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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le château de Chenonceau, dans le Val de Loire, vient d’inaugurer un nouveau jardin, hommage au paysagiste anglais Russell Page, inspiré de ses dessins retrouvés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Un excellent documentaire de Nicholas Wrathall retrace la vie publique, et privée, de l’écrivain et scénariste nord-américain disparu en 2012 (sur Sundance TV à 20 h 35).
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TV - « Gore Vidal : The United States of Amnesia »

Notre choix du soir. Un excellent documentaire de Nicholas Wrathall retrace la vie publique, et privée, de l’écrivain et scénariste nord-américain disparu en 2012 (sur Sundance TV à 20 h 35).



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 18h58
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Sundance TV à 20 h 35

L’écrivain et scénariste Gore Vidal (1925-2012) fut, pendant quelque soixante ans, le poil à gratter de son pays natal, qu’il surnommait volontiers « l’empire américain ». La dimension homosexuelle, mais non tragique, de son deuxième roman, Un garçon près de la rivière (1948), fit scandale. Mais ce fut un succès de librairie, comme la plupart de ses nombreux essais et romans historiques. Doué d’un intellect particulièrement affûté et d’un sens de la formule qui fait mouche, le hardi libre-penseur qu’était Vidal fut bientôt l’invité fréquent des talk-shows américains. L’une de ses formules les plus célèbres était d’ailleurs : « Je ne refuse jamais une occasion de faire l’amour ou de passer à la télévision. »
Scénariste pour la télévision et le cinéma (Ben Hur, en 1959), il fraie également avec les milieux politiques progressistes et se présente même sous la bannière démocrate aux élections pour le Congrès puis le Sénat, qu’il perd chaque fois.
Proche de J.F. Kennedy, il gardera pourtant de lui un souvenir amer : « Cela m’a appris à ne jamais plus me laisser séduire par le charme de quelqu’un. Kennedy en avait beaucoup, il était très intelligent, mais il a été le plus désastreux des présidents que nous ayons eus. »

   


Gore Vidal brocarde le puritanisme, la ségrégation, les guerres et la bêtise du pouvoir (Reagan, Bush père et fils) : « Les Etats-Unis ont été fondés par les gens les plus intelligents qui soient mais qu’on n’a depuis plus jamais revus. »
Même l’élection de Barack Obama lui suggère de la méfiance : les hommes politiques parvenus au pouvoir dans ce pays « à l’idéal démocratique perdu » sont forcément des vendus aux puissances de l’argent. Urticant un jour, urticant toujours…
En introduction et en conclusion de l’excellent documentaire de Nicholas Wrathall, on voit Gore Vidal sur la tombe de son compagnon où il a aussi fait graver « Gore Vidal : 1925 - », laissant vacante la date de sa mort.
Questionné sur sa postérité, ­Vidal avoue « s’en moquer éperdument. » Mais le dernier mot de ce « combattant heureux » sera : « Je vous avais prévenus… » L’on n’ose imaginer quels propos rageurs lui aurait inspiré Donald Trump…
Gore Vidal : The United States of Amnesia, de Nicholas Wrathall (EU, 2013, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de François Morel : « L’Heure du thé », de Vincent Delerm


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 30.07.2018 à 17h00
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            Sandrine Blanchard

















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François Morel, l’inoubliable personnage des Deschiens, est comédien, auteur, chanteur, humoriste poétique et chroniqueur sur France Inter.
Au début des années 2000, Philippe Delerm m’a envoyé un CD artisanal de huit titres, écrits par son fils Vincent, parmi lesquels L’Heure du thé. Lorsque j’ai entendu « je sors de chez toi habillé comme hier », j’ai trouvé cette phrase d’une délicatesse infinie pour dire qu’on avait fait l’amour. De la part d’un garçon, c’est une façon pas ramenarde de parler d’une relation amoureuse.
Cette chanson très évocatrice m’a ému parce que c’est le rêve d’un étudiant provincial sur Paris. L’histoire se déroule rue Saint-Séverin mais, par son atmosphère, elle raconte la province. C’est comme une petite scène de cinéma, la photographie d’un instant, qui évoque ce que peuvent être des débuts amoureux, sans grande conversation, juste quelques mots sur des petites choses de la vie. Il y a une forme de gaucherie, un côté presque bourvilesque, des bribes de dialogue qui ne vont nulle part (« Tiens, c’est marrant, t’as la Bible ») mais qui permettent quand même de sortir de chez cette jeune femme habillé comme hier !
Alchimie
Cette chanson me donne envie d’en écrire, car tout n’y est pas dit, on peut la finir soi-même. Parfois, j’ai une tentation un peu ringarde de lyrisme, contre laquelle je me bats ! Quand Vincent Delerm raconte : « J’étais passé prendre le thé, et j’y ai passé la nuit », j’aurais dit : « J’y ai passé la vie », mais c’est trop ! Comme chez Barbara, ce n’est pas le plus grand texte ni la plus grande musique, mais cela aboutit à quelque chose d’extrêmement rare car il y a une alchimie entre une voix, une mélodie et des paroles.
Quand j’ai entendu cette chanson pour la première fois, j’étais déjà marié et père de famille. Elle m’a fait gamberger sur une ambiance estudiantine, dans un petit appartement où on s’offre le thé à 18 heures et où cela peut déraper magnifiquement ! Souvent, les chansons d’amour sont des chansons tristes, de désamour, alors que là, il s’agit du début d’une relation joyeuse. Cela renvoie à nos propres premières histoires d’amour. 
Prochain article, Irène Jacob : « Message personnel », de Michel Berger et Françoise Hardy
Monde Festival : chanter n’est pas jouer ! « Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre entre le metteur en scène Claus Guth et la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier. Réservez vos places en ligne sur le site


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.
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Mort de Michel Butel, écrivain et patron de presse

Fondateur entre autres de « L’Autre Journal », le journaliste et écrivain Michel Butel est mort jeudi, à 77 ans.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 15h43
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Ecrivain, patron de presse, traducteur, activiste, Michel Butel, mort à Paris, d’une septicémie, le 26 juillet, à 77 ans, ne pouvait être assigné à aucun des rôles qu’il a occupés, et sa disparition ne va pas simplifier la tâche : le mystère demeure, pour toujours désormais. Celui d’une énergie dévorante, jamais satisfaite, attisée par le désir de se créer une place qui ne lui a jamais été octroyée. Moyennant quoi, il l’a inventée, puis, à l’infini, multipliée.
Il naît à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 19 septembre 1940, enfant juif sous l’Occupation qu’on doit dissimuler chez ses grands-parents, en Isère. Sa mère est avocate, son père sera des fondateurs de la Sécurité sociale. De retour à Paris, à la Libération, l’enfant entre à l’Ecole alsacienne. Son chemin de jeune bourgeois semble tracé. Mais, déjà, rien ne se passe comme prévu. C’est dans un institut psychopédagogique, où, dira-t-il, il a été placé pour avoir mis le feu au cabinet de son médecin, que le futur directeur de L’Autre Journal crée, à 12 ans, son premier journal. Il quitte l’établissement à 14 ans, décide de ne pas rentrer chez lui, arrêtant ses études et commençant une vie errante, improvisée.
Il milite, au début des années 1960, pour l’indépendance de l’Algérie, entre à l’Union des étudiants communistes. L’air du temps est à la révolution : il est révolutionnaire, manière comme une autre d’assouvir son désir d’inédit. Mais quand, en 1975, Bernard-Henri Lévy lui propose de participer à la création d’un quotidien, L’Imprévu, il ne peut résister, quand bien même l’entreprise apparaît proche du Parti socialiste haï – François Mitterrand est à la une du premier numéro –, ce qui lui vaut quelques rancœurs chez ses camarades.
Prix Médicis pour son premier roman
C’est un échec retentissant, au bout de onze numéros. Mais l’appétit pour la presse s’est réveillé. Et Michel Butel va devenir virtuose dans l’art d’encaisser les coups, disposition qui permet bien des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Ce sont des amis qui ont conseillé à Igor Starkov de s’intéresser à la maison de l’auteur de « Guerre et Paix ». Le photographe russe de 38 ans s’est laissé convaincre et a parcouru les 200 kilomètres qui séparent Moscou du nid familial de l’écrivain.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.
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La maison de Tolstoï, un écrin mémoriel


                      L’œuvre d’un écrivain est un univers. Ses mots dessinent des paysages, nourrissent des mondes et inspirent des images. Iasnaïa Poliana, l’ancienne résidence de Tolstoï, contient un peu de l’âme du maître de la littérature russe. Un petit bout d’éternité, demeuré intact depuis plus d’un siècle, qui a charmé le photographe Igor Starkov.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h15
    |

            Pierre Jaxel-Truer







Pour les enfants russes, la première rencontre avec Tolstoï est un mur à franchir, haut comme la tranche d’un pavé de 2 000 pages. Et pas forcément un bon souvenir. Il en va souvent ainsi, ici comme ailleurs, des morceaux du patrimoine littéraire, de ces passages obligés des bancs d’école. Entre les petits caractères de Guerre et Paix ou d’Anna Karénine est nichée la mémoire des mornes heures des lectures imposées. La grande steppe de l’ennui, à un âge où l’on peine à se passionner pour les conquêtes napoléoniennes ou les mœurs de l’aristocratie.
Quand des amis ont conseillé au photographe Igor Starkov de s’intéresser à Iasnaïa Poliana, où il n’était jamais allé, il a donc d’abord traîné des pieds, comme le gamin qu’il fut. À quoi bon remuer ces pénibles relents du passé ? Puis il s’est laissé convaincre, comme ça, sans trop y croire. Et s’est décidé à parcourir les 200 kilomètres qui séparent Moscou de l’ancienne résidence de l’écrivain, au sud de la capitale.
Un paysage empreint de grâce
Finalement, le voyage valait le détour. Starkov s’est abandonné aux charmes des paysages de la Russie centrale et a découvert à son arrivée « une maison remarquable, des vergers de pommiers, des ruchers, des étangs, un paysage empreint de grâce ». Comme un petit morceau d’éternité, au bout d’une allée de bouleaux argentés.
« Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan. » Igor Starkov, photographe
Iasnaïa Poliana n’est pas qu’une imposante bâtisse blanche, au grand front élégant et sévère, ceinte d’un parc. C’est un peu de l’âme de l’œuvre de Lev Nikolaïevitch, dit Léon, Tolstoï (1828-1910), qui a résisté au temps. Le maître de la littérature russe a écrit ses chefs-d’œuvre ici, assis face à son bureau, dans sa chambre du rez-de-chaussée. C’est là qu’il a façonné sa façon de voir le monde, qu’il a travaillé son regard oblique, s’est transformé en ascète, après avoir dilapidé en ville sa vie de jeune homme au jeu et dans les vapeurs d’alcool.
Presque tout du décor du retour aux sources de ce personnage complexe demeure, intact. L’endroit est un écrin mémoriel qui a traversé le XXe siècle sans encombre, pas même secoué par la révolution russe de 1917. Bien au contraire. Tolstoï, géant des lettres, était déjà adulé de son vivant, mais il a aussi été mis sur un piédestal après sa mort par le régime soviétique et repeint comme une sorte de précurseur du communisme. La maison a été nationalisée après la révolution d’Octobre et le culte soigneusement entretenu.

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Aujourd’hui, le musée d’Iasnaïa Poliana, où se pressent les touristes aux beaux jours, « plaît plus aux Chinois qu’aux Russes », s’amuse Igor Starkov. Mais le photographe, lui, s’est entiché des lieux et leur a consacré cette série de clichés. « J’avais toujours imaginé que les ascètes dormaient sur des clous, buvaient exclusivement de l’eau et mangeaient du pain rassis… Peu à peu, j’ai commencé à envier l’existence du comte. On peut dire que Lev Nikolaïevitch a vécu magnifiquement, malgré ses habits de paysan », raconte-t-il.
C’est là, aussi, que Tolstoï est enterré. Dans un petit carré de verdure « aussi simple que possible », sous des brins d’herbe qui se dandinent mollement au vent. Une sorte de pied de nez végétal aux tourments de l’Histoire, qui ont accompagné la vie et la mémoire de l’écrivain.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le metteur en scène australien fustige l’antisémitisme du compositeur des « Maîtres chanteurs de Nuremberg ».
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Barrie Kosky dessine la comédie humaine wagnérienne

Le metteur en scène australien fustige l’antisémitisme du compositeur des « Maîtres chanteurs de Nuremberg ».



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h46
    |

                            Marie-Aude Roux (Bayreuth (Allemagne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une ovation ­massive, presque rageuse, qui a accueilli le 28 juillet la première des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner au Festival de Bayreuth. Comme si le metteur en scène Barrie Kosky, en faisant le procès en antisémitisme de ­Wagner (1813-1883) avait vidé on ne sait quel abcès collectif. C’est que le travail de l’Australien n’est jamais caricatural dans l’approche de cette œuvre-clé qui met à la question le saint art germanique (le heilige deutsche Kunst). Il est au contraire d’une surprenante, comique et poignante humanité.
Barrie Kosky n’aime pas Wagner. Il a d’abord refusé ces Maîtres à Katharina Wagner, arrière-petite-fille du compositeur et directrice du festival. Mais là n’est pas l’affaire tant ce petit-fils d’émigrants juifs installés en Australie éclaire avec intelligence les fondements idéologiques d’un opéra plus que tout autre célébré par les nazis, le seul à avoir été joué à Bayreuth en 1943 et 1944. C’est l’identité germanique qui se voit ici démasquée, jusque dans son besoin viscéral d’une confrontation quasi rédemptrice avec le bouc émissaire juif.
Le salon de la Villa Wahnfried
Dès l’ouverture, voici le monde confiné de Wagner : le décor de Rebecca Ringst reproduit dans ses moindres détails (fors l’ajout du dernier autoportrait christique de Dürer, star de la ville de Nuremberg et contemporain des maîtres chanteurs historiques) le salon de la Villa Wahnfried, que le compositeur fit construire non loin de son Festspielhaus. Les hôtes sont des familiers. Il y a là sa femme, Cosima, chroniquement migraineuse, son beau-père, le pianiste et compositeur Franz Liszt, ses enfants, mais aussi le chef d’orchestre juif Hermann Levi (qui créa Parsifal) et jusqu’à un magnifique couple de terre-neuve noirs, race de chiens que Wagner adorait.
En quelques minutes, on saura tout de la comédie humaine wagnérienne : sa tyrannie domestique, son amour immodéré des parfums et de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le Gunzenhauser Museum, en Allemagne, présente une riche rétrospective de l’œuvre de l’artiste, fasciné par le sexe et la mort.
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Fondateur de la Nouvelle Objectivité, le peintre Otto Dix exposé à Chemnitz

Le Gunzenhauser Museum, en Allemagne, présente une riche rétrospective de l’œuvre de l’artiste, fasciné par le sexe et la mort.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h13
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 10h15
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            
Il est peu probable que Chemnitz, en Saxe, devienne un jour une destination touristique. Son prin­cipal monument est une tête de bronze vraiment colossale de Karl Marx qui rappelle le temps de la RDA, quand la ville s’appelait Karl-Marx-Stadt. Il y a cependant cet été une excellente raison de s’y rendre. L’un de ses musées présente une rétrospective d’Otto Dix (1891-1969) en 300 peintures, dessins et estampes, intitulée donc « 300 × Dix ». Pourquoi dans cette ville ? D’abord, parce que Dix est né à Untermhaus, quartier de Gera, et a fait ses études artistiques à Dresde : Chemnitz est à ­mi-chemin entre Gera et Dresde.
Ensuite, parce que le collec­tionneur et galeriste Alfred ­Gunzenhauser y a aménagé un bâtiment des années 1920 en ­Musée de la Nouvelle Objectivité, le style de l’entre-deux-guerres dont Dix est le fondateur. Après le décès du mécène, en 2015, de nouvelles œuvres de Dix ont rejoint celles qu’il y avait déposées, jusqu’au total de 300. L’exposition est donc celle du fonds du musée, situation comparable à celle du Musée Picasso à Paris.

Mais pourquoi aller là-bas ? D’abord parce que Dix n’a jusqu’à présent jamais été jugé digne d’une rétrospective sérieuse à ­Paris. Au temps où Jean-Louis Prat la dirigeait, la Fondation Maeght lui en a consacré une, en 1998, il y a vingt ans. A Paris, rien depuis un accrochage de dessins au cabinet d’art gra­phique du Centre Pompidou, en 2003. Seule exception récente : à Colmar, à l’hiver 2016, une exposition sur Dix, Grünewald et le retable ­d’Is­senheim. C’est peu pour un artiste dont la place dans ­l’histoire est si marquée.
A chaque ­moment, sa particularité rare et dangereuse : non seulement Dix n’esquive pas les difficultés, mais il se rue vers le plus cru et le plus dur
Conséquence directe de cette indifférence : on ne connaît de lui le plus souvent que deux moments de son œuvre, la première guerre mondiale et l’entre-deux-guerres jusqu’en 1933 avec la prise du pouvoir par les nazis....




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Délire pop, reggae et jazz : un été en musique

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de titres ou de revues musicales.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h47
    |

                            Francis Marmande, 
Sylvain Siclier et 
Franck Colombani








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
QUATRE FESTIVALS :
Pianissimo au Sunside, à Paris, du 1er août au 1er septembre
Alors que les clubs de jazz parisiens prennent une pause en août, le Sunside propose un festival consacré aux pianistes. Commencé fin juillet, Pianissimo, pour sa 13e édition, recevra du 1er août au 1er septembre, les trios de Baptiste Trotignon (du 1er au 3 août), Vincent Bourgeyx (le 4), Fred Nardin (le 7), Pierre de Bethmann (le 8), René Urtreger (le 17, tandis que le 18 la saxophoniste Géraldine Laurent sera invitée), Alain Jean-Marie (les 21 et 22), Giovanni Mirabassi (les 24 et 25), Jérémy Hababou (le 29)…

Laurent Courthaliac animera, en trio également, chaque lundi, une jam session (en accès libre) en même temps qu’un programme consacré à un pianiste : Thelonious Monk le 6 août, Duke Ellington le 13, Bill Evans le 20 et Bud Powell, le 27. Dimanche 26, c’est le compositeur Leonard Bernstein qu’il évoquera avec le saxophoniste Dmitry Baevsky. Enrico Pieranunzi débutera son séjour au Sunside avec un solo, le 9 août, un duo avec le saxophoniste Rosario Giuliani, le 10 et se produira en quartette le 11. Le pianiste Paul Lay sera en duo, avec le trompettiste Eric Le Lann pour un hommage à Louis Armstrong le 23 août. Sylvain Siclier
Pianissimo au Sunside, 60, rue des Lombards, Paris 1er. Mo Châtelet, Les Halles. Tél. : 01-40-26-46-60. De 22 € à 30 €.
Kind of Belou, à Treignac, du 2 au 5 août

   


De tous les titres calembour des festivals de jazz (il y a un concours ?), Kind of Belou de Treignac (Corrèze) détient le pompon. Le pianiste Tony Hymas y présente Pacific 345, avant Himno de Mujeres Libres (hymne des femmes libres), avant les résistants de Standing Rock, Davu Seru avec le No Territory Band (unique concert en France, le plus « jazz » des festivals de l’été), Riverdog (« noise » d’adolescents, ça devrait donner), le duo du guitariste Hasse Poulsen et de la contrebassiste Hélène Labarrière, le saxophoniste Nathan Hanson et autres afters délocalisés à Tarnac. La nouvelle municipalité a réduit de moitié son aide symbolique, le pays est magnifique, on y pense, et pas bien loin, L’Espace Rebeyrolle, à Eymoutiers, présente une exposition Erro. Treignac, « the place to be » la plus snob, la plus tendance de l’été. Vos neveux vous envieront. Francis Marmande
Kind of Belou, à Treignac (Corrèze). Du 2 au 5 août. 18 €. Forfaits : 2 jours, 25 €; 3 jours, 30 €.
Chansons et mots d’Amou, à Amou, du 3 au 5 août

   


Camille, Thomas Fersen ou Michel Jonasz sont déjà venus à Amou, dans Les Landes, pour ce festival dont l’intitulé, Chansons & mots d’Amou, dit son attention à la chanson française. Pour sa 7e édition, du 3 au 5 août, le festival s’est donné pour thème « gaieté, fantaisie… et toutes ces sortes de choses ». De l’humour musical au programme avec Emmanuel Urbanet, Wally, qui en quelques phrases explore un quotidien fantasque (en solo les 3 et 4 et le 5 avec Vincent Roca pour un hommage à Rabelais), Mathieu Boulet qui interprète Boby Lapointe, Jeanne Plante, Victoria Delarozière et ses Chansons d’amour au couteau, François Morel (le 3), Juliette (le 4)… Le cycle « lecture musicale », dans l’après-midi, sera consacré à Erik Satie, Roland Dubillard et Pierre Desproges par Marie-Christine Barrault avec le pianiste et guitariste Simon Dalmais (le 4) et à Raymond Devos, Alphonse Allais et Alexandre Vialatte par Nicolas Martel avec l’accordéoniste et claviériste Alexis Kune (le 5). S. Si.
Chansons & mots d’amou, au Jardin Baigthosse, place de La Mairie, Café de La Halle, kiosque à musique et Arènes, à Amou (Landes). Du 3 au 5 août. 20 € (dimanche 5), 26 € (vendredi 3) et 35 € (samedi 4) ; forfait 3 jours 45 €. Accès libre aux moins de 12 ans.
No Logo Festival, à Fraissans, du 10 au 12 août et No Logo BZH, à Saint-Père, du 10 au 12 août

   


En 2017, le festival No Logo, avec une programmation consacrée majoritairement au reggae, avait eu lieu simultanément à Fraisans (Jura), dans une ancienne forge industrielle, site de sa création et, sous le nom No Logo BZH au Fort de Saint-Père, près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Avec une programmation en partie commune aux deux manifestations. Ce sera à nouveau le cas cette année, du 10 au 12 août. Avec Julian Marley qui sera à Fraisans le 10 et à Saint-Père le 12, The Wailers à Fraisans le 11 et Saint-Père le 12, Biga’Ranx à Saint-Père le 10 et Fraisans le 12… Le No Logo recevra par ailleurs Groundation, Pierpoljak, Horace Andy, Sly & Robbie and The Taxi Band, Calypso Rose… Et le No Logo BZH annonce Jimmy Cliff, Max Romeo, Black Uhuru, Tiken Jah Fakolly, Malka Family… Dans les deux festivals, une volonté : ne pas dépendre des marques ou des subventions publiques pour être en totale indépendance quant au fonctionnement et à la ligne artistique. Les revenus des festivals proviennent donc totalement de la billetterie. S. Si.
No Logo, aux Forges de Fraisans (Jura), du 10 au 12 août. 25 €, forfait 3 jours 57,50 €. No Logo BZH au Fort de Saint-Père (Ille-et-Vilaine), du 10 au 12 août. 31 €, forfait 3 jours 86 €.
DEUX CHANSONS : « Small Victories » et « If You Give Enough », par The Lemon Twigs 

Révélés en 2016 avec un premier album Do Hollywood au savoureux parfum rétro aux références parfaitement maîtrisées (Todd Rundgren, Big Star, The Kinks…), le duo The Lemon Twigs est bien décidé en 2018 à pousser leur délire pop dans ses retranchements. Auteurs, compositeurs et multi-instrumentistes, les précoces frères Brian et Michael – 21 et 19 ans – ont dévoilé mi-juillet deux titres de leur prochain album, Go To School, à paraître le 24 août chez le label 4AD. Les deux extraits en question, If You Give Enough et Small Victories, montrent toute l’étendue de leur impressionnante palette musicale. Le premier titre est une splendide ballade orchestrée dans la veine d’un Elton John à son sommet d’excentricité années 1970, le second est une chanson pop acoustique, à la mélodie intrépide et irrésistible, riche en rebondissement. Ce deuxième album, Go To School, s’annonce comme une pièce ambitieuse : une comédie musicale racontant l’histoire de Shane, un chimpanzé élevé comme un petit garçon et rencontrant les obstacles de la vie parmi les humains en allant à l’école. A noter que l’idole Todd Rundgren et la maman des frères D’Addario apparaissent sur cet album comme les parents du primate. The Lemon Twigs reste plus que jamais une affaire de famille. Franck Colombani
UNE REVUE : « Jazz magazine », no 708

   


En couverture du dernier numéro de Jazz magazine, une invitation : « 1000 morceaux à écouter au moins une fois dans sa vie ». Ce qui fait des dizaines et des dizaines d’heures de musique. C’est Lionel Eskenazi qui a fait cette sélection, en différentes thématiques comme autant de listes, par décennies (années 1920 à 2010), par styles (swing, bop, cool, free, jazz-rock, électro jazz…), instruments, personnalités dites « incontournables » (Armstrong, Ellington, Parker, Monk, Mingus, Davis, Coltrane…), labels célèbres, formes (du solo au big band)… Avec pour chaque composition, l’album dont elle est issue et son année d’enregistrement. Chacune et chacun pourra vérifier si ces 1 000 morceaux figurent dans sa discothèque. Et bien entendu, comme toujours lorsqu’il s’agit de listes, s’amuser à chercher la petite bête, le ou les morceaux qui n’apparaissent pas dans la sélection. Avec ce copieux dossier, un sujet sur le duo du saxophoniste Lee Konitz et du pianiste Dan Tepfer, un autre sur le trompettiste Jon Hassell et surtout un passionnant entretien au long cours avec le batteur Daniel Humair. S. Si.
« Jazz magazine », no 708, août 2018, 100 p., 6,90 €.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Blundetto, le reggae à la française

Ex programmateur de Radio Nova, l’artiste était à l’affiche de la première édition du Liquid Dub Festival, organisé en quelques semaines.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h18
    |

                            Stéphanie Binet (Saint-Jouvent (Haute-Vienne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les vaches du Limousin paissent paisiblement dans les prés de Saint-Jouvent, pas le moins du monde importunées par les basses du Liquid Dub Festival. Une grande scène a été installée sur le terrain de foot, une tente consacrée aux sound-systems sur la place de la mairie, et une rampe de skateboard accueille les festivaliers dans la rue des Ecoles.
Pendant deux jours, les 27 et 28 juillet, un jeune originaire du village, Sacha Biro, ami et manageur de l’artiste tourangeau Biga Ranx, a organisé avec ce dernier des concerts de reggae et de hip-hop dans cette petite commune de 1 660 habitants de la Haute-Vienne. Point commun à tous les artistes programmés (Blundetto, Biffty, Damé, Caballero & Jeanjass, Chaton…), un tempo très lent et une envie de planer dans la bonne humeur. Le festival s’est monté en deux mois et demi sur un coup de tête des deux amis. Le maire du village a suivi, les habitants et les artistes contactés par Biga Ranx aussi, et ce dernier n’en revient pas : « C’est fou le travail que ça demande l’organisation d’un festival… Moi qui ai l’habitude d’y jouer ! La prochaine fois que je suis programmé, je fais un câlin à tous les bénévoles. »

Le premier artiste à avoir répondu a l’invitation est Blundetto, auteur d’un quatrième album remarquable publié fin mai, Slow Dance, qui invite bien sûr Biga Ranx, mais aussi les Lyonnais de Damé ou les Jamaïcains Ken Boothe, Cornell Campbell, Little Harry et le Guyanais Jahdan Blakkamoore. Blundetto ne donne jamais de concert, mais pour le Liquid Dub Festival de « Biga », impossible de refuser. Il a sorti ses tatouages, ses baguettes de batteur, et a assuré le show en tout début de festival : « Biga, c’est ma muse, résume-t-il, il m’inspire. Mon album aurait été différent sans lui. Il intervient de plusieurs manières sur ce disque en tant que Biga Ranx, mais aussi sous le pseudo Lord Sandwich, et il est aussi à l’origine d’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Radio. Christine Lecerf consacre une série documentaire aussi riche que stimulante au père de la psychanalyse.
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« La Grande Traversée : Moi, Sigmund Freud »

Radio. Christine Lecerf consacre une série documentaire aussi riche que stimulante au père de la psychanalyse.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 06h41
    |

            Christine Rousseau








                        


Série documentaire sur France Culture, à 9 h 05

   


Freiberg, 1856. Londres, 1938. Entre ces deux lieux, ces deux dates : une vie et une œuvre qui n’ont cessé d’être commentées, interprétées, montées au pinacle tout autant que vouées aux gémonies avec une virulence qui n’a d’égale que la dévotion de ses idolâtres. Après des décennies de luttes, de diatribes, d’anathèmes et de contre-vérités, en 2014, à la faveur de nouvelles archives, ­Elisabeth Roudinesco offrait, avec Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Seuil), une remarquable biographie historique.
Une œuvre de référence qui a permis de mieux saisir la complexité de cet homme paradoxal qui fut le fondateur de la psychanalyse. C’est dans les pas de l’historienne que semble s’inscrire Christine Lecerf qui lui consacre une « Grande Traversée » de près de dix heures, aussi éclairante que documentée dans le propos que dense et stimulante dans l’analyse.
A l’instar de l’historienne de la psychanalyse, qui compte parmi la dizaine d’intervenants (Jean Clair, Lionel Naccache, Jacques Le Rider…), Christine Lecerf suit un tracé chronologique, avec ce qu’il faut de mise en perspective et de recontextualisation socioculturelle, notamment sur l’Empire austro-hongrois vers lequel émigrent, comme nombre de familles juives, les Freud. Son récit nous conduit de la maison natale de Freiberg, en Moravie, où « Siggi l’enfant en or », comme le qualifiait sa mère, passa ses premières années, dans la pauvreté et la promiscuité, à sa dernière demeure londonienne, en faisant halte à Vienne, « sa patrie », en parti­culier au 19 Berggasse où il a vécu, reçu ses patients et réuni ses amis, collègues et disciples.
Genèse d’une pensée novatrice
Avant la naissance du mouvement psychanalytique, Christine Lecerf revient successivement sur « l’enfant heureux de Freiberg » qui ­connaît un premier exil à 3 ans, l’élève brillant, pétri de culture classique, et l’étudiant qui mena un double cursus de philosophie et de science avant de s’orienter vers la médecine, plus précisément la neurologie. C’est là, dans le tracé de l’homme, de sa formation ­intellectuelle, de ses lectures, de sa ­culture juive « Mittel­europa », mais aussi de ses tâtonnements, de ses expérimentations, que se dessine la genèse d’une pensée novatrice, révolutionnaire.
Sans céder à la simplification, mais avec clarté toujours, psychanalyste, historiens, écrivain, neurologue, biographe se succèdent pour expliquer et analyser les grands principes. Le tout illustré de lectures de ses textes et surtout de son abondante correspondance, qui donne la mesure de l’épistolier que fut Freud.
Lou Andreas-Salomé et Marie Bonaparte
Battant en brèche, après d’au­tres, l’image d’un savant génial, ­solitaire et incompris, Christine Lecerf insiste tout particulièrement sur l’apport des femmes. « Freud a appris à penser le féminin grâce à ses patientes, notamment celles devenues analystes », souligne l’historienne Lisa Appignanesi. Mieux, elles constituent ici le véritable fil rouge de cette formidable traversée. Avec, en point d’orgue, les portraits de Lou Andreas-Salomé, de Marie Bonaparte son « ambassadrice en France », et le témoignage émouvant de Vera Ligeti qui, à 88 ans, continue de perpétuer à Vienne l’héritage du père de la psychanalyse.
La Grande Traversée : Moi, Sigmund Freud, de Christine Lecerf. Du lundi 30 au vendredi 3 août à 9 h 06 sur France Culture (Fr., 2018, 5 × 105 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).
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TV - « Somebody Feed Phil » : virée gourmande et mots d’esprit

Notre choix du soir. Dans la deuxième saison de sa série documentaire, Philip Rosenthal porte un regard humoristique et gourmand sur six villes (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    29.07.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

Au cours de la première saison de Somebody Feed Phil (« Qu’on nourrisse Phil ! »), Philip Rosenthal, le sympathique créateur et animateur de cette divertissante série documentaire gastronomique de Netflix, nous avait emmenés à Bangkok, Saïgon, Tel-Aviv, Lisbonne, La Nouvelle-Orléans et Mexico.
Pour cette deuxième virée globe-trotteuse, le créateur, scénariste et producteur de la sitcom Everybody Loves Raymond (1996-2005) met le cap sur… Le Cap, Buenos Aires, Copenhague, Venise, Dublin et New York. Avec, chaque fois, quelques tables étoilées mais, surtout, des bistrots et de la cuisine de rue, que découvre l’Américain avec la bénévolence de l’amateur prêt à surprendre sa voûte palatine.
On s’amuse toujours aux gamineries de Philip Rosenthal, dont les yeux bleus écarquillés disent l’enthousiasme du gourmand jamais rassasié, capable de goûter une vingtaine de portions de pizzas à la file. On aime aussi retrouver ses parents – à l’humour typiquement juif new-yorkais –, joints par Skype au cours chaque épisode.
Mais cette fois-ci, on les ­retrouve « en vrai », chez eux, à New York, pour le dernier ­épisode de cette saison. Phil leur présente un invité surprise, le chef français Daniel Boulud, très connu aux Etats-Unis, venu ­goûter et juger la soupe aux boulettes de matzo de Mme Rosenthal mère.

   


Evidemment, les parents n’ont pas la moindre idée de l’identité de leur illustre visiteur, fameux pour son hamburger au foie gras. Au point que M. Rosenthal père propose même au chef, qui a aimé la soupe, d’en emporter un peu chez lui, au cas où celui-ci ne saurait pas se faire cuire un œuf…
La drôlerie de Philip Rosenthal est réjouissante. Mais, comme dans les sitcoms, un bon mot toutes les cinq secondes finit par être lassant. Et son sens de l’autodérision prend une place telle qu’elle vole parfois la vedette aux plats goûtés et aux chefs et critiques culinaires rencontrés.
Cependant, on voit bien que son regard peut être poétique, comme dans le sixième et dernier volet, consacré à sa ville natale. On y retrouve ce ton de déclaration amoureuse à Manhattan dont les Français ont pris le goût à travers les films de Woody Allen qu’ils aiment tant.
Somebody Feed Phil, saison 2, série documentaire de Philip Rosenthal (Etats-Unis, 2018, 6×55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.
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                La chanson d’amour de Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg


Des personnalités de tous horizons racontent une chanson qui a marqué leur vie.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 17h00
                 |

            Pascale Krémer

















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Devenu l’un des animateurs préférés des Français, Michel Cymes, médecin et chirurgien ORL, présente « Le Magazine de la santé » et « L’Enquête de santé » (France 5), ainsi que « Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain » (France 2). Il a publié en mai Chers hypocondriaques… (Stock, 224 pages, 17,50 euros).
Cette chanson était un énorme tube à l’époque de mes 17 ans, en 1974. Ça disait : « Le premier pas/J’aimerais qu’elle fasse le premier pas/Je sais, cela ne se fait pas/Pourtant j’aimerais que ce soit elle qui vienne à moi/Car voyez-vous je n’ose pas… » C’était une drôle de coïncidence parce qu’au même moment, j’avais flashé sur une jeune fille blonde et jolie que je croisais chaque jour dans la rue, avec son teckel, quand je partais au lycée. Elle marchait devant moi, je fantasmais beaucoup, alors qu’à mon avis, elle ne m’avait même pas remarqué…
J’étais extrêmement timide. Pendant des mois, j’ai cherché comment l’aborder sans avoir l’air con. Je me disais : « Je vais lui proposer de promener le chien avec elle… » Mais je n’ai jamais eu l’audace. J’ai fini par déménager. Ce n’était pas celui-là, l’amour de ma vie, parce que je suis très heureux aujourd’hui. Mais cette expérience, comme d’autres frustrations, m’a probablement servi dans la vie. Je tente tout aujourd’hui.
Miracle de la mémoire
J’écoute régulièrement cette chanson. Je l’adore ! A chaque fois, je repense à cette fille, quarante-cinq ans après, alors que j’ai une mémoire de poisson rouge. Je revois la scène, elle est encore très présente. C’est un miracle de la mémoire. La chanson réveille le souvenir, peut-être parce que plusieurs parties de mon cerveau étaient mobilisées en même temps : la vision, l’émotion…
Ado, j’étais vraiment une quiche dans le domaine de la drague. Dans les boums, je me mettais toujours copain avec le mec qui passait les disques pour pouvoir lui demander Hey Jude, des Beatles. C’est un slow qui dure sept minutes, ça me laissait plus de temps pour draguer. En deux-trois minutes, sinon, je n’avais pas le temps de passer la main dans le dos, de me resserrer, puis de tenter d’embrasser. Je n’étais pas très à l’aise avec la parole. C’est la radio qui m’a servi de thérapie, plus tard. Au lycée, j’étais le grand déconneur, les filles venaient toutes me voir, je les faisais marrer, mais j’étais tellement mauvais en drague que c’étaient les copains qui sortaient avec elles. J’étais un aspirateur à nanas pour les autres. 


Leurs chansons d’amour
Catherine Deneuve : « Les parapluies de Cherbourg », de Michel Legrand
Daniel Pennac : « Ça va ça vient », de Boby Lapointe
Christophe André : « Cécile, ma fille », de Claude Nougaro
Bernard Cazeneuve : « Vienne », de Barbara
Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy
Pénélope Bagieu : « Don’t Cry », de Guns N’Roses
Erik Orsenna : « Pierre », de Barbara
Agnès B : « L’Affiche rouge », de Léo Ferré
Christophe Michalak : « With or Without You », de U2
Marianne James : « Ne me quitte pas », de Jacques Brel
Arnaud Montebourg : « D’aventures en aventures », de Serge Lama
Irène théry : « I’m Your Man », de Leonard Cohen
Michel Cymes : « Le Premier Pas », de Claude-Michel Schönberg



Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra. 
Un rendez-vous porté par les journalistes du « Monde », qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles. 
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Pascale Krémer
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.
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                L’art « queer » de Lili Reynaud Dewar


Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 10h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On demande à Lili Reynaud Dewar vers quel avenir tend son art : « Une famille queer un peu dissolue, répond-elle, et qui invente de nouvelles formes de sociabilité. » Dans la plupart des œuvres de cette plasticienne-performeuse, il y a différents objets exposés et une vidéo où on la voit danser nue, le corps entièrement peint, filmée dans le lieu d’exposition où nous nous trouvons, mais en notre absence. Les mouvements qu’elle interprète sont des fragments chorégraphiques de Joséphine Baker, en boucle, comme un photogramme bloqué qui sauterait indéfiniment. Parmi ses personnages tutélaires, on trouve aussi le musicien afrofuturiste Sun Ra, l’écrivain gay Guillaume Dustan, promoteur à l’aube des années 2000 du sexe sans préservatif (elle le cite dans My Epidemic, 2015, installation réalisée pour la Biennale de Venise), ou encore la biologiste et philosophe Donna Haraway, dont elle a utilisé le célèbre Manifeste ­cyborg (1985), entre autres, pour son projet TEETH GUMS MACHINES FUTURE SOCIETY (« Dents, gencives, machines, futur, société », 2016).
Dans un de ses textes théoriques, Reynaud Dewar écrit qu’« avec l’éloquence qui [lui] est propre (déli­bérément emphatique, ironique – ou plutôt paro­dique ? ! –, revendicative) », Donna Haraway professe « un rejet de la nature en tant qu’instance de légiti­mation des mécanismes de hiérarchisation, de domination, de silence, d’oubli ». Cette définition pourrait sans doute en partie s’appliquer à son propre art, qui est souvent drôle, à double sens, teinté d’ironie. Pour le critique Diedrich Diederichsen, elle appartient à cette génération d’après les idéologies qui ne croit plus aux mythes du progrès, en particulier ­social. Ce qui était déjà le cas, note-t-il dans le cata­logue d’Interpretation – un des premiers projets phares de Reynaud Dewar, présenté à la Kunsthalle de Bâle en 2010 – de Sun...


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L’art « queer » de Lili Reynaud Dewar
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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/07/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 112)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot



Le Monde
 |    29.07.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 07h04
   





                        



   





                            


                        

                        


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L’écrivain et ex-dissident russe Vladimir Voïnovitch est mort

L’auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine » est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 22h13
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 09h46
   





                        


L’écrivain russe Vladimir Voïnovitch, ancien dissident soviétique et auteur du roman « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », est mort à l’âge de 86 ans d’une crise cardiaque, ont annoncé samedi ses proches.
« Vladimir Nikolaïevitch (Voïnovitch) est mort », a fait savoir un membre de la famille de l’écrivain, dont les livres ont été traduits dans plusieurs langues, à l’agence publique de presse TASS.
Le ministre de la Culture, Vladimir Medinski, a salué un « écrivain au grand talent, auteur de paroles de chansons appréciées, un homme à la position citoyenne responsable et active ». « Son œuvre a toujours été une vision aiguisée de la réalité, habilement véhiculée par un langage vivant et fascinant », a-t-il ajouté saluant la contribution de Vladimir Voïnovitch au « renforcement de la liberté d’expression, au développement des principes d’égalité, de compréhension mutuelle et d’harmonie sociale » en Russie.
Dissident en URSS, puis critique des nouvelles autorités russes
Né en 1932 à Stalinabad, au Tadjikistan soviétique, Vladimir Voïnovitch s’est d’abord fait connaître en tant qu’auteur satirique, avec notamment « Les Aventures singulières du soldat Ivan Tchonkine », un roman qui expose les absurdités du totalitarisme. Traduit en plusieurs langues, cet ouvrage lui a valu la notoriété. Publié pour la première fois en 1975 par Ymca-press, la maison d’édition de la dissidence à Paris, le livre a longtemps circulé dans les milieux de l’émigration mais aussi en URSS, sous le manteau.
Proche d’autres dissidents de l’époque, il est exclu de l’Union des écrivains soviétiques puis contraint d’émigrer en Allemagne quelques années plus tard après avoir été déchu de sa nationalité.
Egalement auteur de textes de chansons, il retourne en Russie en 1993 après la dissolution de l’Union soviétique et poursuit son travail d’écrivain, souvent critique des nouvelles autorités russes.
Dans « Moscou 2042 », un livre de fiction publié en 1987, il écrit que la Russie s’apprête à être dirigée par un officier du KGB, germanophone et ancien résident en Allemagne de l’Est. Sa prédiction se réalise le 31 décembre 1999. Vladimir Poutine, réélu en mars 2018, est un lieutenant-colonel du KGB qui fut en poste à Dresde dans les années 1980.
En 2002, il n’hésite pas à présenter un pamphlet s’attaquant au « mythe » du génie du prix Nobel de littérature et ex-dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne, mort en 2008.
Parcours
1932
Naissance à Douchanbé (Tadjikistan, URSS).
1961
La revue « Novy Mir » publie sa première nouvelle « C’est ici que nous vivons ».
1974
Exclu de l’Union des écrivains.
1980
Emigre en Allemagne.
1981
Privé de la citoyenneté soviétique. Gorbatchev la lui rend dix ans plus tard.
2007
Publie « Les Aventures singulières du soldat Tchonkine », tome III.
2018
Mort d’une crise cardiaque à l’âge de 86 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Cédric Condon retrace, avec les qualités et défauts du docu-fiction, le parcours des jésuites dans l’empire au XVIe siècle (sur Arte à 20 h 50).
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TV - « Chine, l’empire du temps »

Notre choix du soir. Cédric Condon retrace, avec les qualités et défauts du docu-fiction, le parcours des jésuites dans l’empire au XVIe siècle (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    28.07.2018 à 18h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50

Imagine-t-on une querelle scientifique dont l’enjeu soit la pronostication d’une ombre censée dire la meilleure méthode pour établir un calendrier ? Ce défi, voulu par l’empereur de Chine Kangxi (1661-1722), entendait à la fois établir son autorité contre les régents qui gouvernaient en son nom – il était monté sur le trône à 6 ans – et trancher une querelle qui courait depuis le début du siècle entre le savoir traditionnel chinois et la science occidentale incarnée par la Compagnie de Jésus.
C’est l’usage des logarithmes que maîtrisait le père Ferdinand ­Verbiest (1623-1688) qui permit aux jésuites de l’emporter, mais l’épilogue restait fragile, car le débat contradictoire laissa bien des cicatrices et les tensions entre les Chinois et les étrangers n’en restèrent que plus vives. Il n’empêche ! Verbiest fut conséquemment nommé en 1669 à la tête du bureau de l’astronomie, contrôlant l’établissement du calendrier qui relevait du mandat du ciel dévolu à l’empereur. Un succès soldant un long combat que résument trois tombes jésuites au cimetière Zhalan de Pékin, rappelant que le débat eut ses héros et ses victimes : de l’Italien Matteo Ricci (1552-1610) au Flamand Verbiest, en passant par l’Allemand Johann Adam Schall von Bell (1591-1666), même si la peine de mort prononcée contre lui par le pouvoir mandchou fut commuée en résidence surveillée à vie.

   


Depuis la venue en Asie du père Ricci dans les années 1580, les jésuites adoptèrent une ligne de conduite aussi rare que subtile. Estimant, à juste titre, très élevé le degré de civilisation de la Chine comme du Japon, ils entendirent se servir de l’engouement de ces empires pour les sciences – notamment la géométrie et l’astronomie – pour implanter le christianisme grâce aux savoirs européens dans ces disciplines qu’ils y importaient prioritairement.
Habile, la manœuvre fut payante, en Chine, tant que les empereurs, soucieux d’une rigueur indispensable pour mesurer le temps, établir les horoscopes et les prévisions atmosphériques comme astrologiques, protégèrent les détenteurs d’un savoir nouveau et enfin fiable.
Tenus pour des traîtres
Jusque-là, les erreurs, nombreuses, menaçaient la réputation du souverain comptable du lien entre le ciel et la terre, donc les savants responsables sévèrement sanctionnés. Matteo Ricci mesure l’enjeu pour le christianisme, séduit l’empereur Wanli (1572-1620), forme des disciples sur place tel le mathématicien Xu Guangqi (1562-1633) qu’il convertit et demande à Rome des pères jésuites spécialisés en astronomie afin d’asseoir la religion romaine.
Mais qu’un règne s’achève, qu’une révolte renverse une dynastie – le dernier des Ming, l’empereur Chongzhen (1627-1644), se suicide pour éviter d’être pris –, que de nouveaux maîtres se défient de ces Occidentaux protégés par leurs prédécesseurs, et tout est à refaire.
Tenus pour des traîtres, des hérétiques aussi, les jésuites connaissent ainsi des heures sombres et les fonctionnaires indigènes qu’ils ont convaincus ou formés paient parfois de leur vie leurs convictions scientifiques. C’est ce passionnant conflit bien peu connu que le documentaire de Cédric Condon, tourné en Chine, relate avec les qualités et les défauts de ces docu-fictions où les scènes dramatiques convainquent peu. Mais le sujet se prête mal à un lyrisme porteur et la précision du débat justifie pleinement qu’on suive les deux volets de l’évocation.
Chine, l’empire du temps, de Cédric Condon (Fr., 2017, 2 × 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les œuvres numériques envahissent les villes mais leur aspect artistique doit encore s’affirmer.
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Le mapping, entre art et attraction touristique

Les œuvres numériques envahissent les villes mais leur aspect artistique doit encore s’affirmer.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h41
    |

                            Marie Frumholtz








                        



   


Quel centre-ville ne dispose pas de son mapping ? En pleine saison estivale, ces spectacles sons et lumière immersifs surgissent à la tombée de la nuit un peu partout en France. De la place Stanislas à Nancy, en passant par les cathédrales d’Orléans ou d’Amiens, leurs musiques et leurs couleurs vives déplacent des masses de touristes chaque soir.
À Metz, le parvis de la cathédrale Saint-Etienne ne désemplit pas depuis un mois. La réalisation de Yann Nguema est projetée sur la façade à quatre reprises trois fois par semaine durant toute la durée du festival Constellations. Très élaboré, ce mapping d’un quart d’heure varie les effets 3D à grand renfort de projecteurs et de lasers, le tout sur un fond sonore psychédélique. L’artiste a d’abord entré, à l’aide d’un logiciel, les coordonnées de chaque pierre. Un algorithme spécifique est ensuite élaboré pour permettre la mise en mouvement très précise de la façade. L’effet est saisissant lorsque le Graoully, le monstre légendaire de la ville de Metz, toise de toute sa hauteur l’ensemble des spectateurs.
Des selfies « instagrammables »
« Le côté numérique et monumental de ces projets remporte un succès incroyable auprès du public. Ce sont les nouveaux feux d’artifice », estime Nicolas d’Ascenzio en charge du parcours numérique du festival. Mais malgré la qualité de l’installation, l’organisateur hésite à la réitérer, tant le procédé semble éculé. Même impression du côté de Yann Nguema : « On a tendance à voir et revoir les mêmes effets multicolores sur tous les bâtiments de France. Cela a certes un impact touristique mais ça ne veut pas dire que la qualité des propositions est au rendez-vous. Les gens vont finir par s’habituer et par devenir plus exigeants ».
Estimant perdre 15 à 20 % de ses effets en extérieur, l’artiste souhaite revenir à des créations en intérieur, plus intimistes, à l’image de l’exposition du collectif japonais teamLab à la Villette.

Si le succès de ces installations ne se dément pas, c’est aussi et surtout grâce aux réseaux sociaux. Une pancarte indique d’ailleurs dès l’entrée de la grande Halle de la Villette que leur usage est fortement encouragé. Le hashtag #teamlab a déjà été repris plus de 238 000 fois sur Instagram. Les motifs de fleurs colorées ou de lampions se reproduisant à l’infini dans les miroirs constituent un environnement très propice aux selfies « instagrammables ». Quant aux vidéos, elles capturent ces moments « magiques » où d’un simple geste, le spectateur fait évoluer l’œuvre. Immersif et interactif, le mapping se passe de toute explication, cartel ou médiateur.
Une porte d’entrée 
Ces caractéristiques, les institutions muséales tentent aussi de se les approprier. Le château d’Auvers-sur-Oise (95) par exemple, a complètement revu sa scénographie l’an passé. Une agence spécialisée a aménagé huit salles où des animations sonores et visuelles de grands formats comptent l’histoire des peintres impressionnistes du village. « Ce changement a permis à notre musée de passer dans le XXIe siècle, estime Delphine Travers directrice du lieu. En 45 minutes, le visiteur comprend en quoi ce village a été important pour l’histoire de l’art. »

   


Et peu importe si les visiteurs présents en cet après-midi de juillet cherchent davantage le meilleur angle pour un selfie à l’aide de leur perche, qu’à écouter les explications. « Il faut savoir vivre avec son temps. Les réseaux sociaux constituent une belle porte d’entrée pour visiter Auvers-sur-Oise » assure la directrice.
Des œuvres plus pointues
A Metz également, le mapping « n’est qu’un produit d’appel pour découvrir d’autres choses » assume Nicolas d’Ascenzio. Le programmateur a ainsi sélectionné des œuvres plus pointues, comme Warping Halos du collectif Children of the Light installée dans l’église des Trinitaires. Le FRAC Lorraine est également inclus dans le parcours numérique.

   


« Ce festival contribue à la nouvelle identité de notre ville dont le slogan est “art et technologie” » explique Hacène Lekadir, adjoint à la culture de la ville. Metz a déjà reçu le label French Tech et son tiers lieu numérique TCRM-BLIDA, dirigé par Nicolas d’Ascenzio, a accueilli en résidence de nombreux artistes du festival Constellations.

   


« Les arts numériques ne sont pas encore très représentés dans les musées. La question se pose encore de reconnaître le jeu vidéo comme le 10e art. Mais à terme, je suis sûre que nous aurons des œuvres numériques pérennes dans l’espace public, affirme le jeune homme. Il faut trouver des artistes qui parviennent à l’équilibre entre le “fun” et le projet artistique. » Une mission à laquelle il s’attelle déjà pour l’édition de l’an prochain.
Constellations de Metz jusqu’au 16 septembre 2018; Château d’Auvers-sur-Oise, parcours immersif “vision impressionniste” accessible toute l’année; « teamLab : au-delà des limites », jusqu’au 9 septembre à la Grande Halle de la Villette.



                            


                        

                        


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                 |                 28.07.2018 à 16h00
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                            Philippe-Jean Catinchi

















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Les exemplaires sont fatigués, défraîchis par les manipulations et les consultations répétées. Pourtant, celles et ceux qui s’en sont servis au fil de leurs études, d’histoire comme de sciences politiques, ne s’en sont pas séparés. Mieux, ils ont tenu à les apporter pour les faire dédicacer. Voilà une situation que Pierre Milza et Serge Berstein ont connue à de multiples reprises. Et quand on songe qu’il s’agit le plus souvent de simples manuels universitaires, on mesure la singularité de la situation. Rigueur, clarté, souci de la nuance et de l’équilibre, ces « outils » résistent au temps. Et ­Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à Paris-VIII dont Pierre Milza dirigea la thèse, y voit toujours parmi les « meilleures synthèses pour appréhender l’histoire contemporaine ».
A ses yeux, « par leur façon très large d’embrasser les séquences chronologiques », Milza et Berstein sont « les pionniers d’une histoire globale » – encore à venir quand ils inaugurent leur collaboration dans les années 1970, mais dont l’ouverture préfigure l’aspiration à une vision totale, sans discrimination ni priorité sélective. Et de fait, aujourd’hui encore, c’est par la lecture préliminaire de leur Histoire du XXe siècle (Hatier, 1990), sans cesse rééditée et mise à jour depuis plus d’un quart de siècle, que ­Marie-Anne Matard-Bonucci s’apprête à recommander aux étudiants qui préparent les concours d’aborder la question au programme : « Culture, ­médias, pouvoirs aux Etats-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991 »…

Des livres qu’ils cosignent – tous ne sont pas des manuels –, on peinerait à déterminer ce que l’on doit à l’un ou l’autre de ces deux historiens s’ils n’avaient chacun leurs domaines de prédilection. A Berstein, le champ politique, l’économie et la sphère nationale ; à Milza, les relations internationales, le social et le culturel. Il existe une telle symbiose entre eux, un tel partage...


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Milza & Berstein : une mystérieuse alchimie
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Milza & Berstein : une mystérieuse alchimie
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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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Hommage à un passeur de frontières

Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h00
   





                        



                                


                            
Disparu le 28 février, Pierre Milza laisse ­inconsolables celles et ceux qui ont collaboré avec lui à une vision plurielle du monde contemporain. L’introduction d’un volume d’hommage à l’historien, publié en 2014 par une vingtaine de chercheurs ayant soutenu leur thèse sous sa direction, en rappelle l’engagement et la force.
« Durant toute sa carrière, Pierre Milza a été un passeur de frontières dans toutes les acceptions du mot, géographique et linguistique, acadé­mique et thématique. Le Centre d’histoire du XXe siècle a largement contribué au renouveau de l’histoire politique. Aux côtés de l’ami fidèle Serge Berstein, et d’autres collègues, il en a fait un lieu ouvert, tissant des liens avec de multiples universités françaises et étrangères dans un esprit pluraliste. Avec Daniel Roche, il a su, à travers la Revue d’histoire moderne et contemporaine, mettre en valeur les renouveaux d’une historiographie nationale et internationale. Pionnier dans de nombreux champs de recherche, directeur de thèses libéral et généreux, il est aussi un pédagogue – comme l’attestent ses manuels – et un vulgarisateur au meilleur sens du terme, auteur d’ouvrages conçus selon des critères scientifiques incontestables mais accessibles aux non-spécialistes. Homme d’engagement, il s’efforce dans ses écrits ou ses inter­ventions publiques de démonter et de nuancer les représentations clivées et les clichés stériles.
Bataillant, par exemple, dès la fin des années 1980, contre l’idée d’une prétendue facilité de l’intégration de l’ancienne immigration (notamment celle des Italiens), véhiculée à tort par les discours différentialistes au sujet des immigrés. Insistant, encore aujourd’hui, sur le risque d’un usage politique du mot “fascisme”, détournant des véritables menaces pesant sur la démocratie. S’opposant, avec d’autres, aux lois mémorielles au nom d’une indépendance de l’historien. D’Italie et d’ailleurs, à ses côtés, ses élèves et...




                        

                        

