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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Amado Boudou a été reconnu coupable d’avoir participé à un plan de sauvetage d’une entreprise en faillite alors qu’il était ministre de l’économie.
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Argentine : l’ex-vice président de Cristina Kirchner condamné pour corruption

Amado Boudou a été reconnu coupable d’avoir participé à un plan de sauvetage d’une entreprise en faillite alors qu’il était ministre de l’économie.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 18h16
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

C’est une série noire pour l’ex-présidente péroniste Cristina Kirchner (2007-2015). Amado Boudou, qui fut son vice-président de 2011 à 2015 et son ministre de l’économie de 2009 à 2011, a été condamné, mardi 8 août à Buenos Aires, à cinq ans et dix mois de prison pour une opération de reprise controversée d’une entreprise imprimant des billets de banque, alors qu’il était ministre de l’économie.
Sa condamnation survient alors que l’Argentine est secouée par un scandale de grande ampleur portant sur de présumés pots-de-vin qui mettent en cause d’anciens hauts fonctionnaires des gouvernements Kirchner – Nestor (2003-2007), décédé en 2010, puis son épouse Cristina – mais aussi, pour la première fois, des dirigeants de grandes entreprises du BTP. Depuis le 1er août se succèdent de nouvelles arrestations rappelant « Lava Jato » (« lavage express »), la plus grande affaire de corruption de l’histoire du Brésil voisin.
Cette nouvelle offensive de la justice a de quoi inquiéter Mme Kirchner, dont plusieurs anciens collaborateurs sont déjà en prison et qui est convoquée le 13 août par le juge Claudio Bonadio, qui la considère comme « cheffe d’une association de malfaiteurs ». Il pourrait demander au Sénat la levée de l’immunité parlementaire de celle qui est aujourd’hui sénatrice. Les nombreuses enquêtes visant l’ancienne présidente argentine, pour présumés blanchiment d’argent et enrichissement illicite, se recoupent et forment un volumineux dossier, rebaptisé « la route de l’argent K » – pour Kirchner. Jusqu’à présent, Mme Kirchner n’a jamais été jugée et encore moins condamnée.
« Commencer à payer »
M. Boudou, 55 ans, a été reconnu coupable de corruption et prise illégale d’intérêt. Immédiatement incarcéré, il a également été déclaré inéligible à vie. D’après le tribunal, alors qu’il était ministre de l’économie, M. Boudou et plusieurs autres personnes ont lancé un plan de sauvetage d’une entreprise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Jardins de dictateurs (4/6). Le maître du Zaïre a bâti une ville et des palais sur la terre de ses ancêtres, en pleine jungle. Il y a planté des espèces importées du monde entier afin d’allier le bon goût à l’européenne et la vigueur de la végétation locale, qui, depuis une dizaine d’années, reprend ses droits sur ces trésors botaniques.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ancien ministre des affaires étrangères britannique ne compte pas s’excuser après avoir comparé le voile intégral à une « boîte aux lettres ».
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Les moqueries de Boris Johnson contre la burqa choquent jusque dans son camp

L’ancien ministre des affaires étrangères britannique ne compte pas s’excuser après avoir comparé le voile intégral à une « boîte aux lettres ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 16h53
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Boris Johnson aura une nouvelle fois réussi à faire l’unanimité contre lui. L’ancien ministre britannique des affaires étrangères « a provoqué l’indignation » et « n’aurait pas dû utiliser ce langage », accuse la première ministre britannique, Theresa May. De tels propos « augmentent les risques de crimes racistes », ajoute Sayeeda Warsi, membre (conservatrice) de la chambre des Lords.
Dans sa dernière chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph, lundi 6 août, il critique le port du voile intégral en termes fleuris : « C’est absolument ridicule que les gens choisissent de se promener en ressemblant à des boîtes aux lettres. » Plus loin dans sa chronique, les mêmes femmes intégralement voilées lui font penser à des « braqueurs de banque ».
En plein creux de l’été, et alors qu’une bonne partie des dirigeants du Parti conservateur voue une sainte détestation à ce ténor du Brexit, l’occasion était trop belle. Depuis quarante-huit heures, les appels à présenter des excuses ou à imposer des sanctions se multiplient. Mohamed Sheikh, autre membre tory de la haute chambre britannique, appelle à des sanctions disciplinaires, pour retirer à Boris Johnson, qui demeure député, son étiquette du Parti conservateur.
« On aurait pu avoir un débat intéressant »
Pour Sonia Purnell, auteure d’une excellente biographie de Boris Johnson, c’est précisément ce que souhaitait l’ambitieux rival de Mme May : « Ses mots sont nauséabonds et clivants, explique-t-elle sur la BBC. (…) On aurait pu avoir un débat intéressant sur le sujet mais, à la place, on parle tous de son choix de vocabulaire. C’est exactement ce qu’il veut. Tout le monde parle de lui, il reste au centre des informations, et son espoir éternel de devenir un jour le leader [du Parti conservateur] demeure. »
Sur le fond, son approche reprend le consensus qui domine au Royaume-Uni. Boris Johnson s’oppose à l’interdiction de la burqa et du niqab, qui vient d’entrer en vigueur au Danemark, avec un argumentaire libéral classique : s’il n’aime pas le voile intégral, il estime qu’une loi l’interdisant serait contre-productive, « transformant en martyrs [celles qui le portent] et risquant une répression contre tous les symboles publics d’appartenance religieuse, ce qui empirerait le problème ».
Munira Mirza, qui travaillait avec lui à la mairie de Londres, dénonce une « bataille politique » : « Des gens qui ne s’intéressent absolument pas au sort des femmes musulmanes tombent sur Boris parce que c’est Boris qui a tenu ces propos. »
L’intéressé a fait savoir qu’il ne comptait pas s’excuser. Il sait qu’il peut avoir l’opinion publique de son côté, laquelle semble même vouloir être encore plus dure : les derniers sondages, qui datent de 2017, indiquent que la moitié des Britanniques veulent une loi interdisant la burqa.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Depuis le 27 juillet, le Mendocino Complex Fire, le plus grave incendie de l’histoire de la Californie, a dévoré quelque 120 000 hectares. L’incendie ainsi que les autres foyers qui touchent l’Ouest américain ont été photographiés depuis l’espace ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le président Joseph Kabila a décidé de ne pas briguer un troisième mandat, conformément à la Constitution, lors de l’élection prévue le 23 décembre.
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Compte rendu

RDC : l’ancien ministre Emmanuel Ramazani Shadary désigné candidat du parti présidentiel

Le président Joseph Kabila a décidé de ne pas briguer un troisième mandat, conformément à la Constitution, lors de l’élection prévue le 23 décembre.


LE MONDE
              datetime="2018-08-08T15:31:03+02:00"

        Le 08.08.2018 à 15h31

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        Mis à jour le 08.08.2018 à 16h08





Le président congolais, Joseph Kabila, a finalement décidé de renoncer à briguer un nouveau mandat pour l’élection présidentielle prévue le 23 décembre. Il se conforme ainsi à la Constitution, qui interdit de se représenter après deux mandats.
Le suspense a pris fin mercredi 8 août lorsque le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a annoncé que M. Kabila désignait l’ex-ministre de l’intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin. Actuel premier responsable du parti présidentiel, le PPRD, M. Shadary va aller déposer dans l’après-midi son dossier de candidature au siège de la commission électorale. Il fait partie des personnalités congolaises frappées en 2017 par des sanctions de l’UE pour violations des droits de l’homme.
En s’engageant à quitter le pouvoir, M. Kabila réalise quelque chose d’inédit dans l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC), immense pays instable, gorgé de ressources minérales, et où les transitions se sont toujours écrites dans la violence, en 1965, en 1997 et en 2001.
Vers une candidature unique de l’opposition
Dans l’attente du choix du président, l’opposant Félix Tshisekedi avait déposé sa propre candidature mardi. Deux autres adversaires du président Kabila ont fait de même les jours précédents : l’ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba et l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe. Tous trois envisagent à terme une candidature unique de l’opposition pour cette élection présidentielle à un tour.
L’élection prévue le 23 décembre a été reportée à deux reprises. Au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, M. Kabila, élu en 2006 et réélu dans la contestation en 2011, aurait dû quitter le pouvoir dès le 20 décembre 2016, à la fin de son deuxième mandat. Un accord politique noué le 31 décembre 2016 lui a permis de rester en fonctions moyennant des élections avant la fin 2017, finalement repoussées au 23 décembre 2018. Des journées de violences ont émaillé la crise politique congolaise liée au maintien du président Kabila.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Amnistiée par le président Alassane Ouattara, l’ex-première dame a regagné sa résidence à Abidjan, où l’attendaient ses sympathisants.
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Compte rendu

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo recouvre la liberté

Amnistiée par le président Alassane Ouattara, l’ex-première dame a regagné sa résidence à Abidjan, où l’attendaient ses sympathisants.


LE MONDE
              datetime="2018-08-08T14:57:48+02:00"

        Le 08.08.2018 à 14h57

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        Mis à jour le 08.08.2018 à 18h24






    
Des partisans de Simone Gbagbo lors de sa libération, le 8 août 2018, à Abidjan.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


L’ex-première dame ivoirienne Simone Gbagbo, condamnée à vingt ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat, a été libérée, mercredi 8 août, et a retrouvé ses partisans, deux jours après l’amnistie proclamée par le président Alassane Ouattara pour favoriser la réconciliation en Côte d’Ivoire.
Simone Gbagbo, 69 ans, a quitté l’école de gendarmerie, où elle était détenue depuis sept ans, vers 12 h 15 pour regagner sa résidence du quartier de Cocody, à Abidjan, où l’attendaient un millier de sympathisants en liesse. « J’éprouve un sentiment de joie, de bonheur, c’est un grand jour pour la Côte d’Ivoire », a confié a l’AFP une militante du Front populaire ivoirien (FPI, le parti créé par Laurent Gbagbo).

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A son arrivée, l’ex-première dame, vêtue d’une robe violette, a été accueillie sous les vivats de plusieurs centaines de sympathisants et au son des tambours, dans une rare cohue. Se penchant à l’extérieur de sa voiture, où se trouvait son beau-fils Michel Gbagbo, elle a salué pendant une minute ses partisans, avant de s’engouffrer dans sa résidence.
« Un geste de mépris »
L’amnistie de 800 personnes, dont Simone Gbagbo et plusieurs figures de l’ancien régime du président Laurent Gbagbo, a été annoncée lundi par le président Ouattara, afin de favoriser la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.
Outre Mme Gbagbo, plusieurs personnalités de l’ex-régime, dont l’ancien ministre de la défense Lida Kouassi, détenu depuis 2014 et condamné début 2018 à quinze ans de prison pour « complot », ainsi que l’ancien ministre de la construction Assoa Adou, condamné en 2017 à quatre de prison, ont bénéficié de cette mesure.

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Cette mesure d’amnistie a été unanimement salué par la classe politique en Côte d’Ivoire, évoquant « un geste fort en faveur de la réconciliation nationale » à deux ans de la prochaine élection présidentielle. En revanche, onze organisations de défense des droits humains ont dénoncé cette large amnistie, dénonçant « un geste de mépris vis-à-vis des victimes ».
« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise », ont déclaré dans un communiqué la Ligue ivoirienne des droits de l’homme, le Mouvement ivoirien des droits humains, Human Rights Watch, Amnesty international, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et six autres ONG ivoiriennes.
Poursuivie par la CPI
La « dame de fer » ivoirienne est mise en cause au sujet des exactions commises par des escadrons de la mort pendant la crise politico-militaire du début des années 2000, ainsi que dans la dispartion en avril 2004 du journaliste Guy-André Kieffer, qui enquêtait sur des malversations dans la filière cacao, ce qui pourrait avoir gêné l’entourage du président Laurent Gbagbo, alors au pouvoir.

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Libre en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo reste poursuivie par la Cour pénale internationale (CPI), qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».
Laurent Gbagbo est quant à lui à La Haye (Pays-Bas) depuis 2011, au centre de détention de la CPI, où se déroule depuis 2016 son procès pour crimes contre l’humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011 qui a fait 3 000 morts.
« Justice des vainqueurs »
La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire des années 2000 qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».
Dans un rapport confidentiel dont l’AFP a eu connaissance jeudi, les ambassadeurs de l’Union européenne en Côte d’Ivoire qualifiaient la question de la réconciliation de « faille majeure » des sept ans de pouvoir du président Ouattara. « La réconciliation nationale, si nécessaire dans ce pays longtemps divisé, et en dépit de la création d’une commission dédiée à ce sujet mais aux résultats vides de sens, semble avoir été sacrifiée sur l’autel de l’impunité et de l’amnésie », écrivaient les chefs de missions diplomatiques de l’UE.

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Une inquiétude largement partagée en Côte d’Ivoire, qui fait craindre une possible résurgence de violence pendant l’élection présidentielle de 2020, tant les blessures de la crise sont encore vives.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune, l’écrivain Michel Tagne Foko réagit à la décision de Paul Biya, 85 ans, de se représenter à l’élection présidentielle en octobre.
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Point de vue

Cameroun : « Le chef de l’Etat a peur de la mort, c’est pour ça qu’il s’accroche »

Dans une tribune, l’écrivain Michel Tagne Foko réagit à la décision de Paul Biya, 85 ans, de se représenter à l’élection présidentielle en octobre.

Par                Michel Tagne Foko



LE MONDE
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        Le 08.08.2018 à 14h43

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        Mis à jour le 08.08.2018 à 18h05






    
Le président camerounais, Paul Biya, à Pékin, le 22 mars 2018.
Crédits : LINTAO ZHANG / AFP


Tribune. On parlait du Cameroun. De la décision du chef de l’Etat de se représenter à la magistrature suprême. La situation était tellement invraisemblable que personne n’osait s’en moquer. L’air était pesant. Nous étions gênés. Nous avions pitié. S’émaillait un sentiment de tristesse, de honte.
On se demandait ce que pouvait bien penser ce monsieur. A son âge, 85 ans. Privé de retraite. L’âge où l’on devrait avoir le droit de se reposer. Profiter des quelques années qu’il nous reste à vivre… Mais non, on lui a dit qu’il est bon. Qu’il est fort. Indispensable. Le plus sage de son pays…

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Qui lui a conseillé de se représenter ? Qui vote pour cet homme ? La pitié n’existe donc pas dans les cœurs ? Comment peut-on accepter de voir quelqu’un se flageller devant nos yeux ? N’est-il pas temps, pour le Cameroun, d’adopter une loi sur la non-assistance à personne en danger, pour sauver ce monsieur ?
Il se prend pour un roi…
Il est là. Debout. Dans son costume. Il vacille fréquemment sur ses jambes. Assis. Souvent. Il bombe son torse ridé. Il a du mal à respirer. Il semble grand. Il semble fort. Il se sent puissant. Il se prend pour un roi, et pourtant, nous sommes en république. Ça plaît à son entourage. Ça titille. Ça rend heureux. Après trente-cinq ans comme président de la République, ils en veulent encore…
Il a placé sa famille et ses amis à tous les postes les plus juteux de la république. Il ne connaît pas tous ses ministres. Il préside rarement le conseil des ministres. Il passe son temps à Genève, en Suisse. Il est celui qui dépense environ 65 millions de dollars en déplacements alors que 50 % de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté…

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Il traite les habitants d’« apprentis sorciers », de « terroristes ». Il opprime ses opposants politiques, jette les homosexuels en prison, s’immisce dans le traditionnel. Il a réussi à massacrer les cultures animistes, qui avaient pourtant résisté à la colonisation. Il a commencé par remplacer « roi » par « chef «. « Royaume » par « village ». Ensuite, il s’est mis à choisir quel « village » était de « premier degré », de « deuxième degré », de « troisième degré »… Pour clôturer, il alloue une allocation aux chefs qui chantent ses louanges au quotidien…
… voire pour un dieu
Il s’exécute rarement. Il est attendu partout. Il n’y va pas souvent. Le jour où il décide d’honorer de sa présence, sa nonchalance et son air de supériorité crèvent l’écran, tel le messie venu sauver son peuple. Il résiste et persiste. Il se sent irremplaçable. Comment peut-on imaginer le remplacer ? Il se prend pour Dieu. Il est Dieu. Oui, le dieu des Camerounais. À force, ça se voit, quand il parle. Il se croit beau. On lui a dit qu’il était encore jeune, et il l’a cru. Il a même ri. Il aime rire. C’est la seule et vraie chose qu’il lui reste réellement...
Il ne donne jamais de meetings. Il n’aime pas ça. De plus, il n’a plus la force pour ce genre de truc. C’est un fait. Il préfère que l’on se prosterne à ses pieds. Ça lui donne un semblant de réconfort. Il aime voir l’autre souffrir. Ça lui permet de relativiser son propre sort. Parce que, en vrai, il se bat contre lui-même. C’est quelque chose d’horrible. Il a peur du noir. Il a peur de la lumière. Il a peur de la mort. C’est pour cela qu’il s’accroche à cette fonction.

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Un Togolais a dit : « Par pitié, et seulement par pitié, si j’étais Camerounais, je voterais pour ce grand-père. » Un Camerounais a dit : « L’Etat du Cameroun est devenu un Etat colon. Le colon n’est plus blanc, il ressemble aujourd’hui à l’ébène, bien noir, noir ciré. » Un Béninois a dit : « Il a réussi à me faire le détester. Moi qui pourtant aime les vieux. » Un Sénégalais a dit : « C’est marrant… J’ai grandi en entendant parler de lui, il fait partie de mon imaginaire de gamin. » Il y a quelqu’un qui a répliqué en disant : « Dans la zone du bassin du Congo, ils sont habitués aux rois, et au Cameroun, ils ont le roi fainéant. »
Michel Tagne Foko est un écrivain, chroniqueur et éditeur camerounais, membre de la Société des auteurs du Poitou-Charentes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le site sera contraint de communiquer la liste de ses hôtes, ce qui permettra à la ville d’appliquer la loi interdisant de louer un logement pour moins de trente jours.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Airbnb essuie une nouvelle déconvenue à New York

Le site sera contraint de communiquer la liste de ses hôtes, ce qui permettra à la ville d’appliquer la loi interdisant de louer un logement pour moins de trente jours.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h00
    |

Jérôme Porier (avec AFP)







                        



   


Implacablement, l’étau se resserre sur Airbnb et les plates-formes de location de courte durée. Le maire de New York, Bill de Blasio, a signé, le 6 août, un arrêté municipal qui oblige la société de San Francisco à lui communiquer la liste de ses hôtes. L’arrêté – qui s’applique à tous les sites d’hébergement de courte durée – contraint les opérateurs à fournir la liste de toutes les transactions effectuées pour des logements à New York.
Tout manquement à cette obligation ou information erronée sera passible d’une amende d’au moins 1 500 dollars par mois et par logement. Ces informations vont permettre à la municipalité d’appliquer plus efficacement les textes de l’Etat de New York, qui interdisent de louer un logement pour moins de trente jours, sauf si l’hôte est présent.

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L’arrêté prendra effet dans cent quatre-vingts jours. « Nous sommes déçus que le maire De Blasio ait choisi de signer ce décret soutenu par l’industrie hôtelière plutôt que de défendre la classe moyenne newyorkaise qui compte sur le partage de logement pour s’en sortir », a réagi le responsable de la réglementation d’Airbnb pour le nord-est des Etats-Unis, Josh Meltzer, cité par l’AFP. « Nous espérons collaborer avec le maire pour créer une réglementation de bon sens qui distingue enfin ces familles de quelques acteurs malfaisants », a-t-il ajouté sur Twitter.

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New York n’est pas la première ville à prendre une telle initiative. San Francisco, berceau d’Airbnb, a passé un accord avec la plate-forme en mai 2017, après que l’entreprise a attaqué la cité californienne en justice. Cet accord prévoit un transfert de données similaire à celui prévu par l’arrêté signé par le maire de New York.
Lutter contre la spéculation immobilière
Plusieurs élus de la ville réclamaient cet arrêté depuis de longs mois, affirmant que l’émergence d’Airbnb avait sensiblement aggravé la crise du logement à New York. Elle avait ainsi pour effet de sortir des appartements du parc locatif ordinaire, qui n’étaient plus loués alors qu’à des visiteurs de passage, le plus souvent des touristes.

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En France, le projet de loi « ELAN » (évolution du logement et aménagement numérique), qui a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en juin, prévoit des sanctions accrues contre les propriétaires ne respectant pas leurs obligations et de nouvelles amendes pour les plates-formes. Le loueur devra transmettre à la commune le décompte du nombre de nuitées ayant fait l’objet d’une location pendant l’année. Les amendes (de 5 000 à 10 000 euros) seront renforcées pour les loueurs qui ne respecteraient pas leurs obligations.
Avec environ soixante mille logements en location, Paris est le premier marché d’Airbnb dans le monde
Pour la première fois, la loi prévoit aussi des amendes, allant de 10 000 à 50 000 euros, visant les plates-formes, tandis qu’un plafond légal de cent vingt jours de location de la résidence principale à des fins touristiques sera instauré. Airbnb et d’autres plates-formes se sont engagées à bloquer les annonces des loueurs qui dépasseraient ce seuil à partir de décembre 2018.
Avec environ soixante mille logements en location, Paris est le premier marché d’Airbnb dans le monde. La mairie de Paris a organisé le 15 juin une rencontre avec ses homologues de Madrid, Barcelone, Lisbonne et Amsterdam, afin d’explorer des pistes pour lutter contre la spéculation immobilière, la hausse des prix et l’aggravation de la pénurie de logements dans les centres-villes.

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« Notre objectif n’est pas de lutter contre ceux qui louent leur logement de façon occasionnelle en respectant la loi, mais contre ceux qui en font une industrie et assèchent le marché locatif », déclare Ian Brossat, adjoint au maire de Paris chargé du logement, qui publiera, le 6 septembre, un livre intitulé Airbnb, la ville uberisée (Ed. La ville brûle, 14 euros).
En Espagne, Palma de Majorque interdit depuis 1er juillet la location d’appartements particuliers aux touristes. Des mesures similaires ont été prises auparavant dans d’autres villes européennes comme Berlin ou Barcelone.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’historienne argentine Dora Barrancos revient sur l’origine du texte dépénalisant et légalisant le recours à l’avortement et explique les enjeux du vote au Sénat, prévu pour mercredi.
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Argentine : « Le projet de légalisation de l’IVG est le fruit d’un long travail militant »

L’historienne argentine Dora Barrancos revient sur l’origine du texte dépénalisant et légalisant le recours à l’avortement et explique les enjeux du vote au Sénat, prévu pour mercredi.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h34
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


Auteure de nombreux ouvrages consacrés aux mouvements féministes, l’historienne et sociologue argentine Dora Barrancos est intervenue, le 10 juillet, devant une commission du Sénat pour défendre le projet de loi visant à légaliser l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Lors d’une rencontre avec Le Monde à Buenos Aires, elle revient sur l’origine du texte, rédigé en 2007 par un collectif d’ONG, adopté en première lecture par la chambre des députés le 14 juin, et qui doit être examiné par les sénateurs mercredi 8 août.
Contrairement à d’autres pays, la revendication de l’IVG n’est pas conduite, en Argentine, par un parti politique ni par une figure emblématique – comme a pu l’être Simone Veil en France – mais par un collectif de la société civile. Comment expliquez-vous cela ?
Il y a, en Argentine, une longue tradition de politisation, de lutte des femmes. Le meilleur exemple d’une féminisation de la politique est Evita Peron. Et plus récemment, les Mères et les Grands-Mères de la place de Mai [en lutte depuis plus de quarante ans pour faire la lumière sur les disparitions d’opposants pendant la dictature de 1976 à 1983]. En ce qui concerne la légalisation de l’avortement, il faut souligner que, sur le plan historique, cette exigence n’apparaît pas dans les demandes des premiers mouvements féministes nés au siècle dernier en Argentine. A l’époque, les féministes revendiquaient en priorité des droits civils et politiques.
Quand et comment se produit le changement ?
Les choses changent après la dictature militaire. Au retour de la démocratie, on assiste à une sorte de résurrection du féminisme avec l’apparition, notamment, de centres d’études sur la condition féminine au sein de la faculté de psychologie de l’université de Buenos Aires. Dans tout le pays, se forment des groupes défendant les droits des femmes, s’occupant désormais de thèmes nouveaux comme ceux de la violence domestique et de la violence sexuelle. En 1987, un groupe de militantes forme la Commission nationale pour les droits sexuels et reproductifs.
Les Rencontres nationales de femmes, qui ont lieu tous les ans depuis 1986, réunissant des dizaines de milliers de femmes dans une ville différente du pays, jouent là un rôle décisif.
Les luttes pour la dépénalisation et la légalisation de l’avortement se sont en effet renforcées pendant ces Rencontres, mobilisant des femmes de différents groupes sociaux, avec des manifestations plus organiques et plus démocratiques pour présenter des projets au Congrès. A partir de 2003, s’y développent des ateliers consacrés à l’avortement, avec des représentantes de toutes les provinces. Et le 28 mai 2005 est lancée la Campagne nationale pour l’avortement légal sans risque et gratuit, issue des discussions menées lors de ces Rencontres. Le collectif regroupe aujourd’hui quelque cinq cents organisations. L’actuel projet de loi [rédigé par des membres de ce collectif] est le fruit d’un long travail militant.
Qui sont aujourd’hui les féministes argentines ?
Si, par le passé, les féministes venaient en majorité de la classe moyenne, étaient des professionnelles ou des femmes ayant suivi des études universitaires et vivaient dans les grandes villes, aujourd’hui elles sont présentes partout, dans les syndicats ou les organisations de quartier. Il n’y a plus d’examen d’entrée pour être considérée comme féministe ! Cela dépend de la volonté de chacune.
Au cours des dernières années, pourquoi et comment la lutte en faveur de l’IVG légale s’est-elle accélérée ?
En 2012, un important arrêt de la Cour suprême de justice a rappelé que, selon la loi, une IVG pratiquée à la suite d’un viol n’était pas punissable. Les juges se prononçaient alors sur le cas d’une adolescente violée par son beau-père, dans la province de Chubut, et à qui l’hôpital avait exigé l’autorisation d’un juge pour avorter. La Cour détermina que les hôpitaux devaient interrompre les grossesses survenues dans de telles conditions, et cela sans nécessité d’une quelconque intervention judiciaire. La Cour a également exigé que les provinces se dotent d’un protocole d’accès aux avortements non punissables.
Malheureusement, ce protocole n’est pas appliqué dans de nombreuses provinces [le président Mauricio Macri, à l’époque maire de Buenos Aires, y avait même posé son veto dans la capitale, en 2012], démontrant les résistances à appliquer ce que la loi permet pourtant. Les mentalités ont cependant évolué au cours des dernières années. L’Argentine est pionnière sur le continent avec l’adoption d’une série de lois progressistes, comme l’éducation sexuelle intégrale (2006), le mariage pour tous (2010), l’identité de genre (2012) ou la PMA pour toutes (2013). L’avortement n’est plus un thème tabou.
Quel rôle ont joué les réseaux sociaux ?
Il a été décisif pour relayer le vent de révolte. Sur le plan international, il y a eu une prise de conscience collective incarnée par #MeToo cette année. En Argentine, dès 2015, des manifestations massives contre les violences faites aux femmes avec le mot-clé #NiUnaMenos (« pas une [femme] de moins ») ont eu, soudain, une grande répercussion dans les médias. Les dénonciations de harcèlement et d’agressions sexuelles ont très vite débouché sur la dénonciation d’une autre sorte de violence faite aux femmes : celle issue de l’illégalité de l’avortement.
Par milliers, des femmes sont descendues dans les rues, arborant le foulard vert, symbole de la lutte pour la légalisation de l’IVG. Le nouveau mot-clé est devenu #AbortoLegalYa (avortement légal maintenant).
C’est le président de droite Mauricio Macri qui, lors de l’ouverture de la session parlementaire, en février, a permis que le projet de loi, présenté six autres fois au Parlement depuis 2007 sans succès, soit enfin débattu. Pourquoi lui, qui s’est déclaré personnellement opposé à l’IVG, a-t-il pris ce risque ?
M. Macri ne l’a pas fait en pensant qu’il allait conquérir de nouveaux votes. Cela tient à sa personnalité. Il n’apparaît pas comme un homme de profonde conviction religieuse, un homme de catéchisme, mais simplement comme un conservateur. C’est un homme de calcul, qui a cherché à bousculer l’agenda politique pour masquer les problèmes de son gouvernement et la baisse de sa popularité dans les sondages, dès décembre 2017, à la suite des grandes manifestations pour protester contre la réforme du calcul des pensions et une inflation galopante.
Le débat a fait apparaître de profondes fissures au sein du parti au pouvoir comme dans l’opposition, entre pro et anti-IVG légale. Reste à savoir si, après le vote du 8 août, ces divisions auront des conséquences politiques.
Quel rôle joue l’Eglise catholique ? Le fait que le pape François soit argentin a-t-il une influence ?
Après la légalisation de l’avortement en Irlande, l’Eglise pèse de tout son poids pour que l’IVG ne soit pas légalisée dans le pays de Jorge Bergoglio, devenu le pape François. Mais celui-ci a une influence limitée, du fait qu’il entretient de mauvaises relations avec Mauricio Macri. Il aurait eu plus d’influence si [l’ex-présidente péroniste] Cristina Kirchner était encore au pouvoir, à cause des liens entre Bergoglio et les péronistes. L’Argentine est, en outre, beaucoup moins imprégnée de catholicisme que la plupart des autres pays du continent où l’IVG est également interdite.
Existe-t-il des chiffres sur le nombre d’IVG réalisées actuellement ?
Une étude de 2005 [commandée par le ministère de la santé] établissait aux alentours de 450 000 le nombre annuel d’IVG. Mais la plupart des femmes le font encore dans la clandestinité et dans de mauvaises conditions sanitaires, sauf les plus riches qui ont les moyens d’avorter dans des cliniques en toute sécurité.
Encore aujourd’hui, l’avortement est la première cause de mort maternelle dans dix-sept des vingt-quatre provinces argentines. En l’absence de statistiques officielles, les ONG calculent qu’une centaine de femmes y succombent tous les ans. Dans ce contexte, il faut saluer l’apparition dans tout le pays de groupes de femmes qui agissent comme des « secouristes » de leurs congénères qui décident d’avorter. Elles les accompagnent, les soutiennent et les aident à se procurer du misoprostol [un antigastrique qui provoque des contractions utérines].

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Si le projet de loi est adopté, croyez-vous que cela aura un impact sur le continent ?
Cela aura un énorme impact dans d’autres pays d’Amérique latine, où existe également une tradition de lutte féminine. Je pense en particulier au Costa Rica, où la vice-présidente est une femme très intéressante, à la Colombie, où existe déjà une loi autorisant l’avortement pour les adolescentes de moins de 14 ans, dont la grossesse est automatiquement considérée comme le résultat d’un viol, mais aussi à la Bolivie d’Evo Morales.
Le cas du Brésil est plus compliqué à cause du poids des groupes fondamentalistes chrétiens – pas forcément catholiques, mais surtout évangéliques – qui détiennent 17 % des sièges à la chambre des députés, et font obstacle aux revendications des droits des femmes. L’Argentine a déjà exporté vers d’autres pays les lois progressistes qu’elle a adoptées, comme celle du mariage pour tous, mais également celle de l’identité de genre, qui a été copiée même en Europe, notamment par le Danemark !
Et si le texte était finalement rejeté par le Sénat, mercredi ?
Quel que soit le résultat du vote, un pas immense a été franchi. La « marée verte » qui a déferlé sur l’Argentine va continuer, voire s’amplifier, avec l’apparition, notamment, d’un mouvement inédit d’adolescentes, de collégiennes qui ont pris d’assaut leurs écoles et les ont occupées avant le vote à la chambre des députés, le 14 juin. Une nouvelle génération, encore plus radicale que la précédente, qui occupe le devant de la scène à Buenos Aires depuis plusieurs mois.

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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Analia, 36 ans, étudiante. « Durant de nombreuses années, la maternité a été imposée, installant l’idée qu’avoir un enfant était la solution à tous nos problèmes, sans prendre en compte d’autres paramètres comme la présence du père, le désir, si c’était le fruit d’un viol, si la santé de la femme est en danger… Ce qui est sûr, c’est que nous avortons, mais celle qui a de l’argent s’en sort, alors que celle qui n’en a pas le fera dans des conditions terribles. »"
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            data-slide-description="Julieta, 29 ans, médecin. « Il y a quinze ans, j’ai accompagné une amie de mon école [se faire avorter]. Nous l’avons vécu comme un moment traumatique, plein de douleur et de pleurs. Il y a un an, j’ai de nouveau accompagné une autre amie et j’ai senti une grande différence. Plus de tranquilité, nous avons pris le temps d’être bien, nous avons su gérer la douleur. C’est ce que nous avons déjà gagné, au moins dans la capitale, une conquête sociale et culturelle par rapport à l’avortement. Grâce à notre présence dans la rue, aujourd’hui nous pouvons vivre plus libres. »"
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            data-slide-description="Brenda, 24 ans, étudiante. « Je milite pour la vie, parce c’est notre droit premier, celui de vivre. Si on nous enlève ce droit, nous n’en aurons pas d’autres. Je suis chrétienne et j’aime Dieu et sa parole, et l’un de ses commandements est “tu ne tueras point”. Dans la science aussi, quand le spermatozoide et l’ovule s’unissent, la vie démarre, et moi je crois en la vie à partir de la conception. »"
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            data-slide-description="Marcos, 26 ans, commerçant. « La vie commence dans le ventre de la mère. C’est une différence de conception que nous avons avec les “bandanas verts” [les pro-avortements légal], qui pensent que la vie n’a pas encore commencé à ce moment. Je pense aussi qu’il y a d’autres solutions : une meilleure éducation sexuelle, plus d’accompagnement et aussi une amélioration du système d’adoption. Ici, les démarches sont longues et lentes, beaucoup de personnes souhaitant adopter ne peuvent pas. Alors, même si nous sommes contre ce projet de loi, la loi actuelle ne doit pas rester telle qu’elle est aujourd’hui. »"
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            data-slide-description="Laura, 37 ans, journaliste et membre de la campagne pour le droit à l’avortement. « Ce qui m’émeut le plus, c’est de voir trois générations ensemble dans cette lutte pour le droit à l’avortement, et surtout de voir la force et la puissance des plus jeunes. Que la loi soit votée ou non, nous savons qu’elles ne s’arrêteront pas là et qu’elles obtiendront ce droit. »"
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            data-slide-description="Laura, 30 ans, enseignante à l’université et doctorante. « En tant que mère, je ne comprends pas comment certaines femmes se voient obligées d’être mère, à avoir des enfants sans réellement les désirer. Cela me fend le cœur pour ces femmes, pour ces enfants aussi. La maternité ne doit pas être une obligation. C’est pour ça que je lutte pour le droit de toutes à décider. »"
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            data-slide-description="Omar, 49 ans, policier. « Nous avons tous le droit à la vie, celui qui va naître, mais bien sûr aussi la femme, que nous défendons. Nous soutenons la vie que Dieu a établi pour chacun d’entre nous, chaque citoyens de cette Terre, avec pour unique fin la paix dans le monde. »"
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            data-slide-description="Malena, 20 ans, étudiante. « Ce projet ne devrait même pas être débattu. J’ai entendu le battement du cœur de mon bébé à partir de sept semaines, et l’avortement consiste à arrêter ce cœur. Je ne changerai pas d’avis. Je suis heureuse de voir qu’aujourd’hui nous sommes nombreux à penser ainsi. »"
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            data-slide-description="Gladys, 25 ans, militante. « Ce qui m’anime, c’est le désir de tout changer, faire exploser en moi cette lutte, qui, en tant que lesbienne et féministe, grandit petit à petit. Je suis si fière de faire partie de cette lutte historique que nous menons avec le mouvement féministe. J’apprends, et je continue à grandir, entourée et de manière collective. »"
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            data-slide-description="Claudia, 47 ans, pasteure de l’Eglise Dios Viviente. « En tant qu’enfants de Dieu, nous savons que la vie est divine, et nous devons être prêts à lutter pour elle. C’est pour ça qu’aujourd’hui nous sommes venus à ce rassemblement pour la vie. Argentins mais aussi Boliviens, nous sommes ici de toutes les nations pour dire oui à la vie. »"
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            data-slide-description="Carina, 32 ans, femme au foyer. « Ce projet de loi enfreint la loi de la vie, la Constitution argentine et les lois biologiques qui disent que la conception est le commencement de la vie humaine. On doit respecter et défendre l’enfant jusqu’à ses 18 ans. Nous devons faire respecter la loi morale et institutionnelle de notre République. Notre pays ne peut pas permettre ça, c’est un coup dur pour toute l’humanité. »"
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            data-slide-description="Nelly, 89 ans, avocate spécialiste du droit de la famille et de la femme, militante historique. « C’est un long chemin que nous avons parcouru. Nous sommes convaincues que la science, le juridique et le biologique appuient notre position pour que l’avortement légal soit un droit humain. C’est une lutte très difficile, mais si cette loi n’est pas votée – même si je pense qu’elle le sera –, on aura déjà gagné un million de jeunes dans les rues le 13 juin et 2 millions mercredi. Ces jeunes, ce sont les futurs transmetteurs de ces droits. Alors si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine. »"
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Analia, 36 ans, étudiante. « Durant de nombreuses années, la maternité a été imposée, installant l’idée qu’avoir un enfant était la solution à tous nos problèmes, sans prendre en compte d’autres paramètres comme la présence du père, le désir, si c’était le fruit d’un viol, si la santé de la femme est en danger… Ce qui est sûr, c’est que nous avortons, mais celle qui a de l’argent s’en sort, alors que celle qui n’en a pas le fera dans des conditions terribles. »

Anita Pouchard Serra / Hans Lucas pour Le Monde
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Face à Facebook et Google, l’heure est à la concentration parmi les médias australiens

La fusion annoncée des groupes Nine Entertainment et Fairfax Media fait craindre des plans sociaux et une atteinte au pluralisme.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h05
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

Il a suffi d’un coup de fil pour bouleverser le paysage médiatique australien. Début juillet, Peter Costello, président de Nine Entertainment, premier groupe audiovisuel du pays, a appelé Nick Falloon, président de Fairfax Media, deuxième groupe de presse de l’île-continent – propriétaire de magazines, de médias numériques mais aussi de plus de 160 journaux régionaux en Nouvelle-Zélande et en Australie, dont le prestigieux quotidien Sydney Morning Herald – pour lui faire une offre d’acquisition.
Après trois semaines de pourparlers secrets, un accord d’une valeur de 4,2 milliards de dollars australiens (2,7 milliards d’euros) a été annoncé, jeudi 26 juillet. Sous réserve de l’approbation du régulateur et des actionnaires de Fairfax, les deux groupes devraient fusionner avant la fin de l’année pour former « le plus important groupe plurimédia australien ».

Le nouveau mastodonte sera dénommé Nine Entertainment Co. La marque Fairfax, qui représente un empire vieux de 177 ans et qui s’est imposée comme l’un des symboles du journalisme de qualité aux antipodes, va disparaître. Cet accord pourrait être le premier d’une série de rapprochements dans un marché médiatique qui est déjà l’un des plus concentrés au monde.
« Un modèle plus robuste »
Jusqu’en septembre 2017, au nom du pluralisme de l’information, la loi australienne imposait la règle des « deux sur trois », interdisant à un groupe de posséder à la fois une télévision, une radio et un quotidien dans une même zone géographique. La majorité conservatrice a fait sauter ce verrou anticoncentration à l’automne, en votant la réforme d’une législation vieille de plus de trente ans. L’un de ses objectifs : permettre aux médias traditionnels d’être mieux armés face à la concurrence écrasante de Google et Facebook sur le marché de la publicité numérique. Nine Entertainment Co devrait être le premier géant issu de cet amendement.
« La combinaison...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Andres Manuel Lopez Obrador entame des consultations citoyennes pour trouver les moyens d’arrêter le bain de sang.
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Mexique : le président élu « AMLO » veut négocier avec les narcotrafiquants

Andres Manuel Lopez Obrador entame des consultations citoyennes pour trouver les moyens d’arrêter le bain de sang.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h27
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Le temps presse pour Andres Manuel Lopez Obrador, nouveau président élu du Mexique, face à la violence record des cartels de la drogue. Celui qu’on surnomme par ses initiales « AMLO » a lancé, mardi 7 août, un dialogue national pour pacifier le pays. Objectif : inviter la société civile à réagir à ses propositions avant-gardistes, dont la légalisation des drogues et une amnistie pour les petits narcotrafiquants. Un virage sécuritaire radical pour stopper un bain de sang qui a fait plus de 200 000 morts et 37 000 disparus depuis douze ans.
« Oubli non, pardon oui ! », a martelé AMLO en inaugurant, mardi à Ciudad Juarez (nord), le premier d’une vingtaine de forums itinérants. Ces consultations, réunissant des proches des victimes, des experts, des représentants de la société civile et les autorités, se tiendront jusqu’au 24 octobre dans les régions les plus affectées par l’insécurité.

En tête, Ciudad Juarez, 1,5 million d’habitants, où trente assassinats ont été commis le week-end du 4 et du 5 août, portant à plus de 700 le nombre d’homicides depuis janvier. La ville frontalière avec les Etats-Unis, qualifiée en 2010 de « capitale mondiale du crime », est de nouveau la lanterne rouge d’un pays qui enregistre les pires indices de criminalité de son histoire récente avec 28 711 morts en 2017 et déjà 15 973 meurtres au premier semestre 2018.
AMLO n’entrera en fonctions que le 1er décembre. Mais le nouveau président de gauche, élu le 1er juillet avec 53 % des suffrages, insiste sur l’importance de « prendre de l’avance face à la gravité du fléau ». Le premier forum s’est organisé autour de cinq tables thématiques sur le droit des victimes, la sécurité et la justice, la migration, la prévention des délits et la construction de la paix.
« On ne combat pas la violence par la violence », a prôné AMLO au constat de l’échec de ses prédécesseurs. Fin 2006, le président conservateur Felipe...




                        

                        


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Compte rendu

Candidat ou pas ? La RDC suspendue au choix de Joseph Kabila

Le chef de l’Etat doit annoncer s’il désigne un dauphin à l’élection présidentielle du 23 décembre ou s’il brigue un nouveau mandat.


LE MONDE
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        Le 08.08.2018 à 11h57

     •
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        Mis à jour le 08.08.2018 à 14h47






    
Le président congolais, Joseph Kabila, à Kinshasa, le 26 janvier 2018.
Crédits : Kenny-Katombe Butunka / REUTERS


Le président congolais, Joseph Kabila, va dire dans les prochaines heures s’il respecte la Constitution et désigne un dauphin comme candidat à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC), ou s’il passe outre à l’interdiction de se représenter après deux mandats.
Quel qu’il soit, le candidat de la majorité présidentielle doit déposer son dossier de candidature avant la date limite, mercredi 8 août à 17 h 30 (heure de Paris) au siège de la commission électorale à Kinshasa. C’est en tout cas ce que prévoit le calendrier électoral.

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Si le président en exercice s’engageait à quitter le pouvoir, ce serait une première dans l’histoire de la RDC, immense pays instable gorgé de ressources minérales, où les transitions se sont toujours écrites dans la violence, en 1965, en 1997 et en 2001.
Le processus serait enclenché
« L’oiseau rare sera connu tôt le matin, à l’aurore », a déclaré mardi soir le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, en sortant mardi soir d’une réunion autour du chef de l’Etat. Il n’a pas précisé comment l’annonce serait faite aux médias et aux quelque 80 millions de Congolais. Pendant cette réunion, M. Kabila, 47 ans, n’a donné aucune indication sur son avenir politique aux cadres de la coalition présidentielle du Front commun pour le Congo (FCC).
Sur les réseaux sociaux, le nom de l’ex-premier ministre Augustin Matata Ponyo revenait souvent comme possible dauphin, avant que la candidature d’un ancien soutien fervent du président Kabila, l’ex-ministre Tryphon Kin-Kiey Mulumba, vienne brouiller les pistes. Deux fois ministre, M. Kin-Kiey avait lancé en 2014 l’association Kabila Désir pour « fédérer » les Congolais autour du président. Il y a deux jours, il se demandait sur Twitter comment la désignation d’un dauphin « pourrait se faire sans frustrations nouvelles voire fracture » au sein de la majorité présidentielle. Un signe que le processus serait enclenché, selon des experts.

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Dans l’attente du choix du président, l’opposant Félix Tshisekedi a déposé sa propre candidature mardi. Deux autres adversaires du président Kabila ont fait de même les jours précédents : l’ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba et l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe. Tous trois envisagent à terme une candidature unique de l’opposition pour cette élection présidentielle à un tour. Un autre opposant, Moïse Katumbi, originaire de l’Est comme M. Kabila, a été empêché de rentrer en RDC en passant par la Zambie.
Un enjeu pour toute la sous-région
L’élection prévue le 23 décembre a été reportée à deux reprises. Au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, élu en 2006, réélu dans la contestation en 2011, M. Kabila aurait dû quitter le pouvoir dès le 20 décembre 2016, à la fin de son deuxième mandat. Un accord politique, le 31 décembre 2016, lui a permis de rester au pouvoir moyennant des élections avant la fin 2017, finalement repoussées au 23 décembre 2018. Des journées de violences ont émaillé la crise politique congolaise liée au maintien du président Kabila.

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Avec ses neuf frontières et ses 2,3 millions de km2, ses réserves de cobalt au Katanga et ses dizaines de groupes armés actifs au Kivu, la RDC intéresse bien au-delà de ses frontières. Sa stabilité représente un enjeu pour toute la sous-région. Le président Kabila a pris soin de rendre visite à son homologue angolais, Joao Lourenço, à Luanda, avant d’annoncer sa décision. Il a dépêché à Kigali ses chefs des renseignements civils et militaires auprès du président rwandais Paul Kagame.
Les Etats-Unis envisagent de nouvelles sanctions pour obliger M. Kabila à quitter le pouvoir, a écrit lundi le Financial Times, qui affirme qu’au moins un membre de sa famille a été victime d’une interdiction de visa en juin de la part de Washington.


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Le gouvernement italien fait adopter une loi controversée sur le travail

Sous le feu des critiques, les populistes au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter leur première loi majeure qui ambitionne de sanctionner les entreprises abusant de la flexibilité.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 14h00
   





                        


C’était un cheval de bataille de Luigi Di Maio, le nouveau ministre du travail et chef de file du parti antisystème Mouvement 5 étoiles (M5S). Sous le feu des critiques, les populistes italiens au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter mardi 7 août leur première loi majeure qui ambitionne de réformer le marché du travail et de frapper les entreprises abusant de la flexibilité.
Dans la foulée de la Chambre des députés, la semaine dernière, le Sénat a avalisé mardi le « décret-loi dignité », avec 155 voix pour, 125 voix contre et une abstention, donnant le feu vert définitif à un texte limitant le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) et pénalisant licenciements et délocalisations.

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Une loi pourfendue par le patronat italien, ainsi que par le Parti démocrate (PD, centre gauche). « Citoyens 1-système 0 », s’est réjoui sur Twitter Luigi Di Maio, triomphant. Et les sénateurs de sa formation ont qualifié de « révolution culturelle » ce coup porté au « fléau social qui s’appelle la précarité ».
« Le ministre du travail est depuis aujourd’hui le ministre du chômage », a critiqué, pour sa part, l’ex-chef du gouvernement Matteo Renzi, l’homme fort du PD, sur les réseaux sociaux. « Grâce aux géniales intuitions du ministre Di Maio, nous allons perdre 80 000 postes de travail », a-t-il dit, en reprenant un chiffre des services du gouvernement qui a fait polémique en juillet. Selon le patronat (Confindustria), les nouvelles mesures vont décourager les investissements et limiter la croissance. Quant au tour de vis sur les CDD, il « risque d’avoir un impact négatif » sur le chômage.

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Un chômage endémique
L’Italie est confrontée à un chômage endémique, avec un taux de 10,9 % en juin, qui monte à 32,6 % pour les 15-24 ans, très au-dessus de la moyenne de la zone euro (16,8 % en mai).
Concrètement, il ne sera plus possible de dépasser les deux ans en CDD, contre trois auparavant. En outre, les CDD se verront appliquer une charge de cotisations sociales croissante de 0,5 % à partir du premier renouvellement, pour quatre renouvellements au maximum.

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Seules les personnes faisant le ménage ou s’occupant de personnes âgées sont exclues du dispositif. Au-delà de douze mois, les employeurs devront justifier la prolongation, par exemple pour un pic non prévu d’activité, une mesure source de recours en justice, prédit le patronat. En l’absence de justification valable, le CDD sera transformé en CDI. Les entreprises ne pourront pas totaliser plus de 30 % d’emplois temporaires. Les indemnités pour licenciements abusifs sont également augmentées, tandis que les entreprises procédant à des embauches bénéficieront d’un bonus.
En mars 2017, le gouvernement de Paolo Gentiloni (PD) avait abrogé le dispositif des « vouchers », sortes de chèques emploi service censés lutter contre le travail au noir mais dont la généralisation avait entraîné de nombreux abus. Le gouvernement populiste a souhaité les réintroduire de manière extrêmement restrictive dans l’agriculture (entreprises jusqu’à cinq employés) et le tourisme (jusqu’à huit employés), pour dix jours au maximum et pour les chômeurs, les étudiants et les retraités.
Le « Jobs Act » balayé
Cette mesure a été introduite par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, qui partage le pouvoir avec le M5S, particulièrement à l’écoute des entrepreneurs du nord de l’Italie.
Toute entreprise ayant reçu une aide de l’Etat sera en outre tenue de la rembourser si elle délocalise son activité dans les cinq ans qui suivent. Si cette délocalisation a lieu en dehors de l’Union européenne, l’entreprise devra rembourser de deux à quatre fois le montant de l’aide.
La loi comprend aussi une interdiction de la publicité des jeux de hasard, une disposition qui inquiète les milieux sportifs compte tenu du gros marché des paris sportifs.
Les sénateurs du PD se sont bruyamment opposés mardi à cette révision législative qui balaie le « Jobs Act », grande réforme du marché du travail de M. Renzi. En vigueur depuis mars 2015, le Jobs Act avait introduit un contrat de travail à durée indéterminée à « protection croissante », qui permettait aux employeurs un licenciement plus facile pendant au moins trois ans mais dont l’impact réel a fait débat.

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La Belgique envisage de construire une île contre la montée des eaux

Un site artificiel pourrait compléter les diverses mesures de défense des côtes de Flandre, mais le projet ne fait pas l’unanimité.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h50
    |

                            Intérim (Belgique)








                        



                                


                            

La Belgique se prépare à une montée du niveau de la mer qui pourrait atteindre 30 centimètres à l’horizon 2050 et 80 centimètres à la fin du siècle. Après avoir renforcé ses digues et consolidé ses plages, le pays envisage de construire une île artificielle en face de la ville de Knokke-Heist, à 5 kilomètres du port de Zeebruges.
« On veut étudier l’effet d’une telle installation pilote sur les défenses côtières, afin de décider par la suite à quoi devront ressembler les défenses maritimes jusqu’à 2100 », explique Nathalie Balcaen, de l’Agence des services maritimes et côtiers. Mais pourquoi une île ? « L’idée, c’est que les grosses vagues s’écraseront contre elle et perdront leur énergie pour arriver sur la plage avec moins d’intensité », poursuit-elle, assurant qu’en cas de succès, un véritable chapelet d’îles pourrait être construit.
Mais le secrétaire d’Etat à la mer du Nord, Philippe De Backer, se montre plus prudent et répète à l’envi que rien n’est encore fait. Il souligne que les autorités flamandes, qui portent le projet et ont déjà débloqué 8 millions d’euros à cet effet, doivent encore en définir les caractéristiques principales. Et que son gouvernement, qui a effectivement déjà réservé une zone sur le papier pour cette réalisation dans son plan marin 2020-2026 actuellement en consultation, conditionnera la réalisation du projet à des critères d’utilité et de respect des normes environnementales.
« Plus de windsurf »
A priori, l’île pilote mesurera 1 kilomètre de long sur 300 mètres de large et sera placée à 1 kilomètre de la réserve naturelle du Zwin. Elle pourrait accueillir de l’aquaculture mais aucune maison ni éolienne ne sera construite sur le terrain. « Elle vise à défendre la côte, donc il faut évier que d’autres activités interfèrent avec cet élément de protection », explique Philippe De Backer.
Selon lui, aucun chantier ne démarrera avant 2020. « On attend le dossier de la Flandre....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Après avoir subi des attaques meurtrières, la minorité, restée jusqu’alors à l’écart du conflit, soutient l’offensive du régime contre l’EI.
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Dans le sud de la Syrie, l’angoisse des Druzes face aux djihadistes

Après avoir subi des attaques meurtrières, la minorité, restée jusqu’alors à l’écart du conflit, soutient l’offensive du régime contre l’EI.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
08.08.2018 à 16h18
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

La guerre est de retour dans la région de Souweïda, bastion de la minorité druze situé dans le sud de la Syrie. La population y vit désormais au rythme de l’offensive lancée par le camp prorégime contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) retranchés dans les zones désertiques qui bordent la province.
Les opérations en cours font suite aux sanglantes attaques menées par les djihadistes, le 25 juillet, contre Souweïda et plusieurs villages avoisinants. 250 personnes, des civils pour l’essentiel, avaient été tués par des membres de l’EI et trente habitants – des femmes, des enfants et des jeunes hommes – d’un même village avaient été pris en otage. Après l’exécution, jeudi 2 août, de l’un deux, un jeune étudiant de 19 ans, dont les images ont été diffusées dimanche sur Internet, le climat d’angoisse, de colère et de tension qui règne dans la province druze est à son comble.

« Les gens ont peur qu’une nouvelle attaque se produise. Des rondes de nuit sont organisées au quotidien », explique Chadi Saab, résident de Souweïda. Dans la ville, située à une centaine de kilomètres de Damas, des habitants veillent désormais eux-mêmes sur leurs quartiers, soutenant ainsi de multiples groupes d’autodéfense et des milices druzes qui ont proliféré au cours du conflit et tiennent des barrages à l’intérieur de la cité et sur les routes de la province. On craint autant une tentative d’infiltration de djihadistes venus du désert que l’activation d’éventuelles cellules dormantes.
Mardi, une foule en colère, encadrée par des miliciens pro-régime, a pendu en pleine rue dans Souweïda un combattant présumé de l’EI. Selon des sources locales il avait été arrêté quelques heures plus tôt alors qu’il tentait de commettre un attentat. « Tout le monde n’appuie pas cette façon de rendre justice, mais une majorité des habitants l’approuve. Personne ne peut oublier comment les gens ont été massacrés le 25 juillet », affirme Kinan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ A Cuba, le vélo est souvent perçu comme un transport de pauvres. Avec le projet Bicicletear, des dizaines de jeunes Cubains veulent lutter contre ce préjugé et réhabiliter la bicyclette.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Plusieurs experts imputent l’accident à des erreurs humaines.
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Rupture d’un barrage au Laos : le désastre aurait pu être évité

Plusieurs experts imputent l’accident à des erreurs humaines.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h44
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

Plus de deux semaines après la rupture d’un barrage dans le sud du Laos, le bilan humain de la catastrophe reste difficile à évaluer : mardi 7 août, le gouverneur adjoint de la province d’Attapeu, où le désastre a eu lieu, a indiqué que 31 corps avaient été retrouvés et que « 130 personnes étaient portées disparues ».
Ce bilan est vraisemblablement très en deçà de la réalité : les experts indépendants parlent, au minimum, de plusieurs centaines de disparus, et certains médias régionaux évoquent le chiffre d’un millier de villageois dont on est sans nouvelles. Environ 6 000 personnes ont dû fuir lors de ce désastre consécutif à la rupture, lundi 23 juillet, d’un barrage encore en construction sur l’un affluent du Mékong : un flot de 5 milliards de mètres cubes d’eau s’est alors déversé dans la rivière Sékong, noyant de nombreux villages.
Dans ce pays « postcommuniste » au régime à parti unique, l’un des plus autoritaires de la région, l’information reste sévèrement contrôlée, ce qui rend encore plus difficile de se faire une idée précise de la situation dans les zones désormais inondées, situées aux frontières du Vietnam et du Cambodge. La province cambodgienne de Stung Treng a d’ailleurs, elle aussi, subi les conséquences de la catastrophe, et plusieurs milliers de personnes ont dû être évacuées fin juillet.

Le fait que le premier ministre laotien, Thongloun Sisoulith, ait tenu, au lendemain du désastre, une conférence de presse télévisée – dans un pays sans liberté d’expression pour les médias – donne une idée de l’importance de l’événement. L’accident est un sérieux revers pour la politique énergétique choisie par le régime. S’appuyant sur les perspectives de développement offertes par le potentiel hydroélectrique de ce pays montagneux sillonné de rivières, le gouvernement s’est fixé pour objectif de devenir « la batterie du Sud-Est asiatique » : 51 barrages ont déjà été bâtis, 46 autres sont en construction.
Une...




                        

                        


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Baidu se prépare à accueillir fraîchement Google en Chine

« Nous vaincrons encore une fois » a écrit Robin Li, le fondateur du moteur de recherche chinois, sur son compte WeChat, pour commenter le possible retour de la firme américaine.



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h37
    |

            François Bougon








                        



   


Après huit ans d’absence, le retour de Google en Chine, sous la forme d’une application ou d’une version filtrée de son moteur de recherche, semble se profiler. Et si ni l’entreprise américaine ni Pékin n’ont confirmé ces informations, le comité d’accueil se met déjà en place.
Les toutes premières paroles de bienvenue, mi-figue mi-raisin, proviennent d’un de ses concurrents potentiels, Robin Li, fondateur de Baidu, le moteur de recherche le plus utilisé dans la deuxième économie mondiale. Sur son compte WeChat, mardi 7 août, il a eu cette phrase, telles ces paroles de défi lancées par les boxeurs à la pesée : « Si Google revient sur le marché, nous vaincrons encore une fois avec de vraies armes. » M. Li a eu recours à une expression utilisée couramment par les amateurs de jeux vidéo : « PK » (player killer). On a connu des mots d’accueil plus chaleureux…

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Mais le fondateur de Baidu a surtout expliqué – dans un message destiné originellement à ses amis qui a été ensuite diffusé sur les sites chinois – qu’aujourd’hui le marché avait considérablement évolué et que les entreprises technologiques de l’empire du Milieu n’avaient rien à craindre de leurs concurrentes américaines, car elles se trouvent à la pointe dans le domaine de l’innovation et des services rendus aux utilisateurs : « Le Baidu d’aujourd’hui est déjà une entreprise avec une force d’influence puissante et mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle. » Il a également souligné que le géant chinois avait développé de nombreux partenariats avec des étrangers, dont Google.

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La bataille va commencer
Robin Li réagissait à un Tweet en anglais – vite effacé pour des raisons inconnues – de l’organe du Parti communiste chinois (PCC), Le Quotidien du peuple, lequel soulignait que Google était le bienvenu dans la mesure où il respectait les lois chinoises. Sous le règne de Xi Jinping, numéro un du PCC depuis 2012, les autorités ont considérablement renforcé leur contrôle sur les contenus diffusés sur le Net au nom du développement d’un Internet « sain » et conforme aux « valeurs spirituelles socialistes ».
Présent en Chine depuis 2006, malgré les critiques des organisations de défense des droits de l’homme et de certains de ses actionnaires, Google s’était retiré quatre ans plus tard, à la suite du piratage de comptes Gmail de dissidents. Il avait également expliqué ne plus vouloir appliquer les règles de censure imposées par les autorités. La décision de la firme de Mountain View avait été soutenue par le gouvernement américain. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton, avait fait de la liberté d’Internet un thème important de sa politique étrangère.

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Mais depuis plusieurs mois, certains indices laissaient entrevoir un retour. En décembre 2017, Google a annoncé l’ouverture d’un laboratoire consacré à l’intelligence artificielle à Pékin, et en juin un investissement de 550 millions de dollars (474 millions d’euros) dans JDD. com, une plate-forme de commerce électronique concurrente d’Alibaba. Il se pourrait que le retour se fasse en passant par une alliance avec le grand concurrent de ce dernier, Tencent. La bataille va pouvoir commencer.



                            


                        

                        


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Décryptage

Zimbabwe : après les élections, le temps des punitions

Plusieurs responsables de l’opposition sont traqués par la police, après la proclamation de la nouvelle victoire de la ZANU-PF.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
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        Le 08.08.2018 à 11h35

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        Mis à jour le 08.08.2018 à 15h07






    
Des partisans de l’opposition sont emmenés après leur comparution, à Harare, le 6 août.
Crédits : ZINYANGE AUNTONY / AFP


Le temps de l’ouverture, au Zimbabwe, qui avait accompagné pour la première fois la campagne électorale avant les élections générales du 30 juillet, est désormais révolu. Il laisse la place, à présent, à celui des punitions. Celles subies par les militants, les sympathisants ou les dirigeants de la formation d’opposition, le Mouvement démocratique pour le changement (MDC), depuis la proclamation dans la nuit du 3 août de la victoire à la présidentielle d’Emmerson Mnangagwa, le candidat du parti au pouvoir, la ZANU-PF.
L’annonce de cette victoire n’avait donné lieu à aucun débordement, le centre de Harare ayant été préalablement vidé. Mais dès le soir suivant, des descentes d’hommes en uniforme ont eu lieu dans des quartiers périphériques de la capitale connus pour être des bastions du MDC, comme Chitungwiza. Soldats débarquant dans les débits de boisson, tabassant la clientèle au hasard, ou s’attaquant aux passants dans la rue. Cette vague de violence a touché aussi Kuwadzana, Glen View, Budiriro, et d’autres banlieues qui ont voté rouge, la couleur du MDC.
Encore cela n’était-il que la « première vague », comme l’analyse Dewa Mavhinga, directeur pour l’Afrique australe de Human Rights Watch (HRW). Elle était menée par des soldats mais aussi, déjà, par « des hommes en civil avec des armes, se déplaçant à bord de pick-up sans plaques d’immatriculation ». Ces derniers se sont concentrés, lors d’une seconde vague, sur les responsables de l’opposition.
Agressions jusque dans les zones rurales
Mercredi matin, l’ex-ministre des finances et pilier de l’alliance de l’opposition, Tendai Biti, avait, selon une bonne source, franchi la frontière zambienne et se trouvait entre les mains de la police locale. Jim Kunaka, un proche du chef du MDC, Nelson Chamisa, est recherché. La femme et le jeune frère de Jim Kunaka ont été emmenés par des hommes en civil et frappés pour tenter de leur soutirer des renseignements sur l’endroit où il se cache.
C’est le cas aussi de Happymore Chidziva, responsable de la jeunesse du MDC, ou de Morgan Komichi, le président national du parti, l’homme qui s’était dressé à la tribune de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) pour contester les résultats la nuit de leur proclamation. Ils pourraient être accusés des violences dans le centre de Harare, lorsque l’armée a ouvert le feu sur les manifestants et tué six personnes, le 1er août, une action dont le pouvoir entend imputer la responsabilité à l’opposition.
Quant à Nelson Chamisa, il ne répond plus à ses numéros personnels mais il a tweeté dans la journée : « Nous avons gagné cette élection de manière écrasante. Les chiffres de la ZEC [Commission électorale] sont falsifiés et ont été gonflés en faveur du président sortant. Nous sommes prêts pour la prestation de serment du prochain gouvernement » – comprendre : le sien.
Un rapport du Forum des ONG des droits de l’homme a décompté 124 incidents violents en cinq jours. Ceux qui les ont commises ont beau s’être parfois masqués le visage, ils restent identifiables grâce à leurs uniformes. Ce rapport coïncide avec un document relevant les cas de violences réalisé par l’organisation We the People of Zimbabwe, qui regroupe des membres de la société civile. On y découvre que les agressions se sont étendues au-delà de la capitale, dans des zones rurales où la ZANU-PF dispose d’un maillage serré d’agents, vêtus en civil et armés. Leurs attaques s’apparentent à des passages à tabac. Les blessés vont jusqu’aux hôpitaux proches de Harare pour se faire soigner. Aucun décès n’a été relevé.
« La situation est très volatile »
Piers Pigou, spécialiste du Zimbabwe pour le think tank International Crisis Groupe (ICG), en conclut qu’il est désormais « peu vraisemblable de voir s’organiser de grandes manifestations de l’opposition ». Certaines missions d’observateurs avaient conclu, très vite après le scrutin, à sa bonne tenue. « C’est en train de leur exploser au visage, la situation est très volatile », s’inquiète Piers Pigou. Nul ne sait, en effet, si les violences continueront de s’étendre dans le temps et dans le pays, comme cela avait été le cas lors des élections de 2008.

        Lire aussi l’éditorial du « Monde » :
         

          Zimbabwe : le changement reste à écrire



Plusieurs conjectures se concurrencent pour attribuer la responsabilité de ce châtiment post-électoral. Selon la première hypothèse, le président Mnangagwa aurait été tenu à l’écart de la décision d’avoir recours à l’armée pour exercer ces violences, dépassé par les ultras de son pouvoir, à commencer par le vice-président, le général à la retraite Constantino Chiwenga. Cela implique qu’un écart croissant se ferait jour entre un groupe de généraux décidés à ne rien céder à l’opposition, et le pouvoir civil animé par des réformateurs. Cette tension serait telle qu’elle pourrait menacer la stabilité du pays.
Cette explication circule dans les milieux diplomatiques et dans les cercles bien informés de Harare, mais rien n’est encore venu l’étayer. Peut-être s’agit-il d’une construction narrative destinée à dédouaner le pouvoir d’Emmerson Mnangagwa. Ces divisions affecteraient aussi des unités de l’armée, en plus de celles qui séparent, depuis le coup d’Etat anti-Mugabe de novembre 2017, l’armée et la police.
Le risque de cette dérive apparaît désormais plus clairement à l’ensemble des observateurs. Les délégations de l’Union européenne, celles de pays européens et des Etats-Unis, dans un communiqué rendu public mardi 7 août, disent « noter avec une inquiétude des plus graves l’éruption de violence et les cas de violations des droits de l’homme qui ont suivi les élections pacifiques du 30 juillet ». Selon le même texte, « les chefs de missions condamnent les violences, les attaques et les actes d’intimidation qui visent des responsables de l’opposition et leurs sympathisants ».
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            data-slide-description="Des partisans du parti d’opposition MDC Alliance devant des policiers venus assurer la sécurité du siège de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC). Selon les résultats publiés mercredi 1er août par la commission électorale, la ZANU-PF a remporté plus de deux tiers des sièges de l’Assemblée nationale."
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            data-slide-description="Un sympathisant du parti d’opposition de Nelson Chamisa participe au blocage d’une rue à Harare, mercredi 1er août."
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            data-slide-description="Des partisans de l’opposition se rassemblent devant la commission électorale alors que le pays attend les résultats officiels de la présidentielle."
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            data-slide-description="Un partisan du candidat de l’opposition, Nelson Chamisa, devant le siège du parti (Movement for Democratic Change) avant l’annonce des résultats des élections générales."
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            data-slide-description="Des policiers antiémeute devant le siège de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC), après l’annonce des premiers résultats."
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            data-slide-description="Un partisan du MDC déchire une urne vide alors qu’il exige les résultats des élections générales. Les résultats définitifs de la présidentielle seront connus jeudi, selon la ZEC."
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            data-slide-description="Un observateur international traverse une foule de partisans de l’opposition. Les Européens venaient observer le processus électoral pour la première fois depuis 2002, et leur avis sur le scrutin est déterminant pour le retour sur la scène internationale du Zimbabwe afin d’en finir avec l’ère Mugabe, évincé du pouvoir après trente-sept années passées à la tête du pays."
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            data-slide-description="Des supporteurs de Nelson Chamisa font la fête devant le siège du parti. L’opposition a revendiqué la victoire de son candidat dès le premier tour."
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            data-slide-description="Dans une des rues bloquées par des militants de l’opposition."
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            data-slide-description="Des chars en patrouille. Au moins une personne aurait été tuée par balles par les soldats."
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            data-slide-description="Des partisans du MDC fuient alors que les soldats se préparent à disperser la foule massée à l’extérieur du siège du parti."
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            data-slide-description="Un soldat tire en direction des manifestants."
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Des partisans du parti d’opposition MDC Alliance devant des policiers venus assurer la sécurité du siège de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC). Selon les résultats publiés mercredi 1er août par la commission électorale, la ZANU-PF a remporté plus de deux tiers des sièges de l’Assemblée nationale.

ZINYANGE AUNTONY / AFP
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le gouvernement prochinois en place à Hongkong menace d’interdire le parti d’Andy Chan Ho-tin, pour raisons de « sécurité nationale ».
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Hongkong : la Chine veut empêcher un militant indépendantiste de parler devant la presse étrangère

Le gouvernement prochinois en place à Hongkong menace d’interdire le parti d’Andy Chan Ho-tin, pour raisons de « sécurité nationale ».



Le Monde
 |    08.08.2018 à 11h31
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Le Club des correspondants étrangers de Hongkong est plus habitué à couvrir les polémiques qu’à en être partie prenante. Mais l’intervention, prévue mardi 14 août, d’Andy Chan Ho-tin, leader d’un microparti indépendantiste, a réussi à provoquer la colère de l’actuelle chef de l’exécutif de Hongkong, Carrie Lam, de son prédécesseur, C. Y. Leung, et du camp pro-Pékin.
Peu après l’annonce de cette invitation, le ministère des affaires étrangères chinois a rencontré le conseil d’administration du Foreign Correspondents’Club (FCC) pour lui demander d’annuler l’événement. Ce que le FCC a refusé, rappelant dans un communiqué lundi 6 août, qu’« organiser des événements ne veut pas dire que nous soutenons, ou nous opposons, aux opinions défendues par les intervenants ».
Andy Chan, 27 ans, ancien du mouvement Occupy Central de 2014, est à la tête du Hongkong National Party, une formation lancée en mars 2016 qui ne compte aucun élu et défend une position radicale : l’indépendance totale de Hongkong vis-à-vis de la Chine. M. Chan a déjà déclaré qu’il n’excluait pas le recours à la violence « si c’était un moyen efficace de nous faire entendre ». Le gouvernement prochinois menace d’interdire son parti pour raisons de « sécurité nationale ». Le 17 juillet, le secrétaire à la sécurité, John Lee Ka-chiu, a donné vingt et un jours au parti pour se défendre par écrit, avant l’interdiction, qui serait une première.
Confessions télévisées
L’ancien chef de l’exécutif C. Y. Leung a été le premier à attaquer le FCC. Reprenant une récente déclaration du président chinois Xi Jinping, il estime que l’indépendance est « une ligne rouge absolue et claire », puisqu’elle « constitue une violation de la souveraineté chinoise ». Il se demande sur Facebook si le FCC invitera à l’avenir des partisans de l’indépendance de Taïwan, du Xinjiang, ou du Tibet ? Et même, poursuit-il, « l’association demanderait-elle à des terroristes...




                        

                        

