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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Au lendemain du premier scrutin post-Mugabe, la tension monte entre la formation d’Emmerson Mnangagwa et celle de l’opposant Nelson Chamisa.
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Compte rendu

Au Zimbabwe, tous les camps s’annoncent vainqueur de la présidentielle

Au lendemain du premier scrutin post-Mugabe, la tension monte entre la formation d’Emmerson Mnangagwa et celle de l’opposant Nelson Chamisa.

Jean-Philippe Rémy (Harare, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 31.07.2018 à 17h47

     •
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        Mis à jour le 31.07.2018 à 17h52






    
Un camion des forces de l’ordre passe devant des partisans du MDC manifestant leur joie, à Harare (Zimbabwe), le 31 juillet 2018. Le parti d’opposition dit avoir remporté l’élection présidentielle.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


Quand tout le monde pense avoir gagné une élection, et que personne n’a le droit de le dire mais ne peut s’empêcher de le crier, on obtient fatalement un résultat un peu étrange et une situation un peu dangereuse. C’est précisément ce qui est en train d’arriver au Zimbabwe, au lendemain d’un scrutin exceptionnel qui doit décider de l’avenir du pays, huit mois après la chute de Robert Mugabe.
Du côté de l’opposition, Nelson Chamisa, le candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a commencé dès le matin, mardi 31 juillet, par un Tweet un peu tordu, sorte de cri de victoire tourné de façon à ne pas crier tout à fait victoire, chose qui aurait eu pour effet immédiat de le faire arrêter par la police.
Préempter la suite des événements
Dans l’après-midi, un de ses proches au sein de la galaxie complexe du MDC monte au créneau à son tour, lors d’une conférence de presse cette fois, organisée dans l’immeuble historique du parti, dans le centre-ville de Harare. Tendai Biti, ex-ministre des finances (au temps du gouvernement d’union nationale, auquel il participait comme opposant), prend infiniment moins de gants pour annoncer que le MDC a collecté des résultats de bureaux de vote à l’échelle du pays. Il dit que la formation a fait ses comptes et est en mesure d’affirmer que « les résultats montrent au-delà de tout doute raisonnable que nous avons gagné les élections et que le prochain président du Zimbabwe est Nelson Chamisa ». Si ce n’est pas une proclamation de victoire, cela commence furieusement à y ressembler.

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                Zimbabwe : les élections de l’après-Mugabe, entre espoir et craintes



Tendai Biti a conscience de franchir une limite. C’est une stratégie, pas un dérapage malencontreux. Il dit aussi que Constantino Chiwenga, l’ex-chef de l’armée désormais à la fois vice-président et ministre de la défense, « a donné l’ordre d’assassiner Nelson Chamisa et moi-même ». C’est une accusation, naturellement, d’une extrême gravité. Il y a quelques jours, il avait annoncé avoir eu un accident de voiture dans des circonstances étranges, percuté par un véhicule qui a pris la fuite. Le MDC considère qu’il s’agit d’une première tentative d’élimination, selon une méthode qui est, du reste, un grand classique des services de sécurité au Zimbabwe. Mais, en l’occurrence, impossible de savoir s’il s’agit de faits ou d’un montage.
Tendai Biti répète en tout cas que les calculs de sa formation sur la base des résultats collectés dans un nombre raisonnable de bureaux de vote (il y en a 11 000 à travers le pays) sont « un fait », et qu’il demande maintenant à la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) d’accélérer les décomptes et de proclamer les résultats. Une façon d’essayer de préempter la suite des événements, de mener le jeu, en quelque sorte, mais aussi de tendre le climat. « Il y a des preuves que des individus sont en train de changer les résultats. Ne les laissez pas faire, ne plongez pas le Zimbabwe dans le chaos », a-t-il ainsi insisté.
Pousser le pouvoir à la faute
En bas de l’immeuble, une poignée de supporters du MDC à l’allure très modeste s’est regroupée pour tenter un début de manifestation de joie. Il n’est pas certain que la fête durera longtemps. Des canons à eau sont en train de bouger sur les grands axes pour tempérer les effusions de joie prématurées. Seulement, comme rien ne se fera avec des déclarations, le MDC, qui le sait, cherche à pousser le pouvoir à la faute.

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                Après Mugabe, le Zimbabwe au défi des urnes



Du côté de la ZANU-PF, le président Emmerson Mnangagwa, successeur de Robert Mugabe après le coup d’Etat de novembre 2017, annonce aussi une façon de victoire sans oser le formuler de façon explicite. « Les données que nous recevons de nos représentants dans le pays sont extrêmement positives, a-t-il affirmé. Nous attendons impatiemment les résultats officiels, comme le requiert la Constitution. »
Après le vote dans l’enthousiasme de lundi, il reste cinq jours à la ZEC pour annoncer le résultat qu’un pays attend dans une tension croissante. Mardi, la présidente de la commission, la juge Priscilla Chugumba, n’a pas dit grand-chose, mais a mis en garde : « Il est strictement interdit par la loi d’annoncer des résultats. »


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Démocraties fatiguées 4|6. La mauvaise régulation du financement des partis contribue à la défiance des Français envers les politiques  et favorise l’abstention et les votes extrêmes, analyse Julia Cagé, professeure d’économie à Sciences Po Paris.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Président, la vie d’après (3/6). Trente-quatre semaines s’écoulent entre le départ de l’Elysée du premier président socialiste, en mai 1995, et son décès, en janvier 1996. Rongé par la maladie mais gardant l’esprit alerte, l’ancien monarque travaille à sa postérité.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Après trois heures de débats, une première motion va être votée puis un deuxième vote aura lieu sur la motion déposée par l’opposition de gauche ; l’exécutif ne devrait pas avoir de mal à faire rejeter ces textes.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Du Parlement au gouvernement, ils ont été en première ligne après les révélations du « Monde » sur l’ancien chargé de mission de l’Elysée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

Benalla : du Parlement au gouvernement, les gagnants et les perdants de la crise

Du Parlement au gouvernement, ils ont été en première ligne après les révélations du « Monde » sur l’ancien chargé de mission de l’Elysée.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 12h52
    |

            Virginie Malingre, 
Manon Rescan et 
Olivier Faye








                        


Qu’ils soient députés, sénateurs ou ministres, ces six figures de la majorité ou de l’opposition ont dû faire face aux tumultes déclenchés par les agissements de l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron. Ils ont, chacun dans leur rôle, tenté de faire la lumière ou parfois été pris dans la tourmente de l’affaire Benalla.
Les gagnants : Philippe Bas, Richard Ferrand et Guillaume Larrivé
Philippe Bas, président de la commission d’enquête du Sénat

   


La commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla a popularisé les saillies piquantes et subtiles de Philippe Bas. Tandis que les députés de sa formation politique faisaient des esclandres à l’Assemblée, l’élu LR de la Manche a incarné un Sénat agissant avec sang-froid dans la crise. Un travail salué par tous au-delà des murs des deux assemblées. Depuis une semaine, le président de la commission des lois au Palais du Luxembourg a vu son nombre d’abonnés sur Twitter exploser.
Bien avant cela, le conseiller d’Etat avait été secrétaire général de l’Elysée de Chirac et ministre de la santé du même président. Sénateur depuis 2011, il s’est imposé en fin tacticien. C’est aussi un excellent connaisseur des questions de renseignement. M. Bas est également membre du bureau de Force républicaine, le microparti fillonniste présidé par Bruno Retailleau. Il a jusqu’au bout soutenu François Fillon lors de l’élection présidentielle en 2017 quand d’autres avaient quitté le navire à la suite des révélations du Canard enchaîné. Certains lui prêtent l’ambition de vouloir succéder à Gérard Larcher comme président du Sénat.

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                Philippe Bas : « L’affaire Benalla, de la sortie de “route politique” à l’affaire d’Etat »



Richard Ferrand, président du groupe LRM de l’Assemblée

   


Contesté depuis ses débuts à la tête de la majorité LRM depuis un an, Richard Ferrand s’est révélé dans la crise. Critiqué par des députés macronistes pour son manque de diplomatie et son ton cassant, l’ancien député socialiste a renforcé son leadership. Ses prises de parole devant le groupe au plus fort du blocage de l’examen de la révision constitutionnelle ont notamment marqué les députés. « Il nous a aidés à prendre de la hauteur, à remettre les événements en perspective », explique l’un d’eux.
Face à François de Rugy qui voulait éviter que l’Assemblée continue à siéger dans ces conditions, l’élu du Finistère a insisté pour ne pas céder face à l’opposition. Une partie des députés continuent toutefois à plaider pour réorganiser la gestion du groupe politique dans son ensemble.
Depuis l’intervention d’Emmanuel Macron devant les députés à la Maison de l’Amérique latine mardi 24 juillet, M. Ferrand affiche sur son compte Twitter une photo de lui à côté du chef de l’Etat avec cette promesse « Prêts pour l’an II » du quinquennat. Jamais en un an il n’avait paru aussi offensif et déterminé.

Avec le Président, pour le pays. 
— RichardFerrand (@Richard Ferrand)


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Guillaume Larrivé, corapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée

   


Ses collègues députés LR louent son côté « méthodique » (Aurélien Pradié), son « sang-froid » (Christian Jacob) et l’aspect « pointu, précis, très juridique » du personnage (Pierre-Henri Dumont). Certains trouvent, aussi, qu’il la joue trop « perso ». Qu’importe. En occupant le poste de corapporteur de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla installée à l’Assemblée nationale, puis en claquant la porte avec fracas pour ne « pas servir de caution » à cet organe inféodé selon lui à « des députés macronistes aux ordres de l’Elysée », Guillaume Larrivé est sorti de l’anonymat.

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                Affaire Benalla : la commission d’enquête implose



Cela fait pourtant longtemps, à droite, que le député de l’Yonne âgé de 41 ans, ancien soutien de Nicolas Sarkozy et ex-collaborateur de Brice Hortefeux, est connu et reconnu, notamment pour son expertise dans le domaine institutionnel. Ce conseiller d’Etat passé par l’ENA, qui exerce aujourd’hui son deuxième mandat de parlementaire, a été chargé par le président de LR, Laurent Wauquiez, de la réflexion sur le projet du parti.
Les perdants : Yaël Braun-Pivet, Gérard Collomb et Christophe Castaner
Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission d’enquête de l’Assemblée

   


Lundi soir 30 juillet, la présidente LRM de la commission des lois à l’Assemblée nationale a annoncé qu’elle avait porté plainte pour injures et menaces après avoir été la cible de nombreux messages sexistes et à caractère antisémite depuis plusieurs jours.
Ce déferlement de haine intervient alors qu’elle est en première ligne au sein de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. En tant que corapporteure de celle-ci, elle a eu le plus mauvais rôle, celui de questionner l’action de l’exécutif alors que la Macronie vivait sa première crise politique. Pendant dix jours, elle a été la cible répétée des critiques de l’opposition qui lui ont reproché d’être aux ordres de l’Elysée.
Au fil de l’année, cette novice en politique, contestée par la majorité, avait pourtant gagné le respect des oppositions en cherchant le consensus lors des travaux de sa commission. C’est un autre visage qu’elle leur a révélé dans la crise, se montrant intransigeante notamment parce qu’elle refusait d’auditionner Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée. « On lui fait un procès en illégitimité qu’on ne ferait pas à un homme », estime toutefois un cadre de la majorité.

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                Yaël Braun-Pivet, députée appréciée, mais présidente désavouée



Gérard Collomb, ministre de l’intérieur

   


« Le ministre de l’intérieur sort amoché de cette affaire, juge un député de la majorité. Les flics ont le sentiment qu’il les a lâchés, l’exécutif ne l’a pas trouvé très solidaire. » Entre loyauté au chef de l’Etat et nécessité d’assumer son rôle de chef de la « maison police », la ligne de crête était étroite pour Gérard Collomb, à qui les syndicats de policiers reprochent d’avoir laissé prospérer des soupçons de violences policières.
Auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale le 22 juillet, le numéro deux du gouvernement a rejeté toute la responsabilité de l’affaire sur le préfet de police et l’Elysée.
« Le cabinet du président de la République et la préfecture de police disposant de toutes les informations pour agir, j’ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté, je ne me suis plus préoccupé [de ce dossier] », a-t-il expliqué aux députés, pour justifier le fait qu’il n’avait pas informé la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.

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                Lignes de fracture entre Beauvau et la préfecture de police sur le cas Benalla



A d’autres moments de son audition, l’ancien maire de Lyon a surtout préféré afficher une méconnaissance de ce dossier. « Je pensais même que c’était quelqu’un qui faisait partie des services de police », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il ne connaissait pas M. Benalla. Jean-Marie Girier, son chef de cabinet, entendu par la commission d’enquête du Sénat lundi 30 juillet, a confirmé que Gérard Collomb ne connaissait « ni son nom, ni son prénom, ni ses fonctions ».
Christophe Castaner, délégué général de LRM

   


Cet homme-clé de la Macronie sort très affaibli de l’affaire Benalla. Une séquence qui relance les critiques contre sa double casquette de délégué général de LRM et de secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. « Ça fait des mois qu’il y a des problèmes sur l’agenda parlementaire [dont il a la charge]. Quant au mouvement LRM, il va mal », résume un député LRM. « Il a abandonné les parlementaires de la majorité, attaque l’un d’entre eux. Il a laissé Nicole Belloubet ferrailler seule avec l’opposition pour tenter de faire avancer le projet de révision constitutionnelle. »
Surnommé le « secrétaire d’Etat à la buvette » par un député « insoumis », M. Castaner a été très peu vu au banc quand l’opposition paralysait l’Assemblée nationale à coups de rappels au règlement et de suspensions de séance. Est-ce parce qu’il craint d’être interpellé par l’opposition sur le cas de Vincent Crase, ce salarié de LRM qui est aux côtés d’Alexandre Benalla le 1er mai ? « Si tu n’as rien à dire, tu ne traînes pas dans les couloirs », explique un élu macroniste alors que Marine Le Pen a alpagué le secrétaire d’Etat dans la salle des Quatre-Colonnes, pour lui reprocher son absence dans l’hémicycle.
Quand il est interrogé sur BFM, le 23 juillet, afin d’expliquer pourquoi M. Benalla était dans le bus des Bleus qui remontait vers l’Elysée au lendemain de la finale de la Coupe du monde, Christophe Castaner affirme avoir « entendu dire qu’il était chargé de la logistique des bagages ». Ce qui lui vaudra cette réponse d’Emmanuel Macron le soir même : « Alexandre Benalla, quoi que bagagiste d’un jour, n’a jamais eu ces fonctions dans la durée. »

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le premier ministre a exercé une riposte intermittente. Mardi, il doit affronter deux motions de censure.
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édition abonné


Affaire Benalla : Edouard Philippe en première ligne

Le premier ministre a exercé une riposte intermittente. Mardi, il doit affronter deux motions de censure.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 11h59
    |

            Sarah Belouezzane, 
Olivier Faye et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            
Le tumulte de l’affaire Benalla gronde depuis déjà six jours, mardi 24 juillet, quand Emmanuel Macron se décide à s’exprimer devant les députés de la majorité réunis à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Une partie du gouvernement et de la brigata macronienne encadre le chef de l’Etat : Gérard Collomb, Richard Ferrand, François Patriat, Benjamin Griveaux, Christophe Castaner, Marlène Schiappa… Edouard Philippe, lui, se tient en retrait, au second rang. Le premier ministre semble légèrement ailleurs, regarde parfois en l’air, souvent par terre, dandine sur ses pieds. Il ne rit pas quand les autres s’esclaffent.
« Je suis le seul responsable », lance Emmanuel Macron. Depuis le début de la crise, Edouard Philippe ne semble jamais avoir pensé le contraire. Car même si le premier ministre a dû s’expliquer plusieurs fois devant les parlementaires, il a exercé une riposte en pointillé et n’a jamais vraiment servi de paratonnerre au président.
C’est pourtant l’ancien maire du Havre qui devait affronter, mardi 31 juillet, deux motions de censure – l’une déposée par Les Républicains (LR), l’autre par les socialistes, les communistes et les « insoumis » – mettant en cause la responsabilité du gouvernement dans les violences commises par l’ex-collaborateur de l’Elysée lors des manifestations du 1er-Mai.
Seule face à l’opposition
Le premier ministre, fait-on savoir dans son entourage, comptait se servir de l’exercice pour engager une séance de confrontation avec l’opposition. Une manière de se positionner en première ligne. « Il ne s’est pas planqué », estime un député La République en marche. « Il a la bonne distance, et il fait le job. » « Il tient le gouvernement, analyse une source au sein de l’executif. Il se fait écraser quand le président fait sa sortie à la Maison de l’Amérique latine, mais mine de rien, sans ses réponses au banc face aux députés, le président n’aurait pas pu réagir comme il l’a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ L’époux de la ministre de la santé évite les soupçons de conflit d’intérêts. Le processus de recrutement du PDG de l’organisme public de recherche est relancé.
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édition abonné


Yves Lévy retire sa candidature à la tête de l’Inserm

L’époux de la ministre de la santé évite les soupçons de conflit d’intérêts. Le processus de recrutement du PDG de l’organisme public de recherche est relancé.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 10h59
    |

            Pascale Santi et 
Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Certains y verront sans doute un premier effet collatéral de l’affaire Benalla. Le PDG de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy, mari de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé lundi 30 juillet qu’il retirait sa candidature à un second mandat à la tête de cet organisme public, où il avait été nommé en 2014. Après des semaines d’incertitudes – alors même qu’il ne s’était jamais officiellement déclaré –, il a adressé une lettre à l’ensemble des salariés de l’Inserm, indiquant : « Dans la situation personnelle qui est la mienne, je considère que toutes les conditions ne seront pas réunies pour conduire ce projet ambitieux (…) je ne veux enlever aucune chance à l’Inserm et nous placer dans une situation dans laquelle l’Institut ne pourrait pas pleinement interagir avec les tutelles. »
Yves Lévy, scientifique reconnu, avait un temps tenté de maintenir sa candidature, il a semble-t-il préféré jeter l’éponge de lui-même. Le gouvernement n’aura donc pas à répondre aux soupçons de conflit d’intérêts que posait le renouvellement de l’époux d’Agnès Buzyn. Une question qui s’était déjà posée lors de sa nomination au ministère de la santé en mai 2017. « Le gouvernement rappelle que l’ensemble des procédures permettant d’éviter tout conflit d’intérêts entre l’Inserm et la ministre des solidarités et de la santé ont été mises en œuvre de façon continue depuis mai 2017 », a indiqué lundi un communiqué de Matignon.
A l’époque, un « système de déport » avait été décidé : un décret avait placé l’Inserm sous la double tutelle de Matignon et du ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur. Pour autant, les critiques avaient été nombreuses. Critiques qu’Agnès Buzyn considérait comme infondées, répétant « ne pas s’impliquer dans la carrière de [son] mari ».
Question sur la transparence du processus
Que va-t-il se passer désormais ? « Le processus sera relancé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La corapporteure LRM de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée a déposé plainte pour injures et menaces.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Menacée sur les réseaux sociaux, la députée Yaël Braun-Pivet porte plainte

La corapporteure LRM de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée a déposé plainte pour injures et menaces.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 20h51
   





                        



   


« Dégage, ou [on] te fera dégager. Pourriture », « après tout ça vous aurez droit au goudronnage et plumes. RASAGE comme en 45… pour les traîtres », « Elle est plus Yaël PIVET que BRAUN. En un mot, plus judéo-mac que national-socialiste »… Devant l’avalanche d’injures et de « messages abjects à caractère sexiste et antisémite » diffusés sur les réseaux sociaux, la députée Yaël Braun-Pivet, corapporteure (La République en marche) de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla à l’Assemblée, a annoncé lundi 30 juillet avoir déposé plainte. Elle a joint à son communiqué certains de ces messages de haine.
« Rien ne justifie une telle violence. Elle est intolérable. C’est pourquoi j’ai porté plainte pour injures et menaces aujourd’hui auprès du commissariat du 7e arrondissement de Paris. »
La députée, avocate de profession, a été unanimement critiquée par l’opposition pour avoir refusé d’accéder aux demandes d’audition des députés des autres groupes que La République en marche. Plusieurs députés l’ont accusée de « protéger » l’Elysée, l’insoumis Alexis Corbière la qualifiant même de « Benalla de l’Assemblée nationale ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Après le dépôt de deux plaintes évoquant nommément Alexandre Benalla et Vincent Crase, le parquet de Paris a ouvert une enquête concernant une interpellation au Jardin des Plantes.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : nouvelle enquête ouverte pour d’autres violences commises le 1er mai à Paris

Après le dépôt de deux plaintes évoquant nommément Alexandre Benalla et Vincent Crase, le parquet de Paris a ouvert une enquête concernant une interpellation au Jardin des Plantes.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 09h36
   





                        


Le parquet de Paris a annoncé, lundi 30 juillet, l’ouverture d’une enquête pour d’autres violences commises le 1er mai à Paris, cette fois au Jardin des plantes, quelques heures avant les heurts survenus place de la Contrescarpe.
Cette enquête a été ouverte à la suite des plaintes contre X de deux jeunes, de 23 et 24 ans, affirmant avoir été victimes d’une interpellation musclée au Jardin des plantes, où se trouvaient l’ex-collaborateur de l’Elysée Alexandre Benalla et Vincent Crase, employé de La République en marche.

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Des images de scènes confuses au Jardin des plantes, où l’on voit notamment les deux hommes, ont été diffusées vendredi par Libération. Dans une interview donnée au Journal du dimanche ce week-end, M. Benalla a pourtant nié toute « intervention » de sa part à ce moment-là. « J’étais derrière les policiers en tant qu’observateur, on peut le voir distinctement, je n’ai ni casque, ni brassard, ni radio », a-t-il affirmé.
Cette nouvelle enquête a été ouverte pour « violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique », « atteinte arbitraire à la liberté individuelle », « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « dégradation volontaire d’un bien », en l’espèce d’une vidéo, et « introduction frauduleuse dans un système de traitement de données personnelles ».

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La vidéo en question effacée
Selon Grégory Saint-Michel, l’avocat des deux plaignants (un homme et une femme), Vincent Crase, Alexandre Benalla et le policier qui les accompagnait ce jour-là sont identifiables sur la vidéo diffusée par Libération. 
Alors qu’ils tentaient de sortir du Jardin des plantes, ses clients ont reçu des indications contradictoires, et un des membres du trio, voyant que la jeune femme filmait avec son téléphone, a ceinturé celle-ci et l’a plaquée contre un arbre, a raconté l’avocat à l’Agence France-Presse.
Un des trois membres du groupe lui a alors pris son téléphone et a effacé la vidéo en question, qu’elle a réussi à récupérer grâce à un logiciel spécial, a-t-il ajouté. Lundi soir, Mediapart a mis en ligne une autre vidéo, montrant un point de vue différent de la même scène, qui permet de voir nettement MM. Benalla et Crase emmener vigoureusement un homme en le tenant par les bras.

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« L’argument selon lequel [Alexandre Benalla et Vincent Crase] se sont sentis légitimes pour venir au soutien du maintien de l’ordre face à des manifestants violents ne tient pas ici. Il y a une vidéo qui montre le contraire », a fait valoir Me Grégory Saint-Michel.
Pour les violences de la place de la Contrescarpe, une information judiciaire a été ouverte. Alexandre Benalla et Vincent Crase, qui accompagnaient les forces de l’ordre en tant qu’« observateurs », sont notamment mis en examen pour « violences en réunion ».
M. Benalla a justifié ses actes – dans une longue interview au Monde ainsi qu’au journal télévisé de TF1 – en disant vouloir prêter main-forte aux policiers face à des manifestants qu’il a décrits comme violents.

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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Notre journaliste Matthieu Goar a répondu aux internautes lors d’un tchat consacré aux enseignements politiques de l’affaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/07/2018
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Affaire Benalla : « La paralysie de la macronie a été provoquée par le mutisme du chef de l’Etat »

Notre journaliste Matthieu Goar a répondu aux internautes lors d’un tchat consacré aux enseignements politiques de l’affaire.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 06h36
   





                        


Matthieu Goar, chef adjoint du service politique du Monde, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat consacré aux conséquences politiques de l’affaire Benalla.

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Gérard Collomb va-t-il être poussé vers la sortie ? Est-il possible pour Emmanuel Macron de se priver de l’un de ses hommes forts ?
Matthieu Goar : C’est une des conséquences possibles de la crise. Certaines sources au sein de la macronie commencent à évoquer la possibilité d’un remaniement fin août ou début septembre. Gérard Collomb ressort très affaibli de cette crise, car il a esquivé beaucoup de questions lors de ses auditions devant les deux commissions d’enquête. Mais le plus grave pour lui est son affaiblissement auprès de ses hommes : les forces de police sont très irritées par l’affaire Benalla.
Beaucoup de responsables policiers ne comprennent pas que M. Benalla ait pris autant d’importance dans l’organisation de la sécurité du président. Si la défiance perdure entre le ministre et la police, son avenir au sein du gouvernement s’annonce compliqué.

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Cette histoire va-t-elle peser sur Macron ? On voit des sondages discordants. Est-elle de nature à peser sur les projets de réforme à venir ?
Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Ces premiers sondages ne veulent pas dire grand-chose. Par contre, l’affaire a déjà chamboulé l’agenda des réformes, puisque la révision constitutionnelle, un texte important, sera discutée à la rentrée ou début 2019. M. Macron garde tout de même la maîtrise de son quinquennat, mais cette affaire risque de le poursuivre lors de ses déplacements et dans sa relation avec les Français. La plupart de nos concitoyens ne connaissent pas encore très bien ce nouveau président. Beaucoup attendent encore d’avoir une idée précise pour se faire une opinion sur lui, et cette affaire est un élément qui peut faire basculer des indécis.
En cas de remaniement, quels sont à votre avis les ministres menacés ?
Nous avons déjà évoqué Collomb. Ensuite, Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a été absent de l’Hémicycle lorsque les députés macronistes devaient faire face à l’opposition. Beaucoup lui en veulent. Lors d’une interview sur BFM-TV, il a aussi sorti une phrase qui a provoqué l’ironie quand il a estimé que M. Benalla faisait office de « bagagiste » lorsqu’il était dans le car des Bleus.
En cas de remaniement, il pourrait en faire les frais. Surtout que le parti présidentiel, La République en marche, dont il est délégué général, a été incapable d’organiser un début de riposte. De façon plus générale, il y a eu une rupture entre la majorité et certains ministres très absents au début de l’affaire. Les députés estiment que certains se sont « planqués ». Moi je pense que l’Elysée, en restant mutique, a paralysé la plupart des ministres qui doivent tout à M. Macron.
Quand E. Macron aurait-il dû prendre la parole ? En intervenant trop tôt, ne prenait-il pas un risque que de nouveaux éléments (évidemment inconnus de lui) apparaissent ?
Vu l’ampleur de la crise et la désorganisation de sa majorité, il aurait dû parler plus tôt. Son discours du mardi 24 juillet a d’ailleurs ressoudé ses troupes. Mais le président de la République déteste céder à la pression médiatique. D’habitude, il choisit son agenda. Là, il était sur le reculoir et ne voulait surtout pas donner l’impression d’être contraint de parler. C’est pour cela qu’il a attendu. Sans doute qu’une prise de parole plus précoce aurait circonscrit la crise.
Castaner à la buvette, Belloubet qui refuse de répondre, mais applaudit Macron à la Maison de l’Amérique latine, Philippe qui préfère aller voir le Tour de France… Comment interpréter le comportement de ces ministres étrangement absents lors de cette affaire ? 
C’est une question intéressante, car elle explique pourquoi la crise s’est prolongée. Et pourquoi une affaire concernant l’organisation de la sécurité à l’Elysée est devenue la première crise politique majeure du mandat de M. Macron. Je pense que les ministres étaient très absents parce qu’ils étaient perdus face à l’attitude de l’Elysée. Le jeudi matin, tous s’attendaient à ce que M. Macron licencie son collaborateur. Or, il ne le fait pas. Et son porte-parole, Bruno Roger-Petit, ment lorsqu’il dit que M. Benalla ne s’occupait plus des opérations en dehors de l’Elysée, alors que des photos le montrent dans le bus des Bleus.
Ensuite, l’Elysée s’est muré dans le silence. Le premier ministre et les membres du gouvernement les plus politiciens (Darmanin, Le Maire, Le Drian, etc.) ignorent la marche à suivre. Les ministres issus de la société civile, eux, ne savent tout simplement pas faire de la riposte. La paralysie de la macronie a été provoquée par le mutisme du chef de l’Etat. Cela illustre à outrance la verticalité et le centralisme de son pouvoir. Même si la Constitution ne le dit pas, le fonctionnement médiatique de notre Ve République est présidentialiste.

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En tout cas, c’est ainsi que M. Macron exerce son pouvoir (il fait des discours au Congrès, au cœur de la crise, il parle après son premier ministre en se disant le seul responsable…). Cela va encore plus loin que Nicolas Sarkozy avec François Fillon. D’ailleurs, demain, M. Philippe doit certes affronter deux motions de censure, mais l’opposition cherche surtout à affaiblir M. Macron, pas forcément son premier ministre, qui ne sert même plus de paratonnerre au président de la République.
Quelles leçons peut-on tirer de cette affaire pour les oppositions, de droite et de gauche ? Notamment sur leur capacité à parler presque d’une seule voix pour la première fois ?
Ecrasés par Macron depuis le début du quinquennat (le gouvernement a fait passer toutes ses réformes, la mobilisation sociale a été un échec), les différents partis d’opposition se sont saisis de l’occasion pour tenter d’affaiblir la majorité macroniste. La France insoumise, la droite et le Rassemblement national (RN) ont des idées trop différentes pour trouver un front commun depuis un an.
Pendant que les mélenchonistes défilaient contre les ordonnances sur le marché du travail, la droite et RN s’attaquaient à M. Macron à propos de l’immigration ou de « l’abandon » de la France rurale. Cette affaire les a fait converger, car elle concerne directement l’organisation de l’Elysée et la personnalité de M. Macron. Les opposants ont réussi à obliger la majorité à créer une commission d’enquête, et leur guérilla parlementaire a paralysé la révision constitutionnelle.
Avec les deux motions de censure, les opposants poussent leur avantage jusqu’au bout, même si ce vote sera avant tout symbolique. Les députés macronistes ont reconnu qu’ils avaient manqué d’expérience et qu’ils étaient perdus, car le président ne leur donnait plus la marche à suivre. Mais cela reste une alliance de circonstances, qui ne durera pas. Il n’est pas sûr non plus qu’un opposant s’impose.
La motion de censure commune signée par les trois groupes de gauche à l’Assemblée nationale peut-elle favoriser une reprise du dialogue entre ces différentes forces en vue d’une coopération dans l’opposition à la macronie ?
Non, il s’agit avant tout d’une alliance de circonstance, car aucune de ces formations n’avait les 58 députés pour déposer une motion de censure. Au lendemain du vote sur la motion de censure, la méfiance entre M. Mélenchon, le PS et le PC reprendra ses droits.
S’agissant des commissions d’enquête mises en place par les parlementaires, il semblerait que celle de l’Assemblée nationale soit le lieu des éclats et des provocations alors que celle du Sénat se révèle être plus « sage »… Quelle analyse en faites-vous ?
Oui, c’est le sentiment que nous avons aussi. Dès le début, le Sénat a indiqué que son travail d’audition durerait six mois. A l’Assemblée, les auditions ne devaient pas durer plus d’un mois. Et à l’Assemblée, certains députés venaient surtout pour provoquer un coup d’éclat. Notre impression est que le Sénat privilégie le fond du dossier alors qu’à l’Assemblée la commission est le lieu d’une bataille politique entre majorité et opposition.
La présidente, Yaël Braun-Pivet (LRM), a refusé d’entendre les conseillers de l’Elysée, comme si elle voulait passer à autre chose le plus rapidement possible. Les opposants, dont le corapporteur LR, Guillaume Larrivé, cherchaient, eux, en permanence l’occasion de dénoncer une majorité aux ordres. C’est ce qu’ils ont fini par faire en quittant les auditions. Cette commission d’enquête à l’Assemblée est démonétisée.
François Bayrou, qui est membre de la majorité, mais aussi Philippe Raynaud ou Jean Garrigues, critiquent incidemment l’emballement médiatique, auquel Le Monde n’est pas étranger. Cent quatre articles en dix jours dans Le Monde, est-ce sensé ?
C’est une question importante. Le Monde et les autres médias en ont-ils trop fait ? Le Monde a été à l’origine des révélations et a tout de suite considéré que cette affaire était importante. Pendant plus de deux mois, l’Elysée avait dissimulé les violences d’un de ses conseillers. Est-ce une affaire d’Etat ? Il existe un débat entre historiens.
Journalistiquement, il y avait en tout cas des points à éclairer sur un personnage de l’ombre proche de M. Macron. S’agissait-il d’une faute individuelle ou existait-il un réseau, une sorte de police parallèle autour de M. Benalla ? A quel point M. Macron a-t-il protégé son conseiller ? Nous avons donc publié toute une série d’enquêtes sur le fond de l’affaire. Nous continuerons.

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Ensuite, il y a eu aussi beaucoup d’articles strictement politiques, car cette affaire a provoqué une crise au sein de la majorité : l’examen d’un texte de loi a été suspendu, les députés et les sénateurs ont créé des commissions d’enquête, l’Elysée s’est muré dans le silence… On peut débattre sur le fait que les violences de la Contrescarpe constituent une affaire d’Etat, mais il est indéniable que leur révélation a complètement désorganisé la vie politique et l’agenda de M. Macron.
Le Monde n’a-t-il pas honte d’avoir accordé tant d’importance à ce fait divers ?
Ce terme de « fait divers » est intéressant. Il y en a parfois qui disent beaucoup du fonctionnement de la société. Là, nous sommes face à un fait divers qui dit beaucoup du fonctionnement politique de M. Macron. C’est pour cela qu’il est très intéressant.
A travers M. Benalla, on s’aperçoit un peu mieux que M. Macron a été obligé de s’entourer rapidement au début de sa campagne électorale, qu’il n’avait pas un immense réseau dans les forces de police, contrairement à M. Sarkozy à l’époque, qu’il est capable de dissimuler des choses, qu’il déteste se séparer de ses collaborateurs, qu’il refuse de céder à la pression médiatique, que sa majorité est perdue lorsqu’il se tait, etc.
Le fonctionnement des réseaux sociaux et les impératifs du modèle économique de la presse en ligne ont-ils influé sur votre traitement de l’affaire ? N’y avait-il pas moyen de prendre quelque distance critique avec les commentaires (Watergate, scandale d’Etat, barbouzes, milices privées) qui relevaient de l’exagération ou de l’insinuation ?
Nous avons réalisé une interview de M. Mélenchon, qui compare cette affaire au Watergate : ce sont ses mots, pas les nôtres. Par ailleurs, nous avons donné la parole dans chacun des articles politiques à des proches de M. Macron. Nous avons fait une interview de M. Bayrou qui dit exactement l’inverse de ce que dit M. Mélenchon. Par ailleurs, nous avons fait vivre le débat en donnant la parole à des intellectuels qui considèrent que tout cela n’est pas une affaire d’Etat.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ La proposition de loi LRM, qui encadre l’usage de tout objet connecté, a obtenu 62 voix pour, une contre. L’opposition s’est abstenue.
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Le Parlement entérine l’interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges

La proposition de loi LRM, qui encadre l’usage de tout objet connecté, a obtenu 62 voix pour, une contre. L’opposition s’est abstenue.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 19h05
   





                        



   


Le Parlement a définitivement adopté lundi 30 juillet, par un ultime vote de l’Assemblée, l’interdiction des portables dans les écoles et collèges – voire dans certains lycées –, au cœur d’une proposition de loi La République en marche (LRM), traduisant une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Soutenu par les groupes LRM, MoDem et UDI-Agir-Indépendants, le texte sur « l’encadrement de l’utilisation du téléphone portable dans les établissements d’enseignement scolaire », sur lequel députés et sénateurs avaient trouvé un compromis, a obtenu 62 voix pour et une contre.
Les Républicains, mais aussi les socialistes, les Insoumis et les communistes se sont abstenus, critiquant « une opération de communication », de « l’affichage politique », ou « une loi de circonstance » qui « ne va rien changer ».

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Les lycées concernés mais pas obligés
La proposition de loi interdit l’usage de tout objet connecté (portable, tablette, montre…), dans les écoles et collèges. Il y aura des exceptions « pour des usages pédagogiques », laissés à l’appréciation de chaque établissement dans son règlement intérieur, ou pour les enfants handicapés. Les activités liées à l’enseignement mais se déroulant à l’extérieur, comme le sport, seront aussi concernées.

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Les lycées auront, quant à eux, la possibilité, mais pas l’obligation, d’inscrire l’interdiction totale ou partielle du portable et d’autres objets connectés dans leur règlement intérieur.
Le code de l’éducation interdit, depuis la loi du 12 juillet 2010, les portables « durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’actuel président de l’organisme met fin, par cette décision, à un casse-tête pour l’exécutif.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

Inserm : Yves Lévy, époux d’Agnès Buzyn, retire sa candidature

L’actuel président de l’organisme met fin, par cette décision, à un casse-tête pour l’exécutif.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 06h42
   





                        



   


Le président de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy, mari de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a retiré lundi 30 juillet sa candidature à un nouveau mandat à la tête de cet organisme public de recherche médicale. Une décision dont Matignon a « pris acte », ajoutant que M. Lévy « sera prochainement appelé à d’autres fonctions ».
Ce départ ne sera pas immédiat, puisque le professeur Lévy, 60 ans, reste jusqu’à nouvel ordre « en charge de l’intérim à la tête de l’Inserm », ont souligné les services du premier ministre. Il assure cet intérim depuis l’expiration, le 12 juin, de son mandat de quatre ans.
L’Inserm a fait savoir dans un communiqué que M. Lévy avait « adressé ce jour à l’ensemble des personnels de l’Inserm un message expliquant sa décision », sans en révéler la teneur.
Critiques
Le professeur Lévy, chercheur et médecin, a d’abord tenté de rester, puis a préféré partir de lui-même devant l’embarras que sa possible candidature suscitait au sein du gouvernement, partagé entre les états de service satisfaisants de ce haut fonctionnaire et les soupçons de conflits d’intérêt dont il faisait l’objet.
Le maintien de M. Lévy à ce poste prestigieux, après la nomination de Mme Buzyn au gouvernement en 2017, et l’hypothèse de sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans, ont valu des critiques à la ministre et au gouvernement.

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                Inserm : la reconduction éventuelle d’Yves Lévy embarrasse



Des critiques infondées, selon Mme Buzyn, qui a plusieurs fois rappelé que la cotutelle (avec le ministère de la recherche) de l’Inserm lui avait été retirée par décret dès mai 2017, au profit du premier ministre. D’autre part, elle a assuré « ne pas [s]’impliquer dans la carrière de [son] mari », ni en le conseillant ni en le favorisant.
« Le gouvernement rappelle que l’ensemble des procédures permettant d’éviter tout conflit d’intérêt entre l’Inserm et la ministre des solidarités et de la santé ont été mises en œuvre de façon continue depuis mai 2017 », ont insisté les services du premier ministre.
Relance du processus de recrutement
« Le processus de recrutement du PDG de l’Inserm sera relancé dans les prochaines semaines », a ajouté Matignon. Il avait déjà commencé, puisque des candidats avaient été entendus le 21 juin à huis clos par une commission ad hoc.
Les noms de ces candidats ne sont pas révélés, conformément à la réglementation, pour permettre d’attirer les meilleurs postulants. Seuls deux ont choisi jusqu’ici de rendre publique leur candidature : Jessica Zucman-Rossi (Inserm, université Paris-Descartes) et Philippe Froguel (CNRS, université de Lille et Imperial College de Londres).
Ce dernier s’est montré surpris que le gouvernement reparte de zéro. « Incroyable : le retrait de la candidature du PDG de l’Inserm à sa propre succession s’accompagne de l’abandon de l’appel à candidature actuel », a-t-il écrit sur Twitter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Président, la vie d’après (2/6). Mai 1981 : tout s’arrête brusquement pour celui qui avait incarné la modernité. Malgré les rendez-vous manqués de 1986, 1988 et 1995, l’« Ex » continuera de croire en son destin national.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Plusieurs internautes accusent le commandant militaire de l’Elysée et le préfet de police de Paris d’avoir menti devant les commissions d’enquête en assurant qu’ils ne connaissaient pas Alexandre Benalla. Ce qu’ils n’ont dit ni l’un ni l’autre.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : le général Bio-Farina et le préfet Michel Delpuech victimes d’intox

Plusieurs internautes accusent le commandant militaire de l’Elysée et le préfet de police de Paris d’avoir menti devant les commissions d’enquête en assurant qu’ils ne connaissaient pas Alexandre Benalla. Ce qu’ils n’ont dit ni l’un ni l’autre.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 16h41
    |

                            Les Décodeurs








                        


L’affaire Benalla continue de passionner les internautes, au prix de quelques emballements. C’est ainsi que plusieurs messages mettent en cause le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, ou le commandant militaire de l’Elysée, le général Eric Bio-Farina, tous deux accusés d’avoir menti lors de leurs auditions respectives
Le préfet de police a bien précisé qu’il connaissait M. Benalla
C’est le cas de ce message Twitter, partagé plus de 3 000 fois, qui met en cause le préfet Michel Delpuech, accusé d’avoir « affirmé ne pas connaître M. Benalla » alors qu’une photo les montre tous les deux.

   


L’information est pourtant fausse, et facile à vérifier, les auditions étant publiques. Il suffit, comme le rappelait notre journaliste Soren Seelow, de s’y reporter pour constater que le préfet explique avoir rencontré M. Benalla « l’avant-veille ou trois jours avant le deuxième tour de la présidentielle ». Il ne nie donc à aucun moment savoir qui était M. Benalla. « Un interlocuteur connu », explique-t-il encore, contredisant sur ce point le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui s’était montré bien plus évasif.
Le général Bio-Farina n’a, lui non plus, jamais nié le connaître
Même principe pour une autre rumeur, touchant cette fois le commandant militaire de l’Elysée, le général Bio-Farina. Là encore, il est accusé d’avoir nié connaître Alexandre Benalla, alors qu’une photo « prouve » le contraire. On trouve cette intox notamment sur des pages proches de l’extrême droite, comme celle-ci, qui nous apparaît comme peu fiable dans le Décodex :

   


Plusieurs comptes partageant cette information assurent que le général aurait fait cette déclaration devant le Sénat. Or il n’y a pas été auditionné. C’est à la commission d’enquête de l’Assemblée que M. Bio-Farina a répondu… en reconnaissant au contraire qu’il connaissait M. Benalla : « Je connais Alexandre Benalla dans le cadre de nos relations professionnelles. Il est arrivé à la présidence de la République en mai 2017. Il a été affecté auprès du chef de cabinet avec le rang d’adjoint. Il avait un rôle dans l’organisation d’événements », a-t-il expliqué, selon le compte rendu du Parisien.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Matthieu Goar, chef adjoint du service politique du « Monde », a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Du gouvernement à l’Assemblée la crise de ces deux dernières semaines a révélé des failles dans le système mis en place depuis un an.
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Macron veut tirer les leçons de l’affaire Benalla

Du gouvernement à l’Assemblée la crise de ces deux dernières semaines a révélé des failles dans le système mis en place depuis un an.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h46
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
Même si le gouvernement devra encore affronter deux motions de censure, mardi 31 juillet, le gros de la crise semble passé pour Emmanuel Macron. Une accalmie qui va laisser un peu de temps aux macronistes pour analyser cette séquence inédite. Car la tempête politique qui a suivi la divulgation de la vidéo d’Alexandre Benalla pose des questions et va sans doute obliger le président de la République à opérer quelques changements. Entre le mercredi 18 juillet au soir, et le mardi 24 juillet au soir, quand Emmanuel Macron a enfin pris la parole devant ses troupes, la Macronie a tangué au-delà de l’imaginable.
« Toutes les leçons seront tirées à la rentrée », a affirmé Benjamin Griveaux à la sortie du conseil des ministres, mercredi 25 juillet. « Des changements profonds interviendront » qui ne s’arrêteront « pas aux portes de l’Elysée », a précisé le porte-parole du gouvernement. Au Palais, à l’Assemblée, ou encore au sein de l’exécutif, des ajustements pourraient avoir lieu. « Le président saura en faire quelque chose d’intelligent, j’en suis certain », confie un député proche de la majorité.
L’hypothèse du remaniement
Comme le répète souvent François Patriat, chef du groupe La République en marche (LRM) au Sénat, « le président de la République est seul, et dans une crise, il est en première ligne, ça ne va pas ». Certains ministres, très techniques, ont encore du mal à intervenir au-delà de leur champ de compétence. D’autres, beaucoup plus politiques, comme Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou Sébastien Lecornu, se sont faits discrets. « C’est sûr que c’était plus facile de commenter la victoire des Bleus », ironise un député LRM. Quant à « Gérard Collomb, il est sorti amoché de cette affaire. Les flics ont le sentiment qu’il les a lâchés », commente un proche du pouvoir.
Dans un premier temps, Edouard Philippe n’a pas servi de paratonnerre au chef de l’Etat. Le jeudi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Après la suspension de son examen à la suite de l’affaire Benalla, le texte doit être de nouveau inscrit à l’ordre du jour, au cœur d’un agenda législatif déjà très chargé.
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La révision constitutionnelle, un texte à l’avenir encore incertain

Après la suspension de son examen à la suite de l’affaire Benalla, le texte doit être de nouveau inscrit à l’ordre du jour, au cœur d’un agenda législatif déjà très chargé.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 12h30
    |

            Manon Rescan








                        


Le casse-tête, jusqu’au bout. Créer les conditions de l’adoption par l’Assemblée et le Sénat de la révision constitutionnelle était déjà un défi compliqué. L’affaire Benalla a compliqué encore un peu plus le cheminement de ce texte. En suspendant son examen, dimanche 22 juillet, le gouvernement a certes contourné la paralysie des débats orchestrée par l’opposition mais il n’a fait que repousser le problème. Il faut maintenant trouver une nouvelle fenêtre dans l’ordre du jour de l’Assemblée pour débattre du texte. Or, l’agenda des députés est déjà très chargé à la rentrée avec le retour de la loi agriculture et alimentation, la loi Elan, le projet de loi fraude, la loi Pacte…
Sans oublier que les députés doivent se lancer dans les deux autres textes de la réforme des institutions avec notamment la diminution du nombre de parlementaires. Le tout devait être examiné avant que les députés n’entrent dans le tunnel du budget qui occupe traditionnellement la fin de l’année. Faudra-t-il, alors, sacrifier le projet de loi constitutionnelle et attendre le début de l’année 2019 pour le remettre à l’ordre du jour ?
« Je ne vois pas le président abandonner un projet qui lui tient à cœur », glisse une parlementaire. « Toutes les options sont possibles », estime une autre. La question doit être tranchée mardi en conférence des présidents à l’Assemblée. Si la révision constitutionnelle est reprise à la rentrée, il faudra pousser les murs et décaler au moins l’un des textes initialement prévus.
Doit-elle tirer les leçons de l’affaire Benalla
Une victime semble toute désignée : le projet de loi Pacte, texte fleuve porté par Bruno Le Maire qui prévoit la réforme de l’objet social de l’entreprise, des privatisations ou encore la réforme de l’intéressement et de la participation. La perspective de son report a été esquissée dans Le Journal du dimanche par François de Rugy évoquant un examen « à revoir ». Il envisage un morcellement du texte économique, avec le vote de certaines de ses mesures dans le cadre du budget. Il faudra pour cela que Bruno Le Maire accepte que sa grande loi sur laquelle ses équipes planchent depuis un long mois connaisse un nouveau report. A son agenda, le ministre de l’économie compte deux rendez-vous importants : un entretien avec le premier ministre lundi à 16 heures, et un autre avec Emmanuel Macron mardi à 19 h 30.
Autre question qui se posera à l’avenir : la révision constitutionnelle peut-elle rester en l’état ou doit-elle tirer les leçons de l’affaire Benalla ? « Il faut reprendre tout cela sur des bases nouvelles », a estimé, samedi, dans un entretien au Monde le patron du MoDem, François Bayrou. Plusieurs membres de l’opposition ont demandé que le texte soit revu au regard des événements de juillet. Les présidents des deux assemblées, Gérard Larcher au Sénat, et François de Rugy au Palais-Bourbon, ont aussi esquissé cette perspective.

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                Affaire Benalla : « Il y a eu une instrumentalisation politique », estime François Bayrou



Tous deux, l’un dans un entretien au Figaro, l’autre sur France 2, ont évoqué un même ajustement : donner le pouvoir aux parlementaires de convoquer des ministres afin de demander des explications sur un dossier. Sauf que l’opposition n’a plus la main. Si le texte revient à l’Assemblée, seuls le gouvernement et les rapporteurs (issus de la majorité) auront le pouvoir de déposer de nouveaux amendements. Il reviendra à eux seuls de tirer d’éventuels enseignements institutionnels de cette affaire, ou aux sénateurs qui reprendront la main sur le texte après son vote en première lecture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Aucune des principales organisations syndicales ou patronales n’est dirigée par une femme. Huit hommes et « zéro femmes », même après les élections qui ont eu lieu en 2018 dans trois d’entre elles.
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Dans les syndicats , les hommes gardent les clés du pouvoir

Aucune des principales organisations syndicales ou patronales n’est dirigée par une femme. Huit hommes et « zéro femmes », même après les élections qui ont eu lieu en 2018 dans trois d’entre elles.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 15h15
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            
En costume-cravate, ils ont défilé l’un après l’autre derrière le micro installé dans la cour de l’Elysée, après leur rencontre, le 17 juillet, avec Emmanuel Macron. Huit hommes, tous numéro un d’une organisation syndicale ou patronale. Et « zéro femmes », comme l’a sobrement relevé Laurence Parisot, l’ex-présidente du Medef, sur Twitter, au lendemain de la réunion.

L’année 2018 aurait pourtant pu être l’occasion de voir des dirigeantes arriver aux manettes de ces structures car trois d’entre elles ont connu un processus électoral : FO, CFDT et Medef. Las. De nouveau, trois hommes ont été élus. Très rares sont celles qui pilotent, aujourd’hui, une organisation syndicale. Il y a bien Bernadette Groison (FSU) ou Cécile Gondard-Lalanne, co-porte-parole de Solidaires, mais elles restent des exceptions.
Dans le passé, Annick Coupé a longtemps représenté Solidaires (2001-2014). Nicole Notat a été secrétaire générale de la CFDT pendant dix ans (1992-2002) et Carole Couvert présidente de la CFE-CGC le temps d’un mandat (2013-2016). Dans toute l’histoire du syndicalisme, ces dirigeantes se comptent sur les doigts d’une main. « Le fait qu’il y ait une secrétaire générale n’est pas le bon indicateur, analyse cependant Rachel Silvera, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre. Ça peut même être l’arbre qui cache la forêt. Quand bien même on peut afficher des femmes dans certaines directions, ce n’est pas suffisant : il faut regarder toutes les directions, partout. »
Nécessité de faire bouger la situation
Une étude du Conseil économique, social et environnemental, publiée en 2015 et intitulée « Les forces vives au féminin », rappelait qu’en France, le taux de syndicalisation des salariés était estimé à environ 8 % : 7,5 % pour les femmes, 9 % pour les hommes. Bien que représentant près de la moitié de la population active salariée, les syndiquées étaient 37 % à la CGT, 47 % à la CFDT, 45 % à FO, 42 % à la CFTC,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Georges Kiejman : « Que l’on cesse d’évoquer le Watergate pour l’affaire Benalla »

Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h36
    |

Georges Kiejman (avocat, ancien ministre)







                        



                                


                            
Tribune. A en croire l’ensemble des médias, à commencer par Le Monde (sept « unes » successives entre le 20 et le 27 juillet) et tous les dirigeants de l’opposition, notre République, la Ve, est au bord du gouffre. Et certains, s’ils osaient, demanderaient au président de la République de démissionner pour répondre des fautes d’un de ses collaborateurs obscurs, un certain Benalla, qualifié de « barbouze », de « mauvais ange » du président, voire du couple présidentiel. Ne disposait-il pas des clés du portail de la maison familiale au Touquet ? Ce dénommé Benalla, prit d’un accès de violence dans une manifestation où il n’avait que faire, aurait molesté, selon les uns, deux spectateurs passifs venus assistés à une « manif parisienne », selon les autres, deux militants s’exprimant en grec et lançant distraitement, selon leur avocat, des carafes d’eau sur le service d’ordre. Alexandre Benalla peut-il justifier son comportement ? D’un point de vue strictement judiciaire, peut-être, après tout.
Lorsque les passions se seront apaisées, des juges diront s’il peut prétendre avoir agi dans le cadre de l’article 73 du code de procédure pénale qui permet, qui incite « toute personne dans les cas de crime ou de délit flagrant (…) à appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche ».
Ces juges ne se demanderont pas si Alexandre Benalla était régulièrement autorisé à être là, auprès des CRS puisque toute personne aurait été en droit d’agir comme il l’a fait. Mais ces juges se poseront deux questions : les touristes prétendus étaient-ils ou non en train de commettre un délit flagrant ? Les membres des forces de l’ordre avaient-ils besoin de l’aide d’Alexandre Benalla ou alors celle-ci était-elle complètement superfétatoire ? Pour un tribunal, la réponse ne sera pas simple, il s’agira de ne pas vider de tout contenu le fameux article 73...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Alexis Lévrier : « L’intervention d’Emmanuel Macron s’est rapidement transformée en un plaidoyer contre les médias »

Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 07h07
    |

Alexis Lévrier (historien de la presse)







                        



                                


                            

Tribune. L’affaire Benalla n’est pas seulement l’acte isolé d’un nervi devenu incontrôlable. Elle pose de nombreuses questions quant à la pratique du pouvoir du président et invite notamment à s’interroger sur la relation singulière qu’il entretient avec la presse. Durant la campagne éclair qui a permis son élection, Emmanuel Macron a théorisé en effet le principe d’un pouvoir vertical, centralisé et incarné par une personnalité forte. Dès 2015, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le 1, il a même mis en évidence l’« incomplétude » propre à la démocratie et souligné la nostalgie des Français pour la figure du roi. Rien d’étonnant dès lors à ce que son utilisation des médias reflète le poids de l’héritage gaullo-mitterrandien, mais aussi le legs de la monarchie ou des deux Empires.
Les Français ont semblé approuver l’effort d’Emmanuel Macron de rendre à la fonction présidentielle sa majesté, sa solennité et même sa sacralité
Emmanuel Macron a notamment emprunté à Jacques Pilhan, qui fut le légendaire conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac, l’idée d’un président maître des horloges, qui fixe lui-même le rythme de ses apparitions médiatiques. Mais, comme le faisaient déjà Louis XIV et ses successeurs, il sait aussi utiliser la presse pour mettre en scène son image publique autant que sa vie privée. Le rôle dévolu à Mimi Marchand, grande prêtresse de la presse people, est de ce point de vue très révélateur : le couple Macron a choisi de travailler en priorité avec l’agence qu’elle dirige, Bestimage, tout en rendant presque impossible le travail des autres paparazzis. Et durant la campagne, puis pendant la première année du quinquennat, l’une des fonctions d’Alexandre Benalla a précisément été de les empêcher d’accéder au président.
Instaurer une « saine distance »
Cette stratégie s’est avérée très efficace, au moins dans les premiers mois du quinquennat. Conformément au constat formulé par...




                        

                        

