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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ L’actrice, décédée en décembre 2016, sera présente grâce à des images tournées pour « Le Réveil de la Force », que le réalisateur J.J. Abrams n’avait pas utilisées.
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Carrie Fisher, la princesse Leia de Star Wars, apparaîtra dans l’épisode IX

L’actrice, décédée en décembre 2016, sera présente grâce à des images tournées pour « Le Réveil de la Force », que le réalisateur J.J. Abrams n’avait pas utilisées.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 03h48
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 06h39
   





                        



   


Alors que le tournage de Star Wars : Episode IX doit débuter la semaine prochaine, Disney a révélé, vendredi 28 juillet, à la surprise générale, l’apparition posthume de Carrie Fisher lors du long-métrage, ainsi que la présence de la star de la série Mark Hamill, alias Luke Skywalker.
Le dernier opus de la saga, débutée en 1977 avec La guerre des étoiles, doit sortir dans les salles obscures en décembre 2019. L’histoire reprend après la disparition de Luke Skywalker dans Star Wars, Les derniers Jedi. La princesse Leia, interprétée par Carrie Fisher, était toujours en vie à la fin de cet épisode, mais l’actrice qui l’incarne, elle, s’est éteinte en décembre 2016, peu après la fin du tournage.
« Nous aimions éperdument Carrie Fisher », a écrit dans un communiqué le réalisateur J.J. Abrams, de retour aux manettes pour l’épisode IX après avoir réalisé le septième opus Star Wars, Le Réveil de la Force en 2015. « Trouver une conclusion satisfaisante à la saga Skywalker sans elle nous échappait. Nous n’allions jamais recommencer les castings » ou utiliser un personnage virtuel créé par ordinateur, a-t-il ajouté.
Disney précise que l’apparition de Carrie Fisher serait permise par l’utilisation de précédentes images non diffusées remontant au tournage du septième épisode, avec l’approbation de sa fille, Billie Lourd.
Luke Skywalker de retour
Ce ne sera pas la première fois que Carrie Fisher apparaîtra dans un film Star Wars tout en étant absente du tournage. Une version rajeunie de Carrie Fisher en princesse Leia apparaît dans Rogue One, le spin-off de 2016, grâce à une technologie informatique controversée, qui a donc cette fois été abandonnée.
Autre surprise, l’annonce de la présence de Mark Hamill au générique. Son personnage, Luke Skywalker, au centre de la saga, disparaissait pourtant à la fin du dernier opus. Reviendra-t-il en chair et en os ou sous la forme d’un hologramme, comme c’est le cas pour les chevaliers Jedi décédés ? Pour l’instant, aucun élément de l’intrigue n’a filtré.

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          Connaissez-vous l’univers de « Star Wars » ?



Une chose est sûre, les fans retrouveront aussi un autre personnage marquant, puisque Billy Dee Williams reprendra le rôle de Lando, trente-cinq ans après avoir interprété le compère de Han Solo dans les épisodes V et VI.
Enfin, des têtes connues seront en tout cas de retour pour l’ultime segment de la saga, comme Daisy Ridley, Adam Driver, John Boyega, Oscar Isaac, Lupita Nyong’o, Domhnall Gleeson, Kelly Marie Tran et Joonas Suotamo. Naomi Ackie et Richard E. Grant rejoignent le casting tandis que le compositeur John Williams, auteur de la musique de chaque épisode de la série, sera toujours aux manettes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Leslie Moonves est mis en cause par au moins six femmes. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies. Reconnaissant des avances, il s’excuse pour des « erreurs ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/07/2018
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Le PDG de la chaîne américaine CBS accusé de harcèlement sexuel

Leslie Moonves est mis en cause par au moins six femmes. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies. Reconnaissant des avances, il s’excuse pour des « erreurs ».



Le Monde
 |    28.07.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 06h39
   





                        



   


Le PDG de la chaîne américaine CBS, Leslie Moonves, est accusé de harcèlement sexuel par six femmes, dont les témoignages ont été publiés vendredi 27 juillet par le magazine The New Yorker. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs décennies.
Parmi les six victimes présumées, quatre racontent que cet ancien acteur les aurait touchées ou embrassées de force. Trois d’entre elles ont témoigné à visage découvert, comme l’actrice Illeana Douglas (Les Affranchis, Six Feet Under).
Les accusations les plus anciennes remontent au milieu des années 1980, une époque ou Leslie Moonves n’avait pas encore rejoint CBS, qu’il a intégrée en 1995. Les allégations les plus récentes datent du début des années 2000. Plusieurs victimes présumées affirment aussi avoir été menacées par le dirigeant après qu’elles ont refusé ses avances et avoir été sanctionnées professionnellement.
Dans une déclaration transmise par CBS, le dirigeant de 68 ans, l’une des figures les plus incontournables de la télévision américaine, a reconnu avoir fait « il y a plusieurs décennies » des avances, qu’il « regrette immensément », à des femmes, mais estime ne s’être jamais livré à du harcèlement sexuel.
« J’ai toujours compris et respecté le fait que non voulait dire non, et je me suis tenu à ce principe. Je n’ai jamais utilisé ma position pour causer du tort à la carrière de quelqu’un ou l’entraver. »
Ces derniers mois, Leslie Moonves s’était pourtant présenté comme l’un des plus ardents défenseurs du mouvement #metoo, né dans le sillage de l’affaire Weinstein.
Une culture du laisser-faire
Au-delà du cas personnel de Leslie Moonves, l’article du New Yorker affirme pourtant qu’il existait au sein de CBS une culture du laisser-faire, qui favorisait le harcèlement sexuel. Il cite d’autres cas, notamment celui du présentateur vedette Charlie Rose, débarqué en novembre 2017 après que huit femmes l’ont accusé de harcèlement, voire d’attouchements.
Dans une déclaration, la chaîne a estimé que l’image qui était donnée d’elle dans l’article n’était pas fidèle à la réalité, celle d’une société, selon elle, qui « traite ses dizaines de milliers d’employés avec dignité et respect ».
L’auteur de l’article, Ronan Farrow, fils de Woody Allen et de Mia Farrow, a reçu au printemps un prix Pulitzer pour ses révélations sur le producteur de cinéma Harvey Weinstein, qui contenaient les premiers témoignages l’accusant de viol. Début mai, il a fait tomber le puissant procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, en publiant le témoignage de quatre femmes l’accusant de violences et de menaces.

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                A New York, Harvey Weinstein, inculpé de viol et d’agression sexuelle, plaide non coupable



L’action CBS a décroché après la publication d’un article du Hollywood Reporter annonçant celui du New Yorker. Le titre a perdu 6,12 % sur la séance à la Bourse de New York.
Fait rarissime, avant même la parution de l’article, CBS a publié un communiqué annonçant qu’une enquête interne avait été ouverte et qu’elle serait dirigée par les administrateurs indépendants. « Une fois que sera terminée cette enquête (…), le conseil d’administration étudiera ses conclusions et prendra les actions nécessaires », ont indiqué ces derniers.
Une légende de la télévision
Depuis les révélations sur Harvey Weinstein, aujourd’hui inculpé, les affaires de comportements déplacés, d’agressions sexuelles, de harcèlement ou de viol se sont multipliées. Elles ont notamment touché les milieux des médias, du sport et de la politique. La parole des victimes s’est libérée et les témoignages s’accumulent contre des hommes célèbres, accusés d’abuser de leur pouvoir auprès des femmes.
Leslie Moonves est une légende de la télévision, qui est parvenue à redresser CBS, en grande difficulté durant les années 1990, et à en faire la chaîne américaine la plus regardée de la dernière décennie. Arrivé en 1995 au sein du groupe, puis promu à sa tête en 2003, il a lancé plusieurs programmes devenus d’immenses succès, comme The Big Bang Theory, la « famille » des CSI (Les Experts) ou encore Survivor.
Leslie Moonves est engagé avec la famille Redstone, actionnaire majoritaire de CBS, dans une bataille pour l’avenir de la chaîne, que les Redstone souhaitent fusionner avec le groupe de médias Viacom, contre son avis.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Delon en six films cultes (6/6). A la fois acteur et producteur, Alain Delon s’implique totalement, en 1976, dans le rôle d’un marchand d’art, pris pour un juif et déporté après la rafle du Vél d’Hiv.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Quand la production du film « Mission : Impossible - Fallout » a dû trouver un hélicoptère, c’est vers l’armée française qu’elle s’est tournée. Récit d’une rencontre entre deux mondes aux codes très éloignés.
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Pour Tom Cruise, l’armée de l’air sort le grand jeu


                      Quand la production du film « Mission : Impossible - Fallout » a dû trouver un hélicoptère, c’est vers l’armée française qu’elle s’est tournée. Récit d’une rencontre entre deux mondes aux codes très éloignés.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 13h39
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h40
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

C’était il y a un an et demi, un beau jour de février 2017. Tout juste créée, la Mission cinéma des armées, chargée de faciliter le développement de fictions liées au monde militaire, voit arriver une belle affaire. La branche française de la major américaine Paramount Pictures recherche un « gros hélicoptère militaire » pour le tournage du futur opus de la série Mission impossible, sixième volet des aventures de l’agent Ethan Hunt, dont une grande partie doit être tournée à Paris (Mission : Impossible – Fallout, qui sort en salle le 1er août).
« La production ne nous a pas dit grand-chose de la scène. Seulement que des commandos de l’armée de l’air française allaient livrer un méchant à des autorités policières… », se souvient le colonel Olivier Celo, alors chef du Service information et de relations publiques de l’armée de l’air (Sirpa Air), qui a dû traiter cette demande.
Nom de code du film ? Gemini
L’armée pose ses conditions : les plans de l’hélicoptère ne devront pas être modifiés en postproduction (autrement dit l’engin apparaîtra dans son intégrité), le marquage « Armée de l’air » devra être lisible, et l’engin sera piloté par des militaires français.
Les Américains font leur choix à partir de photos. Ce sera le Caracal, le plus sophistiqué des hélicoptères militaires français, fabriqué par Airbus Helicopters
Au terme d’un échange de mails secrets – dans lequel le film prend le nom de code Gemini, à la demande de la production, qui ne veut pas de fuites sur le projet –, les Américains font leur choix à partir de photos. Ce sera le Caracal, le plus sophistiqué des hélicoptères militaires français, fabriqué par Airbus Helicopters. Un engin capable d’embarquer vingt-neuf passagers dans sa cabine blindée, et équipé de deux mitrailleuses de chaque côté.
Le colonel Celo est ensuite chargé de trouver un « décor en extérieur » adéquat pour poser l’appareil....




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Delon en six films cultes (5/6). En 1970, un cinéaste au sommet de son art retrouve la star. Peu de mots entre eux tant la relation est fusionnelle.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Dix ans après la sortie du premier opus, cette comédie musicale au kitsch assumé persiste et signe.
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« Mamma Mia ! Here we go again » : pour quelques tubes d’Abba de plus…

Dix ans après la sortie du premier opus, cette comédie musicale au kitsch assumé persiste et signe.



Le Monde
 |    26.07.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 06h40
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » - pourquoi pas
Il existe une catégorie de films, c’est comme ça, qui rend indulgents. L’affaire tient, au fond, à peu de chose. D’une énergie bon enfant, d’une bande-son qui réveille des souvenirs de jeunesse, d’une histoire qui flatte sans vergogne la part sentimentale de chacun… peu importe. Mamma Mia ! Here we go again, comédie musicale d’Ol Parker, fait ressortir de la salle de cinéma avec l’envie de chanter et de danser. De la même manière que le premier volet Mamma Mia ! de Phyllida Lloyd nous avait « enchanté ». Reconnaissons que l’argument pèse peu et compte beaucoup à la fois. Même si dans les deux films, il s’agit de tisser une histoire autour de quelques tubes du groupe Abba, il faut bien reconnaître que cela fonctionne.

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                Abba, le mauvais goût a du bon



Dans l’opus précédent sorti en 2008, Sophie (Amanda Seyfried) s’était mis en tête de retrouver et de réunir ses trois pères potentiels sur l’île grecque de Kalokairi où sa mère, Donna (Meryl Streep), ignorante de qui elle tenait sa fille bien-aimée, gérait un hôtel. Dans le deuxième opus, Donna est morte et Sophie, qui a tout mis en œuvre pour rénover l’hôtel (délabré) de sa mère, s’apprête à fêter la réouverture de l’établissement en grande pompe. Sam (Pierce Brosnan) et les deux grandes amies fidèles de sa mère, Rosie et Tanya (Julie Walters et Christine Baranski), ont répondu à l’appel. D’autres personnes, et personnalités, sont attendues. Il faut donc que tout soit prêt pour les accueillir dignement. Dans ce présent où règne l’effervescence – malgré les coups du sort qui s’acharnent à l’altérer – le passé surgit (jusqu’à nous perdre un peu) pour raconter et montrer ce qu’avait tu le premier volet. A savoir les événements ayant conduit Donna (incarnée, jeune, par Lily James) dans les bras de trois hommes, susceptibles chacun d’être le père de sa fille.
Ringardise assumée
De ce récit qui entremêle deux époques, Mamma Mia ! Here we go again tisse une toile dont l’esthétique kitsch assure l’unité. Costumes, éclairages, chorégraphies, scénario réduit au strict minimum, contribuent à nous emmener dans un univers qui – se plaît-on à la croire – assume sa ringardise. Pour mieux faire passer, qui sait, sa vacuité. Puisque l’essentiel est de caser les tubes d’Abba – même ceux qui n’avaient pas trouvé leur place dans le premier volet, tel Fernando. C’est d’ailleurs ce que l’on attend durant toute la durée du film, dont certains traits d’humour (pas mal assurés par les deux copines de Donna, Rosie et Tanya, toujours en quête d’amour) plus que par les romances qui se multiplient, permettent de faire passer le temps. Un temps qui passe dans une sorte de bonne humeur dans laquelle on se surprend de tomber, malgré l’aspect foutraque du film, l’interprétation approximative et appuyée des acteurs, l’indigence des dialogues et les décors carte postale. L’été conduit à de bien drôles abandons.

Film américain d’Ol Parker. Avec Lily James, Amanda Seyfried, Meryl Streep (1 h 54). Sur le web : www.facebook.com/MammaMia.lefilm, www.universalpictures.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 25 juillet)
La Saison du diable, film philippin de Lav Diaz (à ne pas manquer)Une pluie sans fin, film chinois de Dong Yue (à voir)Contes de juillet, film français de Guillaume Brac (à voir)Roulez jeunesse, film français de Julien Guetta (à voir)Vierges, film français, israélien et belge de Keren Ben Rafael (à voir)The Charmer, film danois de Milad Alami (pourquoi pas)Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses, film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (pourquoi pas)Mamma Mia ! Here We Go Again, film américain de Ol Parker (pourquoi pas)
A L’affiche également
Bajirao Mastani, film indien de Sanjay Leela BhansaliC’est qui cette fille, film français et américain de Nathan SilverHôtel Artemis, film américain de Drew Pearce





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ La Mostra affirme encore une fois son statut de tête de pont du cinéma d’auteur hollywoodien en Europe.
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Festival de Venise : Netflix en majesté sur le Lido

La Mostra affirme encore une fois son statut de tête de pont du cinéma d’auteur hollywoodien en Europe.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
26.07.2018 à 08h32
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Les spectateurs français savent déjà qu’ils n’auront pas besoin de sortir de chez eux pour voir deux des films les plus attendus de la prochaine Mostra de Venise. Seulement de s’abonner à Netflix. Roma, d’Alfonso Cuaron (non retenu à Cannes parce que diffusé par la plate-forme américaine) et The Ballad of Buster Scruggs, le western de Joel et Ethan Coen forment, avec 22 juillet de Paul Greengrass (sur le massacre commis par Anders Brevink à Utoya et Oslo) le contingent de films Netflix qui concourront pour le Lion d’or de la 75e édition du plus ancien festival de cinéma au monde, qui aura lieu du 29 août au 8 septembre. Affranchi des contraintes qui pèsent sur la programmation cannoise, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, a largement puisé dans l’offre que lui proposait la plate-forme de streaming.
Le film des frères Coen est issu de la commande que Netflix leur avait passée d’une série anthologique située dans le Far West. Il a gardé sa structure de film à sketches. Joel et Ethan ont déclaré à Variety avoir « voulu embaucher les meilleurs réalisateurs en activité (pour tourner leur scénario). Heureusement, ils étaient disponibles ».
La tête de pont du cinéma d’auteur hollywoodien en Europe
Favorisé par le calendrier, qui place la manifestation au début de la saison des Oscars, Venise affirme encore une fois son statut de tête de pont du cinéma d’auteur hollywoodien en Europe. Damien Chazelle qui y avait présenté La La Land en 2016, avant de remporter 6 statuettes en février 2017, ouvrira les festivités avec First Man, dont le protagoniste est Neil Armstrong (Ryan Gosling). Les autres candidats américains au Lion d’or sont Rick Alverson, cinéaste indépendant remarqué pour le très dérangeant Entertainment, qui présente The Mountain, avec Jeff Goldblum ; l’acteur Brady Corbet, passé depuis quelques années derrière la caméra : il dirige Natalie Portman dans Vox Lux ; et le plasticien et cinéaste Julien Schnabel qui a confié le rôle de Vincent Van Gogh à Willem Dafoe dans At Eternity’s Gate. A noter qu’un seul film réalisé par une femme a été retenu en compétition, The Nightingale, de l’Australienne Jennifer Kent (Mister Babadook).

        Lire aussi l’analyse de l’édition 2017 de la Mostra !
         

          Un palmarès sans tonalité à la Mostra de Venise



La France, même, contribue à cette ambiance états-unienne puisqu’on découvrira le western de Jacques Audiard The Sisters Brothers, avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed. Les deux autres longs-métrages français en compétition sont Doubles vies, d’Olivier Assayas, avec Guillaume Canet et Juliette Binoche, et Frères ennemis, de David Oelhoffen, avec Reda Kateb et Matthias Schoenaerts.

   


Roma marque le retour d’Alfonso Cuaron au Mexique, où il n’avait pas tourné depuis Y Tu Mama Tambien, en 2001. Le pays sera également représenté par Carlos Reygadas, dont on découvrira Nuestro Tiempo. Ce titre faisait partie des films que l’on attendait à Cannes, tout comme Sunset, le second long-métrage du Hongrois Laszlo Nemes (Le Fils de Saul). Parmi les cinéastes présents sur le Lido après avoir longtemps fréquenté la Croisette, on trouve aussi Yorgos Lanthimos qui a dirigé The Favourite, drame en costumes et en anglais (dont le personnage central est la reine Anne d’Angleterre), avec Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz. Toujours en costumes mais situé au siècle suivant, Peterloo, de Mike Leigh évoquera un épisode sanglant de la lutte pour la démocratie en Angleterre.
Une œuvre inachevée d’Orson Wells
Les Italiens seront représentés par Luca Guadagnino, qui présentera son remake de Suspiria avec Dakota Johnson et Tilda Swinton, le documentariste Roberto Minervini (What You Gonna Do When the World’s On Fire ?) et Mario Martone (Capri Revolution).

Hors compétition, on trouvera pêle-mêle un nouveau remake de l’une des histoires préférées de Hollywood, A Star Is Born avec Bradley Cooper (également réalisateur) et Lady Gaga dans les souliers de Fredric March et Janet Gaynor ; Les Estivants, de Valeria Bruni Tedeschi ; Un peuple et son roi, le film révolutionnaire (1789-1793) de Pierre Schoeller ; et Dragged Acros Concrete, dans lequel S. Craig Zahler déroule les conséquences d’une bavure policière commise par Mel Gibson et Vince Vaughn.
Hors compétition aussi, le film d’un revenant, Orson Welles. Enfin terminé, le montage de The Other Side of the Wind, l’œuvre inachevée de l’auteur de Citizen Kane, mort en 1985, sera présentée à Venise par Netflix, qui a financé l’opération par amour du cinéma, sans doute. Mais pas au point d’en organiser la sortie en salle en France.

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                Netflix retire un film d’Orson Welles de la sélection cannoise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Delon en six films cultes (4/6). En 1969, Henri Verneuil réunit, pour la deuxième fois, Gabin et Delon. Mais le tournage est perturbé par l’affaire Markovic...
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Attaché au récit national de son pays, le cinéaste philippin explique son parti pris artistique pour dénoncer les actions du régime.
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Lav Diaz : « Je ne veux pas faire de compromis esthétique »

Attaché au récit national de son pays, le cinéaste philippin explique son parti pris artistique pour dénoncer les actions du régime.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h50
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

A bientôt 60 ans, Lav Diaz est à la fois l’un des cinéastes les plus singuliers – par l’ampleur de ses films, leur esthétique baroque – et le constructeur d’un récit national philippin. Présentée à la Berlinale en février, La Saison du diable revient sur la dictature de Ferdinand Marcos, qui – de 1972 à 1981 – imposa l’état d’urgence aux Philippines, faisant régner la terreur grâce à des formations paramilitaires. Aujourd’hui, l’archipel est dirigé par Rodrigo Duterte, élu en 2016. Après avoir mené une « guerre contre la drogue » qui a fait des milliers de victimes, le président Duterte s’en prend à ses opposants politiques.

« La Saison du diable » est-elle une réaction directe à la situation politique aux Philippines ?
Oui. Au dernier trimestre de 2016, j’ai commencé une résidence à l’école de cinéma de Harvard, aux Etats-Unis. Mon projet était d’écrire le scénario d’un film de gangsters. Je m’y suis mis. Je lisais les nouvelles des Philippines. Un nouveau président y avait été élu en mai. Il y avait des assassinats jour et nuit, les pauvres en étaient victimes – les gens qui vivent à la périphérie des villes, dans les bas-fonds. Ce n’étaient pas ceux auxquels il avait promis de s’en prendre, les seigneurs de la drogue.
Aviez-vous déjà une opinion sur Rodrigo Duterte avant son élection ?
Je savais que c’était un fasciste. Pendant trente ans, il a été maire de Davao, une grande ville du sud des Philippines, à côté de laquelle j’ai vécu. Il y avait déjà organisé des escadrons de la mort. On avait déjà une idée de ce qui allait se passer, et beaucoup de gens ont essayé d’avertir l’électorat. Mais il y avait le mythe que cette ville était la plus paisible, la plus progressiste des Philippines, grâce à lui. Les gens se sont rendus à une perspective populiste. Donc, pendant que j’écrivais mon scénario à Harvard, j’ai commencé à écrire des chansons qui se lamentaient sur le sort de mon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Un film noir où le fait divers révèle la lente décomposition d’une Chine en mutation à la fin des années 1990.
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« Une pluie sans fin » : meurtres dans une usine à cauchemars

Un film noir où le fait divers révèle la lente décomposition d’une Chine en mutation à la fin des années 1990.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h54
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Le titre français annonce très justement la couleur, météorologique disons, du premier long-métrage du cinéaste chinois Dong Yue. La pluie y est, en effet, un élément constant. Diluvienne, tenace, opaque, elle installe, dès le début du récit, et durant presque deux heures, une lumière grise, une ­atmosphère sinistre, un paysage réduit, dénué d’horizon. Elle enferme à ciel ouvert les humains qui s’agitent au cœur d’un univers dévasté ou en passe de l’être.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Dong Yue : « Plus personne ne parle de ces destins brisés par ce changement économique »



Ce paysage, c’est celui qui entoure une gigantesque usine d’Etat dans la province du Hunan à la fin des années 1990, illustration de l’industrialisation à marche forcée à laquelle fut soumise la Chine maoïste dans les années 1950 et 1960. Ce théâtre est d’abord, ici, celui d’un récit policier. Le cadavre d’une jeune fille, violée et mutilée, vient d’être découvert aux abords d’un immense complexe industriel. Un tueur en série sévit depuis plusieurs mois. Yu Guowei, le responsable de la sécurité de l’usine, se met en tête de retrouver le meurtrier et s’attache à suivre plusieurs suspects, jusqu’à l’obsession, jusqu’à perdre de vue tout sens commun, jusqu’à l’erreur fatidique.
Oppression et exploitation
Le héros du film est un Don Quichotte moderne qui voit peut-être dans son obstination dérisoire à courir les chimères une manière de survivre à la vie mutilée, du moins de composer avec celle-ci, que lui impose un système implacable. Un tel récit ­évoque bien sûr d’autres films ­(on pense à l’indépassable Memories of Murder du Coréen Bong Joon-ho, 2003) dans sa manière de dévoiler une histoire collective et sociale derrière le parcours d’un individu et le suspense d’une enquête policière, évidemment. Car Une pluie sans fin dépasse le simple récit cri­minel en utilisant celui-ci de façon allégorique.
Le projet du policier amateur se perd donc, s’épuise et se délabre, à l’image même d’un lieu condam­né à la disparition. Car ce que va capter la caméra de Dong Yue, c’est la lente décomposition d’une société construite sur des rituels monumentaux et totalitaires (les cérémonies de l’usine dans le cadre desquelles se voient décorer, par le Parti, l’ouvrier et l’employé du mois), rituels destinés à habiller cyniquement l’oppression et l’exploitation.
Un sentiment de ­piétinement infini vécu par des individus condamnés à vivre, sans jamais pouvoir dépasser leur condition
Ce qui se joue sous les yeux du spectateur est la représentation du remplacement d’une violence politique et économique non pas par une possibilité d’émancipation mais par une autre violence, politique et économique. S’impose ainsi le sourd sentiment d’un ­piétinement infini vécu par des individus, dont certains rêvent de s’installer à Hongkong (sa rétrocession à la Chine continentale vient d’avoir lieu), condamnés à vivre, sans jamais pouvoir dépasser leur condition, l’atroce eschatologie d’un maoïsme ravalé par les nouvelles prescriptionsdu­néocapitalisme. Un gag récurrent, celui d’une voiture en panne, ­embourbée dans la gadoue, refusant de transporter les person­nages, y apparaît, jusqu’au dernier plan, comme l’allégorie de la fatalité à laquelle sont condamnés les individus.
Une pluie sans fin rejoint ainsi une certaine manière dans le cinéma chinois contemporain d’utiliser le fait divers comme révélateur des mutations historiques du pays (Black Coal, de Diao Yi Nan, People Mountain People Sea, de Cai Shangjun, A Touch of Sin et Les Eternels, de Jia Zhangke). Mais la critique sociale devient ici un voyage quasi métaphysique. La pluie continuelle, l’écrasant et inhumain décor que sa terrible beauté rend irréel, tirent le film vers une sorte de fantastique halluciné. Le monde concret est un monde cauchemardesque, un vortex aspirant les personnages pour les transformer en stalkers errant aux portes d’un enfer sans issue. Une pluie sans fin est un trip tout à la fois fascinant et désespéré, sentiments que l’ampleur et la précision de la mise en scène accentuent avec force et talent.

Film chinois de Dong Yue. Avec Duhan Yihong, Jiang Yiyang, Du Yuan. (1 h 59). Sur le web : www.unepluiesansfin-lefilm.com, www.facebook.com/unepluiesansfin

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 25 juillet)
La Saison du diable, film philippin de Lav Diaz (à ne pas manquer)Une pluie sans fin, film chinois de Dong Yue (à voir)Contes de juillet, film français de Guillaume Brac (à voir)Roulez jeunesse, film français de Julien Guetta (à voir)Vierges, film français, israélien et belge de Keren Ben Rafael (à voir)The Charmer, film danois de Milad Alami (pourquoi pas)Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses, film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (pourquoi pas)Mamma Mia ! Here We Go Again, film américain de Ol Parker (pourquoi pas)
A L’affiche également
Bajirao Mastani, film indien de Sanjay Leela BhansaliC’est qui cette fille, film français et américain de Nathan SilverHôtel Artemis, film américain de Drew Pearce





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le réalisateur chinois signe avec le polar « Une pluie sans fin » son premier long-métrage.
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Dong Yue : « Plus personne ne parle de ces destins brisés par ce changement économique »

Le réalisateur chinois signe avec le polar « Une pluie sans fin » son premier long-métrage.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h51
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Qu’il décrive son propre parcours ou la raison d’être d’Une pluie sans fin, son premier long-métrage, Dong Yue est un homme de peu de paroles. Précis, ­concret, il ne lui viendrait pas à l’idée de dévier la conversation vers une analyse trop abstraite de son film. Le goût du récit policier est à prendre au premier degré chez lui. Il a suivi une formation de chef opérateur à l’Académie du cinéma de Pékin. Après quelques collaborations comme directeur de la photographie à des projets qu’il juge « sans intérêt », il se dirige vers la réalisation, tourne quelques films institutionnels et des publicités avant de voir se concrétiser la production de son premier long-métrage de fiction.
« J’ai eu de la chance. Avec mon synopsis, j’ai trouvé tout de suite un producteur. Le film a été aidé par la fondation de soutien au jeune cinéma chinois créée par le cinéaste Wu Tia Min. Elle a organisé un forum de rencontre au Festival de Cannes. Cinq projets, dont le mien, ont été retenus. A mon retour en Chine, des investisseurs se sont rapprochés de moi. Le scénario est arrivé entre les mains de l’acteur principal, qui s’y est intéressé. Lorsqu’il a accepté de participer, on a pu envisager un film avec un peu de moyens. »
C’est le décor qui lui a donné, en 2013, l’idée du film ; un décor qui lui est apparu dans un article sur Internet. « C’était un article sur une ancienne ville énergétique créée dans les années 1950-1960 pour exploiter des ressources naturelles. Dans les années 1990, ces endroits étaient en déclin, voire en ruine. J’ai vu des photos. Il n’y restait plus que des vieillards et des chiens errants. Voilà ce qui a suscité mon intérêt pour cette période. »
Influences contemporaines
Le choix du récit policier n’est pas une surprise pour un cinéaste qui avoue son admiration inaltérable pour Vertigo, d’Alfred Hitchcock, et Conversation secrète, de Francis Ford Coppola. Dong Yue précise avoir cherché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le réalisateur signe, avec les élèves du Conservatoire d’art dramatique de Paris, un diptyque sur l’été et ses amours passagères.
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« Contes de juillet » : les balades amoureuses de Guillaume Brac

Le réalisateur signe, avec les élèves du Conservatoire d’art dramatique de Paris, un diptyque sur l’été et ses amours passagères.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 09h04
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Trois semaines après le documentaire L’Ile au trésor, de Guillaume Brac, jeune cinéaste français à la sensibilité douce-amère, sort Contes de juillet, son versant fictionnel, formant dans la foulée un diptyque informel sur l’été et ses amours passagères. Sous ce titre sont en fait rassemblés deux moyens-métrages – L’Amie du dimanche et Hanne et la fête nationale –, tournés dans le cadre d’un atelier avec les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD) et dans des conditions légères.
Tous deux se présentent comme des marivaudages estivaux ou des promenades sentimentales, dont la simplicité de façade et la netteté de trait font fortement penser au cinéma d’Eric Rohmer – Les Rendez-vous de Paris (1995), pour sa partition en sketches, ou L’Ami de mon amie (1987), pour son cadre banlieusard (la ville nouvelle de Cergy-Pontoise).

        Lire aussi la critique :
         

          « L’Ile au trésor » : une petite Babel à ciel ouvert



Dans le premier sketch, deux collègues de rayon d’un magasin de vêtements profitent d’une journée libre pour partir en virée sur la base de loisirs de Cergy, un petit coin de nature et de baignade aux portes de l’Ile-de-France (c’était aussi le décor de L’Ile au trésor). Sur place, un jeune agent de prévention, affublé d’un maillot orange, se montre entreprenant avec l’une d’entre elles, si bien que l’autre finit par en prendre ombrage. Les deux amies se séparent et vivent chacune de leur côté un petit moment d’aventure singulier, avant de rentrer ensemble à Paris, la nuit tombée.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Guillaume Brac : « C’est un film de banlieue sans la banlieue »



Dans le second, Hanne, une étudiante étrangère, vit sa dernière journée à Paris, celle du 14 juillet, avant d’aller rejoindre son petit ami en Norvège. Mais les circonstances festives et les avances répétées des garçons (son colocataire italien, un godelureau rencontré dans la rue) semblent se liguer contre elle pour la suborner.
La fraîcheur des acteurs
La réussite de ces contes, aussi directs et laconiques qu’une carte postale, tient d’abord à la fraîcheur des acteurs, ces élèves du conservatoire qui font leurs débuts devant la caméra de Guillaume Brac. On ressent, à travers les deux films, une même curiosité pour ces visages encore inconnus, ces corps nouveaux, leurs intonations inédites et accents divers (surtout dans Hanne et la fête nationale, situé à la Cité universitaire de Paris), comme pour insuffler de l’air frais au cœur de la fiction. Chacun rend ainsi son personnage d’autant plus crédible et immédiat, comme autant d’apparitions successives. La plus surprenante est due à un personnage de pompier (Sipan Mouradian), qui exécute une danse insolite en plein dîner et entraîne le second sketch sur des pentes rêveuses.
Il est question de la distance imperceptible qui sépare l’amour de l’amitié, la camaraderie de la séduction
Avec clarté et modestie, Brac brosse des fictions tendres et volatiles, quelque part entre l’esquisse et l’étude, d’un œil sûr et humaniste – ce qui le conduit à souvent cadrer ses personnages de pied, sans trop les « découper ».
Ses récits, d’apparence futile, prennent discrètement le tour d’apologues, où il est question de la distance imperceptible qui sépare l’amour de l’amitié, la camaraderie de la séduction. Distance dont les personnages auront à pâtir de la transgression et qui permet aussi de se mentir à soi-même (où l’on retrouve encore le motif rohmérien des Contes moraux). La légèreté chemine chaque fois vers une note plus grave : une image de la banlieue parisienne s’assoupissant dans la nuit ou l’annonce à la radio des attentats de Nice (les récits se déroulent en 2016). Car l’été est ainsi fait que la vacance insouciante doive toujours y céder le pas à une sensation d’anéantissement.


FA CONTES DE JUILLET from Les Films Du Losange on Vimeo.

Film français de Guillaume Brac. Avec Milena Csergo, Lucie Grunstein, Hanne Mathisen Haga, Andrea Romano, Sipan Mouradian (1 h 10). Sur le web: www.filmsdulosange.fr/contes-de-juillet , www.facebook.com/filmslosange/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Une chimère sort de sa torpeur une petite station balnéaire israélienne. Une esthétique entre la réalité et le fantastique.
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« Vierges » : la sirène au pied des immeubles de Kiryat-Yam

Une chimère sort de sa torpeur une petite station balnéaire israélienne. Une esthétique entre la réalité et le fantastique.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h48
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 09h22
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Petite sœur d’Anna Karina, de Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965), clamant les pieds dans l’eau « Qu’est-ce que j’peux faire ? J’sais pas quoi faire », Lana, 16 ans, traîne son ennui sur la plage de Kiryat-Yam, station balnéaire israélienne où sa mère tient un café que personne ne fréquente plus. La gamine rêve de partir pour Tel-Aviv. Et de perdre sa virginité pour accéder plus vite, pense-t-elle, au statut d’adulte.
Dans l’immobilisme d’un temps suspendu où rien ne se produit, il n’est guère d’autre salut que de croire, quand il surgit, au sensationnel. Fût-il imaginaire, fruit du fantasme d’un vieil homme. Celui, en l’occurrence, de Vladimir, qui se met un jour à raconter qu’enfant, depuis le bateau l’amenant en Israël, il a vu une sirène sortir de la mer. Peut-être même est-elle encore là, puisqu’il n’y a pas si longtemps, un pêcheur dit l’avoir aperçue, lui aussi.
A ce récit oral, chacun va prendre part. Selon les sentiments qu’elle anime, les intérêts qu’elle promet, la parole initiale devient propriété de tous, se transforme, se propage, s’insinue dans le réel, qu’elle transfigure. La sirène apporte son contingent de rêves et d’espoir. Lana y trouve moyen de s’en amuser ; le maire, une opportunité économique pour sa ville ; le journaliste, une belle histoire pour les colonnes du journal. A Kiryat-Yam, personne n’est assez fou pour laisser passer si beau mirage.
Poésie du fantasme
Premier film de Keren Ben Rafael, dont les trois courts-métrages (La Plage, en 2015 ; L’Aurore boréale, en 2013 ; I’m Your Man, en 2011) et le documentaire A pleines dents (2013) ont été sélectionnés et primés lors de plusieurs festivals, Vierges élabore son esthétique sur cette union entre la réalité et le fantastique, la trivialité du ­quotidien et la poésie du fantasme. Comme en témoigne la scène où Irena, la mère de Lana, beauté de déesse aux traits fatigués, vêtue ce jour-là en sirène de théâtre de patronage, attend les clients dans son café aux allures de bateau échoué. Tout est dit ici, de l’histoire qu’on se raconte – parce que la vie est moins belle qu’au cinéma –, du décor que l’on plante et du costume dont on se revêt, bref, de tout de ce qu’on invente pour se distraire d’une existence engourdie depuis des lustres. Tout est dit du film de Keren Ben Rafael, qui rassemble ses personnages, disparates et isolés, autour d’une chimère, avant que les spectateurs ne prennent le relais dans la salle.
Lana, 16 ans, rêve de perdre sa virginité pour accéder plus vite, pense-t-elle, au statut d’adulte
Pour atteindre la crédibilité, et faire passer comme une lettre à la poste l’intrusion de l’étrange dans le réel, la cinéaste, dont la vie se partage entre Paris et Tel-Aviv, s’est attachée à tourner à Kiryat-Yam, une station balnéaire qu’elle ne connaissait pas, « une ville d’immigrés où l’on entend davantage parler le russe et l’éthiopien que l’hébreu », dit-elle. Un endroit qui, avec son « architecture un peu russe, l’immensité de ses plages désertes, l’atmosphère pesante figée dans les années 1980 où les gens marchent lentement », lui a tout de suite plu. Et a contribué à l’ancrage du film dans un contexte historique et politique. Celui du peuple juif, peuple errant qui aspire à une terre où se poser. Soucieux de s’installer quelque part et désireux d’aller voir ailleurs.
En apportant sa sirène dans la vie des habitants de Kiryat-Yam, Vierges réconcilie un temps ses deux aspirations contraires, parvient à faire passer la lumière à travers la tristesse du quotidien. Sans que l’on soit tout à fait dupe : la cocasserie de certaines situations, la blondeur du soleil, l’énergie des personnages cachent autant qu’ils la révèlent l’âpreté du propos.

Film français, israélien, belge de Keren Ben Rafael. Avec Joy Rieger, Evgenia Dodina, Michael Aloni (1 h 31). Sur le web : www.facebook.com/pyramide.distribution, pyramidefilms.com/vierges



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Une petite comédie familiale déjantée, courte et enlevée, pour ce premier long-métrage de Julien Guetta, où Eric Judor excelle.
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« Roulez jeunesse » : père malgré lui

Une petite comédie familiale déjantée, courte et enlevée, pour ce premier long-métrage de Julien Guetta, où Eric Judor excelle.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h48
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 06h40
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
En plein cœur de l’été, une petite comédie familiale déjantée, courte et enlevée : que demander de plus ? Dans le premier long-métrage de Julien Guetta, scénario brindezingue et acteur paranormal en la personne d’Eric Judor s’allient à merveille. Ce dernier – dont la présence comique dans le cinéma français comme acteur et comme réalisateur est des plus précieuses – incarne ici Alex, un grand garçon célibataire de quarante-trois ans qui travaille dans sa superbe tenue jaune canari comme dépanneur automobile dans l’entreprise dirigée par sa mère (Brigitte Roüan), qui le couve comme un adolescent et désespère de lui.
Tout commence au bord d’une route, alors qu’Alex, à la fin de sa journée de travail, est arraisonné par une conductrice en panne, possiblement sous substance, qui entreprend à son endroit une intense campagne de séduction pour qu’il la dépanne. De fil en aiguille, Alex se retrouve à passer la nuit en sa compagnie, mais au matin la belle a disparu et Alex se retrouve avec trois enfants sur les bras, dont il n’est pas assuré que la jolie fille soit la mère, et dont surtout personne, ni police ni hôpital, en dépit des protestations d’Alex, ne veut le dispenser d’assumer la charge.
Gérer la catastrophe
Cet enclenchement absurde inaugure, avec la logique de fer qui caractérise cette catégorie de l’esprit, une série d’événements plus improbables les uns que les autres. Tenu par l’impossibilité morale d’abandonner les enfants à leur sort (un bébé qui braille, un garçonnet trash nommé Kurt et une adolescente hors de ­contrôle), Alex part en quête de leur mère avec l’aide d’une assistante sociale (Laure Calamy), qui se trouve être une ex-amante jadis larguée sans élégance. Il est également flanqué d’une amante du moment envers laquelle il n’a pas davantage envie de s’engager, le tout sans oser en dire un mot à sa propre mère et sans vraiment réussir à justifier ses absences de plus en plus longues au travail.
Le film évolue insensiblement entre la logique surréelle qui le propulse et le virage à la fois moral et sentimental qui l’apaise et le clôt
Une bonne partie de la tâche dévolue au héros de ce film, et dans laquelle l’acteur Eric Judor est passé maître, consiste donc à gérer la catastrophe. Par ailleurs, garçon trop gentil, maladroit et immature, Alex se trouve au milieu du gué : enfant unique et sans vergogne à l’égard de sa mère, qui voudrait le voir reprendre l’entreprise familiale en difficulté, il développe par ailleurs à l’égard des enfants que le destin lui a collés sur les bras un sentiment de ­responsabilité.

        Lire aussi le portrait :
         

          Une journée avec... Le pitre Eric Judor



Une sorte de récit de formation transfiguré, avec lequel on pressent un certain degré d’intimité chez le réalisateur, se dévoile ainsi à travers le personnage d’Alex, qui l’amène à soupeser les avantages et les inconvénients d’une mère surprotectrice comme la sienne et d’une mère comme celle des enfants qu’il a recueillis. A cette aune, le film lui-même évolue insensiblement entre la logique surréelle qui le propulse et le virage à la fois moral et sentimental qui l’apaise et le clôt. Il n’est pas assuré qu’une telle édulcoration rende justice à ce que ce film compte de meilleur, en vertu duquel toutefois beaucoup lui sera ­pardonné.

Film français de Julien Guetta. Avec Eric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan, Ilan Debrabant (1 h 24). Sur le web : www.facebook.com/LEPACTE, www.le-pacte.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 25 juillet)
La Saison du diable, film philippin de Lav Diaz (à ne pas manquer)Une pluie sans fin, film chinois de Dong Yue (à voir)Contes de juillet, film français de Guillaume Brac (à voir)Roulez jeunesse, film français de Julien Guetta (à voir)Vierges, film français, israélien et belge de Keren Ben Rafael (à voir)The Charmer, film danois de Milad Alami (pourquoi pas)Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses, film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (pourquoi pas)Mamma Mia ! Here We Go Again, film américain de Ol Parker (pourquoi pas)
A L’affiche également
Bajirao Mastani, film indien de Sanjay Leela BhansaliC’est qui cette fille, film français et américain de Nathan SilverHôtel Artemis, film américain de Drew Pearce





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Mêlant observation et thriller, le film du Suédois Milad Alami peine autant que son personnage d’immigré en attente de titre de séjour à trouver sa place et son équilibre.
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« The Charmer » : le séducteur venu d’ailleurs

Mêlant observation et thriller, le film du Suédois Milad Alami peine autant que son personnage d’immigré en attente de titre de séjour à trouver sa place et son équilibre.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
En à peine deux heures de Charmer, on sera passé à travers trois genres distincts – la chronique sociale, le thriller et le dernier qu’on ne peut révéler sans dévoiler un ressort essentiel du scénario. Cette instabilité convient bien à la situation d’Esmail, immigrant iranien à Copenhague, en attente d’un titre de séjour. Elle est aussi la marque de l’incertitude d’un propos qui hésite entre la froideur analytique et la manipulation du spectateur. Si bien que, malgré le brio de la mise en scène, The Charmer manque – de peu – ses deux buts avoués : ajouter quelques éléments inédits à l’impressionnante filmographie traitant de l’immigration en Europe ; faire surgir de ce terrain une intrigue surprenante.
Esmail (Ardalan Esmaili) est arrivé depuis deux ans au Danemark quand le film commence. Le jour, il est déménageur. Le soir, il fréquente un bar chic dans l’espoir d’y rencontrer une Danoise prête à l’épouser dans un délai raisonnable, qui ne cesse d’ailleurs de se réduire, au fur et à mesure que ses recours sont rejetés. Il semble d’ailleurs que Milad Alami, Suédois né en Iran, ait tourné son film avant que le royaume du Danemark n’instaure les réglementations violemment dissuasives à l’encontre de l’immigration qui sont en vigueur aujourd’hui.
Changement de rythme
Il ne s’agit donc pas de dénoncer le manque d’hospitalité du monde des nantis, plutôt de mettre en scène les efforts un peu absurdes d’un garçon charmant (d’où le titre) pour trouver une place qu’il aurait lui-même du mal à définir. Lorsque Esmail fait la rencontre de Sara (Soho Rezanejad), une jeune bourgeoise iranienne qui vit depuis longtemps au Danemark et se débat entre le poids de sa famille et les normes sociales scandinaves, le film se fait un moment joliment sentimental, par la grâce de son interprète féminine.
Cet interlude est fracassé par l’irruption d’un Danois vengeur, et par le dévoilement un peu laborieux des raisons qui le poussent à s’en prendre à Esmail. Milad Alami prend un plaisir manifeste à l’accélération que provoque ce changement de rythme. Reste qu’il procède d’une certaine gratuité, sans apporter grand chose à la définition du personnage principal, qui reste – malgré ou à cause du regard ténébreux d’Ardalan Esmaili) – une énigme avant que le dénouement et ses révélations n’en fassent un être tout à fait incohérent.

Film danois de Milad Alami, avec Ardalan Esmaili, Soho Rezanejad, Lars Brygman (1 h 40). Sur le web : sister-distribution.ch, www.facebook.com/sisterdistribution



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Débarrassant son film de toute référence horrifique, Genndy Tartakovsky se consacre avec enthousiasme et une certaine réussite à l’animation absurde de ses sujets.
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« Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses » : le cartoon à l’état pur, sans une goutte de sang

Débarrassant son film de toute référence horrifique, Genndy Tartakovsky se consacre avec enthousiasme et une certaine réussite à l’animation absurde de ses sujets.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 08h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Si ce n’était déjà leur routine sportive quotidienne, les personnages d’Hôtel Transylvanie – vampires, goules, monstres – feraient des galipettes dans leurs caveaux, mausolées et cercueils respectifs à la vue du troisième épisode de la saga. Il ne s’agit même plus de moquer les mythes auxquels ont été empruntés les personnages (Dracula, Frankenstein etc.), ni même de les rendre acceptables aux plus pusillanimes des chères têtes blondes. Foin de soif sang, de projets prométhéens, Genndy Tartakovsky, le réalisateur des deux premiers épisodes et désormais scénariste (avec Michael McCullers) ne s’intéresse qu’à une chose : l’animation.
Paraboles et collisions
C’est sans doute ce qui explique le prétexte de ce troisième épisode. Pour distraire son père, Dracula, qu’elle trouve grognon, Mavis, sa fille vampire qui a épousé un humain, le convainc de partir en croisière dans le triangle des Bermudes. Le transport aérien, les rites des loisirs de masse sont l’occasion de longues séquences où la plasticité des corps et des objets atteint l’absurde qu’on leur connaissait dans certains courts métrages de la Warner.
L’enjeu n’est pas de savoir si la capitaine du vaisseau de croisière – descendante du chasseur de vampires Van Helsing – succombera au charme du comte transylvanien ou restera fidèle à la mission familiale, mais de compter le nombre sujets animés dans chaque séquence, de suivre leurs paraboles et leurs collisions. Quand l’animation est aussi dynamique elle fait presque oublier le reste.

Film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (1 h 40). Sur le web : www.hoteltransylvanie3.com, www.facebook.com/HotelTransylvanie



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Le cinéaste Lav Diaz évoque la répression sanglante des années 1970 aux Philippines par le biais d’une fiction chantée d’une sidérante beauté.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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« La Saison du diable » : la dictature de Marcos en opéra-rock

Le cinéaste Lav Diaz évoque la répression sanglante des années 1970 aux Philippines par le biais d’une fiction chantée d’une sidérante beauté.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h56
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Célébrée dans les festivals et les centres d’art du monde entier (le Jeu de paume, à Paris, a reçu, en 2015, sa première rétrospective en France), mais réputée austère et exigeante, l’œuvre du Philippin Lav Diaz rencontre de plus en plus souvent le chemin des salles. Et il est toujours réjouissant de pouvoir tomber, même au creux de l’été, sur des films aussi bizarres et intrigants, aussi rétifs à toute norme que les siens.
Lav Diaz appartient à la famille des grands sculpteurs de durées, comme le Russe Andreï Tarkovski ou le Hongrois Bela Tarr, dont la mise en scène se préoccupe moins d’efficacité narrative que du souffle immanent qui la porte. Tout l’enjeu de ce cinéma est précisément de nous arracher à notre empressement quotidien, pour lui substituer une respiration méditative et un sens accru de l’espace.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Lav Diaz : « Je ne veux pas faire de compromis esthétique »



La Saison du diable, présenté en compétition à la Berlinale, reprend à son compte l’un des grands motifs politiques du cinéma de Lav Diaz : la déploration des souffrances du peuple philippin, sous le joug des vagues de colonisation ou des régimes répressifs. Dédié « aux victimes de la loi martiale », le film nous plonge à la fin des années 1970, sous le règne sanglant du dictateur Ferdinand Marcos. Mais au lieu de ses habituels mélodrames d’inspiration dostoïevskienne, Diaz bifurque ici vers une sorte de comédie musicale d’agit-prop, ou plutôt d’« opéra-rock », comme il le définit lui-même, où les dialogues laissent place à un registre presque intégralement chanté.

        Lire aussi l’analyse :
         

          La Berlinale, au risque d’un palmarès politique



Le récit tourne autour du personnage de Hugo Haniway (Piolo Pascual), poète activiste dont l’épouse, Lorena (Shaina Magdayao), part fonder un dispensaire dans un village de campagne défavorisé et réputé dangereux. C’est à cet endroit qu’une milice armée, aux ordres du tyran « Narciso », fait régner la terreur et l’obscurantisme parmi la population. Seuls quelques déshérités n’ayant plus rien à perdre osent encore s’opposer à ses nervis : le chef du village, vieillard boiteux qui ne mâche pas ses mots, ainsi qu’une vieille femme hirsute surnommée « la Chouette », qui vit dans la forêt et passe pour folle. Hugo, de son côté, se languit de sa femme, traverse une crise d’inspiration, puis décide de rejoindre Lorena au village, alors qu’elle semble dans le collimateur des militaires.
Bégaiement de l’Histoire
En pointant ainsi les exactions d’une force armée inique, Lav Diaz ne se contente pas de revenir sur un épisode tragique de l’histoire philippine, mais apostrophe aussi le présent. A travers la figure mythologique de Narciso, représenté comme un Janus aux deux visages (image frappante : le personnage arbore un second faciès à l’arrière de son crâne), le film vise non seulement Ferdinand Marcos, mais surtout sa réitération grotesque sous les traits de Rodrigo Duterte.

        Lire aussi :
         

                Philippines : dans le bidonville de Caloocan, des policiers à la fois tueurs et enquêteurs



L’actuel président de l’archipel, Rodrigo Duterte, s’est signalé dernièrement par sa volonté de soumettre la mémoire du dictateur à une réhabilitation nationale.
Face au pouvoir se dressent les fous, les artistes et les vieillards formant un chœur tragique
Ainsi le basculement populiste du pays est-il évoqué, dans le film, comme un bégaiement de l’Histoire, un sinistre retour en arrière. L’une des premières scènes montre deux chefs militaires (une femme robuste et un homme à moitié défiguré) conspirer pour entretenir les villageois dans de lugubres superstitions, afin de dissimuler leurs malversations. La diffusion de mensonges, la manipulation des faits et l’usage usurpé de la force, qui définissent l’ensemble de leurs agissements, sont aussi les symptômes d’un pouvoir personnalisé et délirant (on y parle de « fonder une nouvelle Eglise »).
Lyrisme sec
Face à lui se dressent les fous, les artistes et les vieillards, réunis par la perte d’un ou de plusieurs proches, formant à la fois une communauté de souffrance et un chœur tragique. S’ils chantent, c’est pour délivrer leur complainte, mais aussi par confrontation avec l’ennemi, à la façon d’un répons. Son lyrisme sec s’avère ce que le film a de plus étonnant, les chants étant entonnés a cappella (en direct et sans doublage) par les comédiens. Des morceaux aux refrains entêtants, dont l’inspiration syncrétique oscille entre les syncopes du tagalog (la langue philippine) et la mélancolie du blues.
Fondés sur le lancinement et la répétition, ils s’imposent en d’enivrantes litanies contestataires. Par moments, une muse apparaît aux côtés de Hugo (Bituin Escalante, une chanteuse populaire célèbre aux Philippines) comme l’incarnation de l’inspiration musicale, faisant ponctuellement glisser le film dans le registre allégorique.
Lav Diaz élabore de subtils dégradés de luminosités mouchetées, versant par moments dans des contrastes quasi expressionnistes
Ce film taillé dans la lenteur et la fixité est rendu captivant par la somptueuse composition de chacun de ses plans, au cœur desquels le regard plonge et s’aventure longuement. Devenu maître du noir et blanc numérique, Lav Diaz élabore de subtils dégradés de luminosités mouchetées, versant par moments dans des contrastes quasi expressionnistes.
Filmées à l’objectif grand angle, ses images sont soutenues par de profondes lignes de force, qui étendent le champ de vision. Chaque plan invente ainsi une scénographie particulière, théâtre de nature ou d’intérieurs, où le hiératisme des corps est compensé par un grand dynamisme plastique. C’est d’ailleurs l’un des points essentiels de cette Saison du diable que de définir la lutte contre le fascisme comme une quête éperdue de la beauté – qu’elle soit musicale, poétique, plastique ou tout cela à la fois.
Si le despotisme consiste à étendre toujours plus le règne de la laideur, la résistance passe par une fidélité décuplée aux splendeurs et à la sérénité du monde tellurique, où l’être humain et ses souffrances s’inscrivent de plain-pied.

Film philippin de Lav Diaz. Avec Piolo Pascual, Shaina Magdayao, Pinky Amador, Angel Aquino (3 h 54). Sur le web : www.arpselection.com/la-saison-du-diable, 

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 25 juillet)
La Saison du diable, film philippin de Lav Diaz (à ne pas manquer)Une pluie sans fin, film chinois de Dong Yue (à voir)Contes de juillet, film français de Guillaume Brac (à voir)Roulez jeunesse, film français de Julien Guetta (à voir)Vierges, film français, israélien et belge de Keren Ben Rafael (à voir)The Charmer, film danois de Milad Alami (pourquoi pas)Hôtel Transylvanie 3 : des vacances monstrueuses, film d’animation américain de Genndy Tartakovsky (pourquoi pas)Mamma Mia ! Here We Go Again, film américain de Ol Parker (pourquoi pas)
A L’affiche également
Bajirao Mastani, film indien de Sanjay Leela BhansaliC’est qui cette fille, film français et américain de Nathan SilverHôtel Artemis, film américain de Drew Pearce





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Chaque mercredi, « La Matinale » propose une sélection de longs-métrages à voir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/07/2018
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Comédie, opéra-rock et chimères : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, « La Matinale » propose une sélection de longs-métrages à voir sur grand écran.



Le Monde
 |    25.07.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
25.07.2018 à 08h42
   





                        


Pour fuir la canicule, rien ne surpasse la climatisation d’une salle de cinéma. Quatre excellents films combleront cette semaine les plus gros appétits cinéphiles.
« La Saison du diable » : la dictature de Marcos en opéra-rock

Réputée austère et exigeante, l’œuvre du Philippin Lav Diaz rencontre de plus en plus souvent le chemin des salles. Et il est toujours réjouissant de pouvoir tomber, même au creux de l’été, sur des films aussi rétifs à toute norme que les siens. L’un deux, La Saison du diable reprend à son compte l’un des grands motifs politiques de son cinéma : la déploration des souffrances du peuple philippin, sous le joug des vagues de colonisation ou des régimes répressifs. Dédié « aux victimes de la loi martiale », le film nous plonge à la fin des années 1970, sous le règne sanglant du dictateur Ferdinand Marcos. Mais au lieu de ses habituels mélodrames d’inspiration dostoïevskienne, Diaz bifurque ici vers une sorte d’« opéra-rock » où les dialogues laissent place à un registre presque intégralement chanté.
Taillé dans la lenteur et la fixité, le film est rendu captivant par la somptueuse composition de chacun de ses plans au cœur desquels le regard plonge et s’aventure longuement. Devenu maître du noir et blanc numérique, Lav Diaz élabore de subtils dégradés de luminosités mouchetées, versant par moments dans des contrastes quasi expressionnistes. Filmées à l’objectif grand angle, ses images sont soutenues par de profondes lignes de force, qui étendent le champ de vision. Chaque plan invente ainsi une scénographie particulière où le hiératisme des corps est compensé par un grand dynamisme plastique. Mathieu Macheret
Film philippin de Lav Diaz. Avec Piolo Pascual, Shaina Magdayao, Pinky Amador, Angel Aquino (3 h 54).
« Roulez jeunesse » : un homme et trois enfants

En plein cœur de l’été, une petite comédie familiale déjantée et enlevée : que demander de plus ? Dans le premier long-métrage de Julien Guetta, scénario brindezingue et acteur paranormal en la personne d’Eric Judor s’allient à merveille. Ce dernier incarne ici Alex, célibataire de 43 ans, dépanneur automobile dans l’entreprise dirigée par sa mère (Brigitte Roüan), qui le couve comme un adolescent. Tout commence au bord d’une route, alors qu’Alex est arraisonné par une conductrice en panne qui entreprend de le séduire afin qu’il la dépanne. De fil en aiguille, Alex se retrouve à passer la nuit en sa compagnie, mais au matin la belle a disparu, laissant ses enfants.
Cet enclenchement absurde inaugure une série d’événements plus improbables les uns que les autres. Tenu par l’impossibilité morale d’abandonner les enfants à leur sort, Alex part en quête de leur mère avec l’aide d’une assistante sociale (Laure Calamy) qui se trouve être une ex-amante jadis larguée sans élégance. Une bonne partie de la tâche dévolue au héros du film, et dans laquelle l’acteur Eric Judor est passé maître, consiste donc à gérer la catastrophe. Une sorte de récit de formation transfiguré se dévoile à travers le personnage d’Alex, qui l’amène à soupeser les avantages et les inconvénients d’une mère surprotectrice comme la sienne et d’une mère comme celle des enfants qu’il a recueillis. A cette aune, le film lui-même évolue insensiblement entre la logique surréelle qui le propulse et le virage à la fois moral et sentimental qui l’apaise et le clôt. Jacques Mandelbaum
Film français de Julien Guetta. Avec Eric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan, Ilan Debrabant (1 h 24).
« Une pluie sans fin » : quand la fatalité s’embourbe

Le titre français annonce très justement la couleur, météorologique disons, du premier long-métrage du cinéaste chinois Dong Yue. La pluie y est, en effet, un élément constant qui installe, durant presque deux heures, une lumière grise, une atmosphère sinistre, un paysage dénué d’horizon. Ce paysage, c’est celui qui entoure une gigantesque usine d’Etat dans la province de Hunan à la fin des années 1990, illustration de l’industrialisation à marche forcée à laquelle fut soumise la Chine maoïste dans les années 1950 et 1960. Ce théâtre est d’abord, ici, celui d’un récit policier. Le cadavre d’une jeune fille, violée et mutilée, vient d’être découvert aux abords d’un immense complexe industriel. Yu Guowei, le responsable de la sécurité de l’usine, se met en tête de retrouver le meurtrier et s’attache à suivre plusieurs suspects, jusqu’à l’obsession, jusqu’à l’erreur fatidique.
Une pluie sans fin dépasse le simple récit criminel en utilisant celui-ci de façon allégorique. Car ce que va capter la caméra de Dong Yue, c’est la lente décomposition d’une société construite sur des rituels monumentaux et totalitaires destinés à habiller cyniquement l’oppression et l’exploitation. Son film rejoint ainsi une certaine manière dans le cinéma chinois contemporain d’utiliser le fait divers comme révélateur des mutations historiques du pays. Mais la critique sociale devient ici un voyage quasi métaphysique. Une pluie sans fin est un trip tout à la fois fascinant et désespéré. Jean-François Rauger
Film chinois de Dong Yue. Avec Duhan Yihong, Jiang Yiyang, Du Yuan (1 h 59).
« Vierges » : la sirène au pied des immeubles

Lana, 16 ans, traîne son ennui sur la plage de Kiryat-Yam, station balnéaire israélienne où sa mère tient un café que personne ne fréquente plus. La gamine rêve de partir pour Tel-Aviv. Et de perdre sa virginité pour accéder plus vite, pense-t-elle, au statut d’adulte. Dans l’immobilisme d’un temps suspendu où rien ne se produit, il n’est guère d’autre salut que de croire, quand il surgit, au sensationnel. Fût-il imaginaire, fruit du fantasme d’un vieil homme. Celui, en l’occurrence, de Vladimir, qui se met un jour à raconter qu’enfant, depuis le bateau l’amenant en Israël, il a vu une sirène sortir de la mer.
A ce récit oral, chacun va prendre part. La parole initiale devient propriété de tous, se transforme, se propage, s’insinue dans le réel, qu’elle transfigure. La sirène apporte son contingent de rêves et d’espoir. Lana y trouve moyen de s’en amuser ; le maire, une opportunité économique pour sa ville ; le journaliste, une belle histoire pour son journal. A Kiryat-Yam, personne n’est assez fou pour laisser passer si beau mirage. Premier film de Keren Ben Rafael, Vierges élabore son esthétique sur cette union entre la réalité et le fantastique, la trivialité du quotidien et la poésie du fantasme. En apportant sa sirène dans la vie des habitants de Kiryat-Yam, Vierges parvient à faire passer la lumière à travers la tristesse du quotidien. Sans que l’on soit tout à fait dupe : la cocasserie de certaines situations, la blondeur du soleil, l’énergie des personnages cachent autant qu’ils la révèlent l’âpreté du propos. Véronique Cauhapé
Film français, israélien, belge de Keren Ben Rafael. Avec Joy Rieger, Evgenia Dodina, Michael Aloni (1 h 31).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Delon en six films-cultes (3/6). Dans ce long-métrage méconnu d’Alain Cavalier, l’acteur porte la violence du conflit colonial. Un rôle qui renvoie de façon troublante à sa biographie.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Delon en six films-cultes (2/6). Le cinéaste italien voit dans l’acteur, qui le subjugue, un talent, dont il veut faire sa créature. Dans « Rocco et ses frères », puis en  1961 dans « Le Guépard », qui lui vaut une reconnaissance internationale.
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