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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Après le dépôt de deux plaintes évoquant nommément Alexandre Benalla et Vincent Crase, le parquet de Paris a ouvert une enquête notamment pour violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique.
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Affaire Benalla : nouvelle enquête ouverte pour d’autres violences commises le 1er mai à Paris

Après le dépôt de deux plaintes évoquant nommément Alexandre Benalla et Vincent Crase, le parquet de Paris a ouvert une enquête notamment pour violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h55
   





                        


Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, lundi 30 juillet, après le dépôt de deux plaintes contre X qui évoquent nommément la présence d’Alexandre Benalla et Vincent Crase lors d’une interpellation musclée au Jardin des Plantes, en marge de manifestations du 1er mai.
L’enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, est ouverte pour six chefs d’accusation : usurpation de signe réservés à l’autorité publique, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique, atteinte arbitraire à la liberté individuelle, dégradation volontaire d’un bien en l’espèce une vidéo et introduction frauduleuse dans un système de traitement de données personnelles.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Notre journaliste Matthieu Goar a répondu aux internautes lors d’un tchat consacré aux enseignements politiques de l’affaire.
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Affaire Benalla : « La paralysie de la macronie a été provoquée par le mutisme du chef de l’Etat »

Notre journaliste Matthieu Goar a répondu aux internautes lors d’un tchat consacré aux enseignements politiques de l’affaire.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 19h07
   





                        


Matthieu Goar, chef adjoint du service politique du Monde, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat consacré aux conséquences politiques de l’affaire Benalla.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Macron veut tirer les leçons de l’affaire Benalla



Gérard Collomb va-t-il être poussé vers la sortie ? Est-il possible pour Emmanuel Macron de se priver de l’un de ses hommes forts ?
Matthieu Goar : C’est une des conséquences possibles de la crise. Certaines sources au sein de la macronie commencent à évoquer la possibilité d’un remaniement fin août ou début septembre. Gérard Collomb ressort très affaibli de cette crise, car il a esquivé beaucoup de questions lors de ses auditions devant les deux commissions d’enquête. Mais le plus grave pour lui est son affaiblissement auprès de ses hommes : les forces de police sont très irritées par l’affaire Benalla. Beaucoup de responsables policiers ne comprennent pas que M. Benalla ait pris autant d’importance dans l’organisation de la sécurité du président. Si la défiance perdure entre le ministre et la police, son avenir au sein du gouvernement s’annonce compliqué.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          L’affaire Benalla creuse le fossé entre le pouvoir et l’administration



Cette histoire va-t-elle peser sur Macron ? On voit des sondages discordants. Est-elle de nature à peser sur les projets de réforme à venir ?
Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Ces premiers sondages ne veulent pas dire grand-chose. Par contre, l’affaire a déjà chamboulé l’agenda des réformes, puisque la révision constitutionnelle, un texte important, sera discutée à la rentrée ou début 2019. M. Macron garde tout de même la maîtrise de son quinquennat, mais cette affaire risque de le poursuivre lors de ses déplacements et dans sa relation avec les Français. La plupart de nos concitoyens ne connaissent pas encore très bien ce nouveau président. Beaucoup attendent encore d’avoir une idée précise pour se faire une opinion sur lui, et cette affaire est un élément qui peut faire basculer des indécis.
En cas de remaniement, quels sont à votre avis les ministres menacés ?
Nous avons déjà évoqué Collomb. Ensuite, Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a été absent de l’Hémicycle lorsque les députés macronistes devaient faire face à l’opposition. Beaucoup lui en veulent. Lors d’une interview sur BFM-TV, il a aussi sorti une phrase qui a provoqué l’ironie quand il a estimé que M. Benalla faisait office de « bagagiste » lorsqu’il était dans le car des Bleus. En cas de remaniement, il pourrait en faire les frais. Surtout que le parti présidentiel, dont il est délégué général, La République en marche, a été incapable d’organiser un début de riposte. De façon plus générale, il y a eu une rupture entre la majorité et certains ministres très absents au début de l’affaire. Les députés estiment que certains se sont « planqués ». Moi je pense que l’Elysée, en restant mutique, a paralysé la plupart des ministres qui doivent tout à M. Macron.
Quand E. Macron aurait-il dû prendre la parole ? En intervenant trop tôt, ne prenait-il pas un risque que de nouveaux éléments (évidemment inconnus de lui) apparaissent ?
Vu l’ampleur de la crise et la désorganisation de sa majorité, il aurait dû parler plus tôt. Son discours du mardi 24 juillet a d’ailleurs ressoudé ses troupes. Mais le président de la République déteste céder à la pression médiatique. D’habitude, il choisit son agenda. Là, il était sur le reculoir et ne voulait surtout pas donner l’impression d’être contraint de parler. C’est pour cela qu’il a attendu. Sans doute qu’une prise de parole plus précoce aurait circonscrit la crise.
Castaner à la buvette, Belloubet qui refuse de répondre, mais applaudit Macron à la Maison de l’Amérique latine, Philippe qui préfère aller voir le Tour de France…, comment interpréter le comportement de ces ministres étrangement absents lors de cette affaire ? 
C’est une question intéressante, car elle explique pourquoi la crise s’est prolongée. Et pourquoi une affaire concernant l’organisation de la sécurité à l’Elysée est devenue la première crise politique majeure du mandat de M. Macron. Je pense que les ministres étaient très absents parce qu’ils étaient perdus face à l’attitude de l’Elysée. Le jeudi matin, tous s’attendaient à ce que M. Macron licencie son collaborateur. Or, il ne le fait pas. Et son porte-parole, Bruno Roger-Petit, ment lorsqu’il dit que M. Benalla ne s’occupait plus des opérations en dehors de l’Elysée, alors que des photos le montrent dans le bus des Bleus. Ensuite, l’Elysée s’est muré dans le silence. Le premier ministre et les membres du gouvernement les plus politiciens (Darmanin, Le Maire, Le Drian, etc.) ignorent la marche à suivre. Les ministres issus de la société civile, eux, ne savent tout simplement pas faire de la riposte. La paralysie de la macronie a été provoquée par le mutisme du chef de l’Etat. Cela illustre à outrance la verticalité et le centralisme de son pouvoir. Même si la Constitution ne le dit pas, le fonctionnement médiatique de notre Ve République est présidentialiste. En tout cas, c’est ainsi que M. Macron exerce son pouvoir (il fait des discours au Congrès, au cœur de la crise, il parle après son premier ministre en se disant le seul responsable…). Cela va encore plus loin que Nicolas Sarkozy avec François Fillon. D’ailleurs, demain, M. Philippe doit certes affronter deux motions de censure, mais l’opposition cherche surtout à affaiblir M. Macron, pas forcément son premier ministre, qui ne sert même plus de paratonnerre au président de la République.
Quelles leçons peut-on tirer de cette affaire pour les oppositions, de droite et de gauche ? Notamment sur leur capacité à parler presque d’une seule voix pour la première fois ?
Ecrasés par Macron depuis le début du quinquennat (le gouvernement a fait passer toutes ses réformes, la mobilisation sociale a été un échec), les différents partis d’opposition se sont saisis de l’occasion pour tenter d’affaiblir la majorité macroniste. La France insoumise, la droite et le Rassemblement national (RN) ont des idées trop différentes pour trouver un front commun depuis un an. Pendant que les mélenchonistes défilaient contre les ordonnances sur le marché du travail, la droite et RN s’attaquaient à M. Macron à propos de l’immigration ou de « l’abandon » de la France rurale. Cette affaire les a fait converger, car elle concerne directement l’organisation de l’Elysée et la personnalité de M. Macron. Les opposants ont réussi à obliger la majorité à créer une commission d’enquête, et leur guérilla parlementaire a paralysé la révision constitutionnelle. Avec les deux motions de censure, les opposants poussent leur avantage jusqu’au bout, même si ce vote sera avant tout symbolique. Les députés macronistes ont reconnu qu’ils avaient manqué d’expérience et qu’ils étaient perdus, car le président ne leur donnait plus la marche à suivre. Mais cela reste une alliance de circonstances, qui ne durera pas. Il n’est pas sûr non plus qu’un opposant s’impose.
La motion de censure commune signée par les trois groupes de gauche à l’Assemblée nationale peut-elle favoriser une reprise du dialogue entre ces différentes forces en vue d’une coopération dans l’opposition à la macronie ?
Non, il s’agit avant tout d’une alliance de circonstance, car aucune de ces formations n’avait les 58 députés pour déposer une motion de censure. Au lendemain du vote sur la motion de censure, la méfiance entre M. Mélenchon, le PS et le PC reprendra ses droits.
S’agissant des commissions d’enquête mises en place par les parlementaires, il semblerait que celle de l’Assemblée nationale soit le lieu des éclats et des provocations alors que celle du Sénat se révèle être plus « sage »… Quelle analyse en faites-vous ?
Oui, c’est le sentiment que nous avons aussi. Dès le début, le Sénat a indiqué que son travail d’audition durerait six mois. A l’Assemblée, les auditions ne devaient pas durer plus d’un mois. Et à l’Assemblée certains députés venaient surtout pour provoquer un coup d’éclat. Notre impression est que le Sénat privilégie le fond du dossier alors qu’à l’Assemblée la commission est le lieu d’une bataille politique entre majorité et opposition. La présidente, Yaël Braun-Pivet (LRM), a refusé d’entendre les conseillers de l’Elysée, comme si elle voulait passer à autre chose le plus rapidement possible. Les opposants, dont le corapporteur LR, Guillaume Larrivé, cherchaient, eux, en permanence l’occasion de dénoncer une majorité aux ordres. C’est ce qu’ils ont fini par faire en quittant les auditions. Cette commission d’enquête à l’Assemblée est démonétisée.
François Bayrou, qui est membre de la majorité, mais aussi Philippe Raynaud ou Jean Garrigues critiquent incidemment l’emballement médiatique, auquel Le Monde n’est pas étranger. Cent quatre articles en dix jours dans Le Monde, est-ce sensé ?
C’est une question importante. Le Monde et les autres médias en ont-ils trop fait ? Le Monde a été à l’origine des révélations et a tout de suite considéré que cette affaire était importante. Pendant plus de deux mois, l’Elysée avait dissimulé les violences d’un de ses conseillers. Est-ce une affaire d’Etat ? Il existe un débat entre historiens. Journalistiquement, il y avait en tout cas des points à éclairer sur un personnage de l’ombre proche de M. Macron. S’agissait-il d’une faute individuelle ou existait-il un réseau, une sorte de police parallèle autour de M. Benalla ? A quel point M. Macron a-t-il protégé son conseiller ? Nous avons donc publié toute une série d’enquêtes sur le fond de l’affaire. Nous continuerons. Ensuite, il y a eu aussi beaucoup d’articles strictement politiques, car cette affaire a provoqué une crise au sein de la majorité : l’examen d’un texte de loi a été suspendu, les députés et les sénateurs ont créé des commissions d’enquête, l’Elysée s’est muré dans le silence… On peut débattre sur le fait que les violences de la Contrescarpe constituent une affaire d’Etat, mais il est indéniable que leur révélation a complètement désorganisé la vie politique et l’agenda de M. Macron.

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          Affaire Benalla : « C’est la notion de dissimulation qui crée l’affaire d’Etat »



Le Monde n’a-t-il pas honte d’avoir accordé tant d’importance à ce fait divers ?
Ce terme de « fait divers » est intéressant. Il y en a parfois qui disent beaucoup du fonctionnement de la société. Là, nous sommes face à un fait divers qui dit beaucoup du fonctionnement politique de M. Macron. C’est pour cela qu’il est très intéressant. A travers M. Benalla, on s’aperçoit un peu mieux que M. Macron a été obligé de s’entourer rapidement au début de sa campagne électorale, qu’il n’avait pas un immense réseau dans les forces de police, contrairement à M. Sarkozy à l’époque, qu’il est capable de dissimuler des choses, qu’il déteste se séparer de ses collaborateurs, qu’il refuse de céder à la pression médiatique, que sa majorité est perdue lorsqu’il se tait, etc.
Le fonctionnement des réseaux sociaux et les impératifs du modèle économique de la presse en ligne ont-ils influé sur votre traitement de l’affaire ? N’y avait-il pas moyen de prendre quelque distance critique avec les commentaires (watergate, scandale d’Etat, barbouzes, milices privées) qui relevaient de l’exagération ou de l’insinuation ?
Nous avons réalisé une interview de M. Mélenchon, qui compare cette affaire au Watergate : ce sont ses mots, pas les nôtres. Par ailleurs, nous avons donné la parole dans chacun des articles politiques à des proches de M. Macron. Nous avons fait une interview de M. Bayrou qui dit exactement l’inverse de ce que dit M. Mélenchon. Par ailleurs, nous avons fait vivre le débat en donnant la parole à des intellectuels qui considèrent que tout cela n’est pas une affaire d’Etat.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
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Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de sa « bande », qui ne quitte jamais le sillage d’Emmanuel Macron depuis l’élection présidentielle.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit d’une ascension mystérieuse.En quelques jours, l’affaire est devenue une affaire d’Etat.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés ?A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement.Dans cette affaire, la question des images de vidéosurveillance est centrale alors que trois policiers ont été sanctionnés pour les avoir transmises à M. Benalla et que l’Elysée est accusée de les avoir instrumentalisées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés en assurant qu’il était le « seul responsable » de l’affaire.Les plaignants se sont également exprimés via leur avocat qui les présente comme « des badauds qui venaient assister à une manifestation ».Pour Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla. »Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La proposition de loi LRM, qui encadre l’usage de tout objet connecté, a obtenu 62 voix pour, une contre. L’opposition s’est abstenue.
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Le Parlement entérine l’interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges

La proposition de loi LRM, qui encadre l’usage de tout objet connecté, a obtenu 62 voix pour, une contre. L’opposition s’est abstenue.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 19h05
   





                        



   


Le Parlement a définitivement adopté lundi 30 juillet, par un ultime vote de l’Assemblée, l’interdiction des portables dans les écoles et collèges – voire dans certains lycées –, au cœur d’une proposition de loi La République en marche (LRM), traduisant une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Soutenu par les groupes LRM, MoDem et UDI-Agir-Indépendants, le texte sur « l’encadrement de l’utilisation du téléphone portable dans les établissements d’enseignement scolaire », sur lequel députés et sénateurs avaient trouvé un compromis, a obtenu 62 voix pour et une contre.
Les Républicains, mais aussi les socialistes, les Insoumis et les communistes se sont abstenus, critiquant « une opération de communication », de « l’affichage politique », ou « une loi de circonstance » qui « ne va rien changer ».

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Les lycées concernés mais pas obligés
La proposition de loi interdit l’usage de tout objet connecté (portable, tablette, montre…), dans les écoles et collèges. Il y aura des exceptions « pour des usages pédagogiques », laissés à l’appréciation de chaque établissement dans son règlement intérieur, ou pour les enfants handicapés. Les activités liées à l’enseignement mais se déroulant à l’extérieur, comme le sport, seront aussi concernées.

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Les lycées auront, quant à eux, la possibilité, mais pas l’obligation, d’inscrire l’interdiction totale ou partielle du portable et d’autres objets connectés dans leur règlement intérieur.
Le code de l’éducation interdit, depuis la loi du 12 juillet 2010, les portables « durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’actuel président de l’organisme met fin, par cette décision, à un casse-tête pour l’exécutif.
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Inserm : Yves Lévy, époux d’Agnès Buzyn, retire sa candidature

L’actuel président de l’organisme met fin, par cette décision, à un casse-tête pour l’exécutif.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h24
   





                        



   


Le président de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy, mari de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a retiré lundi 30 juillet sa candidature à un nouveau mandat à la tête de cet organisme public de recherche médicale. Une décision dont Matignon a « pris acte », ajoutant que M. Lévy « sera prochainement appelé à d’autres fonctions ».
Ce départ ne sera pas immédiat, puisque le professeur Lévy, 60 ans, reste jusqu’à nouvel ordre « en charge de l’intérim à la tête de l’Inserm », ont souligné les services du premier ministre. Il assure cet intérim depuis l’expiration le 12 juin de son mandat de quatre ans.
L’Inserm a fait savoir dans un communiqué que M. Lévy avait « adressé ce jour à l’ensemble des personnels de l’Inserm un message expliquant sa décision », sans en révéler la teneur.

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                Inserm : la reconduction éventuelle d’Yves Lévy embarrasse



Critiques
Le professeur Lévy, chercheur et médecin, a d’abord tenté de rester, puis a préféré partir de lui-même devant l’embarras que sa possible candidature suscitait au sein du gouvernement, partagé entre les états de service satisfaisants de ce haut fonctionnaire et les soupçons de conflits d’intérêt dont il faisait l’objet.
Le maintien de M. Lévy à ce poste prestigieux, après la nomination de Mme Buzyn au gouvernement en 2017, et l’hypothèse de sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans ont valu des critiques à la ministre et au gouvernement.
Des critiques infondées, selon Mme Buzyn, qui a plusieurs fois rappelé que la cotutelle (avec le ministère de la recherche) de l’Inserm lui avait été retirée par décret dès mai 2017, au profit du premier ministre. D’autre part, elle a assuré « ne pas [s]’impliquer dans la carrière de [son] mari », ni en le conseillant ni en le favorisant.
« Le gouvernement rappelle que l’ensemble des procédures permettant d’éviter tout conflit d’intérêt entre l’Inserm et la ministre des solidarités et de la santé ont été mises en œuvre de façon continue depuis mai 2017 », ont insisté les services du premier ministre.
Relance du processus de recrutement
« Le processus de recrutement du PDG de l’Inserm sera relancé dans les prochaines semaines », a ajouté Matignon. Il avait déjà commencé, puisque des candidats avaient été entendus le 21 juin à huis clos par une commission ad hoc.
Les noms de ces candidats ne sont pas révélés, conformément à la réglementation, pour permettre d’attirer les meilleurs postulants. Seuls deux ont choisi jusqu’ici de rendre publique leur candidature : Jessica Zucman-Rossi (Inserm, université Paris-Descartes) et Philippe Froguel (CNRS, université de Lille et Imperial College de Londres).
Ce dernier s’est montré surpris que le gouvernement reparte de zéro. « Incroyable : le retrait de la candidature du PDG de l’Inserm à sa propre succession s’accompagne de l’abandon de l’appel à candidature actuel », a-t-il écrit sur Twitter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Président, la vie d’après (2/6). Mai 1981 : tout s’arrête brusquement pour celui qui avait incarné la modernité. L’« Ex » continue de croire en son destin national, malgré les rendez-vous manqués de 1986, 1988 et 1995. Avant que, en 2005, son rêve de premier président de l’Europe ne s’envole lui aussi.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Plusieurs internautes accusent le commandant militaire de l’Elysée et le préfet de police de Paris d’avoir menti devant les commissions d’enquête en assurant qu’ils ne connaissaient pas Alexandre Benalla. Ce qu’ils n’ont dit ni l’un ni l’autre.
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Affaire Benalla : le général Bio-Farina et le préfet Michel Delpuech victimes d’intox

Plusieurs internautes accusent le commandant militaire de l’Elysée et le préfet de police de Paris d’avoir menti devant les commissions d’enquête en assurant qu’ils ne connaissaient pas Alexandre Benalla. Ce qu’ils n’ont dit ni l’un ni l’autre.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 16h22
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L’affaire Benalla continue de passionner les internautes, au prix de quelques emballements. C’est ainsi que plusieurs messages mettent en cause le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, ou le commandant militaire de l’Elysée, le général Eric Bio-Farina, tous deux accusés d’avoir menti lors de leurs auditions respectives
Le préfet de police a bien précisé qu’il connaissait M. Benalla
C’est le cas de ce message Twitter, partagé plus de 3 000 fois, qui met en cause le préfet Michel Delpuech, accusé d’avoir « affirmé ne pas connaître M. Benalla » alors qu’une photo les montre tous les deux.

   


L’information est pourtant fausse, et facile à vérifier, les auditions étant publiques. Il suffit, comme le rappelait notre journaliste Soren Seelow, de s’y reporter pour constater que le préfet explique avoir rencontré M. Benalla « l’avant-veille ou trois jours avant le deuxième tour de la présidentielle ». Il ne nie donc à aucun moment savoir qui était M. Benalla. « Un interlocuteur connu », explique-t-il encore, contredisant sur ce point le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui s’était montré bien plus évasif.
Le général Bio-Farina n’a, lui non plus, jamais nié le connaître
Même principe pour une autre rumeur, touchant cette fois le commandant militaire de l’Elysée, le général Bio-Farina. Là encore, il est accusé d’avoir nié connaître Alexandre Benalla, alors qu’une photo « prouve » le contraire. On trouve cette intox notamment sur des pages proches de l’extrême droite, comme celle-ci, qui nous apparaît comme peu fiable dans le Décodex :

   


Plusieurs comptes partageant cette information assurent que le général aurait fait cette déclaration devant le Sénat. Or il n’y a pas été auditionné. C’est à la commission d’enquête de l’Assemblée que M. Bio-Farina a répondu… en reconnaissant au contraire qu’il connaissait M. Benalla : « Je connais Alexandre Benalla dans le cadre de nos relations professionnelles. Il est arrivé à la présidence de la République en mai 2017. Il a été affecté auprès du chef de cabinet avec le rang d’adjoint. Il avait un rôle dans l’organisation d’événements », a-t-il expliqué, selon le compte rendu du Parisien.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Matthieu Goar, chef adjoint du service politique du « Monde », a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Du gouvernement à l’Assemblée la crise de ces deux dernières semaines a révélé des failles dans le système mis en place depuis un an.
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Macron veut tirer les leçons de l’affaire Benalla

Du gouvernement à l’Assemblée la crise de ces deux dernières semaines a révélé des failles dans le système mis en place depuis un an.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h46
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
Même si le gouvernement devra encore affronter deux motions de censure, mardi 31 juillet, le gros de la crise semble passé pour Emmanuel Macron. Une accalmie qui va laisser un peu de temps aux macronistes pour analyser cette séquence inédite. Car la tempête politique qui a suivi la divulgation de la vidéo d’Alexandre Benalla pose des questions et va sans doute obliger le président de la République à opérer quelques changements. Entre le mercredi 18 juillet au soir, et le mardi 24 juillet au soir, quand Emmanuel Macron a enfin pris la parole devant ses troupes, la Macronie a tangué au-delà de l’imaginable.
« Toutes les leçons seront tirées à la rentrée », a affirmé Benjamin Griveaux à la sortie du conseil des ministres, mercredi 25 juillet. « Des changements profonds interviendront » qui ne s’arrêteront « pas aux portes de l’Elysée », a précisé le porte-parole du gouvernement. Au Palais, à l’Assemblée, ou encore au sein de l’exécutif, des ajustements pourraient avoir lieu. « Le président saura en faire quelque chose d’intelligent, j’en suis certain », confie un député proche de la majorité.
L’hypothèse du remaniement
Comme le répète souvent François Patriat, chef du groupe La République en marche (LRM) au Sénat, « le président de la République est seul, et dans une crise, il est en première ligne, ça ne va pas ». Certains ministres, très techniques, ont encore du mal à intervenir au-delà de leur champ de compétence. D’autres, beaucoup plus politiques, comme Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou Sébastien Lecornu, se sont faits discrets. « C’est sûr que c’était plus facile de commenter la victoire des Bleus », ironise un député LRM. Quant à « Gérard Collomb, il est sorti amoché de cette affaire. Les flics ont le sentiment qu’il les a lâchés », commente un proche du pouvoir.
Dans un premier temps, Edouard Philippe n’a pas servi de paratonnerre au chef de l’Etat. Le jeudi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Après la suspension de son examen à la suite de l’affaire Benalla, le texte doit être de nouveau inscrit à l’ordre du jour, au cœur d’un agenda législatif déjà très chargé.
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La révision constitutionnelle, un texte à l’avenir encore incertain

Après la suspension de son examen à la suite de l’affaire Benalla, le texte doit être de nouveau inscrit à l’ordre du jour, au cœur d’un agenda législatif déjà très chargé.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 12h30
    |

            Manon Rescan








                        


Le casse-tête, jusqu’au bout. Créer les conditions de l’adoption par l’Assemblée et le Sénat de la révision constitutionnelle était déjà un défi compliqué. L’affaire Benalla a compliqué encore un peu plus le cheminement de ce texte. En suspendant son examen, dimanche 22 juillet, le gouvernement a certes contourné la paralysie des débats orchestrée par l’opposition mais il n’a fait que repousser le problème. Il faut maintenant trouver une nouvelle fenêtre dans l’ordre du jour de l’Assemblée pour débattre du texte. Or, l’agenda des députés est déjà très chargé à la rentrée avec le retour de la loi agriculture et alimentation, la loi Elan, le projet de loi fraude, la loi Pacte…
Sans oublier que les députés doivent se lancer dans les deux autres textes de la réforme des institutions avec notamment la diminution du nombre de parlementaires. Le tout devait être examiné avant que les députés n’entrent dans le tunnel du budget qui occupe traditionnellement la fin de l’année. Faudra-t-il, alors, sacrifier le projet de loi constitutionnelle et attendre le début de l’année 2019 pour le remettre à l’ordre du jour ?
« Je ne vois pas le président abandonner un projet qui lui tient à cœur », glisse une parlementaire. « Toutes les options sont possibles », estime une autre. La question doit être tranchée mardi en conférence des présidents à l’Assemblée. Si la révision constitutionnelle est reprise à la rentrée, il faudra pousser les murs et décaler au moins l’un des textes initialement prévus.
Doit-elle tirer les leçons de l’affaire Benalla
Une victime semble toute désignée : le projet de loi Pacte, texte fleuve porté par Bruno Le Maire qui prévoit la réforme de l’objet social de l’entreprise, des privatisations ou encore la réforme de l’intéressement et de la participation. La perspective de son report a été esquissée dans Le Journal du dimanche par François de Rugy évoquant un examen « à revoir ». Il envisage un morcellement du texte économique, avec le vote de certaines de ses mesures dans le cadre du budget. Il faudra pour cela que Bruno Le Maire accepte que sa grande loi sur laquelle ses équipes planchent depuis un long mois connaisse un nouveau report. A son agenda, le ministre de l’économie compte deux rendez-vous importants : un entretien avec le premier ministre lundi à 16 heures, et un autre avec Emmanuel Macron mardi à 19 h 30.
Autre question qui se posera à l’avenir : la révision constitutionnelle peut-elle rester en l’état ou doit-elle tirer les leçons de l’affaire Benalla ? « Il faut reprendre tout cela sur des bases nouvelles », a estimé, samedi, dans un entretien au Monde le patron du MoDem, François Bayrou. Plusieurs membres de l’opposition ont demandé que le texte soit revu au regard des événements de juillet. Les présidents des deux assemblées, Gérard Larcher au Sénat, et François de Rugy au Palais-Bourbon, ont aussi esquissé cette perspective.

        Lire aussi :
         

                Affaire Benalla : « Il y a eu une instrumentalisation politique », estime François Bayrou



Tous deux, l’un dans un entretien au Figaro, l’autre sur France 2, ont évoqué un même ajustement : donner le pouvoir aux parlementaires de convoquer des ministres afin de demander des explications sur un dossier. Sauf que l’opposition n’a plus la main. Si le texte revient à l’Assemblée, seuls le gouvernement et les rapporteurs (issus de la majorité) auront le pouvoir de déposer de nouveaux amendements. Il reviendra à eux seuls de tirer d’éventuels enseignements institutionnels de cette affaire, ou aux sénateurs qui reprendront la main sur le texte après son vote en première lecture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Aucune des principales organisations syndicales ou patronales n’est dirigée par une femme. Huit hommes et « zéro femmes », même après les élections qui ont eu lieu en 2018 dans trois d’entre elles.
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Dans les syndicats , les hommes gardent les clés du pouvoir

Aucune des principales organisations syndicales ou patronales n’est dirigée par une femme. Huit hommes et « zéro femmes », même après les élections qui ont eu lieu en 2018 dans trois d’entre elles.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 15h15
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            
En costume-cravate, ils ont défilé l’un après l’autre derrière le micro installé dans la cour de l’Elysée, après leur rencontre, le 17 juillet, avec Emmanuel Macron. Huit hommes, tous numéro un d’une organisation syndicale ou patronale. Et « zéro femmes », comme l’a sobrement relevé Laurence Parisot, l’ex-présidente du Medef, sur Twitter, au lendemain de la réunion.

L’année 2018 aurait pourtant pu être l’occasion de voir des dirigeantes arriver aux manettes de ces structures car trois d’entre elles ont connu un processus électoral : FO, CFDT et Medef. Las. De nouveau, trois hommes ont été élus. Très rares sont celles qui pilotent, aujourd’hui, une organisation syndicale. Il y a bien Bernadette Groison (FSU) ou Cécile Gondard-Lalanne, co-porte-parole de Solidaires, mais elles restent des exceptions.
Dans le passé, Annick Coupé a longtemps représenté Solidaires (2001-2014). Nicole Notat a été secrétaire générale de la CFDT pendant dix ans (1992-2002) et Carole Couvert présidente de la CFE-CGC le temps d’un mandat (2013-2016). Dans toute l’histoire du syndicalisme, ces dirigeantes se comptent sur les doigts d’une main. « Le fait qu’il y ait une secrétaire générale n’est pas le bon indicateur, analyse cependant Rachel Silvera, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre. Ça peut même être l’arbre qui cache la forêt. Quand bien même on peut afficher des femmes dans certaines directions, ce n’est pas suffisant : il faut regarder toutes les directions, partout. »
Nécessité de faire bouger la situation
Une étude du Conseil économique, social et environnemental, publiée en 2015 et intitulée « Les forces vives au féminin », rappelait qu’en France, le taux de syndicalisation des salariés était estimé à environ 8 % : 7,5 % pour les femmes, 9 % pour les hommes. Bien que représentant près de la moitié de la population active salariée, les syndiquées étaient 37 % à la CGT, 47 % à la CFDT, 45 % à FO, 42 % à la CFTC,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.
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Georges Kiejman : « Que l’on cesse d’évoquer le Watergate pour l’affaire Benalla »

Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h36
    |

Georges Kiejman (avocat, ancien ministre)







                        



                                


                            
Tribune. A en croire l’ensemble des médias, à commencer par Le Monde (sept « unes » successives entre le 20 et le 27 juillet) et tous les dirigeants de l’opposition, notre République, la Ve, est au bord du gouffre. Et certains, s’ils osaient, demanderaient au président de la République de démissionner pour répondre des fautes d’un de ses collaborateurs obscurs, un certain Benalla, qualifié de « barbouze », de « mauvais ange » du président, voire du couple présidentiel. Ne disposait-il pas des clés du portail de la maison familiale au Touquet ? Ce dénommé Benalla, prit d’un accès de violence dans une manifestation où il n’avait que faire, aurait molesté, selon les uns, deux spectateurs passifs venus assistés à une « manif parisienne », selon les autres, deux militants s’exprimant en grec et lançant distraitement, selon leur avocat, des carafes d’eau sur le service d’ordre. Alexandre Benalla peut-il justifier son comportement ? D’un point de vue strictement judiciaire, peut-être, après tout.
Lorsque les passions se seront apaisées, des juges diront s’il peut prétendre avoir agi dans le cadre de l’article 73 du code de procédure pénale qui permet, qui incite « toute personne dans les cas de crime ou de délit flagrant (…) à appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche ».
Ces juges ne se demanderont pas si Alexandre Benalla était régulièrement autorisé à être là, auprès des CRS puisque toute personne aurait été en droit d’agir comme il l’a fait. Mais ces juges se poseront deux questions : les touristes prétendus étaient-ils ou non en train de commettre un délit flagrant ? Les membres des forces de l’ordre avaient-ils besoin de l’aide d’Alexandre Benalla ou alors celle-ci était-elle complètement superfétatoire ? Pour un tribunal, la réponse ne sera pas simple, il s’agira de ne pas vider de tout contenu le fameux article 73...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Alexis Lévrier : « L’intervention d’Emmanuel Macron s’est rapidement transformée en un plaidoyer contre les médias »

Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 07h07
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Alexis Lévrier (historien de la presse)







                        



                                


                            

Tribune. L’affaire Benalla n’est pas seulement l’acte isolé d’un nervi devenu incontrôlable. Elle pose de nombreuses questions quant à la pratique du pouvoir du président et invite notamment à s’interroger sur la relation singulière qu’il entretient avec la presse. Durant la campagne éclair qui a permis son élection, Emmanuel Macron a théorisé en effet le principe d’un pouvoir vertical, centralisé et incarné par une personnalité forte. Dès 2015, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le 1, il a même mis en évidence l’« incomplétude » propre à la démocratie et souligné la nostalgie des Français pour la figure du roi. Rien d’étonnant dès lors à ce que son utilisation des médias reflète le poids de l’héritage gaullo-mitterrandien, mais aussi le legs de la monarchie ou des deux Empires.
Les Français ont semblé approuver l’effort d’Emmanuel Macron de rendre à la fonction présidentielle sa majesté, sa solennité et même sa sacralité
Emmanuel Macron a notamment emprunté à Jacques Pilhan, qui fut le légendaire conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac, l’idée d’un président maître des horloges, qui fixe lui-même le rythme de ses apparitions médiatiques. Mais, comme le faisaient déjà Louis XIV et ses successeurs, il sait aussi utiliser la presse pour mettre en scène son image publique autant que sa vie privée. Le rôle dévolu à Mimi Marchand, grande prêtresse de la presse people, est de ce point de vue très révélateur : le couple Macron a choisi de travailler en priorité avec l’agence qu’elle dirige, Bestimage, tout en rendant presque impossible le travail des autres paparazzis. Et durant la campagne, puis pendant la première année du quinquennat, l’une des fonctions d’Alexandre Benalla a précisément été de les empêcher d’accéder au président.
Instaurer une « saine distance »
Cette stratégie s’est avérée très efficace, au moins dans les premiers mois du quinquennat. Conformément au constat formulé par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Président, la vie d’après (1/6). Dans les heures qui suivent la victoire du « non » au référendum qu’il a convoqué, le général démissionne et se retire, meurtri, à Colombey-les-Deux-Eglises. Ecriture, voyages. Et l’attente…
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Aina Kuric a voté contre le texte adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée dans la nuit de jeudi à vendredi. Conformément à la règle au sein du groupe majoritaire, l’élue de la Marne s’expose à une exclusion.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Une députée LRM menacée d’exclusion du groupe pour avoir voté contre la loi asile-immigration

Aina Kuric a voté contre le texte adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée dans la nuit de jeudi à vendredi. Conformément à la règle au sein du groupe majoritaire, l’élue de la Marne s’expose à une exclusion.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 14h13
   





                        



   


« Abstention, péché véniel ; vote contre, péché mortel. » La règle établie par le président du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée, Richard Ferrand, pourrait bien s’appliquer à Aina Kuric. En votant contre le projet de loi asile-immigration en nouvelle lecture dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 juillet, la députée LRM s’expose à une exclusion du groupe majoritaire.
L’élue de la Marne, qui s’était déjà abstenue en première lecture en avril, a cette fois voté contre le projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ». C’est la seule de son groupe à avoir voté contre. Onze élus LRM se sont par ailleurs abstenus et quarante-trois ont voté pour le texte porté par Gérard Collomb.

        Lire aussi :
         

                Le projet de loi sur l’asile et l’immigration adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée



Mme Kuric avait notamment dénoncé jeudi dans l’hémicycle l’adaptation du droit du sol à Mayotte, y voyant « une fausse solution ». Un article introduit au Sénat et approuvé par l’Assemblée jeudi (par 47 voix contre 19) exige pour les enfants nés à Mayotte que l’un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois.
Le précédent Jean-Michel Clément
La mesure, critiquée jeudi par certains élus LRM et MoDem et par les trois groupes de gauche, qui ont échoué à la faire supprimer, est soutenue par l’exécutif au nom de la nécessité de faire face à la très forte immigration clandestine en provenance des Comores. Membre de la commission des affaires étrangères, Aina Kuric avait déposé des amendements pour supprimer cette disposition.
« Quand j’ai voté contre cette loi, je ne me suis pas posé la question, a expliqué samedi la députée à France 3 Grand Est. J’ai voté contre le fond de cette loi, mais cela ne veut pas dire que j’ai voté contre mon groupe parlementaire. Pour moi, ce sont deux choses différentes, et je pense que l’une ne devrait pas avoir d’impact sur l’autre. »
« Le bureau du groupe se réunit tous les mardis. On en saura plus à ce moment-là » sur une éventuelle exclusion de Mme Kuric, disait-on vendredi soir au sein du groupe LRM, qui compte 312 élus. « Depuis le vote, je n’ai pas eu de contact avec mon groupe parlementaire, personne ne m’a appelée, nous verrons bien lors de mon retour à l’Assemblée mardi », a commenté sur France 3 l’élue de la Marne.

        Lire l’analyse :
         

          LRM, une majorité pas si monolithique



En avril, Jean-Michel Clément avait annoncé se mettre « en congé » du groupe après avoir voté contre le texte asile-immigration en première lecture, le seul dans ce cas. Cet ex-socialiste siège désormais chez les non-inscrits.
Le texte « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie » doit faire l’objet d’un ultime vote le 1er août, dernier jour de session extraordinaire, après une dernière navette avec le Sénat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Selon des chercheurs, les violences policières, banalisées, mettent en lumière les problèmes structurels de la police française et invitent à repenser le système en profondeur.
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Derrière l’affaire Benalla, la question des violences policières

Selon des chercheurs, les violences policières, banalisées, mettent en lumière les problèmes structurels de la police française et invitent à repenser le système en profondeur.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 13h40
    |

                            Nina Jackowski








                        



Le 1er mai, coiffé d’un casque à visière des CRS, un homme est filmé en train de s’en prendre violemment à deux manifestants en marge du défilé, place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Deux mois plus tard, le scandale éclate lorsque Le Monde révèle que l’individu n’est autre qu’Alexandre Benalla, proche collaborateur du président de la République. Une vidéo intitulée « Alerte violences policières tabassage gazage quartier latin » était en ligne sur YouTube depuis le jour des événements, sans que cela prenne plus de proportions, signe révélateur d’une forme de banalisation des violences policières.
Auditionnée lors de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, le 24 juillet, la directrice de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), Marie-France Monéger-Guyomarc’h, a justifié l’absence de suite donnée à la vidéo, tant qu’elle a cru qu’il s’agissait d’un policier à l’œuvre : selon elle, les images montraient des gestes « pas très efficaces », une façon de faire « certes rugueuse », mais « une force légitime si ce sont des policiers ».

        Lire notre reconstitution :
         

          Affaire Benalla : le déroulement des faits, le 1er mai, place de la Contrescarpe



« Force légitime » ou violence injustifiée ? Le 17 février 2017, six experts mandatés par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, s’appuyant sur trois affaires précises, avaient déjà souligné des abus de la police. Ils avaient alors interpellé le gouvernement français sur « l’usage excessif de la force par la police concernant trois personnes d’origine africaine ». En cause, le contrôle de François Bayiga en mai 2016, la mort d’Adama Traoré, deux mois plus tard, et les brutalités exercées envers Théo L. en février 2017. Les experts se disent alors « particulièrement préoccupés par le fait que (…) ces incidents ne sont pas isolés ».
En manifestation, la répression prime sur la discussion
Derrière la responsabilité des policiers accusés, souvent présentés comme des cas déviants, Jérémie Gauthier, sociologue à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS-EHESS) et chercheur associé au centre Marc-Bloch, à Berlin, s’interroge sur la responsabilité de l’institution policière tout entière :
« Une réflexion devrait être menée en France sur le sens du mandat policier. Il apparaît nécessaire de prendre en compte les causes structurelles derrière le déchaînement des violences policières individuelles. »
La police française se caractérise par une tendance à la répression plutôt qu’à la discussion, remarque Jérémie Gauthier. A titre de comparaison, avance le chercheur, la police allemande cogère davantage les manifestations en amont avec les organisateurs. « Cette stratégie de prévention permet de définir ses contours et de limiter l’usage de la force », souligne-t-il, s’appuyant sur les travaux de son collègue Fabien Jobard, chercheur au CNRS, rattaché au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip).
En France, les manifestations font davantage l’objet d’un contrôle tendu sur le moment. « Nous nous contentons de maîtriser militairement les factions violentes, sans réfléchir à d’autres alternatives », déplore Fabien Jobard. S’ajoutent à cela de nouvelles radicalités, note Christian Mouhanna, sociologue, chargé de recherches au CNRS et directeur du Cesdip, à l’image des 1 200 blacks blocs à la manifestation du 1er Mai, réputés pour s’en prendre violemment aux forces de l’ordre. Ces militants vêtus de noir et cagoulés se fondent ensuite dans la foule, assaillie par la police comme un seul homme.

        Découvrir notre récit :
         

          « Quand on dit “contrôle de police”, on obéit, point ! » : le quotidien d’une patrouille de police



Une « stratégie de harcèlement sans fondement »
« Au sein de la police du quotidien, la lutte anticriminalité domine », affirme Jérémie Gauthier. La répression de la délinquance passe essentiellement par le contrôle d’identité, « bien souvent à l’origine de situations de violence ». Une étude du Défenseur des droits, réalisée au début de l’année 2016, montre que 80 % des jeunes noirs ou arabes ont été contrôlés au cours des cinq dernières années. Beaucoup sont convaincus du bien-fondé de ce type de mission, mise en valeur dans les formations, comme l’affirme Jérémie Gauthier :
« Pour un jeune policier, la meilleure manière de faire ses preuves, ce sont les interpellations. Pourtant, la population sollicite constamment d’autres types de missions, pour lesquelles les gardiens de la paix français sont très peu formés : prévention, médiation, tranquillité publique, résolution de conflits… » 

   


Le directeur du Cesdip fustige également cette « stratégie de harcèlement », d’autant qu’elle apparaît « sans fondement ». Une étude publiée en janvier dans le British Journal of Criminology montre que les contrôles policiers n’ont pas eu d’impact sur la délinquance à Londres. Une hausse de 10 % des contrôles sur un mois est associée à une diminution de la criminalité de 0,32 % le mois suivant : un résultat bien marginal. Des études menées à New York et à Chicago sont parvenues à des conclusions similaires.

        Lire aussi notre entretien :
         

          Les contrôles de police n’ont pas d’incidence sur la délinquance, selon une étude anglaise



Une profession corporatiste en proie au malaise
Le thème des violences policières demeure un sujet sensible au sein de l’institution. Pour Christian Mouhanna, « l’omerta s’explique principalement par la pression du groupe ». Il n’est pas question de remettre en cause les pratiques des aînés au sein d’une profession où le respect de la hiérarchie est primordial. Il caractérise la police par « un esprit corporatiste extrêmement fort, où la critique en public équivaut à une traîtrise : “Je ne suis pas une balance”, répète-t-on ».
Le sociologue s’est intéressé aux policiers issus de minorités ethniques ou de sexe féminin, et les a interrogés sur leur réaction face à certains comportements racistes ou misogynes : « Silence total en général, constate-t-il. Les contestations se font rares, tandis que les femmes surjouent la virilité afin de mieux se faire accepter. » 
Des manifestations de policiers dénonçant la « haine antiflic » ont commencé à voir le jour en mai 2016, symboles d’une profession en proie à un profond malaise. Pour Christian Mouhanna, cette crainte s’explique en partie par le décalage social rencontré par les jeunes des périphéries ou de province envoyés dans les quartiers sensibles, alors qu’ils n’ont pas été confrontés à la violence dans leur jeunesse. Pour se faire respecter, et sur les conseils de leurs aînés, « ils cherchent immédiatement à imposer leur autorité », décrit le sociologue.

        La tribune de Sebastian Roché :
         

          Emeutes de Nantes : « La police a tendance à confondre force et autorité »



« L’Etat s’est déchargé sur l’institution policière »
Bras armé de l’Etat, la police joue un rôle essentiel dans le contexte tendu lié à la menace terroriste. Mais lors de l’état d’urgence, « l’Etat s’est déchargé sur l’institution policière, reproche Fabien Jobard, il a autorisé les manifestations, tout en exigeant un contrôle accru de la part des policiers, faisant peser sur eux l’entière responsabilité ».
Afin de les appuyer dans leur mission, les gardiens de la paix ont été dotés d’armes non létales de plus en plus violentes : Flash Ball, Taser et grenade de désencerclement. Au moment d’évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en avril, dix mille grenades lacrymogènes ont été tirées en dix jours. Une utilisation massive qui pose question.
« Ironie de l’histoire, relève Christian Mouhanna, ces armes ont été introduites aux Etats-Unis pour limiter le recours à l’arme à feu. En France, où les policiers en faisaient peu usage, cela a créé une incitation indirecte à être plus violent. » 
La responsabilité politique face au « déficit démocratique »
Dans ce rapport de force historique, la police se caractérise comme une institution en perpétuelle quête d’autonomie, face au pouvoir étatique s’évertuant à en faire son propre instrument. Jérémie Gauthier note que l’instrumentalisation de la question de l’insécurité à des fins électorales a créé une situation paradoxale :
« Le caractère discriminatoire de certains contrôles d’identité, qui est désormais prouvé, ainsi que les violences, traduisent en France un déficit de démocratie lié à l’action policière. Les affaires Théo L. et Traoré en sont des exemples. Pourtant, malgré des mobilisations croissantes, les autorités campent sur une position de déni. »
Maîtresse de conférences en philosophie politique et éthique à l’université Paris-IV-Sorbonne et psychanalyste, Hélène L’Heuillet estime, quant à elle, que le duel entre police et société exige d’être dépassé. La police doit redevenir un tiers institutionnel, strictement encadré.
Elle assure : « Le respect de la fonction policière passe par la maîtrise des débordements pulsionnels. La façon de gérer des situations explosives, comme à Nantes au début du mois, ou à Calais depuis l’arrivée des réfugiés, doit être repensée. » Son modèle : le préfet de police Maurice Grimaud, resté dans l’histoire comme l’un des artisans du retour au calme en mai 1968. Alors que la capitale explose, il impose son autorité aux forces de l’ordre en exigeant leur modération et dialogue fréquemment avec les manifestants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le président du MoDem, qui ne regrette en rien son alliance avec Macron, déclare, dans un entretien au « Monde », que ce n’est pas une affaire d’Etat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/07/2018
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Affaire Benalla : « Il y a eu une instrumentalisation politique », estime François Bayrou

Le président du MoDem, qui ne regrette en rien son alliance avec Macron, déclare, dans un entretien au « Monde », que ce n’est pas une affaire d’Etat.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h37
    |

            Matthieu Goar








                        



                                


                            

Toute sa vie politique, François Bayrou a critiqué les présidents qui s’arrogeaient trop de pouvoir, notamment Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui allié à Emmanuel Macron, le président du MoDem défend un chef de l’Etat secoué par l’affaire Benalla, tout en demandant un rééquilibrage des pouvoirs.
Pensez-vous que cette affaire est « une tempête dans un verre d’eau », pour reprendre les mots de M. Macron, ou qu’elle est au contraire symptomatique d’une dérive du pouvoir ?
François Bayrou : Il y a une disproportion surprenante entre les faits tels qu’ils apparaissent au fil des auditions et le maelström médiatique et politique que nous vivons. Quel est le point de départ ? Il y a eu sans aucun doute, le 1er mai, une faute individuelle de la part d’un collaborateur du président de la République, une organisation de l’Elysée qui n’était pas assez rigoureuse et un retard dans les sanctions à prendre. Mais cela n’en fait pas une affaire d’Etat. Les sanctions ont-elles été appropriées ? La directrice de l’Inspection générale de la police nationale et le directeur général de la police nationale ont attesté tous les deux de la justesse des décisions prises par l’Elysée, c’est-à-dire la suspension puis le licenciement ou le non-recours à l’article 40. Dès lors, quelle est la substance de cette polémique ?
M. Benalla a profité de sa proximité avec le président pour disposer de pouvoirs qui allaient au-delà de sa fonction, n’est-ce pas la preuve d’un excès du présidentialisme que vous dénonciez régulièrement par le passé ?
Je ne vois pas les pouvoirs que vous lui prêtez. La présence de M. Benalla à l’Elysée lui a ouvert beaucoup de portes. Pourquoi ? Dans l’inconscient monarchique français, l’Elysée est investi de pouvoirs d’autant plus fascinants qu’ils sont mystérieux. Une organisation plus rationnelle doit permettre de lever tous ces fantasmes et de mettre de l’équilibre dans la manière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Une aide de 27 millions d’euros a été récemment débloquée pour permettre à l’organisme public de formation de verser la paye de ses salariés.
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L’Etat vole à nouveau à la rescousse de l’AFPA

Une aide de 27 millions d’euros a été récemment débloquée pour permettre à l’organisme public de formation de verser la paye de ses salariés.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 11h05
    |

            Bertrand Bissuel








                        


En très grande difficulté financière, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) a, de nouveau, dû être secourue par l’Etat. Selon les informations du Monde, cet établissement public a reçu 27 millions d’euros, en deux versements effectués sur les mois de juin et de juillet.
Cette aide s’ajoute à la « subvention exceptionnelle » de 33 millions d’euros attribuée fin 2017 pour permettre à l’opérateur de « terminer l’année », selon la formule de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Sans le nouveau bol d’oxygène apporté au début de l’été, l’agence n’aurait pas été en mesure de payer ses salariés, précise une source au cœur du dossier.
Cet épisode illustre l’extrême fragilité du plus important organisme de formation de France. L’AFPA affiche des « pertes cumulées » de 725 millions d’euros depuis 2012, selon un audit de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale des finances, présenté en janvier. Comparé à 2011, le chiffre d’affaires de 2017 (738 millions d’euros) est en recul de 14 %, mais il se redresse légèrement depuis deux ans. Pour autant, les comptes restent dans le rouge, avec un excédent brut d’exploitation de – 24 millions en 2017 (contre – 47 millions en 2015).
Retards de paiement
Depuis le début de l’année, la situation ne s’est pas améliorée. Plusieurs sources indiquent que les résultats de l’établissement public sont, pour le moment, inférieurs à ce qui a été programmé dans le budget pour 2018. La faute, entre autres, à des retards de paiement, au détriment de l’AFPA, et à des marchés publics qui ont été engagés (ou vont être engagés) plus tard que prévu.
Un plan stratégique est en cours d’élaboration depuis plusieurs mois, afin de ramener l’agence au-dessus de la ligne de flottaison. Mais son contenu n’a toujours pas été divulgué. « Rien ne filtre sur les différents scénarios envisagés », soupire un salarié. L’ensemble des personnels craignent que des mesures draconiennes soient annoncées, avec la fermeture de plusieurs centres de formation et des coupes claires dans les effectifs (certains ayant évoqué 2 000 suppressions de postes, sur environ 8 000).
Limite d’âge repoussée
C’est dans ce contexte qu’un nouveau président va être désigné à l’AFPA. Il s’agit de Jean-Pierre Geneslay, qui a fait son entrée au conseil d’administration début juillet, en qualité de personnalité qualifiée. Jusqu’à présent, les textes interdisaient à M. Geneslay de prendre la présidence de l’agence car l’intéressé, ayant 69 ans, était au-dessus de la limite d’âge (65 à 67 ans, suivant les cas). Mais un décret, publié au Journal officiel (JO) du vendredi 27 juillet, repousse ce seuil à 70 ans, pour l’AFPA.

        Lire aussi :
         

                Du changement dans la gouvernance de l’AFPA



Par conséquent, plus rien ne s’oppose à ce que M. Geneslay accède au fauteuil de président, occupé par Jean-François Verdier, un inspecteur général des finances, qui assurait l’intérim depuis le départ d’Yves Barou à l’automne 2017. Cette nomination va faire l’objet d’un décret du président de la République, qui devrait paraître au JO dans les prochains jours.

        Lire aussi :
         

                Petit flottement au sommet de l’AFPA



M. Geneslay, qui s’est présenté aux autres administrateurs de l’AFPA, jeudi 26 juillet, a accompli une très large partie de sa carrière dans l’agroalimentaire. Il a notamment dirigé le fabricant de papillotes Révillon. En 2009, il avait été associé à un groupe de réflexion, mis en place par le gouvernement Fillon, pour réfléchir sur le recours au chômage partiel dans les entreprises, en période de crise.
Il est également administrateur (Medef) de l’Association pour l’emploi des cadres et a présidé L’Alliance 7, la fédération patronale des produits de l’épicerie et de la nutrition spécialisée. « C’est un grand professionnel qui a une grande expérience dans plusieurs domaines et connaît aussi bien l’entreprise que le monde de la formation », avait indiqué, début juillet au Monde, un collaborateur de Mme Pénicaud.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Depuis des années, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique dénonce ses difficultés à identifier les chargés de mission.
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Elysée : les collaborateurs officieux vont déclarer leur liens d’intérêt

Depuis des années, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique dénonce ses difficultés à identifier les chargés de mission.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 09h23
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 09h40
    |

            Emeline Cazi








                        



                                


                            
Il aura donc fallu qu’éclate l’affaire Benalla pour que l’Elysée décide de se conformer à la loi sur la transparence de la vie publique votée après l’affaire Cahuzac. Ce texte oblige depuis 2013 « les membres des cabinets ministériels et les collaborateurs du président de la République » à transmettre une déclaration d’intérêts et de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L’absence de dépôt de l’une de ces deux déclarations est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. La loi a beau être claire, seuls les conseillers nommés au Journal officiel se soumettaient à ces exigences. Les chargés de mission et conseillers officieux échappaient, eux, à tout contrôle.
Ces pratiques de contournement des règles de la transparence semblent en passe d’être révolues. C’est du moins ce qu’a annoncé Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, jeudi 26 juillet, aux sénateurs de la commission des lois. Ses membres s’efforcent de comprendre comment Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, a pu se retrouver dans les manifestations du 1er-Mai, à Paris, et molester deux personnes. « J’ai demandé à ce que les services adressent, hier, un message aux intéressés afin que (…) [leur] situation puisse être régularisée », a assuré M. Kohler. « Preuve que nos travaux sont utiles à l’amélioration du fonctionnement de la présidence de la République », a relevé, avec un brin d’ironie, Philippe Bas, le président (LR) de la commission.
A l’Elysée, ils seraient huit conseillers concernés, dont deux pour lesquels le secrétaire général dit ne pas savoir « si le principe s’applique au regard de la définition d’un collaborateur du président de la République ». On touche là le cœur du problème : la définition de collaborateur du président, et plus largement de collaborateur d’un responsable politique, n’existe pas. Pour la Haute Autorité, ce flou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.
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« La paix est mise à rude épreuve aux Comores sous nos yeux impuissants »

L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 08h46
    |

Omar Mirali (Professeur d'histoire à Aulnay-sous-Bois)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un communiqué du 25 juillet, le ministère français des affaires étrangères recommande à ses ressortissants de faire preuve d’une vigilance accrue dans les jours qui précèdent et suivent le référendum du 30 juillet. Ce communiqué précise par ailleurs que ce scrutin est susceptible d’engendrer une dégradation des conditions de sécurité publique.
En février dernier, la société civile, par l’intermédiaire de M. Ahmed Ali Bazi, à la tête de l’UCCIA (Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des Comores), avait sollicité le président Azali Assoumani pour la tenue d’assises nationales inclusives pour faire le bilan des quarante-trois années d’indépendance des Comores. Des recommandations ont été soumises au président Azali et c’est sur la base de ces recommandations que celui-ci a décidé de convoquer le référendum constitutionnel du 30 juillet.

Seulement, la tenue de ce référendum pose problème pour au moins deux raisons. D’abord, parce que les assises nationales desquelles découle ce projet de référendum étaient exclusives malgré ce que la société civile avait proposé, l’opposition en étant écartée tout comme la diaspora qui ne comptait aucun représentant. Deuxièmement, ce référendum a été convoqué en dehors de tout juge électoral.
Un article sans ambiguïté
A quatre jours du référendum, les Comores ne disposent plus de juge électoral. En effet, le président Azali a suspendu la Cour constitutionnelle en transférant ses compétences à la Cour suprême dont les juges sont nommés exclusivement par décret présidentiel. Une façon pour le président d’avoir le contrôle du scrutin ?
Pour toucher à ces dispositions constitutionnelles, le président n’a pas eu recours à un référendum et n’en a même pas informé le peuple. Il a juste signé une décision présidentielle – ce n’est même pas un décret – disant que les compétences de la Cour constitutionnelle ont été transférées, provisoirement, à la Cour suprême...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Relégués, ringardisés et parfois méprisés par la jeune majorité LRM depuis un an, les représentants de l’opposition se délectent aujourd’hui des difficultés du pouvoir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/07/2018
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L’affaire Benalla, une revanche pour « l’ancien monde »

Relégués, ringardisés et parfois méprisés par la jeune majorité LRM depuis un an, les représentants de l’opposition se délectent aujourd’hui des difficultés du pouvoir.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 16h46
    |

            Manon Rescan, 
                                Astrid de Villaines et 
Sarah Belouezzane








                        



                                


                            

Une atmosphère électrique. Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, déroule ses arguments, point par point, depuis plus de deux heures et demie. Dans les sous-sols du Sénat, la climatisation fonctionne mais les esprits s’échauffent. L’audition du bras droit du président de la République, jeudi 26 juillet, est l’une des plus attendues de la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla, qui empoisonne l’exécutif depuis plus d’une semaine.
Fatigué, les mains jointes devant le visage, Alexis Kohler tente de créer un moment de complicité avec le président de la commission, Philippe Bas. Le sénateur Les Républicains (LR) de la Manche est l’un de ses lointains prédécesseurs à l’Elysée. C’était sous Jacques Chirac. Une éternité. « Vous avez occupé la fonction que j’ai l’honneur d’occuper… », commence l’actuel secrétaire général de l’Elysée. La réponse tombe, cinglante : « C’était la préhistoire et l’ancien monde. Je veux bien reconnaître qu’il y ait des différences… »
Dans la salle Clemenceau du Sénat, où se succèdent les auditions de la commission d’enquête, un ange passe… « La démocratie, c’est le pouvoir des poux de manger des lions », philosophait le Tigre. Aujourd’hui, les « poux » se régalent des déboires de ceux qui jouent aux « lions » depuis plus d’un an.
En 2017, les jeunes fauves ont brutalement supplanté et ringardisé les partis politiques traditionnels et les élus de tout bord, qu’ils ont eu tôt fait de reléguer sous le vocable peu flatteur d’« ancien monde ». Multipliant les leçons d’exemplarité, La République en marche (LRM) a assommé, désorienté, et rendu inaudibles les tenants de l’ordre d’avant. En quelques jours, l’affaire Benalla a permis à ces derniers de se refaire une santé. Députés de l’opposition, anciens ministres, parlementaires déchus se délectent aujourd’hui des petites et grandes misères de la Macronie, tout en pensant tenir une...




                        

                        

