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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Samy Cohen soutient que la loi de l’Etat-nation, votée par la Knesset, le 19 juillet, représente une « régression démocratique » qui bafoue la déclaration d’indépendance de 1948.
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Samy Cohen : « La loi de l’Etat-nation permet aux élites nationalistes et religieuses de prendre leur revanche »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Samy Cohen soutient que la loi de l’Etat-nation, votée par la Knesset, le 19 juillet, représente une « régression démocratique » qui bafoue la déclaration d’indépendance de 1948.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h07
    |

                            Samy Cohen (directeur de recherche émérite à Sciences Po/CERI)








                        



                                


                            
Tribune. Comment comprendre la loi de l’Etat-nation ? Pourquoi maintenant ? Le projet a émergé en 2011, porté par Avi Dichter, un député du parti Kadima qui a fini par rejoindre le Likoud. Il définit l’Etat d’Israël comme le « foyer national du peuple juif qui réalise son aspiration à l’autodétermination conformément à son patrimoine culturel et historique ». Ce projet, maintes fois retouché, n’est pas anodin. Il donnait priorité à la dimension juive de l’Etat au détriment de sa dimension démocratique. Il permettait notamment aux habitants de localités juives situées dans des zones mixtes, juives et arabes, comme la Galilée, de récuser des candidats à l’acquisition d’un droit de résidence s’ils n’étaient pas juifs.

Devant le tollé suscité par de telles dispositions, c’est une version édulcorée qui a été finalement votée le 19 juillet, définissant l’Etat d’Israël comme le « foyer national du peuple juif dans lequel il réalise son droit naturel, culturel, historique et religieux à l’autodétermination », un droit qui est « propre au peuple juif ». La loi stipule plus modestement que l’Etat « agira pour encourager et promouvoir » l’établissement et la consolidation de « communautés juives », un objectif de « valeur nationale ». Elle définit Jérusalem comme la capitale « entière et unifiée » d’Israël.
Mais même amendée, cette loi constitue une régression démocratique de taille. Aucune mention n’est faite des droits de l’homme, de la protection des minorités, des principes d’égalité et de liberté d’expression, au mépris de la Déclaration d’indépendance de 1948, qui proclame sa volonté de garantir « l’égalité et la pleine liberté d’opinion et de culte à tous ses citoyens, sans distinctions de race, de sexe et de croyance ». Cette loi rompt l’équilibre délicat qui s’était instauré autour de la définition de l’« Etat juif et démocratique »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Démocraties fatiguées 3|6. La montée de l’autoritarisme est inquiétante, mais les libertés continuent leur marche en avant. Sans excès de confiance, battons-nous pour elles, estiment les chercheurs Steven Pinker et Robert Muggah.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. En vingt ans, le nombre de patients des urgences hospitalières a doublé, mais dans une grande disparité térritoriale. La recomposition de la carte des urgences, sujet majeur, est un perpétuel recommencement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Urgences : une réforme toujours en attente

Editorial. En vingt ans, le nombre de patients des urgences hospitalières a doublé, mais dans une grande disparité térritoriale. La recomposition de la carte des urgences, sujet majeur, est un perpétuel recommencement.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 15h03
   





                        


Editorial du « Monde ». La canicule qui sévit encore en France, même si elle n’a pas la même ampleur et ne provoque pas les mêmes dégâts qu’en 2003, repose la question du rôle des urgences. Pivot de l’organisation sanitaire, ces services qui opèrent à l’interface entre médecine de ville et hôpital, soins de routine et intervention de pointe, peinent à faire face à une multitude de demandes. En vingt ans, le nombre de patients des urgences hospitalières est passé de 10,1 millions, en 1996, à 21 millions, en 2016. Mais, comme le souligne dans nos colonnes, le professeur Emmanuel Vigneron, historien de la santé, « 7 % à 8 % de la population, soit 5 à 6 millions de Français, demeure loin des urgences ». « Il y a un vrai sujet d’abandon des zones rurales, ajoute-t-il, où la population n’est même plus suffisante pour permettre la viabilité d’un service même tournant au ralenti et “à perte”… surtout la nuit. »
Chaque été, des petits services d’urgences suspendent leur activité au mois d’août, faute de médecins urgentistes ou remplaçants pour assurer leur fonctionnement. Dans l’un des plus gros services de France, celui de l’hôpital Lariboisière, à Paris, la situation est, selon la CGT, devenue « insoutenable », le remplacement des agents en congé ayant été divisé par deux alors que la fréquentation est en hausse constante cet été, avec des pics de 300 passages quotidiens au lieu de 230 en moyenne. Le résultat est que le temps d’attente augmente et que le contact humain entre les patients et les soignants, primordial dans ces centres, se détériore. L’Association des médecins urgentistes de France s’alarme et assure que « le nombre de services d’urgences est aujourd’hui à un seuil en dessous duquel la population est en danger ».
Un perpétuel recommencement
Tel Sisyphe contraint de remonter sans cesse son rocher, la recomposition territoriale de la carte des urgences est un perpétuel recommencement. En 2015, un rapport du docteur Jean-Yves Grall, directeur de l’agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais, remis à Marisol Touraine, alors ministre de la santé, préconisait la fermeture de 67 services d’urgences sur 650. L’idée était d’éviter de mobiliser en continu des médecins dans des structures ayant une faible activité globale, avec une affluence inférieure à 10 000 personnes par an. Agnès Buzyn, l’actuelle ministre de la santé, a repris le flambeau. Elle va relancer, à la rentrée, ce chantier, avec l’objectif de « repenser l’organisation territoriale » de la médecine d’urgence à l’horizon 2020. La ministre a déjà prévenu qu’elle pourrait « fermer certains services d’urgences de proximité la nuit ».
La question du maintien de ces 650 services se pose d’autant plus que l’aide médicale urgente est aussi assurée par des services mobiles. Mais avec des disparités sur le territoire. Comme Mme Touraine, Mme Buzyn privilégie le développement de « centres de soins non programmés », où la prise en charge des soins urgents non vitaux devra être assurée par des médecins pas forcément urgentistes, disponibles aux heures de plus forte affluence. Cette solution rejoint les recommandations d’un rapport de Thomas Mesnier, député La République en marche de Charente et ex-médecin urgentiste, qui insiste sur la nécessité de « désengorger » les urgences hospitalières. C’est bien en prenant en compte les besoins de la population qu’il faut poursuivre la mue de ce système, en veillant à assurer l’égalité et la qualité des soins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Georges Kiejman : « Que l’on cesse d’évoquer le Watergate pour l’affaire Benalla »

Pour l’avocat et ancien ministre de François Mitterrand, même si Alexandre Benalla a eu un « comportement inadmissible, absurde et irréfléchi », la République n’est pas menacée.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h36
    |

Georges Kiejman (avocat, ancien ministre)







                        



                                


                            
Tribune. A en croire l’ensemble des médias, à commencer par Le Monde (sept « unes » successives entre le 20 et le 27 juillet) et tous les dirigeants de l’opposition, notre République, la Ve, est au bord du gouffre. Et certains, s’ils osaient, demanderaient au président de la République de démissionner pour répondre des fautes d’un de ses collaborateurs obscurs, un certain Benalla, qualifié de « barbouze », de « mauvais ange » du président, voire du couple présidentiel. Ne disposait-il pas des clés du portail de la maison familiale au Touquet ? Ce dénommé Benalla, prit d’un accès de violence dans une manifestation où il n’avait que faire, aurait molesté, selon les uns, deux spectateurs passifs venus assistés à une « manif parisienne », selon les autres, deux militants s’exprimant en grec et lançant distraitement, selon leur avocat, des carafes d’eau sur le service d’ordre. Alexandre Benalla peut-il justifier son comportement ? D’un point de vue strictement judiciaire, peut-être, après tout.
Lorsque les passions se seront apaisées, des juges diront s’il peut prétendre avoir agi dans le cadre de l’article 73 du code de procédure pénale qui permet, qui incite « toute personne dans les cas de crime ou de délit flagrant (…) à appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche ».
Ces juges ne se demanderont pas si Alexandre Benalla était régulièrement autorisé à être là, auprès des CRS puisque toute personne aurait été en droit d’agir comme il l’a fait. Mais ces juges se poseront deux questions : les touristes prétendus étaient-ils ou non en train de commettre un délit flagrant ? Les membres des forces de l’ordre avaient-ils besoin de l’aide d’Alexandre Benalla ou alors celle-ci était-elle complètement superfétatoire ? Pour un tribunal, la réponse ne sera pas simple, il s’agira de ne pas vider de tout contenu le fameux article 73...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Alexis Lévrier : « L’intervention d’Emmanuel Macron s’est rapidement transformée en un plaidoyer contre les médias »

Le président est devenu, avec l’affaire Benalla, un tribun populiste, et a utilisé le vocabulaire de la défiance qui rappelle les imprécations outrancières d’un Donald Trump, analyse, dans une tribune au « Monde », Alexis Lévrier, historien de la presse.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 07h07
    |

Alexis Lévrier (historien de la presse)







                        



                                


                            

Tribune. L’affaire Benalla n’est pas seulement l’acte isolé d’un nervi devenu incontrôlable. Elle pose de nombreuses questions quant à la pratique du pouvoir du président et invite notamment à s’interroger sur la relation singulière qu’il entretient avec la presse. Durant la campagne éclair qui a permis son élection, Emmanuel Macron a théorisé en effet le principe d’un pouvoir vertical, centralisé et incarné par une personnalité forte. Dès 2015, dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le 1, il a même mis en évidence l’« incomplétude » propre à la démocratie et souligné la nostalgie des Français pour la figure du roi. Rien d’étonnant dès lors à ce que son utilisation des médias reflète le poids de l’héritage gaullo-mitterrandien, mais aussi le legs de la monarchie ou des deux Empires.
Les Français ont semblé approuver l’effort d’Emmanuel Macron de rendre à la fonction présidentielle sa majesté, sa solennité et même sa sacralité
Emmanuel Macron a notamment emprunté à Jacques Pilhan, qui fut le légendaire conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac, l’idée d’un président maître des horloges, qui fixe lui-même le rythme de ses apparitions médiatiques. Mais, comme le faisaient déjà Louis XIV et ses successeurs, il sait aussi utiliser la presse pour mettre en scène son image publique autant que sa vie privée. Le rôle dévolu à Mimi Marchand, grande prêtresse de la presse people, est de ce point de vue très révélateur : le couple Macron a choisi de travailler en priorité avec l’agence qu’elle dirige, Bestimage, tout en rendant presque impossible le travail des autres paparazzis. Et durant la campagne, puis pendant la première année du quinquennat, l’une des fonctions d’Alexandre Benalla a précisément été de les empêcher d’accéder au président.
Instaurer une « saine distance »
Cette stratégie s’est avérée très efficace, au moins dans les premiers mois du quinquennat. Conformément au constat formulé par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Démocraties fatiguées (2/6). L’idéal de la liberté libérale est menacé par les lois liberticides, qui portent atteinte à la vie privée, tout comme par les GAFA, qui exploitent les données personnelles. Aux citoyens de résister.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ 
<article-nb="2018/07/30/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤     


                L’art « queer » de Lili Reynaud Dewar


Esquisses du futur 3|6. Les artistes contemporains explorent l’avenir à la lumière des sciences sociales. Cette semaine, l’incarnation des discriminations de « race », de genre ou de classe par une plasticienne-performeuse.

Le Monde
                 |                 29.07.2018 à 10h00
                 |

                            Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")

















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On demande à Lili Reynaud Dewar vers quel avenir tend son art : « Une famille queer un peu dissolue, répond-elle, et qui invente de nouvelles formes de sociabilité. » Dans la plupart des œuvres de cette plasticienne-performeuse, il y a différents objets exposés et une vidéo où on la voit danser nue, le corps entièrement peint, filmée dans le lieu d’exposition où nous nous trouvons, mais en notre absence. Les mouvements qu’elle interprète sont des fragments chorégraphiques de Joséphine Baker, en boucle, comme un photogramme bloqué qui sauterait indéfiniment. Parmi ses personnages tutélaires, on trouve aussi le musicien afrofuturiste Sun Ra, l’écrivain gay Guillaume Dustan, promoteur à l’aube des années 2000 du sexe sans préservatif (elle le cite dans My Epidemic, 2015, installation réalisée pour la Biennale de Venise), ou encore la biologiste et philosophe Donna Haraway, dont elle a utilisé le célèbre Manifeste ­cyborg (1985), entre autres, pour son projet TEETH GUMS MACHINES FUTURE SOCIETY (« Dents, gencives, machines, futur, société », 2016).
Dans un de ses textes théoriques, Reynaud Dewar écrit qu’« avec l’éloquence qui [lui] est propre (déli­bérément emphatique, ironique – ou plutôt paro­dique ? ! –, revendicative) », Donna Haraway professe « un rejet de la nature en tant qu’instance de légiti­mation des mécanismes de hiérarchisation, de domination, de silence, d’oubli ». Cette définition pourrait sans doute en partie s’appliquer à son propre art, qui est souvent drôle, à double sens, teinté d’ironie. Pour le critique Diedrich Diederichsen, elle appartient à cette génération d’après les idéologies qui ne croit plus aux mythes du progrès, en particulier ­social. Ce qui était déjà le cas, note-t-il dans le cata­logue d’Interpretation – un des premiers projets phares de Reynaud Dewar, présenté à la Kunsthalle de Bâle en 2010 – de Sun...


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                                                Par                                                    Eric Loret (Collaborateur du "Monde des livres")














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                            Philippe-Jean Catinchi

















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Les exemplaires sont fatigués, défraîchis par les manipulations et les consultations répétées. Pourtant, celles et ceux qui s’en sont servis au fil de leurs études, d’histoire comme de sciences politiques, ne s’en sont pas séparés. Mieux, ils ont tenu à les apporter pour les faire dédicacer. Voilà une situation que Pierre Milza et Serge Berstein ont connue à de multiples reprises. Et quand on songe qu’il s’agit le plus souvent de simples manuels universitaires, on mesure la singularité de la situation. Rigueur, clarté, souci de la nuance et de l’équilibre, ces « outils » résistent au temps. Et ­Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure à Paris-VIII dont Pierre Milza dirigea la thèse, y voit toujours parmi les « meilleures synthèses pour appréhender l’histoire contemporaine ».
A ses yeux, « par leur façon très large d’embrasser les séquences chronologiques », Milza et Berstein sont « les pionniers d’une histoire globale » – encore à venir quand ils inaugurent leur collaboration dans les années 1970, mais dont l’ouverture préfigure l’aspiration à une vision totale, sans discrimination ni priorité sélective. Et de fait, aujourd’hui encore, c’est par la lecture préliminaire de leur Histoire du XXe siècle (Hatier, 1990), sans cesse rééditée et mise à jour depuis plus d’un quart de siècle, que ­Marie-Anne Matard-Bonucci s’apprête à recommander aux étudiants qui préparent les concours d’aborder la question au programme : « Culture, ­médias, pouvoirs aux Etats-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991 »…

Des livres qu’ils cosignent – tous ne sont pas des manuels –, on peinerait à déterminer ce que l’on doit à l’un ou l’autre de ces deux historiens s’ils n’avaient chacun leurs domaines de prédilection. A Berstein, le champ politique, l’économie et la sphère nationale ; à Milza, les relations internationales, le social et le culturel. Il existe une telle symbiose entre eux, un tel partage...


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Milza & Berstein : une mystérieuse alchimie
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                                                Par                                                    Philippe-Jean Catinchi














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.
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Hommage à un passeur de frontières

Introduction d’un volume d’hommage à Pierre Milza, disparu le 28 février.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 16h00
   





                        



                                


                            
Disparu le 28 février, Pierre Milza laisse ­inconsolables celles et ceux qui ont collaboré avec lui à une vision plurielle du monde contemporain. L’introduction d’un volume d’hommage à l’historien, publié en 2014 par une vingtaine de chercheurs ayant soutenu leur thèse sous sa direction, en rappelle l’engagement et la force.
« Durant toute sa carrière, Pierre Milza a été un passeur de frontières dans toutes les acceptions du mot, géographique et linguistique, acadé­mique et thématique. Le Centre d’histoire du XXe siècle a largement contribué au renouveau de l’histoire politique. Aux côtés de l’ami fidèle Serge Berstein, et d’autres collègues, il en a fait un lieu ouvert, tissant des liens avec de multiples universités françaises et étrangères dans un esprit pluraliste. Avec Daniel Roche, il a su, à travers la Revue d’histoire moderne et contemporaine, mettre en valeur les renouveaux d’une historiographie nationale et internationale. Pionnier dans de nombreux champs de recherche, directeur de thèses libéral et généreux, il est aussi un pédagogue – comme l’attestent ses manuels – et un vulgarisateur au meilleur sens du terme, auteur d’ouvrages conçus selon des critères scientifiques incontestables mais accessibles aux non-spécialistes. Homme d’engagement, il s’efforce dans ses écrits ou ses inter­ventions publiques de démonter et de nuancer les représentations clivées et les clichés stériles.
Bataillant, par exemple, dès la fin des années 1980, contre l’idée d’une prétendue facilité de l’intégration de l’ancienne immigration (notamment celle des Italiens), véhiculée à tort par les discours différentialistes au sujet des immigrés. Insistant, encore aujourd’hui, sur le risque d’un usage politique du mot “fascisme”, détournant des véritables menaces pesant sur la démocratie. S’opposant, avec d’autres, aux lois mémorielles au nom d’une indépendance de l’historien. D’Italie et d’ailleurs, à ses côtés, ses élèves et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.
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                Jean Claude Ameisen : «  Permettre à chacun d’accéder à la liberté  »


Bon courage ! 3|6. Il n’est pas ici question d’héroïsme, mais de cette vertu qui fait tenir au quotidien. Cette semaine, le médecin Jean Claude Ameisen convoque le courage collectif de la société face au handicap.

Le Monde
                 |                 28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 11h09
                 |

            Catherine Vincent

















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Médecin, chercheur, directeur du Centre d’études du vivant (Institut des humanités, sciences et société - université Paris-Diderot), Jean Claude Ameisen a été président du Comité consultatif national d’éthique de 2012 à 2016.

Avoir du courage face au handicap, qu’est-ce que cela signifie ?
C’est faire face, jour après jour, aux difficultés, à la souffrance, à la détresse et à l’angoisse liées à la situation de handicap. Il faut du courage pour affronter l’isolement, l’indifférence, l’exclusion. Pour vivre dans une société qui ne tient pas compte de votre singularité et de vos besoins particuliers. Il faut du courage aux proches, qui font face à la solitude et à l’épuisement pour apporter, chaque jour, l’amour, l’affection et le soutien indispensables, et pallier le manque cruel d’aide humaine, matérielle et professionnelle, notamment pour les soins infirmiers et l’accompagnement au jour le jour.
Il faut du courage aux associations, aux familles et aux bénévoles pour combattre sans cesse, et si souvent en vain, afin qu’enfants et adultes puissent accéder à leurs droits fon­damentaux : le droit à une scolarisation, à un logement adapté, le droit d’aller et venir dans les lieux et transports publics, le droit à une formation, à un emploi, aux soins, à la culture, à une vie affective et sexuelle. Le droit de vivre avec les autres, parmi les autres, et de ne pas être relégué aux marges de la société.
On estime qu’il y a, en France, 12 millions de personnes en situation de handicap, et 8 millions de proches aidants. Plus que du courage, c’est un héroïsme quotidien – et méconnu – qui leur permet de tenter de ne pas sombrer, de ne pas s’effondrer.
Ce courage au quotidien concerne-t-il aussi les aidants professionnels ?
Il les concerne d’autant plus que les soignants sont en nombre insuffisant, débordés, épuisés et en burn-out. C’est aussi le cas des aides de vie à domicile et des auxiliaires...


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Jean Claude Ameisen : «  Permettre à chacun d’accéder à la liberté  »
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Catherine Vincent
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Etats-Unis - UE, un armistice commercial ambigu

Editorial. Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont conclu, le 25 juillet, un accord qui apaise provisoirement les tensions. Mais les éléments de cette négociation laissent dubitatif.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.07.2018 à 14h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Un répit et plus si affinités. Lorsque le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est envolé pour Washington afin de tenter de désamorcer l’escalade vers la guerre commerciale enclenchée par Donald Trump, il ne s’attendait sans doute pas à obtenir autant de l’impulsif président américain. Pour la première fois depuis le début de la crise, les Etats-Unis ont accepté, le 25 juillet, de modérer le ton et de troquer les ultimatums contre des discussions en bonne et due forme. Si cette accalmie est bienvenue, ses modalités restent encore très floues. L’Europe doit rester prudente face à ce qui s’apparente plus à un compromis tactique de la part de M. Trump qu’à un changement radical de stratégie.
L’Europe a accepté d’ouvrir des discussions en vue d’éliminer les barrières commerciales transatlantiques, s’est engagée à acheter plus de soja et de gaz naturel américains, et, en contrepartie, a obtenu l’assurance que Washington reverrait sa position sur les taxes ­concernant l’acier et l’aluminium, et renoncerait, dans un premier temps, à frapper le secteur automobile. Les éléments de cette négociation ont de quoi laisser dubitatif.

        Lire aussi :
         

                Accord commercial entre Washington et Bruxelles : Trump exulte, Macron temporise



D’abord, contrairement à la ligne adoptée jusque-là, l’UE donne le sentiment d’accepter de discuter « avec un pistolet sur la tempe ». En ramenant les Européens à la table des négociations sans avoir accepté comme préalable de retirer les taxes sur l’acier et l’aluminium décidées fin juin en toute illégalité, M. Trump marque un point. La France a pris ses distances avec cette approche, qui risque d’entraîner l’UE sur le terrain du président américain sans avoir rien obtenu de concret.
Par ailleurs, les termes de cette négociation se heurtent aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les accords préférentiels. Ce serait un nouveau coup de canif donné au multilatéralisme, que M. Trump voue aux gémonies. Enfin, annoncer des négociations avec le seul pays qui a quitté l’accord de Paris sur le climat ne fait qu’affaiblir un peu plus cet accord.
Calculs de court terme
Les promesses de l’UE paraissent difficilement tenables. Le gaz américain coûte deux fois plus cher que le gaz russe, et il faudrait que les Européens se dotent de coûteuses infrastructures pour pouvoir changer leurs sources d’approvisionnement. Quant au soja, c’est un sujet qui dépend des marchés agricoles mondiaux, pas d’un accord politique. Les Européens en achèteront aux Américains s’il est compétitif et en fonction de leurs besoins, pas pour faire plaisir aux agriculteurs du Midwest.
La déclaration d’intention signée à Washington semble répondre à des calculs de court terme. La politique commerciale de M. Trump commence à provoquer la grogne des agriculteurs, de certains industriels et d’élus du Parti républicain. Le président avait besoin de faire retomber la pression. D’autre part, ce rapprochement avec l’UE peut être vu comme un moyen d’isoler la Chine, qui reste son principal sujet de préoccupation.
De son côté, M. Juncker obtient un sursis sur l’automobile, à la grande satisfaction de l’Allemagne. C’est un deuxième point pour M. Trump, qui parvient à entretenir les divisions au sein de l’UE. Celle-ci n’est pas à l’abri d’un nouveau revirement américain. Gagner du temps comme elle vient de le faire n’est qu’un pis-aller. Les Européens doivent poursuivre leur objectif de long terme : réinventer un multilatéralisme renforcé mais plus équitable, dans le cadre de l’OMC, avec ou sans les Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

                Trump et Juncker signent un armistice commercial, à la surprise générale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.
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« La paix est mise à rude épreuve aux Comores sous nos yeux impuissants »

L’historien Omar Mirali dénonce, dans une tribune au « Monde », la nature inconstitutionnelle d’un vote qui appelle aux urnes les Comoriens le 30 juillet pour se déterminer en faveur ou non de la limitation des mandats présidentiels.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 08h46
    |

Omar Mirali (Professeur d'histoire à Aulnay-sous-Bois)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un communiqué du 25 juillet, le ministère français des affaires étrangères recommande à ses ressortissants de faire preuve d’une vigilance accrue dans les jours qui précèdent et suivent le référendum du 30 juillet. Ce communiqué précise par ailleurs que ce scrutin est susceptible d’engendrer une dégradation des conditions de sécurité publique.
En février dernier, la société civile, par l’intermédiaire de M. Ahmed Ali Bazi, à la tête de l’UCCIA (Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture des Comores), avait sollicité le président Azali Assoumani pour la tenue d’assises nationales inclusives pour faire le bilan des quarante-trois années d’indépendance des Comores. Des recommandations ont été soumises au président Azali et c’est sur la base de ces recommandations que celui-ci a décidé de convoquer le référendum constitutionnel du 30 juillet.

Seulement, la tenue de ce référendum pose problème pour au moins deux raisons. D’abord, parce que les assises nationales desquelles découle ce projet de référendum étaient exclusives malgré ce que la société civile avait proposé, l’opposition en étant écartée tout comme la diaspora qui ne comptait aucun représentant. Deuxièmement, ce référendum a été convoqué en dehors de tout juge électoral.
Un article sans ambiguïté
A quatre jours du référendum, les Comores ne disposent plus de juge électoral. En effet, le président Azali a suspendu la Cour constitutionnelle en transférant ses compétences à la Cour suprême dont les juges sont nommés exclusivement par décret présidentiel. Une façon pour le président d’avoir le contrôle du scrutin ?
Pour toucher à ces dispositions constitutionnelles, le président n’a pas eu recours à un référendum et n’en a même pas informé le peuple. Il a juste signé une décision présidentielle – ce n’est même pas un décret – disant que les compétences de la Cour constitutionnelle ont été transférées, provisoirement, à la Cour suprême...




                        

                        


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<filnamedate="20180730"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180730"><AAMMJJHH="2018073019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ A ceux qui prétendent que l’amende record infligée au géant américain par la commission européenne relève de motivations politiques, Léonidas Kalogeropoulos, délégué général de l’Open Internet Project (OIP), répond, dans une tribune au « Monde », qu’il s’agit bien de raisons économiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Amende Google : « La concurrence, ce n’est pas la loi du plus fort »

A ceux qui prétendent que l’amende record infligée au géant américain par la commission européenne relève de motivations politiques, Léonidas Kalogeropoulos, délégué général de l’Open Internet Project (OIP), répond, dans une tribune au « Monde », qu’il s’agit bien de raisons économiques.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 07h38
    |

                            Léonidas Kalogeropoulos (Délégué général de l’Open Internet Project (OIP)








                        



                                


                            
Tribune. L‘amende infligée à Google est justifiée économiquement ! Par une tribune intitulée « L’amende infligée à Google relève de motivations politiques » et parée des vertus académiques de son auteur, Francesco Martucci, professeur à l’Université Panthéon-Assas, les lecteurs du Monde du 25 juillet pourraient presque s’apitoyer sur le sort réservé à la firme de Mountain View, dont la capitalisation boursière a bondi de 25,5 %, avec un résultat d’environ 875 milliards de dollars, malgré l’amende de 4,3 milliards d’euros infligée par la commission européenne le 18 juillet.
Le contempteur d’une décision qui sanctionne des pratiques déloyales constatées depuis 2011, soit plus de sept ans, observées par l’instruction d’une première plainte introduite dès 2013, ayant bloqué artificiellement l’émergence de toute alternative en Europe du moteur de recherche de Google, passe curieusement sous silence ce en quoi une pratique est constitutive d’un « abus » de position dominante, pour prétendre que Google n’aurait été sanctionnée que pour punir l’entreprise d’être puissante, sur fond de tensions entre l’Europe et les Etats-Unis.

Bien entendu, les pratiques condamnées sont bien concrètes et précises, et il suffit pour s’en convaincre de constater que de très nombreux fabricants de terminaux mobiles auraient souhaité proposer le moteur européen Qwant à leurs consommateurs. Sauf que pour pouvoir utiliser le système d’exploitation Android et afin de faire fonctionner le terminal (80 % des systèmes d’exploitation utilisés en Europe), il faut accorder une exclusivité à l’utilisation du moteur de recherche de Google, qui, par de tels mécanismes de vente liée, parvient à représenter plus de 90 % de parts de marché des moteurs de recherche en Europe.
Abus de position dominante
La vente liée pratiquée entre des acteurs dominants à plus de 80 ou 90 % liées entre eux sous l’égide de la même maison mère, Alphabet, est effectivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Parce qu’il n’y a pas eu intention de l’Etat de commettre un acte délictieux, il n’y a pas d’affaire d’Etat, explique au « Monde », le philosophe.
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Philippe Raynaud : « L’affaire Benalla n’est pas une affaire d’Etat »

Parce qu’il n’y a pas eu intention de l’Etat de commettre un acte délictieux, il n’y a pas d’affaire d’Etat, explique au « Monde », le philosophe.



Le Monde
 |    28.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 17h43
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Entretien. Professeur de science politique à l’université Paris II-Panthéon-Assas [où il enseigne la philosophie politique], Philippe Raynaud a publié de nombreux ouvrages, dont L’Esprit de la Ve République (Perrin, 2017) et Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée (Desclée de Brouwer, 200 pages, 17 euros). [Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et lauréat du prix Alexis de Tocqueville en 2014], il explique pourquoi l’affaire Benalla n’est pas, selon lui, une affaire d’Etat.
L’affaire Benalla est-elle une affaire d’Etat ?
Une affaire d’Etat est une affaire lors de laquelle les plus hautes autorités sont accusées d’avoir autorisé des actes considérés comme illégaux, en général au nom de la raison d’Etat, qui, elle-même, peut-être interprétée de façon plus au moins extensive. Dans l’affaire du Rainbow-Warrior, par exemple, le ministre de la défense, Charles Hernu, avait ordonné, avec l’autorisation de François Mitterrand, le coulage du navire de l’organisation écologiste Greenpeace par les services secrets français, le 10 juillet 1985. On peut aussi ajouter les écoutes téléphoniques ordonnées par François Mitterrand. Or, ce n’est pas du tout le cas avec l’affaire Benalla, lors de laquelle un chargé de mission a fait une faute regrettable, certes, mais aucunement commanditée par l’Elysée. Même s’il a été autorisé à assister à la manifestation du 1er-Mai avec les forces de l’ordre, aucun responsable de l’Etat ne lui a demandé de jouer à Rambo place de la Contrescarpe, à Paris. Il s’agit d’une crise politique qui devient une « affaire d’Etat » si l’on entend par là que le sommet de l’Etat est touché, mais elle n’est aucunement comparable avec le Watergate, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, qui serait bien avisé d’être aussi soucieux des abus de pouvoir au Venezuela.
Emmanuel Macron se présentait comme le héros du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Démocraties fatiguées 1/6. Le philosophe Jürgen Habermas enjoint à Angela Merkel de saisir les propositions d’Emmanuel Macron pour sortir l’Europe de la régression économique et politique dont les populismes sont le symptôme.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Delon en six films cultes (6/6). A la fois acteur et producteur, Alain Delon s’implique totalement, en 1976, dans le rôle d’un marchand d’art, pris pour un juif et déporté après la rafle du Vél d’Hiv.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.
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Infractions fiscales : une réforme équilibrée

Editorial. Si le projet de loi sur la fraude fiscale en discussion à l’Assemblée devrait toujours permettre à un contrevennant d’éviter un procès, il a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 11h34
   





                        


Editorial du « Monde ». Certains verrous sont plus difficiles à faire sauter que d’autres, surtout quand ils sont anciens. Voilà près d’un siècle, depuis la loi de 1920 sur la pénalisation de la fraude fiscale, que l’administration des finances gardait jalousement le monopole du déclenchement des poursuites pénales contre les fraudeurs.
Au fil du temps, les oppositions à ce système se sont multipliées, dénonçant son opacité et le suspectant de ne pas suffisamment garantir l’équité entre les contribuables. Leur but : faire sauter le « verrou de Bercy ». La réforme en cours de discussion au parlement montre que le vieux mécanisme sait encore opposer une certaine résistance aux tentatives d’effraction.
L’adoption, le 25 juillet, par la commission des finances de l’Assemblée nationale d’un amendement au projet de loi sur la fraude fiscale met de l’huile dans les rouages pour dégripper le verrou de Bercy, sans toutefois le faire sauter totalement. La réforme a le mérite de trouver un équilibre entre exigence de transparence et nécessité d’efficacité.

        Lire aussi :
         

                Les députés s’apprêtent à entériner le démembrement du « verrou de Bercy »



Jusqu’à présent, seule l’administration fiscale pouvait transmettre un dossier au parquet, sur avis conforme de la commission des infractions fiscales (CIF). Cette prérogative était justifiée par la volonté d’optimiser le recouvrement des infractions. En clair, une bonne négociation vaut mieux qu’une procédure judiciaire longue et aléatoire.
La règle du « non bis in idem », qui implique qu’un contribuable ne peut-être sanctionné deux fois, par l’administration et par la justice, prive de fait cette dernière d’intervenir dans l’immense majorité des affaires. Sur les 15 000 dossiers se traduisant par de lourdes pénalités, seul un millier est ainsi transmis à la CIF, avant que le parquet ne soit saisi dans 95 % de ces cas.
Une attente légitime
Mais la multiplication des scandales d’évasion fiscale et de fraude au sortir de la crise financière n’a fait que souligner l’incohérence qui pouvait parfois exister entre la gravité du délit et le régime dérogatoire autorisé par le verrou de Bercy. De ce point de vue, l’affaire Cahuzac a été emblématique. La justice n’avait pu lancer des poursuites contre l’ex-ministre du budget que par un moyen détourné : pour blanchiment de fraude fiscale et non simple fraude fiscale.
La réforme répond à cette attente légitime en obligeant désormais à transmettre les dossiers les plus graves à la justice (au-delà de 100 000 euros, notamment), selon des critères définis par la loi. Par ailleurs, le juge pourra lui-même se saisir, s’il découvre un cas de fraude connexe en enquêtant sur une première affaire. Enfin, c’est désormais le parquet qui examinera l’opportunité des poursuites, mettant ainsi fin à cette situation où l’administration se substituait à lui.
En théorie, la réforme devrait permettre un doublement du nombre de dossiers qui sont adressés à la justice. Certains estiment que les avancées sont trop timides, pointant notamment le fait que le contrevenant pourra toujours plaider coupable et éviter ainsi un procès grâce à un règlement financier à l’amiable.
L’argument est recevable, mais, en même temps, il aurait été inconséquent de basculer dans une juridicisation à tous crins. Permettre au parquet d’engager mécaniquement des poursuites sans plainte préalable de l’administration aurait exposé au risque de saisir le juge pénal d’un nombre excessif de petites affaires, alors que les tribunaux sont déjà surchargés. Le pragmatisme l’a emporté. Le verrou est mort, vive le verrou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.
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AMLO ou la « quatrième transformation du Mexique »

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Mexico, le temps presse pour le président élu, Andres Manuel Lopez Obrador, de mettre en application son ambitieux programme réformateur car les Mexicains attendent des changements tangibles.



Le Monde
 |    27.07.2018 à 10h30
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. Début juillet, Andres Manuel Lopez Obrador a provoqué un tsunami électoral au Mexique. L’ancien maire de Mexico (2000-2005), que l’on surnomme par ses initiales, « AMLO », a remporté la présidentielle avec 53 % des suffrages. Son Mouvement de régénération nationale (Morena) a aussi décroché une majorité absolue au Congrès. Cette victoire écrasante marque un virage à gauche inédit depuis trois décennies.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un état interventionniste, redistributeur des richesses
Le président élu ne prendra ses fonctions que le 1er décembre. Mais AMLO a déjà annoncé son ambitieux programme réformateur. Il promet la « quatrième transformation du Mexique », après l’indépendance de 1810, la réforme (instaurant la laïcité) de 1857 à 1861 et la révolution de 1910.
Ce sexagénaire à la fibre sociale représente une « gauche nationaliste » qui prône un Etat interventionniste, redistributeur des richesses. Son projet prévoit de combattre les inégalités criantes provoquées par les politiques néolibérales instaurées depuis trente ans par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre, au pouvoir) et le Parti action nationale (PAN, droite).
Sa priorité est la lutte contre la corruption qui permettrait de récupérer 500 milliards de pesos (22,8 milliards d’euros) par an. Le tout associé à un programme d’austérité, incluant une réduction drastique des salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien, pour collecter entre 200 et 300 milliards de pesos. Ces sommes seraient allouées au développement du marché intérieur, à la hausse de salaire minimum (88 pesos par jour actuellement, soit 4 euros), à des programmes sociaux et à la gratuité de la santé et de l’éducation. Des projets qui assureraient, sans hausse des impôts ni de la dette publique, une croissance de 4 % à 6 %, contre 2 % en moyenne ces six dernières années,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les affinités végétales 3|6. Penseurs ou écrivains, ils racontent leur relation à une plante. Cette semaine, l’historien Romain Bertrand évoque un souvenir d’adolescence venu de l’autre bout du monde et la pauvreté des mots à dresser un portrait fidèle de la nature.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/07/2018
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Raffaele Simone : « Le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple »

L’affaire Benalla montre qu’il était imprudent pour Macron de se présenter en champion du « nouveau monde », estime l’essayiste italien dans une tribune au « Monde »



Le Monde
 |    27.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
29.07.2018 à 17h56
    |

                            Raffaele Simone (Professeur de linguistique, essayiste)








                        



                                


                            

Tribune. Bien qu’elle semble constituer un épisode isolé, l’affaire Benalla, qui devient de plus en plus l’affaire Macron, suscite diverses réflexions sur le modèle démocratique et sur le contrôle du pouvoir. Les faits principaux sont assez simples : un jeune homme, jusque-là inconnu, œuvre comme « conseiller en sécurité » du président de la République sans avoir reçu – semble-t-il – de formation spécifique. Il escorte et accompagne le chef de l’Etat en toutes circonstances.
En échange de ce service, il obtient avec une rapidité incroyable des privilèges féodaux : un grade militaire disproportionné (il est fait lieutenant-colonel à l’âge de 26 ans), un appartement de fonction dépendant du palais de l’Elysée, un salaire important, une voiture avec chauffeur et… les insignes de la police (usurpés, puisqu’il n’est pas policier). Il les endosse pour s’adonner à une sorte de hobby sinistre : se déguiser en agent et cogner, à loisir, des manifestants du 1er-Mai.

Or, cette montagne d’abus n’a pas été découverte par le président, que cet homme accompagne pourtant partout, à un mètre de distance, et qui ne peut donc pas ne pas le connaître. C’est Le Monde qui a révélé l’affaire, le mercredi 18 juillet, en réunissant des preuves accablantes.
L’opposition s’insurge. Le président, en revanche, attend le 20 juillet pour licencier le jeune homme et se contente d’annoncer, dans un premier temps, que « les coupables seront punis ». Quand il se décide enfin à parler, il commet une erreur monumentale : il introduit, dans le discours public, la question explosive des préférences sexuelles du chef de l’Etat, laissant ainsi libre cours à une discussion dont la conclusion est imprévisible. Comme si cela ne suffisait pas, il défie l’opinion publique (« qu’ils viennent me chercher ! »).
Promesses imprudentes
Les deux enquêtes en cours (parlementaire et judiciaire) apporteront d’autres éléments...




                        

                        

