<FILE-date="2018/07/31/18">

<article-nb="2018/07/31/18-1">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤     


                La chanson d’amour d’Irène Jacob : « Message personnel », de Michel Berger et Françoise Hardy


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 31.07.2018 à 17h00
                 |

            Alexis Duval

















Derniers articles publiés


            Le djihadiste et la recrue du FBI, l’amour jusqu’à la trahison


            Le diot, saucisse paysanne aux mille recettes


            Julia Cagé : « Plus transparente, mieux financée : pour une démocratie retrouvée »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins






les plus partagés










Lumineuse actrice de La Double Vie de Véronique et de Trois Couleurs : Rouge de Krzysztof Kieslowski, Irène Jacob sera prochainement à l’affiche du prochain film de Pascal Thomas, Celles (et ceux) qu’on n’a pas eues, la suite.
J’ai beaucoup d’affection pour Message personnel. Michel Berger a composé cette chanson pour Françoise Hardy et lui a demandé d’en écrire le préambule. C’est la nuit, Hardy est seule et parle au téléphone, ou en pensée, à l’homme qu’elle aime. Il y a, malgré l’éloignement et la séparation, une folle intimité dans ses mots et la douceur de sa voix. Elle espère, elle se fout des souvenirs, elle risque un message personnel, elle n’est sûre de rien mais elle dit : « J’arrive, attendez-moi. »
C’est ce moment, où la peau est impatiente d’être touchée, où la poitrine est compressée, le cœur retourné, où, dans un désir total, les mots, suspendus au bord des lèvres, cherchent le courage d’être prononcés : « Et il y a les mots que je ne dirai pas/ Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire. » Cette chanson me donne une folle envie d’aimer, d’oser, de crier : « J’arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître/ Préparez votre temps, pour vous, j’ai tout le mien. »
On ne sait pas s’ils vont se retrouver, mais la chanson sonne comme un appel puissant avec des accents désespérés : « Je suis seule à crever et je sais où vous êtes. » On se vouvoie d’abord puis on passe au tutoiement quand la chanson commence.
Dédicace intime
Le début de la chanson, écrit par Françoise Hardy, est parlé, c’est une adresse directe, une dédicace intime sur les accords au piano de Michel Berger. Ce sont des accents sincères, personnels. Elle hésite : « Je voudrais arriver, je reste, je me déteste/ Je n’arriverai pas : je veux, je ne peux pas/ Je devrais vous parler, je devrais arriver ou je devrais dormir/ J’ai peur que tu sois sourd, j’ai peur que tu sois lâche… » Et un chœur vient se joindre au piano pour accompagner Françoise Hardy sur cette introduction parlée. A ce message personnel, j’ai envie immédiatement de répondre : « Oui, j’arrive ! »
C’est quand Françoise Hardy chante que commence la déclaration : une invitation à courir à « perdre haleine » vers celui qu’elle aime et dont elle est séparée. La batterie vient au galop donner le signal, il faut se lancer et le cœur s’emballe. J’ai aimé cette chanson adolescente. Je l’ai écoutée dans les coulisses d’un théâtre au moment de rencontrer mon homme et nous l’avons fredonnée.
Et je l’ai passée en boucle pendant les répétitions de La Voix humaine, de Cocteau que j’ai jouée sur la scène du Centquatre, en juin, à Paris. L’histoire d’une femme au téléphone avec son amant qui dit : « J’ai voulu être folle et avoir un bonheur fou (…). J’ai ta voix autour de mon cou. (…) Oui parle ! Parle, dis n’importe quoi (…) Ce qui est dur, c’est de raccrocher, de faire le noir. »
Chaque fois que je joue la pièce dans un nouveau théâtre, je chante Message personnel pour me chauffer et me mettre dans cette folle attente amoureuse. Il y a toujours un technicien qui la chantonne avec moi. « Si tu crois un jour que tu m’aimes (…)/ Viens me retrouver… » 
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Alexis Duval
    













<article-nb="2018/07/31/18-2">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Tout l’été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Cette semaine, les perles seventies du front de mer de Saint-Jean-de-Monts.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                
                                    

En Vendée, l’arc en ciel destructuré de Saint-Jean-de-Monts


                      Tout l’été, « M » revisite les bâtiments parfois décriés du littoral. Cette semaine, les perles seventies du front de mer de Saint-Jean-de-Monts.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 16h51
    |

                            Anne-Lise Carlo








   


En 1972, la revue Architecture d’Aujourd’hui publie des photographies de Saint-Jean-de-Monts et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, avec la légende suivante : « Aménagements touristiques et pollution architecturale »… « On est en train de créer en Vendée une nouvelle Côte d’Azur », alerte de concert l’émission télévisée « La France défigurée » en juillet 1976. À l’époque, la colère monte au fur et à mesure que les plages naturelles de la région rétrécissent et que l’urbanisation du littoral avance.

        Lire aussi :
         

                L’Intempo, arche infernale de Benidorm



Tout avait pourtant si bien commencé à Saint-Jean-de-Monts. Avec la mode médico-touristique des bains de mer au XIXe siècle, la station voit naître de jolies villas et hôtels balnéaires. L’architecte Jean Bossu, disciple de Le Corbusier, démarre sagement après-guerre l’aménagement du front de mer.
Des stars de carte postale
Dix ans plus tard, avec le boom des vacances, la demande d’hébergement explose et le littoral vendéen est en passe de devenir la « Floride française », cristallisant les appétits immobiliers.
Le promoteur Guy Merlin exauce alors les désirs des classes populaires françaises qui rêvent d’un appartement « les pieds dans l’eau », même avec un confort rudimentaire. Peu importe la préservation des forêts ou des dunes, on bétonne sans compter pour des vacanciers présents sur la côte deux mois par an seulement. En 1975 et en 1976 s’érigent les immeubles Marina et Arc-en-ciel, respectivement de neuf et treize étages. Ces barres, construites par l’architecte vendéen René Naulleau, trônent dès lors sur les cartes postales de la station.
Des innovations architecturales
«Les éditeurs cherchaient les endroits populaires et ils prenaient ainsi souvent en photo les nouvelles grandes constructions de l’époque », explique David Liaudet, artiste-enseignant aux Beaux-Arts du Mans et auteur du blog Architecture de cartes postales. Face à cette enfilade de tours, il y a désormais deux camps : celui « des cartes postales » pour les amoureux du modernisme et celui du « mur de l’Atlantique » pour les mécontents.

        Lire aussi :
         

                Sur la Côte d’Azur, le secret des pyramides Marina Baie des Anges



Ce bétonnage a toutefois donné naissance à une pépite architecturale, selon David Liaudet. Il s’agit du Belambra, bâtiment de neuf étages de l’architecte Jean Marty (père de Clément Marty, alias Bartabas) construit à Saint-Jean-de-Monts, en 1973, pour le VVF Villages. « C’est une architecture totémique, sculpturale, japonisante, qui marque le paysage balnéaire », estime-t-il. Quarante-cinq ans plus tard, les résidences Marina ou Arc-en-ciel sont devenues des incontournables du front de mer qui, après avoir subi plusieurs liftings successifs, gardent autant d’amoureux que de détracteurs. La Vendée, elle, reste la première destination touristique de la côte atlantique.
Y aller ? En train Paris Montparnasse/Nantes en TGV, puis autocar Nantes/Saint-Jean-de-Monts, A/R à partir de 90 € en billet Prem’s. www.oui.sncf



<article-nb="2018/07/31/18-3">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Ces dernières semaines, un défi consistant à se filmer en train de danser aux côtés d’une voiture en marche préoccupe les autorités de plusieurs pays.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/07/31/18-4">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le réalisateur a été sanctionné par Disney à cause de plaisanteries sur des sujets comme le viol ou la pédophilie, postés entre 2009 et 2012 sur Twitter.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les acteurs des « Gardiens de la galaxie » prennent la défense du réalisateur James Gunn

Le réalisateur a été sanctionné par Disney à cause de plaisanteries sur des sujets comme le viol ou la pédophilie, postés entre 2009 et 2012 sur Twitter.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 13h23
   





                        


Une semaine après sa mise à l’écart par Disney, James Gunn a reçu un soutien qui pourrait bien peser dans la balance. Le réalisateur des deux premiers films Les Gardiens de la galaxie a été sanctionné à cause de plaisanteries sur des sujets comme le viol ou la pédophilie, postés entre 2009 et 2012 sur Twitter.
Après de nombreuses autres personnalités durant la semaine passée, c’est au tour du casting de la saga spatiale de Marvel Studios de prendre la défense du metteur en scène. « Nous soutenons totalement James Gunn. Nous avons tous été choqués par ce renvoi abrupt la semaine dernière et nous avons intentionnellement attendu une dizaine de jours avant de réagir pour prendre le temps d’y penser, de prier, d’écouter et d’en discuter », explique cette tribune signée par Chris Pratt (Star-Lord), Zoe Saldana (Gamora), Dave Bautista (Drax), Karen Gillan (Nebula), Bradley Cooper (Rocket), Sean Gunn (Kraglin), Pom Klementieff (Mantis), Vin Diesel (Groot) et Michael Rooker (Yondu). Ce dernier a même quitté Twitter en signe de soutien.
S’il fait écho aux multiples polémiques concernant des vedettes d’Hollywood depuis plusieurs mois, le cas de James Gunn semble être reçu différemment. L’ancienneté des tweets, pour lesquels le réalisateur s’est confondu en excuses après son renvoi, et l’origine de leur mise en avant font débat. C’est après un vif échange avec des conservateurs américains que M. Gunn s’est fait épingler, dénoncé par ces mêmes conservateurs. Reste à savoir si Disney, particulièrement intransigeant avec ce type de polémique, reviendra sur sa décision face aux protestations de ses acteurs.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-5">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le sixième volet des aventures de l’agent Ethan Hunt survit à un scénario convenu grâce à une mise en scène efficace.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Mission : Impossible - Fallout » : Tom Cruise, cascadeur messianique

Le sixième volet des aventures de l’agent Ethan Hunt survit à un scénario convenu grâce à une mise en scène efficace.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 06h51
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Ethan Hunt n’est pas du genre à maudire la maire de Paris quand il est pris dans la circulation. Pourtant, le responsable de l’Impossible Mission Force (IMF) circule beaucoup dans la capitale. Des quais du 13e arrondissement à l’Odéon, du Marais à Montparnasse, en camion et en motocyclette, M. Hunt avale du kilomètre. Ce n’est pas un vrai Parisien non plus. Face à l’obstacle, il ne se sert pas des armes favorites de l’indigène – l’insulte et le klaxon. Il préfère prendre l’artère bloquée à contresens (sur l’avenue de l’Opéra, par exemple) ou jouer un remake de French Connection sous la portion aérienne de la ligne 6.
C’est – pour des spectateurs qui connaissent leur carte des vingt arrondissements – l’un des charmes de Mission : Impossible - ­Fallout que de suivre, pendant une bonne demi-heure, les périples frénétiques des agents de l’IMF, de leurs alliés et de leurs ennemis dans un décor d’autant plus familier qu’il est filmé avec attention (et peut-être affection) par Christopher McQuarrie. Le réalisateur trouve ici – et pas seulement dans les séquences parisiennes : le film s’attarde aussi à Londres entre la cathédrale Saint-Paul et la Tate Modern – un rythme, une économie de mise en scène qui n’apparaissaient pas aussi nettement dans Jack Reacher (2012) et Mission : Impossible - Rogue Nation (2015), ses deux premiers films avec Tom Cruise.
Souci de moralité
McQuarrie n’est pas seulement le réalisateur de ce sixième long-métrage de la série, il en est aussi le scénariste, son métier d’origine (son premier script fut porté à l’écran par Bryan Singer sous le ­titre Usual Suspects). Cette vocation originelle s’est émoussée. McQuarrie le scénariste n’assure à McQuarrie le réalisateur que le service minimum : cartel de terroristes, matériau fissile subtilisé, empêcher la destruction de l’humanité. A moins que cette usure ne se propage à partir de l’effigie même de la marque Mission : Impossible, Tom Cruise, 56 ans dont vingt-deux passés à la tête de l’IMF.

        Lire aussi la critique :
         

          « Mission : Impossible – Rogue Nation » : Tom Cruise tout-puissant



Ce n’est pas une question de paresse. Comme il le montre en détail sur son compte Twitter, Tom Cruise ne s’épargne guère : il s’est brisé la cheville en sautant d’un toit londonien à un autre, on le voit se balancer au bout d’une corde sous un hélicoptère en vol… Le cadre et le montage, croix de bois, croix de fer, vous jurent que c’est bien la star qui se met ainsi en danger. Les mêmes, hélas, sont bien obligés de reconnaître que celle-ci ne témoigne plus beaucoup d’intérêt pour le métier d’acteur. C’est sans doute pour cela que Tom Cruise le cascadeur en fait autant.
Le ridicule ne tue pas, même les superproductions hollywoodiennes passées sous la coupe de leur star
Grâce au privilège de l’éternelle jeunesse que le statut de star confère à ses détenteurs, on reconnaît les traits de l’adolescent de Risky Business et du prophète psychopathe de Magnolia. Ce masque s’anime à peine pour communiquer la résolution et le stoïcisme. Ethan Hunt en a besoin : après avoir laissé échapper des boules de plutonium (pour la bonne cause : il a préféré sauver la vie de ses camarades), il lui faut maintenant les récupérer sous la supervision d’un antipathique agent de la CIA (Henry Cavill, ­récent Superman). A ses côtés Luther (Ving Rhames, obligé de perpétuer la tradition de l’Afro-Américain de service, tâche dont il s’acquitte avec bonhomie), Benji (Simon Pegg, qui fut recruté il y a une dizaine d’années pour apporter un peu de soulagement comique et se voue aujourd’hui uniquement à la protection rapprochée de son supérieur) et Ilsa Faust (Rebecca Ferguson).
L’agente britannique ne peut même pas prétendre au statut de love interest puisque, malgré leur divorce, Hunt reste marié envers et contre tout avec Julia (Michelle Monaghan) qui apparaîtra, nimbée d’une odeur de sainteté. Ce souci de moralité prend peu à peu des proportions messianiques, et deux tirades à la fin du film expliquent l’air bougon de notre héros par la responsabilité qui lui incombe : sans lui, l’humanité s’éteindrait.
Morceaux de bravoure
Le ridicule ne tue pas, même les superproductions hollywoodiennes passées sous la coupe de leur star. A l’image de son indestructible protagoniste, Mission : Impossible - Fallout survit au ressassement de vieilles idées de scénario, à la mégalomanie de sa star. Grâce d’abord à l’efficacité de la mise en scène, déjà évoquée. Les morceaux de bravoure sont calculés pour susciter un mélange équilibré d’admiration et d’incrédulité. On sait bien que l’espérance de vie d’un homme qui dévale le dôme de Saint-Paul ou la coupole du Grand Palais, qui pilote une moto dans le sens des aiguilles d’une montre place de l’Etoile ou un hélicoptère en feu dans une vallée encaissée, n’excède pas quelques minutes. On voit aussi que les fabricants du film ont obtenu des acteurs et des figurants assez d’engagement physique pour que cette incrédulité soit momentanément suspendue. Malgré l’absolue certitude du triomphe du bien sur le mal, on se prend à serrer l’accoudoir du fauteuil.

        Lire aussi la critique :
         

          « Jack Reacher : Never Go Back » : Tom Cruise en justicier routinier



Enfin, si le héros est fatigué, il faut tirer son chapeau aux méchants. On se doute vite qu’August Walker n’est pas un simple chien de garde de la CIA. Henry Cavill lui prête une élégance louche, une fluidité qui s’oppose à l’opiniâtreté un peu pataude de Tom Cruise. Celle-là même dont il fait preuve lorsque la Veuve blanche lui arrache un baiser (ce sera le sommet sensuel du film). Femme fatale, la Veuve blanche (c’est dans un détail comme ce sobriquet que l’on décèle la lassitude du scénariste) a les traits très britanniques de Vanessa Kirby (la princesse Margaret dans les deux premières saisons de The Crown). Elle seule semble se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps (lorsque Brad Bird réalisait Mission : Impossible - ­Protocole fantôme, en 2011), on n’était pas obligé de prendre Ethan Hunt au sérieux.

Film américain de Christopher McQuarrie. Avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Simon Pegg, Alec Baldwin, Angela Bassett (2 h 27). Sur le web : missionimpossiblefallout.fr, www.facebook.com/Mission.Impossible



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-6">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/07/2018
Découvrir l’application


                        

Entre femmes, entre amis : trois webséries intimistes

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    31.07.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 09h08
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine de chassé-croisé entre vacanciers est propice à l’attente… Que vous soyez coincé en voiture, en gare ou à l’aéroport, voici trois pépites à visionner en ligne sur votre écran.
« Féminin/féminin » : lesbiennes, mais pas que…

La gestion des ex, la peur de l’engagement et la maternité, la procréation assistée et les postulats de la drague : autant de sujets qui préoccupent une bande de filles et de femmes homosexuelles dans Féminin/féminin : une websérie québécoise revigorante, disponible sur Studio 4, la plate-forme (gratuite) de France Télé­visions consacrée aux nouvelles écritures fictionnelles.
Sa scénariste-réalisatrice, Chloé Robichaud, venait de voir son premier long-métrage, Sarah préfère la course, sélectionné à Cannes, en 2013, lorsqu’elle s’est lancée dans la création de cette websérie qui lui vaudra, en 2015, le prix de la meilleure série originale de fiction produite pour les médias numériques au Québec, et à l’une de ses comédiennes, Macha Limonchik, le prix d’interprétation féminine.
Interrogée sur l’intérêt porté à la bande d’amies qu’elle met en scène dans les deux saisons de Féminin/Féminin, Chloé Robichaud répondait, dans le quotidien québécois Le Devoir en février : « Je trouve ça génial que des gens qui sont des alliés ou qui ne s’identifient pas à la communauté LGBT puissent trouver qu’on vit les mêmes choses qu’eux. Je crois que ça va encourager la discussion. Au fond, “Féminin/Féminin”, c’est une ode à l’amitié, pas qu’à l’amitié lesbienne, mais aux relations humaines. » Martine Delahaye
Féminin/Féminin, saisons 1 et 2, websérie créée par Chloé Robichaud. Avec Macha Limonchik, Sarah-Jeanne Labrosse (Québec, 2014 puis 2018, 8 x 10/20 min). Sur Studio 4 et YouTube.
« Les Nouveaux Mondes », ou l’amitié entre filles d’aujourd’hui

Ces deux-là ont une complicité et un humour à toute épreuve. Elles se nomment Max et Billie, vivent à Paris, et se trouvent encore dans cet âge incertain (entre 20 et 30 ans) où un travail fixe à temps plein relève autant du rêve que du cauchemar : après cinq ans de stages, Billie (Julia Malinbaum) aimerait décrocher un CDI, et Max (Garance Bocobza) savoir ce qu’elle aimerait faire de sa vie. En attendant, elles se baladent, vont à des fêtes qui foirent, se retrouvent en mode cocon sur un lit pour rire de leurs derniers déboires, papotent sur l’importance de trouver leur place en tant que filles, sur le racisme ordinaire ou sur les vertus du chou kale.
Douées d’un bon sens du comique, les deux pétulantes comédiennes servent avec fraîcheur et vigueur le scénario écrit par deux autres jeunes femmes, Cécilia de Arce et Jeanne Alamercery (dites Ceci et Jano), fort heureusement plus intéressées par l’amitié entre filles que par les lamentations sur leurs plans mecs. M. De.
Les Nouveaux Mondes, websérie créée par Cécilia de Arce et Jeanne Alamercery. Avec Garance Bocobza et Julia Malinbaum (Fr., 2018, 7 x7 min.) Sur YouTube.
« #32 » : une tendre websérie gersoise

Cinq amis découvrent les résultats du bac. A la fin de l’été, ceux qui l’auront eu quitteront leur département rural, le Gers, pour poursuivre leurs études, d’autres devront rempiler une année de plus au lycée. Chloé partira étudier dans une école de théâtre à Paris, s’éloignant de Samuel, qu’elle aime secrètement. Samuel, lui, ira à Bordeaux, mais son plus proche ami, Camille, capitaine de l’équipe de rugby, redoublera… pas mécontent, en réalité, de rester en terre gersoise. Avec cette difficile séparation qui s’annonce, la relation entre eux va connaître des remous, comme s’ils devaient clore leur vie d’ado avant le grand départ.
En focalisant chaque épisode sur les attentes et dépits de leurs personnages principaux – le dernier épisode mettant en scène la fête de fin d’année –, les jeunes réalisateurs de cette websérie tournée en 2017, Guillaume Laval et Matthieu Regnaut, s’attachent avec bonheur à cette époque de la vie où tout bascule pour prendre un tour nouveau. « Le Gers et la ruralité étaient des prétextes pour parler des jeunes en général. Mais comme la jeunesse de la campagne est souvent absente des écrans, on a voulu la mettre en scène. Car être jeune à la campagne, c’est différent de l’être à la ville. Tout est moins accessible, l’ambiance, les rythmes de vie ne sont pas les mêmes », expliquait Matthieu Regnaut pour le journal La Dépêche du Midi, en juillet 2017, lorsque cette touchante et mélancolique websérie a été lancée sur YouTube. M. De.
#32, websérie créée par Guillaume Laval et Matthieu Regnaut. Avec Vivien Laval, Aglaé Pelletier, Camille Petit, Matthieu Regnaut, Clément Supparo (Fr., 2017, 6 x 5/20 min.) Sur YouTube.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-7">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le groupe contrôlé par Vincent Bolloré acquiert le deuxième éditeur français et envisage d’ouvrir le capital d’Universal Music Group.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/07/2018
Découvrir l’application


                        

Vivendi achète Editis et cherche des alliés dans la musique

Le groupe contrôlé par Vincent Bolloré acquiert le deuxième éditeur français et envisage d’ouvrir le capital d’Universal Music Group.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 20h47
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 11h53
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Vivendi a choisi le cœur de l’été et la publication de ses résultats semestriels, lundi 30 juillet, pour lever le voile sur deux mouvements surprises. Tout d’abord, le groupe de communication et de médias a débuté des négociations exclusives pour racheter au groupe Planeta 100 % du capital d’Editis, deuxième éditeur français derrière Hachette Livre (Lagardère). Montant de l’opération : 900 millions d’euros. Editis compte une cinquantaine de maisons d’édition, parmi lesquelles Nathan, Bordas, Robert Laffont ou Univers Poche, et édite des auteurs de best-sellers tels que Marc Levy (Robert Laffont) ou Michel Bussi (Presses de la cité), dont les ventes d’ouvrages dépassent le million d’exemplaires.
En 2017, Editis a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 750 millions d’euros et généré un bénéfice opérationnel de 60 millions d’euros. Pour Vivendi, ce rachat correspond au développement d’une nouvelle activité, à côté de la télévision payante, des jeux vidéo, de la musique et des télécommunications. « Dans le cadre de ce projet, Vivendi et Grupo Planeta exploreraient de nouvelles opportunités dans le secteur de l’édition », déclare le groupe dans un communiqué.
Une opération surprise
Cette opération s’inscrit dans la stratégie de convergence de Vivendi, qui souhaite posséder les droits des œuvres en amont afin de les décliner sur tous les supports. « Les droits de propriété feront de Vivendi un acteur gagnant à long terme », a lancé le président du directoire du groupe, Arnaud de Puyfontaine, lors d’une conférence avec les analystes. Et de prendre l’exemple de l’Ours Paddington, le célèbre personnage de livres pour les tout-petits dont Vivendi possède les droits hors édition (film, merchandising…), ou de Canal+, qui développe avec la Fox une série autour de l’ouvrage La Guerre des mondes, de H. G. Wells.
Reste à savoir quels seront les titres d’Editis adaptés à ce type de politique. « Cette opération reste une surprise. Le prix payé est élevé, les synergies me paraissent limitées pour une activité mature, et ce rachat accentue le profil de conglomérat de Vivendi, exactement le contraire de ce qu’avait vendu Vincent Bolloré aux marchés il y a trois ans », indique Jean-Baptiste Sergeant, analyste chez MainFirst.
Si c’est la situation particulière de Planeta, fortement endetté et, selon la presse espagnole, en proie à une guerre entre les descendants du fondateur, qui permet à Vivendi de remettre un pied dans le livre, l’idée avait déjà germé dans la tête des dirigeants du groupe français. « Arnaud de Puyfontaine ne pense qu’à une chose, c’est d’y rentrer [dans l’édition]. Et en ce qui me concerne, je l’appuierai dans sa démarche », affirmait Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi, le 22 juin 2016 au Sénat.
Ironie de l’histoire, il s’agit pour Editis d’un retour aux origines ; le groupe d’édition fut créé par Havas à la fin des années 1990, qui appartenait déjà à l’époque à Vivendi. En grandes difficultés, Vivendi s’est vu obligé de céder ce pôle, qui s’appelait alors Vivendi Universal Publishing, à Lagardère en 2002.
Autre mouvement tout aussi surprenant, Vivendi a annoncé chercher des partenaires pour Universal Music (UMG), numéro un mondial de la musique et pépite du groupe. Il se dit prêt à leur céder jusqu’à 50 % du capital tout en restant majoritaire, et ce, officiellement, afin de se développer en Chine, en Inde et en Amérique latine.
A la mi-mai, le propriétaire de Canal+ avait annoncé étudier toutes les options possibles autour de son pôle musique. Finalement, il a donc abandonné l’idée d’une entrée en Bourse, officiellement jugée « trop complexe et trop aléatoire ». « Peut-être ont-ils été déçus par les retours du marché », suppose Jean-Baptiste Sergeant. De fait, les estimations autour de la valorisation d’UMG varient entre 15 et 40 milliards d’euros, avec une moyenne à 20 milliards.
Vivendi ne s’en cache pas, son objectif est d’abord de valoriser au mieux Universal Music. Le groupe indique mettre en place un « prix de réserve » en dessous duquel il ne descendra pas.
Manœuvre financière
Mais la démarche est plus qu’inhabituelle pour Vincent Bolloré, peu habitué à partager le pouvoir au sein de ses entreprises. Pas sûr qu’il trouve un partenaire. Qui serait prêt à immobiliser des milliards d’euros dans une entreprise non cotée, sans avoir son mot à dire au sein du conseil d’administration ? « Je ne crois pas à l’arrivée de nouveaux actionnaires. Vivendi souhaite surtout connaître la valeur de cette entreprise », avance une source qui connaît bien le groupe.
A moins que cela ne soit une première étape, préalable à un désengagement total. « Seule la cession d’UMG pourrait créer de la valeur chez Vivendi. Les performances d’Havas, de Canal+ ou de Telecom Italia ne le permettent pas », indique Jean-Baptiste Sergeant. Chez Raymond James, on estime que Vivendi pourrait céder pour 30 milliards d’euros d’actifs dans les deux ans.
Signe que la manœuvre est avant tout financière, l’argent généré par cette éventuelle cession sera « utilisé pour un programme de rachat d’actions conséquent et une réduction de capital », a précisé le groupe. Au passage, Vincent Bolloré se renforcerait un peu plus au capital de Vivendi.

        Lire aussi l’entretien réalisé en 2014 avec Arnaud de Puyfontaine :
         

          « Notre priorité sera la croissance interne »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-8">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le château de Chenonceau, dans le Val de Loire, vient d’inaugurer un nouveau jardin, hommage au paysagiste anglais Russell Page, inspiré de ses dessins retrouvés.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/07/31/18-9">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. Un excellent documentaire de Nicholas Wrathall retrace la vie publique, et privée, de l’écrivain et scénariste nord-américain disparu en 2012 (sur Sundance TV à 20 h 35).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

TV - « Gore Vidal : The United States of Amnesia »

Notre choix du soir. Un excellent documentaire de Nicholas Wrathall retrace la vie publique, et privée, de l’écrivain et scénariste nord-américain disparu en 2012 (sur Sundance TV à 20 h 35).



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 18h58
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Sundance TV à 20 h 35

L’écrivain et scénariste Gore Vidal (1925-2012) fut, pendant quelque soixante ans, le poil à gratter de son pays natal, qu’il surnommait volontiers « l’empire américain ». La dimension homosexuelle, mais non tragique, de son deuxième roman, Un garçon près de la rivière (1948), fit scandale. Mais ce fut un succès de librairie, comme la plupart de ses nombreux essais et romans historiques. Doué d’un intellect particulièrement affûté et d’un sens de la formule qui fait mouche, le hardi libre-penseur qu’était Vidal fut bientôt l’invité fréquent des talk-shows américains. L’une de ses formules les plus célèbres était d’ailleurs : « Je ne refuse jamais une occasion de faire l’amour ou de passer à la télévision. »
Scénariste pour la télévision et le cinéma (Ben Hur, en 1959), il fraie également avec les milieux politiques progressistes et se présente même sous la bannière démocrate aux élections pour le Congrès puis le Sénat, qu’il perd chaque fois.
Proche de J.F. Kennedy, il gardera pourtant de lui un souvenir amer : « Cela m’a appris à ne jamais plus me laisser séduire par le charme de quelqu’un. Kennedy en avait beaucoup, il était très intelligent, mais il a été le plus désastreux des présidents que nous ayons eus. »

   


Gore Vidal brocarde le puritanisme, la ségrégation, les guerres et la bêtise du pouvoir (Reagan, Bush père et fils) : « Les Etats-Unis ont été fondés par les gens les plus intelligents qui soient mais qu’on n’a depuis plus jamais revus. »
Même l’élection de Barack Obama lui suggère de la méfiance : les hommes politiques parvenus au pouvoir dans ce pays « à l’idéal démocratique perdu » sont forcément des vendus aux puissances de l’argent. Urticant un jour, urticant toujours…
En introduction et en conclusion de l’excellent documentaire de Nicholas Wrathall, on voit Gore Vidal sur la tombe de son compagnon où il a aussi fait graver « Gore Vidal : 1925 - », laissant vacante la date de sa mort.
Questionné sur sa postérité, ­Vidal avoue « s’en moquer éperdument. » Mais le dernier mot de ce « combattant heureux » sera : « Je vous avais prévenus… » L’on n’ose imaginer quels propos rageurs lui aurait inspiré Donald Trump…
Gore Vidal : The United States of Amnesia, de Nicholas Wrathall (EU, 2013, 90 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-10">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤     


                La chanson d’amour de François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 30.07.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 13h18
                 |

            Sandrine Blanchard

















Derniers articles publiés


            Le djihadiste et la recrue du FBI, l’amour jusqu’à la trahison


            Le diot, saucisse paysanne aux mille recettes


            Julia Cagé : « Plus transparente, mieux financée : pour une démocratie retrouvée »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins






les plus partagés










François Morel, l’inoubliable personnage des Deschiens, est comédien, auteur, chanteur, humoriste poétique et chroniqueur sur France Inter.
Au début des années 2000, Philippe Delerm m’a envoyé un CD artisanal de huit titres, écrits par son fils Vincent, parmi lesquels L’Heure du thé. Lorsque j’ai entendu « je sors de chez toi habillé comme hier », j’ai trouvé cette phrase d’une délicatesse infinie pour dire qu’on avait fait l’amour. De la part d’un garçon, c’est une façon pas ramenarde de parler d’une relation amoureuse.
Cette chanson très évocatrice m’a ému parce que c’est le rêve d’un étudiant provincial sur Paris. L’histoire se déroule rue Saint-Séverin mais, par son atmosphère, elle raconte la province. C’est comme une petite scène de cinéma, la photographie d’un instant, qui évoque ce que peuvent être des débuts amoureux, sans grande conversation, juste quelques mots sur des petites choses de la vie. Il y a une forme de gaucherie, un côté presque bourvilesque, des bribes de dialogue qui ne vont nulle part (« Tiens, c’est marrant, t’as la Bible ») mais qui permettent quand même de sortir de chez cette jeune femme habillé comme hier !
Alchimie
Cette chanson me donne envie d’en écrire, car tout n’y est pas dit, on peut la finir soi-même. Parfois, j’ai une tentation un peu ringarde de lyrisme, contre laquelle je me bats ! Quand Vincent Delerm raconte : « J’étais passé prendre le thé, et j’y ai passé la nuit », j’aurais dit : « J’y ai passé la vie », mais c’est trop ! Comme chez Barbara, ce n’est pas le plus grand texte ni la plus grande musique, mais cela aboutit à quelque chose d’extrêmement rare car il y a une alchimie entre une voix, une mélodie et des paroles.
Quand j’ai entendu cette chanson pour la première fois, j’étais déjà marié et père de famille. Elle m’a fait gamberger sur une ambiance estudiantine, dans un petit appartement où on s’offre le thé à 18 heures et où cela peut déraper magnifiquement ! Souvent, les chansons d’amour sont des chansons tristes, de désamour, alors que là, il s’agit du début d’une relation joyeuse. Cela renvoie à nos propres premières histoires d’amour. 
Prochain article, Irène Jacob : « Message personnel », de Michel Berger et Françoise Hardy
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard
    













<article-nb="2018/07/31/18-11">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort de Michel Butel, écrivain et patron de presse

Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 15h43
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Ecrivain, patron de presse, traducteur, activiste, Michel Butel, mort à Paris, d’une septicémie, le 26 juillet, à 77 ans, ne pouvait être assigné à aucun des rôles qu’il a occupés, et sa disparition ne va pas simplifier la tâche : le mystère demeure, pour toujours désormais. Celui d’une énergie dévorante, jamais satisfaite, attisée par le désir de se créer une place qui ne lui a jamais été octroyée. Moyennant quoi, il l’a inventée, puis, à l’infini, multipliée.
Il naît à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 19 septembre 1940, enfant juif sous l’Occupation qu’on doit dissimuler chez ses grands-parents, en Isère. Sa mère est avocate, son père sera des fondateurs de la Sécurité sociale. De retour à Paris, à la Libération, l’enfant entre à l’Ecole alsacienne. Son chemin de jeune bourgeois semble tracé. Mais, déjà, rien ne se passe comme prévu. C’est dans un institut psychopédagogique, où, dira-t-il, il a été placé pour avoir mis le feu au cabinet de son médecin, que le futur directeur de L’Autre Journal crée, à 12 ans, son premier journal. Il quitte l’établissement à 14 ans, décide de ne pas rentrer chez lui, arrêtant ses études et commençant une vie errante, improvisée.
Il milite, au début des années 1960, pour l’indépendance de l’Algérie, entre à l’Union des étudiants communistes. L’air du temps est à la révolution : il est révolutionnaire, manière comme une autre d’assouvir son désir d’inédit. Mais quand, en 1975, Bernard-Henri Lévy lui propose de participer à la création d’un quotidien, L’Imprévu, il ne peut résister, quand bien même l’entreprise apparaît proche du Parti socialiste haï – François Mitterrand est à la une du premier numéro –, ce qui lui vaut quelques rancœurs chez ses camarades.
Prix Médicis pour son premier roman
C’est un échec retentissant, au bout de onze numéros. Mais l’appétit pour la presse s’est réveillé. Et Michel Butel va devenir virtuose dans l’art d’encaisser les coups, disposition qui permet bien des...




                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-12">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Ce sont des amis qui ont conseillé à Igor Starkov de s’intéresser à la maison de l’auteur de « Guerre et Paix ». Le photographe russe de 38 ans s’est laissé convaincre et a parcouru les 200 kilomètres qui séparent Moscou du nid familial de l’écrivain.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/31/18-13">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                
                                    

La maison de Tolstoï, un écrin mémoriel


                      L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 17h01
    |

            Pierre Jaxel-Truer







Pour les enfants russes, la première rencontre avec Tolstoï est un mur à franchir, haut comme la tranche d’un pavé de 2 000 pages. Et pas forcément un bon souvenir. Il en va souvent ainsi, ici comme ailleurs, des morceaux du patrimoine littéraire, de ces passages obligés des bancs d’école. Entre les petits caractères de Guerre et Paix ou d’Anna Karénine est nichée la mémoire des mornes heures des lectures imposées. La grande steppe de l’ennui, à un âge où l’on peine à se passionner pour les conquêtes napoléoniennes ou les mœurs de l’aristocratie.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le photographe Igor Starkov s’est rendu dans l’ancienne résidence de Tolstoï, près de Toula, à 200 kilomètres de Moscou."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description=""
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/13

Suivant







Le photographe Igor Starkov s’est rendu dans l’ancienne résidence de Tolstoï, près de Toula, à 200 kilomètres de Moscou.

Igor Starkov
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


Quand des amis ont conseillé au photographe Igor Starkov de s’intéresser à Iasnaïa Poliana, où il n’était jamais allé, il a donc d’abord traîné des pieds, comme le gamin qu’il fut. À quoi bon remuer ces pénibles relents du passé ? Puis il s’est laissé convaincre, comme ça, sans trop y croire. Et s’est décidé à parcourir les 200 kilomètres qui séparent Moscou de l’ancienne résidence de l’écrivain, au sud de la capitale.
Un paysage empreint de grâce
Finalement, le voyage valait le détour. Starkov s’est abandonné aux charmes des paysages de la Russie centrale et a découvert à son arrivée « une maison remarquable, des vergers de pommiers, des ruchers, des étangs, un paysage empreint de grâce ». Comme un petit morceau d’éternité, au bout d’une allée de bouleaux argentés.
« Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan. » Igor Starkov, photographe
Iasnaïa Poliana n’est pas qu’une imposante bâtisse blanche, au grand front élégant et sévère, ceinte d’un parc. C’est un peu de l’âme de l’œuvre de Lev Nikolaïevitch, dit Léon, Tolstoï (1828-1910), qui a résisté au temps. Le maître de la littérature russe a écrit ses chefs-d’œuvre ici, assis face à son bureau, dans sa chambre du rez-de-chaussée. C’est là qu’il a façonné sa façon de voir le monde, qu’il a travaillé son regard oblique, s’est transformé en ascète, après avoir dilapidé en ville sa vie de jeune homme au jeu et dans les vapeurs d’alcool.
Presque tout du décor du retour aux sources de ce personnage complexe demeure, intact. L’endroit est un écrin mémoriel qui a traversé le XXe siècle sans encombre, pas même secoué par la révolution russe de 1917. Bien au contraire. Tolstoï, géant des lettres, était déjà adulé de son vivant, mais il a aussi été mis sur un piédestal après sa mort par le régime soviétique et repeint comme une sorte de précurseur du communisme. La maison a été nationalisée après la révolution d’Octobre et le culte soigneusement entretenu.

        Lire aussi :
         

                Russie : le livre entre deux soubresauts de l’histoire



Aujourd’hui, le musée d’Iasnaïa Poliana, où se pressent les touristes aux beaux jours, « plaît plus aux Chinois qu’aux Russes », s’amuse Igor Starkov. Mais le photographe, lui, s’est entiché des lieux et leur a consacré cette série de clichés. « J’avais toujours imaginé que les ascètes dormaient sur des clous, buvaient exclusivement de l’eau et mangeaient du pain rassis… Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan », raconte-t-il.
C’est là, aussi, que Tolstoï est enterré. Dans un petit carré de verdure « aussi simple que possible », sous des brins d’herbe qui se dandinent mollement au vent. Une sorte de pied de nez végétal aux tourments de l’Histoire, qui ont accompagné la vie et la mémoire de l’écrivain.

        Lire aussi :
         

                L’« Homme invisible » de Ralph Ellison prend corps à Harlem






<article-nb="2018/07/31/18-14">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le metteur en scène australien fustige l’antisémitisme du compositeur des « Maîtres chanteurs de Nuremberg ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Barrie Kosky dessine la comédie humaine wagnérienne

Le metteur en scène australien fustige l’antisémitisme du compositeur des « Maîtres chanteurs de Nuremberg ».



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h46
    |

                            Marie-Aude Roux (Bayreuth (Allemagne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une ovation ­massive, presque rageuse, qui a accueilli le 28 juillet la première des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner au Festival de Bayreuth. Comme si le metteur en scène Barrie Kosky, en faisant le procès en antisémitisme de ­Wagner (1813-1883) avait vidé on ne sait quel abcès collectif. C’est que le travail de l’Australien n’est jamais caricatural dans l’approche de cette œuvre-clé qui met à la question le saint art germanique (le heilige deutsche Kunst). Il est au contraire d’une surprenante, comique et poignante humanité.
Barrie Kosky n’aime pas Wagner. Il a d’abord refusé ces Maîtres à Katharina Wagner, arrière-petite-fille du compositeur et directrice du festival. Mais là n’est pas l’affaire tant ce petit-fils d’émigrants juifs installés en Australie éclaire avec intelligence les fondements idéologiques d’un opéra plus que tout autre célébré par les nazis, le seul à avoir été joué à Bayreuth en 1943 et 1944. C’est l’identité germanique qui se voit ici démasquée, jusque dans son besoin viscéral d’une confrontation quasi rédemptrice avec le bouc émissaire juif.
Le salon de la Villa Wahnfried
Dès l’ouverture, voici le monde confiné de Wagner : le décor de Rebecca Ringst reproduit dans ses moindres détails (fors l’ajout du dernier autoportrait christique de Dürer, star de la ville de Nuremberg et contemporain des maîtres chanteurs historiques) le salon de la Villa Wahnfried, que le compositeur fit construire non loin de son Festspielhaus. Les hôtes sont des familiers. Il y a là sa femme, Cosima, chroniquement migraineuse, son beau-père, le pianiste et compositeur Franz Liszt, ses enfants, mais aussi le chef d’orchestre juif Hermann Levi (qui créa Parsifal) et jusqu’à un magnifique couple de terre-neuve noirs, race de chiens que Wagner adorait.
En quelques minutes, on saura tout de la comédie humaine wagnérienne : sa tyrannie domestique, son amour immodéré des parfums et de la...




                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-15">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le Gunzenhauser Museum de Chemnitz, en Allemagne, présente une riche rétrospective de l’œuvre du fondateur de la Nouvelle Objectivité, fasciné par le sexe et la mort.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Otto Dix, in extenso

Le Gunzenhauser Museum de Chemnitz, en Allemagne, présente une riche rétrospective de l’œuvre du fondateur de la Nouvelle Objectivité, fasciné par le sexe et la mort.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h13
 • Mis à jour le
31.07.2018 à 11h37
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            
Il est peu probable que Chemnitz, en Saxe, devienne un jour une destination touristique. Son prin­cipal monument est une tête de bronze vraiment colossale de Karl Marx qui rappelle le temps de la RDA, quand la ville s’appelait Karl-Marx-Stadt. Il y a cependant cet été une excellente raison de s’y rendre. L’un de ses musées présente une rétrospective d’Otto Dix (1891-1969) en 300 peintures, dessins et estampes, intitulée donc « 300 × Dix ». Pourquoi dans cette ville ? D’abord, parce que Dix est né à Untermhaus, quartier de Gera, et a fait ses études artistiques à Dresde : Chemnitz est à ­mi-chemin entre Gera et Dresde.
Ensuite, parce que le collec­tionneur et galeriste Alfred ­Gunzenhauser y a aménagé un bâtiment des années 1920 en ­Musée de la Nouvelle Objectivité, le style de l’entre-deux-guerres dont Dix est le fondateur. Après le décès du mécène, en 2015, de nouvelles œuvres de Dix ont rejoint celles qu’il y avait déposées, jusqu’au total de 300. L’exposition est donc celle du fonds du musée, situation comparable à celle du Musée Picasso à Paris.

Mais pourquoi aller là-bas ? D’abord parce que Dix n’a jusqu’à présent jamais été jugé digne d’une rétrospective sérieuse à ­Paris. Au temps où Jean-Louis Prat la dirigeait, la Fondation Maeght lui en a consacré une, en 1998, il y a vingt ans. A Paris, rien depuis un accrochage de dessins au cabinet d’art gra­phique du Centre Pompidou, en 2003. Seule exception récente : à Colmar, à l’hiver 2016, une exposition sur Dix, Grünewald et le retable ­d’Is­senheim. C’est peu pour un artiste dont la place dans ­l’histoire est si marquée.
A chaque ­moment, sa particularité rare et dangereuse : non seulement Dix n’esquive pas les difficultés, mais il se rue vers le plus cru et le plus dur
Conséquence directe de cette indifférence : on ne connaît de lui le plus souvent que deux moments de son œuvre, la première guerre mondiale et l’entre-deux-guerres jusqu’en 1933 avec la prise du pouvoir par les nazis....




                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-16">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de titres ou de revues musicales.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
Découvrir l’application


                        

Délire pop, reggae et jazz : un été en musique

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de titres ou de revues musicales.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h47
    |

                            Francis Marmande, 
Sylvain Siclier et 
Franck Colombani








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
QUATRE FESTIVALS :
Pianissimo au Sunside, à Paris, du 1er août au 1er septembre
Alors que les clubs de jazz parisiens prennent une pause en août, le Sunside propose un festival consacré aux pianistes. Commencé fin juillet, Pianissimo, pour sa 13e édition, recevra du 1er août au 1er septembre, les trios de Baptiste Trotignon (du 1er au 3 août), Vincent Bourgeyx (le 4), Fred Nardin (le 7), Pierre de Bethmann (le 8), René Urtreger (le 17, tandis que le 18 la saxophoniste Géraldine Laurent sera invitée), Alain Jean-Marie (les 21 et 22), Giovanni Mirabassi (les 24 et 25), Jérémy Hababou (le 29)…

Laurent Courthaliac animera, en trio également, chaque lundi, une jam session (en accès libre) en même temps qu’un programme consacré à un pianiste : Thelonious Monk le 6 août, Duke Ellington le 13, Bill Evans le 20 et Bud Powell, le 27. Dimanche 26, c’est le compositeur Leonard Bernstein qu’il évoquera avec le saxophoniste Dmitry Baevsky. Enrico Pieranunzi débutera son séjour au Sunside avec un solo, le 9 août, un duo avec le saxophoniste Rosario Giuliani, le 10 et se produira en quartette le 11. Le pianiste Paul Lay sera en duo, avec le trompettiste Eric Le Lann pour un hommage à Louis Armstrong le 23 août. Sylvain Siclier
Pianissimo au Sunside, 60, rue des Lombards, Paris 1er. Mo Châtelet, Les Halles. Tél. : 01-40-26-46-60. De 22 € à 30 €.
Kind of Belou, à Treignac, du 2 au 5 août

   


De tous les titres calembour des festivals de jazz (il y a un concours ?), Kind of Belou de Treignac (Corrèze) détient le pompon. Le pianiste Tony Hymas y présente Pacific 345, avant Himno de Mujeres Libres (hymne des femmes libres), avant les résistants de Standing Rock, Davu Seru avec le No Territory Band (unique concert en France, le plus « jazz » des festivals de l’été), Riverdog (« noise » d’adolescents, ça devrait donner), le duo du guitariste Hasse Poulsen et de la contrebassiste Hélène Labarrière, le saxophoniste Nathan Hanson et autres afters délocalisés à Tarnac. La nouvelle municipalité a réduit de moitié son aide symbolique, le pays est magnifique, on y pense, et pas bien loin, L’Espace Rebeyrolle, à Eymoutiers, présente une exposition Erro. Treignac, « the place to be » la plus snob, la plus tendance de l’été. Vos neveux vous envieront. Francis Marmande
Kind of Belou, à Treignac (Corrèze). Du 2 au 5 août. 18 €. Forfaits : 2 jours, 25 €; 3 jours, 30 €.
Chansons et mots d’Amou, à Amou, du 3 au 5 août

   


Camille, Thomas Fersen ou Michel Jonasz sont déjà venus à Amou, dans Les Landes, pour ce festival dont l’intitulé, Chansons & mots d’Amou, dit son attention à la chanson française. Pour sa 7e édition, du 3 au 5 août, le festival s’est donné pour thème « gaieté, fantaisie… et toutes ces sortes de choses ». De l’humour musical au programme avec Emmanuel Urbanet, Wally, qui en quelques phrases explore un quotidien fantasque (en solo les 3 et 4 et le 5 avec Vincent Roca pour un hommage à Rabelais), Mathieu Boulet qui interprète Boby Lapointe, Jeanne Plante, Victoria Delarozière et ses Chansons d’amour au couteau, François Morel (le 3), Juliette (le 4)… Le cycle « lecture musicale », dans l’après-midi, sera consacré à Erik Satie, Roland Dubillard et Pierre Desproges par Marie-Christine Barrault avec le pianiste et guitariste Simon Dalmais (le 4) et à Raymond Devos, Alphonse Allais et Alexandre Vialatte par Nicolas Martel avec l’accordéoniste et claviériste Alexis Kune (le 5). S. Si.
Chansons & mots d’amou, au Jardin Baigthosse, place de La Mairie, Café de La Halle, kiosque à musique et Arènes, à Amou (Landes). Du 3 au 5 août. 20 € (dimanche 5), 26 € (vendredi 3) et 35 € (samedi 4) ; forfait 3 jours 45 €. Accès libre aux moins de 12 ans.
No Logo Festival, à Fraissans, du 10 au 12 août et No Logo BZH, à Saint-Père, du 10 au 12 août

   


En 2017, le festival No Logo, avec une programmation consacrée majoritairement au reggae, avait eu lieu simultanément à Fraisans (Jura), dans une ancienne forge industrielle, site de sa création et, sous le nom No Logo BZH au Fort de Saint-Père, près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Avec une programmation en partie commune aux deux manifestations. Ce sera à nouveau le cas cette année, du 10 au 12 août. Avec Julian Marley qui sera à Fraisans le 10 et à Saint-Père le 12, The Wailers à Fraisans le 11 et Saint-Père le 12, Biga’Ranx à Saint-Père le 10 et Fraisans le 12… Le No Logo recevra par ailleurs Groundation, Pierpoljak, Horace Andy, Sly & Robbie and The Taxi Band, Calypso Rose… Et le No Logo BZH annonce Jimmy Cliff, Max Romeo, Black Uhuru, Tiken Jah Fakolly, Malka Family… Dans les deux festivals, une volonté : ne pas dépendre des marques ou des subventions publiques pour être en totale indépendance quant au fonctionnement et à la ligne artistique. Les revenus des festivals proviennent donc totalement de la billetterie. S. Si.
No Logo, aux Forges de Fraisans (Jura), du 10 au 12 août. 25 €, forfait 3 jours 57,50 €. No Logo BZH au Fort de Saint-Père (Ille-et-Vilaine), du 10 au 12 août. 31 €, forfait 3 jours 86 €.
DEUX CHANSONS : « Small Victories » et « If You Give Enough », par The Lemon Twigs 

Révélés en 2016 avec un premier album Do Hollywood au savoureux parfum rétro aux références parfaitement maîtrisées (Todd Rundgren, Big Star, The Kinks…), le duo The Lemon Twigs est bien décidé en 2018 à pousser leur délire pop dans ses retranchements. Auteurs, compositeurs et multi-instrumentistes, les précoces frères Brian et Michael – 21 et 19 ans – ont dévoilé mi-juillet deux titres de leur prochain album, Go To School, à paraître le 24 août chez le label 4AD. Les deux extraits en question, If You Give Enough et Small Victories, montrent toute l’étendue de leur impressionnante palette musicale. Le premier titre est une splendide ballade orchestrée dans la veine d’un Elton John à son sommet d’excentricité années 1970, le second est une chanson pop acoustique, à la mélodie intrépide et irrésistible, riche en rebondissement. Ce deuxième album, Go To School, s’annonce comme une pièce ambitieuse : une comédie musicale racontant l’histoire de Shane, un chimpanzé élevé comme un petit garçon et rencontrant les obstacles de la vie parmi les humains en allant à l’école. A noter que l’idole Todd Rundgren et la maman des frères D’Addario apparaissent sur cet album comme les parents du primate. The Lemon Twigs reste plus que jamais une affaire de famille. Franck Colombani
UNE REVUE : « Jazz magazine », no 708

   


En couverture du dernier numéro de Jazz magazine, une invitation : « 1000 morceaux à écouter au moins une fois dans sa vie ». Ce qui fait des dizaines et des dizaines d’heures de musique. C’est Lionel Eskenazi qui a fait cette sélection, en différentes thématiques comme autant de listes, par décennies (années 1920 à 2010), par styles (swing, bop, cool, free, jazz-rock, électro jazz…), instruments, personnalités dites « incontournables » (Armstrong, Ellington, Parker, Monk, Mingus, Davis, Coltrane…), labels célèbres, formes (du solo au big band)… Avec pour chaque composition, l’album dont elle est issue et son année d’enregistrement. Chacune et chacun pourra vérifier si ces 1 000 morceaux figurent dans sa discothèque. Et bien entendu, comme toujours lorsqu’il s’agit de listes, s’amuser à chercher la petite bête, le ou les morceaux qui n’apparaissent pas dans la sélection. Avec ce copieux dossier, un sujet sur le duo du saxophoniste Lee Konitz et du pianiste Dan Tepfer, un autre sur le trompettiste Jon Hassell et surtout un passionnant entretien au long cours avec le batteur Daniel Humair. S. Si.
« Jazz magazine », no 708, août 2018, 100 p., 6,90 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-17">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Ex programmateur de Radio Nova, l’artiste était à l’affiche de la première édition du Liquid Dub Festival, organisé en quelques semaines.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Blundetto, le reggae à la française

Ex programmateur de Radio Nova, l’artiste était à l’affiche de la première édition du Liquid Dub Festival, organisé en quelques semaines.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h18
    |

                            Stéphanie Binet (Saint-Jouvent (Haute-Vienne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les vaches du Limousin paissent paisiblement dans les prés de Saint-Jouvent, pas le moins du monde importunées par les basses du Liquid Dub Festival. Une grande scène a été installée sur le terrain de foot, une tente consacrée aux sound-systems sur la place de la mairie, et une rampe de skateboard accueille les festivaliers dans la rue des Ecoles.
Pendant deux jours, les 27 et 28 juillet, un jeune originaire du village, Sacha Biro, ami et manageur de l’artiste tourangeau Biga Ranx, a organisé avec ce dernier des concerts de reggae et de hip-hop dans cette petite commune de 1 660 habitants de la Haute-Vienne. Point commun à tous les artistes programmés (Blundetto, Biffty, Damé, Caballero & Jeanjass, Chaton…), un tempo très lent et une envie de planer dans la bonne humeur. Le festival s’est monté en deux mois et demi sur un coup de tête des deux amis. Le maire du village a suivi, les habitants et les artistes contactés par Biga Ranx aussi, et ce dernier n’en revient pas : « C’est fou le travail que ça demande l’organisation d’un festival… Moi qui ai l’habitude d’y jouer ! La prochaine fois que je suis programmé, je fais un câlin à tous les bénévoles. »

Le premier artiste à avoir répondu a l’invitation est Blundetto, auteur d’un quatrième album remarquable publié fin mai, Slow Dance, qui invite bien sûr Biga Ranx, mais aussi les Lyonnais de Damé ou les Jamaïcains Ken Boothe, Cornell Campbell, Little Harry et le Guyanais Jahdan Blakkamoore. Blundetto ne donne jamais de concert, mais pour le Liquid Dub Festival de « Biga », impossible de refuser. Il a sorti ses tatouages, ses baguettes de batteur, et a assuré le show en tout début de festival : « Biga, c’est ma muse, résume-t-il, il m’inspire. Mon album aurait été différent sans lui. Il intervient de plusieurs manières sur ce disque en tant que Biga Ranx, mais aussi sous le pseudo Lord Sandwich, et il est aussi à l’origine d’autres...




                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-18">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Radio. Christine Lecerf consacre une série documentaire aussi riche que stimulante au père de la psychanalyse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

« La Grande Traversée : Moi, Sigmund Freud »

Radio. Christine Lecerf consacre une série documentaire aussi riche que stimulante au père de la psychanalyse.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 06h41
    |

            Christine Rousseau








                        


Série documentaire sur France Culture, à 9 h 05

   


Freiberg, 1856. Londres, 1938. Entre ces deux lieux, ces deux dates : une vie et une œuvre qui n’ont cessé d’être commentées, interprétées, montées au pinacle tout autant que vouées aux gémonies avec une virulence qui n’a d’égale que la dévotion de ses idolâtres. Après des décennies de luttes, de diatribes, d’anathèmes et de contre-vérités, en 2014, à la faveur de nouvelles archives, ­Elisabeth Roudinesco offrait, avec Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Seuil), une remarquable biographie historique.
Une œuvre de référence qui a permis de mieux saisir la complexité de cet homme paradoxal qui fut le fondateur de la psychanalyse. C’est dans les pas de l’historienne que semble s’inscrire Christine Lecerf qui lui consacre une « Grande Traversée » de près de dix heures, aussi éclairante que documentée dans le propos que dense et stimulante dans l’analyse.
A l’instar de l’historienne de la psychanalyse, qui compte parmi la dizaine d’intervenants (Jean Clair, Lionel Naccache, Jacques Le Rider…), Christine Lecerf suit un tracé chronologique, avec ce qu’il faut de mise en perspective et de recontextualisation socioculturelle, notamment sur l’Empire austro-hongrois vers lequel émigrent, comme nombre de familles juives, les Freud. Son récit nous conduit de la maison natale de Freiberg, en Moravie, où « Siggi l’enfant en or », comme le qualifiait sa mère, passa ses premières années, dans la pauvreté et la promiscuité, à sa dernière demeure londonienne, en faisant halte à Vienne, « sa patrie », en parti­culier au 19 Berggasse où il a vécu, reçu ses patients et réuni ses amis, collègues et disciples.
Genèse d’une pensée novatrice
Avant la naissance du mouvement psychanalytique, Christine Lecerf revient successivement sur « l’enfant heureux de Freiberg » qui ­connaît un premier exil à 3 ans, l’élève brillant, pétri de culture classique, et l’étudiant qui mena un double cursus de philosophie et de science avant de s’orienter vers la médecine, plus précisément la neurologie. C’est là, dans le tracé de l’homme, de sa formation ­intellectuelle, de ses lectures, de sa ­culture juive « Mittel­europa », mais aussi de ses tâtonnements, de ses expérimentations, que se dessine la genèse d’une pensée novatrice, révolutionnaire.
Sans céder à la simplification, mais avec clarté toujours, psychanalyste, historiens, écrivain, neurologue, biographe se succèdent pour expliquer et analyser les grands principes. Le tout illustré de lectures de ses textes et surtout de son abondante correspondance, qui donne la mesure de l’épistolier que fut Freud.
Lou Andreas-Salomé et Marie Bonaparte
Battant en brèche, après d’au­tres, l’image d’un savant génial, ­solitaire et incompris, Christine Lecerf insiste tout particulièrement sur l’apport des femmes. « Freud a appris à penser le féminin grâce à ses patientes, notamment celles devenues analystes », souligne l’historienne Lisa Appignanesi. Mieux, elles constituent ici le véritable fil rouge de cette formidable traversée. Avec, en point d’orgue, les portraits de Lou Andreas-Salomé, de Marie Bonaparte son « ambassadrice en France », et le témoignage émouvant de Vera Ligeti qui, à 88 ans, continue de perpétuer à Vienne l’héritage du père de la psychanalyse.
La Grande Traversée : Moi, Sigmund Freud, de Christine Lecerf. Du lundi 30 au vendredi 3 août à 9 h 06 sur France Culture (Fr., 2018, 5 × 105 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-19">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

TV - « Somebody Feed Phil » : virée gourmande et mots d’esprit

Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    29.07.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

Au cours de la première saison de Somebody Feed Phil (« Qu’on nourrisse Phil ! »), Philip Rosenthal, le sympathique créateur et animateur de cette divertissante série documentaire gastronomique de Netflix, nous avait emmenés à Bangkok, Saïgon, Tel-Aviv, Lisbonne, La Nouvelle-Orléans et Mexico.
Pour cette deuxième virée globe-trotteuse, le créateur, scénariste et producteur de la sitcom Everybody Loves Raymond (1996-2005) met le cap sur… Le Cap, Buenos Aires, Copenhague, Venise, Dublin et New York. Avec, chaque fois, quelques tables étoilées mais, surtout, des bistrots et de la cuisine de rue, que découvre l’Américain avec la bénévolence de l’amateur prêt à surprendre sa voûte palatine.
On s’amuse toujours aux gamineries de Philip Rosenthal, dont les yeux bleus écarquillés disent l’enthousiasme du gourmand jamais rassasié, capable de goûter une vingtaine de portions de pizzas à la file. On aime aussi retrouver ses parents – à l’humour typiquement juif new-yorkais –, joints par Skype au cours chaque épisode.
Mais cette fois-ci, on les ­retrouve « en vrai », chez eux, à New York, pour le dernier ­épisode de cette saison. Phil leur présente un invité surprise, le chef français Daniel Boulud, très connu aux Etats-Unis, venu ­goûter et juger la soupe aux boulettes de matzo de Mme Rosenthal mère.

   


Evidemment, les parents n’ont pas la moindre idée de l’identité de leur illustre visiteur, fameux pour son hamburger au foie gras. Au point que M. Rosenthal père propose même au chef, qui a aimé la soupe, d’en emporter un peu chez lui, au cas où celui-ci ne saurait pas se faire cuire un œuf…
La drôlerie de Philip Rosenthal est réjouissante. Mais, comme dans les sitcoms, un bon mot toutes les cinq secondes finit par être lassant. Et son sens de l’autodérision prend une place telle qu’elle vole parfois la vedette aux plats goûtés et aux chefs et critiques culinaires rencontrés.
Cependant, on voit bien que son regard peut être poétique, comme dans le sixième et dernier volet, consacré à sa ville natale. On y retrouve ce ton de déclaration amoureuse à Manhattan dont les Français ont pris le goût à travers les films de Woody Allen qu’ils aiment tant.
Somebody Feed Phil, saison 2, série documentaire de Philip Rosenthal (Etats-Unis, 2018, 6×55 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/31/18-20">
<filnamedate="20180731"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180731"><AAMMJJHH="2018073118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤     


                La chanson d’amour de Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















Derniers articles publiés


            Le djihadiste et la recrue du FBI, l’amour jusqu’à la trahison


            Le diot, saucisse paysanne aux mille recettes


            Julia Cagé : « Plus transparente, mieux financée : pour une démocratie retrouvée »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy


            La chanson d’amour d’Agnès B. : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré


            Mariez-les ! A Cannes, une épouse, trois maris et quatre témoins






les plus partagés










Devenu l’un des animateurs préférés des Français, Michel Cymes, médecin et chirurgien ORL, présente « Le Magazine de la santé » et « L’Enquête de santé » (France 5), ainsi que « Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain » (France 2). Il a publié en mai Chers hypocondriaques… (Stock, 224 pages, 17,50 euros).
Cette chanson était un énorme tube à l’époque de mes 17 ans, en 1974. Ça disait : « Le premier pas/J’aimerais qu’elle fasse le premier pas/Je sais, cela ne se fait pas/Pourtant j’aimerais que ce soit elle qui vienne à moi/Car voyez-vous je n’ose pas… » C’était une drôle de coïncidence parce qu’au même moment, j’avais flashé sur une jeune fille blonde et jolie que je croisais chaque jour dans la rue, avec son teckel, quand je partais au lycée. Elle marchait devant moi, je fantasmais beaucoup, alors qu’à mon avis, elle ne m’avait même pas remarqué…
J’étais extrêmement timide. Pendant des mois, j’ai cherché comment l’aborder sans avoir l’air con. Je me disais : « Je vais lui proposer de promener le chien avec elle… » Mais je n’ai jamais eu l’audace. J’ai fini par déménager. Ce n’était pas celui-là, l’amour de ma vie, parce que je suis très heureux aujourd’hui. Mais cette expérience, comme d’autres frustrations, m’a probablement servi dans la vie. Je tente tout aujourd’hui.
Miracle de la mémoire
J’écoute régulièrement cette chanson. Je l’adore ! A chaque fois, je repense à cette fille, quarante-cinq ans après, alors que j’ai une mémoire de poisson rouge. Je revois la scène, elle est encore très présente. C’est un miracle de la mémoire. La chanson réveille le souvenir, peut-être parce que plusieurs parties de mon cerveau étaient mobilisées en même temps : la vision, l’émotion…
Ado, j’étais vraiment une quiche dans le domaine de la drague. Dans les boums, je me mettais toujours copain avec le mec qui passait les disques pour pouvoir lui demander Hey Jude, des Beatles. C’est un slow qui dure sept minutes, ça me laissait plus de temps pour draguer. En deux-trois minutes, sinon, je n’avais pas le temps de passer la main dans le dos, de me resserrer, puis de tenter d’embrasser. Je n’étais pas très à l’aise avec la parole. C’est la radio qui m’a servi de thérapie, plus tard. Au lycée, j’étais le grand déconneur, les filles venaient toutes me voir, je les faisais marrer, mais j’étais tellement mauvais en drague que c’étaient les copains qui sortaient avec elles. J’étais un aspirateur à nanas pour les autres. 


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène Théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg
François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm
Irène Jacob : « Message personnel », de Françoise Hardy



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    












