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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Vivre déconnecté (5/6). Se passer d’Internet est pour certains un choix. Pour d’autres, cette déconnexion révèle une difficulté qui est trop peu prise en compte par l’administration et les acteurs du secteur numérique, selon le professeur de psychologie Jean-Marie Besse.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».
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Un collectif contre la nomination du nouveau président de Polytechnique : « Pour s’orienter, l’X a besoin d’une direction adaptée ! »

Dans une lettre ouverte, un collectif d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique s’alarme de la nomination à la tête de cette institution d’un « manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 13h18
    |

Collectif







                        


                                                        
Collectif
Avertissement : cette lettre représente uniquement l’opinion de ses signataires, et ne saurait être assimilée à un message de la communauté polytechnicienne dans son ensemble.
Le vendredi 3 août, le gouvernement a acté la nomination d’un nouveau président pour l’Ecole polytechnique : M. Eric Labaye, actuellement senior partner chez McKinsey [agence internationale de consultants], qui remplacera M. Jacques Biot. Nous, groupe d’élèves, anciens élèves et personnels de l’Ecole polytechnique, nous alarmons de cette nomination d’un manager sans expérience dans la recherche ou l’enseignement supérieur à la tête d’une institution d’éducation et de recherche de premier plan, et de ce qu’elle implique pour l’avenir de l’X – que l’absence de dirigeants maîtrisant les enjeux et les logiques de l’enseignement supérieur prive depuis déjà trop longtemps de l’orientation de long terme dont elle a besoin.
Dans tous les établissements d’enseignement supérieur de renommée internationale, le choix a été fait de nommer aux postes de direction des personnalités à la stature académique reconnue : le président d’Harvard est un économiste et docteur en droit, celui de Stanford un chercheur en neurosciences. De telles personnalités, ayant pratiqué quotidiennement la recherche de haut niveau, en comprennent les besoins et les usages ; elles savent nouer des partenariats académiques, dialoguer avec des étudiants ou estimer la pertinence d’un projet de recherche. La transformation de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) en une institution de rang mondial, constamment citée comme un exemple pour Polytechnique, est due à la vision à long terme d’un chercheur en neurosciences, M. Patrick Aebisher, qui l’a dirigée de 2000 à 2016. A l’opposé, le choix d’un président n’ayant jamais pratiqué d’activité de recherche ou d’ingénierie, ayant effectué sa carrière dans le secteur du conseil, et dont l’expérience en matière d’enseignement...




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.
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La prison, « une humiliation pour la République »

Editorial. L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Au 1er juillet, 70 710 personnes étaient détenues dans les prisons françaises, un record historique depuis la Libération. C’est 48 % de plus qu’en 2001, et cette croissance est sans rapport avec la démographie ou l’évolution de la délinquance. Malgré le « laxisme » dont nombre de responsables politiques taxent volontiers les juges, jamais la justice n’a été aussi sévère.
Cette inflation carcérale tranche avec certains de nos grands voisins européens, qui ont entrepris une politique volontariste de réduction du nombre de personnes derrière les barreaux, comme en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie. Surtout, elle provoque des conditions de détention indignes, et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire. 60 % des détenus sont aujourd’hui dans une prison occupée à plus de 120 % de ses capacités, et 30 % d’entre eux s’entassent dans des établissements où la densité dépasse les 150 %.
En janvier, alors que les prisons étaient secouées par un mouvement de protestation des surveillants sans précédent depuis vingt-cinq ans, les Français semblaient avoir eu de l’empathie pour les conditions de travail de cette profession ignorée, dont le quotidien est directement affecté par la surpopulation carcérale. Et puis l’oubli est revenu.
Solution de facilité
Le 6 mars, Emmanuel Macron dévoilait, dans un important discours, à Agen, une vision humaniste de la justice et de la prison. En limitant le recours aux courtes peines et rendant automatique l’incarcération pour les sanctions supérieures à douze mois ferme, le président de la République souhaitait améliorer la lisibilité de la justice. Et, en développant les alternatives à la prison, il voulait améliorer le sens et l’efficacité des peines. Pour finir, il annonçait une nouvelle politique judiciaire, qui ferait « sortir de prison plusieurs milliers de personnes pour qui la prison est inutile, voire contre-productive ». Sur le terrain, c’est l’inverse qui s’est produit.
La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, la plus grande prison d’Europe, est secouée depuis le début de l’année par une série de suicides – onze détenus en sept mois, soit davantage que pour les années 2016 et 2017 cumulées. On se suicide sept fois plus en prison que dans un milieu libre. Et que faisaient en prison ce jeune homme de 25 ans, incarcéré pour trois mois pour « voyage habituel sans titre de transport », ou ce père de famille condamné à deux mois pour « conduite sans assurance » ? La mort qu’ils ont choisi de se donner ne peut sans doute pas s’expliquer de façon simpliste, mais en quoi la prison pouvait-elle être une réponse adaptée ?

        Lire aussi :
         

                La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides



La prison est une réponse pauvre à des situations complexes et, souvent, une solution de facilité. Face à des citoyens qui demandent légitimement de la sécurité, les gouvernements répondent par des signaux sécuritaires à défaut de pouvoir leur garantir une vraie sécurité.
M. Macron n’échappe pas à cette ambiguïté. Il annonce vouloir construire 7 000 places de prison d’ici à la fin du quinquennat, tout en préparant une réforme de la justice pénale qui table sur une réduction de 8 000 du nombre de détenus. Certains s’alarment au contraire des risques de voir cette réforme provoquer une augmentation de la population carcérale de plusieurs milliers de personnes en cinq ans. Un débat purement théorique, alors que la loi de programmation de la justice ne devrait pas être votée avant le premier trimestre 2019. En attendant, rien ne change dans les prisons. Qui restent « une humiliation pour la République », comme l’écrivait le Sénat en… juin 2000.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Amir Ohana, député du Likoud au Parlement israélien, réagit à une tribune, publiée dans « Le Monde » du 1er août, du vice-président de la Knesset, Ahmad Tibi, qui estimait qu’Israël était devenu « un régime d’apartheid ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Amir Ohana : « Israël assure la liberté et le respect à ses minorités »

Dans une tribune au « Monde », Amir Ohana, député du Likoud au Parlement israélien, réagit à une tribune, publiée dans « Le Monde » du 1er août, du vice-président de la Knesset, Ahmad Tibi, qui estimait qu’Israël était devenu « un régime d’apartheid ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 07h00
    |

Amir Ohana (membre du Parlement israélien, président de la commission parlementaire sur la loi Etat-nation)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai lu attentivement les propos de M. le député [Ahmad] Tibi, publiés ici même sous le titre provocateur « Israël est devenue “un régime d’apartheid” » (Le Monde du 1er août). J’ai été à la tête de la commission parlementaire en charge de la préparation du texte de loi relatif à la « loi Etat-nation du peuple juif ». Je suis fils d’immigrants marocains, juif fier de ses racines, député homosexuel élu dans le cadre d’un parti de droite, sioniste engagé.

Soixante-dix ans après la naissance de l’Etat d’Israël, nous sommes parvenus à achever le troisième volet de notre Loi fondamentale, qui avait jusqu’à présent fait défaut. Israël n’a, en fait, pas de Constitution formelle. La tâche de la rédaction d’une Constitution avait été confiée à la toute première Knesset qui, à défaut de pouvoir l’assumer, l’a elle-même confiée à la suivante, et ainsi de suite. La vingtième Knesset a décidé, quant à elle, qu’il était temps de s’attacher à compléter notre édifice constitutionnel.
Les Constitutions sont en général composées de trois volets, dont le premier traite des institutions gouvernementales. Celui-ci a été parachevé par la promulgation des Lois fondamentales concernant la Knesset, le gouvernement et le corps de la magistrature.
La nature de l’Etat et son essence
Le second volet traite des droits de l’homme. Ce volet a été complété par la promulgation de la « Loi fondamentale sur la dignité humaine et la liberté », réaffirmant notamment le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël, conformément à l’esprit de la Déclaration d’indépendance. En vertu de ce volet, les tribunaux israéliens ont rendu des jugements allant chaque fois plus en avant en matière d’égalité et de respect des droits de tous : femmes, minorités religieuses, LGBT, etc.
« Pourquoi des Juifs des quatre coins du monde ont-ils décidé de quitter leur patrie d’origine pour rejoindre ce petit pays entouré d’ennemis ? »
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’universitaire franco-israélienne estime que l’alliance du gouvernement israélien avec les régimes « illibéraux » d’Europe de l’Est crée une brèche au sein du peuple juif, pour qui la lutte contre l’antisémitisme et la mémoire de la Shoah ne sont pas négociables.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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Eva Illouz : « Israël contre les juifs »

Dans une tribune au « Monde », l’universitaire franco-israélienne estime que l’alliance du gouvernement israélien avec les régimes « illibéraux » d’Europe de l’Est crée une brèche au sein du peuple juif, pour qui la lutte contre l’antisémitisme et la mémoire de la Shoah ne sont pas négociables.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 10h31
    |

Eva Illouz (directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            
Tribune. Un tremblement de terre est tranquillement en train de secouer le monde juif. Lorsque le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, choisit de soutenir Donald Trump avant et après l’élection présidentielle américaine de 2016, certains pouvaient encore donner à ce dernier le bénéfice du doute. Certes, Trump s’était entouré de gens comme Steve Bannon dont émanaient des relents antisémites, certes, il refusait aussi de condamner sa base électorale sympathisante du Ku Klux Klan, mais personne n’était encore sûr de la direction que prendrait sa nouvelle présidence.
Les événements de Charlottesville, en août 2017, n’ont plus permis le doute. Les manifestants néonazis commirent des actes de violence contre des contre-manifestants pacifiques (tuant une personne en fonçant dans la foule avec une voiture), mais Trump condamna de la même façon opposants modérés et manifestants néonazis.
Le monde entier fut choqué de cette mise en équivalence, mais Jérusalem ne protesta pas. L’observateur indulgent (ou cynique) aurait pu interpréter ce silence comme l’acquiescement forcé du vassal vis-à-vis de son suzerain : de tous les pays du monde, Israël est celui qui reçoit la plus grande aide militaire des Etats-Unis.
Cette interprétation n’est désormais plus possible. Il est devenu clair que Nétanyahou a de fortes sympathies pour d’autres dirigeants qui, comme Trump, front preuve d’une grande indulgence vis-à-vis de l’antisémitisme et dont il ne dépend ni militairement ni économiquement.
Une statue à Budapest
Prenons l’exemple de la Hongrie. En 2015, le gouvernement y annonça son intention de dresser une statue à la mémoire de Balint Homan, ministre qui joua un rôle décisif dans la déportation de 600 000 juifs hongrois. Quelques mois plus tard, en 2016, il fut question d’ériger à Budapest une statue à la mémoire d’un des architectes de la législation antijuive durant la seconde guerre mondiale, György Donáth....




                        

                        


<article-nb="2018/08/08/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en géostratégie François Géré estime que l’Europe, malmenée à la fois par Donald Trump et Vladimir Poutine, connaît sa première vraie crise existentielle. Mais la responsabilité en incombe aussi à ses dirigeants.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/08/2018
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« Jamais l’Union européenne n’avait fait l’objet d’un assaut aussi brutal »

Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en géostratégie François Géré estime que l’Europe, malmenée à la fois par Donald Trump et Vladimir Poutine, connaît sa première vraie crise existentielle. Mais la responsabilité en incombe aussi à ses dirigeants.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 09h04
    |

François Géré (Président de l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS))







                        



                                


                            
Tribune. Jamais depuis ses débuts l’Union européenne (UE) n’avait fait l’objet d’un assaut aussi général et aussi brutal. Son existence même se trouve aujourd’hui mise en cause. La manœuvre, menée principalement par Donald Trump, se développe sur un quadruple front : l’Iran, le commerce, la défense et la politique migratoire des Etats de l’Union.
Sans tenir le moindre compte des exhortations de l’UE, Trump est sorti le 8 mai de l’accord international de Vienne sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 avec Téhéran. Ce retrait a été immédiatement assorti du retour des sanctions américaines et de la menace de sanctions secondaires à l’égard des Etats qui persisteraient à investir en Iran dès le 4 novembre. Certes, l’UE a réagi. Outre le recours à la loi dite « de blocage » de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoriaux des sanctions américaines, la Banque européenne d’investissement (BEI) soutiendra le financement des entreprises travaillant en Iran.
Aujourd’hui, le président américain menace Theresa May de remettre en cause les accords commerciaux américano-britanniques si celle-ci ne se range pas à une interprétation dure du Brexit
On envisage aussi la création d’une sorte de Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) qui garantirait les PME investissant en Iran. Mais aucune de ces mesures ne pourra prendre effet avant au moins un an. C’est pourquoi le retrait des entreprises européennes a pris les allures d’une débandade. Les Etats de l’UE ne sont pas en mesure de préserver l’accord de juillet 2015 qui, sous sa forme originelle, a vécu.
La guerre commerciale est ouvertement déclarée depuis le sommet du G7, les 8 et 9 juin. Emmanuel Macron l’a déclarée absurde. Le Fonds monétaire international (FMI) redoute une récession mondiale de 0,5 % d’ici à 2020. Mais Donald Trump n’en a cure. Dans ce domaine, le Royaume-Uni fait l’objet d’une ingérence sans précédent. Avant son élection, Trump...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Vivre déconnecté (4/6). Si le droit à la déconnexion concerne principalement les pays les plus riches, la chercheuse et entrepreneuse Stephan-Eloïse Gras estime que tous les pays ont besoin d’une éthique du numérique.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.
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Pour ses 25 ans le festival Tempo Latino bouscule le public

En misant sur le rock et le tango pour sa soirée-phare, la vingt-cinquième édition du festival de musiques latines promettait d’être atypique.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 08h52
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Emparanoia, Plaza Francia, Souljazz Orchestra, Kingston-Havana, Angélique Kidjo, Joe Bataan et le New-York Salsa All Stars... Les 26, 27, 28 et 29 juillet, le festival des musiques latines de Vic-Fezensac (Gers) a fêté son vingt-cinquième anniversaire avec une programmation détonante.
Tout au long de cette vingt-cinquième édition, nous avons été...
Envoutés
L’hommage de la diva africaine Angélique Kidjo à la reine de la salsa Celia Cruz a d’abord été monté à Brooklyn avec la complicité du percussionniste cubain Pedro Martínez. Depuis sa présentation à Vienne puis à la Philharmonie de Paris, le spectacle dans la plus pure tradition de la salsa new-yorkaise s’est bonifié sous la baguette du pianiste martiniquais Thierry Vaton. Aucun tube de la chanteuse cubaine n’a manqué à l’appel, de Quimbara à La Vida Es Un Carnaval, la palme de la meilleure adaptation revenant à un Toro Mata habité.
A lire : Angélique Kidjo célèbre l’âme africaine de Celia Cruz
Programmée jeudi soir, juste après ses compatriotes du Gangbé Brass Band, la chanteuse béninoise a marché dans les pas de la reine Celia tout en affirmant son africanité avec des titres symboliques : Zélié en guise d’introduction, Pata Pata, en hommage à Miriam Makeba, son autre source d’inspiration. Angélique Kidjo confie comment adolescente elle était allée pour la première fois voir la star, pariant même avec ses copines qui n’arrivaient pas à croire qu’une femme pouvait être à la tête d’un groupe de salsa. La chanteuse raconte comment les esclaves africains ont conservé la mémoire de leurs dieux en les transposant dans les saints chrétiens. Angélique entonne Santa Barbara (Que Viva Chango), descend dans l’arène, chante Mama Africa et invite sur scène le public. Enchanteresse Angélique.
Contaminés
Vous n’avez rien contre le sax ? Ça n’est pas moins que trois saxophones, alto, ténor, baryton, qui constituent l’épicentre du Souljazz Orchestra, auxquels il faut ajouter la chanteuse aux percussions mineures, le tout encadré à ma gauche par le clavier, Pierre Chrétien, le leader à casquette, chemise à fleurs et rouflaquettes, à ma droite le batteur hipster.
Le combo venu d’Ottawa propose une musique souvent instrumentale, parfois chantée, en anglais, en français ou en dialecte africain, des mélodies groovy, fusions, d’inspiration d’Afrique de l’Ouest et de la Caraïbe sur une base souvent afrobeat, parfois zouk. Le synthé est bien présent, sans être gênant, même si la guitare serait la bienvenue.
C’est vendredi soir. Le festival commence à prendre et le directeur Eric Duffau est fier de sa trouvaille. Le public semble adhérer. Dog Eat Dog, le premier extrait de leur dernier album chez Strut, met le feu au ruedo. Un groove contagieux qui donne des fourmis aux jambes. L’audience danse, danse, danse.

   


Curieux
Peu convaincu par le disque, j’étais venu avec mes a priori. Il faut dire que « Havana meets Kingston » avait été précédé il y a quelques années par « Rebel Tumbao » de José Claussell dans lequel le batteur d’Eddie Palmieri avait réalisé un travail remarquable de fusion des rythmes jamaïcains et cubains.
Première surprise : l’intro au chant afro par Martha Garralaga, invitée inattendue, qui s’était faite remarquer en faisant le show à la jam du D’Artagnan mercredi soir et qui offrira le lendemain une torride session de rumba avec Okilakua. La révélation du concert est belle et bien la magnifique Brenda Navarette, partout, aux batás, aux congas. Elle rejoint au chant Randy Valentine, secondée par le trompettiste Julito Padrón. On se doutait que la Cubaine allait illuminer le live-band de Mista Savona. On vous conseille son album afro-cubain « Mi Mundo » chaudement.
Les musiciens cubains se révèlent remarquables dans une ambiance plutôt jamaïcaine, et c’est mieux comme ça. La reprise de Candela frôle le désastre, n’arrivant pas à se dépatouiller, malgré le camouflage du reggaeton, d’un squelette basse-batterie qui tente de faire le grand écart entre reggae et son cubano. Pour le reste, ça fonctionne assez bien. Visuellement ça se répartit entre musiciens cubains sur le côté gauche et jamaïcains sur le côté droit. Le public adhère sans réserve, réagissant au quart de tour aux sollicitations des musiciens, tous excellents au demeurant. C’était le feu et c’est tant mieux. Saluons la démarche de Tempo Latino qui a permis cette première française.

   


Embarqués
Samedi soir, acte 1. Même quand on n’a pas de réelle accointance avec le tango, on ne peut que reconnaître que Plaza Francia Orchestra de Müller et Makaroff, successeur du Gotan Project, fut un des plus beaux spectacles qui ait été donné dans les arènes de Vic-Fezensac. Une chanteuse, Maria Sol Muliterno, majestueuse, des musiciens (guitare, clavier, piano, bandonéon, contrebasse) couvre-chefs et costards noirs. Des effets de lumière du meilleur effet. Les morceaux électroniques sont accompagnées des mains du public. On leur préféra les titres acoustiques, magiques. Programmer du tango à l’heure du prime était culotté. C’est une réussite.
Samedi soir, acte 2. On était prévenu : Amparanoïa allait mettre le feu. J’étais doutif. Le rock latino, Manu Chao, Sargento Garcia, tout ça n’était pas mon verre de mojito. Et bien c’était formidable ! Ficelles ragga, cumbia et ska à gogo, allez un petit Welcome to Tijuana pour la route. Un groupe du feu de Dieu et des mélodies bigrement efficaces (El Coro De Mi Gente, En La Noche). Mention spéciale à l’invitée especiale, la Guatémaltèque Sara Curruchich. L’orchestre de Sergio Mendoza se joindra au final. On s’imagine avec vingt piges de moins dans un festival improbable au fin fond de la Bretagne. On est en 2018, c’est à Vic-Fezensac que ça se passe et ça fait du bien.

   


Comblés
Quelle chance tout-de-même de voir Joe Bataan dans les arènes de Vic-Fezensac ! Inimaginable il y a cinq ans quand je avais rencontré le « King of latin soul » au Est Harlem Café, au cœur de son ancien quartier. L’ancien voyou du barrio, reconverti dans l’action sociale au début des années 80 sortait alors timidement de sa retraite. Un retour à porter au crédit d’Osman Jr, le leader de Setenta qui est allé chercher son idole à New-York pour le faire jouer à Paris. C’était en 2015 aux Etoiles. Depuis l’idylle se poursuit.
Bel exploit des parisiens d’avoir réussi à adapter, sans cuivre, dans un ensemble cohérent le vaste répertoire du vétéran. De la période Fania alors qu’il était une figure du boogaloo au latin-soul du début des années 70 quand il fonde son label Salsoul, de Rap’O Clap’O en 79, qui dispute au Rapper’s Delight de Sugarhill Gang le titre de premier rap de l’histoire, jusqu’au hit new-soul de 2005 Call My Name. « Joe Bataan meets Setenta », c’est Joe Bataan à la sauce Setenta.
A lire : L’essor de l’empire Salsa et la chute de la maison Boogaloo
Déjà dimanche soir. Une fin de festival entre fatigue et excitation. Setenta avait chauffé le public avec trois titres, latin-soul contemporain et classieux qui mériterait à lui seul l’honneur des arènes. Bataan, 76 ans, très en forme, la voix solide (On lui pardonnera une ou deux fausses notes), exécute le concert d’une seule traite, joue les ambianceurs, embarquant dans sa machine à remonter le temps les retardataires qui n’avaient qu’une vague idée de qui il pouvait bien être.
Le boogaloo avait surgi dans les années 60 en réaction au mambo élitiste. Pas besoin de connaître des pas compliqués, le boogaloo était une musique festive et fédératrice, faite pour faire danser tout le monde, Noirs, Blancs, Latinos. C’était tout à fait l’esprit de ce 29 juillet.

   


Enflammés
Quand Joe Bataan libère le public, les arènes sont pleines à craquer, un chaudron brulant prêt à accueillir Mercadonegro. Le New-York Salsa All Stars, c’est la réunion de Mercadonegro, enorgueilli d’avoir accompagné Celia Cruz à ses débuts, et des plus grandes stars de la salsa. Le groupe est solide, terriblement efficace avec quatre cuivres et quatre percussionnistes. On regrettera le départ du génial pianiste Cesar Correa. Les deux chanteurs Armando Miranda et Josbel interprètent trois morceaux dont bien entendu La Guarachera de Cuba.
Arrive Jimmy Bosch, dont le public de Vic est entiché depuis plusieurs années. Talentueux, le tromboniste l’est assurément. Malheureusement Jimmy n’a pas une très jolie voix (Lors de sa dernière prestation, il était accompagné du jeune sonero Willito Otero). Si le public est tout acquis, je commence à trouver le temps long. Et puis Jimmy entame Otra Oportunidad, qu’il a écrit il y a des années en hommage à son frère disparu. Il dédie le titre à sa maman partie dix jours plus tôt. Comment résister ?
Ceux qui ne la connaissaient pas ont dû rester bouche bée devant les frasques de Nora Suzuki. Son peps séduit dans l’instant. La Japonaise célèbre l’Orquesta De La Luz dont elle fut la chanteuse, arrache son kimono, dévoilant une robe rouge seyante tandis que le batteur Rodrigo se lance dans un reggaeton endiablé. Faisant retomber la pression, elle laisse la vedette à son pianiste Takaya Saïto pour un cha-cha-chá impeccable.
Surgit José Alberto, « El Canario », la voix puissante et la flûte affutée (virtuelle, qu’il mime en sifflant, sa marque de fabrique). Les standards sont au rendez-vous : La Paella, A La Hora Que Me Llamen Voy. Le répertoire de Mercadonegro est infini et les tubes défilent : La Murga, Chan Chan. Ils s’amusent tant qu’on se demande s’ils ne sont pas meilleurs comme qu’accompagnateurs. On réalise combien El Canario est bon sonero. La température monte. Jimmy Bosch et Nora sont de retour pour le final, explosif. On ne sait plus distinguer ce qui est improvisé de ce qui est préparé. Nora interprète La Vida Es Un Carnaval en japonais. Lo Que Quiero Es Salsa sera bon pour le rappel. Presque trois heures de concert, les arènes pleines à craquer, des gradins debout et une conclusion à deux heures du matin. De ces concerts mythiques qui font la légende de Tempo Latino...



Tempo Latino s’est terminé comme il avait commencé, en rendant hommage à la reine Celia qui avait joué ici il y a exactement vingt ans. Tout au long de cette édition, trois concerts ont rencontré un immense succès : Kingston meets Havana, Amparanoia et le New-York Salsa All Stars. L’hommage à Célia aurait dû, si le public s’était déplacé en plus grand nombre. Les autres orchestres ont généralement séduit ceux qui avaient fait le déplacement, à condition d’adhérer au genre proposé : brass band, afrobeat, latin-soul, tango. Si cette vingt-cinquième édition fut une réussite artistique incontestable, son positionnement interroge. Avec seulement deux concerts salsa sur huit, les amateurs de rythmes afro-caribéens sont restés sur leur faim. Aux premiers rangs, nombre de visages familiers étaient aux abonnés absents. Tempo Latino pourrait-il se passer de ses habitués ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Prêtant à l’âne des vertus thérapeutique, la Chine en achète par millions en Afrique, décimant les troupeaux de cet auxiliaire des paysans du continent. Un commerce représentatif des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain.
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Commerce de peaux d’âne en Afrique, un conte moderne à la chinoise

Editorial. Prêtant à l’âne des vertus thérapeutique, la Chine en achète par millions en Afrique, décimant les troupeaux de cet auxiliaire des paysans du continent. Un commerce représentatif des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 17h14
   





                        


Editorial du « Monde ». L’on ignore si les Chinois lisent les contes de Perrault, le soir, à la veillée. Et s’ils se bercent du rêve de posséder l’âne magique du fabuliste, lequel, comme chacun s’en souvient, assurait la fortune de son souverain-propriétaire en produisant chaque matin son lot d’écus d’or en guise de crottin. Il est avéré, en revanche, qu’ils accordent le plus grand prix aux vertus supposées de la peau d’âne. Réduite en poudre, elle permet de produire l’ejiao, dont la médecine traditionnelle assure qu’il permet de combattre l’anémie, les effets du vieillissement ou les étiolements de la libido.
Pour garantir son approvisionnement et assurer à ses consommateurs la fourniture de quelque 5 000 tonnes annuelles de cet élixir de jouvence, l’empire du Milieu fait les choses en grand. Après avoir réduit de 11 millions à 5 millions de têtes son propre cheptel d’ânes entre 1990 et 2016, il est allé chercher sur d’autres continents la matière première indispensable.
Pour l’essentiel, en Afrique, où l’âne reste le meilleur ami de l’homme et l’indispensable auxiliaire du paysan. Voyant leurs troupeaux décimés, plusieurs pays – Niger, Burkina Faso ou Bostwana – ont interdit les exportations d’équidés vers la Chine. Comme le décrit le reportage publié aujourd’hui dans nos colonnes, le Kenya est l’un des derniers pays africains à n’avoir pas banni ce commerce. Avec des conséquences en chaîne : la population des ânes kényans a chuté de moitié entre 2008 et 2017, passant de 1,8 million en 2008 à 900 000 en 2017 ; le prix des ânes a doublé, rendant souvent leur achat inabordable pour les agriculteurs locaux ; enfin, faute de trouver assez d’animaux en vente légale, des réseaux de contrebande ont multiplié les vols d’ânes dans des proportions alarmantes.
Poudre de perlimpinpin
Au regard des enjeux économiques ou géopolitiques contemporains, cette affaire pourra sembler anecdotique, nonobstant le sort tragique des animaux domestiques ainsi transformés en poudre de perlimpinpin. Elle constitue pourtant une parabole très éclairante des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain. En 2000, le commerce sino-africain était estimé à 10 milliards de dollars par an. Il frôle aujourd’hui les 200 milliards – autant que l’Europe, les Etats-Unis et l’Inde réunis – et les investissements chinois en Afrique suivent une courbe similaire.
Pékin ne trouve pas seulement en Afrique les matières premières vitales pour le développement de son économie, pétrole angolais ou nigérian, cuivre ou cobalt congolais, uranium namibien, bauxite guinéenne, métaux rares de toutes sortes, sable indispensable à la cimenterie, bois précieux exportés par milliers de tonnes. La Chine a également fait de l’Afrique un marché de consommation prometteur pour ses industries manufacturières. En échange, elle finance à grande échelle – et sans grand souci de normes sociales ou environnementales – la construction de barrages, de ports, de chemins de fer, d’usines ou de logements. Difficile pour le Kenya, par exemple, de résister à un tel pactole, même au nom de la protection des ânes.
Ceux-ci pourront-ils être sauvés du désastre ? La Chine était devenue, ces deux dernières décennies, la première destination pour le trafic d’ivoire des éléphants d’Afrique, interdit par la communauté internationale depuis 1989. En 2015, soucieux de la réputation de l’empire du Milieu, le président Xi Jinping a banni ce commerce illégal. Peaux d’âne, un conte moderne vous dit-on.

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                Les ânes du Kenya menacés par l’insatiable demande chinoise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ».
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édition abonné


Robin Renucci : « La politique présidentielle affaiblit délibérément le ministère de la culture »

Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ».



Le Monde
 |    07.08.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 09h33
   





                        



                                


                            

Tribune. Malgré les déclarations de Madame la ministre de la culture, Françoise Nyssen, appelant, en juillet, les différents ministères à travailler de concert pour mettre en place une politique publique des arts plus engagée au service de la création et de l’équité territoriale, nous restons particulièrement critiques vis-à-vis des orientations mises en œuvre par le président de la République et son exécutif. Les signaux qu’envoient Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe sont révélateurs de la manière dont ils entendent conduire la réforme du service public, et en particulier celui de la culture. Il nous apparaît clairement que le président ne croit plus suffisamment en une gouvernance qui s’appuie sur les institutions de la République. Ainsi, il n’a de cesse de délégitimer l’action de son propre ministère de la culture, diminuant progressivement son périmètre d’action, externalisant certaines de ses missions, réduisant les effectifs du cabinet de sa ministre, tout en procédant, en parallèle, depuis l’Elysée, à la nomination discrétionnaire de chargés de missions qui pilotent en coulisses la réforme de son administration et repensent sa politique.
Politique de retrait
Affaibli délibérément, le ministère de la culture semble être voué à jouer un rôle secondaire, exécutant une politique pensée par un petit cercle de collaborateurs présidentiels qui ne croient plus en l’intérêt de la présence de l’Etat et de son action en régions ; qui engagent progressivement, sans la nommer, à travers une série de mesures et d’expérimentations, une politique de retrait de sa présence sur les territoires ; qui travaillent au démantèlement d’une administration culturelle dont ils méprisent le travail et sous-estiment la nécessité. Nous disons ici notre opposition à ce type de gouvernance qui contourne l’autorité des ministères pour imposer verticalement et sans concertation une réforme dans laquelle l’art et la création devraient pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Andres Manuel Lopez Obrador, élu le 1er juillet et qui prendra ses fonctions en décembre, a réagi aux déclarations du président américain.
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Mexique : le président élu ne veut pas être menacé par un mur

Andres Manuel Lopez Obrador, élu le 1er juillet et qui prendra ses fonctions en décembre, a réagi aux déclarations du président américain.



Le Monde
 |    07.08.2018 à 03h14
 • Mis à jour le
07.08.2018 à 12h32
   





                        



   


Le président élu mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a déclaré lundi 6 août que personne ne menacera à l’avenir son pays avec la construction d’un mur à la frontière, dans une réponse à peine voilée aux déclarations du président américain, Donald Trump.
« Le Mexique va devenir une puissance et va changer le rapport de forces, personne ne va nous menacer de fermer nos frontières ou de militariser la frontière, de construire un mur, a déclaré M. Lopez Obrador, qui prendra ses fonctions le 1er décembre prochain. Cela sera possible parce que le pays va connaître de la croissance et qu’il y aura de l’emploi. »
M. Trump a récemment déclaré sur Twitter que les Etats-Unis avaient besoin d’une frontière sûre notamment parce que le Mexique a enregistré un nombre record d’homicides en 2017. L’hommes d’affaires a été élu à la Maison Blanche notamment sur ses promesses d’expulser les migrants sans papiers et de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour empêcher l’entrée de clandestins, qualifiant certains d’entre eux de criminels.
Crise diplomatique
Ses déclarations explosives ont déclenché la pire crise diplomatique depuis des décennies entre les deux voisins. Le 14 mai, une délégation américaine de haut rang dirigée par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo s’est rendue à Mexico pour rencontrer M. Lopez Obrador.
Le sujet du mur n’a toutefois pas été abordé, pas plus que dans les courriers que M. Trump et son futur homologue mexicain ont ensuite échangés. Le Mexique a enregistré en 2017 le chiffre record de 28 711 homicides. La situation semble avoir encore empiré avec 15 973 homicides déjà recensés au cours des six premiers mois de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Vivre déconnecté (3/6). Le téléphone portable peut être utilisé à de multiples fins pédagogiques, estime l’enseignante-chercheuse en linguistique informatique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Tweets menaçants, retrait de l’accord sur le nucléaire, sanctions économiques rétablies… Donald Trump a, plus souvent qu’on ne le dit, de la suite dans les idées – si périlleuses soient-elles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Les Etats-Unis poursuivent sans relâche leur guerre d’usure contre l’Iran

Editorial. Tweets menaçants, retrait de l’accord sur le nucléaire, sanctions économiques rétablies… Donald Trump a, plus souvent qu’on ne le dit, de la suite dans les idées – si périlleuses soient-elles.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 14h30
   





                        


Editorial du « Monde » Au-delà de ses Tweet en lettres majuscules et de ses rodomontades, le président des Etats-Unis a, plus souvent qu’on ne le dit, de la suite dans les idées – si aléatoires voire périlleuses soient-elles. Son contentieux avec l’Iran en témoigne. C’est, en effet, une guerre d’usure que Donald Trump a engagée avec Téhéran. Il la poursuit méthodiquement.
Guerre diplomatique, d’abord. Le candidat Trump n’avait pas eu de mots assez durs – un « torchon » – pour fustiger l’accord sur le gel et le contrôle du programme nucléaire iranien signé à Vienne, en juillet 2015, avec la République islamique par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne), auxquels s’était associée l’Allemagne. Le 8 mai, en dépit du respect avéré par les Iraniens des clauses de l’accord et des appels à la retenue émis par les Européens, il a donc décidé unilatéralement de se retirer de cet accord.
Guerre psychologique, ensuite. Ces dernières semaines, le ton est monté dangereusement entre Washington et Téhéran. Le 22 juillet, le président iranien, Hassan Rohani, mettait en garde les Etats-Unis : « L’Amérique devrait savoir que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Réponse de Donald Trump : « Ne menacez jamais plus les Etats-Unis ou vous paierez des conséquences comme peu en ont connu à travers l’Histoire. »

To Iranian President Rouhani: NEVER, EVER THREATEN THE UNITED STATES AGAIN OR YOU WILL SUFFER CONSEQUENCES THE LIKE… https://t.co/xUdD66vfBW— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Guerre économique, surtout. Sortant de l’accord de Vienne, Washington a décidé de rétablir de façon graduée des sanctions à l’encontre de Téhéran, assorties d’efficaces menaces de rétorsion contre toute entreprise, européenne notamment, qui chercherait à les contourner. Depuis le 6 août, les blocages visent les transactions financières, les importations de matières premières et les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Ce n’est qu’un début : en novembre, ce sont les exportations de pétrole, vitales pour l’économie iranienne, qui feront l’objet du blocus américain. En outre, depuis le mois d’avril, la monnaie iranienne s’est dépréciée de plus de moitié par rapport au dollar, menaçant d’asphyxier plus encore Téhéran.

        Lire aussi :
         

                Avec le retour des sanctions américaines, un vent d’amertume souffle en Iran



Manifestations sporadiques
C’est donc le cœur de l’accord de Vienne qui est frappé : le président Rohani avait promis aux Iraniens l’ouverture économique et la prospérité retrouvée en échange du gel du programme nucléaire. Cet espoir est mort, à l’évidence. Les Iraniens l’ont bien compris, tant l’inquiétude est lourde et la nervosité palpable à Téhéran et dans de nombreuses villes du pays, où des manifestations sporadiques se sont développées depuis le début de l’année.
Reste que la suite est imprévisible. Trump voulait isoler l’Iran ? L’opération est en bonne voie. Escompte-t-il, dans la foulée, acculer Téhéran à renégocier un accord beaucoup plus dur et contraignant que celui de 2015 ? Les responsables iraniens ont, pour l’heure, écarté catégoriquement une telle éventualité. Espère-t-il déstabiliser, voire inciter au renversement du régime des mollahs ? Tout semble démontrer, au contraire, que celui-ci est en mesure de réprimer ou de juguler tout mouvement de révolte.
Plus sûrement, Washington entend faire admettre à l’Iran, selon les termes du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, qu’il n’aura « plus jamais carte blanche pour dominer le Moyen-Orient », par l’intermédiaire de ses milices au Liban, en Syrie, en Irak ou au Yémen. C’est risqué, a mis en garde le président Rohani, de jouer dangereusement « avec la queue du lion ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le secrétaire général du syndicat des inspecteurs SNPI-FSU, Paul Devin, estime, dans une tribune au « Monde », que les projets de transformation du service public de l’éducation relèvent surtout d’une stratégie communicationnelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Paul Devin : « Pour améliorer la formation des enseignants, il ne suffira pas d’être “ inventif ” »

Le secrétaire général du syndicat des inspecteurs SNPI-FSU, Paul Devin, estime, dans une tribune au « Monde », que les projets de transformation du service public de l’éducation relèvent surtout d’une stratégie communicationnelle.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 15h38
    |

Paul Devin (Secrétaire général du SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection)







                        



                                


                            

Tribune. Le discours gouvernemental qui, au cœur de l’été, annonce des transformations profondes pour l’éducation nationale assure être guidé par la volonté de mieux utiliser les moyens du système éducatif pour la réussite de tous les élèves. Mais quelle est la capacité d’une politique à nourrir une telle ambition dans le cadre d’une doxa budgétaire qui exclut que les nouveaux investissements nécessaires pour atteindre cette finalité soient envisagés ?

Commençons par un exemple simple. La quasi-totalité des acteurs admet que la modalité d’alternance qui régit la formation initiale des enseignants ne convient pas, parce que le temps pendant lequel ils se voient confier la responsabilité d’une classe est trop important pour être compatible avec les exigences de leur formation. C’est d’autant plus vrai que les ressources d’accompagnement de ces enseignants stagiaires sont réduites. C’est précisément l’insuffisance des moyens d’enseignement qui a conduit à ce que ces stagiaires fassent classe à mi-temps.
Il est donc légitime de se demander s’il sera possible d’améliorer la formation initiale sans créer des postes de professeurs qui permettraient de réduire le temps en classe des stagiaires. A défaut de quoi, on devra se contenter de réorganisations superficielles sans incidences réelles sur le développement des compétences professionnelles des enseignants débutants.
Rémunération selon le mérite
On pourrait prendre d’autres exemples, notamment celui de la formation continue dont les gestionnaires savent que son insuffisance actuelle est due au manque de moyens qui permettent son organisation. Le discours qui voudrait faire croire qu’il suffirait d’être inventif, de sortir des sentiers battus, de renoncer à des habitudes installées n’a que la vertu d’une stratégie communicationnelle.
Les heures supplémentaires, massivement utilisées pendant la mandature Sarkozy, n’avaient aucunement permis d’infléchir positivement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Deux élus parisiens, Benjamin Djiane, apparenté PS, et Vincent Baladi, divers droite, appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les clivages partisans afin de lutter efficacement contre l’insécurité dans la capitale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/08/2018
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« L’heure est venue de créer une police municipale parisienne »

Deux élus parisiens, Benjamin Djiane, apparenté PS, et Vincent Baladi, divers droite, appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les clivages partisans afin de lutter efficacement contre l’insécurité dans la capitale.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 08h19
    |

Benjamin Djiane et Vincent Baladi (élus parisiens, respectivement apparenté PS et divers droite)







                        



                                


                            

Tribune. Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, le dernier Conseil de Paris des 2,3 et 4 juillet n’a rien tranché d’une épineuse question. Au contraire, il a écrit une nouvelle page de cette sempiternelle « saga », celle de la création d’une police municipale. Alors que la question lui était posée, la majorité municipale vient, à nouveau, de rejeter cette idée, préférant – comme toujours dans les situations où l’on ne veut pas décider – lancer un « grand audit » de la sécurité des Parisiens, c’est-à-dire élever une immense montagne qui, on peut le craindre, accouchera d’une souris.

C’est une perte de temps. Une de plus. Un manque de courage également. Car l’heure est venue de créer une police municipale parisienne, sans tergiverser, en dépassant toutes les réticences dogmatiques, en allant également au-delà des clivages partisans, comme nous nous efforçons ici de le faire en cosignant ce texte. Nous devons avoir pour ambition une large adhésion, à droite comme à gauche, parce qu’une telle réforme engage la Ville de Paris, non pas pour une mandature, mais vers un changement structurel, lourd budgétairement, mais indispensable.
Les policiers nationaux font déjà énormément
Nous sommes en effet passés, ces dernières années, au rythme des transferts réguliers de compétences, d’une situation où la préfecture de police faisait tout, à une situation où la Ville de Paris doit remplir davantage de missions – circulation et stationnement, salubrité publique, bruits de voisinage, occupation illicite de l’espace public, prévention et répression des incivilités – sans pour autant s’être dotée des moyens humains adaptés. Si bien que nous nous trouvons dans la pire des configurations : l’entre-deux, c’est-à-dire moins de missions pour la police nationale (en tout cas sur le papier) et pas de police municipale, pour autant, pour prendre véritablement le relais. La conséquence ? Une dégradation de la tranquillité et de...




                        

                        


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« La réduction de l’offre de dollars ouvre le bal du tarissement des liquidités »

Les investisseurs doivent surveiller étroitement la politique monétaire des banques centrales, en particulier celle de la Fed, explique Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement chez Carmignac.



Le Monde
 |    06.08.2018 à 06h15
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement chez Carmignac)







                        



   


Même pour des investisseurs motivés, l’examen des politiques monétaires mises en œuvre par les banques centrales ne constitue guère une lecture captivante dans la chaleur de l’été. L’impact sur la confiance des aventures rocambolesques des dirigeants politiques, quel que soit le côté de l’Atlantique, voire l’actualité de l’activité économique, aiguise davantage la curiosité de l’épargnant en vacances. Pourtant, comme souvent, le plus visible n’est pas forcément le plus important.
La révolution qui va impacter le plus la direction des marchés financiers ces prochains mois, et probablement ces prochaines années, n’est pas politique. Elle est monétaire. Il y a près de vingt ans naissait le nom alors barbare de « quantitative easing (QE) ». Il s’agissait pour les banques centrales, à commencer par la Reserve fédérale américaine, la Fed, de s’aventurer dans l’inconnu pour sauver l’économie mondiale de la faillite.

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La seule baisse des taux d’intérêt directeurs, fût-elle dramatique, n’étant visiblement pas à la hauteur de la situation, les banques centrales se lançaient en effet dans l’activité sans précédent d’achats d’obligations d’Etat sur le marché. Ces achats firent monter le prix des obligations et, le prix d’une obligation évoluant en sens inverse de son taux d’intérêt, firent baisser leur rendement.
A la recherche de meilleurs rendements
Cette baisse des taux d’intérêt encouragea au fil des années les investisseurs à rechercher ailleurs, partout où ils les trouveraient, de meilleurs rendements. Les marchés du crédit (les obligations privées), puis les marchés d’actions bénéficièrent de cet engouement. Entre 2008 et 2018, l’indice actions américain S&P 500 s’est ainsi apprécié de quelque 200 %, et même l’indice européen Eurostoxx a gagné plus de 60 %, en dépit d’une activité économique atone et de multiples crises politiques durant ces dix années.

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Les banquiers centraux avaient fait preuve d’une grande audace, très inhabituelle pour eux, consistant à utiliser leur pouvoir exclusif de battre monnaie pour acheter des actifs financiers. Cette création historique de liquidités fit le bonheur des investisseurs. Mais il n’est pas de belle histoire qui ne se termine.
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé la fin de ses propres achats d’obligations pour la fin de cette année
Depuis le début 2018, la vapeur a commencé de s’inverser. Non seulement la Fed n’est plus acheteuse d’obligations (ses achats avaient progressivement cessé en 2014), elle est devenue vendeuse, tentant de remettre sur le marché ce qu’elle avait acheté entre 2009 et 2013. Le QE est devenu QT (« quantitative tightening »). De plus, elle s’est engagée dans une trajectoire de « normalisation » de sa politique monétaire, c’est-à-dire de relèvement des taux d’intérêt à partir de niveaux jugés anormalement bas.

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La Banque centrale européenne (BCE) n’en est pas encore au même stade, mais elle a annoncé la fin de ses propres achats d’obligations pour la fin de cette année. Les investisseurs doivent comprendre que les ramifications de ce renversement de tendance sont décisives à trois égards.
Contexte
La sécurité qu’offrait un soutien au prix des actifs financiers garanti par des banques centrales a eu pour conséquence un effondrement de la perception du risque, autrement dit de la volatilité. Le retrait des banques centrales fera le lit d’une augmentation de la volatilité. Autrement dit les chocs externes, qu’ils soient politiques ou économiques, auront plus d’impact sur les marchés.

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Sauf à ce que de nouveaux acheteurs se présentent en nombre suffisant pour compenser l’inversion des interventions des banques centrales, les taux d’intérêt auront tendance à monter, donc leur prix à baisser, entraînant dans leur tendance le prix des actions et des obligations privées. On voit bien que l’année boursière 2018 n’est déjà plus tout sur la tendance de 2017.
Mais il ne faut pas s’y tromper : l’investisseur ne doit plus se soucier exclusivement d’économie
Enfin, la Fed américaine étant la première banque centrale à inverser son action, c’est la réduction de l’offre de dollars qui ouvre le bal du tarissement des liquidités. Donc les premières victimes de ce phénomène seront les pays dépendants du dollar pour financer leurs déficits. Les secousses financières que vient de subir l’Argentine constituent à cet égard une entrée en matière éclairante.
Bien entendu, toute révolution se déroule dans un contexte, qui en influence les effets. Une croissance économique résiliente, une remontée de l’inflation, en particulier aux Etats-Unis, encourageraient les banques centrales à accélérer leur désengagement. A contrario, un ralentissement ou des marchés très volatils les inciteront peut-être à lever le pied. Mais il ne faut pas s’y tromper : l’investisseur ne doit plus se soucier exclusivement d’économie. Il lui faut surveiller désormais les conditions strictement financières qui accompagneront cette dernière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Arsène Tchakarian est mort samedi à l’âge de 101 ans, a annoncé sa famille. Il faisait partie d’un groupe de résistants dont 22 membres avaient été exécutés par les nazis en février 1944.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/08/2018
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L’ancien résistant Arsène Tchakarian, le dernier survivant du groupe Manouchian, est mort

Arsène Tchakarian est mort samedi à l’âge de 101 ans, a annoncé sa famille. Il faisait partie d’un groupe de résistants dont 22 membres avaient été exécutés par les nazis en février 1944.



Le Monde
 |    05.08.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
06.08.2018 à 10h33
    |

                            Dominique Buffier








                        



                                


                            

Avec la mort d’Arsène Tchakarian le samedi 4 août à l’âge de 101 ans, disparaît le dernier survivant du groupe Missak Manouchian, dont 22 membres furent exécutés par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Après le décès d’Henri Karayan, le 2 novembre 2011, à Paris, à l’âge de 90 ans, celui d’Arsène Tchakarian renvoie la mémoire et la relation précise de cet épisode, à la fois magnifié et propice à certaines polémiques, à la seule responsabilité des historiens. 
Il y a peu, Arsène Tchakarian, alerte nonagénaire, recevait encore au rez-de-chaussée de son pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) donnant sur un petit jardin. Là, au milieu de livres et de documents, il rappelait avec fougue l’action du groupe Manouchian dans la Résistance. Jusqu’à la fin de sa très longue vie, il n’aura cessé d’apporter à ce sujet son témoignage personnel, intervenant dans les établissements scolaires – où il a tenu des centaines de réunions depuis le milieu des années 1960 –, les institutions civiles et militaires, les émissions de télévision et de radio et bien sûr les commémorations annuelles.
Ses souvenirs par écrit
Il a aussi réuni par écrit ses souvenirs dans plusieurs livres : d’abord Les Francs-Tireurs de l’Affiche rouge (Ed. sociales, 1986), puis Les Fusillés du Mont-Valérien (Ed. Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, 1991) et enfin, avec Hélène Kosséian, Les Commandos de l’Affiche rouge (Ed. du Rocher, 2012). De manière significative, ce dernier ouvrage a pour sous-titre La Vérité historique sur la première section de l’Armée secrète. Son dixième chapitre revient en effet sur la polémique suscitée en 1985 par la sortie du documentaire Des terroristes à la retraite, de Mosco Boucault.
Arsène Tchakarian rejette la thèse de ce documentaire selon laquelle le groupe Manouchian aurait été « lâché », voire « sacrifié » par la direction clandestine du Parti communiste. Il assure être...




                        

                        


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Esquisses du futur (3/6). Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, les œuvres fantasmagoriques de la plasticienne qui, détournant les représentations stéréotypées des femmes, notamment noires, crée les mutantes d’une nouvelle humanité.

Le Monde
                 |                 05.08.2018 à 13h00
                 |

                            Eric Loret

















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« L’afrofuturisme est un mouvement féministe », aurait un jour déclaré Alondra Nelson, professeure de sociologie à l’université Columbia, à New York, et théoricienne de ce mouvement – on lui doit un important numéro « Afrofuturism » de la revue Social Text en 2002.
On n’a pas retrouvé la source de cette assertion, analysée par l’essayiste et cinéaste Ytasha Womack dans son Afrofuturism. The World of Black Sci-Fi and Fantasy Culture (Chicago Review Press, 2013, non traduit), mais on va faire comme si la suite de la citation était vraie aussi, car elle est passionnante : l’afrofuturisme « n’est pas un espace où les femmes trouvent une identité. C’est un espace féministe. Certes, c’est un espace où les femmes peuvent accroître leur sentiment de capacitation, car c’est un lieu qui permet la critique des moyens que les gens associent à la science et à la technologie. Et la technologie ouvre par nature des espaces dont les femmes peuvent être des figures centrales ».
Au début, l’afrofuturisme est un concept forgé en 1994 par le critique Mark Dery, pour qui « les voix africaines-américaines ont des récits alternatifs à proposer sur la culture, la technologie et l’avenir ». Il évoque Basquiat ou Herbie Hancock et note que le genre peut emprunter aussi bien au hip-hop qu’au cyberpunk. Le jazzman et prophète Sun Ra devient rétrospectivement une figure emblématique du mouvement.
Popularisé par le film Space Is the Place (1972), attifé en gourou pharaonico-psychédélique, il y essaie de convaincre les Terriens de se brancher sur les fréquences de son « Arkestra » pour expérimenter une « alterdestinée ». En 2003, dans un article publié par The New Centennial Review, l’essayiste et cinéaste Kodwo Eshun donne une idée plus large et plus nette du concept : « Un programme pour retrouver les récits des contre-futurs imaginés dans un siècle hostile aux horizons des diasporas africaines et...


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                                                Par                                                    Eric Loret














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Peut-on imaginer qu’un dictionnaire ne porte pas le nom de celui qui le réalise, le peaufine, le révise et le supervise au fil des rééditions et des mises à jour avec un soin aussi sûr que constant ? Quand bien même Pierre Larousse (1817-1875) n’a pas agi seul – pas moins de 90 collaborateurs –, on ne lui conteste pas la paternité de son projet encyclopédique, ce Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, dont les 15 volumes parurent entre 1866 et 1876. Pas plus qu’à Antoine Furetière (1619-1688), dont le Dictionnaire universel ne parut qu’à titre posthume (1690), ou à Emile Littré (1801-1881), condisciple au lycée Louis-le-Grand de Louis Hachette (1800-1864), qui édita son monumental Dictionnaire de la langue française, rêvé dès 1841 et finalement mené à terme… en 1872.
Depuis plus d’un demi-siècle, pourtant, Le Robert (1964) ne porte pas les noms des auteurs de cette somme lexicographique, qui s’est depuis déclinée en Petit Robert (1967), en Petit Robert des noms propres (1974), en Grand Robert de la langue française (1985) – il n’est guère que le Dictionnaire historique de la langue française (1992) et le Dictionnaire culturel en langue française (2005) pour échapper au patronyme de la maison d’édition.
Or, derrière Paul Robert (1910-1980), avocat passionné d’économie politique qui se mue en audacieux chef d’entreprise pour faire naître ce Dictionnaire alphabétique et analogique dont il rêve, il y a en effet plus qu’une équipe de contributeurs : un trio dont les compétences croisées, la rigueur et l’énergie vont réaliser l’improbable miracle.
Cénacle restreint
Paul Robert n’usurpe pas sa gloire cependant : avec une foi qui sidère, il crée en 1951 une adresse éditoriale, Les Dictionnaires Le Robert, qui ne publiera rien pendant plus d’une douzaine d’années : le temps de mener à terme ce seul projet, enhardi par le prix Saintour que lui décerne l’Académie française en 1950, sur...


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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi













