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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Un tremblement de terre de magnitude 6,4 a provoqué des glissements de terrain et des coulées de boue. Nous avons pu joindre la journaliste Camille Gicquel, présente sur place.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Rejet des cosmétiques dangereux et volonté de créer leurs propres canons de beauté : de nombreuses Burkinabées disent adieu au défrisage.
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Reportage

A Ouagadougou, le crépu n’effraie plus

Rejet des cosmétiques dangereux et volonté de créer leurs propres canons de beauté : de nombreuses Burkinabées disent adieu au défrisage.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 30.07.2018 à 17h18

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        Mis à jour le 30.07.2018 à 18h34






    
Barakissa Fofana dans son salon de coiffure, Black and Kpata (« noire et belle », en nouchi, l’argot ivoirien), à Ouagadougou.
Crédits : Sophie Douce


« Attends je me peigne, il faut mettre mon afro en valeur ! » Sa chevelure crépue, Barakissa Fofana en est fière : elle la porte ainsi depuis dix ans maintenant. Dernier regard dans le miroir, énième coup de brosse et grand sourire. « Voilà ! » s’exclame-t-elle devant la glace de son petit salon de coiffure encombré de lotions et d’accessoires capillaires, à Saaba, un quartier périphérique de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Bienvenue chez Black and Kpata (« noire et belle » en nouchi, l’argot ivoirien), où le cheveu crépu est roi. Pour Barakissa Fofana, pas question de lissage, de défrisage ou de fausses mèches. Elle se revendique nappy (contraction de « natural and happy », « naturelle et heureuse » en anglais), une tendance née au début des années 2000 aux Etats-Unis.

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                « Les femmes noires savent que le défrisage est dangereux, mais la pression est trop forte »



Cette Ivoirienne de 35 ans, coupe afro, tailleur noir et hauts talons orange, raconte son déclic : « Un jour, j’ai voulu me défriser, mais le produit dont je me suis servie m’a complètement brûlé le crâne. Après cet accident, j’ai commencé à faire des recherches sur le cheveu africain, comment l’entretenir et le soigner. » Elle a monté son salon, l’un des rares spécialisés dans le nappy à Ouagadougou, en 2015. « Beaucoup de femmes pensent qu’entretenir une chevelure crépue est compliqué et prend du temps, mais on peut s’amuser avec sans la détruire en utilisant des produits toxiques ! » prêche-t-elle, tout en concoctant un baume à base de beurre de karité, d’huile d’avocat et d’aloe vera.
Des produits à base d’acide et de soude
« Afro puff », « vanilles » (nattes torsadées) ou encore « dreads », les coiffures dites nappy, inspirées de styles traditionnels, s’affichent peu à peu dans les rues de la capitale. « Les Burkinabées sont de plus en plus créatives. Depuis quelques années, il y a une prise de conscience que certains produits peuvent être dangereux pour la santé », observe Mina Touré, styliste de 25 ans qui a lancé en 2015 le festival Nappy Days, où se mêlent conférences, ateliers et vente de cosmétiques.
Dans les boutiques de la ville, extensions capillaires et kits de défrisage pour adultes ou enfants trônent pourtant sur les étals à côté des crèmes éclaircissantes pour la peau. « Lissage soyeux », « cheveux plus longs » promettent ces lotions « miracles ». Problème : la plupart d’entre elles contiennent des composants dangereux, tels que de l’acide thioglycolique, également présent dans les crèmes dépilatoires, ou même de la soude caustique, utilisée pour briser les molécules de kératine et rendre la fibre raide. Une étude publiée en 2012 dans l’American Journal of Epidemiology par des chercheurs de l’université de Boston pointe d’ailleurs un possible lien entre l’emploi de produits défrisants, contenant des perturbateurs endocriniens, et l’apparition de fibromes utérins.

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Si la relation de cause à effet dans ce domaine reste à prouver, l’usage de ces cosmétiques n’est pas sans conséquences. Au salon Black and Kpata, Inès Zongo, une cliente de 21 ans, tresses sur la tête, témoigne : « Avant, je faisais un défrisage au moins une fois par mois, mais ça détruisait mon cuir chevelu. » A côté d’elle, Stéphanie Zongo, 29 ans, animatrice à la télévision burkinabée, dresse le même constat : « J’ai décidé de ne plus me lisser les cheveux il y a trois ans pour arrêter les dégâts, ça me brûlait le crâne et je les perdais. Pourquoi continuer à supporter cette torture ? » Mais pour cette vedette du petit écran, assumer du jour au lendemain son nouveau look sur les plateaux n’a pas été simple. « Je me rappelle la première fois où je suis arrivée avec ma coupe afro, on m’a dit : ‘‘Tu vas te coiffer ? On est à la télé quand même, tu ne vas pas passer avec cette tête !’’ » rapporte la jeune femme au crâne surplombé d’un haut chignon crépu.
« Africaine et fière de l’être ! »
La mode du cheveu lisse, calquée sur les canons de beauté occidentaux, a la vie dure au Burkina Faso. A la télévision, sur les pancartes publicitaires ou dans les magazines, la femme est souvent représentée avec la même silhouette : corps galbé, peau claire et cheveux lissés. « On a grandi avec ces images. Depuis qu’on est toutes petites, on nous dit qu’il faut avoir les cheveux raides, que le crépu fait négligé. Le nappy a été une libération pour moi, je me sens belle comme ça », confie Mina Touré, promotrice d’un « nouveau départ capillaire ».
« Dès l’enfance, on trouve nos boucles “rebelles”, on souffre quand on nous les brosse : déjà, notre chevelure devient une contrainte. Quand tu es défrisée, par contre, tu deviens “belle”, voilà tout ce qu’on enseigne aux petites filles. Il y a un problème d’estime de soi, la femme noire se déprécie », pointe Hortense Atifufu, 37 ans, alias Hada Hada sur les réseaux sociaux. Elle est l’une des premières à avoir introduit le nappy dans le pays, il y a sept ans, après avoir observé l’émergence du mouvement au sein de la diaspora en Europe. Pour elle, retrouver sa « vraie » nature de cheveux est une manière de se réconcilier avec son « africanité ».

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« Il faut nous assumer telles que nous sommes. Je suis Africaine et fière de l’être ! » abonde Barakissa Fofana, qui a dû faire face à la réticence de son fiancé lorsqu’elle a adopté une coupe afro. Pour Dalila Yaro, étudiante de 23 ans et cofondatrice des Nappy Days, la démarche est aussi « politique ». « Couper mes cheveux, c’était une manière de m’affirmer, de faire ce que je veux : je n’ai jamais aimé les tresser ni les lisser. A travers ce geste, j’encourage les filles à prendre confiance en elles et à prendre conscience de la beauté de la femme noire », explique cette influenceuse engagée dans la lutte contre la dépigmentation.
Icône du mouvement nappy en France, Juliette Sméralda, sociologue martiniquaise et auteure de Peau noire, cheveu crépu : L’histoire d’une aliénation (éd. Jasor, 2005), analyse : « Les femmes noires vivent dans un monde qui les ostracise. Du fait qu’elles subissent discriminations et rejets, elles ont des difficultés à être libres dans leur corps. La soumission aux diktats des canons esthétiques occidentaux explique le rapport complexe et conflictuel qu’elles entretiennent avec leurs cheveux. »





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Samy Cohen soutient que la loi de l’Etat-nation, votée par la Knesset, le 19 juillet, représente une « régression démocratique » qui bafoue la déclaration d’indépendance de 1948.
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Samy Cohen : « La loi de l’Etat-nation permet aux élites nationalistes et religieuses de prendre leur revanche »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Samy Cohen soutient que la loi de l’Etat-nation, votée par la Knesset, le 19 juillet, représente une « régression démocratique » qui bafoue la déclaration d’indépendance de 1948.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 17h07
    |

                            Samy Cohen (directeur de recherche émérite à Sciences Po/CERI)








                        



                                


                            
Tribune. Comment comprendre la loi de l’Etat-nation ? Pourquoi maintenant ? Le projet a émergé en 2011, porté par Avi Dichter, un député du parti Kadima qui a fini par rejoindre le Likoud. Il définit l’Etat d’Israël comme le « foyer national du peuple juif qui réalise son aspiration à l’autodétermination conformément à son patrimoine culturel et historique ». Ce projet, maintes fois retouché, n’est pas anodin. Il donnait priorité à la dimension juive de l’Etat au détriment de sa dimension démocratique. Il permettait notamment aux habitants de localités juives situées dans des zones mixtes, juives et arabes, comme la Galilée, de récuser des candidats à l’acquisition d’un droit de résidence s’ils n’étaient pas juifs.

Devant le tollé suscité par de telles dispositions, c’est une version édulcorée qui a été finalement votée le 19 juillet, définissant l’Etat d’Israël comme le « foyer national du peuple juif dans lequel il réalise son droit naturel, culturel, historique et religieux à l’autodétermination », un droit qui est « propre au peuple juif ». La loi stipule plus modestement que l’Etat « agira pour encourager et promouvoir » l’établissement et la consolidation de « communautés juives », un objectif de « valeur nationale ». Elle définit Jérusalem comme la capitale « entière et unifiée » d’Israël.
Mais même amendée, cette loi constitue une régression démocratique de taille. Aucune mention n’est faite des droits de l’homme, de la protection des minorités, des principes d’égalité et de liberté d’expression, au mépris de la Déclaration d’indépendance de 1948, qui proclame sa volonté de garantir « l’égalité et la pleine liberté d’opinion et de culte à tous ses citoyens, sans distinctions de race, de sexe et de croyance ». Cette loi rompt l’équilibre délicat qui s’était instauré autour de la définition de l’« Etat juif et démocratique »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’amour au front (2/6). En plein siège de la capitale bosnienne, Bojan Hadzihalilovic et Dalida Durakovic décident d’unir leurs destins au cours de l’hiver 1993. C’est la première fête depuis le début de l’horreur.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les producteurs américains sont touchés par la hausse des produits importés. Depuis le début de l’année, le prix de l’acier a augmenté de 33 %, celui de l’aluminium de 11 %.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La guerre commerciale commence à pénaliser les Etats-Unis

Les producteurs américains sont touchés par la hausse des produits importés. Depuis le début de l’année, le prix de l’acier a augmenté de 33 %, celui de l’aluminium de 11 %.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 14h00
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Les amandes de Californie sont frappées à leur tour. Pas par les incendies ou un dangereux parasite, mais par la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. Victimes des droits de douane de 50 % imposés par les Chinois. Pékin mène la guerre sérieusement : elle a fermé un « trou » dans sa réglementation qui permettait jusqu’à présent d’importer semi-légalement en franchise de droit les amandes via le Vietnam et s’approvisionne désormais en Australie ou en Afrique. Conséquence, les Américains qui sont de très loin les premiers producteurs au monde subissent une chute des prix de 10 %, incapables d’écouler leur production.
Selon le Wall Street Journal, cerises de Californie et citrons de Floride subissent désormais des délais avant d’être dédouanées dans les ports chinois. Quant aux véhicules Ford, il serait question de les démonter pour examiner leurs composants à Tianjin, le port de Pékin.
La guerre commerciale frappe les exportateurs américains, essentiellement les agriculteurs, victimes des rétorsions étrangères. Mais aussi les producteurs, touchés par la hausse des produits importés dont ils ont besoin pour fournir leur marché national, à commencer par l’acier et l’aluminium. Depuis le début de l’année, les prix de ces matières essentielles ont progressé respectivement d’un tiers et de 11 %.

Toutes les industries augmentent leurs tarifs
L’entreprise Whirlpool, qui fut aux premières loges de la guerre commerciale en obtenant une taxation des lave-linge en janvier, n’en finit pas de descendre aux enfers : son cours de Bourse a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis janvier. Plus fondamentalement, toutes les industries augmentent leurs tarifs, mettant à mal la légende selon laquelle l’acier et l’aluminium représentent une part minime du prix final payé par le consommateur. Les entreprises ont augmenté de 3,4 % leurs dépenses et répercutent en partie ces hausses sur les consommateurs (l’inflation est 2,9 %).
Tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Au pouvoir depuis le départ forcé de son prédécesseur, Emmerson Mnangagwa compte sur ce scrutin pour acquérir une légitimité.
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Compte rendu

Les Zimbabwéens votent pour les premières élections depuis la chute de Mugabe

Au pouvoir depuis le départ forcé de son prédécesseur, Emmerson Mnangagwa compte sur ce scrutin pour acquérir une légitimité.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 30.07.2018 à 12h12

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        Mis à jour le 30.07.2018 à 14h00






    
Des électeurs patientent devant un bureau de vote de Harare, capitale du Zimbabwe, le 30 juillet 2018.
Crédits : SIPHIWE SIBEKO / REUTERS


Les Zimbabwéens votaient, lundi 30 juillet, lors des premières élections générales depuis la chute du président Robert Mugabe en novembre 2017 après trente-sept ans de pouvoir. Ces élections historiques étaient organisées dans un climat de suspicion de fraude.
Vingt-trois candidats, un record, sont en lice pour la présidentielle, organisée en même temps que les législatives et les municipales. La course pour la fonction suprême se joue entre l’actuel chef de l’Etat, Emmerson Mnangagwa, patron de la Zimbabwe African National Union-Patrioc Front (ZANU-PF – « Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique »), parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe, en 1980, et l’opposant Nelson Chamisa, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

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De longues files d’attente se sont formées, très tôt lundi matin, devant de nombreux bureaux de vote de la capitale, Harare. « J’espère un nouveau Zimbabwe [qui] offre des opportunités égales pour tous, a déclaré Lalita Mtetwa, une diplômée de 30 ans au chômage. On a des millions de personnes éduquées sans emploi et vivant dans la pauvreté, seuls les riches sont dans une meilleure position. »
« On n’est pas harcelés comme du temps de Mugabe »
« Donnons sa chance » à Emmerson Mnangagwa, plaidait de son côté Paddington Mujeyi, un vendeur de parfum âgé de 30 ans. « Depuis quelques mois, nous avons vu des changements en matière de liberté. On n’est pas harcelés comme du temps de Mugabe. »
Robert Mugabe, âgé aujourd’hui de 94 ans, a dirigé le pays d’une main de fer pendant près de quatre décennies. Il a été contraint à la démission en novembre 2017, poussé vers la sortie par l’armée et par son propre parti, la ZANU-PF, qui ont refusé la perspective de voir sa fantasque et ambitieuse épouse, Grace Mugabe, lui succéder le moment venu.
Malgré cette disgrâce, l’ex-homme fort du pays et sa femme ont été acclamé par des admirateurs à sortie de l’école primaire du quartier d’Highfield, où ils ont voté en début d’après-midi.

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Il a été remplacé par son ancien bras droit, M. Mnangagwa, qu’il avait démis quelques semaines plus tôt de ses fonctions de vice-président. Ce dernier, âgé de 75 ans, cherche désormais à obtenir par les urnes un pouvoir légitime. Celui qui est surnommé « le Crocodile » affirme avoir tiré un trait sur son passé de cacique du régime Mugabe, et a promis de rétablir la démocratie et de remettre sur les rails une économie aux abois.
Soutien inattendu et embarrassant
Son principal opposant, Nelson Chamisa, 40 ans, a voté lundi matin à Harare, dans un bureau du quartier de Kuwadzana où des centaines d’électeurs attendaient calmement leur tour.
« Je n’ai aucun doute que, d’ici à la fin de la journée, nous devrions avoir une voix catégorique pour le changement, pour le renouveau, pour la jeunesse que je représente », a-t-il lancé, avant de soulever une fois de plus la question de fraudes possibles, alors que les élections sous Mugabe ont été régulièrement entachées d’irrégularités et de violences. « Dans les régions rurales, […] si les élections sont justes […], la victoire est certaine pour le peuple », a-t-il ajouté.
La veille, il avait le reçu le soutien, inattendu et embarrassant pour lui, de l’ancien président Mugabe. Lors d’une conférence de presse surprise, l’ex-homme fort du pays a appelé les électeurs à faire chuter la ZANU-PF. « J’espère que le vote de [lundi] va faire tomber la forme militaire de gouvernement » actuel, a-t-il lancé depuis sa luxueuse résidence, appelée Blue Roof (« toit bleu »), à Harare. « Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité », a-t-il poursuivi, avant de sous-entendre qu’il donnerait sa voix à M. Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

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Emmerson Mnangagwa reste toutefois favori pour la présidentielle, mais son avance sur son principal adversaire s’est récemment réduite dans les enquêtes d’opinion. Il est crédité de 40 % des suffrages, contre 37 % pour Nelson Chamisa, selon un sondage publié il y a dix jours par le groupe Afrobarometer.
Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second tour sera organisé le 8 septembre.
Une majorité de la population au chômage
Tout au long de la campagne, le président Mnangagwa a promis l’apogée d’une « nouvelle démocratie », ainsi que des milliards de dollars d’investissements pour remettre sur pied une économie ruinée par les réformes catastrophiques de son prédécesseur. Une écrasante majorité de la population est au chômage, et le pays manque cruellement de liquidités, ce qui oblige les Zimbabwéens à faire la queue des heures devant les banques pour obtenir quelques dizaines de dollars en liquide.

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M. Mnangagwa s’est également engagé à la tenue d’élections libres et transparentes, à rebours des fraudes et des violences qui ont largement entaché les scrutins de l’ère Mugabe. La ZANU-PF « doit maintenir un semblant d’élections libres et justes pour pouvoir attirer des investissements étrangers », a estimé le cabinet EXX Africa, installé à Londres. « Cependant, de graves inquiétudes subsistent sur la crédibilité du vote », a-t-il ajouté.
L’Organisation des Nations unies s’est, elle, inquiétée « des indications […] faisant état d’intimidation des électeurs, des menaces de violence ou de harcèlement » avant les scrutins, mais l’institution a aussi salué « l’élargissement de l’espace démocratique au Zimbabwe ».
Pour la première fois depuis seize ans, des observateurs occidentaux ont été invités à surveiller le vote lundi.
Les bureaux de vote doivent fermer à 19 heures (heure locale, soit 17 heures GMT).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’immense mer d’eau douce a régulé pendant des siècles le fragile écosystème des Everglades, le plus grand marécage des Etats-Unis. Mais le lac, ceinturé dans les années 1930 par une digue, est devenu la source de tous les maux de la Floride. Un reportage d’Arnaud Leparmentier et le photographe Christopher Morris, dans le cadre de la série « Les guerres de l’eau aux Etats-Unis ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le 1er août, la Cour suprême israélienne doit statuer sur deux recours déposés par les avocats du village de Cisjordanie contre leur expulsion.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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L’avenir incertain de la communauté bédouine de Khan Al-Ahmar

Le 1er août, la Cour suprême israélienne doit statuer sur deux recours déposés par les avocats du village de Cisjordanie contre leur expulsion.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 11h19
    |

                            Claire Bastier (Khan Al-Ahmar, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ce n’est pas seulement la chaleur de l’été qui cloue les Bédouins de Khan Al-Ahmar chez eux. Mercredi 1er août, la Cour suprême israélienne doit une nouvelle fois statuer sur l’évacuation et la démolition de leur village, situé à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie occupée. Alors, en attendant, ils montent la garde. « Les gens sont très anxieux. Plus personne n’ose sortir de chez soi, de peur que l’armée israélienne ne vienne détruire sa maison en son absence », explique Eid Abou Khamis, le porte-parole du village.
Les bulldozers viendraient facilement à bout des habitations bédouines, considérées comme illégales par les autorités israéliennes. Ces fragiles cabanes, assemblages de planches de bois ou de tôle, parfois recouverts d’une bâche noire ou beige, ont été bâties sans le permis délivré par l’administration militaire israélienne, chargée des affaires civiles dans la zone C, en Cisjordanie. Leurs habitants expliquent qu’il est quasi impossible d’en obtenir un. Faute de quoi, ils ont toujours fait avec les moyens du bord : les murs de l’école primaire, bâtie en 2009 avec l’association italienne Vento di Terra et le soutien de l’Union européenne, ont été montés avec des pneus usagés et de la terre.

Depuis près de dix ans, Israël menace d’expulser la communauté de Khan Al-Ahmar. Mais les Bédouins entendent bien rester sur cette terre aride, à mi-chemin entre Jérusalem et Jéricho, où ils se sont installés dans les années 1970, après leur expulsion du Néguev par l’armée israélienne en 1953. L’arrêt précédent de la Cour suprême israélienne, le 24 mai, a néanmoins sonné le glas, en approuvant la démolition des « structures illégales à Khan Al-Ahmar ». L’évacuation des 190 résidents n’est plus qu’une question de temps. Le 4 juillet, à la suite de l’ordre de démolition émis la veille par l’armée israélienne, une route a été aménagée à l’entrée du village pour assurer le passage des bulldozers. Des heurts ont éclaté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ce sont des amis qui ont conseillé à Igor Starkov de s’intéresser à la maison de l’auteur de « Guerre et Paix ». Le photographe russe de 38 ans s’est laissé convaincre et a parcouru les 200 kilomètres qui séparent Moscou du nid familial de l’écrivain.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Qassem Al-Fahdawi a été limogé alors que la contestation se durcit contre les services publics déficients et la corruption, après la mort de quatorze manifestants.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Le ministre de l’électricité irakien paie le prix de la grogne sociale

Qassem Al-Fahdawi a été limogé alors que la contestation se durcit contre les services publics déficients et la corruption, après la mort de quatorze manifestants.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h53
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Le ministre de l’électricité a fait les frais du mouvement de contestation populaire qui est entré dans sa quatrième semaine en Irak. Dimanche 29 juillet, le premier ministre Haïder Al-Abadi a ordonné la suspension du ministre Qassem Al-Fahdawi et « l’ouverture d’enquêtes concernant des contrats, des attributions d’emplois et des contrats fictifs » impliquant le ministère, a indiqué son cabinet.
Cette annonce n’a pas suffi à apaiser les manifestants qui dénoncent depuis le 8 juillet les services publics déficients, la pénurie chronique d’électricité et d’eau, le chômage endémique, et la corruption. Alors que le mouvement a déjà fait quatorze morts et des centaines de blessés, les manifestants ont entamé dimanche à Bassora, foyer de la contestation, et dans des villes du sud du pays, des sit-in illimités.
Alors que le gouvernement ne gère plus que les affaires courantes, dans l’attente des résultats définitifs des élections législatives du 12 mai, M. Fahdawi, réélu au Parlement dans sa province sunnite d’Al-Anbar, a appelé « les cadres dirigeants du ministère à collaborer » avec les enquêteurs, selon l’un de ses conseillers. Une plainte avait été déposée contre lui et le ministère par un avocat, Tarek Al-Maamouri, pour avoir « échoué » à fournir aux Irakiens de l’électricité et pour « détournement de biens publics ».
Factures impayées de l’Iran
Mais la crise de l’électricité, chronique en Irak, dépasse sa seule responsabilité. Ce secteur, laissé à l’abandon durant l’embargo international imposé au pays après l’invasion par Saddam Hussein du Koweït en 1990, a pâti de la corruption et de la mauvaise gestion des gouvernements qui se sont succédé depuis l’invasion américaine de 2003.
Quelque 34 milliards d’euros ont officiellement été alloués pour remettre sur pied le réseau électrique, et une grande partie de cette somme a été détournée par des politiciens et des entrepreneurs véreux dans le douzième...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le premier ministre hongrois ne « veut pas d’une Union européenne dirigée par la France »
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Viktor Orban se pose en recours contre Emmanuel Macron en vue des européennes

Le premier ministre hongrois ne « veut pas d’une Union européenne dirigée par la France »



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h51
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Après avoir réformé la Hongrie depuis plus de huit ans, Viktor Orban se rêve-t-il désormais en grand ordonnateur européen ? On pourrait le penser, à la lecture de l’entretien qu’il a accordé au tabloïd allemand Bild, vendredi 27 juillet, et d’après le discours qu’il a prononcé, le lendemain, auprès de la minorité hongroise de Roumanie. Car ces deux prises de parole constituent un lancement de campagne à l’échelle continentale, dix mois avant le scrutin communautaire.
Le premier ministre souverainiste hongrois, surtout connu hors des frontières de son pays pour ses penchants autoritaires et ses propos hostiles aux demandeurs d’asile originaires d’Afrique et du Moyen-Orient, s’y dépeint comme le chef de file d’une nouvelle génération de dirigeants de l’Est, les « quatre-vingt-dizards », aptes à incarner l’avenir de la construction européenne. Il entend « dégager les élites de 1968 », qui œuvreraient à la mise en place d’un « socialisme européen ». « Heureusement », les « jours de la Commission européenne », protectrice de ces exécutifs désormais « nerveux », seraient « comptés ».

        Lire notre chronique :
         

          « Le putsch démocrate-chrétien d’Orban »



Il présente les élections européennes de mai 2019 comme « décisives », la campagne devant, selon lui, se concentrer sur les questions migratoires, seules susceptibles de « renverser l’élite libérale ». Les citoyens sont invités à trancher entre sa politique, radicale, et celle de Paris, qui continue de rejeter l’idée d’une Europe forteresse.
« Les Allemands en particulier doivent se montrer très attentifs », a-t-il affirmé aux journalistes de Bild. Car « l’idée des Français, fondamentalement, c’est d’imposer un leadership français, tout en le finançant par de l’argent allemand. Je rejette un tel projet. Nous ne voulons pas d’une Union dirigée par la France ». 
« Occuper le terrain »
C’est la première fois que Viktor Orban attaque aussi frontalement Emmanuel Macron, même s’il se garde bien de le nommer. Outre les questions migratoires, il oppose à la France, qui veut renforcer l’intégration européenne, un retour à l’union des nations. Il souhaite une politique plus conciliante envers la Russie, alors même que la Hongrie est membre de l’OTAN. Il salue enfin la stabilité que Recep Tayyip Erdogan offre à la Turquie.
Son programme tient en cinq points : « protection de la culture chrétienne de l’Union par un rejet de l’idéologie multiculturelle », « protection du modèle de la famille traditionnelle et des enfants, qui ont le droit d’avoir un père et une mère », « protection des secteurs économiques nationaux stratégiques », « protection des frontières nationales avec un rejet de l’immigration » et enfin « égalité entre toutes les nations au sein de l’UE ». 
« Le président français, qui œuvre pour une Europe plus ouverte et intégrée, conserve une capacité de rassemblement de toutes les forces libérales derrière lui. Viktor Orban l’a bien compris et tente de l’affaiblir, commente l’analyste politique Szentpéteri Richard Nagy. Certains disent que c’est parce qu’il a pour ambition de s’imposer à la tête de la Commission européenne après le scrutin, mais je ne pense pas qu’il y songe sérieusement. Sa ligne reste minoritaire : il a avec lui l’Italie, la Pologne, la Croatie, la Bavière et partiellement l’Autriche. Pas plus. Il le sait et je crois qu’il se sert simplement de la campagne des européennes pour occuper le terrain en Hongrie, afin d’y cimenter son pouvoir. »
De son côté, Emmanuel Macron laisse des membres du gouvernement français assumer publiquement cette mésentente avec Budapest. « Critiquer l’Europe de l’Ouest pour son manque de démocratie et saluer en même temps la Russie et la Turquie : plus c’est gros, plus ça passe ? », a ainsi tweeté, dimanche 29 juillet, Nathalie Loiseau, la ministre française chargée des affaires européennes, en réaction au discours de Viktor Orban prononcé la veille. Comme si le gouvernement français avait lui aussi intégré le bénéfice qu’il pouvait retirer d’une confrontation directe avec le dirigeant hongrois.

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                Entre Orban et le SPD, le grand écart de Merkel






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le premier ministre autoritaire, Hun Sen, a resserré son emprise sur le pays pour donner à l’élection des allures de plébiscite.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Cambodge : l’appel au boycottage des législatives, lancé par l’opposition, est un échec

Le premier ministre autoritaire, Hun Sen, a resserré son emprise sur le pays pour donner à l’élection des allures de plébiscite.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h45
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        



   


Le taux de participation très élevé, à 82 %, c’était ce que voulait Hun Sen. Pas une mince affaire pour un satrape accusé par ses adversaires d’avoir organisé un simulacre de scrutin. Le Cambodge est en passe de devenir un régime à parti unique : le parti au pouvoir se félicite d’avoir emporté l’intégralité des sièges de l’Assemblée.
La victoire pourrait être tempérée par un nombre important de bulletins blancs ou nuls : selon les calculs du site Asia Times, près de 600 000 votants – sur 6,8 millions – auraient rageusement rayé leurs bulletins. « Dans mon bureau de vote, de nombreux électeurs ont rendu des bulletins nuls », confirmait lundi un jeune intellectuel de Phnom Penh, qui requiert l’anonymat.
Cela pourrait être une manière de protester contre ces élections du troisième type. Après la dissolution, en 2017, du plus grand parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), accusé de « complot » contre le gouvernement, l’issue du scrutin ne faisait aucun doute : les dix-neuf partis en lice contre celui du premier ministre ne pouvaient le menacer.
« Sous le signe de la peur »
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », a réagi dans un communiqué le président du PSNC, le Franco-Cambodgien Sam Rainsy, 69 ans, en exil à Paris. Il a dénoncé de « fausses élections placées sous le signe de la peur [qui] ne peuvent pas traduire la volonté populaire ». Le cofondateur de son parti, Kem Sokha, est en prison depuis bientôt un an.
Sam Rainsy, favorable à un boycottage du scrutin, ne se faisait guère d’illusions dans un récent entretien au Monde : « Dans les campagnes, où le contrôle du PPC de Hun Sen est permanent, les gens auront peur de ne pas se rendre aux urnes. Les ruraux iront voter contre leur gré. »
Si Hun Sen a choisi la manière forte avant le vote, resserrant un peu plus l’emprise sur son pays, c’était pour éviter que se répètent les scénarios des législatives de 2013 et des municipales de 2017 : le PSNC avait alors taillé des croupières au parti au pouvoir, qui avait perdu 22 sièges au Parlement lors de la consultation d’il y a cinq ans.

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La campagne antiélectorale organisée cette fois par l’opposition, en exil ou interdite, n’aura donc pas eu les effets escomptés : baptisé « opération doigt propre » – les Cambodgiens qui votent ont l’index taché d’encre pour preuve de leur passage aux urnes –, l’appel au boycottage n’a pas eu d’écho. Les adversaires d’Hun Sen apparaissent ainsi très divisés : certains d’entre eux sont à la tête de formations qui se sont présentées aux élections.
« J’ai dû me battre durant cette élection contre deux adversaires », confiait dimanche Yang Saing Koma, 52 ans, dans sa modeste baraque de bois dans la banlieue de Phnom Penh : « Hun Sen et Sam Rainsy. Ils ont beau être des adversaires, ils se ressemblent. En fait, ils appartiennent tous les deux au passé. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Au départ, les députés devaient enquêter sur la prolifération des « fake news » et leur impact sur la démocratie.
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Une commission parlementaire britannique soupçonne la Russie d’avoir influencé la campagne pro-Brexit

Au départ, les députés devaient enquêter sur la prolifération des « fake news » et leur impact sur la démocratie.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h44
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Un nouveau pas a été franchi vers la mise en cause de l’influence russe dans le financement de la campagne pro-Brexit lors du référendum de 2016. Arron Banks, le patron d’une compagnie d’assurance qui a donné 8,4 millions de livres (9,4 millions d’euros) à la campagne « Leave. EU » menée par le leader d’extrême droite Nigel Farage, a menti sur ses rencontres à l’ambassade de Russie à Londres, et l’origine de ses fonds n’est pas claire, estime la commission des médias de la Chambre des communes dans un rapport rendu public dimanche 29 juillet.
M. Banks « semble vouloir cacher l’étendue de ses contacts avec la Russie » alors que les autorités russes ont discuté avec lui d’un projet de contrat sur des mines d’or et de diamant, indique le document. Après dix-huit mois d’enquête, les députés n’ont découvert que « la partie visible de l’iceberg » de l’interférence russe dans la vie politique britannique, estime Damien Collins, le député conservateur qui la préside.
Mais, a poursuivi l’élu, « s’il apparaît que [M. Banks] a profité de ses relations avec les Russes qu’il rencontrait pour ses contrats d’affaires, et qu’il a utilisé cet argent pour investir dans la campagne du Brexit, alors je pense que ce sera une affaire sérieuse ». En outre, M. Banks aurait utilisé les données-clients de sa compagnie d’assurance pour cibler la propagande de « Leave. EU ».
Au départ, les députés devaient enquêter sur la prolifération des « fake news » et leur impact sur la démocratie. Mais la révélation par The Observer du scandale Cambridge Analytica sur l’utilisation ciblée, pendant la campagne du référendum sur le Brexit, de données captées sur Facebook, et sur les soupçons de financement russe des campagnes trompeuses de « Leave. EU », les a amenés à élargir leurs investigations.

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                Cambridge Analytica : 750 pages de réponses… et toujours beaucoup de questions



Les « fake news » « constituent désormais un danger pour notre démocratie », écrit encore la commission qui propose un renforcement législatif destiné à faire cesser ces « campagnes concertées de désinformation » dont les auteurs restent anonymes : obligation d’identifier tout éditeur de publicité politique en ligne et son financement, création d’une taxe sur les médias sociaux finançant un enseignement scolaire de culture numérique, hausse des amendes pouvant être infligées par la Commission électorale.
Non-respect de la trêve de campagne
Mais au moment où le processus du Brexit tourne au cauchemar politique, la révélation des méthodes et des financements peu orthodoxes de ses partisans en 2016, prend un relief particulier, encore rehaussé par le parallèle tentant avec le comportement politique de Donald Trump – proche de MM. Banks et Farage – et ses sympathies à l’égard de la Russie. La campagne « Leave. EU », à la xénophobie affichée, n’est pas la seule à être dans le collimateur. Plus présentable, la campagne officielle « Vote Leave » présidée par Boris Johnson, ancien maire de Londres, a déjà été sanctionnée par la Commission électorale pour avoir versé 600 000 livres sterling à une officine parallèle afin de contourner le plafond légal des dépenses de campagne.
Dimanche, The Observer a révélé que « Vote Leave » n’avait pas respecté la trêve de campagne décidée après le meurtre, à une semaine du vote, de la députée Labour Jo Cox par un sympathisant d’extrême droite. Au contraire, l’organisation a continué de pilonner des électeurs ciblés de messages suggérant que la Turquie était sur le point d’entrer dans l’UE et que Royaume-Uni, s’il y demeurait, serait alors submergé par les musulmans.
Toutes ces ombres sur la campagne du référendum de 2016 s’accumulent à un moment où le pays est plongé dans l’incertitude quant à l’avenir du Brexit et où le doute progresse dans l’opinion. Pour la première fois, selon un sondage YouGov, une majorité de Britanniques (51 %, soit en deçà de la marge d’erreur) se disent favorables à un nouveau référendum sur les termes de l’accord de sortie qui doit être conclu cet automne. Au même moment, pour montrer sa fermeté face aux Vingt-Sept et sa résolution à réaliser le Brexit, le gouvernement de Mme May dit préparer des mesures de secours (approvisionnement d’urgence en nourriture et en médicaments) pour le cas où la négociation de Bruxelles échouerait et des frontières douanières devraient être érigées.

        Lire notre analyse :
         

          Le Royaume-Uni post-Brexit, avant-poste du trumpisme en Europe ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Fort du soutien de Pékin, l’autoritaire Hun Sen a remporté une élection dont ses détracteurs avaient été bannis.
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Le régime cambodgien joue la Chine contre l’UE

Fort du soutien de Pékin, l’autoritaire Hun Sen a remporté une élection dont ses détracteurs avaient été bannis.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h29
    |

            Bruno Philip (Phnom Penh, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La victoire aux élections législatives du parti du premier ministre cambodgien, Hun Sen, promet d’être « écrasante », affirmait au soir du scrutin, dimanche 29 juillet, l’homme fort du royaume. Sa formation, le Parti du peuple cambodgien (PPC), se targuait lundi d’une victoire peut-être sur l’ensemble du parlement, qui compte 125 députés. « Nous pensons que le PPC va gagner quasiment tous les sièges » se vantait lundi en milieu de journée Sok Eysan, porte-parole du parti, auprès du Monde. En l’absence de toute opposition crédible, le succès du dirigeant de 65 ans, au pouvoir depuis 1985 – ce qui fait de lui le chef de gouvernement en poste depuis le plus longtemps au monde –, n’était qu’une formalité.
Il est plus intéressant de s’interroger sur les conséquences de cette « victoire » pour ce petit pays d’Asie du Sud-Est (16 millions d’habitants), devenu le grand allié de la Chine dans une zone par ailleurs tout entière sous influence pékinoise. Petit pays, certes, mais pion non négligeable sur l’échiquier régional : Phnom Penh met régulièrement son veto à toute tentative d’autres pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) d’émettre de diplomatiques protestations contre la montée en puissance de Pékin dans les zones disputées de la mer de Chine du Sud.
Comme par effet de miroir, l’emprise de plus en plus forte d’Hun Sen sur son pays a fait de lui le mouton noir des Etats-Unis et de l’Union européenne : les Occidentaux ne digèrent pas que le premier ministre ait fait dissoudre le principal parti d’opposition, embastillé son chef, provoqué la fermeture ou le rachat de journaux naguère indépendants, muselé les voix discordantes et marginalisé ses opposants.

La Chine, qui se soucie de la démocratie comme d’une guigne, en profite pour s’enfoncer un peu plus dans la brèche ouverte par la dérive autoritaire du régime d’Hun Sen : depuis cinq ans, elle a investi au Cambodge 4,6 milliards de dollars....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les guerres de l’eau aux Etats-Unis (1/6). Digues, pollution, salinité : le fragile écosystème des Everglades a été mis en péril pour assurer le développement de la Floride.
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Okeechobee, le lac qui étouffe la Floride

Les guerres de l’eau aux Etats-Unis (1/6). Digues, pollution, salinité : le fragile écosystème des Everglades a été mis en péril pour assurer le développement de la Floride.



Le Monde
 |    30.07.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 14h44
    |

            Arnaud Leparmentier (lac Okeechobee (Floride) envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les amoureux de la Floride ne s’y rendent jamais. Pour y aller, il faut s’enfoncer pendant une heure dans les terres, à partir de Palm Beach, la station balnéaire atlantique pour milliardaires où le président américain, Donald Trump, possède son golf de Mar-a-Lago. Ou rouler pendant deux heures, au milieu d’interminables plantations de canne à sucre, en quittant le parc national des Everglades, le plus grand marécage des Etats-Unis, où grouillent alligators, moustiques et hérons près de Miami.
Le lac Okeechobee est la clé du système écologique de la Floride. De lui dépend l’avenir des plages paradisiaques, des fonds marins et surtout des richesses naturelles des Everglades, inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’immense étendue d’eau douce constitue la source d’alimentation essentielle de ce fragile écosystème.
Lorsqu’on l’atteint enfin, Okeechobee n’est pas visible, ceinturé par une immense digue. Des pêcheurs s’affairent, mais la sérénité est trompeuse. Le lac ne tourne pas rond : on découvre un troupeau de lamantins, ces mammifères aquatiques qui, en Floride, vivent normalement dans des eaux salées. Surtout, les eaux sont gravement polluées.
Les poissons ont disparu
Steve Davis, scientifique de la Fondation Everglades, espère que les nuisances liées au lac seront bientôt résolues. Le 10 juillet, la Maison Blanche a autorisé la construction d’un lac artificiel au sud du lac Okeechobee. Le but : dépolluer ses eaux et servir de réservoir aux Everglades pendant la saison sèche. Le gouverneur républicain de l’Etat, Rick Scott, a salué sur Twitter l’approbation de « ce projet pour lequel nous nous battons ». Le dossier est désormais sur la table du Congrès. Cet ouvrage serait une consécration posthume pour George Barley, qui lança avec son ami Paul Tudor Jones la fondation pour sauver les Everglades.
C’était il y a un quart de siècle déjà. Les deux amis, entrepreneurs fortunés, pratiquent la pêche dans les eaux peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Mio Sugita, élue du parti au pouvoir, a qualifié les lesbiennes et les gays de personnes « non productives », ajoutant : « Je me demande s’il faut utiliser l’argent des contribuables pour elles. »
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Au Japon, la communauté LGBT se mobilise contre le « discours de haine » d’une députée

Mio Sugita, élue du parti au pouvoir, a qualifié les lesbiennes et les gays de personnes « non productives », ajoutant : « Je me demande s’il faut utiliser l’argent des contribuables pour elles. »



Le Monde
 |    30.07.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 09h29
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        


Le drapeau arc-en-ciel des LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) a flotté vigoureusement, les 27 et 28 juillet, à Tokyo et Osaka. Les Japonaises et Japonais ont bravé le typhon Jongdari pour manifester et exiger la démission de la députée Mio Sugita, qu’ils accusent d’avoir tenu un « discours de haine ». Elue du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir dans le département de Hyogo (ouest), la députée a qualifié, dans une interview publiée le 18 juillet par le magazine Shincho 45, les personnes LGBT de « non productives », car « ne pouvant pas se reproduire ».
« Je me demande s’il faut utiliser l’argent des contribuables pour elles », a ajouté celle pour qui une société acceptant des relations homosexuelles risque l’effondrement. Elle considère également un média parlant des couples de même sexe comme pouvant encourager les personnes « capables de vivre une romance normale et de se marier » à « devenir homosexuelles ».

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Ses propos ont suscité une vague d’indignation et un appel à manifester. A Tokyo, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du PLD, appelant à lutter contre les discriminations et déplorant que l’élue résume la vie humaine à la procréation. « C’est comme si on m’avait dit que je n’avais pas le droit de vivre », a déclaré une participante lesbienne.
« L’homosexualité n’est pas la définition du malheur. Ce sont des remarques discriminatoires comme celles de Mio Sugita qui nous rendent malheureux », a par ailleurs réagi Taiga Ishikawa, l’un des premiers responsables politiques japonais – de l’opposition – ouvertement homosexuel. Pour lui, outre leur aspect discriminatoire, les propos de Mio Sugita « ternissent considérablement la réputation du Japon » à l’approche des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.
La situation des LGBT évolue lentement
Les critiques sont d’autant plus vives que les réactions du PLD sont apparues mitigées. Si Shunsuke Takei, ancien secrétaire parlementaire aux affaires étrangères, estime que les propos de Mme Sugita ne sont « pas de la politique mais simplement un discours de haine », le secrétaire général du parti, Toshihiro Nikai, a refusé de les condamner. « Hors des positionnements politiques, différentes personnes affichent des points de vue différents », a-t-il simplement déclaré.

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L’ambiguïté de M. Nikai rappelle qu’en novembre 2017, Wataru Takeshita, autre cacique du PLD, avait estimé que les partenaires de même sexe ne devraient pas être invités aux réceptions de l’empereur Akihito. Le premier ministre Shinzo Abe a exprimé, en 2015, des réserves sur le mariage pour tous. Lors des législatives d’octobre 2017, le PLD a promis de faire adopter une loi pour une meilleure considération des LGBT. Elle se fait toujours attendre.
La situation n’évolue que très lentement au Japon, même si certaines municipalités, comme Sapporo (Nord) reconnaissent les unions de personnes de même sexe, et si le ministère de l’éducation a inclus en 2017 les LGBT dans sa politique de lutte contre le harcèlement à l’école. Mme Sugita, elle, n’en est pas à ses premières polémiques. Appartenant à la frange la plus nationaliste du parti, elle nie l’existence des femmes dites « de réconfort », contraintes de se prostituer pour les soldats de l’armée impériale nippone, et critique les femmes qui tentent de développer le mouvement #metoo au Japon.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le 29 juillet, 8 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes pour le premier tour d’une élection calme dans la capitale, mais entachée d’incidents dans le centre et le nord du pays.
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Compte rendu

Au Mali, une journée de vote presque normale pour la présidentielle

Le 29 juillet, 8 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes pour le premier tour d’une élection calme dans la capitale, mais entachée d’incidents dans le centre et le nord du pays.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 30.07.2018 à 05h06

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        Mis à jour le 30.07.2018 à 10h17






    
Dépouillement des urnes à Bamako, le 29 juillet.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Sur le couvercle de l’urne, les colliers de serrage en plastique jaune font de la résistance. Ils finissent par sauter un à un après plusieurs coups de lame de cutter, sous le regard vigilant de la dizaine de délégués des partis présents dans la salle de classe. Il est 18 heures, ce 29 juillet. Dans le bureau de vote no 3 du lycée Mamadou-Sarr, dans la commune 4 de Bamako, assesseurs, président de bureau, délégués et observateurs sont dans la pénombre. Comme dans la plupart des 23 041 bureaux de vote malien, c’est à la lampe tempête qu’il a fallu faire le dépouillement. Il n’en sera que plus fastidieux. Une heure trente pour 252 bulletins.

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Dos au tableau noir, l’assesseur de l’opposition sort les bulletins un à un en annonçant les noms des candidats. Derrière lui, un membre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aligne les croix à la craie, en face des noms des candidats. Au premier rang, Moussa Sow, délégué du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti du président et candidat Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), fait ses propres comptes, à coups de traits maladroitement tracés au stylo bille sur un cahier grand carreaux. C’est la première fois que ce jeune Malien assiste à un dépouillement. « Je voulais être délégué pour ne pas qu’il y ait de fraude lors de cette élection, car nous avons l’habitude de voir cela chez nous. Mais là, je suis très content, je n’ai pas constaté d’irrégularités. Que le meilleur gagne », chuchote-t-il. Dans ce bureau, les représentants des rivaux sont fair-play. Mais dans la salle d’à côté, les cris de protestation résonnent depuis l’ouverture de l’urne. A chaque bureau sa réalité.
Machine à compiler
Dans le no 3, les deux candidats présentés comme favoris pendant la campagne électorale, Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et IBK sont les deux premiers. Sur le tableau noir, le récapitulatif des voix attire les petites mains des 24 candidats de l’élection. Ils glissent leur tête à travers la double porte en ferraille de la salle, récupèrent les chiffres pour les donner à leurs représentants, postés à l’entrée de l’école. A chaque candidat favori son pupitre. Immédiatement après la clôture du premier tour, ceux qui en ont les moyens ont lancé leur propre machine à compiler les résultats. Moins pour se délester de la longue attente de la proclamation des résultats provisoires par la CENI (le 3 août dernier délai) que pour avoir le maximum de temps afin de préparer la potentielle bataille d’après : le second tour, prévu le 12 août.
Alors en cette fin de premier tour, les deux favoris se hasardent aux pronostics, en faveur de leur poulain. « Vous verrez que la soif d’alternance s’est sans doute traduite dans les urnes », a déclaré Tiébilé Dramé, le directeur de campagne de M. Cissé, à 21 h 30. Quelques heures avant, c’était à Bocary Tréta, le directeur de campagne d’IBK, d’évoquer une « mobilisation exceptionnelle » en faveur de son candidat. « Nous attendons avec une grande sérénité les résultats », a-t-il déclaré, avant de s’estimer « satisfait » des conditions d’organisation du scrutin.
Urnes volées
Si Bamako a voté dans le calme, dans le nord et le centre du Mali des incidents sécuritaires ont pourtant perturbé le scrutin. Selon un communiqué du ministère de l’administration territoriale publié le 29 au soir, le vote n’a pas pu avoir lieu dans 644 bureaux de vote, en raison « d’attaques à main armée et autres violences ». Plus de 80 % de ces bureaux se situent dans le centre du pays, une zone qui voit se multiplier les attaques terroristes et les conflits intercommunautaires depuis plus d’un an et demi. Toujours selon le ministère, dans 3 988 autres bureaux du nord et du centre, les électeurs ont pu voter mais le processus a été perturbé. Près d’un bureau de vote malien sur cinq a vu le déroulé du vote perturbé ou annulé, en raison de l’insécurité dans le nord et le centre. Ces deux zones concentrent 36,6 % du corps électoral.
Saccage de bureaux de vote et 18 urnes volées dans la région de Tombouctou, tirs d’intimidation à Hombori et Drimbé et agression d’agents électoraux à Gandamia et Ourennema dans la région de Mopti, dans le centre du Mali… Au moins une quinzaine d’incidents sécuritaires ont été répertoriés. A Aguelhok, dans la région de Kidal, ce sont une dizaine d’obus qui se sont écrasés, dont certains à proximité du camp de la Minusma, la mission des Nations unies au Mali, et d’un centre de vote, sans causer de morts ni de blessés.



M. Dramé déplore « le fait que l’Etat a[it] failli à sa mission de sécurisation du scrutin. En dépit du déploiement annoncé de plus de 30 000 agents de forces de sécurité, nous exhortons les autorités à en tirer toutes les conséquences ». Son homologue rival note quant à lui une amélioration de la situation, comparé au dernier scrutin, organisé il y a deux ans. « Le scrutin présidentiel de 2018 a été organisé dans des localités ou cela n’avait pas été possible, lors des élections communales de 2016. Ce qui est une grande progression, a déclaré M. Tréta. Bien sûr, je reconnais que nous sommes dans un pays qui cherche à sortir d’une crise profonde. Çà et là, nous avons noté quelques rebondissements, quelques cas de violences, mais qui sont à mon sens des cas isolés. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’ancien chef de l’Etat, renversé en novembre par ses camarades de parti, a déclaré dimanche, à la veille de l’élection présidentielle, soutenir l’opposition.
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Compte rendu

Robert Mugabe, 94 ans, et tout jeune opposant zimbabwéen

L’ancien chef de l’Etat, renversé en novembre par ses camarades de parti, a déclaré dimanche, à la veille de l’élection présidentielle, soutenir l’opposition.

Jean-Philippe Rémy (Harare, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 30.07.2018 à 01h49

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        Mis à jour le 30.07.2018 à 10h31






    
L’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, lors d’une conférence de presse à son domicile de Harare, le 29 juillet.
Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP


Sous une gloriette en granit de la résidence des Mugabe, un petit être tout raide, immobile et impavide, cravaté serré, vient d’être calé grâce à des coussins dans un fauteuil. Est-ce bien Robert Mugabe, en chair et en os, ou sa copie de cire, à une échelle légèrement réduite ? On ne peut distinguer ses yeux, protégés par des lunettes de soleil qui le rendent encore moins animé. Il bouge un peu une main. C’est donc bien lui.
Lorsqu’il dirigeait de manière absolue le Zimbabwe, le camarade président aimait qu’on place des mannequins à son effigie dans différentes voitures lorsqu’il se déplaçait, une ruse de vieux Sioux méfiant, qui s’est avérée insuffisante pour éviter le coup d’Etat qui l’a fait tomber de son trône, en novembre 2017. Ce soir-là, il n’était pas dans sa limousine blindée, mais au lit chez lui, dans sa demeure surnommée « Blue Roof » (« toit bleu ») en raison de ses tuiles couleur de ciel, un édifice mi-palais, mi-pagode offert par la Chine en hommage à la politique « Regardons vers l’Orient » du Zimbabwe et au courage révolutionnaire proverbial de son président.
« Qu’un grand “non” s’impose »
Lundi 30 juillet devaient se tenir les premières élections au Zimbabwe depuis le coup d’Etat. Emmerson Mnangagwa, l’homme qui s’est emparé du pouvoir, espère à la fois l’emporter et voir sa position légitimée. Mais depuis huit mois, Robert Mugabe enrage. Cette retraite forcée a déjà failli le tuer. A l’approche du scrutin, il lui est venu une idée : tenter de casser ce qui est cassable des chances de son parti, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF). Pour y parvenir, Robert Mugabe va être contraint de faire une étrange expérience : celle des règles de la libre expression démocratique, qu’il s’est efforcé de piétiner au cours de ses trente-sept années de pouvoir, et qui lui permettent à présent de tirer à boulets rouges sur ses successeurs sans risque d’être arrêté ou malmené.

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Il commence par égrener, avec une élocution lente, assourdie, presque pénible, les grandes lignes de ce coup d’Etat qui l’a déposé. Puis arrive à la conclusion : « Demain [jour de l’élection], qu’un grand non s’impose. » Personne n’est certain d’avoir bien compris : non, d’accord, mais à quoi ? L’ex-dictateur glisse un peu de son fauteuil, un aide le remonte. Il tâche d’éclaircir son propos : « Je ne pourrai pas voter pour la ZANU-PF. » On le presse encore : mais pour quel candidat, alors ? Il finit par lâcher la réponse : faute de mieux – mieux, ce serait lui –, il soutiendra Nelson Chamisa, le nouveau chef du premier parti d’opposition, le Mouvement démocratique pour le changement (MDC).
L’homme a 40 ans. Robert Mugabe pourrait être son grand-père, deux générations les séparent. Il a pris la tête du MDC en février après la mort des suites d’un cancer de son chef emblématique, Morgan Tsvangirai. Mugabe méprisait Tsvangirai. Maintenant, il feint de devoir se résoudre à appeler à voter pour son successeur. Il prend un plaisir manifeste à la manœuvre.
Méchanceté en phase terminale
Le nouveau chef de l’opposition est un avocat, pasteur, qui n’a pas connu la guerre de libération et s’en fiche. Il a participé à la création du MDC en 1999, a eu le crâne fracturé par les brutes des services de sécurité de Mugabe en 2007. Aujourd’hui, il enflamme les meetings à travers tout un pays de jeunes. Il se moque aussi peut-être de ce soutien de Robert Mugabe, dont le successeur, Emmerson Mnangagwa, répète qu’ils ont noué un pacte secret. Quel but autre que la nuisance peut bien poursuivre l’ex-chef de l’Etat en appelant à voter MDC, le parti qu’il a tout fait pour écraser ?

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C’est sans doute la dernière conférence de presse de toute son existence, et Robert Mugabe y déploie les derniers feux d’une violence dont il disait être le « professeur », et qui n’ont plus que la vigueur d’une méchanceté en phase terminale, au bord de l’extinction, comme sa voix. Il savoure cette dernière fois où les journalistes du monde entier se pressent pour l’entendre. Après, il ne lui restera qu’à dicter des Mémoires s’il en a le temps, et continuer à se momifier lentement.
Il n’est pas formellement assigné à résidence à Blue Roof, dont il se plaint à présent en signalant que le toit bleu menace de « s’écrouler d’ici deux ans » – il est brouillé avec les Chinois, qui soutiennent M. Mnangagwa. Il n’en sort que pour se rendre dans les endroits qu’il affectionne : Singapour, la Malaisie, Dubaï, où il soigne son cancer de la prostate. Il y a quelques mois, il avait ordonné la réquisition d’un avion de la compagnie nationale pour voyager. Comme s’il commandait encore.
Tout cela est en train de s’évanouir. Le pouvoir, la force, l’autorité, l’admiration qu’il suscitait, la peur qu’il inspirait sont en train de quitter Robert Mugabe comme un composé gazeux. Cette énergie vitale l’abandonne. Après deux heures, il est temps d’arrêter. Comment va-t-on emmener Robert Mugabe, 94 ans, opposant déclaré depuis une demi-heure, sans que les caméras capturent sa faiblesse physique ? Tandis qu’on débarrasse la gloriette, Robert Mugabe, tassé sur lui-même, attend le départ de cette presse qui, pour la dernière fois, est venue l’écouter, et rechigne à s’en aller. Comme lui.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Mohammed VI souhaite que le gouvernement accélère les programmes liés à la scolarisation et à la santé, dans une interview télévisée dimanche.
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Compte rendu

Maroc : le roi veut des mesures sociales « d’urgence »

Mohammed VI souhaite que le gouvernement accélère les programmes liés à la scolarisation et à la santé, dans une interview télévisée dimanche.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 30.07.2018 à 01h18

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        Mis à jour le 30.07.2018 à 09h46






    
Le roi du Maroc Mohammed VI en 2017 à Casablanca.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Le roi Mohammed VI a longuement évoqué dans un discours télévisé prononcé dimanche 29 juillet au soir la « question sociale » au Maroc, exhortant le gouvernement à prendre des « mesures d’urgence », notamment en matière de santé et d’éducation. Malgré les « réalisations accomplies (…) j’ai le sentiment que quelque chose continue à nous faire défaut en matière sociale », a déclaré le souverain marocain dans une allocution marquant le 19e anniversaire de son accession au trône.
Mohammed VI a pointé du doigt les programmes de soutien et de protection sociale qui « empiètent les uns sur les autres, pèchent par manque de cohérence et ne parviennent pas à cibler les catégories effectivement éligibles ». Il a ainsi appelé à accélérer la mise en place d’« un système national d’enregistrement des familles qui pourront bénéficier des programmes d’appui social », invitant le gouvernement à « entreprendre une restructuration globale et profonde » des programmes existants.
« Inégalités criantes »
Le Maroc est marqué par des inégalités sociales et territoriales criantes, sur fond de chômage élevé des jeunes. En 2017, il a été classé 123e sur 188 pays au titre de l’indice de développement humain (IDH). La recherche d’un « nouveau modèle de développement » est devenue au cours des derniers mois le leitmotiv des pouvoirs publics.
Dans son message, le roi du Maroc a appelé à « donner une impulsion vigoureuse aux programmes d’appui à la scolarisation » et à une refonte du système de santé, qui « se caractérise par des inégalités criantes et une faible gestion ».
Le discours a été prononcé dans la ville d’Al-Hoceima (nord du Maroc), épicentre d’un mouvement de protestation aux revendications sociales et économiques qui a agité le pays en 2016 et 2017.
Grâce royale ?
Des médias marocains avaient vu dans l’annonce du discours le signe d’une possible grâce royale qui aurait été accordée aux détenus du mouvement appelé « Hirak » (« mouvance »), notamment de ses principaux activistes, condamnés fin juin à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison.
Dans son discours, le monarque âgé de 54 ans n’est pas revenu sur la crise qu’a connue la ville d’Al-Hoceima et ses environs. Un communiqué officiel diffusé dans la foulée annonce plus de 1 200 grâces accordées ce jour, sans préciser si des détenus du mouvement en font partie. Des médias marocains ont assuré qu’aucun des détenus du Hirak n’avait été gracié.
Mohammed VI a ensuite présidé une réunion consacrée à « l’activation des mesures contenues » dans son discours, à laquelle ont pris part le chef du gouvernement et une dizaine de ministres, selon un communiqué du cabinet royal.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président américain a révélé avoir discuté des « fausses informations » avec le directeur du quotidien new-yorkais. M. Sulzberger a fait valoir son inquiétude en retour.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/07/2018
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Le patron du « New York Times » dénonce la « rhétorique anti-presse » de Donald Trump

Le président américain a révélé avoir discuté des « fausses informations » avec le directeur du quotidien new-yorkais. M. Sulzberger a fait valoir son inquiétude en retour.



Le Monde
 |    29.07.2018 à 23h10
 • Mis à jour le
30.07.2018 à 07h39
   





                        



   


Les échanges avaient vocation à rester privés. Le patron du New York Times a déclaré, dimanche 29 juillet, avoir vigoureusement mis en garde Donald Trump sur ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison Blanche, qualifiant le discours du président américain sur les « fake news » de « dangereux et nuisible ».
C’est M. Trump lui-même qui avait révélé, un peu plus tôt, dans un tweet, avoir discuté de fausses informations avec Arthur Gregg Sulzberger, directeur du quotidien américain, que M. Trump prend régulièrement pour cible de ses critiques.

Had a very good and interesting meeting at the White House with A.G. Sulzberger, Publisher of the New York Times. S… https://t.co/GqF86BfAZp— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Nous avons passé beaucoup de temps à parler de la quantité de Fake News qui sont publiées par les médias et comment ces Fake News se sont métamorphosées en une phrase, “Ennemi du peuple”. Triste ! »
Donald Trump qualifie régulièrement de « fake news » (fausses informations) les médias généralistes américains qui, pour la plupart, se montrent très critiques sur sa présidence. Ce tweet a conduit M. Sulzberger à publier un communiqué sur cette rencontre, qui était supposée rester confidentielle, comme toutes les réunions que les dirigeants des grands médias américains ont régulièrement avec les responsables du gouvernement.
Des attaques « dangereuses et nuisibles »
Le patron de 37 ans a précisé avoir rencontré le président septuagénaire le 20 juillet, à la demande de la Maison Blanche, accompagné du responsable des éditoriaux du journal, James Bennet. Il a ajouté avoir décidé de répondre publiquement au tweet de M. Trump, en se basant sur les notes détaillées prises par James Bennet et lui-même, après la façon dont le président américain a évoqué leur conversation.
« Mon objectif principal en acceptant cette rencontre était de soulever mes inquiétudes au sujet de la rhétorique anti-presse extrêmement troublante du président », a expliqué celui qui a succédé début 2018 à son père, Arthur Ochs Sulzberger, comme directeur de la publication du Times. « J’ai dit franchement au président que je pensais que son discours n’était pas seulement facteur de division mais qu’il était de plus en plus dangereux », a-t-il ajouté dans ce communiqué.
« Je lui ai dit que bien que l’expression “fake news” soit fausse et nuisible, j’étais beaucoup plus préoccupé par sa façon de caractériser les journalistes comme des “ennemis du peuple”. »
« Je l’ai prévenu que ce langage incendiaire contribuait à une augmentation des menaces contre les journalistes et allait inciter à la violence », a poursuivi le patron du Times, précisant avoir insisté sur le fait que « c’est particulièrement vrai à l’étranger ». « La rhétorique du président est utilisée par certains régimes pour justifier des répressions d’ampleur contre les journalistes », a-t-il encore dénoncé.

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« Je l’ai imploré de revenir sur ses vastes attaques contre le journalisme, que je pense être dangereuses et nuisibles pour notre pays », a ajouté M. Sulzberger, tout en précisant que le président américain avait bien sûr le droit, comme ses prédécesseurs, de critiquer la façon dont la presse relate son action.
Les diatribes habituelles de Trump contre la presse
Le New York Times fait partie des médias les plus souvent attaqués par Donald Trump, avec notamment la chaîne CNN et le Washington Post, propriété du patron d’Amazon, Jeff Bezos. Le président américain l’a qualifié de « défaillant et corrompu », « quasi-lobbyiste » et « partial », ou encore de « vraiment l’un des pires journaux », ayant « la plus imprécise couverture ».
Les diatribes contre la presse font partie du cocktail idéologique de Donald Trump, qui cherche à décrire des élites, dont la presse, éloignées des préoccupations du pays. Une polémique a opposé la semaine dernière CNN à la présidence américaine, qui avait refusé à l’une de ses journalistes l’accès à la Maison Blanche pour une conférence de presse du président américain et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

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Le New York Times occupe cependant une place à part pour Donald Trump. Né à New York, ville où il a construit son succès dans les affaires, c’est probablement le journal qu’il connaît le mieux. C’est à lui aussi qu’il avait accordé l’une de ses premières grandes interviews peu après son élection.



                            


                        

                        

