueur devra transmettre à la commune le décompte du nombre de nuitées ayant fait l’objet d’une location pendant l’année. Les amendes (de 5 000 à 10 000 euros) seront renforcées pour les loueurs qui ne respecteraient pas leurs obligations.
Avec environ soixante mille logements en location, Paris est le premier marché d’Airbnb dans le monde
Pour la première fois, la loi prévoit aussi des amendes, allant de 10 000 à 50 000 euros, visant les plates-formes, tandis qu’un plafond légal de cent vingt jours de location de la résidence principale à des fins touristiques sera instauré. Airbnb et d’autres plates-formes se sont engagées à bloquer les annonces des loueurs qui dépasseraient ce seuil à partir de décembre 2018.
Avec environ soixante mille logements en location, Paris est le premier marché d’Airbnb dans le monde. La mairie de Paris a organisé le 15 juin une rencontre avec ses homologues de Madrid, Barcelone, Lisbonne et Amsterdam, afin d’explorer des pistes pour lutter contre la spéculation immobilière, la hausse des prix et l’aggravation de la pénurie de logements dans les centres-villes.

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« Notre objectif n’est pas de lutter contre ceux qui louent leur logement de façon occasionnelle en respectant la loi, mais contre ceux qui en font une industrie et assèchent le marché locatif », déclare Ian Brossat, adjoint au maire de Paris chargé du logement, qui publiera, le 6 septembre, un livre intitulé Airbnb, la ville uberisée (Ed. La ville brûle, 14 euros).
En Espagne, Palma de Majorque interdit depuis 1er juillet la location d’appartements particuliers aux touristes. Des mesures similaires ont été prises auparavant dans d’autres villes européennes comme Berlin ou Barcelone.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Snapchat a publié, mardi, des résultats trimestriels en demi-teinte et les titres de Facebook et Twitter ont été sanctionnés en Bourse en juillet.
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La fin de l’âge d’or pour les réseaux sociaux

Snapchat a publié, mardi, des résultats trimestriels en demi-teinte et les titres de Facebook et Twitter ont été sanctionnés en Bourse en juillet.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 12h47
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Un chiffre d’affaires de 262 millions de dollars (225 millions d’euros) sur le dernier trimestre en progression de 44 % par rapport à 2017, des pertes limitées à 353 millions de dollars soit – 20 %, et une audience pour la première fois en recul (– 2 % par rapport au premier trimestre de leur exercice fiscal). Dans une période où les principaux réseaux sociaux occidentaux sont chahutés en Bourse, les résultats trimestriels publiés par Snapchat, mardi 7 août, sont trop contrastés pour rassurer les marchés.
Leur annonce intervient dans la foulée de la dégringolade des titres Facebook et Twitter. Le premier a vu son cours s’effondrer de plus de 19 %, jeudi 26 juillet, à la suite de la publication de résultats trimestriels décevants. Ceux du second, le lendemain, n’ont pas davantage plu aux investisseurs : en deux séances, l’action Twitter a perdu près de 25 % de sa valeur. Cet enchaînement, inattendu, fait depuis planer une interrogation : le modèle économique des réseaux sociaux a-t-il vécu ?

Une chose est sûre, leur image s’est globalement dégradée ces deux dernières années. Campagne de désinformation pendant le référendum sur le Brexit puis pendant l’élection présidentielle américaine, prolifération de messages haineux, fuites de données massives (affaire Cambridge Analytica) ont mis en lumière les côtés sombres des réseaux sociaux – Facebook et Twitter en tête.
Inquiétude des marchés
Leur modèle économique, fondé sur l’exploitation des données personnelles des utilisateurs pour dégager des revenus publicitaires, est également contesté. Entré en vigueur en Europe au mois de mai, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) vise justement à redonner davantage de contrôle aux utilisateurs de ces plates-formes qui peuvent désormais récupérer toutes les données amassées par ces services ou refuser de faire l’objet de publicités ciblées.
Autant de vents contraires qui n’avaient étrangement pas semblé affecter jusque-là...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’institution table sur 0,4 % de croissance au troisième trimestre. Une accélération insuffisante pour atteindre les objectifs de réduction du déficit public du gouvernement.
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La Banque de France prévoit une légère reprise de la croissance au troisième trimestre

L’institution table sur 0,4 % de croissance au troisième trimestre. Une accélération insuffisante pour atteindre les objectifs de réduction du déficit public du gouvernement.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 13h32
   





                        


Après le trou d’air des six premiers mois de l’année, la Banque de France (BdF) a tablé, mercredi 8 août, sur une légère reprise de la croissance au troisième trimestre, toutefois insuffisante pour atteindre les objectifs du gouvernement. « Le produit intérieur brut [PIB] progresserait de 0,4 % au troisième trimestre 2018 », après 0,2 % au premier et au deuxième trimestre, a indiqué la BdF dans son point de conjoncture de fin juillet.
Après le coup de mou du premier semestre, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, avait abaissé la semaine dernière la prévision de croissance du gouvernement, qui tablait jusqu’alors sur 2 % cette année, en estimant qu’elle ne serait « pas inférieure » à 1,8 %.
L’activité économique a été pénalisée en début d’année par une consommation en baisse, affectée par la hausse du prix du pétrole et des mesures fiscales, comme la hausse de la CSG et des taxes sur les carburants.
Le gouverneur de la BdF, François Villeroy de Galhau, avait estimé à la mi-juillet que le « trou d’air » du début d’année était « derrière nous ». Mais si le 0,4 % se confirme au troisième trimestre, le rebond pourrait s’avérer insuffisant pour atteindre le nouvel objectif gouvernemental.
« Ralentissement général »
« Avec cette prévision, il faudrait 1,3 % au quatrième trimestre pour atteindre 1,8 %, soit un taux que l’on ne connaît pas depuis des décennies », a expliqué Philippe Waechter, économiste chez Ostrum AM. Il table plutôt sur une croissance annuelle située entre 1,5 % et 1,6 %, compte tenu de la dégradation de « l’environnement international ».
« Le ralentissement français n’est pas seulement français : il est général », a estimé Charles de Courson (UDI), qui siège à la commission des finances de l’Assemblée nationale. Outre les hausses du pétrole, des taux d’intérêt et de l’euro, il faut désormais compter avec « la politique de Trump en matière de commerce international et le Brexit », a-t-il indiqué à l’AFP.
Selon l’Insee, l’« acquis de croissance » pour l’année en cours − c’est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l’activité stagnait d’ici la fin de l’année − est de 1,3 %. L’organisme public prévoit 1,7 % de croissance pour l’ensemble de l’année. La Banque de France se montre plus optimiste, avec une prévision de 1,8 %.

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Cette croissance moins forte que prévu pourrait avoir des répercussions sur un autre objectif du gouvernement : celui de réduire à 2,3 % du PIB le déficit public cette année. Gérald Darmanin a confirmé il y a une semaine cet objectif, pourtant jugé optimiste par la Banque de France, qui anticipe de son côté un déficit à 2,5 %.
Pour Charles de Courson, le gouvernement n’a pas le choix : « Il y a un ralentissement économique, il y aura donc une moindre croissance. Il faut donc renforcer une politique d’économies pour tenir les déficits. »
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas donné de pistes sur les économies qu’il pourrait annoncer à la rentrée pour tenir son engagement auprès de Bruxelles de poursuivre la réduction de la dépense publique.
Rebond du chômage
Même si le gouvernement avait élaboré son budget 2018 sur une base de 1,7 % de croissance, Charles de Courson estime que les économies nécessaires pour atteindre 2,3 % de déficit seraient « de l’ordre d’un milliard d’euros ».
« Ce sera probablement un peu plus », juge Philippe Waechter, qui craint que trop d’économies ne finissent par ralentir la croissance en fin d’année, alors qu’un rebond de la consommation est attendu avec la première réduction de la taxe d’habitation, en vue de sa suppression d’ici à 2022 pour 80 % des Français. En octobre interviendra également la deuxième phase de la suppression des cotisations salariales.
Il n’empêche que les indicateurs économiques de l’été ne sont pas très encourageants pour l’économie française. Outre le ralentissement de la croissance, le déficit commercial s’est encore aggravé en juillet, à 6,2 milliards d’euros, et le chômage a légèrement rebondi au cours du deuxième trimestre.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ A Cuba, le vélo est souvent perçu comme un transport de pauvres. Avec le projet Bicicletear, des dizaines de jeunes Cubains veulent lutter contre ce préjugé et réhabiliter la bicyclette.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ « Nous vaincrons encore une fois » a écrit Robin Li, le fondateur du moteur de recherche chinois, sur son compte WeChat, pour commenter le possible retour de la firme américaine.
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Baidu se prépare à accueillir fraîchement Google en Chine

« Nous vaincrons encore une fois » a écrit Robin Li, le fondateur du moteur de recherche chinois, sur son compte WeChat, pour commenter le possible retour de la firme américaine.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h37
    |

            François Bougon








                        



   


Après huit ans d’absence, le retour de Google en Chine, sous la forme d’une application ou d’une version filtrée de son moteur de recherche, semble se profiler. Et si ni l’entreprise américaine ni Pékin n’ont confirmé ces informations, le comité d’accueil se met déjà en place.
Les toutes premières paroles de bienvenue, mi-figue mi-raisin, proviennent d’un de ses concurrents potentiels, Robin Li, fondateur de Baidu, le moteur de recherche le plus utilisé dans la deuxième économie mondiale. Sur son compte WeChat, mardi 7 août, il a eu cette phrase, telles ces paroles de défi lancées par les boxeurs à la pesée : « Si Google revient sur le marché, nous vaincrons encore une fois avec de vraies armes. » M. Li a eu recours à une expression utilisée couramment par les amateurs de jeux vidéo : « PK » (player killer). On a connu des mots d’accueil plus chaleureux…

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Mais le fondateur de Baidu a surtout expliqué – dans un message destiné originellement à ses amis qui a été ensuite diffusé sur les sites chinois – qu’aujourd’hui le marché avait considérablement évolué et que les entreprises technologiques de l’empire du Milieu n’avaient rien à craindre de leurs concurrentes américaines, car elles se trouvent à la pointe dans le domaine de l’innovation et des services rendus aux utilisateurs : « Le Baidu d’aujourd’hui est déjà une entreprise avec une force d’influence puissante et mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle. » Il a également souligné que le géant chinois avait développé de nombreux partenariats avec des étrangers, dont Google.

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La bataille va commencer
Robin Li réagissait à un Tweet en anglais – vite effacé pour des raisons inconnues – de l’organe du Parti communiste chinois (PCC), Le Quotidien du peuple, lequel soulignait que Google était le bienvenu dans la mesure où il respectait les lois chinoises. Sous le règne de Xi Jinping, numéro un du PCC depuis 2012, les autorités ont considérablement renforcé leur contrôle sur les contenus diffusés sur le Net au nom du développement d’un Internet « sain » et conforme aux « valeurs spirituelles socialistes ».
Présent en Chine depuis 2006, malgré les critiques des organisations de défense des droits de l’homme et de certains de ses actionnaires, Google s’était retiré quatre ans plus tard, à la suite du piratage de comptes Gmail de dissidents. Il avait également expliqué ne plus vouloir appliquer les règles de censure imposées par les autorités. La décision de la firme de Mountain View avait été soutenue par le gouvernement américain. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton, avait fait de la liberté d’Internet un thème important de sa politique étrangère.

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Mais depuis plusieurs mois, certains indices laissaient entrevoir un retour. En décembre 2017, Google a annoncé l’ouverture d’un laboratoire consacré à l’intelligence artificielle à Pékin, et en juin un investissement de 550 millions de dollars (474 millions d’euros) dans JDD. com, une plate-forme de commerce électronique concurrente d’Alibaba. Il se pourrait que le retour se fasse en passant par une alliance avec le grand concurrent de ce dernier, Tencent. La bataille va pouvoir commencer.



                            


                        

                        


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Le numéro deux d’Air Canada pressenti pour diriger Air France-KLM

Le Canadien Benjamin Smith est le candidat préféré du comité de nomination mais le choix appartient au conseil d’administration.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 15h42
    |

            Guy Dutheil et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            
Le processus de nomination avance chez Air France-KLM. Plus de trois mois après la démission début mai de Jean-Marc Janaillac, le comité de nomination du conseil d’administration de la compagnie franco-néerlandaise a mis la main sur un successeur potentiel. Il a arrêté son choix sur Benjamin Smith, l’actuel directeur de l’exploitation d’Air Canada, selon plusieurs sources, dont le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le premier syndicat des pilotes de l’entreprise.
Le numéro deux d’Air Canada deviendrait directeur général du groupe Air France-KLM, qui se doterait d’un président non exécutif, un poste aujourd’hui occupé par Anne-Marie Couderc à titre intérimaire. A la direction de la compagnie, on reste extrêmement prudent : « Aucune décision n’est prise à ce jour. » « Le choix final appartient non pas au comité de nomination, mais bien au conseil d’administration », rappelle un administrateur de l’entreprise. Et celui-ci n’a pas encore été réuni pour statuer.
Et puis, souligne-t-on dans l’entreprise, « nous souhaiterions éviter que tout candidat se retrouve dans la même position que Philippe Capron en juillet. » Après le départ de M. Janaillac, M. Capron, directeur financier de Veolia, avait été présélectionné par le comité de nomination du conseil d’administration d’Air France-KLM, mais son nom, sorti dans la presse et vilipendé par d’anciens et actuels leaders syndicaux de la compagnie, n’avait finalement pas été retenu par le conseil de la quatrième compagnie aérienne européenne.

Hausse de la rémunération
Depuis, ce comité a élargi ses critères de recherche. Sur l’insistance des actionnaires américain (Delta Air lines) et chinois (China Eastern), le conseil d’Air France-KLM a décidé de s’ouvrir davantage à des profils internationaux, un tabou jusqu’à présent pour le groupe.
« Nous avons un seul impératif pour le recrutement du futur dirigeant d’Air France, indiquait un administrateur courant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans son essai « Disruption », l’« évangéliste technologique » Stéphane Mailard invite le lecteur, à travers son décrytage d’un phénomène à la fois technologique, sociétal, culturel et économique, à imaginer demain pour pouvoir « ensuite y trouver sa place ».
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Un monde nouveau à construire

Dans son essai « Disruption », l’« évangéliste technologique » Stéphane Mailard invite le lecteur, à travers son décrytage d’un phénomène à la fois technologique, sociétal, culturel et économique, à imaginer demain pour pouvoir « ensuite y trouver sa place ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h30
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Qui aurait cru qu’Ariane et la NASA seraient concurrencées en quelques années seulement par l’entrepreneur Elon Musk sur le lancement de satellites, la conquête de Mars et le tourisme spatial, en partant de zéro ? Depuis l’arrivée de Uber, on évoque une ubérisation de la société pour caractériser les méthodes et les ambitions sans limites de ces nouveaux acteurs qui bousculent tout sur leur passage : la disruption n’est pas seulement technologique.
Elle est sociétale car elle transforme nos comportements et nos manières de vivre, elle est économique car elle accélère la baisse des prix, elle est culturelle parce qu’elle stimule la diffusion de l’information, elle est aussi « profondément transgressive : elle nous pousse à nous méfier des hiérarchies, à vouloir les aplatir, voire les supprimer », analyse Stéphane Maillard. Son ouvrage, Disruption, donne les clés pour « appréhender ce monde en train de naître, ne pas le craindre et éviter que d’autres ne le bâtissent à notre place ».
Jusqu’où ira la disruption ? Pour l’instant, elle attaque principalement les entreprises. Mais les disrupteurs rêvent de se substituer à l’Etat. Les plates-formes comme Facebook souhaitent que la démocratie s’exerce en son sein plutôt que dans les urnes des Etats, et que l’éducation ait lieu dans des plates-formes de disrupteurs pédagogiques comme Coursera.
Dans une rue parisienne
« Pour les disrupteurs, elle est comme eux : sans limites », avertit le digital evangelist pour Blu Age. Comprendre les dynamiques qui œuvrent à la disruption est alors urgent, et l’ouvrage en décortique les dynamiques et les nouveaux codes, de la révolution de l’intelligence artificielle à la contre-culture du disrupteur, friand de méditation et neurosciences. Travis Kalanick a eu l’idée d’Uber par hasard dans une rue parisienne parce qu’il était incapable de trouver un taxi pour se rendre à une conférence.
Pour générer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Une maison près de la mer ou un appartement à Athènes à prix doux, c’est possible en Grèce pour ceux que ne rebutent pas les embûches administratives.
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Des opportunités à saisir sur le marché immobilier grec [1/2]

Une maison près de la mer ou un appartement à Athènes à prix doux, c’est possible en Grèce pour ceux que ne rebutent pas les embûches administratives.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 10h10
    |

                            Ludovic Clerima








                        



   


La Grèce, nouvel Eldorado des Français en mal de soleil ? A voir le nombre de nos compatriotes tentés par l’achat d’une résidence secondaire sur les terres d’Ulysse, le constat s’impose. « Ce qui me séduit ce sont les gens, la nourriture, l’histoire de ce pays ainsi que ces paysages authentiques », confie Samantha qui, à de nombreuses reprises, a voyagé dans le pays. « La seule chose qui me retient de passer à l’acte et d’acheter un logement là-bas, c’est la situation économique », ajoute-t-elle.

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Le pays renaît pourtant de ses cendres. En 2018, le gouvernement d’Alexis Tsipras table sur une croissance de 2,4 %, soit plus que la France (2 %). Et si le pays sort enfin la tête de l’eau, il le doit beaucoup à l’attractivité de son parc immobilier – un secteur qui emploie plus d’un million de personnes et représente 20 % du PIB – et à son industrie du tourisme. En 2017, la Grèce a passé le cap des trente millions de touristes alors qu’ils n’étaient que vingt-huit millions en 2016.
Après dix ans de crise, les prix de l’immobilier sont attractifs. Le réseau d’agences immobilières Green-Acres rappelle que depuis 2008, « les prix de l’immobilier en Grèce ont chuté de 30 % à 50 % selon les régions ». Il n’est pas rare de voir à Athènes des studios d’une trentaine de mètres carrés proposés à… 30 000 euros. Voire des chalets de trois pièces, entièrement rénovés, de 75 m² dans le centre de Latisda, en Crête, pour seulement 75 000 euros.
Airbnb, le nouveau fléau grec 
Des niveaux de prix qui n’ont pas échappé à l’attention des investisseurs étrangers, surtout dans la capitale grecque. De sa fenêtre, Coralie déplore chaque jour l’expansion galopante d’Airbnb : « Il faut voir ces gens qui achètent presque tout ce qu’il y a à vendre dans le centre d’Athènes, pour certains des dizaines et des dizaines d’appartements. »
Le développement des locations saisonnières contribue, par ailleurs, à faire grimper les prix dans la ville. « Ils ont déjà progressé de 15 % cette année », affirme Nicolas Mugni, fondateur du réseau d’agences immobilières Demeures de Grèce.

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En 2016, une loi a pourtant interdit aux propriétaires de mettre plus de deux biens en location et de percevoir plus de 12 000 euros par an à travers cette activité. Mais faute de contrôle par l’administration fiscale, ce marché bat son plein, avec déjà plus de sept mille annonces à Athènes, pour des biens loués entre 30 euros et 50 euros la nuitée.
Parcours du combattant 
Mais, pour profiter de ces aubaines, encore faut-il passer à l’acte en achetant. Là, c’est un véritable parcours du combattant administratif, auquel l’acquéreur fait face. « Sans un avocat spécialisé inscrit au barreau d’Athènes, je ne m’en serais pas sorti », admet Antoine, propriétaire depuis un an d’un appartement d’une soixantaine de m² au cœur de la capitale pour seulement 40 000 euros. « On vous demande une liste de documents à fournir, de l’attestation de sécurité sociale, aux avis d’imposition, ce qui m’a beaucoup surpris, car j’achetais cash, sans passer par un crédit immobilier », dit-il.

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Des formalités en cascades auxquelles s’ajoutent d’autres vérifications : « Pour l’acquisition d’un bien immobilier par un étranger, il y a une répartition des tâches entre le notaire et l’avocat, rappelle maître Benard, avocat franco-grec spécialisé dans l’immobilier. Mon rôle est de contrôler les titres de propriété et de vérifier que le vendeur est bien le propriétaire du bien qu’il cède, car il arrive que ce ne soit pas le cas. Il faut également vérifier qu’il n’y a aucune hypothèque en cours sur le bien, sinon le nouvel acquéreur devra s’en acquitter. »
Viennent ensuite les différentes taxes comme les frais de notaire, de conservation d’hypothèque, de transfert de propriété, ceux liés au recours à un avocat… au total, c’est l’équivalent de 8 % à 9 % du bien que devra débourser le nouvel acquéreur.
En cas de revente du logement, une taxe sur plus-values sera instaurée… à partir du 1er janvier 2019, « mais on parle de cette taxe depuis 2016 et elle est sans cesse repoussée », assure l’avocat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dès le mois d’août, les Etats-Unis vont élargir la taxation à 25 % à seize milliards de dollars de nouveaux produits exportés par la Chine.
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Washington renforce sa guerre commerciale contre la Chine

Dès le mois d’août, les Etats-Unis vont élargir la taxation à 25 % à seize milliards de dollars de nouveaux produits exportés par la Chine.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 00h54
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 07h38
   





                        



   


Les Etats-Unis vont appliquer à partir du 23 août des droits de douane de 25 % sur un total de 50 milliards de dollars (42,9 milliards d’euros) de produits chinois, a annoncé, mardi 7 août, le représentant américain au commerce. Washington appliquait déjà ces droits de douane supplémentaires depuis le 6 juillet sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises. Désormais ce sont donc des produits pour seize milliards de dollars supplémentaires qui sont visés.
Dans le détail, 279 produits sont concernés, précise le ministère, dans un communiqué, affirmant répondre « aux pratiques commerciales déloyales de la Chine, tels que les transferts forcés de technologies et de droits de propriété intellectuelle ». Une liste sera publiée au Journal officiel rapidement, précise le communiqué.
Depuis des mois, l’administration Trump accuse Pékin de « priver les compagnies américaines de la capacité d’exploiter des licences », dit le ministère. Elle dénonce aussi « des intrusions cybernétiques dans les réseaux d’ordinateurs commerciaux américains pour gagner un accès non autorisé à des informations commerciales importantes ».
Un nouvel épisode attendu
Cette annonce d’une tranche supplémentaire de produits taxés à 25 % n’est pas une surprise. Dès juin, la Maison Blanche s’était engagée à ces mesures punitives contre la Chine dans le conflit commercial ouvert qui l’oppose à Pékin afin de réduire le déficit commercial abyssal des Etats-Unis vis-à-vis de ce pays.

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Le conflit a éclaté fin mars, lorsque Washington a infligé des tarifs douaniers supplémentaires de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium chinois. Puis le 6 juillet, une première tranche de surtaxes douanières sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises a été ciblée. Pékin a répliqué en taxant le même montant d’importations en provenance des Etats-Unis.
Début août, la Maison Blanche est allée plus loin : le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a fait savoir que les Etats-Unis envisageaient de taxer encore davantage les marchandises chinoises. Et cela pourrait continuer. « Cette semaine, le président [Donald Trump] m’a chargé de considérer la possibilité d’accroître les tarifs douaniers de 10 % à 25 % » sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, a-t-il encore affirmé le 1er août.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ En quelques tweets, l’homme d’affaires a mis la pagaille en pleine séance à Wall Street. Après la suspension de l’action, la compagnie a précisé que la décision finale serait prise au terme d’un vote des actionnaires.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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Elon Musk sème le trouble en affirmant qu’il souhaite retirer Tesla de la Bourse

En quelques tweets, l’homme d’affaires a mis la pagaille en pleine séance à Wall Street. Après la suspension de l’action, la compagnie a précisé que la décision finale serait prise au terme d’un vote des actionnaires.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 17h14
   





                        



   


En quelques tweets, Elon Musk a mis la pagaille à Wall Street. Le fondateur du constructeur automobile Tesla a affirmé sur Twitter, mardi 7 août, qu’il envisageait de retirer son entreprise de la Bourse, mais qu’il en resterait PDG. L’information a très vite provoqué la suspension de l’action, alors qu’elle s’envolait de plus de 7 %. Elle a repris la cotation un quart d’heure avant la clôture et a terminé sur un bond de près de 11 %.
Peu avant la clôture de la Bourse, Tesla a, finalement, confirmé qu’Elon Musk voulait retirer le constructeur de la cote mais a précisé dans un post de blog que la décision finale serait prise au terme d’un vote des actionnaires. Cette annonce intervient alors que Tesla fait l’objet d’attaques répétées de spéculateurs, qui parient sur son effondrement.

Am considering taking Tesla private at 0. Funding secured.— elonmusk (@Elon Musk)


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« J’envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars. Financement assuré », avait écrit, à la mi-séance de Wall Street, le PDG de Tesla sur Twitter. A ce prix, Tesla, dont le titre valait 367,25 dollars mardi avant sa suspension, pèserait plus de 71 milliards de dollars et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain.

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Une communication très inhabituelle
« Je n’ai pas des droits de vote majoritaires actuellement, mais je ne m’attends pas à ce qu’un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas [mes titres] quel que soit le scénario », a poursuivi Elon Musk, qui détient environ 20 % du capital de Tesla. Pour convaincre de potentiels actionnaires réticents, il a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l’équité entre investisseurs.
Une série d’informations boursières aussi sensibles distillée par un dirigeant d’entreprise en pleine séance est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est strictement réglementée pour mettre les investisseurs sur un pied d’égalité.
Elon Musk est un habitué des polémiques, notamment via Twitter dont il est très friand, causant parfois de lourdes sanctions en Bourse. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe mercredi dernier, il avait présenté ses excuses aux analystes qu’il avait sèchement éconduits début mai.

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                Les dérapages d’Elon Musk nuisent au constructeur américain Tesla



Contrairement à une entreprise cotée en Bourse, une société évoluant hors des plates-formes financières n’est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les ventes à l’exportation atteignent des records, tout autant grâce aux rappeurs américains qu’aux nouveaux riches de Chine ou d’Ukraine. Une réussite étonnante pour ce spiritueux charentais.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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De New York à Shanghaï ou à Johannesburg, la géopolitique du cognac

Les ventes à l’exportation atteignent des records, tout autant grâce aux rappeurs américains qu’aux nouveaux riches de Chine ou d’Ukraine. Une réussite étonnante pour ce spiritueux charentais.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h29
    |

            Marie-Béatrice Baudet (Cognac, Kiev, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A Cognac, Maurice Hennessy, 68 ans, huitième du nom, est en son royaume. Fils de cette vieille France qui parle anglais avec l’accent d’Oxford, l’homme aurait pu jouer dans un film de Chabrol ou, partageant la même élégance vestimentaire, être ami avec Philippe Noiret. Il incarne à merveille la figure du notable charentais qui vit à l’abri de ses volets clos, derrière des murs hauts et blanchis à la chaux. Dans ces demeures-là, on parle fortune en chuchotant. Respectabilité et langueur océanique avant tout.
Mais, la nuit, dans les bars branchés de Los Angeles ou de New York, Maurice Hennessy, émissaire de la maison homonyme, numéro 1 mondial du cognac et filiale du groupe LVMH depuis 1987, devient « Henny Mo’» pour ses copains rappeurs Snoop Dogg et Nas. « En général, je préfère la valse au hip-hop et Bayreuth au slam, mais ces bad boys sont sympas, drôles et extravagants. Au Moyen Age, ils auraient été troubadours », confie le collectionneur de casquettes griffées « NY » et « LA », cadeaux de son fan club. « Malheureusement, ma femme ne souhaite pas que j’en porte quand je me promène dans nos vignes. Pourtant, elles protègent bien du soleil », regrette Henny Mo’, de retour sur ses terres.
Oui, Maurice Hennessy devrait jouer dans un film. A lui seul, ce grand voyageur symbolise l’histoire du cognac, « la liqueur des dieux », écrivait Victor Hugo. Le scénario raconterait l’incroyable aventure de cette eau-de-vie de raisin blanc, fabriquée dès la fin du XVIIe siècle et qui, à défaut de prospérer aujourd’hui en France, est devenue dans plus de 130 pays, l’une des coqueluches des nouveaux riches. L’année 2018 en témoigne particulièrement.
« 203,2 millions de bouteilles expédiées »
En ce début d’été, on a beau étouffer le long de la Charente, où le thermomètre frôle les 35 °C, rien ne peut freiner l’enthousiasme de Patrick Raguenaud, président du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ En termes de protection à la chaleur, la législation reste relativement floue. A l’inverse du risque toxique, par exemple, il n’existe aucun seuil à partir duquel l’employeur est tenu d’agir.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Travailler en période de canicule, la « double peine » des salariés

En termes de protection à la chaleur, la législation reste relativement floue. A l’inverse du risque toxique, par exemple, il n’existe aucun seuil à partir duquel l’employeur est tenu d’agir.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 16h58
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Dans la poche de sa blouse de travail en nylon, Nathalie L. a glissé un thermomètre électronique cette semaine, « par curiosité ». Dans son usine agroalimentaire du Haut-Rhin, cette « conductrice de ligne » (responsable d’une ligne de fabrication) a enregistré, lundi 6 août, « trois heures à 48,5 oC ». Du jamais vu pour cette femme de 46 ans, pourtant habituée à la chaleur et qui, d’ordinaire, « la supporte bien ». Mais cette année, au milieu du vacarme des machines, « on suffoque et on a tous l’impression qu’on va y rester », dit la salariée de cette entreprise qui embauche quatre-vingts personnes.
Ensemble, avec leurs délégués du personnel, ils ont bien tenté de demander à la direction de s’adapter. Changer les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes, rallonger les pauses, surtout pour « les anciens de la chaîne qui ont plus de 60 ans et tirent sérieusement la langue ». En vain : « Un des responsables m’a même dit “rassurez-vous, l’hiver arrive bientôt” », rapporte cette salariée qui préfère garder l’anonymat pour « éviter toute répercussion ». La direction répète, pour sa part, « respecter la réglementation en tous points », selon un délégué du personnel contacté par Le Monde.

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« Laisser une flexibilité aux entreprises »
C’est qu’en termes de protection à la chaleur, la législation reste relativement floue. Bien sûr, il existe pour l’employeur une « obligation de sécurité de résultat au travail ». C’est-à-dire qu’il est tenu de « rédiger un document d’évaluation des risques, régulièrement mis à jour, et la chaleur est un de ces risques », rappelle Thomas Nivelet, juriste à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). C’est à ce titre notamment que peuvent être notés des dispositifs organisationnels exceptionnels en cas de canicule, comme des horaires aménagés, la mise en place d’un local ventilé, voire climatisé, l’adaptation des tenues requises, etc.
Mais, à l’inverse du risque toxique par exemple, il n’existe aucun seuil à partir duquel l’employeur est tenu d’agir. Pour « laisser une flexibilité aux entreprises », mais aussi parce que « chaque domaine d’activité a un rapport spécifique à la chaleur », analyse Thomas Nivelet. Reste que la difficulté réside dans « le caractère temporaire du risque caniculaire » : « Certains employeurs sont réticents à se lancer dans des gros investissements pour adapter leurs locaux à un risque qui dure parfois seulement quelques jours », déplore le juriste.
« Pas besoin d’être au frais pour soigner »
Dans un appel à témoignages diffusé sur Lemonde.fr, des salariés ont raconté des conditions de travail devenues au fil des jours « inhumaines » : « La direction refuse de mettre la climatisation sous prétexte que ça coûte trop cher », relève ainsi une employée d’un magasin de prêt-à-porter du 15e arrondissement de Paris. « Il fait 32 oC à l’intérieur du magasin, déplore cette vendeuse de 23 ans, au moindre mouvement, on sue comme des porcs. »
Le constat est tout aussi violent dans le milieu hospitalier. Plusieurs collègues de Valentin D., infirmier, ont fait des malaises dans son service, « où le seul moyen de se protéger de la chaleur est de fermer les volets ». Après avoir constaté un 41 oC à leur étage, il s’est « renseigné auprès de la direction pour avoir des tenues plus légères. On m’a répondu que je n’avais pas besoin d’être au frais pour soigner ».
Ils sont nombreux à dénoncer ainsi ce qu’ils vivent comme une « double peine », comme dit Robert Antoine, 59 ans, chauffeur-livreur en région parisienne depuis dix-sept ans. La tenue de travail – chaussures fermées, pantalon noir et polo manches longues gris anthracite – n’a nullement changé à mesure que le thermomètre a grimpé. Le « système D fonctionne à plein » : quand il doit prendre le scooter pour des livraisons, il met des « gants en vinyle sous les gants obligatoires de moto, pour limiter la transpiration ».
L’exigence de son employeur n’a pas non plus baissé. « Au contraire, on est en sous-effectif donc il faut cravacher encore plus », explique le salarié, qui dit « avoir une migraine en permanence depuis dix jours ». 

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« La direction joue le pourrissement »
Les métiers qui imposent un travail en extérieur sont évidemment les plus exposés aux épisodes caniculaires. Mais « les besoins sont mieux anticipés dans des secteurs habitués depuis longtemps à ce risque, comme le BTP », note Thomas Nivelet, de l’INRS. Dans ces secteurs « à risque » en termes de chaleur, des dispositions spécifiques existent d’ailleurs dans les conventions collectives. Sur les chantiers, les employeurs sont ainsi tenus d’offrir au moins trois litres d’eau par jour par salarié.
Dans des locaux fermés comme les bureaux, les entreprises sont aussi tenues de s’adapter à la situation. Selon le code du travail, l’employeur doit s’assurer du « confort thermique » de ses salariés et assurer un renouvellement de l’air « pour lutter contre une augmentation exagérée des températures ». 

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Mais là encore, les exemples de contrevenance sont nombreux. « A Lagardère Digital France, les bureaux offrent des conditions insupportables lors de chaque épisode de chaleur. Le système de climatisation est structurellement déficient, aucune amélioration n’est envisageable sans une réfection complète de l’ensemble du système, qui n’est pas au programme. Ainsi, chaque année, la direction joue le pourrissement en attendant que cela passe », explique un salarié qui se dit « liquéfié face à la chaleur et au mépris de la direction ».
« Rien ne va changer pour autant »
Dès lors, pour les salariés, les recours sont limités. Si les remontées des délégués du personnel sont sans effet, chaque salarié peut demander une visite à la médecine du travail pour faire constater l’impact de la chaleur sur la santé et faire établir des préconisations à l’employeur. En dernier recours, le salarié peut également exercer son « droit de retrait », mais le motif du « danger grave et imminent pour sa vie » peut être contesté par l’employeur, qui peut engager une procédure pour abandon de poste.

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Enfin, les salariés peuvent aussi saisir l’inspection du travail, mais les délais requis sont souvent incompatibles avec des épisodes caniculaires, souvent limités dans le temps. Jean-Philippe P., manœuvre sur un chantier de terrassement, raconte ainsi comment un inspecteur du travail est venu constater la semaine passée les insuffisances de sécurité. « Pas assez d’eau, pas de douche ou de coin d’ombre », résume ce technicien. « Mon employeur va s’en tirer avec une petite mise en garde par écrit, mais on sait bien que rien ne va changer pour autant », déplore le Montpelliérain.
Depuis le début de l’été, l’INRS n’a jamais reçu autant d’appels concernant la chaleur de salariés en difficulté comme d’employeurs s’interrogeant sur leur responsabilité. « On est loin d’un épisode qui ne dure que deux ou trois jours, ça s’installe dans la durée et ça risque d’être de plus en plus le cas », confirme Thomas Nivelet, qui s’attend à ce que « la problématique s’impose de plus en plus dans le quotidien des employés ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le Mécanisme européen de stabilité a approuvé le versement de 15 milliards d’euros à Athènes. A partir du 20 août, le pays devra voler de ses propres ailes.
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Les autorités grecques reçoivent la dernière tranche de l’aide financière européenne

Le Mécanisme européen de stabilité a approuvé le versement de 15 milliards d’euros à Athènes. A partir du 20 août, le pays devra voler de ses propres ailes.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 11h14
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                            Intérim (Athènes, Bruxelles)








                        



   


Le bureau du premier ministre grec, Alexis Tsipras, n’a pas manqué de se réjouir, lundi 6 août. « Le déboursement du dernier versement du programme [d’aide européen] marque le dernier acte du drame des mémorandums. Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais enfin, un nouvel horizon se profile pour la société. » Une bonne nouvelle, passée presque inaperçue dans le pays, alors que le chef du gouvernement essuie moult critiques après les incendies meurtriers survenus le 23 juillet.
Le versement de 15 milliards d’euros – la dernière tranche de l’aide financière européenne avant le 20 août, date à partir de laquelle la Grèce devra voler de ses propres ailes et se financer seule sur les marchés internationaux – a été approuvé lundi par le Mécanisme européen de stabilité (MES).

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La semaine dernière, la presse grecque s’inquiétait du retard pris dans ce versement et accusait le ministre allemand des finances, Olaf Scholz, de vouloir bloquer la procédure parce que le gouvernement hellène avait décidé de retarder l’augmentation de la TVA dans cinq îles proches des côtes turques ayant été en première ligne de la crise des réfugiés ces trois dernières années.
Le Parlement allemand a finalement voté en faveur de cet ultime prêt le 31 juillet. En huit ans de crise, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d’euros d’assistance de la part de ses créanciers – Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI) – en contrepartie de réformes douloureuses pour la population et à l’issue de tractations souvent houleuses avec Berlin.

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Le directeur général du MES, Klaus Regling, a souligné que 9,5 milliards d’euros serviraient à la constitution d’une réserve de trésorerie et 5,5 milliards d’euros au remboursement de la dette. Dans la foulée de ce dernier versement, « la réserve atteindra environ 24 milliards d’euros. Cette somme devrait couvrir environ 22 mois des besoins de financement de la Grèce après la fin du programme le 20 août », a-t-il ajouté.
Promouvoir des mesures sociales
Alexis Tsipras compte appliquer son plan de croissance, présenté en mai, et promouvoir des mesures sociales pour les populations les plus durement touchées par la récession. M. Regling a toutefois tenu à rappeler que laisser filer les déficits budgétaires était exclu : « La Grèce devra prouver à ses partenaires et aux marchés qu’elle s’est engagée à ne pas inverser les réformes passées et à poursuivre les politiques économiques et budgétaires durables nécessaires à long terme pour devenir une économie robuste qui crée de la croissance et des emplois. »
Alors qu’Athènes et ses créanciers européens se réjouissent de la fin du programme d’aide, le FMI a jeté un pavé dans la mare, le 31 juillet, en remettant en question la viabilité de la dette grecque à long terme. L’institution de Washington a ainsi démontré une nouvelle fois qu’elle n’était pas en adéquation avec l’analyse européenne. Ce constat risque fort d’écorner un peu plus la confiance des investisseurs et, partant, de compromettre le retour du pays sur les marchés.

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Dans le détail, le FMI juge que les mesures prises jusqu’ici devraient suffire à assurer l’accès de la Grèce aux marchés financiers internationaux à court et moyen terme. Cependant, il estime que les prévisions à long terme de l’UE sont trop optimistes en ce qui concerne la croissance et l’excédent budgétaire. De fait, il anticipe un excédent budgétaire (hors service de la dette) limité à 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) avec une croissance annuelle d’environ 1 %, tandis que l’UE table sur un excédent de 2,2 % du PIB en maintenant la croissance annuelle à 3 %.
D’après son scénario, le FMI affirme que les coûts de la dette grecque vont « commencer une hausse ininterrompue » après 2038, marquant une explosion des besoins de financements bruts au-delà du seuil de 20 % du PIB. Les directeurs exécutifs du Fonds affirment qu’à ce moment-là, « un allégement supplémentaire serait nécessaire pour assurer la viabilité de la dette ».
L’accord sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide, intervenu en juin entre les créanciers, prévoit bien une réévaluation de la situation en 2032 afin de déterminer si des mesures d’allégement additionnelles sont requises. Mais cet exercice, réaffirme le FMI, doit être « subordonné à des hypothèses réalistes ». La Commission européenne a réagi à ce rapport en affirmant que l’allégement de la dette était « suffisant ». Elle a souligné que ce sont les Européens qui avaient financé le programme et que le FMI était connu pour ses « prévisions systématiquement pessimistes ».



                            


                        

                        


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Quatre vies et une mort pour l’« American Victory »

De la seconde guerre mondiale à la crise de la sidérurgie, ce navire a tout connu. A 76 ans, il part à la casse.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 11h00
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Rares sont les navires de commerce qui ont droit à une nécrologie. La plupart se cachent pour mourir, démolis à l’abri des regards au Bangladesh, en Inde ou au Pakistan, puis revendus en miettes au cours de la ferraille. Mais l’American Victory est un cas à part. Depuis 1942, ce bateau a connu, sous huit noms différents, tous les soubresauts de l’histoire américaine : des combats en mer, des heures de gloire, des accidents mortels, des crises. A 76 ans, le héros chancelant part enfin à la casse. En cours de remorquage vers Aliaga, en Turquie, il doit y être démantelé ces prochains mois. Pour l’heure, « c’est un mémorial flottant », selon les mots de l’ancien capitaine Bryan Rydberg.
La saga, que détaille l’association Robin des bois dans son bulletin A la casse paru le 31 juillet, débute en juin 1942 dans les chantiers navals de Sparrows Point (Maryland). C’est là que la marine fait construire ce tanker, destiné à ravitailler les forces américaines. Il entre en service en février 1943, sous le nom d’USS Neshanic, et se retrouve vite au cœur de la guerre du Pacifique.
Sillonnant l’océan, il est la cible de plusieurs attaques sous-marines et aériennes. En juin 1944, une bombe japonaise explose sur le pont et déclenche un incendie qui fait 33 blessés. Mais le bateau tient bon, et joue son rôle jusqu’à la reddition du Japon, en août 1945.
Drame du 7 août 1958
Démobilisé, l’ancien combattant passe dans le civil en 1947. Une compagnie pétrolière l’achète à l’armée et lui donne son propre nom, Gulfoil. Démarre alors une deuxième vie classique, similaire à celle des milliers de bâtiments qui se mettent à acheminer en masse l’or noir vers les pays consommateurs. Une vie de routine jusqu’au drame du 7 août 1958. Ce matin-là, dans la baie de Narragansett (Etat de Rhode Island) noyée sous le brouillard, le Gulfoil percute un autre tanker bourré d’essence, le Graham. Explosion. Double incendie. Le Graham coule. A bord du Gulfoil, 18 des 38 hommes sont tués, et beaucoup d’autres brûlés.
Le bateau, lui, survit à la catastrophe. A Baltimore, il est réparé et profondément transformé. Sa longueur passe de 153 à 218 mètres. Le château est déplacé à la proue. De quoi renaître dans la peau d’un laquier, ces navires qui convoient des marchandises en vrac sur les Grands Lacs et le Saint-Laurent. Pour divers propriétaires, il transporte des minerais, puis, après une nouvelle opération chirurgicale imposée par la crise de la sidérurgie, du grain et du charbon.
C’est sur le lac Michigan qu’en 1986, le bateau explose de nouveau, à cause d’une poche de gaz de charbon. Deux mécaniciens sont tués, et le drame amène à durcir la réglementation sur les navires contenant du charbon. Ce n’est cependant qu’en 2008 que le vétéran en bout de course, rebaptisé American Victory, cesse de naviguer. Il faudra dix ans encore pour qu’il entame son dernier voyage, vers la Turquie. Au prix du métal, son ultime propriétaire pourrait récupérer 3 millions de dollars (2,6 millions d’euros).



                            


                        

                        


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Commerce extérieur : la France en route pour une nouvelle année noire

Au premier semestre, le déficit a atteint 33,5 milliards d’euros. La hausse du pétrole fait craindre une nouvelle dégradation.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 06h38
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

C’était un très beau contrat. L’un des dix plus grands de l’histoire d’Airbus. Signé en 2016, l’achat de 98 avions par l’Iran devait faire entrer des milliards dans les caisses, et assurer des heures et des heures de travail à Toulouse. Mais voilà, Donald Trump imposant des sanctions à tous ceux qui commercent avec Téhéran au-delà du 7 août, Airbus a fait une croix sur cette gigantesque commande, qui pouvait en laisser espérer d’autres. Trois avions ont été livrés. Les autres resteront à l’état de plans sur du papier. Pour ne pas subir les foudres américaines, Renault a aussi stoppé l’essentiel de ses activités en Iran, de même que PSA, qui y assemblait des milliers de véhicules produits sur place ou expédiés de Vesoul (Haute-Saône) et Mulhouse (Haut-Rhin) en pièces détachées.
Sale période pour le commerce extérieur. Contrairement aux espoirs, la France est partie pour une nouvelle année noire dans ce domaine, d’après les statistiques publiées mardi 7 août par les douanes. Au premier semestre, les importations de biens ont dépassé les exportations de 33,5 milliards d’euros. Le déficit extérieur, véritable talon d’Achille de l’Hexagone, s’est à peine tassé de 1 % par rapport à la même période, très négative, de 2017. La performance paraît piteuse en comparaison avec l’Allemagne, qui a annoncé au même moment avoir dégagé un excédent commercial de 121,5 milliards d’euros en six mois, comme au premier semestre 2017.

Le mois de juin a été particulièrement mauvais. Le déficit s’est creusé à 6,2 milliards d’euros, un des chiffres les plus élevés jamais observés. Une conséquence directe de la hausse des cours du pétrole, la principale matière première au monde, que la France ne produit pratiquement plus. « Le déficit se creuse considérablement pour les produits énergétiques », alors que l’industrie manufacturière a, au contraire, bénéficié de bonnes livraisons d’avions, précisent les douanes.

La suite de l’année s’annonce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Archipel Habitat s’est vu infliger une amende de 30 000 euros après avoir dénoncé la baisse des APL et des loyers dans une lettre adressée à ses locataires.
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L’organisme HLM de Rennes épinglé par la CNIL

Archipel Habitat s’est vu infliger une amende de 30 000 euros après avoir dénoncé la baisse des APL et des loyers dans une lettre adressée à ses locataires.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 11h48
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


C’est une première. Le 31 juillet, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a infligé une amende de 30 000 euros à Archipel Habitat, l’office HLM de la métropole de Rennes présidé par la maire (PS) de la ville, Nathalie Appéré. Le gendarme des fichiers lui reproche d’avoir adressé à ses locataires une lettre au ton trop critique à propos de la décision du gouvernement de réduire les aides personnalisées au logement (APL) et les loyers des organismes HLM.
« Après une première baisse de 5 euros par mois, le gouvernement vient d’annoncer son intention de diminuer, dès le 1er janvier 2018, de 60 euros par mois en moyenne les APL des locataires du parc social. Cette mesure est injuste car elle vise exclusivement les personnes logées dans le parc social et marque ainsi une vraie rupture d’égalité au sein de la population », écrivait Mme Appéré aux 12 500 locataires – dont ceux qui ne perçoivent pas d’APL –, le 9 octobre 2017. Elle ajoutait : « Compensée par une diminution des loyers, cette orientation, si elle devait se mettre effectivement en œuvre, aurait des répercussions terribles sur la qualité de votre cadre de vie. » Pour Archipel Habitat, cette ponction de l’Etat se chiffre à plus de 7 millions d’euros, soit 12 % de ses loyers, donc de sa capacité à construire et rénover.
Débat politisé
La CNIL, elle, motive sa décision en rappelant que « les données personnelles doivent être collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes » et juge « au regard des termes utilisés et de la teneur générale du message qu’il ne s’agissait pas d’un simple courrier d’information. (…) L’objet (…) était bien de critiquer une annonce gouvernementale ».
« Je revendique cette action d’information, un acte de transparence. On doit à nos locataires des explications sur l’usage que nous faisons des loyers », s’insurge Cécile Bélard du Plantys, directrice de l’office HLM. Les magistrats concèdent « que l’office a la possibilité de s’exprimer sur une reforme en cours » mais par le biais d’affiches dans les halls ou de tracts dans les boîtes aux lettres. « On nous reproche donc d’avoir mis ce courrier sous enveloppe avec l’adresse de nos locataires que, bien sûr, comme propriétaire, nous connaissons », s’étonne Mme Bélard du Plantys. 
Le débat se politise depuis que Bertrand Plouvier, chef de file de l’opposition à la majorité socialiste de Rennes, et dont une proche est à l’origine de la saisine de la CNIL, a appelé, le 1er août, à la démission de Nathalie Appéré de son poste de présidente de l’office pour avoir « instrumentalisé la peur des locataires à des fins politiciennes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Malgré une bonne performance des exportations industrielles, toutefois effacée par les importations de pétrole, le déficit s’est creusé de 200 millions d’euros.
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Le déficit commercial se creuse légèrement en juin

Malgré une bonne performance des exportations industrielles, toutefois effacée par les importations de pétrole, le déficit s’est creusé de 200 millions d’euros.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 09h38
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 10h34
   





                        


Une légère baisse de 200 millions d’euros. Le déficit commercial français s’est creusé en juin, malgré une bonne performance des exportations industrielles, qui a toutefois été effacée par les importations de pétrole, ont fait savoir, mardi 7 août, les douanes.
Par rapport au mois de mai, le déficit commercial est passé de six milliards à 6,2 milliards d’euros, ont précisé les douanes dans un communiqué. Sur les douze derniers mois, le déficit cumulé atteint 62,9 milliards d’euros, tandis qu’il s’était élevé à 63,4 milliards pour l’année calendaire 2017.
En juin, les exportations françaises ont réalisé une « bonne performance », grâce à la relance des livraisons aéronautiques et spatiales et « un raffermissement des ventes de produits de l’industrie automobile ». En revanche, les importations de produits énergétiques se sont « amplifiées », les achats d’hydrocarbures naturels enregistrant « une poussée très prononcée, sous l’effet combiné d’une hausse du volume des approvisionnements et d’une hausse des prix », selon le communiqué.

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                Economie française : la croissance manque toujours de ressort



Balance « défavorable » avec l’Union européenne
Par région, le solde commercial s’est surtout détérioré en juin avec l’Afrique, en raison de « plus importants achats énergétiques et de moindres ventes aéronautiques », ont précisé les douanes. L’évolution de la balance est également « défavorable » avec l’Union européenne (UE) et le Proche et Moyen-Orient, tandis que le déficit se creuse aussi avec les pays de l’Europe hors UE « dans un contexte de repli simultané des échanges, plus prononcé à l’exportation ».
En revanche, le solde s’est amélioré avec l’Asie « sous l’effet conjoint d’une diminution des achats et d’une hausse des ventes ». Avec les Amériques, le solde est resté pratiquement inchangé « à un niveau faiblement excédentaire ».
De son côté, le solde des transactions courantes a réduit son déficit en juin à 2,3 milliards d’euros, contre 2,9 milliards en mai, a précisé la Banque de France. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, le solde s’est toutefois dégradé d’un milliard d’euros par rapport aux trois premiers mois de l’année à – 13,7 milliards, en raison de « l’alourdissement de la facture énergétique ».
L’excédent des services enregistre une performance plus faible qu’au premier trimestre, en reculant de 8,7 à 4,1 milliards d’euros.
La balance des transactions courantes va au-delà des seuls échanges de biens, déficitaires depuis de longues années en France, en prenant en compte ceux des services ainsi que les revenus des investissements et ceux du travail versés entre agents économiques en France et à l’étranger. C’est le solde des transactions courantes qui, in fine, détermine si un pays a acquis, sur une période, la capacité de prêter des capitaux au reste du monde ou a besoin d’en emprunter.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 06/08/2018
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Les appétits s’aiguisent sur le marché de la livraison de repas

L’allemand Delivery Hero met en vente sa filiale française Foodora, conséquence d’une guerre à couteaux tirés entre les acteurs du secteur.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 09h12
    |

            Laurence Girard








                        



   


Sortie de route pour Foodora. Dans la course sans merci que se livrent les sociétés de livraison de repas, difficile de garder le rythme. L’allemande Delivery Hero en fait l’amère expérience. A l’occasion de la publication de ses résultats semestriels, elle a annoncé, jeudi 2 août, sa décision de se retirer des marchés français, italien, néerlandais et australien. Sa filiale française est donc officiellement à vendre. Reste à savoir si elle trouvera preneur…
En 2016, l’entreprise belge Take Eat Easy avait déjà déclaré forfait, contrainte à l’abandon faute de carburant financier. Rayée de la carte après son dépôt de bilan. Quant à la nancéienne Fetch, elle vient de baisser le rideau. Autant d’exemples qui prouvent que le marché de la livraison de repas à domicile ou au bureau est en pleine phase de consolidation. Une évolution très rapide pour ces start-up de la « food tech » prisées des investisseurs.
Delivery Hero, elle, a décroché le pactole en juin 2017. En réussissant son entrée en Bourse, elle a empoché un milliard d’euros. Un an plus tard, elle se vante d’une croissance de ses revenus de 60 % au premier semestre, à 357 millions d’euros. Delivery Hero a même réévalué sa prévision de chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année, comprise désormais entre 760 et 780 millions d’euros. Mais elle doit le reconnaître : elle n’atteindra pas le point d’équilibre financier qu’elle s’était fixé pour la fin 2018 et sur l’ensemble de l’exercice 2019.
L’Hexagone, un marché très concurrentiel
C’est cette difficulté à rentabiliser le modèle qui a conduit l’entreprise à se désengager de certaines de ses filiales. Déjà, elle était sortie du marché brésilien en cédant son activité à iFood. En France, elle fait travailler environ 2 000 livreurs qui ont le statut d’autoentrepreneur mais portent son dossard. Le nombre de ses salariés, lui, est beaucoup plus limité – une soixantaine environ.
Lancée dans une course coûteuse aux parts de marché, elle a d’abord lourdement investi dans la communication pour faire connaître la marque. Puis elle a voulu étendre sa couverture géographique. Mais son ambition d’être présente dans une quinzaine de villes dans l’Hexagone a vite été revue à la baisse. L’horizon de la rentabilité s’éloignant à chaque tour de pédale de ses livreurs, elle a préféré arrêter les frais.
En cause : la situation très concurrentielle du marché français. Le britannique Deliveroo, qui avait opté pour le même modèle avec son peloton de coursiers autoentrepreneurs chargés d’assurer la livraison, tient la corde et redouble d’agressivité. Pour rentabiliser son activité, il vient d’investir dans des cuisines mises à disposition de restaurateurs et propose d’ouvrir sa plate-forme à des restaurants disposant de leurs propres livreurs.
Une manière de concurrencer le pionnier français AlloResto, racheté par le britannique Just Eat en 2012, et qui porte maintenant le nom de son propriétaire. Or, Just Eat, cotée à Londres, est rentable. Selon ses chiffres semestriels publiés le 31 juillet, l’entreprise a dégagé un bénéfice net de 57 millions d’euros sur cette période. Elle a également révisé à la hausse sa prévision de chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année, attendu entre 888 et 924 millions d’euros.
« Approche mixte »
Dans cette bagarre, Uber Eats, le service proposé par le concurrent des taxis, l’américain Uber, croque aussi de belles parts de marché. D’autant qu’il a signé un partenariat avec McDonald’s et bénéficie donc de sa base d’abonnés ainsi que d’une marque qui n’a plus besoin d’être promue. A cela s’ajoute enfin la volonté de la grande distribution de s’inviter sur ce marché de la livraison de repas préparés ou en kit. La décision de Carrefour d’acquérir la start-up Quitoque le prouve.
« Le business model de la livraison pure n’est pas rentable. Nous misons sur une approche mixte avec notre place de marché regroupant 7 000 restaurants et une offre limitée de livraison avec notre partenaire Stuart, représentant aujourd’hui 7 % des commandes », explique Gilles Raison, patron de Just Eat France. Il reconnaît également la nécessité de nouer des partenariats avec des grandes chaînes de restauration et travaille avec KFC. Pour lui, l’enjeu est d’amener les clients commandant par téléphone à le faire par le biais d’applications mobiles – ce qui représente la moitié d’un marché estimé à 2,4 milliards d’euros. Une chose est sûre : Just Eat France n’est pas intéressée par Foodora. « Ils ont peu d’exclusivité en termes de restaurants et de clients », affirme M. Raison.
Toutefois, Delivery Hero ne quitte pas totalement l’Hexagone. Il a pris une participation dans Glovo, une plate-forme espagnole de livraisons à large spectre, bien au-delà de la restauration, présente aussi en France.



                            


                        

                        

